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Philosophie et religion chez Hegel

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par Cyrille Tenejou
Grand Seinaire Saint Augustin de Maroua - Fin de cycle de philosphie 2009
  

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Je dédie ce travail à la

mémoire de mon grand-père

Jean TENEJOU.

REMERCIEMENTS

Ce travail a été réalisé avec la contribution de plusieurs personnes. Nous voulons leur exprimer ici notre profonde gratitude.

Nous adressons d'abord nos sincères remerciements à Monsieur Benoît BIRWE qui a accepté de diriger, avec dévouement, ce travail d'initiation à la recherche scientifique.

Nous exprimons ensuite notre profonde gratitude à Monseigneur Joseph DJIDA, Evêque de N'Gaoundéré, qui nous a recommandé à cette auguste institution, le Grand Séminaire Saint Augustin de Maroua.

Notre reconnaissance va également à nos parents Michel NKOUANDOU et Marthe RIH KAINTOUMA, à qui nous devons ce que nous sommes aujourd'hui.

Nos remerciements s'adressent à tous nos formateurs et à nos professeurs du cycle de philosophie, coordonné par l'Abbé Gabriel HOUSSEINI.

Nous adressons aussi nos remerciements aux bibliothécaires du Grand Séminaire Saint Augustin et du Théologat O.M.I. de Maroua, ainsi qu'à Joseph MEMEH CHENWIE pour sa contribution à l'acquisition de la documentation.

Nous exprimons aussi notre reconnaissance à l'Abbé Laurent MBIH pour son soutien et ses conseils.

Enfin, nous exprimons notre profonde gratitude à tous nos confrères séminaristes et à tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont participé à l'édification de ce travail.

INTRODUCTION GENERALE

Un des traits caractéristiques du monde actuel, et qui ne laisse pas d'interroger, semble le désintérêt de plus en plus marqué de certains de nos contemporains vis-à-vis de la religion. Dans un monde en mutation, plein d'autant de menaces que de grands désirs, la religion tend à perdre sa place primordiale dans la conscience de l'homme. Dans ce contexte de sécularisation qui prend de l'ampleur, l'homme contemporain peut-il encore être religieux ? 

Il revient à tous de relever ce grand défi ; car, nous le savons,  « un peuple vaut au jugement de l'histoire ce que vaut sa religion »1(*). De là, il suit que l'homme est, de par sa nature, un homo religiosus2(*), qui se définit avant tout dans la relation qu'il entretient avec Dieu. La religion apparaît comme la relation de l'homme à l'Etre suprême, à son Créateur.

En effet, nous pouvons dire que le passé de l'humanité fut généralement, sinon exclusivement religieux. Auguste COMTE a montré cette vérité historique à travers sa loi des trois états selon laquelle la pensée humaine a évolué en trois étapes principales : l'état théologique où l'on explique les phénomènes naturels par l'intervention des agents surnaturels comme les esprits ou les divinités ; la seconde étape, l'état métaphysique, où l'on recours à des abstractions pour expliquer les phénomènes et enfin, l'état positif ou scientifique où l'esprit humain étudie, grâce à l'observation, les phénomènes naturels en vue de découvrir leurs lois ou leurs relations nécessaires. Nous ne devons pas ignorer que les trois étapes peuvent parfaitement coexister à n'importe quelle époque dans toutes les sociétés3(*).

L'Aufklärung a inversé radicalement cette problématique en centrant le débat religieux non plus sur l'existence du divin, mais sur l'homme. Dès lors, ce dernier cherche à s'affranchir de Dieu et à être promu au rang de la divinité. Ce système a donné corps à la conviction que l'humanité elle-même est artisan de son salut. Une telle inclinaison s'est répandue à partir de l'affirmation du primat des potentialités de la raison comme condition d'une humanité totalement libre. Cette prise de conscience de l'homme par lui-même rend caduque la croyance fondée sur la dépendance envers une transcendance définie comme toute-puissante. Cependant, la raison peut-elle se passer de toute référence à la transcendance qui est le fondement et le but de la liberté ?

Pour examiner cette problématique, nous allons explorer la pensée de Georg Wilhelm Friedrich HEGEL, l'une des figures marquantes de cette époque. La façon dont il pose le problème philosophique de la religion, la solution qu'il suggère du rapport entre la philosophie et la religion, exerceront longtemps encore leur influence. Il serait vain de reprendre l'examen de cette question en faisant comme si HEGEL n'avait jamais existé4(*).

Le problème philosophique que pose la religion présuppose que la philosophie est susceptible de s'appliquer à toutes les oeuvres humaines, et par conséquent au fait religieux. De même que la philosophie réfléchit sur les méthodes et les résultats de la connaissance scientifique, de même elle réfléchit sur les pratiques humaines dont la religion fait partie intégrante.

On s'aperçoit que non seulement la philosophie ne peut s'interdire de traiter de la religion, mais qu'elle manifeste avec la religion une profonde affinité5(*). Cette affinité nous amène à nous interroger sur le rapport qu'il y a entre la philosophie et la religion.

La religion est pour l'homme une chose sacrée, la raison, en est de même. Le problème qui se pose est celui de la réconciliation de ces deux ailes. Ce que l'homme exprime par la voie de la religion, la philosophie doit s'efforcer de le ressaisir sous la forme de la pensée rationnelle. Chez notre auteur, cela n'implique pas renoncement au religieux, mais va donner naissance à un courant hostile à la religion.

Nous voulons simplement aborder la pensée hégélienne en retenant l'aspect qui nous permet de prendre conscience du phénomène humain profond qu'est la religion dont dépendent la qualité de la vie et le destin de l'homme. A travers une méthode analytico-critique, nous aborderons le phénomène religieux d'un point de vue philosophique. Il s'agira d'interroger, d'analyser, de comparer, sans jamais verser dans le prosélytisme, le dénigrement ou la confusion, mais de susciter la rupture avec une conscience religieuse naïve afin de la sortir de l'absurde et du ridicule, qu'elle cesse d'être l'opium du peuple, selon l'expression de Karl MARX.

Notre travail s'articule sur trois chapitres. Le premier est intitulé « Philosophie et religion ». Il définit chacun des deux termes, examine leurs rapports et dégage les traits essentiels de la philosophie de la religion sur laquelle repose ces rapports. Le second chapitre, « La conception hégélienne de la religion », scrutera la conception de la religion chez HEGEL en analysant le concept de religion chez ce dernier ; en établissant la hiérarchie des religions et en donnant le sens de l'entreprise hégélienne. Dans le troisième chapitre ayant pour titre « Appréciation de la pensée religieuse hégélienne et questions religieuses en Afrique noire », nous apprécierons d'abord la pensée de notre auteur, ensuite, nous procéderons à l'examen de la question de l'existence de la religion chez le Négro-africain à qui HEGEL a dénié le statut d'être religieux. Enfin, nous analyserons la position de l'Afrique noire dans le contexte actuel de sécularisation.

* 1 H. RONDET, Hégélianisme et christianisme. Introduction théologique à l'étude du système hégélien, Paris, P. Lethielleux, Coll. « Théologie, Pastorale et Spiritualité », 1965, p. 51.

* 2 « Animal religieux ». La traduction est de nous.

* 3 Cf. CHINDJI-KOULEU, Négritude, philosophie et mondialisation, Yaoundé, CLE, 2001, p. 96.

* 4 Cf. R. VANCOURT, La pensée religieuse de Hegel, Paris, P.U.F., Coll.  «  Initiation philosophique », 1965, p. 1.

* 5 Cf. J.-L. VIEILLARD-BARON, « La philosophie et la religion », in A. JACOB (sous la dir. de), Encyclopédie philosophique universelle, vol. IV : Le Discours philosophique, Paris, P.U.F., 1998, p. 2457.

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