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Mémoire de stage
Présenté par Lucien Massoukou
pour obtenir le diplôme de Master en Agronomie et
Agro-Alimentaire Spécialité : Foresterie Rurale et
Tropicale
LA RETROCESSION D'UNE PARTIE DES REVENUS
DE L'EXPLOITATION FORESTIERE AUX POPULATIONS LOCALES GABONAISES :
EFFICACITE, EQUITES ET PERENNITE
Sous la supervision de : LESCUYER Guillaume
Chercheur au CIRAD Léon NGUIMBI Chercheur à
L'IRAF-Gabon Soutenu publiquement le 27 septembre 2007 à
l'École Nationale du Génie Rural, des Eaux et
Forêts Centre de Montpellier devant le jury suivant :
KARSENTY Alain CIRAD Examinateur
DELPORTE Philippe CIRAD Examinateur
SMEKTALA Georges ENGREF, Montpellier Tuteur ENGREF
Lucien Massoukou, master 3 A , Spécialité
FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une partie des revenus de
l'exploitation forestière aux populations locales gabonaises :
efficacité, équités et pérennité
REMERCIEMENTS
La réalisation de ce travail a eu lieu grâce
à l'appui de plusieurs personnes. Ainsi je tiens à remercier :
Prioritairement, Guillaume Lescuyer qui par son soutien moral,
matériel et académique m'a permis de contribuer à la
réflexion sur un sujet aussi sensible et délicat.
J'adresse ensuite mes remerciements à Georges Smektala,
Jean-Marie Pasquier, Philippe Jeanmart, Léon Nguimbi et à Paulin
Nso Nka, qui ont accepté de m'encadrer et qui de par leurs riches
expériences sur le sujet, m'ont permis d'ajuster mon approche
méthodologique.
Je souhaite aussi remercier Alain Karsenty qui par des
échanges fructueux et des remarques pertinentes sur le sujet, m'a ouvert
la compréhension sur certains aspects.
Un grand merci à tout le personnel de l'ENGREF et
à celui de l'Institut des Régions Chaudes (ancien CNEARC),
particulièrement à Maya Leroy, Didier Pillot, Isabelle
Bastié, Isabelle Touzard, Raphaël Manlay et Geneviève
Renaud.
Je profite de cette opportunité pour
réitérer ma profonde gratitude à Paulette Missambo, Pierre
Ngavoura, Régis Immongault et à feue Philomène Likemba.
Je remercie aussi ma femme Amy Cissé, mon frère
Herman Immongault, Soro Marcelline, l'ensemble de mes collègues et toute
ma famille sans qui certainement je n'aurais pas tenu à l'énorme
pression morale.
Je remercie avant de finir, toutes les autorités
administratives, tout le personnel de la société CEB et tous les
habitants des villages enquêtés qui en dépit de leurs
occupations quotidiennes m'ont réservé un accueil chaleureux et
je partage avec ces derniers l'espoir que cette étude fasse naître
un changement positif dans la gestion de ces revenus de la forêt.
2 Lucien Massoukou, master 3 A
, Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
RESUME
Le Gabon a adopté le 31 décembre 2001, une
nouvelle loi forestière. La loi 16/01, dans son article 251
prévoit la redistribution de la redevance forestière aux
populations locales. En prévision de cette disposition dont le
décret d'attribution est en cours d'élaboration, la Compagnie
Equatoriale des Bois (CEB) a mis en place un mécanisme innovateur et
volontaire en 2000 sous la forme d'une convention tripartite qui
intéresse 15 villages et 4919 habitants des départements de la
Sébé-Brikolo et de la LéconiLékori. Cet accord est
le versement de 1000 FCFA sur le mètre cube export des grumes
exploitées. Les sommes générées sont
distribuées sur la base des finages et gérées par les
associations des villages. Au 15 août 2007, plus de 50 % des 779 479 247
FCFA reversés à 12 villages ont été utilisés
dans la construction des maisons d'habitations pour les familles et les
enseignants, des cases d'écoute, une école, dans les
cérémonies diverses et l'achat du gasoil pour les groupes
électrogènes. Malgré l'inégale répartition
et les problèmes de gestion, la distribution des revenus aux populations
locales reste un levier de développement.
Mots clés : Développement rural,
mécanisme, revenus forestiers, efficacité,
équité
ABSTRACT
Gabon adopted on December 31, 2001, a new forest law. Law
16/01, in its article 251 envisages the redistribution of the forest royalty to
the local populations. In preparation for this provision whose decree of
attribution is under development, the Equatorial Company of Wood (CEB)
installed an innovating mechanism and volunteer in 2000 pennies the form of a
tripartite convention which interests 15 villages and 4919 inhabitants of the
departments of Sébé-Brikolo and Léconi-Lékori. This
agreement is the payment of 1000 FCFA on the cubic meter export of the
exploited barks. The generated sums are distributed on the basis of fining and
are managed by associations of the villages. At August 15, 2007, more than 50 %
of the 779 479 247 FCFA transferred at 12 villages were used in the
construction of the dwelling houses for the families and the teachers, of the
boxes of listening, a school, in the various ceremonies and the purchase of the
gas oil for the power generating units. In spite of the unequal distribution
and problems of management, the distribution of income to the local populations
remains a lever of development.
Key words: Rural development, mechanism, incomes
forest, effectiveness, equity
3 Lucien Massoukou, master 3 A ,
Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
TABLES DES MATIERES
REMERCIEMENTS 2
RESUME 3
ABSTRACT 3
TABLES DES MATIERES 4
INTRODUCTION 6
1. PROBLEMATIQUE ET OBJECTIFS DE L'ETUDE 8
METHODES 9
2.1. LA METHODOLOGIE UTILISEE POUR LES ENQUETES 9
2.2 L'ESTIMATION DIRECTE DES TRAVAUX 10
2.3. LES VILLAGES ET LES PERSONNES ECHANTILLONNES 10
2.3.1 LES VILLAGES 11
2.3.2 LES PERSONNES 12
2.4 ANALYSE DES ENQUETES 12
1. LES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA CONVENTION 2/90 13
3.1 LA COMPAGNIE EQUATORIALE DES BOIS (CEB) 13
3.2 LES REGROUPEMENTS ET VILLAGES 15
3.3 - L'ADMINISTRATION DES EAUX ET FORETS 18
1. RESULTATS 19 4.1 MECANISME DE REDISTRIBUTION DES REVENUS :
LA CONVENTION TRIPARTITE 2/90 19
4.1.1. HISTORIQUE ET OBJECTIFS RECHERCHES 19
4.1.2 FONCTIONNEMENT ACTUEL 20
4.2 ESTIMATION DE L'EFFICACITE DU MECANISME PAR VILLAGE 22
4.3 LA REPARTITION EST-ELLE EQUITABLE ENTRE LES VILLAGES ? 26
4.3.1 LA REPARTITION DES SURFACES FORESTIERES 26
4.3.2 REPARTITION DES SOMMES VERSEES 28
4 Lucien Massoukou, master 3 A
, Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
4.4 LA REPARTITION EST-ELLE EQUITABLE A L'INTERIEUR DES VILLAGES
? 30
4.4.1 étude de la répartition des maisons dans les
villages d'otoundou et d'okila-andegue 30 4.5 LES TYPES DE CONFLITS
OCCASIONNES PAR LA CONVENTION 34 4.6 LES ARRANGEMENTS MIS EN PLACE PAR
CERTAINS ACTEURS DANS LES VILLAGES 35
5. DISCUSSION 37
5.1. L'EFFICACITE DU MECANISME 37
5.2 L'EQUITE 39
5.3 LA PERENNITE DU MECANISME 41
CONCLUSION 43
5. REFERENCES 44
5. LISTE DES ABRÉVIATIONS 46
LISTE DES TABLEAUX 47
5. LISTE DES FIGURES 48
9. ANNEXES 49
5 Lucien Massoukou, master 3 A
, Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
INTRODUCTION
Situé au centre de l'Afrique, le Gabon est un pays de
267 667 km2 essentiellement forestier. La forêt dense couvre
près de 85 % de la superficie totale, soit environ 21,1 millions
d'hectares (MAYAUX & al., 2004). Le recensement officiel de 1993 chiffrait
la population à 1 014 976 habitants (MPAT, 1997). Il se situe parmi les
premiers pays africains pour son ratio de surface de forêt par habitant
(DEMARQUEZ & MARTIN, 2000).
La forêt a toujours joué un rôle important
dans le développement du pays. Sur le plan social, le secteur forestier
est le deuxième gros employeur du pays après la Fonction Publique
avec environ 28 000 emplois, soit 28 % de la population active (NGUIMBI &
al., 2006).
Dans la perspective d'améliorer sa
réglementation en matière d'exploitation de ce qui constitue
à bien des égards la 2eme richesse du pays, le Gabon a
adopté le 31 décembre 2001, la loi 16/01 portant Code forestier
en République Gabonaise qui remplace la loi 1/82 du 22 juillet 1982 qui
a eu certaines difficultés de mise en oeuvre du fait de l'absence des
décrets d'application.
Les principaux axes de la loi 16/01 sont :
l'aménagement durable, l'industrialisation de la filière bois, la
protection des écosystèmes et la conservation de la
biodiversité. Les forêts du territoire national sont
découpées en Domaine Forestier Permanent de l'Etat et en Domaine
Forestier Rural. Le Domaine Forestier Permanent de l'Etat est constitué
des forêts domaniales classées et des forêts domaniales
productives enregistrées. Le Domaine Forestier Rural est
constitué des terres et des forêts dont la jouissance est
réservée aux communautés villageoises.
Ce nouveau code forestier se distingue par l'article 251 qui
stipule : « Pour promouvoir l'aspect social de la politique de gestion
durable, il est mis en place une contribution notamment financière,
alimentée par les titulaires de ces concessions pour soutenir les
actions de développement d'intérêt collectif
initiées par lesdites communautés ». Cette importante
innovation accorde aux communautés locales le droit de
bénéficier financièrement du bois coupé dans les
forêts de leurs terroirs coutumiers et confère à
l'exploitation des ressources forestières le rôle de levier
essentiel pour le développement socio-économique du pays (RG,
2001). Toutefois l'application de cette disposition reste assujettie au
décret d'application qui est en cours d'élaboration.
Installée depuis 1987 dans le sud-est du Gabon, la
Compagnie Equatoriale des Bois (CEB) du groupe Precious Woods, a adopté
depuis 2001 une nouvelle approche volontaire de partage des
bénéficies de l'exploitation forestière avec les
populations locales depuis 2001. Cette approche est sous la forme d'une
convention tripartite dite CONVENTION 2/90 qui se traduit par le versement
d'une contribution financière de 1000 F CFA par mètre cube de
grume exploité issu du permis industriel 2/90, permettant la
constitution d'un fonds de développement local. Cependant cet afflux de
revenus souvent substantiels n'est pas sans créer des tensions au sein
de la population elle-même comme on a pu le voir au Cameroun (Poissonnet
& Lescuyer, 2005).
Dans le cadre d'un stage de fin d'étude de la formation
Foresterie Rurale et Tropicale (FRT) de l'Ecole Nationale du Génie
Rural, des Eaux et des Forêts (ENGREF) De Montpellier, une étude a
été réalisée sur les modalités de
fonctionnement de cette Convention. La durée du stage a
été de 6 mois dont 4 mois sur le terrain, au Gabon, dans la
concession de la Compagnie Equatoriale des Bois (CEB) et plus
précisément dans les départements de
Sébé-Brikolo et de la Lékori-Léconi dans le Sud-est
du Gabon.
Le présent travail, organisé en quatre parties,
vise donc un objectif principal : identifier et analyser les impacts que
pourrait avoir sur les populations locales la mise en place d'un
mécanisme de redistribution des bénéfices de
l'exploitation forestière.
Alors que la première partie présente la
problématique et situe l'intérêt heuristique de cette
étude, la 2ème partie expose l'approche méthodologique et
le contexte de l'étude, afin de mieux préciser les sites
d'observation retenus et les différentes méthodes d'analyse
utilisées sur le terrain.
Ensuite, la troisième partie présente les acquis
socio-économiques des villages ainsi que les
différents conflits et arrangements occasionnés au sein des
populations concernées. Enfin la quatrième partie porte
6 Lucien Massoukou, master 3 A
, Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
un regard critique sur le mode de redistribution des
bénéfices de l'exploitation forestière, pour en
évaluer l'efficacité, l'équité et la
pérennité.
7 Lucien Massoukou, master 3 A
, Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
1. PROBLEMATIQUE ET OBJECTIFS DE L'ETUDE
En Afrique subsaharienne, les textes juridiques relatifs au
partage des retombées économiques de l'exploitation des
ressources forestières sont récents. En effet, il faudra attendre
l'adoption d'un nouveau code forestier 1994 et la réforme de la
fiscalité forestière en 1995 pour voir le Cameroun servir de
premier laboratoire à la Banque Mondiale, dans le cadre d'un projet
inaugural d'amélioration de la gestion des forêts du Bassin du
Congo (NGOUMOU MBARGA, 2005). En effet, la mise en place de la Redevance
Forestière Annuelle (RFA) et l'introduction des dispositions
législatives accordant aux collectivités locales le droit
exclusif de gérer et d'exploiter jusqu'à 5000 hectares ont
été les premiers instruments qui ont permis le transfert des
pouvoirs (autorité, compétences, responsabilités et
ressources) d'une instance centralisée aux unités des
autorités locales, des collectivités et des acteurs locaux
(MAHWOOD, 1983, OYONO, 2004).
Une instabilité politique et une faible gouvernance
existent dans les pays africains producteurs de bois tropicaux et cela ne
facilite pas la recherche des réponses à donner par les
entreprises aux demandes sociales et environnementales (ATIBT, 2005). De plus
peu d'études sur l'application réelle de ces outils de gestion
décentralisée existent (BIGOMBE LOGO, 2004, LESCUYER, 2005, MILOL
& PIERRE, 2000).
En ce qui concerne la situation du Gabon, les initiatives de
redistribution des revenus de l'exploitation forestière aux populations
locales sont bien antérieures à l'adoption de la loi 16/01.
S'agissant plus spécifiquement de la CEB, celle-ci partageait
déjà les bénéfices de la forêt sous la forme
d'argent liquide aux villages riverains à sa concession dans le
département de Mulundu (Lastoursville). Cette démarche qui
n'était pas inscrite dans les différents cahiers de charges a
permis de sécuriser l'accès à la ressource.
La convention tripartite 2/90 est le versement de 1000 FCFA
sur le mètre cube export des grumes exploitées aux 15 villages et
4919 habitants des départements de la Sébé-Brikolo et de
la Léconi-Lékori. Cette nouvelle approche est censée
impulser le développement local par la réalisation des oeuvres
socio- économiques et l'instauration d'une dynamique sociale permettant
aux populations concernées d'être porteuses d'initiatives. Selon
Karsenty (KARSENTY & PIERRE, 2005) : « Cette expérience est
la plus avancée en matière de partage des bénéfices
au niveau de la concession. Le choix d'un financement direct au prorata de la
surface des finages est une réelle innovation, en ligne avec les
propositions faites dans la dynamique de l'API Dimako au Cameroun dans les
années 1990».
Dans la perspective de son extension dans le Gabon,
l'étude de son impact sur le niveau de bien-être des populations
rurales s'avère nécessaire. Pour étudier cet impact, nous
examinerons son efficacité définie par comme le niveau de
réalisation des activités planifiées par rapport aux
objectifs fixés au départ (FROMAN & GOURDON, 2003). Ensuite,
nous vérifierons si la répartition est faite selon les principes
d'égalité et de justice qui accordent à tous les citoyens
les mêmes droits (ISLA & BARON, 2004). Ces deux étapes
permettront de réfléchir sur la pérennité de ce
système.
Pour arriver à ces fins, les hypothèses suivantes
sont formulées :
-La convention est liée au statut foncier de la concession
forestière
-Le versement des fonds aux villages se fait sur une base
jugée équitable
-Le versement de revenus dans les villages accroît le
bien-être des populations locales.
Cette étude qui fait suite à celle de
Léon NGUIMBI (chercheur à l'Institut Recherche Agronomique et
Forestière du Gabon) en 2004, permettra de comprendre, à partir
d'un cas localisé, la perception qu'ont les communautés locales
de la mise en oeuvre de ce mécanisme, les changements que celui-ci
apporte aux relations entre les différents acteurs et au niveau de vie
des villages dans la perspective de son extension prochaine dans toutes les
concessions forestières du Gabon.
8 Lucien Massoukou, master 3 A
, Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
2. METHODES
Les recherches bibliographiques faites à l'ENGREF
à Montpellier ont été suivies par une première
campagne de terrain du 28 mai au 08 juin 2007 qui a consisté à
collecter les informations financières sur tous les villages chez le
responsable du bureau d'appui à l'environnement villageois, et à
faire la monographie de chaque village. Les travaux financés par la
convention ont été listés et évalués.
Sachant que les modes locaux d'appropriation des ressources
forestières trouvent leur explication et leur dynamique dans le
système de parenté, qui est lui-même souple et soumis de
manière permanente à interprétations (LESCUYER, 2005), la
répartition des grandes familles a été localisée
sur une carte du village.
Du 30 Juin au 22 Août 2007, une deuxième campagne
a été effectuée. Pendant cette période des
entretiens individuels ont été réalisés dans les
villages d'Otoundou, Okila-Andégué, Lékori, Otala et
Lebaladouba. Une troisième phase a été consacrée
à la rédaction du mémoire du 25 août au 20 septembre
2005.
2.1. LA METHODOLOGIE UTILISEE POUR LES
ENQUETES
La méthode d'enquête choisie est l'entretien
semi-directif. Il diffère de l'entretien non-directif dans la mesure
où l'enquêteur choisit et annonce au préalable le
thème ou les thèmes qu'il souhaite aborder et dispose d'un guide
d'entretien (COMBESSIE, 2004).
Les représentations sociales se manifestent à la
fois dans les institutions, dans les pratiques réglées et dans
les esprits (sous forme consciente et inconsciente). Il est donc
nécessaire d'analyser comment les individus reproduisent et
s'approprient les représentations communes, en fonction de leur origine,
de leur trajectoire et de leur position sociale (TOUATI, 2004).
Le choix des entretiens semi-directifs se justifie et s'impose
parce que cette méthode « est particulièrement
pertinente lorsque l'on veut analyser le sens que les acteurs donnent à
leurs pratiques, aux évènements dont ils ont pu être les
témoins actifs ; lorsque l'on veut mettre en évidence les
systèmes de valeurs et les repères normatifs à partir
desquels ils s'orientent et se déterminent » (BLANCHET &
GOTMAN, 1992).
C'est à travers l'expression individuelle que les
représentations sociales nous sont accessibles et nous paraissent
concrètes. Ces discours se distinguent par leur variabilité et
leur convergence. Variabilité dans les modes d'expression et dans les
expériences de chacun, convergence dans les significations
attribuées à l'objet et dans les logiques de raisonnement
(MOLINER & al., 2002).
Des séries d'entretiens semi-directifs d'une durée
moyenne d'une heure ont été réalisées auprès
de deux ensembles distincts d'interviewés. Le premier ensemble est
constitué de 15 bureaux d'associations de villages concernés par
la convention. Le deuxième groupe est composé des habitants des
villages choisis sur la base de certaines modalités.
Des entretiens exploratoires avaient été
effectués préalablement sous la supervision de Guillaume Lescuyer
de manière à évaluer la pertinence des questions et
à établir le guide d'entretien qui a servi de trame tout au long
des enquêtes.
Deux guides d'entretiens ont été
administrés aux acteurs de terrain. Un premier guide pour les bureaux
d'association organisé sur cinq thèmes : la présentation
de l'enquêteur, les données sur le village (date de
création, nombres de clans, liste des grandes familles), l'association,
les projets financés par le mécanisme et la perception du
mécanisme (Annexe 1
Guide d'entretien collectif du mécanisme de 1000 F le m3
du P I 2/90). Et un deuxième guide pour les entretiens individuels
qui s'étale lui aussi sur cinq thèmes était
organisé : la présentation de l'enquêteur,
la connaissance du mécanisme, les bénéfices attendus,
le fonctionnement, l'association rurale, les relations
9 Lucien Massoukou, master 3 A
, Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
avec les autres acteurs et les problèmes rencontrés
et les différents scénarios d'évolutions du
mécanisme (Annexe 2).
2.2 L'ESTIMATION DIRECTE DES TRAVAUX
Le bilan des utilisations des fonds reçus par village a
été faite grâce à une estimation directe des travaux
et sur la base des informations recueillies à la comptabilité de
la CEB. En effet, le changement fréquent des bureaux d'association
entraîne une absence des documents comptables. Les factures et les fiches
de décaissements sont égarées. Une expertise a
été faite sur le terrain avec deux entrepreneurs locaux. Cette
expertise a fixé les coûts des maisons en fonction des niveaux des
travaux (Soubassement, « Squelette », séparation
intérieure, couverture en planche, toiture et ouvertures) et des
différentes dimensions (Annexe 3 et Annexe 4).
2.3. LES VILLAGES ET LES PERSONNES
ECHANTILLONNES
Afin de faire un maximum d'enquêtes auprès du
plus grand nombre d'acteurs en relation directe ou indirecte avec la convention
tripartite, les entretiens ont été effectués dans la zone
d'étude, c'est-à-dire dans les villages et regroupements de
village des départements d'Akiéni et d'Okondja (Figure 1).
Figure 1:Zone d'étude
10 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
2.3.1 LES VILLAGES
L'échantillonnage a été
opéré à deux niveaux représentant les étapes
de terrain. La première campagne d'enquête porte sur un premier
diagnostic, essentiellement sur l'estimation de l'efficacité et la
pérennité du mécanisme qui a concerné tous les
villages. La seconde sur les équités, avec des données
quantitatives et plus qualitatives avec des villages choisis sur selon les
variables suivantes :
- La taille de la population,
- La taille du finage,
- Les sommes perçues sur le finage,
- Les sommes perçues sur la « zone mil »,
- La date de création du village,
- Le nombre des clans,
- Les dates de début et de fin de versements (Tableau
1).
Les villages soulignés dans le tableau ci-dessous ont
été sélectionnés : - Otala : le plus grand finage,
la plus grande population,
- Otoundou : deuxième grand finage, une petite population,
la plus grosse somme perçue et la date de décaissement la plus
ancienne
- Okila-Andégué : forte population, petit finage
- Lékori : forte population, gros finage et date de
décaissement récente
- Lébaladouba : petite population et petit finage
Tableau 1: Critères d'échantillonnage (source : CEB
et préfectures Okondja et Akiéni)
|
Village
|
Population
|
Taille du
finage (HA)
|
Somme Perçue (FCFA)
|
début de
décaissement
|
Fin décaissement
|
ZONE MIL(F.CFA)
|
Date de
création du
village
|
Nombre des clans
|
|
Ekala
|
31
|
1 659
|
14 539 650
|
|
|
9 485 842
|
1937
|
1
|
|
Mbabiri
|
33
|
552
|
37 836 903
|
av.-02
|
Déc.-03
|
20 288 698
|
1957
|
4
|
|
Lebaladouba
|
73
|
8 671
|
41 725 494
|
|
|
8 246 043
|
1982
|
3
|
|
Olounga
|
76
|
4 672
|
32 202 663
|
|
|
19 235 077
|
1960
|
3
|
|
Ondzeye
|
105
|
5 215
|
34 831 978
|
nov.-02
|
|
17 460 559
|
1966
|
6
|
|
Otoundou
|
127
|
18 423
|
138 143 449
|
janv.-01
|
|
574 646
|
1953
|
7
|
|
Alanga-A
|
131
|
2 803
|
28 724 500
|
|
|
13 905 426
|
1936
|
4
|
|
Ossélé
|
142
|
7 691
|
60 844 486
|
|
38443
|
1 6671 004
|
1950
|
5
|
|
Mbounga
|
207
|
17 704
|
114 708 528
|
oct.-01
|
En cours
|
0
|
1935
|
7
|
|
Okila
|
304
|
7 700
|
69 040 810
|
av.-03
|
En cours
|
17 124 701
|
1966
|
8
|
|
Opoungou
|
353
|
9 910
|
0
|
|
Exp. Non débuté
|
0
|
1964
|
1
|
|
Lekori
|
646
|
12 496
|
6 000 000
|
|
|
0
|
1980
|
3
|
|
Oss'Kama
|
765
|
Non définie
|
|
|
|
|
1939
|
19
|
|
Onguia
|
899
|
Non définie
|
|
|
|
|
1960
|
11
|
|
Otala 1027
|
38 723
|
52 944 003
|
|
0
|
1949 4
|
11 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
2.3.2 LES PERSONNES
Les personnes ont été choisies en fonction de
leur statut social. Les acteurs concernés sont (1) les membres de bureau
et autres (2) autorités traditionnelles des villages qui participent
à la gestion effective des fonds engendrés par le
mécanisme, (3) les habitants de villages qui sont les principaux
bénéficiaires mais ne participant pas à la gestion directe
et (4), les responsables de la société CEB.
Dans les villages d'Otoundou, Okila-Andégué,
Lékori et Otala, ont été interviewés : 2 membres du
bureau, 2 anciens membres du bureau, 2 mamans, 1 chef de village, 1 notable, 1
« entrepreneur », 2 jeunes, 1-3 aléatoires (choisis dans les
différents clans/familles du village).
A Lebaladouba, du fait du nombre de personnes
présentes, 1 membre du bureau, 1 jeune, 1 maman et 1 personne par clan
ont été enquêtés. Ainsi ce sont au total 15 bureaux
d'association de villages et 60 personnes qui ont été
enquêtés. Certains villageois ont été
interrogés par l'intermédiaire d'un traducteur (Tableau
2).
Ces entretiens nous ont permis de déterminer la source
de ce mécanisme, d'identifier les clés du partage entre les
villages et au sein des villages. Puis, de faire le bilan des utilisations de
ces fonds. Permettant ainsi d'évaluer l'efficacité du
mécanisme et d'étudier l'équité inter et
intra-villageoise.
Tableau 2: Liste des personnes enquêtées par
catégorie
|
Nombre de personnes par village
|
|
Nombre de personne par catégorie
|
|
|
Otala
|
14
|
Membres de bureaux (1)
|
17
|
|
Otoundou
|
13
|
Chefs et notables (2)
|
8
|
|
Okila-Andégué
|
15
|
Membres des clans (3)
|
17
|
|
Lékori
|
11
|
Mamans (3)
|
7
|
|
Lebaladouba
|
7
|
Jeunes et entrepreneurs (3)
|
11
|
|
Total : 60
|
|
|
|
2.4 ANALYSE DES ENQUETES
L'analyse des enquêtes est une confrontation des points
de vue, des visions globales et locales, pointage des divergences et des
convergences, les propos tenus par les personnes rencontrées restant
confidentiels. L'analyse permet d'identifier les problèmes qui se
posent, des entités naturelles et humaines concernées et les
actions engagées pour répondre à ces problèmes.
12 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
3. LES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA CONVENTION
2/90
3.1 LA COMPAGNIE EQUATORIALE DES BOIS (CEB)
Considérée comme « pionnière »
dans le domaine de la redistribution des revenus forestiers aux populations
locales (NGUIMBI & al., 2006), la CEB apparaît la mieux
indiquée , du fait de son expérience pour cette étude. La
concession forestière de la compagnie Equatoriale des Bois,
située à cheval sur les départements de la
Sébé-Brikolo (Okondja) et de Léconi-Lécori
(Akiéni), est circonscrite à l'ensemble du
périmètre d'exploitation couvert par le permis 2/90 (Figure 3:
Concession Forestière sous Aménagement Durable de la CEB (Source
: cartographie CEB)).
La Compagnie Equatoriale des Bois (CEB) est une
société anonyme qui a un capital de 1 500 000 000 FCFA.
Créée en 1946 à Doussala dans le sud du Gabon, la CEB
s'est déplacée en 1987 dans la région de Lastoursville.
En 1989, le groupe Thanry a acquis 90% du capital de la CEB.
Le groupe Suisse Precious Woods est devenu depuis 2006, l'actionnaire
principal. Pour sa concession de 615 000 hectares, 460 personnes sont
employées.
Le siège social de la société est
situé à Libreville. Il comprend les services de la Direction
générale, la direction administrative et financière, la
comptabilité générale et le service de commercialisation
des produits débités.
La direction d'exploitation, située à Bambidie
à 30 kilomètres de Lastoursville, centralise l'exploitation,
l'aménagement, l'atelier, le roulage et l'entretien des routes.
Le site de Bambidie est composé des bureaux de
l'administration, un garage bien équipé, un dispensaire, la
scierie, les étangs de pisciculture et les logements pour les cadres et
les ouvriers. Elle dirige aussi trois Les chantiers d'exploitation
Milolé, Okondja et Lélama y sont rattachés. Chacun des
chantiers est une base vie (Figure 1).
Figure 2: Base vie du chantier Okondja
13 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Dans le domaine de la transformation du bois, elle a
installée une Scierie d'une capacité de 1500 mètres cube
de sciage et trois compartiments de séchage de 150 mètres cube,
et s'est associée avec la société hollandaise Van-Hout,
spécialiste du déroulage de l'Okoumé pour la construction
d'une usine de déroulage appelé Thanry-Gabon Industrie,
basée à Libreville. Ce qui lui permet de produire aujourd'hui de
fabriquer près de 1000 mètres cube de placages par mois.
La CEB dispose d'un Bureau d'Appui à l'Environnement
Villageois (B.A.E.V) dont le rôle est le suivi des actions sociales de la
société. C'est aussi un outil de concertation et de programmation
des actions au profit des populations locales.
Dans la même année, elle s'est engagée
à aménager ces permis ; ce qui a abouti à la signature
d'une Convention Provisoire d'Aménagement Exploitation et Transformation
(CPAET) en 1997. Son plan d'aménagement a été
agréé en 2000 puis révisé en 2004 (Figure 2).
Certifié Keurhout en 2002 (Certification Gestion
forestière durable néerlandais), ISO 14001 en 2004, elle tente
d'être labellisée FSC (Forest Stewardship Council) avant la fin de
l'année en cours, sur exigence de son nouveau propriétaire.
Figure 3: Concession Forestière sous Aménagement
Durable de la CEB (Source : cartographie CEB)
14 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
3.2 LES REGROUPEMENTS ET VILLAGES
La zone du permis concerne 15 regroupements et villages :
Lebaladouba, Otoundou, Ekala, Mbabiri, Olounga, Ossélé, et
Alanga-Atongo, Okila-Andégué, Otala, Mbounga-Onia,
Opoungou-Abolo, Lekori, Oss'Kama, Onguia. Ces villages sont implantés le
long des voies de communications et principalement le long des axes
routiers.
La création des villages du permis 2/90 est ancienne,
elle se situerait en général autour des années 1930. Pour
certains enquêtés, les villages Onia, Mbabiri, Ondzeye, Okila,
Ekala, Mbomo-Nkomo, Olounga et Otoundou reviendraient du bord des
rivières Sébé, Léconi et du fleuve Ogooué.
Tandis que les villages Mbounga, Ossélé et Otala vivaient au bord
de la rivière Lékori. Pour des raisons diverses (conflits,
regroupements coloniaux des villages et le rapprochement des
routes administratives), les villages les plus proches se sont
regroupés. C'est certainement pendant cette période
d'installation que les frontières géographiques séparant
les différents villages ont définitivement été
fixées. Les limites de leurs finages sont bien connues par les
villageois (Figure 3).
15 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Le groupe ethnolinguistique prédominant est le groupe
Mbédé-Téké formé des ethnies
Batéké, Obamba, Baduma, Bawandji, Ndumu, Bakaningui, Bahoumbou et
le Bandassa, Mbahouin ou bakélé. Les villages
enquêtés sont à majorité Obamba.
Les données recueillies dans les différentes
préfectures et dans les villages à travers la monographie de
chaque village nous permettent d'estimer à 4919 habitants pour
l'ensemble des villages concernés par la convention (Tableau 3).
Tableau 3 : Liste des villages enquêtés ( Sources
données populations : préfectures Okondja et Akiéni)
|
Regroupements ou villages
|
Canton
|
Département
|
Population 1993*
|
Population 2007**
|
|
Otoundou
|
Louami-Lélama
|
Sébé Brikolo
|
117
|
127
|
|
Mbounga
|
LouamiLélama
|
Sébé Brikolo
|
158
|
207
|
|
Ossélé
|
Louami-Lélama
|
Sébé Brikolo
|
86
|
142
|
|
Okila-Andégué
|
Louami-Lélama
|
Sébé Brikolo
|
337
|
304
|
|
Olounga 2
|
Louami-Lélama
|
Sébé Brikolo
|
97
|
76
|
|
Mbabiri
|
Louami-Lélama
|
Sébé Brikolo
|
73
|
33
|
|
Ondzeye
|
LouamiLélama
|
Sébé Brikolo
|
113
|
105
|
|
Ekala
|
Louami-Lélama
|
Sébé Brikolo
|
21
|
31
|
|
Lebaladouba
|
Lékori
|
Sébé Brikolo
|
58
|
73
|
|
Alanga-Atongo
|
Lékori
|
Sébé Brikolo
|
156
|
131
|
|
Opoungou
|
Lékori
|
Sébé Brikolo
|
148
|
353
|
|
Lékori
|
Lékori
|
Sébé Brikolo
|
326
|
646
|
|
Oss'Kama
|
Léwoumou
|
Lékoni-Lékori
|
464
|
765
|
|
Onguia
|
Lébéyi
|
LékoniLékori
|
264
|
899
|
|
Otala
|
Lébéyi
|
Lékoni-Lékori
|
463
|
1027
|
* En 1993, le recensement de la population est
réalisé par le Ministère de la planification du
Gabon. ** En 2007, le recensement est réalisé par
les préfectures d'Okondja et d'Akiéni.
Les villages où l'on rencontre une forte concentration
démographique, sont en fait des villages composites, un ensemble de
villages déplacés et regroupés sur un même espace
sous une appellation unique. C'est l'exemple du village d'Otala qui compte 1027
habitants. Ce village créé en 1949, est composé de 5
villages que sont : Otala, Entogo, Ngoma, Akaraba et Ekaye. C'est aussi le cas
de Lekori (646 habitants) qui englobe trois villages, Lékila,
Lébiri, Olounga.
L'organisation sociale des populations Obamba repose sur la
parenté clanique et lignagère. Le lignage est un groupe de
filiation qui tire son ascendance d'un même ancêtre géniteur
(ONDO, 1997). Les clans sont constitués des familles élargies,
des branches généalogiques faites de mariages et de
lignées matrilinéaires. Se traduisant en langue Obamba par le
terme « Olébé » qui signifie
hangar.
Le terme famille sera utilisé ici sur les deux formes
rencontrées sur le terrain. La famille nucléaire qui est d'au
moins deux personnes, soit un couple avec ou sans enfants, soit un parent seul
vivant avec au moins un enfant (ce cas est rare). La deuxième est une
famille élargie souvent constituée, elle, des personnes unies par
des liens de parenté (père, mère, enfants, grands-parents,
cousin, oncle, tante) et/ou d'alliance (beau-fils, belle-fille,
belle-mère, beau-père).
Le terme qui peut correspondre aux familles élargies
est le ménage reconnu comme un groupe de personnes partageant un
logement « bâtis quasiment exclusivement sur des liens de
parenté et d'alliance ». Comprenant au moins une famille
principale (parents et enfants) à laquelle s'ajoute un ou plusieurs
individus (avec ou sans liens familiaux directs) qui vivent dans le même
logement (MOUVAGHA SOW, 2004).
La politique de regroupement menée par l'administration
coloniale dans les années 60 a abouti à la formation des
grands regroupements de villages, mais chaque village, est constitué en
quartier séparé
16 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
malgré l'homogénéité ethnique du
village (Figure 4 et Figure 5). Le village est la propriété des
descendants du chef de lignage qui s'est installé le premier.
Les plans des villages Okila-Andégué et Otoundou
ci-dessous montre une implantation des petits groupes familiaux appartenant
généralement au même lignage dans chaque partie du village.
A Okila, les Etiérés bleu), Odoumangalis (violet), Etoas
(marron), Obéas (bleu), Angoubas (vert olive) et Okilas (vert) occupent
chacun une section du village. Okila qui a fait porter son nom au village a
été le premier à s'installer sur le site.
17 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Le village est sous l'autorité administrative du chef
de village, le regroupement du village sous l'autorité d'un chef de
regroupement et le canton est dirigé par un chef de canton. Les chefs
administratifs sont nommés par le préfet du département.
Il n'existe aucune relation explicite d'autorité entre ces villages.
On note une présence importante d'élites,
personnes occupant des postes de responsabilité dans l'administration
publique ou politiques qui vivent dans les grandes villes (Tableau
4).Cependant, leur influence sur le fonctionnement de la convention n'a pas
été signalée.
Tableau 4: Liste des élites de chaque village
|
Villages
|
Elites extérieures
|
|
1 Général de Police, 1 colonel de police, Directeur
des vérifications aux Impôts
|
|
Alanga-Atongo
|
|
|
1 Inspecteur principal des Impôts, 1 Ingénieur des
Hydrocarbures
|
|
Ekala
|
1 Percepteur, 1 cadre dans une société
privée, 1 Journaliste, 1 Conseiller pédagogique
|
|
Lébaladouba
|
|
|
1 Sénateur, 1 Député, 1
ex-député, 1 Directeur Général des Impôts
|
|
Lékori
|
1 Directeur général adjoint de la Caisse de
Péréquation, 1 Directeur du budget, 1 ancien directeur
général de la Radio Télévision Gabonaise Ch.2
|
|
Mbabiri
|
1 Ex-Gouverneur de la BEAC, 1 Conseiller du Président, 2
Inspecteurs de Douane
|
|
Mbounga-Onia
|
le secrétaire général du gouvernement, le
commandant en chef de la gendarmerie Nationale, Le Président du
conseil départemental, 1 commandant de douane
|
|
Ex- gouverneur de la BEAC, 1 Directeur général
adjoint de la société d'aconage et
|
|
Okila-Andégué
|
transit (SNAT), 1 colonel de Douane, 1 ingénieur des TP, 1
commandant de
|
|
Police, 1 commandant de Douane
|
|
Olounga
|
|
|
Ondzeye
|
1 député suppléant, 1 Président du
Tribunal ,1 médecin
|
|
1 Secrétaire général du Ministère des
Finances, 1 Directeur au service Informatique
|
|
Onguia
|
1 commandant de port à la Douane1 Secrétaire
général du ministère des transports, le conseiller
juridique du ministère de la Défense
|
|
Opoungou-
|
1 Ambassadeur, 1 Directeur général de la
Comptabilité, 1 Inspecteur des Douanes
|
|
Abolo 2
|
1 Ingénieur des techniques des eaux et forêts, 1
Inspecteur de l'éducation nationale
|
|
Ossélé
|
1 Ancien suppléant du Députe, 1 Directeur
général de l'informatique au Ministère des finances, 1
le Comptable de la Mairie de Franceville, 1 comptable à la Douane
|
|
1 Sénateur, 1 Directeur de Cabinet Adjoint du
Président de la République
|
|
Otala
|
1 Le vice-président du Conseil Economique et Social, 2
architectes
|
|
1 général de gendarmerie nationale, 2 enseignants
-chercheurs
|
|
Otoundou
|
1 Président du Tribunal, 1 Ingénieur informaticien
au Ministère des finances
|
|
Oss'Kama
|
1 ancien directeur général de la
société d'exploitation du chemin de fer (SETRAG), 1Directeur
général du Budget au ministère des finances, 1 Directeur
général de la
|
|
Santé Publique, 1 Directeur au Trésor Public
|
3.3 - L'ADMINISTRATION DES EAUX ET FORETS
La Direction générale des Eaux et Forêts,
troisième partenaire de la convention, est représentée
dans la province par une l'Inspection provinciale du Haut-Ogooué et par
le Cantonnement des Eaux et forêts d'Okondja. Faustin LEGAULT (ancien
Directeur Général des Eaux et Forêts) et Pierre NGAVOURA
(ancien Chef d'Inspection Provinciale du Haut Ogooué et actuel Directeur
Général) ont été les premiers représentants
de l'administration forestière à être impliqués
à la convention par la participation aux missions d'étude du
projet. A travers le suivi des productions de l'exploitation, les Eaux et
Forêts
18 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
devraient veiller au respect des clauses de la Convention.
Mais le manque de moyens de logistiques des services
décentralisés, 51 % des 310 des agents exercent à
Libreville (CHRISTY & al., 2003) et l'absence des textes juridiques de
bases pour la mise en application empêchent leur implication effective
dans le fonctionnement du mécanisme.
4. RESULTATS
4.1 MECANISME DE REDISTRIBUTION DES REVENUS : LA
CONVENTION TRIPARTITE 2/90
4.1.1. HISTORIQUE ET OBJECTIFS RECHERCHES
Tout commence le 13 Mai 1996 par l'attribution du permis
Industriel 2/90 à la Compagnie Equatoriale des Bois (CEB). Permis
délimité par :
-A l'est par la route administrative Okondja-Akiéni-
Franceville,
-Au sud, par le cours de la rivière Léconi
jusqu'à la route reliant Okondja à Franceville, au pont
d'Olounga,
-A l'ouest, par la route administrative Okondja-Franceville,
jusqu'à Ossélé, il remonte le long de la
Sébé jusqu'à Okondja (Figure 4).
L'application de la loi 1/82 (le précédent code
forestier) revendiquée par 15 regroupements et villages,
présentait une extrême complexité. En effet son article 22
(al. 3) indiquait que l'exploitation de l'espace de cinq kilomètres de
forêts situé autour des routes administratives, des chemins de fer
et des cours d'eau navigables en tout lieu est réservée en
priorité aux villageois. Ce qui aurait réduit la surface du
permis au 8/10e de sa superficie initiale et aurait compromis la
planification de l'exploitation prévue par le plan d'aménagement
(CEB & ONDO, 2000).
Rose Ondo, sociologue et enseignant-chercheur à
l'Université Omar BONGO ONDIMBA, fût engagée pour faire une
étude et apporter une solution qui serait conforme à l'esprit de
la nouvelle loi forestière en cours d'élaboration. Elle organisa
la mission de terrain du 28 juillet au 4 septembre 1997 qui a permis de
proposer, à la direction de la CEB et à la Direction
générale des Eaux et Forêts, les clauses contractuelles et
les instances à mettre en place pour la mise en oeuvre d'une convention
tripartite entre l'Administration avec les communautés villageoises.
Cette démarche a eu pour but principal de permettre
l'exploitation du permis dans un climat de collaboration et de concertation
entre l'opérateur forestier et les communautés villageoises.
Auquel a été ajoutée la volonté de faire participer
les villageois à la gestion forestière dans un cadre
institutionnel et économique. Pour parvenir à ces buts le projet
était divisé en trois composantes :
- Composante 1 : elle prévoyait l'allocation de 1000
F.CFA par mètre cube de grume de qualité export (directement
vendue ou entrée à l'usine de Libreville). Les montants
dégagés devraient être déposés dans un compte
bancaire ouvert par la CEB et approvisionné 30 jours après chaque
coupe. Ce compte allait constituer un fonds de développement local. La
délimitation autour de chaque village une zone inexploitable,
réservée aux activités agricoles, devrait être faite
avant le début de l'exploitation.
- Composante 2 : La gestion du fonds de développement
ainsi créé devrait être confiée à un
comité de gestion, composé des représentants des
administrations des Eaux et Forêts et de l'Intérieur, du Conseil
départemental, de la CEB et d'un représentant par village. Ce
comité était en outre chargé des opérations
administratives, financières et comptables. En clair, analyser et
sélectionner les projets présentés par les villageois,
adopter les budgets, autoriser les financements,
19 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
suivre et contrôler l'exécution. Les
critères d'éligibilité des projets envisagés
étaient : l'adéquation du projet aux besoins réels et
prioritaires des populations, le coût du projet par rapport au montant
disponible dans la somme affectée au village et la possibilité
éventuelle de création d'emploi.
- Composante 3 : elle notifiait une répartition des
montants disponibles entre les différents villages au prorata du nombre
d'habitants sur la base du recensement de la population de 1993. L'argent ne
devrait pas être distribué sous forme liquide aux habitants du
village. La gestion du compte bancaire était conditionnée par une
double signature des représentants des eaux et forêts et du
village.
Une Convention Tripartite fut créée et
intégrée dans le cahier des charges (article 7) signé le 3
mars 2000 par le Ministre des Eaux et Forêts pour lui donner un
caractère légal. Les partenaires de cette convention sont :
- L'administration des Eaux et Forêts devrait avoir la
charge de veiller à l'application de la loi et à la
vérification de la redevance promise par la CEB,
- La Compagnie équatoriale des Bois (CEB) qui s'est
engagée à verser une redevance de 1000 FCFA par mètre cube
export des grumes prélevées sur le finage du village,
- Les villages et regroupements représentés par une
association, élue, structurée, qui reste sous l'autorité
des chefs de village, de regroupement et de canton.
Malgré l'organisation de plusieurs missions de
sensibilisation, les populations rejetèrent le comité de gestion
qu'ils trouvèrent trop complexe. Alexandre Kouya et Paulin Nso Nka,
respectivement ancien directeur des relations extérieures et responsable
du Bureau d'Appui à l'Environnement Villageois de la CEB
proposèrent un versement de fonds sur la base des « zones
villageoises ». Le bureau de l'association de chaque village devrait
être chargé de la gestion de cet argent. Ces propositions
modifièrent profondément le projet de la convention et
constituèrent les premières adaptations de la convention aux
réalités du terrain (CEB & ONDO, 2000).
4.1.2 FONCTIONNEMENT ACTUEL
Depuis les procédures ont été
simplifiées, le comité de gestion a été
remplacé dans chaque village par une association en charge de la gestion
des revenus versés. Une clé de répartition territoriale,
en fonction des « finages » a été
préférée au prorata du nombre d'habitants envisagé
dans la convention. Les finages sont des aires villageoises ou
pluri-villageoises d'influence de l'agriculture, la chasse et la cueillette
(PENELON & al., 1998). Cette définition se rapproche de celle qui
est présentée sur les panneaux d'affichage de la CEB : «
C'est une Aire d'influence des usages d'un village. Il peut-être
constitué des vieux villages, des zones de chasse, d'anciennes cultures,
de cueillette ».
La délimitation des zones d'influence de chaque village
sur la base d'une concertation a permis de clarifier les titulaires de droits
d'usages et les interlocuteurs légitimes de chaque partie du permis. Sur
le terrain, les limites des finages ont été effectuées
avec les représentants de chaque village et leur matérialisation
grâce aux cours d'eau et les lignes de crêtes. La transcription
sous forme de système d'information géographique a
été faite sur la base des points G.P.S.
Une zone centrale de 31 166 hectares, assez
éloignée des villages, moins revendiquée, a
été appelée « zone mil ». Extraite du partage,
elle sert à soutenir les villages n'ayant pas des finages importants
(relativement à leur population), à finir les travaux
inachevés dans les villages n'ayant plus d'argent en caisse et à
financer le fonctionnement de la convention. Qui lui représente la
délimitation des zones agricoles par les villageois, la prise en compte
des demandes sociales des villages présents dans la concession mais non
compris dans la convention. Les bois abattus sont marqués par un code
d'exploitation indiquant le nom du finage, la crête et le numéro
de la bille (Figure 6).
20 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Figure 7: Code d'identification de Mbounga
Les sommes générées par la vente des
volumes issus de chaque finage sont affectées aux activités du
village propriétaire de la zone et celles provenant de la zone mil sont
réservées au village ayant des petites surfaces
forestières.
La redevance est gérée par la CEB et les
villageois doivent se constituer en association pour bénéficier
des fonds. Sur ce point, le mécanisme semble bien marcher, parce que
dans tous les villages où la CEB a commencé ses activités
d'exploitation, il existe effectivement des associations. Par le manque de
suivi régulier des dossiers associé à une volonté
délibérée de limiter l'existence de structures locales
pouvant éventuellement se transformer en forces politiques
légales et s'autonomiser, aucune de ses associations n'est encore
légalisée (NGUIMBI & al., 2006).
Tous les habitants du village sont en principe membres de
droit de l'association. Les membres du bureau chargés de
représenter les autres villageois auprès de la CEB sont
élus par vote au cours d'une assemblée générale
convoquée à cet effet. Les réunions ne se tiennent qu'en
cas de nécessité (adoption de projets, information importante
à faire circuler ou règlement de litige). Une assemblée
générale ordinaire par an est organisée et une
extraordinaire en cas de détournements avérés.
La procédure à suivre pour
bénéficier des fonds de la redevance est la même dans tous
les villages. Les membres de l'association se réunissent en
assemblée générale pour discuter des projets à
entreprendre pour le développement du village. Une fois ces projets
adoptés, le bureau est chargé de faire un état des besoins
sous forme de devis qui est ensuite soumis au directeur de la CEB qui a le
droit de donner un avis négatif ou d'accepter.
Par exemple : les villageois d'Otoundou et Lékori
projetaient de se procurer un bus qui assurerait le transport entre Franceville
et Okondja. Mais la CEB aurait refusé car pour elle, ce bus
occasionnerait des problèmes : gestion, responsabilité et
sécurité (avec des risques éventuels d'accidents du fait
du mauvais état des routes).
Les fonds ne sont décaissés qu'après
accord de la CEB. Ils sont décaissés dans le compte du finage de
chaque village qui est alimenté par l'exploitation de celui-ci. Une fois
en possession des fonds, c'est le bureau qui en assure l'affectation, l'achat
du matériel, le payement des tâcherons ou des villageois qui
exécutent les travaux.
Il doit rendre compte régulièrement aux autres
membres de l'association des dépenses engagées.
L'exécution des travaux se fait selon les villages soit par un
tâcheron (cas d'Otoundou) payé par le bureau ou par des
volontaires des villages (cas d'Ossélé, Okila, Otala,
Lékori et Olounga). Mais il peut arriver que certains projets
(construction d'une case d'écoute, d'une école) soient
portés par quelques membres du bureau et imposés aux
villageois.
A l'intérieur des villages, la famille a souvent
été à la base du partage des acquis du
mécanisme.
Sur la base des enquêtes, réalisées dans
les villages, le constat général qui peut être fait est la
méconnaissance effective de certains termes clé de la convention
et surtout de certaines dispositions de la loi d'où la
réclamation de la zone de 5 km dans certains villages.
21 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Amener à se prononcer sur la signification des termes
finages et zone mil, les réponses varient selon les
enquêtés. Aucune des 59 personnes interrogées ne
connaît la signification de finage. En revanche, relativement à la
zone mil, la majorité des enquêtés savent ce qu'elle
signifie : « finage, je ne connais pas mais la zone mil, je sais que c'est
une zone limitrophe réservée pour les villageois qui n'ont pas
beaucoup d'argent. Elle est située au milieu entre les zones
villageoises. C'est elle qui nous aide à finir nos cases ». Tels
sont les propos d'un membre du bureau de l'association. Pour cet autre
villageois : « ce sont des mots que j'entends avec le président
de l'association. Finage pour exprimer que notre argent est fini et la zone
mil, il nous dit qu'elle a occupé une bonne partie de notre forêt
». L'élément qui semble bien connu des villageois,
c'est le montant de la redevance et la destination des sommes à
percevoir. Pour ce villageois, « la CEB donne 1000 CFA par
mètre cube exporté pour les travaux du village. C'est la CEB qui
l'a mise en place pour aider les villageois, car il y a trop de souffrance dans
les villages ». Ces différentes conceptions peuvent être
à la base d'incompréhension entre les différents acteurs
impliqués dans l'exploitation forestière du permis 2/90.
4.2 ESTIMATION DE L'EFFICACITE DU MECANISME PAR
VILLAGE
Au 15 Août 2007, 779 479 247 FCFA ont
été dégagés par la convention et distribuées
de la manière suivante :
Tableau 5: Sommes perçues par village : Somme
perçue par village (Source : Direction CEB)
|
Village
|
|
Sommes totales
Perçues (FCFA)
|
|
Versement lié au Finage
(en FCFA)
|
Versement lié à la zone mil
(en FCFA)
|
début de décaissement
|
Fin décaissement
|
Part (%) de
la zone mil dans la somme perçue
|
|
Ekala
|
|
14
|
539
|
650
|
5
|
053
|
808
|
9
|
485
|
842
|
août-03
|
|
65
|
|
Mbabiri
|
|
37
|
836
|
903
|
17
|
548
|
205
|
20
|
288
|
698
|
av.-02
|
Déc.-03
|
54
|
|
Lebaladouba
|
|
41
|
725
|
494
|
33
|
479
|
451
|
8
|
246
|
043
|
juin-03
|
|
20
|
|
Olounga
|
|
32
|
202
|
663
|
12
|
967
|
586
|
19
|
235
|
077
|
août-03
|
mai-04
|
60
|
|
Ondzeye
|
|
34
|
831
|
978
|
17
|
371
|
419
|
17
|
460
|
559
|
nov.02
|
août05
|
50
|
|
Otoundou
|
|
138
|
143
|
449
|
137
|
568
|
803
|
|
574
|
646
|
janv.-01
|
En cours
|
0
|
|
Alanga-Atongo
|
|
28
|
724
|
500
|
14
|
819
|
074
|
13
|
905
|
426
|
août-03
|
|
48
|
|
Ossélé
|
|
60
|
844
|
486
|
44
|
173
|
482
|
16
|
671
|
004
|
juin02
|
av.05
|
27
|
|
Mbounga-Onia
|
|
114
|
708
|
528
|
114
|
708
|
528
|
|
|
0
|
oct.-01
|
En cours
|
0
|
|
Okila -Andégué
|
|
69
|
040
|
810
|
51
|
916
|
109
|
17
|
124
|
701
|
av.-03
|
En cours
|
25
|
|
Lekori
|
|
6
|
000
|
000
|
|
|
|
|
|
0
|
juin-07
|
|
|
|
Otala
|
|
52
|
944
|
003
|
52
|
944
|
003
|
|
|
0
|
mai-04
|
|
0
|
|
Fonctionnement : 24
|
944
|
787
|
|
|
|
|
|
|
Total zone mil : 147 936 783
|
|
|
|
|
|
Les montants perçus varient entre Ekala (14 539 650 FCFA)
et Otoundou (138 143 449 FCFA). La dépendance d'Ekala, Mbabiri, Olounga,
Ondzeye et Alanga à la zone mil se dégage.
22 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Les infrastructures sociales ont été les
principaux projets avec la construction des cases sur orientation de la CEB et
de l'Administration locale (NGUIMBI & al., 2006). S'ajoute la construction
d'une école à Otoundou, (Figure 7), d'un dispensaire à
Ondzeye et des cases d'écoutes (foyers culturels) à Otoundou et
Ossélé. L'achat des antennes paraboliques avec abonnement Canal+
France, des maillots des équipes de football, des tronçonneuses
et la réparation des groupes électrogènes ont
constitué le deuxième pôle des dépenses. Puis
viennent les assistances maladies, les soutiens en cas de décès,
et à Lebaladouba la réhabilitation du cimetière. Sont
aussi organisé des prêts sans intérêts à
certaines personnes.
Les maisons construites ont les dimensions de 9 mètres
sur 8 ou de 8 mètres sur 7 avec un soubassement en briques et des murs
en planches et une toiture en tôles ondulées (Annexe 8). Les
travaux sont exécutés soit par un entrepreneur (Otoundou,
Mbabiri, Ekala, Mbounga, Lebaladouba, Olounga et Alanga) soit par les
villageois organisés en équipe de tâcheron avec une
rémunération journalière (Ossélé,
Okila-Andégué, Otala et Lékori).
Figure 8: Ecole d'Otoundou
23 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Le tableau 6 montre que la construction des maisons, projet
commun à tous les villages, et les autres investissements sont de type
social et vise à améliorer leur bien-être. Vu le type
d'investissements réalisés à l'échelle des villages
on peut conclure que la CEB reverse assez régulièrement la
redevance aux villageois.
Tableau 6: Récapitulatif des utilisations des fonds par
village (Source : CEB)
Afin d'estimer l'efficacité des versements
réalisés par la CEB, nous avons confronté les
dépenses réelles dans les villages (estimées a posteriori
par une expertise directe par manque de traçabilité des
dépenses dans les villages), avec les sommes perçues telles
qu'elles apparaissent dans les registres de la CEB.
Sur cette base, le taux d'efficacité est le rapport entre
les sommes réellement utilisées pour les travaux tangibles et les
sommes totales versées dans chaque village.
Les expertises faites sur le terrain avec deux entrepreneurs nous
ont permis d'avoir la valeur réelle des maisons selon leur dimension.
Ces valeurs standard sont :
24 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
- 1 565 000 F.CFA pour une maison construite par la main d'oeuvre
locale de dimension 8 mètres sur 7
- 2 046 000 FCFA pour une maison de 9 mètres sur 8
construite par la main d'oeuvre locale
- 2 513 000 F CFA pour une maison de 9 mètres sur 8
construite par un entrepreneur local.
En fonction des différents niveaux de l'avancement des
travaux de construction, une estimation des coûts a été
faite par village pour avoir le montant des sommes investies dans les
dépenses tangibles (Tableau 7).
Tableau 7: Taux d'efficacité par village
|
Village
|
Somme perçue (F.CFA)
|
Dépenses palpables (F.CFA)
|
Autres
dépenses (F.CFA)
|
Taux d'efficacité (%)
|
|
Alanga-Atongo
|
28 724 500
|
16 955 000
|
500 000
|
60.8
|
|
Ekala
|
14 539 650
|
12 500 000
|
2 039 650
|
100
|
|
Lebaladouba
|
41 725 494
|
24 761 740
|
1 800 000
|
63.7
|
|
Lekori
|
6 000 000
|
5 022 000
|
0
|
83.7
|
|
Mbabiri
|
37 836 903
|
34 819 740
|
1 300 200
|
95.5
|
|
Mbounga-Onia
|
114 708 528
|
81 377 080
|
6 376 000
|
76.5
|
|
Okila -Andégué
|
69 040 810
|
40 228 548
|
1 550 000
|
60.5
|
|
Olounga
|
32 202 663
|
24 587 740
|
670 000
|
78.4
|
|
Ondzeye
|
34 831 978
|
32 028 000
|
1 880 000
|
97.3
|
|
Onguia
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Opoungou- Abolo2
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Ossélé
|
60 844 486
|
44 295 576
|
2 921 800
|
77.6
|
|
Oss'Kama
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Otala
|
52 944 003
|
30 849 745
|
0
|
58.3
|
|
Otoundou
|
138 143 449
|
104 130 980
|
3 485 000
|
77.9
|
|
TOTAL
|
779 479 247
|
|
|
|
Le taux d'efficacité variant entre
58.3 et 100 %, permet d'affirmer que la
majorité des sommes versées est utilisée pour les projets
du village. Trois raisons peuvent l'expliquer : la remise directe aux
populations sans intermédiaire, la procédure de
décaissement et la manière de gérer par chaque village.
Par le refus du comité de gestion proposé par Rose Ondo, les
villageois ont obtenu le versement direct des fonds. La procédure de
décaissement actuelle est conditionnée par la présentation
d'un devis et d'une fiche de décaissement signé par trois membres
du bureau et un sage, ce qui limite les dérives de gestion. A cela
s'ajoute les pressions des autres habitants et les sanctions existantes dans
certains villages Plusieurs bureaux ont été changés par
les populations dans certains villages. L'un des chefs a déclaré
: « on a déjà changé trois bureaux, le premier et
le deuxième pour mauvaise gestion, détournements et les
prêts non remboursés ».
Les taux plus bas se retrouvent dans les villages ou les
dénonciations des manoeuvres étaient très
fréquentes. Pendant nos enquêtes, un contrôle
effectué en notre présence à Otala par une équipe
des jeunes désignés par la population a trouvé une somme
injustifiée par le bureau de 17 000 000 FCFA sur 52 944 003 FCFA soit 32
%.
Les taux les plus élevés sont par ordre : Ekala,
Ondzeye, Mbabiri, Lékori et Olounga. En retirant dans la liste
Lékori dont les décaissements sont récents, tous les
autres ont des petits finages donc leurs revenus sont constitués en
majorité de la zone mil dont les décaissements obéissent
une démarche plus complexe. Les affectations de la zone mil sont
possibles quand la zone mil est exploitée. L'accord est donné par
le directeur d'exploitation de la CEB qui lui est plus regardant sur les
précédentes utilisations.
25 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
4.3 LA REPARTITION EST-ELLE EQUITABLE ENTRE LES VILLAGES
?
Le principe d'équité stipule que : «
les individus sont différents entre eux et, pour cela,
méritent un traitement spécifique de façon à
réduire les inégalités existantes » (ISLA &
BARON, 2004). Se pose alors la question de savoir si les critères de
partage sont impartiaux ?
4.3.1 LA REPARTITION DES SURFACES FORESTIERES
Le critère de répartition est le finage
identifié dans les enquêtes par « notre forêt » ou
« la forêt du village ». La CEB dans ses activités
d'exploitation des finages villageois ne tient compte que des limites
fixées par les villageois eux-mêmes (Tableau 8).
Tableau 8: Répartition des surfaces par village
|
Village
|
Nombre d'Habitants
|
Taille du finage (HA)
|
Surface par habitant
|
|
Alanga-Atongo
|
131
|
2803
|
21.4
|
|
Ekala
|
31
|
1659
|
53.5
|
|
Lebaladouba
|
73
|
8671
|
118. 8
|
|
Lekori
|
646
|
12496
|
19.3
|
|
Mbabiri
|
33
|
552
|
16.7
|
|
Mbounga-Onia
|
207
|
17704
|
85.5
|
|
Okila -Andégué
|
304
|
7700
|
25.3
|
|
Olounga
|
76
|
4672
|
61.5
|
|
Ondzeye
|
105
|
5215
|
49.7
|
|
Onguia
|
899
|
0
|
0
|
|
Opoungou-Abolo2
|
353
|
9910
|
28.1
|
|
Ossélé
|
142
|
7691
|
54.2
|
|
Oss'Kama
|
765
|
0
|
0
|
|
Otala
|
1027
|
38723
|
37.7
|
|
Otoundou
|
127
|
18423
|
145.1
|
La lecture du tableau 8 présente des surfaces de
forêts qui varient d'un village à un autre : 0 pour Onguia et 38
723 hectares pour Otala. Donc une inégale répartition spatiale
des finages villageois. Alors que certains villages tels que Otala, Otoundou,
Mbounga jouissent d'importantes superficies, d'autres en revanche ne
contrôlent que des superficies très réduites. C'est le cas
du village de Mbabiri qui ne contrôle que seulement 552 ha soit 0,5 % de
la superficie totale du permis 2/90. L'élément important qui
pourrait être mobilisé pour justifier l'importance des superficies
dont bénéficient certains villages est le regroupement.
26 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Prenons le cas du village d'Otala qui dispose de la plus
importante superficie des finages (38 724 ha). Nous avons vu que Otala est un
regroupement de villages, alors il est évident qu'avant le regroupement,
chacun des villages faisant actuellement partie intégrante d'Otala
disposait d'un finage propre. L'incidence directe du regroupement des villages
c'est la fusion des différents finages en un seul et grand finage
représentant désormais la propriété commune de
l'ensemble des villages de ce regroupement.
Le ratio des superficies par la population confirme ces
inégalités car pendant qu'un habitant d'Otoundou peut
prétendre avoir 145 hectares, celui de Mbabiri a
16,7 hectares.
Figure 9: Finages du permis industriel 2/90 ( Source : CEB)
La Figure 8 confirme l'existence des écarts de surfaces
considérables entre les villages. Ces fortes disparités
créent des frustrations chez les populations qui ne disposent pas des
grandes superficies. Un villageois du village d'Olounga parle en ces termes
« on se sent défavorisé car il y a des villages qui ont
le même nombre d'habitants que nous et qui ont gagné beaucoup
d'argent ». Un autre du village d'Ondzeye exprime sa frustration par
rapport à la part des autres villages : « on se sent
défavorisé parce qu'on n'a pas une grande forêt
». Pour les habitants
27 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
d'Okila : « étant l'un des grands villages du
canton, nous nous sentons défavorisés et c'est difficile de
satisfaire toutes les familles ».
Le finage est ici un facteur limitant sur le choix des projets
: « on n'a pas une grande forêt donc on ne peut pas se permettre
des grands travaux ». En effet disposer d'une importante superficie
représente un atout considérable pour le développement
d'activités agricoles, de transformation ou pour générer
d'importants revenus.
En considérant l'équité comme le principe
selon lequel chacun peut prétendre à un traitement juste,
égalitaire et raisonnable et en tenant compte de la population de chaque
village, on peut dire il n'y a pas d'équité entre les villages au
niveau de la répartition des surfaces.
Toutefois, le fait qu'aucune remise en cause des finages n'ait
été relevée au stade actuel et qu'aucun cas de conflits
n'ait été enregistré à l'échelle
intra-villageoise, permet de penser que le critère finage parait juste
pour les villages. A Ekala il a clairement été dit : «
on ne peut pas remettre en cause le partage de la forêt car on sait
au moins qu'il n'y a pas de manipulation parce que chaque village connaît
ses limites ancestrales ».
4.3.2 REPARTITION DES SOMMES VERSEES
A la fin du mois d'août, l'exploitation se trouve dans
les finages du village Mbounga-Onia. Les finages d'Otoundou,
d'Ossélé, D'Okila-Andégué, Olounga, Ekala, Alanga,
Lebaladouba, Mbabiri, une partie d'Otala et de Lékori ont
déjà été exploités.
Tableau 9: Répartition des sommes par village
|
Village
|
Somme totale perçue
(F.CFA)
|
Nombre Habitants
|
Revenu/habitant (F/H)
|
|
Otoundou
|
138
|
143
|
449
|
127
|
1 087 744
|
|
Okila -Andégué
|
69
|
040
|
810
|
304
|
227 108
|
|
Ossélé
|
60
|
844
|
486
|
142
|
428 482
|
|
Lebaladouba
|
41
|
725
|
494
|
73
|
571 582
|
|
Mbabiri
|
37
|
836
|
903
|
33
|
1 146 573
|
|
Ondzeye
|
34
|
831
|
978
|
105
|
331 733
|
|
Olounga
|
32
|
202
|
663
|
76
|
423 719
|
|
Alanga-Atongo
|
28
|
724
|
500
|
131
|
219 271
|
|
Ekala
|
14
|
539
|
650
|
31
|
469 021
|
Pour les villages dont l'exploitation du finage est
terminée, une différence importante de revenu par habitant est
visible En effet, pendant qu'un villageois d'Otoundou a un revenu de 1 087 744
F.CFA, celui d'Alanga a 219 271 F.CFA (Tableau 9). Mbabiri a le revenu par
habitant le plus éléve par habitant malgré son finage qui
est le plus bas. Le tableau ci-dessous explique ces résultats (Tableau
10).
28 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Tableau 10: Revenus par habitant et par village
|
Village
|
R/h du finage (F/hab.)
|
|
R/H Somme totale (F/hab.)
|
R/h zone
mil (F/hab.)
|
|
Ekala
|
|
163
|
026
|
|
469
|
021
|
305
|
995
|
|
Mbabiri
|
|
531
|
764
|
1
|
146
|
573
|
614
|
809
|
|
Lebaladouba
|
|
458
|
623
|
|
571
|
582
|
112
|
959
|
|
Olounga
|
|
170
|
626
|
|
423
|
719
|
253
|
093
|
|
Ondzeye
|
|
165
|
442
|
|
331
|
733
|
166
|
291
|
|
Otoundou
|
1
|
083
|
219
|
1
|
087
|
744
|
4
|
525
|
|
Alanga- A.
|
|
113
|
123
|
|
219
|
271
|
106
|
148
|
|
Ossélé
|
|
311
|
081
|
|
428
|
482
|
117
|
401
|
|
Mbounga O.
|
|
554
|
147
|
|
554
|
147
|
|
0
|
|
Okila - A.
|
|
170
|
777
|
|
227
|
108
|
56
|
331
|
|
Otala
|
|
51
|
552
|
|
51
|
552
|
|
0
|
Le revenu par habitant de Mbabiri est de 531 764 F.CFA et la
zone mil a fait remonter à 1 146 572.8 FCFA. Cette zone compense ici les
écarts entre les villages au niveau des revenus totaux et devient un
outil d'amortissement du mécanisme. Il convient de signaler que son
affectation obéit à un seul critère, mais aucune
règle ne fixe son partage entre les villages ayant un petit finage. Ce
qui lui donne un côté arbitraire et entraîne les villageois
à être toujours dans une position de demandeur par rapport
à CEB.
On peut conclure que la répartition n'est pas
équitable entre les villages au niveau de la répartition des
fonds (Figure 9). Ce qui est d'ailleurs logique dans la mesure où les
villages ne disposent pas au départ des mêmes superficies de
finages. La Zone Mil amortit les tensions créées par ces
finages.
Otoundou
Mbounga-Onia Okila -Andégué
Ossélé
Otala
Lebaladouba Mbabi ri
Ondzeye
Olounga
Alanga-Atongo
Figure 10: Part de chaque village dans les sommes
versées
29 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
4.4 LA REPARTITION EST-ELLE EQUITABLE A L'INTERIEUR DES
VILLAGES ?
Le choix de la construction des cases d'habitation a fait
l'unanimité chez les villageois. Cela se justifie par les propos
ci-après : « pour l'homme la maison c'est la base ».
Leur répartition ne se fait pas de manière individuelle, mais sur
la base du nombre de familles résidentes dans le village et selon leur
taille. La pratique courante est l'attribution d'une maison à chaque
famille, ensuite l'option a été prise de rajouter une seconde aux
familles nombreuses. Dans certains villages (Otoundou et Okila), il est
clairement adopté que les toutes les familles ont une case et celles de
plus de 10 membres deux ou trois cases.
Un recensement des familles avec le nombre de maison
affectée à celles-ci a été fait pour savoir si la
répartition se faisait à l'intérieur du village de
manière impartiale. Pour cela, il nous fallait deux villages dans
lesquels l'exploitation du finage est finie et la répartition au sein de
ces villages est faite totalement.
4.4.1 ETUDE DE LA REPARTITION DES MAISONS DANS
LES
VILLAGES D'OTOUNDOU ET D'OKILA-ANDEGUE
Situé sur la route Okondja-Franceville en plein milieu
du permis 2/90, Otoundou s'est constitué en 1953, suite au rassemblement
du village Otoundou qui revenait vers Franceville et de celui de Mbomo-Nkomo
qui vivait au bord de la Sébé. Premier à
bénéficier du mécanisme en janvier 2001, il est celui qui
a pour l'instant reçu la plus grande redevance.
Six clans peuplent ce village : Liélé, Ossala
(Mbomo-Nkomo), Akabi, Onkera-Aka, Houngou et Onia (Otoundou). Le bureau actuel
de l'association est composé de 5 membres de Mbomo-Nkomo et de 1 membre
d'Otoundou.
30 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Tableau 11 : Partage de maisons à Otoundou
|
Nom de la famille*
|
Nombre des membres
|
Nombre de case
|
|
Otou1
|
9
|
2
|
|
Otou 2
|
1
|
1
|
|
Otou3
|
3
|
1
|
|
Otou 4
|
3
|
1
|
|
Otou 5
|
10
|
2
|
|
Otou 6
|
6
|
1
|
|
Otou 7
|
1
|
1
|
|
Otou 8
|
7
|
1
|
|
Otou 9
|
6
|
3
|
|
Otou 10
|
1
|
1
|
|
Otou 11
|
1
|
1
|
|
Otou 12
|
9
|
2
|
|
Otou 13
|
2
|
1
|
|
Otou 14
|
2
|
1
|
|
Otou 15
|
12
|
2
|
|
Otou16
|
14
|
2
|
|
Otou 17
|
18
|
2
|
|
Otou 18
|
2
|
1
|
|
Otou 19
|
10
|
1
|
|
Otou 20
|
2
|
1
|
|
Otou 21
|
7
|
1
|
|
Otou 22
|
1
|
1
|
|
Total : 127
|
Total 30
|
|
* : Otou est un code pour garder l'anonymat des familles
|
|
|
Ce tableau démontre que toutes les familles ont eu une
case et que toutes celles qui ont au moins 9 membres ont deux cases (Tableau
11). Cependant la règle de partage ne s'applique pas à tous de la
même manière. Par exemple, la famille Otou 9 avec 6 membres a eu 3
maisons, tandis qu'Otou 19 de 10 membres n'a eu qu'une maison. Le cas de la
famille Otou 17 suscite des interrogations car elle comprend 18 membres et ne
bénéficie que de 2 maisons. Ramené au village, cela donne
17 maisons sur les 30 pour Mbomo-Nkomo.
Au niveau du genre, 12 familles dirigées par les femmes
ont eu des maisons. En effet, la gestion de la famille est sous le
contrôle moral des groupes les plus âgés qui peuvent
être des hommes, mais aussi des femmes. L'unité familiale
domestique (grande concession ou ménage individuel) est
généralement socialement et culturellement sous la tutelle d'un
homme. Dans ces villages, on confère à l'homme le titre de chef
de famille. Il arrive quelque fois qu'une partie de cette autorité
familiale puisse être réservée aux femmes, en fonction de
leur statut et âge (la mère, la belle-mère, la soeur du
père ou de l'oncle, la soeur du mari, la première ou la plus
influente des épouses ) . Les femmes veuves, divorcées,
célibataires ou éloignées de leur époux jouent
aussi le rôle de chef de famille. Au Gabon, les différents
recensements organisés par le Ministère de l'Aménagement
du Territoire, fixe à 29% la part des familles dirigées par des
femmes (MOUVAGHA SOW, 2004).
Le deuxième village recensé est
Okila-Andégué qui est le plus grand regroupement des villages du
canton Louami-Lélama avec 304 habitants. Il est composé de trois
villages : Okila, Andégué et Ossélé 2. Dans ce
village, Huit clans y vivent depuis 1966 : Angoubas, Okila,
Etiérés, Etoha, Odoumangari, Angombe, Ossélé et
Tsiali (Figure 4). Le bureau est composé de 6 membres de la famille
Okila et un membre pour Etoa, Ossélé et Angouba.
31 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
32 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Tableau 12: Répartition des maisons au village
Okila-Andégué
|
Nom de la famille*
|
Nombre des membres
|
Nombre des maisons
|
|
Okila 1
|
4
|
1
|
|
Okila 2
|
8
|
1
|
|
Okila 3
|
6
|
1
|
|
Okila 4
|
8
|
1
|
|
Okila 5
|
1
|
0
|
|
Okila 6
|
2
|
1
|
|
Okila 7
|
4
|
1
|
|
Okila 8
|
9
|
1
|
|
Okila 9
|
4
|
0
|
|
Okila 10
|
7
|
0
|
|
Okila 11
|
10
|
1
|
|
Okila 12
|
20
|
1
|
|
Okila 13
|
1
|
0
|
|
Okila 14
|
9
|
1
|
|
Okila 15
|
4
|
1
|
|
Okila 16
|
5
|
1
|
|
Okila 17
|
2
|
1
|
|
Okila 18
|
2
|
1
|
|
Okila 19
|
12
|
1
|
|
Okila 20
|
5
|
0
|
|
Okila 21
|
9
|
1
|
|
Okila 22
|
1
|
1
|
|
Okila 23
|
10
|
1
|
|
Okila 24
|
9
|
1
|
|
Okila 25
|
12
|
1
|
|
Okila 26
|
2
|
1
|
|
Okila 27
|
9
|
1
|
|
Okila 28
|
8
|
1
|
|
Okila 29
|
4
|
1
|
|
Okila 30
|
2
|
1
|
|
Okila 31
|
10
|
0
|
|
Okila 32
|
12
|
1
|
|
Okila 33
|
1
|
1
|
|
Okila 34
|
2
|
1
|
|
Okila 35
|
6
|
1
|
|
Okila 36
|
8
|
1
|
|
Okila 37
|
5
|
1
|
|
Okila 38
|
2
|
0
|
|
Okila 39
|
8
|
1
|
|
Okila 40
|
7
|
1
|
|
Okila 41
|
4
|
1
|
|
Okila 42
|
7
|
1
|
|
Okila 43 Okila 44
|
1
|
0
|
* : Okila est un code pour garder l'anonymat des familles
33 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Pendant les entretiens individuels, le président du
bureau d'Okila avait prévenu : « le partage a été
mal fait parce que toutes les familles n'ont pas eu de maison ». Cet
aveu est lisible dans le tableau ci-dessus. En effet, à Okila-
Andégué, les mêmes observations sont faites.
Certaines familles comme Okila 5, Okila 9, Okila 10, Okila,
13, Okila 20 et Okila 31 n'ont pas eu des maisons (Tableau 12). L'une d'elle
nous a répondu : « ma maison a été
détournée par le président du bureau qui n'était
pas prévu car sa mère a eu la maison de leur famille ».
Sur 8 familles qui n'ont pas eu de maisons 5 sont dirigées par les
femmes.
Vu sous la forme de village : Okila a eu 15 maisons,
Andégué, 14 maisons et Ossélé 2 a eu 6 et en terme
de clans : Okila a eu 16, Etoa 7, Odoumangari 1, Obéa 5,
Etiérés 2 et Angouba 3.
Pour un notable du clan Ossélé : « nous
sommes défavorisés, nous n'avons que 6 maisons, les autres
empruntent l'argent, nous nous sommes écartés ». Par
ailleurs, les jeunes chefs de ménage ne sont pas pris en compte dans la
répartition des maisons. La grande majorité des jeunes adultes de
20 à 35 ans, dans les villages enquêtés ont une
difficulté d'accès à l'autonomie résidentielle et
cette distribution par famille ne tient pas compte de cette catégorie.
D'où la plainte d'un jeune du village Andégué : «
le partage par famille ne tient compte que des chefs de familles, je suis
obligé d'être sous le couvert de mon père alors que j'ai
une femme et 6 enfants ».
Avec un finage de 7 700 hectares, Okila est le village le plus
peuplé du canton Louami-Lélama avec 304 habitants. Il a
reçu une somme de 69 040 810 F.CFA. Ce montant jugé insuffisant
par les habitants peut expliquer le nombre des maisons construites. En
résumé toutes les familles n'ont pas eu des maisons, les femmes
sont les plus défavorisées et les jeunes chefs de famille ne sont
pas pris en compte dans cette répartition.
Pour ces deux villages, la conclusion suivante peut être
tirée : la répartition à l'intérieur des villages
n'est pas équitable. Comme le dit le secrétaire
général de l'association d'Otoundou : « le partage
n'était pas équitable parce que certaines familles se sentaient
défavorisées. Cela a entraîné des bruits dans le
village. Pour que cela soit équitable, il fallait au moins deux cases
par famille sans tenir compte du nombre de personnes par familles. Il nous
fallait 40 cases et non 30 ». Dans la mesure où la forêt
est un bien collectif, les habitants de ce village estiment avoir tous les
mêmes droits sur les bénéfices générés
de son exploitation, par conséquent, si le choix est fait de construire
deux cases par famille, toutes les familles qu'elle que soit la taille
devraient pouvoir en bénéficier.
Pour les personnes enquêtées, les membres du
bureau sont responsables de ces inégalités. Les raisons
évoquées sont le favoritisme et le manque de transparence dans le
partage. Pour ces personnes, les membres du bureau privilégient «
leurs parents ». Ces accusations peuvent être justifiées dans
notre cas par le nombre de membres du bureau de chaque famille et le nombre de
maisons affecté à chaque famille dans les deux villages. Cette
observation qui se rapproche de celle faite par LESCUYER (2005) dans une
étude faite au Cameroun montre que « derrière ce
paravent d'organisations villageoises « modernes », ce sont le plus
souvent un petit nombre de personnes qui agissent ; [...] lorsqu'il s'agit
d'ouvrir un champ, de prendre femme ou de construire sa maison, ce sont bien
les relations de parenté qui dictent les comportements
».
4.5 LES TYPES DE CONFLITS OCCASIONNES PAR LA
CONVENTION
Au sein des villages existent des insatisfactions qui ne sont
pas toujours exprimées ouvertement aux personnes « indexées
». Ces insatisfactions qui restent pour l'instant sur le registre des
reproches sont autant de potentiels conflits ouverts. Les tensions ou les
insatisfactions portent sur plusieurs points détaillés dans la
suite :
- Le manque de représentativité dans la
composition des membres des bureaux des différentes composantes des
villages, surtout dans les cas de regroupements. Selon les données
d'enquête, vu le nombre souvent réduit des membres du bureau, il
apparaît clairement que certaines familles n'y sont pas effectivement
représentées. Ce qui n'est pas de nature à rassurer les
membres des familles
34 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
ou villages (dans les cas de regroupements) non
représentés. Ces derniers estiment qu'une telle manière de
procéder n'est qu'une stratégie pour écarter certains
acteurs de la gestion des fonds communs.
-La gestion des fonds suscite une envie d'autonomisation de
certains villages des regroupements : « depuis que je vis ici, je n'ai
jamais su que le village de Mbomo-Nkomo existait, mais dès que l'on a
parlé d'argent de la forêt, Mbomo-Nkomo a réapparu.... Le
bureau est presque constitué d'une même famille et les disputes
augmentent entre les membres à cause de l'argent et cela divise la
famille ». Dans ce cas plutôt que de renforcer l'unité
du village, un tel mécanisme a tendance à faire
réapparaître les tensions anciennes sur la
légitimité de certaines « familles ».
-Le manque de transparence dans la gestion des fonds par les
membres des bureaux des associations. Les bureaux des associations sont
accusés de détournements de fonds : « l'argent rentre
dans les caisses de l'association, mais les travaux n'avancent pas».
Ou encore « ils détournent l'argent au lieu de construire les
maisons » ; « sur 1 000 000 FCFA, ils détournent au moins 100
000 F ». Les membres des bureaux sont accusés de favoritisme :
« les membres empruntent l'argent qu'ils ne remboursent pas....
Les mêmes personnes qui ont bénéficié des
maisons, bénéficient des prêts d'argent. Je me souviens que
M Pasquier, le directeur de la CEB avait dit que c'est le bien de tout le
village, mais on privilégie certaines personnes ».
-Le retard dans l'exécution des travaux de construction
des maisons souvent perçu comme la conséquence de
détournement de fonds : « la société va
bientôt partir et nos maisons ne sont pas achevées » ; «
on voit Paulin apporter l'argent, mais les travaux n'avancent pas
».
Les bureaux d'association ont été plusieurs fois
changés dans les villages. Les manquements observés sur la
gestion, sont la principale raison (Figure 14). Seulement 25%des bureaux qui
n'ont pas encore été changés, composé des villages
dont l'exploitation est en cours ou n'a pas encore commencé (Onguia,
Oss'Kama, Opoungou).
Figure 15: Causes de changements des bureaux d'association
Tous ces éléments interpellent clairement les
décideurs car en absence de solution, ils peuvent durablement
compromettre le bon fonctionnement et la pérennité du
mécanisme.
4.6 LES ARRANGEMENTS MIS EN PLACE PAR CERTAINS ACTEURS
DANS LES VILLAGES
Trois types d'arrangement sont ressortis lors des
enquêtes : le partage des postes du bureau de l'association entre les
villages (dans un regroupement), l'attribution de plus de maisons à un
village pour reconnaître ses droits sur la forêt en exploitation et
les arrangements entre le bureau et les entrepreneurs pour l'attribution d'un
marché de construction. A cela s'ajoutent les mesures mises en place par
chaque bureau pour pallier le manque de «
rémunération ».
Dans les regroupements de villages, la mise en place des
bureaux d'association a toujours tenu compte de la représentation de
tous les villages. A Okila, les responsabilités sont partagées
entre Okila, Ossélé 2 et Andégué. Cet
arrangement se retrouve à Otala et à Lékori. Dans le cas
de Lékori, les six principaux
35 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
membres du bureau sont partagés à raison de deux
membres par village, mais la présidence a été
attribuée au village Lébiri qui « a été le
premier à s'implanter ici » et « ils estiment que la
forêt que la CEB exploite leur appartient ». A Otala, le bureau
a du être élargi pour satisfaire les cinq villages du
regroupement.
La répartition des maisons bien qu'ayant
été faite sur la base des familles, certains villages des
regroupements évoquent le partage par village quand ils se sentent
défavorisés. A Lékori, le village Lébiri a
exigé un nombre important de maisons dépassant même le
nombre de familles qui y sont installées. Sur les 50, ils ont
exigé 15 alors qu'il a le même nombre de familles avec Olounga qui
a eu 5. L'argument évoqué étant lié à
l'histoire de l'installation et de la création du district de
Lékori. Les villageois de Lébiri considèrent que la
forêt leur appartient et qu'ils doivent avoir une part plus importante
pour qu'ils acceptent de partager avec les autres.
Les autres formes d'arrangements sont présentes au
niveau du fonctionnement des bureaux. Un ancien membre du bureau de
l'association a avoué qu'ils ont reçu de la part d'un
entrepreneur local une somme de 250 000 F pour lui avoir attribué le
marché et il est convaincu que ces pratiques continuent.
Le dernier type rencontré a été
l'attribution d'un « salaire » pour les membres du bureau
d'Otala. Ils ont avoué s'être partagé 1 300 000 F pendant 3
mois avant que les autres habitants se rendre compte. A Okila, le maçon
a surpris le bureau qui se partageait le reste de la somme versée. Pour
acheter son silence on lui a donné 10 000 F.
Ces différents arrangements illustrent les
stratégies des acteurs impliqués dans la gestion pour s'adapter
aux situations non prévues par la convention. Le manque des
rémunérations des membres de bureaux sur le principe du
caractère bénévole des associations a souvent
été utilisé par les membres de bureau pour se
défendre face aux accusations de détournements : « nous
ne sommes pas payés, nous passons nos journées pour attendre les
responsables de la CEB et en retour on n'a rien ». Est-ce
réaliste d'exiger une transparence aux personnes qui gèrent des
dizaines de millions de FCFA sans rémunération et qui sont sans
emploi ? Si en plus, ils sont sans contrôle. La deuxième situation
est le partage entre des personnes n'ayant aucune relation d'autorité
entre elles. Ce qui exige des conciliations au niveau du village.
36 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
5. DISCUSSION
Le concept de développement durable présent dans
les rencontres internationales fait appel à trois éléments
fondamentaux qui sont : la durabilité écologique, le
développement économique et l'équité sociale entre
les populations et entre les générations (DUBOIS & al.,
2003). Elle peut notamment passer par la décentralisation de la gestion
des ressources naturelles et une valorisation accrue de la ressource
ligneuse.
La fiscalité décentralisée fait partie de
ces outils de décentralisation de la gestion forestière. En
Afrique centrale depuis plus d'une dizaine d'années, on assiste à
une mise en place des mécanismes de redistribution des revenus
forestiers dont les bénéficiaires sont les communes et (ou)
communautés où se déroule l'exploitation des ressources.
Les objectifs recherchés sont la réduction de la pauvreté
et la réalisation d'infrastructures collectives. Elles existent
actuellement sur les formes suivantes :
- Au Cameroun, la loi n°94/01 du 20 janvier 94, portant
régime des forêts, de la faune et de la pêche et son
décret n°95/531 du 23 août 95 fixant les modalités
d'application du régime des forêts a instauré une la
distribution de la Redevance Forestière Annuelle en affectant 50% au
Trésor Public, 40% à la commune, 10% aux communautés.
- Au Congo : 50% de la Redevance sur la superficie est
affectée au fonds forestier et 50% pour les régions.
-En République Centrafricaine : la taxe d'abattage qui
représente 7% de la valeur mercuriale est répartie à
raison de 40% au Trésor Public, 30% sur un compte de
développement forestier, 30% aux communes. La taxe de reboisement (11%
mercuriale) est aussi partagée : 50% au Trésor Public, 25% sur un
compte de développement forestier, 25% aux communes
-En République Démocratique du Congo : la
Redevance sur la superficie fixée par l'adjudicateur est affectée
à 40% aux « entités administratives
décentralisées » dont 15% à la collectivité
rurale et 25% à la province.
- Au Gabon, une rétrocession de la redevance sous une
forme contribution financière directement aux communautés
locales, mais reste à définir les montants et les contours pour
sa mise en oeuvre.
Tous ces pays rencontrent ou vont rencontrer des
difficultés similaires dans la mise en oeuvre effective de cette
fiscalité décentralisée. Des difficultés
liées à la part des redevances forestières qui arrive
réellement aux populations locales, l'utilisation effective de ces fonds
par les populations, la répartition entre les communautés et
entre les habitants et surtout à leur impact réel sur le
développement socio-économique des villages à long
terme.
5.1. L'EFFICACITE DU MECANISME
L'utilisation réelle de plus de 50% des sommes
versées et la réalisation des constructions par les habitants des
villages (Ossélé, Otala, Okila et Lékori), démontre
une captation réelle de ces revenus. Toutefois cela ne doit pas faire de
l'ombre aux nombreuses tensions occasionnées dans les villages, aux
inquiétudes sur la finition des projets des villages dans lesquels
l'exploitation est finie ou au manque de transparence dans la gestion. Avec le
manque de traçabilité dans l'utilisation de ces retombées,
malgré l'instauration par la CEB des fiches de demande et de
décaissement des fonds.
Au Cameroun, les détournements sont observés sur
des travaux commencés, inachevés mais intégralement
payés et réceptionnés, comme si de rien n'était.
Des nombreuses études sérieuses et bien documentées et
deux audits économiques et financiers ont suffisamment
démontré le faible impact de ces sommes sur le
développement local des communes et des populations riveraines
bénéficiaires (KARSENTY & al., 2006). D'une manière
générale, l'utilisation de ces fonds notamment par les communes
ne correspond pas toujours à l'éthique que l'on est en droit
d'attendre de la gestion des deniers publics. Entre
37 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
surfacturation, détournements, marchés fictifs et
autres pratiques de gestion malsaines, les effets escomptés sur le
développement local sont dilués la plupart du temps (FOMETE,
2001).
Toutes ces situations peuvent trouver leurs explications dans
plusieurs raisons : le manque de capacités à gérer les
fonds (ni habitués, ni préparés à recevoir des
sommes importantes d'argent), le manque de suivi et de contrôle et le
manque d'appui de la part de l'administration forestière et aussi
l'individualisme qui caractérise certains responsables
administratives.
Dans le cas de la CEB, la procédure de
décaissement a réduit les dérives. Par l'exigence des
devis avant tous décaissements, la remise progressive des fonds et
l'absence de structure intermédiaire, la CEB a permis l'arrivée
de toutes les sommes aux villages. Bien que l'inexistence de contrôle ait
permis des soustractions frauduleuses par les représentants de ces
communautés, dire qu'une procédure complexe, est l'un des
facteurs de l'efficacité n'est pas dénué de sens.
Suite à tous ces constats, l'amélioration de
l'usage de cet apport financier peut être envisagée sur plusieurs
formes. La première est un appui d'une O.N.G compétente dans la
mise en place des microprojets. Les O.NG ont démontré leur
expertise dans les actions de terrains et d'appui aux organisations paysannes
en Afrique de l'Ouest. Par leur présence permanente sur le terrain elles
peuvent initier avec les populations concernées des projets
générateurs de revenus supplémentaires. Cette voie a
l'avantage d'être participative mais les ONG doivent rester une force de
propositions, d'orientations et d'encadrement avec une impartialité
reconnue.
Une autre potentielle solution est l'implication effective de
l'Etat par l'intermédiaire des administrations de l'Aménagement
du Territoire, les Eaux et Forêts, l'Intérieur et les conseils
régionaux. L'Etat qui a brillé par son absence a l'avantage
d'être présent sur l'ensemble du territoire avec ses services
décentralisés. De plus elles ont le pouvoir d'imposer une option
aux populations locales. Mais cette démarche nécessite une mise
en place des moyens logistiques importants et une structure centrale de
coordination de l'ensemble des Ministères qui veillera au respect par
chacun de son champ d'application. Une organisation de contrôle
impartiale pourrait constituer une garantie des résultats
escomptés.
Ces revenus qui sont aujourd'hui légitimés par
l'adoption du nouveau code forestier du Gabon sont des deniers publics. Il
faudrait s'assurer de leurs investissements effectifs dans les projets
adoptés par le village et de leur gestion par les communautés
concernées dans les règles d'éthique. Bien que
présentant l'opportunité d'une coordination des actions de
développement entre les initiatives des communautés et celles de
l'Etat, cette proposition s'éloigne de la gestion participative.
La convention 2/90 par le choix de la construction des maisons
dans tous les villages a cantonné les actions de développement
à l'amélioration de l'habitat. Il a aussi occulté les
objectifs de départs qui étaient la mise en place des
microprojets. La procédure de décaissement des fonds de la CEB,
inspiré par les expériences de distributions de l'argent liquide
dans la province de l'Ogooué-Lolo a le mérite de limiter les
appropriations par des élites du village ou par les responsables
administratifs véreux. Ce système demande simplement à
être sécurisé par des contrôles au niveau de la CEB
par l'administration et des représentants des villages sur les
productions de chantiers d'exploitation car elles conditionnent les revenus. Et
un contrôle par l'administration et la CEB pour la gestion des fonds par
les villageois.
La présence des administrations facilite la mise en
oeuvre de la justice en cas de constatation d'un manquement. Tout cela implique
la mise en place d'une structure dans chaque région
présidée par les gouverneurs de province qui sont au dessus de
toutes les administrations.
Cette structure pour être acceptée par les
communautés villageoises doit se limiter au choix des projets et au
contrôle de la gestion des fonds dégagés. L'existence d'un
fonds de fonctionnement facilitera les missions de terrain et l'organisation
des réunions. Pour sécuriser les transactions financières,
on pourrait dans le cadre des grands travaux (construction d'une école),
instituer le paiement par chèques aux entrepreneurs à partir d'un
certain montant de prestation, ce qui réduirait de beaucoup les
possibilités de fraude de la part des bureaux d'association.
Dans ces pays marqués certains par des conflits
armés (RDC et RCA), et les problèmes de gouvernance (ATIBT,
2005), l'efficacité d'une action menée par les pouvoirs publics
reste discutable. La solution d'un observateur indépendant
peut-être rassurante.
38 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
5.2 L'EQUITE
La distribution au prorata des finages ne tient pas compte du
nombre d'habitants. Ramené à la population, le revenu par
personne présente des écarts considérables entre les
habitants d'une même localité ayant à priori les
mêmes droits.
Maintenir cet état, revient à favoriser une
catégorie de la population et continuer à entretenir les
frustrations. L'existence de la zone en place par la CEB a finalement servi de
mécanisme d'amortissement en réduisant les
inégalités et en évitant le sentiment d'injustice. Mais
sans cet outil les relations auraient certainement été plus
complexes.
Dans l'objectif de limiter les écarts de revenus entre
les villages, il serait souhaitable d'explorer un autre partage qui soit plus
juste. La première voie à explorer est la proposition de Rose
Ondo dans le projet initial de la convention.
Il s'agissait de distribuer sur la base de la population de
chaque village (Tableau 13). La densité moyenne du permis 2/90 est
estimée à 3 pieds par hectare et à 15 mètres cube
par hectare dont 7 mètres cubes de bois exports. Une répartition
par habitant donne une moyenne de 28 ha par personne. Sur cette base la
nouvelle répartition se présente comme suit (Tableau 13)
Tableau 13: Répartition par nombre d'habitants
|
Village
|
Habitants
|
Finage actuel (Ha)
|
Montant actuel (FCFA)
|
Finage proposé (Ha)
|
|
Production totale (m3)
|
Montant proposé (FCFA)
|
|
Alanga-Atongo
|
|
131
|
2
|
803
|
28 724 500
|
3
|
668
|
25 676
|
25
|
676
|
000
|
|
Ekala
|
|
31
|
1
|
659
|
14 539 650
|
|
868
|
6 076
|
6
|
076
|
000
|
|
Lebaladouba
|
|
73
|
8
|
671
|
41 725 494
|
2
|
044
|
14 308
|
14
|
308
|
000
|
|
Lekori
|
|
646
|
12
|
496
|
6 000 000
|
18
|
088
|
12 6616
|
126
|
616
|
000
|
|
Mbabiri
|
|
33
|
|
552
|
37 836 903
|
|
924
|
6468
|
6
|
468
|
000
|
|
Mbounga-Onia
|
|
207
|
17
|
704
|
114 708 528
|
5
|
796
|
40 572
|
40
|
572
|
000
|
|
Okila -Andégué
|
|
304
|
7
|
700
|
69 040 810
|
8
|
512
|
59 584
|
59
|
584
|
000
|
|
Olounga
|
|
76
|
4
|
672
|
32 202 663
|
2
|
128
|
14 896
|
14
|
896
|
000
|
|
Ondzeye
|
|
105
|
5
|
215
|
34 831 978
|
2
|
940
|
20 580
|
20
|
580
|
000
|
|
Onguia
|
|
899
|
|
|
0
|
25
|
172
|
176 204
|
176
|
204
|
000
|
|
Opoungou-Abolo2
|
|
353
|
9
|
910
|
0
|
9
|
884
|
69 188
|
69
|
188
|
000
|
|
Ossélé
|
|
142
|
7
|
691
|
60 844 486
|
3
|
976
|
27 832
|
27
|
832
|
000
|
|
Oss'Kama
|
|
765
|
|
|
0
|
21
|
420
|
149 940
|
149
|
940
|
000
|
|
Otala
|
1
|
027
|
38
|
723
|
52 944 003
|
28
|
756
|
201 292
|
201
|
292
|
000
|
|
Otoundou
|
|
127
|
18
|
423
|
138 143 449
|
3
|
556
|
24 92
|
24
|
892
|
000
|
|
Total :
|
4
|
919
|
141
|
706
|
|
137
|
732
|
964 124
|
964
|
124
|
000
|
Cette proposition ramène le montant d'Otoundou à
24 892 000 FCFA soit 20 % de ce qui a été
distribué. Une telle manière de procéder pose deux
types de problèmes. Cela reviendrait à faire fi des anciennes
39 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
limites territoriales des villages et ré définir de
nouvelles superficies tout en veillant à ce que tous les villages aient
une superficie qui tienne compte de la taille de la population par village.
Cette nouvelle délimitation des terroirs villageois
exigerait de la CEB la mobilisation d'importants moyens financiers. De plus, la
disparition des terroirs comme base de calcul aurait certainement
entraîné de fortes tensions entre les villages, puisque cela
suppose que les villages disposant de grand finage devraient perdre le
contrôle sur des portions plus ou moins importantes de leur finage au
profit d'autres villages qui disposaient de petits finages.
Cela implique un passage chez les populations locales d'un
statut d'ayants droit à celui de simples citoyens, même
porté par l'administration des Eaux et Forêts, ce chemin
présente des risques et peut provoquer des réactions
négatives des villageois et compromettre les activités de la
CEB.
Mais cette distribution est certainement faisable dans une
nouvelle concession ou les populations n'ont pas un vécu dans ce
domaine.
Le deuxième scénario serait de maintenir le
critère de finage actuel et fixer un plafond par village et en mettant
le surplus dans un fonds de péréquation. Par exemple adopter un
seuil 100 millions de FCFA. Le reste devrait être versé dans un
fonds commun destiné à financer des projets
générateurs de revenus initié par certains villageois
organisé comme un système de crédit sans
intérêt géré par une institution appropriée
ou amender la zone mil et lui affecter cette fonction. Les sommes
récupérées peuvent également être
affectées aux villages les moins bien dotés ou reversés
dans un compte ou dans une institution bancaire. Sur cette base le
scénario avec un seuil de 100 millions et une zone mil affecté au
financement des micro- projets se présente comme suit (Tableau 14)
Tableau 14: Répartition avec un seuil
|
Village
|
Finage
|
|
Montant en FCFA escompté m3/ha
|
avec
|
7
|
|
Alanga-Atongo
|
2
|
803
|
19
|
621
|
000
|
|
Ekala
|
1
|
659
|
11
|
613
|
000
|
|
Lebaladouba
|
8
|
671
|
60
|
697
|
000
|
|
Lekori
|
12
|
496
|
87
|
472
|
000
|
|
Mbabiri
|
|
552
|
3
|
864
|
000
|
|
Mbounga-Onia
|
17
|
704
|
123
|
928
|
000
|
|
Okila -Andégué
|
7
|
700
|
53
|
900
|
000
|
|
Olounga
|
4
|
672
|
32
|
704
|
000
|
|
Ondzeye
|
5
|
215
|
36
|
505
|
000
|
|
Onguia
|
|
|
|
|
0
|
|
Opoungou-Abolo2
|
9
|
910
|
69
|
370
|
000
|
|
Ossélé
|
7
|
691
|
53
|
837
|
000
|
|
Oss'Kama
|
|
|
|
|
0
|
|
Otala
|
38
|
723
|
271
|
061
|
000
|
|
Otoundou
|
18
|
423
|
128
|
961
|
000
|
|
Zone mil
|
31
|
116
|
217
|
812
|
000
|
40 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Les villages en vert sont ceux ayant dépassés le
seuil. Cela donne en associant la zone, un montant de 441 762 000 FCFA pouvant
servir à réduire les inégalités et à
financer les projets générateurs de revenus. Cette proposition
plus réaliste implique une explication auprès des populations sur
l'arrêt des versements pendant que l'exploitation continue dans leur
finage.
La troisième voie est de maintenir une
répartition actuelle sur la base de finage et affecter la zone mil qui
soit réservée strictement aux projets générateurs
d'emploi et de revenus initiés par les villageois présentant
toutes les garanties de réussites possibles (étude de
faisabilité, contrat d'achats, apport personnel).
Une autre option serait d'envisager un partage qui tienne
compte des deux critères finage et population c'est-à-dire une
expression en même temps de la citoyenneté et de l'autochtonie.
Cela nécessite une affectation d'un coefficient à chaque
critère et calculer les nouvelles surfaces d'exploitation.
L'existence des conflits sociaux latents ou ouverts entre les
habitants d'un même village montre la nécessité de mettre
en place à ce niveau de partage des critères clairement
définis. Pendant les enquêtes, à Otala, les familles se
sont affrontées verbalement car l'une n'a pas accepté que son
frère membre de bureau soit accusé de vol. A Mbabiri, le
défunt chef de regroupement avait décidé de ne plus
être associé aux activités de l'association parce qu'il
avait été traité « d'étranger »
suite à une dispute avec certains membres du bureau. Ces scènes
illustrent bien les conflits potentiellement graves que ce mécanisme
peut engendrer.
A l'intérieur, la famille (différente du
lignage, mais constituée du père, de la mère, des enfants
et très souvent de ceux des frères et soeurs des deux parents),
est le critère utilisé actuellement pour la distribution des
maisons. Il est plus adapté aux moyens disponibles dans chaque village,
car une distribution par habitant impliquera plus de moyens.
Malgré l'instauration des principes clairs, certains
membres de bureaux d'association avec la complicité des chefs de
villages ou autres notables ont confisqué le pouvoir décisionnel
et ont détourné les règles de partage. L'absence de
sanction réelle, et le manque de contrôle de la part de la CEB et
de l'administration ont encouragé ces agissements. Dans certains
villages le flou sur l'arrivée des fonds est voulu par les
gestionnaires.
Pour s'adapter à l'organisation sociale de chaque
village, la structure de gestion doit intégrer toutes
sensibilités. En effet, un comité de gestion de chaque village,
composé de toutes les couches sociales (homme, femme, jeune,
autorités traditionnelles, responsables de chaque famille
élargie) peut être testé. Avec la garantie d'une
implication effective de l'ensemble des membres du village aux prises de
décisions et une présence de la CEB dans le contrôle.
5.3 LA PERENNITE DU MECANISME
Figure 16: Part de chaque projet dans la somme utilisée
au village Otoundou
41 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
La pérennité de ces mécanismes parait
liée à la capacité de jouer son rôle de levier du
développement local par le choix des investissements diversifiés
touchant toutes les catégories (emplois, santé, éducation,
eau potable, électricité). Le village à Otoundou est celui
qui a reçu le montant le plus élevé. Le graphe ci- dessus
montre l'importance de la construction des maisons dans la somme
utilisée (Figure 15). La construction des cases a
représenté 60 % des sommes utilisées.
Le problème de diversification et de recherche
d'investissements durable qui était le but initial du projet de la
convention refait surface. Au sein des villages, la réponse à la
question sur les projets souhaités après la construction des
cases était : finir et rajouter les maisons, la case d'écoute, un
bus de transport et rarement l'agriculture. Cela montre la difficulté
à mettre en place les projets durables.
Les projets collectifs souvent plus faciles à faire
accepter par les populations sont en grande partie non productifs et ne peuvent
garantir à long terme des versements des revenus dans le village. Ils
sont préférés aux projets individuels potentiellement
productifs qui sont portés par des personnes du village. A Otala, un
fils de ce village ayant une petite entreprise de production agricole et des
étangs piscicoles a sollicité auprès du village, un
prêt sans intérêt pour développer son activité
et employer les jeunes du village. Sa demande a été
rejetée. Après enquêtes, la raison du refus est liée
à son appartenance politique et à son attitude avec les gens du
village. Cet exemple illustre l'une des raisons qui compromettent le
financement des projets individuels posés par les villageois.
Malgré ce qui précède, l'installation des
activités économiques est indispensable pour réduire la
forte dépendance des familles ou des villageois des fonds de la
redevance, il faudrait orienter le choix des projets sur des microprojets
individuels ou collectifs. A travers ces micro-projets les familles peuvent
diversifier leurs revenus et améliorer leur bien-être.
Une participation des organisations extérieures
évoluant dans le domaine de la gestion participative ou dans l'appui au
développement a souvent impulsé une nouvelle dynamique. La
présence constante pendant une durée importante des agents de
développement sur le terrain permettra un apprentissage plus ou moins
long et l'installation d'un climat de confiance grâce auquel des
propositions des actions à mener ou des projets possibles peuvent
être étudiés avec les populations volontaires. Après
cette phase les projets les plus réalistes seront financés au
début par la zone mil sous forme de prêt sans intérêt
car il est encore difficile d'avoir l'aval des autres villageois pour financer
avec l'argent destiné à l'ensemble des villages un projet
à caractère individuel. Le financement de ces organisations doit
être prévu dans le même registre.
Cet investissement sera suivi jusqu'aux premiers
résultats. L'instauration des vérifications et la
systématisation des sanctions sont autant des mesures pouvant permettre
de pérenniser ces systèmes indispensables au développement
des pays du Bassin du Congo.
42 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
CONCLUSION
La distribution des revenus forestiers aux populations est
présentée dans les discours internationaux comme une prescription
efficace à la lutte contre la pauvreté et le partage
inéquitable des bénéfices provenant de l'exploitation des
ressources forestières. Au Gabon, son inscription dans la loi a
suscité les attentes des populations locales.
L'étude menée dans la concession de la
société CEB, sur la première initiative de partage de la
redevance, a permis d'évaluer la capacité de type de
mécanisme à jouer son rôle de levier de
développement local.
La CEB, à travers, la convention 2/90, a
distribué plus de 700 millions de FCFA dans les villages
concernés. En dépit de l'absence d'une comptabilité claire
et fiable à l'échelle des villages, l'utilisation d'une partie de
l'argent est justifiée par des investissements visuels. La
priorité a été donnée à
l'amélioration de l'habitat par la construction des cases
distribuée par famille.
Toutefois, le critère de répartition basé
sur la surface des finages plutôt que sur les populations entraîne
de fortes disparités dans les sommes reçues par les
différents villages. La présence de la zone mil a
contribué à réduire ces inégalités et
s'impose comme outil indispensable pour permettre les ajustements
nécessaires au bon fonctionnement du mécanisme. A
l'intérieur des villages, les associations mises en place pour la
circonstance sont partiales.
L'extension du mécanisme sur l'ensemble des concessions
du Gabon passe par la recherche de son efficacité dans le choix des
investissements et le partage entre les différents
bénéficiaires, car utilisée de façon optimale, elle
serait un instrument dynamisant dans la lutte contre la pauvreté.
A la lumière de cette expérience, le cahier de
charges apparaît comme le document adapté pour éclairer et
préciser l'application de l'article 251. En effet, pour deux raisons
liées : le cahier de charges est conforme à la loi et il a
l'avantage de prendre en compte les spécificités de chaque
concession car celle située à Libreville ne pourrait avoir les
mêmes devoirs que celle installée à Makokou ou à
Tchibanga dans le sud.
Les fonds générés doivent être
directement reversés aux communautés villageoises,
organisées en comité de gestion dont les membres de bureaux sont
élus et rémunérés. Pour les concessions
éloignées de villages les revenus devraient être
affectés au budget des conseils départementaux.
Pour une meilleure utilisation de cet argent une commission
provinciale présidée par le gouverneur de province est
instituée. Cette commission sera chargée d'étudier les
projets initiés par lesdites communautés et de suivre leur
exécution après validation. Cette commission est composée
des Ministres de l'Intérieur et des Eaux et Forêts, des conseils
départementaux, des ONG présentes sur le terrain et d'un
représentant par société forestière
installée dans la province. Il devrait examiner aussi les effets de
chaque projet sur le village.
La concrétisation prochaine de la foresterie
communautaire va constituer pour certains villages, départements et
communes une source supplémentaire de revenus. Les revenus tirés
par l'application de l'article 251, pourront servir à financer
l'obtention d'une forêt communautaire. Les villages ayant encore des
surfaces libres et non exploitées pourront coupler les revenus
multiplier les possibilités de mettre en place des infrastructures
communautaires indispensables au mieux être de ces populations.
Toutefois, l'existence de ces revenus ne saurait en aucun cas remplacer les
obligations régaliennes de l'Etat.
Pour avoir permis à la CEB d'exploiter le permis
industriel 2/90 et à travers la délimitation des zones agricoles
dans lesquelles les populations acceptent de limiter leurs activités
agricoles, la distribution de revenus peut-être un fondement à la
négociation qui déboucherait sur une clarification des droits et
devoirs de chaque partie dans la conservation des ressources
forestières.
43 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
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Moliner P., Râteau P. & Cohen-Sali V., 2002. Les
représentations sociales : pratiques des études de terrain.
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Mouvagha Sow M., 2004. Transformations familiales et
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45 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
7. LISTE DES ABRÉVIATIONS
BAEV : Bureau d'Appui à l'Environnement Villageois
CEB : Compagnie Equatoriale des Bois
CFAD : Concession Forestière sous A ménagement
Durable
CIRAD : Centre de Coopération Internationale en Recherche
Agronomique Pour le Développement CNEARC : Centre National d'Etude
Agronomique de Régions Chaudes
ENGREF : Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des
Forêts
FCFA : Francs CFA, utilises en Afrique Centrale et Occidentale
son taux d'échange : 650 FCFA = 1€ FRT: Foresterie Rurale et
Tropicale
FSC: Forest Stewardship Council
G.P.S: Global Positioning System
MPAT : Ministère de la Planification et de
l'Aménagement du Territoire
ONG : Organisation Non Gouvernementale
R.G : République Gabonaise
SIG : Système Information Géographique
UFA : Unité Forestière d'Aménagement
WWF : Fonds Mondial pour la Nature
46 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
8. LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Critères d'échantillonnage 11
Tableau 2: Liste des personnes enquêtées par
catégorie 12
Tableau 3 : Liste des villages enquêtés 16
Tableau 4: Listes des élites de chaque village 18
Tableau 5: Sommes perçues par village 22
Tableau 6: Récapitulatif des utilisations des fonds par
village 24
Tableau 7: Taux d'efficacité par village 25
Tableau 8: Répartition des surfaces par village 26
Tableau 9: Répartition des sommes par village 28
Tableau 10: Revenus par habitant et par village 29
Tableau 11 : Partage de maisons à Otoundou 31
Tableau 12: Répartition des maisons au village
Okila-Andégué 33
Tableau 13: Répartition par nombre d'habitants 39
Tableau 14: Répartition avec un seuil 40
47 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
9. LISTE DES FIGURES
Figure 1:Zone d'étude 10
Figure 2: Base vie du chantier Okondja 13
Figure 3: Concession Forestière sous Aménagement
Durable de la CEB (Source : cartographie
CEB) 14
Figure 4: Villages du permis Industriel 2/90 15
Figure 5: Disposition des grandes familles du village
Okila-Andégué 17
Figure 6: Plan du village Otoundou 17
Figure 7: Code d'identification de Mbounga 21
Figure 8: Ecole d'Otoundou 23
Figure 9: Finages du permis industriel 2/90 ( Source : CEB) 27
Figure 10: Part de chaque village dans les sommes versées
29
Figure 11: Bureau Association Otoundou et Figure 12: Maison
Otoundou 30
Figure 13 : Bureau association Okila 32
Figure 14: Maison du village Okila 32
Figure 15: Causes de changements des bureaux d'association 35
Figure 16: Part de chaque projet dans la somme utilisée au
village Otoundou 41
48 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
10. ANNEXES
Annexe 1: Guide d'entretien collectif du mécanisme 50
Annexe 2: Guide d'entretien individuel du mécanisme 51
Annexe 3: Évaluation standard d'une maison de dimensions 9
m sur 7 construite par la main d'oeuvre locale 53
Annexe 4 Évaluation standard d'une maison de dimension 9 m
sur 7 m construite par un entrepreneur local 54
Annexe 5 Disposition des clans au village Otala 55
Annexe 6: Plan du village Lékori 56
Annexe 7: Plan du village Mbabiri 57
Annexe 8: Dispensaire d'Ondzeye et une maison d'Otoundou 58
49 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Guide d'entretien collectif du mécanisme de 1000 F
le m3 du P I
2/90
Préambule : Se présenter ; Dire
pourquoi on est là et à quoi ça va servir ; Entretien en 2
temps : (1) historique du village et de l'association ; (2) Tour dans le
village pour identifier les investissements et réaliser une carte de
localisation des grandes familles
1. Entretien avec les membres du bureau
Date de création/installation du village + regroupement +
localisations antérieures Nombre de personnes résidant au
village
Ethnie
Nombre et noms des clans
Nombre et noms des familles
Présence d'élites extérieures
Date de création de l'association (+ qui sont les membres
+ statut légal) Historique du bureau + membres du bureau actuel
Mode de fonctionnement du bureau (désignation des membres,
tenue de la réunion, soumission des demandes à Paulin, paiement
des prestataires,...)
Projets financés par les 1000F (+ autres dépenses)
: projet, durée, financement, état actuel, leur
répartition à l'échelle du village, qui a fait le choix
(quels autres projets envisagés ?)
Etat des comptes : à quel montant avez-vous droit ? Quelle
est la part qui découle du finage et celle qui vient de la « zone
mil » ? Que reste-t-il en caisse ?
Par rapport aux autres villages, êtes-vous plutôt
favorisé ou plutôt défavorisé ? Comment faire
évoluer ce mécanisme pour une répartition meilleure des
fonds entre les villages ?
1. Visite du village
- carte du village précisant les maisons (foyers), les
grandes familles et/ou les clans
- localisation des travaux réalisés avec le
financement CEB
- liste détaillée des travaux
réalisés par la CEB
Conclusion : autres commentaires à faire
; retour de l'information ; remercier + petit cadeau
50 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Guide d'entretien individuel du mécanisme de
redistribution 1000
F/m3 du PI/2901000 F/m3, PI 2/90
Préambule : Se présenter ; Dire
pourquoi on est là et à quoi ça va servir (en
précisant que ces informations resteront confidentielles) ; Dire combien
de temps environ va prendre l'entretien
Identification
Acteur : nom, âge, famille, activité, durée
au village
Définition du mécanisme de répartition :
comment définiriez-vous ce mécanisme ? A quoi sert-il ? Qui l'a
mis en place et depuis quand ?
Les termes de « finage » et de « zone mil »
vous sont-ils familiers ? Evaluation
Bénéfices attendus : qu'est-ce que vous apporte ce
mécanisme de répartition ? Comment est-il mis en oeuvre ?
Qui fait le choix de l'investissement ? Quels ont
été les autres choix envisagés ? Qui sont les
bénéficiaires ? Jugez-vous équitable la répartition
de ces bénéfices ?
Association rurale : depuis quand cette
association est-elle en place ? Statut légal ? Composition et mode de
désignation des membres ? Qui est membre ?
Les autorités traditionnelles sont-elles
représentées ? Et les grandes familles ? Des changements
récents ? Des facteurs de tension ?
Relations avec les autres acteurs : quels sont les acteurs avec
qui vous collaborez ? Dans quel objectif ? Comment ? Quels sont les moyens mis
en oeuvre ?
Problèmes rencontrés : quels sont les principaux
problèmes que vous rencontrez dans l'utilisation/gestion de ces fonds ?
Comment y faire face ?
Perspectives
Scénarios d'évolution (positif, négatif)
Que faudrait-il faire pour que les choses s'améliorent ?
Quel facteur de développement ? Conclusion : autres
commentaires à faire ; retour de l'information ; remercier + petit
cadeau
51 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Annexe 3 Évaluation standard d'une maison de 8
m sur 7 m par la main d'oeuvre locale
|
Désignation Descriptions Matériaux Montant
(FCFA)
|
Niveau 1 : Fondations Fouiles, implantations,
Béton de 1 camion de gravier ; 1/2 camion
propreté, Elévation agglos, Enduis de sable ;8 sacs
de ciment ;200 340 000
Main d'oeuvre, Transport briques de 15
|
Niveau 2 : Charpente générale
|
Squelette, Toiture, Main d'oeuvre Transport
|
100 chevrons de 5 m ; 40 lattes de 5m ;80 tôles ;4 kg de
pointes de 120 ;4 kg de pointes de 100 ;4 kg de pointes de tôles
|
436 000
|
|
Niveau 3 :
Couverture en planches
|
Mûrs extérieurs et main d'oeuvre 300 planches de 2,5
m ; 4 kg de
pointes de 80
|
116 000
|
|
Niveau 4 : séparation des pièces
|
Mûrs intérieurs et main d'oeuvre 150 planches
95000
|
|
Niveau 5 : chape Revêtement en ciment du sol
Main d'oeuvre
Niveau 6 : ouvertures fournitures des Portes
et fenêtres + main d'oeuvre transport
|
12 sacs de ciment 1/2 camion de sable
2 portes pleines
5 portes iso planes 9 fenêtres
|
186 000 322 000
|
total (maison finie) 1 565 000
52 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Annexe 3 Évaluation standard
d'une maison de dimensions 9 m sur 7 construite par la main d'oeuvre
locale
|
Désignation Descriptions Matériaux Montant
(FCFA)
|
|
Niveau 1 : Fondations
|
Fouilles, implantations, Béton de propreté
Elévation agglos, Enduis, Main d'oeuvre Transport
|
1 camion de gravier ;1/2 camion de sable ;8 sacs de ciment
300 briques de 15
|
304 000 + 100 000 + 100 000
|
|
Niveau 2 : Charpente générale
|
Squelette, Toiture, Main d'oeuvre, Transport
|
100 chevrons de 5 m ;40 lattes de 5m ;80 tôles ;4 kg de
pointes de 120 ;4 kg de pointes de 100
4 kg de pointes de tôles
|
530 000
+ 100 000
|
|
Niveau 3 :
Couverture en planches
|
Mûrs extérieurs et main d'oeuvre 300 planches de 2,5
m 236 000
4 kg de pointes de 80
|
|
Niveau 4 : séparation des pièces
|
Mûrs intérieurs et main d'oeuvre 150 planches 125
000
|
|
Niveau 5 : chape
|
Revêtement en ciment du sol
Main d'oeuvre 12 sacs de ciment 186 000
1/2 camion de sable
|
|
Niveau 6 : ouvertures
|
fournitures des Portes
et fenêtres + main d'oeuvre transport
|
2 portes pleines
5 portes isoplanes 9 fenêtres
|
335 000
|
|
totaux (maison finie) 2 046 000
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
53 Lucien Massoukou, master 3 A ,
Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Annexe 4 Évaluation standard d'une maison de
dimension 9 m sur 7 m construite par un entrepreneur local
54 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Disposition des clans au village Otala
55 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Plan du village Lékori
56 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Plan du village Mbabiri
57 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Une maison d'Otoundou et le Dispensaire
d'Ondzeye
58 Lucien Massoukou, master 3
A , Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
Mas soukou L., 2007. La
rétrocession d'une partie des revenus de l'exploitation
forestière aux populations locales gabonaises : efficacité,
équités et pérennité. Engref, Montpellier,
Master Agronomie AgroAlimentaire spécialité Foresterie Rurale et
Tropicale. 59 pages.
59 Lucien Massoukou, master 3 A ,
Spécialité FRT- Engref 2007 La rétrocession d'une
partie des revenus de l'exploitation forestière aux populations locales
gabonaises : efficacité, équités et
pérennité
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