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Université Quisqueya
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Faculté des Sciences, de Génie et d'Architecture
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Projet de Fin d'Etudes
Une proposition de méthodologie pour
l'évaluation de la vulnérabilité du
littoral:
Une application sur la frange côtière
Mariani-Gressier
Présenté par :
Pierre Paul J. C. FOUCHE Thierry CHERIZARD
Dirigé par :
Evens EMMANUEL, Ing. Ph'D
Pour l'Obtention du Diplôme d'Ingénieur
Civil
Ce mémoire est préparé au : Laboratoire
de Qualité de l'Eau et de l'Environnement (LAQUE)
JUIN - 2005
Une proposition de méthodologie pour
l'évaluation de la vulnérabilité du littoral Une
application sur la frange côtière Mariani-Gressier
Mémoire de fin d'études Présenté
à
La Faculté des Sciences de Génie et
d'Architecture de l'Université Quisqueya
Pour l'obtention du diplôme d'Ingénieur
Civil Par
Pierre Paul J. C. FOUCHE & Thierry
CHERIZARD
Soutenu le 27 juin 2005 devant la commission
d'examen
Président : M. Jacques Edouard ALEXIS Professeur à
l'Université Quisqueya
Examinateurs : Mme Gina PORCENA Directrice de
l'Unité de Télédétection et
de Système d'Information Géographique
Directeur de M. Evens EMMANUEL Professeur à
l'Université Quisqueya Recherche:
REMERCIEMENTS
Nos remerciements s'en vont spécialement à nos
familles qui n'ont cessé de nous soutenir. Nous sommes également
profondément reconnaissants envers le Docteur Evens Emmanuel qui, par sa
grande patience et son support désintéressé, a permis
à ce document de voir le jour. Nous remercions aussi nos lecteurs, Mme
Gina Porcena et M Helliot Amilcar, qui ont accepté volontiers d'analyser
et de critiquer le présent document afin de nous aider à
l'améliorer. Merci aussi à nos amis qui nous ont fait part de
leurs impressions sur le travail que nous avons accompli. Merci surtout
à Dieu qui nous a toujours guidé dans toutes nos entreprises en
éclairant notre chemin.
RÉSUMÉ
Tenant compte de la grande sensibilité d'Haïti aux
risques climatiques et des processus de littoralisations sauvages qu'ont connus
les zones côtières haïtiennes depuis les vingt
dernières années, le littoral haïtien, non
géré, paraît, à l'instar des états insulaires
en développement, d'autant, sinon plus, vulnérable à un
relèvement du niveau de la mer. Il s'agit alors d'étudier cette
vulnérabilité afin de disposer d'informations scientifiques
devant aider dans les prises de décisions futures liées aux
impératifs de gestion de ces zones. Ce papier a proposé une
méthodologie d'analyse de la vulnérabilité du littoral
suivie d'une mise en application sur la frange côtière entre
Mariani et Gressier. Il en est ressorti que cette zone est très
vulnérable au relèvement du niveau de la mer et son
écosystème est très exposé. Des mesures
d'adaptation devraient être prises pour faire face aux risques encourus
et pour mettre en place une politique de gestion intégrée de la
zone.
ABSTRACT
Being very susceptible to climatic threats and knowing the
uncontrolled settlements processes that have occurred in Haiti's coastal zones
for the past 20 years, compared to other small islands developing states, those
unmanaged areas appear to be equally, if not more, vulnerable to the mean sea
level rise. It is of prime importance to document this vulnerability in order
to gather the necessary scientific data that are required to implement any
future coastal zone management policy. This paper proposed a methodology for
the assessment of Haiti's coastal zones vulnerability which was then applied to
the coastal fringe from Mariani to the entrance of the city of Gressier. It
resulted that this area is particularly vulnerable to an accelerated mean sea
level rise, its ecosystem as a whole is threatened. Appropriate adaptive
measures should be taken in order to mitigate those risks and implement an
integrated costal zone management program.
Table des matières
Table des matières iii
Liste des cartes iv
Liste des figures iv
Liste des tableaux iv
Liste des sigles utilisés dans le document v
I. INTRODUCTION. 1
I.1. Objectif de l'étude. 3
Structuration de l'étude. 3
II. VULNERABILITE: CADRE CONCEPTUEL ET HISTORIQUE.
5
II.1. Vulnérabilité: conceptualisations et
acceptions. 5
II.1. Articuler une étude de vulnérabilité.
8
II.1. Les études de vulnérabilité : une
perspective historique. 9
II.1. Les différentes méthodologies d'analyse de
vulnérabilité du littoral: une revue de
littérature. 11
II.4.1. La Méthodologie Commune: une pionnière.
11
II.4.2. Le US country Studies Program. 12
II.4.3. Le Manuel du Programme des Nations Unies pour
l'Environnement. 12
II.4.4. La Méthodologie des Iles du Pacifique Sud (MIPS):
une approche indicielle. 14
III. CADRE EXPERIMENTAL 16
III.1. Haïti: Exposition aux risques climatiques et
vulnérabilité. 16
III.1.1. De la vulnérabilité naturelle d'Haïti
17
III.1.2. De la vulnérabilité sociale d'Haïti
17
III.2. Une méthodologie pour l'évaluation de la
vulnérabilité du littoral haïtien. 18
III.2.1. Délimitation de la zone d'étude. 20
III.2.2. Scénarios à prendre en compte. 21
III.2.3. Impacts biogéophysiques attendus. 23
III.2.4. Evaluation des impacts socioéconomiques. 26
III.2.5. Détermination du niveau de
vulnérabilité de la zone d'étude. 28
III.2.6. Evaluation des options d'adaptation autonome et/ou
contrôlée. 32
III.3. Etude de cas: la frange côtière de Carrefour
entre Mariani et Gressier. 34
III.3.1. Délimitation et caractérisation de la zone
d'étude. 34
III.3.2. Scénarios et réponses de la zone
d'étude. 37
III.3.3. Grille d'analyse de vulnérabilité de la
zone d'étude. 39
IV. RESULTATS ET DISCUSSIONS 42
V. CONCLUSION: VERS LA MISE EN PLACE D'UN SYSTEME DE
GESTION INTEGREE DES ZONES COTIERES HAÏTIENNES. 46
VI. BIBLIOGRAPHIE 48
Liste des cartes
Carte 1: Délimitation de la zone d'étude
34
Carte 2: Limites de la ligne de côte 38
Carte 3 : Etendue de la zone d'étude et zone
exposée 38
Carte 4: Carte des risques pour la zone d'étude.
43
Liste des figures
Figure 1: Evolution projetée du relèvement du
niveau la mer 1990-2100. 1
Figure 2:Cadre conceptuel d'analyse de la
vulnérabilité. 9
Liste des tableaux
Tableau 1 : Trois niveaux d'analyse de
vulnérabilité des zones côtières 13
Tableau 2 : Comparaison des différentes
méthodologies d'analyse de vulnérabilité (adaptée
de
Nicholls, 1998) 15
Tableau 3 : Paramètres de caractérisation de la
zone d'étude 21
Tableau 4 : Scénarios généralement
utilisés dans l'étude de la vulnérabilité du
littoral. 22
Tableau 5 : Classes de Vulnérabilité 28
Tableau 6: Grille d'analyse de vulnérabilité d'une
zone côtière. 30
Tableau 7: Risques biogéophysiques et secteurs
socioéconomiques potentiellement affectés tous
horizons. 39
Tableau 8: Grille d'analyse de vulnérabilité de la
frange côtière Mariani-Gressier. 41
Liste des sigles utilisés dans le
document
CCNUCC Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques
CDMP Carribean Disaster Mitigation Project
CRED Center for Research into the Epidemiology of Disaster
CSI Coastal Small Islands
DSS-RISK Descision Support System- Research Institute for
Knowledge System
GVA Global Vulnerability Analysis
IPCC Intergovernmental Panel on Climate Change
IPCC-CZMS Intergovernmental Panel on Climate Change-Coastal Zones
Management
Subgroup
MARNDR Ministere de l'Agriculture des Ressources
Naturelles et du Developpement
Rural
MC Méthodologie Commune
MDE Ministère de l'Environnement
MIPS Méthodologie des Iles du Pacifique Sud
PCNCCH Première Communication Nationale sur les
Changements Climatiques en
Haïti.
PNUE Programme des Nations Unies pour
l'Environnement
SIG Système d'Information Géographique
UNEP United Nations Environmental Program
UNFCCC United Nation Framework on Climate Change Convention
I. INTRODUCTION.
La problématique de la vulnérabilité du
littoral est un aspect de l'analyse des conséquences attendues des
variations climatiques causées par le réchauffement global de la
planète. Ce réchauffement, principalement anthropogénique,
entraîne la fonte des glaciers, laquelle, en synergie avec d'autres
manifestations géodynamiques, concourt au relèvement du niveau de
la mer. Warrick et al. (1996), estimant l'ampleur du relèvement
résultant de ces actions, sont arrivés à la conclusion
qu'il pourrait varier de 20 cm à 1 m au plus à l'horizon 2100, ce
qui représente un taux de relèvement maximal de l'ordre de 1cm
par an.
Ce relèvement n'est pas sans effets sur
l'environnement. Bijlsma et al. (1996) ont identifié quelques
impacts biogéophysiques1 potentiels qu'il pourrait charrier,
s'il est accéléré par d'autres facteurs exogènes.
Ils citent inter alia: les inondations, l'érosion du littoral,
l'augmentation de la salinité des estuaires par intrusion saline,
l'altération de la qualité de l'eau disponible dans les
aquifères et
Figure 1: Evolution projetée du
relèvement du niveau la mer 1990-2100.
la disparition de certaines zones «humides» et de
franges littorales de basse altitude. Ces impacts peuvent se répercuter
rapidement au niveau socioéconomique en agissant spécifiquement
sur l'agriculture, sur l'alimentation en eau potable, sur le système de
santé, le système financier et l'occupation du territoire dans
les zones côtières (Watson et al, 1996; Nicholls,
1998).
1 Physiques et écologiques.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 1
Ce qui augmente l'exposition des populations et des
écosystèmes aux contraintes environnementales et
anthropogéniques. L'importance et la nature de ces impacts varieront
d'une région à l'autre, dépendamment de leur
vulnérabilité intrinsèque (Bijlsma et al., 1996).
En ce sens, les petites îles et les écosystèmes
côtiers paraissent être des plus vulnérables (Nicholls,
1998).
En Haïti, les espaces urbains de grande ou de moyenne
importance à l'échelle du pays, sont logés sur les
vestiges d'un aménagement colonial stratégique et essentiellement
côtier. Ainsi, à l'exception de Hinche, tous les chefs-lieux de
département sont établis sur le littoral. Par ailleurs, la
dynamique régressive engendrée par la dégradation
générale de l'environnement produit depuis une vingtaine
d'années des processus de littoralisation le long des côtes qui
deviennent des espaces de survie pour des paysans qui abandonnent des campagnes
surpeuplées et surexploitées (Desse, 2003). Ces dynamiques
spatiales, sans épargner pour autant d'autres espaces
périphériques à certains pôles démographiques
du pays (Cap-Haïtien, Gonaïves, Les Cayes), affectent les
écosystèmes côtiers, particulièrement le Golfe de la
Gonâve dont la situation géographique en fait un centre
d'attraction privilégié.
Les conflits générés par ces
littoralisations souvent sauvages, couplés au désastre
écologique qui s'étale à l'intérieur des terres-
déforestations, érosion des versants, exploitation arbitraire des
carrières, appropriation et occupation anarchiques de l'espace-
occasionnent de profondes modifications du littoral sous forme
d'érosion, d'hyper sédimentation, d'eutrophication, de pollution.
Cet état des lieux laisse croire que la vulnérabilité des
zones côtières aux conséquences d'un relèvement
(accéléré ou non) du niveau de la mer n'en est qu'accrue.
Il est donc important de pouvoir anticiper les risques qui pourraient
émerger de l'exposition des littoraux au relèvement du niveau de
la mer afin de fournir aux politiques les informations qui leur permettraient
d'orienter les efforts multisectoriels indispensables de
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Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 2
gestion intégrée des zones côtières
afin de minimiser les risques auxquels la vulnérabilité de ces
espaces expose leurs populations et leurs écosystèmes.
I.1. Objectif de l'étude.
Tenant compte de l'urgence de la collecte des informations
dont il est fait mention dans la section précédente et de
l'absence de méthodes permettant d'y arriver, ce papier vient combler un
vide en mettant l'emphase sur le développement d'une méthodologie
adaptée à l'évaluation de la vulnérabilité
du littoral haïtien au relèvement accéléré du
niveau de la mer.
I.1. Structuration de l'étude.
Méthodologiquement l'étude est articulée
en utilisant une approche qui va du général au spécifique.
Dans un premier temps, il présente un cadre conceptuel construit autour
d'une étude bibliographique se rapportant à la
vulnérabilité du littoral. Dans ce cadre, le concept de
vulnérabilité est présenté comme
développé dans la littérature en rapport avec
l'étude des risques dont on tire une définition
opérationnelle qui sera utilisée dans le cadre de ce travail.
Ensuite, les différentes propositions de méthodologies faites
dans le cadre de l'analyse de la vulnérabilité du littoral sont
explorées.
Dolan et Walker (2004) font ressortir que la plupart des
méthodes d'analyse de la vulnérabilité du littoral ne
conduisent pas à des résultats suffisamment fiables pour qu'une
utilisation systématique en soit faite dans le processus de gestion des
zones côtières. Ainsi, une méthodologie ayant fait ses
preuves dans une région du monde n'est pas nécessairement
applicable à une autre, puisque les conséquences du
relèvement du niveau de la mer sont fonction des régions dans
lesquelles il a lieu. Aussi, pour prendre en compte les particularités
propres du littoral haïtien et de sa situation géographique, le
travail sera axé, dans un deuxième
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 3
temps, sur la présentation d'une méthodologie
permettant d'évaluer la vulnérabilité des
différentes zones côtières qu'on y retrouve.
Finalement, vu la forte concentration des processus de
littoralisation dans le Golfe de la Gonâve, la méthodologie
présentée est ensuite testée sur une frange
côtière du Golfe, plus spécifiquement la bande
Mariani-Gressier. L'étude se referme sur une réflexion
synthétique sur l'urgence de mettre en place une politique de gestion
intégrée du littoral haïtien.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
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II. VULNERABILITE: CADRE CONCEPTUEL ET HISTORIQUE. II.1.
Vulnérabilité: conceptualisations et acceptions.
Il n'existe pas de définition unifiée du concept
vulnérabilité dans la littérature scientifique
(Kelly et Adger, 2000, Dolan et Walker 2003). Par exemple Cutter (1996), le
voit comme une formulation rhétorique permettant d'avertir d'un danger
et des pertes qui pourraient l'accompagner. D'autres (Watson et al.,
1996 ; Klein et Nicholls, 1999) la définissent comme la
capacité d'un système à répondre aux contraintes et
aux chocs qu'il subit. Dans le cadre des recherches se rapportant aux
variations climatiques et aux risques naturels, Dolan et Walker (2003)
distinguent trois grandes caractérisations de la
vulnérabilité qui, tous ensemble, incorporent des
éléments rattachés à la dynamique et à la
nature interdépendante des deux formes de vulnérabilité
(sociale et environnementale) généralement
étudiées.
La première caractérise la
vulnérabilité en termes d'exposition aux risques naturels et
à leurs impacts. Watts et Bohle (1993), avancent en ce sens, que dans le
cadre de l'insécurité alimentaire, la vulnérabilité
peut être vue en termes d'exposition aux crises et aux contraintes, de
capacité à faire face à ces contraintes, à leurs
conséquences et aux risques qu'engendreraient une capacité
d'adaptation limitée. Considérée sous cet angle, une
étude de vulnérabilité devrait chercher à
identifier les populations et les espaces exposés aux risques afin
d'intervenir et de développer les mesures de protection capables de
limiter les impacts d'événements physiques qui pourraient les
affecter.
A l'inverse de la première, une deuxième
perspective présente la vulnérabilité comme socialement
construite au lieu d'être déterminée par l'occurrence d'un
événement physique. C'est l'approche utilisée par Blaikie
et al. (1994) dans l'étude des risques naturels. Ils
conçoivent la vulnérabilité comme l'une des deux
composantes des risques -l'autre étant l'exposition aux
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
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risques identifiés. La vulnérabilité
devient, pour eux, unidimensionnelle, précisément sociale
(humaine) et ne comporte pas de composante physique (Kelly et Adger, 2000).
Dans leur terminologie, la vulnérabilité ne désigne plus
que la capacité à anticiper, à faire face,
résister, et se remettre de l'impact d'un risque naturel. Vue sous cet
angle, la vulnérabilité est alors une fonction des conditions
sociales et des circonstances historiques qui placent les gens à la
merci d'un ensemble de contraintes climatiques, politiques ou
économiques. L'autre aspect des risques, l'exposition, est alors
déterminé par la distribution inégale des dommages entre
différents groupes de gens d'un même espace (Wu et al.,
2002) et la vulnérabilité devient le résultat de
processus et de structures sociaux qui limitent l'accès aux ressources
(richesse et salaire réel, sécurité sociale formelle et
informelle) qui permettraient de faire face aux impacts (Blaikie et
al., 1994). En conséquence, la protection contre les risques
naturels peut passer au second plan, puisqu'il s'agit principalement de
réduire les inégalités créées par les
structures socioéconomiques en donnant aux populations à risque
les moyens de faire face aux risques encourus.
La troisième perspective est une approche
synthétique qui intègre aussi bien l'événement
physique et les caractéristiques causales sous-jacentes des populations
qui les exposent aux risques et restreignent leur capacité d'adaptation.
Suivant cette optique, la vulnérabilité est un risque physique
comparée à une réponse sociale inscrite dans une cadre
géographique précis (Dolan et Walker 2003). Cette
définition retrouve, à notre sens, celle de l'International Panel
on Climate Change (IPCC) qui présente la vulnérabilité
comme un concept multidimensionnel, englobant des facteurs
biogéophysiques, économiques, institutionnels et socioculturels.
La définition de la vulnérabilité que nous retiendrons par
la suite dans le contexte des zones côtières et des variations
climatiques qui les affectent, est celle de l'IPCC qui allie l'ensemble des
perspectives présentées plus haut. La vulnérabilité
se définit donc comme le degré
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 6
d'incapacité d'un écosystème
côtier à faire face aux conséquences des variations
climatiques et du relèvement du niveau de la mer. Par
conséquent, la vulnérabilité est une fonction non
seulement de la nature, de l'ampleur et de la vitesse des changements
climatiques auxquels un système est exposé, mais aussi de sa
sensibilité et de sa capacité d'adaptation.
Quoique de nombreuses démarches visant à une
définition de la vulnérabilité aux variations climatiques
aient été tentées, Dolan et Walker (2003) soulignent que
la plupart s'inscrivent dans une perspective biophysique, qui se
préoccupe principalement des retombées d'une exposition physique
à un risque (érosion des côtes par exemple) et de ses
impacts résiduels. Construites sur cette perception, les méthodes
d'analyse de vulnérabilité tendent donc à être
interventionnistes et cherchent à réduire les dommages potentiels
en anticipant les impacts et en planifiant les procédures de protection.
Cette approche s'intéresse moins à l'évaluation en
profondeur des différentes caractéristiques techniques,
institutionnelles, économiques et sociales propres à
différentes localités (Klein et Nicholls, 1999), mais
déterminantes dans la construction de leur capacité d'adaptation.
Néanmoins, des approches intégrées ont facilité la
compréhension des impacts virtuels des variations climatiques et du
rôle des options d'adaptation dans le contrôle de leurs
externalités négatives (Smith, 1997; Klein et Nicholls, 1999).
Dans le contexte des zones côtières, même
quand les efforts visant à améliorer les analyses de
vulnérabilité via la collecte de données plus fiables et
le développement de techniques d'analyses plus appropriées
doivent se poursuivre, d'autres approches mieux articulées et plus
spécifiques visant à assister les communautés
côtières dans leur besoin de gérer leur
vulnérabilité physique et sociale doivent être soutenues
(Dolan et Walker, 2003).
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 7
II.2. Articuler une étude de
vulnérabilité.
Dans l'étude de la vulnérabilité d'un
système quelconque, il faut distinguer sa
vulnérabilité naturelle (physique) de sa
vulnérabilité socioéconomique même quand
ces deux formes de vulnérabilité sont clairement
interdépendantes (Klein et Nicholls, 1999). Une étude de
vulnérabilité commence, néanmoins, par l'analyse du
système naturel avant de s'intéresser aux autres facteurs
climatiques et non climatiques: il ne faut pas oublier que le relèvement
du niveau de la mer n'a pas lieu en vase clos et que l'écosystème
côtier sera également modelé par d'autres
éléments naturels, exogènes à ce relèvement
(Nicholls, 1998). En particulier, les impacts biogéophysiques sur le
système naturel dépendront de la susceptibilité
ou sensibilité du système à ces effets et de sa
capacité naturelle à y faire face. En ce sens, deux facteurs
importants déterminent la capacité du système à
s'adapter à ces chocs: sa résilience et sa
résistance. Plus spécifiquement, la résistance du
système lui permet de maîtriser les perturbations qu'il pourrait
subir, tandis que la résilience, telle que utilisée en
écologie, décrit la vitesse à laquelle le système
revient à l'équilibre après avoir été
perturbé. La susceptibilité, la résilience et la
résistance traduisent toutes ensemble la vulnérabilité
naturelle du système aux impacts biogéophysiques du
relèvement du niveau de la mer (Klein et Nicholls, 1999). La
résilience et la résistance sont fonction de la capacité
naturelle du système à s'adapter de manière autonome,
c'est ce que Klein et Nicholls appellent l'adaptation autonome.
Résilience et résistance sont sensibles aux activités
humaines, tandis que la susceptibilité est une caractéristique
intrinsèque du système peu sensible à ces interventions.
Certes, les intercessions humaines peuvent affecter celles-ci
négativement, toutefois une adaptation contrôlée
peut aider à réduire la vulnérabilité naturelle du
système en améliorant sa résilience et sa
résistance et, par ricochet, l'efficacité de l'adaptation
autonome.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 8
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Les impacts biogéophysiques peuvent dans la plupart des
cas avoir des échos au niveau socioéconomique. Ces
répercussions traduisent la susceptibilité
socioéconomique du système, équivalent
socioéconomique de sa susceptibilité naturelle, même quand
à l'inverse de la sensibilité naturelle, elle est
dépendante des influences humaines. Au même titre que la
résistance et la résilience du système naturel, les
capacités d'adaptation autonome et d'adaptation
contrôlée déterminent l'adaptabilité
du système au niveau socioéconomique.
|
Figure 2:Cadre conceptuel d'analyse de la
vulnérabilité.
|
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A l'échelle temporelle des impacts anticipés, la
susceptibilité socioéconomique et l'adaptabilité
socioéconomique- i.e. la capacité technique,
institutionnelle et culturelle à faire face aux impacts induits-
déterminent la vulnérabilité
socioéconomique du système. Pourtant, il n'y pas de cloison
étanche entre les deux systèmes présentés qui sont
en interaction dynamique. Turner (1996) fait remarquer qu'ils sont de plus en
plus vus comme co-évolutionnaires. Cette co-évolution est
analysée dans le cadre conceptuel d'analyse de la
vulnérabilité que Klein et Nicholls (1999) ont proposé et
qui est reproduit sur la figure 2.
II.3. Les études de vulnérabilité :
une perspective historique.
Les premières études portant sur l'analyse de la
vulnérabilité du littoral font leur apparition dans les pays
développés qui se sentirent particulièrement
menacés par le relèvement du niveau de la mer. Nicholls (1998)
avance que ce fut le cas des Pays-Bas et des USA. Aux
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD
Année : 2005 9
Pays Bas, une politique dynamique de préservation des
côtes fut même adoptée. Les USA insistèrent de leur
côté sur les implications des variations de climat sur tous les
secteurs, en incluant les zones côtières. Les
retombées de ces études furent différentes d'un Etat
à l'autre.
Ces études eurent, cependant, le mérite de
transposer le débat sur la vulnérabilité des zones
côtières du terrain de discussion vers le champ
d'expérimentation. Cette évolution de la pensée amena
à l'élaboration de la première méthodologie
d'analyse de vulnérabilité: la Méthodologie
Commune (MC) de l'IPCC publiée en 1991 suite aux travaux conjoints
d'auteurs Hollandais et Américains. Cette méthodologie,
appliquée jusqu'en 2000 à 25 pays, a aussi stimulé le
développement de méthodes et de directives appropriées
pour évaluer les impacts des variations climatiques dans les zones
côtières (Mc Lean et Mimura, 1993 ; Bijlsma et al.,
1996).Depuis, de multiples adaptations de ces méthodologies ont suivi
leur mise en application.
Hormis la Méthodologie Commune, la
première née du genre, d'autres méthodologies ont vu le
jour. Il convient de citer le U.S. Country Studies Program (Leatherman
et Yohe, 1996), le UNEP's Handbook on Methods for Climate Change Impact
Assessment and Adaptations (Carter et al., 1994), le South
Pacific Island Methodology (Yamada et al., 1995). On analysera en
profondeur ces méthodologies. Le Caribbean Disaster Mitigation
Project (CDMP) de l'OEA et le Decision Support System du
Research Institute for Knowledge System (DSS-RIKS) sont deux autres
méthodes présentées. Cependant, le CDMP qui
utilise principalement des données fournies par des Systèmes
d'Information Géographique afin de créer des cartes de risques
est généralement présenté comme un outil pouvant
aider à l'analyse de vulnérabilité et pas comme
méthodologie. Il en est de même, du DSS qui se base aussi sur les
SIG et présente un modèle à l'intérieur duquel
différents scénarios en rapport avec les variations climatiques
peuvent être réalisés, Engelen et al. (1996) font
ressortir qu'il est important de ne pas se méprendre sur la
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 10
portée de cet outil de décision qui ne donne qu'une
représentation modélisée- pas nécessairement
exacte- de la réalité.
Peu importe la méthodologie considérée,
son application bute sur un certain nombre d'obstacles. Nicholls (1998)
relève particulièrement, une connaissance imparfaite des
processus pertinents affectés par le relèvement du niveau de la
mer et leurs interactions, l'insuffisance d'information sur le statu
quo, la difficulté éprouvée à
développer des scénarios au niveau local et régional qui
soient entièrement adaptées aux variations climatiques attendues
à ces niveaux, l'absence de méthodes analytiques
appropriées et les obstacles qu'imposent les conditions sociopolitiques
qui varient d'une échelle à une autre.
II.4. Les différentes méthodologies
d'analyse de vulnérabilité du littoral: une revue de
littérature.
II.4.1. La Méthodologie Commune: une
pionnière.
La M.C. permet de mesurer différents impacts
causés par l'exposition d'un système aux risques naturels: pertes
d'écosystèmes, de sites historiques et/ou touristiques, de
terres, de biens et des vies dans les zones inondables. Elle permet aussi de
déterminer jusqu'à quel point la remise en usage de certains
systèmes nécessiterait des modifications dans l'occupation de
l'espace et de nouvelles dépenses en investissement. Elle
détermine les impacts en se basant sur des scénarios qui
considèrent alternativement le fait qu'on mette en place des
stratégies de réponse ou non, puis construit sur cette base un
profil de vulnérabilité qui varie sur une échelle relative
à quatre niveaux : faible, moyen, élevé et
critique. Cependant, la M.C. semble mettre l'emphase principalement sur
les mesures de protection au lieu de considérer l'ensemble des mesures
(techniques, institutionnelles, économiques et culturelles)
d'adaptation.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J. C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 11
II.4.2. Le US country Studies Program.
Préparé par Leatherman et Yohe (1996), le US
Country Program est une approche globale d'évaluation de
vulnérabilité. Cependant, l'approche utilisée pour les
zones côtières table sur l'utilisation de vidéos
aériennes pour réaliser l'étude de
vulnérabilité. Cette approche emprunte certains
éléments à la Méthodologie Commune et leur adjoint
un module d'analyse financière pointu. Elle ne s'intéresse qu'aux
risques d'érosion des plages et d'inondations résultant des
conséquences du relèvement du niveau de la mer causées par
les variations climatiques. Aucun scénario socioéconomique n'est
envisagé, le cadre analytique est donc statique. Cette méthode ne
prend qu'implicitement en compte la nécessité d'évaluer
les options d'adaptation, elle s'intéresse principalement au coût
de mise en oeuvre de 4 scénarios possibles de protection contre le
relèvement du niveau de la mer en utilisant une combinaison de
rehaussement des ports, d'enrichissement des plages par apport de sable et de
construction de digues dépendamment de l'utilisation qui est faite de la
côte.
II.4.3. Le Manuel du Programme des Nations Unies pour
l'Environnement.
L'IPCC a développé des Lignes Directrices
servant de guide à l'évaluation des impacts des changements
climatiques et au développement de mesures d'adaptation (Carter et
al., 1994). Ces lignes offrent un cadre générique d'analyse
destiné à être appliqué à n'importe quel
système naturel ou socioéconomique qui pourrait avoir à
subir les conséquences des variations climatiques. Le Programme des
Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) a ensuite adapté ces
directives, les a renforcées pour en faire un manuel dont l'objectif est
de permettre l'évaluation de la vulnérabilité de 9
systèmes physiographiques et socioéconomiques- les zones
côtières y incluses- et de déterminer leurs réponses
aux variations climatiques. Le Manuel du PNUE permet de considérer un
éventail plus large de scénarios basés sur des
changements
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climatiques et non climatiques divers et distingue nettement
les scénarios purement environnementaux de ceux à dominante
socioéconomique, ce qui le rend très flexible. Cette
flexibilité dans sa mise en application permet d'examiner l'importance
relative d'un ensemble de scénarios de changements climatiques incluant
le relèvement du niveau de la mer.
Dans l'utilisation du Manuel, Klein et Nicholls (1998)
recommandent d'adopter une approche itérative afin de construire
progressivement l'ensemble des données qui font souvent défaut
dans les analyses de ce type. Ils suggèrent en ce sens de
considérer trois niveaux d'analyse croissants en complexité:
reconnaissance et acquisition de données (Screening Assessment, SA);
analyse de Vulnérabilité (Vulnerability Assessment, VA) et
Planification (Planning Assessment, PA).
Dans le cadre d'un pays, l'étude devrait commencer par
la reconnaissance2 dont les résultats peuvent être
utilisés pour une analyse plus profonde de vulnérabilité
qui fournira les éléments généraux d'information
concernant les impacts à craindre et les mesures d'adaptation à
adopter. Finalement le planning devrait déboucher sur le
développement de mesures d'adaptation et la mise en place d'un processus
de gestion intégrée des zones côtières. Le planning
est donc un processus continu faisant corps avec le processus de gestion de la
zone côtière.
Tableau 1 : Trois niveaux d'analyse de
vulnérabilité des zones côtières
|
Niveau d'analyse
|
Paramètres d'Analyse
|
|
Temps (mois)
|
Niveau de détail
|
Informations requises (Analyses préalables)
|
Scénarios complémentaires à celui du
relèvement du niveau de la mer
|
|
Reconnaissance (SA)
|
=3
|
Faible
|
Aucunes
|
Aucun
|
|
Analyse de vulnérabilité (AV)
|
6-12
|
Moyen
|
Moyennes (SA or VA)
|
Socio-économique + autres changements climatiques
potentielles
|
|
Planification
|
Processus Continu
|
Elevé
|
Elevées
|
Tout changement réalistes
|
Tiré de Klein et Nicholls (1998)
2 Par sa nature superficielle, la reconnaissance ne se
focalise que sur la susceptibilité du système
analysé.
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II.4.4. La Méthodologie des Iles du Pacifique Sud
(MIPS): une approche indicielle.
La rareté de certaines informations de base, la
caractéristique principale des économies (de subsistance) des
petites îles du Pacifique Sud, de même que l'aménagement de
leur territoire, ne facilitent pas l'utilisation de méthodologie
d'évaluation de la vulnérabilité du littoral comme la
Méthodologie Commune ou le Manuel du PNUE. Certains analystes ont, de
préférence, développé une approche indicielle qui a
été utilisée avec succès pour ces endroits (Kay et
Hay 1993 ; Yamada et Al. 1995).
Dans le modèle de Kay et Hay, la zone
côtière est analysée comme une entité
constituée de 6 systèmes dont 3 systèmes durs et trois
systèmes mous, tous en interaction. Les trois systèmes durs sont:
1) l'environnement naturel 2) les gens et 3) les infrastructures humaines. Les
trois systèmes mous identifiés, des éléments moins
tangibles du système côtier, sont dans l'ordre: 1) les
institutions 2) les facteurs socioéconomiques et 3) le système
économique en présence. Ils subissent tous des contraintes
internes et externes. Chacun des systèmes énumérés
peut être ensuite subdivisé en un certain nombre de
sous-systèmes. Le nombre de sous-systèmes pourrait se
révéler important si une quantité assez restreinte ne
paraît être en général suffisante dans la
détermination et la définition des éléments
clés de l'analyse. Toutefois, ces sous- systèmes doivent
être sélectionnés par des experts locaux qui assignent
à chacun un score variant entre -3 et +3, pour sa
vulnérabilité et sa résilience. Trois scénarios
sont utiles à cette fin: 1) La situation présente (le Statu Quo)
;2) La situation future avec un relèvement du niveau de la mer et sans
aucune forme de gestion et 3) La situation future avec relèvement du
niveau de la mer et une gestion optimale. Pour chaque sous-système, ces
deux valeurs peuvent être combinées pour fournir un indice de
soutenabilité pour chaque scénario.
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Tableau 2 : Comparaison des différentes
méthodologies d'analyse de vulnérabilité (adaptée
de Nicholls, 1998)
|
Méthodes
|
Nature
|
Etapes
|
Avantages
|
Inconvénients
|
|
Méthodologie Commune
|
Méthodologie
|
- Délimiter la zone d'étude;
- Faire un bilan des caractéristiques de la zone sous
étude;
- Identifier les facteurs déterminants de
développement socio-économique; - Evaluer les transformations
physiques de la zone;
- Formuler les stratégies de réponse; - Evaluer
le Profil de Vulnérabilité de la zone;
- Identifier les besoins futurs.
|
- Structure logique mais
contraignante ;
- Produit des résultats cohérents.
|
- Non flexible, met l'emphase sur
l'analyse de sensibilité et non
de vulnérabilité ;
- Les outils d'analyse ne sont pas
présentés ;
- Les options d'adaptation ne sont pas suffisamment
élaborées.
- Met l'emphase sur la protection.
|
|
US Country Studies Program
|
Confusion de rôles entre outils et étapes.
|
- Dépistage (Screening) Préliminaire ; - Analyse
de Vulnérabilité à l'aide de Vidéos
Aériennes de la Zone;
- Analyse financière ;
- Analyse d'Adaptation.
|
- Certains outils y sont décrits ;
- Utilisation de vidéos aériennes de la zone
d'étude ;
- Un guide d'utilisateur accompagne le document.
|
- Confusion entre les étapes et les
outils ;
- Ne s'intéresse qu'aux impacts sur les terres qui se
perdent ;
- Met l'emphase sur la susceptibilité et pas assez sur la
vulnérabilité.
|
|
Manuel du PNUE
|
Méthodologie incluant des directives sur les outils
à utiliser
|
- Définir le problème que l'on veut
étudier;
- Choisir une méthode d'évaluation; - Tester la
méthode;
- Sélectionner des scénarios;
- Evaluer les impacts biogéophysi- ques et
socio-économiques;
- Explorer les possibilités d'ajuste-
ments autonomes;
- Evaluer les stratégies d'adaptation possibles.
o Définir les objectifs;
o Répertorier les impacts
climatiques à considérer;
o Identifier les options
d'adaptation;
o Quantifier les mesures et formuler des stratégies
alternatives;
o Soupeser les objectifs et les coûts
d'opportunité;
o Recommander les mesures
d'adaptation appropriées.
|
- Bonne base conceptuelle ;
- Tous les impacts possibles sont
considérés ;
- Des orientations sont données sur l'utilisation
à faire des outils proposés.
- Préconise de tester toute méthode retenue pour
l'analyse de vulnérabilité ;
- Favorise l'évaluation des mesures d'adaptation
autonome.
|
- Doit être testée sur une plus large
échelle.
|
|
Méthodologie des îles du Pacifique Sud
|
Méthodologie utilisant des outils qualitatifs.
|
|
- Utile dans les zones où les
informations ne sont pas disponibles ; - Permet de quantifier
les différents aspects de la vulnérabilité.
|
- Les résultats varient de qualitatifs à semi
quantitatifs.
- Doit subir des modifications pour s'adapter à
différentes zones d'étude.
|
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Année : 2005 15
III. CADRE EXPERIMENTAL
III.1. Haïti: Exposition aux risques climatiques et
vulnérabilité.
La Première Communication Nationale sur les Changements
Climatiques en Haïti- (PCNCCH) -préparée conjointement par
le PNUE, le MDE et la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques (CCNUCC) et présentée le 10 juin 2002- fait
état d'une hausse probable des températures à
l'échelle nationale de l'ordre de 0.8oC à
1oC d'ici à l'horizon 2030, pour se renforcer autour de 2060
(1.5o à 1.7oC). Sous ce scénario, les
précipitations connaîtraient une baisse agrégée de
l'ordre de 24%. Au niveau de l'agriculture, la production rizicole à
l'hectare chuterait de 20%, notamment dans la plaine des Cayes. Le niveau
d'aridité atteindrait 52.6% en l'an 2060, plus de la moitié du
pays sera alors exposée à la désertification à
cause de conditions climatiques adverses. Il devrait également se
produire une perte de près de 74% de la disponibilité en eau
courante. Finalement la ligne côtière pourrait connaître un
recul de l'ordre de 1600 pieds en certains endroits, ce qui pourrait être
la cause de pollutions des nappes phréatiques par salinisation.
Les données sont suffisamment éloquentes pour
faire ressortir qu'à l'instar des petites îles, Haïti est
très vulnérable à un relèvement du niveau de la
mer. Par exemple, Brooks et Adger (2005) placent Haïti parmi les pays les
plus vulnérables de la planète. Utilisant une approche
indicielle, les résultats de Pelling et Uitto (2001) montrent
qu'Haïti avec un score de 1.25 sur 5- 1 étant le score minimum-
parait être le plus vulnérable des pays insulaires en voie de
développement. Les résultats du GVA, le Global Vulnerability
Assessment (voir à ce propos Hoozeman et al. 1993) sous
l'hypothèse d'un relèvement du niveau de la mer de 1m d'ici
à 2020 et d'un relèvement accéléré de 4.42
m, révèle que sans mesure d'adaptation la population
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à risque dans les zones côtières
haïtiennes seraient de 55345 personnes. Cette vulnérabilité
comporte deux aspects : naturel et social.
III.1.1. De la vulnérabilité naturelle
d'Haïti
La constitution morphologique d'Haïti est un
paramètre qui agit sur sa vulnérabilité. En effet, la zone
côtière haïtienne (plus de 1500 Km selon le CSI) est
relativement longue comparée à sa masse continentale. Ainsi elle
est plus exposée aux courants maritimes, aux vents et aux vagues ce qui
pourrait donner lieu à un niveau important d'érosion des plages,
des falaises et du sol.
La situation géographique d'Haïti dans les
Caraïbes l'expose aussi à des risques de tous ordres(cyclones,
séismes, tsunamis). Selon des chiffres du Center for Research into the
Epidemiology of Disaster (CRED) entre 1900 et 2004, Haïti a connu 59
catastrophes naturelles majeures dont 20 sur la seule décade 1987-1997,
qui ont coûté la vie à 18383 personnes et causé
près d'1 demi milliard de dollars (US 464.245.000) de
dégâts toutes catastrophes confondues. Le pays est donc
naturellement vulnérable aux phénomènes climatiques qui
peuvent d'ailleurs altérer les cycles cycloniques en affectant les
trajectoires et l'intensité des tempêtes tropicales et des
cyclones (Maul, 1993). Dans le cas d'épisodes cycloniques, le niveau de
la mer pourrait connaître un relèvement
accéléré qui ne pourrait qu'étendre les risques
pour les zones côtières haïtiennes.
III.1.2. De la vulnérabilité sociale
d'Haïti
La forte littoralisation que les littoraux haïtiens,
véritables écotones de survie, ont connu depuis les 20
dernières années (Desse, 2003) agissent sur la
vulnérabilité naturelle d'Haïti, de même que
l'érosion importante des versants provoquée par la
déforestation. Cette érosion a
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conduit à l'envasement du littoral où selon le
PNUD se sont accumulés environ 8 millions de m3 de sédiment
depuis 1958. Comme conséquence de cette anthropisation
incontrôlée, Claude (1999) fait ressortir que dans la baie de
Port-au-Prince, les sédiments d'origine terrigène tapissent les
fonds marins sur une épaisseur de 20 mètres.
Les difficultés de gestion des déchets et des
excréments humains qui sont, en grande partie, déchargés
dans la mer, sont un autre paramètre important influant sur cette
vulnérabilité. En effet, une étude menée par la
Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine (FoProBiM) en
avril 1996, montre que 98% des déchets qui tapissent le littoral
à Port-au-Prince sont des matières plastiques. Par ailleurs les
ententes passées entre les entrepreneurs et les conducteurs de benne
à ordures dont les chargements détournés servent de
remblais aux bidonvilles construits de façon conquérante en
bordure côtière (Murat, 2001) sont un autre aspect de cette
pollution. En présence de cette pollution, le relèvement du
niveau de la mer ne pourrait qu'aggraver la situation entraînant la
migration de certaines espèces dont les habitats sont détruits et
modifiant leur composition biotique.
Enfin la législation, concernant les zones
côtières et l'exploitation de leurs ressources, reste
inadaptée, largement ignorée et inappliquée tandis que la
misère se généralise et accentues les pressions et les
conflits d'utilisation. Pourtant, on y retrouve certains articles en rapport
avec les zones côtières, notamment la règle des 100 pas du
Roi qui fixe la zone aedificandi à une distance minimale (5 0m)
à partir du rivage et place la zone côtière comme domaine
de concession.
III.2. Une méthodologie pour l'évaluation
de la vulnérabilité du littoral haïtien.
Puisque Haïti possède des ressources limitées
ne lui permettant pas de faire face à sa vulnérabilité
environnementale, et que d'autre part il n'existe que peu de documentation
portant
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sur les recherches sur le milieu côtier d'Haïti
(UNESCO, 1996), il est important de pouvoir développer des
méthodes permettant de faire l'acquisition des informations requises et
de formuler des stratégies de réponses efficaces et au moindre
coût. La méthodologie qui suit cherche à répondre
à ce besoin. Elle emprunte certains éléments au Manuel du
PNUE, à la M. C., et utilise une approche indicielle à l'instar
de la MIPS. Telle que conçue, elle doit permettre de déterminer
la vulnérabilité du littoral face aux contraintes naturelles
et/ou physiques et anthropiques. Elle veut être un outil simple à
utiliser pour identifier les franges côtières sensibles et
ambitionne de pouvoir produire des résultats cohérents pour une
même frange côtière étudiée par des
utilisateurs différents. Cette méthodologie s'articule autour de
trois axes. D'abord un axe environnemental où l'on recherche les
paramètres déterminant la vulnérabilité naturelle
de toute cellule littorale étudiée. Ensuite, un axe
socioéconomique, où l'on s'intéresse à la
vulnérabilité socioéconomique de la frange littorale sous
étude. Enfin un axe lié aux caractéristiques
morpho-dynamiques de la côte, lequel permettra de suivre sa
réponse aux impacts subis.
La méthodologie elle même comporte 6
étapes:
1. Délimitation de la zone d'étude;
Evaluation des scénarios climatiques et non
climatiques;
Evaluation des impacts biogéophysiques;
Evaluation des impacts socioéconomiques;
Détermination du niveau de vulnérabilité de
la zone d'étude;
Evaluation et détermination des options d'adaptation
appropriées.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 19
III.2.1. Délimitation de la zone
d'étude.
Dans le Manuel du PNUE, il est recommandé d'inclure,
dans l'étude de la vulnérabilité d'un littoral, toutes ses
surfaces susceptibles d'être inondées et de considérer une
frange suffisamment longue pour tenir compte des incertitudes liées
à l'évaluation des impacts. La MC suggère d'inclure toutes
les surfaces qui se trouvent comprise dans les zones côtières
susceptibles d'être inondées par la tempête de
récurrence 1000 ans. Lorsque ces données ne sont pas disponibles,
l'inondation dont les eaux seraient de 2 m plus élevées que la
ligne des plus hautes vagues devrait être considérée. Si la
physiographie et la structure socioéconomique des différentes
surfaces montrent qu'une fraction plus importante des terres pourrait
être concernée par les impacts du relèvement de la mer, une
bande plus large devra être examinée. Vers la mer, la zone devra
comprendre toutes les surfaces qui pourraient potentiellement subir des impacts
biogéophysiques, tels les bancs de coraux, les zones intertidales et les
marécages, mais elle peut contenir aussi des eaux côtières
contenant des ressources piscicoles ou ayant une valeur écologique
quelconque. L'utilisation d'une carte géologique est également
importante afin de déterminer les sections de côte ayant des
caractéristiques suffisamment proches pour constituer des unités
(cellules) littorales. Les cellules littorales ainsi constituées
devraient, par conséquent, réagir de manière plus ou moins
uniforme aux conséquences du relèvement du niveau de la mer
(Brewster, 2002). La détermination des cellules littorales pourrait
nécessiter un travail préparatoire de classification des
côtes haïtiennes et des types d'exploitation qui s'y trouvent. Pour
une classification général des côtes, voir Finkl (2004).
Pour Haïti, nous suggérons l'utilisation de cartes
topographiques des zones côtières. La bande à
considérer variera alors avec la pente des surfaces qui bordent l'aire
d'étude vers le continent. L'hypothèse simple formulée
à ce niveau étant: plus la zone sous étude est à
pente
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douce, plus elle est susceptible de subir des impacts
biogéophysiques. On utilisera aussi dans la mesure du possibles des
vidéos et des photos aériennes. On considèrera de plus une
hauteur des plus hautes eaux de l'ordre de 4.5 m au dessus du niveau moyen de
la mer et on se basera sur la pente du terrain pour déterminer l'aire
à risque. La hauteur des plus hautes eaux à utiliser est
basée sur les résultats du Global Vulnerability Analysis (GVA)
pour Haïti (
www.netcoast.nl/gva/info/ht.htm).
La bande considérée devra également s'étendre vers
la mer sur une distance suffisante pour pouvoir considérer l'aire
où les principales activités halieutiques tiennent place. Ceci
permettra de considérer les impacts biogéophysiques sur les
ressources marines. Une ligne isobathique pourra servir dans ce cas de ligne de
démarcation vers la mer.
Finalement, la délimitation de la zone d'étude
passe par la collecte de certaines informations qui permettront de la
caractériser (tableau 3).
Tableau 3 : Paramètres de caractérisation
de la zone d'étude
|
Paramètres naturels
|
Paramètres socioéconomiques
|
|
·
·
Développement démographique;
|
|
·
·
Utilisations faites des ressources et niveau
|
de
|
·
Les tendances dans le bilan sédimentaire et les profils
|
développement économique;
|
|
·
·
·
Infrastructures et autres actifs économiques;
|
|
·
·
Structure institutionnelle;
|
|
·
Héritage culturel et/ou historique.
|
|
III.2.2. Scénarios à prendre en
compte.
Les scénarios utilisés
généralement dans les analyses de vulnérabilité
reflètent les conditions futures plausibles de l'ensemble des
paramètres climatiques et socio-économiques
d'intérêt (Sterr et al., 2000). Ces paramètres
peuvent être généraux ou spécifiques au site
étudié. Il y a deux degrés de liberté dans le choix
des paramètres reconnus comme ayant un impact sur
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 21
les zones côtières: environnemental ou
socioéconomique, et scénarios climatiques ou non climatiques. Un
ou plusieurs horizons doivent être retenus pour le(s) scénario(s)
sélectionnés, dans notre cas ce seront les années 2030 et
2060.
Pour rester suffisamment flexible pour permettre à son
utilisateur de venir avec différents autres scénarios
envisageables, notamment des scénarios socioéconomiques. le
tableau 4 pourra être utilisé pour déterminer l'ensemble
des scénarios possibles.
Tableau 4 : Scénarios généralement
utilisés dans l'étude de la vulnérabilité du
littoral.
|
Scénarios environnementaux
|
Scénarios Socio-économiques
|
|
Scénarios Climatiques
|
.Relèvement accéléré du niveau de la
mer. .Modification de la pluviométrie.
.Modification de la température en surface de la mer ou
de l'intensité et de la direction des vents et des vagues.
.Variations liées à El Niño.
.Modifications du bilan sédimentaire.
|
.Adaptation autonome. .Adaptation contrôlée.
|
|
Scénarios non climatiques
|
.Mouvements verticaux du sol (subsidence). .Modifications du
bilan sédimentaire.
|
.Variation de la population. .Modification de l'occupation
de l'espace.
.Variation du revenu national.
|
Néanmoins, les variations relatives du niveau de la mer
sont généralement reconnues pour être la variable la plus
importante dans l'évaluation de la vulnérabilité du
littoral (Sterr et al., 2000). Le relèvement relatif du niveau
de la mer est alors la somme du relèvement global du niveau de la mer
donné par les modèles climatiques, des effets océaniques
régionaux et des mouvements verticaux du sol. Le scénario
impliquant le relèvement relatif du niveau de la mer peut alors
s'écrire:
Sr , t = Sg , t + So
, t + V.t
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
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Sr , t = relèvement relatif du niveau de
la mer en l'année t en mètres.
Sg , t = relèvement global du niveau de
la mer en l'année t en mètres. Pour le calcul de Sg
, t
voir le Manuel du PNUE.
So , t = relèvement régional du
niveau de la mer induit par les variations océaniques en l'année
t en mètres.
V = mouvement vertical du sol en mètres par
année.
t = nombre d'années dans le futur comptée à
partir de l'année de base (1990).
Nonobstant les incertitudes liées à l'ampleur
exacte de , il est assez souvent pris égal
Sg , t
à 1 m pour l'année 2100 de façon à
tenir compte des changements probables. Les informations sur étant en
général indisponibles, il est souvent négligée dans
le calcul. Les Valeurs de V
So , t
dépendent d'études géologiques, de
reconnaissance géodésique et de l'analyse de certaines jauges
utilisées à cet effet. La détermination de ce
relèvement relatif permettra de déterminer les zones qui
seront submergées de manière permanente et dont la population
devra être relocalisée.
Nous intéressant principalement à la
réponse des zones côtières haïtiennes au
relèvement accéléré du niveau de la mer, ce
relèvement sera le principal scénario que nous utiliserons dans
notre étude de cas. Nous déterminerons aussi, les impacts
à anticiper sous l'hypothèse d'un relèvement relatif ou
accéléré du niveau de la mer. Et nous ferons finalement
l'hypothèse qu'aucune mesure d'adaptation planifiée ne sera
prise.
III.2.3. Impacts biogéophysiques
attendus.
Les principaux impacts biogéophysiques auxquels la zone
côtière pourrait avoir à faire face suite à un
relèvement du niveau de la mer sont: une augmentation de la
probabilité d'occurrence des inondations lors d'épisodes
cycloniques ou de tempêtes, l'érosion des berges,
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
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les submersions de certaines zones de basses altitudes, le
relèvement du niveau de la nappe phréatique, l'intrusion saline
et des effets biologiques variés (Bijslma et al., 1996 ; Sterr
et al., 2000). Tenant compte de la grande diversité des
systèmes côtiers naturels et des variations régionales
attendues dans le relèvement relatif du niveau de la mer, il est
important de déterminer la pertinence de ces impacts dans l'étude
de la zone délimitée (Klein et Nicholls, 1998 ; Sterr et
al., 2000).
Selon le Manuel du PNUE, l'une des premières
conséquences du relèvement du niveau de la mer dans les zones
côtières est un plus fort risque d'inondation des zones de basses
altitudes lors de cyclones, de fortes précipitations, de tempêtes
ou de crues. La détermination de ce type de risques pour la zone
côtière dépend de données morphologiques (pente du
terrain) et météorologiques (caractéristiques des vagues
et des vents). Ces informations sont combinées pour établir une
courbe de probabilité d'inondation de la zone étudiée
(Klein et Nicholls, 1999). Cette courbe est ensuite utilisée pour placer
sur une carte topographique les lignes de contour des plus hautes eaux pour
indiquer les probabilités d'inondation et l'étendue des zones
affectées. La zone de risque est alors celle située entre la
ligne de côte et la ligne la plus haute des lignes des plus hautes eaux
(Hoozeman et al., 1993). Cette dernière ligne correspond
à la hauteur qu'attendraient les eaux de l'inondation de
récurrence 1000 ans. En l'absence de telle donnée, la ligne des
plus hautes eaux que nous considérerons pour Haïti est de 4.5 m au
dessus du niveau moyen de la mer.
L'érosion et la submersion provoquées par le
relèvement du niveau de la mer entraînent la perte de terres.
L'érosion aura lieu principalement sous l'action des courants et des
vagues, tandis que l'inondation proviendra de la submersion permanente de
certaines zones de basses altitudes à pentes faibles, suite au
relèvement du niveau de la mer (Nicholls, 1998 ; Klein et Nicholls, 1999
; Sterr et al., 2000) . Un autre facteur rentrant en ligne de compte
est le budget
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sédimentaire, lequel permet de voir les échanges
de sédiments entre la zone côtière et les sources
continentales. Ceci nécessiterait cependant une analyse plus
sophistiquée, contraignante et coûteuse (Klein et Nicholls, 1999).
Le relèvement du niveau de la mer peut aussi entraîner
l'érosion des falaises érodables, des îlets coralliens et
graveleux, des côtes sablonneuses ou boueuses en accélérant
le transport des sédiments vers le large. L'érosion moyenne de la
zone côtière est estimée à l'aide de
différentes séries de photos aériennes de la zone
d'étude ou de calculs empiriques comme la règle de Bruun ( voir
Davidson-Arnott, 2003).
Selon Nicholls (1998), le relèvement de la table
phréatique dans les zones côtières a lieu principalement
dans les zones de faible élévation à sous-sol
perméable. Dans les zones deltaïques, ce relèvement peut
s'étendre sur des dizaines de kilomètres à
l'intérieur des terres. Il est important d'évaluer cette hausse
si les risques d'intrusion saline sont élevés ou si ses impacts
peuvent se ressentir également sur les fondations, les systèmes
de drainage ou d'autres éléments souterrains. Dans les milieux
urbains, cette évaluation est pratiquement incontournable et peut-
être réalisée à l'aide de modèles
hydrauliques (l'équation de Mazure par exemple).
A mesure que le niveau de la mer se relève, l'eau
salée pourrait se substituer aux eaux souterraines et de surface. Cette
substitution aura des impacts importants sur l'agriculture et l'alimentation en
eau potable. Cet effet est d'autant plus important, qu'il se produit une
exploitation à outrance des nappes souterraines ou de surface (Han
et al., 1995). Avec l'occupation démographique croissante des
zones côtières haïtiennes, ce phénomène
pourrait être préoccupant. Cependant, son évaluation reste
difficile, puisque dépendante de nombreuses mesures, telles les
caractéristiques mécaniques du sous-sol (conductivité,
porosité), la résistance hydraulique de l'aquifère et
certaines variables hydrauliques- comme les courants souterrains et la recharge
(Sterr et al., 2000), informations pas toujours disponibles pour
Haïti. L'hydrogéologie joue aussi un rôle important dans
cette évaluation puisqu'elle permet de définir
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 25
si une nappe est confinée, semi confinée ou non
confinée. En particulier, dans les nappes confinées, le
relèvement du niveau de la mer ne produira pas d'intrusion. Dans le cas
d'Haïti nous recommandons d'utiliser une carte hydrogéologique de
la zone sous étude pour pouvoir déterminer les nappes
présentes, la nature des terrains avoisinants et évaluer les
risques d'intrusion. Des prélèvements d'échantillons d'eau
pourraient également avoir lieu, sur une base récurrente, de
façon à faire un suivi statistique de l'évolution de
certains de leurs paramètres caractéristiques (teneur en
minéraux, densité, propreté) et établir s'il y a eu
altération de la qualité (salinité de l'eau) de l'eau.
III.2.4. Evaluation des impacts
socioéconomiques.
Pour chaque espace susceptible d'être affecté par
le relèvement du niveau de la mer, il faudra également
considérer les impacts socioéconomiques induits par les effets
biogéophysiques identifiés préalablement. Les
différentes méthodologies (MC, MIPS, Manuel du PNUE)
suggèrent trois catégories socioéconomiques susceptibles:
la population, les biens et services marchands et les biens et services non
marchands.
La population affectée par le relèvement du
niveau de la mer peut-être repartie en deux groupes : (i) la population
à risque et (ii) la population à relocaliser. Le nombre de
personnes affectées se détermine simplement en multipliant la
densité de la population par l'aire affectée. Le deuxième
groupe contient les gens qu'il faudra déplacer à cause des terres
perdues par érosion et inondation et s'obtient en multipliant l'aire des
zones qui seront érodées ou submergées par la
densité de la population.
La valeur financière exacte des biens et services
échangeables qui pourraient se perdre n'est pas toujours aisée
à déterminer. Ceci demanderait un recensement de toutes les
activités économiques (présentes et futures) qui peuvent
être trouvées dans la zone côtière en fonction de
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 26
l'horizon retenu dans les scénarios. Le
relèvement du niveau de la mer peut entraîner aussi des
coûts non spécifiquement liés aux actifs économiques
et aux activités identifiées (relocalisation des personnes
exposées). D'une manière générale, les biens les
plus susceptibles de se perdre dans la zone côtière et que l'on
peut quantifier directement en termes monétaires sont les terres, les
structures physiques (buildings et infrastructures) et la production agricole
et industrielle. Ces valeurs peuvent se perdre de manière
irréversible des suites d'érosion ou d'inondation. Par ailleurs
le relèvement de la nappe phréatique peut provoquer la rupture
des fondations et l'obsolescence des structures de drainage et de tout autre
système structural souterrain. Dans certaines zones sujettes aux
séismes, ce phénomène peut même entraîner une
liquéfaction des sols lors de l'occurrence de tels
événements.
Lorsque la contribution de la zone d'étude au PNB est
connue, la portion du revenu national affectée par le relèvement
du niveau de la mer peut être déterminée. Turner et
al. (1995) propose une approche incrémentielle basée sur
l'hypothèse que la part du PNB à risque est répartie
uniformément sur l'horizon d'étude. Ainsi sur un horizon de 60
ans, 1/60 du PNB serait à risque la première année, 2/60
la deuxième et ainsi de suite.
Le coût des terres à risque s'obtient en
multipliant simplement la surface des terres qui pourraient se perdre sous
l'action de l'érosion ou de l'inondation par le prix moyen par
unité de surface des terres de la zone. Une évaluation du
coût des infrastructures à risque peut également se faire
si des informations sont disponibles sur leur nombre et leur coût. Ces
informations ne peuvent être déterminées par des
études cadastrales ou des enquêtes sur le terrain.
Il n'est pas toujours facile de déterminer le
coût des biens et services non marchands (éléments à
valeur culturelle, historique, naturelle) qui pourraient être
affectés, pour ces éléments il n'existe pas de
mécanismes de fixation de prix. Ceci ne veut pas dire pour autant qu'ils
n'ont pas de valeur économique. Afin de pallier le problème que
peut poser l'évaluation
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 27
de la valeur économique de ces éléments on
peut toujours analyser les conséquences que leurs pertes auraient sur le
bien être des habitants ou sur les activités économiques
dans la zone.
III.2.5. Détermination du niveau de
vulnérabilité de la zone d'étude.
Les informations recueillies lors des étapes
précédentes doivent être alors traitées de
façon à fournir un indice permettant de déterminer une
classe de vulnérabilité pour la zone étudiée. Les
classes à considérer sont au nombre de cinq,
désignées A, B, C, D, F. Chaque classe correspond à un
niveau de vulnérabilité déterminé à partir
d'un Indice Synthétique de Vulnérabilité (ISV). Cet indice
est la moyenne pondérée de trois sous-indices correspondant aux
trois axes de l'analyse: un indice environnemental (IV), un indice
socioéconomique (IS) et un indice lié aux caractéristiques
morphologiques de la zone côtière (IMC).
Tableau 5 : Classes de
Vulnérabilité
|
Classes
|
Classe A
|
Classe B
|
Classe C
|
Classe D
|
Classe F
|
|
Niveau de vulnérabilité
|
Très Faible
|
Faible
|
Moyen
|
Elevé
|
Critique
|
|
ISV
|
>0.90
|
0.80-0.90
|
0.70-0.80
|
0.50-0.70
|
<0.50
|
|
Susceptibilité
|
Quasi Nulle
|
Faible
|
Moyenne
|
Elevée
|
Très Elevée
|
|
Résilience
|
Très Elevée
|
Elevée
|
Moyenne
|
Faible
|
Nulle
|
|
Résistance
|
Très Elevée
|
Elevée
|
Moyenne
|
Faible
|
Nulle
|
Le tableau 6 présente une grille d'analyse de
vulnérabilité de la zone qui se base sur les trois axes autour
desquels s'articule l'étude. Chaque axe renferme un certain nombre de
paramètres, 7 sont retenus pour évaluer la
sensibilité/résilience naturelle de la zone d'étude, 14
pour permettre de juger de sa sensibilité/résilience
socioéconomique, 13 autres pour l'étude de la dynamique de la
zone. A chaque paramètre est assignée un score variant de 1
à 5 pour sa sensibilité/résilience au relèvement du
niveau de la mer, 1 étant affecté à un paramètre
dont l'évolution probable sous l'action d'un relèvement du niveau
de la mer pourrait agir négativement sur la résistance
(résilience) de la zone et augmenter sa vulnérabilité. 5
est assigné
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 28
à un paramètre dont l'influence est marginale
sur la sensibilité de la zone ou qui renforce sa résilience. Un
indice est ensuite déterminé pour chaque axe en faisant d'abord
la somme des scores affectés à chaque paramètre de l'axe.
Puis, le résultat obtenu est normalisé, i.e. on lui soustrait
d'abord la plus petite somme que l'on pourrait obtenir dans sa
catégorie, ensuite on le divise par la différence entre la somme
maximale que l'on peut obtenir dans sa catégorie et la somme minimale.
Par exemple si pour les paramètres environnementaux, on obtient une
somme
|
de 20 alors l'indice environnemental sera: 0 .464
-
IE= 20 7 = =
13
35 7
- 23
|
.
|
L'indice déterminé, on se référera
alors au tableau 5 pour pouvoir déterminer la classe de
vulnérabilité à laquelle la zone étudiée
appartient. Une hypothèse simple est formulée derrière ce
tableau, à savoir, plus le système est susceptible, plus sa
résistance est faible. Susceptibilité et résistance sont
donc en relation inverse. Il est cependant important de remarquer que la
détermination de certaines valeurs moyennes pour les paramètres
du tableau peut requérir un monitoring sur une période
suffisamment longue pour constituer des séries statistiques qui seront
ensuite dépouillées et analysées. Ces séries
pourront fournir des informations supplémentaires sur les
caractéristiques de la zone de même que sur les tendances de
certains paramètres et leur corrélation avec la
susceptibilité de la zone pourrait être mieux
précisée.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 29
Tableau 6: Grille d'analyse de
vulnérabilité d'une zone côtière.
|
No
|
Paramètres
|
Outils ou moyens à utiliser pour
déterminer les paramètres
|
Score
|
|
|
|
5 4 3 2 1
|
|
Paramètres environnementaux
|
|
1-
|
Vitesse moyenne des vents dans la zone côtière
(m/s)
|
Anémomètres, Cartes des vents
|
Faible <1
|
Moyenne 1-5
|
Elevée 5-10
|
Très Elevée 10-20
|
Critique >20
|
|
|
2
|
Pluviométrie moyenne (mm/an)
|
Pluviomètres
|
<400
|
400-800
|
800-1500
|
1500-2000
|
>2000
|
|
3
|
Hauteur moyenne des vagues (m)
|
Mesures in situ
|
<0.25
|
0.25-0.5
|
0.50-.075
|
0.75-1
|
>1
|
|
4
|
Hydrologie (nature des aquifères)
|
Carte Hydrogéologique
|
Aquifères confinées
|
|
Nappes semi confinées
|
|
Aquifères non confinées
|
|
5
|
Zone exposée aux impacts cycloniques
|
Données météo
|
Non
|
|
|
|
Oui
|
|
6
|
Etat des bassins versants
|
Analyse in situ
|
Protégés
|
|
Faible Végétation
|
|
Totalement déboisés
|
|
7
|
Risque de glissement de terrain
|
Condition de stabilité des talus
|
Non
|
|
|
|
Oui
|
|
Paramètres Socioéconomiques
|
|
8
|
Population affectée en pourcentage de la population de
l'aire étudiée :
×
Aire de la zone d' étude densité de la
population
100
×
|
Carte topographique et données de recensement
|
<1
|
1-10
|
10-25
|
25-50
|
>50
|
|
Population totale de l'aire étudiée
|
|
9
|
Part du Produit Intérieur Brut (PIB) fournie par la
population affectée
×
Population affectée PIB per Capita
× 100
|
PIB per Capita et population affectée
|
<1
|
1-3
|
3-7
|
17-105
|
>10
|
|
Part du PIB fournie par l'aire affectée
|
|
10
|
Nature des agglomérations
|
Carte d'occupation de l'espace
|
Aucun habitat
|
Village
|
Petite Ville
|
Grande ville
|
Bidonville
|
|
11
|
Accès à l'eau potable
|
Données locales de la CAMEP
|
Réseau d'adduction,
|
|
Réseau d'adduction défectueux
|
|
Absence de réseau d'adduction
|
|
12
|
Risque Pathogène (hors scénarios)
|
Données Médicales
|
Faibles
|
|
Moyens
|
|
Elevés
|
|
13
|
Présence de carrières (sables, roches)
|
Enquête sur le terrain
|
Aucune Carrière
|
Carrières exploitées dans des
zones réservées à cet effet
|
Carrières de sables et/ou de roches dans les lits
de rivières
|
Carrières de sables et /ou de roches dans les
estuaires
|
Carrières de sables et/ou de roches sur la
côte
|
|
14
|
Eléments à valeur historique et/ou culturelle
|
Enquête sur le terrain
|
Aucun
|
|
Quelques uns
|
|
Site historique
|
|
15
|
Activité de Pêches
|
Enquête sur les activités économiques de
la zone
|
Aucune
|
Pêche exercée par quelques particuliers
|
Pêche exercée par des coopératives
de pécheurs
|
La pêche
est l'activité économique principale de la zone
|
Bassin de Pisciculture
|
|
16
|
Infrastructures routières
|
Enquête sur le terrain
|
Route Locale
|
Route Régionale
|
Route départementale
|
Route Nationale
|
Route Internationale
|
|
17
|
Infrastructures portuaires et aéroportuaires dans la zone
d'étude
|
Enquête sur le terrain
|
Aucunes
|
Appontement pour le cabotage et/ou
Pistes d'atterrissage
|
Port de cabotage et/ou aérodrome
|
Port(s) et ou aéroport(s) ouvert(s) au commerce
international
|
Terminaux portuaires et ou aéroportuaires
|
|
18
|
Présence de réseaux de distribution
électrique sur la côte
|
Observation sur place
|
Non
|
|
|
|
Oui
|
|
19
|
Niveau de pollution de la zone
|
Enquête sur place Analyse d'échantillons
|
Peu ou pas du tout polluée
|
Pollution faible, des déchets sont jetés
tout près de la côte
|
Une décharge se trouve tout près de la
côte. Pollution importante
|
La côte joue le rôle de
décharge publique. Pollution élevée
|
La mer est une véritable décharge Pollution
pernicieuse
|
|
20
|
Traitement des eaux usées
|
Observations générales
|
Présence de canaux de drainage et d'autres
systèmes d'évacuation
|
|
Canaux mal entretenus
|
|
Aucun système de drainage
|
|
21
|
Utilisation des terres
|
Carte d'occupation de l'espace
|
Végétation Clairsemée Terre
Rocailleuse
|
Zones Côtières Végétation
|
Végétation très dense
|
Agriculture
|
Infrastructures urbaines et industrielles
|
|
Paramètres Morpho-dynamiques de la zone
côtière
|
|
22
|
Etendue de la plaine côtière
|
Carte et relevés topo, photos aériennes
|
Pas de plaine côtière
|
|
Est entièrement comprise dans la
zone d'étude
|
|
S'étend au-delà de la zone d'étude
|
|
23
|
Présence de plages dans la zone d'étude
|
Enquête sur le terrain
|
Pas de plages
|
Plages naturelles non aménagées
|
Plages aménagées avec quelques bungalows
en matériaux légers
|
Plages aménagées + constructions en dur
|
Plages aménagées pour recevoir des
touristes
|
|
24
|
Cote deltaïque
|
|
Non
|
|
|
|
Oui
|
|
25
|
Présence de falaises
|
Enquête sur le terrain
|
Oui
|
|
|
|
Non
|
|
26
|
Zone humide
|
|
Non
|
|
|
|
Oui
|
|
27
|
Pente du plateau continental entre 0 et 3 m de profondeur (%)
|
Carte bathymétrique
|
>10
|
|
5-10
|
|
<5
|
|
28
|
Erosion moyenne ou accrétion (m/an)
|
Utilisation de photos aériennes de la
zone Règle de Bruun
|
<0.1
|
0.1-0.5
|
0.5-1
|
1-1.5
|
>1.5
|
|
Inspection à vue, enquête in situ
|
Pas d'érosion ni d'accrétion
|
Accrétion de sédiments terrigènes en
certains endroits, faible érosion en d'autres.
|
Accrétion importante de sédiments
terrigène en certains endroits, érosion
modérée en d'autres
|
Erosion à un taux très élevée
|
Erosion si importante que certains endroits
ont déjà été abandonnés par la
population.
|
|
29
|
Présence de marais salants dans la zone d'étude
|
Inspection à vue, enquête in situ
|
Pas de marais salants
|
|
|
|
Présence de marais salants
|
|
30
|
Présence de structures défensives (digues,
brise-vagues, boisement, cloison de palplanches)
|
Inspection à vue, enquête in situ
|
Structures de protection rentrant dans le cadre
de mesures de protection planifiée
|
|
Quelques structures servant à protéger
des plages dans les zones à risque
|
|
Aucunes
|
|
31
|
Présence de bancs de coraux et de forêts de
mangroves
|
Inspection à vue, enquête in situ
|
Aucuns
|
|
Quelques concentrations éparses
|
|
La côte en est bordée
|
|
32
|
Géologie (Nature des sols)
|
Courbe granulométrique
|
Graviers
|
Gros sable
|
Sable fin
|
Limon
|
Argile
|
|
33
|
Zone exposée aux risques sismiques
|
Géologie
|
Non
|
|
|
|
Oui
|
|
34
|
Perméabilité des sols (m/s)
|
Coefficient de Darcy (k)
|
Sols argileux
|
Sols limoneux
|
Sols sableux
|
Gravillon
|
Gravier
|
III.2.6. Evaluation des options d'adaptation autonome
et/ou contrôlée.
L'inventaire des impacts biogéophysiques et
socioéconomiques terminé, et le degré de
vulnérabilité du système connu, il faut se tourner vers la
détermination des mesures les plus appropriées pour aider
à faire face aux effets résiduels. Comme on l'a
déjà vu, il existe deux types de mesures d'adaptation en ce sens:
les mesures d'adaptation autonome et les mesures d'adaptation planifiée
ou contrôlée.
Au niveau de l'adaptation autonome, il faut se
référer à la capacité intrinsèque du
système côtier à faire face aux impacts encourus. Cette
capacité détermine la résilience et la résistance
du système. Le système côtier à tendance dans ce cas
à suivre l'évolution de la mer. Par exemple, les zones humides
peuvent répondre au relèvement du niveau de la mer en accumulant
des sédiments à un rythme plus élevé, un banc de
corail peut également accélérer son taux
d'accrétion. Les deux exemples cités se rapportent bien plus
à l'adaptation naturelle, cependant le système peut
également réagir au niveau socioéconomique. Ainsi, les
propriétaires peuvent décider de construire des murs de
soutènement et des digues pour faire face aux inondations, les
agriculteurs peuvent passer à des cultures plus résistantes aux
intrusions salines, certains ménages peuvent laisser les zones à
risques. Cependant, le Manuel du PNUE fait remarquer que de telles mesures ne
sont pas systématiques et peuvent déboucher sur des effets
indésirables sur les zones côtières avoisinantes.
Notamment, la protection de certaines falaises érodables peut modifier
le bilan sédimentaire et agir par conséquent sur les sources
d'approvisionnement des plages adjacentes en sédiments.
En certains endroits les interventions humaines sont
susceptibles de réduire la résilience naturelle du système
côtier, diminuant également sa capacité à s'adapter
de manière autonome. Ces interventions incluent aussi bien le
développement de certaines infrastructures que la
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 32
pollution. Les deux empêchent les processus naturels de
prendre place. Cette mal-adaptation comme le nomme Burton (1996)
nécessite parfois d'être corrigée. Une adaptation
contrôlée peut aider à cette fin. L'adaptation
contrôlée réfère, dans ces conditions, à un
plan global formel décidé au niveau de l'Etat pour
prévenir, mitiger ou faire face aux impacts socioéconomiques qui
affecteraient la zone. Trois mesures d'adaptation contrôlée
peuvent être envisagées: (i)Retrait planifié des zones
à risque; (ii) Accommodation; (iii) Protection.
Dans le premier cas, il s'agit tout simplement de
prévenir tout aménagement de zones à risque non encore
construits, ou de réaliser un retrait stratégique de telles
zones. Dans le deuxième, l'occupation des zones sensibles au
relèvement du niveau de la mer continue, cependant des mesures
d'adaptation sont prises, comme la surélévation des
constructions, des modifications dans les systèmes de drainage, et dans
l'utilisation des terres. Ces deux stratégies se basent sur la
prémisse que rien ne sera fait contre le relèvement du niveau de
la mer, que certains espaces seront inondés, que certaines fonctions de
la côte seront modifiées et que certaines valeurs pourraient
changer ou se perdre. Ces stratégies aident donc à maintenir la
nature dynamique de l'écosystème côtier et sont favorables
au renforcement de l'adaptation autonome. La dernière stratégie,
par contre, implique des mesures défensives dont l'objectif est de
maintenir la ligne de côte dans sa position actuelle à travers la
construction de structures de protection et la recharge artificielle des
plages. Ces mesures peuvent cependant diminuer la résilience et la
résistance du système côtier et entraîner la perte de
certaines de ses fonctions naturelles.
Le choix des mesures d'adaptation les plus appropriées
doivent se baser sur un certain nombre de considérations dont des
analyses coûts- bénéfices et des études
d'équité intergénérationnelle et environnementales.
Ces considérations sont incontournables dans le cadre d'une politique de
développement soutenable.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 33
III.3. Etude de cas: la frange côtière de
Carrefour entre Mariani et Gressier.
Dans cette mise en application nous optons pour une
synthèse des etapes qui seront dans l'ordre (1) Délimitation de
la zone d'étude ; (2) Scénarios et réponses de la zone
d'impact ; (3) Analyse de vulnérabilité ; (4) Résultats et
discussions. La dernière étape notamment constitue la
dernière partie de ce travail. Nous tenons à souligner que
l'application proposée a ses limites; les observations n'ont pu
être réalisées que sur une période de deux mois
(Avril- Mai 2005) ce qui n'a pas permis de disposer de toute la
précision nécessaire dans les informations requises. Certaines
mesures (vitesse des vents, hauteur des vagues, sens du courant) n'ont pas pu
être effectuées par manque de moyens techniques et d'instruments
adéquats.
III.3.1. Délimitation et caractérisation de
la zone d'étude.
|
La zone à étudier est située dans la
bande comprise approximativement entre les longitudes ouest 72°25' et 72°31' et
les latitudes nord 18°25 et 18°36. C'est une frange plus ou moins rectiligne
avec des échancrures peu prononcées. Elle s'étend vers la
mer sur une plate-forme continentale assez égale, mais tapissée
de vase. Longue
|
Carte 1: Délimitation de la zone
d'étude
|
|
de 10 Km environ et faisant en plan autour de 11
Km2 de superficie, elle va de l'entrée de
l'agglomération de Mariani à l'entrée de Gressier.
Située à l'ouest de l'agglomération de Carrefour et
bordée au nord par le Golfe de la Gonâve, elle est à
l'instar des côtes de la bande côtière de Carrefour, une
accumulation deltaïque d'alluvions calcaires et magmatiques provenant de
la Rivière Froide et déposés sur une plate-forme (Holly,
1999; Desse 2003). Cette
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 34
accumulation est apparemment renforcée par les
dépôts provenant des différents cours d'eau temporaires qui
bordent la berge.
Une analyse de la carte hydrogéologique d'Haïti
préparée par le Ministère de l'Agriculture des Ressources
Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), montre que
l'aquifère sur la côte est alluviale, continue et à nappe
libre, donc perméable et sensible aux intrusions salines. Du
côté des versants, elle est discontinue, carbonatée,
inégalement fissurée et cloisonnée. A hauteur de Gressier
l'aquifère est alluviale à nappe en partie captive sous une
couverture semi-perméable. Dans l'ensemble l'aquifère dans la
zone est non confinée.
Rares sont les informations disponibles sur l'hydrologie et
les dynamiques des eaux territoriales du pays de même les mesures
anémométriques et marégraphiques sont limitées.
Dans le Golfe de la Gonâve néanmoins, les variations de
température sont de l'ordre de 1 à 5°C, la pluviométrie
varie entre 1400 et 1600 mm de pluie l'an, la salinité varie très
peu et la marée semble se déplacer dans cette zone à la
vitesse de 0.2 m/s, alors que dans le reste des Caraïbes la moyenne est de
0.5 m/s (Sabrina Sanderson in Les Cotes d'Haïti, Unesco, 1996). Les
courants marins dans le Golfe de la Gonâve accomplissent un circuit
rotatif autour de l'île de la Gonâve suivant la direction des vents
dominants (Est-Ouest le matin et le soir, et Ouest-Est en fin de matinée
et d'après-midi). Puisque la zone d'étude est située dans
le Golfe de la Gonâve, nous extrapolerons ces informations à la
zone en question, cependant des mesures locales devront être
effectuées lors de futures études avec des instruments
adéquats qui nous faisaient défaut lors de nos études
prospectives.
L'aire étudiée abrite une petite plaine
côtière très encaissée et très plate. La
platitude de la côte dans la zone pose certain problème
d'écoulement des eaux qui dorment au pied des mornes lors des saisons
pluvieuses. Les flancs des mornes contenues dans le bassin versant de la
région sont dénudés et certaines carrières y sont
implantées. Cette exploitation des carrières et
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 35
les mesures visibles de protection des berges adoptées
par les riverains sont autant d'éléments qui peuvent faire
craindre qu'une modification du bilan sédimentaire ne se produise. Ce
qui pourrait résulter en l'érosion de certaines plages
attenantes. L'érosion des versants de son côté conduit
déjà à l'envasement progressif du littoral et les
conséquences sur les récifs frangeants qui bordent la côte
seront importantes.
La plaine côtière est exploitée en
certains endroits pour l'agriculture, principalement à hauteur de
Gressier et de la localité de Merger. Mais les constructions se
développent à un rythme tel, que les rares plantations qui
existent devraient, dans un futur très proche, être
remplacées par des maisons d'habitation et des hôtels.
L'anthropisation de la zone avance rapidement soutenue par la présence
de la route qui ne place Port-au-Prince qu'à quelques minutes de la zone
lorsqu'on parvient à éviter le congestionnement de la route de
Carrefour. Elle s'accompagne de la suppression des petites forêts de
mangroves et du remblayage des zones humides pour la construction.
Sur toute la frange étudiée, la RN2 se trouve
des fois à moins de 15 mètres de la ligne de côte. Elle
n'est pas très surélevée par rapport à
l'océan, elle pourrait être inondée en certains endroits
lors d'un relèvement accéléré du niveau de la mer.
Son lessivage par les eaux de pluie pourrait conduire à une pollution du
littoral par des minéraux lourds (plomb, vanadium). Cependant, les
autres formes de pollution rencontrées sur le littoral à
Port-au-Prince ne sont pas aussi pernicieuses dans cette zone. Même quand
les alluvions, arrachés aux versants et entassés sur la
plate-forme continentale, provoquent déjà une certaine
turbidité de l'eau en certains endroits (Mariani). Les autres formes de
pollution qu'il faut craindre sont celles pouvant provenir des fosses non
septiques et du fait que les gens se soulagent en bordure des mangroves. Ces
pollutions pourraient notamment porter atteinte aux récifs frangeants
qui sont l'habitat naturel, l'infirmerie et le lieu de reproduction de
nombreuses espèces halieutiques.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 36
L'uniformité des caractéristiques physiques et
hydrogéologiques de la zone, la consistance des activités
économiques qu'on y retrouve, la nature des habitats nous permettent de
la considérer comme une cellule littorale.
III.3.2. Scénarios et réponses de la zone
d'étude.
Dans la PCNCCH, il est fait remarquer que les scénarios
climatiques disponibles actuellement ne permettent pas d'aller au delà
de l'année 2100 avec une marge d'erreur suffisamment fiable. Ainsi, les
experts ayant concouru à la réalisation de cette communication se
limite aux horizons 2030 et 2060 et anticipent un relèvement global du
niveau de la mer pour Haïti de l'ordre de 10.9 cm et 24.4 cm,
respectivement. Nous envisageons deux scénarios principaux. D'abord un
relèvement relatif du niveau de la mer déterminé à
partir des résultats présenté dans l'introduction de cette
section, puis un scénario basé sur la récurrence de
l'épisode cyclonique qui entraîne un relèvement
accéléré du niveau de la mer atteignant 4.5 m. A ces
scénarios nous adjoignons deux hypothèses, à savoir
qu'aucune mesure d'adaptation contrôlée ne sera prise
d'ici aux horizons d'étude et que l'expansion socioéconomique de
la zone se poursuivra.
Le scénario en rapport avec le relèvement
relatif du niveau de la mer prend en compte une subsidence de la zone de
l'ordre de 1mm par an. Le relèvement relatif du niveau de la mer dans
ces conditions pour les année 2030 et 2060 seront respectivement:
1. Sr,2030 = 1 0.9+55×0. 1=16.4cm 2.
Sr,2060=24.4+55×0. 1=29.9cm
Ce scénario nous permet de déterminer les
nouveaux tracés de la ligne de côte pour 2030 et 2060. A
l'arrière de ces lignes vers la mer se trouve les zones où la
population devra être déplacée et relocalisée (carte
2) respectivement pour 2030 et 2060. Le positionnement des
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 37
nouvelles lignes de côte se détermine à
partir du calcul de l'érosion attendue en différentes sections de
la côte suite au relèvement relatif du niveau de la mer.
Carte 2: Limites de la ligne de côte
Le deuxième scénario nous permet de
délimiter la zone à risque qui est représentée sur
la
carte 3.
Carte 3 : Etendue de la zone d'étude et zone
exposée
Finalement, les réponses attendues de la zone à
risque sont condensées dans le tableau 7.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 38
Tableau 7: Risques biogéophysiques et secteurs
socioéconomiques potentiellement affectés tous
horizons.
|
Effets Biogéophysiques
(Réponses)
|
|
Secteurs touchés
|
Intrusion Saline
|
Relèvement du niveau de la nappe
|
Submersions permanentes
|
Erosion
|
Risques pathogènes
|
|
Ressources en eau
|
V'
|
V'
|
V'
|
|
V'
|
|
Agriculture
|
V'
|
V'
|
V'
|
V'
|
|
|
Santé
|
V'
|
|
V'
|
|
V'
|
|
Infrastructures
|
V'
|
V'
|
V'
|
V'
|
|
|
Probabilité d'occurrence
|
Très élevée
|
Elevée
|
Très élevée
|
Moyenne
|
Elevée
|
Chaque case cochée indique que le secteur
considéré est potentiellement affecté.
III.3.3. Grille d'analyse de vulnérabilité
de la zone d'étude.
La grille suivante présente les résultats de
l'analyse de vulnérabilité de la zone effectuée à
partir du tableau 6. Nous rappelons que les scores attribués aux
paramètres se basent sur leur évolution probable d'ici aux
horizons retenus. Certaines hypothèses sont formulées dans
l'assignation des scores pour 2060. Au niveau environnemental, les
hypothèses météo- climatiques sont basées sur les
résultats de la PCNCCH. Nous supposons que les paramètres
hydrogéologiques de la zone d'étude n'évoluent pas sur la
période étudiée.
Au niveau socioéconomique, le calcul de la population
à risque se construit sur l'hypothèse que la population du pays
croit au rythme de 3.7% l'an (taux basé sur les résultats du
dernier recensement général de la population) et que la
population actuelle est d'environ 8 millions d'habitants et la densité
actuelle 300 habitants au Km2. La densité de la population
pour un horizon donné est déterminée en rapportant la
population estimée pour cette année à la superficie totale
du pays (27700 Km2). Cette densité est ensuite
multipliée par l'aire des terres occupées par la population dans
la zone d'étude (environ 3.5 Km2) pour obtenir la population
à risque. A défaut du PNB, on évaluera la part du PIB
à risque sous l'hypothèse que le taux de croissance de
l'économie sera égal au taux moyen de croissance de la
population, soit 3.7%. En supposant une croissance du PIB, on doit s'attendre
naturellement à une intensification des
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 39
différentes activités socioéconomiques
listées laquelle pourrait renforcer la sensibilité
socioéconomique de la zone. L'an 2000 est utilisé comme
année de référence pour le calcul du PIB. Le PIB a atteint
77.580 millions de gourdes cette année selon les chiffres de l'IHSI. Au
niveau morpho-dynamique les hypothèses portent principalement sur la
multiplication des mesures de défenses autonomes, les risques
d'érosion et d'inondation, l'exploitation des mangroves et les risques
de blanchiment des coraux.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 40
Tableau 8: Grille d'analyse de
vulnérabilité de la frange côtière
Mariani-Gressier.
|
Paramètres environnementaux
|
Score
2030
|
Score
2060
|
|
|
1-
|
Vitesse moyenne des vents dans la zone
|
4
|
3
|
|
côtière
|
|
2
|
Pluviométrie moyenne
|
2
|
3
|
|
3
|
Hauteur des vagues
|
3
|
1
|
|
|
4
|
Hydrogéologie (nature des aquifères)
|
1
|
1
|
|
5
|
Zone exposée aux impacts cycloniques
|
1
|
1
|
|
6
|
Etat des bassins versants
|
3
|
1
|
Somme (S)
|
IE
|
|
7
|
Risque de glissement de terrain
|
1
|
1
|
S2030=15 S2060=11
|
IE2030=0.286 IE2060=0.143
|
|
Paramètres Socioéconomiques
|
|
|
8
|
Population affectée en pourcentage de la population locale
:
|
3
|
3
|
|
9
|
Part du Produit Intérieur Brut (PIB) fournie par la
population affectée
|
3
|
3
|
|
10
|
Nature des agglomérations
|
3
|
1
|
|
11
|
Accès à l'eau potable
|
1
|
1
|
|
|
12
|
Risque Pathogène (hors scénarios)
|
3
|
1
|
|
|
13
|
Présence de carrières (sables, roches)
|
1
|
1
|
|
14
|
Eléments à valeur historique et/ou
culturelle
|
1
|
1
|
|
15
|
Activité de Pêches
|
4
|
4
|
|
16
|
Infrastructures routières
|
2
|
2
|
|
|
17
|
Infrastructures portuaires et
aéroportuaires dans la zone d'étude
|
1
|
1
|
|
18
|
Présence de réseaux de distribution
électrique sur la côte
|
1
|
1
|
|
19
|
Niveau de pollution de la zone
|
3
|
1
|
|
20
|
Traitement des eaux usées
|
1
|
1
|
Somme
|
IS
|
|
21
|
Utilisation des terres
|
2
|
1
|
S2030=29 S2060=22
|
IS2030=0.268 IS2060=0.143
|
|
Paramètres Morpho-dynamiques de la zone
côtière
|
|
|
22
|
Etendue de la plaine côtière
|
1
|
1
|
|
23
|
Présence de plages dans la zone d'étude
|
2
|
2
|
|
24
|
Cote deltaïque
|
1
|
1
|
|
25
|
Présence de falaises
|
5
|
5
|
|
|
26
|
Zone humide
|
1
|
1
|
|
27
|
Pente du plateau continental entre 0 et 3 m de profondeur (%)
|
3
|
3
|
|
28
|
Erosion moyenne ou accrétion (m/an) au niveau de la ligne
de côte
|
4
|
2
|
|
29
|
Présence de marais salants dans la zone d'étude
|
1
|
1
|
|
30
|
Présence de structures défensives
(digues, brise-vagues, boisement, cloison de palplanches)
|
3
|
3
|
|
31
|
Présence de bancs de coraux et de forêts de
mangroves
|
1
|
1
|
|
32
|
Géologie (Nature des sols)
|
4
|
4
|
|
33
|
Zone exposée aux risques sismiques
|
1
|
1
|
Somme
|
ICM
|
|
34
|
Perméabilité des sols (m/s)
|
2
|
2
|
S2030=29 S2060=27
|
ICM2030=0.308 ICM2060=0.269
|
|
Indice Synthétique de
Vulnérabilité
|
|
|
ISV2005=0.287
|
ISV2060=0.185
|
|
Classe de Vulnérabilité
|
F
|
Niveau de Vulnérabilité : Très
élevé
|
|
Remarque :
|
Sensibilité élevée, Résistance
Faible, Zone très vulnérable
|
|
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 41
|
IV. RESULTATS ET DISCUSSIONS
Il apparaît donc que la zone d'étude est
particulièrement sensible à un relèvement du niveau de la
mer comme le montre son ISV (0.287 et 0.185 pour les horizons retenus). Cette
sensibilité n'est mitigée que par la capacité des gens se
trouvant dans la zone à s'adapter aux différents impacts
attendus. Mais cette adaptabilité n'est pas uniforme car il y a conflits
d'utilisation de l'espace, qui est cultivé, bâti, habité et
aménagé pour recevoir la route nationale. Il faut
également considérer les différences
socioéconomiques notables entre les différents acteurs de la zone
à risque.
Les risques identifiés pour la zone (carte 4), tous
horizons confondus, sont une très forte probabilité d'intrusion
saline puisque l'aquifère dans l'unité littorale analysée
est non confinée et très perméable et, par sa nature est
également exposée, aux autres formes de pollution qu'un
relèvement du niveau de la mer pourrait étendre. Il faut noter
aussi des risques d'inondation lors d'avènements cycloniques qui
pourraient affecter Macombe, Grande Saline, Mer Frappee et en grande partie les
localités se trouvant sur le tronçon Merger-Gressier de la RN 2.
Les risques de submersion sont importantes pour la zone de Grande Saline et de
Macombe de même que les risques d'érosion. La ligne de côte
pourrait subir un recul3 variant entre 1 m (Macombe, 2030) et 5m et
plus (Grande Saline, 2060). L'anthropisation de la zone, et les
externalités négatives (pollution, érosion
accélérée des versants) qui l'accompagnent
entraîneront la mort des récifs frangeants et la disparition des
petites forêts de mangroves qui jouaient le rôle de filtre pour le
littoral. Un envasement encore plus important de la plate-forme continentale
pourrait en résulter. Ce qui affectera les espèces (faune et
flore) intercotidales. Les risques de relèvement du niveau de la nappe
n'ont pu être déterminés, faute d'informations
nécessaires.
3 Déterminé en première approximation
avec la règle de Bruun.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 42
Carte 4: Carte des risques pour la zone
d'étude.
Les conséquences socioéconomiques se
ressentiront au niveau de la pêche pratiquée autour de Merger,
Grande Saline et Macombe par quelques pêcheurs. La submersion- même
temporaire lors d'un épisode cyclonique- de portions de la route
nationale pourrait causer sa détérioration. Même quand au
niveau gouvernemental on réaliserait l'exploit de maintenir l'inflation
autour de 5% par an au cours des 55 prochaines années, son coût de
remplacement ferait près de 15 fois le coût actuel en 2060. Les
ingressions salines pourraient affecter l'étendue de la nappe
phréatique et les risques et les dépenses sanitaires n'en
seraient qu'accrus. La progression du bâti aura probablement
entraînée la disparition de l'agriculture d'ici à l'an
2030, cependant si elle subsiste en certains endroits de l'aire d'étude
elle devrait être fortement affectée par la pollution saline.
Cette ingression saline affectera également les fondations des
différentes constructions qui bordent le littoral, les rendant inaptes
à remplir leurs fonctions. Les risques d'effondrement en deviendraient
plus élevés. L'érosion et la submersion du littoral
provoquées par le relèvement du niveau de la mer limitera
également les surfaces disponibles pour les différentes
activités qui ont lieu dans la zone. Dans les zones
érodées ou submergées aura lieu des coûts de
relocalisation des gens qui vivaient sur les terres emportées en
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 43
émergeront. Le nombre de personnes qui pourraient
être touchées par ces risques dans la zone concernée peut
varier de près de 9000 personnes(2030) à plus de 20000 (2060) si
aucune mesure de protection n'est prise. La population à relocaliser
elle pourra passer de moins de 500 en 2030 à près de 2000 en
2060.
Pour faire face aux risques identifiés, les mesures
d'adaptation contrôlée doivent accompagner les actions naturelles
et individuelles qui se manifesteront en réponse au relèvement du
niveau de la mer. L'adaptation naturelle de l'écosystème au
relèvement du niveau de la mer prendra place difficilement, car les
infrastructures présentent dans la zone sont des éléments
de mal-adaptation qui réduisent la capacité à l'ajustement
autonome du système. L'adaptation socioéconomique autonome est la
réponse la plus probable attendue. Déjà des mesures de
protection des berges sont prises individuellement. Cependant pour limiter les
impacts auxquels la vulnérabilité de la zone l'expose il faudrait
des mesures étatiques d'adaptation qui passeraient en tout premier lieu
par le contrôle des types de constructions qui s'implantent sur le
littoral. Ceci nécessitera le développement d'un schéma
d'aménagement de la zone côtière. Il faudrait notamment que
toute nouvelle construction soit autorisée par les instances
concernées et que ces constructions répondent à des normes
qu'elles auront définies. Il doit être également
envisagé le retrait de certaines endroits, notamment à Merger et
Grande Saline afin de protéger ces filtres de l'océan que sont
les mangroves. Certains espaces peuvent même passer au rang d'aires
protégées. Il faudra aussi intervenir auprès de ceux qui
exploitent le potentiel économique de la zone en contrôlant les
activités minières (carrières) et en cherchant à
réduire les impacts négatifs de leurs activités. Des
mesures de protection de la nappe souterraine doivent être
implémentées, mais les options existantes restent
coûteuses. Quoique, la morphologie de la zone le rende difficile, il
faudrait même envisager un nouveau tracé pour le tronçon
Mariani-Gressier de la RN2 qui l'éloignerait de la côte ou bien
d'adopter
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 44
des mesures de protection qui n'altéreraient pas la
résilience de la zone. Il faut aussi intervenir sur le bassin versant et
essayer de le restaurer en lui rendant sa couverture végétale.
L'ensemble de ces mesures doit être intégré
dans une politique d'adaptation à quatre étapes (Klein, 1998)
:
· Sensibilisation de la population afin de lui montrer que
l'adaptation est nécessaire ;
Planification des mesures d'adaptation ;
Implémentation des mesures ;
Evaluation.
Dans la planification de ces mesures il faut également
penser au coût de la mise en oeuvre des différentes options
retenues et favoriser une approche intégrée où
interviendraient les différents acteurs que la zone côtière
héberge. Mais ceci est en dehors du cadre de ce travail.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 45
V. CONCLUSION: VERS LA MISE EN PLACE D'UN SYSTEME DE
GESTION INTEGREE DES ZONES COTIERES HAÏTIENNES.
Nous avons recherché à rendre la
méthodologie proposée la plus simple possible en essayant de
recourir à des paramètres qualitatifs d'importance qui sont
ensuite combinés et transformés pour sortir les indices requis
pour la classification de la zone. Même quand la nature dichotomique de
certains paramètres peut influencer les résultats puisque prenant
des scores extrêmes (McLaughlin et al., 2002). Nous
avons également eu le souci de tester sa fonctionnalité en
faisant une application sur la frange côtière Mariani-Gressier qui
nous est apparu très vulnérable après analyse.
Malgré tout, le peu de données quantitatives requises dans
l'analyse de vulnérabilité peut constituer un blocage, car en
Haïti les données marégraphiques et
météo-climatique sur lesquels se basent toute analyse de
vulnérabilité sont rares. Aussi, serait-il important que cette
méthodologie soit utilisée sur une base itérative, de
façon à construire progressivement une base de données sur
le littoral. La construction de cette base d'informations requiert un travail
de classification morphologiques des zones côtières
haïtiennes à même de renseigner sur la sensibilité
naturelle de ces espaces. L'utilisation récurrente de cette
méthodologie permettra aussi de dresser des cartes de
vulnérabilité des littoraux haïtiens à
l'échelle nationale qui devront être révisées
régulièrement. Cette carte pourra s'accompagner également
d'une carte des options d'adaptation qui donneront aux dirigeants des
informations condensées sur les mesures à prendre dans les zones
exposées. Les endroits qui devront faire principalement l'objet
d'étude à partir de la méthodologie
présentée ici sont Port-au-Prince, le Cap-Haïtien,
Port-de-Paix, les Cayes et les Gonaïves, qui sont des côtes
deltaïques, donc sensibles au relèvement du niveau de la mer (MDE,
2001a ). On mettra l'emphase principalement sur la zone côtière du
Golfe de la Gonâve et sur le littoral entre Fort Liberté et le
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 46
Mole Saint Nicolas que le MDE (2001b) présente comme
zone marine à placer sur la liste des parcs à protéger.
L'étude de vulnérabilité des côtes
rappellent une problématique majeure: celle de la gestion de l'espace et
de ses ressources. Dans le cadre des zones côtières,
véritables écotones de survie, les prélèvements sur
les écosystèmes se font sans régulation et souvent dans
l'excès, l'Etat ne joue pas son rôle (Desse, 2003). Or, il serait
préférable que les mesures d'adaptation exposées plus haut
soient incluses dans un cadre plus large de gestion des côtes. Ce cadre
de gestion devrait intégrer une politique de restauration des zones
côtières. Cette politique de gestion devra être comme nous
le dit Desse(2003), globale, du bassin versant à la mer, mais aussi
trans-sectorielle, prenant en compte à la fois l'agriculture,
l'industrie, la pêche et l'habitat. Cette politique devra s'appuyer sur
une importante formation à l'environnement des administrations comme des
populations. L'Université Quisqueya devra également jouer son
rôle en mettant en place un observatoire des zones côtières
dans le cadre duquel des études sur ces espaces seront
réalisées.
Projet de Fin d'Etudes des étudiants : Pierre
Paul J.C. FOUCHE et Thierry CHERIZARD Année : 2005 47
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