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Prévalence des parasitoses intestinales au C.S. Boyoma/Kisangani


par Serge NIMO NGBABO
UNIKIS - Graduat 2008
Dans la categorie: Biologie et Médecine
   
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BP : 2012

KISANGANI

FACULTE DE MEDECINE

PREVALENCE DES PARASITOSES INTESTINALES AU C.S BOYOMA AU COURS DU PREMIER SEMESTRE DE L'AN 2008

Par

Serge NIMO NGBABO

Travail de fin de cycle présenté en vu de l'obtention de grade de Gradué en sciences biomédicales

Directeur : C.T Dr ATOBA BOKELE

Directeur : Ass. Dr Simon BOKONGO

Deuxième session

DEDICACE

Merci mon Dieu pour tes bienfaits

A toi mon défunt Papa Dr NIMO BIMA

A toi ma défunte Maman Sidonie KONGO NDINGILA

A vous Papa Felly NGUNGBO et Maman Sosthene KEZIPAME

A mon frère aîné, Trésor NIMO

A mes regrettés frère et soeur, Joseph NIMO et Marie NIMO

A mes bien-aimés frères et soeurs

A mes grands Parents

A toute ma famille

A tous mes bienfaiteurs

A ma future compagne

A ma progéniture

A tous les miens

Je dédie cet humble et modeste travail

Serge NIMO NGBABO

AVANT-PROPOS

Le chemin qui mène à l'échelon universitaire est couvert de bien de difficultés qu'un seul homme ne peut baliser sans l'aide des autres. Qu'il nous soit permis de remercier les personnes qui nous ont aidé à réaliser ce travail, et aussi ceux qui, sans le savoir ont constitué une source d'inspiration, un stimulant, un modèle ou une référence. Tous, lorsque l'oeuvre s'achève, méritent une vibrante et chaleureuse gratitude.

Nous avons l'insigne honneur de présenter nos vifs et chaleureux remerciements au C.T Dr ATOBA BOKELE, le directeur de ce travail qui, en dépit de ses multiples occupations a accepté sans heurts de diriger avec compétence ce travail. Ses remarques pertinentes, sa rigueur scientifique, son savoir faire bienveillant, son savoir être et son dévouement nous ont permis d'atteindre ce but et demeure pour nous un modeste héritage. Qu'il trouve dans ces lignes l'expression de notre gratitude et de notre sympathie dévouées.

Nous remercions également l'assistant Dr Simon BOKONGO pour son encadrement scientifique sans lequel ce travail n'aurait pas de véritable valeur.

Nous remercions de tout coeur toutes les autorités académiques de la faculté  de Médecine ainsi que tous les enseignant dévoués, consciencieux et chevronnés depuis l'école primaire, en passant par l'école secondaire ; leurs enseignements, remarques et conseils nous ont doté d'un bagage sans lequel ce travail n'aurait pas sa véritable valeur.

Nous nous faisons le réel plaisir de nous acquitter d'un devoir impérieux et agréable, celui de remercier de tout coeur notre cher défunt Papa le Dr NIMO BIMA pour tant d'amour et d'affections et pour nous avoir imposé l'éducation, une personnalité, un savoir vivre et savoir faire digne de nous; notre défunte mère chérie Sidonie KONGO NDINGILA que je n'ai pas bien connue, pour tant d'affection, des tendresses et de sacrifices consentis pour nous façonner en homme modeste. Les mots nous manquent pour exprimer la grandeur de votre maternité ; et aussi mes bien-aimés frères et soeurs : Marcel NIMO, Trésor NIMO et son fils René NIMO, Nicole NIMO, José NIMO, Benjamin NIMO, Joseph NGALIA, Maurice MANGBATA pour l'harmonie, l'affection chaleureuse, la fraternité et surtout pour les sages conseils inestimables.

Notre gratitude s'adresse encore et surtout à Papa Felly NGUNGBO et son épouse Maman Sosthene KEZIPAME pour leur encadrement, leur soutient intégral dans notre formation. Les mots nous manques pour exprimer l'état réel de notre coeur. Les souvenirs que nous gardons resterons gravés en lettre d'or dans notre mémoire ; nous remercions également toute la famille : Tantine GEORGETTE KUMABO, VIRGINIE, JB NGBANGA, PATRICIA, ISAAC, PEGUY, SHIMENE, JEANCY, ANTHO TEBOSILI, ANTHO ZAMA, GERMAINE KAYIMBA, COCO MODIA, ELYSE YAKOLI pour tant d'affection, de sympathie, de fraternité et de temps merveilleux et inoubliables.

Nous exprimons de coeur notre profonde reconnaissance :

Ø A mes grands parents : BIMA SASA, Honorine EBUSA, VALERIE AMAMBE et Séraphine NGBAKE. ;

Ø A mes pères : Willy NGBABO, Honoré MOZOMBOLO, Manu AZANGI, Gérard NGBWANDO, et les autres pour leur encouragements et conseils plein d'amour et de sagesse, et surtout pour leur soutient inestimable et inexprimable dans la concrétisation de cette oeuvre ;

Ø A l'Evêque Joseph BANGA BANE pour ses biens faits tant spirituel, moral que matériel ;

Ø A Papa Way, pour ses bienfaits et sage conseils

Ø A Papa Dieudonné ALUMA et son épouse Maman Odette et toute sa famille, pour tout de bienfaits et d'amour à notre égard ;

Ø A Papa Maya KUMABO et toute sa famille ;

Ø A notre grand frère ZAKI AKADE Bernard pour ses bienfaits et sage conseils ;

Ø Au Dr Adèle DALEKE et son époux, Dr Noël LABAMA et leur fils ALVINE ;

Ø A la famille du Dr NEMBUZU MARAKA et à la famille DJUNGULUKA.

Le CS BOYOMA nous ont servi de cadre de recueil des données, nous remercions ainsi tout le personnel soignant et administratif, en particulier les techniciens de laboratoire, pour leur hospitalité, leur encadrement et leur coopération pour la réalisation de ce travail.

Que nos amis, collègues et compagnons de lutte dans le chemin de science et conscience, dont les conseils et la compagnie nous ont été d'un grand réconfort, qu'ils trouvent ici l'expression de notre reconnaissance et sympathie dévouées, tant leur contribution n'a pas été moindre. Nous pensons ainsi à : ALADJI MAHAMAT, Eric BIBI, TELE NGOLO, MOKUBA, NZOMAMBU, MUSONI, SIBO, Moise DUMA, BEPKEBELE, TUNDA, Junior MULOLO, NDIBE, BAMBAKUMU, DHEDONGA, ENZUWA, TEKABILEBA, BASAPKIDE, Niclette KAFI, Huguette MBUYI, MAKUTA, MASUMBU, OKENDE, Jean-Paul YANGA, Dr Guy KANALINA, Dr Papy BOPKOY, aux membres de la MEBUKIS et les autres.

S'il est vrai que rien ne peut s'obtenir sans effort, il reste aussi vrai que la réussite n'est pas le fruit des efforts personnels, elle dépend de la collaboration, des encouragements, des conseils et de la sympathie que les autres nous accordent.

Serge NIMO NGBABO

0. INTRODUCTION

0.1 PROBLEMATIQUE

L'Afrique de par sa situation quasi-entière dans la ceinture intertropicale constitue un terrain de prédilection pour les affections parasitaires. Parmi ces affections, les parasitoses intestinales occupent une place de choix. En République Démocratique du Congo, la quasi-totalité de la population est infesté à un moment de leur vie (7), et la prévalence élevée de ces parasitoses intestinales constituent les principaux facteurs de malnutrition et de dégradation de la santé, influant négativement sur le rendement économique.

Les parasitoses intestinales, bien qu'elles suscitent de nos jours peu d'intérêt à coté des maladies comme le sida, la tuberculose, le paludisme et l'onchocercose, constituent en milieu tropical un problème de santé publique, en raison essentiellement des conditions climatiques favorables, de l'absence ou de l'insuffisance de mesures d'hygiène et d'assainissement et enfin de la pauvreté. A ces nombreux facteurs participant à la recrudescence des maladies parasitaires s'y ajoutent aussi l'instabilité socio-économique qui désorganise le système de santé, le coût de médicaments et les difficultés de leur distribution ainsi que la surveillance du traitement.

En effet, les parasitoses intestinales avec les infections et autres parasitoses représentent dans les régions tropicales 75 à 95% des affections connues (4). Leur intensité et leur prévalence sont surtout élevées en milieu rural et suburbain, chez les enfants âgés de moins de 5 ans et chez les sujets en contact professionnel étroit avec la terre. Elles sont particulièrement sévères chez les enfants, chez qui elles peuvent engendrer malnutrition, anémie, baisse de résistance aux infections, voire une augmentation de mortalité.

Le pouvoir pathogène de ces parasites est aussi très variable, allant du simple portage asymptomatique à des tableaux symptomatique gravissimes, voire mortels (3). L'étude de ces parasites constitue un reflet du niveau d'hygiène alimentaire et fécale, de l'accès à l'eau potable et à la salubrité de l'environnement.

Avant d'envisager des études très fines sur les différents aspects de ces maladies parasitaires, il apparaît nécessaire d'estimer d'abord leur prévalence.

0.2. OBJECTIFS

Ø Objectif Global

Démontrer la part des parasitoses intestinales dans la cohorte des pathologies qui affectent la population de la Ville de Kisangani.

Ø Objectifs spécifiques

1. Identifier et décrire les différentes parasitoses intestinales qui sévissent dans la Ville de Kisangani ;

2. Déterminer la distribution de différentes parasitoses en tenant compte des paramètres épidémiologiques retenus (Age, sexe, Commune de résidence, mois de consultation, type de parasitose diagnostiqué) ;

3. Adresser une série de recommandations au pouvoir public, à la communauté, aux scientifiques et aux individus dans l'optique de planifier une lutte efficace contre ce problème de santé.

0.3. HYPOTHESE

Les facteurs géophysiques, l'insalubrité et l'hygiène défectueuse constituent les déterminants de l'éclosion de l'infestation parasitaire ou la parasitose intestinale au sein de la population de la Ville de Kisangani.

0.4. SUBDIVISION

Hormis l'introduction et la conclusion, ainsi que quelques suggestions et recommandations, ce travail se subdivise en quatre chapitres :

Ø Le premier abordera les généralités sur les parasitoses intestinales,

Ø Le second va traiter du matériel et des méthodes,

Ø Le troisième aura à présenter et à interpréter les résultats,

Ø Le quatrième sera consacré à la discussion.

CHAP I : GENERALITES SUR LES PARASITOSES INTESTINALES

I .1. DEFINITION DES CONCEPTS

I.1.1. Parasitose

C'est toute maladie causée par un parasite chez un hôte. Il est synonyme de maladie parasitaire.

Les parasitoses intestinales sont des maladies dues aux parasites vivant dans le tube digestif de l'hôte.

I.1.2. Parasite

C'est tout être vivant, qui pendant une partie ou la totalité de son existence se nourrit en permanence ou temporairement de diverses substances ou du contenu intestinal (parasites intestinaux) d'un autre être vivant sans détruire ce dernier, tout au moins quand leur nombre n'est pas trop grand. Ce caractère les distingue des prédateurs. (3)

I.1.3. Parasitisme

C'est un état ou mode de vie des êtres qui en parasitent d'autres.

I.2. DIAGNOSTIC DES PARASITOSES

I.2.1. Diagnostic clinique

Les syndromes vermineux comportent une série des manifestations non spécifiques permettant d'orienter le diagnostic : toux, sialorrhée nocturne, constipation, nausée, vomissement, diarrhée associée à des douleurs abdominales.

Des manifestations allergiques allant du prurit à l'oedème de Quincke ont été également signalées. (4)

I.2.2. Diagnostic parasitologique

Ce diagnostic consiste à démontrer objectivement, chez un sujet, la présence du ou des parasites impliqués ou non dans un syndrome pathogène (1). Les résultats de ces méthodes dépendent de plusieurs facteurs :

Ø La pertinence des techniques mise en route : un parasite n'a beaucoup de chance d'être révélé que par une technique appropriée ;

Ø La diligence déployée pour effectuer l'examen de la préparation ;

Ø Du nombre d'examens pratiqués : un seul examen négatif ne permet en aucun cas d'exclure la présence du parasite (9).

I.2.2.1. Examen direct des selles

Les selles émises par le patient doivent être examinées sans délai après l'émission de l'échantillon et 37°C si possible, pour éviter la fragmentation de certains parasites vivant normalement dans la lumière intestinale et qui disparaissent quelques temps après leur émission. Cet examen ne peut se réaliser sans microscope.

Un petit fragment de selles conditionné (par homogénéisation) dans une goutte de solution de NaCl, est monté entre lame porte-objet et lamelle, puis examiné au microscope au grossissement 240 ou 400 X (objectif 40X, oculaire 6 ou 10X).Les selles liquides ne nécessitent aucun conditionnement (5).

Toute fois, ne pas mettre trop des selles, ni trop d'eau car la préparation doit être transparente pour permettre de lire au travers les caractères d'un texte imprimé courant.

I.2.2.2. Examen après coloration

A la solution de NaCl utilisé pour conditionner les selles, peut être substitués les colorants suivants :

Ø Goutte d'éosine : c'est une solution à 1% qui a pour but de colorer uniformément en rose le fond de la préparation ; sur ce fond coloré, les kystes des protozoaires apparaissent comme les éléments non colorés. Cette méthode n'est efficace que si la préparation est mince.

Ø Goutte de Bailenger : a pour but de colorer certaines structures des protozoaires intestinaux, kystes et trophozoites, cytoplasme et bâtonnet cristalloïdes ne se colorent en rouge.

Ø Goutte de Lugol : a pour but de colorer les membranes des kystes ainsi que leurs structures cytoplasmiques et nucléaires. Les caractéristiques morphologiques sont ainsi mieux mises en évidence.

I.2.2.3. Examen après concentration

Cette procédure vise l'augmentation de la sensibilité de l'examen direct afin de permettre la détection des parasites lorsque leur densité dans la préparation des selles est très faible.

Elle est essentiellement basée sur la différence de densité qui existe entre les liquides de dilution, les éléments parasitaires relativement lourds et les particules alimentaires généralement plus légères. Elle permet de traiter une masse importante des selles et donc de retrouver des parasites rares ou ceux dont la préparation dans la masse fécale est irrégulière.

Cette procédure demande un temps assez long et nécessite des nombreuses manipulations. De plus si elle convient à la recherche des oeufs de certains helminthes, elle est inefficace pour la mise en évidence des protozoaires tant sous leur forme kystique que végétative (6).

I.2.2.4. Coproculture (3)

Certains parasites très rares dans les matières fécales peuvent être mis en évidence dans les cultures grâce à leur tropisme. C'est ainsi que les larves d'ankylostomes et d'anguillules quittent volontiers le milieu dans lequel elles évoluent pour s'accumuler dans les points où se trouve un peu d'eau. Les miracidiums de bilharzies mis en liberté par la dilution des selles dans l'eau se réunissent près de la surface et s'accumulent au même endroit, attirées par leur tropisme.

Cette méthode est importante, car d'une part, elle permet d'affirmer l'absence de certains parasites chez les animaux que l'on veut infester et, d'autre part, elle permet de donner des statistiques beaucoup plus exactes que celles qui sont établies par le simple examen microscopique direct.

I.2.2.5. Méthode de KATO

C'est la méthode quantitative par excellence (10). Avec une spatule, un fragment de selles filtrées (50-75 mg) est placé sur une lame de verre ; on la recouvre pendant 24 heures d'une bande de cellophane infiltrée de glycérine.

La préparation placée au dessous est comprimée dans cette position jusqu'à ce que la masse de selles couvre une aire de 25-30 mm de diamètre. La préparation est ensuite incubée pendant une heure à la température de laboratoire (3-6 minutes à 30°C, 20-30 minutes à 35 minutes ou 90 minutes à 24°C) durant laquelle les selles deviennent claires mais les oeufs restent invisibles.

On examine la préparation entière à un grossissement de 35-40X. Le nombre d'oeufs par gramme de selles peut être extrapolé à partir de celui trouvé dans le champ macroscopique.

I.3. LES PARASITOSES RENCONTREES

I.3.1. LES PROTOZOOSES

I.3.1.1. AMIBIASE INTESTINALE

a. Définition

C'est une protozoose due à Entamoeba histolytica. Ce dernier est la seule amibe pathogène de l'homme, elle est spécifiquement humaine (1).

L'homme se contamine par consommation d'eau, des fruits ou des légumes souillés de kystes parasitaires.

b. Manifestations cliniques

Le début est brutal, caractérisé par un syndrome dysentérique typique, associant :

Ø Poly-exonération (10 à15 selles par jours) afécale, avec présence de glaires et de sang ;

Ø Empreintes et ténesmes ;

Ø Absence de fièvre en générale (sauf pour 30% des cas) ;

Ø L'abdomen est sensible ;

Ø Le toucher rectal est douloureux ;

Ø L'état général est bien conservé au début ;

Ø L'évolution se fait vers une aggravation progressive, parfois avec des phases de rémission.

c. Diagnostic

L'examen parasitologique des selles fraîchement émises permet de retrouver les kystes et parfois les formes végétatives du parasite. Cet examen doit être répété trois fois pour augmenter la sensibilité du diagnostic.

Une coproculture est aussi toujours nécessaire pour éliminer les étiologies bactériennes.

d. Traitement

Ø Metronidazole (FLAGYL®) : 30 à 50 mg /Kg/Jour, en trois prises pendant 7 à 10 jours.

Ø Tinidazol (FASIGYNE®) : peut être proposé comme alternative avec une efficacité comparable pour un traitement de 5 jours.

Trois jours après la fin du traitement, le Tiliquinol (INTETRIX®) doit être utilisé à la dose de 2 gélules matin et soir pendant 10 jours.

Un examen parasitologique des selles, répété trois fois, doit être systématiquement prescrit 3 à 4 semaines après, afin de vérifier l'absence de portage chronique de kystes d'amibes (1).

I.3.1.2. FLAGELLOSE COLIQUE

C'est une protozoose due à Trichomonas intestinalis ; il vit dans la lumière colique sous forme végétative et il ne donne pas de kystes.

Il serait responsable de colite et d'entérocolite qui relèveraient des amoebocides de contact (Difetarsone) ou du Metronidazole (FLAGYL®).

I.3.2. LES HELMINTHIASES

I.3.2.1. ANGUILLULOSE OU STRONGYLOIDOSE

a. Définition

C'est une affection due à un nématode, Strongyloides stercoralis.

La larve contamine l'homme par voie transcutanée.

b. Manifestations cliniques

L'affection n'est habituellement pas sérieuse. Cependant en cas d'infestation massive, on peut rencontrer :

Ø Une entérite avec diarrhée et de l'amaigrissement ;

Ø Parfois, une bronchite chronique ou asthme avec fièvre légère ;

Ø A l'endroit de la pénétration des larves dans la peau une espèce d'urticaire ou d'éruption rampante peut se présenter.

Ø A la longue une anémie peut se développée.

c. Diagnostic

Le diagnostic de certitude est obtenu par la découverte des larves dans les selles fraîchement émises.

En cas d'infestation faible, cette recherche nécessite un enrichissement par la méthode de Baerman ou une coproculture.

d. Traitement

Ø Ivermectine (STROMECTOL®) : chez l'adulte, 12 mg (4 comprimés = une boite) en une seule prise ;

Ø Albendazole (ZENTEL®) : 10 mg/kg/jour (1 comprimé = 400mg) pendant 7 jours.

I.3.2.2 ANKYLOSTOMOSES

a. Définition

Ce sont des parasitoses intestinales très répandue dans monde, causées par deux nématodes, Ancylostoma duodénal et Necator americanus.

Ce sont des petits vers gris ou rendus brun par le sang absorbé, dont la bouche est armée des dents pointues en forme de crochets. On ne les voit pas dans les selles, à moins qu'ils ne soient expulsés par un traitement, car ils sont accrochés à la muqueuse du duodénum à l'aide de leurs crochets oraux.

Ils se déplacent dans l'intestin et déterminent à chaque point d'attache une petite hémorragie. Ils se nourrissent de sang, environ ¼ de CC par jour par ver !!!(2). L'adulte peut survivre cinq ans et consommer pendant sa vie près d'un demi de sang.

L'homme s'infeste par voie transcutanée, exceptionnellement par voie buccale, voire transplacentaire ou lors de l'allaitement.

b. Manifestations cliniques

Ø OEdèmes,

Ø Toux coqueluchoïde, asthme, bronchite ;

Ø Douleurs abdominales autour du nombril ou dans le creux épigastrique ;

Ø Diarrhée, vomissement, mauvaise digestion et pyrosis ou constipation ;

Ø Douleurs de deux cotés de la cage thoracique ;

Ø Les selles peuvent devenir noires ;

Ø Anémie ;

Ø Le malade est sujet à de légères montées de température.

c. Diagnostic

La numération formule sanguine montre une anémie microcytaire hyposidéremique.

La mise en évidence de l'agent pathogène guidée par l'interrogatoire, constitue l'argument majeur du diagnostic.

Les oeufs, caractéristiques sont émis au stade de 4 blastomères pour Ancylostoma duodénal et de 8 blastomères pour Necator americanus.

La coproculture parasitaire permet de distinguer les 2 types de larves.

d. Traitement

Ø Pamoate de Pyrantel (COMBATRIM®) :

o Adulte : 3 comprimés dosés à 125 mg, matin et soir pendant 2 jours ;

o Enfant : 12,5 mg/kg pendant 2 jours ;

Ø Flubendazole (FLUVERMAL®) : un comprimé à 400 mg en cure unique ;

Ø Mebendazole (VERMOX®) :

o Adulte : Un comprimé dosé à 200 mg matin et soir pendant 3 jours ;

o Enfant : 3 mg/kg/jour pendant 3 jours.

L'anémie doit être combattue par un régime alimentaire équilibré, riche en protéine, et par l'administration de fer (2).

I.3.2.3 ASCARIDIOSE

a. Définition

C'est la parasitose la plus fréquente dans le monde, elle est causée par un ver rond, Ascaris lumbricoïdes. C'est le ver humain le plus répandu, il est cosmopolite mais plus fréquent dans le tiers monde et chez les enfants à cause de l'hygiène fécale et alimentaire défectueuse.

b. Manifestations cliniques

Ø Syndrome de Löffler : accès de toux accompagnés de fièvre et d'images radiologiques pulmonaires fugaces asymétriques ;

Ø Troubles digestifs (épisodes diarrhéiques, douleur abdominales mal localisées) ;

Ø Exceptionnellement des signes nerveux (irritabilité, troubles du sommeil, voire convulsions) ;

Ø Des complications chirurgicales peuvent être observées par migration d'adultes donnant des signes d'angiocholite fébrile, de pancréatite aigue hémorragique ou d'appendicite ;

Ø Une occlusion intestinale, un étranglement herniaire, une perforation intestinale peuvent également être observée.

c. Diagnostic

Il repose sur la découverte des oeufs dans les selles.

Il apparaît une hyper éosinophilie souvent associée à une hyperleucocytose.

d. Traitement

Ø Pamoate de Pyrantel (COMBATRIN®) : 10mg /Kg de poids en cure unique

Ø Mebendazole (VERMOX®) : un comprimé dosé à 200mg matin et soir, pendant 3jours. 

Ø Flubendazole (FLUVERMAL®l) : un comprimé dosé à 100 mg matin et soir pendant 3 jours ;

Ø Albendazole (ZENTEL®) : un comprimé de 400 mg en une prise.

I.3.2.4. OXYURIOSE

a. Définition

C'est une parasitose intestinale causée par un ver rond cosmopolite, Enterobius vermicularis. L'oxyurose est une affection strictement humaine.

Les vers adultes vivent dans la région caeco-appendiculaire.

La contamination se fait par ingestion d'oeufs qui éclosent dans l'intestin. Elle est favorisée par la vie en collectivité (fratrie, école,...).

b. Manifestations cliniques

En général, le portage d'Enterobius vermicularis est asymptomatique. La clinique est dominée par un prurit anal, prédominant le soir au couché. Il peut s'accompagné des lésions péri anales de grattage.

Des épisodes de diarrhée, des douleurs abdominales, des manifestations nerveuses (cauchemars) sont classiques.

Plus rarement des oxyures peuvent déclencher une appendicite ou être responsable chez la petite fille de vulvite.

c. Diagnostic

Classiquement, la présence dans les selles de petits vers blancs et mobiles permet un diagnostic aisé par observation des femelles adultes.

La recherche des oeufs caractéristiques pondus sur la marge anale permet une identification facile de la parasitose. Elle doit être réalisé le matin avant toute toilette locale et toute défécation.

La meilleure technique est le test de Graham ou test à la cellophane adhésive (scotch test) qui consiste à appliquer contre les plis radiés de l'anus la face collante d'un ruban adhésif transparent. Celui-ci après avoir été collé sur une lame de microscope peut être transporté facilement vers un laboratoire et regardé au microscope.

d. Traitement

Ø Pamoate de Pyrantel (COMBATRIN®) : 12,5 mg/kg de poids ;

Ø Flubendazole (FLUVERMAL®) : 100 mg en une prise unique quelque soit le poids ;

Ø Albendazole (ZENTEL®) : à la dose de 200 mg quelque soit l'âge.

I.3.2.5 TRICHOCEPHALOSE

a. Définition

C'est une parasitose intestinale cosmopolite causée par un ver rond, Trichuris trichiura ; la trichocéphalose est favorisée par l'utilisation d'engrais humains.

b. Manifestations cliniques

La contamination par Trichuris trichiura et le portage correspondant sont en général asymptomatiques. En cas d'infestation massive, une asthénie peut être observée durant la période d'incubation, des troubles colitiques, une anémie, un prolapsus rectal peut se manifester durant la phase d'état.

c. Diagnostic

L'observation dans les selles d'oeufs caractéristiques assure le diagnostic. Une hyperéosinophilie sanguine peut parfois être constaté enfin de période d'incubation (jusqu'à 1000 éosinophilies par mm3).

d. Traitement

Les dérivés azolés sont préconisés pour le traitement.

Ø Flubendazole (FLUVERMAL®) : comprimé de 100 mg, matin et soir pendant trois jours ;

Ø Albendazole (ZENTEL®) : comprimé de 400mg en cure unique.

CHAP II : MATERIELS ET METHODES

2.1. CADRE D'ETUDE

Cette étude a été effectuée au Centre de Santé Boyoma dans la Zone de Santé de Kisangani Makiso.

2.1.1. Historique

Le CS Boyoma est crée en 1988, sous la dénomination de centre anti- tuberculeux de Kisangani (C.A.T). Il va s'occuper des patients lépreux et tuberculeux depuis lors jusqu'au 8 décembre 2001 ; où il est débaptisé pour devenir le C.S Boyoma, une structure intégrée dans les soins de santé primaire (SSP).

2.1.2. Situation géographique

Le C.S Boyoma est situé dans le quartier plateau médical, commune de la Makiso en ville de Kisangani, il est limité :

Ø Au Nord par l'avenue Sanatorium qui débouche vers le Nord-est sur le campus de l'UNIKIS ;

Ø A l'Est par l'intendance de l'UNIKIS ;

Ø A l'Ouest par l'avenue Golf menant à l'HGR/Kisangani ;

Ø Au Sud par l'ISC/Kisangani.

2.1.3. Effectif du personnel

Le C.S Boyoma fonctionne avec un effectif de 31 personnes, il s'agit de :

Ø Médecin superviseur : 1

Ø Infirmiers :

o A1 : 10

o A2 : 14

o A3 : 3

Ø Ouvriers : 3

2.1.4 : Activités organisées

Ø Les consultations,

Ø CPN et CPS,

Ø Le laboratoire,

Ø Les soins ambulatoires,

Ø L'hospitalisation,

Ø La maternité.

2.2. MATERIEL

La récolte des données a couvert une période de six mois allant du 1er Janvier 2008 au 30 Juin2008. Nous avons utilisé les registres du service de laboratoire qui ont constitué le document de référence.

Nous avons analysé tous les résultats des examens directs des selles effectués durant la période mentionné ci-haut. Au total 940 examens directs des selles ont pu faire l'objet de cette étude.

2.3. METHODES

La présente étude a été menée suivant la méthode rétrospective basée sur l'analyse documentaire des registres. On a retenu les paramètres suivants : Age, Sexe, Commune de résidence, Mois de consultation et Type des parasites intestinaux rencontrés.

Le groupage des résultats obtenus a permis des les présentés dans des tableaux. Nous avons considéré dans le deux sexe, deux groupes d'âge : les enfants (< 15 ans) et les adultes (= à 15 ans). Les sujets ont été soit des patients hospitalisés, soit des patients venus en ambulatoire, y compris les femmes enceintes venues au CPN.

Concernant le diagnostic parasitologique, les techniciens de laboratoire ont eu recours à l'examen coprologique direct conditionné à l'eau physiologique. Ni la méthode qualitative de Kato ni celle de concentration,... n'ont été utilisé, moins encore la méthode de Baerman, le test de Graham ou la coproculture.

La démarche thérapeutique que nous évoquons dans ce travail n'est qu'une liste des médicaments actifs.

Quant à l'analyse statistique des résultats, nous avons utilisé le pourcentage ou %.

% = Fo/Fa× 100 avec Fo : Fréquence Observée

Fa : Fréquence attendue.

CHAP III : PRESENTATION DES RESULATS

3.1. FREQUENCE DES RESULTATS POSITIFS

Les résultats coprologiques repartis par groupe d'âge sont présentés dans le tableau I et graphique I ; ceux groupés par sexe sont présenté dans le tableau II et graphique II, ceux groupés par commune de résidence sont présentés dans le tableau III et graphique III et enfin ceux groupés par mois de consultation sont présenté dans le tableau IV et graphique IV.

Tableau I et Graphique I : Fréquence des résultats positifs par âge

Age

Positif

Négatif

Total

%

Enfant

77

58

135

57

Adulte

510

295

805

63

Total

587

353

940

62

Il ressort de ce tableau I et graphique I que dans l'ensemble 62% des cas étaient positif.

En proportion, les adultes étaient plus infestés (63%) que les enfants (57%).

Tableau II et Graphique II : Fréquence des résultats par sexe

Sexe

Positif

Négatif

Total

%

Masculin

230

136

366

62,84

Féminin

357

217

574

62,19

Total

587

353

940

62

L'analyse du tableau II et graphique II montre que la fréquence chez les hommes est plus élevée (62,84%) que chez les sujets féminins (62,19%).

Tableau III et graphique III : Fréquence des résultats par commune de résidence

Commune

Positif

Négatif

Total

%

Mangobo

268

148

416

64

Makiso

201

122

323

62

Tshopo

77

56

133

58

Kabondo

18

11

29

62

Lubunga

19

9

28

68

Kisangani

4

7

11

57

Total

587

353

940

62

Il ressort de ce tableau III et graphique III que la fréquence la plus élevée a été observée à la commune Lubunga (68%) tan disque la plus basse fréquence a été observée à la commune Kisangani (57%). La commune Mangobo montre une fréquence de 64%, les communes Kabondo et Makiso montrent une fréquence de 62% et enfin la commune Tshopo montre une fréquence de 58%.

Tableau IV et Graphique IV : Fréquence des résultats par mois de consultation

Mois

Positif

Négatif

Total

%

Janvier

87

57

144

60

Février

108

89

197

55

Mars

124

54

178

70

Avril

62

35

97

64

Mai

115

56

167

69

Juin

91

66

157

58

Total

587

353

940

62

Il ressort de ce tableau que la fréquence la plus élevée a été observée au mois de mars (70%) tandis que la plus basse fréquence a été observée au mois de février (55%).

3.2. TYPE DES PARASITES INTESTINAUX RENCONTRES

Tableau V et Graphique V : Parasites et groupe d'âge

Parasites

Enfant

Adulte

Total

%

Ankylostomes

18

172

190

32,4

E. histolytica

9

99

108

18,4

A.lumbricoïdes

25

38

63

10,7

S. stercoralis

3

45

48

8,2

T. trichiura

1

43

44

7,5

T. intestinalis

2

5

7

1,1

E. vermicularis

0

1

1

0,2

Multiple

19

107

126

21,5

Total

77

510

587

100

%

13,1

86,9

100

 

Il ressort de ce tableau V et graphique V que, Ankylostomes et les infestations multiples ont occupé les premières places avec respectivement 32,4% et 21,5%. Tandis que Enterobius vermicularis et Trichuris trichiura ont occupé les dernières places avec respectivement 0,2% et 1,1%.

Tous les parasites ont infestés beaucoup plus les adultes (86,3%) que les enfants (13,1%).

Tableau VI et Graphique VI : Parasites et sexe

Parasites

Masculin

Féminin

Total

%

Ankylostomes

78

112

190

32,4

E. histolytica

38

70

108

18,4

A. lumbricoïdes

19

44

63

10,7

S. stercoralis

17

31

48

8,2

T. trichiura

14

30

44

7,5

T. intestinalis

3

4

7

1,1

E. vermicularis

0

1

1

0,2

Multiple

61

65

126

21,5

Total

230

357

587

100

%

39,20%

60,80%

100

 

Il ressort de ce tableau VI et graphique VI que, les parasitoses intestinales ont infesté beaucoup plus des femmes (60,8) que les hommes (39,2%).

Tableau VII et Graphique VII : Parasite et mois de consultation

Parasite

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Total

%

Ankylostomes

30

38

46

20

32

24

190

32,4

E. histolytica

11

23

24

18

20

12

108

18,4

A. lumbricoïdes

12

11

13

6

13

8

63

10,7

S. stercoralis

7

6

8

1

15

11

48

8,2

T. trichiura

7

8

10

3

8

8

44

7,5

T. intestinalis

2

2

0

0

2

1

7

1,2

E. vermicularis

0

0

0

0

1

0

1

0,2

Multiple

18

20

23

24

24

27

126

21,4

Total

87

108

124

62

115

91

587

100

%

14,4

18,4

21,1

10,6

19,6

15,5

100

 

Il ressort de ce tableau VII et graphique VII que, l'Ankylostome, qui est le parasite le plus rencontré dans notre étude a été plus observé au mois de mars. Tandis que l'Enterobius vermicularis n'a été observé qu'au mois de mai.

CHAP IV : DISCUSSION ET COMMENTAIRES

4.1. FREQUENCE DES RESULTATS POSITIFS

Dans l'ensemble des résultats observés, 62% des cas positifs ont été enregistrés ; la fréquence élevée des cas positifs se confirme également dans la revue de la littérature (70%) et par d'autres études analogues effectuées avant celle-ci. A Cotonou, Sadellier et coll., durant 4 ans ont trouvé 64,93% des cas positifs (14). MBUYI et Coll. à Lubumbashi ont trouvé 86% des cas positifs.

A Kisangani, BATINA (11), M'PANDA (9), MWEZE (12), ONOSUMBA (8), ont trouvé respectivement 65,3% ; 68,2% ; 93,13 %; 74,46% des cas positifs.

La malnutrition aggravée par la pollution de l'eau, la médiocrité de l'environnement, les habitudes alimentaires défectueuses expliquent cette fréquence élevée des parasitoses intestinales.

Ces facteurs entrent en ligne de compte pour expliquer aussi l'état de santé désastreux des pays du tiers monde en général et des pays tropicaux en particulier.

4.2. Prévalence des parasitoses et âge

Dans cette étude, la fréquence d'infestation des adultes est plus élevée que celle des enfants, soit 63% contre 57%.

La basse fréquence observée chez les enfants s'explique par le fait qu'il existe actuellement plusieurs méthodes de déparasitage systématique. Par exemple l'administration de Mebendazole chez les enfants de 0 à 5 ans.

A propos de l'impact de l'âge sur la distribution des parasitoses intestinales, les résultats rapportés, par différents auteurs sont disparates. Cette disparité tient compte des méthodes d'approches : enquête épidémiologique prospective, enquête purement clinique et documentaire, méthode d'examen coprologique etc.

4.3. Prévalence des parasitoses et sexe

Nous avons trouvé dans cette étude qu'il n y a pas de différence d'infestation par rapport au sexe avec 62,84% pour les hommes 62,19% pour les femmes.

Les mêmes conditions dans les quelles sont exposés les deux sexes expliqueraient ces résultats obtenus.

4.4. Prévalence des parasitoses et commune de résidence

Dans notre étude, nous avions remarqué que la commune Lubunga a été plus infestée (70%), suivi des communes Mangobo, Makiso et Kabondo, Tshopo, et Kisangani avec respectivement 68%, 64%, 62%, 58% et 57%.

Les fréquences les plus élevées des communes urbano-rurales de Lubunga et Mangobo sont liées à l'insalubrité et à l'ignorance des règles élémentaires d'hygiène par la majorité de la population.

La faible fréquence observée pour la commune Kisangani s'explique par la distance qui existe entre le C.S Boyoma et la commune Kisangani.

4.5. Prévalence des parasitoses et mois de consultation

Notre étude révèle que les mois de Mars et Mai ont enregistré le plus grand nombre des parasitoses dans notre milieu. Par contre MWEZE (12) avait trouvé dans son étude que les mois de Mai, d'Août et Septembre avaient enregistrés le plus grand nombre des parasitoses dans notre milieu suite à l'abondance des pluies au cours de ces mois.

Les pluies rendent le sol humide et favorise ainsi la stagnation d'eau, qui favorise à son tour le développement des oeufs et larves des parasites.

Il ressort de cette étude que les parasitoses n'ont pas de périodicité dans notre milieu. Cela est dû à la permanence des conditions géo-climatiques favorables aux parasites. Ces conditions optimales pour le développement des parasites augmentent la chance d'infestation de la population.

4.6. Types des parasites rencontrés

A l'issue du comptage des parasites, Ankylostome s'est avérée être le parasite le plus fréquemment rencontré (32,4%), suivie des infestations multiples (21,5%), de l'Entamoeba histolytica (18,4%), Ascaris lumbricoïdes (10,7%), Strongyloides stercoralis (8,2%), Trichuris trichiura (7,5%), Trichomonas intestinalis (1,1%) et enfin Enterobius vermicularis (0,2%).

La fréquence élevée de l'Ankylostome est due à la région chaude, humide, sol convenable, oxygénation suffisante de notre milieu, qui favorise la survie et la dissémination des larves d'Ankylostome.

L'habitude de se promener pied nu est le facteur le plus important de la fréquence élevée de l'Ankylostome ; la façon de se débarrasser des matières fécales et leur usage dans la fertilisation du sol sont aussi sans doute des principales sources d'infestation pour l'homme.

Les infestations multiples ont été plus remarquées parce que la plus part des ces parasites intestinales vivent dans les mêmes conditions.

La fréquence élevée de Entamoeba histolytica est primordialement favorisée par la mauvaise qualité de la distribution d'eau destinée à la consommation ; les conditions géo-climatiques qui favoriseraient la survie des kystes de Entamoeba histolytica. En outre, l'absence d'hygiène oro-fécale, le manque des latrines aménagées, les mauvaises méthodes de conservation des aliments ou manque des méthodes de congélation et d'ébullition pour détruire les kystes influence la majoration de la multiplication de l'Entamoeba histolytica dans les familles et dans les collectivités.

L'Ascaris lumbricoïdes par contre est le parasite intestinal en relation avec l'hygiène fécale défectueuse. Sa fréquence élevée dans notre milieu est liée au péril fécal.

L'Enterobius vermicularis a été le moins diagnostiqué ; ce parasite pond les oeufs ou les éliminent en dehors des selles, ce qui entraîne une négativité des examens coprologiques courants.

CONCLUSION

Les parasitoses intestinales constituent un problème de Santé Publique vu la prévalence de notre étude. Ce problème est favorisé par les conditions géophysiques, environnementales et l'hygiène défectueuse.

Notre étude révèle que les adultes sont plus infesté que les enfants, tous les deux sexes sont infesté de la même manière, la prévalence la plus élevée a été observée dans les communes urbano-rurales de LUBUNGA et MANGOBO, et Ankylostome a été le parasite le plus diagnostiqué tandis que E. vermicularis a été le moins diagnostiqué.

Les parasitoses intestinales s'observent de façon constante dans la ville de Kisangani, et leur rôle dans la pathologie de notre milieu est considérable.

La dissémination des parasites intestinaux tient non seulement au niveau d'hygiène communautaire (alimentaire, fécale et de l'eau), aux conditions socio-économiques et professionnelles, mais aussi aux conditions d'hygiène personnelles, et générale des individus. Les infestations intestinales se contractent en générale par voie orale soit directement par des mains sales ou soit indirectement par des aliments ou eaux souillés.

Les taux sévères d'infestations signalés à Kisangani sont liés à beaucoup des facteurs : l'ignorance des notions élémentaires d'hygiène, l'humidité et la chaleur élevées et constantes, fosses septiques très mal entretenues, marche pieds nus, insalubrité de l'environnement, promiscuité importante, travail de la terre, malnutrition,...

SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS

Dans le souci de réduire la morbidité des parasitoses intestinales et de promouvoir la santé de la population, nous suggérons que les mesures adéquates d'hygiène personnelle et collective soient renforcées, notamment :

Ø L'éducation sanitaire, à l'hygiène et assainissement du milieu ;

Ø Le dépistage et le traitement des cas diagnostiqués ;

Ø Le renforcement du déparasitage systématique y compris chez les adultes ;

Ø L'amélioration des services de dépistage, traitement et prévention

Eu égard à tout ce qui précède, nous recommandons :

1. Au ministère de la Santé Publique, de promouvoir des actions concrètes en termes de salubrité et d'assainissement de l'environnement ;

2. Au personnel soignant, de bien organiser et intensifier l'éducation sanitaire de masse pour une lutte efficace contre le péril fécal en initiant la construction et l'utilisation des latrines propres ;

3. A la population de respecter une hygiène rigoureuse en s'imprégnant des prescriptions élémentaires d'hygiène, notamment : le lavage des mains avant de manger, après avoir été aux toilettes, laver les fruits et autres aliments crus avant toute consommation, assainir le milieu pour lutter contre certains vecteurs, encourager le port des souliers...

4. Aux scientifiques d'envisager des études très fines sur les différents aspects de ces maladies parasitaires.

BILIOGRAPHIE

1. ATOBA C. Parasitologie médicale, cours inédit UNIKIS Fac de médecine 2009 

2. Dr. R. FINKELD D.P.H. ABC DE POSTE DE SANTE

3. BRUMPT. E. Précis de Parasitologie, Masson et Cie, Paris 6e éd. 1949.

4. GENTILLINI M., Médecine tropicale, 5e éd. Flammarion, Paris 1993.

5. MULUMBA, M., Elément de Protozoologie Médicale, cours inédit UNIKIN 1986.

6. NOZIAS et Coll., Examen coprologique en Parasitologie courante, Fac de médecine Abidjan, 1976.

7. NOZIAS J.P. et DARTRY A., Examen coprologique en Parasitologie courante. CHPITIE Salpetrière 1985.

8. ONOSUMBA Y. Relevée épidémiologiques des cas de Parasitoses hospitalisés au Cukis, monographie inédite, Fac de Méd. UNIKIS 1989

9. M'PANDA L., Parasitoses intestinales à Kisangani, monographie inédite, Fac de Méd. UNIKIS 1988

10. GOARNISSON J. et Coll. Guide médical africain, père le blanc 5e éd. Senne 1963

11. BATINA S, Bilan coprologique de service de Parasitologie des Cukis, monographie inédite UNIKIS Fac de Méd. 1986

12. MWEZE N. Nature et fréquence des parasitoses intestinales, monographie inédite UNIKIS, Fac de Méd. 2003

13. MBUYI et Coll., Parasitoses tropicales à Lubumbashi, Njanja médical N°6 1983

14. SADELLIER et Coll., Aspect statistique des quelques helminthes observés à Cotonou, Afr. Méd. 1984

TABLES DES MATIERES

DEDICACE

AVANT-PROPOS

O. INTRODUCTION..........................................................................................1

O.1. PROBLEMATIQUE....................................................................................1

0.2. OBJECTIFS............................................................................................. 2

0.3. HYPOTHESE............... ............................................................................2

O.4. SUBDIVISION............... ..........................................................................3

CHAPI : GENERALITES SUR LES PARASITOSES INTESTINALES........................4

I.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS...................................................................4

I.1.1. Parasitose..............................................................................................4

I.1.2. Parasite.................................................................................................4

I.1.3. Parasitisme............................................................................................4

I.2. DIAGNOSTIC DES PARASITOSES...............................................................4

I.2.1. Diagnostic clinique.................................................................................4

I.2.2. Diagnostic parasitologique.......................................................................5

I.2.2.1. Examen direct des selles......................................................................5

I.2.2.2. Examen après coloration.....................................................................5

I.2.2.3. Examen après concentration...............................................................6

I.2.2.4. Coproculture.......................................................................................6

I.2.2.5. Méthode de Kato.................................................................................7

I.3. LES PARASITOSES INTESTINALES RENCONTREES....................................8

I.3.1. LES PROTOZOOSES..............................................................................8

I.3.1.1. AMIBIASE INTESTINALE....................................................................8

I.3.1.2. FLAGELLOSE COLIQUE.......................................................................9

I.3.2. LES HELMINTHIASES...........................................................................10

I.3.2.1. ANGUILLULLOSE OU STRONGYLOIDOSE..........................................10

I.3.2.2. ANKYLOSTOMOSES...........................................................................11

I.3.2.3. ASCARIDIOSE....................................................................................13

I.3.2.4. OXYURIOSE......................................................................................14

I.3.2.5. TRICHOCEPHALOSE..........................................................................15

CHAPII: MATERIELS ET METHODES............................................................17

II.1. CADRE D'ETUDE....................................................................................17

II.1.1. Historique..........................................................................................17

II.1.2. Situation géographique........................................................................17

II.1.3. Effectif du personnel...........................................................................17

II.1.4. Activités organisées..............................................................................18

II.2. MATERIELS..........................................................................................18

II.3. METHODE.............................................................................................18

CHAPIII. PRESENTATION DES RESULTATS...................................................20

III.1. FREQUENCE DES RESULTATS POSITIFS.............................................20

III.2. TYPE DES PARASITES RENCONTRES...................................................23

CHAP IV : DISCUSSIONS ET COMMENTAIRES................................................27

IV.1.FREQUENCE DES RESULTATS POSITIFS................................................27

IV.2. Prévalence des parasitoses et age...........................................................27

IV.3. Prévalence des parasitoses et sexe.........................................................27

IV.4. Prévalence des parasitoses et commune de résidence..............................28

IV.5. Prévalence des parasitoses et mois de consultation.................................28

IV.6. Type des parasites rencontrés...............................................................29

CONCLUSION.............................................................................................31

SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS......................................................32

BIBLIOGRAPHIE............................................................................................33

TABLES DES MATIERES..............................................................................34