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Y a-t-il un inconscient collectif ? la controverse le bon, Jung et l'apport des neurosciences.

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par Marion Jacquet
Ircom - Albert le Grand - Licence de lettres et sciences politiques 2012
  

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1 . L'inconscient collectif : la decouverte controversee de Le Bon et Jung.

Le chemin emprunté par cette première partie vise la réponse à la question « qu'est-ce que l'inconscient collectif dans la perspective des auteurs que nous étudions ? ». Cette notion d'inconscient collectif est complexe, multiple, car elle regroupe et recoupe de nombreuses réalités : sociologiques, psychologiques, politiques aussi. A leur naissance, ces théories de l'inconscient collectif ont rencontré une vaste opposition, qu'il conviendra également d'expliquer. Nous explorerons donc successivement la conception de Gustave Le Bon puis la théorie Jungienne de l'inconscient collectif afin de le définir précisément.

1.1 Gustave le Bon : l'inconscient collectif, moteur de la foule

La théorie de Gustave Le Bon peut etre décrite en trois étapes successives. Sorte de prémisse à la théorie, le chercheur distingue les différentes logiques de l'action humaine, révélant le rTMle fondamentale de l'inconscient ; puis il développe une compréhension de l'inconscient collectif, basée sur les concepts de races historiques, de constitution mentale des peuples ; enfin, il en révèle les applications concrètes, qui aujourd'hui encore sont perceptibles dans les faits sociaux.

1.1.1. Les logiques de l'action humaine

Pour Le Bon, en effet, différentes logiques initient et dirigent le comportement humain. Comme il l'explique dans Les Opinions et les Croyances, « les diverses sphéres d'activités vitale et psychologique sont gouvernées par formes de logiques différentes 12

(É) des . » Il faut bien entendu

s'entendre sur sa définition de la logique, dont le seul déterminant, le seul « critérium » pour Le Bon est « l'action13 ». Le Bon décrit cinq logiques distinctes. Tout d'abord, la logique rationnelle, consciente et raisonnable, celle que nous appelons communément `la logique'. Vient ensuite la logique affective ; complètement distincte de la logique rationnelle, elle « dirige, dit-il, la plupart de nos actions14 ». Le Bon souligne également que la plupart des processus liés à cette logique et aux sentiments sont inconscients. Suivant le psychologue fran»ais Théodule Ribot, qui parle de la logique des sentiments comme d'une « servante15 » de la connaissance, Le Bon donne aux processus dirigés par la logique affective une place prépondérante. La logique mystique est la troisième logique pour le chercheur. Cette logique, tout aussi irrationnelle que la logique affective, en diffère en cela qu'elle est « consciente et comporte une délibération16 ». La quatrième, la logique collective, est un peu particulière puisqu'elle est caractéristique de l'homme en foule, dont on sait, ajoute l'auteur, qu'il « se conduit différemment d'un homme isole17 ». C'est la logique qui guidera les actes de l'homme en groupe : inconsciente, irrationnelle, elle est néanmoins distincte de la logique affective car elle va parfois mener à des actions opposées. Catherine Rouvier, éclairant

1 2 LE BON GUSTAVE, Les Opinions et les Croyances, Québec, Presse de l'Université de Québec, coll. « Les classiques des sciences sociales », 2002, p. 60. (Edition numérique disponible : http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/opinions_et_croyances/Opinions_et_croyances.pdf).

13 Ibid., p. 38.

14 Ibid., p. 61.

15 RIBOT THÉODULE, in Ibid. , p. 71. (Le Bon ne donne pas plus de détails sur la provenance de la citation.)

16 Ibid., p. 62.

17 Ibid., p. 61.

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cette notion y per»oit « un combiné de la logique affective et de la logique mystique ». La cinquième et dernière logique est la logique biologique ; aucunement guidée par la volonté, cette logique produit d'elle -même des adaptations biologiques, décidées par « des forces que nous ne connaissons pas19 ». Elles ne semblent pas être mécaniques, ajoute Le Bon, puisque leur action dépend sans cesse de leur but.

Ë la description de ces différentes logiques, qui visent à expliquer les raisons de l'action humaine, on remarque que Le Bon porte un grand intérêt aux processus inconscients. Il en reconna»t la force et la prépondérance, confirmant les expériences de Charcot et les théories de Freud. Il dira ainsi que « [l'] importance [de l'inconscient] est préponderante car, dans ce terrain, se trouvent les racines de nos opinions et de notre conduite20 », percevant des interventions de l'inconscient à différents niveaux (organique, affectif et intellectuel) et montrant donc son immense part de responsabilité dans les actions, choix et décisions de tout individu. Mais dans son étude de l'inconscient, Le Bon, toujours fasciné par l'action collective va aller plus loin, appliquant la notion d'inconscient à la collectivité.

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie