3) La légitimité des
représentations
Dans son ouvrage, Enseigner les représentations
spatiales, Y.André fait très bien état de cette
controverse mettant en question la légitimité des
représentations. Il évoque par exemple Bachelard pour qui
« une connaissance immédiate est dans son principe même
subjective. En prenant la réalité comme son bien, elle donne des
certitudes prématurées qui entravent plutôt qu'elles ne la
servent, la connaissance objective. » Nous touchons ici un
débat philosophique subtil sur la nature même de la
réalité. La réalité n'est-elle pas
différente pour tout le monde ? Ou n'y aurait-il qu'une seule et
même réalité ? Faudrait-il en rester à
l'objectivisme réducteur de l'observation scientifique ?
Prenons plutôt le risque d'aller dans le sens de ceux
qui croient en l'intérêt des représentations et par
conséquent en l'individu dans son unicité. En tout état de
cause, les représentations, processus de la connaissance, même si
ne permettant que d'émettre des hypothèses, ont une
véritable pertinence. Ainsi, Y.André, soutenu par Jodelet avance
que :
- « toute représentation est pertinente
même si cette pertinence nous échappe
en première approche , ·
- toute représentation s'inscrit dans un
système cognitif logique qu'il importe
de décoder si on veut le faire évoluer
, ·
- ...toute représentation est tenue pour objet
d'études aussi légitime que (la
connaissance scientifique) en raison de son importance
dans la vie sociale, de l'éclairage qu'elle apporte sur les processus
cognitifs et les interactions sociales. »
En outre, l'intérêt certain qu'elles portent aux
acteurs, à l'individu, conforte décidemment cette
légitimité. « Comprendre la subjectivité des
acteurs passe par l'étude des représentations du monde qu'ils se
construisent. La représentation étant moins mise à profit
comme processus cognitif que comme fondement de l'action. » Sommes
toute, ces constructions de la réalité élaborées
par les individus sont tout à fait crédibles de par les pratiques
qu'elles génèrent. Leur avantage n'est donc pas des moindres pour
le géographe à qui « elles permettent de comprendre les
logiques des acteurs, de saisir le jeu des aspirations
individuelles et des systèmes de valeur des groupes
sociaux, somme toute, de révéler la vie des territoires.
» (Y ;André, 1998)
Peut-on ainsi déduire de l'offre culturelle qui est
proposée aux jeunes sur le territoire royannais, des
représentations territoriales de ces mêmes jeunes ?
|