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Y a-t-il un inconscient collectif ? la controverse le bon, Jung et l'apport des neurosciences.

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par Marion Jacquet
Ircom - Albert le Grand - Licence de lettres et sciences politiques 2012
  

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2 . Inconscient collectif : l'eclairage des neurosciences

Comme nous le disions en introduction, ni Gustave Le Bon, ni Jung ne disposait des techniques actuelles pour explorer les méandres de l'esprit. Ils se sont pourtant attachés à décrire et à théoriser le concept très controversé d'inconscient collectif. Les neurosciences sont la science d'étude du système nerveux; discipline mêlant de nombreuses approches (chimie, imagerie, anatomie, biologieÉ) elle tente d'aboutir à une meilleure connaissance du cerveau et de ces processus. Les progrès récents de cette science nous permettent de critiquer la théorie de l'inconscient collectif, comme nous allons le voir à présent. En effet, les découvertes des neurosciences, en particulier le lien entre les émotions et la mémoire d'une part et le côté profondément social de notre cerveau d'autre part, nous permettent d'éclairer la notion d'inconscient collectif.

2.1. « Ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire «

Sur ce point, Voltaire avait eu un bon pressentiment, comme nous allons le voir. Les neurosciences révèlent non seulement l'existence d'un inconscient, mais également l'importance des émotions, qui ancrent profondément les souvenirs dans la mémoire, créant ainsi une large par d'inconscient commun, qu'il semble juste de nommer collectif.

2.1.1. L'existence de l'inconscient

Avant de nous intéresser à l'inconscient collectif, tentons de découvrir ce que les neurosciences ont découvert sur l'inconscient. On remarque tout d'abord que les neuroscientifiques préfèrent souvent parler de processus non-conscients, de non-conscient, ou de non-conscience, pour éviter le terme freudien. En ce qui concerne cette analyse, nous nous contenterons de cette analogie, dont on saisit bien le sens.

Première découverte, les neurosciences semblent bien percevoir un inconscient. Daniel Goleman, docteur en psychologie et ancien professeur de la célèbre université d'Harvard, décrit dans son best-seller l'intelligence émotionnelle, l'existence de deux esprits. Pour lui, en effet, l'homme dispose de deux esprits, distincts, qui n'ont ni le même rôle, ni le même mode de fonctionnement: le premier est rationnel, le second est émotionnel. L'esprit rationnel, pondéré, réfléchi est analysé par l'auteur comme un mode conscient d'interprétation du réel et d'action. L'esprit émotionnel, quant à lui, impulsif, puissant, est vu comme un mode de fonctionnement inconscient. Les processus qu'il déclenche sont souvent réalisés en dehors de toute cognition. Pour Goleman, < plus un sentiment est intense, plus l'esprit émotionnel domine et plus le rationnel perd

81

de son efficacité 80. « Dit autrement, on peut parler de < prééminence du cÏur sur le mental». On remarque par ailleurs dans la description du développement du cerveau que le cerveau émotionnel existait avant le cerveau rationnel: dans l'ordre, on a un cerveau primitif (constitué de régulateurs préprogrammés qui gèrent les fonctions vitales essentielles), sur lequel se crée un cerveau qu'il dit

80 GOLEMAN DANIEL, l'intelligence émotionnelle, Paris, J'ai lu, coll. <Bien être «, 2010, p. 25.

81 Ibid., p. 18 .

<< sentant» (réunissant les centres nerveux qui gèrent les émotions), à partir duquel se développe le néocortex, ou cerveau rationnel.

Bref, comme le sentait Le Bon, les actions humaines sont parfois plus sous l'influence <<de la moelle épinière que du cerveau «.

Bernard Mazoyer, dont parlions dès l'introduction, s'est beaucoup intéressé à ce qu'il appelle le <<non-conscient cérébral «. Ses travaux ont révélé l'existence de cinq réseaux qui le composent: << un réseau visuel; un réseau porteur des autres entrées sensoriels; un réseau dédié aux intentions, alertes et apprentissages; un réseau de mémoire de travail (à très court terme) ; un réseau de mémoire épisodique (à long terme)82. « On ne peut néanmoins pas savoir avec certitude quelles actions réalisent précisément ces différents réseaux. Vu la place qu'ils occupent et l'énergie qu'il capte pour leur fonctionnement on ne peut douter néanmoins de leur puissance; il reste donc certains défis à relever dans ce domaine. Deux choses sont süres: les émotions et la mémoire, jouent dans cette sphère inconsciente un rTMle fondamental.

Quoiqu'il en soit, il appara»t quasi-évident pour les neuroscientifiques que l'inconscient joue un rTMle non négligeable dans nos actions, dans nos décisions. Ce sont les 99% d'activité cérébrale non cognitives dont nous parlions en introduction. Ceci étant posé, nous pouvons nous concentrer sur la recherche de l'inconscient collectif.

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