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MEMOIRE DE RECHERCHE APPLIQUE
Présenté et soutenu par :
MARION MOREAU
L'enfant consommateur est-il une proie
facile ?
Pilote de Mémoire : M Yohan
Giquel
Remerciement
Je tiens à remercier dans un premier temps, toute
l'équipe pédagogique de l'INSEEC Paris et les
intervenants professionnels responsables du Master pour avoir assuré la
partie théorique de ma formation.
Je remercie également Monsieur Yohan Giquel pour son aide
et ses conseils concernant la rédaction de ce mémoire de
recherche appliqué.
Je tiens aussi à remercier tout particulièrement
Mlle Anne Soceanu, chef de produit jouet de la société Chicco,
pour le temps qu'elle m'a consacré durant la rédaction de mon
mémoire, pour toutes ses informations précieuses et ses conseils,
sachant répondre à toutes mes interrogations ; sans oublier sa
participation au cheminement de ce rapport.
Je remercie aussi mon maître d'apprentissage, M Christian
Delaire pour son indulgence et le temps qu'il m'a laissé pour que je
puisse aller à mes différents entretiens.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION
5
Le moyen âge : l'enfant abject et sans
intérêt.
7
Héritage des lumières : L'enfant
candide qu'il faut élever
8
A partir du milieu du
19ème : L'enfant roi
8
B. Pourquoi la population enfantine
intéresse-t-elle autant ?
10
1. L'intérêt de la population
enfantine
10
a. Accroissement régulier des montants de
l'argent de poche
10
c. Capacité des enfants à être
des vecteurs d'innovation
11
d. Importance de dépenses allouées
aux enfants
12
2. comment expliquer cette monté en
puissance de la population enfantine.
14
a. La maitrise de la fécondité
14
b. La structure des ménages
14
c. La place de l'enfant
15
d. Le pouvoir d'achat
15
C. Le comportement du consommateur enfant
16
1. Comportement d'achat
16
2. Liens avec la socialisation de
l'enfant
17
a. Evolution de la recherche sur la socialisation
de l'enfant et donc de leur façon de consommer.
17
b. Les facteurs de socialisation
18
c. Les théories établit par les
marketeurs et les publicitaires
22
3. L'enfant se construit par étape.
26
1. Interaction sociale avec les groupes de
pairs.
27
2. Les médias
28
a. La presse
28
b. La radio
30
c. Le cinéma
31
d. L'affichage
31
e. La télévision
31
3. L'enfant face au message
publicitaire.
32
E. Les difficultés pour les
entreprises
36
1. Le recueil d'information : un vrai
casse tête
36
a. L'expérimentation
37
b. La méthode des observations directes.
38
c. Les entretiens semi directif
38
d. Les questionnaires
39
2. Les enfants sont-ils fidèles aux
marques ?
42
3. Les promotions dédiées aux
enfants sont elles efficaces ?
45
F. Vers un marketing Moral.
47
1. Vers un marketing
responsable
48
2. Les limites imposées
49
Conclusion
52
INTRODUCTION
Les enfants représentent à eux seules et en
consommation directe, plus de 2 milliards d'euros par an en France. D'une
manière générale, on remarque que l'argent de poche offert
aux enfants n'a cessé d'augmenté depuis une vingtaine
d'années. Les enfants son devenu partie prenante dans toutes les
décisions familiales et notamment les décisions d'achat. Ils ont
aussi un rôle de prescripteur et son vecteur d'innovation au sein du
foyer familial. De nombreux produits comme les ordinateurs, les consoles de
jeux ou, plus surprenant encore, les céréales ont
été intégrés dans de nombreux foyers par les
enfants.
Un tel constat ne peut que justifier l'intérêt
qu'ont les industriels à s'intéresser au marché enfantin.
En effet, ils savent qu'en touchant l'enfant ils atteindront les parents.
Le problème étant de savoir toucher ce
marché porteur en prenant en compte un certains nombre de
paramètres. En effet, pour beaucoup (associations de consommateurs,
associations de parents, psychologues et politiciens) l'enfant n'est pas
capable de comprendre les intentions pécuniaires des marques.
« C'est seulement lorsque les enfants ont l'âge de comprendre
les objectifs cachés de la publicité qu'il est souhaitable de les
y exposer », déclare Mme Marita Ulvskog, ministre de
la culture en Suède. La Suède, justement, à
d'ailleurs été le premier pays à interdire tout bonnement
les spots publicitaires destinés aux enfants de moins de 12 ans. Il ne
s'agit pas de critiquer le modèle suédois qui est un pays
traditionnellement ultra protecteur, mais de savoir s'il serait utile de
supprimer la publicité pour enfant en France. Cette mesure n'est elle
pas antiéconomique ? Soustraire les enfants à la
publicité et donc à la société de consommation
n'est elle pas une fausse solution ? Ne faudrait il pas plutôt
éduquer nos jeunes afin qu'ils sachent « bien »
consommer plutôt de leur en masquer les tenants et les
aboutissants ?
On peut distinguer deux visions distinctes et relativement
contradictoires de la notion d'enfant consommateur. La première
défendue par les protectionnistes, décrit l'enfant comme un
être en développement, fragile, qui n'a pas toutes les
connaissances pour comprendre que les marques peuvent profiter de sa
crédulité. La seconde vision émane le plus souvent des
praticiens et décrit l'enfant comme autonome et capable de faire des
choix.
Reste à savoir si on peut considérer l'enfant
comme une proie. Il y a plusieurs définitions du mot proie. La
première fait référence au monde animalier, on
définira donc une proie comme ce dont un animal carnassier s'empare pour
se nourrir ; la seconde décrit la proie comme une victime d'un
traitement ou d'une influence néfaste.
Ce mémoire a comme objectif d'étudier la
relation entre les différents techniques marketings et la consommation
des enfants. Il s'agira de démontrer que la modification du statut de
l'enfant et la les changements profonds sur la structure de notre
société ont indubitablement entraîné une
monté en puissance de la population enfantine. Nous verrons aussi que
les enfants représentent une cible tout à fait
particulière avec des réactions et des comportements qui
diffèrent de leurs aînés. L'objectif de cette étude
sera donc de déterminer dans quelles mesures les industriels et les
médias formatent les enfants dans leur consommation et donc de savoir si
les enfants sont aptes à être critique vis-à-vis des
marques. Enfants totalement manipulés ou consommateurs avertis ?
Tel est la question.
Pour réaliser ce travail il a fallut établir une
bibliographie complète sur tout ce qui attrait à la consommation
enfantine et aux moeurs, mais aussi d'observer directement cette population sur
le terrain. Dans la cour de récréation, dans les rayons des
magasins. En dernier lieu et pour avoir une approche terrain et
professionnelle, mettre en place plusieurs rendez vous avec des professionnels
du domaine.
Pour finir et pour justifier la manière dont le sujet
à été traité. En effet ce travail est divisé
en 6 parties mais qui aurait pu faire office de sous parties. En effet ce
mémoire est construit sur la logique théorie, cas, et
recommandation. Dans un souci de clarté et pour gardé une logique
dans le raisonnement les 6 parties (chapitres) sont présentées
tel quel. Ainsi le premier chapitre montre comment le statut de l'enfant
à évolué au cours des siècles. Le second chapitre
met en avant les raisons pour lesquelles tant d'entreprises
s'intéressent aux enfants. Le troisième chapitre étudie le
comportement du consommateur enfant et comment il faut utiliser ces
connaissances pour bien communiquer avec lui. Le quatrième chapitre met
en avant tous les facteurs qui influencent sa consommation. Le cinquième
chapitre tend à mettre en avant toutes les difficultés auxquelles
doivent faire face les entreprises dédiées aux enfants. Le
sixième et dernier chapitre nous amène à aborder le
respect des enfants par l'entreprise et le développement d'un marketing
éthique.
A. L'évolution du statut de l'enfant dans
l'histoire en France.
Le moyen âge :
l'enfant abject et sans intérêt.
On peut effectivement distinguer 3 époques très
différentes.
A cette époque la mortalité infantile
était très importante. En effet, les enfants ne pouvant
communiquer et décrire ce qu'ils ressentaient, les médecins ne
cherchaient pas à les soigner. De cette façon les parents ne
cherchaient pas à avoir des sentiments pour les nourrissons qui avaient
une chance de survie très faible.
Il faut aussi préciser qu'à cette époque
l'enfance ne durait que peu d'années. En fait elle s'arrêtait
à partir du moment où l'enfant était capable de
travailler. La vie d'adulte à tous les niveaux (consommation, jeux,
discussions...) commençait donc à partir de sept ans.
La mise en nourrice
L'enfant était à certaines périodes
éloigné très tôt et pour longtemps du foyer
familial. En 1780, sur 21000 enfants nés à Paris 1000 enfants
seulement étaient allaités par leur mère, 1000
allaités par une nourrice à domicile et 19000 envoyés en
nourrice dès la naissance (dont 2 à 3000 dans des banlieues
proche, et les autres dans des régions éloignées).
Certaines nourrices étaient en relation directe avec la famille mais
parfois des messagères « recommanderesses »
faisaient l'intermédiaire : les parents ne savaient alors pas chez
qui résidaient leur enfant et la nourrice ne connaissait pas le nom de
la famille. La durée moyenne de la mise en nourrice était de 4
ans, même si le sevrage s'effectuait au bout de 15 à 20 mois.
Dans les villes, les familles aisées recouraient tout
autant à la mise en nourrice que les familles modestes. Cependant, dans
ce dernier cas, les nourrices, faiblement payées, s'occupaient sans
grand soins des enfants : ils étaient nourris avec ce que l'on
trouvait (des restes de bouillis), emmaillotés de la tête aux
pieds et parfois pendus à un clou au mur pendant des heures. On
utilisait souvent des narcotiques ou de l'eau de vie pour les calmer. Les
enfants souffraient très fréquemment de malnutrition, de manque
d'hygiène sans compter le manque de tendresse. La mortalité
infantile était alors importante : pour 1000 enfants nés
à la moitié du 18ème siècle, il est
estimé que 720 passaient leur première année (on pense que
5% à 15% des enfants décédaient déjà durant
le trajet qui les menait vers leur nourrice) et 574 atteignaient leur
cinquième année. Dans certaines communes, les parents
étaient systématiquement absents lors de l'enterrement de leur
enfant de mois de 5 ans.
Source : Elizabeth Badinter, L'amour en plus, 1980
Héritage des
lumières : L'enfant candide qu'il faut élever
Durant le 18ème siècle les
mères commencent à éprouver du plaisir à s'occuper
de leur progéniture. Les médecins eux aussi s'inquiètent
de la santé des enfants par soucis de diminution de leur
mortalité. Cet élan va bien sur de pair avec le souci
d'hygiène et de santé public qui se développait à
l'époque. Plusieurs ouvrages philosophiques se consacrent à
l'homme, à sa position dans le monde, à son évolution et
à son devenir. On se rend alors compte qu'un bon adulte ne peut
être bon que s'il a une bonne éducation. Plus cette
éducation lui sera délivrée tôt, plus elle sera
ancré en lui. C'est au cours de ce siècle qu'apparaissent les
grandes étapes de la scolarité : l'âge de
l'école, de la petite école, du collège puis des
formations spécialisées. Cette division en tranche de classe
entrainera une division par tranche d'âge. L'enfance est plus longue
qu'au moyen-âge et dure jusqu'à la puberté mais la
révolution est la reconnaissance de l'adolescence qui commence à
la puberté et s'achève pour les filles au mariage et pour les
garçons à l'entrée à l'armée. Ce n'est qu'a
cette dernière étape que l'enfance est réellement finit.
De cette façon, on peut considérer que c'est à cette
époque que la consommation enfantine à commencé notamment
dans les familles les plus aisées où l'enfant devait être
à l'image de la famille et des parents qui lui achète des
produits adapté (plus ou moins) à son âge. L'enfant n'a par
contre, pas son mot à dire. Il est certes aimé, on lui donne
certes de l'importance, mais il doit suivre le dictat familiale sans
broncher.
A partir du milieu du
19ème : L'enfant roi
Cette révolution intervient quand l'état
commence à considérer l'enfant comme une ressource plutôt
que comme une dépense. L'enfant représente alors l'avenir de la
nation. C'est d'ailleurs cette dernière, l'état donc, qui prendra
en charge l'éducation des futurs citoyens : arrivé de
l'école publique. De plus grâce au avancé de la
médecine deux phénomène vont se croiser : la baisse
considérable de la mortalité infantile et la maitrise des
naissances (grâce à la contraception). L'enfant est voulu, il est
aimé, protégé et choyé. De plus la croissance
économique et en parallèle l'augmentation du pouvoir d'achat des
ménages ont entraîné une augmentation plus que
proportionnelle du revenu alloué aux enfants. C'est dans cette
période que la consommation enfantine prendra toute son ampleur.
L'évolution du droit des enfants et le travail
en France
1813 : interdiction pour les moins de 10 ans de descendre
dans les mines
1841 : interdiction d'embauche pour les moins de 8 ans
dans les fabriques de plus de 20 employés.
1900 : durée de travail limité à 10
heures par jours pour tous les travailleurs
1936 : scolarité obligatoire jusqu' 14 ans
1959 : scolarité obligatoire jusqu'à 16
ans
1976 : entrée en vigueur en France de la
convention internationale des droits de l'enfant qui fixe l'âge
légal du travail à 15 ans révolus.
Malgré la signature de la convention internationale des
droits de l'enfant par 192 pays, on estime actuellement qu'un enfant sur six de
5 à 17 ans soir 246 millions travaille et un enfant sur dix soit 179
millions est employé dans des conditions mettant en danger sa
santé physique et/ou mentale ou sa moralité.
Source :
www.droitsenfance.com
Pour conclure cette première partie, on peut constater
qu'il y a eu énormément de changement sur le statut et la
reconnaissance de l'enfant dans la société française.
L'enfant d'aujourd'hui est considéré comme un être à
part entière qu'il faut choyer, aimer. Il faut lui faire plaisir et
l'élever au rang d'adulte. On remarque donc que l'enfance est une
construction sociale pleine d'étapes différentes, d'envie et de
désir.
Pour autant, il convient de préciser que dans certains
pays, le statut de l'enfant n'a pas du tout évolué. En effet dans
beaucoup de pays émergent Il est réduit à un simple
travailleur.

B. Pourquoi la population
enfantine intéresse-t-elle autant ?
1. L'intérêt de
la population enfantine
a. Accroissement régulier
des montants de l'argent de poche
|
Par tranche d'âge
|
Argent de poche moyen par an
|
|
6 à 9 ans
|
100€
|
|
10 à 11 ans
|
117€
|
|
12 à 13 ans
|
163€
|
|
14 à 16 ans
|
225€
|
|
17 à 18 ans
|
422€
|
Source : chiffres Secodip (2001)
On constate un accroissement régulier du montant de
l'argent de poche délivré aux enfants depuis une vingtaine
d'année. Il faut ajouter que les enfants se voient offrir en plus de cet
argent régulier, de l'argent pour Noël (80%) ou encore pour leur
anniversaire (83%). On peut aussi ajouter à cela l'argent perçu
pour récompenser les bons résultats scolaire et pour les petits
services ménager rendu aux parents. Cet argent confère à
l'enfant un pouvoir d'achat certain.
Le pouvoir d'achat des 11-25 ans est estimé au alentour
de 40 milliards d'euros en 2001 1(*):
- 33,1 milliards d'euros d'achats directs avec leur propre
argent
- 2,850 milliards pour les 11/17 ans sans possibilité
officielle de travail salarié
- 21,876 milliards pour les 18/20 ans dont 47,1%
travaillent.
- 7,2 milliards d'euros d'épargne annuelle sur leur
propre argent.
C'est un phénomène qui vaut une
légère analyse. En effet cette épargne n'est pas tout
à fait la même que l'épargne des adultes. Ces derniers
épargnent, la plupart du temps, dans un but de prévention. Il
faudra faire face à des coups durs, à des imprévus,
économiser pour les études des enfants etc. Pour nos jeunes
épargnants il s'agira d'avantage de manque de besoin ou d'envie. Cette
épargne entraine une consommation différer. L'argent sera certes
dépenser mais quand il considérera cela comme utile et
répondant à une envie.
Outre Atlantique on note que les achats directs des jeunes
consommateurs on représenté plus de 155 milliards de dollars en
2000.
b. Influence des enfants de plus en plus sensible sur les
décisions d'achat de la cellule familiale.
Il apparait que les enfants deviennent des consommateurs
décideurs de plus en plus jeune. Ils représentent à eux
seuls 2,8 milliards d'euros d'achat autonome par an.
Rappelons-nous de l'évolution du statut de l'enfant
dans la société. Nous avons constaté que ce dernier est
passé en moins de mille ans d'un petit animal encombrant à un
dieu qu'il faut vénérer. De cette façon l'enfant
d'aujourd'hui est écouté, choyé, gâté. On
remarque de plus en plus de petits, décider à la place de leurs
parents. Beaucoup d'enfants choisissent leurs jeux, leurs vêtements, leur
décoration alors qu'ils sont à peine en âge de lire.
Pour généraliser, car il ne faut pas dire que le
pouvoir parental a disparut partout, on ne peut pas nier que l'enfant
intervient dans la consommation du ménage car dans la plupart des
familles on aura tendance à lui demander son avis même sur des
problématiques qui ne le touchent pas forcement directement.
En outre on peut constater que quand un enfant désire
un objet et qu'il se l'achète ou se le fait offrir cet objet entre de
toute façon dans le foyer de l'enfant. En concevant un produit le
producteur doit être conscient qu'il touchera indirectement toute la
famille. D'où le point suivant.
c. Capacité des enfants
à être des vecteurs d'innovation
Les enfants peuvent transformer les habitudes de consommations de
la famille. En effet, même si l'enfant apprend la consommation de ses
parents et qu'il est largement influencé par ces derniers, il n'en est
pas moins que l'enfant lui aussi apprend des choses à ses parents.
L'enfant peut être considérer comme un pionnier. En effet ils sont
attirés par toutes les nouveautés technologiques. De cette
façon on constate que plus de 50 % de produit dit
« nouveaux » sont intégrés grâce aux
enfants du ménage. C'est l'enfant qui désire et qui connait, il
achète ou se fait offrir l'objet convoité puis retransmettra son
savoir à ses parents. Pour mieux illustrer ce phénomène on
peut prendre l'exemple de l'euro. Les enfants n'ont eu aucun mal à
assimiler la nouveauté et se sont très vite adapté au
changement de monnaie ce qui a aidé les parents mais aussi les
grands-parents à s'y faire. Même phénomène pour
l'informatique ou les enfants ont eu sans aucun doute une influence dans leur
foyer pour introduire les ordinateurs. Pour les données chiffrées
on constate que si 30% des foyers français possède un ordinateur,
pour les foyers avec enfants on passe à plus de 50% et à plus de
deux tiers pour les familles avec des adolescents (entre 11 et 14 ans). Les
ordinateurs attirent aussi les tous petits en effet près de 60% des 2-4
ans disent jouer à des jeux sur PC
L'enfant influence sa famille de manière
différente selon son âge :
De 0 à 6 ans l'enfant a son mot à dire sur les
produits de consommation courants
Jusqu'à 9 ans son influence s'étend aux achats
d'équipements
A partir de 12 ans comme nous avons pu le voir ci-dessus, il
devient imbattable sur les achats de produits technique
d. Importance de
dépenses allouées aux enfants
Les produits directement destinés aux enfants
représentent environ 50% des dépenses des ménages et sont
répartis dans des secteurs distincts :
- les jouets avec plus de 2 milliards d'euros par an (pour la
tranche des 0 à 12 ans)
- la nourriture enfantine (bonbons, gâteaux...) avec
plus de 4,5 milliards par an.
- la mode avec près de 4 milliards d'euros par an.
Les dépenses liées à Noël
pèsent aussi de manière importante dans la balance. Les
ménages français consacrent plus de deux tiers de leur
dépense en cadeau pour Noël2(*). Bien entendu le montant dépensé par un
ménage pour un enfant va varier en fonction du nombre d'enfant du
ménage.
Budget de Noël destiné aux enfants en
fonction du nombre d'enfants du foyer3(*).
|
Nombre d'enfants
|
Budget moyen global
|
Nombre d'observations
|
Budget moyen par enfant
|
|
1
|
188 €
|
253
|
188 €
|
|
2
|
232 €
|
305
|
116 €
|
|
3
|
303 €
|
94
|
101 €
|
|
4
|
367 €
|
37
|
92 €
|
|
5
|
508 €
|
9
|
102 €
|
|
Moyenne globale
|
237 €
|
698
|
139 €
|
On peut considérer la période festive de
Noël comme une véritable aubaine pour les entreprises. En effet, le
budget alloué par les parents pour leurs enfants est assez important
(près de 140 € par enfant) et ne cesse d'augmenter. Une autre cible
est également à prendre en compte dans le cas de Noël :
les grands parents. Ces derniers dépensent autant sinon plus que les
parents pour leurs petits enfants (en moyenne 31€ de plus sur les
dépenses globales).4(*)
2. comment expliquer cette
monté en puissance de la population enfantine.
a. La maitrise de la
fécondité
Depuis les années 1960 avec le développement des
moyens de contraception le nombre des naissances non désirées
à commencé à baisser. Les femmes ont pu choisir d'avoir un
ou plusieurs enfants. En ce sens, même si en France la croissance
démographique est la plus importante d'Europe (quasiment 2 enfants par
femme), on constate tout de même une baisse du nombre d'enfant par femme
depuis l'invention et la diffusion de la pilule.
Les enfants moins nombreux ils sont d'autant plus attendus.
Comme n'importe qu'elle denrée plus elle est rare plus elle est
précieuse. De cette façon on note un renforcement de l'importance
marginale de chaque enfant. On prend plus soins d'eux, et on dépense
plus.
b. La structure des
ménages
- Pendant des siècles les familles vivaient toutes
générations confondues au même endroit. Cependant cette
façon de vivre à disparu avec le temps (en France). On assiste
donc à un éclatement des structures familiales qui modifie
considérablement la consommation. D'une façon
générale la consommation s'est multipliée
proportionnellement à la multiplication des foyers. Mais la famille
étant séparée, l'éloignement entraine aussi une
augmentation des dépenses envers les enfants. De cette façon les
grands parents ont tendance à être plus indulgents et plus
généreux avec leurs petits enfants qu'ils voient moins
souvent.
- Un autre phénomène sur la structure de la
famille est à prendre en compte. On constate de plus en plus de divorce
(un couple sur trois en moyenne en France et un couple sur deux à
Paris).Ce nombre croissant de divorce entraîne aussi une multiplication
des foyers. L'enfant aura deux maisons et la plupart du temps deux fois plus de
jeux, de jouets, de meubles etc. Bref pour ne pas le perturber chaque parent
fera en sorte d'être équipé de manière
équivalente. Qui dit divorce dit aussi remariage et donc famille
recomposée. Ainsi il n'est pas rare qu'un enfant reçoive des
cadeaux de ses parents, de ses beaux parents mais aussi de chaque couple de
grands-parents. Les familles recomposées entrainent une multiplication
de consommation. L'enfant aura droit à des cadeaux venant de toutes
parts. Une autre aubaine pour les entreprises visant les enfants.
c. La place de l'enfant
Comme il a été dans la première
partie5(*), le rôle
mais surtout la place de l'enfant a profondément été
bouleversée au cours des siècles. On constate donc une
redéfinition du rôle de l'enfant dans la famille. Ce dernier est
aujourd'hui un membre à part entière dans le ménage. Il a
une volonté, il est écouté, et prend part au dialogue.
L'enfant consomme et fait consommer. En effet il est de plus en plus souvent
associé aux décisions que les adultes prenaient seuls
auparavant.
d. Le pouvoir d'achat
Malgré la polémique très actuelle sur le
pouvoir d'achat, et les plaintes constantes de la population, en comparaison
avec le niveau de vie des ménages il y a à peine 60 ans n'est en
rien comparable avec aujourd'hui. D'une façon générale, le
pouvoir d'achat s'est considérablement développé depuis
l'après guerre. Ce phénomène à
entraîné une émergence des classes moyennes, et donc plus
de moyens à allouer aux enfants et à leurs plaisir. En effet il
semble que ce ne sont pas les classes les plus aisées qui
dépensent le plus pour leurs enfants mais les classes moyennes.
D'où une augmentation des achats concernant les enfants.
Conclusion
L'enfant : enjeu majeur pour les
entreprises
D'après les différents constats ci-dessus nous
ne pouvons que confirmer que les enfants représentent un pouvoir d'achat
qui augmente rapidement avec l'âge. L'argent de poche qui leur est
confié en plus de tous les cadeaux ne fait que croître avec
l'âge de l'enfant. De plus comme nous l'avons démontré les
enfants ont un pouvoir de prescription important dans la famille. Ils sont,
par la même occasion, vecteurs d'innovation dans le foyer.
Avec tout cela il semble évident que les entreprises
ont tout intérêt à prendre les enfants au sérieux
car ils représentent une cible incontournable de près de 20
millions de consommateurs potentiels. En outre, plusieurs études ont
démontré que la moitié des marques utilisées
pendant l'enfance le sont toujours à l'âge adulte.
L'enfant : enjeu majeur pour les pouvoirs
publics
La société moderne est dominée par des
problèmes de consommation. L'état à donc un rôle
à jouer car l'enfant deviendra un adulte un jour et donc un
consommateur.
Il faut faire en sorte que les enfants sachent bien consommer
pour qu'il soit capable de gérer leur arbitrage économique, de
faire les bon choix et d'avoir conscience de leurs limites économiques.
Dans une autre mesure il semble évident que les enfants
sont dès le plus jeune âge soumis à bon nombre de
tentations. Aujourd'hui, beaucoup de problème de société
sont imputés aux effets négatifs du marketing
(obésité, dominance des marques à l'école, baisse
de la culture générale à cause de la
télévision). L'état doit savoir gérer ce
problème et le réguler afin de protéger ses jeunes
citoyens adultes en devenir. Pour les mêmes raisons, l'état doit
aussi communiquer sur les comportements à risque :
sécurité automobile, alcool, tabac, drogue... Bien faire passer
le message pour que les enfants intègrent les risques qu'ils prennent en
ayant tel ou tel comportement et donc qu'ils deviennent des adultes
responsables.
C. Le comportement du
consommateur enfant
1. Comportement d'achat
Les travaux sur le comportement d'achat des enfants ont
commencé dans les années 50. Il s'agissait alors de
déterminer les différences entre les processus d'achat chez les
enfants et chez l'adulte.
Chez l'adulte le processus de décision est assez
complexe. Il doit faire ses choix en fonction de plusieurs
paramètres : capacité cognitive, degrés d'expertise,
implication de l'achat, influences extérieures ... Ces paramètres
de décision peuvent se retrouver chez l'enfant mais ce dernier semble
moins complexe et quelque peu différent.
Outre Atlantique, la première application, il y a plus
de quarante ans, concernait le secteur du jouet avec les maternelles
expérimentales de Fisher Price : ils utilisaient les enfants pour
la conception des produits et services leur étant destinés.
Fin des années 1960 la télévision relance
la recherche sur les enfants. En effet il y a de plus en plus de chaines on
remarque donc l'apparition de chaine spécialisées (âge,
territoire). C'est l'apparition du « Children Television
workshop » qui en utilisant énormément les enfants pour
imaginer, concevoir, et optimiser des programmes d'éducation a relancer
la recherche et l'intérêt pour la consommation et la vision
enfantine. Ex : Sesame Street (usa) qui s'est exporté partout dans
le monde avec un grand succès.
On remarque le même phénomène un peu plus
tard en France avec « le jardin magique » et
« l'Ile aux enfants ».
 
2. Liens avec la
socialisation de l'enfant
a. Evolution de la recherche
sur la socialisation de l'enfant et donc de leur façon de consommer.
Principales avancées dur la socialisation de
l'enfant consommateur6(*)

Cette frise chronologique représente les
différentes étapes de la recherche effectuée sur le
comportement d'achat des enfants, plus particulièrement sur ce qui le
sociabilise.
Même si on sait que la recherche sur les enfants et ses
comportements à commencé à la fin des années 50, on
remarque qu'elle est devenu bien plus active et précise à partir
des années 70, où les chercheurs ont engagé des
investigations sur le développement cognitif 7(*) ainsi que sur les facteurs de
socialisation de l'enfant.
b. Les facteurs de
socialisation
- les parents
Le résultat de nombreuses recherches8(*) montre les parents et donc la
famille comme les principaux vecteurs et tuteurs de socialisation. En effet,
dès sa naissance l'enfant vit et évolue dans un cocon familial.
Ce sont ses parents qui lui apprennent à vivre en
société : la politesse, le respect, les valeurs et tout ce
qui constitue une éducation. L'enfant même s'il reste en contact
avec d'autres individus va considérer sa famille comme modèle.
Pour les enfants leurs parents sont les meilleurs, les plus beaux, les plus
intelligents. C'est donc ce modèle vers lequel l'enfant va tendre, du
moins jusqu'à l'adolescence. De cette façon ont peut
considérer que c'est avec ses parents que l'enfant va apprendre à
vivre et à consommer. Cependant, il est vrai que plus il grandit et plus
la réalité va frapper l'enfant. Ainsi, il se rendra compte que sa
mère est loin d'être la plus belle au monde et que son père
ne sait pas tout sur tout. Il commence à être influencé par
l'extérieur. Il écoute d'autres personnes, apprécie ou non
leurs propos et va donc se forger sa propre opinion sur de plus en plus de
sujets. Même si les valeurs et les croyances inculquées par la
famille ont tendance à rester ancré jusqu'à l'âge
adulte, l'enfant grandissant qui se cherche va de plus en plus aller à
l'encontre de ses parents. C'est ici que l'on retrouve l'adolescent, il
convient par contre de préciser que cet adolescent n'est pas toujours un
être rebelle et incontrôlable rejetant toute son éducation.
C'est d'ailleurs à cette période que les échanges entre
les parents et leur enfant sont les plus intenses. En effet, l'enfant qui a sa
personnalité, ses envies et ses propres connaissances va les
intégrer au sein de son foyer et donc lui aussi jouer un rôle de
précepteur auprès de ses aînés.
- l'école
C'est à l'école que l'enfant va rencontrer le
plus de personnes étrangères à son cocon habituel. C'est
donc à l'école que cet enfant va apprendre concrètement
à vivre en société. L'école est là pour
éduquer les enfants, leur transmettre des connaissances intellectuelles,
physiques et civiques. Depuis quelques années, des programmes de
sensibilisation à la consommation développés par les
pouvoir publics mais aussi et surtout par les industriels tentent de
pénétrer le système scolaire. Ce phénomène
connait de nombreux détracteur notamment en Europe où le
marketing scolaire est très réglementé contrairement aux
Etats-Unis où les marques ont totalement intégré les bancs
de l'école. En France la circulaire de 1976 confirme
« l'interdiction de pratiques commerciales dans les
établissements publics d'enseignement ». Cependant depuis 2001
les partenariats et les documents pédagogiques réalisés
par des entreprises sont tolérés9(*) .
Illustration du marketing scolaire aux USA10(*)
McDonald's, pour parer ses détracteurs
l'accusant d'être en partie responsable de l'obésité
grandissante des jeunes américains, a
réalisé un programme éducatif national sur la nutrition.
Grâce à un code couleur établit par l'enseigne, l'enseigne
tente d'expliquer comment bien consommer et à quelle
fréquence :
Le code vert : bon à manger tous les jours
(poulet, poisson, yaourt, salade...)
Le code jaune : pas plus de trois fois par semaine
(hamburger, oeuf, lait entier...)
Le code rouge : à consommer
exceptionnellement (bonbons, glace, beurre, mayonnaise...)
Campbell's, grande marque qui produit entre
autres des soupes et des sauces a dispensé un cours de science où
les enfants étaient amenés à faire la comparaison entre
les sauces tomate Ragu et Prego. Les enfants devaient donner leur opinion,
notamment observer la texture des deux sauces et deviner la texture la plus
épaisse.
Coca Cola et Pepsi Co établissent des
contrats d'exclusivité avec les établissements scolaires. En
échange de matériels, de bourses d'études ou de somme
d'argent (s'élevant en général de 200 000 à 1
million de dollars pour une région), les établissements
s'engagent à disposer dans leur locaux uniquement les distributeurs
automatiques de la marque partenaire (et permettre aux enfants de consommer
à tout moment...)
Le marketing scolaire pose un problème car à
l'école l'enfant semble être bien plus vulnérable. Pour lui
tout ce qu'il apprend à l'école est parole d'évangile. Le
fait que les entreprises se mêlent de leur l'éducation pose
problème car les entreprises n'ont absolument pas les même valeurs
que le système éducatif.
L'école doit être neutre alors que
l'intérêt d'une entreprise est de stimuler la consommation et de
gagner des parts de marché. En diffusant des documents
pédagogiques, les entreprises profitent de la confiance qu'a la
population envers l'école de plus ces dernière ont-elle une
réelle légitimité à enseigner ou de moins à
intervenir dans l'éducation. En intervenant dès le plus jeune
âge les entreprises ont une emprise bien plus importante sur leur cible.
L'enfant qui est obligé d'aller à l'école jusqu'à
16 ans ne peut que subir l'éducation qu'on leur propose. Le plus
dérangeant est sans doute le fait que l'enfant dans ce cas est une
réelle proie car il fait entièrement confiance en ce qui lui est
inculqué à l'école.
- les groupes de pairs
L'école et donc le système éducatif,
comme il a été dit précédemment, a une influence
certaine sur la socialisation des enfants. Cependant n'est-ce pas à
l'école que l'on rencontre ses amis ? Que l'on forme des
bandes ? Lorsqu'on observe une cour de récréation ou
même que l'on se remémore cette période on remarque que ce
lieu est, malgré l'agitation ambiante, très organisé. Elle
est formée de plusieurs groupes déterminés en premier lieu
par la classe, en second lieu par le sexe puis par les affinités de
chacun. Ils ne jouent pas aux mêmes jeux. A cette étape la
consommation prend déjà une grande part car les enfants vont
chercher à s'adapter à leur groupe et donc à consommer les
mêmes produits : phénomène de mode. Les entreprises
doivent donc développer des produits capables de devenir incontournables
dans la cour de récréation. Il suffit qu'un élève
« le leader » intègre un nouveau produit et que ses
camarades l'apprécient pour qu'un phénomène
« boule de neige » se déclenche et que les ventes
explosent.

Quand ils grandissent un peu, ces groupes sont toujours
existants mais sont remarquables non plus par les jeux mais par l'apparence.
C'est le même principe que précédemment mais plutôt
axé sur l'apparence et donc les vêtements. C'est à ce
moment que la marque prend toute son importance. L'influence qu'a le groupe sur
un individu est très importante. Pour être accepté et
conserver sa place au sein du groupe de pairs il faut mimer les normes
instituées par le ou les leaders d'opinion11(*).
- la publicité
Pour parler de socialisation à la consommation il
semble impossible de passer à côté de l'influence de la
publicité et plus particulièrement des publicités tv.
Comme pour un adulte les annonces publicitaires cherchent à inciter les
enfants à consommer en leur vendant du rêve. La
télévision est le média qui touche le plus les enfants car
elle est très accessible très tôt. Il faut savoir qu'un
enfant français voit entre 3600 et 7000 publicités par an ce qui
peut paraître énorme. Les petits américains quand à
eux doivent en subir pas moins de 40 000. D'après l'institut de
l'enfant qui questionnait les mères sur l'influence de la
publicité tv sur leurs enfants, 41% confirmait que les annonces
entrainaient leurs enfants à consommer. En outre, 86% des enfants
interrogés affirme que les publicités tv sont celles qu'ils
connaissent le mieux et 73% que ce sont celles qui les influencent le plus
dans leur volonté d'achat12(*).
Cependant il ne faut pas penser qu'il suffit de faire une
annonce publicitaire pour influencer efficacement les enfants. En effet il
faut respecter certains codes et quelques règles.
c. Les théories
établit par les marketeurs et les publicitaires
La forme et le contenu des messages : critères
appréciés et critères rejetés par les enfants13(*)
|
Les critères appréciés
|
Les critères rejetés
|
|
- l'humour
- les messages sous forme de dessins animés
- une musique attrayante ou une jolie chanson :
« on se lève tous pour Danette, Danette, Danette »,
ou encore le fameux « des pâtes, des pâtes, oui mais des
Panzani ! »
- les slogans chocs ou la présence de
« jingles » aisément reconnaissables et faciles
à mémoriser
- la musique
- la présence d'animaux
- les messages vifs où il y a de l'action, celles
où on assiste à un exploit
- la présence d'animaux
- la présence de leurs héros favoris
- chez les plus grands, les messages qui se
réfèrent à certaines valeurs culturelles tels le mythe de
l'Amérique
- Pour les plus jeunes la présence d'une personne
âgée
- la présence d'enfants facilitant l'identification ou
l'utilisation d'une vedette connue
|
- les publicités qu'ils considèrent comme
idiotes
- les démonstrations trop spectaculaires pour être
vraies (même si c'est le cas) ou les effets supposés
exagérés des qualités des produits
- les publicités trop longues ou à rythme lent
- le manque d'originalité dans l'argumentation
- les publicités ou le lien entre les images et le produit
n'est pas direct et leur paraît confus, les publicités
abstraites
- les publicités qui leur font peur tel qu'une situation
inquiétante ou mal comprise (un monstre pourra les faire rire)
- les témoignages sérieux qui leur rappellent
l'école
- l'utilisation de références (littéraires
par exemple) qui leur sont inconnues.
|
Recommandation pratique pour s'adresser aux
enfants14(*)
|
A faire
|
A ne pas faire
|
|
- raconter une histoire simple
- utiliser des modèles enfants plus âgés que
la cible
- divertir et amuser
- penser aux parents (en utilisant des arguments qui vont les
convaincre aussi)
|
- de longs dialogues, des histoires compliquées, des
messages alambiqués
- être paternaliste
- imiter les enfants ou leur langage
- utiliser des enfants trop jeunes, trop de filles, des enfants
trop parfaits
|
Les publicitaires doivent s'efforcer de suivre au maximum ces
recommandations. Cependant ils n'ont pas encore la garantie d'un
succès.
- l'expérience directe avec le produit.
Modèle d'apprentissage des marques par l'enfant
consommateur15(*)

Dans ce modèle on peut constater que
l'expérience directe avec le produits se situe au même niveau que
les parents ou encore que les groupes de pairs. Le fait d'utiliser le produit,
de l'avoir en main, constitue pour un enfant, un réel apprentissage.
Grâce à l'expérience l'enfant saura si le produit lui
convient et comment l'utiliser. C'est la meilleure façon pour lui de
l'apprécier à se juste valeur. En fait la publicité
l'amène à connaitre le produit et à s'y intéresser
mais c'est cette expérience directe qui entraine l'acte d'achat.
Il convient de préciser qu'aujourd'hui pour se
différencier, une entreprise ne doit plus se contenter de
connaître parfaitement sa cible. En effet toutes les entreprises
commandent des études de marché et on accès à
l'information. Ce qui importe et qui est gage de succès est sans nul
doute l'anticipation. Il faut prévoir les nouvelles tendances,
établir des plans d'action, savoir choisir entre toutes les informations
et les utiliser à bon escient pour un maximum d'efficacité. Il ne
faut donc en aucun cas penser que toucher efficacement les enfants est chose
facile. Il faut certes bien connaitre les enfants mais il faut aussi les
comprendre, savoir anticiper leurs besoins et prendre en compte leurs
envies.
Les 6 règles d'or du marketing jeune16(*).
- Décider sur des faits; ni sur des
opinions, ni sur des suppositions
- Pratiquer une segmentation
opérationnelle du public et cibler des actions.
- Adopter une démarche triplement dynamique de projet
pour le jeune :
- Anticipation : une projection vers
demain
- Modélisation : des objectifs
précis et mesurable + des moyens humains et financiers
- Construction : une stratégie
forte et des tactiques actualisables.
- Planifier à court, moyen et long
terme, idéalement sur 5 ans (à peu près un cycle de vie
enfantin) avec des actions calées dur l'année scolaire.
- Protéger l'investissement;
conquête+fidélisation (que posera-t-on après cette
population ? Comment rester «aspirationnel» ?)
- Optimiser en permanence (mesure
régulière des résultats obtenus ; corrections des
erreurs)
Conclusion
Nous pouvons considérer que l'ensemble des recherches
et des méthodes mises en place pour toucher la population enfantine ne
sont en aucun cas parfaites. En effet ces règles ont été
établit, certes en interrogeant des enfants, mais par des adultes avec
un langage d'adulte. Les résultats obtenus sont-ils réellement
fiables ? En effet l'enfant n'est pas capable de comprendre en totalité
ce qu'on lui demande car son langage est bien plus simple et il n'a pas les
mêmes capacités d'écoute et de concentration. De plus,
contrairement à l'adulte qui est autonome et logique dans ses
décisions, qui sait exprimer clairement son opinion et les raisons qui
ont conduit à faire tel ou tel choix, l'enfant va privilégier le
registre affectif pour choisir et évaluer un produit. Il aura donc
toujours tendance à se diriger vers des marques familières car
elles auront tendance à le rassurer.
Les marketers doivent donc absolument remettre en cause leurs
acquis pour toucher efficacement le consommateur enfant.
Selon C. Derbaix17(*), les annonces publicitaires n'ont pas non plus le
même effet chez l'enfant que chez son aîné. Chez l'adulte on
aura tout d'abord les effets cognitifs suivi de l'affectif puis du conatif.
Chez l'enfant ce schéma est totalement bouleversé. On aura en
premier lieu les effets affectifs, puis le conatif (intention d'achat) et pour
finir le cognitif (réflexion et connaissance sur le produit).
Le problème dans la plupart des recherches sur les
enfants est que les responsable marketing ne prennent pas en compte ni les
aspects cognitifs ni les aspects conatifs. Ils se contentent souvent de
méthodes d'analyse non verbale. En somme, il dispose l'enfant devant une
publicité, et ils observent ses réactions et donc
apprécier l'impact affectif de l'annonce. Cette approche n'est elle pas
limitative ?
De plus dans cette approche d'analyse, on oubli très
souvent que l'enfant consomme rarement seul. Il est encadré et
conseillé par ses parents et fait ses choix en fonction de ce guide
indispensable. Voilà encore une seconde limite à toutes ses
analyses sur le comportement décisionnel du consommateur-enfant. Les
tests devraient, pour être plus en phase avec la réalité,
mettre en scène l'enfant et une partie de son environnement familial
habituel.
3. L'enfant se construit
par étape.
Les phases de construction d'Erikson18(*)
Pour Erikson, un être humain ne peut se former qu'en
passant par différentes étapes. A chaque étape il constate
que l'homme, ici en l'occurrence l'enfant, voit ses sentiments changer sur le
monde et sur lui-même. L'enfant traverse ses étapes avec plus ou
moins d'encombre. Ce sont ces étapes qui vont forger sa
personnalité et donc son identité.
De O à 18 mois : stade d'acquisition de
confiance en soit et en autrui. C'est à ce moment que l'enfant va
commencer à chercher l'échange avec l'autre.
De 18 mois à 3 ans : phase de recherche
d'autonomie. C'est à ce moment que l'enfant se rend compte de ce qu'il
est capable de faire ou pas. Il a déjà compris les limites et les
principes que lui ont apportés ses parents.
De 3 ans à 5 ans : phase d'identification
(souvent aux parents). A cet âge l'enfant commence à avoir des
projets précis et cherche à les concrétiser.
De 5 à 13 ans : phase d'affirmation de soit. Ici
l'enfant va chercher sa place, et tente de participer activement aux
décisions familiales. C'est pendant cette période que l'enfant va
se socialiser, il développe une forme de personnalité et
s'intègre dans des groupes de pairs sans être totalement
fixé. De cette façon c'est à ce moment que l'influence des
autres prend toute son importance.
De 13 à 20 ans : Phase d'introspection.
L'adolescent s'interroge sur ce qu'il est et comment il est perçut par
son entourage. Il s'affirme peu à peu et se rassure en s'entourant de
personnes proches de son mode de pensée.
Pour se construire pleinement, l'enfant doit passer par
plusieurs étapes distinctives. Erikson par cette démonstration
nous démontre que l'enfant ne peut agir et réagir comme un adulte
car il n'a pas encore toutes les armes en main pour comprendre les
manipulations des entreprises. Le fait d'être en construction fait de
l'enfant une cible spéciale.
D. Les influences qui conditionnent l'enfant et sa
consommation.
1. Interaction sociale avec
les groupes de pairs.
Comme nous avons pu le constater précédemment
les groupes de pairs on une influence certaine sur la consommation. En effet
même si les parents sont les premiers à accompagner leurs enfants
dans notre société de consommation, doit-on penser que c'est eux
qui les influencent dans leur décision ? L'enfant va plutôt
chercher à s'informer auprès de ses pairs car il s'identifie plus
facilement à eux. La plupart des enfants veulent faire comme leurs
camarades. Le fait de voir un nouveau produit, une console de jeux par exemple,
chez un de ses amis, d'y jouer et éprouver du plaisir va avoir une
influence bien plus importante sur l'enfant qu'une annonce publicitaire. De
plus pour ne pas se sentir inférieur et ressembler aux autres, l'enfant
voudra lui aussi posséder cette console. D'ailleurs, ce qui influence le
plus la consommation d'un produit chez les jeunes consommateurs est
« le voir chez un copain » avec près de 40% des
enfants sondés19(*). On peut donc considérer que les enfants sont
en recherche d'homogénéité permanente « un
enfant qui n'est pas comme les autres, qui n'a pas les mêmes centres
d'intérêt mettra ses compagnons mal à
l'aise »20(*).
Mettre ses compagnons mal à l'aise c'est une chose, mais il ne faut pas
oublier que l'enfant qui s'aventure à aller à l'encontre des
codes établis ou qui essaye d'intégrer une nouveauté prend
un gros risque car s'il a fait un mauvais choix il subira des moqueries voir
même un rejet de la part de ses « amis » le plus
souvent cela le conduira à abandonner ce produit.
Pour en finir avec ce point, il convient de préciser
que l'influence des pairs sur la consommation peut être nuancée.
D'une part, d'une manière générale cette influence des
pars n'a l'air d'être incontournable que pour les produits
« publics » qui sont visibles par tous. D'autre part, il
faut faire une distinction entre plusieurs facteurs :
- L'influence du groupe sur la consommation est bien plus
importante chez les enfants venant de famille modeste que de famille
aisées.
- La parité n'est pas valable pour ce
phénomène. En effet il semble que les filles soient moins
influençables que les garçons. D'autres ont infirmé ce
résultat.21(*)
2. Les médias
En matière d'influence nous pouvons confirmer que tous
les médias jouent un rôle dans la consommation enfantine. Ces
médias sont complémentaires les uns aux autres.
Cependant il semble évident que certains médias,
comme la presse ou la télévision, ont plus d'impact sur l'enfant
que d'autre comme la radio ou le cinéma.
a. La presse
Ce média à pris une grande place dans la
communication faite au enfant grâce à l'essor de magazines
spécialisés. La segmentation de cette presse est très bien
pensée. En effet il y en a pour tous les goûts et tous les
âges.
Voici quelques exemples de magazines :
Pour les 0 à 3 ans

Ce sont des magazines d'éveil pour les tous petits. Ils
contiennent des jeux et des petites histoires courtes et simples. Souvent
accompagnés de pages pour les parents avec des fiches conseils. Ces
magasines sont d'ailleurs bien plus destinés aux parents qui peuvent
trouver de l'aide pour résoudre certaines problématiques. Ils ont
aussi un caractère tout à fait ludique avec des histoires
adaptées à l'âge de l'enfant.
Pour les 3 ans à 7 ans

Ces magasines traitent de sujets adaptés à cette
tranche d'âge : la nature, les animaux. Ils contiennent des
histoires plus élaborées (contes animaliers, récits
quotidiens, contes de fée...)
Pour les 7 ans à 13 ans

Dans ce segment des sujets plus éducatifs comme les
sciences, l'histoire, l'anglais, ou l'information en générale,
sont traités. Ces magazines ont pour objectifs d'initier à une
matière et de consolider les connaissances et la culture des
préadolescents.
Pour les 13 ans et plus

Ici nous sommes face à des magazines bien plus
généraux qui englobent des sujets relativement variés. Les
thèmes sont traités sous forme de dossiers complets qui sont
censé aiguiller les jeunes dans différentes situations qu'ils
sont susceptibles de rencontrer ainsi que de faire un topo sur
l'actualité (culturel, sociétale, mondiale, civique...)
Tous ces magazines contiennent de nombreuses
publicités. Cependant on note quelle sont souvent plus
élaborées que les annonce TV. En effet, les marques qui utilise
la publicité presse, distribuent souvent des primes, des cadeaux ou
élaborent des concours. D'un point de vu attrait il semble
néanmoins évident que la publicité presse à moins
d'impact sur les enfants car les enfants la mémorise moins que la
publicité TV22(*).
En effet, ce qui est entendu est plus mémorisé que ce qui est lu.
Cependant le fait que ces publicités reprennent les slogans et les
personnages utilisés pour les annonces présentées en
télévision en font un média complémentaire tout de
même intéressant à exploiter.
b. La radio
Il est évident que ce média à bien moins
d'impact sur les enfants. D'une manière générale il
n'existe pas d'émission spécialisé pour les enfants ils ne
l'écoutent donc pas. De plus pour les plus petits le fait de ne pouvoir
associer des mots à une image rend l'information plus volatile et moins
mémorisable. Par ailleurs selon une étude de Guichard qui
interrogeait les enfants : « où trouve-t-on de la
publicité ? » seulement 14,9% ont cité la radio.
Cependant pour les adolescents la publicité a plus
d'impact car d'une part ils sont souvent fidèles à certaines
radio et émissions les concernant. La radio permet donc de cibler de
façon plus précise car à chaque radio et émission
son public.
c. Le cinéma
Le cinéma pourrait avoir un impact très
important sur les enfants. En effet, le cinéma possède tous les
atouts pour rendre la publicité influençable notamment
l'attention totale du public. Cependant trop peu d'enfants vont au
cinéma ou s'ils y vont ce n'est que de manière ponctuelle.
d. L'affichage
On peut supposer que, comme la publicité presse,
l'affichage ne retient pas beaucoup l'attention des enfants. Cependant
contrairement au média presse, l'affichage attire moins les enfants et
est moins mémorisable car l'enfant a besoin de temps pour
intégrer un message.
e. La
télévision
« Lorsqu'ils atteignent
leur majorité, les enfants ont passé plus de temps à
regarder la télévision qu'à n'importe quelle autre
activité »23(*)
La télévision est le média par excellence
pour les enfants. Selon la même étude qui a été
cité pour la radio (Guichard) 83% des enfants interrogés ont
cité la télévision comme vecteur de publicité. De
plus en plus de chaînes spécialisées pour les enfants
voient le jour. II existe d'ailleurs de nombreux débats sur l'impact de
ces chaînes sur les tous petits. En effet cette année deux
nouveaux canaux, Baby TV et Baby First, ont été
créé ciblant les enfants de 5 mois à 3 ans ! Ces deux
chaînes on fait un véritable scandale auprès associations
de consommateur qui critiquent lourdement l'impact de ce type de chaîne
proposant des programmes 24/24h.
Voici par exemple l'offre de Baby TV :
· Pendant la journée, BabyTV présente des
séries courtes entrecoupées de clips des meilleures chansons
enfantines. La programmation en journée est active, entrainante et
amusante et conçue pour stimuler l'interaction.
· La nuit, BabyTV diffuse de la musique douce et des
supports visuels calmes destinés à tranquilliser les
bébés et créer une atmosphère apaisante à la
maison24(*).
Quant aux fondateurs de Baby First TV, ils assurent que
«c'est l'outil ludo-éducatif que les parents attendaient», et
affirment vouloir «sensibiliser les enfants à l'amitié et
à l'altruisme» et les «aider à s'endormir avec des
berceuses et des images réconfortantes»25(*).
Ces chaînes ont peut-être de bonne intention, il
est vrai que proposer un programme fait sur mesure pour les enfants est
intéressant car cela évite que l'enfant soit confronté
à des images trop violentes ou à des histoires trop
compliquées risquant de le perturber. Cependant pour se financer ces
chaînes ont besoins de passer par la publicité.
Aujourd'hui, les enfants sont donc, dès le berceau,
accablés par des spots publicitaires leur étant directement
destinés. Un enfant français voit environ 5000 spots par an
c'est un fait. Ce chiffre ne fera que croître si la France ne met pas en
place des mesures visant à réguler ce phénomène. La
question est de savoir si ce « trop plein de pub » peu
nuire à l'enfant. Qu'elles sont les réactions de ces enfants face
à ces annonces ?
3. L'enfant face au message
publicitaire.
Avant d'étudier les comportements des enfants face au
message publicitaire il convient tout d'abord de mettre en exergue ce que
comprend l'enfant et ce qu'il perçoit quand il visionne un spot. Ainsi
nous pourrions nous demander si l'enfant comprend que la publicité a
pour but principal de convaincre les auditeurs. A partir de quel âge
pouvons-nous considérer que l'enfant est lucide sur les intentions des
marques ? Les enfants comprennent-ils clairement les messages
publicitaires ?
D'une manière générale et
évidente, la crédulité de l'enfant diminue avec
l'âge. Il semble que l'enfant commence à distinguer une
publicité d'un programme classique à partir de 5 ans en moyenne
cependant cette distinction est surtout due au fait qu'un spot est plus court
qu'un programme classique. De la même façon un enfant devient
conscient des intentions des marques à partir de 8 ans. Mais ce seuil
peut baisser ou augmenter selon son éducation. On estime tout de
même qu'à partir de l'âge de 10 ans la quasi-totalité
des enfants comprennent l'intention commerciale de la publicité.
Aujourd'hui les enfants sont très tôt
sensibilisés aux « méfaits » de la
publicité. En effet certains parents prennent soins de discuter de la
publicité avec leurs enfants.
En interrogeant les enfants on a découvert que 86% des
enfants discutent avec leurs parents devant la TV. Parmi eux, 64% parlent de la
publicité. Ce chiffre peut paraitre encourageant mais il ne faut pas
oublier les 36 % restant qui subissent le discours publicitaire sans
encadrement. D'ailleurs même les enfants
« encadrés » ne sont pas véritablement
protégés puisque 66 % des mères autorisent leurs enfants
à regarder tous les spots26(*).
Comme nous l'avons vu précédemment27(*), pour que la publicité
ait un impact sur un enfant, il faut respecter certaines règles. Pour
résumé, la publicité doit être courte, être
chantée et être animée par des personnages de
préférence imaginaires (animaux) ou par un personnage réel
adulé par ces jeunes. Mais pour être vraiment efficace les marques
doivent évaluer plusieurs critères. Elles doivent cibler leur
communication en fonction de l'âge du public ciblé et l'adapter
à leur stratégie marketing. Le scénario est aussi
très important car c'est ce que va retenir l'enfant et c'est grâce
à ce scénario que l'enfant va pouvoir s'identifier à la
marque. En effet, quel enfant n'a pas imaginé ses forces décupler
en dévorant des céréales Frosties « et le tigre
est en toi ! ».
Quand est il d'ailleurs de la mémorisation des slogans
et des spots en général ?
Comme pour tout, la mémoire de l'enfant va
s'améliorer avec l'âge. On distingue le souvenir spontané
(pour les enfants de moins de 5 ans), où l'enfant ne retiendra qu'une
infime partie de l'annonce sans faire de lien entre ses différents
flashs qu'il a mémorisé, du souvenir structuré où
l'enfant retient la cohérence du message.
Dans une autre mesure il convient de se demander si la
mémorisation d'un spot dépend de son objet. On note que
même si les produits qui les concernent ont tendance à plus les
marquer, ce n'est pas toujours le cas. En effet d'après une étude
présentant différents spots à des enfants, il est
ressortit que 56,2% des sondés avaient retenu l'annonce de Palmolive
vaisselle contre 33,7% pour la poudre chocolaté Banania28(*).
Dans une autre mesure, il convient de se demander si la
publicité en général a des impacts négatifs sur les
enfants.
Nous avons démontré que la publicité,
notamment pour des produits les concernant, avait un impact relativement
conséquent sur leur consommation. En effet une publicité bien
conçu et adapté à sa cible va inévitablement
influencer l'enfant. Même si ce dernier prend vite conscience des
intentions publicitaire il va tout de même s'identifier aux pairs
présents dans le spot. Si un enfant voit un congénère se
régaler d'une barre chocolaté ou échanger des bonbons, il
va assimiler ce genre de produit à une alimentation normale. En effet,
les enfants présents dans le spot sont beaux, en pleine santé,
ils courent...Bref ils sont normaux.
On ne peut nier que, les publicités en direction des
enfants ne concernent jamais des produits dit « bons pour la
santé » (le pain, les fruits ou les légumes). 70% des
publicités pour enfants vantent les produits sucrés, les
céréales ou les bonbons29(*). Cette constatation entraîne de nombreuses
associations de consommateurs à dénoncer les spots alimentaires
destinés aux enfants. Pour eux la montée de
l'obésité est indéniablement liée à la
promotion de ces produits. Cependant la responsabilité des parents n'est
elle pas elle aussi à remettre en cause ? N'est-ce pas aux parents
d'apprendre à leurs enfants à bien consommer ? Ce n'est pas
parce qu'un enfant désire manger du chocolat qu'il faut l'y autoriser.
Les parents doivent expliquer à leur enfant que la consommation
excessive de certains produits est à éviter. Certes les marques
communiquent surtout sur des produits gras, salés, sucrés. Le
rôle des parents est d'éduquer les enfants à faire la
distinction entre ces produits et les produits sains et
équilibrés. Faire comprendre à leurs enfants que pour
rester en forme il faut varier les plaisirs et goûter à tout.
Il ne s'agit pas là de blâmer les parents, juste
de remettre les choses dans leurs contextes. Les modes de vie ont
changé, la mère n'est plus au foyer, elle consacre moins de temps
à la cuisine et donc à l'éducation culinaire de leur
progéniture. Ce manque d'éducation ce reproduit au fil des
générations et on en vient à observer des
méconnaissances inquiétantes. En effet on constate de plus en
plus d'unités diététiques médicales (20% des
jeunes français sont en surpoids) soignant des adolescents de leur
obésité. Dans ces centres on trouve des jeunes malades accros aux
marques de gâteaux, bonbons, et produits gras en tous genres. Il ne faut
pas nier le fait que le fait de rester assis devant la télévision
plusieurs heures, sans activité sportives aucunes, et être
confronté à chaque instant aux tentations publicitaires
n'entraine pas une augmentation de la consommation de ses produits. Pour
autant est il normal que ces jeunes n'aient jamais consommé de
légume ? Est-il normal que pour la première fois de sa vie
une jeune fille épluche un brugnon ou mange une tomate ? Il
est de toute évidence bien trop facile de faire peser ce fléau
sur les épaules des marques.30(*)
Un autre effet néfaste de la publicité est
souvent mis en avant par ses détracteurs : la frustration. En effet
il semble que les enfants qui voient un spot ont tendance à
idéaliser cette vie idéale et sans restriction qu'on leur
dépeint dans les annonces. Ils peuvent donc être frustrés
quand il voit que tout n'est pas parfait dans leur monde et qu'il ne peuvent
pas accéder à tous. Les marques les fascinent et toute cette
communication renforce leur désire d'en consommer. Dans ce cas inutile
de nier ; le principal but des spots publicitaires étant de
susciter l'envie et de créer un besoin, cette communication
entraîne sans aucun doute une frustration. Cependant, le fait de voir un
produit chez un copain et de ne pas pouvoir l'acquérir n'est-il pas tout
aussi frustrant ?31(*)
Comme nous avons pu le voir en conclusion de la partie C. Les
marques ont une bonne connaissance de leur cible et des techniques à
mettre en place pour les atteindre le plus efficacement possible. Ces
techniques ne sont cependant pas infaillibles. Plus loin dans le
développement32(*)
nous avons pu découvrir que les enfants ne sont pas des êtres
candides inconscients et qu'ils sont de plus en plus conscients des intentions
publicitaires.
Dans une autre mesure il semble évident que même
en ayant une très bonne connaissance des problématiques de leur
marché, les marques destinées aux enfants n'arrivent pas toujours
à leur fin en terme de mémorisation et certains nouveaux
produits passent presque inaperçues et disparaissent des
linéaires peu de temps après leur sortie.
E. Les difficultés
pour les entreprises
D'une manière générale, pour lancer un
produit sur un marché, il faut connaître ce marché, certes.
Pour autant, il faut aussi connaître sa cible. Pour se faire, il faut
l'interroger. Pour recueillir de l'information est assez simple. Il suffit de
sonder les intéressés sur ce qu'ils aiment, ce qu'ils attendent,
sous quelles conditions. Les tests se font sous forme de questionnaires ou
d'expérience directe avec le produit. Pour les consommateurs adultes
cette méthode est relativement efficace. En effet il s'exprime
clairement sur ses attentes. Mais quand il s'agit de recueillir de
l'information auprès des enfants tout se complique.
1. Le recueil
d'information : un vrai casse tête
Beaucoup de problèmes se posent quant au traitement de
l'information venant de la population enfantine notamment chez les plus jeunes.
En effet comment être sur de la fiabilité des données
recueillies quand on sait qu'un enfant n'est pas toujours capable de comprendre
d'une part ce qu'on lui demande et d'autre part d'exprimer clairement ce qu'il
ressent sur une question précise.
« La cible jeune demande une maîtrise
particulière, il y a des erreurs à ne pas commettre, (...) Nous
choisissons la méthode en fonction de la problématique et de
l'âge. »33(*)
Les marques et les sondeurs doivent faire face à
plusieurs problématiques propres au sujet enfant. Plus il est jeune plus
ces problèmes sont forts et récurrents.
La plupart des enfants ne maîtrisent pas la lecture.
Leur vocabulaire est assez simple ce qui limite la communication. Ils ne
maîtrisent pas non plus l'écriture. Les enfants ont aussi des
problèmes d'attention et de concentration. Les enfants ont des
connaissances limitées sur certains sujets (tout dépendra de son
âge, de son niveau scolaire et de son environnement). Pour finir l'enfant
à un langage qui lui est propre et qui va évoluer avec
l'âge et il a tendance à être déstabilisé
quand il est face à une situation ou un langage qu'il ne comprend
pas.
Pour obtenir des informations il existe plusieurs
méthodes plus ou moins efficaces. Chacune doit prendre en compte les
lacunes décrites ci-dessus pour recueillir de
« vraies » informations.
a. L'expérimentation
Plébiscité par de nombreux sondeurs, c'est la
méthode qui semble être la plus adaptée pour tester les
enfants. En effet au cours d'une expérimentation on peut apprendre de
nombreuses choses sur le comportement de l'enfant face à
différentes situations. On pourra ainsi tester ses réactions face
à de nouveau produit ou face à un spot. On pourra aussi
comprendre ce qui stimule le choix d'un enfant sur un produit donné.
Comme nous l'avons vu précédemment l'enfant est
dissipé et il a bien plus de mal à se concentrer longtemps sur un
même sujet que l'adulte. Il faut donc mettre en place des
activités variées pour ne pas perdre son attention.
Cette méthode est cependant critiquable car l'enfant
qui n'est pas dans un contexte habituel ne fera sans doute pas les même
choix que dans une situation normale ou il sera accompagné par ses
parents ou par des amis. On pourra aussi noter une certaine inhibition de
l'enfant qui ne se sentira pas à l'aise dans cet environnement inconnu
avec des personnes qu'il ne connait pas il risque donc d'adapter son
comportement et ses choix en fonction de cette situation inhabituelle.
De plus comment être sur que les propos tenus par un
enfant sont bien réels et précis ? En effet l'enfant
n'a-t-il pas des problèmes de mémorisation et de
rationalisation ?
Ainsi on peut dire que les informations obtenues dans le cadre
de l'expérimentation peuvent parfois être biaisées.
b. La méthode des
observations directes.
C'est la méthode préférée des
fabricants de jouets34(*). En effet c'est la méthode
idéale pour comprendre le comportement d'un enfant dans toute sorte de
situation. On pourra observer l'enfant dans un rayon : quel produit va
l'attirer le plus ? Que va-t-il regarder en premier ? Contrairement
à l'expérimentation, l'observation directe étudie l'enfant
dans son environnement habituel. Il n'est donc pas influencé et se
comporte de façon tout à fait naturelle. L'observation directe
est sans doute la meilleure méthode pour analyser les réactions
d'un enfant et permet donc aux marques d'adapter leurs produits en fonction de
ces différentes réactions et donc de réajuster leur mix
marketing.
Il ne faut pas pour autant penser que l'observation directe
est sans faille. En effet il semble que l'enfant soit assez instable dans ses
choix. Rien ne garantit qu'une réaction un jour
« j » se reproduira en j+1.
c. Les entretiens semi
directif
« Il est important de savoir écouter et
décoder de façon pertinente les discours des juniors. Avec les
enfants, il faut prendre en compte la spécificité de leurs modes
d'expression (langage, dessin, jeux de rôles...) qui privilégient
la pensée concrète, la sensibilité et les symboles. Avec
les adolescents, il faut prendre acte de leur construction identitaire, entre
rébellion et intégration, et de l'importance qu'ils accordent
à leur image sociale qui se traduit par des mécanismes de
défense comme l'opacité et la surenchère.
»35(*)
Dans le cadre d'un entretien semi directif il sera donc
important que la personne en charge de recueillir les informations soit capable
de « parler junior » : connaître les codes tels
que les expressions, les comportements non verbaux, les
références... En effet cette connaissance du jeune est
indispensable pour bien interpréter les réponses des enfants.
Dans cet entretien, il faudra bien entendu prendre en compte les
différentes limites mises en exergues
précédemment36(*). Le plus simple est d'appliquer une
méthode d'interrogation visuelle en leur montrant des photos ou des
images qu'ils seront à même de comprendre.
Il faut aussi mettre en place des questionnaires
adaptés le plus souvent faits de questions fermées ou de
questions relativement simple mais aussi assez courtes pour que l'enfant ne se
lassent pas trop vite. Dans ce cadre, si l'animateur arrive de façon
subtile, c'est-à-dire sans que l'enfant ne se sente obligé de
suivre la trame imposée par le sondeur, à cadrer un minimum son
interrogatoire en laissant l'enfant libre d'aborder à sa convenance
certains thèmes à son rythme, ces entretiens peuvent donner des
résultats très intéressants.
d. Les questionnaires
Globalement, la méthode de sondage classique est
à écarter. En effet nous avons vu que l'enfant n'était pas
capable d'une part de comprendre avec précision ce qu'on lui demandait
et d'autre part qu'il ne savait pas bien exprimer ce qu'il désirait ou
pensait.
Pour recueillir certaines informations précises et
indispensables le questionnaire classique reste pourtant le seul moyen. Ainsi,
ne pourrait-on pas adapter ces questionnaires pour qu'ils soient compris par
les plus jeunes ?
Exemple d'items retenus dans la validation
d'échelles d'attitudes adaptées aux enfants37(*)
Attitude envers l'annonce
Cette publicité, je l'aime
Cette publicité, je la trouve bien
Je trouve cette publicité belle
Cette publicité, je la trouve bête
J'ai envie de revoir cette publicité
Cette publicité m'embête
Attitude envers la marque
J'aime ça
C'est gai
C'est génial
J'aime beaucoup
C'est utile
C'est pratique
Ça ne sert à rien
Dans cette échelle d'attitude, on voit que Percheux et
Derbaix ont employé des mots relativement simple, représentants
des sentiments que peuvent comprendre les enfants. On peut donc à
l'aide d'un tel questionnaire savoir ce qu'ils pensent d'une marque, d'un
produit. S'ils le trouvent utile, beau, intéressant...
Voici ci-dessous un exemple de réponses au
questionnaire qui pourrait être mise en place par les sondeurs, notamment
pour les jeunes enfants (moins de 7 ans) qui ne savent ni lire ni
écrire.
Que penses-tu de ce nouveau jouet ?
   
Il semble que l'utilisation des formes iconiques pourrait
résoudre les problèmes de communication. L'enfant n'aura aucun
souci à comprendre les sentiments dégagés par ces smileys.
Il se reconnaîtra dans l'un d'eux. Cependant il ne faut pas qu'il y ait
trop de déclinaison car l'enfant risque de ne pas savoir faire la
distinction entre deux sentiments proche et aura tendance à se focaliser
sur les extrêmes. Selon tous les chercheurs il ne faut surtout pas
dépasser deux niveaux pour chaque sentiment. On voit ici dans un premier
temps un accord très fort (le grand sourire avec toutes les dents) et un
accord plus modéré (sourire plus fermé), dans un
deuxième temps un désaccord fort (il en est presque à
montrer les dents) et un désaccord plus modéré pour finir.
Reste à savoir si les smileys seront compris de la
même façon par tous les enfants. De plus certains enfants ne
risquent-ils pas d'être plus préoccupés par les dessins que
par la question en elle-même ?
Pour avoir l'étude la plus complète et la plus
fiable possible, ne serait-il pas judicieux de combiner plusieurs
méthodes en même temps. En effet, en croisant les résultats
on se rendrait compte que malgré quelques contradictions, on peut faire
une conclusion assez proche de la réalité.
On pourrait même imaginer une procédure
regroupant toutes les méthodes existantes de recueil d'information.
Dans un premier temps on réunirait des enfants autour
de quelques produits. Les enfants seront interrogé seul ou avec un
camarade sur le ou les produits que l'on veut étudier. (Phase
d'expérimentation)
Ensuite on pourrait laisser ces mêmes enfants dans la
pièce et observer leur comportement derrière une vitre sans teint
par exemple. (Phase d'observation directe)
Dans un troisième temps, il s'agirait d'entretenir les
enfants, leur poser des questions tout en les laissant s'exprimer librement et
à leur rythme. (Phase d'entretient semi directif)
Le tout est ensuite de regrouper toutes les informations
recueillies afin d'en tirer une conclusion et d'agir le plus efficacement
possible. Attention toutefois à bien choisir les enfants en fonction de
leur familiarité avec les produits ou avec les questions qui lui seront
posées. Rien de pire qu'une accumulation de « je ne sais
pas » pour fausser une étude.
Après cette étape de recherche et de
regroupement de données, les marques doivent être en mesure de
proposer des produits attractifs qui intéresseront les enfants. Oui,
mais pour combien de temps ? En effet même si un produit fonctionne,
c'est-à-dire qu'il aura connu un succès et se sera bien vendu,
rien ne garantit sa pérennité sur le long terme.
Les enfants sont des consommateurs assez volatiles, ils sont
friands de nouveauté. La difficulté pour les marques est donc de
fidéliser au maximum leur public.
Les jeunes sont les clients de l'avenir et les prescripteurs
d'aujourd'hui, mais ces jeunes sont ils fidèles aux marques ?
2. Les enfants sont-ils
fidèles aux marques ?
Toutes les études sur ce sujet confirment que les
marques consommées par les adultes (entre 25 et 35 ans) ont
été intégré dans leurs habitudes de consommation
pendant l'enfance (avant 18 ans). On constate d'ailleurs que la moitié
des marques utilisées durant l'enfance ou l'adolescence le sont encore
à l'âge adulte.38(*) L'enjeu pour la marque est donc de capter
son « audience » le plus tôt possible et de garder au
fil des années une image positive pour motiver un ré-achat.
Même si on peut considérer que l'enfant ne devient acheteur
qu'à partir de l'adolescence c'est-à-dire à partir de 12
ans, nous avons vu qu'il jouait un rôle de prescripteur au sein de sa
famille39(*). On peut donc même dans le cas
d'enfants plus jeunes parler d'une fidélité à la marque
car il va demander à sa mère d'acheter un produit précis.
Le plus souvent d'ailleurs il réclamera la marque avant le produit.
Ainsi un enfant ne demandera pas à sa mère de lui acheter des
céréales mais des Chocapic, il ne lui demandera pas de la pate
à tartiner mais du Nutella. En outre on peut constater que près
de 90 % des demandes des enfants se font en citant le nom des
marques.40(*)
On peut donc dire que les enfants sont relativement
fidèles aux marques. On peut distinguer, de cette façon,
plusieurs modes de fidélité. Dans un premier temps on peut noter
les enfants vraiment fidèles qui ne vont consommer qu'une seule marque
pour un type de produit. Cette fidélité peut être de leur
propre chef, c'est-à-dire que l'enfant choisit lui-même son
produit et l'impose dans son foyer. La fidélité peut être
aussi subit car c'est sa mère qui en consommant une marque va la rendre
habituelle pour l'enfant. Il reproduira malgré lui ce mode de
consommation. Dans une autre mesure on peut dire que la mère joue un
rôle important et que c'est souvent elle qui aura le dernier mot sur le
produit à acheter. Elle sait ce qu'aime son enfant et va donc lui
proposer différentes marques qu'il apprécie pour le même
produit.
L'enfant peut aussi rester fidèle à un produit
à très court terme car il aime le changement. C'est une des
difficultés des marques qui même si elles proposent un produit que
les enfants aiment, et qu'ils consomment, ces marques n'ont aucune garantie que
les enfants achèteront leurs produits sur le long terme. En effet, les
enfants peuvent se lasser. Ils sont aussi influencés par les effets de
mode. Il faut donc que les marques anticipent les nouvelles tendances mais
aussi qu'elles fassent durer leurs produits existants et pour cela elles
doivent sans cesse se remettre en question et améliorer leurs produits
pour que les enfants est une sensation de nouveauté.
Un exemple d'adaptation est la marque Kinder. Marque qui est
en premier lieu destiné aux enfants (Kinder signifie enfant en allemand)
elle propose des produits adapté à chaque moment de la
journée :
Le gouter avec les gâteaux et ultra
frais (kinder délice, pingui, chocofresh, maxi King)
   
Ici on peut voir que Kinder s'adapte au moment goûter
qui est réservé aux enfants. Les produit on des formes rigolotes.
Le format est adapté aux petites mains et tout est portionné. Le
plus ancien est le Kinder Délice au rayon gâteaux. Est ensuite
venue la vague des goûters ultra frais avec le précurseur Kinder
Pingui. Kinder en est resté la pendant quelques années mais pour
éviter de lasser les consommateurs a décliné les Kinder
Pingui sous plusieurs goût, puis à ensuite créé deux
nouvelles références avec des formes et des goûts
totalement différents.
La petite pose avec ses barres
chocolatées (les Kinder Maxi, les Kinder Bueno, Bueno White, et Kinder
country).

Ici on retrouve un produit qui cible certes les enfants comme
le Kinder Country, mais aussi les plus grands, ainsi les Kinder Bueno et Maxi
sont des produits que la marque destine « aux grands »,
mais qui sont aussi apprécié par les plus jeunes.
Les tablettes de chocolat pour les plus
petits (Kinder Chocolat)

Les confiseries ludiques (Kinder surprise et
Kinder Schoko-bons)

Comme on peut le remarquer la marque Kinder a fait en sorte
que ses produits suivent le consommateur à chaque moment de la
journée. Ce qui fait son succès est aussi qu'elle à
cherché à accompagner toute la famille. Un enfant qui consomme du
Kinder pourra continuer à l'âge adulte puisque certains produits
Kinder ciblent directement « les grands ».
Ces adultes imprégnés de la marque dès
leur plus jeune âge achèteront des produits Kinder à leurs
enfants.
On pourrait se demander d'ailleurs ce qui plait tant aux
enfants chez Kinder. Le goût du chocolat ? Les formes
originales ? Le packaging ? On se rapproche... Non ce qui a fait le
succès de Kinder, ce sont les cadeaux ! Oui le Kinder surprise
n'est il pas le chocolat préféré des enfants ? On
remarque que beaucoup de marque ont développé ce système
de promotion. Mais suffit-il de glisser un petit cadeau destiné aux
enfants dans une boite pour voir ses volumes de ventes décoller ?
Toutes les méthodes promotionnelles peuvent elles fonctionner avec les
enfants ?
3. Les promotions
dédiées aux enfants sont elles efficaces ?
Tout d'abord, il convient de se demander si l'enfant est
sensible aux promotions.
Dans un premier temps il faut savoir qu'un enfant est tout
à fait à même de comprendre qu'il existe des promotions.
Ils savent d'ailleurs très bien les distinguer même s'ils ne
connaissent pas les termes techniques. Pour eux il y a « les produits
moins cher », les « plus de produits », les
« cadeaux » et les « jeux pour gagner un
cadeau ». Les promotions qui attirent le plus les enfants sont dans
un premier temps les jeux-concours qui demandent une implication assez de
l'enfant et le font rêver. Dans un second temps les enfants
préfères les cadeaux41(*). En allant dans les linéaires de
Céréales mais aussi de jouets on se rend compte que cette
préférence est connue des marques puisque dans la plupart des cas
ce sont ces promotions qui sont proposées.
Cependant ce type de promotion est il efficace pour tous les
enfants ? En effet tous les enfants comme les adultes ne vont pas
être sensibles aux mêmes types de promotion.
On peut distinguer 4 typologies d'enfants assez
différentes42(*) :
Les enfants très sensibles aux marques et à tous
les types de promotion. Ils seront en quête permanente d'offres
promotionnelles. Cette catégorie représente 1/3 des enfants. On
les appellera les « hypersensibles ».
Les enfants qui se moquent des marques et des promotions et
qui n'y voient aucuns intérêts. Cette catégorie
représente 1/5 des enfants. On les appellera les
« insensible ».
Certains enfants ne sont sensibles qu'aux promotions de types
cadeaux ou jeu concours. C'est enfants cherchent à avoir du plaisir et
de l'amusement dans leur achat. Ils représentent près d'1/4 des
enfants. On les appellera les « Hédonistes ».
La dernière catégorie est
représentée par les enfants attirés par les
réductions de prix et les produits en plus. Il est attaché
à l'avantage que va procurer un achat par rapport à un autre est
fait son choix en fonction. Ces enfants représentent 18% des enfants. On
les appellera les « évaluateurs ».
En vu de ces différentes catégories, il semble
que les marques, en utilisant que certaines promotions, laissent de coté
toute une partie de la population enfantine. En effet, même si en
privilégiant les promotions « cadeau » et
« jeu concours » elle touche un grand nombre d'individu
elle exclut tout de même près d'un tiers des enfants. Les
hédonistes ne sont pas à mettre de côté car il se
rapproche de la sensibilité adulte. L'achat sera donc plus facilement
validé par les parents.
La solution pour toucher un maximum d'enfant sera donc
d'allier les deux types de promotion. En ce sens, il faudrait dans un premier
temps attirer les hédonistes en leur proposant des cadeaux et des jeux
concours. En parallèle, ou peu de temps après, faire une
promotion prix ou produit en plus pour conquérir les évaluateurs.
Les hypersensibles seront attirés dans les deux cas.
Une autre problématique est à soulever dans le
cadre de la promotion dédiée aux enfants. Ces derniers ont
tendance à s'attacher à la marque qui lui à fait une
promotion. Contrairement à un adulte, l'enfant ne va pas forcement
comprendre pourquoi du jour au lendemain le jouet qu'il trouvait dans le paquet
de lessive Bonux de sa mère ne s'y trouve plus. Il risque de
considérer la fin de la promotion comme une sanction et donc de faire un
rejet de la marque. Ainsi reste à savoir dans quelle mesure les marques
sont elles prêtes à conserver une promotion au détriment de
ses objectifs commerciaux ? De plus en gardant une promotion de
façon permanente le côté exceptionnel de la promotion ne
risque-t-il pas de disparaître ? Il est vrai que c'est un risque
à prendre, mais l'image de la marque aux yeux des enfants ne pourra que
s'améliorer. L'enfant étant le prescripteur d'aujourd'hui mais
surtout le consommateur de demain, privilégier son image de marque sur
le long terme, malgré quelques dépenses, n'est-il pas plus
judicieux ?
En termes de promotion certaines dérives sont à
noter. N'avez-vous jamais été déçu par une offre
promotionnelle promettant un cadeau qui ne répondait pas à vos
attentes ? Il arrive que certaines marques ne tiennent pas leurs
promesses. Elles vendent des produits avec un packaging présentant une
promotion très attrayante mais au final le cadeau escompté ne
répond pas aux attentes des consommateurs. Les enfants ont tendance
à faire confiance aux marques ils peuvent donc facilement être
abusé.
Pour illustrer ces abus, on pourrait parler d'une promotion
qui à été faite par une marque de céréales.
Cette marque proposait, à l'occasion de la sortie de l'épisode 3
de la saga Star Wars, des « sabres lasers » à
collectionner. Sur le paquet était proposé un sabre de taille
correct bien proportionné. Or au final l'enfant se retrouvait avec un
mini sabre en plastique de 11cm avec une poigné de la même taille
que la lame(le laser). Imaginez la déception du bambin qui s'attendait
à mener un combat sans merci contre les forces du mal ! Les paquets
de céréales se sont vendus, certes, mais est il moral de profiter
de la crédulité d'un enfant ?
Ne faut-il pas conserver une certaine éthique envers
les jeunes consommateurs ?
F. Vers un marketing
Moral.
Les entreprises prennent peu à peu conscience qu'elles
ne peuvent mettre de côté une dimension éthique dans leur
travail. De plus en plus d'associations de consommateurs se plaignent du
comportement des industriels. Elles les accusent de profiter de la
naïveté des plus jeunes pour faire un maximum de profit. Ce qui
n'est pas faux. Les entreprises sont aussi soumises à un contrôle
de plus en plus sévère et subissent boycotte et procès en
cas de comportement amoral.
Plus l'enfant ciblé est petit, plus les marques doivent
prendre de précaution. En effet, un jeune enfant est
considéré comme faible et influençable du fait de ses
faibles défenses cognitives. Quoi qu'il en soit le fait même de
cibler la population enfantine apparait pour beaucoup de gens comme un
comportement non éthique.
On pourrait dès lors aborder le sujet épineux du
cas suédois qui depuis 2001 a tout bonnement réglementé
très sévèrement la communication des marques auprès
des enfants. La Suède à banni de la télévision
toutes les publicités visant les moins de 12 ans (jouets,
vêtements, aliments) ; les publicités destinées aux
adultes ne peuvent ni précéder ni suivre un programme
destiné aux enfants. En terme de contenu des spots, il est maintenant
interdit d'utiliser un personnage référent pour les enfants
(animateurs ou héros de dessins animés).Les enfants acteur sont
proscrit. Aucun élément renvoyant au monde de l'enfance ne doit
être utilisé (rires, voix, conte...) ne doit être
présent. Un cauchemar pour les industriels et professionnels de la
publicité. Exemple pour de nombreuses associations. Cette
législation originale à fait mouche, même si l'Europe n'a
pas souhaité suivre ce modèle elle a permis une réflexion
intéressante et des débats sur les différentes
problématiques éthiques auxquelles les entreprises doivent faire
face.
On peut distinguer quelques problèmes sur lesquels les
entreprises doivent travailler :
· A partir de quel âge les marques doivent-elle
sexualiser leurs produits pour ne pas nuire au bon développement de
l'enfant ?
· Comment commercialiser des produits en cherchant
à ce qu'il touche la plus grande population possible tout en respectant
la diversité culturelle de leur cible ?
· Comment communiquer efficacement sans abuser de la
crédulité des plus jeunes ?
· Les marques doivent tout mettre en oeuvre pour
respecter leurs engagements commerciaux
· Les marques doivent être capables de proposer des
produits adaptés à l'âge de l'enfant ciblé.
· Doivent-elles généraliser le label
« Children Free » garantissant qu'aucun enfant n'a
participé à la confection du produit.
Pour répondre à ces différents exemples
de problèmes, il y a plusieurs solutions.
1. Vers un marketin |