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Y a-t-il un inconscient collectif ? la controverse le bon, Jung et l'apport des neurosciences.

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par Marion Jacquet
Ircom - Albert le Grand - Licence de lettres et sciences politiques 2012
  

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1 . 2 Inconscient collectif, archetypes et heritage : la theorie jungienne.

Des l'introduction, nous avons souligné la variété des perspectives nécessaires à la compréhension de l'inconscient collectif. Gustave Le Bon mêlait des perspectives diverses, Jung en inaugure une nouvelle. Psychiatre de formation, devenu psychanalyste, Jung va se détacher de son ma»tre Freud sur plusieurs points. En réalité l'inconscient Freudien et l'inconscient Jungien, tel que théorisé pour sa psychologie analytique n'ont rapidement plus rien de commun.

1.2.1. Vers l'inconscient collectif

Comme l'explique tres bien Vivianne Thibaudier, « l'inconsci ent pour Jung n'a ni la même

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origine, ni les mêmes caractéristiques, ni le même sens que pour Freud . » Tres rapidement, pour Freud l'inconscient c'est le contenant du refoulé : tout ce qui a été exclu de la conscience, par la conscience, tout ce qui est interdit et censuré par le conscient, se retrouve dans l'inconscient. Pour Jung, le mouvement est inverse, puisqu'il va jusqu'à dire que « l'inconscient est la mere de la conscience50 ». Pour Jung, l'inconscient originel nourrit sans cesse la conscience. Ce qui lui permet également de dire que au fur et à mesure que nous avan»ons en âge, nous sommes sommes de plus en plus conscients : nous élargissons sans cesse le champ de notre conscience à partir des contenus archaïques présents dans notre inconscient, à partir de « l'inconscience originelle51 ».

Au delà de cette première différence déjà importance, la rupture fondamentale entre Freud et son disciple est que pour Jung il existe différents niveaux dans l'inconscient. On représente souvent l'esprit tel que Jung l'envisage par une pyramide semblable à celle-ci :

Tout en haut de la pyramide se trouve donc le conscient. Premier niveau de l'inconscient nous dit Carl Gustave Jung, l'inconscient personnel. Dans Dialectique du moi et de l'inconscient (1933), Jung explore le contenu de cet inconscient personnel : « Nous identifions des matériaux comme relevant de l'inconscient personnel à ce que leur provenance, leur apparition ou leur efficacité procedent d'un lien quelconque avec le passé personnel du sujet. Ils sont partie intégrante de la personnalité, ils appartiennent de fa»on nécessaire à l'inventaire de ses éléments constitutifs52 ». Ce premier niveau correspond à peu de choses pres à l'inconscient freudien, comme le souligne Viviane Thibaudier53, réunissant tous les contenus liés à la vie personnelle, tout

49 THIBAUDIER VIVIANE, op. cit., p. 32.

50 JUNG CARL GUSTAV, La guerison psychologique, Geneve, Georg, 1987, p. 266.

51 Ibid.

52 JUNG CARL GUSTAV, Dialectique du Moi et de l'inconscient, Paris, Gallimard, coll. « Folio / Essais », 2010, p. 42.

53 THIBAUDIER VIVIANE, op. cit., p. 33.

ce qui a été refoulé, les images qui se sont formées depuis l'enfance et ont été éliminées de la conscience. Jung dira d'ailleurs à ce sujet que « cet inconscient personnel renferme toute les acquisitions de la vie personnelle : ce que nous oublions, ce que nous refoulons, perceptions, pensées et sentiments subliminaux54 ». Et le psychiatre poursuit « à cTMté de ces contenus personnels, il en existe d'autres, qui ne sont pas personnellement acquis (É) je désigne ces contenus en disant qu'ils sont inconscients collectifs55 ». Comme le font remarquer Attard et Pidinielli, Jung affine encore cette première division, décrivant « plusieurs strates comme composantes de l'inconscient collectif avec en premier lieu l'inconscient familial, puis l'inconscient de groupe, ethnique et culturel et enfin l'inconscient primaire56 . » On découvre en effet cette dimension des le second chapitre de Dialectique du Moi et de l'inconscient : « il est, audessus du socle de la psyché collective universelle, des niveaux de psyché collective correspondant aux limitations de la race, de la tribu, de la famille.57 »

Mais comment Jung en est-il arrivé à parler d'un inconscient collectif ? Par quoi cette découverte a-t-elle été guidée ? Aux alentours de 1906, Jung, psychiatre, prend connaissance des écrits de Miss Miller, poèmes, visions rédigées ou encore rêves et va tenter de les analyser. Il va ainsi les interpréter en fonction des motifs mythologiques qu'ils contiennent. Ë partir de cette premiere expérience, va na»tre l'idée dans l'esprit de Jung d'un inconscient collectif. « Nous ne résoudrons pas le fond de la névrose et de la psychose sans la mythologie et l'histoire des civilisations58 » écrit-il en 1909 à Freud, révélant à son a»né, qui est encore son mentor, l'importance qu'il donne à la mythologie dans sa recherche de l'inconscient. Il poursuivra ses recherches sur cette piste avec le cas Émile Schwyzer, percevant derrière le délire personnel du patient, un trait « généralement humain59 ». Il présente ses conclusions sur ces deux cas en 1911 dans son ouvrage Métamorphoses et symboles de la libido , véritable catalogue de sources pour prouver le lien entre les anciens mythes et les rêves, délires, etc. de ses patients. La théorie des archétypes na»t. On attendra néanmoins 1916 avant que Jung ne prononce le terme d'inconscient collectif, année durant laquelle les concepts deviendront définitivement soudés : Jung parle à partir de ce moment des « archétypes de l'inconscient collectif60 ».

54 JUNG, Types psychologiques, Georg, 1997, p. 110.

55 Ibid.

56ATTARD CÉLINE et PEDINIELLI JEAN-LOUIS, «Entre agir et institution : quelle place pour l'inconscient collectif ?», Les cahiers psychologie politique, numéro 18, Janvier 2011. (Édition numérique disponible : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1765).

57 JUNG CARL GUSTAV, Dialectique du Moi et de l'inconscient, Paris, Gallimard, coll. « Folio / Essais », 2010, p. 65

58 FREUD, JUNG, Correspondances de Jung à Freud, Paris, Gallimard, 1992.

59 JUNG, Métamorphoses de l'âme et ses symboles, Georg, 1972, p. 191-192.

60 JUNG, Psychologie de l'inconscient,

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