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Philosophie et religion chez Hegel

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par Cyrille Tenejou
Grand Seinaire Saint Augustin de Maroua - Fin de cycle de philosphie 2009
  

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CONCLUSION GENERALE

Au terme de notre travail, il convient de rappeler ce en quoi il a consisté. Notre recherche a été guidée par la question de savoir si la raison (philosophie) comme condition d'une humanité totalement libre peut-elle exister sans aucune référence à la transcendance (religion) ?

Le premier chapitre a consisté en la définition des deux notions qui embrassent la totalité de la vie d'abord. La philosophie étant une réflexion rationnelle et critique sur l'homme et ses expériences, la religion, qui repose sur un ordre des choses et des êtres plus ou moins hiérarchisés, ne pouvait échapper à la démarche philosophique. Philosophie et religion ont un même contenu, toutes les deux ont l'Absolu pour objet. Cependant, elles diffèrent par leur forme qui est de l'ordre pratique pour la religion, car elle est la pratique de la foi et de l'ordre théorique pour la philosophie qui recourt à la spéculation rationnelle.

Si nous reconnaissons à la philosophie le droit de fonder toute expérience humaine dont l'expérience religieuse fait partie intégrante, alors la philosophie de la religion devient une critique rationnelle du donné religieux. Elle accomplit sa tâche en orientant toute adhésion religieuse. Elle éclaire ce qui est antérieur à la foi effective et qu'une critique rationnelle peut et doit connaître. Cette démarche vise à ce que tout croyant puisse être capable de rendre compte de sa foi.

Ensuite, dans le deuxième chapitre, HEGEL conçoit la religion comme la prise de conscience par l'homme de Dieu et de lui-même ; à travers elle se réalise l'esprit. A cet effet, il trouve que le fondement universel des religions, c'est la raison. La religion exprime sous la forme de représentation (image, sentiment) le même objet Absolu que la philosophie exprime sous la forme de la pensée pure. Voilà pourquoi elle doit s'efforcer à la ressaisir sous la forme de la pensée rationnelle. Cela implique que la foi n'est pas au dessus de la raison, car cette dernière est la condition d'une humanité libre. Les diverses religions s'enchaînent les unes aux autres dans l'histoire d'une manière hiérarchique et orientée vers ce que HEGEL considère comme la religion la plus accomplie. Cette religion n'est autre que le christianisme et plus précisément le luthérianisme qui, mieux que n'importe quelle religion, enseigne que tout homme est raison et liberté.

Enfin, dans le troisième et dernier chapitre, nous avons reconnu à HEGEL le mérite d'avoir établi les rapports entre la philosophie et la religion et partant entre la raison et la foi. Il s'inscrit en faux contre ceux qui pensent que la philosophie et la religion évoluent chacune dans une indifférence totale l'une de l'autre. Fidèle à la tradition de l'idéalisme protestant, HEGEL respecte moins les données de la révélation que ne le fait la philosophie réaliste et plus précisément le thomisme selon lequel il n'y a pas d'incompatibilité entre la foi et la raison et que les deux se complètent. Si la raison est un don de Dieu à l'homme, elle a besoin de la foi pour être totalement elle-même : raison et foi ont besoin l'une de l'autre pour réaliser leur véritable nature et leur mission147(*).

La pensée religieuse de HEGEL a influencé négativement ses disciples et a provoqué chez eux une attitude hostile à l'égard de la religion. Pour ces derniers, l'homme devait se réapproprier les attributs dont il avait été dépouillé au profit de la divinité aliénante. L'humanisme athée a été érigé par Karl MARX en une véritable religion nouvelle. Sans doute, le matérialisme scientifique a moins servi la raison et la liberté qu'il ne le promettait.

Nous avons montré comment HEGEL n'a pas hésité à dénier toute religion aux Négro-africains. Dans sa logique, la religion se fonde sur la relation à la transcendance, à une puissance supérieure à l'homme. Cette attitude, pense-t-il, est absente chez le Négro-africain puisque sa mentalité "magique" ne voit que la nature comme opposée à lui-même. Notre auteur prétend que le Négro-africain n'adore pas le vrai Dieu mais rend un culte aux fétiches. Cette religion en manque d'explication rationnelle serait donc à la mesure de l'ignorance dont fait preuve l'Afrique tout entière.

Plusieurs spécialistes des religions, anthropologues et même des philosophes africanistes se sont inscrits en faux contre HEGEL. Les arguments invoqués dans notre travail tendaient aussi à démontrer que le Négro-africain est un être essentiellement, voire « incurablement religieux ». D'où l'impossibilité d'évacuer de la conscience négro-africaine l'idée de l'Etre suprême, car Dieu a toujours été premier balbutiement de la pensée humaine.

En outre, nous avons voulu savoir où on en est aujourd'hui par rapport à la place de choix qu'occupe l'Etre suprême dans la conscience du Négro-africain, lorsqu'on on constate, avec Eloi MESSI METOGO, qu'en Afrique aussi Dieu peut mourir148(*). Il suit de là que c'est tout à fait incorrect de parler indistinctement du Négro-africain « incurablement religieux ». Jean-Marc ELA faisait déjà remarquer que les sociétés africaines ne sont plus à l'abri de la sécularisation, de l'athéisme et de l'indifférence religieuse.

Notre démarche n'a pas consisté à démontrer, comme HEGEL, que l'Africain n'a ni religion, ni idée de Dieu. Nous cherchions simplement à mettre en évidence la logique selon laquelle l'Afrique n'est pas restée en marge du phénomène mondial du « désenchantement » ou du désintéressement vis-à-vis de la religion. Malencontreusement, ce problème a été, plus ou moins, occulté par le souci de montrer que l'Africain croit aussi en Dieu et qu'il est par conséquent un être « essentiellement religieux ».

Si nous pouvons aussi qualifier les sociétés africaines de sociétés post-religieuses, c'est parce que la perte du sens de l'Absolu a provoqué chez plusieurs Africains la perte du sens de l'autre. Dieu seul sait jusqu'où s'étend en Afrique l'espace géographique des foyers de tension, de conflits sanglants où l'autre est littéralement ignoré ou nié dans son être149(*).

Somme toute, nous devons noter que la pensée de HEGEL sur l'attitude philosophique face à la religion a plus ou moins contribué au passage d'un état religieux à un état séculaire. En ce sens, l'athéisme, signe de cette sécularisation inachevée, aurait conduit à l'indifférence religieuse. Notre réflexion comptait ainsi apporter une contribution à la réorientation d'une vie plus épanouie dans la religion. On n'y résiste pas, la quête humaine de l'Absolu le prouve :

« La religion, dans l'histoire, est un phénomène humain riche et complexe. Son histoire assez mouvementée comporte bien des métamorphoses. Autant l'Homme s'efforce de lui tourner le dos, autant il se retrouve dans un inconfortable face à face avec lui ; mieux on l'approche dans une attitude sincère, simple et éclairée, mieux on s'en trouve équilibré et comblé parce qu'on accède à une maîtrise de soi qui transforme la vie ; ou alors... Tant et si bien que toute la vie devient, si on en prend garde, une explication permanente avec la religion »150(*).

* 147 Cf. BENOIT XVI, op. cit., pp. 36-37.

* 148 Cf. E. MESSI METOGO, Dieu peut-il mourir en Afrique ?, op. cit. . Au terme de ses recherches et enquêtes, l'auteur répond à la question posée par l'affirmatif.

* 149 Cf. H. NGIMBI NSEKA, op. cit., pp. 12-13.

* 150 V. TONYE BAKOT, loc. cit., p. 309.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry