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Cultures jeunes et représentations territoriales; l'exemple de la ville de Royan


par Samuel-Jehan TARAIN
Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et Arts - Maîtrise
Traductions: Original: fr Source:

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B - LA NOTION DE TERRITOIRE

1) De l'espace au territoire

« Espaces produits, perçus, représentés, vécus, sociaux sont des catégories qui concernent l'espace géographique. Il s'agit simplement de modalités différentes de sa prise en compte : modalité de l'action pour l'espace produit par les sociétés, modalité de la connaissance ou de la cognition pour l'espace perçu et représenté, modalité de l'existence humaine pour l'espace vécu. » (Di Méo, 1998)

Cette dernière approche, par l'intérêt qu'elle porte au sens donné aux espaces va être à l'origine de la naissance des territoires. En effet, dans les années 70, les géographes, s'ouvrant à d'autres disciplines des sciences humaines telles que la psychologie, la sociologie ou encore l'anthropologie, vont s'intéresser aux « liens subjectifs que tissent les hommes et l'espace. » (Frémont, 1976)

Ainsi, selon Guy Di Méo, l'espace vécu recouperait trois dimensions :

- « l'ensemble des lieux fréquentés par l'individu, c'est-à-dire l'espace de vie ,
·

- les interactions sociales qui s'y nouent (l'espace social) ,
·

- les valeurs psychologiques qui y sont projetées et perçues. »

C'est cette dernière dimension qui charge de sens l'espace de vie pratiqué par les hommes. Et, « dans la mesure où toute pratique humaine comporte sa dimension imaginaire, l'espace de vie, en tant qu'étendue où se déplacent les hommes, n'échappent pas aux représentations qu'ils s 'en font. Déformé de la sorte, il devient un espace vécu. » (Di Méo, 1998)

Il évoque aussi l'espace vécu comme étant une « métastructure spatiale », c'est-à-dire « l'ensemble des structures, souples et labiles, tant sociales que spatiales, qui rattachent l'individu à son milieu territorial. » De cette manière, « l'espace vécu ou la métastructure spatiale individuelle nous mettent directement sur le chemin la territorialité. »

Néanmoins, avant d'aller plus loin en matière de territoire et d'approfondir sur la portée identitaire de ce dernier, attachons-nous tout d'abord à lui conférer une définition.

2) Le territoire : espace approprié

« Espace approprié, avec sentiment ou conscience de son appropriation, (...) quelque chose que l'on intègre comme partie de soi et que l'on est donc prêt à défendre. (...)

La notion de territoire est à la fois juridique, sociale, culturelle, et même affective. Le territoire implique toujours une appropriation de l'espace : il est autre chose que l'espace Le territoire ne se réduit pas à une entité juridique ; (...) il ne peut pas être non plus assimilé à une série d'espaces vécus. (...) Il ne se réduit pas davantage à l'enracinement paysan dans un lieu, ni aux attachements des citadins à un quartier, ni aux lieux fréquentés :il y faut quelque chose de plus, et d'abord les sentiments d'appartenance (je suis de là) et d'appropriation (c'est à moi, c'est ma terre ou mon domaine).(...) Il tient à la projection sur un espace donné, des structures spécifiques d'un groupe humain, qui incluent le découpage et la gestion de l'espace, l'aménagement de cet espace. Il contribue en retour à fonder cette spécificité, à conforter le sentiment d'appartenance, il aide à la cristallisation de représentations collectives. (...)

Cette définition qu'a su tirer C.Fradin (2001) du dictionnaire conçu par R.Brunet, R. Ferras et H.Théry, Les mots de la géographie, dictionnaire critique, fait très bien ressortir l'importance que confère le territoire au sentiment d'appartenance à l'espace..

De son côté, G.Di Méo, réunissant au sein du concept de territoire les deux notions

d'espace vécu et d'espace social, insiste sur quatre significations à leur adjoindre :

- « Il décrit en se fondant sur les données (spatiales) de la géographie, l'insertion de chaque sujet dans un groupe, voire dans plusieurs groupes sociaux de référence. Au terme de ces itinéraires personnels, se construit l'appartenance, l'identité collective. (...)

- Dans sa dimension politique, par le caractère volontaire de sa création, le

territoire traduit un mode de découpage et de contrôle de l'espace garantissant la spécificité et la permanence, la reproduction des groupes humains qui l'occupent. (...)

- (..) il constitue un remarquable champ symbolique. Certains de ses éléments,

instaurés en valeurs patrimoniales, contribuent à fonder ou à raffermir le sentiment d'identité collective (...).

- L'importance du temps long, de l'histoire en matière de construction

symbolique des territoires (...). »

Et nous pourrons d'ailleurs constater que l'histoire de Royan est très fortement ancrée dans la politique de la ville, notamment dans la politique culturelle.

Enfin, G Di.Méo fait état de l'aspect multidimensionnel du territoire qui participe de trois ordres distincts. « Il s'inscrit, en premier lieu, dans l'ordre de la matérialité, de la réalité concrète de cette terre d'où le terme tire son origine. (...)Il participe de l'ordre des représentations collectives, sociales et culturelles. (...) Et relève de la psyché individuelle. Sur ce plan, la territorialité s'identifie pour partie à un rapport à priori, émotionnel et présocial de l'homme à la terre. (...) »

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