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Croissance sectorielle et réduction de la pauvreté au Bénin

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par Moutaïrou BALLOGOUN
Université d'Abomey-Calavi - Ingénieur Statisticien Economiste 2006
  

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Section 2 : Revue de littérature

Dans la littérature, le lien entre la croissance sectorielle et la pauvreté est analysé suivant trois grandes approches : les approches économétriques (élasticité et multiplicateurs sectoriels), les approches d'équilibre général (MCS et MEGC), et les approches basées sur la technique de décomposition de la variation inter temporelle de la pauvreté.

Les approches économétriques sont utilisées pour calculer soit des multiplicateurs sectoriels, soit des élasticités de la pauvreté par rapport à des paramètres sectoriels de croissance. Block (1999) a utilisé la méthode des multiplicateurs sectoriels pour montrer que la croissance dans le secteur agricole est primordiale à la promotion de la

croissance économique en Ethiopie, qui à son tour permet de réduire la pauvreté. Par ailleurs, Fan & al. (2000) dans leur analyse ont débouché sur l'importance de l'amélioration technologique et des infrastructures rurales dans la stimulation de la croissance et la réduction de la pauvreté en Inde. Datt & Ravallion (2002) ont montré l'importance de la décomposition sectorielle de la croissance qui interagit avec les conditions ou dotations initiales pour expliquer dans quelle mesure la croissance réduit la pauvreté. En Inde par exemple, la croissance non agricole était plus pro pauvre dans les Etats initialement plus éduqués, plus productifs au plan agricole, dotés de terres et d'un niveau de vie rural plus élevé, présentant moins de mortalité infantile. De même, Heltberg & Tarp (2002) ont utilisé la méthode des élasticités pour montrer qu'au Mozambique les facteurs non-prix tels que le risque, la technologie et les infrastructures de transport jouent un rôle plus important dans la stimulation de l'offre et la commercialisation. Dans la promotion d'une croissance rurale pro-pauvre, il est essentiel de s'attaquer aux problèmes de risque, de faible productivité et de faibles dotations en capital du pauvre. De même, des travaux de Warr (2003), il ressort que les taux globaux de pauvreté dans les pays de l'Asie sont fortement expliqués par la productivité du secteur agricole, et qu'il n'y avait aucun impact significatif de croissance du secteur industriel. Cette désagrégation sectorielle des sources de réduction de pauvreté a été poursuivie intensivement par Sumarto & Suryahadi (2003) qui ont utilisé comme indicateur l'indice numérique de la pauvreté. Ils ont conclu que, approximativement deux-tiers de la réduction de la pauvreté observée pendant la période de la croissance la plus rapide des exportations manufacturées étaient dus à la croissance du rendement agricole au niveau provincial.

Les approches d'équilibre général regroupent deux méthodes : les modèles qui s'appuient sur les Matrices de Comptabilité Sociale (MCS) et les Modèles d'Equilibre Général Calculable (MEGC). Thorbecke & Jung (1996) ont développé une méthodologie de décomposition des multiplicateurs de la MCS en effets d'interdépendance et en effets distributifs pour l'analyse de la pauvreté. Dans le cas de l'Indonésie, ils ont montré que la croissance dans les secteurs de l'agriculture et des services contribuent plus à la réduction de la pauvreté que le secteur industriel. Toutefois, cela ne peut se réaliser que lorsque des mesures d'accompagnement de la

croissance telles que l'amélioration du capital humain des pauvres à travers la formation professionnelle sont mises en oeuvre. Dansokho (1997), Khan (1999), Cissé & al (2001) ont appliquée cette méthodologie respectivement au Sénégal ; en Afrique du Sud et au Burkina faso et ont débouché sur les résultats selon lesquels la croissance sectorielle agricole est plus réductrice de pauvreté que celle des autres secteurs de l'économie. Par ailleurs, Decaluwé & al (1999) et Robillard (2001) ont montré comment utiliser les modèles d'équilibre général calculable pour analyser l'impact des mesures de politiques d'ajustement sur la pauvreté et la distribution des revenus à travers la micro simulation. Cabral (2004) simule, à l'aide d'un modèle d'équilibre général calculable multisectoriel et statique, l'impact de l'Accord agricole sur la pauvreté et la distribution des revenus en milieu rural au Sénégal. Il conclut que la mise en oeuvre de mesures d'accompagnement telles que l'accroissement des dotations en terres et en stock d'eau d'irrigation permettra une réduction plus importante de l'incidence de la pauvreté en milieu rural. Boccanfuso & Savard (2005) ont utilisé un modèle d'équilibre général calculable multi-ménages intégrés pour analyser l'impact de la construction d'une autoroute à péage entre Dakar et Thies au Sénégal sur la pauvreté et les inégalités. Abdelkhalek & al. (2006) ont montré, avec un MEGC microsimulé, qu'une politique favorisant le développement du secteur du tourisme au Maroc a un impact socio-économique dominant.

Kaboré (2003) propose une décomposition de la variation inter temporelle de la pauvreté nationale en composantes dues aux croissances, redistributions et mouvements sectoriels de population. Ses résultats montrent que la croissance dans les secteurs agricole et vivrier est nécessaire pour réduire la pauvreté au Burkina Faso.

Au Bénin, plusieurs études utilisant l'approche monétaire ont été réalisées sur la croissance et l'analyse de la pauvreté. Une évaluation des principales politiques économiques et financières menées depuis les années 90 a été réalisée par la CAPE (2002). Il ressort des analyses qu'entre la politique d'augmentation des dépenses de santé, de l'éducation et la politique d'augmentation d'investissement en facteur capital dans la branche agriculture, seule la dernière s'est avérée comme celle qui a contribué le plus à la réduction de la pauvreté, même si elle a abouti à une aggravation de la balance commerciale. Adjovi (2005) a analysé à travers un MEGC l'impact des

Accords de Partenariat Economique sur la pauvreté au Bénin. Il conclut que la libéralisation progressive des échanges avec l'UE ne détériore pas le revenu des ménages. Ceux-ci connaissent un accroissement moyen annuel de 3,6% sur les dix prochaines années. Mais cette tendance doit être relativisée puisque par rapport à la situation de référence, la hausse du revenu des ménages n'est que de 1,9%. Vodounou & al (2006) ont utilisé des données de panel pour faire une analyse de la contribution de la croissance des dépenses de consommation des ménages et de la redistribution sur la variation de la pauvreté. Ils ont montré que l'effet croissance était relativement favorable mais pas trop suffisant pour contenir l'effet néfaste de l'inégalité en milieu urbain. En milieu rural par contre, l'aggravation de la pauvreté est le résultat de l'insuffisance de la croissance des dépenses moyennes de consommation des ménages. L'appréciation de la nature de croissance économique révèle qu'elle est seulement pro- pauvre en milieu urbain. Balaro (2005) a exploité les données de l'enquête QUIBB pour explorer le lien entre croissance économique et pauvreté. Il a montré que la persistance de la pauvreté observée dans les années 2000 relève de la spécificité du processus de croissance économique elle-même qui accroît davantage l'inégalité plutôt que de la réduire. Il conclut qu'il est peu probable que la croissance économique suffit à elle seule pour réduire la pauvreté et l'inégalité socio-économique au Bénin.

Au Bénin, il n'existe pas encore d'études réalisées qui soient basées sur la technique de décomposition des multiplicateurs de la Matrice de Comptabilité Sociale pour analyser la croissance sectorielle et la réduction de la pauvreté.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon