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REPUBLIQUE DU BENIN
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
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Université d'Abomey-Calavi (UAC)
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Institut National de la Jeunesse, de l'Education Physique et
du Sport (INJEPS)
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SECTEUR : JEUNESSE ET ANIMATION
OPTION : DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE
THEME
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IMPACT DE LA DEFORESTATION DE LA
BANDE LACUSTRE SUR LA POPULATION :
CAS DU LAC AHEME
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Soutenu par :
MEWATIN Coffi René
renemewa@yahoo.fr
Mention : Très bien
Sous la direction de :
Professeur Dr Léon Baní BIO BIGOU & Dr Folly
MESSAN
Maître Assistant des universités Enseignant
chercheur à l'INJEPS Enseignant chercheur à la FLASH
10ème Promotion
Année académique 2007-2008
DEDICACE
· Mon père Lokossou Akinton MEWATIN et ma
mère Djiwahouè ASSOU, vous avez toujours contribué de
votre mieux malgré l'insuffisance de vos moyens à l'atteinte de
cet objectif depuis que vous m'avez mis à l'école. Ceci n'est que
partiellement le fruit de ce que vous avez semé. Recevez- le en signe de
votre propre satisfaction.
Mon frère Martin et mes soeurs Joséphine et
Elise, mes neveux et nièces Moïse, Elysée, Abel, Nina,
Espérant, Rolland, Evaria, Jaurès, Bénédicte,
Ferdinand, Rodrigue et Gloria.Trouvez ici la source du goût d'un travail
bien fait.
Ma bien aimée Nadine Aimée ASSOGBA ; avec toi j
'ai connu des moments de joie et de difficultés. Plusieurs fois, ton
soutien m'a fait oublier mes soucis et mes peines. Reçois donc ceci en
guise de ma reconnaissance.
o Je dédie ce mémoire
REMERCIEMENTS
J'adresse mes sincères remerciements à :
- Dieu Tout Puissant qui m'a permis d'être à ce
niveau.
- Monsieur Léon Bani BIO BIGOU qui a accepté sans
conditions m'encadrer dans mes recherches pour la réussite de ce
mémoire ;
- Monsieur Aboubacar KISSIRA, l'assistant du professeur BIO BIGOU
pour avoir été plus proche de moi dans l'orientation de mes
idées ;
- Monsieur Folly MESSAN, pour avoir accepté co-diriger ce
mémoire dans la fraternité et sans ménagement d'efforts
;
- Messieurs Richard TOSSOU, Pierrot EDOH et Richard ASSAH pour
votre soutien fraternel ;
- Mes frères et soeurs Thomas, Bertin, Pierre, Bertin
MEWATN, Clémentine et Armand VIOSSI pour votre soutien permanent ;
- Monsieur Jérôme Koffi AMOU, tu m'as donné
très tôt le pli et le goût d'étudier, ceci est le
fruit inespéré de ton coup de main ;
- Mesdames et Messieurs AZIGOE Paula, André, Joachin,
Monique et Véronique, vous m'avez accepté et soutenu dans mes
études, que ce travail soit pour vous mon éternelle
reconnaissance ;
- Antoine AMOUSSOU, Louis AHOULOU, Sylvain KPANOU,
François HOUNKPE, VIOSSI Bernard, Firmin, Eugène et Franck, nous
avons vécu ensemble pendant des années pour étudier. Je ne
saurais oublier l'entraide qui a régné entre nous ;
- Nicolas et Bienvenu ainsi que toute la famille LOKO. Vous
n'avez jamais cessé de contribuer à mon devenir. Je vous en suis
reconnaissant ;
- Au père Hermel TONATO et sa famille pour m'avoir pris
en charge lors de mon cursus scolaire. Soyez fiers de ce travail. A vous tous
mes profondes reconnaissances ;
- Madame Séraphine HOUNKPONOU et ses enfants pour m'avoir
soutenu ;
- Monsieur Houézé AMLONGBE pour son attention
fraternelle qu'il m'accorde toujours. Merci ;
- François KPOKA, Justin DOSSA, Charles AMEKE. Avec
vous j'ai partagé beaucoup de situations qui ont favorisé mon
développement. Vous m'avez fait vivre des réalités de
cette vie. Je vous en suis reconnaissant ;
- Bernard GAÏTO, tu t'es rendu disponible toutes les fois
que je me rendais sur le
terrain pour mes enquêtes sans oublier Théophile
NOUDEMESSI et Paul SENAGBE ; - Messieurs Blaise KPANOU et Macaire KPANOU pour
votre contribution
- Messieurs Delphin AGBOESSI et Didace, pour avoir
contribué à la réalisation
de ce document ;
- Monsieur Adolphe AHONNON, Mesdames Alice AMOUSSOU et
Séverine KOUSSAHOUE. Vous avez considéré ce travail comme
le vôtre. Votre soutien ne m'a jamais manqué toutes les fois que
j'ai senti le besoin. Je vous en suis reconnaissant ;
- Séraphin KOULEDOU, Firmin ANAGONOU et Hubert KPONDJO.
Nous avons partagé tant de choses ensemble. Votre amitié m'a
marqué énormément. Ceci est le signe de ma gratitude ;
- Monsieur Giovanni MIASSI pour son aide et amitié
fraternelles ;
- Daniel AHODEGNON, Moukaîla AMADOU, Rogatien DOSSOU et
Euloge FACOUNDE. Avec vous, j'ai fondé une cellule depuis mon
entrée à l'institut. Nous avons été pour chacun des
secours immédiats et confidents dans une solidarité qui nous lie
pour toujours. Je n'oublie pas Xavier SEHO, Clément DAGNINOU, Simon
DINGNIGBEDE, Jérémie ANATO. Grâce à vous ce travail
a connu un aboutissement, je ne saurais vous remercier ;
- A tous mes camarades de la 1 0è promotion de J A, merci
pour notre vie de famille que nous avons entretenue ensemble pendant notre
séjour à l'INJEPS ;
- A tous ceux dont les noms ne sont pas cités. Veuillez
m'excuser.
A vous mes bienfaiteurs, sachez que le bienfait n'a pas
de couleur, mais il porte la marque de celui qui le fait. Ce travail porte
votre marque !
MERCI !
SOMMAIRE
DEDICACES
REMERCIEMENTS
SIGLES, ACRONYMES ET ABREVIATIONS INTRODUCTION ..1
PREMIERE PARTIE : DONNEES THEORIQUES ET CONCEPTUELLES
1-1-Problématique 3
1-2 Analyse théorique .8
1-3- Quelques définitions et clarifications conceptuelles
10
DEUXIEME PARTIE : CADRE GENERAL DE L'ETUDE
2-1- Justification du choix du thème
14
2-2- Présentation du cadre de recherche
..14
2-3- Présentation des communes de Kpomassè, de
Comé et de Bopa 17
TROISIEME PARTIE : METHODOLOGIE
3-1- Echantillonnage 19
3-2- Techniques et outils de collecte des données
22
3-3- Difficultés rencontrées
23
QUATRIEME PARTIE : RESULTATS, DISCUSSIONS ET
SUGGESTIONS
4-1- Présentation des résultats
.25
4-2- Discussions ..30
4-3- Suggestions ..39
CONCLUSION ..44
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
.45
ANNEXES
SIGLES, ACRONYMES ET
ABREVIATIONS
ABE : Agence Béninoise pour l'Environnement
BM : Banque Mondiale
CA : Chef d'Arrondissement
CODESRIA : Comité pour le Développement des
Recherches en Sciences Sociales en Afrique
DGAT : Direction Générale de l'Administration
Territoriale
DFRN : Direction des Forêts et des Ressources Naturelles
ENS : Ecole Normale Supérieure
FAO : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et
l'Agriculture
FLASH : Facultés des Lettres, Arts et Sciences
Humaines.
IEC : Information - Education - Communication
INJEPS : Institut National de la Jeunesse, de l'Education
Physique et du Sport
INSAE : Institut National de la Statistique et de l'Analyse
Economique
JA : Jeunesse et Animation
LARES : Laboratoire d'Analyse Régionale et de l'Expertise
Sociale
MAB : Programme de l'UNESCO pour l'Homme et la
Biosphère
MEHU : Ministère de l'Environnement, de l'Habitat et de
l'Urbanisme
MEPN : Ministère de l'Environnement et de la Protection de
la Nature
MSCL : Ministère de la Sécurité Publique et
des Collectivités Locales
OMD : Objectifs du Millénaire pour le
Développement
ONUPE : Organisation des Nations Unies pour la Protection de
l'Environnement
PADPPA : Programme d'Appui au Développement Participatif
de la Pêche Artisanale
PAM : Programme Alimentaire Mondial
PDC : Plan de Développement Communal
UAC : Université d'Abomey - Calavi
UNB : Université Nationale du Bénin
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Education, la
Science et la Culture SCRP : Stratégies de Croissance pour la
Réduction de la Pauvreté
INTRODUCTION
Face à la dégradation de plus en plus flagrante
de l'environnement, des mesures de corrections qui sont trouvés et
apportés ne semblent pas suffire pour réduire le
déséquilibre et la rupture qu'il y a entre l'Homme et l'espace
qu'il occupe. Partant des Objectifs du Millénaire pour le
Développement (OMD) en passant par les Stratégies de Croissance
pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP) pour aboutir aux
différents programmes et projets, notre pays, le Bénin continue
de s'efforcer dans la mise en oeuvre des mécanismes et stratégies
pour alléger les impacts de cette dégradation sur la vie socio
économique des Hommes. L'aboutissement de ces mesures reste non atteint
dans la plupart des cas et n'est pas toujours en étroite
adéquation avec les réalités quotidiennes des
communautés. « La misère, la faim, la maladie et
l'analphabétisme ne cessent de s'aggraver et les
écosystèmes dont dépend notre bien être ne cessent
de se dégrader. L' augmentation de la population, combinée
à des modes de consommation qui ne peuvent être soutenus à
terme, met à rude épreuve la capacité de charge de notre
planète à répondre aux besoins de survie et de
développement sain des Hommes », (HOUNGNIHIN
R.,2005)1
En effet, la problématique de l'environnement se pose
en terme de dégradation du couvert végétal, de
l'exploitation inadéquate des plants d'eaux, de fortes pressions
exercées sur les aires protégées, d'appauvrissement des
sols qui font émerger de nombreux problèmes.
Spécifiquement les ressources forestières de la zone inter
lacustre du lac Ahémé sont confrontées à de
multiples risques dont la source émane de leur gestion et de leur
exploitation irrationnelle. La contribution des forêts de la bande
lacustre à la survie des populations ne fait plus de doute quelconque.
Leur rôle en matière de régulation écologique et de
biodiversité justifie la nécessité de leur conservation.
Mais ces ressources sont utilisées par une large masse de riverains du
lac à faible revenu soit pour usage propre (piquets, palissades,
toitures,...), soit comme source de produits pour la vente à petite
échelle. La satisfaction des besoins pressants à court terme
associée à des crises climatiques, démographiques et
1 HOUNGNIHIN R. A, (2005), les mécanismes
endogènes dans la problématique de l'environnement à
Covè (Bénin), UAC, CODESRIA, 16p
économiques imprévues débouchent sur des
pratiques néfastes qui accélèrent le processus de
déforestation. De plus, le système de gestion de ces forêts
est centralisé parce que faisant partie du patrimoine de l'Etat. Le
contrôle de la déforestation est ainsi géré par des
structures déconcentrées chargées de faire respecter les
interdits et les restrictions sur l'usage de ces ressources naturelles
renouvelables. Il se fait également par la diffusion des
communiqués sur des chaînes de télévisions et radios
pour le respect des lois en matière de gestion des forêts, en
particulier la loi n° 93- 009 du 02 juillet 1993 portant régime de
forêts en République du Bénin. Mais il existe une
inadéquation entre les mesures prises au niveau central, les pratiques
et réalités des communautés dans leurs milieux. Les crises
socio-économiques dues à la rareté des ressources en eau,
source de revenu des activités de pêche exercées par ces
populations, ajoutées aux souffrances suscitées constituent
autant de défis qui nécessitent bien des intrants humains,
matériels et financiers pour être relevés. Assurer la
durabilité des ressources environnementales suppose qu'il faut à
la fois remédier à la rareté des ressources naturelles
pour les populations pauvres et inverser la tendance à la
dégradation de l'environnement dû à un accès de
consommation des populations.
A cette ère de la décentralisation, les modes de
gestion de ces biens doivent connaître de modification significatives
parce que pendant longtemps, les populations n'ont pas véritablement
bénéficié des efforts consentis jusque là
puisqu'elles ne sont pas entièrement impliquées dans ces
différents projets. Cela s'explique par l'insuffisance de moyens
alloués à leur réalisation car selon la Banque Mondiale
(BM), « la conservation centralisée n'est efficace que
lorsqu'elle est effectuée de façon autocratique ou en
dépensant beaucoup d'argent »2. Il s'agira de
prendre en compte les influences de ces changements sur la conservation des
réserves de la biosphère et de redéfinir la place de
chacun des acteurs (Etat, collectivités territoriales et
communautés riveraines) dans l'organisation de conservation de ces
réserves.
2 Jennie LITVACK, la gestion des ressources naturelles et
l'environnement,
www.worldbank.org
Cette étude se place dans le contexte de l'analyse des
impacts environnementaux et socio- économiques de la
déforestation des rives du lac Ahémé sur la vie des
populations ainsi que les conditions de gestion de ces ressources
forestières. Le document se repartit en quatre parties essentielles : la
première partie est consacrée aux données
théoriques et conceptuelles, la deuxième partie au cadre
général de l'étude. La troisième partie
troisième partie traite de la démarche méthodologique et
la quatrième partie est faite de la présentation des
résultats auxquels nous avons abouti de même que les discussions
et les suggestions.
1-1- PROBLEMATIQUE
La lutte contre la pauvreté n'a jamais cessé
d'être une préoccupation majeure des gouvernants. A cet effet, des
projets, programmes et stratégies sont élaborés et mis en
oeuvre pour sortir les communautés de cet état. Mais il se fait
que ces actions ne couvrent pas toutes les attentes des populations qui sont
obligées de se prendre en charge en se lançant dans des
activités connexes qui vont leur procurer des bénéfices
immédiats, ceci pour répondre aux besoins quotidiens. Parmi ces
activités, nous pouvons citer la coupe de bois pour le chauffage au
ménage et pour la fabrication de charbon. La communauté du lac
Ahémé n'est pas en marge de cette réalité. En
effet, depuis plusieurs décennies, le lac ne répond plus aux
besoins de la population qui ne cesse de s'accroître. Malgré la
concentration de cette population autour de cette ressource naturelle, le lac
ne bénéficie d'aucune politique d'amélioration de
production et donne ainsi moins de chances aux riverains de subvenir à
leurs besoins. C'est alors que les autres ressources naturelles, en particulier
les forêts sont devenues des champs d'activités pour ces
communautés. Le déboisement sans reboisement de ces forêts
présente beaucoup d'inconvénients qui agissent aussi bien sur la
nature que sur les hommes qui la composent. Selon la FAO, les pays africains
sont affectés par la croissance démographique dont les effets sur
l'environnement se traduisent par une exploitation
accélérée des ressources en sols, en eau et en
végétation, (Génie et al, 1992)3. Par ailleurs,
la zone humide du lac Ahémé fait face à de nombreux
dégâts dus à la déforestation. Cela s'explique par
l'utilisation des bois pour former les « acadja » servant d'outil de
pêche aux riverains surtout répandus dans les années 90,
les feux de végétation permanents, l'aménagement des rives
pour la détente, le creusage des étangs au bord du lac ou
même dans la forêt pour la pisciculture. Tout cela engendre des
conséquences telles que l'érosion du sol,
l'insécurité foncière, la modification des conditions
physiques, chimiques et biologiques du milieu, l'érosion
éolienne, l'avancée de l'eau et surtout l'ensablement du lac.
Dans l'ensemble, les forêts du lac ont souffert davantage que les autres
ressources car leur valeur a été la plus méconnue, leur
destruction étant perçue comme un inconvénient mineur au
regard des avantages attendus de leur conversion. En définitive,
malgré le coût important des actions menées pour corriger
l'état de la bande lacustre, celles-ci n'ont permis ni d'inverser ni de
stopper le processus de dégradation des ressources forestières.
Aussi à cette ère de la décentralisation, les communes de
Kpomassè, de Comé et de Bopa, conscientes de l'état des
ressources naturelles, ont-elles
3 Génie P. et al, (1992), Environnement et
développement rural, guide de gestion des ressources naturelles, Frison-
Roche, Saint Etienne, 418 p
inscrit dans leurs plans de développement respectifs
des mesures correctives à apporter aux écosystèmes
particulièrement à celui de la forêt du lac
Ahémé en vue de réduire un temps soit peu la
dégradation croissante des ces ressources naturelles. Mais ces projets
sont restés sans réalisation pour des raisons diverses. Et
«c'est là un lourd fardeau que notre génération
passe aux générations suivantes », (Kabala et al, 1
993,)4
Ces graves dommages infligés aux ressources naturelles,
en particulier les forêts et l'ampleur des impacts occasionnés par
l'homme sur le milieu naturel du lac Ahémé, nous amènent
à poser les questions suivantes :
- La déforestation massive, irrationnelle et sans
contrôle de la rive lacustre n'est - elle pas due au fait que les
populations riveraines n'ont pas encore pris conscience de l'importance de la
conservation de la forêt dans la protection de la nature ?
- La déforestation de la rive lacustre n'est-elle pas
à la base des dégâts tels que l'avancée de la crue,
érosion éolienne (dégâts matériels) dont sont
victimes les populations ?
1-1-1 OBJECTIFS
Généralement, il s'agira d'étudier les
causes de l'exploitation irrationnelle des ressources naturelles, notamment la
forêt- galerie pour la promotion d'une exploitation durable dans la zone
inter lacustre du lac Ahémé.
Spécifiquement,
- montrer que la forêt de la zone inter lacustre est
exploitée de façon irrationnelle ;
- faire ressortir les conséquences d'un tel
déboisement sans reboisement de la bande lacustre sur la vie socio -
économique des populations ;
1-1-2 HYPOTHESES
- Les populations du lac Ahémé exploitent les
forêts de la rive lacustre de façon irrationnelle;
- Les populations riveraines ne se sont pas encore rendues
compte que la déforestation de la rive lacustre est à la base des
dégâts tels que l'avancée de l'eau, érosion
éolienne (dégâts matériels), l'érosion du
sol, l'ensablement du lac dont elles sont victimes.
4 Kabala et al (1993), la forêt tropicale, un
patrimoine à préserver d'urgence, UNESCO, Paris, 362 p
1-1-2 REVUE DE LITTERATURE
Les forestiers ont reconnu que la durée de la vie de la
culture des forêts dépasse celle de l'homme. Toute forêt,
même purement commerciale, remplit trois fonctions principales :
productive, protectrice et sociale (Roger MERCIER, 1991 )5 . Les
arbres abritent les cultures contre l'évapotranspiration, les animaux
contre les excès climatiques, les hommes contre diverses agressions. Les
arbres régulent le régime de l'eau, et évitent les
brusques lâchures. La présence d'une forêt sur un sol
empêche la formation de torrents, et sa destruction livre le sol en proie
aux torrents. (www.fao.org/ forestry)6. De nos jours deux
nouveaux facteurs sont venus infléchir les orientations choisies par les
aménagistes ; ce sont la croissance exponentielle de nombreuses
populations humaines et le rythme accéléré des changements
technologiques affectant non seulement le domaine de l'exploitation et de la
transformation du bois mais aussi d'une façon générale
n'importe quel secteur d'activité depuis l'industrie agro-alimentaire
jusqu'au transport et aux communications. L'explosion de la population
urbanisée, principalement en Afrique occidentale après la
deuxième guerre mondiale, s'est traduite par une augmentation de la
demande de denrées alimentaires qui induisit une révolution dans
le monde agricole bien que les techniques de production demeurent
inchangées (FAO 1 991)7.
Pour leur plus grande part, les premières forêts ont
déjà été exploitées, épuisées
ou défrichées. Les personnes soucieuses des changements
planétaires de climat notent que les forêts sont des pièges
à Carbone et que la déforestation entraîne automatiquement
une émission nette de Carbone dans l'atmosphère, émission
qui contribue directement à augmenter la pollution atmosphérique,
(Génie et al, 1992)8. En Afrique où la
pauvreté sévit, les valeurs des forêts sont peu connues
autant des pouvoirs publics que des communautés riveraines. Les
communautés locales considèrent les forêts, non pas comme
un réservoir de produits ligneux pour les générations
futures, mais comme une réserve de terres pour y produire des vivres ou
y pratiquer des cultures de rente. Face aux besoins locaux les plus importants,
les populations d'hommes ne disposent d'aucune autre alternative au
défrichement de nouvelles terres. Ceci mettant les hommes eux-
mêmes à la base de la disparition de leur patrimoine forestier,
(Hamed SOW, 1 990)9 . Et David Kabala de nous faire
5. Mercier J.R (1991), la déforestation en Afrique,
situation et perspectives. EDISUD, 178 p
6 www.fao.org/
forestry1354.fr,
Gestion des ressources durable, 4 p
7FAO (1990), l'Aménagement des forêts
tropicales humides en Afrique, Rome, 180 p
8 Génie P. et al, (1992), Environnement et
développement rural, guide de gestion des ressources naturelles, Frison-
Roche, Saint Etienne, 418 p
9 SOW H., (1990), Le bois - énergie au Sahel,
environnement et développement, ACCT, CTA, Karthala 176 p
savoir que le déboisement, l'extinction
d'espèces et la dégradation des sols ont déjà
conduit à de fortes réductions de productivité et de la
diversité de la planète, (Kabala et al, 1993)10
Selon SKINNER J. et al, les zones humides tropicales sont des
écosystèmes complexes et dynamiques et remplissent toute une
gamme de valeurs et de fonctions dans les domaines de l'hydrologie, de
l'écologie, de diversité biologique, de la
récréation et fournissent un certain nombre de produits surtout
dans le domaine de la pêche et de l'élevage aux riverains en
particulier (SKINNER J. et al 1994)11. Mais elles connaissent de
régressions tant en surface qu'en qualité par le drainage et
assèchement, rectification et bétonnage des berges, pollution,
acidification ou eutrophisation, pêche excessive et destruction des
frayères, introduction d'espèces végétales ou
animales (J.J.SYMOENS, 1995)12. Outre le fait qu'elles
protègent le littoral contre l'érosion due au vent, aux vagues et
aux courants, et les récits de corail, les prairies marines et les
routes de navigation contre l'ensablement, les mangroves abritent une faune
très diversifiée, y compris des mammifères, des reptiles,
des amphibiens et des oiseaux menacés d'extinction ;de plus, elles
alimentent les réseaux trophiques marins et servent de frayères
à toute une série de poissons et de crustacés, dont
diverses espèces commerciales (FAO 2003)13. Et la collecte
excessive de bois et le surpâturage entraînent la
désertification qui aboutit à son tour à la
désintégration sociale et économique. En perdant les
arbres, les habitants d'une région frappée par la
déforestation perdent l'ensemble de leurs produits et de leurs
services.
Parlant de la déforestation en Afrique, Jean Roger
MERCIER établit le lien entre cette déforestation et les grandes
évolutions socio-économiques, les politiques nationales et
démographiques. Ainsi les impacts de la déforestation en Afrique
sont écologiques, mais aussi et surtout économiques et
sociologiques, par la dégradation des sols et toutes ces
conséquences nocives, ainsi que par la perte des produits et services
secondaires des forêts. Dans sa projection, il dit si rien de
sérieux n'est fait dans les années à venir, la fin des
forêts pourrait se produire entre 2040 et 2060 (Jean Roger MERCIER 199
1)14 . MONTCHO et SEGBEDJI (1998)15 étudiant les
différents facteurs de dégradation du lac Ahémé ont
mis l'accent sur la contribution de la déforestation à cette
dégradation et A. B. SALAMI et
10 Kabala et al (1993), la forêt tropicale, un
patrimoine à prévenir d'urgence, UNESCO, Paris, 362 p
11 Skinner J. et al (1994), Manuel de formation à la
gestion des zones humides, UICN, 272 p 12.SYMOENS J.J (1995),
l'aménagement durable des zones humides : respect de la forêt et
de diversité biologique, Académie royale des sciences
d'Outre-mer, Bruxelles, 22 p
13 FAO (2003), la situation et faits nouveaux dans le
secteur forestier, Rome, 83 p
14 . Mercier J.R (1991), la déforestation en Afrique,
situation et perspectives. EDISUD, 178 p
15 MONTCHO A. B. & SEGBEDJI F. X. (1991), les facteurs
de dégradation du lac Ahémé, mémoire de
maîtrise, ENS/ UNB, Porto- Novo, 100 p
TCHAWLASSOU (1998)16 de souligner que « la
nécessité de couper les espèces végétales
périlagunaires ou même lointaines pour la construction des
acadjas, xha, habitations, la fabrication des embarcations ou du sel traduit
l'ampleur de la dégradation intervenue dans la végétation
naturelle ». Depuis la période coloniale, l'aspect le plus
négligé fut la recherche de l'assentiment des populations
concernées en vue de la conservation des forêts. Ce qui traduisit
une opposition grandissante des populations riveraines des forêts qui
n'avaient aucune conscience de la gravité des problèmes
D'après l'étude de la FAO (1991)17, sur
l'Aménagement des forêts tropicales humides en
Afrique, les usages multiples, en particulier les utilisations
locales, sensibles à la problématique hommes-femmes, ont
été auparavant sous-estimées dans les évaluations
forestières. Leur seule participation des populations se limitait
à la main d'oeuvre nécessaire aux travaux de plantation, qui se
moyennait en nature (vivres PAM) ou en espèces. (FAO 1995)18.
Alors que le fait de les inclure contribuera à déterminer
l'utilité des activités futures. FAO (2003)19.
A cet effet, il faut que les groupes sociaux, gestionnaires
des ressources naturelles soient impliqués désormais dans la
définition des stratégies locales de projet de
l'aménagement du terroir et autres. La participation des
décideurs et des populations locales aux projets de recherche, à
la formation, et à la démonstration sur le terrain et la
coopération entre les spécialistes des sciences sociales,
biologiques et physiques pour rechercher les solutions aux problèmes
complexes de l'environnement. Selon l'étude réalisée par
la FAO sur la Gestion des ressources durables (en particulier sur les outils
d'intégration de la gestion durable publiée par la FAO,
Il est souvent impossible de compenser les impacts négatifs de
l'exploitation forestière dans des massifs primaires ou secondaires
riches en biodiversité. L'un des grands enjeux de la gestion durable des
forêts est la conservation de leur rôle écosystémique
en particulier en tant qu'habitat de flore et faune (www.fao.org/
forestry)20. Aujourd'hui, le secteur agricole et le secteur
forestier sont plus que jamais interdépendants, puisqu'ils doivent
relever des défis similaires pour tenter de faire face à la
pauvreté et à l'insécurité alimentaire. Si ces
problèmes favorisent la destruction et la dégradation des
forêts, la solution pour les résoudre et réduire au minimum
les incidences négatives de l'agriculture sur l'environnement comporte
un ensemble complexe de facteurs, ainsi que l'utilisation des
16 SALAMI A. B. et TCHAWLASSOU (1998), La morphodynamique du
lac Ahémé : contribution à l'étude du comblement du
lac et ses impacts, mémoire de maîtrise, DGAT/ FLASH/ UNB, Abomey-
Calvi, 61p
17 FAO (1991), l'Aménagement des forêts
tropicales humides en Afrique, Rome, 180 p
18 FAO (1995), Approche participative, communication et
gestion des ressources forestières en Afrique Sahélienne, Bilan
et perspectives, Rome ; 107 p
19 FAO (2003), la situation et faits nouveaux dans le
secteur forestier, Rome, 83 p.
20 www.fao.org/ forestry1354/fr., Gestion des
ressources durable, 4 p.
meilleures techniques nouvelles et anciennes, d'idées
novatrices et d'arrangements institutionnels modernes, (FAO 2003)21.
Il convient donc que l'aménagement forestier, même si en modifiant
l'écosystème, l'oriente pour rester toujours dans certaines
limites afin de le préserver non seulement pour des raisons
écologiques mais aussi à cause de la valeur nutritive qu'il
représente pour les populations locales. (FAO 1991)22. Aussi
à cette ère de la décentralisation, il serait important de
responsabiliser les riverains dans la gestion de la foresterie communautaire.
Selon Patrice Bigombé LOGO (2002)23, la foresterie
communautaire s'affirme à la fois comme une opportunité efficace
de gestion alternative des conflits liés aux ressources naturelles, un
moyen approprié de gestion durable des ressources naturelles, un outil
de gestion décentralisée des ressources naturelles et de
construction du développement local. Selon Pierre Génie et al,
(1992), afin de mettre fin à ces dégradations, les populations
doivent être éduquées et sensibilisées à la
gestion de l'environnement et à une gestion raisonnée des
ressources naturelles, compte tenu des contraintes nouvelles apparues depuis
quelques décennies. De plus, Claude BARBIER propose qu'il soit fait la
promotion des foyers améliorés, l'utilisation du pétrole,
du gaz ou la valorisation de l'énergie solaire qui constituent des
techniques appropriées pouvant se substituer à la demande de bois
et réduire la pression exercée sur les arbres et forêts en
milieu naturel par leur exploitation à des fins énergiques
(C.BARBIER, 2004) 24
1-2 ANALYSE THEORIQUE
Les ressources naturelles existent en quantité souvent
limitée et constituent cependant des richesses à l'état
latent des populations qui les détiennent. Elles ont un rôle
potentiel de développement à jouer tant au niveau local que
national voire continental mais leur exploitation incontrôlée
génère des contraintes qu'il convient de juguler par des
politiques efficaces et efficientes. Leur mise en valeur après
étude approfondie d'impact reste une option indiquée, (Adolphe
AHONNON, 2005)25. Les problèmes d'environnement sont
socialement construits, en ce sens qu'il y a plusieurs manières
plausibles de les aborder, (Oriane YOUNG, 2000)26
21 FAO (2003), la situation et faits nouveaux dans le
secteur forestier, Rome, 83 p
22 FAO (1991), l'Aménagement des forêts
tropicales humides en Afrique, Rome, 180 p
23 P. B. LOGO (2002), la construction des forêts en
Afrique subsaharienne, analyses et perspectives, Harmattan, 162p
24 BARBIER C. (2004), Désertification et foret, Silva
et Riat, Laballery, clamercy (58), 159 p
25 AHONNON A. (2005), Impact socio environnemental de
l'exploitation du sable marin sur le développement humain durable de la
commune de Grand-Popo, mémoire de fin de 4è année en J.A
à l'INJEPS, 77 p
26 YOUNG O. (2000), Gérer les biens communs
planétaires : réflexions sur un changement climatique
d'échelle, 13 p
Selon Mathieu YELKOUNI (200 1)27, la gestion des
ressources naturelles renouvelables comme les forêts est très
complexe. Elle nécessite la mobilisation de différents outils
théoriques pour prendre en compte des spécificités propres
à chaque contexte. L'analyse théorique que nous abordons dans le
cadre de notre travail traite du statut des ressources naturelles.
Depuis Samuelson (1954), un bien est qualifié de public,
s'il répond à deux critères de
base:
- la non rivalité, c'est-à-dire que la consommation
ou l'usage de ce bien par un agent n'entraîne aucune réduction de
la consommation des autres agents ;
- la non exclusion, qui est impossibilité d'exclure
quiconque de l'usage ou de la consommation de ce bien. Elle est liée
à l'absence d'un dispositif technique ou Juridique qui limite
l'accès à l'utilisation du bien (Lévêque, 1998) ;
Lorsque l'un des deux critères n'est pas respecté,
on peut définir plusieurs autres caractéristiques d'un bien,
comme le montre le tableau suivant :
Tableau n°I : Classification des biens
|
Non exclusion
|
Exclusion
|
|
Non - rivalité
|
Biens publics purs
|
Biens de club
|
|
Rivalité
|
Biens en commun
|
Biens privés
|
Source : Lévêque (1998), p.
87.
Non-exclusion et rivalité donnent un type particulier
de ressources, les biens en commun ou «common pool
resources» (Ostrom, 1990). On ne peut pas exclure les agents
économiques de l'usage d'une telle ressource mais il existe une
rivalité dans la consommation de ses biens et services (ressources
halieutiques, forêts et autres ressources naturelles renouvelables). Les
biens de club sont ceux dont l'exclusion est possible avec une
non-rivalité dans la consommation (par exemple les chaînes
télévisons ou les autoroutes payantes). Les biens privés
sont ceux qui respectent les critères de rivalité et d'exclusion,
par opposition aux biens publics purs.
Le critère d'exclusion renvoie à la notion du
contrôle pour l'accès aux biens et aux services d'une ressource.
Celui de rivalité porte sur la consommation (ou l'usage) des biens et
services et met donc en relief la notion d'extraction et d'utilisation de biens
ou de services.
27 YELKOUNI M. (2001), Décentralisation et dynamique
des institutions dans la gestion des ressources naturelles en Afrique de
l'ouest, rapport du régional UNESCO/MAB-UNEP/GEF213RAF2001.52 p
Pour ce qui est des biens non exclusifs, il est difficile ou
même impossible d'empêcher une certaine catégorie d'acteurs
d'en jouir, mais ils impliquent une relation de rivalité puisque la
consommation d'une unité de ces biens par un membre du groupe supprimera
ou réduira la disponibilité de ce bien pour les autres. Ainsi se
note une différence entre les biens publics purs (ni rivalité, ni
exclusion), des biens privés (rivalité et exclusion), et des
biens de club (exclusion mais non rivalité à l'intérieur
du club), (Young, 2000)28.
Un des problèmes lié à cette
théorie est celui de la « tragédie des biens communs ».
Des usagers se fondant sur des calculs individuels épuisent une
ressource ou l'exploite de manière excessive parce que rien ne les
incite à adopter une attitude de conservation dont d'autres pourraient
bénéficier. L'exemple de l'exploitation des palétuviers et
mangroves qui se situent au bord du lac Ahémé en est
illustrateur.
1-3 QUELQUES DEFINITIONS ET
CLARIFICATIONS CONCEPTUELLES
Dans le cadre de notre étude, les termes suivants nous
paraissent importants à clarifier :
- Environnement
- Déforestation - désertification -
dégradation forestière
- Population
1-3-1- ENVIRONNEMENT
Selon le dictionnaire des termes
géographiques29, l'environnement peut
être défini comme l' « ensemble des conditions
géographiques qui règnent immédiatement autour d'un lieu
donné et en commande l'activité ». C'est l'ensemble des
éléments naturels et artificiels qui influent sur les êtres
vivants et que ceux-ci peuvent modifier. C'est aussi un ensemble
perçu comme une entité dans un espace et en un temps
donné, des facteurs biophysiques, technologique, et
socio-économiques susceptibles d'avoir un effet direct ou indirect,
immédiat ou à terme sur l'homme et son cadre de vie.
L'environnement peut être perçu sous trois angles essentiels
à savoir :
28 YOUNG. O, (2000), Gérer les biens communs
planétaires : réflexions sur un changement climatique
d'échelle, 13 p.
29 MERENNE E , (1981), Dictionnaire des termes
géographiques, 103 p.
- le niveau d'organisation de la matière qui comporte
essentiellement les ressources naturelles comme l'eau, la forêt, le sol,
l'air, etc.
- le niveau d'organisation de la vie composé des
animaux, de l'homme et surtout du rapport que ce dernier entretient avec le
premier niveau ;
- le niveau d'organisation sociale qui rassemble tous
mécanismes créés par l'homme pour animer sa vie.
Aussi, la zone inter lacustre Ahémé se
regorge t-elle des ressources naturelles qui, ralliées au lac lui
confère une identité purement naturelle du point de vue
réserves. Mais de nos jours, ces ressources naturelles sont
menacées. La présence de l'Homme et son action dans la dynamique
de l'environnement revêtent des indices qui attestent de l'importance des
problèmes environnementaux autour du lac Ahémé.
- des prélèvements importants sont
effectués sur le capital forestier pour faire face à la demande
des populations en combustibles ligneux. Ceci a entraîné la
destruction des aires protégées et terroirs riverains portant
ainsi atteinte à l'équilibre des écosystèmes
;
- la demande en constante augmentation des populations
grandissantes se traduit par des pressions accrues sur les sols et leurs
ressources, entraînant des conflits entre groupes socioculturels, entre
collectivités familiales, et entre communautés ;
- la diversité biologique est de plus en plus
menacée par la surconsommation des ressources halieutiques et fauniques,
entraînant du coup la rareté ou la destruction de certaines
espèces. La multiplication d'autres techniques de pêche a eu un
impact sur la qualité et la quantité du lac.
Ces problèmes environnementaux sont la
conséquence directe de la rupture brusque de l'équilibre entre
les hommes et l'espace. Ainsi la crise de l'environnement est le produit d'une
dynamique socio- historique et économique. Elle est un
phénomène cumulatif qui ne peut être réduit à
sa seule dimension physique, (2005, R. A. HOUNGNIHIN)30. Il s'agit
au-delà d'un problème écologique et environnemental, d'une
remise en cause sociale et économique. C'est alors au coeur d'une
dynamique physique, historique, socioculturelle et économique que
doivent être recherchés les mécanismes qui
perpétuent la crise. La pression démographique, la
pauvreté des populations et les faibles performances de l'agriculture en
sont les causes immédiates.
30 . HOUNGNIHIN R. A, (2005), les mécanismes
endogènes dans la problématique de l'environnement à
Covè (Bénin), UAC, CODESRIA, 16 p
1-3-2 DEFORESTATION- DESERTIFICATION-DEGRADATION
FORESTIERE
La définition du terme
déforestation cause d'énormes
difficultés. D'abord, très rares sont les documents qui traitent
de ce sujet quand bien même cela constitue une forte
réalité que nous vivons au quotidien depuis des décennies.
Que cela soit au niveau national qu'international, l'on préfère
parler de la désertification qui, d'après la Convention des
Nations Unies sur la lutte contre la Désertification ratifiée le
26 décembre 1996 à Paris, peut se définir comme «
la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et sub-
humides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les
variations climatiques et les activités humaines ». Par
ailleurs, le texte sur la convention insiste sur le fait que « la
désertification est causée par des interactions complexes entre
facteurs physiques, biologiques, politiques, sociaux, culturels et
économiques »
Notons en effet qu'il ne faut pas confondre «
avancée du désert » et désertification car à
l'échelle humaine, le désert n'évolue guère ;
seules ses limites fluctuent selon la pluviométrie des années. Le
phénomène de désertification n'affecte pas des
déserts, qui en représentent le stade ultime, mais bien les zones
arides et semi-arides, zones où les équilibres naturels sont
précaires et où tout excès dans l'exploitation des
ressources conduit à la dégradation de l'environnement.
Toutefois, il se justifie que la désertification est un processus
continu de la déforestation. C'est pourquoi Claude BARBIER
(2004)31 affirme qu' « en zone tropicale humide, la
réduction de la déforestation nécessaire pour
atténuer les changements climatiques peut limiter l'érosion de la
diversité biologique (...) ».
L'explication du terme «Déforestation » ne
paraît pas facile puisque les indicateurs par rapport auxquels la
déforestation peut être définie continuent de faire l'objet
des discussions intenses entre spécialistes et aucune définition
universelle, sans doute très difficile à mettre au point compte
tenu de la diversité des situations concrètes, n'a
été retenue jusqu'à ce jour. Le terme
«Déforestation» évoque des images de paysages
dévastés, des sols érodés, de
désertification et de misère humaines. Cependant, les visiteurs
qui se rendent dans des zones très déboisés comme le Sahel
s'étonnent de trouver tant d'arbres encore sur pieds, d'où
l'emploi du terme « Dégradation forestière ». La
confusion naît alors des divers sens que l'on attribue au terme de «
Déforestation » (FAO, 1 994)32 . Les spécialistes
ont défini la déforestation comme étant
l'élimination d'au moins 90% de la couverture forestière. Quant
à
31 BARBIER C. (2004), Désertification et forêt,
Silva et Riat, Liballery, Clamercy (58), 159 p
32 FAO (1994), le défi de l'aménagement durable des
forêts, quel avenir pour les forêts mondiales ?, Rome, 122p
Jean Roger MERCIER (1991)33, la
déforestation sera également définie sur un territoire et
à une échelle de temps donnés comme le recul net des
surfaces arborées et forestières. Selon la FAO, elle s'est
nettement accélérée entre 1976 et 1990, et donc les pertes
de surfaces forestières sont encore plus fortes. Et cette
dégradation touche en particulier les forêts tropicales,
éléments uniques de notre patrimoine qui remplissent des
fonctions irremplaçables. Le Bénin ayant vite compris, a
déjà depuis les années 1940 et 1950 procédé
au classement 58 massifs forestiers pour une superficie 27000 km2 soit 19% du
territoire national (2000, DFRN)34 . Malgré les multiples
actions élaborées et exécutées dans le seul but de
conserver les écosystèmes, ils ont encore du mal à jouer
leur partition dans la gestion des ressources naturelles et de l'environnement.
De même, on a attribué à tort la majorité des pertes
en forêts à des fins d'exploitation agricole. Cependant, de nos
jours, les causes de l'exploitation forestière sont multiples et
diverses et prennent leur source dans la pauvreté, l'insuffisance
alimentaire, la démographie croissante.
1-3-3 POPULATION
La population est définie comme
étant un ensemble des personnes qui habitent un espace, une terre. Les
individus des communes de Comé, de Bopa et de Kpomassè
constituent une population sur laquelle porte notre étude. En effet, les
populations riveraines de la zone inter lacustre sont en majorité
dépendantes des activités de pêche. Le lac
Ahémé constitue la principale source pourvoyeuse de poissons et
crustacés. De nos jours où se constate la rareté de ces
produits, les populations sont confrontées à de multiples
difficultés. Nous pouvons citer l'érosion côtière,
la segmentation de l'eau, le comblement du lac, la faim, la pauvreté,
les maladies, l'exode rural, le vieillissement de la population. Toutes ces
situations s'expliquent par le fait que l'Homme, dans la recherche de sa survie
quotidienne a causé des dommages et continue d'en causer à la
nature. Dans le cas général, le lac Ahémé continue
de recevoir des coups que les populations subissent elles- mêmes. Et les
conséquences sont énormes et favorisent l'ampleur grandissante de
la pauvreté, avec la disparition de certaines espèces de poissons
donnant même moins de chance aux générations montantes de
connaître certaines variétés.
33. MERCIER J. R (1991), la déforestation en Afrique,
situation et perspectives, EDISUD, 178 p 34Direction des Forêts et des
Ressources Naturelles, (2000), Programme de Gestion des Forêts et
Terroirs Riverains (version provisoire) 26 p
2-1 JUSTIFICATION DU CHOIX DU THEME
Le lac Ahémé a pendant des centaines
d'années nourri des générations. Il a été
pour elles la garantie d'un avenir meilleur. Mais depuis que ce lac ne pourvoit
plus aux besoins des populations, il est devenu potentiel de
développement que de nom. En effet, face à l'insuffisance de
rendement de la production halieutique du lac Ahémé et des
conséquences de la crise économique survenue au Bénin en
1989 surtout la faim, les populations riveraines s'étaient
lancées dans une politique de diversification d'activités dont la
vente du bois de chauffage qui était souvent prélevé dans
la forêt humide. De même, cette forêt a été
fortement exploitée dans les années 90 où les
«acadjas» étaient répandus comme outils de pêche
compte tenu de sa position de proximité avec le lac. Aussi la
pauvreté et la démographie sont-elles des facteurs de
l'incapacité des parents à couvrir les demandes de leur famille,
ce qui pousse encore des enfants en particulier à la recherche de fagots
dans cette forêt qu'ils vendent ensuite pour subvenir aux besoins de
subsistance immédiats. Les mesures correctives apportées à
travers différents projets n'ont pas porté les fruits
escomptés. Nous pouvons énumérer le projet de production
et réhabilitation des mangroves au profit des riverains du lac
Ahémé en 1998, le projet d'appui à la
réhabilitation et la protection des forêts reliques, le projet
d'étude d'aménagement des plans d'eau du Sud en 1999,
initiés par le Ministère de l'environnement. De nos jours, avec
l'aménagement des rives en espaces de détente « plages
» qui se fait par la déforestation sans aucune étude
préalable dans presque tous les villages, expose le sol à la
dégradation et favorise ainsi le comblement et l'ensablement du lac. La
politique de reboisement des rives en mangroves en cours sous l'initiative du
Programme d'Appui au Développement Participatif de la Pêche
Artisanale (PADPPA) se confronte comparativement aux mêmes
difficultés que celles du projet de 1998.Tout cela nous amène
à nous inquiéter du présent et devenir social,
économique et environnemental de la communauté sur laquelle porte
notre étude.
2-2 PRESENTATION DU CADRE DE LA
RECHERCHE 2-2-1 CADRE PHYSIQUE
Le lac Ahémé est un écosystème
situé en zone tropicale humide à deux saisons alternées de
deus saisons pluvieuses. De latitude nord 6°20 et 6°40, puis de
longitude est 1°55 et 2°, le lac se situe dans un fossé
d'effondrement d'orientation subméridienne nord-est, sud- ouest. Ce
fossé s'étend de Tokpa-Domè à Guézin. Le lac
a une superficie moyenne de 85km2, avec une profondeur maximale de
2,35m. Il a une longueur de 24km, une largeur de 3,4km et communique avec le
fleuve Couffo en amont et en aval avec la mer, le fleuve Mono et la
lagune côtière par le chenal Ahô. Cependant
ces bonnes dispositions ne manquent pas de subir les influences qu'exercent les
sols, le couvert végétal et les activités anthropiques.
Le lac Ahémé assure au bénéfice de
l'humanité des fonctions diverses. Il a une fonction économique
directe puisque constituant une réserve d'eau et l'eau, de par sa
nécessité pour l'homme et ses atouts doit être reconnue
comme un bien économique. Il assure de plus des productions
végétales et des productions animales (principalement poissons,
également crustacés, mollusques, etc.). Le lac constitue
également, depuis toujours, des voies de communication pour le transport
des personnes et des marchandises.
Du point de vue écologique, le lac Ahémé
régularise le débit des cours d'eau, se gonflent comme des
éponges en périodes de pluie pour restituer plus tard les eaux
accumulées en empêchant ainsi tant les crues que les
étiages excessifs. En plus, le lac arrose la mangrove et de ce fait,
favorise la reproduction des ressources génétiques
forestières, ces forêts destinées à assurer la
protection des biens et des peuples contre les aléas climatiques, et
aussi contribuer à la réduction de l'ensablement du lac, source
d'approvisionnement surtout en poissons.
Sur le plan social, le lac Ahémé offre aux
populations des sites de récréation : pêche, baignade, et
sports nautiques, mais aussi tourisme vert et randonnées grâce
à l'île fétiche 'MITOGBODJI»
située non loin de Guézin à la pointe sud du lac.
Le lac Ahémé, à l'image des zones humides
constitue une source de connaissances : son peuplement floristique et
faunistique et les processus divers et complexes qui s'y déroulent
offrent un champ aux recherches scientifiques pures et appliquées. Il
est important de noter que les fonctions écologiques et sociales du lac
Ahémé lui donnent une valeur économique qui s'ajoute
à celle que lui confère sa fonction de production. Le non respect
de ces fonctions entraîne en effet des dommages à l'environnement
ou des pertes des biens sociaux dont la réparation et la compensation
coûtent très chers aux collectivités. L'estimation de la
valeur économique totale du lac Ahémé doit tenir compte
aussi bien de l'usage qui en est fait que de celui que l'on prévoit de
se réserver et du patrimoine qu'il recèle et qui constitue pour
lui des potentialités.
2-2-2 CADRE SOCIO- CULTUREL
La zone inter lacustre regroupe les communes de
Kpomassè (département de l'Atlantique), de Bopa, de Comé
et de Grand Popo (département du Mono). Contrairement à d'autres
régions du pays, la zone inter-lacustre d'une
homogénéité ethnique et culturelle. On
rencontre dans les communes de ces régions plusieurs
groupes socioculturels que sont les Waci, Sazoé, Xwla, Xweda,
Bopa, Aïzo, Mina, Nago, Fon et apparentés. Si toutes ces
populations ne font pas partie d'une même aire culturelle, elles
appartiennent à quatre principaux groupes linguistiques et culturels :
les originaires de l'actuel Ghana, le groupe Adja, le groupe Fon et
apparenté, les Nago et le groupe minoritaire dit Bopa venu du Nigeria.
Malgré cet émiettement du peuplement, les populations sont
polyglottes pour la plupart et se comprennent mutuellement. (2001, la
problématique de l'intercommunalité dans le fonctionnement des
communes béninoises)
2-2-3 CADRE SOCIO-ECONOMIQUE
Le milieu géographique façonné par l'eau
offre d'énormes potentialités. Elles sont liées à
la pêche, à la diversification agricole sans bien sûr
oublier des potentialités touristiques à valoriser. La
pêche, activité essentielle des principaux groupes ethniques est
pratiquée sous diverses formes. A cela s'ajoute la pisciculture
réalisée dans les trous à poissons depuis le déclin
des autres formes de pêche (exemple : acadja, xha, hameçon en
ligne).
L'économie de la zone inter-lacustre repose
essentiellement sur la pêche. La sécurité économique
de la majorité des habitants en grande partie des ressources
halieutiques ; la pêche étant l'activité principale des
hommes et la commercialisation de ces produits, celle des femmes dans les
marchés locaux et internationaux de Comé et de Lobogo.
Mis à part les Xweda, Bopa, Fon, les autres groupes
socioculturels complètent la pêche avec l'agriculture de
subsistance à base de manioc, de maïs, de production
maraîchère qui n'arrive toujours à suppléer à
la crise de la pêche. La forte pression qui s'exerce sur le lac provoque
la chute drastique de sa productivité, d'où l'ampleur de la crise
économique que connaît la zone. Celle-ci se traduit par la
dépendance alimentaire. En effet, toutes les activités agricoles
y compris les productions maraîchères sont réalisées
en période de décrue. Il en résulte alors une forte
irrégularité de la production. Cette irrégularité
de la production agricole le déficit de la région en
denrées vivrières, obligeant les femmes à se replier sur
le Togo et les régions septentrionales du Bénin pour acheter de
quoi nourrir les populations, malgré les énormes
potentialités du milieu en culture de contre saison. Aussi faut-il
souligner que l'ensablement du lac Ahémé par suite de
l'accélération de l'érosion consécutive au
défrichement des mangroves, limite la productivité de celui-ci. A
tout cela vient s'ajouter la perturbation des ondées entre la mer, les
cours d'eau et le lac depuis la régulation du cours du fleuve Mono par
la construction du barrage de Nagbéto. Tous ces facteurs ont
bouleversé
l'écologie du milieu et contribuent à
réduire la diversité biologique et la quantité des
ressources halieutiques. (LARES, 2001)35.
2-3 PRESENTATION DES COMMUNES 2-3-1 La
commune de Kpomassè
Située au sud-ouest du département de
l'Atlantique, la commune de Kpomassè partage ses frontières avec
les communes d'Allada au Nord, de Ouidah au Sud, de Torri- Bossito et de Ouidah
à l'Est et par le lac Ahémé qui la sépare des
communes de Comé et de Bopa (département du Mono) à
l'Ouest. D'une superficie de 305 km2, elle occupe environ les 2.26% du
territoire national. La commune compte neuf arrondissements et soixante- huit
villages avec une population estimée d'après le recensement de
2002 à 57639 hbts.
L'économie locale repose sur le secteur primaire
surtout la production végétale et halieutique. Le niveau actuel
de la production végétale n'est pas à la hauteur des
potentialités agricoles de la commune. Cette faible production est
justifiée par des problèmes dont le déboisement qui
constitue le principal facteur de déstabilisation des
écosystèmes, les incendies qui empêchent la
régénération de la plupart des essences
forestières. Le lac Ahémé, une ressource naturelle, fait
de la pêche, une des principales activités économiques dans
la commune.
Cette activité qui autrefois, faisait la fierté
des populations, est aujourd'hui menacée de disparition par les faits de
l'homme comme l'utilisation des engins et pratiques prohibés de
pêche , la destruction de l'écosystème du lac (mangroves)
qui constitue le berceau de reproduction des poissons. La conséquence
immédiate est le comblement du lac qui s'est appauvri avec la
disparition complète de certaines espèces de poissons. Dans la
commune de Kpomassè, l'exploitation du sable et du gravier se fait de
façon traditionnelle par les populations (par plongeon dans le lac) qui
en tirent des revenus substantiels. Cette activité favorise
lavancée du lac en causant des dégâts sur le sol, les
habitations et les hommes qui les occupent. Les ressources forestières
subissent une forte pression de la part des populations. Le bois étant
la principale source d'énergie dans environ 93% des ménages, sa
demande pousse à un déboisement croissant qui malheureusement
n'est accompagné d'une politique conséquente de
reboisement.36
35 LARES, 2001, la problématique de
l'intercommunalité dans le fonctionnement des communes
béninoises, 236p
36 Plan de Développement Communal de Kpomassè
(2006-2010),
2-3-2 La commune de Comé
La commune de Comé est située au sud-est du
département du Mono. Limitée au Nord par la commune de Bopa, au
Nord- oust par la commune de Houéyogbé, la commune de
Kpomassè à l'Est, les deux séparées par le lac
Ahémé et à l'Ouest par les communes de Grand-Popo et
d'Athiémé. Elle s'étend sur une superficie de 210 km2 avec
une population totale de 58396hbts en 2002. Elle compte trente trois villages
et cinq quartiers de ville répartis dans cinq arrondissements. La
pêche et l'agriculture de subsistance constituent des activités
principales des populations. La commune de Comé dispose des
potentialités comme les forêts et zones sacrées, des cours
d'eau, des bas-fonds, des marécages.
Selon le Plan de Développement de la commune, les
problèmes majeurs de l'environnement sont ceux relatifs à la
gestion de l'écosystème du lac Ahémé, les
inondations saisonnières, la non collecte ou évacuation des eaux
de pluies surtout dans l'arrondissement central, l'érosion hydrique des
sols, la mauvaise gestion des ordures ménagères, la
dégradation des voies de circulation, la dégradation continue de
la végétation naturelle, la dégradation des sols. La
destruction des espèces forestières par les hommes à la
recherche de bois, de certaines espèces arboricoles pour la fabrication
de charbon de bois et la recherche de gibiers sont les principaux facteurs de
la déforestation.37
2-3-3 La commune de Bopa
Située dans le département du Mono, la commune
de Bopa est limitée au Nord par les communes de Dogbo et de Lalo, au sud
par la commune de Comé, à l'est par les communes d'Allada et de
Kpomassè et à l'Ouest par les communes de Lokossa et de
Houéyogbé. Avec une population estimée en 2002 à
44342hbts, elle occupe une superficie de 365km2, soit 0.32% du
territoire national. La commune de Bopa compte sept arrondissements dont
quarante et sept villages et treize quartiers de ville. Elle partage le lac
Ahémé avec les communes de Bopa et de Kpomassè. Les
activités principales de la population sont l'agriculture,
l'élevage, la pêche, le commerce, l'artisanat, le transport,
l'exploitation de bois de feu, la transformation des produits. Les
activités humaines dans cette commune ont, à certains niveaux,
des impacts négatifs sur l'environnement. On peut cite entre autres la
déforestation, la fabrication anarchique du charbon de bois,
l'insalubrité, le comblement du lac, la dégradation des sols et
des voies, les incendies de brousse, la pollution sonre et
atmosphérique, l'inondation des terres. Pour avoir longtemps
pratiqué le système « Acadja »,
37. Plan de Développement Communal de Comé
2005-2009
la population riveraine a amené dans le lac
Ahémé une quantité importante de décharges de bois
de toutes sortes qui, ajoutées à la masse importante de sable
drainé par l'érosion des versants dans le lit du lac ont conduit
à son comblement. La surexploitation et l'utilisation des
méthodes engins prohibés ont aussi entraîné
l'appauvrissement du lac et la disparition de certaines espèces
halieutiques.38
3- METHODOLOGIE
Une démarche méthodologique est une
manière de progresser vers un but. Exposer la démarche
scientifique consiste à décrire les principes fondamentaux
à mettre en oeuvre dans tout travail de recherche. Ainsi dans le but
d'étudier les conditions d'utilisation des biens en communs, que sont
les ressources naturelles, en vue d'une politique du développement
durable orienté dans un contexte d'intercommunalité autour du lac
Ahémé, nous avons choisi de suivre la méthodologie qui
s'énonce comme suit.
3-1 ECHANTILLONNAGE 3-1-1 Type
d'étude et Population d'enquête 3-1-1-1 Type
d'étude
De type descriptif et analytique, notre étude aborde
les domaines social, économique politique dans une vision de
développement. Spécifiquement, elle permet d'avoir une
description de la manière dont la forêt est exploitée dans
la zone inter-lacustre du lac Ahémé, en particulier dans les
communes de Kpomassè, de Comé et de Bopa. A travers cette
étude, nous avons apprécié la situation de la
déforestation dans cette zone afin de proposer des solutions durablement
acceptables pour l'amélioration des conditions de vie des
populations.
3-1-1-2 Population d'enquête
Compte tenu de la diversité des informations à
recueillir d'une part sur les conditions d'exploitation des ressources
naturelles par les populations, et d'autre part sur les impacts qu'a cette
exploitation sur leur vie, nous avons considéré comme population
d'enquête les acteurs directs qui sont les populations riveraines
(pêcheurs, exploitants et les ménages) vivant au bord du lac
Ahémé et les acteurs indirects qui sont les autorités
politico - administratives et locales qui interviennent dans l'exploitation
forestière autour du lac Ahémé
38 Plan de Développement Communal de Bopa 2005-2009,
p.158
et qui oeuvrent pour la conservation desdites forêts.
C'est à partir de ces groupes cibles que nous avons
réalisé notre échantillonnage.
3-1-2 Echantillonnage
Dans le cadre de la présente étude, nous avons
utilisé deux types de méthodes à savoir la méthode
à choix raisonné et la méthode du choix
aléatoire
3-1-2-1 Méthode d'échantillonnage
Choix raisonné
Le choix raisonné a été
utilisé pour l'identification de la zone de déroulement de
l'enquête, des structures administratives, politiques et locales à
contacter. Compte tenu de l'étendue de notre champ d'étude et
devant l'impossibilité de considérer toutes les trois communes,
nous avons choisi un arrondissement dans chaque commune à savoir
l'arrondissement de Tokpa-Domé dans Kpomassè, Akodéha dans
Comé et Possotomé dans la commune de Bopa. Les raisons qui ont
motivé ce choix sont les suivantes :
- Tokpa-Domé constitue une localité qui
reçoit dans la commune de Kpomassè plus d'affluence humaine et
économique à cause de sa position par rapport au lac et surtout
de son grand marché qui s'anime tous les cinq jours et qui reçoit
la participation des hommes et femmes des communes environnantes ;
- L'arrondissement d'Akodéha est celui dans la
commune de Comé qui dispose plus de forêt humide
considérable et connaît un aménagement des rives en espaces
boisés en « plages », ceci qui se fait sans aucune
étude technique préalable exposant les populations à de
risques dont ils n'ont pas encore sû la portée ;
- Quant à l'arrondissement de Possotomé
dans la commune de Bopa, il constitue une localité à
caractère touristique à cause des hôtels qui s'y trouvent
surtout le village Club Ahémé qui reçoit plus de
touristes. Ies rives ont été aussi aménagées pour
les rendre plus attrayantes, ceci pour attirer de plus en plus les visiteurs.
En plus une forêt sacrée détruite est en
reconstruction.
Choix aléatoire
Nous avons eu recours à la méthode probabiliste
ou au hasard pour les différents groupes cibles parce qu'ils ne
pouvaient être connus avant l'enquête. Nous sommes passés de
maisons en maisons pour interroger les sujets.
3-1-2-2 Technique
d'échantillonnage
En fonction de notre population d'étude, nous avons
procédé d'une part à échantillonnage
aléatoire simple des exploitants et des ménages. Nous avons
opté pour ce choix parce qu'il nous faut parcourir de localités
en localités pour interroger les gens et d'autre part à un
entretien avec des élus locaux, des responsables ou cadres politico
administratifs dans l'aménagement du territoire et de la gestion du lac
Ahémé.
3-1-2-3 Taille de l'échantillon
Le nombre de chacun des acteurs diffère. Les
exploitants et les ménages (acteurs directs) sont plus nombreux que les
cadres administratifs et locaux (acteurs indirects). C'est ce qui justifie la
variation de la taille de l'échantillon d'un groupe cible à un
autre comme le retrace le tableau II suivant :
Tableau n°II : Taille de
l'échantillon
|
Population d'étude
|
Nombre de femmes
|
Nombre d'hommes
|
Nombre total
|
|
Exploitants et pêcheurs et autres
|
00
|
87
|
87
|
|
Ménagères, vendeuses de bois et autres
|
38
|
00
|
38
|
|
Forêt et PADPPA
|
00
|
02
|
02
|
|
Elu local
|
00
|
01
|
01
|
|
Total
|
38
|
90
|
128
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Au total, nous avons interrogé cent vingt et huit (128)
sujets dont trente-huit femmes et quatre-vingt et dix hommes. Ceci est dû
au fait que les hommes sont plus actifs dans les activités de
pêche et en matière d'exploitation des forêts. Le rôle
des femmes se remarque souvent dans l'utilisation de ces produits.
3-2- Techniques et outils de collecte des
données 3-2-1 Les techniques
Pour collecter les informations, nous avons utilisé
quatre techniques : l'observation, l'enquête par questionnaire,
l'entretien et l'exploitation documentaire. L'enquête par questionnaire a
concerné les exploitants de bois, les pêcheurs, les
ménagères, les vendeuses de bois de fagots, soit au total de 125
sujets. Ce sont eux que nous avons considéré comme étant
des acteurs directs parce que vivant de l'exploitation des ressources
naturelles. Cette technique nous a permis de recueillir auprès d'eux des
informations précises.
Trois (3) responsables des structures locales et politiques
ont été eux soumis à l'entretien, ce qui leur a offert une
plus large liberté d'expression et nous a permis de recueillir toutes
sortes d'informations.
L'exploitation documentaire nous a beaucoup aidé dans
notre travail. Elle nous a permis de recueillir assez d'informations sur la
gestion des ressources naturelles et les conditions de leur exploitation par
les Hommes à travers des ouvrages de référence.
3- 2- 2 La collecte des
données
Pour administrer les questionnaires, nous avons parcouru les
trois communes, en passant dans les villages qui se situent au bord du lac,
où nous avons interrogé les acteurs directs. Nous avons surpris
certains sur les rives ou sur les places publiques. D'autres ont
été interrogés dans leurs maisons. En
général, nous avons procédé au remplissage des
questionnaires en transcrivant fidèlement les idées des
interrogés. Cela nous a permis d'avoir plus de facilité dans
l'exploitation des données.
Quant aux entretiens, ils ont été obtenus sur
rendez- vous.
3-2-2 Les outils de collecte des
données
Un questionnaire destiné aux acteurs directs
Trois guides d'entretien dont un pour un élu local, un
autre pour un responsable forestier et un troisième pour un responsable
d'un groupe chargé du reboisement des rives initié par le
PADPPA.
L'observation
3-3- Difficultés
rencontrées
Les difficultés auxquelles nous avons été
confrontées sont nombreuses dont il nous importe d'évoquer
quelques unes :
- le non développement des informations sur le
thème « Déforestation » tant sur le plan national
qu'international ;
- la menace subie de la part des populations qui nous ont
considéré comme un politicien ou un envoyé de gouvernement
qui n'honore pas les promesses ;
- la réticence avérée des femmes à
répondre à nos questions sur la gestion des ressources naturelles
et du lac Ahémé compte tenu du complexe de
supériorité de l'homme sur la femme ;
- la réticence de la part des enquêtés
à nous dire des vérités de peur d'être mis à
l'index comme responsables étant à la base de ce qu'ils vivent
;
- le rejet a plusieurs reprises de rencontre avec les
autorités
Les difficultés d'ordre financier et matériel
surtout par rapport notre champ d'étude
étendu.
Toutefois, ces contraintes ne nous ont pas
empêché d'aller au bout de nos investigations grâces aux
facilités que nous avons eues par endroits en nous faisant aider par des
frères enseignants, étudiants et élèves.
Le tableau III suivant retrace le domaine d'investigation et des
perspectives d'action.
Tableau n°III : Domaine d'investigation et
perspectives d'action
|
Qualitatives
Des responsables des structures déconcentrés et
décentralisés de l'Etat (PADPPA, Eaux et
Forêts et élus locaux) :
? Informations sur les causes de déforestation, la mise en
application et le respect des dispositions et le respect des dispositions
légales.
? Option pour une gestion rationnelle des ressources
naturelles, en particulier les forêts
? Recueil des politiques mises en oeuvre des politiques pour
l'amélioration des
impacts.
|
Exploitation
|
Des documents relatifs à l'exploitation des ressources
naturelles et des forêts en particulier de même que les
conséquences liées à leur exploitation (ouvrages, rapports
et publications scientifiques).
|
|
PERSPECTIVES
|
1-
Amener les populations riveraines du lac Ahémé
à opter pour une gestion rationnelle des ressources naturelles
Contribuer à la réduction des impacts liés
à l'exploitation irrationnelle de ces ressources
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
4-1- PRESENTATION DES RESULTATS
En fonction de ce que nous cherchons, notamment la
réduction des impacts de la déforestation de la bande lacustre du
lac Ahémé par une exploitation rationnelle des ressources
naturelles existantes en général et de la forêt en
particulier, nous avons choisi de présenter les résultats dans
des tableaux et par graphiques, les éléments qui nous paraissent
importants et plus parlants.
Tableau n°IV : Répartition
de la population selon le sexe
|
Sexe
|
Nombre
|
Pourcentage
|
|
Masculin
|
88
|
70,40%
|
|
Féminin
|
37
|
29,6%
|
|
Total
|
125
|
100%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Tableau n°V : Répartition de la
population selon l'âge et le sexe
|
Age
|
Masculin
|
Féminin
|
Total
|
Pourcentage
|
|
Entre 12 et 24
|
55
|
06
|
61
|
48,8%
|
|
Entre 25 et 39
|
13
|
15
|
28
|
22,4%
|
|
40 et plus
|
20
|
16
|
36
|
28,8%
|
|
Total
|
88
|
37
|
125
|
100%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Tableau n°VI: Répartition de la
population selon le niveau d'étude
|
Niveau d'étude
|
Masculin
|
Féminin
|
Total
|
Pourcentage
|
|
Aucun
|
14
|
25
|
39
|
31,2%
|
|
Primaire
|
26
|
07
|
33
|
26,4%
|
|
Secondaire
|
48
|
05
|
53
|
42,4%
|
|
Total
|
88
|
37
|
125
|
100%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Tableau n° VII : Répartition
de la population selon l'âge et le niveau d'étude
|
Age
|
Niveau d'étude
|
Nombre concerné
|
Pourcentage
|
|
Entre 12 et
24 ans
|
Aucun
|
O2
|
01,6%
|
|
Primaire
|
13
|
10,4%
|
|
Secondaire
|
46
|
3 6,8%
|
|
Total
|
61
|
48,8%
|
|
25 ans et plus
|
Aucun
|
37
|
29,6 %
|
|
Primaire
|
20
|
16%
|
|
Secondaire
|
07
|
05,6 %
|
|
Total
|
64
|
5 1,2%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Tableau n° VIII : Raisons qui
poussent à la déforestation de la bande lacustre
|
Lettres
|
Raisons d'exploitation
|
Nombre de personnes concernées
|
pourcentages
|
|
A
|
Aucune
|
24
|
19,2%
|
|
B
|
La forêt n'est pas contrôlée
|
26
|
20,8%
|
|
C
|
La forêt n'est pas contrôlée,
c'est pour tout le monde et tout le monde exploite
|
27
|
21,6%
|
|
D
|
C'est pour tout le monde
|
10
|
8%
|
|
E
|
La forêt n'est pas contrôlée et
c'est pour tout le monde
|
29
|
23,2%
|
|
F
|
C'est pour tout le monde et tout le monde exploite
|
3
|
2,4%
|
|
G
|
Tout te monde exploite
|
3
|
2,4%
|
|
H
|
La forêt n'est pas contrôlée et tout
le monde exploite
|
3
|
2,4%
|
|
TOTAL
|
125
|
100%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Tableau n° IX : Reconnaissance des
populations sur l'existence des lois et règlements en matière de
la gestion des forêts
|
Réponses
|
Nombre de personnes
|
Pourcentages
|
|
Il existe des lois (oui)
|
98
|
78,4%
|
|
Il n'existe pas des lois (non)
|
27
|
21,6%
|
|
Total
|
125
|
100%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Tableau n°X : Données sur le
respect des lois et règlements en matière d'exploitation de
forêt
|
Réponses
|
Nombre de personnes
|
Pourcentages
|
|
Les lois sont respectées
|
26
|
20,80%
|
|
Les lois ne sont pas respectées
|
72
|
57,60%
|
|
RAS
|
27
|
21,60%
|
|
Total
|
125
|
100%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Tableau n° XI : Impacts de la
dégradation de la déforestation sur l'environnement
|
Lettres
|
IMPACTS
|
NOMBRE DE PERSONNES
|
POURCENTAGE
|
|
A
|
Avancée de l'eau
|
2
|
1,6%
|
|
B
|
Dégâts causés par le vent
|
7
|
8%
|
|
C
|
Faible rendement
|
3
|
2,4%
|
|
D
|
Avancée de l'eau et dégâts
causés par le vent
|
10
|
8%
|
|
E
|
Avancée de l'eau et changement de climat
|
8
|
6,4%
|
|
F
|
Avancée de l'eau et faible rendement
|
1
|
0,8%
|
|
G
|
Changement de climat et dégâts causés
par le vent
|
2
|
1,6%
|
|
H
|
Changement de climat et faible rendement
|
1
|
0,8%
|
|
I
|
Faible rendement et dégâts par le vent
|
20
|
16%
|
|
J
|
Avancée de l'eau, faible rendement et
dégâts causés par le vent
|
59
|
47,2%
|
|
K
|
Avancée de l'eau, changement de climat,
dégâts causés par le vent et faible rendement
|
12
|
9,6%
|
|
TOTAL
|
125
|
100%
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Figure n° I : Reconnaissance des
populations sur l'existence des lois et règlements en matière de
gestion de forêt
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Figure n°II : Données relatives au respect des
lois et règlements en matière d'exploitation de forêt
Source : MEWATIN R., juillet 2008
Figure n°III : Impacts de la
déforestation sur l'environnement
|
70 60 50 40 30 20 10 0
|
|
|
A B CD E F G H I J K
|
Source : MEWATIN R., juillet 2008
4-2 DISCUSSIONS
4-2-1 La gestion des rives boisées et non
boisées
L'importance de la forêt n'est plus à
démontrer dans cette partie compte tenu du développement que nous
avons fait dans les parties précédentes. Il faut dire que quelque
part, les populations ont une connaissance partielle sur l'importance du
rôle des forêts humides, spécifiquement les
palétuviers dans leur vie socio-économique. De leur
côté, il s'est agi du rôle producteur de poissons et d'offre
d'abri à ces espèces. C'est pour cela sans une organisation
sociale, chacun et surtout les parents défendent la coupe de ces bois.
Pour ce qui est des zones exclusivement bas-fonds, qui ne sont pas encore
habitées , elles sont destinées à des incendies
activés par des hommes en quête d'espaces pour creuser des
barrages à nasse et aussi drainer l'eau vers les trous de pisciculture.
Ce qui met en exergue le droit de propriété des premiers
occupants de ces parcelles, et entraîne par la suite des conflits
fonciers. Ces conflits ont été pendant longtemps
gérés entre les populations sans trouver d'issues satisfaisantes,
ayant même conduit certains pêcheurs à la mort. Il n'est pas
à ignorer que ces forêts et barrages à nasses portent le
nom de ces premiers occupants. Nous pouvons retenir les noms tels que ZOUNON
à Ghézin, DINLA, DEGUENON, SIANTE et autres dans l'arrondissement
d'Akodéha.
La problématique de l'aménagement des rives, en
dehors du désherbage, du balayage qui se font par les populations sur
ces rives, constitue une révolution concourant à la
conquête de plus d'espaces par la destruction des arbres pour organiser
des réunions et les fêtes annuelles. Cet aménagement se
fait sans la mesure des conséquences qui vont y découler. Ce qui
fait qu'en période de crue, ces espaces sont facilement occupés
par l'eau.
Photo n°1 : Espace
aménagé pour les rencontres quo- tiennes dans l'eau,
cliché MEWATIN R., août 2008
Photo n°2 : Espace
déboisé et aménagé pour les grandes fêtes
dans l'eau, cliché MEWATIN R., août 2008
Par contre dans certaines régions du lac
Ahémé, il se constate une absence totale des forêts sur les
rives. Et l'explication que nous pouvons donner à cet état de
chose est que les populations se sont mal installées de par le
passé parce que se situant entre le lac Ahémé et la
forêt qui se trouve derrière leurs concessions. Les
inconvénients sont énormes pétrissant les
communautés dans la misère et la pauvreté qui prend de
plus en plus d'ampleur.
Photo n°3: Destruction
d'habitation par le vent Photo n°4 : Barrage
contre l'avancée de l'eau
due à l'absence de forêt sur la rive, cliché
en vue de protéger les maisons, cliché
R., août 2008
MEWATINNLLD MEWATIN R., août 2008
4-2-2 Le processus de reboisement des rives encore
confronté aux mêmes entraves
Les palétuviers sont naturellement des ressources
génétiques dont les graines poussent pour donner des plants qui
peuvent être utilisés pour le reboisement des rives. Mais il faut
reconnaître que cet aspect de la chose n'a pas intéressé
les autorités en charge de ces projets. En effet, si nous nous
référons au projet de reproduction et de réhabilitation
des mangroves au profit des riverains du lac Ahémé initiés
par le Ministère de l'Environnement, de l'Habitat et de l'Urbanisme (
MEHU) en 1998 dont les objectifs consistaient à améliorer le
rendement de la pêche et le revenu des pêcheurs en procédant
à la formation des pêcheurs, à définir des atouts et
les contrats et appuyer les populations à l'acquisition des
matériels techniques par le suivi de la récolte et la mise en
place des plants surtout les palétuviers, on se demande sans pour autant
trouver de réponse ce qui serait à la base de cet échec.
Parce que ce projet est resté sans suite escomptée. Après
notre analyse, nous nous sommes rendu compte que ces plants ont
été laissés sans un suivi à la charge des
populations qui n'ont pas été impliquées de
façon
participative dès le début dans le processus.
Nous donnant raison, la FAO écrivait : «le pus souvent, les
périmètres étaient installés sans l'implication
réelle des populations ( travaux en régie) et sous le
contrôle exclusif des services techniques et des projets. La seule
participation des populations se limitait à la main d'oeuvre
nécessaire aux travaux de plantation , qui se moyennait en nature
(vivres de PAM) ou en espèces »( FAO, 1995)39
. Les conséquences négatives les plus graves de cette
stratégie d'intervention sont notamment l'absence de prise en charge par
les populations du suivi et de la gestion des réalisations. En
définitive, malgré leur coût, celles-ci n'ont permis de ni
d'inverser, ni de stopper le processus de dégradation des ressources
forestières. Cela traduit d'une part qu'il y a un manque de cadres de
décisions appropriées, le manque de sensibilisation des
populations locales et des décideurs sur l'importance des zones humides,
le manque de connaissances pratiques en matière de gestion de ces
zones,40 et d'autre part une méconnaissance de
l'écosystème, l'irresponsabilité des utilisateurs de bois,
le manque de gestion ou la gestion déséquilibrée des
ressources naturelles et l'inexistence de rapport entre l'administration et les
administrés, (1992, ;Génie P.et al)41. Cette
dégradation qui devient de plus en plus inquiétante a
amené le PADPPA, qui dans son programme d'action à
réinscrire ce projet dont la réalisation est en cours. Dores et
déjà, il se constate les mêmes effets sur ces plants quand
bien même cette fois-ci, les populations ont été plus ou
moins associées dans le processus. Dans les trois communes sur
lesquelles porte notre étude, les plants n'arrivent pas à
résister aux facteurs naturels tels que la crue, les pressions du vent,
l'eau de ruissellement. Selon Monsieur Pierre GBEDEME, responsable du groupe
chargé de reboiser l'une des rives du village de Sèhomi, dans
l'arrondissement de Possotomé, les arbres devraient être
plantés en période d'harmattan, moment où il n' y a ni
crue, ni de vent violent, ce qui n'a jamais été le cas. Aussi
faudrait-il mettre l'accent sur la qualité des plants. Si le projet
échoue, la qualité des plants ne serait pas des moindres causes.
Il ressort que la qualité des plants soit accompagnée de la
maîtrise des facteurs naturels pour la bonne réalisation du
projet.
39 FAO (1995), Approche participative, communication et
gestion des ressources forestières en Afrique sahélienne. Bilan
et perspectives, Rome, Fao, 107 p
40
www.aménagement-afrique.com
41 Génie P. et al, (1992), Environnement et
développement rural, guide de gestion des ressources naturelles, Frison-
Roche, Saint Etienne, 418 p
4-2-3 Le non respect des lois et
règlementations sur la forêt est à la base de
la déforestation.
La gestion de l'environnement n'a jamais cessé de
constituer une préoccupation des différents gouvernements
béninois depuis les années 1960 jusqu'à nos jours. Elle se
manifeste par la création de nombreuses institutions chargées de
la gestion de la nature, l'adoption de nombreux textes législatifs, la
conception et l'exécution de projets. Comme textes, nous pouvons citer
entre autres :
- La loi n° 60-20 du 13 juillet 1960 et le décret
n° 64-6276/PC/MAEP-EDT du 2 décembre 1964 portant permis d'habiter
en République du Dahomey ;
- La loi n°65-25 du 14 août 1965 portant organisation
de la propriété foncière en République du Dahomey
;
- Le décret n°74-60 du 8 mars 1974 portant
création de la Commission Nationale chargée de la lutte contre la
pollution de la nature et pour l'amélioration de l'environnement ;
- La convention des Nations Unies de 02 février 1971 sur
les zones humides, dite Convention de Ramsar ratifiée par le
Bénin en décembre 1975 ;
- Le décret n° 78-180 du 14 juillet 1978 portant sur
l'Homme et la Biosphère (MAB), UNESCO ;
- Le décret n° 82- 435 du 30 décembre 1982
portant interdiction des feux de brousse et incendies de plantation ;
- Le décret n° 85-291 du 23 juillet 1985 instituant
une journée mondiale de l'arbre ;
- La loi n° 87-12 du21 septembre 1987 portant code forestier
de la République Populaire du Bénin ;
- La loi n° 87-13 du 21 septembre 1987 portant
réglementation de la protection de la nature et de l'exercice de la
chasse ;
- La loi n° 87-16 du 21 septembre 1987 portant code de l'eau
;
- La loi n° 90-032 du 11 décembre 1990 portant
constitution de la République du Bénin ;
- La loi n°93-009 du 2 juillet 1993 portant régime
des forêts en République du Bénin ;
- La loi n° 97-029 du 15 janvier 1995 portant organisation
des communes en République du Bénin.
- La loi n° 98-030 du 12 février 1999 portant loi
cadre de l'environnement en République du Bénin.
A tout cela s'ajoutent plusieurs autres conventions,
décrets et arrêtés en la matière.
A l'issue de notre enquête, nous nous sommes rendu
compte que même si les populations ne maîtrisent pas de fond en
comble ces lois existant en matière de gestion de l'environnement, elles
savent au moins qu'il est interdit d'exploiter les forêts sans
l'autorisation du forestier. Car comme nous le montrent les résultats du
tableau n°9 et de la figure n°1, sur 125 personnes
interrogées, 98 personnes savent qu'il existe des lois et
réglementations en matière d'exploitation des forêts. Et
pourtant ces lois ne sont pas respectées. Selon le forestier en poste
à Akodéha et Ouèdèmey- Pédah, Monsieur
Gabriel VLAVONOU, les populations ne respectent pas ces lois parce qu'«
elles disent que c'est leur propriété, qu'elles ont toujours
planté et exploité des arbres depuis avant le temps de leurs
ancêtres et bien avant ma naissance sans avoir eu recours à qui
que ce soit. Donc il n'est pas question de payer des taxes et redevances avant
de couper les bois. Et en plus, ils me menacent de mort. Egalement, il est
à souligner d'après notre enquête, qu'il y a 57,6% de
personnes qui ont affirmé que les dispositions légales ne sont
pas respectées contre 20,8% qui ont dit qu'elles sont respectées
au côté de 21,6% qui ne savent pas si ces réglementations
sont suivies ou non, (tableau n°10 et figure 2).
Autrement, ces dispositions ne sont pas respectées et par
conséquent il nous revient de chercher la raison d'une telle situation.
Selon le forestier, c'est la famine et l'exercice des activités à
buts lucratifs qui poussent les populations à la déforestation,
et le CA de Possotomé d'ajouter que le surpeuplement qui se constate par
un nombre important de membres dans des familles et le régime de chaque
ménage demande l'utilisation des bois.
Photo n°5 : Zone
déforestée pour prélever du Photo
n°6 : bois coupés favorisant l'avancée
sable entraînant l'avancée de l'eau, cliché
de l'eau, cliché MEWATIN R., août 2008 MEWATIN R., août
2008
La précarité des conditions de vie des
populations qui ne cessent de s'accroître dans une pauvreté qui ne
s'arrête de prendre de l'ampleur constitue la cause réelle de la
déforestation de la zone inter lacustre. La population est
laissée pour son compte sans aucune
politique d'amélioration des conditions de vie
même de la part des autorités locales. Bref, notre idée se
justifie par la pensée de P. Génie qui a affirmé que
« les pays africains sont affectés par une croissance
démographique dont les effets sur l'environnement se traduisent par une
exploitation accélérée des ressources en sols, en eaux et
en végétation », (1992, P.
Génie).42
Les impacts de la déforestation sur la vie
socio-économique et environnementale des populations sont
énormes. En effet, la dépendance de l'Homme de son environnement
et des ressources naturelles fait de lui une espèce très fragile
car toute sa survie dépend du prélèvement qu'il fait dans
la nature et de la modification qu'il fait de cette nature. C'est cette
dépendance qui rend difficile de nos jours, l'existence des populations
du lac Ahémé. Les bois coupés sur un espace exposent le
sol à la dégradation et leur absence ne favorise ni
l'interception des précipitations, ni leur percolation dans le sol, et
par conséquent, au lieu de s'opposer au ruissellement, lui trace des
voies qui le conduit dans le lac et ce, en contribuant à son comblement
et son ensablement.
Photos n°7 et 8 : Sols
dégradés causés par l'avancée de l'eau due à
la déforestation, cliché MEWATIN R., août 2008
De même, le déboisement porte une grande atteinte
au maintien du climat dont la régression défavorise la production
animale et végétale. Et lorsque la production animale et
végétale diminue de jour en jour, c'est la satisfaction des
besoins humains qui se voit menacée
42 Génie P. et al, (1992), Environnement et
développement rural, guide de gestion des ressources naturelles, Frison-
Roche, Saint Etienne, 418 p
Photo n° 9 : Ordures
jetées sur la piste de l'eau de ruissellement vers le lac contribuant
ainsi au comblement du lac, cliché MEWATIN R., août 2008
Photo n°10 : Produits d'une
pêche exercée
entre 6h40mn et 8h20, cliché MEWATIN R., août
2008
Aussi, le déboisement ou l'absence de bois sur une rive
cause-t-elle facilement la destruction des toits, des logements sous la
pression des vents sans oublier l'avancée de l'eau dont les
dégâts sont grands et irréparables photos (n°3 et 4).
Dépassées, les communautés n'ont jamais cessé de se
plaindre de ' l'érosion côtière» qu'elles vivent
particulièrement dans la commune de Kpomassè. Des habitations
disparaissent seulement d'année en année par l'avancée du
lac comparée à certains instants à la mer. Selon les
populations, il y a de cela environ quinze ans, la rive se situait à
presque cinq cents mètres d'où elle est de nos jours. Des
individus occupant cet espace ont malgré eux abandonné leur
propriété au détriment de l'avancée de l'eau.
Plusieurs concessions ont été détruites et le secours
à ces sinistrés n'a pas été senti malgré les
démarches qu'ils ont eu à mener à l'endroit des
autorités publiques. Tout cela est dû à une grande absence
des forêts sur les rives laissant les demeures en contacts directs avec
le lac comme nous le montrent les photos n°3 et 4. Nous
référant aux résultats sur les impacts de la
déforestation sur l'environnement inscrits dans le tableau n°10,
nous déduisons que les dégâts causés par le vent
constituent le dénominateur commun des difficultés auxquelles
sont confrontées les populations. Il est urgent donc de trouver de
façon adéquate des solutions de qualité pour arrêter
cette avancée de l'eau qui est de plus en plus provoquée par
l'activité de prélèvement du sable et de gravillons,
laquelle les populations continuent d'exercer afin de joindre difficilement les
deux bouts..
4-2-4 La population de la zone inter lacustre de
jour en jour éprouvée dans un environnement en pleine
dégradation.
La pauvreté des populations de cette zone est une
réalité que seul celui qui la vit pourrait la décrire avec
aisance. Les exploitants du lac Ahémé n'arrivent plus à
satisfaire leurs besoins essentiels avec les revenus de la pêche et des
autres activités connexes (photo n°10). Selon ABALOT S. (2005),
« jusque là, le lac n'est resté potentiel de
développement que de nom, car les ressources
générées par son exploitation n'ont aucune incidence
positive sur les caisses des communes, ni sur les populations, que si elles ne
permettent de vivoter »43.Cela ne peut être
autrement car le lac a déjà offert des jours meilleurs aux
populations de par le passé. Et parlant de la pauvreté
monétaire, le même auteur estime que « les populations du
lac Ahémé, au lieu de s'éloigner des frontières de
la pauvreté y gravitent encore, mais dangereusement », faisant
ainsi allusion aux différents indicateurs qui caractérisent les
catégories socio-économiques des ménages au Bénin
formulés par l'INSAE44. Ces indicateurs sont entre autres
l'approvisionnement en eau potable, le mode de cuisson le plus utilisé,
le mode d'éclairage, l'évacuation des eaux usées,
l'évacuation des ordures, type de construction, concession (oui ou non),
type d'usage de l'habitat, statut d'occupation de l'habitation, nombre de
personnes par pièce, nature du toit, nature du sol, nature des
mûrs, mode d'aisance, niveau d'instruction du chef de ménage. Nous
dirons que la plupart des ménages sont plus pauvres. En
général, dans la zone inter lacustre où par endroits, il
n'y a ni eau potable ni électricité, les habitations sont en
majorité en terres de barres, et sont occupées par un grand
nombre personnes avec à sa tête un chef non instruit ou dont le
niveau d'instruction se limite au cours primaire. C'est ce que nous montre le
tableau n° 7 où nous avons parmi les 64 personnes
âgées de 25 ans et plus, seuls sept ont le niveau du secondaire
sachant bien que déjà la plupart des jeunes se marient à
25 ans. Ainsi, la pauvreté monétaire a cédé sa
place à l'animation des petits marchés sur le système de
troc qui connaissent la participation des femmes productrices de
céréales et fruits qui les échangent contre de poissons et
crustacés apportés par les femmes des pêcheurs.
43 ABALOT S. P.( 2005), Gestion intégrée de
l'environnement pour un développement durable : cas d'un territoire
singulier, le lac Ahémé, mémoire de maîtrise en
Développement Communautaire, JA/INJEPS/UAC, 114 p
44 INSAE (2003), Ménages, conditions d'habitations et
pauvreté au Bénin, INSAE, 147 p
4-2-5 La coopération entre l'Etat central et
les collectivités locales dans la problématique de la
gouvernance locale environnementale inexistante
Dans le processus amorcé depuis 2003 au Bénin,
les communes éprouvent de grandes difficultés pour mettre en
exécution leurs propres programmes de développement en l'absence
de décisions concernant les transferts des compétences et par
voie de conséquence, de moyens financiers. Or selon l'article 94 de la
loi 97-0029 du 15 janvier 1999 portant Organisation des communes en
République du Bénin45, il est stipulé que
« la commune a la charge de la création, de l'entretien des
plantations des espaces verts et de tout aménagement public visant
à l'amélioration du cadre de vie. Elle veille à la
protection des ressources naturelles, notamment des forêts, des sols, de
la faune, des ressources hydrauliques, des nappes phréatiques et
contribue à leur meilleure utilisation. Elle est consultée sur
tout aménagement relatif aux sites mêmes se trouvant son
territoire ». Et la question que l'on se pose est de savoir comment
serait-il possible d'harmoniser dans ce processus de décentralisation,
les problématiques socio- économiques et les enjeux de
développement durable? Selon Eric Belvaux (2005)46, la mise
en place d'une gestion décentralisée des ressources naturelles
dans un pays en développement repose sur trois éléments
fondamentaux à savoir :
- l'appropriation par toutes les parties prenantes du principe
selon lequel une intégration systématique de la dimension
environnementale dans tous projets et programmes sectoriels et à tous
les niveaux d'intervention ( central, déconcentré et
décentralisé ) constitue un préalable à toute
politique de développement ;
- l'élaboration de dispositifs techniques et juridiques
proposant des solutions adaptées aux différents contextes et
encourageant une bonne gouvernance locale permettant une gestion durable des
ressources naturelles par l'ensemble des acteurs concernés
(communautés de base, collectivités territoriales
décentralisées, secteur privé...) ;
- la conception au niveau national d'une stratégie
conjointe d'intervention en matière de fiscalité locale entre les
ministères en charge de l'environnement, de la décentralisation
et de l'aménagement du territoire, des finances et du budget.
Après cinq ans de décentralisation au
Bénin, il a été remarqué que la
préoccupation environnementale ne fait pas encore le souci des
élus locaux et cela est dû aux priorités accordées
aux actions socio-économiques dans les différents PDC. S'ajoutent
la faiblesse de la fiscalité endogène et la difficulté de
recouvrement de l'impôt. Il était facile de croire que
45 MSCL (2006), Recueil des lois sur la
décentralisation, 172 p
46 Belvaux E. (2005), Décentralisation et gestion des
ressources naturelles dans un pays en développement : l'exemple de
Madagascar, 13 p
malgré l'absence d'une planification à long
terme de gestion des ressources naturelles au niveau national, il était
possible de concilier déconcentration et décentralisation,
développement économique et conservation du milieu, bonne
gouvernance et gestion raisonnée de l'espace. Au lieu d'instaurer un
dialogue territorial par la négociation, la concertation et la
médiation pour engager les populations dans un débat constructif
sur l'organisation de l'espace dans lequel elles évoluent, ce principe
de subsidiarité a été rompu par l'Etat central.
Très tôt, le gouvernement béninois a signifié aux
communes son intention de la gestion continue des forêts qui sont sur
leur territoire en leur proposant la création des forêts
artificielles communautaires. C'est ce conflit qui est à la base des
difficultés que rencontrent les forestiers dans les villages dans
l'exercice de leurs fonctions parce que les autorités locales ne sont
pas impliquées dans la sensibilisation des populations. Selon le
forestier en poste à Akodéha, « nous sensibilisons les
populations mais elles ne comprennent car elles ne veulent pas
s'exécuter. Pour les séances, elles ne sortent pas et disent
souvent qu'elles n'ont pas de temps à consacrer au forestier ». Et
le CA de Possotomé d'ajouter que si les lois ne sont pas
respectées, c'est la faute à l'Etat. Parce que la meilleure
manière n'est pas de passer des communiqués à travers les
radios et télévisions pour interdire l'utilisation des branchages
lors des mouvements de protestation comme le dit la loi n° 93-009 du 2
juillet 1993 mais c'est de nous envoyer des correspondances pour que nous nous
chargions de sensibiliser nos populations. Car ceux qui n'ont ni
télé ni radio, vont toujours tomber sous le coup de la loi et
dans l'ignorance. Ce qui veut dire qu'il y a manque total de partenariat entre
le niveau central et celui décentralisé alors que la mise en
place de processus démocratiques s'appuyant sur la
décentralisation des pouvoirs et la bonne gouvernance locale permet aux
collectivités territoriales de contribuer de façon
légitime et représentative à la réduction des
principaux facteurs de dégradation et d'intervenir selon le principe de
subsidiarité au niveau territorial le plus approprié.
4-3 SUGGESTIONS
4-3-1 Renforcement de l'éducation relative
à la protection de l'environnement.
La connaissance qu'ont les populations sur l'importance de
conserver les forêts est très limitée et relative aux
réalités et difficultés auxquelles elles sont
confrontées chaque jour. Or chaque citoyen doit être en mesure de
distinguer et d'attacher de la valeur aux multiples paramètres qui
contribuent à rehausser la qualité de son environnement. Et
sans
l'information, l'éducation et la communication, il ne
pourra pas pleinement percevoir les ruptures d'équilibre, les
dégradations et les pollutions qui affectent son environnement. C'est
pourquoi nous suggérons qu'il soit organisé des séances de
sensibilisation à l'endroit de ces communautés des séances
d'IEC sur les rôles et fonctions des forêts de même que
l'importance de les conserver. Et à ce titre, les radios communautaires
doivent être utile pour la diffusion des émissions en langues
nationales pour atteindre la plus grande population.
- Au niveau de l'Enseignement Primaire, que l'Etat tâche
d'insérer dans les programmes d'apprentissage, la mise en oeuvre des
« fiches pédagogiques sur l'environnement » conçues par
l'ABE ;
- Au niveau secondaire, cette éducation doit renforcer la
capacité des élèves la façon de penser qui respecte
l'environnement dans lequel sont ainsi que sa défense ;
- A l'université, l'Etat doit veiller et encourager la
formation des cadres compétents pour animer les grandes instances de
décisions sur la relation d'interaction complexe qu'existe entre l'Homme
et son environnement. Il doit aussi encourager les recherches qui vont aboutir
aux actions susceptibles de réduire les impacts de la dégradation
de l'environnement.
4-3-2 La politique de reboisement doit être
révisée
Si depuis 1998, les différents projets de reboisement
des rives du lac Ahémé n'ont pas abouti, il faille revoir les
causes de cet état de chose. Et ce sont le non
résistibilité des plants à la crue, à la pression
du vent et les actions des hommes. Même si de nos jours, on constate une
organisation de la part des groupes en charge du reboisement, il faut que les
responsables impliqués dans lesdits projets agissent de façon
suivante :
- revoir la qualité des palétuviers en
sélectionnant les espèces qui vont résister aux facteurs
naturels qui sont la crue et la pression des vents ;
- maîtriser ces facteurs en calculant la période
juste où les plants vont s'en raciner sans perturbation comme le temps
de l'harmattan ;
- convaincre les populations pour avoir leur adhésion
au projet en vue de leur participation aux différentes étapes de
la réalisation et mettre en oeuvre un système de suivi qui les
amènera à s'auto évaluer ;
- les aider à s'organiser en leur fournissant des moyens
nécessaires permettant à ceux qui se sont adonnés d'y
trouver leur intérêt.
Par ailleurs, cette stratégie doit accorder une
attention particulière au suivi et à l'évaluation. En
dehors du suivi financier régulier et les visites sur le terrain, pour
contrôler la performance du processus de reboisement, les systèmes
de contrôle doivent évaluer les processus participatifs du point
de vue de la transparence, de la responsabilisation, de l'équité,
de l'efficacité des liens institutionnels et opérationnels et des
aspects techniques des régimes locaux de gestion.
4-3-3 Agir pour dynamiser le secteur
économique dans la zone inter lacustre
Même si tout le monde juge que c'est la rareté
des ressources halieutiques dans le lac qui est à la base de la
pauvreté dans cette zone, nous pouvons dire de nos jours que la
situation actuelle dépend de l'organisation des hommes car elle continue
de perdurer. Seulement un nombre insignifiant qui s'est restructuré en
se lançant dans des activités connexes telles que la pisciculture
s'en sort au quotidien. Mais tout part de la non existence des structures
d'appui conseil et assistance et de micro finance aux populations. De plus, la
couche la plus marginalisée est celle des femmes. Si elles ne sont pas
en train de prélever du sable dans le lac, on les voit en train de trier
les gravillons extraits du même lac (photos n°9 et 10) ou d'autres
oisives et sans indépendance financière attendant l'intervention
de leurs maris avant de se nourrir, se vêtir et participer à des
contributions d'ordre familial et social.
Photo n°11 : Gravillons
prélevés dans le Photo n°12 : Sable
prélevé dans le
lac. MEWATIN R., août 2008 lac, MEWATIN R., août
2008
De ce fait, il faut que des initiatives soient prises aussi
bien à l'égard des pêcheurs pour leur permettre de
s'adonner aux activités connexes afin de laisser le lac se refournir de
ressources et aux femmes pour redynamiser et rentabiliser leurs revenus. Ainsi
lorsque les
besoins de la famille seront couverts, la famine ne poussera
plus les enfants à la coupe de bois parce qu'étant les plus
fréquents dans la forêt d'où un processus de
réduction de la déforestation sur les rives du lac
Ahémé.
4-3-4 Le recours inhérent aux
divinités ancestrales est sine qua non pour la conservation et la
protection des forêts
Les coutumes et pratiques traditionnelles et cultuelles sont
encore de nos jours plus respectées dans nos villages que les
prescriptions juridiques législatives. Elles constituent ce qui
maintient jusqu'à présent certaines forêts sacrées
dans leur identité naturelle parce que le non respect est assorti de
sanctions systématiques à l'endroit de toute personne
récidiviste. En vue de réussir la protection la conservation et
la protection des forêts existantes, l'introduction des vodoun s'impose
à tous les acteurs à partir de l'Etat et des partenaires en
synchronisation avec les communautés à qui le rôle
régulateur revient. La consécration des forêts aux
divinités ancestrales est l'une des techniques endogènes de
conservation des ressources naturelles et de protection de la nature. On ne
pourra donc ni brûler les arbres, ni y couper du bois. L'implantation des
sanctuaires et les rites qui se déroulent dans les forêts
attesteront de la prise en charge de ces entités naturelles par les
communautés. En plus, les sanctions doivent être suivies des
interdits sous l'autorité et la vigilance des chefs religieux. C'est
à cette seule condition que l'on puisse réussir à
préserver ce qui existe déjà et mettre de l'ordre dans la
société. Cette formule fondée sur la valorisation des
savoirs endogènes doit être prise en compte pour inverser les
tendances actuelles.
4-3-5 L'Etat et la commune doivent désormais
s'associer comme des
partenaires
La protection de l'environnement ne se limite pas au respect
de la loi n° 93-009 du 02 juillet 1993 portant régime des
forêts en République du Bénin. Jusqu'à nos jours,
les autorités publiques ne maîtrisent pas les véritables
dégâts causés à l'environnement. Rapprocher le
pouvoir de la base en matière de la gestion de l'environnement est l'un
des moyens de s'imprégner des réalités que vivent les
administrés. Et pour le faire, ce ne serait que par le processus de
décentralisation en cours dans notre pays le Bénin. C'est
pourquoi, le Ministère de l'Environnement et de la Protection de la
Nature (MEPN) doit conférer une partie de ses prérogatives aux
collectivités territoriales à la base. Les dispositions
légales et les moyens nécessaires doivent être suivis pour
rendre opérationnelle cette décentralisation. Car à la
différence de penser que la commune se substitue
à l'Etat, la décentralisation de la gestion des ressources
naturelles devra s'inscrire à la croisée d'un ensemble de
politiques que le pays doit rénover puisqu'il ne s'agit pas de
désadminister la politique environnementale mais de réduire
l'ingérence sans succès de l'administration tout en visant
l'amélioration de sa participation. Cela voudra dire qu'il faut
redéfinir le rôle de chaque acteur à divers niveaux de
même que les relations qui doivent désormais exister entre eux
dans la mise en oeuvre des actions environnementales.
CONCLUSION
Il est difficile de faire la part des aboutissants entre les
dégâts causés par la déforestation de la bande
lacustre et les difficultés éprouvées par le lac
Ahémé. La disponibilité régressive des ressources
naturelles en eaux, sols et végétations devant les demandes des
populations de plus en plus croissantes fait appel à de grandes
mobilisations de moyens et réflexions multisectorielles. Les souffrances
des populations riveraines du lac Ahémé prennent de l'ampleur
chaque jour. Elles se caractérisent par la perte des habitations sous le
coup du vent et l'occupation des sols par l'avancée du lac causée
par l'absence totale d'arbres sur les rives et le prélèvement du
sable et de gravillons dans l'eau dans une pauvreté où il y a
manque d'eau potable, manque d'électricité, la jeunesse
désoeuvrée à faible niveau d'instruction et laissée
à son compte, les femmes en majorité sans activités
génératrices de revenus, tout cela accompagné de
l'inexistence des mesures d'accompagnement pour alléger les peines de
ces communautés. A cet effet, la réduction de la
déforestation ne peut se faire avec succès sans avoir
résolu le problème de la faim, de la misère, de l'emploi
des jeunes, de la scolarisation des enfants, des activités des hommes et
des femmes, bref de la pauvreté en général. Si non,
l'imposition du respect des lois et règlements en matière de
gestion des forêts aux populations va plutôt aggraver les
phénomènes de passagers clandestins dans l'exploitation des
biosphères. La question de l'efficacité de la gestion des
ressources naturelles renouvelables telles que les forêts doit
forcément passer par l'implication des populations locales. C'est une
grande opportunité pour mettre fin aux dégâts. La
participation des communautés est jugée importante à
plusieurs égards : elle constitue un moyen de construction sur la base
des connaissances endogènes et donne la garantie que les programmes et
interventions correspondent au contexte local. En outre, elle offre une chance
supplémentaire au maintien de l'intérêt et de la
viabilité à longue échéance. Ceci permettra
d'accroître et de diversifier les ressources en vue de favoriser une
élévation du niveau de vie des populations et aussi stabiliser
les équilibres entre ressources et exploitants.
REFERENCE S
BIBLIOGRAPHIQUES
OUVRAGES GENERAUX
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DOCUMENTS SPECIFIQUES
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- Plan de Développement Communal de Bopa
2005-2009, 158 p
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- FAO (1991), L'aménagement des forêts
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- FAO (1990), L'aménagement des forêts
tropicales humides en Afrique, Rome, 180 p.
MEMOIRES ET ARTICLES
- ABALOT S. P. (2005), Gestion intégrée
de l'environnement pour un développement durable : cas d'un territoire
singulier, le lac Ahémé, mémoire de
maîtrise en Développement Communautaire, JA/INJEPS/UAC, 114 p.
- AHONNON A. (2005), Impact socio-environnemental de
l'exploitation du sable marin sur le développement humain durable de la
commune de Grand-Popo, mémoire de fin de 4è année
en Développement Communautaire, J.A / INJEPS/UAC, 77 p.
- Belvaux E. (2005), Décentralisation et gestion
des ressources naturelles dans un pays en développement : l'exemple de
Madagascar, 13 p.
- HOUNGNIHIN R. A, (2005), Les mécanismes
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Covè (Bénin), UAC, CODESRIA, 16 p.
- YELKOUNI M. (2001), Décentralisation et
dynamique des institutions dans la gestion des ressources naturelles en Afrique
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- YOUNG O.(2000), Gérer les biens communs
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- SYMOENS J.J (1995), L'aménagement durable des
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- MONTCHO A. B. & SEGBEDJI F. X. (1991), Les facteurs
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maîtrise, ENS/ UNB, Porto- Novo, 100 p.
SITES WEB
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naturelles et l'environnement/09/ 11/2007 - www.fao.org/
forestry1354.fr/gestion
des ressources durables, 13/02/2008
-
www.aménagement-afrique.com,
un conseil intercommunal pour la gestion durable de la lagune
côtière au sud du Bénin, 22/10/2007
TABLE DES MATIERES
PAGES
DEDICACES ii
REMERCIEMENTS .. iii
SIGLES, ACRONYMES ET ABREVIATIONS . v
INTRODUCTION 1 PREMIERE PARTIE : DONNEES THEORIQUES ET
CONCEPTUELLES
1-1- Problématique 3
1-2 Analyse théorique .. 8
1-3- Quelques définitions et clarifications conceptuelles
. 10
1-3-1- Environnement 10
1-3-2-
Déforestation-désertification-dégradation
forestière . 12
1-3-3- Population .. 13
DEUXIEME PARTIE : CADRE GENERAL DE L'ETUDE
2-1- Justification du choix du thème .
14
2-2- Présentation du cadre de recherche
14
2-2-1- Cadre physique . 14
2-2-2- Cadre socio-culturel 15
2-2-3- Cadre socio- économique .. 16
2-3- Présentation des communes de Kpomassè, de
Comé et de Bopa .. 17
2-3-1- Commune de Kpomassè 17
2-3-2- Commune de Comé 18
2-3-3- Commune de Bopa 18
TROISIEME PARTIE : METHODOLOGIE ..
3-1- Echantillonnage .. 19
3-1-1- Type d'étude et population d'enquête
19
3-1-1- Type d'étude .. 19
1-
3-1-1- Population d'enquête . 19
1-
3-1-2- Echantillonnage .. 20
3-1-2- Technique d'échantillonnage .
21
3-2- Techniques et outils de collecte des données .
22
3-2-1- Les techniques 22
3-2-2 La collecte des données . 22
3-2-3 Les outils de collecte des données .
23
3-3- Difficultés rencontrées
23
QUATRIEME PARTIE : RESULTATS, DISCUSSIONS ET SUGGESTIONS
4-1 - Présentation des résultats
25
4-2- Discussions . 30
4-2-1 La gestion des rives boisées et non boisées
.. 30
4-2-2- Le processus de reboisement des rives encore
confronté aux mêmes entraves.. 31 4-2-3- Le
non respect des lois et règlementations sur la forêt est à
la base de la
déforestation 33 4-2-4- La population
de la zone inter lacustre de jour en jour éprouvée dans un
environnement en pleine dégradation .
37 4-2-5- La coopération entre l'Etat central et les
collectivités locales dans la
problématique de la gouvernance locale environnementale
inexistante . 38
4-3- Suggestions 39
4-3-1- Renforcement de l'éducation relative à la
protection de l'environnement .. 39
4-3-2- La politique de reboisement doit être
révisée 40
4-3-3- Agir pour redynamiser le secteur économique dans la
zone inter lacustre .. 41
4-3-4- Le recours inhérent aux divinités
ancestrales est sine qua non pour la
conservation et la protection des forêts
42
4-3-5- L'Etat et la commune doivent désormais s'associer
comme des partenaires 42
CONCLUSION 44
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 45
ANNEXES
ANNEXES
QUESTIONNAIRE
Ce questionnaire élaboré dans le cadre d'un
mémoire de maîtrise en «Sciences et Techniques des
Activités Socio-Educatives» (STASE) Option : Développement
Communautaire, vise à étudier les conditions d'exploitation de la
forêt humide du lac Ahémé pour la promotion du
développement durable dans la zone inter lacustre (communes de
Kpomassè, de Comé et de Bopa)
Nous vous prions de bien vouloir répondre aux questions
ci-dessous le plus sincèrement possible. Les données recueillies
seront confidentielles et utilisées uniquement à des fins de
recherche.
Merci pour votre franche collaboration.
A- Questions relatives à l'exploitation de la
forêt
1- Avez- vous utilisé ' Acadja» une fois comme outil
de pêche ? Oui Non Si non, pourquoi ?
2- Pourquoi avez-vous utilisé ' Acadja» ?
Parce que
- il n'existe plus assez de poissons dans le lac
- tout le monde le fait - c'est l'outil le plus facile
4- Pourquoi tirez - vous les branches d'Acadja de la forêt
du lac Ahémé ? Parce que
- c'est très proche du lac - c'est pour tout le monde
- ce n'est pas contrôlé
4- D'où tirez-vous les bois de fagots que vous utilisez
d'habitude ? - des champs - de la forêt du lac Ahémé
6- Pourquoi tirez-vous les bois de fagots de la forêt du
lac Ahémé ? Parce que
- ce n'est pas contrôlé
7- Faites-vous autres choses avec les bois coupés dans la
forêt du lac Ahémé ?
Oui Non
Si oui, quoi ?
- toitures - palissades
- Autres (préciser)
B- Questions relatives à la préservation
de l'environnement
8- Les procédés de l'exploitation de la forêt
dégradent -ils votre environnement ? Faune Sous- sol
Air Cours d'eau
Sol Végétation
Autres (préciser)
9- La dégradation de l'environnement a-t-elle des impacts
sur votre vie socio- économique ?
- Changement de climat
- Faible rendement des activités de pêche
Autres (préciser)
10- Que faites vous pour réhabiliter la forêt
exploitée ?
a) Vous plantez des arbres
Oui Non
Si non, pourquoi ?
b) vous entretenez les arbres déjà
plantés
Oui Non
Si non, pourquoi ?
11- Où creusez- vous les étangs de poissons ?
- Dans la forêt - au bord du lac
- à la place de forêt détruite
11- Que faites vous pour réhabiliter votre environnement
?
Vous plantez des arbres
Vous enlevez du sable dans le lac
Vous créez les réserves pour les poissons
Vous utilisez les filets à mailles larges pour ne pas
pêcher les petits poissons
Autres (préciser)
13- Pourquoi aménagez-vous les berges ?
- Pour vous offrir des lieux de détente - Pour
empêcher l'érosion
- Parce que les autres villages le font
13- a) Existe-t-il des lois et règlements en
matière de l'exploitation forestière ? Oui Non
c) Si oui, ces lois et règlements sont-ils scrupuleusement
respectés ?
Oui Non
Si non, pourquoi ?
d) Avez- vous des suggestions à faire sur la forme
actuelle de gestion de la forêt ?
Oui Non
Si oui, (préciser)
15- Existe-t-il des lois et règlements en matière
de gestion du lac Ahémé ?
Si non, pourquoi ?
c) Avez- vous des suggestions à faire sur la forme
actuelle de gestion du lac Ahémé ? Oui Non
Si oui, (préciser)
C- Identification
16- Quel est votre niveau d'étude ?
Primaire Secondaire Universitaire
Alphabétisé Aucun
Ce guide d'entretien est adressé aux
autorités locales.
1- Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?
Selon vous, qu'est ce qui est à la base de la
déforestation de la bande lacustre dans vote commune ?
Quels sont les impacts de cette déforestation sur la vie
socio- économique et environnementale des populations ?
Selon vous, existe-t-il une réglementation officielle en
matière d'exploitation des forêts dans notre pays ?
Ces textes sont-ils appliqués ? Si non, pourquoi ?
Quelles sont les dispositions que votre commune à prises
pour réduire l'exploitation irrationnelle des forêts ?
Quelles sont les actions de développement que vous
entreprenez pour favoriser le développement durable de votre commune
à parti des ressources naturelles, en particulier la forêt ?
Disposez-vous des moyens pour faire face à cette
politique de développement ?
Votre dernier mot ?
Ce guide d'entretien est adressé aux agents de
forêt sur le terrain
1. Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?
Selon vous, qu'est-ce qui est à la base de la
déforestation de la bande lacustre?
Quels sont les impacts de cette déforestation sur la vie
socio-économique et environnementale des populations ?
Selon vous, existe-t-il une réglementation officielle en
matière d'exploitation des forêts dans notre pays ?
Ces textes sont-ils respectés ? Si non, pourquoi ?
Que faits vous pour que les textes soient respectés ?
Quelles sont les actions que vous entreprenez pour réduire
la déforestation au bord du lac Ahémé ?
Comment comptez- vous vous organiser pour parvenir à cette
fin ?
Votre dernier mot ?
Ce guide d'entretien est adressé aux membres des groupes
de reboisement des rives du lac Ahémé organisé par le
PADPPA
1- Présentez- vous s'il vous plaît
Pourquoi avez-vous accepté planter des arbres ?
Existe-il un suivi de ce processus de reboisement ?
Comment vous organisez-vous pour réussir ce suivi ?
Est- ce que tout le monde connaît l'importance des arbres
dans que vous avez plantés ?
N'existe- il pas des comportements déviants qui entravent
la réussite du processus ?
En plus, n'y a t- il pas des difficultés causées
par l'avancée de l'eau et le vent violent ?
N'éprouvez pas de découragement par moment dans
l'exécution de ce projet ?
Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes
confrontés du début jusque là ?
Votre dernier mot
ENTRETIEN AVEC MONSIEUR Félix HOUESSOU, le CA
DE
POSSOTOME
Dans le cadre de nos recherches pour notre mémoire de
maîtrise, nous avons eu un entretien avec le Chef d'Arrondissement de
Possotomé, (Commune de Bopa) sur les conditions de l'exploitation des
forêts par les populations.
M.R. : Bonjour Monsieur, pouvez-vous vous
présenter ?
H.F. : Bonjour, on m'appelle HOUESSOU
Félix, je suis le chef d'arrondissement de Possotomé ; je suis
technicien en dactylographie de formation, ancien directeur du « village
club Ahémé » et opérateur économique.
M.R. : Selon vous, qu'est ce qui est à la
base de la déforestation de la bande lacustre dans vote commune ?
H.F. : Il y a le surpeuplement qui se
constate par un nombre important de membres dans les familles. Et étant
donné que le régime de chaque ménage demande l'utilisation
de bois, donc c'est cela qui pousse les populations au déboisement. Il
faut dire que c'est surtout les brindilles que les communautés vont
chercher pour leurs besoins quotidiens.
M.R. : Quels sont les impacts de cette
déforestation sur la vie socio- économique et environnementale
des populations ?
H.F. : Les faunes font la vie des Hommes. La
forêt crée la pluie. S'il y a déboisement, donc il y aura
manque de pluie et par conséquent nous constaterons le recul de
l'agriculture. Quand il y a déboisement, cela entraîne le
comblement de l'eau et il y a recul des activités de pêche.
M.R. : Selon vous, existe-t-il une réglementation
officielle en matière d'exploitation des forêts dans notre pays
?
H.F. : Quelles lois existe- t- il en
matière d'exploitation de la forêt ? Il n'y a aucune
réglementation. Ce qu'il faut faire, c'est de pouvoir mettre en oeuvre
une politique de reboisement, de suivi de ces plants et leur protection, de
même que pour les forêts sacrées. Il ne s'agit pas
d'interdire l'utilisation des branchages lors des marches et des grèves.
Ce n'est pas sérieux.
M.R. : Ces textes sont-ils appliqués ? Si
non, pourquoi ?
H.F. : Non, il n'est pas question pour l'Etat
de faire passer des communiqués sur les ondes de radios et
télévisions sur la loi 93-009 du 2 juillet 1993 pour interdire
l'utilisation des branchages au cours des marches. Il faut que le
gouvernement nous envoie des
correspondances à la base et nous nous chargerons de
sensibiliser les populations. Et ceux qui n'ont pas de télé et de
radio, comment feront- ils pour être informés ?
M.R. : Quelles sont les dispositions que votre
commune à prises pour réduire l'exploitation irrationnelle des
forêts ?
H.F. : Pendant tout notre mandat, ce que nous
avons pu faire, c'est la protection des arbres circulaires, la plantation des
arbres dans la forêt sacrée. Nous avons planté plus de 400
plants dans l'arrondissement de Possotomé ; ils ont été
fournis par la Direction Départementale des Eaux et Forêts. Nous
avons essayé d'équiper en premier lieu Les couvents. Il y a un
autre projet qui allait se réaliser au profit de la population de mon
arrondissement. Il s'agissait de la clôture des forêts
sacrées et leur dotation en eau potable afin de permettre aux faunes et
aux flores d'avoir suffisamment d'eau pour leur développement.
M.R. : Quelles sont les actions de
développement que vous entreprenez pour favoriser le
développement durable de votre commune à partir des ressources
naturelles, en particulier la forêt ?
H.F. : En général, la commune
ne fait rien. Elle attend toujours les partenaires pour mettre en
exécution le plan de développement communal. Le budget de la
commune est taillé à l'indemnisation du maire et ses adjoints.
Aucune politique ne se met en oeuvre pour favoriser le développement
durable.
M.R. : Disposez-vous des moyens pour faire face
à cette politique de développement ?
H.F. : Il n'y a aucun moyen et la mairie ne
taille pas d'importance aux problèmes environnementaux. D'habitude,
c'est moi-même qui m'évertue pour contacter les structures
concernées et j'investis mes propres économies pour avoir des
plants. Au lieu que les chefs des villages s'occupent de leur protection, ces
arbres sont abandonnés quand bien même ils ont été
sensibilisés sur l'importance d'entretenir ces arbres.
M.R. : Votre dernier mot ?
H.F. : Il faut qu'il y ait une volonté
de la part du gouvernement d'associer les communes dans cette lutte parce que
seul, il ne peut pas y arriver. Les agents du CeRPA doivent aussi penser aux
Hommes et aux arbres qui les entourent. C'est très important. Je voue
remercie et vous encourage. Bonne chance à vous.
LISTE DES TABLEAUX
Tableau n°1 : Classification des biens 17
Tableau n°2 : Taille de l'échantillon 30
Tableau n°3 : Domaine d'investigation et perspectives
d'actions 33
Tableau n°4 : Répartition de la population selon le
sexe . 34
Tableau n°5 : Répartition de la population selon
l'âge et le sexe 34
Tableau n°6 : Répartition de la population selon le
niveau d'étude 34
Tableau n°7 : Répartition de la population selon
l'âge et le niveau d'étude 35
Tableau n°8 : Raisons qui poussent à la
déforestation de la bande lacustre 35
Tableau n°9 : Reconnaissance des populations sur l'existence
des lois et règlements en matière de gestion des forêts
36 Tableau n°10 : Données sur le respect des lois et
règlements en matière d'exploitation
de forêt . 36
Tableau n°11 : Impacts de la déforestation sur
l'environnement . 37
LISTE DES FIGURES
Figure n°1 : Reconnaissance des populations sur l'existence
des lois et règlements en matière de gestion des forêts
38 Figure n°2 : Données sur le respect des lois et
règlements en matière d'exploitation de
forêt 38
Figure n°3 : Impacts de la déforestation sur
l'environnement . 38
LISTE DES PHOTOS
Photo n°1 : Espace aménagé pour les rencontres
quotidiennes se trouvant dans l'eau
en période de crue 39 Photo n°2 : Espace
déboisé et aménagé pour les grandes fêtes se
trouvant dans l'eau
en période de crue 39
Photo n°3 : Destruction d'habitations par le vent due
à l'absence de forêt sur la rive 40
Photo n°4 : Barrage contre l'avancée de l'eau en vue
de protéger les maisons 40
Photo n°5 Zone déforestée pour prélever
du sable entraînant l'avancée de l'eau .. 43
Photo n°6 : Bois coupés favorisant l'avancée
de l'eau 43
Photo n°7 : Sols dégradés causés par
l'avancée de l'eau . 44
Photo n°8 : idem 44
Photo n°9 : Ordures jetées sur la piste de l'eau de
ruissellement vers le lac contribuant
ainsi au comblement dudit lac .. 45
Photo n°10 : Produits d'une pêche exercée entre
6h40mn et 8h20mn . 45
Photo n°11 : Gravillons prélevés dans l'eau
51
Photo n°12 : Sable prélevé dans l'eau .. 51
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