2) Aux origines des représentations
« Les origines des représentations se situent
dans les questions d'orientation et de localisation de l'homme. »
(A.Bailly, 1985) Néanmoins, si l'on approfondit un peu sur ces
questions, on constate qu'elles sont directement liées à la
subjectivité de la connaissance. Si la
polysémie des représentations renvoie à
d'autres champs scientifiques tels que la psychologie sociale cognitive, les
sciences de la cognition, la sociologie ou encore l'économie, elles ont
cependant une origine commune : les théories de la connaissance. Un
autre problème se pose alors à nous sur la nature même de
la connaissance. Ainsi, dans un contexte philosophique, « la
connaissance de la connaissance n'a émergé comme problème
fondamental qu'avec Emmanuel Kant qui a fait de la connaissance l'objet central
de la connaissance. » (E.Morin, La connaissance de la
connaissance, 1986) Il nous incombe alors de mettre en évidence
trois formes de l'acte de connaissance tirées de réflexions
philosophiques :
a. La « perception sensible »,
caractérisée par « l'appropriation par nos sens du
réel, objet physiquement présent sous forme d'une
représentation, construction de l'esprit ».
b. « La connaissance imaginaire », consistant
en une remémoration antérieure ou une création de
l'esprit.
c. « La connaissance abstraite » portant
sur les propriétés des objets, « la connaissance devient
ici une activité de conceptualisation et la représentation
s'élève à un niveau supérieur d'abstraction.
» (E.Morin, 1986)
A la vue de ces concepts philosophique, la
représentation « serait une synthèse cognitive
dotée des qualités de globalité, de constance et de
stabilité. (...)Ce sont donc les qualités organisatrices qui
donnent au monde sa consistance et permettent au regard, c'est-à- dire
à l'esprit, de considérer ce monde stable, cohérent,
constant, et d'y effectuer à chaque instant des analyses et des
synthèses. » (E.Morin, 1986)
Mais quel est l'intérêt pour le géographe
?
Il est fondamental dans la mesure où les
représentations influencent considérablement notre
appréhension de l'espace et donc nos comportements spatiaux. En effet,
« on agit en fonction des représentations que l'on se fait de
la réalité, que celle-ci ait été perçue ou
seulement imaginée. » De plus, ce concept est à
l'évidence évocateur de progrès par sa prise en compte
croissante de l'individu, étant donnée l'évolution
actuelle de la société. En effet, « La
représentation des espaces est une affaire individuelle, mais plus ou
moins déterminée par les cultures, les informations, voire les
mythes et les représentations collectives, ou des réalités
plus triviales. » (Les mots de la géographie, 1993)
Mais le fait d'intégrer pleinement l'individu à ce type de
recherche géographique est-il suffisant pour rendre crédible
l'utilisation des représentations au sein d'une telle matière
?
En tout état de cause, les représentations
semblent être l'outil idéal dans l'approche de la jeunesse, cette
catégorie de population si difficilement appréhendable. En outre,
comment pourrait-on comprendre la territorialité de ces jeunes à
Royan, en rapport à ces cultures, sans faire appel aux
représentations, puisque la territorialité est par essence
même un « sentiment » ?
|