WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La gestion du biocarburant au sein du secteur aéronautique civil: quels enjeux financiers ?

( Télécharger le fichier original )
par Matthieu Goudineau
EM Léonard de Vinci - Politecnico di Torino - Master 2 2012
  

précédent sommaire suivant

i) L'utilisation des Algues en tant que carburant

Le monde a besoin de ressources durables et de carburant de remplacement, en particulier dans le secteur de l'aéronautique. Chaque année, plus de six cents millions de barils de combustibles à base de pétrole sont raffinés afin de créer du kérosène pour le marché aéronautique. L'objectif aujourd'hui est de s'assurer que l'utilisation d'énergie ne soit plus un obstacle au développement durable.

La recherche des énergies durables est par ailleurs favorisée par la capacité d'innovation des Etats, ce qui leur permet de faire progresser les technologies adéquates sur les marchés.

Aujourd'hui, de nombreuses entreprises se concentrent sur le développement de souches d'algues conçues spécialement pour créer du bio-kérosène destiné au secteur aéronautique.

Ces entreprises arrivent à fournir environ 15 millions de litres de biocarburants par an. Ainsi les constructeurs aéronautiques et les petites entreprises de production de bio kérosène passent régulièrement des accords commerciaux. Par exemple Heliae Development a investit 3 millions de dollars chez Boeing pour permettre de financer la recherche et la commercialisation de biocarburant à base d'algues.

L'université des sciences de l'Arizona a conclu un accord de collaboration avec plusieurs partenaires afin de développer, produire, et vendre aux compagnies aériennes un combustible dérivé des algues.

Un nouveau type de kérosène a été créé grâce à des souches d'algues qui peuvent convertir une grande partie de leurs masses cellulaires en un type d'acides gras. Ces acides forment une huile qui, après désoxygénation, recréent la structure moléculaire du kérosène. C'est ce qu'on appelle le carburant de deuxième génération

Avec cette désoxygénation, il n'y a plus besoin d'avoir recours aux procédés de craquages thermiques3(*) qui sont très coûteux. Avec la désoxygénation, on crée des acides gras, à l'aide de graisses animales ou végétales (Algues, biodiversité, plantes...). Cet objectif réalisé est le fruit d'une grande recherche qui ne fait que commencer. Nous sommes au stade où l'on n'arrive à produire du kérosène à un faible coût que si celui-ci est créé à partir de carburant de première génération (pétrole brut).

Dans cette optique, les algues permettent d'apporter un rapport coût-efficacité équilibré, car nous sommes dépendants du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, en ce qui concerne les combustibles fossiles.

Les chercheurs sont ensuite passés du stade de l'expérimentation en laboratoire au stade des tests. 

Mais tout le monde ne s'accorde sur l'efficacité de ce système de création de biocarburant. Ainsi le ministre de l'environnement allemand, Karl-Hermann Steinberg jette un doute sur les vertus et les avantages de la conversion de micro-algues en biocarburant.

Mr Steinberg teste les bioréacteurs depuis 12 ans en utilisant les micro algues de la variété Chlorella vulgaris : « ce procédé, écrit-il, même en étant encore optimisé, conduirait à un prix de 50 euros par litre de carburant. Les algues ont un rendement de 0,2 g de matière sèche par litre. Vous devez donc filtrer 5.000 litres d'eau pour obtenir 1 kg de matière sèche. Cela demande une dépense énorme, qui nécessite toujours plus d'énergie que ce qui est récolté ».

Mais il faut ajouter que les recherches sur le Chlorella Vulgaris ne sont plus menées aux Etats-Unis depuis longtemps, au profit de l'exploitation d'autres genres d'algues beaucoup plus compétitives et productives. Un grand avenir s'ouvre à toutes les autres variétés de plantes aquatique existantes.

Savoir utiliser correctement l'énergie est un facteur principal de nos communautés. En effet, grâce à la révolution industrielle, le pétrole a supplanté le charbon, un peu avant 1914. Notre société a été marquée par deux siècles de consommation d'énergies fossiles. Les statistiques montrent que les citoyens américains ont consommé huit tonnes d'équivalent pétrole (TEP) par an, soit deux fois plus que les consommateurs européens à un niveau de vie équivalent ; par ailleurs la consommation des Américains serait cinq fois supérieure à la moyenne mondiale et quatorze fois celle de la population indienne.


Il existe une relation entre le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) et le taux de croissance de la consommation d'énergie. Mais depuis quelques années, on constate une remise en cause de cette relation. Celle-ci n'est plus viable : en effet l'impact sur l'environnement, le développement de nouveaux pays très consommateurs d'énergie, ainsi que la conjoncture économique mènent à une reconsidération de la croissance du PIB.

Cette remise en question est aussi liée au fait que la société humaine traverse depuis 2008 plusieurs grandes crises : la crise financière et économique, la crise de l'énergie, mais aussi la crise climatique...

C'est pourquoi, afin de diminuer les impacts de ces dysfonctionnements économiques, il y a un grand engouement pour la recherche des énergies de substitution.
Ces énergies de substitution dites renouvelables ont donc pour vocation d'apporter une solution aux principales crises évoquées.

Le rythme de consommation d'énergie peut varier selon les saisons, ou la météorologie. On prendra donc soin de choisir le moyen de transport adéquat du bio-kérosène pour le maintenir à température constante. On appelle alors ces énergies : bioénergies, ou énergies propres. Néanmoins il n'existe aucune source d'énergie parfaite, exempte de pollution de l'atmosphère, ou de l'eau, ou encore du paysage. Si l'on souhaite obtenir de telles énergies renouvelables, il faut alors recourir à une nouvelle technologie pour les produire. Ces nouvelles technologies permettront en plus d'atteindre les objectifs du projet « le paquet énergie climat », crée à l'initiative du Grenelle de l'environnement d'automne 2007 à Paris, et qui vise la réduction d'ici 2020 d'au moins 20% les émissions de dioxyde de Carbonne.

En France, il y a donc une recherche afin de stimuler le développement des éco-industries dans le cadre de ce projet « éco-tech 2012 ».

* 3 Voir glossaire page 31

précédent sommaire suivant







Rassembler les contraires c est creer l harmonie