WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Dynamique des relations verticales et clustering : Quelle stratégie pour une sous-traitance aéronautique marocaine compétitive ?

( Télécharger le fichier original )
par Makram KHABBACHE, Zakaria BENHAR et Soufyane ETBER
Institut Supérieur de Commerce et d'Administration des Entreprises - Cycle Supérieur de Gestion ( Executive MBA ) 2007
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

1.3. Degré de clustering et profil du sous-traitant

1.3.1 Quels indicateurs pour le degré de clustering ?

La définition de Porter ne nous permet pas de délimiter clairement le cluster (cf. Partie. I, Chapitre. II, Section. 1), si bien que Feser peut constater que "en dépit de l'intérêt intense manifesté pour les clusters industriels dans les politiques de développement économique en Europe et en Amérique du Nord, il y a peu de consensus sur la définition précise des clusters, la dynamique qui sous-tend leur croissance et leur développement, ainsi que sur les initiatives visant à les construire ou à les renforcer"4. Par conséquent, le concept de cluster pourrait inclure la plupart des regroupements localisés de firmes. Sachant que ces dernières années la tendance a été à la fois à l'extension de la notion de cluster vers des systèmes moins

1 - BOURGAULT, Mario et al. Critical capabilities and performance of the small subcontracting firms in the aerospace industry. Montréal: CIRANO, 1994. Série Scientifique N° 94s-13.

- LEFEBVRE, Elisabeth et LEFEBVRE, Louis A. Global Strategic Benchmarking, Critical Capabilities and Performance of Aerospace Subcontarctors. Montréal : CIRANO, 1997. Série Scientifique. N° 97s-10.

- BOURGAULT, Mario. Industrie aérospatiale nord-américaine et performance des sous-traitants : Ecarts entre le Canada et les États-Unis. Montréal : CIRANO, 1997. Série Scientifique N° 97s-26.

- BOURGAULT, Mario. Analyse des rapports entre donneurs d'ordres et sous-traitants de l'industrie aérospatiale nord-américaine. Montréal : CIRANO, 1997. Série Scientifique N° 97s-27.

2 REJEB, Nada. L'impact de la nouvelle relation de sous-traitance sur la performance des sous-traitants : application au cas des Industries Mécaniques et Electriques en Tunisie. Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Sfax. 13e conférence de l'AIMS, Normandie. Vallée de Seine, 2004.

3 En effet, l'ancrage de la recherche sur la réalité du terrain est un impératif dicté par la méthodologie de recherche adoptée par L'Institut Supérieur de Commerce et d'administration des Entreprises (ISCAE).

4 FESER, Edward J. Old and new theories of industry clusters. In M. Steiner, Clusters and Regional Specialisation,. London: Pion. 1998, pp. 18-40.

axés sur les activités de haute technologie et au recours au concept de cluster en tant qu'outil de politique économique locale ou nationale1.

Dans les développements qui suivent, ce paragraphe tentera d'opérationnaliser le concept de cluster sous forme d'une batterie d'indicateurs susceptibles de mesurer le degré de clustering des STs.

i) Localisation

La circonscription des clusters dans une aire géographique bornée est loin d'être tranchée ; du coup, selon différentes études, leurs limites varient fortement, d'une zone d'activités innovantes jusqu'au département ou région.

Dès lors la classification des entreprises selon leurs degrés d'appartenance à un cluster se base alors deux critères : (1) La localisation géographique (critère objectif) et (2) le sens d'appartenance (critère subjectif).

Localisation géographique (critère objectif)

Des études empiriques2 ont adopté des critères quantitatifs pour identifier un cluster et en particulier la manière avec laquelle plusieurs facteurs viennent s'accumuler pour justifier la concentration de PME/PMI spécialisées dans une activité donnée, dans un espace géographique restreint. Dans ce sens, l'équipe de recherche a retenu cette variable, en procédant directement au classement3 des STs selon leur localisation (ou pas) dans l'un des pôles aéronautiques identifiés précédemment (cf. Partie. I, Chapitre. I. Section. 2) à savoir l'Aéropôle et le conglomérat aéronautique de la TFZ. Ces pôles sont présumés correspondre à des clusters parce qu'ils montrent des signes de concentration et de prédominance exceptionnelle de STs spécialisés en industrie aéronautique, au-dessus de la moyenne nationale.

Cependant, cette classification, qui ignore la dimension de l'homogénéité culturelle, a été critiquée4 parce qu'elle ne correspond pas au concept classique de cluster en

1 Rapports de l'OCDE 2001 et 2005.

2 - BECCHETTI, L et ROSSI, S. The Positive Effect of Industrial District on the Export Performance of Italian Firms. Review of Industrial Organization, 2000, pp. 53-68.

- DECAROLIS, D.M et DEEDS, D.L. The Impact of Stocks and Flows of Organizational Knowledge on Firm Performance: An Empirical Investigation of the Biotechnology Industry. Strategic Management Journal, pp. 953- 968. 1999.

3 Par le biais de la question n°31 du questionnaire en annexe. I.

4 LAZERSON, M.H et LORENZONI, G. The Firms that Feed Industrial Districts: A Return to the Italian Source. Industrial and Corporate Change, pp. 235-266, 1999.

tant qu'entité socio-territoriale tel qu'il a été inventé par Becattini1. Pour cet auteur, l'une des dimensions essentielles du cluster est la perception que la firme a de son appartenance à une communauté industrielle locale. L'intérêt premier de cette perception est qu'elle nous renseigne sur l'implication effective des industriels dans le cluster.

Sens d'appartenance (critère subjectif)

C'est ainsi que l'appartenance des entreprises interviewées aux clusters-présumés peut être mesurée subjectivement selon la perception du dirigeant et son évaluation du degré d'implication de son entreprise dans le pôle industriel. Le recours à cette méthode étant justifié par :

· La localisation/proximité géographique ne contraint pas le ST à faire partie d'un cluster, s'il ne ressent pas l'intérêt de s'impliquer dans des relations d'échange et de coopération avec les autres membres de la communauté.

· Une entreprise, bien qu'elle n'appartienne pas géographiquement au centre du conglomérat coopératif, peut se considérer comme un participant à un cluster, en fonction des échanges et des rapports de coopération qu'elle entretient avec les membres de la communauté.

Cependant, le recours au critère subjectif d'appartenance comme base du concept de cluster présente des problèmes théoriques et pratiques2. Becattini3 lui-même reconnaît que cet instrument sociologique n'est pas universel et difficile à manier dans la pratique.

En combinant des variables objectives et subjectives pour mesurer le degré de clustering des STs représentatifs de l'échantillon, la recherche tente de concilier les deux approches.

1 BECATTINI, G. The Marshallian Industrial District as a Socio-economic Notion. In: PYKE, F. BECCATINI, G and SENGENBERGER, W. (eds., 1990), pp. 37-5 1, 1990.

2 PANICCIA, I. One, a Hundred, Thousands of Industrial Districts. Organizational Variety of Local Networks in Small and Medium-sized Enterprises. Organization Studies, pp. 667-699, 1998.

3 BECATTINI, G. Dal settore industriale al distretto industriale. Alcune considerazioni sull' unitá di indagine dell' economia industriale. Rivista di Economia e Politica Industriale, 1, pp. 7-21. 1979. In: CAMISÓN, César. Shared, competitive and comparative advantages: a Competence-Based View of the competitiveness of industrial districts. Paper presented at the Conference on Clusters, Industrial Districts and Firms: the Challenge of Globalization. Modena, Italy, 2003.

ii) Attrait de l'environnement territorial

Sur un autre registre, de nombreuses études économiques et économétriques montrent que d'une part les investissements des entreprises en capital physique, en formation et en R&D, et d'autre part les investissements publics en infrastructures et domaines de l'éducation et de la recherche, constituent des leviers importants pour stimuler la croissance de la productivité1 et améliorer le profil des firmes. Dans ce sens, le pays dans lequel la firme est localisée est considéré comme étant l'unité de l'analyse pour diagnostiquer l'environnement général2.

Cependant l'environnement général ne coïncide pas nécessairement avec les frontières d'un pays entier. Souvent à l'échelle d'une nation, en passant d'une région géographique à une autre, des dissymétries importantes modifient la nature de l'environnement général des firmes. C'est pour cette raison qu'une région territoriale particulière ou communauté autonome peut être examinée comme une unité d'étude. Cet espace géographique plus ou moins circonscrit possède ses propres traits culturels, économiques ou politiques, qui ne coïncident pas nécessairement avec ceux d'autres régions du même pays.

C'est notamment le cas du Maroc où des systèmes économiques, institutionnels et sociaux hétérogènes sont observés, ainsi qu'une compétition entre institutionnels régionaux pour offrir le cadre le plus attrayant pour les investisseurs. Par conséquent, dans cette recherche, il semble approprié d'examiner l'ensemble de variables incluses dans les environnements territoriaux, intra-pays, en distinguant deux régions, la région du Grand Casablanca, et la région de Tanger, relatives respectivement à deux pôles aéronautiques, Aéropôle et le pôle aéronautique de la TFZ.

Plusieurs dimensions permettent de saisir l'environnement territorial d'une firme. Les
développements précédents (cf. Partie. I, Chapitre. II, Section. 1) ainsi que les

1 ENGLANDER, S et GURNEY, A. La productivité dans la zone de l'OCDE : les déterminants à moyen terme. Revue économique de l'OCDE, n°22, pp.53-1 19, OCDE, 1994, Paris.

2 GALÁN, J.L et MARTIN, E. Análisis de la rentabilidad en el sector de la distribución en Europa. Revista Europea de Dirección y Economía de la Empresa, pp. 21-32, 1998.

travaux de Hall1, Kast et Rosenzweig2, Tung3 et Jurkovich4, suggèrent sept (07) facteurs pour l'identification de l'environnement territorial :

(1) Intensité de la R&D et du transfert des connaissances

(2) Accessibilité aux moyens de financement

Dans cette étude, cette variable a été saisie à travers trois (03) instruments financiers à savoir, les fonds publics, les banques et le capital risque.

(3) Qualité et politiques en faveur des ressources humaines

· Une approche endogène/objective : En analysant, les réseaux de sous- traitance qui se sont développées récemment en France, Dauty et Larré5, ont particulièrement mis l'accent sur les formes de coopération qui régissent les modèles Racines et Rameaux. La mutualisation des efforts pour la qualification et la valorisation des ressources humaines, se trouve alors au coeur des préoccupations des acteurs du réseau. Cette mutualisation revêt alors de multiples formes, allant de la mise en commun des compétences6 jusqu'à l'implication directe7 dans la création de filière de formation dédiée à l'aéronautique. Il ressort alors une variable dite
«coopération et partenariat au niveau des RH«, endogène dans la mesure où elle met en jeu l'implication de l'entreprise-actrice dans les politiques de promotion des ressources humaines.

· Une approche exogène/subjective : cette variable renvoie à «l'adéquation formation/besoin«.

(4) Qualité des infrastructures de transport et de télécommunication

(5) Degré de (ou prédisposition à la) coopération inter-firmes

(6) Spécialisation sectorielle

(7) Gouvernance institutionnelle

1 HALL, R.H. Organizations, Structures, Processes and Outcome. Prentice-Hall, Englewood Cliffs, 7 ed. 1998.

2 KAST, F.E and ROSENZWEIG, J.E. Organization and Management: A Systems and Contingency Approach. McGraw-Hill, New York, 4 ed. 1985.

3 TUNG, R.L. Dimensions of Organizational Environments: An Exploratory Study of Their Impact on Organization Structure. Academy of Management Journal, pp. 672-693, 1979.

4 JURKOVICH, R. A Core Typology of Organizational Environments. Administrative Science Quarterly, pp. 380-394, 1974.

5 DAUTY, Françoise et LARRE, Françoise. Proximité et coordination des réseaux de sous-traitance .LIRHE, 2004.

6 À titre d'exemple des regroupements d'entreprises peuvent pratiquer une sorte de multi-salariat, où certains salariés travaillant pour plusieurs entreprises à temps partiel. Par rapport à l'intérim, cette configuration diminue les coûts liés à l'insertion, adaptation et turn-over et enrichit les compétences des salariés.

7 Le cluster agit dans le sens du regroupement de la formation et à l'origine de la création de filière de formation dédiée à l'aéronautique et qui répond au mieux à leurs besoins.

En définitive, le degré de clustering des firmes est saisi par le biais d'une batterie de (09) neuf indicateurs, comme illustré par le Tableau 7.

Tableau 7. Les indicateurs du «degré de clustering«

 

Indicateurs

Degré de
Clustering

Localisation

(1) Localisation géographique

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

(c) BEK

D'où l'hypothèse suivante :

H4 : L'amélioration du « degré de clustering « aurait un impact positif sur le profil du ST.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle