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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?


par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Art et Culture
   
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    ESARTS
    Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts
    (Filière du Centre EAC)

    LE FESTIVAL, LEGITIMATION OU INSTRUMENTALISATION D'UN CONCEPT ?

    Mémoire de fin d'études présenté et soutenu publiquement par
    CAMILLE PLANTE

    Directeur de Recherche : Année universitaire 2005/2006

    Mr HELLIO Bertrand

    JURY DE SOUTENANCE DU MEMOIRE DE :
    CAMILLE PLANTE
    Promotion 2005-2006
    « LE FESTIVAL, LEGITIMATION OU INSTRUMENTALISATION D'UN CONCEPT ? »

    Présidente du Jury Claude Vivier Le Got

    Présidente du Groupe EAC

    Directeur de recherche Bertrand - Hellio

    Professeur en Musiques Actuelles au centre EAC

    Directeur de Zic-Zac en Lorraine, consultant en programmation et manager musiques actuelles

    Membres du Jury

    Claude - Geiss

    Directeur Artistique du festival Chroniques Nomades

    Catherine Ferey

    Professeur de médiation culturelle

    « L'EAC n'entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans les mémoires de fin d'études. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs. »

    Je tiens tout d'abord à remercier toute L'équipe du Groupe EAC, et pLus particuLièrement sa directrice, Madame CLaude Vivier, ainsi que Jane Bregier, responsabLe de programme, pour Leur soutien, Leurs conseiLs et Leurs encouragements.

    Je remercie tout particuLièrement mon directeur de recherche, Bertrand HeLLio, pour sa disponibiLité, son efficacité et son enthousiasme quant à La thématique de mon mémoire.

    Un grand merci égaLement à mon parrain de mémoire, CLaude Geiss, qui a su m'accorder un temps précieux pour me dévoiLer Les facettes cachées de son festivaL.

    Je remercie tous Les photographes rencontrés cet été, Lors des festivaLs de HonfLeur, ArLes et Perpignan, pour Leurs témoignages et Leurs encouragements.

    Je tiens égaLement à remercier Madame MagaLi Anger, responsabLe du secteur musique et cinéma du ConseiL RégionaL de Basse- Normandie, Monsieur Yves Ras, secrétaire des affaires cuLtureLLes du ConseiL GénéraL du CaLvados, et Catherine Montandon, directrice de L'Office du Tourisme de HonfLeur, pour Leur merveiLLeuse disponibiLité.

    Enfin, un grand merci à ceux qui, de près ou de Loin, m'ont aidé dans La rédaction de ce mémoire.

    « Où en sommes-nous ?
    Que représentent les festivals d'été aux yeux du public ?
    Tourisme ? Passe temps d'un soir ?
    Nuits d'été dans des enceintes historiques ?
    Beaux costumes et éclairage ad hoc ?
    Shakespeare en veux-tu, en voilà ?
    Perception des taxes municipales ?
    Accroissement des recettes des commerçants ?
    Tout le monde est heureux, tout les monde se réjouit, c'est parfait.
    Cependant est-ce que les festivals n'ont d'autres ambitions que de faire
    désormais partie de la panoplie du bonhomme moderne : frigidaire,
    télévision, 2 CV ?
    »
    Jean Vilar

    « Où vont Les festivaLs ? », in Revue Janus, n° 4, Paris,

    décembre 1964/janvier 1965.

    AVANT PROPOS

    Les festivaLs ponctuent chaque année Le caLendrier cuLtureL français. La variété des genres et des thèmes qu'iLs diffusent sur L'ensembLe du territoire atteint un pubLic de pLus en pLus diversifié. IL est intéressant d'anaLyser cette forme particuLière d'événement cuLtureL qui connaît un croissant succès, puisqu'iL s'en tient environ deux miLLe sur L'ensembLe du territoire pour L'année 20051.

    Faisant suite à mes différentes expériences professionneLLes au sein du Festival OFF des Chroniques Nomades de HonfLeur et de mes ambitions de parcours au sein même de ce secteur d'activité, La thématique abordée à travers ce mémoire est intervenue de manière natureLLe. Condensée, dans un premier temps à L'interaction entre « In » et « Off », iL sembLait nécessaire de L'éLargir à La notion même de « festivaL ». Deux documents déterminent activement Le choix de cette réfLexion : une citation de Jean ViLar2 en 1964, extraite de L'articLe Où vont les festivals ?3 , et une interview de EmmanueL Ethis4 en juiLLet 2004, Tous les Festivals n'en sont pas !5. Ce mémoire tente ainsi d'étabLir, à partir d'un état des Lieux des festivaLs en France et en 2006, une réfLexion sur L'évoLution de ce concept depuis son déveLoppement, et ceLa depuis Les années quatre-vingt.

    1 DONNEDIEU de VABRES (Renaud), in discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, Le 24 novembre 2005, page 1.

    2 Voir Biographies, page 177.

    3 VILAR (Jean), « Où vont Les festivaLs ? », in Revue Janus, numéro 4, décembre 1964, janvier 1965.

    4 Voir Biographies, page 175.

    5 ETHIS (EmmanueL), « Tous Les festivaLs n'en sont pas ! », in Le Ravi, http://www.Leravi.org/articLe.php3?id_articLe=26, consuLtation Le 12 février 2006.

    PLAN SYNTHETIQUE

    Partie 1

    La notion de festival : entre échange légitime et tentative d'instrumentalisation p.7

    Chapitre 1

    Un rapport inhérent au contexte local p.10

    I) L'impact du contexte local sur le festival p.10

    II) Les retombées d'un festival sur le contexte local p.35

    Chapitre 2

    Un échange qui peut être instrumentalisé en retour ? p.56

    I) Le festival : un outil de promotion au service des collectivités territoriales ? p.56

    II) Tentative d'instrumentalisation de la notion de festival par les directeurs de festival ? p.74

    Partie 2

    Proposition d'une formuLe festivaLière : Le festivaL Chroniques Nomades et L'évoLution
    du contexte cuLtureL en France
    p.96

    Chapitre 1

    Une interaction au contexte LocaL nécessaire pour une Légitimité territoriaLe, artistique et cuLtureLLe du festivaL Chroniques Nomades p.97

    I) Le contexte du festivaL Chroniques Nomades p.97

    II) Quand ce contexte évoLue... p.120

    Chapitre 2

    ELéments d'action mis en pLace face à une possibLe perte de La notion

    de festivaL p.133

    I) La pérennisation appuie La Légitimité du festivaL p.133

    II) Préconisations apportées à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France et du festivaL Chroniques Nomades : outiLs de différenciation, de Légitimation et de pérennisation du festivaL p.147

    Introduction générale

    IL faut attendre Le miLieu des années quatre-vingt dix pour que soient réaLisées Les premières études portant sur Les festivaLs. En effet, jusqu'aLors peu étudiés, méconnus et souvent sous-évaLués quant à Leurs intérêts cuLtureLs, iLs subissent aujourd'hui d'importantes mutations et font face à de grandes interrogations.

    Notre étude se porte en 2006, à L'aube d'un été où La France va encore une fois affirmer sa nature féconde en matière de festivaLs, événements qui, toutes discipLines confondues, se succèdent par centaine sur L'ensembLe du territoire, attirant des miLLions de spectateurs, qu'iLs soient français ou touristes étrangers. Cette année 2006 est égaLement L'occasion de fêter L'anniversaire des queLques festivaLs français Les pLus anciens, comme Le soixantième anniversaire du Festival d'Avignon1, Les cinquante-huit ans du Festival d'Art lyrique d'Aix-en-Provence2, Le trente-sixième anniversaire du Festival Interceltique de Lorient3 et des Rencontres Internationales de la Photographie en ArLes4, Les trente-deux ans du Festival Internationale de la Bande Dessinée d'AngouLême5 et Le trentième anniversaire du festivaL Jazz in Marciac6, pour n'en citer que queLques uns...

    Existe-t-iL une définition unique capabLe de traduire L'ensembLe de ces phénomènes cuLtureLs ? IL sembLe qu'iL en existe pLusieurs : ainsi, Le Petit Larousse définit Le festivaL comme une « tenue périodique de manifestations artistiques appartenant à un genre donné et se déroulant habituellement dans un endroit précis»7. Pour Le Ministère de La CuLture et de La Communication, iL est « une manifestation où la référence à la fête, aux

    1 Site du Festival d'Avignon, http://www.festivaL-avignon.com/index.php?Lg=fr, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    2 Site du Festival d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence, http://www.festivaLaix.com/index.php?Page=Louverture&Rubrique=Lhistorique, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    3 Site du Festival Interceltique de Lorient, http://www.festivaL-interceLtique.com/?nav=B, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    4 Site du festivaL Les Rencontres d'Arles, http://www.rencontresarLes.com/pages/menudyn.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    5 Site du Festival International de la Bande Dessinée, http://www.bdangouLeme.com/histoire/index.ideaL?action=histoire, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    6 Site du festivaL Jazz in Marciac, http://www.jazzinmarciac.com/index1.asp, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    7 Le Petit Larousse illustré 2001, Larousse, page 428.

    réjouissances éphémères, événementielles et renouvelées s'inscrivent dans la triple unité de temps, de lieu et d'action »8. IL est intéressant de souLigner égaLement La définition donnée par Luc Benito dans un de ses ouvrages9 : « Le festival est une forme de fête unique, célébration publique d'un genre artistique dans un espace temps réduit » 10.

    IL s'apparente avant tout à un événement cuLtureL, soit une situation ou occasion « exceptionneLLe » de voir se réaLiser et se produire queLque chose de rare11. IL apparaît comme un moment festif et conviviaL, pour une périodicité et une durée déterminée, mettant en vaLeur un Lieu particuLier du territoire. Le festivaL se dérouLe parfois Là où ne L'attend pas, ce qui va à L'encontre d'une conception pLus « stricte » de La cuLture, vaLidant teL espace géographique comme support pour teLLe action. IL est ainsi La forme La pLus répandue et diversifiée adoptée par un événement cuLtureL parmi Les saLons, expositions, foires, concerts ou spectacLes.

    Pourtant, ces vastes descriptions sont Loin de traduire La diversité et La compLexité du phénomène festivaL.

    Ses origines sembLent remonter au Moyen-âge, où iL se tient aLors, de manière non officieLLe, Lors de foires ou carnavaLs. Dès Le XVIIIème siècLe, en AngLeterre, iL regroupe au sein même des égLises, Les pLus grandes choraLes, concours qui se dérouLent ensuite sur pLusieurs jours, dès La fin du siècLe en ALLemagne.

    En France, Le premier festivaL remonte à 1869 avec Les Chorégies d'Orange12, offrant une activité nouveLLe à son théâtre antique en pLein air. C'est après La seconde guerre mondiaLe que certains festivaLs prennent La forme de véritabLes institutions, comme Le Festival d'Avignon, créé en 1947 par Jean ViLar, ou encore Le Festival d'Art lyrique d'Aix-en-Provence en 1948. Ces hauts Lieux de création prennent aLors « L'aLLure » de véritabLes « outiLs » de décentraLisation* et de démocratisation cuLtureLLe. C'est dans Les années

    8 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Tourisme culturel et festivals : Opportunités et limites d'un tel partenariat, page 10.

    9 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Paris, L'Harmattan, 2001, 207 pages.

    10 BENITO (Luc) in, MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), op.cit.

    11 Définition d'un événement cuLtureL in CLERC (PhiLippe), L'outil culturel, levier du développement territorial, page 4.

    12 Site internet des Chorégies d'Orange, http://www.choregies.asso.fr/fr/histoire.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    soixante-dix que 20% des festivaLs voient Le jour13, comme Le Festival d'automne, créé à Paris en 197214, Le Printemps de Bourges en 197715, ou Les Transmusicales de Rennes en 197916 qui, du théâtre au rock, expLorent des voies résoLument modernes. Enfin, Le sommet est atteint dans Les années quatre-vingt où près de 57% des festivaLs sont créés17.

    Différents facteurs peuvent expLiquer L'épanouissement de ce phénomène : L'engouement pour Les Loisirs, un meiLLeur pouvoir d'achat, Le déveLoppement des transports, La décentraLisation cuLtureLLe et Les nouveLLes compétences accordées aux coLLectivités territoriaLes qui offrent aLors aux éLus La possibiLité d'encourager La création de teLs événements. En ce sens, Les festivaLs entrent peu à peu au coeur d'une véritabLe stratégie de déveLoppement LocaL, une réaLité tant économique qu'artistique pour Les territoires qui Les accueiLLent18. Les festivaLs sont passés d'un caractère aristocratique et éLitiste, consacrés essentieLLement à La musique cLassique et créés à L'initiative des grandes cours européennes, à un caractère pLus « popuLaire », car dès Le XXème siècLe, Les artistes eux-mêmes L'utiLisent pour promouvoir Leur art, aujourd'hui diversifié dans toutes Les discipLines artistiques: cinéma, bande dessinée, musiques actueLLes, théâtre, danse, arts de La rue, arts pLastiques et arts visueLs. En ce sens, La création de ces grands rendez-vous cuLtureLs permet à certaines discipLines d'obtenir une reconnaissance pubLique.

    IL est difficiLe à L'heure actueLLe de donner une estimation exacte du nombre de festivaLs en France. En effet, « on estime le nombre de festivals entre 600 et 2000 par an faute d'une acceptation commune de la définition » 19. Cependant, Le chiffre de deux miLLe est Le pLus fréquemment cité à La Lecture

    13 DECHARTRE (PhiLippe), Rapport Dechartre : Evénements culturels et développement local, page 93.

    14 Site internet du Festival d'Automne, http://www.festivaLautomne.com/newmain_index.php, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    15 Site du Printemps de bourges, http://edition2006.printempsbourges.com/pages_fr/commun/homepage.php, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    16 Site des Transmusicales de Rennes, http://transarchives.com/, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    17 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 94.

    18 Les informations citées ci-dessus concernant L'origine et L'historique des festivaLs en France sont tirées de MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., pages 16 et 17.

    19 Site de L'Office du Tourisme de L'Isère, http://www.iseretourisme.com/pages/index/id/2696, consuLtation Le 16 juin 2006.

    des différentes sources d'information sur Le sujet. IL est souLigné en novembre 2005 par Le Ministre de La CuLture et de La Communication, Renaud Donnedieu de Vabres20 : « les quelques 2000 festivals que vous organisez ou accueillez chaque année ». N'existant à présent aucun éLément statistique efficace à L'écheLLe du territoire, iL est très difficiLe d'en définir précisément Le nombre. De La même manière, iL sembLe déLicat d'étabLir une cLassification précise des festivaLs en France. En effet, eLLe peut être réaLisée en fonction de Leur LocaLisation, durée, forme artistique, budget, ancienneté, notoriété ou encore rayonnement. Dans son rapport étabLit en 199821 : Evénements culturels et développement local, PhiLippe Dechartre nous propose une typoLogie des festivaLs : iL existe Le festivaL pyramidaL ou descendant, inspiré par Le haut, par une autorité qui a su anticiper sur Les promesses de L'avenir, comme Le Festival d'Avignon. Le festivaL ascendant qui part de L'histoire du territoire pour atteindre une pLus Large audience, c'est Le cas des nouveLLes formes de festivaLs. Le festivaL éventaiL, qui n'attend pas que Le spectateur vienne à Lui et se retrouve partout, comme Le Festival de Saint-Denis créé en 196922 en Seine-Saint-Denis. Enfin, Le festivaL écLaté, qui est à La fois « In » et « Off » dont L'archétype est encore ceLui d'Avignon.

    De même, dans Leur mémoire de fin d'étude, Sophie Mercier et Diane Bouchard nous proposent une typoLogie des festivaLs23 axée seLon Leurs objectifs : dans Les années soixante, une première génération regroupe Les festivaLs de création, construits autour d'un projet artistique visant à produire des spectacLes inédits ou à découvrir de nouveaux taLents. Arrivent ensuite, dans Les années soixante-dix, Les festivaLs touristiques, qui s'appuient souvent sur un monument ou un cadre prestigieux et participent à L'animation des Lieux. Dans Les années quatre-vingt, Les festivaLs d'image visent surtout à promouvoir L'identité et L'image de Leur site d'accueiL. Enfin, Les festivaLs de diffusion tendent à permettre à des pubLics excentrés de voir des spectacLes dont iLs ne peuvent bénéficier Le reste de L'année.

    20 DONNEDIEU de VABRES (Renaud), in discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, Le 23 novembre 2005, page 1.

    21 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 65.

    22 Site du Festival de Saint-Denis, http://www.festivaL-saintdenis.fr/2006/fsd2006/index_fLash.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    23 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 18.

    Bien évidemment, ces différentes typoLogies ne sont pas exhaustives et tendent à être réductrice face à La diversité et à L'identité propre de chaque festivaL. ELLes montrent simpLement La difficuLté de cLassement des festivaLs par « famiLLe ». Cette dernière typoLogie souLigne parfaitement L'évoLution des objectifs qui sous-entendent La mise en oeuvre d'un festivaL, axée dans un premier temps sur La création dans Les années soixante, puis sur L'image dans Les années quatre-vingt.

    En France, Les festivaLs se sont Le pLus souvent déveLoppés dans Les régions à forte concentration touristique comme La région Rhône-ALpes, Provence ALpes Côte d'Azur et ILe-de-France. Chacune de ces régions propose à eLLe seuLe environ trois cents festivaLs24. Des Lieux de viLLégiature comme La côte méditerranéenne, La région Aquitaine ou encore La Bretagne en accueiLLent égaLement un grand nombre25. ParaLLèLement, Les festivaLs musicaux restent prédominants dans L'offre festivaLière, soit « environ la moitié des festivals recensés, viennent ensuite les festivals pluridisciplinaires et de théâtre»26. Enfin, La grande majorité des festivaLs se dérouLent sans surprise entre juin et septembre, pendant La période estivaLe.

    La difficuLté rencontrée pour mesurer précisément L'ampLeur du phénomène festivaL, est d'autant pLus importante que son nombre et sa diversification connaissent une réeLLe infLation sur L'ensembLe du territoire français, et ceLa depuis Les années quatre-vingt. Cette évoLution constante a suscité L'engouement pour une véritabLe anaLyse de ce phénomène. Ainsi, un certain nombre d'acteurs du miLieu festivaLier se sont déjà penchés sur La question, comme Luc Benito, auteur de L'ouvrage Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie27, Jean ViLar, créateur du Festival d'Avignon en 194728, ou

    24 Direction du Tourisme, « Chiffres CLés du tourisme, édition 2006 », La Documentation Française, page 5.

    25 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.Cit., page 24.

    26 Information datant de 1997, in MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 17.

    27 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op .cit.

    28 Le Petit Larousse illustré 2001, Op. cit., page 1747.

    encore Bernard Faivre d'Arcier, directeur du Festival d'Avignon de 1980 à 1984, et de 1993 à 200329.

    Dans La majorité des cas, Le festivaL naît de La rencontre entre L'inspiration et La voLonté d'un directeur artistique et Le soutien d'une coLLectivité pour Le promouvoir. Pourtant, victime de son succès, iL tend à être instrumentaLisé à des fins bien éLoignées de sa destination première. L'augmentation exponentieLLe du nombre et de La diversité des festivaLs sur L'ensembLe du territoire français depuis Les années quatre-vingt, traduit une banaLisation du terme et un empLoi, par Les directions et coLLectivités, mené à contre courant de sa notion d'origine.

    Nous tenterons ainsi d'anaLyser, dans un premier temps, Les résuLtats de L'interaction entre Le festivaL et Le déveLoppement LocaL. Ainsi, nous mesurerons Les différentes raisons et conséquences de sa possibLe instrumentaLisation, à La fois par Les coLLectivités territoriaLes ou par Les directeurs de festivaLs.

    Dans un deuxième temps, nous étudierons Le cas du festivaL de photographies de voyages et d'aventures Chroniques Nomades de HonfLeur. Nous déterminerons La proposition de cette formuLe festivaLière face à L'évoLution du contexte cuLtureL en France. Son positionnement particuLier traduit Les possibLes soLutions apportées contre Les différentes tentatives d'instrumentaLisation souLignées en première partie du mémoire.

    Cette anaLyse est d'autant pLus justifiée qu'eLLe est au coeur même de L'actuaLité. IL ne s'agit nuLLement ici d'émettre La moindre critique ou jugement des différents acteurs évoqués, mais de constater en 2006 L'évoLution des festivaLs en France et Les possibLes répercussions qu'eLLe engendre sur sa notion.

    29 Site du Festival d'Avignon, http://www.festivaL-avignon.com/index.php?r=73, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    Première Partie

    La notion de festival : entre échange légitime et tentative d'instrumentalisation

    Comme pour l'ensemble des acteurs du milieu culturel, les différentes mutations et évolutions du contexte des festivals, depuis leur forte croissance dans les années quatre-vingt, les ont fait évoluer tant sur la forme que sur le fond.

    Pourtant, depuis toujours, un facteur reste inhérent dans la mise en place d'un festival, il s'agit du contexte local. Un environnement proche, qui lorsqu'il évolue, modifie alors les « caractéristiques fondamentales des festivals (unité de temps, de lieu et de thèmes) ».30

    Ainsi, dans un premier temps, ce rapport au contexte local se traduit pour le festival, de la conception du projet à la recherche de financements. Son schéma de fabrication requiert en amont un travail conséquent : une à une, ces différentes étapes mettent à jour les interactions au contexte local et son apport conséquent avant la première édition. Cet impact peut se lire à la fois dans la conception du projet, le choix de la date, du lieu, de la recherche de financements ou du choix de la communication.

    Inversement, cette prise en compte du contexte local révèle l'intérêt que peut avoir un festival pour celui-ci. Les diverses retombées qui en découlent, qu'elles soient matérielles, immatérielles, directes ou indirectes, sont autant d'éléments qui légitimisent la résonance du local sur ces différents événements. Ces résultats produits en terme d'économie, de tourisme, d'emploi, d'image et de retombées culturelles sont à l'origine de cette interaction entre les deux parties, nécessaire à la bonne mise en oeuvre des festivals.

    Dans un second temps, cette notion d'échange peut être, dans certains cas, instrumentalisée. En effet, le succès de la formule festivalière entraîne successivement les collectivités territoriales ou les directeurs de festivals à utiliser de manière abusive ou détournée ce concept. Une situation qui influe directement sur la mesure et l'équilibre de la relation inhérente du festival avec le contexte local et impose la nécessaire énumération des solutions apportées pour une recherche de différenciation du festival. Enfin, en soulignant ici les possibles « dérives » entraînées par l'évolution du contexte festivalier en France, il est important de révéler les effets positifs induits

    30 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 55.

    par cette conjoncture, en terme de démocratisation culturelle et de diversification de l'offre. Une prise en compte ainsi soulignée qui entre peutêtre dans une évolution « naturelle » du concept de festival ?

    Chapitre 1
    Un rapport inhérent au contexte LocaL

    Le contexte LocaL du festivaL est un éLément à prendre en considération dans L'éLaboration de tout projet cuLtureL afférent. En effet, iL infLue successivement sur Les caractéristiques premières de L'événement, dans une prise en considération d'éLéments pré-étabLis, et sur Le déveLoppement LocaL, seLon La diversité des retombées que génère Le festivaL. Un rapport inhérent au contexte LocaL qui peut paraître anodin ou natureL mais qu'iL est important de souLigner en vue de comprendre et anaLyser une reLation d'échange entre Les deux parties qui n'est pas toujours automatique.

    I) L'impact du contexte local sur le festival

    A) Le projet

    Tout événement cuLtureL, qu'iL soit un festivaL ou toute autre forme artistique, est conçu et réfLéchi en amont sous forme de projet. CeLui-ci contient La trame de L'événement à venir, son orientation artistique, sa direction, ses choix de programmation, ses ambitions d'avenir ou encore son budget. C'est L'écriture du projet, sa « phiLosophie », sa pratique et son déveLoppement.

    Dès Lors, iL faut prendre en compte Le contexte LocaL comme un éLément majeur du festivaL, avoir une bonne connaissance du terrain, tant au niveau de son histoire, sa géographie, son patrimoine, sa cuLture que de L'une de ses caractéristiques précises : sa poLitique, La part de son budget accordée à La cuLture et aux festivaLs. IL est fondamentaL de recenser ce qui existe déjà sur Le territoire pour adapter inteLLigemment sa programmation et proposer un éLément nouveau et innovant. Enfin, La prise de contact avec Les associations LocaLes, de nature pLus ou moins Liée à ceLLe de L'événement, est un facteur important dans L'intégration du réseau récemment investi. L'acceptation du

    festivaL par La popuLation apparaît primordiaLe car eLLe prend La forme d'une Légitimation, pour deux raisons : « D'une part, la population locale estime logiquement avoir un droit de regard sur l'événement, dans le sens où il est subventionné par ses impôts, et d'autre part elle doit supporter les nuisances produites par l'animation et l'afflux de touristes >31. Cette exigence varie en fonction des Lieux d'accueiL, infLuant parfois sur Le choix de La thématique ou de La programmation du festivaL. « De plus, négliger l'intégration du festival auprès de la population locale peut dans certains cas conduire à l'échec, surtout s'il relève d'un « parachutage culturel ». En effet, le public local peut bouder l'événement, excluant une grande partie du public potentiel, ou bien l'accueil inhospitalier de la population peut dissuader les touristes festivaliers >32. On comprend ainsi que L'éLaboration du projet est dès Lors infLuée par Le contexte environnant, iL en va du bon dérouLement et de La bonne impLantation du festivaL dans Le paysage cuLtureL LocaL.

    B) Le choix de La date

    Tout comme L'éLaboration du projet, Le choix de La date et de La durée du festivaL à venir doit être réaLisé astucieusement. MaLgré Le nombre de pLus en pLus important de festivaLs se dérouLant en France chaque année, La pLupart d'entre eux ont Lieu en été. En effet, « traditionnellement de plein air, cette période fournit les conditions climatiques les plus favorables >33. Mais iL est de pLus en pLus fréquent de voir des festivaLs se dérouLer à d'autres moments de L'année. « Il s'agit généralement d'événements organisés « en salle », au premier rang desquels figurent les festivals de cinéma et de littérature » 34, à L'image du Festival International de la Bande Dessinée d'AngouLême35 qui a Lieu au mois de janvier, ou pour Les festivaLs de musique, comme Les

    31 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 164.

    32 Idem

    33 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 56.

    34 Idem

    35 Site du Festival International de la Bande Dessinée, www.bdangouLeme.com, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    Transmusicales de Rennes36 au mois de décembre ou Les festivaLs de spectacLe vivant comme Le Printemps de Bourges37 qui se tient au mois d'avriL. Dès Lors, iL faut prendre en considération à L'écheLLe nationaLe Les différents événements existants dans ce domaine précis, afin d'éviter tout risque de « chevauchement » au niveau des dates, de même que Les événements sportifs ou poLitiques de grande ampLeur comme une coupe du monde ou Les éLections présidentieLLes. Le but étant, certes, de proposer des festivaLs ayant La même forme artistique, sans pour autant chercher à augmenter La concurrence. A L'écheLLe régionaLe, iL est nécessaire de trouver une date qui ne correspondra pas avec certaines manifestations inscrites depuis Longtemps dans La vie cuLtureLLe LocaLe. Ce choix permet de prendre connaissance du dérouLement de L'activité cuLtureLLe en Lien avec son projet, tant au niveau nationaL que régionaL, et de pLacer inteLLigemment sa manifestation dans Le temps. Enfin, Le choix de La date doit être adapté non seuLement au pubLic mais aussi aux médias, car comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, « les festivals du mois d'août seront de toute façon moins « couverts » que ceux de juillet » 38.

    La durée des festivaLs varie de pLus en pLus. ILs sont soit de pLus en pLus courts ou de pLus en pLus Longs. Leur majeure partie s'étaLe encore en moyenne sur une période de dix à quinze jours, pourtant, on voit se créer des manifestations dont La durée n'excède pas deux ou trois jours. Ainsi, La majorité des événements de musiques actueLLes s'étend sur un week-end, du vendredi au samedi, sur Le modèLe des festivaLs suisses comme Le Paléo Festival39 de Nyon ou Le Open Air Festival40 de FrauenfeLd. A L'inverse, certains n'hésitent pas à dépasser Le cap du mois, voire des deux mois, teLLes Les Rencontres Internationales de la Photographie en ArLes, qui se dérouLent cette année du 4 juiLLet au 17 septembre 2006. « Cette tendance est à relier

    36 Site des Transmusicales de Rennes, http://www.Lestrans.com/, consuLtation Le 13

    novembre 2006.

    37 Site du Printemps de Bourges, http://www.printemps-bourges.com/, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    38 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », http://efaextra.efa-

    aef.eu/efadoc/11%5CBFAComment%20donner%20un%20avenir%20aux%20festivaLs.doc, consuLtation Le 12 juin 2006, page 6.

    39 Site du Paléo Festival, http://www.paLeo.ch/, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    40 Site de L'Open Air Festival, http://www.montsoLeiL.ch/, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    à la multiplication des festivals pluridisciplinaires qui caractérisent plus la volonté, de la part des collectivités locales, de proposer une saison culturelle pendant l'été »41.

    Le choix d'une date et d'une durée dans L'éLaboration d'un festivaL reste donc interdépendant du contexte LocaL. Dans une démarche d'impLantation, son impact peut s'inscrire, de manière inconsciente, ou aLors pLus stricte et mesurée.

    C) Le choix du Lieu

    Le territoire où s'impLante un festivaL peut être perçu de deux façons différentes : d'un point de vue cuLtureL, iL est porteur d'une identité qui Lui est propre. En Lien direct avec ses caractéristiques, c'est aLors « Le territoire qui fait Le projet », Le festivaL « caLque » son identité -ou du moins s'en imprègne- sur ceLLe du Lieu investit.

    D'un point de vue poLitique, Le territoire est structuré autour de schémas pré-étabLis, L'action cuLtureLLe contribue à La structuration du territoire. C'est aLors « Le projet qui fait Le territoire », L'ouvre sur de nouveaux horizons et Lui en offre une nouveLLe Lecture. Ces deux distinctions ont toutes deux des résonances très importantes pour Le festivaL à venir.

    1) Territoires identitaires

    Le choix du Lieu est déterminant dans La mise en pLace d'un festivaL. IL faut préaLabLement vérifier qu'iL ne s'y dérouLe pas d'autres événements simiLaires et rechercher donc à L'écheLLe nationaLe Les espaces et territoires non investis dans ce domaine précis. Un festivaL s'inscrit dans un Lieu, Luimême inscrit dans un territoire. IL est aLors soumis à un environnement qui ne dépend pas de Lui. Souvent, iL sera mieux intégré au LocaL s'iL s'inscrit dans un Lieu représentatif et caractéristique du territoire ou de son identité, de Là en découLera son « appartenance » ou non. Parmi Les festivaLs Les pLus renommés, beaucoup sont indéniabLement associés aux Lieux, iLs s'impLantent

    41 Site du Printemps de Bourges, http://www.printemps-bourges.com/, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    dans des espaces symboLiques, souvent médiatisés et puissamment investis. « Se déroulant quelquefois dans des monuments historiques, les festivals sont souvent le fruit d'une rencontre insolite entre leurs créateurs et un site prestigieux, à l'image de Jean Vilar qui découvrit le Palais des Papes lors d'une visite à Avignon >42. La particuLarité du Lieu et des sites dans LesqueLs se tiennent Les festivaLs participent d'aiLLeurs au caractère exceptionneL de L'événement. Ainsi, on perçoit qu'iL peut être « marqué > et porté par Le territoire qu'iL investit. C'est Le cas Lorsqu'iL s'impLante sur un Lieu où La popuLation a déjà conscience de son appartenance à cette identité spatiaLe, définie entre autre par des références cuLtureLLes ou patrimoniaLes. Cette empreinte peut aLors porter des résonances directes ou indirectes sur Le dérouLement du festivaL.

    2) Territoires poLitiques

    Après son coLLoque mené en 2003 intituLé La musique a-t-elle besoin des festivals ? 43, La fédération France Festivals* a décidée de Lancer une recherche confiée à EmmanueL Négrier44, sur Le thème des nouveaux territoires des festivaLs. Cette fédération souhaite ainsi anaLyser Les principaux enjeux auxqueLs ces événements sont aujourd'hui confrontés et dégager des pistes d'actions individueLLes et/ou coLLectives pour reLever au mieux Les nouveaux défis qui se posent à eux. A travers ce nouveau coLLoque prévu en novembre 2006, La question est de savoir si « la recomposition des territoires, entre intercommunalités et pays, ainsi que l'émergence des nouvelles forme de gouvernances territoriales, ont une influence sur la conduite du projet artistique et culturel des festivals. Quels en sont les enjeux, les potentialités mais également les menaces éventuelles ? >. 45

    Les grandes Lignes de ce coLLoque montrent bien Les nouveLLes probLématiques qui s'imposent aux directeurs de festivaLs. Encore une fois, iL est indissociabLe

    42 BENITO (Luc), Les festivals en France: marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 56.

    43 « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? >, coLLoque organisé par La fédération France Festivals, Royaumont, novembre 2003.

    44 Chercheur au CNRS, responsabLe scientifique de L'OPPES-Observatoire cuLtureL.

    45 « Les nouveaux territoires des festivaLs >, préparation du coLLoque des 16 et 17 novembre 2006 organisé par La fédération France Festivals.

    du Lieu ou du territoire où iL s'impLante, subit et s'adapte aux différentes mutations de ce système. IL s'inscrit inévitabLement dans une démarche d'aménagement du territoire, et est, en ce point, en Lien direct avec La poLitique LocaLe qui peut parfois infLuer ou non sur son Lieu d'impLantation, mais égaLement sur une décision de « déménagement ». Cette réfLexion ouvre d'aiLLeurs Le débat sur La question des financements des festivaLs et Leur infLuence sur La gestion des territoires d'impLantation.

    D) Recherche de financements

    1) Financements pubLics

    Dans une démarche de recherche de financements, Les subventions pubLiques sont indispensabLes pour La mise en oeuvre d'un événement festivaLier. Pourtant, cette démarche s'avère devenir de pLus en pLus difficiLe et semée d'embûches pour Les directeurs de festivaLs, qui L'apparente d'aiLLeurs à un « véritable « défi » ou « challenge », tandis que pour d'autres il s'agit d'un véritable « chemin de croix » ou d'un « parcours du combattant » »46. En effet, suite aux Lois sur La décentraLisation de L'Etat en 198247 et aux nouveLLes répartitions des missions des coLLectivités territoriaLes, on peut se demander queL peut être Leur rôLe en faveur des festivaLs : faut-iL craindre un désengagement progressif de ces deux institutions?

    Une poLitique pubLique en matière de cuLture n'est pas innée ou automatique comme Le démontre L'exempLe des Etats-Unis ou de L'Asie. En effet, eLLe y est associée à La consommation privée et dès Lors, eLLe appartient au domaine privé et non au domaine pubLic, ceLui de L'Etat. Quant aux pays de L'Est, qui ont Longtemps subis une domination étatique en matière de contrôLe de La cuLture, La poLitique cuLtureLLe pubLique y est vivement critiquée48.

    En France, Les choses se sont étabLies différemment. Cette notion s'est déveLoppée très tôt grâce au mécénat d'Etat, devenant un cas de figure

    46 In Découpe, n°3, juin 1988, ANFIAC-PubLications, page 2.

    47 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 124.

    48 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 122.

    dominant en Europe, « un désir d'accès à la culture inscrit dans des racines républicaines »49. Deux hommes déveLoppent aLors L'éLargissement des compétences de L'Etat en matière de cuLture : André MaLraux avec La création en 1958 d'un système pubLic de soutien à La création cuLtureLLe50, puis Jack Lang, nommé Ministre de La CuLture et de La Communication en 1981 par Le président François Mitterand, poste qu'iL occupera pendant dix ans51.

    a) Les festivaLs : une activité précaire

    Un festivaL coûte cher et ses recettes ne parviennent généraLement pas à couvrir ses dépenses. D'aiLLeurs, comme Le souLigne Luc Benito, « on entend à plusieurs reprises qualifier les festivals de « machines à générer du déficit » »52. Les festivaLs sont pLacés aujourd'hui dans une grande précarité et une fragiLité financière. ILs subissent une augmentation de Leurs charges fixes et dans Le même temps une stagnation, voire une régression de Leurs ressources extérieures. Les résuLtats 2002 de L'étude consacrée au budget et à La fréquentation des soixante-trois festivaLs membres actifs de La fédération France Festivals, montrent « une dépense moyenne par festival de 500 000 euros. Il existe évidemment d'énormes disparités puisque les dépenses s'échelonnent entre 20 000 euros pour le plus petit et plus de 3 500 000 euros pour le plus gros. Nous savons néanmoins que plus de 70 % d'entre eux ont des dépenses de plus de 100 000 euros et 27 % de plus de 500 000 euros ».53 Ainsi, pour L'édition 2006, Les dépenses du Festival d'Avignon ont atteint La barre des cinq miLLions d'euros54. Une hausse des coûts préoccupante puisqu'eLLe porte sur Les éLéments constitutifs de L'événement :

    49 BORIS (Jean-MicheL), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? », tabLe ronde de La Business CLasse CuLture ESC Dijon, citation notée par L'étudiant Le jeudi 2 mars 2006, page 2.

    50 Idem

    51 Site de L'encycLopédie Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Lang#Biographie, consuLtation Le 28 août 2006.

    52 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique », in coLLoque organisé par La fédération France Festivals, « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », Royaumont, novembre 2003, page 23.

    53 Ces chiffres sont issus d'une enquête réaLisée auprès des festivaLs adhérents à La fédération France Festivals portant sur L'exercice 2002.

    54 Site du quotidien Le Figaro, http://www.Lefigaro.fr/cuLture/20060706.WWW000000378_Le_festivaL_davignon_fete_ses_an s.htmL, consuLtation Le 8 octobre 2006.

    cachets des artistes, saLaires des équipes techniques, frais de régie, décors, transports, hébergement, charges sociaLes et taxes diverses. « L'augmentation des coûts du travail peut d'ailleurs s'expliquer, d'une part, par l'utilisation systématique des intermittents du spectacle, et d'autre part, par les emplois-jeunes qui tendent à disparaître »55. En outre, Le manque de LisibiLité à moyen terme et de conventions pLuriannueLLes de financement transforme Les directeurs de festivaLs en de véritabLes gestionnaires.

    Une réponse à La question Pourquoi les festivals coûtent-ils chers ? pourrait être d'ordre scientifique. Le phénomène économique de La Loi de Baumol, du nom de son créateur, souLigne que « les activités de spectacles comme les festivals souffrent d'un accroissement inéluctable des coûts de production toujours plus élevés chaque année. D'un point de vue économique, en réponse à une telle situation, on ne peut qu'augmenter les prix. Mais dans le domaine des spectacles et des concerts, une hausse des prix est impossible car elle placerait la tarification à un niveau beaucoup trop élevé. De plus, dans la conscience collective, la tarification des activités culturelles doit rester abordable » 56. Pour exempLe, La musique cLassique, et pLus particuLièrement Les opéras, sont souvent associés à des pratiques cuLtureLLes éLitistes parce que Le prix d'entrée y est éLevé. Pourtant, ceLa s'expLique car Les coûts de production sont très importants. De La même manière, Les festivaLs ne peuvent pas demander à un groupe de jouer avec moins de musiciens parce que Les frais sont trop éLevés. Cette Loi sembLe donc assez Logique et se vérifie particuLièrement au niveau des festivaLs.

    En prenant en considération L'ensembLe de ces éLéments, on n'est pas surpris de remarquer que Le niveau d'autofinancement des festivaLs se situe en moyenne entre 20 et 40 %57. Dans L'ensembLe, ces recettes propres sont générées grâce aux cotisations ou aux ventes annexes, mais La source La pLus importante de bénéfices reste bien entendue La biLLetterie. D'aiLLeurs, « les festivals musicaux parviennent plus que les autres à s'autofinancer grâce aux

    55 TOUSSAINT (PhiLippe), « L'argent des festivaLs... », in coLLoque organisé par La fédération France Festivals, « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », Royaumont, novembre 2003, page 27.

    56 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique », Op. cit.

    57 Idem

    ressources propres de la billetterie >58. CeLa s'expLique par Leur courte durée et Le succès de La formuLe « forfait concerts > proposée. Néanmoins, avec même 40 % d'autofinancement, Les festivaLs restent bien entendu Largement dépendants des apports financiers extérieurs.

    b) Le Ministère de La CuLture et de La Communication

    IL faut distinguer deux périodes dans L'apport au financement des festivaLs par Les pouvoirs pubLics : La décennie des années quatre-vingt, qui connaît une croissance des dépenses cuLtureLLes pubLiques et Les années quatre-vingt-dix, période de stagnation des budgets, tant au niveau des pouvoirs pubLics que des mécènes privés. « Au niveau de l'État par exemple, dont la part du budget du Ministère de la Culture avait quasiment doublé entre 1981 et 1991, pour frôler le cap symbolique du 1 %, on a constaté une stagnation du budget, voire une baisse des subventions accordées par les DRAC aux structures de diffusion culturelle >59. Une diminution causée entre autre par La priorité donnée par Les pouvoirs pubLics à La Lutte contre Le chômage et L'excLusion des minorités sociaLes ou encore au déficit pubLic. En ce qui concerne Les festivaLs, cette restriction favorise un soutien aux événements qui existaient déjà, mais Les premiers à être touchés sont Les nouveaux projets, et donc à travers eux, L'innovation.

    Le Ministère de La CuLture et de La Communication possède un rôLe important dans Le soutien aux festivaLs, mais iL ne peut pas tous Les subventionner. En 2002, « il finance environ 500 festivals, toutes disciplines confondues >60. Cependant, Le manque de données à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France porte à se concentrer sur Le domaine du spectacLe vivant, où « 360 festivals furent aidés par l'état en 2002 pour 19,43 millions d'euros >61, soit 72% du nombre totaL d'événements subventionnés, contre « 394 festivals en

    58 « Financements des festivaLs : L'état en retrait >, in La Scène, n°38, page 36.

    59 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique >, Op. cit., page 24.

    60 AHMADI (Catherine), « L'argent des festivaLs... >, in coLLoque organisé par La fédération France Festivals « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? >, page 26.

    61 Source DMDTS, chiffres 2002.

    2003 pour une somme totale de 20 millions d'euros >62. Trente-quatre manifestations suppLémentaires sont aLors soutenues pour un montant de cinq cent soixante-dix miLLe euros. « Les financements publics s'élèveraient quant à eux à 88 millions d'euros >63. Le soutien de L'Etat en faveur des festivaLs représente moins du quart de L'ensembLe des subventions pubLiques aLLouées à ce secteur cuLtureL.

    En effet, face à L'expLosion du nombre de festivaLs en France depuis Les années quatre-vingt, L'Etat procède à un recadrage de ces éLéments d'appréciation. La contribution du Ministère de La CuLture et de La Communication agit désormais comme un LabeL de quaLité compte tenu des critères retenus pour L'attribution des subventions. Comme Le souLigne Catherine Ahmadi dans Le coLLoque organisé par La fédération France Festivals, La notion de recentrage de L'Etat* signifie « attribuer des fonds plus importants à un certain nombre de festivals dont nous estimons qu'ils remplissent des missions qui ressortent davantage des objectifs nationaux. (...) Nous pensons que l'État se doit d'intervenir au nom d'objectifs plus ciblés, comme l'excellence artistique ou le développement de genres plus difficiles (musique contemporaine, ancienne ou baroque), bref, au nom d'un objectif de rayonnement international. C'est là une véritable politique artistique >. 64

    Pour concLure, L'Etat recentre actueLLement ses interventions, notamment sur un nombre restreint de festivaLs.

    Quant à La déconcentration* des subventions aLLouées aux festivaLs par Le Ministère de La CuLture et de La Communication en direction des DRAC, ceLLeci s'est faite progressivement. Ainsi, en ce qui concerne Les festivaLs de musique et de danse, « l'aide attribuée en 1988 émanait entièrement de l'administration centrale. En 1991, 50% des crédits étaient déconcentrés. En 1993, c'est la totalité des crédits. La gestion relève donc désormais de la DRAC, sans autres directives que celles ressortissant à une politique

    62 « Financements des festivaLs : L'état en retrait >, in La Scène, n°38, page 36.

    63 Idem

    64 AHMADI (Catherine), Op.cit.

    nationale globale >.65 En effet, Le Ministère de La CuLture et de La Communication a organisé ses DRAC comme des services extérieurs « expérimentés et compétents >. IL Leur revient donc d'instruire directement Les demandes qui s'adressent à eLLes de La part des festivaLs ayant une audience LocaLe ou régionaLe. Les DRAC n'ont maLheureusement aujourd'hui qu'une très faibLe marge d'autonomie même si en début d'année, Leur sont déLégués des crédits qui Leur permettent de soutenir ou d'accompagner certains festivaLs dans Les régions où eLLes se trouvent.

    c) Désengagement de L'Etat vers Les coLLectivités territoriaLes

    Une révision de L'aide à La diffusion est apparue dans La Directive NationaLe d'Orientation triennaLe 2003-2005, qui, dans son voLet annueL 2003, précise sous L'intituLé Festivals66 : « Le Ministère de la culture et de la communication n'a pas vocation à financer les festivals. L'apport des collectivités territoriales y est d'ailleurs généralement prépondérant. Vous ne pourrez soutenir financièrement que ceux de qualité artistique reconnue et de portée nationale, ou ayant une action permettant de structurer l'activité culturelle tout au long de l'année sur le territoire qu'ils irriguent >.67 L'Etat tend à se désengager afin que Les coLLectivités territoriaLes prennent Le reLais. Pourtant, Le danger pour Les festivaLs d'un teL désengagement est important, en effet, certains « se sont arrêtés suite à la disparition brutale de la subvention de l'état : un désengagement progressif serait peut-être plus adapté >.68 IL tient donc à ces événements de démontrer Leur caractère structurant à L'année, avoir une direction artistique effective pour maintenir Leur soutien déjà existant. « L'Etat centralisé n'entend plus s'occuper que de quelques manifestations de grand renom et laisse volontier aux collectivités locales le soin d'organiser leurs festivals d'autant que le plus souvent il répugne à en financer le fonctionnement estimant que c'est là de la

    65 DMD, « L'action de L'état >, Cahiers Espaces n°31, page 1.

    66 Directive NationaLe d'Orientation du 31 janvier 2003, page 32.

    67 Idem

    68 « Financements des festivaLs : L'état en retrait >, in La Scène, numéro 38, page 36.

    compétence de l'échelon décentralisé >69. Ainsi, depuis une dizaine d'années, Les subventions du Ministère de La CuLture et de La Communication reLayées par Les DRAC se sont concentrées sur un nombre Limité de festivaLs. Au Lieu de se disperser, et pour éviter une poLitique de « saupoudrage >, Leur objectif est de soutenir Les structures pérennes et fondatrices pour des festivaLs dont Le rayonnement est nationaL voire internationaL, comme Le Festival d'Avignon, Le Festival Interceltique de Lorient ou encore Le Festival des Vieilles Charrues en Bretagne. C'est pourquoi Le ministère estime qu'iL incombe aux coLLectivités de soutenir Les manifestations dont Le rayonnement se Limite à L'écheLon LocaL.

    d) Les coLLectivités territoriaLes

    Les coLLectivités dans LesqueLLes se dérouLent Les festivaLs sont progressivement entrées dans une Logique de participation à Leur financement et s'y sont considérabLement investies depuis Les années quatrevingt. « On découvre ainsi que les festivals les plus importants peuvent être financés jusqu'à 70 % par la ou les collectivités d'accueil >70. Pour exempLe, dans Le département du Lot, « les coûts de d'organisation de 500 000 euros du festival et des résidences Chaînon Manquant à Figeac en 2004 ont été couvert à hauteur de 160 000 euros, soit 32 % par les recettes propres, le reste de la couverture, soit 68 %, étant composée de subventions. Celles-ci sont de 130 000 euros pour les collectivités locales, soit 26 % ; 67 000 euros pour l'État, soit 13 % ; 68 000 euros, soit 14 %, provient de subventions d'organismes professionnels ; enfin 75 000 euros, soit 15 %, sont constitués de crédits européens du FEDER* >71. L'Etat est certes « à bout de souffLe > parce qu'iL y a de pLus en pLus d'équipements et d'événements à financer, mais iL ne peut pas décentraLiser une part si importante de son soutien vers Les coLLectivités territoriaLes qui ne peuvent assumer de charges si Lourdes. Pourtant, Leurs dépenses sont aujourd'hui supérieures à ceLLes de L'Etat pour

    69 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op. cit., page 10.

    70 LAUNAY (Jean) et MARTINEZ (Henriette), L'action culturelle diffuse, instrument de développement des territoires, rapport d'information n° 3127, page 3.

    71 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op. cit., page 4.

    tous Les ministères rattachés à La cuLture confondus72. Les associations se tournent donc pLus que jamais vers Les coLLectivités territoriaLes pour faire face à cette évoLution. CeLLes-ci se retrouvent ainsi mises « au pied du mur > et doivent revoir Leur définition d'une poLitique de soutien aux festivaLs. Ainsi, Les perspectives de rentabiLité de L'événement, si eLLes ne sont pas de L'ordre d'un bénéfice financier, peuvent être perçues comme des retombées en terme d'attractivité et d'animation pour Le territoire. Les coLLectivités doivent définir Le sens et Les Limites de Leur participation en ce domaine. ELLes sont aujourd'hui sous pression et « ont reçu des responsabilités dans des domaines sociaux et autres, qui les rendent extrêmement vigilantes à l'égard de leurs dépenses >. 73

    Enfin, Le soutien financier aux festivaLs apporté par Les coLLectivités territoriaLes, (régions, départements et communes confondus), représente pLus du tripLe de ceLui engagé par L'Etat en 200374.

    On constate dès Lors que Les festivaLs constituent un véritabLe investissement pour Les coLLectivités territoriaLes, principaLement pour Les municipaLités et Les ConseiLs Généraux. Pourtant, Les ConseiLs Régionaux, coLLectivité La pLus récente puisque créée en 198675, sembLent moins impLiqués en matière de soutien aux actions cuLtureLLes : « La part du budget allouée à la culture représente en moyenne 3% du budget total du Conseil Régional et le soutien des régions à ces manifestations représente 9% des budgets des festivals >76. La cuLture n'est pas une compétence obLigatoire pour La région mais acquise. ELLe favorise une poLitique de soutien gLobaL à un ensembLe de festivaLs régionaux, « par exemple au travers d'une politique de communication générale, la logique étant avant tout de promouvoir l'espace régional plutôt qu'un festival en particulier >77. Ainsi, La région ILe-de-France impose un nouveau critère pour « fiLtrer > Les nombreuses demandes de soutien aux

    72 BORIS (Jean-MicheL), Op. cit.

    73 TOUSSAINT (PhiLippe), « L'intermittence est vitaLe pour L'économie des festivaLs >, in Le Nouveau Musicien, n°12, février 2006, page 8.

    74 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 20.

    75 DUVAL, « Projet cuLtureL et coLLectivités territoriaLes >, cours EAC 2006-2007, citation notée par L'étudiant.

    76 TOUSSAINT (Philippe), « L'intermittence est vitaLe pour L'économie des festivaLs >, Op. cit.

    77 Idem

    festivaLs de musiques actueLLes : ceLui de se dérouLer sur une durée minimum de trois semaines78. Une réaction qui démontre L'« essouffLement > financier des ConseiLs Régionaux, surtout Lorsque L'on sait que La majorité des festivaLs de ce type se dérouLe Le temps d'un week-end.

    De La même manière, L'attribution des subventions pour Les ConseiLs Généraux a eLLe aussi évoLuée. « Ils consacrent en moyenne 30% de leur budget culturel au spectacle vivant et autres animations polyvalentes. Ils soutiennent les initiatives des communes et des associations en faveur du développement culturel de leur territoire >79. Une mesure qui tient dans La nature de Leur mission : Les départements prennent en charge Le fonctionnement des équipements et des infrastructures de Leurs espaces territoriaux. Ainsi, s'agissant du département du Bas-Rhin, Le Vice-président du ConseiL GénéraL, Jean Laurent Vonau expLique en juin 2006 que « chaque année 55 festivals y ont lieu, dont 39 subventionnés par le Conseil Général >80. Un chiffre qu'iL considère trop éLevé. IL insiste aLors sur La nécessité pour Le ConseiL GénéraL de se fixer des critères beaucoup pLus précis pour décider d'un subventionnement traduisant une poLitique cuLtureLLe pLus efficace.

    C'est enfin aux communes que revient Le pLus gros effort de soutien et de financement des festivaLs en France. Créée en 1850, iL en existe environ trente-huit miLLe six cents sur L'ensembLe du territoire81. « Participant à hauteur de 20 a 40% du budget de ces événements, elles apportent souvent bien plus qu'une manne financière en fournissant une aide en nature non négligeable >.82 En outre, ces financeurs Locaux ont motivé La création de festivaLs franchissant désormais Le périmètre de La viLLe. Pour exempLe, « le Festival International de Clavecin s'étend sur plusieurs municipalités de l'Artois, tandis que le festival de variétés Chorus se déroule dans une

    78 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien oraL avec HELLIO (Bertrand), Le 18 septembre 2006.

    79 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 128.

    80 VONAU (Jean-Laurent), in LAUNAY (Jean) et MARTINEZ (Henriette), Op. cit., page 5.

    81 DUVAL, « Projet cuLtureL et coLLectivités territoriaLes >, cours EAC 2006-2007, citation notée par L'étudiant.

    82 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 20.

    vingtaine de villes du département des Hauts-de-Seine >.83 Ces communes sont souvent à L'origine de signatures de conventions pLuriannueLLes, qui montre un engagement pérenne pour L'événement. Cet été, une nouveLLe convention triennaLe a été signée entre L'association du festivaL de photojournaLisme Visa Pour l'Image et La viLLe de Perpignan. Pour son Sénateur-Maire, Jean-PauL ALduy, « cette convention consacre aussi juridiquement l'indépendance du directeur artistique de l'événement, JeanFrançois Leroy >84. Outre une participation financière, Les municipaLités fournissent un certain nombre de services qui peuvent aLLer du prêt de matérieL ou de saLLes, jusqu'à La mise à disposition de fonctionnaires à titre gracieux pour L'instaLLation, Le démontage, La sécurité ou Le nettoyage. Comme Le souLigne Maurice HaLimi, Maire-adjoint à La cuLture de Perpignan, « la ville met à disposition l'ensemble du patrimoine historique municipal pour les lieux d'expositions, ainsi que les employés municipaux chargés durant tout le mois d'août, d'encadrer et d'accrocher les photos >85.

    e) Acteurs Locaux

    Enfin, Les acteurs Locaux, qu'iLs soient associations, entreprises ou individus, peuvent apporter Leur aide en terme de coordination, communication ou prêt de matérieL. IL est égaLement nécessaire de souLigner L'importance du soutien, souvent indispensabLe, apporté par Les bénévoLes issus de La popuLation LocaLe.

    Pour concLure, Les subventions pubLiques, qu'eLLes proviennent de L'Etat ou des coLLectivités territoriaLes, ne sont pas négLigeabLes et représentent au totaL 50% du budget moyen d'un festivaL86. Pourtant, en portant un terme à cette anaLyse par L'apport des communes et des acteurs Locaux dans Le financement et L'aide au bon dérouLement d'un festivaL, on ne peut que

    83 BENITO (Luc), Les festivals en France : marché, enjeux et alchimie, Op. cit., page 56.

    84 COURTY (Fanny), « La Gazette de Visa >, septembre 2006, page 2.

    85 HALMI (Maurice), in COURTY (Fanny), Op. cit.

    86 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 100.

    constater L'impact incontestabLe des subventions à écheLLe LocaLe sur L'économie des festivaLs.

    2) Financements et soutiens paraLLèLes

    Face au biLan sur L'évoLution et Le contexte mouvant des subventions pubLiques, iL est intéressant de se pencher sur Les moyens paraLLèLes de financement des festivaLs.

    Aujourd'hui, comme nous avons pu Le constater, Les notions de déconcentration et de décentraLisation cuLtureLLe ont modifié La norme. L'activité cuLtureLLe française n'est pLus centraLisée autour des actions pubLiques mais devient Le résuLtat d'individus, ce que prouve L'augmentation considérabLe des Fonds de Soutien et des Sociétés CiviLes ProfessionneLLes sur L'ensembLe du territoire français87. Ces sources de financements paraLLèLes se sont peu à peu mises en pLace. Pourtant, même si Leur contribution peut paraître marginaLe, comparée à ceLLe des pouvoirs pubLics, Le soutien de ces structures n'est pas négLigeabLe, surtout pour Les porteurs de projet, car La pLupart d'entre eux encouragent La création et prennent des risques artistiques.

    a) Les Fédérations ou Réseaux

    France Festivals est une fédération qui « rassemble 82 festivals, tournés principalement vers la musique, mais aussi vers la danse »88.

    L'Association Européenne des FestivaLs a récemment décidé de Lancer une enquête sur Les festivaLs européens. Un comité scientifique internationaL a été composé afin de piLoter Le programme de recherche dont Les représentants seront présents pour intervenir sur Les festivaLs à L'écheLLe

    87 BORIS (Jean-MicheL), Op. cit.

    88 TOUSSAINT (PhiLippe), in « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs? », coLLoque organisé par La fédération France Festivals, page 3.

    européenne Lors du coLLoque organisé par La fédération France Festivals en novembre 200689.

    D'autres réseaux de coopération existent dans des univers musicaux différents, comme L'AFIJMA pour Le jazz, Le Réseau ZONE FRANCHE pour Les musiques du monde ou encore Les ADDM pour La musique et La danse90.

    b) Les Fonds de Soutien91

    L'ONDA92 travaiLLe sur Les possibiLités d'accueiL de manifestations artistiques professionneLLes teLLes que Les festivaLs et détermine L'assistance technique ou financière pour chaque cas.

    Le CMN93 aide Les festivaLs se dérouLant au sein d'un monument cLassé.

    Le Fond de Soutien à La Chanson, aux Variétés et au Jazz tire ses revenus de La taxe parafiscaLe acquittée par Les producteurs de spectacLes, et non par Les festivaLs régis par La Loi de 1901. IL ne soutient que Les événements contributeurs, soit Les festivaLs de grande envergure.

    Le FCM94 propose une aide pour un petit cercLe de festivaLs de musique cLassique, de variété, rock et jazz.

    L' AFAA95 soutient La diffusion de La cuLture française à L'étranger et donc Les festivaLs « vitrines » pour La France.

    Les Associations DépartementaLes et RégionaLes de DéveLoppement des Activités MusicaLes et Chorégraphiques apportent une aide à La diffusion et assure La coordination et L'assistance aux porteurs de projets comme Les festivaLs.

    89 « Les nouveaux territoires des festivaLs », coLLoque des 16 et 17 novembre 2006 organisé par La fédération France Festivals.

    90 BOURGEOIS, « Le marché du spectacLe vivant », cours EAC 2005-2006, information notée par L'étudiant.

    91 Les informations citées ci-dessous possèdent La même source : BOURGEOIS, Op. cit.

    92 L'ONDA est pLacé sous La tuteLLe de La DMDTS et du Ministère de La CuLture et de La Communication.

    93 Le CMN est un organisme sous tuteLLe de La Direction du Patrimoine et de L'Architecture.

    94 Le FCM est issu des sociétés civiLes productrices d'enregistrements et de spectacLes, sous La tuteLLe du Ministère de La CuLture et de La Communication.

    95 L'AFAA est une émanation du Ministère des Affaires Etrangères, en coLLaboration avec Le Ministère de La CuLture et de La Communication.

    c) Les Sociétés CiviLes ProfessionneLLes

    SPEDIDAM apporte une aide aux festivaLs pour L'empLoi d'artistes par contrat d'engagement96.

    L' ADAMI aide à La création de spectacLes, de Lancement d'artistes et de tournées.97 Comme Le détaiLLe Benjamin Sauzay, responsabLe des festivaLs à L'ADAMI : « Notre approche des festivals est différente depuis l'an dernier, nous essayons à notre mesure de faire contrepoids à la politique de l'état et donc d'aider les festivals les plus fragiles ». 98 De La même manière, L'IRMA99 intervient auprès des acteurs des musiques actueLLes.

    La SACEM attribue des aides pour Les festivaLs de musiques actueLLes et contemporaines. ELLes ont une durée inférieure à trois ans afin de renouveLer Le soutien à différentes manifestations100.

    Enfin, La SACD soutient Les festivaLs de toutes formes et encourage L'écriture du spectacLe101.

    Ces différents financements et soutiens paraLLèLes aux festivaLs représentent une aide suppLémentaire non négLigeabLe. Leur obtention n'en reste pas moins contrôLée et Limitée, et nécessite La réaLisation de dossiers de demande souvent détaiLLés. Pourtant, Leur approche pLus reLationneLLe en tant que conseiLLer, permet à des événements « naissants » de s'étoffer et d'envisager avec pLus de sérénité Leur déveLoppement.

    3) Financements privés

    Un festivaL inscrit dans une stratégie cuLtureLLe LocaLe, ou dans Le but de L'aménagement du territoire, sera fortement soutenu par Les subventions pubLiques des coLLectivités territoriaLes. De nombreux événements ont

    96 BOURGEOIS, Op. cit.

    97 ALLEMAND, « Diffusion du SpectacLe Vivant », cours EAC 2005-2006, citation notée par L'étudiant.

    98 SAUZAY (Benjamin), « Les festivaLs, découvreurs de taLents !», in La Scène, n° 34, page 46.

    99 L'IRMA est pLacé sous La tuteLLe de La DMDTS et du Ministère de La CuLture et de La Communication.

    100 BOURGEOIS, Op. cit.

    101 BENITO, Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., pages 137.

    recours à un moyen de financement paraLLèLe comme Le mécénat*, Le partenariat ou Le sponsoring*. Un accompagnement compLémentaire en pLeine évoLution.

    a) Le mécénat

    Dans certains pays comme Le Royaume-Uni, Les Etats-Unis ou L'ALLemagne, La pratique du mécénat est courante. En 2004, Le « Leader » internationaL reste Les Etats-Unis avec pLus de douze miLLiards d'euros dépensés en matière de mécénat des entreprises et particuLiers. Au niveau européen, L'ALLemagne se pLace en tête avec 255 miLLions d'euros, puis La Grande Bretagne avec 226 miLLions d'euros et enfin L'ItaLie avec 205,7 miLLions d'euros102. Dans ces différents pays, Le financement privé a fait ses preuves et La création artistique ne s'en trouve pas ternie ou réduite. La France est en quatrième position avec 200 miLLions d'euros, montrant ainsi son retard, bien que « 1060 entreprises sont actives dans le mécénat culturel, pour un budget total de 195 millions d'euros »103. Un chiffre qui représente aLors moins de 1% de La dépense cuLtureLLe pubLique et augmente « timidement » quand on sait qu'iL s'éLevait autour de 122 miLLions d'euros en 1991104 (soit une augmentation de 73 miLLions d'euros en presque quinze ans). Les entreprises constituent donc un gisement, encore Largement inexpLoité en France, pour répondre à une soLLicitation en terme d'accompagnement, mais « la question du financement privé dans un état où la tradition va au service public est résiduellement polémique 105».

    D'un point de vue historique, La Vème RépubLique a tenté d'entretenir L'idée de don gratuit affecté à La « chose » cuLtureLLe. André MaLraux avait créé en son temps La Fondation de France dans Les années soixante-dix. Mais Les Lois sur Les mesures d'incitation fiscaLe du 23 juiLLet 1987 et du 4 juiLLet 1990 pour

    102 DIJAN (Jean-MicheL), Politique culturelle : la fin d'un mythe, GaLLimard, page 84.

    103 GLAVANY (Jean), « Le mécénat, une opportunité ou un Leurre ? », in coLLoque « Faut-iL avoir peur du financement privé de La cuLture ? », in La Scène, suppLément du n° 37, novembre, 2004, page 2.

    104 Enquête statistique sur Le mécénat cuLtureL en France menée par L'ADMICAL, chiffres 1991.

    105 BELIT (Marc), « Le mécénat, une opportunité ou un Leurre ? », in coLLoque « Faut-iL avoir peur du financement privé de La cuLture ? », in La Scène, suppLément du n° 37, novembre, 2004, page 3.

    Les fondations d'entreprises106 ne sembLent pas inciter Les français à pLus de voLontarisme dans ce domaine. Des mesures pourtant nécessaires Lorsque L'on sait que « en 1979, quand une entreprise faisait un don d'argent à une oeuvre humanitaire, elle pouvait être accusée de détournement d'objet social >107... La dernière Loi du 1er août 2003 sur Le mécénat, La Mission Mécénat*, « incite les entreprises à participer au mécénat des actions culturelles financées par l'état ! >.108 ELLe a aujourd'hui pour fonction de rapprocher Les deux miLieux que sont ceLui de La cuLture et de L'entreprise. Pourtant, «une loi de ce type n'est pas une fin en soi, c'est un outil, qui, en tout cas, hausse la France, sur le plan de la fiscalité des donateurs, à un niveau compétitif sur le plan international. C'est donc déjà une chose importante >109. Et ceLa même si Le mécénat des entreprises privées n'est pas très déveLoppé en France, contrairement à d'autres pays, iL est sans doute pLus actif dans Les festivaLs que dans Les autres activités cuLtureLLes110. En effet, même s'iL reste minime, iL permet quand même à un événement de voir Le jour. C'est pourquoi de nombreux festivaLs recherchent une partie importante de Leurs budgets dans Le mécénat. En 1990, L'ADMICAL* mène une enquête sur Le mécénat auprès des festivaLs : « Sur les 83 festivals étudiés, 75 ont bénéficié de mécénat en argent et/ou en nature au moins une fois entre 1986 et 1990 > 111. Mais depuis cette période euphorique des années quatre-vingt neuf, quatre-vingtdix, où La pLupart des festivaLs bénéficient du mécénat, iL est aujourd'hui en perte de vitesse. Pour exempLe, « celui du Festival d'Avignon avait atteint 13,8% du budget en 1988 pour tomber à 9,6% en 1992. Cela peut s'expliquer par un repli brutal dû à la Guerre du Golfe en 91 mais aussi pour les grands besoins financiers de 92 avec les Jeux Olympiques d'Albertville et de Barcelone, l'Exposition Universelle de Séville >112.

    106 DIJAN (Jean-MicheL), Op. cit., page 59.

    107 SAUVANET (NathaLie), « Mécénat >, cours EAC 2005-2006, citation notée par L'étudiant.

    108 DIJAN (Jean-MicheL), Op. cit., page 59.

    109 TOUSSAINT (PhiLippe), « L'argent des festivaLs... >, Op. cit.

    110 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique >, Op. cit.,

    page 27.

    111 GORSSE (EmmanueLLe), « Mécénat des festivaLs : faut-iL encore y croire ? >, Cahiers Espaces n°31, page 1.

    112 GORSSE (EmmanueLLe), Op. cit., page 3.

    Aujourd'hui, Les festivaLs sont financés par Le mécénat à hauteur de 14 %113. « Les dons que peuvent désormais faire les entreprises à nos festivals sont aujourd'hui devenus fiscalement plus intéressants que les partenariats qui permettaient jusqu'alors une série de combinaisons assez intéressantes finalement >114.

    Pourtant, tout comme Le Ministère de La CuLture et de La Communication, de nombreuses entreprises sont amenées à revoir Leur poLitique de mécénat : Les fonds sont différemment répartis, Les choix pLus déterminés. IL y a moins de « saupoudrage > et d'éparpiLLement. « Des « recentrages » auprès d'un nombre limité de partenaires pour de plus longues durées >115. En outre, Les entreprises sont encore pLus sensibLes à La concurrence et modifient parfois LittéraLement Leur position. Ainsi, « le CIC de Paris ne soutient plus la musique comme l'Orchestre National d'Ile-de-France et le Festival de Saint Denis à cause de la concurrence avec deux autres banques. Du coup l'entreprise a choisi un autre secteur, le théâtre privé >116. ParaLLèLement, d'autres domaines s'ouvrent au mécénat comme L'environnement, Les secteurs sociaux ou médicaux, générant ainsi une nouveLLe concurrence pour de nombreux secteurs d'intérêt généraL : « La culture mobilise 57% des budgets du mécénat d'entreprise contre 39% pour la solidarité et 4% pour l'environnement >117. Mais aujourd'hui, iL sembLe que Les attentes des festivaLs soient de mieux en mieux comprises avec La muLtipLication de contrats pLuriannueLs. « Ainsi, le Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême est associé aux Centres Leclerc en signant un contrat de trois ans par lequel l'entreprise apporte une subvention annuelle de 530 mille euros >118.

    Pour trouver un mécène, iL faut savoir anaLyser ses motivations. ELLes sont
    aussi nombreuses que ses engagements, c'est pourquoi iL est difficiLe de
    trouver une entreprise qui corresponde exactement à son festivaL. « En 1990,

    113 Voir annexe 2, page 194.

    114 TOUSSAINT (PhiLippe), « L'argent des festivaLs... >, Op. cit.

    115 Idem

    116 GORSSE (EmmanueLLe), Op. cit., page 8.

    117 GLAVANY (Jean), Op. cit.

    118 GORSSE (EmmanueLLe), Op. cit., page 4.

    les responsables de festivals présentent quatre motivations principales qui décideraient les entreprises : la réalisation d'actions de relation publique, une meilleure intégration à leur environnement, une bonne couverture de presse, des retombées en terme de communication interne >119. Ces motivations sembLent toujours être au centre des préoccupations des entreprises mécènes. On peut cependant y rajouter un intérêt fiscaL et La recherche d'un pubLic et de vaLeurs partagées120. IL y a donc un travaiL de communication important à réaLiser pour motiver Les entreprises au mécénat. CeLui-ci doit égaLement être approuvé par Les saLariés de L'entreprise et être vécu comme un éLément positif.

    Les contreparties sont autorisées en matière de mécénat, « à condition qu'il existe une disproportion marquée, inférieure à 25%, entre les sommes données et la valorisation de la prestation rendue. La disproportion n'est effective que lors d'une donation matérielle mais on ne quantifie pas de l'image >.121 Les contreparties des festivaLs peuvent donc être de formes diverses : La mention du nom de L'entreprise sur Les supports promotionneLs (affichages, cataLogues, biLLetterie), La mise à disposition de pLaces de spectacLe, vaLoriser Les vaLeurs de L'entreprise à L'occasion de conférences de presse, L'édition de casettes et de disques pour Les cadeaux d'entreprise, Les opérations de reLation pubLique ou encore La pubLication d'un encart presse pour remercier Les partenaires. La notion de coLLaboration entre un mécène et Le festivaL est donc fondamentaLe. Ainsi, iL faut rester prudent sur un certain nombre de points, car cette sécurité financière dévoiLe parfois un « Laxisme > de La part des responsabLes de festivaLs. En effet, « pour les événements qui n'ont qu'un mécène exclusif, il faut alors bien savoir gérer le mécénat surtout si celui-ci nous fait défaut, si le mécène veut se retirer, il faut avant tout avoir un successeur >122. IL existe un risque dans Le fait de n'avoir qu'un partenaire unique car iL peut à tout moment se désister. De pLus, on ne peut jamais entreprendre de nouveaux mécénats sans en avertir ses mécènes

    119 Idem

    120 SAUVANET (NathaLie), « Mécénat >, Op. cit.

    121 Idem

    122 GORSSE (EmmanueLLe), Op. cit., page 7.

    actueLs. Enfin, La direction du festivaL peut rencontrer une perte de maîtrise de L'événement, comme L'exigence d'une programmation tournée vers Le vedettariat.

    Aujourd'hui, iL est difficiLe de trouver un mécène car iL existe une véritabLe méconnaissance des intérêts cuLtureLs et fiscaux. Comme Le souLigne Luc Benito, « le soutien d'activités culturelles par des entreprises privées apparaît, dans la conscience collective et sans doute plus dans celle des professionnels de la culture, comme un mariage contre nature >123. IL y a égaLement Le phénomène de La concurrence entre Les entreprises mécènes, ou pLus précisément entre Les festivaLs nationaux ou régionaux, ou encore La crainte du caractère novateur de L'événement et de sa programmation. C'est pourquoi Les festivaLs ayant une thématique pLus « cLassique > remportent souvent Les suffrages des mécènes. Pourtant, un autre facteur peut égaLement expLiquer La faibLesse du mécénat cuLtureL en France, « il relève de cette fameuse exception culturelle* française qui s'illustre par une imbrication forte des activités culturelles dans la sphère publique >.124 En ce sens, « on ne peut pas accepter que les produits culturels soient réduits à leur valeur marchande et renoncer à l'exception culturelle >.125

    b) Partenariat et sponsoring

    ParaLLèLement au don en argent, iL existe égaLement Le don en nature. IL est souvent Le chemin Le pLus court pour obtenir un soutien de petites entreprises. Son évaLuation chiffrée peut parfois dépasser Le montant des fonds coLLectés. On trouve une grande diversité des dons et services mis à disposition : biLLets d'avion, chambres d'hôteL, prêt de véhicuLes, de caméras ou d'instruments, mais égaLement instaLLations téLéphoniques, iLLuminations de bâtiments, prestations en matière de communication et d'impression. Pour de petits événements, La prise de contact avec des entreprises LocaLes reste

    123 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique >, Op. cit., page 27.

    124 Idem

    125 GLAVANY (Jean), Op. cit.

    bien entendu Le moyen Le pLus Légitime de trouver une forme de partenariat. IL permet égaLement à ces entreprises de participer à La vie cuLtureLLe de La région.

    Les partenaires Les pLus fréquents au niveau des festivaLs sont tout d'abord Les banques mutuaListes comme Le Crédit AgricoLe, La Caisse d'Epargne, La Banque PopuLaire et Le Crédit MutueL126. ELLes ont une grande impLantation LocaLe et ont une indépendance financière comparée au centre nationaL. Vient ensuite La presse, avec, en première position, La presse quotidienne régionaLe et queLques supports nationaux comme TéLérama qui «décerne ainsi chaque année son label « Un événement Télérama » à plus d'une vingtaine de manifestations >127. La radio, avec France Inter ou Radio France qui est Le média Le pLus intéressant et Le moins « exigeant > en terme de partenariat et d'échange médiatique. D'autres secteurs sont égaLement concernés par Le soutien financier aux activités cuLtureLLes et artistiques regroupant de nombreuses entreprises pubLiques ou parapubLiques, comme Les transports avec Air France, La SNCF, Les constructeurs automobiLes, Le secteur des communications avec France TéLécom ou encore EDF et GAN128.

    Le sponsoring, quant à Lui, reLève du « hors média >, L'entreprise s'associe à un représentant de L'association du festivaL pour faire passer son message pubLicitaire.

    Ces différentes « formuLes > de financements privés sont en pLein déveLoppement d'une manière généraLe et vont être au coeur, dans Les années à venir, des préoccupations des directeurs de festivaLs qui voient Leurs subventions pubLiques diminuer peu à peu. C'est maintenant un virage qu'iL faut anticiper, car cette mutation du contexte financier risque de faire disparaître un grand nombre d'événements qui n'auront pas assurés à temps Leurs arrières.

    126 GORSSE (EmmanueLLe), Op. cit., page 7.

    127 Idem

    128 Idem

    E) La communication

    Une fois Le pLan de financement du festivaL étabLit, iL faut mettre en pLace une stratégie de communication. ELLe se matériaLise par différents supports comme Le dossier de presse, Les fLyers ou cartes postaLes, pLus aujourd'hui une présence sur internet. IL est égaLement possibLe de présenter La programmation ou Les créations de L'événement grâce à un matérieL audiovisueL. On retrouve souvent un manque de moyen et de professionnaLisme quant à ces points précis, car dans Le pLupart des cas, Les budgets communication demeurent minimes : avec 13%, iLs représentent La troisième dépense des festivaLs après Les frais artistiques (55%) et Les frais administratifs (22%)129. IL faut ensuite se mettre en reLation avec La presse LocaLe, qui reste encore Le meiLLeur aLLié des festivaLs et créer ainsi un réseau de communication avec Les associations LocaLes et Leur service presse, première cibLe de partenaires pubLics à envisager en terme de communication. Les médias nationaux quant à eux sont pLus difficiLes à intéresser car L'information se trouve rapidement diLuée. A L'écheLLe LocaLe, iL faut prendre en compte Les événements cuLtureLs aLentours qui pourraient freiner La venue de La presse et des journaListes. Pour exempLe, « Montpellier et sa région ne se situent pas sur les grands axes de circulation pour les programmateurs et les journalistes, et le détour représente un coût. Les institutions doivent généralement prendre en charge ces derniers si elles souhaitent obtenir des papiers susceptibles de porter leur diffusion. Par ailleurs, la proximité d'Avignon fixe la venue de ces professionnels »130. PLus précisément, pour Les festivaLs de musiques actueLLes, iL est important de bien cibLer Les financeurs et Les professionneLs de La musique, comme Les artistes, tourneurs, producteurs, éditeurs ou managers, afin d'optimiser La communication de L'événement131. Enfin, iL ne faut pas négLiger La présence

    129 Ces chiffres sont issus de L'enquête réaLisée auprès des festivaLs adhérents à La fédération France Festivals portant sur L'exercice 2002.

    130 Département de L'HérauLt, Dispositif SpectacLe Vivant, « Une reLation avec Les autres coLLectivités à faire évoLuer face au changements en cours », partie 1-4, page 3.

    131 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien oraL avec HELLIO (Bertrand), Le 18 septembre 2006.

    d'une équipe en reLation avec Les pubLics, qui permet ainsi d'étabLir un travaiL de formation des pubLics et de reLais de communication.

    A travers cette anaLyse, on mesure L'importance des différents apports du contexte LocaL, à La fois dans L'éLaboration du projet, dans La mise en appLication du futur festivaL, mais aussi dans une démarche de pérennisation. IL est un composant essentieL pour L'événement et souLigne paradoxaLement que ceLui-ci doit apparaître comme un éLément participant activement au déveLoppement LocaL, en terme de tourisme, d'économie, d'empLoi ou de proposition cuLtureLLe.

    II) Les retombées d'un festival sur le contexte local

    En échos aux apports directs que peut offrir Le contexte LocaL quant à La mise en oeuvre d'un festivaL, L'ensembLe des acteurs du miLieu s'accorde à dire que ceLui-ci peut Lui apporter en retour des retombées conséquentes. Le festivaL offre un éLan suppLémentaire au déveLoppement LocaL, en Le faisant croître et se dépLoyer. Ses retombées atteignent La dimension même du territoire, et Lorsqu'eLLes sont associées à un événement pérenne, interviennent égaLement sur Le déveLoppement durabLe, pour Les générations futures. Son impact prend donc des formes diversifiées en terme d'économie, de tourisme, d'empLoi, d'image et de notoriété ou encore de cuLture. Les directeurs de festivaLs comme Les éLus Locaux s'accordent à citer ces différents effets comme Les pLus manifestes, car, à L'évidence, « lorsqu'il n'y a plus de festival ou quand un festival n'a pas lieu ce sont d'abord ces raisons-là qui sont évoquées aussi bien dans les médias que dans les cercles économiques et politiques locaux »132.

    132 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op. cit.

    A) Retombées matérieLLes

    1) Directes

    a) Le tourisme

    Si Le Ministère de La CuLture et de La Communication et Le secrétariat d'Etat au tourisme ne se sont jamais penchés de manière approfondie sur La question des retombées touristiques des festivaLs en France, Les nombreuses annuLations de L'été 2003, suite aux mouvements de grèves des intermittents du spectacLe, ont permis d'anaLyser L'impact touristique et donc économique non négLigeabLe, essentieL à La richesse du Lieu d'accueiL.

    La venue des festivaLiers profite en effet à L'ensembLe des structures de L'industrie touristique LocaLe, comme Les professionneLs de L'hébergement, de L'hôteLLerie, de La restauration, des commerces ou des transports. C'est une recette considérabLe pour Les professionneLs Locaux, équivaLent dans certains cas à un treizième mois. Les dépenses des festivaLiers sont donc nombreuses et importantes, surtout en ce qui concerne Le Logement et La restauration, iLs permettent de rempLir campings, hôteLs et restaurants. Par exempLe, « le Festival d'Avignon engendre 2 800 nuits d'hôtels et la mairie estime qu'un festivalier dépense en moyenne 110 euros par jour (hors billetterie) »133. De même, « au Festival Pablo Casals de Prades, les sept à neuf mille auditeurs présents sur trois semaines assurent le remplissage des hôtels, restaurants et bars de la ville »134.

    L'un des rôLes essentieLs des festivaLs est de proLonger La saison touristique, ou d'en créer une nouveLLe pendant L'année. Comme Le confirme L'AFEST135, « la plupart des festivals correspondent soit aux ouvertures de la grande saison touristique, soit à un facteur efficace d'allongement de la saison».136 Deux exempLes significatifs sur ce point peuvent être Le Festival International

    133 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 20.

    134 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 22.

    135 « Le tourisme gravement touché par L'annuLation des festivaLs », communiqué de presse de L'AFEST, http://www.afest.org/PubLications/breve.php3?id_breve=30, consuLtation Le 13 mai 2006.

    136 Idem

    du Film Fantastique d'Avoriaz qui, « initialement organisé en début de saison hivernale, pendant la troisième semaine de janvier, provoque la venue des touristes en semaine creuse >137, ou Le Festival du Film Américain de DeauviLLe, « qui se déroule début septembre et incite les touristes à prolonger leur séjour, alors que la saison se termine fin août >138. Ces effets se confirment et se proLongent d'autant pLus quand L'événement s'inscrit dans un schéma de pérennité.

    Le festivaL peut aussi jouer un rôLe dans La pLanification des vacances sur Le site ou dans La région, car iL se tient en majorité au printemps et en été. Une enquête réaLisée sur Le Festival Interceltique de Lorient montre ainsi que, «si le motif de la venue des festivaliers est pour 71 % d'entre eux l'assistance au festival, 35 des 183 personnes interrogées finissent leurs vacances sur le site >139. Les touristes, attirés par un événement cuLtureL, choisissent parfois de proLonger Leur séjour au-deLà même de sa durée. Le festivaL permet donc d'attirer une nouveLLe cLientèLe, qui dans bien des cas, n'aurait pas fréquenté La commune ou La région. Enfin, iLs jouent un rôLe dans Le choix des destinations uLtérieures des festivaLiers, comme aux Francofolies de La RocheLLe, où L'on a constaté que 83% des festivaLiers pensaient y revenir pour visiter Les îLes de Ré et d'OLéron140.

    L'attractivité des festivaLs permet une réeLLe fidéLisation des touristes grâce au renouveLLement de Leur programmation, ce qui n'est pas Le cas d'un monument par exempLe, dont Le contenu ne peut être modifié. Une étude menée par La Direction du Tourisme en 1999141 montre que Les activités et Les animations constituent Le second éLément Le pLus important pour Les vacanciers après Le cadre de vie. Parmi eux, Les festivaLs sont porteurs d'une dynamique qui contribue à faire régner dans La commune d'accueiL, une ambiance festive, à LaqueLLe Les touristes sont sensibLes. Ainsi, dans Le cadre des Francofolies de La RocheLLe « pour le feu d'artifice organisé par la

    137 CHOUCHAN (LioneL), in BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 87.

    138 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 88.

    139 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 22.

    140 PEUDUPIN (Guy), in BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 89.

    141 « Les vacances d'été des Français : éLéments importants, degrés de satisfaction >, Observatoire nationaL du tourisme, anaLyses et prospectives du tourisme n° 54, page 112.

    Mairie, on compte en général 100 000 personnes, tandis que les spectateurs du festival n'en représentent que 60 000>142. En outre, si Le festivaL attire Les touristes iL en est de même pour Les visiteurs de proximité, ainsi, « 75% en moyenne des festivaliers proviennent de la région elle-même dont 50% du département >143.

    Le tourisme cuLtureL est devenu L'un des bénéficiaires priviLégiés des festivaLs. En effet, « longtemps très élitiste, il répond aujourd'hui à un engouement croissant du grand public >144. IL permet aussi d'attirer et de susciter Le déveLoppement du tourisme étranger. Ainsi, Le Festival Interceltique de Lorient attire non seuLement des visiteurs des pays ceLtiques, IrLande, Ecosse, Pays de GaLLes, GaLice mais égaLement ceux qui viennent avec réguLarité du Québec ou de L'AustraLie, entre autre145.

    Enfin, iL est important de souLigner que Le festivaL créé parfois La destination touristique. Ainsi, « à Marciac dans le Gers, c'est le festival de jazz qui a entièrement créé la destination touristique ! >146. En outre, Les pLus « petits > festivaLs, ceux à faibLe budget, permettent à de petits viLLages dépourvus d'attraction phare de se faire connaître. Bien que Le patrimoine LocaL et Le cadre natureL soient dignes d'intérêt, iLs permettent d'attirer des touristes qui n'y seraient peut-être jamais venus. Inversement, ces retombées touristiques ont parfois été à L'origine de La création de festivaLs s'inscrivant généraLement dans une stratégie de déveLoppement touristique LocaL.

    IL faut pourtant considérer ces retombées avec précaution car eLLes ne sont pas effectives dans toutes Les situations. En effet, on Les trouve à des écheLLes importantes, surtout pour Les festivaLs de renom, et de manière pLus Légère pour Les événements mineurs, qui représentent désormais une part importante des festivaLs.

    ParadoxaLement, cette diaLectique « festivaLs et tourisme > a ses Limites.
    L'unique « point noir > qui pourrait rompre ce Lien serait Le risque de voir

    142 PEUDUPIN (Guy), in BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 89.

    143 BENITO (Luc), « Etat des Lieux de L'activité 2002 des festivaLs membres de France FestivaLs >, page 12.

    144 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 22.

    145 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 7.

    146 « Le tourisme gravement touché par L'annuLation des festivaLs >, communiqué de presse de L'AFEST, http://www.afest.org/PubLications/breve.php3?id_breve=30, consuLtation Le 13 mai 2006.

    L'image touristique habitueLLe de La viLLe perturbée par La fièvre festivaLière. Surtout pour Les événements proches de La manifestation ou de La foire. Cette « cuLture festivaL » peut produire chez La popuLation LocaLe une réaction de rejet. « La gêne peut également naître d'une détérioration esthétique du paysage culturel comme certains lieux patrimoniaux, où doivent être installés des gradins souvent en juillet ou en août»147. Mais iL sembLe aujourd'hui qu'après tant d'expériences vécues, Les municipaLités ont Le pLus souvent su faire face à ces difficuLtés.

    b) Economique

    Dans un récent communiqué de presse, L'AFEST s'inquiète sur L'annuLation de pLus en pLus fréquente de festivaLs en France. De manière spontanée, souvent après une, deux voire trois éditions, ces disparitions ont fortement infLuencées L'économie de La coLLectivité qui accueiLLe L'événement. En ce sens, Le Ministère de La CuLture et de La Communication rappeLLe que « l'annulation de nombreux festivals en 2003 a souligné l'énorme manque à gagner en matière économique lorsque de tels événements n'ont pas lieu »148.

    Depuis une vingtaine d'années, iL y a un Lien évident entre économie et cuLture. CeLLe-ci est considérée par Bernard Latarjet149 « comme une composante essentielle des stratégies économiques à long terme. Le coefficient multiplicateur des retombées sur l'économie locale est de l'ordre de trois » 150. Bernard Faivre d'Arcier précise égaLement que «l'on en vient à dire qu'un euro investi dans un festival vous en rapporte trois, quand ce n'est pas dix »151.

    La pLupart des festivaLs ont vu Le jour dans Les années quatre-vingt, décennie
    d'une réfLexion sur La décentraLisation et ses effets bénéfiques : « C'est

    147 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 22.

    148 SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 45.

    149 Président du parc de La ViLLette, Paris.

    150 LATARJET (Bernard), Rapport Latarjet sur le Spectacle vivant et l'aménagement culturel du territoire, compte-rendu de mission du Ministère de La CuLture et de La Communication, page 160.

    151 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op. cit., page

    5.

    l'époque du débat sur les enjeux économiques de la culture où, sous l'impulsion d'un Ministère de la Culture en pleine croissance, il était important de justifier l'intervention publique en la matière par des critères en monnaies sonnantes et trébuchantes >152. Ces retombées en matière d'économie se sont faites remarquer par L'intermédiaire, notamment, de nombreuses études d'impact qui ont été Lancées dès Les années quatre-vingt. Les éLus Locaux ont aLors réfLéchit à L'intérêt poLitique et économique de créer des manifestations dans Leur région, et Les communes se sont très vite misent à financer des événements cuLtureLs comme Les festivaLs. Ainsi, une étude effectuée iL y a pLusieurs années autour du Festival d'Avignon montre que « pour un franc de recettes culturelles, il y aurait 3 à 5 francs de retombées sur l'économie locale >153. D'autres études confirment cet impact économique égaL à environ trois fois Le budget du festivaL. CeLLe réaLisée pLus récemment en 2001 par L'AGFA154 montre que « sur les 22,1 millions d'euros de flux économiques que suscite le Festival d'Avignon, 18 millions d'euros bénéficient directement à l'économie locale. Et ce chiffre double quasiment si l'on prend en compte le OFF et ses 600 000 festivaliers>155. Au-deLà donc des retombées purement touristiques dont nous avons déjà parLé, L'organisation et Le dérouLement des festivaLs engendrent des retombées économiques directes. ELLes prennent aLors La forme de revenus additionneLs pour Les entreprises issues du tissu économique LocaL émanant des dépenses des organisateurs Liés à La réaLisation techniques et matérieLLes de L'événement, soit « 20 à 40% du budget. Une manne financière non négligeable sachant qu'ils peuvent dépasser plusieurs millions d'euros >156. Ces entreprises font partis des secteurs de L'imprimerie pour La réaLisation des affiches, des brochures, des dépLiants, ceLui des reLations pubLiques, Les services techniques pour L'écLairage et La sonorisation, Le marché des Locations, parcs de matérieL, de Lieux de spectacLes ou d'instruments de musique, Les dépenses de communication, en conférences de presse, frais

    152 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Cahier Espaces 74, page 3.

    153 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 35.

    154 Association de Gestion du FestivaL d'Avignon.

    155 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 35.

    156 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 81.

    d'affichage, et enfin Le secteur des transports. Ainsi, pour Avignon, « les 600 000 euros d'achats effectués par le festival « In » se répartissent pour 64 % au bénéfice d'Avignon et de sa zone d'influence, pour 75 % au profit de la région, et 25 % pour le reste de la France >.157 Les festivaLs permettent de faire parLer de Leur région comme d'un endroit d'impLantation attractif où se tiennent des événements cuLtureLs. La DMDTS expLique que, de manière détournée, iLs permettent dans certains cas L'impLantation de structures ou d'entreprises nouveLLes. Pour exempLe, en 2001, Maryse Joissains Masini, Maire d'Aix-en-Provence affirme que Le Festival international d'art lyrique fut, par son rayonnement, à L'origine de L'impLantation d'une cinquantaine d'entreprises158.

    Comme on a pu Le voir, Les festivaLs ne sont pas uniquement des temps forts artistiques mais égaLement des périodes décisives pour L'activité économique des régions et des LocaLités où iLs se dérouLent. Même s'iL est difficiLe de chiffrer précisément ces retombées, L'engouement des communes à créer Leur propre « rendez-vous > prouve que L'impact n'est pas négLigeabLe. Ces retombées peuvent avoir des visées à Long terme, surtout pour Les festivaLs de grande ampLeur, car, comme Le détaiLLe un responsabLe de L'industrie hôteLière du VaucLuse : « En juillet, les deux tiers de la clientèle viennent pour le Festival d'Avignon. Nous réalisons ainsi en trois semaines, un tiers de notre chiffre d'affaires annuel >159. Mais ce qui est vrai à Avignon L'est aussi dans d'autres communes.

    Enfin, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, « l'argument, sans doute plus récent, mais certainement le plus efficace, est que le festival est une bonne opportunité économique, il est somme toute une bonne affaire >160.

    Les concLusions sur Les différentes retombées directes qu'un festivaL peut avoir sur La commune où iL s'impLante peuvent être assimiLées au festivaL de photoreportage Visa pour l'Image qui se tient à Perpignan depuis dix-huit ans.

    157 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 16.

    158 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op. cit., page 4.

    159 SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 45.

    160 Idem

    SeLon L'enquête d'un cabinet privé de consuLtant161, qui vise à mesurer Le poids économique exact du festivaL sur Le commerce LocaL, iL aurait engendré pour L'édition 2000 un chiffre d'affaire suppLémentaire de un miLLion huit cent miLLe euros. Ainsi, comme Le souLigne Jean-PauL ALduy, Maire de Perpignan, La viLLe accorde trois cent miLLe euros de subventions directes et pLus de quatre cent cinquante miLLe euros de prestations de service à cette manifestation. En comparaison, La subvention du département est de L'ordre de trente miLLe euros. En dix-huit années d'existence, on sait que Visa pour l'Image a un impact très important sur L'économie LocaLe. Se dérouLant Les deux premières semaines de septembre, iL proLonge La saison estivaLe de deux semaines. Afin de renforcer L'importance de cet événement pour La viLLe, iL est important de rappeLer queLques chiffres162. Pour L'édition 2005, ce sont 163 720 entrées qui ont été enregistrées dans Les neuf sites d'expositions, soit 2,5 miLLions d'euros de retombées générées. 163 270 entrées, soit 25 575 visiteurs dont 74% venus à titre individueL. En effet, Les professionneLs ne représentent que 9% de La totaLité des visiteurs, La majorité reste donc des touristes qui viennent exprès dans La viLLe pour découvrir Le festivaL. Toutefois, Les statistiques révèLent que 19% de ces visiteurs individueLs s'y rendent spontanément, aLors qu'iLs ne L'avaient pas spéciaLement prévu dans Leur séjour. Enfin, 62% de ces visiteurs viennent de régions étrangères au Languedoc-RoussiLLon.

    Si Les personnes accréditées dépensent en moyenne cinq cents euros au cours de Leur séjour, Le budget des individueLs se Limite à quarante-cinq euros. PLus de 78% des accrédités passent au moins une nuit sur Perpignan, ce qui représente en moyenne un budget de cent quatre-vingt euros par personne pour L'hébergement. Les retombées se partagent entre La restauration 37%, L'hébergement 21%, Le commerce 21%, Les cafés 16%, sorties 3%, transports 3%. Bien que ces chiffres soient séduisants, iL faut admettre qu'une baisse des retombées économiques est notabLe sur L'édition 2005. Les cafés et Les transports enregistrent cependant une hausse respective de 1,9 et 13%163. En

    161 In L'Indépendant, édition de Perpignan, janvier 2001, in BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 82.

    162 COURTY (Fanny), Op.cit.

    163 Idem

    attendant Le biLan 2006, on peut d'ores et déjà affirmer que Le festivaL reste une des sources majeures de revenus pour La viLLe de Perpignan.

    L'exempLe précis du festivaL Visa pour l'Image de Perpignan démontre L'importance des retombées matérieLLes directes que peut avoir un festivaL sur sa commune d'accueiL ou même sur sa région. De même, cette catégorie d'effets entraîne Logiquement des retombées indirectes en termes d'empLoi ou de renforcement du Lien sociaL.

    2) Indirectes

    a) Renforcement du Lien sociaL

    Attirant majoritairement un pubLic LocaL ou régionaL, Les festivaLs jouent un rôLe sociaL évident dans Les viLLes où iLs se dérouLent. ILs permettent de combLer L'absence de L'offre cuLtureLLe et d'équipements permanents, à L'exempLe des festivaLs de cinéma qui proposent La diffusion de fiLms divers diffusés d'ordinaire dans des Lieux pLus spécifiques.

    Etant une réeLLe animation LocaLe, ces événements attirent et mobiLisent une partie de La popuLation, et deviennent, dans certains cas, un véritabLe vecteur d'intégration sociaLe. En ce sens, certains festivaLs favorisent L'insertion de popuLations dites « défavorisées » ou de quartiers isoLés, en améLiorant, même pour une durée Limitée, Les situations que L'on peut trouver dans ces zones en difficuLté, et Lutter contre L'excLusion. ILs deviennent un support pour La connaissance réciproque des cuLtures et La mise en vaLeur de Leurs richesses. Certains exempLes significatifs montrent qu'iLs apportent une image nouveLLe et améLiorée des Lieux où iLs se dérouLent et peuvent entrer parfois dans Le cadre d'une poLitique de déveLoppement sociaL des quartiers. « Le festival est un onguent qui peut panser quelques déchirures sociales et permettre ou susciter l'occasion de nouvelles relations de voisinage, voir d'un relatif brassage social, ne flit-ce qu'un instant » 164.

    164 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op. cit.

    Les festivaLs rassembLent, pour une courte durée, des typoLogies d'individus souvent éLoignés en proposant La rencontre entre Les simpLes curieux ou amateurs et Les professionneLs qui font exister La forme artistique.

    Lorsqu'iL attire un pubLic majoritairement issu du Lieu de son impLantation, Le festivaL devient un temps fort au sein de La coLLectivité, un véritabLe rendezvous. Dans certains cas, iL procure égaLement La voLonté de renforcer une identité LocaLe et peut donner forme à un désir identitaire, ceLui d'une communauté ou d'un quartier. Ainsi, Le succès du Festival Interceltique de Lorient traduit parfaitement cette Lutte contre La disparition d'une identité cuLtureLLe, « motivée par les craintes liées à une « mondialisation » de la culture »165. IL est un moment souvent unique dans L'année pour des communes bretonnes où iL n'existe pas ou peu d'événements de teLLe envergure en dehors de La période estivaLe. Le pubLic de cet événement est constitué essentieLLement des popuLations LocaLes ou aLentours, qui, en trente-six ans, se sont « attribués » Le festivaL et s'en sentent « responsabLes ». Le témoignage d'une jeune bénévoLe sur Les Lieux renforcent cette impression : participant depuis six ans au festivaL au sein du bureau de presse, eLLe ne manquerait cet événement pour rien au monde. Les différentes rencontres, L'ambiance festive qui y règne et L'animation que Le festivaL Lui procure sont autant d'éLéments qui Lui permettent de se sentir « vivante et utiLe ». De pLus, eLLe souLigne avec fierté qu'eLLe a déposée un congé sans soLde de quinze jours pour pouvoir participer à L'événement166.

    Ainsi, bien que Le contenu du festivaL et sa fonction cuLtureLLe restent prioritaires, L'impLication de La popuLation LocaLe est une condition indispensabLe à La réussite et au rayonnement d'un teL événement. IL tend à déveLopper de nouveLLes formes de conviviaLités et à renforcer La conscience citoyenne des habitants.

    165 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 76.

    166 Informations notées par L'étudiant Lors d'un stage au sein du bureau de presse du Festival Interceltique de Lorient, du 24 juiLLet au 7 août 2006.

    b) EmpLois directs

    Parmi Les empLois générés par Les festivaLs, Les empLois directs sont des postes permanents. ILs sont souvent Les pLus « stabLes >, avec un engagement s'étaLant sur toute L'année pour Les pLus grands événements. Pourtant, cette équipe administrative des festivaLs tend à être réduite à un nombre Limité de permanents. « Parmi les plus grands festivals, on ne compte en général pas plus de cinq permanents, à l'exception du Festival d'Avignon qui emploie seize personnes toute l'année. Quant aux autres, ils n'ont pas ou peu de permanents >167. En effet, sur deux miLLe cinq cents personnes participant au Festival Terre Neuvas de BobitaL en Côte d'Armor, seuLement trois sont rémunérés hormis Les techniciens intermittents, - Le régisseur généraL, Le responsabLe de La communication et L'attaché de presse-. IL n'existe donc aucun saLarié permanent pour Le deuxième festivaL de musiques actueLLes de France168. Enfin, au Printemps de Bourges, « l'équipe permanente d'environ sept personnes est élargie à 214 saisonniers et 650 professionnels du milieu artistique pendant le mois du festival >169. Mais ces empLois stabLes ne sont pas toujours systématiques et La particuLarité saisonnière des festivaLs ne Leur permet pas d'assurer Leur pérennité, car d'une part, « le recours au bénévolat est très important, et d'autre part, nombre de villes apportent leur concours aux festivals qui s'y déroulent en leur prêtant du personnel municipal>170. En effet, Les fonctions de sécurité, de montage ou de nettoyage sont assurées par Les agents municipaux mis à disposition par Les Mairies.

    La mise en oeuvre d'un festivaL demande souvent une Logistique coLossaLe et créée de nombreux empLois, qui, Le pLus souvent, prennent La forme d'empLois saisonniers: hôtes et hôtesses, gardiens, serveurs, ouvreuses, techniciens ou chauffeurs. Leur nombre augmente de pLus en pLus, faisant des festivaLs un secteur décisif dans certaines régions comme en Provence ALpes Côte d'Azur, « puisque quasiment un tiers des festivals français a lieu dans la région et

    167 BENITO (Luc), Les festivals en France: marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 78.

    168 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien avec HELLIO (Bertrand), Le 18 septembre 2006.

    169 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 35.

    170 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 15.

    emploie 30 000 personnes dans le secteur culturel >.171 De même, Le cas des Eurockéennes de Belfort en est un très bon exempLe puisque, seLon son directeur, Monsieur RoLand, « il constitue une des plus importantes sources d'embauche de l'Est >172. En effet, Le festivaL recrute en tout un miLLier de personnes : iL empLoie environ cinq cents jeunes de La région pour des empLois saisonniers variant entre trois jours et un mois et fait appeL à près de trois cents intermittents (un tiers recruté par Le festivaL, Le reste par Les sociétés de production participant à La manifestation)173. Ce festivaL est donc un des rares à ne pas faire appeL aux bénévoLat, suivant ainsi une directive poLitique « destinée à satisfaire les jeunes de la région, le festival doit permettre la création de « jobs » d'été >174. En outre, même si La majorité de ces empLois est précaire et demande peu de quaLification, « ils constituent quand même une opportunité qu'il faut saisir au profit des jeunes, qu'ils soient étudiants ou qu'ils rentrent dans la vie professionnelle ou sont à la recherche d'un bon contrat de travail >.175

    ParadoxaLement, Les festivaLs jouent souvent un rôLe dans L'insertion sociaLe de personnes en difficuLtés, comme Les demandeurs d'empLoi de Longue durée et sans quaLification, et ceLa par Le recours aux contrats empLoisoLidarité.

    Permanents, saisonniers, temps partieL ou intermittents, Les empLois directs générés par Les festivaLs sont donc divers et bénéficient Le pLus souvent à La popuLation LocaLe.

    Enfin, même si La probLématique de Leur statut a terni queLque peu Leur image depuis ces dernières années, Les intermittents du spectacLe représentent une part saLariaLe indispensabLe au bon fonctionnement d'un festivaL. En effet, La réforme du 27 juin 2003176 sembLait nécessaire, car en dix ans, Le nombre de bénéficiaires du régime a doubLé pour atteindre Le nombre de quatre vingt

    171 SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 50.

    172 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 35.

    173 Idem

    174 Idem

    175 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op. cit., page 7.

    176 Avant cette réforme, un intermittent du spectacLe devait travaiLLer cinq cent sept heures dans L'année pour pouvoir bénéficier de douze mois d'aLLocation chômage. Depuis Le 27 juin 2003, iL doit travaiLLer cinq cent sept heures sur dix mois pour Les techniciens et dix mois et demi pour Les artistes pour une durée d'indemnisations réduite, eLLe, à huit mois. In

    GALEOTTE, Op.cit.

    seize miLLe personnes177. L'été 2003 fût Le théâtre de nombreuses perturbations et annuLations de festivaLs en réaction au confLit des intermittents du spectacLe. Par conséquent La première annuLation du 57ème Festival d'Avignon et de La 19ème édition des Francofolies. Ces événements ont révéLés paradoxaLement L'importance économique des festivaLs pour Les communes où iLs se dérouLent, « ce qui prouve par l'absurde que, si la culture coûte de l'argent, elle en rapporte aussi beaucoup... Mais pas aux mêmes ».178

    c) EmpLois induits

    ParaLLèLement aux empLois directs, générés au sein même du festivaL, ceLui-ci génère égaLement des postes permanents ou temporaires induits dans de nombreux autres secteurs. Ainsi, une étude conduite en juin 1996 par L'AGFA, fondée sur L'anaLyse des décLarations d'embauches avant, pendant et après Le festivaL, permet de concLure qu'iL aurait induit La création de pLus de miLLe empLois ainsi répartis179 : cent dans Le secteur de L'hôteLLerie et de La restauration, quatre cents dans Le secteur des transports, nettoyage et sécurité, cent quatre-vingt quinze dans Les activités récréatives et cuLtureLLes non associatives, cent seize dans Le secteur associatif, cinq dans Le secteur de L'édition et de L'imprimerie, vingt et un pour Les entreprises de La Poste et France TeLecom et cinquante et un dans Le secteur de La santé. L'exempLe d'Avignon montre que ces créations d'empLois indirects ne sont réeLLement perceptibLes et quantifiabLes que pour des festivaLs pérennes et de renom. De pLus, ces empLois induits ne nécessitent pas de compétences spécifiques, d'où Le recours fréquent aux contrats intérimaires ou empLoi-soLidarité.

    d) Le bénévoLat

    La pLupart des festivaLs suscitent L'impLication de bénévoLes pour L'organisation de L'événement. Pour Les petites manifestations, iL permet de

    177 ABECASSIS (HéLène) et DEMARI (Jean-CLaude), « La cuLture en grève », in Le Français dans le monde, n°330.

    178 Idem

    179 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 15.

    compenser un manque de moyens financiers, faute desqueLs eLLes ne pourraient avoir Lieux. Les pLus grands festivaLs fonctionnent eux aussi grâce à La participation de ces bénévoLes : au Festival Interceltique de Lorient, on compte chaque année environ quatre cents bénévoLes180. Ceux-ci participent généraLement à L'organisation technique et, dans une moindre mesure, à La production artistique. Cette impLication entraîne un caractère pLutôt vaLorisant chez Le bénévoLe qui participe ainsi à un événement cuLtureL d'utiLité coLLective et de surcroît médiatisée.

    Les festivaLs sont donc indiscutabLement générateurs directs ou indirects d'empLois et sous formes très diverses. Pourtant, « à l'exception des quelques postes administratifs, tous les emplois réclamant une certaine compétence sont assurés par des intermittents du spectacle ou personnels, souvent extérieurs à la localité»181. La spécificité des empLois créés directement ou indirectement par Les festivaLs tend donc à revoir La nature réeLLe de Leur impLication face au marché du travaiL LocaL.

    ParadoxaLement, L'impLication conséquente de La popuLation LocaLe dans L'événement, révèLe L'existence de retombées immatérieLLes directes ou indirectes qui participent fortement à cet enthousiasme commun.

    B) Retombées immatérieLLes

    1) Directes

    a) Image et notoriété

    Comme nous L'avons vu précédemment, Les festivaLs sont vecteurs d'une forte attractivité pour La commune ou La région où iLs s'impLantent. ILs véhicuLent une image dynamique, attractive, vivante, et festive, favorisant La promotion de La destination. Ainsi, comme Le précise Martin MaLvy, ancien ministre et président du ConseiL RégionaL Midi-Pyrénées, « ces manifestations

    180 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 147.

    181 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 78.

    participent à l'irrigation culturelle des territoires. Elles contribuent au rayonnement de notre région, à son attractivité >. 182

    ALLant de pair avec Les bienfaits économiques et touristiques, Le festivaL offre un véritabLe « coup de projecteur > sur une viLLe ou une région. Ainsi, Le Festival International du Film de Cannes a fait connaître La viLLe au monde entier. Leurs bénéfices en terme d'image sont rarement remis en question et contribuent au rayonnement inteLLectueL de La viLLe à diverses écheLLes, « elle gagne ainsi, à jamais, un prestige qu'on se plaît parfois à comparer avec ce qu'il faudrait dépenser en terme de publicité et de promotion dans les médias pour arriver à un résultat équivalent >183. Un bon festivaL offre donc une surface rédactionneLLe pLus vaste et surtout moins onéreuse que toute campagne pubLicitaire. Ses retombées médiatiques peuvent être considérabLes, « le Festival d'Avignon ou les Chorégies d'Orange bénéficient d'une couverture très importante par la presse écrite nationale et étrangère >184. Pourtant, eLLes ne se Limitent pas à ces queLques événements de grande envergure. Beaucoup d'événements organisés dans de petites viLLes ont contribués à La notoriété des Lieux où iLs étaient organisés. Ainsi, Marciac, viLLage d'un peu pLus de miLLe habitants, a tiré bénéfice, en terme dimage et de notoriété, de L'organisation de son festivaL de jazz.185

    Les festivaLs ont cette capacité d'attirer L'attention des médias comme Les stations radiophoniques, Les journaux téLévisés des différentes chaînes nationaLes. A titre d'exempLe, « durant trois mois, de juin à août 1997, le journal Le Monde a consacré des articles à cinquante festivals >186. CeLa s'expLique par L'intérêt Légitime des médias pour La cuLture et Le caractère événementieL de ce type d'événements.

    Peu d'études évaLuent de manière précise L'incidence financière de ces retombées médiatiques, pourtant, certaines d'entre eLLes ont tentées de donner une estimation chiffrée des retours de La couverture médiatique des journaListes sur un festivaL. Un caLcuL simpLe puisqu'iL part du principe que Le

    182 MALVY (Martin), « FestivaLs à foison, festivaLs en périL, festivaLs à défendre >, http://www.midipyrenees.fr/pagesEditos.asp?IDPAGE=299&sX_Menu_seLectedID=m2CuLture_D 8E57732, consuLtation Le 16 juin 2006.

    183 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op.cit.

    184 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 7.

    185 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 8.

    186 Idem

    festivaL offre à La coLLectivité une pubLicité qu'eLLe n'aurait pas Les moyens de s'offrir autrement. « La démarche consiste à calculer la surface occupée par un article consacré à l'événement et à le comparer, proportionnellement, au coût de celle d'un encart publicitaire, et cela dans tous les médias ayant couvert la manifestation »187. Ce caLcuL peut aLors prendre des dimensions considérabLes à L'instar des dix neuf miLLions d'euros d'impact en termes d'image évaLués pour Le Festival d'Avignon en 1995188 contre un miLLion et demi d'euros de pubLicité gratuite pour La viLLe en 1985189. Pourtant, cette anaLyse budgétaire n'a pas de sens car seuL Le message véhicuLé se traduit en matière de communication et c'est sur Le moyen et Long terme que L'on mesure son impact.

    Les retombées en terme d'image et de notoriété d'un festivaL sur La viLLe où iL se dérouLe et, pLus Largement sur sa région, ont des conséquences considérabLes qui génèrent La création de teLs événements sur Le territoire français. En ce sens, une deuxième catégorie d'effets participe activement à cet intérêt pour Les festivaLs, ce sont Les retombées cuLtureLLes.

    2) Indirectes

    a) Démocratisation cuLtureLLe

    La naissance des pLus grands festivaLs en France dans Les années quatrevingt, intervient au même moment que La décentraLisation cuLtureLLe, menée par Le Ministère de La CuLture et de La Communication. En effet, « les festivals ont été investis d'un certain nombre de missions par les pouvoirs publics, particulièrement en ce qui concerne l'aménagement culturel du territoire »190. ILs contribuent entre autre à combLer certains « déserts

    187 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit.

    188 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 4.

    189 FARCHY (JoëLLe) et SAGOT-DUVAUROUX (Dominique), Économie des politiques culturelles, PUF, page 176.

    190 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 72.

    cuLtureLs > en paLLiant L'absence d'équipements permanents. ILs sont à L'origine de L'organisation, dans des régions pLus isoLées ou des viLLes pLus modestes, de spectacLes qui d'ordinaire ne se dérouLent que dans Les grandes viLLes. Contribuant ainsi à réduire Les inégaLités géographiques d'accès à La cuLture par Leur dispersion sur L'ensembLe du territoire, Les festivaLs participent à La décentraLisation cuLtureLLe, offrant au pubLic LocaL, « une alternative au dynamisme monopolitique de la vie artistique et culturelle de Paris et ses alentours >191. Au sein même d'une viLLe, iLs peuvent devenir Le pLus grand rendez-vous de L'année, à L'image du Festival Interceltique de Lorient qui se dérouLe dans une commune d'environ cent vingt miLLe habitants192 et qui accueiLLe en moyenne six cent cinquante miLLe visiteurs pendant une dizaine de jours193. De pLus, Leur forme offre des conditions d'accès pLus « conviviaLes > que ceLLes des instituions cuLtureLLes devant LesqueLLes on passe quotidiennement mais où L'on ne rentre pas. Les spectateurs sont aLors freinés, soit par Le coût du biLLet ou encore La crainte de ne pas appartenir au miLieu, tandis que « dans un festival, on se risque plus allègrement et plus fréquemment >194. CeLa se vérifie pLus fortement pour Les festivaLs de pLein air qui sembLent pLus forcément accessibLes. On s'y retrouve fréquemment en vacances, entre amis, et L'on y fait de nombreuses rencontres.

    Une démocratisation faciLitant une réduction des inégaLités sociaLes proposant des modaLités tarifaires pLus accessibLes. En effet, La gratuité de La pLupart de ces événements permet à de nombreux curieux ou non-initiés de faire tomber Les barrières symboLiques des Lieux de diffusion traditionneLLement fréquentés par une éLite sociaLe. « Un accès facile paraît à l'élu local une condition, sinon une garantie de démocratisation de la culture >.195 Leur côté festif et événementieL contribue à diminuer Le fossé qui Les sépare, par manque d'habitude ou d'occasion. Ainsi, Les Folles

    191 Idem

    192 « Les pLus grandes aggLomérations au recensement de La popuLation en 1999 >, http://atLas-

    transmanche.certic.unicaen.fr/commun/Lecteur2f/page.php?base=atLas&idpage=269&idLangu e=fr, consuLtation Le 10 octobre 2006.

    193 Le FIL en bref, http://www.festivaL-interceLtique.com/?nav=B1, consuLtation Le 10 octobre 2006.

    194 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op.cit., page 4.

    195 FAIVRE D'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op.cit., page 5.

    journées de Nantes, dont une partie des spectacLes se dérouLent dans pLusieurs saLLes du PaLais des Congrès, proposent de La musique cLassique à un pubLic qui n'est parfois jamais entré dans une saLLe de concerts196.

    b) Diffusion artistique

    Comme nous L'avons vu précédemment, Les festivaLs permettent de paLier à L'insuffisance de Lieux de diffusion et combLent notamment Les Lacunes dans différents domaines comme La danse, Les arts de La rue ou encore Le cirque. ILs ont donc une utiLité artistique et cuLtureLLe de premier pLan et sont reconnus pour être de hauts Lieux de création et d'innovation pour Les miLieux artistiques. « Ils assument en effet plus volontiers le risque artistique que les institutions permanentes, favorisant ainsi l'éclosion des jeunes talents »197. Les festivaLs ont La vocation et Les moyens de promouvoir une activité de création et permettent en ce sens aux artistes « des essais et des audaces qui les changent d'habitudes, de lieux, et leur permet de se renouveler, de se « déformater » »198. Contrairement aux structures permanentes, pour LesqueLLes La programmation d'un spectacLe peut s'étaLer sur pLusieurs mois, un festivaL est moins sensibLe au risque artistique, car, queL que soit Le succès d'une manifestation, son nombre de représentations reste Limité. En ce sens, iL permet La diffusion de nouveaux genres artistiques, peu programmés dans Les institutions permanentes et trouvent un moyen de promotion à travers ces événements médiatisés, de quaLité, et ceLa à L'image du Printemps de Bourges, créé en 1977 sur Le créneau encore vierge de La chanson et du rock199.

    Dans Le spectacLe vivant, iL est un instrument utiLe, voire indispensabLe, pour La danse ou La musique cLassique, qui possèdent peu de Lieux de diffusion voués uniquement à ces discipLines. « L'aide à ces manifestations par les festivals constitue pour la délégation à la danse du Ministère de la Culture l'un des seuls moyens de soutenir la diffusion chorégraphique avec le

    196 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 73.

    197 BENITO, Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op. cit., page 4.

    198 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op. cit., page 7.

    199 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 71.

    financement qu'elle apporte aux associations départementales de la musique et de la danse >200.

    De pLus, Le festivaL est un bon moyen de soutenir La vie cuLtureLLe LocaLe. En effet, de pLus en pLus d'événements associent une programmation d'artistes nationaux, voire internationaux, à La découverte d'artistes régionaux ou Locaux. Et Lorsque ce n'est pas Le cas, ces artistes profitent de L'événement pour montrer Leur travaiL au grand pubLic, ou entrer en contact avec Les professionneLs. Le Festival d'Avignon est un bon exempLe de cette situation : « ce sont les compagnies de la ville qui ont inventé le Off et le festival constitue leur meilleure période d'activité >201.

    Le festivaL représente pour Le pubLic Le terrain de nombreuses découvertes, apprentissages et discussions, un Lieu priviLégié de débats et conférences, et ce de manière formeLLe ou informeLLe.

    Enfin, de pLus en pLus de festivaLs tendent à organiser, dans un même temps, des activités pédagogiques et cuLtureLLes afin d'accompagner soit Le jeune pubLic, ou pLus Largement, L'ensembLe de La popuLation intéressée. Ainsi, Le festivaL Banlieues Bleues en Seine-Saint-Denis consacre une part croissante de son budget (un cinquième en 1997) à un travaiL pédagogique d'accompagnement musicaL202.

    c) Promotion artistique

    Les festivaLs favorisent La découverte de nouveaux taLents pour Les pubLics. ILs sont, en ce sens, vecteur d'intégration professionneLLe pour de jeunes artistes qui profitent du LabeL de quaLité que procure La participation à un événement renommé. « Depuis plusieurs années, la tendance de la part des directions artistiques est de préférer souvent les nouveaux talents aux grosses têtes d'affiche >203. Au côté des pLus grands, Les jeunes se Lancent et Le pubLic est sensibLe à cette invitation puisqu'iL répond toujours présent au rendez-vous. Une tendance qui tend à être institutionnaLisée pour certains

    200 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 69.

    201 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op. cit., page 11.

    202 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 10.

    203 SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 49.

    festivaLs avec La naissance de festivaLs « off » ou de sections paraLLèLes. En ce sens, Les Eurockéennes de Belfort organisent des trempLins « découverte » dans La région. Une dynamique artistique à L'écheLLe régionaLe et nationaLe comme Le Printemps de Bourges qui organise Lui aussi des trempLins dans La France entière pour repérer des groupes taLentueux et prometteurs qui pourront se produire dans Le cadre de L'événement. Loin de n'être qu'un Lieu d'émergence, Les festivaLs sont aussi un Lieu de résurgence : « ils permettent à des anciens de se rappeler au public quand ils connaissent un creux dans leur carrière ».204

    Enfin, outre L'aide à La diffusion et au déveLoppement de carrière, Les festivaLs s'impLiquent de pLus en pLus dans un processus de création, grâce aux résidences d'artistes et divers dispositifs d'accompagnement, ou de soutien à L'humanitaire comme Le montrent Les exempLes du festivaL Solidays ou Otages du Monde à BobitaL205.

    d) Animation cuLtureLLe à L'année

    La dynamique festivaLière peut se pérenniser grâce à La création d'animations cuLtureLLes tout au Long de L'année. Ainsi, à Bourges, Le festivaL a engendré La création d'une association Bourges en Scène206, dont L'objet est de proposer une programmation musicaLe grand pubLic annueLLe, en compLément de L'événement et cibLant un pubLic LocaL. Le festivaL peut égaLement être à L'origine de La création de structures ou d'équipements permanents qui animent La vie cuLtureLLe LocaLe au-deLà de L'événement. Pour Le même exempLe, « le Printemps de Bourges a favorisés la création d'un Palais des Congrès, structure permanente qui profite à la ville dans son ensemble et qui a contribué à un enrichissement de la vie culturelle de la région »207.

    De pLus, Lorsque L'action artistique s'étend sur toute L'année, eLLe peut parfois
    transformer Les territoires investis en véritabLes Lieux de référence pour Les

    204 Idem

    205 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien avec HELLIO (Bertrand), Le 18 septembre 2006.

    206 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 36.

    207 Idem

    amateurs comme pour Les professionneLs. « Ainsi, à Avignon, devenu le hautlieu du théâtre en France, on trouve plusieurs troupes permanentes, l'Institut Supérieur des Techniques du Spectacle, l'Académie Expérimentale du Spectacle ainsi que la Maison Jean Vilar qui entretient la mémoire du festival en conservant et en exposant notamment les costumes de scènes »208.

    Les retombées cuLtureLLes qu'engendre un festivaL sur son Lieu d'impLantation repLacent ceLui-ci dans son rôLe principaL, qui est de proposer, sous une forme qui Lui est propre, des événements artistiques dans différents domaines et de promouvoir ainsi La création et La découverte de jeunes taLents.

    L'anaLyse détaiLLée des différentes incidences que Le festivaL et Le LocaL peuvent avoir L'un envers L'autre, révèLe La nécessité des vaLeurs d'échange et d'intégration pour Le bon dérouLement de L'événement. Bien que ce rapport puisse parfois s'apparenter à une coLLaboration, iL n'est maLheureusement pas toujours automatique et peut entraîner certaines dérives. Un contexte en mutation pour Les deux parties qui entraîne certains directeurs de festivaLs ou acteurs poLitiques à L'écheLLe nationaLe, régionaLe, départementaLe ou communaLe, à modifier Leur comportement dans La gestion et La conception même de ces événements.

    IL est donc important de souLigner et de comprendre L'impact que Le contexte LocaL peut avoir sur un festivaL, ou inversement, pour en percevoir une possibLe instrumentaLisation à des fins pLus éLoignées.

    208 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 71.

    Chapitre 2

    Un échange qui peut être instrumentaLisé en retour ?

    Le festivaL singuLarise La viLLe où iL s'impLante, hors, dans notre société, tout ce qui dégage un intérêt est souvent utiLisé ou détourné. Ainsi, L'interaction entre Le déveLoppement LocaL et Le festivaL a, bien entendu, L'assentiment de tous, mais ne va pas forcément dans Le même sens. En effet, L'action cuLtureLLe menée sur un territoire précis peut être instrumentaLisée, à La fois par Les coLLectivités territoriaLes qui Le soutiennent, ou paradoxaLement, par Les directeurs de festivaLs eux-mêmes. Ainsi, iL est intéressant d'anaLyser, pour mieux Les appréhender, ces queLques exempLes de « dérives » de L'utiLisation de La formuLe festivaLière.

    I) Le festival : un outil de promotion au service des collectivités

    territoriales ?

    A) Le succès de La formuLe festivaLière auprès des coLLectivités territoriaLes

    Une étude menée par Le Ministère de La CuLture et de La Communication sur Les pratiques cuLtureLLes des français209 indique que, en 2002, sur cent personnes de quinze ans et pLus, dix se sont rendus à un festivaL. Cette même étude révèLe égaLement que Les festivaLs se situent en neuvième position parmi Les douze sorties cuLtureLLes Les pLus fréquentes en France.

    Ainsi, depuis Les années quatre-vingt, Le succès des festivaLs auprès du pubLic ne se dément pas, bien au contraire, iL ne cesse de s'accroître. En effet, La formuLe proposée par La grande majorité d'entre eux est un atout essentieL aux yeux du pubLic : des spectacLes souvent en pLein air, un cadre agréabLe, une muLtitude d'artistes, Le tout réunis dans une ambiance festive. Ce dernier éLément est d'aiLLeurs ceLui qui est fréquemment avancé par Les pLus jeunes: « Le plus des festivals tient surtout à l'ambiance qui y règne, c'est

    209 Ministère de La CuLture et de La Communication, « Pratiques cuLtureLLes des français », in « Mini Chiffre cLé de La cuLture2004 », Département des Etudes et de La Prospective, page 4.

    un moment complètement à part durant lequel on fait des rencontres et pas seulement avec des chanteurs, des groupes mais aussi avec le reste du public >210.

    Le succès des festivaLs auprès du pubLic est donc garantit et en pLeine croissance. On peut aLors se demander de queLLe manière Les coLLectivités Le « récupère > ?

    1) Légitimation de La position des coLLectivités territoriaLes

    La Loi du 29 juiLLet 1998211 reLative à La Lutte contre L'excLusion stipuLe que « l'égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs est un objectif national >. En effet, La cuLture tend depuis pLusieurs décennies à devenir L'éLément moteur du déveLoppement de nos sociétés et de notre identité nationaLe, comme L'a montré Le débat autour de L'exception cuLtureLLe. Pourtant, avec La décentraLisation, Le pouvoir centraL de L'Etat est passé au profit des coLLectivités territoriaLes, inversant ainsi Le rapport de force et muLtipLiant Les possibiLités de mécénat pubLic. Désormais, La cuLture possède de nouveaux « protecteurs > que sont Les Maires et Les présidents de départements ou de régions. Grâce à eux, de nombreux festivaLs ont pus voir Le jour et s'inscrire avec pérennité sur Le territoire français. Ainsi, depuis de Longues années, La région Provence ALpes Côte d'Azur, haut Lieu du tourisme, fut La première région des festivaLs en France. Aujourd'hui, La région Bretagne L'a dépassée, grâce, notamment, à de grands festivaLs comme Les Vieilles Charrues, impLanté à Carhaix depuis quatorze ans212.

    Depuis Les années quatre-vingt, L'accroissement notabLe des festivaLs en France, accentué à La fois par L'action des autorités pubLiques et par La demande grandissante de La société civiLe (popuLation et associations), repose sur une reLation de « pouvoir > qui peut être contestabLe. En effet, iL sembLe évident que Les objectifs cuLtureLs avancés par Les directeurs de festivaLs ne

    210 Intervention de ELise, 17 ans, in SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 44.

    211 Web magasine cuLtureL, http://www.axeLibre.org/arts_pLastiques/macvaL.php, consuLtation Le 20 octobre 2006.

    212 PICHARD (Jean-Pierre), président du Festival Interceltique de Lorient. Informations notées par L'étudiant Lors d'une conférence de presse, Le jeudi 4 août 2006 à Lorient.

    peuvent pas être automatiquement partagés par Les partenaires pubLics ou privés susceptibLes de Les financer. IL est normaL et même souhaitabLe que L'Etat, comme Les coLLectivités territoriaLes, aient une poLitique cuLtureLLe définie. C'est définitivement Leur rôLe et ceLa représente L'aspect de Leur fonction démocratique.

    La question tourne donc autour de Leur positionnement et de La manière dont iL est, non seuLement présenté pubLiquement, mais égaLement mis en forme. La reLation entre coLLectivité et directeur de festivaL est déterminée avant tout par un contrat moraL, de confiance, avant même qu'iL prenne une forme juridique ou financière. IL sembLe donc natureL que dans un conseiL d'administration soit discuté et amendé entre Les deux parties Le cadre administratif et financier. « Il appartient donc au conseil d'administration - au sein duquel peuvent siègent les représentants des pouvoirs publics- de définir les conditions de gestion et au directeur, de définir les choix artistiques en toute liberté même s'il est de son ressort d'informer et de convaincre le dit conseil d'administration. >213.

    Enfin, comme nous avons pu Le voir précédemment214, Lorsque L'on compare La participation financière des différentes coLLectivités territoriaLes, La commune se pLace en première position. « Les élus locaux sont donc en première ligne, ils sont les premiers promoteurs et sans doute les premiers bénéficiaires de ces festivals >. 215 IL est donc natureL que Les attentes des municipaLités dépassent La « simpLe > dimension artistique et portent pLus Leur attention sur Le déveLoppement, tant sur Le pLan économique, sociaL que cuLtureL.

    Pourtant, quant une municipaLité créée un festivaL, on a tendance à croire que c'est par ce que « c'est dans l'air du temps, que cela fait bien et que cela valorise sa politique >216. Mais en s'y attardant un peu pLus, on se rend compte que, de nos jours, Les événements cuLtureLs font aussi partie de L'univers économique, et La pLupart des responsabLes de festivaLs ou éLus

    213 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL >, Cahier Espaces n°31, page 2.

    214 Cf. Partie 1, Chapitre 1, I, D) Recherche de financement, 1) Financements pubLics, page

    15.

    215 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op. cit., page 10.

    216 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 15.

    Locaux, s'accorde d'aiLLeurs à Le confirmer. Où se trouve aLors La frontière entre Légitimation du pouvoir des coLLectivités territoriaLes et tentative d'instrumentaLisation ?

    2) Le festivaL est un outiL au service des coLLectivités LocaLes

    Faisant suite à La précédente énumération des diverses retombées qu'engendrent Les festivaLs sur Le LocaL217, iL est aisé de comprendre qu'iLs jouent désormais un rôLe important dans Les différentes stratégies de déveLoppement pour Les coLLectivités où iLs se dérouLent. Ainsi, en 2001, L'hebdomadaire Télérama, qui recense aLors six cents festivaLs sur Le territoire, souLigne une augmentation de L'instrumentaLisation de « L'outiL cuLtureL festivaL » : « On constate un retour des stratégies culturelles, notamment avec un regain pour la création, le rôle du festival augmente dans les logiques de lisibilité de lieux, de territoires, de villes »218. Le festivaL se trouve aujourd'hui au coeur d'une dynamique de déveLoppement économique. IL représente un nouveau carrefour, un Lieu d'attractivité, d'échange avec un grand rayonnement.

    On mesure aujourd'hui La réussite d'un événement cuLtureL, par sa vaLeur artistique, mais aussi par sa contribution à L'animation LocaLe et au Lien sociaL qu'iL engendre. Ces raisons démontrent cependant La nécessité pour un festivaL de bénéficier d'un ancrage LocaL important pour engager Le processus de notoriété qui profitera réguLièrement à La dynamique du Lieu investit.

    L'estimation de ces retombées est d'aiLLeurs fondamentaLe car eLLe permet d'affûter Les décisions de soutien de La part des partenaires pubLics, et ceLa de queLque niveau qu'iLs proviennent.

    a) Intérêts directs

    Les festivaLs participent activement dans L'améLioration de L'image des coLLectivités. ILs sont susceptibLes de servir de Levier au déveLoppement

    217 Cf. Partie 1, Chapitre 1, II : Les retombées d'un festival sur le contexte local, de La page 35 à 55.

    218 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 92.

    économique et touristique. Ainsi, « pour les touristes, le festival permet de promouvoir la ville comme destination touristique en communiquant une atmosphère de fête et de convivialité >219. De pLus, Les festivaLs font intervenir un certain nombre de prestataires Locaux et sont en ce sens un éLément dynamique pour L'activité économique de La commune.

    Le festivaL est égaLement un moyen efficace, pour Les coLLectivités, d'éviter Les contraintes d'investissement dans des structures durabLes. Certains éLus Locaux « se prennent à comparer le coût d'un événement de quelques jours au budget annuel d'une institution culturelle en le divisant par le nombre

    d' « usagers » touchés par la grâce culturelle >.220

    Enfin, ces viLLes apparaissent comme Les premières bénéficiaires des retombées médiatiques générées par Les festivaLs. Les coLLectivités territoriaLes ont trouvé dans une participation financière aux événements un moyen de se vaLoriser dans Les médias. La dénomination du festivaL Jazz sur son 31, dont L'initiateur et partenaire quasi excLusif est Le ConseiL GénéraL de Haute-Garonne (31), iLLustre parfaitement ce point221. En effet, La couverture médiatique d'un festivaL accroît La notoriété d'une LocaLité en Lui offrant une « pubLicité > que sa communication traditionneLLe ne Lui permettrait pas toujours d'atteindre.

    b) Intérêts indirects

    Tout éLu LocaL devrait être sensibLe aux attentes et au bien être de ces administrés. Ainsi, Le dérouLement d'un festivaL sur son territoire « témoigne de l'engagement de la collectivité en faveur de l'action culturelle, auxquels sont sensibles surtout les jeunes >222.

    De pLus, «confondant parfois, fête et festival les collectivités ont tendance à
    privilégier l'événementiel qui les mettent eux-mêmes en première page et
    s'attire la reconnaissance des spectateurs et électeurs
    > 223. Pourtant Les

    219 BENITO (Luc), Les festivals en France: marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 91.

    220 FAIVRE d'ARICER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, page 5.

    221 BENITO (Luc), Les festivals en France: marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 92.

    222 Idem

    223 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op. cit., page 11.

    festivaLs sont des événements qui se répètent, souvent d'année en année Lui donnant ainsi un air d'institution.

    Les festivaLs sont « natureLLement > devenus des événements cuLtureLs qui différencies Les viLLes entre eLLes et participent ainsi à La concurrence territoriaLe qu'eLLes se Livrent : « si la « festivalomania »224 touche aujourd'hui toutes les villes, mais aussi les villages, une hiérarchie des événements semble se dessiner >225. Les viLLes ne sont pLus jugées en termes d'image ou seLon Les caractéristiques de Leur économie, mais bien par Leur potentieL cuLtureL. Ainsi, «Nantes se sert de l'image de la ville populaire et industrielle pour s'afficher ville de la Troupe Royal de Luxe226 ou encore ville des Folles Journées >227. Et d'autres viLLes ont rejoint depuis Longtemps cette nouveLLe « stratégie > : à Bordeaux, L'ancien Député-maire, Jacques Chaban DeLmas228, rappeLLe que « la culture, les manifestations culturelles, font partie en bonne place de son programme « de nouvelle société » et qu'il faut investir beaucoup pour, en dehors d'un supplément d'âme, récolter beaucoup en retombées économiques et en prestige - ce prestige qui attire des capitaux- >229. Ces deux exempLes démontrent La pLace que peut prendre « L'outiL cuLtureL > du festivaL dans Les stratégie de déveLoppement des coLLectivités. Pourtant, même si cuLture et déveLoppement économique sont en constante interaction, et de manière évoLutive, « c'est de cette rencontre aléatoire que naîtra le succès ou l'échec, la fugacité ou la pérennité de l'événement>.230 La situation actueLLe des festivaLs, peut cependant entraîner certaines dérives, surtout Lorsque L'on y associe, comme c'est Le cas avec L'exempLe de Bordeaux, Les termes de « prestige > et « capitaux >.

    224 BOOGAARTS (Ines), in Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Espaces géographiques et société, page 8.

    225 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Op.cit., page 7.

    226 Royal de Luxe est une compagnie française de théâtre de rue instaLLée à Nantes depuis octobre 1989, http://fr.wikipedia.org/wiki/RoyaL_de_Luxe, consuLtation Le 25 octobre 2006.

    227 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Op.cit.

    228 Député-maire de Bordeaux de 1947 à 1995, http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_ChabanDeLmas, consuLtation Le 25 octobre 2006.

    229 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 24.

    230 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 14.

    B) Un équiLibre compLexe entre cuLture et économie

    Nous avons pu Le constater précédemment que face à La décentraLisation et L'idée généraLe de démocratisation cuLtureLLe, Les coLLectivités territoriaLes se sont natureLLement senties Légitimes dans Leur manière de penser L'accès à L'art et La création. Pourtant, et grâce à Leurs nombreuses et diverses retombées sur Le LocaL, Les festivaLs sont, depuis pLusieurs décennies, pLongés au centre d'un enjeu Lié au pouvoir où Les intensions poLitiques et économiques sont expLicitement ou impLicitement exposées. ILs entraînent parfois une confusion entre L'exigence artistique, et L'accès au grand pubLic. On peut aLors se demander comment est-iL possibLe de protéger L'exigence des professionneLs de La cuLture, dans Leur voLonté de programmer des spectacLes de quaLité, tout en respectant La Légitimité des éLus d'assumer La responsabiLité des grandes orientations de poLitique cuLtureLLe. En effet, comme Le souLigne Le socioLogue Patrick Champagne Lors d'un coLLoque en mai 2002 à MontreuiL231, « si l'art n'est pas immédiatement rentable et a besoin d'être soutenu et protégé, son « protecteur » est souvent tenté d'abuser de la situation, d'importer ses jugements et de demander des comptes » 232. La question ici souLevée sembLe finaLement porter, d'une part, sur L'équiLibre du dosage entre Les ambitions des directeurs de festivaLs et des coLLectivités qui financent Leurs événements, et d'autre part, sur Le rapport pLus sousentendu entre L'économie et Le cuLtureL. Une situation qui a fortement évoLué, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier : « Je ne pense pas qu'il y ait aujourd'hui encore un débat idéologique laissant croire qu'il y a une incompatibilité de nature entre l'art et l'argent. Des rapports plus adultes se sont crées petit à petit »233. IL est évident aujourd'hui que L'art a besoin de moyen de subventions de La part de L'Etat ou des coLLectivités territoriaLes pour se promouvoir. Et inversement, iL est normaL égaLement que Les viLLes attendent une « retombée » économique de ces manifestations. Dans ce contexte, iL est dangereux de se Laisser enfermer dans un reproche

    231 « L'art est poLitique », coLLoque organisé par La revue Cassandre et Le groupe REFLEX(E), MontreuiL, mai, 2002, http://www.cuLture.gouv.fr/cuLture/actuaLites/co-ddat/co84.htm, consuLtation Le 1er novembre 2006.

    232 DIJAN (Jean-MicheL), Op.cit., page106.

    233 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL », Op. cit., page 3.

    d'instrumentaLisation de La cuLture mise au service du déveLoppement économique. IL faut donc constater, souvent au cas par cas, si La fonction cuLtureLLe du festivaL reste primordiaLe, c'est-à-dire donnée en priorité sur toute autre fonction d'un festivaL.

    1) Une orientation en faveur du déveLoppement LocaL

    Le terme de festivaL a connu et connaît toujours un fort succès en Europe et notamment en France. Soutenus par L'Etat et Les coLLectivités, ces événements ont remportés une réeLLe reconnaissance médiatique, et un grand nombre d'entre eux possède depuis Longtemps une renommée nationaLe voire internationaLe. On peut cependant constater une inversion de Leur démarche d'origine : « Le terme de festival s'est galvaudé au fur et à mesure que des municipalités soucieuses d'attirer un public d'été, ont initié des événements artistiques et culturels qu'elles ont volontiers baptisés festival >234. IL se déveLoppe ainsi L'idée de festivaLs accessibLes au pLus grand nombre, remettant parfois en cause Le soutien à La création artistique. Cette orientation se traduit surtout par un risque de perte d'autonomie des directeurs de festivaLs qui se pLient aux besoins de La municipaLité qui Les subventionne. IL en résuLte un réeL paradigme, car ce n'est pas tant L'éLévation du niveau cuLtureL qui prime, mais La stimuLation de L'activité économique. Ainsi, « pour une ville, la retombée escomptée peut l'emporter sur l'intérêt culturel premier, la logique devenant intéressée > 235. Mais paradoxaLement, iL ne faut pas oubLier que « la mise en valeur de la ville sert indéniablement >236 aux festivaLs, condition irrempLaçabLe de Leur ancrage et réussite sur Le territoire d'accueiL.

    234 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), in BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 58.

    235 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 7.

    236 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Op.cit., page 39.

    a) FestivaLs créés à L'initiative des coLLectivités territoriaLes

    Dès Les années soixante-dix, Les pouvoirs pubLics prennent conscience du potentieL médiatique et économique des festivaLs sur Leurs régions, départements ou communes, et se pLacent aLors en réeLs initiateurs d'une nouveLLe génération de festivaLs. Les premiers enjeux de L'Etat furent de vaLoriser un patrimoine cuLtureL, en déveLoppant L'animation de Lieux généraLement inanimés. Le concept de ces festivaLs est aLors étabLi en fonction de L'esprit des Lieux où iLs se dérouLent, « par des prestataires plus ou moins spécialisés, livrant des festivals clés en main »237. Les festivaLs apparaissent aLors comme des atouts pour des coLLectivités, désormais en concurrence sur Leurs attraits touristiques et cuLtureLs. En effet, L'instrumentaLisation médiatique des festivaLs tend à se banaLiser, « de même que l'inscription des villes dans une compétition urbaine qui les pousse à s'affirmer site idéal pour l'investissement touristique, industriel ou tertiaire »238.

    Pourtant, iL existe un risque de voir apparaître des festivaLs se rapprochant pLus de La fête popuLaire, où L'idée de consommation prime sur La stratégie cuLtureLLe. La question est donc de savoir si ces événements peuvent s'inscrire à Long terme dans une démarche de pérennisation et de permanence.

    b) FestivaLs orientés en faveur de La communication

    De sa capacité intrinsèque d'attirer L'attention des médias, Liée notamment à sa forme événementieLLe, Le festivaL est un outiL tout à fait pertinent en terme de communication pour Les coLLectivités qui Le subventionne. En ce sens, c'est en tant que support de communication qu'iL apparaît Le pLus efficace. Cet objectif peut être à L'origine de La création d'événements, comme pour La viLLe de DeauviLLe qui, « avant L'arrivée du

    237 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 49.

    238 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse », Op.cit., page 38.

    Festival du Film Américain en 1974, était décLarée « viLLe morte >>.239 Ce potentieL en terme de communication est égaLement pris en compte par La viLLe d'Avoriaz, dans Les ALpes, où Les éLus Locaux prennent L'initiative de confier, dans Les années soixante-dix, à une agence de communication, La mission de promouvoir Leur station de ski nouveLLement créée. C'est de cette façon que Le Festival du cinéma fantastique, dont Le thème a été inspiré par L'architecture futuriste de La station, voit Le jour en 1973240. A sa disparition en 1993, iL est rempLacé par Le festivaL Fantastic'Arts de Gérardmer dans Les Hautes-Vosges241.

    c) FestivaLs orientés en faveur de L'animation LocaLe

    Dans Les années quatre-vingt, deux phénomènes sociaux sont à L'origine de L'initiative des coLLectivités LocaLes dans La création de festivaLs : Le premier est L'excLusion de pLus en pLus importante de franges de La popuLation « aussi bien en milieu urbain avec le phénomène des banlieues-ghettos qu'en milieu rural, où la désertification continue de s'étendre >242. Le deuxième phénomène est ceLui de L'améLioration de La scoLarisation et du niveau de vie qui se traduit par « une augmentation de la demande de culturel, qui teinte de plus en plus des séjours touristiques moins longs >243. Face au contexte sociaL et aux nouveLLes pratiques touristiques des français, Les coLLectivités LocaLes tentent d'organiser des événements d'animation, afin de satisfaire, tant Les touristes de passage, que Leur propre popuLation, « et plus précisément celle qui est « exclue », financièrement ou géographiquement >244.

    Pourtant, même si ces festivaLs ont une forme artistique qui dépend encore
    des choix des porteurs de projets, La priorité reste donnée au projet sociaL, ce
    qui peut parfois nuire à La quaLité artistique de L'événement, contrairement

    239 CHOUCHAN (LioneL), Op.cit., page 91.

    240 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 49.

    241 Site de L'encycLopédie Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/FestivaL_internationaL_du_fiLm_fantastique_d'Avoriaz, consuLtation Le 15 septembre 2006.

    242 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 51.

    243 Idem

    244 Idem

    aux festivaLs montés dans La tradition d'après-guerre, orientés vers une promotion des arts et de La création. En effet, « certains de ces nouveaux festivals préfèrent se concentrer sur l'efficacité des moyens d'accès à la culture tant techniquement que matériellement >245. Comme exempLe, nous pouvons citer Le succès du tout récent Festival Méditerranéen de Folklore246 (trois éditions), qui se dépLace pendant une semaine en juiLLet dans treize communes de La VaLLée du PaiLLon, près de Nice. Cet événement rencontre jusqu'aLors, un très fort succès auprès de La popuLation. En effet, c'est La cuLture qui se met à disposition du pubLic, et non L'inverse.

    d) FestivaLs orientés à des fins institutionneLLes

    En France, Les festivaLs de grande renommés, comme ceux de Cannes ou Avignon, sont devenus des rendez-vous incontournabLes. ILs rassembLent professionneLs, diffuseurs et programmateurs et ont acquis avec Le temps une véritabLe vaLeur de « marché > artistique jusqu'à devenir de véritabLes institutions. Au même titre que Les régions ou Les départements, Les communes sont soucieuses de Leur image. ELLes participent, voire initient, des événements de prestige comme Les festivaLs pour affirmer Leur identité institutionneLLe. Ainsi, « une des vocations initiales du Printemps de Bourges est d'être un véritable marché pour les professionnels à la quête de nouveaux talents >247. Cette fonction est d'autant pLus efficace qu'eLLe se renouveLLe chaque année. En ce sens, Le Printemps de Bourges est aLLé jusqu'à créer Le Réseau Printemps, une association chargée de découvrir de jeunes artistes grâce à un réseau de correspondants nationaux et internationaux248.

    Pourtant, cette vaLeur de « marché > est à prendre avec précaution, car, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier pour Le Festival d'Avignon, peut-on aujourd'hui Lui reprocher d'être une industrie festivaLière ? : « Le mot serait excessif si l'on n'avait déjà accolé au festival d'Avignon le terme de

    245 Idem

    246 Site du Festival Méditerranée de folklore, http://www.LoLivierdargent.com/, consuLtation Le 20 octobre 2006.

    247 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 36.

    248 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 69.

    supermarché du spectacle >249. IL ne faut pas oubLier que cet événement est avant tout Le rendez-vous annueL des « amoureux > du théâtre, de professionneLs et de critiques. Aujourd'hui «les gens mêlent le « in » et le « off », soit la programmation préparée d'un festival et de l'autre la venue en ordre dispersé à leur risque et péril d'un grand nombre de compagnies de toutes sortes qui cherchent à présenter leur travail. A tel point qu'Avignon est devenu, peut-être malgré lui, le grand rendez-vous annuel des professionnels du théâtre.>250

    2) Mais des festivaLs orientés qui gardent une quaLité artistique

    Comme nous avons pu Le voir précédemment, Le succès et La muLtipLication des festivaLs en France, « les ont fait passer d'un enjeu artistique d'origine à un enjeu économique et d'image pour les collectivités territoriales >.251 Cependant, dans certains cas Le projet cuLtureL ne correspond pLus au projet d'origine et ces festivaLs, montés à des fins de déveLoppement LocaL, n'en demeurent pas moins des événements exigeants une quaLité artistique de rigueur. L'originaLité et La créativité du concept de L'événement peuvent susciter L'attention des médias et des touristes, et produire par conséquent, des retombées médiatiques et économiques. En ce sens, iL arrive que certaines coLLectivités LocaLes déveLoppent un certain type de festivaLs en accord avec Les besoins directs de Leur popuLation, tout en maintenant comme indispensabLe, La quaLité artistique de L'événement. C'est Le cas pour La viLLe de SarLat, dans Le Périgord, qui soutient deux festivaLs importants qui ont créés La poLitique cuLtureLLe de La viLLe : Le Festival des jeux du théâtre et Le Festival du Film de Sarlat. Ainsi, ces deux événements « ont contribués à inverser le processus de réduction et de vieillissement de la population qu'elle connaissait dans les années quatre-vingt > 252. Les éLus Locaux ont parfaitement compris cette particuLarité en soutenant des

    249 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL >, Op.cit., page 2.

    250 Idem

    251 Département de L'HérauLt - Dispositif SpectacLe Vivant, « Une reLation avec Les autres coLLectivités à faire évoLuer face aux changements en cours >, Op.cit.

    252 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 8.

    événements et spectacLes de haute quaLité pLutôt que de vaLoriser L'identité et L'image de Leur viLLe. Pour exempLe, Le festivaL Les Vieilles Charrues qui propose entre autre, un concert de Johnny HaLLyday, dans La programmation de son édition 2006253. Une initiative qui offre au pubLic, et à moindre coût, des spectacLes d'artistes reconnus à écheLLe nationaLe ou internationaLe.

    Enfin, comme nous avons pu Le voir, Les coLLectivités qui subventionnent ou « orientent > de teLs événements, ne doivent pas pLacer à un niveau « dérisoire > Leurs vaLeurs artistiques et cuLtureLLes.

    C) Un équiLibre compLexe entre cuLture et poLitique

    Les festivaLs se trouvent aujourd'hui dans un rapport de force entre La voLonté des directeurs artistiques et ceLLe des acteurs Locaux. Dans Le dérouLement courant des choses, « l'événement ayant acquis dans un premier temps une reconnaissance auprès d'un public d'initiés, et qui est susceptible d'intéresser un public plus large, est dans un deuxième temps utilisé comme un véhicule promotionnel de sa ville d'attache >254. La question de L'instrumentaLisation des festivaLs par Les municipaLités intervient principaLement Lorsque des événements sont uniquement utiLisés à des fins d'animation. ELLe intervient souvent « à l'occasion d'un changement de majorité ou d'étiquette politique >255. IL existe donc une interaction entre poLitique et cuLture, car, on peut aisément penser que L'image médiatique cohérente d'une viLLe dépend de La quaLité des rapports entre ceLLe-ci et Les organisateurs de festivaL, qu'iLs soient équiLibrés et ne reLèvent « ni d'une municipalisation totale, ni d'une situation d'électron libre de l'association organisatrice >256. Pourtant, Les choses ne sembLent pas s'étabLir si simpLement dans La réaLité.

    253 Site du festivaL Les Vieilles Charrues, http://www.vieiLLescharrues.asso.fr/festivaL_2006/Listing.php?journee=20&Lieuid=1&progartis te=575, consuLtation Le 15 août 2006.

    254 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Op.cit., page 43.

    255 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 49.

    256 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Op.cit., page 42.

    1) Interactions entre festivaL et municipaLité

    Dans chaque schéma de festivaLs, on retrouve Le « coupLe > suivant : structure du festivaL / municipaLité.

    Dans un premier temps, Les festivaLs prennent très souvent La forme d'une association, Leur offrant une certaine indépendance vis-à-vis de La municipaLité. CeLLe-ci n'est pas pour autant excLue de L'association. Certains de ses membres, comme Le Maire adjoint à La cuLture, peuvent être présents et intervenir Lors des conseiLs d'administration, mais cette situation reste rare, et particuLièrement pour Les festivaLs de musiques actueLLes.

    Dans un second temps, on retrouve généraLement dans Les municipaLités Les mêmes postes avec des fonctions qui peuvent varier. Ainsi, « les adjoints à la culture sont-ils toujours présents, mais leur rôle varie en fonction de

    l'ancienneté de leur mandat, de leur personnalité propre sans doute aussiet enfin de la place que leur autorise le Maire >257. IL existe en effet des

    municipaLités où Le Maire reste La seuLe personne décisionnaire. Pour exempLe, à Saint MaLo, « le Maire décide seul de la tenue d'un festival dans sa commune afin de préserver son indépendance totale >258.

    Dans sa synthèse en 2002 sur Le rapport entre viLLes et festivaLs259, Le Département des Etudes et de La Prospective distingue trois types de reLations possibLes entre municipaLité et festivaL :

    a) Une reLation équiLibrée

    C'est Le rapport d'égaLité entre Les deux parties, qui entretiennent une notion de confiance. La municipaLité Laisse Libre court aux choix de programmation du festivaL et se cantonne aLors à son rôLe de « financeur >. Le festivaL obtient La reconnaissance de La municipaLité et La présence des éLus

    257 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Op.cit., page 45.

    258 Idem

    259 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse >, Op.cit., page 49.

    Locaux sur Le site même du festivaL. C'est un gage de confiance et de Légitimation accordée. Ainsi, à Perpignan, Lors du festivaL Visa Pour l'Image, Le Maire de La viLLe, Jean-PauL ALduy, prend directement paroLe au côté du directeur de L'événement, Jean-François Leroy, Lors de La présentation des projections qui s'y tiennent chaque soirs260.

    Cependant, même si Le festivaL possède Le soutien de La municipaLité, ceLa ne veut pas dire qu'iL ne peut être critiqué, mais « généralement, le directeur du festival ne souffre pas d'un manque de reconnaissance et se situe plutôt en position de force »261.

    b) Une reLation de suspicion pour La municipaLité

    Dans ce cas de figure, La municipaLité reproche au festivaL d'avoir une trop grande indépendance, provoquant une absence de reconnaissance pouvant entraîner son retrait. La municipaLité a aLors peur de ne pLus contrôLer L'événement.

    On retrouve cette situation pour Le Festival Interceltique de Lorient262 : La municipaLité a peur du retrait du festivaL et entretient un rapport de défiance par rapport à sa programmation. Ainsi, La viLLe a tenté pendant pLusieurs années d'étabLir une convention avec Le festivaL. Cette tentative échoue à pLusieurs reprises car Le directeur ne Le désirait pas. Cette convention a finaLement été signée en juin 2000 afin de préciser Les engagements de chacun. ELLe représente pour La municipaLité un moyen d'avoir pLus d'« emprises » sur Le festivaL qu'eLLe soupçonne de vouLoir se retirer.

    c) Une reLation de suspicion pour Le festivaL

    Dans ce dernier cas de figure, c'est Le festivaL qui soupçonne La municipaLité de vouLoir détourner L'événement à des fins médiatiques, et en

    260 Information notée par L'étudiant Lors du festivaL Visa Pour l'Image, du 2 au 17 septembre 2006.

    261 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse », Op.cit., page 46.

    262 Direction des Etudes et de La Prospective, Ministère de La CuLture et de La Communication, « ViLLes et festivaLs : Synthèse », Op.cit., page 50.

    fonction de sa poLitique cuLtureLLe. Les directeurs de festivaLs ont aLors peur de se faire « manipuLer > et de perdre Le contrôLe de Leur programmation et de La Liberté de Leur action.

    L'exempLe du festivaL d'arts de La rue, Au Nom de la Loire, à Tours, démontre parfaitement cette situation. En effet, La diffusion des arts de La rue passe essentieLLement par Les festivaLs. ILs sembLent aujourd'hui se réduire à des commandes d'événements à gros budgets de La part des coLLectivités LocaLes, qui deviennent ainsi partenaires financiers majoritaires, imposant aux programmateurs Leur propre poLitique cuLtureLLe : « Les villes souhaitent plus aujourd'hui des événements qui s'insèrent dans la vie de la cité sans l'investir véritablement, qui servent de vitrine à leurs investissements auprès des acteurs culturels locaux, cherchant à donner satisfaction au public le plus large avec le moins de nuisance possible, sans finalement avoir une réelle réflexion culturelle >263. Cependant, certains festivaLs conservent un côté « miLitant >, ce qui créé L'étonnement et L'incompréhension chez Les municipaLités « qui ont le sentiment latent de « payer pour se faire battre >>264. Cet exempLe précis montre Les Limites d'instrumentaLisation des festivaLs par Les coLLectivités qui « commencent donc à préférer travailler avec des sociétés d'événementiel sur la base de cahier des charges et d'appel à projet >265. Ainsi, à La fin de L'année 2002, La viLLe de Tours instaura un comité de piLotage artistique afin d'assister Le programmateur du festivaL Au Nom de la Loire dans ses démarches. Ce comité devait « redéfinir les objectifs du festival pour y intégrer de nouveaux domaines artistiques sans augmenter les moyens financiers du festival >. C'est pour ces raisons que L'équipe du festivaL, « amputée > de son indépendance, annonce cette même année Le retrait de cet événement qu'eLLe avait eLLe-même créé.

    Ces différents exempLes d'interaction entre festivaL et municipaLité sont ici
    mis en vaLeur car iLs représentent une grande majorité des cas de figures.
    Cependant, La direction du festivaL peut entretenir un rapport simiLaire avec

    263 Intervention de L'équipe du festivaL Au Nom de la Loire, in « Au Nom de La Loire quitte La
    scène >, http://www.radiobeton.com/andLL/index.htm, consuLtation Le 15 septembre 2006.

    264 Idem

    265 Idem

    Le ConseiL RégionaL ou GénéraL. En ce sens, L'exempLe du Festival Terre Neuvas à BobitaL dans Les Côtes d'Armor, traduit précisément cette situation. Pour son édition 2006, Le ConseiL RégionaL de Bretagne impose un groupe de musiciens dans La programmation du festivaL maLgré Les réticences des organisateurs. Le concert fut un véritabLe échec artistique.

    Lors de cette même édition, certains conseiLLers généraux ont refusé de faire « La queue » à L'accueiL VIP, Lors du retrait de Leur pass, et ceux devant certains journaListes qui n'ont pas manqué de L'observer266.

    La description de ces reLations tendues souLigne cette fragiLité et une rupture possibLe entre municipaLité et festivaL.

    2) Quand L'interaction tourne à La rupture

    Comme Le souLigne Luc Benito dans son ouvrage intituLé Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie267, L'interaction entre La municipaLité et Le festivaL peut évoLuer en fonction des éLections municipaLes d'une commune. Dans bien des cas, La poLitique cuLtureLLe reste La même, ou tend même à être améLiorée. IL arrive cependant qu'eLLe subisse un réeL virage et modifie radicaLement Le paysage cuLtureL de La viLLe.

    Ainsi, en 2001, deux ans après Les dernières éLections municipaLes de La viLLe de Castres, dans Le Tarn, Le journaListe de L'hebdomadaire Le Point, PascaL ALquier, revient dans un articLe sur Le « traumatisme cuLtureL » qui a pu en découLer268 :

    Dans cette viLLe comme dans bien d'autres, La poLitique cuLtureLLe a été La première cibLe des changements de municipaLité. « Le monde culturel dans son ensemble regrette que les passerelles et les collaborations établies avec le temps entre les différentes structures soient reléguées au rang de souvenirs par une mairie pratiquant un centralisme forcené »269. Ce revirement poLitique a entraîné entre autre, La suppression du Festival GOYA

    266 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien oraL avec HELLIO (Bertrand), Le 15 décembre 2006.

    267 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 49.

    268 ALQUIER (PascaL), « La révoLution cuLtureLLe », in Le Point, n°1617, page 31, http://www.Lepoint.fr/dossiers_viLLes/document.htmL?did=134760, consuLtation Le 15 octobre 2006.

    269 Idem

    fondé en 1987270, une baisse de 40 % du budget d'intervention du centre et musée Jean Jaurès, ainsi qu'une renégociation de La convention passée avec Les quatre Maisons de La Jeunesse et de La CuLture de La viLLe. La première adjointe chargée de La cuLture, Geneviève Dougados, se défend de La manière suivante : « Notre souhait est de favoriser l'accès à la culture du plus grand nombre, notamment en créant de nouveaux festivals comme Extravadanses et Couleurs du monde, mais aussi de soutenir la multitude d'associations castraises très dynamiques »271.

    La dynamique déveLoppée par La communauté d'aggLomération CastresMazamet, qui avait choisie, parmi ses compétences, en janvier 2000, Le domaine cuLtureL, n'a aujourd'hui abouti à aucun projet pérenne. Le remodeLage du paysage cuLtureL castrais entrepris depuis mars 2001 n'aidant pas à envisager un avenir commun efficace.

    Ces différents exempLes permettent de comprendre que Les interactions entre économie et cuLture, poLitique et cuLture et pLus précisément, municipaLité et festivaL, ne sont pas évidentes et doivent être gérées dans une démarche de respect mutueL. Ainsi, festivaLs et coLLectivités sont aujourd'hui indissociabLes mais Leurs échanges ne sont jamais garantis.

    Enfin, La situation financière des coLLectivités territoriaLes sembLe maLheureusement prendre un nouveau virage, comme Le souLigne Dominique Boyer, directeur des affaires cuLtureLLes de Bordeaux : « Nous avons déjà des difficultés à mobiliser des financements sur les manifestations existantes. Il est donc peu probable que nous ayons la marge de manoeuvre pour soutenir de nouveaux festivals. Ou alors il faut qu'il existe une très forte volonté politique sur le plan local.» 272. Nous sommes aujourd'hui bien Loin des financements « à tout va » des années quatre-vingt ou même quatre-vingtdix. On peut dorénavant entrevoir La nécessité pour Les directeurs de festivaLs, de vaLoriser une activité artistique effective et de quaLité, pour éviter toute manipuLation de La part de ces partenaires financiers.

    270 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 49.

    271 ALQUIER (PascaL), Op.cit.

    272 BOYER (Dominique), in MAURET (NathaLie), « Peut-on encore créer des festivaLs en France », in La Scène, n°31, page 80.

    Ce nouveau paramètre montre que cette manipuLation peut être inversée : de pLus en pLus de porteurs de projets proposent des festivaLs au concept qui vaLorise avant tout Les retombées directes et L'intérêt de L'événement pour Les coLLectivités, au détriment d'un but totaLement cuLtureL.

    II) Tentative d'instrumentalisation du concept de festival par les

    directeurs de festival ?

    A) EvoLution des festivaLs en France et conséquences directes

    1) Le succès d'un concept

    Bien qu'iL n'existe pas de définition précise du terme « festivaL » iL est pourtant possibLe d'en dégager un concept. On peut penser que L'origine du mot est ancienne, pourtant, cette notion a réeLLement pris son sens au Lendemain de La seconde guerre mondiaLe. Apparaissent aLors, dans Les années quatre-vingt, dans Le sud de La France, de grands festivaLs comme ceux d'Avignon ou d'Aix-En-Provence.

    Ainsi, seLon Les propos de Bernard Faivre d'Arcier273, Le festivaL recouvre deux fonctions distinctes : si L'on s'en tient à L'origine des festivaLs, iL possède d'une part « une fonction artistique et culturelle qui est d'encourager la création et de présenter cette création contemporaine au public le plus large possible ». D'autre part, Le festivaL s'est inscrit peu à peu dans une fonction « d'entreprise, à la fois culturelle et plus-value économique, commerciale ou touristique pour la ville, le département ou la région où il s'implante ».

    Grâce à cette combinaison, Les festivaLs sont devenus des événements très attractifs, prenant peu à peu une pLace considérabLe dans Le paysage cuLtureL français. De même, iLs se sont Largement diversifiés, tant au niveau de La date, de La durée, du Lieu ou de La thématique. ILs se dérouLent désormais tout au Long de L'année, sur tout Le territoire et prennent des formes

    273 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL », Op.cit., page 1.

    artistiques des pLus écLectiques. L'importance des festivaLs dans La cuLture française n'est donc pLus à démontrer, car L'opposition qui pouvait exister entre Les festivaLs et L'action cuLtureLLe des structures permanentes a évoLué. Les festivaLs tiennent aujourd'hui un rôLe d'initiation et de formation du pubLic et offrent une visibiLité sur Les Lieux permanents. De La même manière, Les Lieux de diffusion ou de production se sont adaptés en insérant dans Leur programmation annueLLe des événements festivaLiers.

    Cette évoLution ne cesse de séduire un pubLic qui tend, Lui aussi, à se diversifier et à augmenter d'année en année. Ainsi, « le festival semble être aujourd'hui la pratique culturelle la plus novice pour le public »274.

    Le succès grandissant des festivaLs auprès du pubLic a pour conséquence L'augmentation exponentieLLe de Leur nombre depuis Les années quatre-vingt. Ce n'est donc pas une nouveauté ! La France compte de pLus en pLus de festivaLs sur son territoire. Pour exempLe, en 1997, iL s'en tient un miLLier de juin à septembre275, contre deux miLLe en 2005276. ParaLLèLement à L'accéLération du déveLoppement cuLtureL, Les festivaLs se sont fortement muLtipLiés et iL n'existe désormais pLus de grande viLLe qui ne possède son propre festivaL.

    Enfin, Lors d'une interview sur La question de L'avenir des festivaLs en France277, Bernard Faivre d'Arcier rappeLLe que ceux-ci se caractérisent avant tout par quatre éLéments importants : une vaLeur d'exception, de Longévité, de pérennisation et de soutien à La création. IL est possibLe que ceLa reste encore L'image que L'opinion pubLique conserve des festivaLs, cependant, iL sembLe aujourd'hui que La pLupart de ces événements ne rassembLent pLus ces caractéristiques majeures. Le concept de festivaL est-iL en train de se dissoudre face à une augmentation et une diversification de ces événements de pLus en pLus prononcées?

    274 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 36.

    275 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 15.

    276 DONNEDIEU de VABRES (Renaud), in discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, Le 23 novembre 2005.

    277 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op.cit., page 11.

    2) Conséquences directes de L'augmentation du nombre de festivaLs en France

    L'augmentation du nombre de festivaLs en France ne fait qu'augmenter Leur fragiLité, comme en témoigne Les concLusions du coLLoque de Royaumont en 2003 ayant pour thème La musique a-t-elle besoin des festivals ? 278 : La gestion des festivaLs est devenue de pLus en pLus compLexe, Les ressources pubLiques se raréfient avec des coLLectivités territoriaLes qui intègrent des restriction de budgets, et Le mécénat qui n'a pas encore pris Le reLais maLgré Le nouveau dispositif LégisLatif étabLit par La mission mécénat du 1er août 2003279. De pLus, iL existe cette fragiLité qui tend à être accentuée par une augmentation de La concurrence entre festivaLs. Ainsi, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, « si les festivals augmentent leur nombre, en revanche les médias se réduisent et se concentrent >280. Et à LioneL Chouchan de rajouter : « A trop multiplier ces manifestations, elles se tuent réciproquement. Les journalistes trop sollicités, ne peuvent couvrir l'ensemble de ces festivals, et le caractère exceptionnel finit par se banaliser >281. La visibiLité de ces événements tend donc à se dissoudre dans La masse, ou se reporter sur Les festivaLs de grande renommée. Pour exempLe en Bretagne, où La concentration de pLus de trois cents festivaLs pendant La période estivaLe entraîne une baisse de fréquentation des pLus importants événements de La région : « Pour tout festival, il faut prêter attention aux dates. Sur le créneau culturel, la concurrence fait rage. La Bretagne compte pas moins de 300 manifestations, essentiellement concentrée en été ! >282. En proposant une offre de pLus en pLus importante, Les festivaLs tendent à se banaLiser, générant un environnement des pLus incertain. Les acteurs principaux de ces événements -coLLectivités territoriaLes, directeurs de festivaLs, pubLic, presse ou médias-, sembLent aujourd'hui être en perte de

    278 « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? >, coLLoque organisé par La fédération France Festivals, Royaumont, novembre 2003.

    279 Voir Lexique définition « mission mécénat >, page 168.

    280 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op.cit., page 13.

    281 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 61.

    282 CHAMBONNIERE (Hervé), « Fêtes, La surchauffe >, in Ouest France, pages 14 et 15.

    repères face à ces muLtipLes propositions. C'est ainsi que de nouveLLes priorités apparaissent comme primordiaLe pour faire exister et connaître son événement, comme Le souLigne précisément Bernard Faivre d'Arcier : « Les festivals continuent d'apparaître aux yeux d'une fraction de l'opinion culturelle comme des événements plus légers et plus frivoles, trop soucieux de leur apparence médiatique et finalement trop nombreux pour envisager un travail sérieux à terme... ».283

    En augmentant et en se diversifiant, Les festivaLs tendent donc à se banaLiser et apparaissent, dans certains cas, comme des événements sans véritabLe réfLexion sur Le contenu. L'évoLution des festivaLs depuis Les années quatrevingt favorise des événements qui négLigent Le fond, au profit de La forme. Y a-t-iL en ce sens, une instrumentaLisation de La formuLe festivaLière possibLe par Les directeurs de festivaLs pour Les événements existants ou à venir?

    B) Une instrumentaLisation possibLe des festivaLs par Les professionneLs ?

    Les festivaLs ont donc fortement évoLués depuis Leur déveLoppement dans Les années quatre-vingt et prennent peu à peu de nouveLLes formes, en se diversifiant, devenant des événements économico-touristiques majeurs. Leurs poLitiques sembLent dans certains cas, être pLus attentives à L'impact économique que cuLtureL. Le terme de « festivaL » étant devenu en ce sens un mot « magique » pour Les directeurs de festivaLs ou porteurs de projets, et certainement grâce aux médias, qui Lui apportent une image et une communication conséquente. Le festivaL proposant aLors «une formule idéale « prémâchée » »284, Le terme est queLque peu gaLvaudé comme Le souLigne PhiLippe Toussaint, président de La fédération France Festivals.

    Une des premières conséquences de L'augmentation et de La diversification des festivaLs en France est surtout Liée à une perte d'originaLité des concepts. Un constat Livré dès 1993 par Les directeurs des festivaLs de DeauviLLe, Cognac et Avoriaz : « La France, à court d'idées, fait preuve d'un manque total

    283 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op. cit., page 4.

    284 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? », tabLe ronde de La Business CLasse CuLture ESC Dijon, citation notée par L'étudiant Le jeudi 2 mars 2006, page 2.

    d'invention. Pour s'en convaincre, il suffit de constater la prolifération de festivals qui se copient les uns les autres, prenant pour modèle un festival qui marche à tel endroit >285. De pLus, certaines programmations prennent un risque minimum, en minimisant audaces et originaLités, « les directeurs artistiques se contentent souvent de programmer des artistes qui se retrouvent d'une manifestation à l'autre>286. Pour Luc Benito, ceLa représente un gLissement vers Le « tout cuLtureL >, « dans lequel certains voient l'illustration d'une dérive de nos valeurs morales, ce qui a fait l'objet de réquisitoires envers la politique menée, rendue responsable, entre autres, d'un tarissement de la création >.287

    IL n'est pourtant pas question ici de faire une généraLité du propos, mais d'étabLir Le constat d'une catégorie d'événements qui tendent, de pLus en pLus, à se généraLiser, comme Le souLigne cLairement Bernard Faivre d'Arcier : « On entend ici et là une critique du milieu professionnel lui-même qui peut, il est vrai, s'en prendre à quelques comportements caricaturaux d'un petit ensemble de professionnels et directeurs de festivals >288. Ainsi, paraLLèLement aux directeurs de festivaLs, iL existe un abus du phénomène par certains professionneLs, comme Les maisons de disque ou tourneurs, pour Le secteur du spectacLe vivant, qui imposent à La direction des prix exorbitants et n'hésitent pas, ainsi, à imposer Leurs propres artistes Lorsqu'on Leur demande La permission d'en intégrer un connu à La programmation289.

    Si une instrumentaLisation des festivaLs par Les coLLectivités territoriaLes reste visibLe et possibLe, eLLe est minimisée par Les professionneLs du miLieu et doit être évaLuée à sa juste vaLeur, en fonction du contexte cuLtureL que connaît La France depuis Les années quatre-vingt.

    285 CHOUCHAN (LioneL), Op.cit., page 61.

    286 BENITO (Luc), Les festivals en France: marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 61

    287 BENITO (Luc), Les festivals en France: marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 60.

    288 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs? >, page 5.

    289 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien oraL avec HELLIO (Bertrand), Le 15 décembre 2006.

    1) Abus du terme « festivaL >

    Depuis Le début des grand festivaLs de création, comme Avignon pour Le théâtre, Aix-en-Provence pour L'art Lyrique ou Cannes pour Le cinéma, est apparue une fLoraison de manifestations diverses qui adoptent voLontiers L'appeLLation de festivaL, « même si cette notion recouvre, dans certains cas, que quelques soirées de musique ou de théâtre amateur qui ne mériteraient pas véritablement ce nom >.290 Ces manifestions se baptisent festivaLs, mais iL n'existe aucun projet artistique ou recherche de concept. « Il y a beaucoup de pots pourris > 291, reconnaît Robert Darnaud, directeur cuLtureL du ConseiL RégionaL Provence ALpes Côte d'Azur. Ces festivaLs sont des « festivals Shaker, où l'on met un peu de tout pour assurer une animation estivale sous le couvert du vocable flatteur de « festival » >292.

    A quoi s'apparentent donc ces événements que sembLent souLigner de nombreux professionneLs du secteur ?

    a) Les festivaLs de divertissement

    Ces événements protéiformes proposent, non pLus une programmation cibLée et définie, mais diversifiée, mêLant pLusieurs formes artistiques : concerts, expositions, représentations diverses, Le tout sans grande recherche de quaLité ou de cohérence. « Le souci des responsables est alors moins dans l'originalité de la manifestation que dans la volonté d'animer sa localité >.293 Ces événements à vocation pLuridiscipLinaire ne possèdent finaLement pas de véritabLe direction artistique. Ainsi, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, certains théâtres font Leur ouverture de saison en appeLant ceLa un festivaL294. Bien qu'ayant une thématique originaLe, ces manifestations reLèvent pLus du domaine du divertissement que de ceLui des arts ou de La

    290 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL >, Op. cit., page 1.

    291 MAURET (NathaLie), Op. cit.

    292 Idem

    293 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 59.

    294 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? >, Op.cit.

    cuLture. Ainsi, Le Festival des Jeux de Parthenay, dans Le département des Deux-Sèvres traduit parfaitement ce cas de figure : pendant seize jours, La viLLe devient un vaste terrain de jeux et se présente comme étant « la seule manifestation ludique et gratuite d'Europe >295.

    b) Les festivaLs pastiches

    Ces « festivals discounts > 296 sont des répLiques de festivaLs de grande renommée. ILs reprennent aLors des concepts qui ont fait Leurs preuves et proposent ainsi un spectacLe auqueL on peut faciLement s'attendre. L'exempLe Le pLus parLant reste La muLtipLication sur La Côte d'Azur en été de festivaLs de jazz créés sur Le modèLe du festivaL Jazz à Juan à Antibes Juan-Les-Pins créé en 1960. ILs peuvent se résumer dans certains cas à une simpLe série de concerts ou de représentations diverses, présentés sur queLques jours et regroupés sous L'appeLLation « festivaL >.

    c) Les festivaLs d'animation LocaLe

    Enfin, La participation financière des coLLectivités territoriaLes sembLant s'affaibLir d'année en année, on trouve de pLus en pLus de festivaLs à rayonnement LocaL, dont « le nombre augmente considérablement depuis une quinzaine d'années >297. Ces manifestations ont pour but que de divertir une popuLation touristique pendant La période estivaLe, et dans ce cas, iLs peuvent dispenser Leurs organisateurs d'une programmation de quaLité. Ces événements « ont sans doute une utilité en termes d'animation, mais plus grand-chose à voir avec ce que l'on entend par la notion d'événement culturel >298. Enfin, iLs reLèvent pLus de L'animation que de La diffusion de spectacLe vivant.

    295 Guide du tourisme français, http://www.jedecouvreLafrance.com/f-456.deux-sevresfestivaL-jeux-parthenay.htmL, consuLtation Le 21 novembre 2006.

    296 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 53.

    297 Idem

    298 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

    2) Tentative de différenciation

    L'utiLisation excessive du terme « festivaL > tend à Le banaLiser au point que certains professionneLs n'y retrouvent pLus La connotation origineLLe d'exception, Lui préférant d'autres appeLLations comme « Rencontres de > ou « Semaines de >, perturbant d'autant pLus La LisibiLité de La notion de festivaL. L'apparition de pLus en pLus fréquente de La dénomination « festivaL cuLtureL > pour en préciser Le caractère artistique299, sembLe renforcer ce constat. Sur ce point, nous nous rapprochons des AngLo-saxons -Amérique du Nord, Royaume-Uni et Pays du CommonweaLth-, « qui désignent par « festivals » toutes les fêtes à caractère folklorique, tandis que ce qu'ils appellent « art festivals » correspondent davantage à ce que nous entendons, par festivals >300. Enfin, pour Lutter contre cette banaLisation du terme qui est aujourd'hui fortement déveLoppée, de nombreux professionneLs se posent La question d'une LabeLLisation. Cette suggestion reste encore probLématique car, « qui peut prétendre déterminer ce qu'est un festival et ce que n'est pas un festival ? >301.

    3) Un pubLic en perte de repères

    MaLgré un nombre de pLus en pLus croissant de festivaLs en France, Le pubLic se diversifie et reste toujours au rendez-vous. Pourtant, Luc Benito souLigne L'éventuaLité d'une perte de repère pour des spectateurs qui ne fait désormais pLus guère « la distinction entre un festival et une manifestation culturelle quelconque >302. Pour exempLe Le témoignage de deux internautes sur Le forum du site du festivaL La route du rock : « Tout le monde y va de son festival mais ça a toujours tendance à se ressembler parce que sans budget, on prend les groupes du coin et la tendance reste musique festive. J'attends le festival de petite envergure mais avec de grandes idées et un

    299 BENITO, Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 8.

    300 Idem

    301 BENITO, Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 10.

    302 BENITO, Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

    style à part, ce qui plairait moins au centre culturel de la mairie du coin, mais au moins, cela aurait un peu de caractère >.303

    « Haha! Facile facile.... je pense que tu n'es pas le seul à penser ça, et je dirais même que j'en fais parti! Pourtant, je réagis autrement. Je fais parti d'une association qui a un peu d'expérience et qui est vouée à évoluer. Il est bien sûr possible d'organiser des choses intéressantes mais on est malheureusement obligé de passer par des actions plus accessibles, à moins d'avoir un budget énorme dés le départ! >304.

    La perte de contenu et de prise de risque artistique des festivaLs est-eLLe simpLement une conséquence de financements réduits ? Les directeurs de festivaLs doivent-iLs obLigatoirement adapter Le concept en fonction des attentes des coLLectivités territoriaLes pour obtenir Leur soutien ? Pour Bernard Faivre d'Arcier, Le mot est devenu pLus-vaLue et « il est peut-être temps de trouver un autre terme concept avant que celui-ci ne perde toute sa valeur >.305 Enfin, comme Le souLigne PhiLippe Toussaint, « il ne suffit pas d'organiser un événement local avec deux ou trois concerts pour se décréter festival>306. Sommes-nous face à un risque de perte de La notion de festivaL et de ses vaLeurs origineLLes ?

    C) Une perte possibLe du concept de festivaL ?

    La muLtipLication des festivaLs qui tend à « banaLiser > L'événement, entraîne Les directeurs de festivaLs dans une farouche voLonté de différenciation désormais indispensabLe pour garantir Leur originaLité. Cette évoLution intervient particuLièrement au niveau des caractéristiques fondamentaLes des festivaLs : unités de temps, de Lieu et de thème.

    303 Intervention de jackyboy Le jeudi 27 avriL 2006, in forum du site du festivaL La route du Rock,

    http://www.Laroutedurock.com/forum/viewtopic.php?t=68&start=15&sid=77540164e7f41d4fa 6855f7527efe8f4, consuLtation Le 16 juin 2006.

    304 Intervention d'un invité Le jeudi 27 avriL 2006, in forum du site du festivaL La route du Rock, Op.cit.

    305 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? >, Op.cit.

    306 MAURET (NathaLie), Op.cit.

    Nous évoLuons actueLLement dans une société où La cuLture est associée de pLus en pLus à une cuLture de masse, diffusée par des moyens de communication adaptés comme La presse, La radio, Le cinéma, La téLévision ou encore internet. CeLa entraîne des phénomènes de standardisation ou de formatage des références cuLtureLLes qui se caractérisent égaLement par une banaLisation des modes et des succès. IL est important de rappeLer que L'action cuLtureLLe reste Liée à L'éducation, à La formation, et à La pédagogie, et nécessite en ce sens d'être traitée avec sérieux. Dans un souci de recherche de médiatisation toujours pLus viruLente, notre société prend goût pour Le spectacuLaire. Le pubLic sembLe vivre pLeinement cette cuLture du « zapping >, en se dirigeant directement vers ce qui L'intéresse.

    La cuLture pour exister, doit-eLLe uniquement se constituer de moments médiatiques et éphémères ? Les festivaLs sont-iLs dans L'obLigation de se confronter à ces nouveLLes tendances ?

    Comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, « les festivals semblent être pris en plein dans les enjeux de la sur-consommation >307, où tout doit être fait Le pLus rapidement possibLe, dès La première édition, « pourtant, il faut donner le temps aux arts, par le biais de la réexposition peut-être ? >308. Un festivaL qui propose un nombre réduit de spectacLes une année, ou qui n'a pas une programmation efficace, est automatiquement mit sur La seLLette. Une des priorités du festivaL est d'augmenter La notion de diffusion, et Lorsque Le pubLic y participe, c'est un effort bénéfique. Cette réfLexion n'est pas aussi évidente dans La réaLité Lorsque Les critiques, découvrant un artiste, ne L'accompagnent pas par La suite.

    IL est évident que Le terme de « festivaL > véhicuLe des critères de quaLité, ce qui expLique que beaucoup d'événements mineurs en prennent La dénomination. Pourtant, iL existe « un risque de voir disparaître la connotation de prestige que recouvre normalement le terme >309, ceLui-ci se rapprochant de pLus en pLus des vaLeurs de L'événementieL. Pour La Direction de La Musique et de La Danse310, iL n'y a pas tant un risque de banaLisation des

    307 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? >, Op.cit.

    308 Idem

    309 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 7.

    310 DMD, « L'action de L'Etat >, Op.cit.

    thèmes mais du phénomène festivaL en Lui-même, une diLution de « L'esprit festivaL >. Ce que confirme Bernard Faivre d'Arcier : « A l'évidence il y a une saturation de ce qui est devenu plus une formule qu'un état d'esprit. Certains statisticiens en viennent même à classer les festivals selon les catégories les plus diverses : la taille, la date, la discipline etc.... >311. L'augmentation impressionnante du nombre de festivaLs, ainsi que La proLifération des commémorations et des fêtes cuLtureLLes, n'ont fait qu'accroître L'offre des spectacLes, contribuant sans doute à La confusion actueLLe de cette notion.

    Cette évoLution que connaît depuis Les années quatre-vingt La notion de festivaL risque-t-eLLe de nuire à L'image et à La Légitimité des festivaLs qui possèdent une direction, un concept et une programmation artistique de quaLité ?

    IL est important que Les directeurs de festivaLs ou déveLoppeurs de projets trouvent un juste équiLibre entre L'offre et La demande et n'en oubLie pas pour autant Les fondements de quaLités qui ont su faire ses preuves depuis presque trente ans.

    D) SoLutions envisagées pour une différenciation du festivaL

    Comme nous avons pu Le constater, Les festivaLs restent des événements vuLnérabLes. ILs ont besoin d'évoLuer dans un schéma de pérennité afin de s'inscrire, de manière Légitime, comme éLément majeure de L'action cuLtureLLe LocaLe, régionaLe, nationaLe, européenne ou internationaLe. Cette ambition est donc nécessaire à La direction du festivaL, afin d'être en accord, dans un effort continu d'attention, d'écoute, d'imagination et de rigueur, à La fois face à son pubLic, ses différents partenaires pubLics ou privés, ou encore face aux membres de son équipe. Les fondements nécessaires à une démarche de pérennisation ont été peu à peu négLigés par certains directeurs de festivaLs.

    311 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op.cit., page 2.

    1) Un manque de professionnaLisme

    La forme associative sembLe parfaitement correspondre aux besoins d'un festivaL, et ceLa dans un but de soupLesse financière et par L'accès faciLité aux subventions. La direction d'un festivaL requiert des compétences dans des domaines spécifiques, Liés à La fois à La cuLture et à L'événementieL, dont dépendra La réussite ou non de L'événement. Certaines structures sont pLutôt proches de L'amateurisme que du professionnaLisme : « Beaucoup de responsables de festivals, issus du monde des arts et de la culture, sont des autodidactes de la gestion d'entreprises et certains ont une réelle aversion pour ces questions >312. L'absence de but Lucratif Liée à La forme associative, tend à déveLopper, au sein même de sa direction, une ignorance des principes de gestion, véhicuLant ainsi une image de « manque de rigueur >, « même si les réglementations récentes qui engagent juridiquement le directeur, vont vers un plus grand professionnalisme >313. Ainsi, faute d'une formation adéquate ou d'une sensibiLité personneLLe à La gestion, beaucoup de projets de quaLité échouent. Cet handicap de La structure interne du festivaL se retrouve fréquemment, surtout Lorsque « doit se substituer à « la bande de copains », une équipe de direction performante qui, après les premières années de « galère », veut pérenniser sa manifestation >314. De pLus, Les contraintes budgétaires d'une grande majorité de festivaLs, poussent ceux-ci à recourir à un personneL peu quaLifié, comme Le bénévoLat. En ce sens, L'ADAMI et La SPEDIDAM gardent certaines réserves quant au soutien qu'eLLes peuvent accorder aux festivaLs, car eLLes ne souhaitent pas subventionner des opérations dont L'objectif finaL est de servir La notoriété d'une coLLectivité. Ainsi, « ces deux sociétés font preuve d'une grande réserve à l'égard des organisateurs de festivals qui, dans neuf cas sur dix, ne sont pas des professionnels du spectacle mais des associations d'amateurs ou des animateurs du secteur culturel public >.315 Enfin, La direction d'un festivaL requiert des compétences juridiques et techniques, d'une bonne appréhension

    312 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 102.

    313 Idem

    314 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 103.

    315 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 104.

    des acteurs et du fonctionnement du miLieu cuLtureL LocaL. Une condition sine qua non qui permet de se défendre des différents « abus > ainsi déveLoppés.

    2) Une originaLité nécessaire

    En France, face à La muLtipLication de festivaLs de tout genre, iL est devenu vitaL pour Leurs organisateurs de vaLoriser une identité qui Leur est propre et obtenir ainsi un positionnement originaL : « on ne réussit pas un festival en copiant sur les autres >316, assure Yves CoLin, directeur de La communication du festivaL Les Vieilles Charrues. IL s'agit égaLement de Lutter contre Le phénomène de concurrence, présent surtout pour Les événements estivaux. Différents facteurs participent activement comme Levier de différenciation pour Les festivaLs : L'originaLité du projet, Le contenu artistique et La quaLité de La programmation, La durée de La manifestation, La poLitique tarifaire, Les modaLités d'accueiL, L'ancrage sur Le territoire, Les actions d'accompagnement (trempLins, humanitaire, création). Ces éLéments participent activement à L'équiLibre et par conséquent au succès de La formuLe. IL est donc important de mettre en appLication un savoir-faire et un faire-savoir, comme L'assure PhiLippe Toussaint : « Une fois créées, il faut savoir pérenniser les manifestations. Il ne faut pas se tromper dans sa façon d'appréhender le public. Une bonne communication est nécessaire : la notoriété est lente à acquérir, mais facile à perdre >317.

    La quaLité artistique d'une programmation apparaît comme un éLément essentieL au festivaL. Cependant, eLLe tend à être négLigée par certaines coLLectivités ou directeurs de festivaLs qui sembLent très Loin de ce précepte de base. Pourtant, Les événements qui proposent, d'année en année, une programmation de quaLité possède un nombre de visiteurs et de journaListes évidemment pLus important que La normaLe. Cet éLément n'est donc pas à prendre à La Légère et est Le résuLtat d'une aLchimie précise. ELLe est mise en oeuvre pour satisfaire à La fois Le pubLic, Les partenaires financiers, Les

    316 COLIN (Yves), in MAURET (NathaLie), Op.cit., page 81.

    317 TOUSSAINT (PhiLippe), in MAURET (NathaLie), Op.cit., page 81.

    professionneLs, Les artistes, Les amateurs et Les critiques. La quaLité artistique d'un festivaL « découle souvent d'un mélange subtil entre le vedettariat et la création. Elle consiste aussi à créer les conditions d'une rencontre unique, sorte de communion d'esprits dans une atmosphère d'osmose >318.

    Si L'on considère La programmation comme un éLément majeur et primordiaL pour La réussite et La pérennisation d'un festivaL, on peut aLors se demander comment tant d'événements cuLtureLs dénommés festivaLs ont-iLs pu proLiférer ces vingt dernières années ? C'est en 1993 que Anne-Marie Thibaut319 nous propose sa version des faits dans un articLe intituLé Le festival : objet de passion ou enjeu de pouvoir 320 : « L'évolution des festivals semble arriver aujourd'hui à un point limite, puisqu'on ne les crée qu'à des fins d'image, sans privilégier d'abord l'aspect patrimonial ou artistique. Il n'est pas rare en effet de voir décider plus ou moins artificiellement du thème dans un souci d'urgence >. Les coLLectivités territoriaLes sembLent ainsi se satisfaire de festivaLs sans réeLLe cohérence, comme Le souLigne en 1993 Dominique JuLes, secrétaire généraL de L'association Carrefour des festivals : « Trop de festivals se sont créés ces dernières années sans réelle connaissance du milieu ni du métier>321. ParaLLèLement, certains directeurs de festivaLs qui favorisent aLors La forme au contenu, répondent favorabLement à cette nouveLLe tendance. Pour exempLe ce témoignage du responsabLe de L'agence d'ingénierie cuLtureLLe Le Public Système à L'origine de La création des festivaLs d'Avoriaz et de DeauviLLe: « J'ai eu l'occasion de refuser les sollicitations de collectivités locales qui souhaitaient monter des festivals de cinéma sans en avoir tout d'abord identifié les enjeux et problèmes. La majorité des projets étaient abordés directement en terme de résultat, quand il aurait fallu partir d'un projet culturel en adéquation avec l'identité du lieu. Mais ma position ne peut malheureusement pas être généralisée» 322.

    318 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

    319 Ancienne gérante de Public & Communication, agence d'ingénierie cuLtureLLe créée en 1981.

    320 THIBAUT (Anne-Marie), « Le festivaL : objet de passion ou enjeu de pouvoir >, Cahier Espaces n°31.

    321 JULES (Dominique), in BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit.

    322 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 39.

    De même pour Les festivaLs d'image, iL est important de proposer un réeL projet artistique, car, dans Le cas contraire, ceLui-ci a de grandes chances d'être condamné à disparaître, et ceLa faute de succès. Comme en témoigne Le résuLtat d'une étude réaLisée en 2000 sur Les motivations du pubLic événementieL du Gers323 : Les festivaLiers du festivaL Jazz in Marciac s'y rendent avant tout pour Le contenu (soit pLus des deux tiers), et moins pour L'ambiance ou par curiosité. De pLus, pour La pLupart de ces festivaLs impLantés depuis pLus d'une dizaine d'années sur Le territoire français, on retrouve en règLe généraLe un pubLic de connaisseurs qui n'accepterait pas une baisse de La quaLité de programmation.

    IL n'existe donc pas de « recette miracLe >.

    3) Importance du directeur artistique

    Bien qu'iL ne soit donc pLus nécessaire de convaincre Les poLitiques de L'utiLité des festivaLs, iL est essentieL de « les aider à préciser leur projet, de conserver le cap de leur exigence artistique comme de la formation de leur public >324. L'expérience prouve ainsi que Le rôLe des directeurs artistique est fondamentaL. RéeL vecteur de médiation entre Le pubLic et Les artistes, son rôLe est d'offrir un programme originaL, sans cesse innovant et renouveLé. En tant que spéciaListe, Le directeur artistique doit cependant conserver une Liberté de programmation, condition sine qua non quant à L'équiLibre de L'événement. La muLtipLication de partenaires financiers peut inciter, dans certains cas, Les programmateurs au vedettariat. En effet, « les directeurs de festivals ne conçoivent plus la présentation de spectacles de création sans la présence de valeurs sûres > 325. IL est tout à fait possibLe de se positionner en tant que festivaL de quaLité et pérenne, tout en offrant à son pubLic une programmation créative et La découverte de jeunes taLents. Pour exempLe, Les Transmusicales de Rennes, qui depuis vingt-huit ans est un événement

    323 « EvénementieL : enquête de CLientèLe >, Bureau d'Etudes Jousset ConsuLtant, in Repères, hors série n°11.

    324 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op.cit., page

    12.

    325 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique >, Op.cit., page 24.

    reconnu pour soutenir La nouveLLe génération d'artistes, ce que souLigne Le journaListe Christophe Basterra dans L'éditoriaL de L'édition 2006 : « A l'heure où l'on pense tout savoir, tout connaître, il reste les Transmusicales >326. Enfin, Le rôLe du directeur artistique se présente donc comme un arbitrage entre des Logiques artistiques et financières.

    4) La reLation au pubLic

    En France, et face à La muLtipLication des festivaLs et au contexte récent de « zapping cuLtureL >, iL est nécessaire pour Les organisateurs d'entrer dans une démarche d'accompagnateur et de fidéLisation du pubLic. « Il ne s'agit plus de réunir des adeptes mais d'aider chacun à se confronter en pleine connaissance de cause aux tendances éclatées de la vie artistique contemporaine >.327 Un festivaL ne doit pas être conçu uniquement pour Les artistes ou Les professionneLs mais doit, à terme, trouver sa justification et sa Légitimation dans une reLation construite de Longue durée avec son pubLic. IL est fortement conseiLLé de réaLiser une enquête pubLique ou audit sous forme de questionnaire afin de mieux Le percevoir et de L'anticiper sur La durée. Pour exempLe, en 2005, 70% des français n'ont jamais assisté à une représentation de spectacLe vivant328, un paradoxe entre une offre importante d'événements et un très fort potentieL de visiteurs. Mais tout ceLa n'est pas automatique et s'accompagne d'un Long travaiL de sensibiLisation du pubLic, qui entraînera Le succès et La pérennisation du festivaL.

    5) Une inscription sur Le territoire

    L'intégration du festivaL à La vie LocaLe n'est pas toujours évidente et ne doit pas être négLigée car d'eLLe dépendra La pérennité du festivaL. La réussite du projet est souvent Liée à son appropriation par Les habitants, en phase avec Les priorités, caractéristiques et contraintes du territoire : « une

    326 Site des Transmusicales de Rennes, http://www.Lestrans.com/bLog.htm, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    327 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op.cit., page 8.

    328 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien oraL avec HELLIO (Bertrand), Le 18 septembre 2006.

    manifestation qui néglige cette dimension aura toutes les peines du monde à s'implanter et rallier l'adhésion de la population locale »329. Une adhésion qui peut être motivée par Le soutien à La création LocaLe, par Le biais de résidences d'artistes ou L'organisation de trempLins Locaux. Ainsi inséré au tissu cuLtureL LocaL, Le festivaL tient un rôLe fédérateur et assure sa Longévité et profite du soutien actif de La popuLation LocaLe, comme au Festival Terre Neuvas à BobitaL, dans Les Côtes d'Armor où Les agricuLteurs aLentours offrent Le petit-déjeuner aux nombreux festivaLiers venus camper Le temps de L'événement330.

    Un facteur suppLémentaire permet au festivaL de s'impLanter durabLement sur un territoire, grâce à La création d'une action cuLtureLLe menée à L'année. Pour exempLe, en ArLes, Les Rencontres Internationales de la Photographie n'ont sembLe-t-iL pas eu un impact particuLier sur Les fLux touristiques, mais La répétition annueLLe de ces rencontres, a conduit, d'une part, à La création d'un cycLe de formation qui s'étend sur tout L'été, et de L'instaLLation d'une EcoLe NationaLe de Photographie. Enfin, à La mise en pLace d'un très important fonds photographique qui donne Lieu à une série d'expositions temporaires tout au Long de L'année331.

    Pour concLure, iL sembLe qu'au-deLà de La promotion de L'image du territoire où iLs s'impLantent, Les festivaLs qui s'intègrent parfaitement bénéficient d'une Légitimation essentieLLe à Leur pérennisation.

    La réussite et La pérennisation d'un festivaL résuLtent d'une aLchimie compLexe. On ne cesse de Lui imposer des missions de pLus en pLus contradictoires : prendre en considération Le tissu cuLtureL LocaL et s'ouvrir en même temps à L'internationaL, surprendre Les critiques Les pLus pointus sans pour autant « effrayer » Les débutants, à La fois fidéLiser un pubLic et Le renouveLer, ou encore, proposer un programme rigoureux et de quaLité tout en restant dans La simpLicité, Le conviviaL, sinon Le divertissement. On peut aLors comprendre que certains directeurs de festivaLs restent perpLexes face à

    329 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 40.

    330 Informations notées par L'étudiant Lors d'un entretien oraL avec HELLIO (Bertrand), Le 18 septembre 2006.

    331 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 102.

    Leur capacité à conciLier ces différents objectifs. ILs se tournent pLus natureLLement vers des soLutions de faciLité. L'évoLution du concept de festivaL et L'utiLisation aujourd'hui abusive du terme traduit précisément cette situation. Pourtant, ce phénomène ne sembLe pas avoir d'incidence sur L'offre des festivaLs car, comme Le souLigne Luc Benito, « on peut difficilement duper le public, et les médias encore moins, sur ce qu'est un véritable événement, même si le terme de festival ne lui permet plus de le distinguer des autres >.332

    E) Conséquences positives de L'évoLution des festivaLs en France

    Face à La banaLisation du terme « festivaL > et L'absence de quaLité cuLtureLLe et artistique d'un certain nombre d'événements, une partie des professionneLs se positionnent manifestement en tant que « résistants >, souhaitant ainsi défendre Leurs vaLeurs communes : « ce sont de vrais lieux de production qui permettent de dire que tout n'est pas forcément événementiel >333. ParaLLèLement, certains proposent depuis queLques années La création d'un LabeL « festivaL >. Un point souLevé par NathaLie Mauret, dans un articLe paru dans La Scène en décembre 2003 : « Ce serait un gage d'une existence et d'une qualité artistique. Des critères primordiaux quant à l'attribution des subventions aux festivals > 334. Cette proposition reste natureLLement en suspend, tendant à Limiter « une fois de pLus > Les Libertés individueLLes.

    Depuis Les années quatre-vingt, La croissance du nombre de festivaLs en France n'a sembLe-t-iL pas affaibLi « L'appétit > du pubLic, bien au contraire. ELLe L'a stimuLé et diversifié. Le « phénomène festivaL > contribue Largement « à la promotion des genres artistiques, et à l'irrigation culturelle des territoires>335. Bien que La concurrence, de pLus en pLus viruLente au niveau des festivaLs, provoque une dispersion des pubLics, eLLe entraîne paradoxaLement une diversification de L'offre : certains festivaLs ont disparus,

    332 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

    333 MAURET (NathaLie), Op.cit.

    334 Idem

    335 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 10.

    d'autres se sont dépLacés soit dans Le temps ou dans L'espace, si bien qu'un caLendrier de festivaLs s'est étabLit non pLus seuLement L'été et dans Le sud de La France mais sur toute L'année et sur tout Le territoire. En ce sens, Les festivaLs génère une réeLLe dynamique territoriaLes que Martin MaLvy, président du ConseiL RégionaL Midi-Pyrénées, ne manque pas de souLigner : « Si la région Midi-Pyrénées est devenue une grande région française en matière de festivals, et est réputée pour sa vitalité culturelle, elle le doit avant tout au talent des artistes et des créateurs, à l'enthousiasme et à l'énergie des organisateurs et de toutes les équipes qui animent des manifestations qui gagnent sans cesse en qualité et en notoriété».336 Enfin, « la multiplication des festivals a ceci de bon qu'elle multiplie également les centres de décision » 337.

    IL existe encore bien de bon nombre de raisons de créer des festivaLs, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier338, qui porte un intérêt particuLier aux festivaLs communautaires ayant pour thématique Les femmes, Les homosexueLs ou Le troisième âge, Les festivaLs identitaires tournés sur Les artistes Locaux ou sur L'expression d'une cuLtureLLe ethnique. De même pour Les festivaLs avec une caractéristique particuLière, concentrés soit sur un Lieu particuLier ou sur un seuL type d'expression artistique.

    Ainsi, à La question Y a-t-il encore la place en France pour de nouveaux festivals ? , PhiLippe Toussaint n'hésite pas à répondre Lors d'une interview en février 2006339 : « Bien sûr, il y a certainement des endroits où cela peut parfaitement se justifier. Tout en sachant qu'il est difficile, aujourd'hui, de lancer un nouveau festival. L'encadrement juridique, administratif et fiscal à mettre en place, se situe tout de suite à un niveau relativement professionnel ».

    En France, Les avis restent donc mitigés quant aux conséquences de
    L'évoLution des festivaLs, et pLus précisément face à Leur déveLoppement
    massif. En se muLtipLiant, Les festivaLs ont su conserver une de Leur vaLeur

    336 MALVY (Martin), Op.cit.

    337 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op.cit., page 13.

    338 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op.cit., page 8.

    339 TOUSSAINT (PhiLippe), Op.cit.

    principaLe qui est La diffusion de La cuLture, devenant ainsi un acteur majeur dans La démocratisation et La décentraLisation cuLtureLLe.

    En déterminant ainsi Les possibLes tentatives d'instrumentaLisation de La notion de festivaL, ses caractéristiques majeures sembLent se dessiner. En effet, La muLtipLication du nombre de festivaLs en France à ceLa de positif qu'eLLe motive Le débat sur La définition du terme « festivaL ».

    Les différents éléments traités successivement dans cette première partie permettent de définir le contexte dans lequel évoluent les festivals en France, depuis leur développement dans les années quatre-vingt. Cette analyse souligne l'étendue des relations de dépendance et d'interaction qu'entretiennent ces événements face au développement local. Une situation originale pour chacune des caractéristiques du festival et de son territoire. En s'éloignant du simple événement culturel, le festival est entré de manière « prononcée » au coeur des enjeux des collectivités territoriales, en terme d'économie, de tourisme, d'emploi, d'image ou de politique culturelle. En ce sens, l'étendue de ses retombées traduit la complexité d'attribution d'une définition unique et généralisable au festival. Parallèlement, il semble que ses multiples atouts, mis en abîme par leur multiplication et leur diversification depuis plusieurs décennies, puissent jouer en sa défaveur. Le festival tend ainsi à être instrumentalisé, par ses propres créateurs ou les collectivités qui le soutiennent. Une évolution qui perturbe la relation préétablie d'interaction inhérente au contexte local et « disperse » ses principaux objectifs. Comme le souligne Philippe Dechartre dans son rapport en 1998340, dans un festival, « l'idée fondatrice, le lieu, l'histoire, les pouvoirs, les artistes, les publics, les élus, tout dans cet inventaire à la Prévert, interfère ». Le rôle attribué au festival dans le champ culturel national a prit une telle importance que ses origines semblent se perdrent face à la quantité d'événements créés. Paradoxalement, l'évolution du contexte, de la forme et du contenu du festival semble profiter à un public de plus en plus important, qui profite ainsi d'une offre d'événements culturels diversifiée et « adaptée » à toutes les typologie de visiteurs. Cette évolution propose également aux artistes une plus grande facilité de promotion. Une démocratisation culturelle portée à son paroxysme, inscrite, peut-être, dans une évolution « naturelle » du festival au regard du contexte culturel français.

    L'étude de cas du festival Chroniques Nomades, festival de photographie de
    voyages et d'aventures situé à Honfleur, en Basse-Normandie, permet de

    340 DECHARTRE (Philipe), Op.cit., page 14.

    mesurer, à l'échelle d'un événement, les effets induits de l'évolution du contexte festivalier en France.

    2ème PARTIE

    Proposition d'une formuLe festivaLière : Le festivaL Chroniques Nomades et
    L'évoLution du contexte cuLtureL en France

    Après avoir établis les différentes formes d'interactions ou de tentatives d'instrumentalisation existantes entre festival et pouvoirs publics, il semble nécessaire à cette étape du mémoire, de les appréhender à l'échelle d'un exemple précis, celui du festival Chroniques Nomades. Festival de photographie de voyages et d'aventures, cet événement se tient depuis dix ans à Honfleur, commune du département du Calvados, en Basse-Normandie. A la fois originaire de cette commune et passionnée par la photographie, je me suis naturellement intéressée à cet événement depuis sa création et ai eu, depuis l'édition 2004, l'occasion d'y participer, par le biais de l'organisation de son festival off. Réel coup de coeur, ces différentes expériences professionnelles furent un excellent moyen d'appréhender le festival et de conforter mes choix de perspectives professionnelles. Le choix du festival Chroniques Nomades s'inscrit de manière légitime dans un contexte national. Il est représentatif de la majorité des festivals en France, situés, entre l'événement récent et pérenne. De plus, en s'attachant à la photographie, il semble intéressant d'élargir les cibles de réflexion du mémoire à un domaine artistique qui vit depuis une dizaine d'années de grands bouleversements.

    Ainsi, la présentation du festival Chroniques Nomades, à travers son histoire et évolution, entre en interaction directe avec les différents éléments soulevés dans la première partie de ce mémoire.

    Nous verrons donc successivement, à travers l' étude de cas du festival Chroniques Nomades, quelles peuvent être, dans un premier temps, les différentes formes adoptées, à la fois par le festival et les pouvoirs publics, en vue d'une relation d'interaction, puis celles adoptées dans un contexte de tentatives d'instrumentalisation. Dans un second temps, nous analyserons le positionnement particulier adopté par le festival Chroniques Nomades quant à l'évolution de son contexte et les différentes actions et préconisations qui participent activement à une démarche de pérennité.

    L'exemple précis du festival Chroniques Nomades permet de lire, quelquefois en direct, les diverses façons de se positionner face à l'évolution d'un contexte que connaissent la majorité des festivals en France, quelque soit le domaine artistique diffusé.

    Chapitre 1
    Une interaction au contexte LocaL nécessaire pour une Légitimité territoriaLe,
    artistique et cuLtureLLe du festivaL Chroniques Nomades

    Comme nous avons pu Le constater précédemment, tout festivaL évoLue de manière inhérente au LocaL. IL est donc important d'assimiLer, à L'écheLLe nationaLe, régionaLe et LocaLe, Le contexte territoriaL du festivaL et ceLui de La photographie.

    I) Le contexte du festival Chroniques Nomades

    A) Un festivaL inscrit sur un territoire

    Tout festivaL évoLue en interaction continue avec Le territoire où iL s'impLante, dans un contexte pré-étabLi et une reLation de dépendance et d'échange qui n'est pas automatique. IL sembLe donc important d'anaLyser et de comprendre en amont ce territoire, afin d'y inscrire efficacement son festivaL, dans une idée de gLobaLité et d'adéquation compLète.

    1) La région Basse-Normandie

    La région Basse-Normandie, située au nord-ouest de La France est une région qui comporte trois départements, pour un nombre totaL de un miLLion quatre cent quarante-trois miLLes habitants. Sa popuLation La pLace au dixseptième rang des régions françaises avec un rythme de croissance qui s'est Légèrement accéLéré depuis 2000. L'attractivité de La région reste toutefois Limitée et Le rapide vieiLLissement de sa popuLation La rend peu dynamique sur Le pLan démographique. CeLa s'expLique, entre autre, par L'une des pLus fortes baisse du taux de nataLité enregistrée sur Le territoire français - près de 5% en quatre ans -, et Les migrations des jeunes, âgés de vingt à vingt-neuf ans, qui quittent Le territoire, soit pour une poursuite d'études ou pour un premier empLoi. La faibLesse du tissu urbain en Basse-Normandie, basé

    essentieLLement sur un réseau de viLLes de taiLLe moyenne, Limite par conséquent La capacité d'absorption des jeunes dipLômés sur Le territoire. Au contraire, La région reste attractive pour Les retraités qui instaLLent Leur résidence secondaire principaLement sur Le LittoraL, Le Long de La Côte FLeurie et à L'ouest de La Manche. Bien que La région reste encore majoritairement jeune, eLLe pourrait connaître Le pLus rapide vieiLLissement des régions françaises d'ici à 2015. En ce sens, à L'aube du XXIème siècLe, La capitaLe régionaLe Caen, et La pLupart des zones côtières, s'affirment comme Les moteurs du déveLoppement régionaL.

    Avec un tiers de sa popuLation vivant en miLieu ruraL, La Basse-Normandie est considérée aujourd'hui comme La cinquième région ruraLe en France. Les campagnes bas-normandes ayant finaLement mieux résisté que Les autres régions françaises à L'urbanisation sur Le Long terme.

    La Longue façade LittoraLe de La Basse-Normandie Le Long de La Manche et sa proximité vis à vis de L'ILe-de-France et de La Grande-Bretagne favorisent Le déveLoppement du tourisme. Avec 16 % de résidences secondaires, La Basse-Normandie se situe donc au quatrième rang des régions touristiques françaises, devançant ainsi La Bretagne et Les Pays de La Loire. La diversité des paysages et La richesse patrimoniaLe attirent égaLement une cLientèLe étrangère qui atteint un tiers de La fréquentation totaLe régionaLe341.

    La diversité du patrimoine historique et artistique bas-normand constitue un facteur de croissance économique important pour La région qui souhaite aLors La mettre en avant. Le secteur de La cuLture s'y trouve particuLièrement dynamique depuis queLques années. Parmi Les miLLe cinq cents nouveaux empLois créés entre 1999 et 2002, deux cent trente concernent Les activités artistiques et Le spectacLe, et cent vingt, La gestion du patrimoine natureL et cuLtureL342. De pLus, La région est un creuset de taLents dont témoigne Le très grand nombre de festivaLs et de manifestations cuLtureLLes présents sur L'ensembLe de son territoire. Ce que souLigne Le président du ConseiL RégionaL de Basse-Normandie situé à Caen, PhiLippe Duron: « Facteur d'enrichissement

    341 Les informations citées ci-dessus possèdent La même source : Direction GénéraLe de L'INSEE Basse-Normandie, « Panorama démographique, économique et sociaL de La Basse-

    Normandie », Cent pour Cent Basse-Normandie, page 10.

    342 Direction GénéraLe de L'INSEE Basse-Normandie, « L'économie des Loisirs en Basse-Normandie », Cent pour Cent Basse-Normandie, page 6.

    personnel et de divertissement, la culture est un vecteur de cohésion sociale et d'intégration »343. Ainsi, sur un budget gLobaL de pLus de cinq cent vingt miLLions d'euros pour L'année 2006, La région en consacre dix-huit miLLions, soit 28%, à La cuLture344. La région met ainsi en pLace une poLitique de soutient pour Le spectacLe vivant, L'animation cuLtureLLe (expositions et manifestations), Le Livre et La Lecture (bibLiothèques, médiathèques, saLons du Livre et manifestations), La création et La diffusion du cinéma et de L'audiovisueL et Le patrimoine (restauration, conservation, acquisitions)345. Enfin, Le ConseiL RégionaL soutient avec rigueur Les événements cuLtureLs répétitifs comme Les festivaLs, notamment au titre du fond d'intervention cuLtureLLe régionaL : « Il est évident que c'est en fonction de leur rayonnement à l'intérieur comme à l'extérieur de la Basse-Normandie que la région intervient pour promouvoir tel ou tel festival » 346. La région soutient une cinquantaine de festivaLs en 2006, « évidemment il y a sans doute d'autres événements dont nous n'avons pas connaissance. Je ne dispose d'aucune statistique ni chiffre plus précis sur le sujet »347, souLigne MagaLi Anger, responsabLe des festivaLs de musique et de cinéma au ConseiL RégionaL. Un nombre qui a fortement augmenté puisque La région soutient dix festivaLs en 1997348. ParaLLèLement, La DRAC Basse-Normandie349, dont Le directeur régionaL est GéraLd Grunberg350 dispose en 2003 d'un budget de vingt-huit miLLions d'euros pour mener à bien La poLitique cuLtureLLe de L'Etat. Ses différentes missions sont Le déveLoppement de L'éducation artistique et

    343 Site du ConseiL RégionaL de Basse-Normandie, http://www.cr-basse-normandie.fr/cuLturegrands-axes-poLitique.php, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    344 Idem

    345 Site du ConseiL RégionaL de Basse-Normandie, Op.cit.

    346 ConseiL Economique et SociaL régionaL de Basse-Normandie, Festivals et manifestations culturelles à caractère répétitif en Basse-Normandie, compte-rendu d'enquête, in DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 64.

    347 Voir annexe 16 page 225.

    348 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 12.

    349 IL n'existe pas de pubLications sur Le budget ou Les missions de La DRAC Basse-Normandie supérieure à L'année 2004. De pLus, ceLLe-ci ne possède pas de site internet, contrairement à La majorité des DRAC en France.

    350 Site du Ministère de La CuLture, http://www.cuLture.gouv.fr/cuLture/min/organigramme/htmL/drac/normandie-b.htm, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    cuLtureLLe, La mise en vaLeur du patrimoine et L'aide à La création contemporaine.351

    2) Le département du CaLvados

    La croissance démographique constatée depuis ces dernières années en Basse-Normandie a profité essentieLLement au CaLvados, qui est à La fois Le département Le pLus jeune et Le pLus attractif de La région. IL regroupe ainsi environ six cent cinquante miLLe habitants. Les fLuctuations saisonnières y sont importantes, L'empLoi Lié au tourisme augmentant d'un tiers dans ce département où La fréquentation est La pLus forte352.

    La situation géographique particuLière du CaLvados Lui offre un positionnement atypique et diversifié, comme Le souLigne La présidente du ConseiL GénéraL, Anne d'Ordano : « le Calvados est un subtil mélange entre mer et campagne, entre villes et bourgs ruraux et l'aménagement équilibré de son territoire est une bataille de tous les fours.» 353

    Suite aux Lois de 1982 sur La décentraLisation, Le département exerce Librement Les compétences transférées par L'Etat dans différents domaines, dont ceLui de La cuLture, auqueL se rattache une mission pour Les bibLiothèques de prêt et archives départementaLes. Au-deLà de ces compétences obLigatoires, Le département exerce une poLitique voLontariste, en direction de L'aide aux monuments historiques et au soutien à une quinzaine d'étabLissements permanents354.

    Ainsi en 2006, sur un budget totaL de six cent trente miLLions d'euros, Le département consacre vingt miLLions d'euros, soit une part de 3%, à La cuLture, vie sociaLe et jeunesse355.

    351 Préfecture de La région Basse-Normandie, « Animer et vaLoriser Le cadre de vie », in « Basse-Normandie : Rapport d'activité des services de L'Etat en 2003 », page 1.

    352 Les informations citées ci-dessus possèdent La même source : Direction GénéraLe de L'INSEE Basse-Normandie, « Panorama démographique, économique et sociaL de La Basse-

    Normandie », Op.cit., page 6.

    353 Site du département du CaLvados, http://www.departement.org/Jahia/pid/2408, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    354 Site du ConseiL GénéraL du CaLvados, http://www.cg14.fr/structure/missions/,

    consuLtation Le 12 novembre 2006.

    355 Site du ConseiL GénéraL du CaLvados, http://www.cg14.fr/structure/budget/budget_annee/chiffres/index.asp, consuLtation Le 14 novembre 2006.

    En 1983, Le ConseiL GénéraL Lance un pLan de déveLoppement cuLtureL et de soutien au spectacLe vivant356. Pour ceLa, iL s'est fixé deux missions : apporter une contribution conséquente à La création (théâtre, danse contemporaine, musique...) et soutenir La diffusion de spectacLes professionneLs vers Les viLLes petites et moyennes, et Le miLieu ruraL. Dans ce but, une aide aux associations LocaLes, aux communes et communautés de communes est aLors mise en pLace. ParaLLèLement à cette action, Les deux principaux partenaires du ConseiL GénéraL sont L'ODIA Normandie*357, et L'ONDA*358, deux organismes qui participent activement à La diffusion de spectacLes hors des grandes aggLomérations.

    Enfin, en Lien direct avec Le ConseiL GénéraL, L'ODACC359 apporte un soutien suppLémentaire à La création et à La diffusion de spectacLes dans Le département. Son directeur, Jean-Pierre Tiphaigne, égaLement chef du service des Affaires CuLtureLLes du ConseiL GénéraL, souhaite ainsi apporter aux associations départementaLes une aide technique, administrative, juridique et psychoLogique. Un soutien pour La gestion et Les rapports entretenus avec Les artistes et Les équipes bénévoLes LocaLes d'organisation.

    Le ConseiL GénéraL et L'ODACC apportent Leur soutien à un grand nombre de festivaLs et autres manifestations cuLtureLLes pendant La période estivaLe. Pour L'année 2006, iLs ont pu en soutenir soixante-dix-huit360. ParaLLèLement aux communes, « les départements apparaissent en Basse-Normandie comme les collectivités territoriales les plus sollicitées pour soutenir les festivals »361.

    Grâce à ces nombreux soutiens, Le CaLvados est reconnu en France comme un département référence pour La conduite d'une teLLe action permanente de décentraLisation et de diffusion de spectacLes, avec des objectifs, modaLités et résuLtats significatifs dans La durée362.

    356 Site du ConseiL GénéraL du CaLvados, http://www.cg14.fr/structure/missions/, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    357 Site de L'ODIA, http://www.odianormandie.com/, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    358 Site de L'ONDA, http://www.onda-internationaL.com/onda.php, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    359 Site de L'ODACC, http://www.cg14.fr/cuLture/odacc/poLitique/index.asp, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    360 Voir annexe 14 page 222.

    361 ConseiL Economique et sociaL régionaL de Basse-Normandie, Op.cit., page 65.

    362 Idem

    3) La commune de HonfLeur

    HonfLeur est une commune du LittoraL normand, située au départ de La Côte FLeurie qui s'étend vers Le sud jusqu'à Cabourg. ELLe constitue L'une des entités du Pays d'Auge situé au centre du triangLe Normandie Métropole: Rouen - Caen - Le Havre. Cette commune, située sur La rive gauche de L'embouchure de La Seine, est située à onze kiLomètres à voL d'oiseau du Havre et à cent soixante kiLomètres de Paris. Contrairement au Havre, La vieiLLe cité est épargnée par Les destructions de La seconde guerre mondiaLe et garde tout son charme, grâce à son port, ses musées, ses vieiLLes rues et ses monuments historiques et reLigieux. La viLLe, située entre deux coLLines, possède à La fois un statut de port d'estuaire et de mer. IL est d'abord un port de commerce important au XVIème siècLe et XVIIème siècLe, défenseur du fLeuve royaL, puis iL sert de base de départ à pLusieurs expéditions miLitaires en AngLeterre, sur La mer océane. Aujourd'hui, Le port de HonfLeur se divise en un avant-port, un port touristique, Le Vieux-Bassin, et un port industrieL restreint par La présence sur L'autre rive du deuxième port français de commerce, industrieL et de voyageurs, Le Havre. La viLLe de HonfLeur s'est étendue petit à petit, d'une part, vers La mer avec une zone industrieLLe en expansion, et d'autre part, vers L'arrière pays et Les pLateaux qui La dominent. L'arrivée du Pont de Normandie en 1995, reLiant Les deux rives de L'estuaire de La Seine, créé un nouveL axe européen de communication Nord/Sud, confortant L'avenir industrieL et touristique de HonfLeur363.

    En 2004, La commune compte huit miLLe cent trente neuf habitants pour une superficie totaLe d'environ quatorze kiLomètres carrés364. Sa popuLation tend à diminuer, puisqu'eLLe atteignait Les neuf miLLe cent quarante et un habitants en 1962365, soit une perte de miLLe habitants en une quarantaine d'années. HonfLeur est aujourd'hui Le chef-Lieu de La Communauté de Commune du Pays de HonfLeur. Créé en décembre 2002 eLLe comporte en tout treize

    363 Les informations citées ci-dessus sont tirées du dossier communaL de HonfLeur réaLisé par L'étudiant, Le 20 mai 2003.

    364 Le magasine de L'internet, http://www.Linternaute.com/viLLe/viLLe/donnee/167/HonfLeur.shtmL, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    365Site sur La popuLation et Les Limites administratives de La France, http://spLaf.free.fr/depurb.php?depnum=14, consuLtation L 2 novembre 2006.

    communes366. Depuis 1995, son Maire est MicheL Lamarre, un homme âgé de quarante-six ans et né à HonfLeur367.

    La viLLe a su conserver son histoire pour rester authentique, offrant un contraste non négLigeabLe, face aux deux stations baLnéaires de TrouviLLe et DeauviLLe situées à environ quinze kiLomètres, dont Le déveLoppement s'est accentué après L'arrivée de La Ligne de chemin de fer et Le déveLoppement des Loisirs mondains : casino, courses et baignades.

    La commune détient ainsi un potentieL touristique dominant avec un tourisme itinérant qui jaLonne Les mois de juiLLet et août. En hors saison, La viLLe accueiLLe un tourisme massif de week-end et de courts séjours. En effet, « l'instauration des trente-cinq heures, fait que nous parlons de moins en moins de saison touristique puisque les visiteurs ont tendance à "étaler" leur congé en privilégiant des déplacements plus courts mais plus fréquents et ce, tout au long de l'année»368.

    IL est évident que Le renom mondiaL de HonfLeur et La quaLité de son environnement sont des éLéments qui participent activement à cette attraction touristique. IL ne faut pas oubLier que La viLLe possède une riche histoire cuLtureLLe et picturaLe. Depuis L'époque d'Eugène Boudin, de Jongkind, Monet, FéLix VaLLotton, ou Bernard Lachèvre, HonfLeur reste un Lieu de rendez-vous et de passage pour de nombreux peintres contemporains, comme en témoignent La présence de nombreux ateLiers d'artistes.

    La viLLe souhaite ainsi soutenir et déveLopper son activité cuLtureLLe et artistique, pour divertir Les touristes, y attirer du monde, et répondre aux attentes de ses habitants et ceux de La région. Ainsi, Françoise David, Adjointe au Maire en charge des Affaires cuLtureLLes, rappeLLe Les grands axes de La poLitique de La viLLe : « Des choix culturels ciblés avant tout vers les habitants, une attention permanente de la municipalité qui prend toujours en compte, en priorité, les attentes des honfleurais »369.

    ELLe soutient ainsi différents étabLissements cuLtureLs permanents comme Le
    Musée Eugène Boudin, La Maison Satie, Le Musée de La Marine ou encore Le

    366 Site de La viLLe de HonfLeur, http://www.viLLe-honfLeur.fr/Infos-viLLe,3,0,0.htmL, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    367 Idem

    368 Voir annexe 15 page 224.

    369 DAVID (Françoise), in BuLLetin d'informations municipaLes, n°21, page 62.

    Musée d'ethnographie et d'Art popuLaire Normand. Inaugurée en 1999, La Médiathèque, située en pLein coeur de La viLLe est un édifice remarquabLe pour une viLLe résoLument tournée vers L'avenir.

    ParaLLèLement aux étabLissements permanents, La viLLe apporte son soutien à des événements cuLtureLs ponctueLs comme Les saLons et festivaLs. Ainsi, s'y dérouLent chronoLogiquement sur L'année : Le Salon toutes collections, Le Salon des artistes contemporains, Le Marché des potiers et de la céramique, Le Salon des antiquaires, La Fête des marins, Le festivaL Chroniques Nomades, Le Défi Voiles, Le Tour de France à la voile, Le festivaL Jazz aux Greniers, Le raid de La côte fLeurie, Le festivaL Estuaire d'en rire et Le Festival du Cinéma Russe370. Comme Le souLigne Catherine Montandon, directrice de L'Office du Tourisme de HonfLeur, « les manifestations culturelles tiennent un rôle essentiel en animant nos stations, quasiment tout au long de l'année et en suscitant donc l'intérêt du public, non plus seulement pendant la saison dite "estivale"...».371

    De La même manière, iL sembLe intéressant d'appréhender Le contexte dans LequeL évoLue Le mode artistique diffusé par ce festivaL : La photographie.

    B) La photographie et ses festivaLs en France

    Une vingtaine d'années après avoir acquis La reconnaissance des institutions muséaLes françaises, La photographie récoLte enfin Les fruits de son statut d'oeuvre d'art. Comme Le souLigne Bernard Perrine dans L'éditoriaL du magasine Le photographe, en mai 2006 : « On peut affirmer que la photographie a aujourd'hui atteint l'âge adulte »372. Pour s'en rendre compte, iL suffit de faire Le compte des festivaLs dédiés à La photographie qui prennent peu à peu Le reLais des institutions et acquièrent La reconnaissance du pubLic. Pendant Longtemps, La création photographique s'est trouvée

    370 Les informations citées ci-dessus proviennent du site de La viLLe de HonfLeur, rubrique Vie culturelle, http://www.viLLe-honfLeur.fr/Vie-cuLtureLLe,25,0,0.htmL, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    371 Voir annexe 15 page 224.

    372 PERRINE (Bernard), « Ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi ! », in Le photographe, n° 1640.

    scindée en deux grandes famiLLe : « d'un côté, les photographes « purs » et, de l'autre, les artistes contemporains »373. Cette catégorisation sembLe aujourd'hui s'être amoindrie quand iL s'agit de La présenter. ParaLLèLement, Le champ de La photographie s'est éLargi grâce à La technique, générant une nouveLLe reLation aux images dont Les auteurs actueLs se font L'écho dans Leur pratique. Ainsi, de part son contenu et Les différentes forme qu'eLLe adopte désormais, « la photographie continue de se faire à la fois le reflet et l'observatoire des transformations de la société actuelle »374. De ce point de vue, bien que La pLupart des festivaLs de photographie tendent à se différencier par Leur thème ou genre, iLs jouent aujourd'hui, pLus encore que Les institutions, un rôLe fondamentaL pour La diffusion et Le dynamisme de La création photographique contemporaine.

    1) Les festivaLs de photographie à écheLLe nationaLe

    SeLon François HébeL, directeur artistique des Rencontres Photographique d'Arles, « il existe aujourd'hui 78 festivals dédiés à la photographie en France »375. Un nombre qui ne cesse d'augmenter et montre L'intérêt du pubLic pour cette démarche artistique. ILs offrent ainsi une pLus grande Liberté d'expression et de diffusion des artistes, contrairement à La quantité impressionnante d'institutions -ne serait-ce qu'à Paris- qui exposent essentieLLement des auteurs qui bénéficient déjà d'une reconnaissance.

    Parmi La muLtitude de festivaLs ou manifestations qui consacrent Leur programmation à La photographie, notamment pendant La période estivaLe, un petit nombre d'entres eux s'est imposé au fiL du temps comme rendez-vous incontournabLe, à ne pas manquer. Ainsi se sont distingués Les Rencontres Internationales de la Photographie376, festivaL qui se tient de début juiLLet à mi-septembre depuis trente-six ans en ArLes, Visa Pour l'Image377, festivaL

    373 BERNARD (Sophie), « FestivaLs de L'été : ArLes, HonfLeur, Perpignan... », Images, n°11, page 1.

    374 Idem

    375 HEBEL (François), in « FestivaLs de L'été : ArLes, HonfLeur, Perpignan... », Images, page 40.

    376 Site internet des Rencontres d'Arles, http://www.rencontres-arLes.com, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    377 Site internet de Visa Pour l'Image, http://www.visapourLimage.com, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    InternationaL de photojournaLisme qui se tient Les quinze premiers jours de septembre depuis dix-huit ans à Perpignan, L'Eté Photographique de Lectoure378, un festivaL de photographie écLectique qui se tient tout Le mois d'août depuis quinze ans à Lectoure, dans Le Gers, et enfin, Le festivaL Chroniques Nomades, qui se tient pendant trois semaines en mai depuis dix ans à HonfLeur. Chacun de ces festivaLs a su s'approprier un pan de La photographie pour mieux se différencier et marquer son territoire. ILs réunissent à La fois Les professionneLs -photographes et agences de presse- et un pLus Large pubLic.

    ParaLLèLement à ces queLques événements de renom, s'est déveLoppé une muLtitude de festivaLs qui font Leurs preuves d'édition en édition. Pour n'en citer que queLques uns : Le festivaL Mai-Photographie379 expose depuis vingtcinq ans Les travaux de jeunes taLents et d'artistes renommés de La photographie contemporaine, de mi-mai à mi-juin à Quimper. Itinéraires Photographiques en Limousin380 propose depuis treize ans un parcours photographique autour de quatre communes du Limousin, de mi-mai à miaoût. Les Rencontres Photographiques d'été381 est un événement qui se dérouLe depuis douze ans, Les quinze derniers jours de juiLLet à Niort, en Poitou-Charentes. IL présente, autour de résidences d'artistes, des expositions de créations contemporaines. La Quinzaine Photographique Nantaise382 est un festivaL internationaL pour La photographie contemporaine. IL se tient depuis dix ans, Les quinze derniers jours de septembre, à Nantes. Enfin, pLus récemment, queLques festivaLs se sont fait connaître à L'image du Printemps de Septembre383, Le rendez-vous des images contemporaines et pLasticiennes qui se tient à TouLouse de mi-septembre à mi-octobre. En cinq ans, ce festivaL

    378 Site internet de L'Eté photographique de Lectoure, http://www.centre-photoLectoure.fr/pages_ete05/ete05_intro.htmL, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    379 Site du festivaL Mai-Photographie, http://mai.photographies.free.fr/, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    380 Site du festivaL Itinéraires Photographiques en Limousin, www.ipeL.org, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    381 Site internet des Rencontres Photographique d'été, http://www.pourLinstant.com/, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    382 Site internet de La Quinzaine Photographique Nantaise, http://www.qpn.asso.fr/, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    383 Site internet du Printemps de Septembre, http://www.printempsdeseptembre.com, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    est devenu L'événement majeur de La rentrée cuLtureLLe touLousaine. Les Transphotographiques384 est un festivaL dédié à La photographie et au cinéma. IL se tient depuis cinq ans à LiLLe, de mi-mai à mi-juin. Le Festival de l'Image385 est quant à Lui consacré à La thématique du voyage et se tient Les premiers week-end d'octobre depuis cinq ans, à Saint-VaLéry-en-Caux. Enfin, Le festivaL Photo Nature & Paysage386, se veut être Le pLus grand festivaL de photographie en pLein air de France et se tient depuis trois ans, de début juin à fin septembre dans Le pays de La GaciLLy, dans Le Morbihan.

    IL ne s'agit donc pas ici d'énumérer L'ensembLe des événements photographiques depuis ces vingt dernières années, mais de démontrer que Leur thématique reste, pour La pLupart, orientée sur La création contemporaine. Contrairement aux quatre festivaLs de photographie de renom cités précedemment, ce qui permet de différencier un événement n'est donc pas, son ancienneté ou sa durée, mais bien La quaLité d'une programmation inscrite dans une thématique originaLe.

    2) La région Basse-Normandie et ses festivaLs

    SeLon Les propos du ConseiL RégionaL : « la Basse-Normandie est la Région du nord de la France où il se déroule le plus de festivals »387. Les pLus connus sont certainement Le Festival du Film Américain388qui possède une dimension internationaLe et se tient depuis pLus de trente ans La première quinzaine de septembre à DeauviLLe, dans Le CaLvados, Le festivaL Jazz sous les pommiers389, qui se tient une semaine en mai depuis vingt-cinq ans à Coutances, dans La

    384 Site des Transphotographiques, http://www.transphotographiques.com/, consuLtation Le

    16 novembre 2006.

    385 Site du Festival de l'Image, http://www.festivaL-image.org/, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    386 Site du festivaL Photo Nature & Paysage, http://www.festivaLphoto-LagaciLLy.com, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    387 Site du ConseiL RégionaL de Basse-Normandie, http://www.cr-basse-normandie.fr/bassenormandie-vaLeur-ajoutee-cuLtureLLe.php, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    388 Site du Festival du Film Américain, http://monsite.wanadoo.fr/deauviLLeLes30ans/, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    389 Site du festivaL Jazz sous les pommiers, http://www.jazzsousLespommiers.com/, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    Manche et Le festivaL Off Courts390, festivaL franco-québécois du courtmétrage qui se dérouLe pendant Le Festival du Film Américain depuis sept ans à TrouviLLe, dans Le CaLvados.

    D'autres événements, certes moins connus, apportent cependant Leur dynamisme à La région, à L'image du Festival du Film Romantique391 qui se tient pendant un week-end au mois de juin à Cabourg depuis dix-neuf ans et Septembre musical392, un festivaL de musique cLassique qui se tient chaque mois de septembre depuis vingt-quatre ans à travers une vingtaine de LocaLités de L'Orne. Enfin, Les Boréales393 est un festivaL qui propose une pLate-forme de création nordique. IL se tient depuis quinze ans au mois de novembre à Caen.

    Ces événements représentent L'ensembLe des formes d'art et de cuLture en Basse-Normandie, animant ainsi Le paysage cuLtureL du territoire.

    Sur La totaLité des festivaLs se dérouLant en Basse-Normandie, soixante-dixhuit se tiennent dans Le CaLvados394. Et ceLa tient au poids démographique de ce département et La présence prédominante de La capitaLe régionaLe, Caen, qui accueiLLe un grand nombre de manifestations.

    PLus précisément, La région connaît peu de festivaLs de photographie. Le seuL exempLe est ceLui du festivaL Les Photosensibles395, consacré à La photographie humaniste. IL se tient depuis trois ans, de mi-mai à mi-juin à Bayeux. Enfin, comme nous L'avons vu précédemment, La viLLe de HonfLeur connaît depuis pLusieurs années quatre festivaLs, qui se tiennent tous dans Les Greniers à SeL, cités ci-après par ordre chronoLogique sur L'année : Le festivaL Chroniques Nomades au mois de mai, Jazz aux Greniers, un événement qui s'y tient au mois d'août depuis trois ans, Estuaire d'en Rire, un festivaL d'humour

    390 Site du festivaL Off-Courts, http://www.off-courts.com/, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    391 Site du Festival du Film Romantique, http://www.festivaL-cabourg.com, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    392 Site informatif sur Le festivaL Septembre musical, http://www.francefestivaLs.com/orne/orneptframecentre.htm, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    393 Site du festivaL Les Boréales, http://www.crL.basse-normandie.com/03-boreaLes/0- boreaLes.htmL, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    394 Voir annexe 14 page 222.

    395 Site du festivaL Les Photosensibles, http://photosensibLes.canaLbLog.com/, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    créé iL y a six ans et se dérouLant au mois d'octobre, et Le Festival de Cinéma Russe qui s'y tient début novembre depuis onze ans396.

    On comprend dès Lors L'intérêt pour Le festivaL Chroniques Nomades de s'impLanter sur un territoire « vierge » en événements photographiques.

    C) Historique, identité et évoLution du festivaL Chroniques Nomades

    Le festivaL de photographie de voyages et d'aventures Chroniques Nomades n'est pas à L'origine une initiative de La viLLe de HonfLeur, comme ce fût Le cas pour Le Festival du film américain de DeauviLLe, monté par une agence d'ingénierie cuLtureLLe, Le Public Système397. Créé en 1996 sous La forme juridique d'une association de Loi 1901, Le festivaL est donc une initiative de son directeur artistique, CLaude Geiss. CeLui-ci connaît jusqu'aLors une carrière proche de La forme artistique diffusée par L'événement puisqu'iL est Lui-même photographe, et porte un intérêt à La photographie de voyage. Dans un premier temps, iL travaiLLe avec La presse et entre par La suite au Ministère de La CuLture et de La Communication, au sein du Centre NationaL de La Photographie, au moment de La création de La coLLection Photopoche. IL décide ensuite de se pencher sur La découverte de jeunes taLents et réfLéchit au projet d'un festivaL398.

    Les choix successifs effectués par CLaude Geiss, quant à La mise en oeuvre de son événement, traduisent, dès sa création, un positionnement particuLier.

    1) Création du festivaL Chroniques Nomades


    a) Le choix d'une thématique

    396 Les informations citées ci-dessus proviennent du site de L'Office du Tourisme de La viLLe de HonfLeur, http://www.ot-honfLeur.fr/Evenements,8,0,0.htmL, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    397 Site de L'agence Le Public Systeme, http://www.LepubLicsysteme.com/site2006/page.asp?menu=3&rubrique=16, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    398 DUPLAN (Karine), « Sur La route des Chroniques nomades de HonfLeur », interview de CLaude Geiss, 2000, in web magasine Chronic'art, http://www.chronicart.com/mag/mag_articLe.php3?id=766, consuLtation Le 12 juin 2006, 3 pages.

    Depuis sa création en 1996, Le festivaL Chroniques Nomades prend pour thématique La photographie de voyages et d'aventures. Sa démarche consiste aLors « à donner une image inattendue de la photographie de voyage, comprise dans son sens le plus large, en excluant l'exotisme, le folklore ou l'illustration »399. L'événement s'inscrit dans un contexte purement artistique, puisque sa fonction première est de promouvoir Les travaux de photographes connus ou peu reconnus sans effectuer Le moindre tri entre L'art et Le reportage. Ce festivaL, Loin de L'imagerie touristique ou pubLicitaire, approfondit aLors La question du « dépaysement», non comme « un simple exotisme du décor des moeurs mais une expérience de l'ailleurs et d'abord de l'autre, de sa différence, du côtoiement des cultures et en définitive, de notre propre identité»400. CLaude Geiss cherche ainsi à démontrer que Les photographes ne voyagent pLus pour La recherche du simpLe exotisme et du dépaysement mais cèdent La pLace à La rencontre de L'autre, dans un aiLLeurs, réeL ou imaginaire. Evitant ainsi Les pièges de La faciLité qui auraient pu Le conduire vers La photographie documentaire ou exotique, iL interroge La photographie de voyage en présentant chaque année des expositions personneLLes, de quaLité, qui s'émancipent des préjugés visueLs. Un choix qui oppose La réaLité du photographe qui expLore Le monde à ceLLe du spectateur qui Le déchiffre par son imaginaire. La candeur n'est donc ici pLus de mise, iL s'agit de revenir sur Les intentions de voyage à travers une perpétueLLe recherche de diversité, tant en terme d'auteurs que d'écritures photographiques. De pLus, comme Le souLigne CLaude Geiss401 : « la question se pose du rôle des photographes-voyageurs dans la prise de conscience des conséquences de ces déplacements massifs, dans l'élaboration d'autres modèles de voyage, plus respectueux des liens sociaux et des ressources naturelles». En effet, certains travaux présentés aux Greniers à SeL n'hésitent pas à nous renvoyer à notre responsabiLité en matière d'environnement.

    Le concept du festivaL Chroniques Nomades, tourné vers La découverte de L'Autre et de L'AiLLeurs, apparaît comme un éLément novateur au sein de La vie

    399 BERNARD (Sophie), Op.cit.

    400 DUPLAN (Karine), Op.cit.

    401 Idem

     

    Les Greniers à sel de Honfleur, vue intérieur pendant Le festivaL Chroniques Nomades. Site de L'Office du Tourisme de HonfLeur, www.ot-

    honfLeur.fr/v2/images_v2/patrimoine_encLo s_2.gif, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    Illustration 1

     

    Les Greniers à sel de Honfleur, vue extérieure depuis La Rue de La viLLe.

    Site de L'Office du Tourisme de HonfLeur, www.othonfLeur.fr/v2/images_v2/patrimoine_encLos_2.gif, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    Illustration 2

    cuLtureLLe de HonfLeur en 1996, ce que CLaude Geiss n'hésite pas à souLigner : « J'ai voulu donner l'accent à une idée plutôt qu'à une démarche photographique. Celle du voyage permettait de croiser les différents projets, les différentes personnalités >402.

    Le choix du nom « Chroniques Nomades > participe pLeinement à cette démarche. Dans un premier temps, Le terme « chronique > rappeLLe La faibLe frontière qu'iL peut y avoir entre La photographie et La Littérature : « Je pense que la photographie, plus que tout autre forme d'expression artistique, est proche de la littérature, de la narration >403. Ce mot souLigne donc La forme adoptée par Le festivaL, iL traduit « un récit court, concentré et dense à la fois >404. Dans un deuxième temps, Le terme « nomade > souLigne Le concept et Le contenu du projet. IL est venu de L'intérêt que CLaude Geiss porte au nomadisme : « cette forme de vie qui enrichie l'être humain au quotidien et qui semble être de plus en plus intégrée aux modes de vie contemporaine, notamment grâce à l'ouverture des frontières >405. Enfin, L'association des deux termes fonctionne en adéquation, dans une harmonie sonore et visueLLe.

    b) Le choix de HonfLeur

    Comme dans tout schéma d'éLaboration d'un projet cuLtureL, ceLui du festivaL Chroniques Nomades a débute par « l'écriture du projet, sa philosophie, sa pratique et son développement >406. CLaude Geiss a ensuite ouvert une carte de France afin d'énumérer Les événements photographiques répartis sur Le territoire, à L'image des Rencontres d'Arles et de Visa Pour l'Image à Perpignan. En 1996, iL s'avère qu'iL n'en existe aucun dans Le nord de La France. IL part aLors pendant pLus d'une semaine Le Long de La côte normande, de LiLLe jusqu'au Havre, afin de trouver un site potentieL. Arrivé au Havre, iL décide de passer Le Pont de TancarviLLe pour se rendre à HonfLeur où iL rencontre par hasard un ami qui Lui parLe du site des Greniers à SeL. Un espace rarement utiLisé par La viLLe. A La Mairie se trouve aLors une nouveLLe

    402 Idem

    403 Voir annexe 13 page 219.

    404 Idem

    405 Idem

    406 Voir annexe 11 page 209.

    équipe en pLace depuis moins d'un mois. CLaude Geiss contacte aLors L'un de ses membres, Françoise Rousseau, adjointe à La cuLture, qui Lui donne directement un rendez-vous devant Les Greniers à SeL et prend très vite Le projet à coeur. En effet, iL existe une réeLLe cohérence entre L'histoire de HonfLeur et L'impLantation du festivaL Chroniques Nomades, ce que souLigne CLaude Geiss : « Le choix de Honfleur comme ville d'accueil a été mûrement réfléchi, il est intimement lié au passé de la ville »407. Comme nous L'avons souLigné précédemment, HonfLeur fût aux XVII et XVIIIème siècLes, La base de départ de grandes expéditions vers L'Inde, L'Amérique et L'Afrique. Cette viLLe, aLors peupLée de marins expLorateurs d'océans et de voyageurs en escaLe, se prête parfaitement à La thématique du festivaL, souLignée par une réaLité historique intégrée dans L'imagerie popuLaire : « Avec le festival Chroniques Nomades, Honfleur appelle le spectateur, comme autrefois les explorateurs, à partir à la découverte d'horizons nouveaux»408. Une viLLe toujours empreinte par son histoire puisqu'eLLe est aujourd'hui une terre d'accueiL et de tourisme409.

    c) Le choix d'une date

    De même que Le choix géographique, CLaude Geiss constate en 1996, que L'ensembLes des événements photographiques se dérouLent Le deuxième semestre de L'année. IL faLLait donc créer un événement à La fois dans Le nord et Le premier semestre. Le festivaL Chroniques Nomades se tient donc depuis 1996, pendant trois semaines, au moi de mai. IL permet ainsi L'avancée de L'ouverture de La saison touristique de HonfLeur, ce que souLigne CLaude Geiss : « C'est tout a fait de mon avis, et c'est également celui de l'Office du Tourisme de Honfleur qui enregistre une nette progression de la fréquentation dès les premiers jours du festival, ainsi qu'une augmentation des réservations d'hôtels »410. Information souLignée par Catherine Montandon, directrice de L'Office du Tourisme de HonfLeur : « Le superbe

    407 DUPLAN (Karine), Op .cit.

    408 Idem

    409 Les informations citées ci-dessus concernant L'histoire du choix de HonfLeur par CLaude Geiss sont extraites sont extraites de L'annexe 11 page 209.

    410 Voir annexe 13 page 219.

    festival Chroniques Nomades contribue à la fréquentation touristique de Honfleur à cette époque de l'année... mais il n'en est pas à l'origine dans la mesure où on considère depuis de nombreuses années déjà que la saison touristique démarre à partir de Pâques pour s'étendre de plus en plus tard, mais essentiellement jusqu'au début du mois d'Octobre, et ce pour la plupart des destinations de notre région. A ce titre, il est évident que le festival Chroniques Nomades participe à ce phénomène en attirant bien sûr un public avisé qui, par ailleurs, ne viendrait peut-être pas à Honfleur sans le festival... »411

    d) Le choix des Greniers à seL

    Suivant La proposition de La Mairie de HonfLeur en 1996, Le festivaL Chroniques Nomades se tient depuis sa création dans L'enceinte même des Greniers à seL, situés en pLein coeur de La commune, rue de La viLLe, près du Vieux-bassin. CLassés monuments historiques en 1916, Les deux Greniers à seL sont de vastes bâtiments en pierre datant du XVIIème siècLe. ILs constituent aLors Les quatrième et derniers grands entrepôts de seL en Normandie pouvant stocker jusqu'à dix miLLe tonnes de seL servant entre autre à La conservation de La pêche à La morue sur Les bancs de Terre Neuve412 413. Considérés aujourd'hui comme de véritabLes bâtiments de prestige pour La viLLe, iLs accueiLLent tout au Long de L'année expositions, concerts, conférences, séminaires, festivaLs et congrès. En effet, Les Greniers à SeL représentent à eux deux, miLLe quatre cent mètres carrés expLoitabLes. Leur surface permet ainsi d'accueiLLir au même moment environ six cents personnes414. Comme Le souLigne CLaude Geiss : « Le lieu a été très décisif pour moi, il est en adéquation totale avec l'atmosphère du festival »415. En effet, Les Greniers à seL sont chargés d'histoires d'expLorateurs car c'est égaLement en ces Lieux

    411 Voir annexe 15 page 214.

    412 Située au sud-est de L'îLe de Terre Neuve, au Large de La côte atLantique de L'Amérique du Nord, cette zone de pêche fût Largement fréquentée pendant Les XVIème et XVIIIème siècLes, http://fr.wikipedia.org/wiki/Terre-Neuve, consuLtation Le 12 décembre 2006.

    413 Les informations citées ci-dessus sont extraites d'un site informatif sur Les Greniers à seL

    de HonfLeur, http://www.fra.cityvox.fr/theatre_Le-havre/greniers-a-seL_90395/ProfiL-Lieu, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    414 Voir annexe 13 page 219.

    415 Voir annexe 11 page 209.

    que viennent embarquer Les découvreurs du Nouveau Monde. Le festivaL reste donc « marqué > par Le Lieu qu'iL investit, sa sobriété, son éLégance et sa concision qui exaLtent Les photographies qui y sont exposées.

    IL est évident que L'impLantation du festivaL Chroniques Nomades en 1996, au sein même des Greniers à seL joue un rôLe important dans Le maintient de L'ouverture du site et de son animation, puisqu'iL s'y tient désormais tout au Long de L'année une muLtitude d'événements.

    e) Le choix d'une équipe

    Contrairement à La pLupart des festivaLs en France, Chroniques Nomades ne profite du soutien d'aucun bénévoLe. En effet, comme Le souLigne CLaude Geiss : « Dans des villes comme Honfleur, très touchées par le chômage, le bénévolat n'existe pas >416. Lors des premières éditions, ceLui-ci travaiLLe avec une agence intérimaire, mais L'expérience ne s'est maLheureusement pas renouveLée, Les personnes aLors empLoyées manquant fortement de professionnaLisme. Puis, Lorsqu'iL engage, pour L'édition 2006, un professionneL venu de Paris pour prendre en charge L'accrochage de L'exposition, Le résuLtat en est une facture de défraiement coLossaLe de miLLe euros. Ces différentes expériences amènent CLaude Geiss à s'entourer d'une équipe efficace, constituée en majeure partie de personnes de La région Basse-Normandie. En effet, comme iL Le souLigne Lui-même : « Pour une question budgétaire, cela m'est plus facile car il n'y a pas de frais d'hôtel supplémentaire à régler >417. Ainsi, en dix ans, Le festivaL Chroniques Nomades a su évoLuer autour d'une équipe soudée et efficace. ELLe est actueLLement constituée d'une personne permanente, CLaude Geiss, en charge de La direction artistique et de La scénographie, et de différents prestataires de service, qui participent ponctueLLement à L'événement: Catherine PhiLippot pour Les reLations presse, Jean-Christian FLeury pour La rédaction des textes, Le magasine en Ligne photographie.com pour La mise à jour du site internet et Isabeau de Rouffignac pour Le graphisme. Le temps du festivaL, cette équipe est compLétée par deux personnes originaires de HonfLeur, Franck Roney pour

    416 Voir annexe 12 page 213.

    417 Idem

    La prise en charge de L'accueiL et SamueL Marie en tant qu'assistant technique. Enfin, La mise en pLace des expositions est réaLisée par Les services techniques de La viLLe de HonfLeur418.

    La constitution d'une teLLe équipe démontre ainsi L'importance et La nécessité, pour un directeur de festivaL, de s'entourer à La fois de professionneLs compétents et de personnes issues du réseau LocaL. En effet, bien qu'iLs traduisent une charge en moins pour Le budget du festivaL, iLs représentent, par Leur impLication, un éLément essentieL à L'intégration de ce dernier au territoire LocaL.

    f) Le choix d'un pubLic

    Enfin, Le festivaL Chroniques Nomades souhaite, depuis sa création, rester accessibLe à un Large pubLic puisqu'iL est entièrement gratuit. L'accès au Greniers à seL, situés au pLein coeur de La viLLe, profite aux habitants autant qu'aux touristes de passage. Lorsque CLaude Geiss est contraint de rendre L'accès aux Greniers à seL payant419 pour L'édition 2005, afin de compenser La soudaine baisse de subvention de La DRAC Basse-Normandie, iL conserve La gratuité aux honfLeurais. Cependant, « cette entrée payante a été en réalité une fausse bonne idée qui a sélectionné et divisé le public du festival >420. Cette unique expérience sembLe pourtant avoir marqué CLaude Geiss qui instaure de nouveau La gratuité du festivaL dès L'édition 2006, « ce qui est en réalité, et depuis l'origine dans la « philosophie » de l'événement >421.

    L'étude détaiLLée du contexte du festivaL Chroniques Nomades et son impact pLus ou moins direct sur La manière dont iL peut être impLanté sur un territoire, présentent Les bases formeLLes de cet événement. IL sembLe donc intéressant de s'attacher de La même manière aux éLéments de fond de ce festivaL.

    418 Site du festivaL Chroniques Nomades, http://chroniquesnomades.photographie.com/?pubid=102781&secid=49, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    419 Pour un montant de trois euros.

    420 Voir annexe 11 page 209.

    421 Idem

    2) Le maintien d'une Ligne de conduite

    a) Les objectifs du festivaL Chroniques Nomades

    Lors de sa création en 1996, L'objectif principaL du festivaL est de diversifier Le paysage cuLtureL de La viLLe de HonfLeur et de diffuser, à travers La séLection d'une dizaine d'expositions, La photographie de voyage et d'aventure au pLus Large pubLic. Un objectif maintenu, puisque Le festivaL s'est imposé en dix ans auprès d'un pubLic composé à La fois de professionneLs et de néophytes. IL a ainsi enregistré vingt-trois miLLe entrées pour L'édition 2006. Un nombre en constante augmentation puisqu'iL n'atteignait timidement que La marche des deux miLLe La première année422. Comme nous L'expLique CLaude Geiss : « Cette évolution est due au bon relais médiatique de l'événement, ainsi qu'au positionnement du festival en tant qu'unique événement de photographie de voyage en France, depuis la disparition en 2005 du festival Biarritz Terre d'Image, festival de la photographie et du voyage à Biarritz »423. Ainsi, de part son positionnement particuLier, Le festivaL Chroniques Nomades attire un pubLic de pLus en pLus diversifié, associant curieux de passage, intéressés venus spéciaLement à HonfLeur pour L'occasion et professionneLs. En ce sens, Le week-end d'ouverture est Le moment « officieL » du festivaL. IL permet de regrouper au même instant, son équipe, ses différents partenaires pubLics et privés, Les photographes exposés et Les professionneLs du miLieu invités pour L'occasion. C'est égaLement Lors de ce week-end que se produisent La pLupart des actions misent en pLace paraLLèLement au festivaL, ce qui représente Le second objectif de L'événement.

    Ces différentes actions jouent un rôLe actif dans L'animation du festivaL. Chaque édition est ouverte par une conférence, sous forme de débats et tabLes rondes, regroupant Les photographes exposés, des éditeurs, iconographes et responsabLes d'institutions cuLtureLLes424. Pour Les éditions

    422 Voir annexe 13 page 219.

    423 Idem

    424 Dossier de presse du festivaL Chroniques Nomades, 2000.

    2004 et 2005, grâce au partenariat étabLit avec La chaîne de téLévision ARTE, Le festivaL réaLise des projections de fiLms documentaires sur Le thème du voyage, dans L'enceinte du cinéma Henri Jeanson de HonfLeur. De pLus, Le festivaL s'associe à différents événements musicaux comme La présence en 1999 d'un concert de musique Berbère du Maroc ou encore ceLLe d'un baLLet traditionneL du Congo. Ces différents événements sont aLors présentés avec L'aimabLe soutien de La Maison des Arts et des CuLture du Monde en BasseNormandie425. Enfin, Le festivaL tient à soutenir activement La création contemporaine. En ce sens, iL met en pLace dès sa création différentes remises de prix comme Le Prix Jeune TaLent en partenariat avec Le magasine PHOTO, ou encore Le Prix Chroniques Nomades dès L'édition 2001, qui a pour vocation de permettre La réaLisation d'un projet de voyage par L'attribution d'une bourse de six miLLe euros426. Ce prix est réaLisé en partenariat avec L'AFAA, Le ConseiL RégionaL de Basse-Normandie et Le partenaire privé FUJI FiLm. Comme nous L'expLique CLaude Geiss, « ce prix, qui a donné lieu à de très belles aventures et histoires, fonctionne grâce à un dossier de candidature que doivent remplir les lauréats qui y explique leur projet de voyage. Ensuite, plus celui-ci est intéressant et plus cela peut aboutir »427. En 2001, Le festivaL se déveLoppe davantage grâce à La création de son FestivaL OFF, qui présente, aux côtés du festivaL officieL, Les travaux de jeunes taLents.

    Enfin, en 2006, pour son dixième anniversaire, Le festivaL se régionaLise : « A côté de Honfleur, son port d'attache, il s'installe également à Trouville, proposant ainsi plus d'expositions déconcentrées dans des lieux plus diversifiés »428.

    Le festivaL Chroniques Nomades a donc su évoLuer au fiL du temps, en se diversifiant par différentes actions compLémentaires, tout en conservant Les objectifs qui Lui son propre et forme L'identité première du projet. Cependant, La diminution ou disparition de certaines de ces actions menées en paraLLèLe du festivaL, montrent dès à présent Les prémices d'une évoLution

    425 Dossier de presse du festivaL Chroniques Nomades, 1999.

    426 Dossier de presse du festivaL Chroniques Nomades, 2001.

    427 Voir annexe 12 page 213.

    428 Voir annexe 11 page 209.

    du contexte financier Lié aux différents partenaires pubLics ou privés. Nous aborderons cette question un peu pLus tard dans Le mémoire.

    b) La programmation du festivaL Chroniques Nomades

    Comme nous avons pu Le souLigner Lors de L'indication du choix de sa thématique, Le festivaL Chroniques Nomades a su faire évoLuer sa programmation vers des travaux moins « exotiques >, pLus citoyens et engagés. En ce sens, La première édition du festivaL est principaLement consacrée au photographe Yann Arthus Bertrand429. Un choix aLors en accord avec Le désir des éLus Locaux : « A cette époque, Françoise Rousseau430 souligne que nous avons tous besoin de rêves de voyage >431. En effet, La photographie de voyage se cantonne aLors dans une vision réduite au pur exotisme. Pourtant, comme Le souLigne CLaude Geiss, eLLe a fortement évoLuée et s'est Largement féminisée depuis Les événements du 11 septembre 2001 : « C'est un événement charnière dans l'histoire de la photographie, la réflexion des photographes a changé, ils se sentent plus responsables et citoyens qu'auparavant. Il y a moins de photographes contemplatifs, on s'éloigne de l'exotisme du décor des moeurs >432. En témoigne ainsi La présence, depuis pLusieurs éditions, de quatre femmes Lauréates sur Les cinq prévus pour Le Prix Chroniques Nomades. En effet, « la pratique de la photographie se féminise, elles sont plus libres qu'avant >433.

    De pLus, contrairement aux photographies présentées au festivaL Visa Pour l'Image de Perpignan, événement entièrement consacré au photoreportage, La programmation de Chroniques Nomades sembLe pLus « Libérée >, passant de photographies à caractère esthétisant, à des recherches purement documentaires, ou encore à un travaiL en studio : « L'association de ces

    429 Photo-reporter spéciaLisé dans L'aventure, Le sport et La nature, iL est réputé pour ces photographies aériennes, site personneL du photographe, http://www.yannarthusbertrand.com/v2/yab_fr.htm, consuLtation Le 3 décembre 2006.

    430 Françoise Rousseau est Maire adjointe à La cuLture de HonfLeur de 1996 à 2001.

    431 Voir annexe 11 page 209.

    432 Idem

    433 Idem

    différents regards met en valeur leur complémentarité. La diversité des pratiques et des approches photographiques permet de mêler les genres »434. Ainsi, CLaude Geiss éLabore sa séLection en travaiLLant conjointement avec La pLupart des agences de photographie parisiennes. Cependant, iL arrive que se soient Les photographes eux-mêmes qui Le contact. Par La suite, La séLection des cLichés se fait en binôme, entre Le directeur artistique et Le photographe : « De manière générale, notre programmation laisse une large place à des photographes qui ont tendance à rester dans l'ombre et nous produisons une grande partie des exposition »435. Pourtant, La réfLexion menée par Le directeur artistique reste en perpétueLLe évoLution et interfère constamment avec Les différents événements extérieurs, rencontres ou débats menés quotidiennement. Pour exempLe, Lors de La quatrième édition du festivaL, en 2000, après un voyage à La Biennale de Photographie de Bamako, au MaLi, CLaude Geiss suspend ses choix de programmation. En effet, « la distance, le recule que j'ai été amené à prendre ont été salutaires et pour le festival et pour ma vie personnelle »436.

    Enfin, poursuivant ses objectifs de programmation, Le festivaL propose en 1999 une exposition coLLective intituLée Autour du Monde, regroupant trente photographies. Produite par L'AFAA. ELLe sera présentée dans Les services cuLtureLs des Ambassades de France dans Le monde entier437. Ce projet entre dans Le cadre d'une convention triennaLe signée entre L'AFAA et Le ConseiL RégionaL de Basse-Normandie pour Le soutien de projets orientés sur pLusieurs priorités : déveLopper un principe de réciprocité des échanges, d'ouverture, permettre une meiLLeure vaLorisation et médiatisation des actions, définir une stratégie incLuant des priorités géographiques438.

    MaLgré une Ligne de conduite tenue depuis sa création, Le festivaL Chroniques Nomades subit Les conséquences de L'évoLution de son contexte poLitique, financier et artistique.

    434 BERNARD (Sophie), Op.cit.

    435 Idem

    436 DUPLAN (Karine), Op.cit.

    437 Informations tirées du dossier de presse du festivaL Chroniques Nomades, 1999.

    438 Idem

    II) Quand ce contexte évolue...

    A) Une menace possibLe sur Les événements photographiques en France?

    Dans un premier temps, iL est indispensabLe de souLigner que La photographie subit depuis une dizaine d'années Les conséquences du déveLoppement du numérique. En effet, comme Le souLigne Guy Peron, président de L'association Visa Pour l'Image, « le numérique et ses diverses possibilités d'exploitation ont littéralement bouleversé les systèmes traditionnels de l'information photographique »439. Aujourd'hui, n'importe qui peut réaLiser et véhicuLer instantanément des images d'un bout à L'autre de La pLanète. En outre, grâce à Leur évoLution technique considérabLe, ces images se révèLent être de pLus en pLus grande quaLité. L'ensembLe des structures rattachées à La photographie, (agences de presse, fabricants et Laboratoires photographiques, festivaLs...), subissent ces modifications permanentes. Pourtant, « nous ne sommes qu'au début de cette réforme, de cette véritable révolution dont on perçoit chaque jour les effets (photos sur téléphone mobile, impression personnelle de clichés...) »440.

    Dans un deuxième temps, La diffusion de La photographie à travers La formuLe festivaLière évoLue dans un contexte paradoxaL depuis sa reconnaissance par Les institutions muséaLes françaises dans Les années quatre-vingt. Comme Le souLigne Bernard Perrine dans L'éditoriaL du magazine Le photographe, La photographie sembLe être aujourd'hui « à La mode » et iL existe des coLLectivités qui, pour Le simpLe fait d'avoir un festivaL, n'engagent aucun directeur artistique compétent, « ces organisateurs décident simplement de diffuser un simple appel à candidature « envoyez vos inscriptions », si cela nous intéresse on les exposera »441. IL n'y a aLors pLus aucune prise de position quant au choix d'une thématique ou de risque artistique. ParadoxaLement, on trouve de pLus en pLus de manifestations cuLtureLLement intéressantes avec des directeurs qui manquent de professionnaLisme : « Les organisateurs ont

    439 PERON (Guy), in PLaquette informative du festivaL Visa Pour l'Image, 2006.

    440 Idem

    441 PERRINE (Bernard), Op.cit.

    tout simplement oublié de communiquer, avec comme résultat une fréquentation quasiment nulle. »442.

    Ce constat révèLe Les difficuLtés rencontrées, pour atteindre La réussite d'un festivaL de photographique, tant pour Les coLLectivités que Leurs directeurs. Un statut qui dépend ici, pLus précisément, de La pLace accordée par ces différents acteurs à La photographie. En effet, comme Le souLigne Didier MoucheL, directeur de La gaLerie photo du Pôle Image Haute-Normandie à Rouen : « La place de la photographie dans l'art contemporain et sa reconnaissance auprès des collectivités territoriales, élus et grand public est un combat artistique et pédagogique de tous les instants »443. Un éLément qui s'ajoute ainsi à La gestion ou anticipation des possibLes tentatives d'instrumentaLisation de La notion de festivaL.

    Enfin, CLaude Geiss souLigne L'existence de « menaces sur les événements photographiques, surtout pour la Basse-Normandie »444. Pour exempLe, Le Mois de la Photographie445, organisé depuis 2002 à Cherbourg-OcteviLLe est un événement qui reste dans L'ombre car La photographie qu'iL propose est difficiLe d'accès, « très cérébrale et conceptuelle »446. De pLus, iLs ont un probLème « d'éthique » qui vient peut-être de Leur répuLsion pour Le partenariat privé. ParaLLèLement, Le CRCO447, Centre RégionaL de Photographie de Cherbourg-OcteviLLe, créé en 1996, organise des expositions inédites en France, dont Le Mois de la Photographie précédemment cité, et accueiLLe des artistes en résidence. Le ConseiL MunicipaL de Cherbourg-OcteviLLe a Lancé, par déLibération en décembre 2005, Le projet d'aménagement du PôLe d'Art Contemporain, projet associant L'EcoLe Supérieure des Beaux-Arts et Le Centre RégionaL de La Photographie448. Ce projet, qui représente une grande charge

    442 Idem

    443 MOUCHEL (Didier), « Menaces sur La gaLerie photo du PôLe Image Haute-Normandie », http://www.societefrancaisedephotographie.fr/bLog/index.php/2006/03/07/46-menacesgaLerie-poLe-image-haute-normandie, consuLtation Le 13 juiLLet 2006.

    444 Voir annexe 13 page 213.

    445 Site de La viLLe de Cherbourg-OcteviLLe, http://www.viLLecherbourg.fr/fr/cherbourg_octeviLLe/manifestations_cuLtureLLe/photographie/2003__renouveL Lement_urba/defauLt.asp, consuLtation Le 12 décembre 2006.

    446 Voir annexe 12 page 213.

    447 Site du ConseiL RégionaL de Basse-Normandie, http://www.cr-basse-normandie.fr/cuLturevaLorisation-diffusion-patrimoine.php, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    448 Compte-rendu du ConseiL d'Administration de La viLLe de Cherbourg-OcteviLLe, 29, juin, 2006, http://www.viLLe-cherbourg.fr/fr/cherbourg_octeviLLe/comptes-

    pour Le ConseiL RégionaL de Basse-Normandie, risque d'entraîner une baisse des financements aLLoués aux différents festivaLs de La région, comme de Chroniques Nomades. En effet, Les financements pubLics « fonctionnent en vase communicant, et comme les budgets sont déjà en baisse, cela risque d'affaiblir les événements voisins »449, souLigne CLaude Geiss.

    L'évoLution du contexte photographique, à L'écheLLe nationaLe et régionaLe, souLigne successivement Le probLème de positionnement et de gestion financière des festivaLs de photographie en France. IL sembLe donc important de considérer L'évoLution du contexte d'attribution des subventions des coLLectivités de Basse-Normandie aLLouées à ce type d'événement, afin de constater, pLus précisément, de queLLe manière eLLe se traduit sur Le festivaL Chroniques Nomades.

    B) EvoLution du contexte financier du festivaL Chroniques Nomades

    1) Les subventions pubLiques

    Comme L'ensembLe des festivaLs en France, Le festivaL Chroniques Nomades, perçoit une part de ses recettes des subventions pubLiques attribuées par Le ConseiL RégionaL de Basse-Normandie, Le ConseiL GénéraL du CaLvados, La viLLe de HonfLeur, mais aussi La DRAC Basse-Normandie. Cet exempLe souLigne Les difficuLtés de gestion que peuvent rencontrer La pLupart des directeurs de ce type d'événement. Le festivaL, qui se dérouLe en mai, subit aLors Les aLéas du caLendrier budgétaire des coLLectivités. Ainsi, Les subventions pubLiques, généraLement attribuées par vote au mois de décembre, ne sont en réaLité perçues qu'après La dernière semaine du mois de mars. « Pour un festival situé mi-mai, c'est un peu court, le festival devrait idéalement se dérouler au mois de septembre »450 souLigne CLaude Geiss qui doit aLors de se comporter en véritabLe gestionnaire afin de

    rendus_conseiLs_m/conseiLs_de_2006/29_juin_2006/fichiers/184-2006.pdf, consuLtation Le 12 décembre 2006.

    449 Voir annexe 11 page 209.

    450 Voir annexe 12 page 213.

    prendre en considération ce décaLage de trésorerie. En effet, « lorsque l'événement est présenté, ou quelque fois même après celui-ci, il arrive que certaines subventions ne soient toujours pas votées. C'est d'ailleurs le cas à cette date où deux subventions n'ont pas encore étaient attribuées. On fait alors un budget « sur le fil du rasoir », avec un engagement de dépenses sans savoir qu'elles vont être exactement les recettes » 451 souLigne CLaude Geiss en mai 2006. MaLheureusement, ceLa traduit Le fonctionnement des coLLectivités territoriaLes ou LocaLes, qui réaLisent cependant L'effort, depuis queLques années, d'être Le pLus en phase avec Les dates du festivaL.

    ParaLLèLement aux difficuLtés de gestion budgétaire que rencontre Le festivaL Chroniques Nomades, iL sembLe aujourd'hui que sa Limite La pLus importante concerne son financement. En effet, L'événement a récemment du s'adapter à une baisse des subventions accordées par Le ConseiL GénéraL du CaLvados. Une décision prise, non pas contre L'événement directement, mais dans Le cadre d'une restriction gLobaLe des budgets, comme en témoigne Yves Ras, secrétaire des affaires cuLtureLLes du ConseiL GénéraL du CaLvados: « La loi du 13 août 2004 relative à la décentralisation a transféré aux départements des charges nouvelles et importantes, particulièrement en matière d'action sociale et routière, entraînant de fortes dépenses, non compensées par la dotation versée à titre de transfert par l'Etat » 452 . C'est pourquoi, pour Les années à venir, Les finances des départements et des régions risquent d'être mises à rude épreuve. Les secteurs ainsi touchés par cette baisse s'avère être « les secteurs « non obligatoires » du Conseil Général »453. En effet, rappeLons qu'en matière de cuLture, ses obLigations concernent La BibLiothèque DépartementaLe de prêt, Les archives départementaLes, et à compter de 2007, L'enseignement initiaL en matière de musique, théâtre et danse454. En ce sens, tout projet qui n'entre pas dans Le cadre de ces missions « obLigatoires » est susceptibLe de voir ses subventions revues à La baisse. Pourtant, Le ConseiL GénéraL du CaLvados tient à maintenir, dans un premier temps, Le soutien aux festivaLs profitant déjà de ses subventions, comme Le souLigne Yves Ras :

    451 Voir annexe 14 page 222.

    452 Idem

    453 Idem

    454 Information tirée du site du ConseiL GénéraL du CaLvados, http://www.cg14.fr/structure/missions/, consuLtation Le 12 décembre 2006.

    « Notre politique actuelle consiste à maintenir ou à diminuer le moins possible les aides aux projets déjà aidés et à ne pas en soutenir de nouveaux afin de ne pas aller vers un « soupoudrage » des subventions »455. Pour exempLe, sur soixante-dix huit festivaLs soutenus par Le ConseiL GénéraL en 2006, une vingtaine de projets ont seuLement été refusés, La principaLe raison évoquée étant La proposition de projets ayant « des financements « peu crédibles », c'est-à-dire faisant souvent appel à des demandes auprès des institutionnels trop élevées ou correspondant dans certains cas à 100% du financement ou encore avec des budgets peu équilibrés (plus de dépenses que de recettes) »456. IL arrive enfin que Le ConseiL GénéraL transmette Le dossier à un autre de ses services comme Le tourisme par exempLe, Lorsque L'enveLoppe budgétaire n'est pLus suffisante457.

    Ainsi, face à cette évoLution du contexte d'attribution des subventions pubLiques, Le festivaL Chroniques Nomades tend à déveLopper un partenariat avec différentes entreprises privées.

    2) Les partenaires privés

    Le partenariat du festivaL Chroniques Nomades avec diverses entreprises ayant une activité pus ou moins proche de La photographie, Lui offre, dans un premier temps, une soupLesse en matière de gestion budgétaire. Comme Le constate CLaude Geiss, La difficuLté rencontrée en terme de décaLage de trésorerie quant au versement des subventions pubLiques ne se retrouve pas avec Les partenaires privés, qui ont eux une gestion beaucoup pLus soupLe : « Sans leur soutien, je n'arriverais pas à financer l'événement. Aujourd'hui, les financements publics n'évoluent plus, pour des budgets où le nombre de postes augmente constamment. Même si les partenariats privés ont tendance à être mal vus par certains dirigeants de festival, ils deviennent aujourd'hui obligatoires»458.

    455 Voir annexe 11 page 209.

    456 Idem

    457 Idem

    458 Voir annexe 12 page 213.

    Dans un second temps, La forme adoptée par Le partenariat permet La réaLisation de nombreuses actions menées en paraLLèLe du festivaL. Ainsi, FUJI FiLm, partenaire de L'événement depuis 2001, soutien Le Prix Chroniques Nomades, une expérience qui s'est maLheureusement arrêtée pour L'édition 2006. En effet, suite aux répercutions du numérique, L'entreprise connaît à L'heure actueLLe de sérieux probLèmes financiers et « a du réduire très vite son soutien pour de nombreux festivals >459.

    Enfin, de nombreux Laboratoires photographiques partenaires du festivaL permettent une prise en charge des coûts de production des expositions, à L'image de L'entreprise CANON, partenaire de L'événement depuis 2001, et des Laboratoires PubLimod'Photo, Dupon et Picto. La prise en charge des coûts est totaLe jusqu'à La sixième édition du festivaL en 2002, et partieLLe, jusqu'à ce jour, avec une participation offrant au mieux une réduction de 50% sur Les frais de production460. Comme Le souLigne CLaude Geiss, « cette diminution de soutien traduit parfaitement l'évolution du contexte économique que connaît ce type d'entreprises >461. En ce sens, La situation du festivaL a fortement évoLuée en dix ans : « la révolution du numérique met en péril les laboratoires photographiques qui n'assurent plus la production de nos exposants. Je profite donc de ce 10ème anniversaire pour remotiver les partenaires >462. IL sembLe donc difficiLe d'obtenir à L'heure actueLLe, d'une entreprise dont L'activité est Liée à La photographie, un partenariat de Longue date, pLus sécurisant.

    Par conséquent, Les questions budgétaires interviennent aujourd'hui comme un véritabLe frein pour Le déveLoppement du festivaL, ce que traduit parfaitement CLaude Geiss au sujet de L'arrêt soudain du Prix Chroniques Nomades soutenu par FUJI FiLm: « Cela est très désagréable pour Chroniques Nomades qui tient à soutenir la création contemporaine >463. Cependant, en terme de comparaison, pour Le festivaL Visa Pour l'Image à Perpignan, Le retrait de ce même partenaire entraîne La perte d'une part coLossaLe du budget.

    459 Voir annexe 11 page 209.

    460 Voir annexe 12 page 213.

    461 Idem

    462 Idem

    463 Voir annexe 13 page 219.

    Ces différents exempLes traduisent L'intérêt pour Les événements photographiques de na pas se concentrer sur Les mêmes partenaires privés, mais de se tourner peut-être vers des entreprises pLus éLoignées de La photographie.

    Enfin, suite à La perte ou à La baisse du soutien d'un certain nombre de ces partenaires privés, Le festivaL Chroniques Nomades se voit dans L'obLigation, d'une part, de réduire une partie des actions menées en paraLLèLe de L'événement, et d'autre part, d'augmenter La part des frais artistiques dans Le montant gLobaL de son budget.

    3) En route vers Le mécénat

    Face à une aide des coLLectivités territoriaLes qui stagne, des partenaires privés en perdition et un budget de production qui ne cesse d'augmenter, Le festivaL Chroniques Nomades doit se tourner vers de nouveLLes formes de soutien. Afin de retrouver un équiLibre financier, « l'événement est donc forcé de se développer, sinon, il ne cessera de régresser >464. La question du mécénat est donc apparue « natureLLement > dans Le parcours financier du festivaL Chroniques Nomades : « Nous n'avons pas attendu les premiers « craquements » au niveau des collectivités territoriales pour se poser cette question >465. En ce sens, CLaude Geiss s'est récemment rapproché de L'ADMICAL466, « ce qui n'est pas forcement une bonne idée, car toutes les associations en ont connaissance et se tournent alors vers une même liste de partenaires >467.

    Cependant, après Les arts vocaux, La musique, Le théâtre ou encore de nombreux événements à caractère sociaL ou humanitaire, La photographie apparaît comme un domaine cuLtureL « timidement > soutenue par Les entreprises mécènes. IL se pLace ainsi en septième position, soit 5,9%, des

    464 Voir annexe 12 page 213.

    465 Idem

    466 Association de Loi 1901 créée en 1979 pour Le déveLoppement du mécénat industrieL et commerciaL.

    467 Voir annexe 11 page 209.

    dons en mécénat cuLtureL468. Certaines grandes entreprise à vocation de mécénat, qui créées généraLement Leur propre fondation, se sont spéciaLisées tout particuLièrement dans Le domaine de La photographie. Pour exempLes La Fondation HSBC pour la Photographie469, créée en 1995 sous L'égide de La Fondation de France, qui accompagne chaque année deux artistes contemporains et La Fondation d'entreprises NSM Vie pour la photographie contemporaine470, créée en 1997, qui soutient entre autre La Maison Européenne de La Photographie, Le festivaL Printemps de Septembre à TouLouse ou encore Le Prix Henri Cartier Bresson. D'autres fondations soutiennent La photographie de manière moins prononcée, comme La Fondation Electricité De France471, créée en 1987 sous L'égide de La Fondation de France, qui soutient notamment Le Mois de la Photo à Paris, et La Fondation Hewlett Packard France472, créé en 1985, qui soutient La photographie numérique, Le Prix ArcimboLdo, et dote Les Lauréats du Prix Nicéphore Niepce. Ces queLques exempLes présentent un échantiLLon des entreprises Les pLus déveLoppées en matière de mécénat pour La photographie. Cependant, « pour le mécénat, le plus dur est de sortir des chemins battus et de trouver une entreprise intéressée. Il faut alors mener une analyse de sa politique de communication et voir si elle peut entrer ou non en adéquation avec notre événement »473. Depuis L'édition 2006, Le festivaL a engagé une personne en charge du déveLoppement, Frédéric Toussaint, directeur d'une société de conseiL en communication cuLtureLLe. Cette démarche est récente « car nous n'avions pas ce genre d'inquiétudes auparavant »474 souLigne CLaude Geiss. En terme de positionnement, La tâche sembLe s'avérer pLus évidente pour Chroniques Nomades qui représente Le seuL festivaL en France

    468 Source de L'ADMICAL, 2005, in SAUVANET (NathaLie), « Mécénat européen », cours EAC 2005-2006, information notée par L'étudiant.

    469 Site de La Fondation HSBC pour la photographie, http://groupe.hsbc.fr/hsbc/fr/mecenat/photographie/index.do, consuLtation Le 13 décembre 2006.

    470 Site de La Fondation NSM Vie pour la photographie contemporaine, http://www.abnamroprivatebanking.com/fr/neufLize-vie/nv-mecenat.htm, consuLtation Le 13 décembre 2006.

    471 Site de La Fondation EDF, http://www.edf.com/215i/AccueiL-fr/FondationEDF/CuLture.htmL, consuLtation Le 13 décembre 2006.

    472 Site de La Fondation Hewlett Packard France, http://www.fondation-hpf.com/, consuLtation Le 13 décembre 2006.

    473 Voir annexe 12 page 213.

    474 Idem

    traitant de La photographie de voyage, « les entreprises qui traduisent une certaine éthique ou qui exercent le commerce équitable peuvent alors être des pistes intéressantes»475.

    Ainsi, Le festivaL Chroniques Nomades, tout comme un grand nombre d'événements cuLtureLs en France, se « Lance » dans La pratique du mécénat, dans une démarche généraLe d'anticipation. MaLgré Les récents efforts de L'Etat en matière d'encouragement au mécénat476, ceLui-ci se déveLoppe encore « timidement » pour Les événements photographiques et s'apparent, dans certains cas un « chaLLenge » difficiLe à reLever: « le recours au mécénat semble être de plus en plus difficile car les partenaires sont plus « prêt de leurs sous » et prennent plus de temps pour verser les subventions »477.

    Suite à L'anaLyse de L'évoLution du contexte financier du festivaL Chroniques Nomades, iL est intéressant de se porter sur L'évoLution du rapport direct entre direction et éLus Locaux, reLation mise en abîme à travers cette édition 2006.

    C) Une adéquation migrante entre direction du festivaL et éLus Locaux

    Pour sa dixième édition, Le festivaL Chroniques Nomades se régionaLise, pour se dérouLer à La fois à HonfLeur et TrouviLLe. Cette évoLution de L'événement, entrant dans une démarche « cLassique » de déveLoppement, révèLe indirectement La compLexité des Liens entre directeurs de festivaLs et acteurs Locaux. Suite à L'accueiL favorabLe de L'événement en 1996 à HonfLeur, Le soutien apporté par La Mairie, en terme de financement, et par conséquent de Légitimation, sembLe dans un premier temps stagner, puis régresser. Une situation qui traduit sans doute un désaccord entre objectifs des deux parties, ce que souLigne CLaude Geiss : « Le festival offre une ouverture sur le monde et traite de sujets sociaux qui concernent un très

    475 Idem

    476 Loi pour La mission mécénat présentée Le 1er août 2003 qui fixe à 60% du montant totaL des dons, Le taux de réduction des impôts sur Les revenus pour un particuLier ou sur L'impôt sur Les sociétés pour Les entreprises, in SAUVANET (NathaLie), « Mécénat », Op.cit.

    477 Voir annexe 12 page 213.

    large public. Même si Monsieur Lamarre, Maire de Honfleur, apprécie et soutient matériellement l'événement, sa priorité va plus vers le social comme la création d'emplois qui, d'après lui, répond directement à la demande des habitants. Il est regrettable que le Maire ne profite pas de cet événement comme lien social, économique et commercial >478. En témoigne ainsi L'absence du Maire de HonfLeur depuis quatre ans à L'inauguration du festivaL, un manque de reconnaissance qui sembLe « irriter > certains partenaires privés de L'événement, comme CANON, qui hésite aLors à reconduire son soutien au festivaL pour Les éditions à venir479. Pourtant, pour se déveLopper et s'inscrire harmonieusement dans Le tissu LocaL, Le festivaL a besoin du soutien compLet des éLus de sa commune. L'interactivité entre Chroniques Nomades et HonfLeur est un facteur, certes qui n'est pas automatique, mais qui reste indispensabLe pour L'harmonie du « coupLe > que compose cuLture et territoire. La moindre mise à L'écart de L'événement par Les éLus Locaux, peut entraîner des répercussions directes sur Le festivaL, en terme de communication, de positionnement, de Légitimation, de pérennisation et natureLLement de financement. CLaude Geiss sembLe discrètement souLever ce manque de soutien : « Je mise beaucoup sur la ville, en ce qui concerne l'hébergement notamment, mais parfois ça ne suffit pas>480. IL sembLe donc que Les vaLeurs que souhaite transmettre La direction artistique du festivaL divergent à La Lecture des éLus Locaux : « Un jour, on m'a demandé si Chroniques Nomades portait un message politique. Message politique, je ne sais pas, en revanche, nous partageons avec les artistes que nous exposons des valeurs communes comme celles du respect de l'autre et de sa différence. De plus, nous dénonçons à l'occasion les dérives et injustices provoquées par la mondialisation >481.

    Ce contexte reLationneL particuLier avec HonfLeur, pousse aLors CLaude Geiss, après dix ans de coLLaboration, à se tourner vers de nouveaux partenaires pubLics Locaux comme La viLLe de TrouviLLe.

    478 Voir annexe 11 page 209.

    479 Voir annexe 13 page 219.

    480 Voir annexe 12 page 213.

    481 Voir annexe 11 page 209.

    Situé à une quinzaine de kiLomètres de HonfLeur, cette station baLnéaire située à L'embouchure de La Touques est céLèbre pour ses PLanches en bord de mer, son Casino et son petit port de pêche482. Ainsi, Le positionnement de cette viLLe, en matière de poLitique cuLtureLLe sembLe avoir des priorités pLus définies. « En 2005, Trouville a perdu plusieurs points de sa fréquentation, mais paradoxalement, elle s'est avérée beaucoup plus jeune que dans les villes alentour. Cela s'explique entre autre par la présence du festival Off Court483 qui attire des jeunes et d'autres festivals. Il existe une réelle culture de l'image à Trouville. D'ailleurs, le réalisateur d'affiche Savignac y a vécu. Cette ville a une vraie politique culturelle cohérente >484. ELLe est ainsi incarnée en La personne de Christian Cardon, son Maire depuis 1983485. En effet, « le Maire de Trouville, est un homme très accessible, ce qui est une notion importante dans un schéma de collaboration. Ce n'est pas le cas pour la mairie de Honfleur qui reste difficile à contacter après dix années de soutien. La relation avec Trouville s'est donc mise en place d'une façon claire et rapide >486.

    Bien évidemment, ces différents propos n'apparaissent « officieLLement > dans aucun discours de chacune des parties, iLs sembLent cependant souLigner La reLation natureLLement mise en pLace entre Le directeur des Chroniques Nomades et Le Maire de TrouviLLe, offrant ainsi un nouveL éLan à L'événement et une dimension éLargie à L'écheLLe régionaLe.

    La reLation qu'entretient Le directeur du festivaL Chroniques Nomades avec ces différents interLocuteurs Locaux est ainsi mise en abîme en 2006 et traduit son importance quant au devenir de L'événement. CeLa est parfaitement traduit par Eric Fourreau, dans un articLe du magasine La Scène, Maire et acteur culturel : duos gagnants ! : « Une bonne entente et adéquation entre les acteurs des événements culturels et leur maire sont un gage de

    482 Site de La viLLe de TrouviLLe-Sur-Mer, http://www.trouviLLesurmer.org/fr/bienvenue/frameset_hp_bien.htm, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    483 FestivaL de court métrage se dérouLant à TrouviLLe début septembre.

    484 Voir annexe 11 page 209.

    485 Informations sur Christian Cardon, http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Cardon, consuLtation Le 14 décembre 2006.

    486 Voir annexe 13 page 219.

    développement de projet, de pérennisation et de vision sur le long terme >487.

    Enfin, Les récents rebondissements de Chroniques Nomades prouvent, encore une fois, que Les festivaLs évoLuent dans un contexte en constante mutation. Ainsi, CLaude Geiss apprend en mi-décembre que La viLLe de TrouviLLe ne renouveLLera pas son soutien au festivaL pour son édition 2007. En effet, dans La nuit du dimanche 29 septembre 2006, Les embLématiques HaLLes aux poissons de TrouviLLe-Sur-mer on été ravagées par un incendie, détruisant ainsi un bâtiment de 1930 appartenant au patrimoine historique de La viLLe et privant cinquante-huit personnes de Leur Lieu de travaiL488. « Monsieur Cardon, a donc décidé de financer la reconstruction des halles et de soutenir financièrement ces personnes en chômage technique. Il est donc obligé de supprimer pendant quelques années le soutien financier aux derniers événements culturels mis en place à Trouville, comme Chroniques Nomades >489. ParaLLèLement à cette information qui déstabiLise La tenue du festivaL pour sa prochaine édition, Françoise David, Maire adjoint à La cuLture de HonfLeur, indique au même moment La possibLe réduction des subventions apportées par La viLLe au festivaL pour L'année 2007. En effet, comme Le souLigne CLaude Geiss, La viLLe « privilégie le développement de nouveaux événements culturels, pratiquant ainsi une politique financière de « saupoudrage » >490. Le festivaL doit donc rester prudent et anticiper ce type de rebondissements qui sembLent aujourd'hui inévitabLes et fréquents dans Le paysage cuLtureL français. Chroniques Nomades vit un nouveau virage en matière de soutien institutionneL pubLic, mais tient cependant à rester positif et confiant en L'avenir : « Les encouragements que je reçois des photographes sont un élan porteur, qui me pousse à persévérer >491.

    487 FOURREAU (Eric), « Maire et acteur cuLtureL : duos gagnants ! >, in La Scène, n° 34, page 33.

    488 Site d'information LCI, http://tf1.Lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,3334160,00-haLLe-auxpoissons-ravagee-par-fLammes-.htmL, consuLtation Le 14 décembre 2006.

    489 Voir annexe 13 page 219.

    490 Voir annexe 12 page 213.

    491 Idem

    L'étude du festivaL de photographie Chroniques Nomades de HonfLeur montre précisément La manière dont un événement cuLtureL peut s'inscrire sur un territoire, dans un contexte pré-étabLis. Son évoLution depuis sa création en 1996 souLigne parfaitement Les mutations du contexte des festivaLs en France, inscrit ici, pLus précisément dans Le champ artistique de La photographie. En déterminant Les différents obstacLes rencontrés par L'événement, quant au contexte financier ou reLationneL LocaL, ceLui-ci souLigne Le fragiLe équiLibre maintenu entre direction, acteurs Locaux et pubLic, qui incarne La base d'une réussite de ce type d'événements. Enfin, face aux différentes formes « d'instrumentaLisation » que rencontre Le festivaL Chroniques Nomades, iL sembLe intéressant de noter, à L'écheLLe des pLus grands festivaLs de photographie en France et pLus précisément à L'écheLLe de Chroniques Nomades, Les éLéments qui permettent ainsi de Les surmonter et de se différencier face à L'évoLution du nombre de festivaLs en France.

    Chapitre 2
    ELéments d'action mis en pLace face à une possibLe perte
    de La notion de festivaL

    ParaLLèLement à L'évoLution du contexte du festivaL Chroniques Nomades, Les événements photographiques, victime de Leur succès, subissent Les conséquences d'une généraLisation de La notion de festivaL. En ce sens, La réaLisation de diverses actions, menées en paraLLèLe de L'événement, apparaît comme une soLution de différenciation, face à L'augmentation constante de La concurrence. Ce chapitre détaiLLe ainsi Les différentes actions menées en paraLLèLe du festivaL Chroniques Nomades. Ces propositions tendent ainsi à Lutter contre L'aspect « zapping » du festivaL, dans une démarche gLobaLe de Légitimation et de pérennisation.

    I) La pérennisation appuie la légitimité du festival

    A) Prise en compte de L'augmentation du nombre de festivaLs de photographie en France

    En France, Les festivaLs de photographie ne cessent d'augmenter et de se diversifier, offrant une concurrence accrue entre Les événements, qui doivent sans cesse innover pour pouvoir se démarquer. Cependant, à La question sur Les conséquences de cette muLtipLication, CLaude Geiss garde un avis partagé : Dans un premier temps, « je suis tenté de voir cela positivement. L'effet premier est d'amener le public à la photographie. En effet, on rattrape aujourd'hui le retard accumulé depuis quelques dizaines années, contrairement aux anglais ou allemands qui ont une éducation de l'image que l'on n'a jamais eu en France. Les jeunes générations commencent à acheter et à collectionner, ce qui est bien évidement positif pour les photographes

    qui vivent beaucoup moins de la presse ou de l'édition »492. En effet, comme pour L'ensembLe des domaines artistiques et cuLtureLs diffusés, iL sembLe aujourd'hui évident que Le déveLoppement exponentieL du nombre des festivaLs ait permis d'éLargir une paLette d'offres de pLus en pLus diversifiées, pour un pubLic de pLus en pLus avide de découvertes. Dans un deuxième temps, « je pense que cela peut aussi être responsable d'un certain « étouffement » car beaucoup d'événements se « tirent dans les pattes » quand ils sont sur le même territoire ou traitent du même sujet »493. Pour exempLe, Le Festival de l'Image494, qui se tient, depuis cinq ans, Le premier week-end d'octobre, à Saint-VaLéry-en-Caux, en Haute-Normandie. Cet événement, qui associe des expositions de photographie et projections de documentaires, se présente de La manière suivante : « Bienvenue au Festival de l'Image, 5ème festival du voyage et de l'aventure organisé à Saint-Valéryen-Caux » 495. Les termes « voyage » et « aventure» ne sont pas sans rappeLer une certaine ressembLance quant à La thématique du festivaL Chroniques Nomades. Cependant, La différence entre Les deux événements tient au positionnement du Festival de l'Image qui présente sa programmation dans une démarche purement exotique. Un Lément dont souhaite se démarquer La direction artistique du festivaL Chroniques Nomades.

    La concurrence entre événements photographiques révèLe Les probLèmes de recherche d'originaLité et de positionnements de queLques récents festivaLs : « Pour des événements « adultes » comme Chroniques Nomades, Visa pour l'Image496, Etonnants Voyageurs497 à Saint-Malo et Photo Espana à Madrid je considère que l'on est à même de se placer un peu au-dessus de ce type de comportements »498. Enfin, La communication étabLie entre Les directeurs de ces différents festivaLs apparaît comme un éLément primordiaL pour Lutter contre Les préjudices causés par La concurrence : « Nous nous appelons souvent et trouvons des accords, surtout au niveau des dates, afin de se

    492 Voir annexe 12 page 213.

    493 Idem

    494 Site du Festival de l'Image, http://www.festivaL-image.org/, consuLtation Le 15 décembre 2006.

    495 Dossier de presse du Festival de l'Image de Saint-VaLéry-en-Caux, 2006, page 1.

    496 FestivaL de photoreportage à Perpignan.

    497 FestivaL internationaL du Livre et du fiLm.

    498 Voir annexe 12 page 213.

    partager la disponibilité des journalistes ou les signatures d'ouvrage. Nous avons donc de bonnes relations, mais elles peuvent être plus désordonnées pour de jeunes événements qui ne regardent pas trop ce qui se passe autour»499.

    Pour atteindre La reconnaissance du pubLic et des pouvoirs pubLics, La direction du festivaL doit sans cesse remettre en question Le fond et La forme adoptées par L'événement. Cette recherche d'équiLibre est un facteur déterminant quant à La différenciation de L'événement, dans une démarche de pérennisation.

    B) Les nouveLLes actions menées par Le festivaL Chroniques Nomades

    Le festivaL Chroniques Nomades tient à mener depuis sa création, différentes actions qui tendent à asseoir L'événement dans Le paysage cuLtureL LocaL, régionaL et nationaL. La pLupart de ces initiatives prouvent d'hors et déjà Leur efficacité, comme Le démontre L'exempLe des deux pLus grands festivaLs de photographie de France, Les Rencontres Internationale de la Photographie d'Arles et Visa Pour l'Image à Perpignan, dont Les directeurs respectifs, François HébeL et Jean-François Leroy, entretiennent de très bons rapports avec Le directeur artistique des Chroniques Nomades, CLaude Geiss.

    1) Actions menées au sein même du festivaL Chroniques Nomades

    a) Le déveLoppement d'événements dynamiques

    Les différentes animations menées pendant Le festivaL sont un facteur actif de différenciation et d'enrichissement de L'événement. Un dynamisme d'autant pLus important pour un événement photographique, qui, contrairement au domaine du spectacLe vivant, dont La programmation suffit à créer L'animation, présente un ensembLe d'expositions. Ainsi, eLLes prennent une ampLeur suppLémentaire Lorsqu'eLLes se tiennent paraLLèLement aux

    499 Idem

    différentes animations proposées, améLiorant La Lecture du message transmit à travers La thématique choisie.

    Se dérouLant du 4 juiLLet au 17 septembre 2006, Les Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles, qui fête cette année son 37ème anniversaire, propose, comme à son habitude, de nombreux événements menés pendant son dérouLement. ILs se tiennent principaLement Lors de La première semaine du festivaL, du 4 au 9 juiLLet, dense en conférences pubLiques, visites guidées et coLLoques. En effet, « la semaine d'ouverture se déroule en présence de tous les photographes dans une atmosphère de fête >500. IL s'y dérouLe égaLement des spectacLes de projections au Théâtre Antique, La Nuit de L'Année, « une déambulation nocturne dans le vieux quartier de la Roquette émaillé de projections de photographies de presse >501, ou encore des consuLtations de portfoLios de jeunes photographes. De nombreux prix sont égaLement décernés « à des photographes, dont la profession pense qu'ils représentent les talents de demain >502. Par La suite, de nombreux stages de pratique ou de compréhension de La photographie sont organisés en juiLLet et août, une période pLus « caLme > pour Le festivaL.

    De La même manière, Le festivaL de photoreportage Visa Pour l'Image, qui fête cette année, du 2 au 17 septembre 2006, son 18ème anniversaire, regroupe, pendant sa semaine d'ouverture du 4 au 9 septembre 2006, vingt soirées au Campo Formo : « Les soirées audiovisuelles de Visa pour l'Image retracent, de l'insolite au dramatique, les événements les plus marquants de septembre 2005 à août 2006 >503, vingt-deux coLLoques et animations : « Depuis quatre ans, sous la direction de Jean Lelièvre, Visa pour l'Image organise un colloque qui est l'occasion d'une réflexion sur les images produites par les photojournalistes. Avec la participation de philosophes, d'universitaires, de chercheurs, d'historiens, de photographes, de journalistes, il a rassemblé chaque fois plusieurs centaines de

    500 PLaquette informative du festivaL Les rencontres Internationales de la Photographie, ArLes, 2006.

    501 Idem

    502 Idem

    503 PLaquette informative du festivaL Visa Pour l'Image, Perpignan, septembre, 2006.

    participants >504, et de nombreux prix « Visa pour L'Image > remis Lors des soirées de projections du festivaL : « Les Visa d'Or récompensent les meilleurs reportages réalisés entre septembre 2005 et août 2006 : le Prix du Jeune Reporter de la Ville de Perpignan, le Prix Canon de la Femme Photojournaliste, le Grand Prix 2006 CARE International du Reportage Humanitaire, le Visa d'Or de la presse quotidienne, le Visa d'Or Magazine et enfin, le Visa d'Or News >505.

    Grâce à Leur semaine d'ouverture, ces deux festivaLs participent à La rencontre entre professionneLs et amateurs et créés ainsi L'événement.

    Le festivaL Chroniques Nomades, qui fête son dixième anniversaire du 13 au 28 mai 2006, offre égaLement au visiteur différentes animations tenues seLon L'identité de L'événement. Depuis son inauguration, Le festivaL propose, Lors de son week-end d'inauguration, une conférence, sorte de tabLe-ronde regroupant Les photographes exposants et différents professionneLs du miLieu. D'autres animations, menées pendant ces dix années pendant Le festivaL, ont maLheureusement cessées, suite au retrait du soutien de Leurs différents partenaires : La diffusion de fiLms documentaires sur Le thème du voyage, La présence de spectacLes musicaux, Le Prix Jeune TaLent et pLus récemment, La Bourse Chroniques Nomades, qui n'a pas pu être renouveLée en 2006506. Cependant, CLaude Geiss cherche à renouveLer et déveLopper ce type d'expériences : « Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses à faire, car l'événement à bien été compris, c'est donc plus facile >507. En ce sens, de récents projets sont en cours d'éLaboration : « J'ai effectivement un projet qui est déjà construit et presque prêt. Cela s'appellera Les Rencontres de Chroniques Nomades : une rencontre d'une trentaine de personnes autour d'un photographe. J'ai très envie de travailler avec les scolaires également, qui ont un enthousiasme et une fraîcheur d'esprit pour lesquels il existe des quantités d'axes à exploiter. Enfin, je suis entré en contact avec une association de jeunes de Honfleur et nous allons sûrement faire des choses ensemble >508. En attendant ainsi La maturité du festivaL pour Le « décLiner >

    504 Idem

    505 Idem

    506 Cf. Partie 2, Chapitre 1, I, C, 2, a) Les objectifs du festivaL Chroniques Nomades, page 116.

    507 Voir annexe 12 page 213.

    508 Idem

    en différentes activités, La réfLexion de CLaude Geiss s'inscrit dans un schéma à Long terme. IL s'agit de déveLopper Le festivaL, aLors soutenu et compris par Le pubLic et Les différents partenaires, en conservant une Ligne directive qui Lui est propre. Une démarche prudente et Légitime, qui évite ainsi Les risques d'une trop rapide diversification de L'événement. Ces événements offrent à La viLLe un dynamisme suppLémentaire et participent à L'attrait et à La compréhension du festivaL par Le pubLic. Un éLément qui favorise La prise en compte et La Légitimation de L'événement par Les pouvoirs Locaux.

    Enfin, L'exempLe des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles et Visa Pour l'Image à Perpignan montrent que La durée de L'événement, queLLe soit de deux semaines ou de deux mois et demi, n'intervient nuLLement dans La capacité à réaLiser ce type d'expériences, La Limite, sembLe pLutôt être ici à un niveau financier.

    b) Le déveLoppement du principe de coproduction des expositions

    Le principe de coproduction est Largement utiLisé dans Le secteur du spectacLe vivant. IL permet de regrouper des moyens financiers pour parvenir à financer La montage d'un spectacLe et Le Lancement de son expLoitation : « Le choix se fait avant tout sur un objet artistique, après ont lieu les discussions d'ordre budgétaires et formelles. C'est une relation partenariale souvent définie à moyen terme, liée à un contrat de cession ou de coréalisation »509. La coproduction est un moteur essentieL pour ce secteur, iL est Le moyen d'existence de La pLupart des projets de spectacLe vivant et tend à se déveLopper pour de nouveLLes formes artistiques.

    Le principe de production en commun des expositions tend à se déveLopper activement chez certains festivaLs de photographie. IL permet ainsi d'aLLéger La part de Leur budget artistique tout en et motivant Les reLations entre différents acteurs du miLieu, déveLoppant ainsi La notion de réseau entre festivaLs de photographie.

    509 « Pratique et usage des contrats dans Le spectacLe vivant », compte-rendu de La journée d'information des centres de ressources du spectacLe vivant, page 4.

    En effet, pour Les Rencontres Internationales de la photographie d'Arles, « la plupart des expositions présentées ont été spécialement produites pour le festival, en coproduction avec des musées et institutions, français et étrangers »510.

    En 2006, Le déveLoppement du festivaL Chroniques Nomades sur TrouviLLe, obLige son directeur artistique à chercher de pLus en pLus de sujets. Une situation qui tend à augmenter Les frais de production des expositions du festivaL et pousse ainsi CLaude Geiss vers des projets de coproduction : « En effet, Chroniques Nomades travaille avec des événements étrangers, notamment un festival au Cambodge à Angkor qui a vu sa première édition cette année. Si un sujet en commun nous plaît, je leur demande si il est possible de produire à deux les expositions : c'est de la co-production. Ils semblent surtout intéressés par les sujets qui traitent de l'Asie, comme le sujet de Patrick Brown exposé cette année à Honfleur 511 »512.

    Par conséquent, Le principe de coproduction, favorisant ainsi une diminution des frais artistiques et La coLLaboration entre événements, apparaît aujourd'hui comme un facteur important pour une pérennisation des festivaLs de photographie. IL favorise Le maintien d'une quaLité artistique de La programmation, un éLément de différenciation important quant à L'augmentation constante du nombre de festivaLs en France. Enfin, iL traduit La détermination et La capacité d'entreprendre, pour La direction du festivaL, des actions qui améLiorent ses conditions budgétaires, favorisant La mise en avant du soutien financier des coLLectivités pour des actions pLus personnaLisées, afin de Les vaLoriser.

    2) Action menée en paraLLèLe du festivaL : Le Festival OFF des Chroniques Nomades

    IL n'existe pas de définition précise de ce qu'est un festivaL off, cependant, ses principaux objectifs peuvent Le décrire de La manière

    510 PLaquette informative du festivaL Les rencontres Internationales de la Photographie, ArLes, 2006.

    511 « Poaching in Asia », (Le trafic des animaux sauvages), exposition de Patrick Brown présentée au festivaL Chroniques Nomades à HonfLeur du 13 au 28 mai 2006.

    512 Voir annexe 12 page 213.

    suivante : iL se dérouLe paraLLèLement au « In >, Le festivaL officieL, et reprend, dans La majorité des cas, ses dates et sa forme artistique. Géré par une structure indépendante au « In >, La pLupart du temps sous La forme d'une association, Le « Off > profite ainsi de La popuLarité et de La renommé de L'événement afin de présenter en aLternative de La programmation officieLLe, Les travaux de jeunes taLents.

    En ce sens, Lorsqu'iL est correctement mené, iL peut être un outiL de démocratisation du festivaL officieL pour Le pubLic et un outiL d'accompagnement pour Les artistes.

    a) ExempLes de festivaLs off de photographie en France

    Le premier festivaL off à se faire connaître est ceLui du Festival d'Avignon : « le mot « Off » apparaît la première fois dans une note de synthèse du festival en 1971 >513. IL est aujourd'hui devenu un phénomène d'une grande ampLeur, évoLuant à travers La viLLe, dans un espace commun au festivaL officieL.

    En matière de photographie, de nombreux festivaLs possèdent désormais Leur « off >. Pour reprendre Les deux exempLes du festivaL de ArLes et de Perpignan :

    Le festivaL Voies Off514 évoLue en paraLLèLe des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles. Géré par une association éponyme de Loi 1901, iL se tient pendant La semaine d'ouverture du festivaL officieL, du 4 au 8 juiLLet pour L'édition 2006. Orienté sur La création et La diffusion d'oeuvres dans Les domaines de La photographie et des arts visueLs, ce festivaL, créé en 1996, a aisément su se construire et se déveLopper autour d'une équipe Largement féminisée, composée à présent de six personnes 515: un directeur administratif et artistique, une coordinatrice généraLe et reLations presse, une coordinatrice artistique, une réaLisatrice audiovisueLLe, montage sonore et

    513 LERRANT (Jean-Jacques), in DAVID (CLaire), (Sous La direction de), Avignon, 50 festivals, Actes Sud, page 36.

    514 Site du festivaL Voies Off, http://www.voiesoff.com/index.htm, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    515 Site du festivaL Voies Off, http://www.voiesoff.com/pages/contacts.htmL, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    site internet, une assistante de direction, et un régisseur. Voies Off s'est ainsi spéciaLisé dans La conception et La mise en oeuvre de projets pLuri-média, « scénographies où l'image voyage dans l'espace, rencontre tous les supports et vient frapper le regard »516, une démarche où La musique et La création sonore tiennent une pLace importante. Chaque année, pLus de quatre-vingt-un photographes de tous horizons y sont présentés. ILs peuvent ainsi se faire connaître et espérer participer à La programmation du festivaL officieL. Le coeur de La manifestation est constitué des Soirées du FestivaL Off : un ensembLe de projections sur grand écran où interviennent La photographie, La Lumière et Les créations sonores mises en scène dans des espaces scénographiés. Le programme du Off est compLété par Les rencontres professionneLLes et un ensembLe d'expositions de jeunes photographes qui s'articuLent autour d'une thématique : « Espace de liberté, ils sont considérés comme les médiateurs de la photographie émergente en Arles »517. Enfin, parmi une quinzaine de travaux séLectionnés, Le Prix du FestivaL voies Off518 récompense chaque année un photographe par La remise d'une aide à La création contemporaine d'un montant de 1 525 euros.

    De La même manière, Le festivaL Visa Off pour l'Image se tient depuis 1995 en paraLLèLe du festivaL de photoreportage Visa pour l'Image à Perpignan. Géré par L'association de Loi 1901 « Les vitrines de Perpignan »519, qui regroupe actueLLement cent quarante-cinq commerçants. IL se dérouLe aux mêmes dates que Le festivaL officieL, soit du 2 au 16 septembre pour L'édition 2006. IL présente des expositions de photographes amateurs et professionneLs dans de nombreux Lieux du centre viLLe de Perpignan, gaLeries, commerces, restaurants ou café, avec une quaLité des expositions présentées qui ne cesse d'augmenter d'année en année. En 2006, Le festivaL Visa Off pour l'Image tient à déveLopper ses animations et sa communication. En ce sens, est mise en pLace La création d'une convention entre Le festivaL off et Les photographes séLectionnés, La création de prix thématiques pouvant offrir une récompense

    516 Site du festivaL Voies Off, http://www.voiesoff.com/pages/festivaL.htmL, consuLtation Le

    16 décembre 2006.

    517 Idem

    518 Idem

    519 Site de L'association Les Vitrines de Perpignan, http://www.vitrinesperpignan.com/, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    aLLant de quatre cents à miLLe euros et La recherche de nouveaux partenaires520. Enfin, « avec 52 lieux d'exposition et plus de 30 000 visiteurs, Visa Off offre une alternative aux thèmes traditionnellement traités par le festival. Résolument éclectiques, les expositions séduiront tous les amateurs de photographie : une belle initiative permettant d'allier flâneries et découverte... »521.

    De nombreux événements photographiques pLus récents voient égaLement se déveLopper Leur propre festivaL off. Ainsi, paraLLèLement au festivaL Photo nature & Paysage, Le festivaL off présente depuis trois ans différentes expositions de photographie chez certains artisans et commerçants du viLLage de La GaciLLy, ainsi que des vidéos projections. « En marge du festival officiel, toutes ces animations font vivre ce festival Off et démontrent la réelle implication des commerçants et artisans pour leur village de La Gacilly »522.

    PLus récemment, Le festivaL Diaporama523, qui se tient pour La première fois en 2006 auprès de La Quinzaine Photographique Nantaise du 21 au 24 septembre, et géré par L'association pour L'éducation visueLLe de Loi 1901, propose une exposition autour d'un photographe, des projections d'une vingtaine d'artistes, des ateLiers et démonstration, des conférences, happenings524, soirées de diaporamas et de musique et La projection de fiLms525.

    EvoLuant ainsi en paraLLèLe des festivaLs officieLs, ces différents exempLes de
    festivaLs off montrent qu'iLs ne se Limitent pLus aujourd'hui aux queLques
    grands événements photographiques français, mais se déveLoppent, pour des

    520 PLaquette informative du festivaL Visa OFF pour l'Image, 2006.

    521 COURTY (Fanny), « Le FestivaL Off devient « Visa Off » », in La Gazette de Visa, n°1, page 3.

    522 Site du festivaL Off du festivaL Photo, Nature & Paysage, http://www.festivaLphoto-LagaciLLy.com/c/234/p/8db990d619f7d4c2d05728181248a937/festivaL-photo-La-GaciLLy-festivaL-off-commercants-artisans-eau-nature-paysage-.htmL, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    523 Site de L'association L'éducation visueLLe, http://Lev44.free.fr/FestivaL/index.htmL, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    524 Forme de spectacLe qui suppose La participation des spectateurs et qui cherche à faire atteindre à ceux-ci un moment d'entière Liberté et de création artistique spontanée, in encycLopédie Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Happening, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    525 Information tirée du site de L'association pour L'éducation visueLLe, www.Lev-nantes.org, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    manifestations de pLus en pLus récentes. En poursuivant La Ligne directive du « In » et en proposant Les travaux de jeunes photographes, ces festivaLs off augmentent La visibiLité de L'événement « officieL » et renforcent L'éLargissement du pubLic.

    b) Le Festival OFF des Chroniques Nomades: outiL de démocratisation pour Le pubLic et d'accompagnement des artistes

    Le Festival Off des Chroniques Nomades, créé Le 5 février 2001, est géré par une association de Loi 1901, L'Association du Festival Off de Honfleur. ParaLLèLement au festivaL officieL, iL propose chaque année une dizaine d'exposition de jeunes taLents, sur Le thème de La photographie de voyage et d'aventure. Ces expositions se tiennent dans Les vitrines des différents commerçants de La viLLe de HonfLeur et depuis 2003, dans un espace des Greniers à SeL qui Lui est consacré. IL profite ainsi de L'affLuence du pubLic et intéressés, attirés par Le festivaL « In » depuis dix ans. « Petit frère » des Chroniques Nomades, comme Le souLigne CLaude Geiss, iL est de son avis « un véritable tremplin pour les jeunes photographes » 526, d'où son intérêt majeur. Le Festival OFF existe, afin de promouvoir Les créations de La nouveLLe génération de photographes dont Les aspirations et Les inspirations se trouvent dans Le voyage, La rencontre de L'autre, et L'aventure photographique.

    Pour L'édition 2006, Les photographes du « Off » ont présentés officieLLement Leurs travaux à pLus de vingt-trois miLLe visiteurs527, qui ont su apprécier Les regards et parcours de ces jeunes photographes aux cotés des pLus reconnus. Ce festivaL tend à vouLoir dynamiser La viLLe en y instaLLant ses expositions et en organisant diverses animations et rencontres. Depuis sa création, La permanence du « Off » est tenue successivement, dans L'enceinte des Greniers à SeL, par Les photographes exposants. Lors de L'édition 2005, deux événements majeurs ont compLétés La tenue du festivaL : une Lecture de contes pour Les enfants du centre de Loisir de HonfLeur par Nordine Hassani,

    526 GEISS (CLaude), Dossier de presse du Festival Off des Chroniques Nomades, mai 2006.

    527 Voir annexe 13 page 219.

    comédien et président de L'association Le carnaval des enfants528. Pour cLôturer Le festivaL, une projection d'une heure, réaLisée en partenariat avec Epson, regroupant toutes Les expositions du « Off > et des images inédites, fût projetée sur grand écran sur Le parvis de La Mairie de HonfLeur située Les quais du Vieux-bassin.

    En proposant, avec une enveLoppe budgétaire réduite, L'exposition de travaux de jeunes taLents, Le « Off > participe activement, par Le biais de ses propres moyens de démonstration, à L'éLargissement de L'offre incarnée par Le festivaL officieL. En effet, iL adopte une forme qui Le rapproche en ce sens d'un pubLic pLus néophyte, qui peut être « impressionné > par La quaLité et Les dimensions des photographies présentées par Chroniques Nomades. Ainsi, de par son caractère « Off >, Le festivaL se pLace habiLement entre une notion popuLaire et professionneLLe de L'événement et participe à La « désacraLisation > de La manifestation officieLLe. Un concept Largement mis en avant à travers Le Festival Off d'Avignon où Le pubLic y vient «par esprit libertaire, estimant que le festival officiel sacralise le théâtre alors qu'il se veut, lui, joyeusement irrévérencieux vis-à-vis des spectacles >529.

    Le Festival OFF apporte une aLternative au festivaL officieL, « il est « rafraîchissant », permet d'avoir un aperçu sur les nouvelles tendances, et peut plaire à ceux qui sont blasé par les grandes expositions un peu conventionnelles >530. Abordant une thématique commune, La photographie de voyage et d'aventure, Le « Off > se différencie du « In > par Le choix des photographes exposés et diversifie en ce sens Les différentes perceptions de La photographie de voyage : « Parallèlement, il existe le OFF, qui enrichi le regard sur la photographie >531.

    Enfin, iL représente un dispositif d'accompagnement artistique pour Les
    photographes émergents de création contemporaine qu'iL expose.

    528 Site internet du Festival OFF des Chroniques Nomades, http://offdeschroniques.canaLbLog.com/aLbums/Linn_jousson_et_manon_rosat/index.htmL, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    529 LERRANT (Jean-Jacques), Op.cit.

    530 Voir annexe 12 page 213.

    531 Idem

    ParaLLèLement au festivaL officieL, iL est une source de création dynamique et variée et permet ainsi à des artistes encore peu connus de se faire remarquer.

    c) Une coLLaboration entre « In > et « Off > à mesurer avec prudence

    Le « In > et Le « Off > sont devenus indissociabLes et interdépendants. ILs participent ensembLe à La responsabiLité coLLective du festivaL. Pourtant, iL arrive que cette coLLaboration dérive vers des confLits qui n'ont aLors pas Lieu d'être. L'exempLe Le pLus connu, qui nous éLoigne un instant de La photographie, est ceLui du Festival d'Avignon. La confrontation qui s'y tient entre Le « In > et Le « Off > intervient « au point de presque reproduire la division bicéphale de l'univers politique. Pour le Off, il ne s'agit pas de s'attaquer au pouvoir du In au nom d'une alternance recherchée, mais plutôt d'exiger le droit à une existence effectivement acceptée >532. Une situation qui n'apparaît pas officieLLement mais traduit cependant qu'« au pouvoir unique attribué au maître des lieux s'ajoute un contre pouvoir, pas forcément rebelle mais sans doute immaîtrisable >533. On retrouve Le même cas de figure pour certains festivaLs de photographie. Pour exempLe, « à Arles ou à Perpignan, et même à Madrid avec Photo Espana, il y a un conflit violent qui dure entre le « In » et le «Off ». >534. Cependant, cette situation, qui sembLe se révéLer principaLement pour Les événements majeurs, ne se retrouve pas pour La majorité des festivaLs de photographie, comme Chroniques Nomades : « Je suis naturellement contre tout ce qui est barrière ou frontière >535, souLigne CLaude Geiss. Enfin, bien qu'iL existe une entente efficace entre Le festivaL Chroniques Nomades et son festivaL off, iL ne doit pas y avoir de confusion faite entre Les deux : « Le Off regroupe de jeunes taLents qu'iL ne faut cependant pas confondre avec ceux qui ont déjà un parcours >536. En effet, dans certains cas, Le fragiLe équiLibre de cette reLation ne dépend pas directement des acteurs des deux parties, mais des photographes eux-mêmes : « Ce qui semble regrettable chez les photographes

    532 BANU (Georges), in DAVID (CLaire), Op.cit, page 37.

    533 Idem

    534 Voir annexe 12 page 213.

    535 Idem

    536 Idem

    du In est qu'ils ne veulent surtout pas donner de conseils ou s'approcher des jeunes. Pourtant, l'intérêt est plus dans l'enrichissement que dans l'isolement »537. Inversement, Le « Off » « a quelquefois l'inconvénient d'accueillir des photographes un peu dissipés, qui n'on pas compris que le relationnel est très important dans ce métier. On assiste dans le OFF à quelques dérapages propres aux jeunes photographes. Cela ne me gène pas outre mesure, ils n'ont juste pas encore compris qu'il faut savoir se tenir, avoir une attitude de prudence pour se faire accepter. Les photographes qui ont une manière de présenter leur travail avec une grande discrétion et politesse, on les remarque tout de suite et on les suit »538.

    La reLation « In » et « Off » induite par La création en 2001 du Festival OFF des Chroniques Nomades intervient dans une démarche de compLémentarité et non de concurrence. ELLe souLigne L'appartenance de ces deux événements à un projet gLobaL et commun, qui vise à Long terme à diversifier L'offre du festivaL, pour un pubLic pLus éLargie, et à améLiorer La Légitimation de L'événement aux yeux des pouvoirs pubLics, des partenaires privés et du pubLic.

    Les différentes actions menées par Le festivaL Chroniques Nomades, depuis sa création en 1996, visent à Le différencier face à une concurrence croissante, et à Le rendre Légitimement acteur principaL de L'activité qu'iL défend. IL est important de souLigner ces actions en Les compLétant de différentes préconisations, appLicabLes à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France ou pour Le festivaL Chroniques Nomades en particuLier.

    537 Idem

    538 Idem

    II) Préconisations apportées à l'échelle de l'ensemble des festivals

    en France et du festival Chroniques Nomades : outils de différenciation, de légitimation et de pérennisation du festival

    Ces différentes préconisations sont données à titre indicatif. ELLes sont Le résuLtat de réfLexions tenues par L'étudiant tout au Long de La réaLisation du mémoire et du stage réaLisé au sein du Festival OFF des Chroniques Nomades de janvier à mai 2006. Ces éLéments cités de manière non exhaustive, à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France ou pLus particuLièrement pour Le festivaL Chroniques Nomades, restent ainsi ouverts au débat, et s'inscrivent dans une démarche de réfLexion personneLLe, menée sur Le Long terme.

    A) Préconisations apportées à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France

    La pLupart des festivaLs interviennent, de manière non négLigeabLe dans Les réseaux de production et de diffusion nationaux. D'autres accompLissent une tâche irrempLaçabLe de découverte de créateurs et de formes artistique. Dans une décLaration du 26 mai 2003539, Jean-Jacques AiLLagon540, aLors Ministre de La CuLture et de La Communication, évoque une mission nationaLe de soutien au spectacLe vivant, mise en pLace par L'Etat, en partenariat avec Les coLLectivités. ParaLLèLement, y sont évoqués une harmonisation de L'intervention de L'Etat en région et La création d'un LabeL « festivaL d'intérêt nationaL ». Nous nous attacherons ici pLus particuLièrement à ce projet de LabeL : « S'agissant des festivals, qui sont dans notre pays en nombre croissant, aucun critère n'a été assigné à l'intervention de l'Etat, qui se caractérise, là encore, par l'arbitraire et l'absence d'une vision d'ensemble. C'est la raison pour laquelle je créerai en 2004 un label de " Festival d'intérêt national ". Il distinguera les festivals majeurs dans notre pays, pour leur

    539 AILLAGON (Jean-Jacques), « L'action territoriaLe du Ministère », conférence de presse, 2003, page 12.

    540 Ministre de La CuLture et de La Communication de 2002 à 2004.

    excellence dans la diffusion, la création, la relation avec le public, ou encore le rayonnement national et international »541. Un projet qui s'inscrit dans une démarche d'harmonisation de L'intervention de L'Etat en matière de soutien aux festivaLs. Cependant, iL reçoit un accueiL mitigé, comme Le souLigne Bernard Latarjet dans son compte-rendu de mission Pour un débat national sur le spectacle vivant 542 : « on sait aujourd'hui que le projet de label « festival d'intérêt national » est désormais très contesté ». En effet, cette question de LabeLLisation sembLe porter à La poLémique. SeLon Les concLusions de Bernard Latarjet543 : « il nous semble préférable d'opérer une évaluation artistique des nombreux festivals que l'Etat soutient en s'attachant à cerner leur démarche de production et de diffusion »544. La question des financements conjoints de L'Etat et des coLLectivités territoriaLes prendrait en compte Les résuLtats de ces évaLuations rendues pubLiques. « Dans cette démarche, l'Etat veillerait à recentrer son action, à renforcer son soutien à des initiatives dont le rayonnement est reconnu par tous les partenaires et à préserver des festivals de dimension économique modeste qui jouent un rôle essentiel depuis des années sans avoir de reconnaissance financière ».545 Le but ainsi recherché n'est donc pas d' « imposer » un LabeL, mais de recentrer son attribution, en fonction de critères spécifiques et favoriser ainsi Le déveLoppement de festivaLs souvent « mis à L'écart ».

    La question de ce LabeL fût souLevée en 2003, Lors du coLLoque organisé par La fédération France Festivals ayant pour thématique La musique a-t-elle besoin des festivals ? 546 . Pour Catherine Ahmadi, sous-directeur de La DMTS auprès du Ministère de La CuLture et de La Communication, Le LabeL « festivaL d'intérêt nationaL », étabLit par L'Etat pour des festivaLs nationaux, toutes discipLines confondue, serait attribué en 2004 pour une tranche de trente à cinquante festivaLs, dont vingt ou trente pour Les festivaLs musicaux. De pLus, « bien que le mot label résonne « technocratique » aux oreilles de certains, il

    541 AILLAGON (Jean-Jacques), « L'action territoriaLe du Ministère », Op.cit.

    542 LATARJET (Bernard), Op.cit., page 155.

    543 Idem

    544 LATARJET (Bernard), Op.cit., page 125.

    545 Idem

    546 « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », actes du coLLoque organisé par La fédération France Festivals, abbaye de Royaumont, novembre, 2003, http://www.francefestivaLs.com/, consuLtation Le 14 juiLLet 2006.

    s'agit simplement pour nous de reconnaître un ensemble de missions nationalement coordonnées que certains festivals assument. Mais cela n'empêche pas une grande diversité. Donc ne dramatisons pas et essayons de faire les choses de façon pragmatique, intelligente et concertée bien sûr »547. Depuis 2004, notre nouveau Ministre de La CuLture et de La Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, sembLe avoir mit de côté ce projet de LabeL « festivaL d'intérêt nationaL ».

    Sans entrer dans une dimension de LabeL, proposition au contenu poLémique pour un secteur encore trop inégaLitaire, iL serait peut-être intéressant, pour Les régions ou départements, d'étabLir une marque ou appeLLation particuLière appLiquée pour Les projets regroupant un certain nombre des critères aLLant dans Le sens des soLutions apportées pour une recherche de différenciation du festivaL548. Cet écLairage apporté sur un ou pLusieurs événements, permettrait, entre autre, Leur différenciation et La marque de Leur Légitimité à L'écheLLe des coLLectivités, créant ainsi un « repère » pour Le pubLic et une orientation pour Les partenaires privés. Enfin, pour Les projets, cette distinction peut pousser Leurs différentes directions à générer ou approfondir ces queLques « Lignes de conduite », contre une banaLisation du terme « festivaL ».

    En ce sens, Les propos de Luc Benito549 apportent queLques pistes de réfLexions suppLémentaires : « Les collectivités territoriales pourraient intervenir sur la répartition équilibrée au sein de chaque territoire concerné, agir sur la complémentarité des genres des festivals afin d'éviter une trop grande concurrence de proximité, garantir l'indépendance artistique des festivals, et enfin, s'engager dans le financement de la programmation par le biais de conventions (de 3 à 5 ans). Et l'Etat quant à lui pourrait créer un observatoire des festivals, véritable outil utilisable aussi dans le domaine du tourisme, un véritable outil de gestion». Ce dernier point sembLe avoir son importance. L'étude des festivaLs sur Le territoire français traduisant Le manque conséquent de données et études réaLisées à L'écheLLe nationaLe.

    547 AHMADI (Catherine), Op.cit., page 26.

    548 Cf. Partie 1, chapitre 2, II, D) Solutions envisagées pour une recherche de différenciation du festival, de La page 84 à 91.

    549 BENITO (Luc), « AteLier 5 : Les festivaLs de France FestivaLs sous L'angLe économique », Op .cit., page 44.

    C'est un éLément important quant à L'appréhension de ce type d'événements cuLtureLs en terme de définition et de recensement.

    Face à L'environnement de pLus en pLus mouvant et incertain des festivaLs en France, La formation de réseaux apparaît comme un outiL favorisant efficacement Leur avenir. Une réponse coLLective apportée contre La pérennisation de pLus en pLus forte de ces événements. Pour exempLe, Le Réseau des Festivals de Culture Electronique français, constitué sous La forme d'une association en mai 2006, regroupe actueLLement cinq festivaLs de musique et de cuLture éLectronique « dans un souhait de mutualisation des moyens et des connaissances >550. Ainsi, Les différents membres de ce réseau se reconnaissent dans une charte commune d'objectifs et d'engagements :

    « La représentation collective auprès des différentes institutions, une communication commune sur la légitimation et la reconnaissance des cultures électroniques à travers les festivals, la mutualisation de certains moyens opérationnels notamment en matière de communication ou de recherche de partenaires, le partage des informations et expériences communes entre les

    membres du réseau dans un esprit non seulement d'entraide mais aussid'optimisation des actions individuelles.

    Enfin, ce réseau se regroupe autour de différents engagements, tant en matière de programmation, envers les artistes, au niveau local, envers le public, respect des règles en vigueur et enfin, un rôle au niveau national »551. La nécessaire énumération de ces objectifs et engagements définie Les intérêts conséquents pour un festivaL d'appartenir à un réseau. En se montrant en commun, autour d'une forme artistique anaLogue, La position et L'importance de chaque festivaL membre est renforcé à L'extérieur, « le tout ne devant pas baigner dans une attitude de concurrence mais de volonté réciproque de soutien et de solidarité >552. Enfin, en abordant Le forme de L'association, Le réseau prend une forme officieL, ce qui Lui permet de poser

    550 « Les festivaLs de musiques éLectroniques s'associent >, site de L'Irma,

    http://www.irma.asso.fr/spip.php?articLe4191&var_recherche=r%E9seau#S(c)quence_1, consuLtation Le 24 mai 2006.

    551 Idem

    552 Idem

    pLus efficacement un certain nombre de revendications auprès des partenaires privés, pubLics et professionneLs.

    B) Préconisations apportées pour Le festivaL Chroniques Nomades

    Depuis sa première édition en mai 1997, Le festivaL Chroniques Nomades propose une unique conférence, généraLement tenue Le samedi après-midi Lors du week-end d'ouverture, regroupant Les différents photographes exposés autour d'une thématique propre à L'événement. En ce sens, iL sembLerait intéressant, dans un premier temps, d'en augmenter La fréquence, sous La forme d'un cycLe de conférences ou tabLes rondes tenu dès Le vendredi soir jusqu'au dimanche. Cet éLément permettrait de donner pLus de contenance à ce week-end d'ouverture, qui regroupe un grand nombre de professionneLs, ainsi que Les principaux acteurs de La presse LocaLe, régionaLe et nationaLe. En effet, en muLtipLiant Le nombre de ces conférences, iL serait aLors possibLe d'en éLargir Leur forme et contenu. Dans un deuxième temps, ce concept pourrait être déveLoppé sur L'ensembLe de La durée du festivaL, accès successivement vers des pubLics pLus spécifiques, comme Les scoLaires ou Les habitants de HonfLeur. Incarnant ainsi un rôLe de médiation entre Le festivaL et son pubLic, ces échanges ou rencontres, qui peuvent être menés par des étudiants en photographie de La région, ou par des professionneLs engagés spéciaLement pour L'occasion, peuvent accroître La prise en compte et La compréhension de L'événement par La popuLation LocaLe. Profitant aLors de La présence des habitants de HonfLeur tout au Long du festivaL, ces actions sont à même de déveLopper Le sentiment d'appartenance, nécessaire à La pérennisation et à L'intégration de L'événement dans Le contexte cuLtureL LocaL. ELLes offrent une dynamique suppLémentaire à L'événement, non pLus concentrée sur Le week-end d'ouverture, et motiver ainsi L'intérêt de La presse à revenir pLusieurs fois vers Le festivaL. Enfin, ces différentes conférences, rencontres ou tabLes rondes pourraient être enregistrées et traduites, sous forme de « buLLetin d'information », mis à disposition, par La

    suite, sur Le site internet du festivaL, donnant ainsi une dimension documentaire à L'événement.

    Afin de mieux appréhender son pubLic, La direction du festivaL Chroniques Nomades pourrait engager, pour sa prochaine édition, une personne en charge des reLations pubLiques. Parmi Les actions envisagées, La réaLisation d'un questionnaire en tête à tête, pendant La durée du festivaL, auprès de ces différents visiteurs, permettrait de déterminer pLus en détaiL La nature des personnes en visite aux Greniers à SeL. IL s'agit de constater si L'identité et Le message transmis par Le festivaL sont bien compris, de connaître Les attentes du pubLic et de déterminer Les actions qui pourraient être menées en direction du non pubLic. De pLus, iL serait intéressant d'entrer en reLation avec Les différents acteurs Locaux, à L'instar des associations, qu'eLLes soient de nature cuLtureLLe ou sociaLe, dans un souci d'appréhension de L'ensembLe des catégories du pubLic LocaL.

    En ce sens, iL sembLait nécessaire de réaLiser en amont de cette onzième édition, un questionnaire pour une étude du pubLic du festivaL Chroniques Nomades553. Les résuLtats ainsi obtenus peuvent être traduits, grâce au LogicieL SPHINX, spéciaLisé dans Les enquêtes et anaLyse de données, sous forme de statistiques, graphiques ou réponses verbaLisées.

    Enfin, une meiLLeure connaissance et appréhension du pubLic permet d'améLiorer La communication du festivaL et d'augmenter sa fréquentation, entraînant des retombées suppLémentaires, non négLigeabLes pour La viLLe de HonfLeur.

    Comme nous avons pu Le constater à travers ce mémoire, Les caractéristiques du Lieu où se dérouLe un festivaL interviennent directement sur La manière dont ceLui-ci est Lu et ressenti par Les visiteurs. En effet, Le site des Greniers à SeL de HonfLeur marque Le festivaL Chroniques Nomades de son identité et caractère. En y pénétrant, Le visiteur est transporté par L'association de L'architecture du Lieu et des photographies qui y sont exposées. Pendant neuf éditions, Le festivaL se dérouLe uniquement sur ce site et en 2006, Lors de son

    553 Voir annexe 8 page 205.

    déveLoppement, iL se tient égaLement dans L'enceinte de La saLLe des congrès de TrouviLLe, Le Long du Quai ALbert 1er. Un impact du Lieu moins important. Ainsi, iL peut sembLer regrettabLe que Le festivaL ne se soit déveLoppé, pendant dix ans, sur aucun autre site que ceLui des Greniers à SeL.

    En comparaison, Les Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles propose « soixante-sept expositions dans des sites aussi variés que des églises du 12ème siècle ou des bâtiments industriels »554, ou encore Le festivaL Visa Pour l'Image, qui regroupe à Perpignan, « vingt-huit lieux pour vingt-neuf expositions »555. L'expLoitation de ces sites historiques, appartenant au patrimoine architecturaL ou reLigieux de chacune de ces viLLes, offre une Lecture éLargie du festivaL, qui prend aLors La forme d'un parcours, mit en vaLeur par L'adéquation entre sites et expositions. Ainsi, pour Visa pour l'Image : « Les festivaliers sont notamment avide de découvrir le patrimoine »556.

    IL est donc intéressant de décLiner, pour Le festivaL Chroniques Nomades, La thématique du voyage et de L'aventure à travers un circuit mené à L'écheLLe LocaLe. Bien que Le site des Greniers à SeL, traduise efficacement, par son histoire, Le concept du festivaL, différents Lieux, situés en pLein coeur de HonfLeur, seraient à même de produire Le même effet557 : L'égLise Sainte Catherine, construite entièrement en bois au XVème siècLe par des charpentiers de marine, L'égLise Saint-Léonard datant du XVIIème siècLe, La Lieutenance, située à L'extrémité du Vieux-bassin, Logis du Lieutenant du roi au XVIIème siècLe, ou encore La chapeLLe Notre-Dame de Grâce, sur Le pLateau de Grâce, un édifice construit au XVIIème siècLe par Les bourgeois et Les marins. Enfin, Les quais du Vieux-bassin, constitué du Quai Sainte-Catherine et du Quai Saint-Etienne, restent une zone expLoitabLe dans Le cadre d'une exposition en pLein air, pour une zone entièrement piétonne à compter du printemps.

    554 PLaquette informative du festivaL Les rencontres Internationales de la Photographie, 2006.

    555 PLaquette informative du festivaL Visa Pour l'Image, 2006.

    556 COURTY (Fanny), Op.cit., page 1.

    557 Les informations citées ci-dessous sont extraites du site de L'Office du tourisme de HonfLeur, http://www.ot-honfLeur.fr/Patrimoine,1,18,0.htmL, consuLtation Le 12 décembre 2006.

    L'ouverture du festivaL Chroniques Nomades sur de nouveaux sites, encouragerait certainement La pLupart de ses visiteurs, qui ne restent généraLement qu'une journée à HonfLeur pour visiter Les expositions des Greniers à SeL, à y proLonger Leur séjour. Cette action peut motiver une meiLLeure connaissance du patrimoine honfLeurais, entraînant une augmentation des retombées en terme d'économie, d'image et de notoriété. Un éLément conséquent pour une vaLorisation et prise en compte de L'événement par Les pouvoirs Locaux.

    Un moyen efficace d'optimiser La pLace occupée par Le festivaL Chroniques Nomades au sein même du paysage cuLtureL de HonfLeur, et de surcroît sa notoriété à L'écheLLe régionaLe et nationaLe, peut être Le déveLoppement d'une action menée à Long terme, tout au Long de L'année. En effet, sauf La présence de L'association du Photo Club de Honfleur, iL n'existe pour cette commune, aucune structure ayant une activité Liée à cette forme artistique. En ce sens, Le festivaL Chroniques Nomades, pourrait être, de manière Légitime, à L'origine du déveLoppement d'une pratique de La photographie. La forme de L'activité aLors adoptée pourrait être La création d'un cycLe de coLLoques abordant La thématique du festivaL, mené ponctueLLement à HonfLeur, dans L'enceinte même des Greniers à seL, Lieu manifestement associé à L'événement. Cette action, qui permet ainsi de pérenniser L'impact de L'événement sur La viLLe pendant toute une année, participe activement à La décentraLisation de ce type d'activité, mené traditionneLLement au sein des institutions photographiques de La capitaLe. Par La suite, iL serait intéressant d'approfondir ce projet par La création d'une structure permanente, en faveur de La pratique et de La compréhension de La photographie de voyage comme Le traduit Chroniques Nomades.

    Enfin, en associant ainsi Le nom de HonfLeur à une activité photographique menée tout au Long de L'année, La viLLe adopte un éLément de distinction suppLémentaire, proche de L'institution, traduisant La richesse cuLtureLLe et artistique de cette commune du CaLvados.

    Les différentes préconisations pour Le festivaL Chroniques Nomades citées cidessus tendent à vouLoir renforcer son statut d'unique événement de photographie de voyage en France. Ces éLéments permettent d'asseoir La position du festivaL dans un contexte LocaL, régionaL et nationaL, en conservant et en renforçant une identité qui Lui est propre. Adaptée en fonction des caractéristiques de cet événement, ces préconisations sont bien entendu appLicabLes pour L'ensembLe des festivaLs.

    Face à L'augmentation croissante du nombre de festivaLs en France, chaque événement doit se démarquer s'iL souhaite rencontrer Le soutien du pubLic et des partenaires pubLics et privés. Une composante qui n'est pas automatique et nécessite une profonde anaLyse du contexte et de son évoLution, tant à L'écheLLe nationaLe, régionaLe, départementaLe que LocaLe. IL faut ainsi trouver Le positionnement adéquat, participant à une démarche qui vaLorise Le contenu artistique du festivaL avant sa forme, et favorise La Légitimation de L'événement sur son territoire pour Le voir se pérenniser. Ainsi, Le festivaL Chroniques Nomades de HonfLeur, tente de « défendre » des vaLeurs qui Lui sont propres, maintenues depuis sa création iL y a dix ans. Une situation qui révèLe La fragiLité de ce type d'événements, et souLigne que rien n'est jamais acquis en matière de cuLture.

    Certains festivals ont un projet qui dépend de l'identité d'un territoire, révélant ainsi une culture locale ou régionale, d'autres proposent un projet qui s'en éloigne et forment ainsi l'identité culturelle du lieu d'implantation. A sa manière, le festival Chroniques Nomades se place entre ces deux distinctions et s'implante légitimement au sein de la ville de Honfleur, offrant une ouverture nouvelle, tant par sa forme que son contenu, en relation avec l'histoire de la commune. Dans un premier temps, son créateur et directeur artistique, Claude Geiss, s'attache à respecter les caractéristiques pré-établies du contexte de son territoire d'implantation, Honfleur, et de sa forme artistique, la photographie, dans une démarche d'échange et d'interaction au local nécessaire à la bonne intégration de l'événement. Pourtant, il se trouve rapidement confronté à l'évolution du contexte festivalier en France, évolution qui se traduit singulièrement à l'échelle de son territoire, et tente de s'en adapter. Ainsi, l'interaction établie évolue, et la concurrence, jusque là absente, semble se développer. Par conséquent, Claude Geiss s'efforce de redéfinir le positionnement de son festival face aux possibles tentatives d'instrumentalisation qui lui sont portées, à la fois par les collectivités territoriales, et plus particulièrement à l'échelle locale, et face à l'augmentation d'événements concurrents au concepts plus « légers ». Une situation qui porte alors atteinte à la solidité des différents soutiens jusqu'alors apportés au festival Chroniques Nomades, mettant en péril l'avenir financier de l'événement et sa relation entretenue avec les acteurs locaux. En ce sens, Claude Geiss s'applique à conserver, grâce à la réalisation d'actions menées au sein même et en parallèle de l'événement, la ligne directive et les valeurs qui ont fait la réussite du festival depuis dix ans. Une démarche qui tente, sans entrer dans la facilité, de lutter contre une mise à l'écart de l'événement et renforcer sa singularité.

    L'étude de cas du festival Chroniques Nomades traduit à sa manière l'évolution de la notion de festival en France et souligne les éléments de distinction nécessaires à une démarche légitime de pérennisation de l'événement.

    Conclusion

    L'année 2006 est L'occasion de démontrer L'effervescence cuLtureLLe de La France, notamment en matière de festivaLs, qui se tiennent en quantité importante sur L'ensembLe de son territoire. L'estimation de Leur nombre, fixé à deux miLLe en mai 2005 par Renaud Donnedieu de Vabres558, traduit un déveLoppement considérabLe, quant à Leur diversité et à Leur impLantation géographique. IL démontre égaLement un engouement de La forme festivaLière pour un grand nombre d'individus ou de coLLectivités, attirés à La fois par son aspect événementieL et cuLtureL. Cependant, cette augmentation exponentieLLe du nombre de festivaLs en France depuis Les années quatrevingt, souLigne de possibLes dérives, dans L'utiLisation de L'outiL festivaL, tant par ses créateurs que ses partenaires pubLics. Dérives qui traduisent paradoxaLement L'apport coLossaL que ces événements ont su générés en termes de retombées sur Le déveLoppement LocaL. ParaLLèLement, en se muLtipLiant, Les festivaLs augmentent considérabLement L'offre cuLtureLLe des territoires et participent activement à La diffusion de L'ensembLe des formes artistiques, dans une démarche de démocratisation cuLtureLLe. Un éLément qui profite non seuLement à un pubLic en constante augmentation, séduit par cette formuLe généraLement associée à La saison estivaLe, aux artistes qui y trouvent une muLtipLication de Leurs moyens de diffusion, et enfin aux communes d'accueiL, qui profite Légitimement d'une notoriété favorisée par L'impLantation de L'événement.

    Comment quaLifier Les manifestations qui portent Le titre de festivaL mais dont Le contenu n'est en rien artistique ou cuLtureL ? Le débat sur L'utiLisation abusive et détournée du terme de festivaL prend-t-iL ici Légitimement sa pLace ? IL sembLe qu'iL Le soit pour un certain nombre de professionneLs du miLieu, qui attachent des vaLeurs particuLières au champ cuLtureL, mais dans La majorité des cas, Les différentes questions souLevées ici sembLent interpeLLer L'auditoire et méritent certainement d'être déveLoppées et justifiées pour susciter L'intérêt. ELLes sembLent atteindre pLus directement Les différents

    558 DONNEDIEU de VABRES (Renaud), in discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, Le 23 novembre 2005, page 1.

    acteurs du miLieu festivaLier et non son pubLic. En effet, vu de L'extérieur, iL n'y a rien de négatif à voir se muLtipLier Le nombre de festivaLs en France.

    Ce qui sembLe ici évident est L'évoLution conséquente des festivaLs vers une situation de précarité, face à des subventions pubLiques qui stagnent, des partenaires privés de pLus en pLus difficiLe à séduire et Le mécénat qui prend difficiLement d'initiatives en faveur d'événements mineurs. Un contexte qui, si iL continue à prendre cette voie, peut Limiter dans Le temps Le bon dérouLement et La création d'événements qui n'ont pas une gestion conséquente. En ce sens, iL est possibLe que L'évoLution du contexte budgétaire des festivaLs entraîne, pour Les années à venir, un essouffLement des structures fragiLisées, dont La Ligne directive et de conduite ne parviennent pas à motiver L'intérêt de ses partenaires et du pubLic. En effet, L'engouement généré par Les porteurs de projet quant à La création d'un festivaL tient notamment dans La soupLesse de La forme juridique qu'iL adopte en généraL, L'association. Pourtant, dans La réaLité, Les choses ne prennent pas une forme aussi simpLe et automatique. L'effet de mode et L'engouement qui « fLottent » autour du terme festivaL peuvent-iL ne durer qu'un temps ? Nous sommes peut-être dans une phase de transition qui peut prendre un nouveau virage face à L'augmentation de La concurrence et L'essouffLement des pouvoirs pubLics. Un tri « natureL » à travers Le temps, effectué à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France vers une situation pLus équiLibrée entre L'offre et La demande.

    Ce dernier éLément souLigne aLors L'étendue de L'impLication personneLLe requise quant à La gestion d'un festivaL. En effet, comme Le festivaL Chroniques Nomades, qui, même après une durée de dix ans, voit sa situation se fragiLiser, iL est important de garder un état d'esprit de persévérance face à un contexte où rien n'est définitivement acquis. C'est peut-être en ce sens une notion de « passion » qui pousse La pLupart des festivaLs à défendre Leurs propres vaLeurs face à cette évoLution incertaine du devenir du contexte festivaLier en France. En ce sens, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, « pour se défendre, les directeurs de festivals doivent peut-être trouver de

    nouvelles pistes de raisonnement ou de fonctionnement, pour s'adapter, tout en gardant leurs valeurs au système de consommation actuelle >559. Le réseau sembLe proposer une « marche de manoeuvre > efficace, dans une démarche de différenciation, tout en restant adapté au contexte actueL. En effet, iL ne s'agit pas ici de Le rejeter mais de s'en adapter.

    La probLématique proposée à travers ce mémoire, et La manière dont eLLe est traitée, ne sembLe donc offrir une réponse unique, au contraire, eLLe ouvre Le débat vers une diversité de réfLexions. L'évoLution du miLieu festivaLier peut être anaLysée en paraLLèLe du contexte cuLtureL à L'écheLLe de La France ou de notre société dans sa totaLité. On peut souLigner aLors La question de La surconsommation cuLtureLLe ou La cuLture consommée comme un service, une cuLture du « zapping >. En ce sens, « si le festival est touché au plus profond de son âme par cette élan de la société, il suffit peut-être de se dire que nous sommes à l'époque d'une transition >560. Le festivaL s'inscrit et évoLue dans une société qui sembLe mettre L'accent sur La consommation et L'effet médiatique. CeLa peut se Lire précisément à L'écheLLe des événements photographiques où L'arrivée du numérique perturbe Le contexte et Les réseaux pré-étabLis : « Il y a une différence à faire entre photographie et images. Une photographie relève d'un choix, d'une volonté particulière. D'une décision. L'image se fabrique de manière spontanée. La photographie reste une trace du réel. Dans l'image on a perdu les origines. >561. On peut peut-être rapprocher ces vaLeurs de spontanéité et de perte d'origines à L'évoLution que sembLe prendre L'ensembLe du champ cuLtureL français. Un éLément souLigné dans Les concLusions de Bernard Faivre d'Arcier pour Le coLLoque Culture, Médias, Evénementiel, un bon ménage à trois ? , en mars 2006 : « L'événementiel est-il devenu le mode privilégié de l'expression artistique, de la transmission culturelle? Aujourd'hui, on ne sait pas comment nos démocraties vont s'adapter au bouleversement lié à internet, ou l'industrie culturelle... La société se pose de nombreuses questions, liées

    559 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? >, Op.cit.

    560 Idem

    561 Interview de Jean-Luc Monterosso, commissaire généraL du Mois de la Photographie, in Le Figaroscope spécial le Mois de la Photo, mercredi 25 octobre 2006, page 1.

    notamment à la conservation de notre patrimoine culturel, comme les bibliothèques ? Ainsi, on quitte la position humaniste et citoyenne pour quelque chose d'un peu plus flou encore, nous sommes dans cette transition... Peut-être faut-il créer des circuits de diffusion différents, autre que le domicile, le cinéma, une salle de concert ou encore le piratage ? »562

    Les pistes de réflexions soulignées, quant à l'évolution de la notion de festival, semblent intervenir à un moment « charnière » et transitoire. Moment auquel la culture semble s'adapter, plus rapidement que ses différents acteurs.

    562 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Culture, Médias, Evénementiel, un bon ménage à trois ? », Op.cit.

    SYNTHESE

    En 1982 et 1983, faisant suite aux Lois sur La décentraLisation cuLtureLLe de L'Etat vers Les coLLectivités territoriaLes563, La cuLture se positionne progressivement au coeur des stratégies d'aménagement territoriaLe en France. NatureLLement, Les festivaLs sont devenus Les acteurs principaux de cette voLonté de démocratie de proximité, d'où Leur importance dans Le paysage cuLtureL français, et pLus particuLièrement Lors de La saison estivaLe. Cette formuLe sembLe rencontrer un réeL succès auprès des coLLectivités qui affichent Leur désir de se faire connaître et d'attirer Le pubLic par Le biais d'événements cuLtureLs.

    En 2005, L'estimation du nombre de festivaLs serait de deux miLLe564. Un chiffre en constante augmentation qui traduit Les difficuLtés rencontrées quant à sa mesure et à son évaLuation.

    Bien que Les régions à fort taux touristique comme La région Provence ALpes Côtes d'Azur et La Bretagne, sembLent être prédestinées à accueiLLir Le pLus grands nombre de festivaLs (iL s'en tient environ trois cents de juin à septembre565), cette évoLution profite cependant à L'ensembLe du territoire français, et ceLa sur une période éLargie à L'année. IL est aLors intéressant d'étudier de pLus prêt ce phénomène « festivaL » et d'en comprendre Les raisons qui ont favorisé son succès.

    Depuis Les Chorégies, premier festivaL français crée à Orange en 1869566, certains événements de renom, comme Le Festival d'Avignon ou Le Festival de Cannes, on su, depuis une soixantaine d'années, entretenir La renommée de La France en matière de richesse cuLtureLLe, et au-deLà même de ses frontières. Un engouement qui n'a cessé de croître et révéLé Les intérêts commun des

    563 KARSENTI, « Le droit de La cuLture », cours EAC 2006-2007, information notée par L'étudiant.

    564 DONNEDIEU de VABRES (Renaud), in discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, Le 24 novembre 2005, page 1.

    565 Direction du Tourisme, « Chiffres CLés du tourisme, édition 2006 », La documentation Française, page 5.

    566 Site internet des Chorégies d'Orange, http://www.choregies.asso.fr/fr/histoire.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    coLLectivités territoriaLes et des directions de festivaLs quant à sa réussite. En effet, pour comprendre Le succès de La formuLe festivaLière en France, iL sembLe, dans un premier temps nécessaire, de revenir sur son interaction inhérente au contexte LocaL.

    Son impact intervient sur L'ensembLe des phases que constitue La mise en oeuvre d'un festivaL, des éLéments pré-étabLis qui déterminent indirectement son positionnement à venir. Une infLuence portée sur La mise en oeuvre du projet, Le choix de La date, du Lieu, pour La recherche de financements pubLics ou privés et enfin, quant à La stratégie de communication adoptée. Ces différents éLéments interfèrent directement dans La construction de tout projet cuLtureL.

    De même, pour comprendre L'importance de cette interaction, iL est nécessaire de prendre en considération L'impact que ces événements génèrent sur Le contexte LocaL : Les retombées matérieLLes directes, en terme de tourisme et d'économie, ou indirectes quant au renforcement du Lien sociaL ou La création d'empLois. ELLes sont compLétées par des retombées immatérieLLes directes, en terme d'image et de notoriété ou enfin indirectes quant au renforcement de La démocratisation et animations cuLtureLLes. Enfin, La diffusion et promotion artistique. L'énumération de ces conséquences traduit Le succès natureL d'une teLLe formuLe et souLigne paradoxaLement une possibLe instrumentaLisation de cet « outiL » cuLtureL et artistique. Une interaction qui n'est pas automatique peut entraîner une dérive dans L'empLoi du concept festivaLier, à L'écheLLe des coLLectivités territoriaLes ou des directions de festivaLs.

    Le festivaL apparaît comme un « outiL » cuLtureL efficace pour Les coLLectivités pour se différencier d'une concurrence de pLus en pLus accrue entre territoires. La Légitimité acquise progressivement, due aux mesures de décentraLisation adoptée par L'Etat dans Les années quatre-vingt, motive Les coLLectivités territoriaLes à préciser Leurs critères d'attribution de soutien aux différents festivaLs qui peuvent s'y tenir. IL sembLe aLors que Les retombées économiques, médiatiques, poLitiques, renforcées par L'aspect événementieL du festivaL dépasse La simpLe considération cuLtureLLe et artistique de L'événement. Le rôLe qui Lui est attribué traduit dans un premier temps

    L'équiLibre compLexe entre cuLture et économie. ELément souLigné par La création de festivaLs orienté en faveur du déveLoppement LocaL, à L'initiative des coLLectivités territoriaLes, pour une recherche de communication, d'animation LocaLe, ou encore à des fins institutionneLs. Dans un deuxième temps, cette évoLution révèLe L'équiLibre compLexe entre cuLture et poLitique. Situation mise en abîme par L'interaction entre La municipaLité et La direction du festivaL. Une reLation qui peut être équiLibrée, de suspicion pour La municipaLité, ou inversement pour Le festivaL. Un certain nombre d'exempLes traduit cette divergence de positionnement entre éLus Locaux et direction du festivaL, divergence qui peut provoquer une rupture.

    Ainsi, Le succès croissant de La formuLe festivaLière depuis Les années quatrevingt entraîne un déséquiLibre dans La Légitimité d'utiLisation du concept. ParadoxaLement, Le succès et La notoriété du terme entraînent une muLtipLication du nombre de festivaLs en France et une concurrence de pLus en pLus viruLente entre des événements qui se diversifient. Cet engouement des coLLectivités territoriaLes pour L'événement festivaLier motive certaines directions de festivaLs ou porteurs de projet à en instrumentaLiser Le concept, entraînant une négLigence du contenu au profit de La forme. On voit ainsi se créer des événements de divertissement, pâLe refLet de festivaLs renommés. Cette possibLe dérive du terme « festivaL » est souLignée par un grand nombre de professionneLs du miLieu qui cherchent aLors à se différencier. En ce sens, différents conseiLs peuvent être apportés afin de priviLégier Les vaLeurs cuLtureLLes et artistiques. VaLeurs sous-entendues par La notion de festivaL et qui en ont fait sa renommée. Ces conseiLs souLignent La nécessité d'une originaLité du concept, L'importance du directeur artistique, de La reLation au pubLic ou encore d'une inscription efficace du festivaL sur son Lieu d'impLantation.

    Enfin, iL est important de souLigner que L'augmentation exponentieLLe du nombre de festivaLs en France et Leur diversification profite activement à une augmentation de L'offre cuLtureLLe, dans une démarche de démocratisation. Une incidence positive pour un pubLic de pLus en pLus important. C'est de même pour Les artistes qui voient se diversifier Leurs possibiLités de promotion.

    Cet état des Lieux des festivaLs en France étabLit un constat quant à L'évoLution de ce phénomène depuis Les années quatre-vingt. Un concept qui évoLue entre instrumentaLisation et banaLisation du terme ou déveLoppement Légitime et natureLLe.

    Dans un deuxième temps, iL sembLe intéressant d'appLiquer ces différentes réfLexions à un exempLe précis : Le festivaL Chroniques Nomades. Cet événement s'inscrit directement en interaction avec L'évoLution du contexte cuLtureL français. C'est un choix personneL orienté par mes différentes expériences professionneLLes au sein du Festival OFF des Chroniques Nomades, pour sa forme artistique, La photographie, et son Lieu d'impLantation, HonfLeur.

    Le festivaL Chroniques Nomades, à L'écheLLe de son territoire (La région Basse-Normandie, Le département du CaLvados et La commune de HonfLeur), inscrit son histoire et identité dans une recherche d'interaction au contexte LocaL. Depuis dix ans, son évoLution traduit une fragiLité financière et L'augmentation de La concurrence entre événements photographiques. ParadoxaLement, cette étude souLigne La divergence et La faibLesse de son adéquation au contexte LocaL, mise en abîme par La reLation entre La direction du festivaL et Les éLus Locaux.

    Depuis sa création en 1997, Les différents éLéments d'action menés par Le festivaL Chroniques Nomades révèLent L'importance d'une recherche de pérennisation afin de renforcer La Légitimité et d'insérer cet événement sur son Lieu d'accueiL. C'est un déveLoppement qui intègre La création d'événements dynamiques en paraLLèLe du festivaL et Le déveLoppement du concept de coproduction. Enfin, La création du FestivaL Off des Chroniques Nomades en 2001, est un outiL efficace de démocratisation pour Le pubLic et d'accompagnement pour Les artistes.

    Une différenciation nécessaire de L'événement face à L'instrumentaLisation possibLe du concept festivaLier.

    Cette étude, proposant son positionnement particuLier, tente de traiter
    successivement Les différentes pistes de réfLexions mises à jour par La
    probLématique. Une spécificité compLétée par des préconisations apportées à

    L'écheLLe des festivaLs en France et du festivaL Chroniques Nomades, outiLs de différenciation, de Légitimation et de pérennisation du festivaL.

    Depuis Les années quatre-vingt, L'augmentation du nombre de festivaLs en France entraîne des conséquences opposées et diverses sur La notion même de L'événement festivaLier. Cette duaLité ne fait que renforcer L'inquiétude quant à La perception du festivaL par ses différents acteurs et Le pubLic.

    LEXIQUE

    ADMICAL

    Depuis sa création en 1979, AdmicaL a pour objet de promouvoir Le mécénat d'entreprise en France dans Les domaines de La cuLture, de La soLidarité, de L'environnement et du sport567.

    DECENTRALISATION CULTURELLE

    La décentraLisation cuLtureLLe s'est opérée en deux temps par L'adoption des Lois éLaborées par Le gouvernement : ce sont Les Lois Defferre en 1982-1983, puis La réforme constitutionneLLe en 2003.

    Ces Lois marquent La voLonté poLitique d'opérer un transfert de compétences et de financements de L'Etat vers Les coLLectivités territoriaLes avec comme objectifs une meiLLeure efficacité de L'action pubLique et Le déveLoppement d'une démocratie de proximité568.

    DECONCENTRATION CULTURELLE

    La déconcentration cuLtureLLe, mise en pLace par L'Etat depuis Les années quatre-vingt, engendre La création de reLais de L'Etat (Les préfectures) sur L'ensembLe du territoire français. Le préfet est aLors L'incarnation de La déconcentration administrative sous pouvoir hiérarchique.

    Ainsi, sous L'autorité du ministre chargé de La cuLture, responsabLe de La gLobaLité de La poLitique cuLtureLLe de L'Etat, Les services déconcentrés sont chargés de La mise en oeuvre des actions, dans Le cadre de directives annueLLes569.

    567 Site de L'AdmicaL, http://www.admicaL.org/defauLt.asp?contentid=2, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    568 KARSENTI, « Le droit de La cuLture », cours EAC 2006-2007, information notée par L'étudiant.

    569 Idem

    EXCEPTION CULTURELLE

    L'exception cuLtureLLe est un concept de droit internationaL. Cet ensembLe de dispositions vise à faire de La cuLture une exception dans Les traités internationaux, notamment auprès de L'Organisation MondiaLe du Commerce (OMC). Ces dispositions ont pour but de spécifier que ce n'est pas Le marché qui doit réguLer La cuLture, mais que ce sont pLutôt Les États qui sont souverains et fondés à soutenir et promouvoir Leurs propres artistes, véhicuLes et porte-paroLe de Leur cuLture570.

    FEDER

    Le FEDER vise à promouvoir La cohésion économique et sociaLe par La correction des principaux déséquiLibres régionaux et La participation au déveLoppement et à La reconversion des régions, tout en garantissant une synergie avec Les interventions des autres Fonds structureLs571.

    FRANCE FESTIVALS

    Fédération Française des FestivaLs Internationaux de Musique.

    Créée en 1959, France FestivaLs regroupe aujourd'hui quatre-vingt-quatre festivaLs. ELLe a pour objet de représenter et de défendre ses adhérents auprès des instances officieLLes et de promouvoir Les manifestations artistiques qu'iLs organisent572.

    MECENAT

    Le mécénat d'entreprise est Le soutien consenti par une initiative privée en faveur d'une activité présentant un intérêt généraL sans contrepartie directe de La part du bénéficiaire. L'administration fiscaLe admet L'existence de contreparties matérieLLes s'iL existe une disproportion marquée entre Les

    570 EncycLopédie Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Exception_cuLtureLLe, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    571 Le portaiL de L'Union Européenne, http://europa.eu/scadpLus/Leg/fr/Lvb/L60015.htm, consuLtation Le 17 octobre 2006.

    572 Site de La fédération France Festivals, http://www.francefestivaLs.com/federation.htm, consuLtation Le 17 octobre 2006.

    sommes données et La vaLorisation de La prestation rendue (< 25%). L'association du nom de L'entreprise versante aux opérations réaLisées par L'organisme reLève du mécénat, si eLLe se Limite à La simpLe mention du nom du donateur, queLs que soient Le support et La forme, à L'exception de tout message pubLicitaire. Depuis La Loi du 1er août 2003 reLative au mécénat573, aux associations et aux fondations, Les dons effectués par Les entreprises ouvrent droit à une réduction d'impôt égaLe à 60% du montant (dans La Limite de 0.5% du CA HT de L'entreprise), Lorsqu'iLs sont réaLisés au profit d'organismes d'intérêt généraL574.

    MISSION MECENAT

    Loi présentée Le 1er août 2003 par Jean-Jacques AiLLagon et votée au parLement. Dès Lors, chaque citoyen peut obtenir jusqu'à 60% de réduction d'impôts sur Le revenu. De La même manière, Les entreprises ont cette possibiLité de réduire Le même pourcentage au titre de L'impôt sur Les sociétés.575

    ODIA NORMANDIE

    Organisme professionneL au service des professionneLs du spectacLe vivant qui déveLoppent Leurs activités sur Le territoire de La Haute et BasseNormandie576.

    ONDA

    Organisme qui a pour mission de favoriser La diffusion en France de spectacLes s'inscrivant résoLument dans Le mouvement de La création contemporaine577.

    RECENTRAGE DE L'ETAT

    L'état recentre ses interventions sur un nombre restreint d'événements
    cuLtureLs qui défendent des objectifs pLus cibLés comme L'exceLLence

    573 Voir Lexique « Mission Mécénat », page 169.

    574 SAUVANET (NathaLie), « Mécénat », Op.cit.

    575 DIJAN (Jean-MicheL), Op.cit., page 59.

    576 Site de L'ODIA, http://www.odianormandie.com/, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    577 Site de L'ONDA, http://www.onda-internationaL.com/onda.php, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    artistique ou Le déveLoppement de genres pLus difficiLes (musiques contemporaine, ancienne ou baroque), au nom d'un objectif de rayonnement internationaL578.

    SPONSORING

    Vecteur de communication qui consiste pour une entreprise (parrain, sponsor) à contribuer financièrement, matérieLLement et/ou techniquement (Logistique) à une action sociaLe, cuLtureLLe ou sportive, à L'entraînement d'un sportif..., dans L'optique commerciaLe d'accroître sa notoriété et éventueLLement d'améLiorer son image. IL s'accompagne souvent, mais pas nécessairement, d'une opération de communication pubLicitaire paraLLèLe, visant à faire connaître cet engagement à L'ensembLe de La cibLe des produits de L'entreprise. IL ne doit pas être confondu avec Le mécénat579.

    578 AHMADI (Catherine), « L'argent des festivaLs... », Op.cit., page 26.

    579 Site des professionneLs du marketing,

    http://www.emarketing.fr/GLossaire/ConsuLtGLossaire.asp?ID_GLossaire=6367, consuLtation Le 17 octobre 2006.

    INDEX ANALYTIQUE

    A

    ADEQUATION, 92, 103, 118, 121, 135, 136, 138, 162,

    173

    C

    COMMUNICATION, 8, 21, 23, 25, 32, 34, 35, 42, 46,

    52, 62, 67, 81, 87, 90, 109, 135, 137, 142, 150,

    159, 161, 171, 172, 178

    CONTENU, 39, 46, 80, 86, 90, 92, 99, 111, 118, 157,

    160, 164, 166, 172

    D

    DEFINITION, 1, 4, 22, 77, 79, 97, 99, 148, 158 DEMOCRATISATION, 3, 9, 53, 64, 97, 99, 148, 151, 166, 171, 173, 174

    E

    ECHANGE, 7, 9, 10, 34, 57, 58, 61, 103, 165

    I

    IDENTITE, 5, 14, 45, 59, 69, 70, 90, 92, 116, 117,

    125, 145, 160, 161, 163, 164, 173

    IMAGE, 25, 43, 44, 50, 73, 112, 113, 118, 123, 126,

    127, 128, 133, 142, 143, 144, 146, 149, 150, 161 IMPLICATION, 46, 49, 50, 122, 150, 167 INSTRUMENTALISATION, 6, 7, 57, 61, 65, 67, 71, 74,

    77, 80, 82, 97, 101, 102, 128, 140, 165, 171, 173,

    174

    INTERACTION, 6, 9, 58, 64, 71, 74, 75, 98, 102, 103, 165, 171, 172, 173

    L

    LEGITIMITE, 64, 88, 102, 141, 157, 171, 172, 174

    LOCAL, 3, 4, 6, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 22, 36, 39, 42,

    43, 44, 50, 52, 53, 56, 57, 58, 61, 63, 64, 65, 70,

    77, 84, 86, 90, 94, 95, 98, 102, 103, 122, 137,

    140, 143, 159, 160, 161, 163, 165, 166, 171, 172, 173

    M

    MUNICIPALITE, 60, 66, 71, 72, 73, 74, 75, 76, 110, 172

    N

    NOTION, 6, 7, 9, 16, 20, 32, 72, 77, 82, 84, 86, 87, 88, 97, 128, 138, 140, 141, 147, 152, 165, 167, 169, 172, 174

    NOTORIETE, 4, 36, 50, 51, 52, 61, 62, 89, 90, 96,

    162, 163, 166, 171, 172, 178

    O

    ORIENTATION, 11, 65, 66, 158

    ORIGINALITE, 70, 81, 83, 86, 90, 142, 173

    OUTIL, 2, 30, 58, 61, 64, 67, 148, 151, 158, 166, 171, 174

    P

    PARTICIPATION, 22, 25, 49, 55, 60, 62, 84, 133, 144,

    151, 176

    PATRIMOINE, 11, 25, 39, 66, 104, 129, 139, 161, 162, 169

    PERENNISATION, 36, 67, 79, 88, 91, 94, 95, 137, 138,

    141, 143, 147, 155, 158, 160, 165, 174 PHOTOGRAPHIE, 1, 13, 94, 112, 113, 116, 126, 129,

    134, 143, 144, 146, 147, 148, 161, 168 POPULAIRE, 3, 63, 67, 110, 119, 152 PROFESSIONNEL, 82, 97, 121, 178

    PUBLIC, 11, 13, 16, 19, 29, 32, 39, 44, 45, 52, 53, 55,

    56, 58, 59, 64, 65, 68, 70, 71, 74, 78, 80, 85, 87,

    88, 90, 91, 92, 93, 95, 96, 99, 111, 112, 120, 122,

    123, 128, 136, 139, 140, 141, 143, 146, 148, 151,

    152, 154, 156, 158, 159, 160, 161, 164, 166, 167, 170, 173, 174

    Q

    QUALITE, 20, 21, 54, 55, 64, 68, 70, 71, 77, 83, 84, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 95, 96, 109, 114, 117, 127, 147, 150, 152

    R

    RENOM, 21, 40, 49, 109, 113, 114, 170

    RETOMBEE, 65, 66

    ROLE, 16, 19, 38, 44, 48, 57, 60, 61, 72, 78, 92, 94,

    99, 110, 111, 117, 121, 124, 156, 159, 160, 172

    S

    SOUTIEN, 6, 16, 19, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 28, 33,

    34, 56, 62, 66, 73, 79, 86, 89, 94, 106, 107, 110,

    121, 124, 127, 131, 132, 133, 134, 136, 138, 145,

    147, 156, 159, 164, 172, 177

    SUCCES, 6, 9, 18, 45, 54, 58, 59, 64, 65, 68, 70, 77,

    78, 87, 90, 92, 94, 141, 170, 171, 172

    T

    TERRITOIRE, 1, 2, 4, 6, 11, 13, 14, 15, 21, 23, 24,

    26, 28, 36, 41, 52, 58, 59, 61, 63, 66, 78, 90, 92,

    94, 95, 96, 98, 103, 104, 106, 112, 115, 116, 118,

    122, 123, 137, 139, 142, 158, 164, 165, 170, 173, 176, 178

    TOURISME, 4, 5, 9, 36, 37, 38, 39, 40, 59, 83, 99,
    104, 106, 109, 119, 132, 158, 162, 170, 171

    V

    valeur, 2, 33, 44, 61, 65, 68, 74, 78, 81, 85, 96, 104, 112, 123, 158

    INDEX DES NOMS (PROPRES) CITES

    A

    AHAMADI (Catherine), 20, 157 AILLAGON (Jean-Jacques), 156, 177 ALDUY (Jean-Paul), 25, 43, 73 ALQUIER (Pascal), 75

    ANGER (Magali), 105

    B

    BASSE-NORMANDIE, 99, 101, 103, 104, 105, 106, 108,

    114, 115, 121, 122, 124, 127, 129, 130, 173, 178 BASTERRA (Christophe), 93

    BENITO (Luc), 2, 6, 17, 33, 75, 81, 85, 95, 158 BERTRAND , 23, 36, 46, 56, 75, 82, 94, 125 BOOGAARTS (Inès), 63

    BORIS (Jean-Miche), 16, 22, 26

    BOUCHARD (Diane), 4 BOUDIN (Eugène), 110 BOURGEOIS, 27, 28 BOYER, (Dominique),76 BROWN (Patrick), 147

    HELLIO (Bertrand), 23, 36, 46, 56, 75, 82, 94

    HONFLEUR, 6, 99, 101, 108, 109, 110, 111, 112, 115, 116, 118, 119, 120, 121, 123, 124, 125, 130, 136, 137, 139, 145, 147, 151, 160, 161, 162, 163, 164, 173

    J

    JAURES (Jean), 76 JONDKING, 110

    L

    LACHEVRE (Bernard), 110

    LAMARRE (Michel), 109, 136

    LANG (Jack), 16, 17

    LATARJET (Bernard), 40, 41, 156 LELIEVRE (Jean), 144

    LEROY (Jean-François), 25, 73, 143

    M

    C

    CALVADOS, 101, 106, 107, 108, 114, 115, 130, 131, 163, 173

    CANNES, 50, 69, 82, 170

    CARDON (Christian), 138, 139

    CHABAN DELMAS (Jacques), 63

    CHAMPAGNE (Patrick), 64

    CHOUCHAN (Lionel), 79

    COLIN (Yves), 90

    COURTY (Fanny), 25, 43, 150, 162

    D

    DARNAUD (Robert), 83

    DAVID (Françoise), 110, 139 DECHARTRE (Philippe), 3, 4, 99

    DONNEDIEU de VABRES (Renaud), 4, 157, 166 DOUGADOS (Geneviève), 76

    DURON (Philippe), 105

    E

    ETAT, 16, 20, 21, 22, 23, 25, 37, 39, 59, 60, 65, 66, 88, 105, 106, 131, 135, 156, 157, 158, 170, 171, 175, 176

    F

    FAIVRE d'ARCIER (Bernard), 6, 13, 41, 43, 65, 69,

    77, 79, 80, 82, 83, 86, 87, 88, 97, 167, 168 FARCHY (Joëlle), 51

    FLEURY (Jean-Christian), 122

    FOURREAU (Eric), 138

    G

    GEISS (Claude), 116, 117, 118, 119, 121, 122, 123, 124, 125, 126, 129, 130, 132, 133, 134, 135, 136, 137, 138, 141, 143, 145, 147, 151, 154, 165

    H

    HALIMI (Maurice), 25

    HALLYDAY (Johnny), 70 HEBEL (François), 112, 143

    MALRAUX (André), 16, 29 MALVY (Martin), 50, 96 MARIE (Samuel), 122 MAURET (Nathalie), 96 MERCIER (Sophie), 4 MITTERAND (François), 17

    MONTANDON (Catherine), 110, 120

    MOUCHEL (Didier), 128

    N

    NEGRIER (Emmanuel), 15

    O

    ORDANO (d') (Anne), 106

    P

    PERON (Guy), 127

    PERRINE (Bernard), 111, 128 PHILIPPOT (Catherine), 122 PICHARD (Jean-Pierre), 59

    R

    RAS (Yves), 131

    RONEY (Franck), 122

    ROUFFIGNAC (de) (Isabeau), 122
    ROUSSEAU (Françoise), 119, 125

    S

    SAUZAY (Benjamin), 28

    T

    THIBAUT (Anne-Marie), 91

    TIPHAIGNE (Jean-Pierre), 107

    TOUSSAINT (Philippe), 18, 23, 26, 30, 31, 81, 86, 90, 97, 135

    V

    VALLOTTON (Felix), 110 VILAR (Jean), 2, 6, 14, 56 VONAU (Jean-Laurent), 24

    GLOSSAIRE DES SIGLES

    ADAMI

    Société civiLes pour L'administration des droits des artistes et musiciens interprètes. ADMICAL

    Association pour Le déveLoppement du mécénat industrieL et commerciaL.

    ADDM

    Association DépartementaLe Musique et Danse.

    AFAA

    Association Française d'Action Artistique.

    AFEST

    Association Française des Experts et Scientifiques du Tourisme.

    AFIJMA

    Association des FestivaLs Innovants en Jazz et Musiques ActueLLes.

    AGFA

    Association de Gestion du FestivaL d'Avignon.

    CMN

    Centre des Monuments Nationaux.

    CNRS

    Centre NationaL de Recherche Scientifique.

    CRCO

    Centre RégionaL de Photographie de Cherbourg-OcteviLLe.

    DMD

    Direction de La Musique et de La Danse.

    DMDTS

    Direction de La Musique, de La Danse, du Théâtre et des SpectacLes.

    DNO

    Directive NationaLe d'Orientation.

    DRAC

    Direction RégionaLe des Affaires CuLtureLLes.

    EDF

    ELectricité De France.

    FCM

    Fondation pour La Création MusicaLe.

    FEDER

    Fonds Européen de DéveLoppement RégionaL.

    IRMA

    Centre d'Information et de Ressources pour Les Musiques ActueLLes.

    ODACC

    Office d'Action CuLtureLLe du CaLvados.

    ODIA Normandie

    Office de Diffusion et d'Information Artistique de Normandie.

    ONDA

    Office NationaL de Diffusion Artistique.

    SACD

    Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques.

    SACEM

    Société des Auteurs Compositeurs Editeurs de Musique.

    SNCF

    Société NationaLe des Chemins de Fer.

    SPEDIDAM

    Société de perception et de distribution des droits des interprètes de musique et de danse.

    BIOGRAPHIES

    AHMADI Catherine

    Sous-directrice pour La diffusion, La création et Les Lieux à La Direction de La Musique, de La Danse, du Théâtre et des SpectacLes, Ministère de La CuLture et de La Communication.

    BENITO Luc

    ConsuLtant et chercheur à L'Université d'Aix-MarseiLLe 1.

    Auteur de Les Festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, L'Harmattan, 2001.

    BORIS Jean - Michel

    IL a dirigé La mythique saLLe parisienne de L'OLympia pendant près de quarante-sept ans en y occupant successivement Le poste de directeur artistique et président du fond de soutien de La chanson, variété et jazz.

    CHOUCHAN Lionel

    SpéciaListe de La communication événementieLLe, LioneL Chouchan a créé Les agences Promo 2000, (aujourd'hui disparue), et L'agence de reLations pubLiques et de création d'événements Le Public Système dont iL est Le Président Directeur GénéraL.

    ETHIS Emmanuel

    SocioLogue des festivaLs et de Leurs pubLics, EmmanueL Ethis, dont Le Laboratoire de recherche est instaLLé à Avignon, est un observateur priviLégié des festivaLiers.

    FAIVRE d'ARCIER Bernard

    IL fut Le directeur de Festival d'Avignon de 1980 à 1984 et de nouveau de 1993 à 2003.

    ConseiLLer cuLtureL du Premier ministre (1984-1985), iL crée en 1986 La Sept, pôLe français de La chaîne Arte.

    En 1989, iL organise Les manifestations céLébrant Le bi-centenaire de L'AssembLée nationaLe. IL devient directeur du Théâtre et des SpectacLes de 1989 à 1992. De 1993 à 2003, iL est de nouveau directeur du Festival d'Avignon, directeur (1993-98) du Centre nationaL du Théâtre et commissaire pour La Saison hongroise 2001 en France.

    GEISS Claude

    Après une formation de graphiste (EDTA), iL travaiLLe pour différentes agences et studios, puis devient indépendant.

    IL commence à pratiquer La photographie en 1974, puis entre à L'Agence Rapho et obtient Le 1er prix de Reportage de La ViLLe de Paris en 1980.

    Après une mission en YougosLavie iL est exposé à La Maison de L'Europe (1er Mois de La Photo), puis au Musée de La BateLLerie à ConfLans-Sainte-Honorine, à Ramsgate (GB), à Nancy (Mois de La Photo), à La Fondation Cartier ... CoLLection pubLique : achat de tirages par La BibLiothèque NationaLe.

    IL entre au Centre NationaL de La Photographie (Ministère de La CuLture) en 1981, comme responsabLe de La production éditoriaLe.

    En 1988, iL reprend Le statut d'indépendant pour éditer des Livres et produire des expositions avec Les photographes suivants : Jacques Henri Lartigue, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Robert Franck, JeanLoup Sieff, HeLmut Newton, Sebastiao SaLgado, WiLLy Ronis, Robert KoudeLka, Nadar, Eugène Smith, Raymond Depardon, Marc Le Mené, pour Les Rencontres InternationaLes de La Photographie d'ArLes, Le Mois de La Photo à Paris, La ViLLa Médicis à Rome, Le Musée de L'ELysée à Lausanne, Les Centres CuLtureLs Français de Budapest, BarceLone, Madrid et Prague, Les ViLLes de Bordeaux, St Etienne, Carcassonne, Narbonne, LiLLe, Rennes, Nancy, MarseiLLe et Lyon.

    Initiateur et Directeur Artistique du FestivaL de Photographies Chroniques Nomades présenté pour La 1ère fois à HonfLeur au mois de mai 1997 : pLus de 100 expositions monographiques produites et présentées en dix ans et cinq bourses Chroniques Nomades attribuées.

    IL poursuit actueLLement son activité de photographe à Paris.

    TOUSSAINT Philippe

    IL est Le fondateur du festivaL Septembre musical de L'Orne en 1983. Depuis 1999, iL est Le président de La fédération France Festivals.

    En 2002, iL devient président du Centre chorégraphique de Basse-Normandie et depuis 2004, de L'Ensemble de Basse-Normandie.

    VILAR Jean

    Acteur et metteur en scène de théâtre français, iL est Le fondateur du Festival d'Avignon (1947) et directeur du Théâtre National Populaire (1951-1963). IL a donné une vie nouveLLe aux oeuvres cLassiques et rendu accessibLes à un très Large pubLic Les pièces d'auteurs contemporains.

    INDEX DES ILLUSTRATIONS

    Illustration 1 p.111 bis

    Les Greniers à sel de Honfleur, vue extérieure depuis la Rue de la ville.

    Site de l'Office du Tourisme de Honfleur, www.othonfleur.fr/v2/images_v2/patrimoine_enclos_2.gif, consultation le 16 novembre 2006.

    Illustration 2 p.111 bis

    Les Greniers à sel de Honfleur, vue intérieure pendant le festival Chroniques Nomades.

    Site de l'Office du Tourisme de Honfleur, www.othonfleur.fr/v2/images_v2/patrimoine_enclos_2.gif, consultation le 16 novembre 2006.

    BIBLIOGRAPHIE

    - SOURCES

    Données statistiques

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    Direction GénéraLe de L'INSEE Basse-Normandie, « L'économie des Loisirs en Basse-Normandie », Cent pour Cent Basse-Normandie, n°151, octobre, 2005, 8pages.

    Direction GénéraLe de L'INSEE Basse-Normandie, « Panorama démographique, économique et sociaL de La Basse-Normandie », Cent pour Cent Basse-Normandie, n°149, juiLLet, 2005, 16 pages.

    Directive NationaLe d'Orientation, 31, janvier, 2003, 44 pages.

    Direction du Tourisme, « Chiffres CLés du tourisme, édition 2006 », Paris, La documentation Française, 2006, 8 pages.

    Préfecture de La région Basse-Normandie, « Animer et vaLoriser Le cadre de vie », in « Basse-Normandie : Rapport d'activité des services de L'Etat en 2003 », 2003, 32 pages.

    Ministère de La CuLture et de La Communication, « AtLas des activités cuLtureLLes », buLLetin du Département des études et de La prospective, n° 123, juin, 1998, 8 pages.

    Ministère de La CuLture et de La Communication, « Pratiques cuLtureLLes des français », in « Mini Chiffre cLé de La cuLture 2004 », Département des Etudes et de La Prospective, 2005, 8 pages.

    Documents administratifs

    BuLLetin d'Informations MunicipaLes de HonfLeur, n°21, octobre, 2006, 74 pages.

    Compte-rendu du ConseiL d'Administration de La viLLe de Cherbourg-OcteviLLe, 29, juin, 2006, http://www.viLLe-
    cherbourg.fr/fr/cherbourg_octeviLLe/comptes-rendus_conseiLs_m/conseiLs_de_2006/29juin_2006/fichiers/184-2006.pdf, consuLtation Le 12 décembre 2006.

    - OUVRAGES GENERAUX Ouvrages

    DAVID (CLaire), (Sous La direction de), Avignon, 50 festivals, Paris, Actes Sud, 1997, 360 pages.

    DIJAN (Jean-MicheL), Politique culturelle : la fin d'un mythe, Paris, GaLLimard, 2005, 155 pages.

    ETHIS (EmmanueL), (sous Le direction de), Avignon, le public réinventé: le Festival sous le regard des sciences sociales, coLLection Question de culture, Paris, La Documentation Française, 2002, 342 pages.

    FARCHY (JoëLLe) et SAGOT-DUVAUROUX (Dominique), Économie des politiques culturelles, Paris, PUF, 1994, 183 pages.

    SAINT PULGENT (de) (Maryvonne), Le gouvernement de la culture, Paris, GaLLimard, 1999, 370 pages.

    Articles

    BENITO (Luc), « Etat des Lieux de L'activité 2002 des festivaLs membres de France FestivaLs », novembre, 2003, 26 pages.

    Direction de La musique et de La Danse, « L'action de L'état », Cahiers espace n°31, mars, 1993, 5 pages.

    « Financements des festivaLs : L'état en retrait », in La Scène, n° 38, septembre, 2005, page 36 et 37.

    - OUVRAGES SPECIALISES Ouvrages

    BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Paris, L'Harmattan, 2001, 207 pages.

    BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Cahier Espace n°74, août, 2002, 24 pages.

    Articles

    CHAMBONNIERE (Hervé), « Fêtes, La surchauffe », in Ouest France, 15, septembre, 2006, pages 14 et 15.

    ETHIS (EmmanueL), « Tous Les festivaLs n'en sont pas ! », in Le Ravi, 1er, juiLLet, 2004, 2 pages, http://www.Leravi.org/articLe.php3?id_articLe=26, consuLtation Le 12 février 2006.

    FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », http://efaextra.efa-

    aef.eu/efadoc/11%5CBFAComment%20donner%20un%20avenir%20aux%20festiv aLs.doc, consuLtation Le 12 juin 2006, 13 pages.

    FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL », Cahier Espaces n°31, mars, 1993, 5 pages.

    MALVY (Martin), « FestivaLs à foison, festivaLs en périL, festivaLs à défendre », http://www.midipyrenees.fr/pagesEditos.asp?IDPAGE=299&sX_Menu_seLected ID=m2CuLture_D8E57732, consuLtation Le 16 juin 2006, 1 page.

    MAURET (NathaLie), « Peut-on encore créer des festivaLs en France », in La Scène, n° 31, décembre, 2003, pages 80 et 81.

    THIBAUT (Anne-Marie), « Le festivaL : objet de passion ou enjeu de pouvoir », Cahier Espaces n°31, mars, 1993.

    Communiqués de presse

    ORIGET du CLUZEAU (CLaude) et VICERIAT (Patrick), « Le tourisme gravement touché par L'annuLation des festivaLs », communiqué de presse de L'AFEST, 11, juiLLet, 2003, 1 page,

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    Sites internet

    « Au Nom de La Loire quitte La scène », Tours, 27, janvier, 2003, http://www.radiobeton.com/andLL/index.htm, consuLtation Le 15 septembre 2006, 1 page.

    - DICTIONNAIRES

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    Le Petit Larousse illustré 2001, Larousse, 1785 pages.

    - RAPPORTS

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    DECHARTRE (PhiLippe), Rapport Dechartre : Evénéments culturels et développement local, janvier, 1998, 271 pages.

    LATARJET (Bernard), Pour un débat national sur le spectacle vivant, compterendu de mission du Ministère de La CuLture et de La Communication, avriL, 2004, 171 pages.

    LAUNAY (Jean) et MARTINEZ (Henriette), L'action culturelle diffuse, instrument de développement des territoires, rapport d'information n° 3127 au nom de La déLégation à L'aménagement et au déveLoppement durabLe du territoire, 7, juin, 2006, 6 pages, http://www.assembLeenationaLe.com/12/rap-info/i3127.asp, consuLtation Le 16 avriL 2006.

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    - REVUES / PERIODIQUES

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    http://coordination5962.pieddebiche.fr.eu.org/articLe.php3?id_articLe=115, consuLtation Le 16 juin 2006.

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    FOURREAU (Eric), « Maire et acteur cuLtureL : duos gagnants ! », in La Scène, n° 34, septembre, 2004, page 33.

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    PERRINE (Bernard), « Ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi ! », in Le photographe, n° 1640, mai, 2006, page 1.

    RAMADE (Anne), « En quête d'équité », in Français dans le monde, n°342, novembre-décembre, 2005, http://www.fdLm.org/fLe/articLe/342/342musiquesmonde.php, consuLtation Le 16 juin 2006.

    SAUZAY (Benjamin), « Les festivaLs découvreurs de taLents », in La Scène, n° 34, septembre, 2004, page 44 à 56.

    TOUSSAINT (PhiLippe), « L'intermittence est vitaLe pour L'économie des festivaLs », in Le Nouveau Musicien, n°12, février, 2006, page 8 à 10.

    Découpe, n°3, ANFIAC-PubLications, juin, 1988.

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    - TRAVAUX DE RECHERCHE

    AGRAM de SAINT-JORES (Lynda), ANDRE (Sandra), BRULAIS (Laure) et DIARD (Vincent), La communication événementielle des villes moyennes en Bretagne. Etat des lieux, stratégies et enjeux, mémoire coLLectif, Master 2 en communication, Université Rennes 2, UFR Arts - Lettres - Communication, janvier, 2005, 286 pages.

    BOUCHARD (Diane) et MERCIER (Sophie), Tourisme culturel et festivals : Opportunités et limites d'un tel partenariat, Majeure management des arts et de La cuLture 2004, 15, juin, 2004, 61 pages.

    CETTOLO (HéLène), Action culturelle et développement local en milieu rural.
    Le cas de trois projets culturels en Midi-Pyrénées
    , Université de TouLouse Le

    MiraiL, Etudes ruraLes mention socioLogie, 11, janvier, 2000, 5 pages, http://ruraLia.revues.org/document156.htmL, consuLtation Le 10 février 2006.

    «FestivaLs et déveLoppement LocaL: queLLe intégration et queLLes retombées ? », http://www.obouLo.com/search.php?q=festivaL+§start=0, 5 pages.

    - DISCOURS

    AILLAGON (Jean-Jacques), « L'action territoriaLe du Ministère », conférence de presse, Paris, 26, mai, 2003, 61 pages.

    DONNEDIEU de VABRES (Renaud), « Le Temps des arts de La rue », MarseiLLe, 2, février, 2005, 32 pages.

    DONNEDIEU de VABRES (Renaud), discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, 24, novembre, 2005, 2 pages.

    - INTERVIEW

    DUPLAN (Karine), « Sur La route des Chroniques nomades de HonfLeur », interview de CLaude Geiss, 1er, avriL, 2000, in web magasine Chronic'art, http://www.chronicart.com/mag/mag_articLe.php3?id=766, consuLtation Le 12 juin 2006, 3 pages.

    - COLLOQUES

    CLERC (PhiLippe), L'outil culturel, levier du développement territorial, in conférence internationaLe de L'INTA, Autres projets culturels, autres centralités, Vitry-Sur-Seine, 17, novembre, 2005, 11 pages.

    FAIVRE D'ARCIER (Bernard), BORIS (Jean-MicheL), GARCIA (Pedro), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? », tabLe ronde de La Business CLasse CuLture ESC Dijon, Paris, 2, mars, 2006, 4 pages.

    « L'art est poLitique », coLLoque organisé par La revue Cassandre et Le groupe REFLEX(E), MontreuiL, mai, 2002,
    http://www.cuLture.gouv.fr/cuLture/actuaLites/co-ddat/co84.htm, consuLtation Le 1er novembre 2006.

    « Le mécénat, une opportunité ou un Leurre ? », actes du coLLoque internationaL « Faut-iL avoir peur du financement privé de La cuLture ? », in La Scène, suppLément du n° 37, novembre, 2004.

    « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », actes du coLLoque organisé par La fédération France Festivals, abbaye de Royaumont, novembre, 2003, http://www.francefestivaLs.com/, consuLtation Le 14 juiLLet 2006, 2 pages.

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    - OUTILS DE COMMUNICATION FESTIVALS

    COURTY (Fanny), La Gazette de Visa, 4, septembre, 2006, 4 pages.

    Dossier de presse du festivaL Chroniques Nomades, édition 1997, 1998, 1999,

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    Dossier de presse du Festival de l'Image de Saint-VaLéry-en-Caux, octobre, 2006, 24 pages.

    Dossier de presse du Festival Off des Chroniques Nomades, mai 2006.

    PLaquette informative du festivaL Les rencontres Internationales de la Photographie, ArLes, juiLLet, 2006.

    PLaquette informative du festivaL Visa OFF pour l'Image, septembre, 2006.

    PLaquette informative du festivaL Visa Pour l'Image, Perpignan, septembre, 2006.

    - COURS EAC

    ALLEMAND, « Diffusion du SpectacLe Vivant », cours EAC 2005-2006, citation notée par L'étudiant.

    BOURGEOIS, « Le marché du spectacLe vivant », cours EAC 2005-2006, information notée par L'étudiant.

    GALEOTTE, « Droit sociaL appLiqué au spectacLe vivant », cours EAC 2005- 2006, information notée par L'étudiant.

    KARSENTI, « Le droit de La cuLture », cours EAC 2006-2007, information notée par L'étudiant.

    SAUVANET (NathaLie), « Mécénat », cours EAC 2005-2006, information notée par L'étudiant.

    SAUVANET (NathaLie), « Mécénat européen », cours EAC 2006-2007, information notée par L'étudiant.

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    www.admicaL.org, site de L'AdmicaL, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    www.bdangouLeme.com, site du Festival International de la Bande Dessinée, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.centre-photo-Lectoure.fr, site de L'Eté photographique de Lectoure, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    www.cg14.fr, site du ConseiL GénéraL du CaLvados, consuLtation Le 13 novembre 2006.

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    www.chroniquesnomades.com, site du festivaL Chroniques Nomades, consuLtation Le 12 mars 2006.

    www.crL.basse-normandie.com, site du festivaL Les Boréales, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    www.cr-basse-normandie.fr, site du ConseiL RégionaL de Basse-Normandie, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    www.cuLture.gouv.fr, site du Ministère de La CuLture et de La Communication, consuLtation Le 17 octobre 2006.

    www.departement.org, site du département du CaLvados, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    www.edf.com, site de La Fondation EDF, consuLtation Le 13 décembre 2006.

    www.festivaLphoto-LagaciLLy.com, site du festivaL Off du festivaL Photo, Nature & Paysage, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    www.festivaL-aix.com, site du Festival d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.festivaL-automne.com, site du Festival d'Automne, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.festivaL-avignon.com, site du Festival d'Avignon, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.festivaL-cabourg.com, site du Festival du Film Romantique, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    www.festivaL-image.org, site du Festival de l'Image, consuLtation Le 15 décembre 2006.

    www.festivaL-interceLtique.com, site du Festival Interceltique de Lorient, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.festivaL-saint-denis.fr, site du Festival de Saint-Denis, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.fondation-hpf.com, site de La Fondation Hewlett Packard France, consuLtation Le 13 décembre 2006.

    www.francefestivaLs.com, site de La fédération France Festivals, consuLtation Le 17 octobre 2006.

    www.ipeL.org, site du festivaL Itinéraires Photographiques en Limousin, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    www.jazzinmarciac.com, site du festivaL Jazz in Marciac, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.jazzsousLespommiers.com, site du festivaL Jazz sous les pommiers, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    www.Laroutedurock.com, site du FestivaL La route du rock, consuLtation Le 16 juin 2006.

    www.Lestrans.com, site des Transmusicales de Rennes, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    www.Lev-nantes.org, site de L'association pour L'éducation visueLLe, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    www.LoLivierdargent.com, site du Festival Méditerranée de folklore, consuLtation Le 20 octobre 2006.

    www.montsoLeiL.ch, site de L'Open Air Festival, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    www.odianormandie.com, site de L'ODIA, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.onda-internationaL.com, site de L'ONDA, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.ot-honfLeur.fr, site de L'Office du Tourisme de La viLLe de HonfLeur, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    www.paLeo.ch, site du Paléo Festival, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    www.pourLinstant.com, site internet des Rencontres Photographique d'été, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    www.printempsdeseptembre.com, site internet du Printemps de Septembre, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    www.printemps-bourges.com, site du Printemps de Bourges, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    www.qpn.asso.fr, site internet de La Quinzaine Photographique Nantaise, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    www.rencontres-arLes.com, site du festivaL Les Rencontres d'Arles, consuLtation Le 15 novembre 2006.

    www.transphotographiques.com, site des Transphotographiques, consuLtation Le 16 novembre 2006.

    www.trouviLLesurmer.org, site de La viLLe de TrouviLLe-Sur-Mer, consuLtation Le 13 novembre 2006.

    www.vie-pubLique.fr, site d'information du citoyen, consuLtation Le 15 octobre 2006.

    www.viLLe-cherbourg.fr, site de La viLLe de Cherbourg-OcteviLLe, consuLtation Le 12 décembre 2006.

    www.viLLe-honfLeur.fr, site de La viLLe de HonfLeur, consuLtation Le 12 novembre 2006.

    www.vitrinesperpignan.com, site de L'association Les Vitrines de Perpignan, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    www.voiesoff.com, site du festivaL Voies Off, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    http://europa.eu, Le portaiL de L'Union Européenne, consuLtation Le 17 octobre 2006.

    http://groupe.hsbc.fr, site de La Fondation HSBC pour la photographie, consuLtation Le 13 décembre 2006.

    http://mai.photographies.free.fr, site du festivaL Mai-Photographie,

    consuLtation Le 16 novembre 2006.

    http://offdeschroniques.canaLbLog.com, site du Festival OFF des Chroniques Nomades, consuLtation Le 16 décembre 2006.

    http://photosensibLes.canaLbLog.com, site du festivaL Les Photosensibles, consuLtation Le 17 novembre 2006.

    « Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ? »

    ANNEXES

    TABLE DES MATIERES DES ANNEXES

    Annexe 1 p.193

    Pratiques cuLtureLLes des français - 2002

    Annexe 2 p.194

    Répartition du budget moyen d'un festivaL - 2002

    Annexe 3 p.195

    Répartition GLobaLe des dépenses des festivaLs - 2002

    Annexe 4 p.195

    Compte rendu de La tabLe ronde : Culture, Médias, Evénementiel, un bon ménage à trois ?

    Annexe 5 p.199

    Tous les festivals n'en sont pas !

    Annexe 6 p.202

    Au Nom de la Loire quitte la scène.

    Annexe 7 p.204

    EditoriaL du magasine Images, juiLLet-août 2005.

    Annexe 8 p.205

    RéaLisation d'un questionnaire destiné à L'attention du pubLic du festivaL Chroniques Nomades.

    Annexe 9 p.207

    PLan d'accès HonfLeur.

    Annexe 10 p.208

    Affiches des éditions du festivaL chroniques Nomades de 1997 à 2006.

    ENTRETIENS

    Annexe 11 p.209

    Chronique d'une adéquation fuyante.

    Entretien avec CLaude Geiss, directeur artistique du festivaL Chroniques Nomades.

    Annexe 12 p.213

    Bilan et perspectives du festival Chroniques Nomades.

    Entretien avec CLaude Geiss, directeur artistique du festivaL Chroniques Nomades.

    Annexe 13 p.219

    Les derniers rebondissements du festival Chroniques Nomades.

    Entretien avec CLaude Geiss, directeur artistique du festivaL Chroniques Nomades.

    Annexe 14 p.222

    Contexte et évolution des subventions du Conseil Général du Calvados allouées aux festivals.

    Entretien avec Yves Ras, secrétaire des Affaires cuLtureLLes du ConseiL GénéraL du CaLvados.

    Annexe 15 p.224

    Le festival Chroniques Nomades et l'avancée de la saison touristique de Honfleur. Entretien avec Catherine Montandon, directrice de L'Office du Tourisme de HonfLeur.

    Annexe 16 p.225

    Les festivals en Basse-Normandie.

    Entretien avec MagaLi Anger, responsabLe du secteur de La musique et du cinéma, ConseiL RégionaL de Basse-Normandie.

    Annexe 1

    Pratiques cuLtureLLes des français - 2002

    Ministère de La CuLture et de La Communication, « Pratiques cuLtureLLes des français », in « Mini Chiffre cLé de La cuLture 2004 », Département des Etudes et de La Prospective, 2005.

    Sur 100 Personnes de 15 ans et pLus, au cours des douze derniers mois :

    96

     

    Oui

    Non

    ont été :

     
     

    au cinéma

    52

    48

    voir un monument historique

    46

    54

    voir un musée

    29

    71

    voir une exposition d'art

    28

    72

    à un concert

    25

    75

    voir une exposition d'un autre genre

    21

    79

    voir une pièce de théâtre

    16

    84

    voir un spectacLe de danse

    12

    88

    à un festival

    10

    90

    au cirque

    9

    91

    voir un spectacLe historique, un son et Lumière

    9

    91

    voir un opéra, une opérette

    4

     

    Annexe 2

    Répartition du budget moyen d'un festivaL - 2002

    BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Paris, L'Harmattan, 2001, page 100.

    Annexe 3

    Répartition GLobaLe des dépenses des festivaLs - 2002

    « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », actes du coLLoque organisé par La fédération France Festivals, abbaye de Royaumont, novembre, 2003, http://www.francefestivaLs.com/, consuLtation Le 14 juiLLet 2006, page 23.

    Les chiffres présentés ci-dessus sont issus de L'enquête réaLisée auprès des festivaLs adhérents à La fédération France Festivals.

    Annexe 4

    Compte rendu de La tabLe ronde : Culture, Médias, Evénementiel, un bon ménage à trois ?

    FAIVRE D'ARCIER (Bernard), BORIS (Jean-MicheL), GARCIA (Pedro), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? », tabLe ronde de La Business CLasse CuLture ESC Dijon, Paris, 2, mars, 2006, 4 pages.

    Business Classe Culture ESC Dijon Jeudi 2 mars

    2006

    "Culture, Médias, Evénementiel, un bon ménage à trois ?"

    L'action cuLtureLLe fut, et reste, Liée à L'éducation, La formation, La pédagogie: du sérieux, du Long terme, de La profondeur.

    Mais, notre société médiatique sembLe avoir Le goût du spectacuLaire, de L'immédiat, du festif. L'événementieL est-iL devenu Le mode priviLégié de L'expression artistique, de La transmission cuLtureLLe ?

    La vie cuLtureLLe n'est-eLLe pLus que La succession de moments médiatiques : «Journées du patrimoine», «Lire en fête», «Nuits bLanches», «Fête du cinéma», «Printemps des poètes» ?...

    Le succès de La formuLe festivaLière va-t-iL détruire sa raison d'être d'origine ?

    TabLe ronde présentée et animée par : Bernard FAIVRE D'ARCIER

    Jean-Michel BORIS

    Pedro GARCIA

    I/ Importance de La poLitique pubLique dans La cuLture en France: Rappels historiques et état des lieux :

    Pour L'état, une poLitique pubLique en matière de cuLture n'est pas queLque chose d'innée ou d'automatique.

    En effet, aux Etats-Unis ou en Asie, Les choses sont vues différemment, La cuLture est associée à La consommation privée, dès Lors eLLe appartient au domaine privé et non à ceLui de L'état.

    Dans Les pays de L'Est, qui ont Longtemps subit La domination de L'état en matière de contrôLe de La cuLture et de censure, La poLitique cuLtureLLe pubLique est vivement critiquée.

    En France, cette notion existe depuis Longtemps, Le mécénat d'état (par Le roi ou Le prince) devient un cas de figure dominant en Europe, un désir d'accès à La cuLture inscrit dans des racines répubLicaines.

    André MaLraux reprend cette idée en 1958 et crée un système pubLic de soutient à La création cuLtureLLe. L'éLargissement des compétences de L'état en matière de cuLture augmente aLors considérabLement.

    Jack Lang confirmera cet éLan, mais on voit dès Lors apparaître une satisfaction technocratique pLutôt qu'un rapport direct de L'état qui soutient un art.

    Aujourd'hui, Les notions de déconcentration et décentraLisation ont tout changé.

    IL y a un transfert de L'état au niveau des coLLectivités territoriaLes, Leur poids augmente de pLus en pLus, Leurs dépenses sont aujourd'hui supérieures aux dépenses de L'état pour tous Les ministères rattachés à La cuLture confondus. Les fonds de soutient augmentent considérabLement un peu partout en France avec des disparités géographiques.

    Le paysage cuLtureL français n'est pas du uniquement aux actions pubLiques mais au résuLtat d'individus.

    Le terme d'industrie cuLtureLLe, qui rime avec une intervention de L'état, est empLoyé dès Les années 80's. Au début, ceLa est très maL vu car dans Les 70's, La cuLture était perçue comme une « buLLe » en dehors des Logiques de marché.

    L'industrie cuLtureLLe existe aLors comme une sorte d'art de La cuLture mais iL y avait une absence d'étude socioLogique et économique sur Le sujet, on a Longtemps évité Le contact entre Les deux. Aujourd'hui, ces deux notions se déveLoppent de manière autonome et ont un impact par rapport au processus des pouvoirs pubLics.

    Dans La cuLture, La quaLité de gestion est aussi importante que dans tout autre secteur, pourtant iL n'y a pas une recherche unique de profit.

    L'industrie cuLtureLLe est muLtiforme aujourd'hui, tout comme L'est Le pouvoir pubLic. On voit apparaître de grands groupes financiers ainsi que de petites entreprises.

    II/ Industrie cuLtureLLe, événementieL et médias, un bouLeversement du face à face pubLic et privé :

    Une répercussion sur les festivals :

    Au niveau des festivaLs, L'exigence est aujourd'hui basée sur Le répertoire pLus que sur Le spectateur.

    On voit apparaître une muLtipLication des festivaLs de tout genre, on y met tout et n'importe quoi, avec un désir de rassembLement mais aussi un désir économique, touristique et de notoriété.

    ExempLe du théâtre avec son ouverture de saison que L'on appeL aLors festivaL. Le terme est devenu un mot pLus vaLue, peut être faut-iL trouver un autre mot concept ?

    IL devient un événement économico-touristique et sa poLitique est pLus attentive à L'impact économique que cuLtureL. On passe de La notion de festivaL à La notion d'événementieL.

    C'est un mot magique pour Les éLus Locaux car entre temps, Les médias sont arrivés entre Le pubLic et Les festivaLs, c'est une forme idéaLe « prémâchée ». Les médias et partenaires de ces événements augmentent, aujourd'hui on a une muLtipLication des festivaLs avec une importance média et une augmentation du rôLe de L'industrie cuLtureLLe, c'est une possibiLité d'écLatement des modes de formation de chacun, eLLe n'est pLus unique,

    chacun vit sa cuLture du zapping, vers ce qui L'intéresse (probLème de gratuité dont La musique devient Le bouc émissaire).

    L'essence même du festivaL peut aLors se perdre entre vouLoir ressembLer à queLque chose et créer un événement de création et de compiLation des genres, La soLution ne serait-eLLe pas d'aLLer de paire avec société de production ?

    Le festivaL est toujours bouLimique, enjeux de La super-consommation, Avignon est devenu une gigantesque foire, rapide, où tout doit être fait en peu de temps, pourtant, iL faut donner Le temps aux arts, par Le biais de La réexposition peut-être ? CeLa est contre L'avis des critiques et des médias qui découvrent queLqu'un mais ne L'accompagne pas par La suite, dans un raisonnement de surconsommation.

    IL faut trouver un équiLibre économique entre L'offre et La demande, iL n'est pLus Le même aujourd'hui, on assiste à une segmentation à outrance de La cuLture.

    Un festivaL qui fait moins de spectacLe une année est automatiquement mit sur La seLLette.

    Pourtant, son but est d'augmenter La notion de diffusion, et quand Le pubLic prend, c'est un effort bénéfique.

    Pedro Garcia et la création du festival « les arts dans la rue » :

    Le théâtre en banLieue est une entreprise fragiLe, en dehors de Paris c'est Le no man's Land, ce qui n'est pas Le cas pour Les régions.

    C'est un endroit déLicat et miLitant où iL est difficiLe de maintenir une pLace pour Le théâtre.

    Au bout du compte, peu de pubLic est touché, c'est trop utopique, comment faire aLors ?

    L'intérêt se porte peut-être sur Les viLLes qui se mettent à disposition de L'artiste, on peut voir aLors ce qui s'y passe...

    Dans ce contexte, Pedro Garcia a crée un festivaL voLontariste et ouvert, « Les arts dans La rue ».

    IL conjugue L'art et Le festif des spectateurs aux envies particuLières des Locaux et curieux.

    Aujourd'hui, tout fait cuLture, mais qu'est ce qui fait art ? IL est important de garder des zones de résistance pour Les spectacLes qui veuLent s'en sortir. Certains de ces Lieux où Les gens se retrouvent dans des faits artistiques existent déjà.

    ILs permettent de dire que tout n'est pas événementieL, se sont de vrais Lieux de production.

    L'art de la rue :

    Le secteur privé ne vit que de La recette du spectacLe tandis que L'art de La rue se dérouLe sans participation du spectateur.

    Au départ, L'art de La rue est assez Libertaire et marginaL, avec des vaLeurs de gratuité, une sorte de manche au chapeau. La rue est un espace de réconciLiation, entre espace urbain et arts vivants.

    Même s'iL existe grâce au service pubLic, cet engouement pour L'art de La rue
    est-iL un moyen de diffuser La cuLture en toute gratuité, ne devient-iL pas La

    simpLe consommation d'un « service cuLtureL » au pLus bas coût possibLe... La gratuité est un fait important.

    L'art de La rue peut Lui aussi être zappé, d'autant pLus de sa gratuité, pourtant, queLque soit Le pubLic ou Le spectacLe, iL faut conserver un respect pour L'artiste et Le spectateur.

    Ici, Le Lien émotionneL est supérieur au Lien à L'argent, c'est faire scène avec Le spectacLe proposé.

    Annexe 5

    Tous les festivals n'en sont pas !

    ETHIS (EmmanueL), « Tous Les festivaLs n'en sont pas ! », in Le Ravi, 1er, juiLLet, 2004, 2 pages, http://www.Leravi.org/articLe.php3?id_articLe=26, consuLtation Le 12 février 2006.

    « Tous les festivals n'en sont pas ! »

    SocioLogue des festivaLs et de Leurs pubLics, EmmanueL Ethis, dont Le Laboratoire de recherche est instaLLé à Avignon, est un observateur priviLégié de cette étrange espèce : Les festivaLiers. Pour Le Ravi, iL met à bas queLques cLichés...

    Le Ravi : Les festivals permettent-ils réellement de démocratiser la culture ?

    Emmanuel Ethis : A Avignon, Le projet initiaL de Jean ViLar, inspiré par L'idéoLogie du Front popuLaire, était très expLicite : mettre à La disposition du pLus grand nombre Les grandes questions de poLitique contemporaine à travers Le théâtre. IL s'agissait de rassembLer toutes Les catégories sociaLes sur un parcours touristique, dans un grand monument historique, Le PaLais des Papes, durant Les vacances payées, autour d'une proposition cuLtureLLe forte. En 1967, une socioLogue, Jeanne Larue, a mené une enquête démontrant que Les ouvriers et Les empLoyés représentaient 2 % du pubLic. Jean ViLar, qui a préfacé son étude, avait trouvé ce chiffre très décevant au regard de ses espérances. IL se trompait pourtant. 2 %, c'est peut-être peu mais c'est déjà beaucoup pLus que n'importe queLLe institution cuLtureLLe théâtraLe en France. Aujourd'hui, Les ouvriers et Les empLoyés représentent 7 % du pubLic à Avignon. La démocratisation de La cuLture y est donc une réaLité.

    Le « in » et le « off » ne rassemblent-ils pas des publics différents ?

    C'est un fantasme. IL y a très peu parmi Les festivaLiers « d'excLusivistes » du « in » ou du « off ». Le séjour moyen d'un spectateur est de quatre journées. Tout un chacun essaye de maximaLiser sa présence au festivaL en enchaînant des spectacLes dans Le « off » en journée et dans Le « in » en soirée. Bien sûr, certaines frontières symboLiques font Leur effet : franchir Les portes du paLais des Papes en impose quand même. Les trompettes de Maurice Jarre qui retentissent avant Les représentations ont queLque chose à voir avec La notion de sacrée. S'iL existe un distinguo entre Le pubLic du « off » et du « in », ceLa reLève pLus des catégories d'âges que des cLasses sociaLes. Les pLus jeunes doivent acquérir une certaine autonomie cuLtureLLe dans Le « off » avant de s'aventurer dans Le « in ».

    « Les élus locaux entrent parfois dans un jeu consumériste absolu qui n'a pas grand-chose à voir avec une véritable réflexion sur la culture. »

    Qu'est-ce qu'un festivalier ? Un passionné ou un consommateur compulsif ?

    A Avignon, pour simpLifier, iL y a deux grandes catégories. La première rassembLe de grands pratiquants cuLtureLs, c'est Le pubLic médiateur, défricheur, qui fréquente Les théâtres dans L'année et vient au festivaL pour repérer L'avant-garde de La saison à venir. Ce pubLic vient, animé d'un grand esprit critique à La recherche de L'inattendu. La deuxième catégorie se sont ceux qui viennent faire Le pLein de théâtre à Avignon et n'y retourneront pLus par La suite.

    N'assiste-t-on pas à une surenchère quantitative qui éloigne des ambitions culturelles proclamées ?

    Avignon a vécu vingt-deux ans de théâtre avec un seuL Lieu de représentation, Le PaLais des Papes. Aujourd'hui dans Le « off », on programme pLus de 600 spectacLes. Dans une viLLe qui, intra muros, ne dépasse pas 15 000 habitants, c'est absoLument déLirant. IL y a une supercherie, un Leurre derrière tout ça. Des petites compagnies croient qu'eLLes vont pouvoir décoLLer à Avignon en étant repérées par des critiques ou des distributeurs. 20 % d'entre eLLes repartent ruinées. Le pubLic ne se démuLtipLie pas en fonction du nombre de pièces proposées. IL est Limité et fait des choix. Je ne remets pas en cause Le principe du « off » mais je m'interroge sur son approche non séLective de L'offre qu'iL propose, sur sa non-LisibiLité. Les artistes qui s'y produisent s'interrogent-iLs sur La raison qui Les pousse à venir présenter Leurs spectacLes dans La viLLe où Jean ViLar et Gérard PhiLippe ont porté un projet cuLtureL profond ? Je ne suis pas sûr qu'une chanteuse comme Marianne James, céLèbre grâce à ses prestations sur M6, quand eLLe vient gratter sa guitare à Avignon, Le fasse en référence à un grand projet de démocratisation et décentraLisation de La cuLture. ELLe vient faire du fric. Point.

    Aujourd'hui, pendant l'été, chaque ville veut son festival. Ne s'agit-il pas, en définitive, d'une offre plus touristique que culturelle ?

    Beaucoup de manifestations portent Le nom de festivaL sans en être. Tous Les festivaLs n'en sont pas ! De nombreuses viLLes proposent effectivement des animations cuLtureLLes destinées au pubLic. Ce sont des amuse-gueuLes touristiques. Tout ceLa est bien agréabLe, Les visiteurs sont contents. Les éLus Locaux égaLement qui entrent dans un jeu consumériste absoLu qui n'a pas grand-chose à voir avec une véritabLe réfLexion sur La cuLture. Un véritabLe festivaL, à L'inverse, comme ceLui d'Avignon ou même ceLui de Cannes, structure en profondeur L'identité territoriaLe d'une viLLe.

    « On ne trouve pas à Avignon une vie théâtrale digne de ce nom. Sur ce plan, l'idéal de démocratisation de la culture de Jean Vilar a échoué. »

    Les festivals, grands ou petits, ne sont-il pas d'abords fréquentés par des Parisiens en vacances ?

    A Avignon, nous avons démontré L'inverse. 43 % des festivaLiers sont issus de La région ou des régions voisines, de Provence-ALpes-Côte d'Azur, du Languedoc et de Rhône ALpes. La part des Parisiens est minoritaire. Tous Les festivaLs qui ont une programmation « LisibLe », autour d'un projet artistique identifié et exigeant, sont dans Le même cas. Par contre, Les « festivaLs » d'animation LocaLe concernent pour L'essentieL Les touristes.

    Avignon, que vous considérez comme exemplaire, n'est pourtant la capitale du théâtre que durant chaque été... N'est-ce pas un échec ?

    Le festivaL n'a pas su créer Les conditions d'une vaLorisation cuLtureLLe du théâtre durant toute L'année. On ne trouve pas à Avignon une vie théâtraLe digne de ce nom. Sur ce pLan, oui, L'idéaL de démocratisation de La cuLture de ViLar a échoué. Aucun artiste majeur ne s'est dit c'est dans cette viLLe que je vais m'impLanter et créer. Les pouvoirs pubLics ont Leur responsabiLité. ILs contribuent au fonctionnement de notre Laboratoire de recherche sur Les pubLics, à ceLui de L'institut supérieur des techniciens du spectacLe qui forment Les directeurs techniques, à La maison Jean ViLar, mais n'ont pas soutenu La création d'une scène nationaLe. Par contre, La situation est pLus favorabLe du côté du pubLic. Le festivaL a généré, dans La popuLation, une attente cuLtureLLe extrêmement forte. Avignon est devenu La viLLe La pLus cinéphiLe de France. La moyenne de fréquentation des saLLes s'éLève à 14,5 fiLms pour une moyenne nationaLe de 2,5 ! Côté Lecture, Le phénomène est Le même. Pour une viLLe de cette taiLLe, iL est surprenant de trouver trois « grandes surfaces » cuLtureLLes - Fnac, Virgin, CuLtura - sans parLer des petites Librairies.

    Quel regard porter, un an après, sur l'annulation du festival d'Avignon ?

    La décision d'arrêter Le « in » a été prise très rapidement. Les festivaLiers sont restés Le bec dans L'eau. Proches des miLieux de La cuLture, iLs ont partagé une partie des combats des intermittents. La direction du « off » a refusé de prendre ses responsabiLités en disant « ceux qui veuLent jouer jouent, Les autres ne Le font pas ». Des gens ont essayé de comprendre ensembLe, Lors de forums, ce qu'est en train de devenir La poLitique cuLtureLLe de La France. De teLLes rencontres n'avaient pas eu Lieu depuis Longtemps. En ce sens, un débat de fond a été restauré. Reste à savoir sous queLLe forme iL va pouvoir se poursuivre.

    Propos recueillis par Michel Gairaud

    Annexe 6

    Au Nom de la Loire quitte la scène.

    « Au Nom de La Loire quitte La scène », Tours, 27, janvier, 2003, http://www.radiobeton.com/andLL/index.htm, consuLtation Le 15 septembre 2006.

    Tours, Le 27 janvier 2003

    AU NOM DE LA LOIRE QUITTE LA SCENE

    Depuis 6 ans, L'équipe de Béton Production s'est Lancée

    dans L'aventure du festivaL AU NOM DE LA LOIRE qui a

    permis La rencontre d'un pubLic toujours nombreux

    (même sous La pLuie battante) avec Le travaiL de

    compagnies de référence mais aussi de nouveaux projets

    et de jeunes troupes.

    Béton, déjà organisateur du festivaL AUCARD DE TOURS

    (musiques actueLLes) et fondateur de La Radio Béton (qui

    "sévit" sur Le 93,6 à Tours depuis 1985), ne pouvait pas

    passer à côté du soutien à La jeune création et à L'indépendance dans Les arts de La rue !

    Mais si aujourd'hui La création est menacée par La
    disparition du statut des intermittents, par

    L'instrumentaLisation de L'intervention urbaine, La diffusion des Arts de La rue est, eLLe aussi, en grand danger, pour ces mêmes raisons et d'autres qui Lui sont propres :

    - La diffusion se restreint de pLus en pLus à des commandes émanant de coLLectivités territoriaLes ou à L'organisation de festivaLs à gros budget à L'initiative de ces mêmes institutions, qui deviennent ainsi Les partenaires financiers majoritaires et qui revendiquent

    Leur participation financière en imposant aux programmateurs Leur propre

    poLitique cuLtureLLe.

    - Le désengagement des DRAC du secteur de La diffusion renforce ce déséquiLibre financier et contribue à contraindre Les organisateurs à réduire Les prises de risques auprès de jeunes compagnies, de spectacLes à faibLe jauge ou de premières créations.

    - Les viLLes souhaitent pLus aujourd'hui des

    événements qui s'insèrent dans La vie de La cité

    sans L'investir véritabLement, qui servent de

    vitrine à Leurs investissements auprès des acteurs

    cuLtureLs Locaux, cherchant à donner satisfaction

    au pubLic Le pLus Large avec Le moins de nuisance

    possibLe (bruit, interdiction de stationnement,

    ...), sans finaLement avoir une réeLLe réfLexion

    cuLtureLLe.

    - Le côté miLitant et contestataire de certains spectacLes, aspect qui est pourtant Le fondement même de cette forme d'expression, provoquent dorénavant une stupeur mêLée d'incompréhension des baiLLeurs de fonds qui se sentent interpeLLés par Les comédiens avec Le sentiment Latent de "payer pour se faire battre".

    Les coLLectivités commencent donc à préférer travaiLLer avec des sociétés d'événementieL sur La base de cahier des charges et d'appeL à projet.

    A La fin de L'année 2002, La viLLe de Tours a cru que

    notre rôLe dans Le festivaL Au Nom de la Loire

    pouvait être réduit à ceLui d'un prestataire, qu'un

    comité de piLotage artistique devait chapeauter

    notre programmateur, qu'iL était nécessaire de

    redéfinir Les objectifs du festivaL pour y intégrer

    de nouveaux domaines artistiques sans augmenter

    Les moyens financiers du festivaL.

    Pour toutes ces raisons, c'est avec beaucoup

    d'amertume que nous avons informé La viLLe que nous nous retirions du festivaL que nous avions créé, notre indépendance ne pouvant être en jeu.

    Béton Production, ses bénévoLes et ses intermittents, souhaitent donc Longue route aux compagnies invitées depuis 1997 (et aux autres aussi) et remercie tous ceux qui ont soutenu ce festivaL.

    L'équipe du festivaL

    Annexe 7

    Editorial du magasine Images, juillet-août 2005.

    In Images, n°11, « Festivals de l'été : Arles, Honfleur, Perpignan... », juilletaoût, 2005, page 39 à 42.

    Annexe 8

    RéaLisation d'un questionnaire destiné à L'attention du pubLic du festivaL Chroniques Nomades.

    Questionnaire à l'attention du public du festival Chroniques Nomades :

    Merci de rempLir ce questionnaire et de Le remettre au comptoir du FestivaL OFF situé dans Les Greniers à SeL, vos réponses nous permettront de mieux vous connaître :

    Festival Chroniques Nomades

    1/ Combien de jours restez-vous à HonfLeur ?

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    2/ Comment avez-vous connu L'existence du FestivaL Chroniques Nomades ?

    3/ Le FestivaL Chroniques Nomades est-iL Le motif principaL de votre présence à

    HonfLeur?

    4/ Pensez-vous revenir pLusieurs fois au festivaL Le temps de votre séjour ?

    5/ A combien d'éditions du festivaL Chroniques Nomades avez-vous assisté ?

    6/ Vous rendez-vous cette année à d'autres festivaLs de photographie, de musique, théâtre, danse, bande dessinée, art contemporain, cinéma, autres...

    7/ QueLLe est pour vous La principaLe quaLités du FestivaL Chroniques Nomades?

    8/ QueL en est sont principaL défaut ?

    9/ Donnez une note de satisfaction généraLe du festivaL de 0 à 10 :

    10/ En trois mots, qu'évoque pour vous Le terme « festivaL » ?

    Le Festival OFF

    11/ Avez-vous visité Les différents Lieux d'exposition du festivaL OFF ?

    12/ Pensez-vous qu'iL serait intéressant d'éLargir Le festivaL OFF sur d'autres sites ?

    Et Vous...

    13/ D'où venez-vous ?

    De HonfLeur ou de ses environs

    Du département du CaLvados

    De La Région Basse-Normandie

    De La région parisienne

    D'une autre région

    D'un pays étranger

    Moins de 25 ans

    De 25 à 35 ans

    De 35 à 55 ans

    De pLus de 55 ans

    14/ Dans queLLe tranche d'âge vous situez-vous ?

    Annexe 9

    Plan d'accès Honfleur.

    Site de l'Office du Tourisme de Honfleur, http://www.ot-honfleur.fr/Carteset-Plans,11,0,0.html, consultation 16 novembre 2006.

    Annexe 10

    Affiches des éditions du festival chroniques Nomades de 1997 à 2006.

    ENTRETIENS

    Annexe 11

    Chronique d'une adéquation fuyante.

    Compte-rendu d'entretien : CLaude Geiss, directeur artistique du festivaL Chroniques Nomades, Paris, Le 11 avriL 2006.

    La retranscription servile a été validée par l'interviewé.

    CHRONIQUE D'UNE ADEQUATION FUYANTE

    Parcours d'un directeur artistique, Claude Geiss, et de son festival de

    photographie, Chroniques Nomades, ou la question soulignée d'une alchimie

    nécessaire et périlleuse entre les idées des uns et les désirs des autres.

    Le festival Chroniques Nomades fête cette année ses 10 ans, comment envisagezvous cette édition ?

    « Pour son dixième anniversaire, Le festivaL Chroniques Nomades se régionaLise. A côté de HonfLeur, son port d'attache, iL s'instaLLe égaLement à TrouviLLe, proposant ainsi pLus d'expositions déconcentrées dans des Lieux pLus diversifiés ».

    Pourquoi avoir attendu 10 ans pour envisager un développement du festival ?

    En dix ans, La situation du festivaL a beaucoup évoLué, La révoLution du numérique met en périL Les Laboratoires photographiques qui n'assurent pLus La production de nos exposants. Avec une aide des coLLectivités territoriaLes qui stagne et un budget de production qui augmente, iL faLLait retrouver un équiLibre financier. Chroniques Nomades est donc forcé de se déveLopper, sinon, iL ne cessera de régresser.

    Cela semble vous contrarier...

    En effet, je ne suis pas pour une évoLution rapide du festivaL, je profite donc de ce 10ème anniversaire pour remotiver Les partenaires. Aujourd'hui, Les financements pubLics n'évoLuent pLus, pour des budgets où Le nombre de postes augmente constamment. Même si Les partenariats privés ont tendance à être maL vus par certains dirigeants de festivaL, iLs deviennent aujourd'hui obLigatoires.

    Pouvez-vous nous parler de Trouville ?

    En 2005, TrouviLLe a perdu pLusieurs points de sa fréquentation, mais paradoxaLement, eLLe s'est avérée beaucoup pLus jeune que dans Les viLLes aLentour. CeLa s'expLique entre autre par La présence du festivaL Off Court580 qui attire des jeunes et d'autres festivaLs, iL existe une réeLLe cuLture de L'image à TrouviLLe. D'aiLLeurs, Le réaLisateur d'affiche Savignac y a vécu. Cette viLLe a une vraie poLitique cuLtureLLe cohérente.

    Comment s'est donc mise en place la relation avec la ville de Trouville ?

    Monsieur Cardon, Le Maire de TrouviLLe, est un homme très accessibLe, ce qui est une notion importante dans un schéma de coLLaboration. Ce n'est pas Le cas pour La mairie de HonfLeur qui reste difficiLe à contacter après dix années de soutien. La reLation avec TrouviLLe s'est donc mise en pLace d'une façon cLaire et rapide.

    Votre festival garde pourtant « un pied » à Honfleur, comment cela s'explique-til ?

    Le choix de HonfLeur comme viLLe d'accueiL a été mûrement réfLéchi, iL est intimement Lié au passé de La viLLe. De pLus, Les Greniers à SeL restent un Lieu d'exposition exceptionneL.

    Pouvez-vous nous raconter l'histoire de Chroniques Nomades ?

    Tout a commencé par L'écriture du projet, sa phiLosophie, sa pratique et son déveLoppement. Ensuite, j'ai ouvert une carte de France pour voir ce qui existait aLors en photographie, comme Les Rencontres d'ArLes et de Visa Pour L'Image à Perpignan. C'est différent aujourd'hui, en 2005, iL a été recensé 76 événements photographiques en France, qui tous, revendiquent d'être des festivaLs... Mais iL y a dix ans, iL n'y avait aucun événement dans Le nord de La France, et tous avaient Lieux Le deuxième semestre de L'année. IL faLLait donc créer un événement au nord de La France, Le 1er semestre. Je suis aLors partit huit jours sur La côte normande, de LiLLe au Havre, afin de trouver un site capabLe d'accueiLLir mon projet. Arrivé au Havre, je passe Le pont de TancarviLLe pour me rendre à HonfLeur, où je retrouve par hasard un vieux copain qui me parLe des Greniers à seL, un espace aLors peu utiLisé, seuLement Loué pour des mariages. IL y avait aLors une nouveLLe équipe à La mairie depuis un mois. Je contacte un de ses membres, qui me donne rendez-vous cinq

    580 Festival de court métrage se déroulant à Trouville début septembre.

    minutes pLus tard devant Les Greniers à SeL. Cette personne, Mme Rousseau, adjointe à La cuLture, prend très vite mon projet à coeur. Le Lieu a été très décisif pour moi, iL est en adéquation totaLe avec L'atmosphère du festivaL.

    Au-delà de l'adéquation de votre festival aux Greniers à sel, qu'en est-il pour la ville de Honfleur ?

    IL existe une réeLLe cohérence entre Chroniques Nomades et HonfLeur, qui a été une viLLe peupLée de marins expLorateurs d'océans et de voyageurs en escaLe. ELLe reste aujourd'hui une viLLe d'accueiL et de tourisme. Le festivaL offre une ouverture sur Le monde et traite de sujets sociaux qui concernent un très marge pubLic. Même si Le maire de HonfLeur apprécie et soutient matérieLLement L'événement, sa priorité va pLus vers Le sociaL comme La création d'empLois qui, d'après Lui, répond directement à La demande des habitants. IL est regrettabLe que Le maire ne profite pas de cet événement comme Lien sociaL, économique et commerciaL.

    Peut-être cela a-t-il un lien avec le contenu de la programmation du festival ? Pourtant, elle ne semble pas se placer au même niveau que Visa pour l'Image à Perpignan qui privilégie le photoreportage ?

    Effectivement, La première édition de Chroniques Nomades était consacrée au photographe Yann Artus Bertrand. A cette époque, Françoise Rousseau souLigne que nous avons tous besoin de rêves de voyage. La photographie de voyage se cantonnait aLors dans sa vision exotique. ELLe a fortement évoLuée et s'est féminisée depuis Le 11 septembre 2001. C'est un événement charnière dans L'histoire de La photographie, La réfLexion des photographes a changé, iLs se sentent pLus responsabLes et citoyens qu'auparavant. IL y a moins de photographes contempLatifs, on s'éLoigne de L'exotisme du décor des moeurs.

    D'où cette sensibilité à des sujets plus politiques ?

    Un jour, on m'a demandé si Chroniques Nomades portait un message poLitique. Message poLitique, je ne sais pas, en revanche, nous partageons avec Les artistes que nous exposons des vaLeurs communes comme ceLLes du respect de L'autre et de sa différence. De pLus, nous dénonçons à L'occasion Les dérives et injustices provoquées par La mondiaLisation.

    Pouvez-vous maintenant nous parlez des subventions attribuées à votre festival ?

    ELLes sont caLcuLées en fonction du vote des subventions des municipaLités et ne sont pas données avant La dernière semaine du mois de mars. Pour un festivaL situé mimai, c'est un peu court, Le festivaL devrait idéaLement se dérouLer au mois de septembre. Mais ce n'est pas Le cas avec Les partenaires privés qui ont eux une gestion beaucoup pLus soupLe. Sans Leur soutien, je n'arriverais pas à financer L'événement. En pLus des subventions habitueLLes du ConseiL RégionaL, du ConseiL GénéraL et de La viLLe de HonfLeur, L'association reçoit des subventions de La DRAC581 Basse Normandie.

    Malgré cela, le droit d'entrée au festival s'élevait à 3€ par personne pour l'année précédente, était-ce la première fois ?

    En effet, ce fût La seuLe édition payante décidée entre autre par une baisse des subventions pubLiques. Un festivaL est comme un tabLeau de bord de Boeing, tout doit être méticuLeusement vérifié. Ici, L'entrée payante a permis de compenser La baisse de subvention de La DRAC. Mais L'adjointe à La cuLture n'a pas compris ma démarche, eLLe a donc exigé La gratuité pour Les honfLeurais. Cette entrée payante a été en réaLité une fausse bonne idée qui a séLectionné et divisé Le pubLic du festivaL. Ce fait de demander un droit d'entrée fait que Le comportement du pubLic a changé. Cette année, L'édition sera gratuite, ce qui est en réaLité, et depuis L'origine dans La « phiLosophie » de L'événement.

    Enfin, d'après votre expérience, quelles sont vos conclusions quant à l'importance ou non d'une adéquation intelligente avec le local, la mairie et son administration ?

    ELLe est primordiaLe a niveau LocaL, aucun événement ne peut être pérennisé sans une bonne adéquation. Faute de quoi certaines organisations procèdent au funambuLisme.

    Interview réalisée le mardi 11 avril 2006 à Paris.

    581 Direction Régionale des Affaires Culturelles.

    Annexe 12

    Bilan et perspectives du festival Chroniques Nomades.

    Compte-rendu d'entretien : CLaude Geiss, directeur artistique du festivaL Chroniques Nomades, HonfLeur, Le 21 mai 2006.

    La retranscription servile a été validée par l'interviewé.

    BILAN ET PERSPECTIVES DU FESTIVAL CHRONIQUES NOMADES DE HONFLEUR

    Interview de Claude Geiss, directeur artistique du Festival Chroniques Nomades

    Par rapport aux différents emplois que peut générer un festival comme celui de Chroniques Nomades, vous arrive-t-il de travailler avec des bénévoles ?

    Non, je ne travaiLLe pas avec des bénévoLes, car dans des viLLes très touchées par Le chômage comme HonfLeur, Le bénévoLat n'existe pas. Les premières années, j'ai travaiLLé avec une agence intérimaire qui me proposait une main d'oeuvre « quaLifiée » mais, La pLupart du temps, c'était une réeLLe catastrophe car eLLe n'avait aucune motivation. Je n'ai donc jamais travaiLLé avec des bénévoLes mais uniquement avec des gens aux conditions de vie, notamment famiLiaLe, assez difficiLe. C'est L'envers de La médaiLLe dans une beLLe viLLe touristique comme HonfLeur, ceLa donne un côté moins « gLamour ». On retrouve une popuLation en dehors des beaux quartiers qui « gaLère » et travaiLLe dans La précarité La pLus totaLe.

    En majorité, votre équipe permanente est-elle constituée de personnes de la région ?

    Bien sûr, tout d'abord, pour une question budgétaire, ceLa m'est pLus faciLe car iL n'y a pas de frais d'hôteL suppLémentaire à régLer. Par exempLe cette édition, j'ai fait venir un professionneL de Paris La veiLLe de L'ouverture pour prendre en charge L'accrochage, ce qui a donné Lieu à une facture de défraiement coLossaLe de 1000 euros au Lieu des 150 normaLement prévus... CeLa est bien évidemment Lié au phénomène de précarité des intermittents du spectacLe, qui préfèrent travaiLLer moins de temps pour de grosses factures, quitte à ne jamais revenir par La suite, mais ceLa entraîne, en contre partie, une détérioration de L'image des petits métiers, et surtout ceux de services en Lien avec ce type d'événements.

    Existe-il une taxe ou impôt à verser à la commune pour la réalisation de ce genre de manifestations ?

    Non, une association n'est pas assujettie à un impôt car eLLe est à but non Lucratif. ELLe peut L'être Lorsqu'eLLe vend du matérieL ou Lorsqu'eLLe a une activité d'édition dans un voLume proche de ceLui du commerce. En France, Lorsque L'on réaLise jusqu'à trois événements annueLs, iL n'y a aucune taxe à verser à La commune. Si c'était Le cas, se serait La fin de nombreuses associations...

    De quelle manière sont gérées les subventions publiques que perçoit le festival Chroniques Nomades ?

    Lorsque L'événement est présenté, ou queLque fois même après ceLui-ci, iL arrive que certaines subventions ne soient toujours pas votées. C'est d'aiLLeurs Le cas à cette date où deux subventions n'ont pas encore étaient attribuées. On fait aLors un budget « sur Le fiL du rasoir », avec un engagement de dépenses sans savoir qu'eLLes vont être exactement Les recettes. CeLa traduit maLheureusement bien Le fonctionnement des coLLectivités territoriaLes ou LocaLes, qui réaLisent cependant L'effort, depuis queLques années, d'être Le pLus en phase avec Les dates du festivaL afin de nous éviter tout décaLage de trésorerie.

    Avec les prémices du Conseil général du Calvados en 2006, il semble que les subventions publiques soient amenées à diminuer pour les éditions à venir, avezvous pensé à de nouvelles formes de subventions ou de partenariats ?

    Nous n'avons pas attendu Les premiers « craquements » au niveau des coLLectivités territoriaLes pour se poser cette question. En ce sens, je me suis rapproché de L'ADMICAL582, ce qui n'est pas forcement une bonne idée, car toutes Les associations en ont connaissance et se tournent aLors vers une même Liste de partenaires. La photographie fait partie des branches Les moins soutenues par Le mécénat à L'heure actueLLe, contrairement aux arts vocaux, La musique, Le théâtre, ou encore de nombreux événements sociaux et humanitaires.

    Pour Le mécénat, Le pLus dur est de sortir des chemins battus et de trouver une entreprise intéressée. IL faut aLors mener une anaLyse de sa poLitique de communication et voir si eLLe peut entrer ou non en adéquation avec notre événement. IL s'agit en ce sens de Leur fournir un « kit », de L'argumenter et Le construire pour donner au partenaire potentieL Les cLés pour pouvoir communiquer en interne ou en externe. En effet, comment une entreprise peut-eLLe justifier La somme dépensée en matière de mécénat si eLLe effectue paraLLèLement des Licenciements ?

    582 Association de loi 1901 crée en 1979 pour le développement du mécénat industriel et commercial.

    Depuis queLques mois, nous avons donc engagé une personne en charge du déveLoppement, Frédéric Toussaint, président d'une société de conseiL en communication cuLtureLLe. CeLa reste récent car nous n'avions pas ce genre d'inquiétudes auparavant, mais désormais, iL faut éLargir nos partenariats. Nous nous y sommes sûrement pris en retard pour cette édition car Les pLans de budget sont votés à partir de janvier, mais nous avons de nouveLLes pistes pour 2007. Ainsi, pour Chroniques Nomades, La démarche sembLe être pLus précise car iL présente Le seuL festivaL en France qui traite de La photographie de voyage, La trame de communication reste donc reLativement simpLe. Les entreprises qui traduisent une certaine éthique ou qui exercent Le commerce équitabLe peuvent aLors être des pistes intéressantes pour Chroniques Nomades. Cependant, Le recours au mécénat sembLe être de pLus en pLus difficiLe car Les partenaires sont pLus « prêt de Leurs sous » et prennent pLus de temps pour verser Les subventions.

    Cette année, le Prix Chroniques Nomades n'a pas lieu, cela tient-il a la baisse des subventions publiques ?

    Cette aventure, soutenu par notre partenaire privé FUJI FiLm a commencé iL y a cinq ans et a donné Lieu à de très beLLes aventures et histoires. Ce Prix fonctionne grâce à un dossier de candidature que doivent rempLir Les Lauréats qui y expLique Leur projet de voyage. Ensuite, pLus ceLui-ci est intéressant et pLus ceLa peut aboutir. Pour Les éditions précédentes, quatre Lauréats sur cinq étaient des Lauréates, ce qui montre que La pratique de La photographie se féminise, eLLes sont en effet pLus Libres qu'avant. Mais FUJI FiLm, qui a de sérieux soucis financiers à L'heure actueLLe à cause du numérique, n'a pas eu Les reins assez soLides et a du réduire très vite son soutien pour de nombreux festivaLs. CeLa est très désagréabLe pour Chroniques Nomades qui tient à soutenir La création contemporaine. Cependant, pour un autre festivaL comme Visa pour L'Image à Perpignan, c'est un budget coLossaL qui passe à La trappe. Les répercutions de ce type interviennent même à L'écheLLe internationaLe. En effet, j'ai entendu récemment sur France info que toutes Les usines FUJI du Japon ont fermé et on été transférées en Chine.

    Cet exempLe souLigne L'intérêt qu'iL y a à ne pas se jeter aveugLement sur Les mêmes partenaires privés qui sembLent avoir de moins en moins de moyens, mais de se tourner vers des entreprises pLus éLoignées de La photographie. Mais iL y a de grandes chances que La bourse Chroniques Nomades reprenne dès septembre...

    Le Festival OFF des Chroniques Nomades fêtait cette année son sixième anniversaire, quel peut être aujourd'hui votre bilan entre interactions IN et OFF ? Je suis natureLLement contre tout ce qui est barrière ou frontière, car même si La tradition dans La photographie et La cuLture est d'être une famiLLe où « tout Le monde s'aime », iL existe maLgré tout des secteurs, des cLans, comme par exempLe La photographie documentaire méprisée par La photographie conceptueLLe. Ce sont des fissures qui partagent en deux La photographie.

    ParaLLèLement, iL existe Le OFF, qui enrichie Le regard sur La photographie, et regroupe de jeunes taLents qu'iL ne faut cependant pas confondre avec ceux qui ont déjà un parcours. Ce qui sembLe regrettabLe chez ces derniers, est qu'iLs ne veuLent surtout pas donner de conseiLs ou s'approcher des jeunes. Pourtant, L'intérêt est pLus dans L'enrichissement que dans L'isoLement. Pour exempLe, à ArLes ou à Perpignan, et même à Madrid avec Madrid Photo Espana, iL y a un confLit vioLent qui dure entre Le IN et Le OFF. ParadoxaLement, ceLa peut queLquefois éveiLLer L'attention des professionneLs qui jettent aLors un coup d'oeiL au OFF. En effet, iL est « rafraîchissant », permet d'avoir un aperçu sur Les nouveLLes tendances, et peut pLaire à ceux qui sont bLasé par Les grandes expositions un peu conventionneLLes.

    A HonfLeur, Le OFF enrichi La programmation mais iL a queLquefois L'inconvénient d'accueiLLir des photographes un peu dissipés, qui n'on pas compris que Le reLationneL est très important dans ce métier. On assiste dans Le OFF à queLques dérapages propres aux jeunes photographes. CeLa ne me gène pas outre mesure, iLs n'ont juste pas encore compris qu'iL faut savoir se tenir, avoir une attitude de prudence pour se faire accepter. Les photographes qui ont une manière de présenter Leur travaiL avec une grande discrétion et poLitesse, on Les remarque tout de suite et on Les suit. En effet, si on apprend qu'un photographe est «ingérabLe», on Lui dit non pLus faciLement et Les portes se ferment très vite. Le reLationneL est vraiment très important, c'est capitaL, ceLa n'est pas appris dans Les écoLes de photographie mais doit être natureL.

    Prévoyez-vous le développement de nouveaux événements en parallèle du festival Chroniques Nomades pour les éditions à venir ?

    J'ai effectivement un projet qui est déjà construit et presque prêt. CeLa s'appeLLera «Les Rencontres de Chroniques Nomades» : une rencontre d'une trentaine de personnes autour d'un photographe. J'ai très envie de travaiLLer avec Les scoLaires égaLement, qui ont un enthousiasme et une fraîcheur d'esprit pour LesqueLs iL existe des quantités d'axes à expLoiter. Mais Les rencontres vont se faire, c'est sûr.

    Aujourd'hui, iL y a beaucoup de choses à faire, car L'événement à bien été compris, c'est donc pLus faciLe. Je suis même entré en contact avec une association de jeunes de HonfLeur et nous aLLons sûrement faire des choses ensembLe.

    Combien de temps à l'avance vous y prenez-vous pour organiser votre festival ? Je commence dès à présent à voir de nouveaux dossiers, mais aujourd'hui, avec TrouviLLe, je dois chercher pLus de sujets et de projets de co-production. En effet, Chroniques Nomades travaiLLe égaLement avec des événements étrangers, notamment un festivaL au Cambodge à Angkor qui a vu sa première édition cette année. Si un sujet en commun nous pLaît, je Leur demande si iL est possibLe de produire à deux Les expositions. ILs sembLent surtout intéressés par Les sujets qui traitent de L'Asie, comme Le sujet de Patrick Brown exposé cette année à HonfLeur583.

    Entretenez-vous le même type de collaboration avec les festivals de photographie de Arles ou Perpignan ?

    En effet, c'est surtout Le cas pour Perpignan mais aussi avec un festivaL de BrookLyn qui va naître à La fin de L'année, un événement sur Le métissage photographique.

    De quelle manière envisagez-vous le développement exponentiel du nombre de festival en France, notamment en ce qui concerne les festivals de photographie ? Je suis tenté de voir ceLa positivement. L'effet premier est d'amener Le pubLic à La photographie. En effet, on rattrape aujourd'hui Le retard accumuLé depuis queLques dizaines années, contrairement aux angLais ou aLLemands qui ont une éducation de L'image que L'on n'a jamais eu en France. Les jeunes générations commencent à acheter et à coLLectionner, ce qui est bien évidement positif pour Les photographes qui vivent beaucoup moins de La presse ou de L'édition. Mais paradoxaLement, je pense que ceLa peut aussi être responsabLe d'un certain « étouffement » car beaucoup d'événements se « tirent dans Les pattes » quand iLs sont sur Le même territoire ou traitent du même sujet.

    Pour des événements « aduLtes » comme Chroniques Nomades, Visa pour L'Image, Etonnants Voyageurs à Saint MaLo Photo Espana à Madrid, je considère que L'on est à même de se pLacer un peu au-dessus de ce type de comportements. Nous nous appeLons souvent et trouvons des accords, surtout au niveau des dates, afin de se partager La disponibiLité des journaListes ou Les signatures d'ouvrage. Nous avons

    583 Poaching in Asia, Le trafic des animaux sauvages, exposition de Patrick Brown présentée au Festival Chroniques Nomades à Honfleur du 13 au 28 mai 2006.

    donc de bonnes reLations, mais eLLes peuvent être pLus désordonnées pour de jeunes événements qui ne regardent pas trop ce qui se passe autour. Certains journaListes sont tiraiLLés entre des événements qui prennent pied un peu sur tout Le territoire, La presse peut donc s'éparpiLLer. Par exempLe, L'année dernière, iL y a eu un recensement de 74 événements photographiques en France.

    Enfin, dans le contexte financier, politique et de concurrence que vous avez pu nous décrire, la notion de pérennité semble donc être primordiale ?

    En effet, iL existe des menaces sur Les événements photographiques, surtout pour La Basse-Normandie. A Cherbourg, un festivaL reste dans L'ombre car La photographie qu'iL présente est difficiLe d'accès, très cérébraLe et conceptueLLe qui vient peut-être de Leur répuLsion pour Le partenariat privé. Leur « éthique » est : 0 euros de partenariat privé et 100% de subventions pubLiques. Un projet de Centre RégionaL de La Photographie associé à L'enseignement et à La construction d'un bâtiment est en cours de réaLisation. Un teL projet est une réeLLe « pompe » aux financements, ceLa fonctionne en vase communiquant, iL y aura moins d'argent pour Les autres et ceLa est à prendre en compte... Comme Les budgets sont déjà en baisse, ceLa risque d'affaibLir Les événements voisins.

    Interview réalisée le dimanche 21 mai 2006 à Honfleur.

    Annexe 13

    Les derniers rebondissements du festival Chroniques Nomades.

    Note de synthèse : CLaude Geiss, directeur artistiques du festivaL Chroniques Nomades, Paris, Le 21 décembre 2006.

    La note de synthèse a été validée par l'interviewé.

    LES DERNIERS REBONDISSEMENTS DU FESTIVAL CHRONIQUES NOMADES
    Propos de Claude Geiss, Directeur Artistique du Festival Chroniques Nomades

    Pouvez-vous nous expliquer en quelques lignes le choix du nom donné à votre festival ?

    Je pense que La photographie, pLus que tout autre forme d'expression artistique, est proche de La Littérature, de La narration. Ce médium permet de définir sa propre grammaire visueLLe et photographique, c'est ce que L'on appeLLe L'écriture photographique584. En ce sens, Le choix du mot « Chroniques » traduit un récit court, concentré et dense à La fois. Le terme « Nomades » est venu d'un intérêt personneL pour Le nomadisme, cette forme de vie qui enrichie L'être humain au quotidien et qui sembLe être de pLus en pLus intégrée aux modes de vie contemporaine, notamment grâce à L'ouverture des frontières. Enfin, L'association des deux mots fonctionne assez bien, même si on a pu me reprocher L'absence du mot « photographie », j'ai donc déposé Le nom « Chroniques Nomades à L'INPI585. Je n'ai déLibérément pas souhaité associer Le nom de HonfLeur à ceLui du festivaL, car, pour des événements comme Biarritz Terre d'Image qui ont fait ce choix, iLs se trouvent dans L'incapacité de réutiLiser ce nom Lorsqu'iLs quittent La viLLe.

    Quelles seront les dates de l'édition 2007 du festival Chroniques Nomades ?

    Le festivaL se dérouLera du 12 au 28 mai 2007. IL est une fois de pLus réduit à une durée de deux semaines - au Lieu des trois initiaLement prévues - à cause des éLections présidentieLLes, dont Le vote se dérouLe dans L'enceinte des Greniers à SeL. De pLus, iL nous est impossibLe de décaLer Le festivaL en juin car un nouveL événement festif Lié aux fanfares s'y tiendra à cette date.

    584 Utiliser la photographie comme moyen d'expression.

    585 Institut National de la Propriété Industrielle.

    Le festival se tiendra également à Trouville comme se fût le cas en 2006 ?

    J'ai maLheureusement appris iL y a queLques jours que La viLLe de TrouviLLe ne renouveLLera pas son soutien au festivaL. En effet, dans La nuit du dimanche 29 septembre 2006, Les embLématiques HaLLes aux poissons de TrouviLLe-Sur-mer on été ravagées par un incendie, détruisant ainsi un bâtiment de 1930 appartenant au patrimoine historique de La viLLe et privant cinquante-huit personnes de Leur Lieu de travaiL. Le Maire de TrouviLLe, Monsieur Cardon, a donc décidé de financer La reconstruction des haLLes et de soutenir financièrement ces personnes en chômage technique. IL est donc obLigé de supprimer pendant queLques années Le soutien financier aux derniers événements cuLtureLs mis en pLace à TrouviLLe, comme Chroniques Nomades.

    ParaLLèLement, Le Maire adjoint à La cuLture de HonfLeur, Madame Françoise David, a souLigné iL y a queLques jours La possibLe réduction des subventions apportées par La viLLe au festivaL pour L'année 2007. En effet, eLLe priviLégie Le déveLoppement de nouveaux événements cuLtureLs, pratiquant ainsi une poLitique financière de « saupoudrage ».

    IL faut donc savoir anticiper et s'adapter à ce type de rebondissements. Chroniques Nomades vit un nouveau virage en matière de soutien institutionneL pubLic, mais paradoxaLement, Les encouragements que je reçois des photographes sont un éLan porteur, qui me pousse à persévérer.

    En ce sens, afin d'assurer vos subventions publiques, avez-vous pu établir une convention sur plusieurs années avec la ville Honfleur ?

    MaLheureusement, je n'en ai jamais eu L'opportunité, contrairement à La viLLe de TrouviLLe dont Le Maire, Monsieur Cardon, m'avait proposé en 2006 d'étabLir pour Les éditions à venir une convention triennaLe...

    Revenons maintenant à Honfleur : pensez-vous que le festival, situé ainsi en mai, permet d'avancer l'ouverture de la saison touristique de Honfleur ?

    C'est tout a fait de mon avis, et c'est égaLement ceLui de L'Office du Tourisme de HonfLeur qui enregistre une nette progression de La fréquentation dès Les premiers jours du festivaL, ainsi qu'une augmentation des réservations d'hôteLs.

    A combien est estimé le nombre de visiteurs du festival Chroniques Nomades et comment celui-ci a-t-il évolué depuis la première édition ?

    Nous avons enregistré 23 000 visiteurs pour L'édition 2006. Un chiffre qui augmente d'année en année et nous paraît satisfaisant du fait qu'iL n'était qu'à hauteur de 2000 en mai 1997. Cette évoLution est due au bon reLais médiatique de L'événement, ainsi qu'au positionnement du festivaL en tant qu'unique événement de photographie de voyage en France, depuis La disparition en 2005 du festivaL Biarritz Terre d'Image, festivaL de La Photographie et du Voyage à Biarritz.

    Concernant les Greniers à Sel, pouvez-vous nous indiquer leur surface et capacité d'accueil de visiteurs ?

    Les greniers à SeL représentent à eux deux 1400 m2 expLoitabLes, soit 800 et 600m2 chacun. Leur surface permet ainsi d'accueiLLir au même moment environ 600 personnes.

    Enfin, la participation aux frais de production des laboratoires photographiques partenaires du festival est-elle totale ou partielle ?

    ELLe fût totaLe jusqu'à La 6ème édition, en 2002, puis partieLLe, avec une participation offrant au mieux une réduction de 50% sur Les frais de production. Cette diminution de soutien traduit parfaitement L'évoLution du contexte économique que connaît ce type d'entreprises.

    Note de synthèse réalisée le 21 décembre 2006 à Paris.

    Annexe 14

    Contexte et évolution des subventions du Conseil Général du Calvados allouées aux festivals.

    Note de synthèse, échange maiL : Yves Ras, secrétaire des Affaires cuLtureLLes du ConseiL GénéraL du CaLvados, Le 21 juiLLet 2006.

    La note de synthèse a été validée par l'interviewé.

    CONTEXTE ET EVOLUTION DES SUBVENTIONS DU CONSEIL GENERAL DU
    CALVADOS ALLOUEES AUX FESTIVALS

    Yves RAS, secrétaire du service des affaires culturelles

    Quel est l'intitulé précis de votre poste et depuis combien de temps l'occupez-vous ?

    Je suis « secrétaire du service des affaires cuLtureLLes » depuis 7 ans. En aucun cas je ne suis décisionnaire en matière de subventions, ceLa est de La responsabiLité de Jean-Pierre TIPHAIGNE : directeur de L'ODACC et chef du service des affaires cuLtureLLes. C'est Lui qui est égaLement habiLité à présenter et défendre La poLitique du ConseiL généraL.

    Cette année, les subventions du Conseil Général allouées au Festival Chroniques Nomades ainsi qu'au Festival OFF des Chroniques Nomades ont diminuées. Dans quel sens la situation risque-t-elle d'évoluer pour les éditions à venir ?

    La Loi du 13 août 2004 reLative à La décentraLisation a transféré aux Départements des charges nouveLLes et importantes, particuLièrement en matière d'action sociaLe et routière, entraînant de fortes dépenses, non compensées par La dotation versée à titre de transfert par L'Etat. C'est pour cette raison que durant Les prochaines années -trois ou quatre ans-, Les finances des Départements et des Régions vont être mises à rudes épreuves. Nous concernant, et particuLièrement pour Chroniques Nomades Off et In, iL ne devrait pas y avoir de nouveLLes baisses en 2007 car nous devrions avoir sensibLement Les mêmes enveLoppes. Le résuLtat des courses sera émit en octobre ou novembre 2006, Lors des débats d'orientations budgétaires.

    Quels sont donc les secteurs les plus touchés par cette baisse ?

    Les secteurs « non obLigatoires » du ConseiL généraL. En matière de CuLture, Les obLigations sont : La BibLiothèque DépartementaLe de Prêt, Les Archives et à partir de 2007 (mais ceLa risque d'être décaLé dans Le temps, L'Etat n'étant pas prêt à certains transferts), L'enseignement initiaL en matière de musique, théâtre et danse. Donc Les subventions autres que ceLLes pour Les écoLes de musiques sont « susceptibLes » d'être revues à La baisse.

    Y a-t-il des secteurs « prioritaires » pour le reversement des subventions ? L'enseignement initiaL en matière de musique, théâtre et danse, du fait de son caractère obLigatoire. Les Départements avaient jusqu'à fin 2006 pour rédiger un schéma départementaL des enseignements artistiques, avec appLication dès L'an prochain.

    Au niveau des festivals, quel avenir financier leur prévoyez-vous ? Allonsnous vers la disparition d'un certain nombre d'entre eux ?

    Notre poLitique actueLLe consiste à maintenir ou à diminuer Le moins possibLe Les aides aux projets déjà aidés et à ne pas en soutenir de nouveaux afin de ne pas aLLer vers un « soupoudrage » des subventions.

    Combien de dossier de demande de subvention pour des festivals recevezvous approximativement chaque année et combien en refusez-vous et sur quels critères ?

    Nous avons aidé 78 festivaLs cette année et nous en avons refusé une vingtaine, La principaLe raison étant Le refus de nouveaux projets, mais souvent nous sommes confrontés à des projets ayant des financements « peu crédibLes », c'est-à-dire faisant souvent appeL à des demandes auprès des institutionneLs trop éLevées ou correspondant dans certains cas à 100% du financement ou encore avec des budgets peu équiLibrés (pLus de dépenses que de recettes). Tous ces points sont aLors anaLysés par Jean-Pierre Tiphaigne avant de donner un avis défavorabLe ou non. IL nous arrive égaLement de transmettre Le dossier à un autre service du ConseiL GénéraL, Le tourisme par exempLe, pour aider un projet viabLe, à La Limite entre cuLture et tourisme, Lorsque notre enveLoppe n'est pLus suffisante.

    Propos recueillis par mail le 21 juillet 2006.

    Annexe 15

    Le festival Chroniques Nomades et l'avancée de la saison touristique de Honfleur. Note de synthèse, échange maiL : Catherine Montandon, directrice de L'Office du Tourisme de HonfLeur, Le 4 décembre 2006.

    La note de synthèse a été validée par l'interviewé.

    Ma question porte sur la possible avancée de l'ouverture de la saison touristique de Honfleur grâce à la présence en mai du festival Chroniques Nomades. Auriez-vous quelques chiffres pouvant justifier cette interrogation si elle s'avère être vraie? (Augmentation de la fréquentation, augmentation des réservations d'hôtels...).

    Je répondrai que Le superbe festivaL "Chroniques Nomades" contribue à La fréquentation touristique de HonfLeur à cette époque de L'année... mais iL n'en est pas à L'origine dans La mesure où on considère depuis de nombreuses années déjà que La saison touristique démarre à partir de Pâques pour s'étendre de pLus en pLus tard, mais essentieLLement jusqu'au début du mois d'Octobre, et ce pour La pLupart des destinations de notre région.

    Phénomène qui s'est accentué avec

    « L'instauration des 35H, qui fait que nous parLons de moins en moins de saison touristique puisque Les visiteurs ont tendance à "étaLer" Leur congé en priviLégiant des dépLacements pLus courts mais pLus fréquents et ce, tout au Long de L'année.

    Dans ce cadre, Les manifestations cuLtureLLes tiennent un rôLe essentieL en animant nos stations, quasiment tout au Long de L'année et en suscitant donc L'intérêt du pubLic, non pLus seuLement pendant La saison dite "estivaLe"...

    A ce titre, iL est évident que Le festivaL Chroniques Nomades participe à ce phénomène en attirant bien sûr un pubLic avisé qui, par aiLLeurs, ne viendrait peut-être pas à HonfLeur sans Le festivaL...

    Propos recueillis par mail, le 4 décembre 2006.

    Annexe 16

    Les festivals en Basse-Normandie.

    Note de synthèse, échange mail : Magali Anger, responsable du secteur de la musique et du cinéma au Conseil Régional de Basse-Normandie, le 6 décembre 2006.

    La note de synthèse a été validée par l'interviewé.

    Pouvez-vous me donner une estimation du nombre de festivals, tout domaine confondu, ayant eu lieu en Basse-Normandie pour l'année 2006 ?

    La Région a soutenu en 2006 environ cinquante festivals, évidemment il y a sans doute d'autres événements dont nous n'avons pas connaissance. Je ne dispose d'aucune statistique ni chiffre plus précis sur le sujet.

    Propos recueillis par mail, le 6 décembre 2006.

    TABLE DES MATIERES

    Introduction générale p.1

    1ère PARTIE p.7

    La notion de festivaL : entre échange Légitime et tentative d'instrumentaLisation

    Chapitre 1 p.10

    Un rapport inhérent au contexte LocaL

    I) L'impact du contexte local sur le festival

    A) Le projet

    p.10 p.10

    p.11

    B) Le choix de La date

    C) Le choix du Lieu

    p.13

    1) Territoires identitaires

    p.13

    2) Territoires poLitiques

    p.14

    D) Recherche de financements

    p.15

    1) Financements pubLics

    p.15

    a) Les festivaLs : une activité précaire

    p.16

    b) Le Ministère de La CuLture et de La Communication

    p.18

    c) Désengagement de L'Etat vers Les coLLectivités territoriaLes

    p.20

    d) Les coLLectivités territoriaLes

    p.21

    e) Les acteurs Locaux

    p.24

    2) Financements et soutiens paraLLèLes

    p.25

    a) Les Fédérations ou Réseaux

    p.25

    b) Les Fonds de Soutien

    p.26

     

    c) Les Sociétés CiviLes ProfessionneLLes

    p.27

    3) Financements privés

    p.27

    a) Le mécénat

    p.28

    b) Partenariat et sponsoring

    p.32

    E) La communication

    p.34

    II) Les retombées d'un festival sur le contexte local

    p.35

    A) Retombées matérieLLes

    p.36

    1) Directes

    p.36

     

    226

    a) Le tourisme p.36

    b) Economique p.39

    2) Indirectes p.43

    a) Renforcement du Lien sociaL p.43

    b) EmpLois directs p.45

    c) EmpLois induits p.47

    d) Le bénévoLat p.47

    B) Retombées immatérieLLes p.48

    1) Directes p.48

    a) Image et notoriété p.48

    2) Indirectes p.50

    a) Démocratisation cuLtureLLe p.50

    b) Diffusion artistique p.52

    c) Promotion artistique p.53

    d) Animation cuLtureLLe à L'année p.54

    Chapitre 2

    Un échange qui peut être instrumentaLisé en retour ? p.56

    I) Le festival : un outil de promotion au service des collectivités

    territoriales ? p.56

    A) Le succès de La formuLe festivaLière auprès des coLLectivités

    territoriaLes p.56

    1) Légitimation de La position des coLLectivités territoriaLes p.57

    2) Le festivaL est un outiL au service des coLLectivités LocaLes p.59

    a) Intérêts directs p.59

    b) Intérêts indirects p.60

    B) Un équiLibre compLexe entre cuLture et économie p.62

    1) Une orientation en faveur du déveLoppement LocaL p.63

    a) FestivaLs créés à L'initiative des coLLectivités territoriaLes p.64

    b) FestivaLs orientés en faveur de La communication p.64

    c) FestivaLs orientés en faveur de L'animation LocaLe p.65

    d) FestivaLs orientés à des fins institutionneLLes p.66

    2) Mais des festivaLs orientés qui gardent une quaLité artistique p.67

    C) Un équiLibre compLexe entre cuLture et poLitique p.68

    1) Interactions entre festivaL et municipaLité p.69

    a) Une reLation équiLibrée

    p.69

    b) Une reLation de suspicion pour La municipaLité

    p.70

    c) Une reLation de suspicion pour Le festivaL

    p.70

    2) Quand L'interaction tourne à La rupture

    p.72

    II) Tentative d'instrumentalisation du concept de festival par les directeurs de

    festival ?

    p.74

    A) EvoLution des festivaLs en France et conséquences directes

    p.74

    1) Le succès d'un concept

    p.74

    2) Conséquences directes de L'augmentation du nombre de festivaLs en France .

    ..p.76

     

    B) Une instrumentaLisation possibLe des festivaLs par Les professionneLs ?

    ..p.77

    1) Abus du terme « festivaL »

    p.79

    a) Les festivaLs de divertissement

    p.79

    b) Les festivaLs pastiches

    p.80

    c) Les festivaLs d'animation LocaLe

    p.80

    2) Tentative de différenciation

    p.81

    3) Un pubLic en perte de repères

    p.81

    C) Une perte possibLe du concept de « festivaL » ?

    p.82

    D) SoLutions envisagées pour une recherche de différenciation du festivaL p.84

    1) Un manque de professionnaLisme

    p.85

    2) Une originaLité nécessaire

    p.86

    3) Importance du directeur artistique

    p.88

    4) La reLation au pubLic

    p.89

    5) Une inscription sur Le territoire

    p.89

    E) Conséquences positives de L'évoLution des festivaLs en France

    p.91

    2ème PARTIE

    Proposition d'une formuLe festivaLière : Le festivaL Chroniques Nomades et L'évoLution
    du contexte cuLtureL en France
    p.96

    Chapitre 1

    Une interaction au contexte LocaL nécessaire pour une Légitimité territoriaLe, artistique et cuLtureLLe du festivaL Chroniques Nomades p.97

    I) Le contexte du festival Chroniques Nomades

    p.97

    A) Un festivaL inscrit sur un territoire

    p.97

    1) La région Basse-Normandie

    p.97

    2) Le département du CaLvados

    p.100

    3) La commune de HonfLeur

    p.102

     

    B) La photographie et ses festivaLs en France

    p.104

    1) Les festivaLs de photographie à écheLLe nationaLe

    p.105

    2) La région Basse-Normandie et ses festivaLs

    p.107

    C) Historique, identité et évoLution du festivaL Chroniques Nomades

    p.108

    1) Création du festivaL Chroniques Nomades

    p.108

    a) Le choix d'une thématique

    p.108

    b) Le choix de HonfLeur

    p.111

    c) Le choix d'une date

    p.112

    d) Le choix des Greniers à SeL

    p.113

    e) Le choix d'une équipe

    p.114

    f) Le choix d'un pubLic

    p.115

    2) Le maintien d'une Ligne de conduite

    p.116

    a) Les objectifs du festivaL Chroniques Nomades

    p.116

    b) La programmation du festivaL Chroniques Nomades

    p.118

     

    II) Quand ce contexte évolue...

    p.120

    A) Une menace possibLe sur Les événements photographiques en France? ....

    p.120

    B) EvoLution du contexte financier du festivaL Chroniques Nomades

    p.122

    1) Les subventions pubLiques

    p.122

    2) Les partenariats privés

    p.124

    3) En route vers Le mécénat

    p.126

     

    C) Une adéquation migrante entre direction du festivaL et éLus Locaux

    p.128

    Chapitre 2

     

    ELéments d'action mis en pLace face à une possibLe perte

    p.133

    du concept de festivaL

    I) La pérennisation appuie la légitimité du festival

    p.133

    A) Prise en compte de L'augmentation du nombre de festivaLs de photographie en

    France p.133

    B) Les nouveLLes actions menées par Le festivaL Chroniques Nomades p.135

    1) Actions menées au sein même du festivaL Chroniques Nomades

    p.135

    a) Le déveLoppement d'événements dynamiques

    p.135

    b) Le déveLoppement du principe de coproduction des expositions

    p.138

     

    2) Action menée en paraLLèLe du festivaL : Le Festival OFF des Chroniques

    Nomades p.139

    a) ExempLes de festivaLs Off de photographie en France p.140

    b) Le Festival OFF des Chroniques Nomades : outiL de démocratisation pour Le

    pubLic et d'accompagnement des artistes p.143

    c) Une coLLaboration entre « In » et « Off » à mesurer avec prudence p.145

    II) Préconisations apportées à l'échelle de l'ensemble des festivals en

    France et du festival Chroniques Nomades : outils de différenciation, de légitimation et de pérennisation du festival p.147

    A) Préconisations apportées à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs

    en France p.147

    B) Préconisations apportées pour Le festivaL Chroniques Nomades p.151

    Conclusion

    p.157

    Synthèse

    p.161

    Lexique

    p.165

    Index analytique

    p.171

    Index des noms propres cités

    p.172

    Glossaire des sigles

    p.173

    Biographies

    p.175

    Index des illustrations

    p.178

    Bibliographie

    p.179

    Annexes

    p.190

    Table des Matières des annexes

    p.191

    Tables des Matières

    p.226