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Y a-t-il un inconscient collectif ? la controverse le bon, Jung et l'apport des neurosciences.

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par Marion Jacquet
Ircom - Albert le Grand - Licence de lettres et sciences politiques 2012
  

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1.1.2. La « race historique » : base de la « constitution mentale » des peuples

Pour l'auteur, l'inconscient collectif à vocation à expliquer les causes inconscientes des actes d'un est formé de que Bon appelle accumulations héréditaires 21

peuple. Il ce Le des « ». Dans cette perspective, Le Bon évoque une race historique. C'est cette idée de race qui est bien entendu très controversée et qui a poussé certains analystes à voir dans la théorie de Le Bon, une «mystique raciste22 ». En réalité, il faut comprendre dans la race de Le Bon, une notion plus proche de celle de `peuple' ou de `nation' que de `groupe ethnique' : comme le souligne Le Bon dans Lois psychologiques de l'evolution des peuples, « Quel que soit aujourd'hui la race considérée, (É) il faut toujours la considérer comme une race artificielle et non comme une race naturelle. (É) La plupart des aujourd'hui que races historiques 23

races civilisées sont

ne des ».

Dans l'esprit lebonien, la race ne se fonde pas sur des différences physiques mais bel et bien sur une culture et des traditions communes, ou pour reprendre son expression sur « des sentiments communs, des intérêts communs, des croyances communes24 ». Cette race historique, basée sur des accumulations héréditaires, basée sur une culture commune, sur une communauté de vie et de destin, est la structure de l'inconscient collectif, ou comme l'auteur la nomme de la « constitution mentale des peuples ».

La race historique structure donc l'inconscient collectif. Le Bon fixe trois conditions propices à la formation d'une telle race historique, conditions qui vont donc permettre l'émergence de l' inconscient collectif. La première condition, que les « races soumises aux croisements ne soient pas trop inégales par leur nombre25 », sans quoi insiste Catherine Rouvier « la dominante

1 8 ROUVIER CATHERINE, Les idees politiques de Gustave Le Bon, Paris, Presses Universitaires de France, 1986, p. 58.

19 LE BON GUSTAVE, Les Opinions et les Croyances, Québec, Presse de l'Université de Québec, coll. « Les classiques des sciences sociales », 2002, p. 61. (Edition numérique disponible : http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/opinions_et_croyances/Opinions_et_croyances.pdf).

20 Ibid., p. 37.

21 On retrouve l'expression à de maintes reprises dans l'oeuvre de Le Bon.

22 L'expression est d'Otto Klineberg, qui a préfacé une édition de Psychologie des foules.

23 LE BON GUSTAVE, Lois psychologiques de l'evolution des peuples, Québec, Presse de l'Université de Québec, coll.

« Les classiques des sciences sociales », 2006, p. 22. (Edition numérique disponible : http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/lois_psycho_evolution_peuples/le_bon_lois_psycho.pdf).

24 Ibid., p. 20.

25 Ibid., p. 44.

aneantit l'autre ou les autres26 ». Seconde condition qu'elles ne « different pas trop par leur
caractere
27 », deux races trop eloignees, deux peuples trop differents ne pourront jamais se fondre
en une seule entite. La troisieme et derniere condition est que ces races evoluent dans des

28

« conditions de milieu identiques ». Une fois ces conditions reunies, la « constitution mentale » peut emerger. Le Bon n'en dit guere plus, ne demontrant que par l'exemple l'existence de cet inconscient collectifÉ

Ce sont les premisses de la theorie que nous retracons ici brievement. Avant de voir l'inconscient collectif se cristalliser en un moment de foule, il faut souligner que le contenu de l'inconscient collectif peut etre `mobile'. Bien sir, Le Bon insiste sur l' « être permanent, affranchi du temps29 30

» qu'est la race, sur la « fixité » de la constitution mentale d'un peuple, mais on entrevoit une certaine possibilite d'evolution quand on le lie à la theorie des idees et des croyances. Le Bon insiste sur le « tres petit nombre d'idees fondamentales31 » qui siegent dans l'âme des peuples, dans l'inconscient collectif. Cependant, il explique egalement que certaines idees, penetrant « cette region stable et inconsciente des sentiments oit s'elaborent les motifs de nos actions32 », entrent en fait dans l'inconscient collectif. Ë force de repetition, de reproduction, une idee entre dans la culture, entre de banalités héréditaires 33

dans « ce stock compact » dit Le Bon.

Tant et si bien que l'idee devient une croyance ajoute l'auteur, soulignant cette difference fondamentale : sur la croyance, la raison n'a pas d'emprise. Comme le dit Le Bon c'est un « acte de foi d'origine inconsciente qui nous force à admettre en bloc une idee, une opinion, une explication, une doctrine34 ». Pour l'auteur, ces croyances, ces idees qui siegent dans l'âme des peuples sont les plus importants moteurs de l'action individuelle et de l' action collective. On le comprend bien quand il dit que « c'est par ses morts, bien plus que par ses vivants qu'un peuple est conduit (É) ils ont cree nos idées et nos sentiments, et par consequent tous les mobiles de notre conduite35 ». Toute idee qui, s'inserant dans l'âme des peuples, devient une croyance est un mobile de la conduite humaine. Un mobile dont les consequences peuvent etre parfois surprenantes tant elles sont grandioses, comme Le Bon l'explique par sa Psychologie des foules.

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