WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La gouvernance urbaine de l'eau et l'accès aux services de base des quartiers précaires cas de la ville de Safi (Maroc)

( Télécharger le fichier original )
par Ali Ighil
Institut National d'Aménagement et d'Urbanisme INAU (Maroc) - Diplôme d'études supérieurs en aménagement et urbanisme (DESAU) 2008
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Conclusion générale:

La question du partage est au centre de la problématique de l'eau, mais aussi à travers elle, les questions de la bonne gouvernance, d'égalité, d'équité et de durabilité sont autant de concepts qui sont confrontés et éprouvés dans la gestion de la ressource qui est l'eau. Et s'il existe une tendance à la rationalisation de la gestion de l'eau à travers des modes de gestion nouveaux, sont aussi forts des concepts tels que la relocalisation, l'identité locale et le droit à l'eau.

En effet, l'eau c'est la vie, et ce n'est pas une «marchandise comme les autres». Sa place prééminente dans toutes les sociétés fait que l'eau ne peut être traitée comme n'importe quelle matière première. « L'accès à l'eau potable et à l'assainissement pour tous, relève d'un droit particulier qu'il convient d'identifier afin de le protéger et de le développer. Il est inscrit dans la tradition des peuples et les plus anciens textes juridiques ».77

Au Maroc et au lendemain de l'Indépendance, tout était à faire et le développement de l'offre des services de base faisait partie intégrante de l'effort de développement général du pays, Mais « la fluctuation et l'inconstance des approches et la prévalence d'une logique quantitative d'offre a souvent fait que les efforts consentis tentaient de répondre à des préoccupations sectorielles, plutôt que guidés par des finalités centrées sur les individus et sur les communautés »78. En témoignent, par exemple, l'attitude adoptée vis-à-vis de la question du logement et, à certaines périodes, par rapport à celle de l'électrification, surtout en milieu rural. En toute époque, et selon les équilibres et les moyens en place, la réalisation de certaines catégories d'équipements et de services devait souvent attendre.

En effet, tant pour la mobilisation des ressources en eau, que pour l'accroissement de la puissance électrique installée, la priorité a été, pendant longtemps, donnée aux grands projets et aux performances techniques, sans que la généralisation des accès et l'utilité sociale de ces infrastructures ne soient sérieusement prises en considération. L'équipement du pays était alors porté davantage par des préoccupations d'ordre national et sectoriel qui passaient devant celles des finalités locales et ultimes des projets, en termes d'effectivité de l'accès et de valeur sociale pour les populations.

D'un autre côté, le débat sur la définition du droit aux services de base et sur la frontière entre ce qui relève d'un accès garanti, et donc d'un droit, et ce qui devrait être le fait du marché, a souvent été reporté. La fluctuation de cette frontière a ainsi retardé l'émergence d'une hiérarchisation claire des catégories de prestations et des catégories de bénéficiaires, ainsi que l'adoption de stratégies différenciées pour répondre aux besoins essentiels des populations, notamment pauvres et vulnérables.

Dans l'appréciation générale, au Maroc un service devient de base, au moment où l'Etat intervient pour le satisfaire. Le cas de l'accès au logement illustre bien cette situation et met en évidence l'alternance qui a marqué la perception de ce service, tantôt comme relevant du marché, tantôt comme domaine d'intervention prioritaire de l'Etat, notamment pour le logement des catégories défavorisées.

77 Henri Smets. "Le droit à l'eau dans les législations nationales". AESN, Nanterre. Novembre 2005.

78 Rapport "Analyse genre loi de finance" 2007.

Jusqu'à une période récente, où des programmes sectoriels pluriannuels d'adduction d'eau potable et d'électrification ont été mis en place, la question des accès paraît avoir été davantage pilotée par l'urgence et la conjoncture que par les objectifs à moyen terme du développement humain. C'est ce qui explique, outre la faiblesse des taux d'accès, la prégnance de multiples disparités spatiales et sociales.

Le travail de terrain effectué à l'occasion de ce mémoire, les rapports noués avec les populations du quartier objet de notre étude, nous ont confronté à un ensemble d'attentes de la parts de ces habitants, attentes qui révèlent une grande aspiration à l'amélioration des conditions de vie autant environnementales qu'économiques et sociales. Cette demande tient à la fois à des considérations objectives mais aussi à la représentation qu'ont les populations du rôle de l'état.

Les attentes dans les quartiers pauvres sont énormes et se fondent sur le constat du retard social et de l'extension de la pauvreté. Cette population se caractérise par un taux élevé d'analphabétisme dont souffrent les deux tiers des hommes et une grande partie des femmes, par un accès aux services de base, qui reste malgré les améliorations des dernières années en dessous des normes, (l'accès à l'eau potable, à l'électricité et à l'assainissement dans ces quartiers reste encore limité).

Le taux d'analphabétisme élevé des habitants les empêche de mieux comprendre les mécanismes technico-administratifs qui se produisent lors d'un projet d'aménagement ou la gestion d'un service public, ce qui les bloque pour exprimer leurs doléances et empêche la pleine manifestation de la participation.

Pour ce qui est des améliorations à apporter et afin que cette population puisse jouer pleinement son rôle en matière de définition des priorités, plusieurs recommandations peuvent être formulées, dont :

· La participation active à la conception, la réalisation et la gestion des projets de la population cible;

· Etre soutenus par des mesures d'accompagnement et de formation ;

· Mieux développer la décentralisation et la déconcentration des institutions ;

· Privilégier les rapports de partenariat et la contractualisation des projets ;

· Le renforcement des responsabilités des acteurs sociaux ;

· l'information des bénéficiaires des services publiques;

Le type de relation entre les usagers du service de l'eau et l'environnement technique et administratif est un critère important dans l'application de l'approche participative. Cette culture participative doit être consolidée et généralisée dans tous les programmes d'aménagement en particulier et les autres programmes de développement en général.

L'amélioration de la gouvernance du service de l'eau dans le contexte de la raréfaction de la ressource est devenu un besoin et une nécessité, et cela ne peut se faire qu'à travers :

- la mise en place d'organes et de mécanismes de concertation et de coordination ;

- le renforcement de la participation des usagers à la gestion intégrée et décentralisée de la ressource et du service de l'eau.

D'un autre côté, il est essentiel de prendre en considération les exigences d'une gestion efficace et durable du service de l'eau, et partant, d'accepter l'idée de financement de l'exploitation et de l'entretien, et progressivement des investissements, au moyen des paiements des usagers si l'on veut assurer la durabilité du service et des investissements dans

l'infrastructure. Les Objectifs du millénaire ne seront pas respectés, faute de financements adéquats, Mais le système de tarification adopté doit cependant intégrer les principes de la bonne gouvernance, d'égalité et d'équité. Il faut, pour cela, formuler des programmes ciblés pour les communautés à faible revenu.

En tous cas il faut commencer par admettre que l'accès à l'eau est plus qu'un objectif : il constitue un préalable. Sans eau potable et sans assainissement, les ambitions du Millénaire en termes de développement et de santé publique n'ont pas le moindre sens.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault