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Usages et pratiques d'internet par les étudiants au Cameroun: quels enjeux ?


par Hermann ESSOUKAN EPEE
Université Stendhal-Grenoble 3 - Master 2 2014
  

Disponible en mode multipage

USAGES ET PRATIQUES D'INTERNET PAR LES ETUDIANTS AU CAMEROUN : QUELS ENJEUX ?

ESSOUKAN EPEE Hermann

UFR LLASIC

Mémoire de master II

Recherches et Études en Information-Communication

Sous la direction de la Pr Fabienne Martin-Juchat

Année universitaire 2014-2015

DEDICACE :

À Melchisédek, qui m'a infiniment soutenu et fortifié

durant cette exercice intellectuel et scientifique.

REMERCIEMENTS :

Ce travail de recherche est le fruit de la contribution de plusieurs personnes, à qui nous tenons à adresser nos sincères remerciements.

Nous pensons en pareil occurrence à la Pr Fabienne Martin-Juchat notre Directrice de mémoire pour son accompagnement, son orientation, son éclairage et sa disponibilité dans l'encadrement.

Aux enseignants de l'Institut de la Communication et des Médias (ICM) de l'Université Stendhal-Grenoble 3, pour leurs enseignements et conseils ; singulièrement à la Pr Isabelle Pailliart et au Pr Bertrand Cabedoche pour leurs suggestions qui nous ont permis de faire un débroussaillage conceptuel.

À l'équipe dirigeante et aux responsables du Département de Communication de l'Université de Douala (Cameroun) à l'instar du : Pr Misse Misse, Dr HDR Thomas ATenga, Dr Georges Madiba, Dr Caroline Metote, MM. Achille Ebana, Ndongue Epangue qui, durant cette aventure scientifique ont également assuré le suivi et l'optimisation de ce travail.

À M. Marcel Carminati, conseiller Maître honoraire à la Cour des Comptes (France), pour les discussions enrichissantes que nous avons eu sur le sujet. Y compris à mes compagnons grenoblois, les doctorants Charles Le Grand Tchagneno, Simon Ngono, Fulbert Fofack et Germain Yatombo qui, à travers les échanges et leurs perceptions sur les usages et pratiques d'Internet m'ont permis d'avoir une vision plus large de mon sujet de recherche.

Nous exprimons également notre gratitude envers tous ceux, qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce travail scientifique.

AVANT-PROPROS :

Le présent mémoire de recherche est réalisé pour l'obtention du Master II en Recherches et Etudes en Information-Communication ; un diplôme qui concède dans le domaine des sciences humaines et sociales le grade de Maître et pour cette spécialisation, celui de Maître en SIC (Sciences de l'Information et de la Communication).

Toutefois ce travail de recherche ne prétend pas être exhaustif suite à ses manquements, ni s'ériger comme un manuel normatif ; mais il compte s'inscrire dans le sillage d'une production scientifique qui, comme plusieurs autres est en constante remise en question, à cause du caractère de son objet d'étude qui n'est pas stable, mais dynamique et évolue sensiblement avec le temps.

L'idée de cette étude est le fruit d'une observation empirique réalisée sur les usages et pratiques d'Internet par les étudiants de l'Université de Douala (Cameroun). De cette observation, nous avons fait le constat selon lequel, Internet représente un enjeu de plus en plus important pour ces derniers malgré le contexte social et conjoncturel qui ne favorise pas l'intégration et l'adoption rapide des TIC. Mais au-delà du niveau de vie inférieur aux conditions d'accès à Internet, nous nous sommes rendu compte que les étudiants de l'Université de Douala recourent à plusieurs stratégies pour non seulement accéder à Internet, mais également pour mener des pratiques d'hybridations propres à leur contexte social, à travers le braconnage ou le détournement des usages sur la Toile et sur les dispositifs techniques à partir desquels d'autres usages sont nés.

Cela étant dit, cette étude entend contribuer modestement à la compréhension des logiques d'action et des stratégies socio-économiques déployées par la communauté estudiantine au Cameroun lors des usages d'Internet. Afin de ressortir les actions d'adaptation, de « bricolage » et de détournement lors de l'appropriation des dispositifs et de porter un regard analytique sur le contexte de manque de ressources pour aller sur Internet, les choix de navigation lorsqu'ils ont la possibilité de s'offrir quelques heures de connexion.

Aussi, suite à l'application des instruments de collecte des données, l'occasion nous a été donnée de confronter nos points de vue, nos connaissances au terrain camerounais, ce qui nous a permis d'opérationnaliser les enseignements reçues en milieu universitaire et d'établir le lien entre les acquis théoriques et les pratiques professionnelles. Une expérience bénéfique, qui permettra certainement à travers ces écrits de susciter l'attention et l'intérêt de la communauté scientifique, des autodidactes, des usagers d'Internet et de tout esprit curieux.

RESUME :

Le présent travail sur les usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun, plus précisément de l'Université de Douala, nous a permis de porter un regard analytique sur le contexte de manque de ressources des étudiants pour aller sur Internet, les actions de braconnages pour y accéder, les choix de navigation, les formes d'hybridations culturelles et les nouvelles pratiques sociales issues de l'appropriation de cette plateforme info-communicationnelle.

Pour ce fait, nous nous sommes donné pour objectifs de présenter les usages d'Internet par les étudiants de l'Université de Douala et les pratiques qui découlent de ces usages, de comprendre les logiques et les motivations liées aux usages et pratiques d'Internet, de décrire les enjeux et les défis qui sont au coeur de ces usages.

Cela étant, nous avons fait le constat selon lequel, malgré le manque de moyens financiers face à la cherté des heures de connexion à Internet, le mauvais débit de connexion, l'absence d'infrastructures de pointe et les coupures intempestives du courant électrique, il s'observe une addiction des étudiants à l'égard d'Internet. Ces derniers y vont généralement soit pour se faire des relations, communiquer avec autrui, chercher du travail, soit pour des raisons d'immigration, trouver l'âme-soeur, faire des cotages de paris sur le football ou pour des raisons académiques (...).

Pour y parvenir, ces derniers recourent aux techniques d'adaptation, de bricolage et de détournement parmi lesquelles : organiser leur temps autours des choix spécifiques et des besoins immédiats à satisfaire avant d'aller sur le Net, aller régulièrement sur Internet durant un temps très réduit pour consulter uniquement les mails et les notifications, utiliser minutieusement et plusieurs fois les tickets achetés pour se connecter à Internet jusqu'à épuisement des heures de connexion, et emprunter parfois les mêmes tickets de connexion à Internet à d'autres étudiants (...).

Ainsi, cette étude nous permet de comprendre en plus de ce qui précède, qu'Internet est devenu pour les étudiants de l'Université de Douala, un lieu d'affirmation de soi, une courroie de reliance au monde, un outil capital de réalisation des projets et de réussite. Et à travers ses multiples services, il semble plus pratique pour ces derniers de recourir à Internet pour communiquer, établir et maintenir le contact avec autrui que d'appeler à partir d'un téléphone mobile. Car à travers la convergence numérique, le Net permet aujourd'hui d'apporter une plus-value à ces dispositifs techniques (ordinateur, téléphone mobile...) qui jadis avaient des usages spécifiques.

Mots-clés : Usages, pratiques, Internet, logiques d'action, appropriation, dispositifs, hybridation.

ABSTRACT :

This discussion on the uses and the Internet by students practice in Cameroon, specifically the University of Douala, has allowed us to bring an analytical look at the context of lack of resources for students to go on the Internet, shares of poaching for access, navigation choices, forms of cultural hybridization and new social practices from the appropriation of this info-communication platform.

For this, we set ourselves the objective to present the uses of the Internet by students of the University of Douala and the practices that flow from these practices, to understand the logic and motives related to Internet uses and practices, describe the issues and challenges that are at the heart of these uses.

However, we made the observation that, despite the lack of financial means to face the high cost of Internet connection times, poor connection speed, the lack of advanced infrastructure and untimely cuts the electrical current, it is observed an addiction student with respect to Internet. They usually go there to make new relationship, communicate with others, looking for work or for immigration reasons, find soul mate, make Cotages to bet on football or for academic reasons (...).

To achieve this, they make recourse to forms of adaptation, make diversion and misappropriation including : organize their time goshawks specific choices and immediate needs to be met before going on the Net, going regularly on the Internet for a time very reduced to only view messages and notifications, carefully use and many times the tickets purchased to connect to the Internet connection until all hours, and sometimes take the same connection to the Internet tickets to other students (...).

So, this study allows us to understand more of the foregoing, the Internet has become for students of the University of Douala, a place of self-affirmation, a reliance belt in the world, a vital tool for achieving projects and success. And through its multiple services, it seems more practical for them to use the Internet to communicate, establish and maintain contact with others than calling from a mobile phone. For through digital convergence, the Internet now allows to bring added value to these technical devices (computer, mobile phone ...) that once had specific uses.

Keywords: Uses, practices, Internet, logics of action, appropriation, devices, hybridization.

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS :

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

TIC : Technologies de l'Information et de la Communication

CNIL : Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés

EDI : Echange de Données Informatisées

DOD : Département américain de la défense

UUCP : Unix to Unix Copy Protocol

RIO : Réseau Intertropical d'Ordinateurs

RINAF : Réseau Informatique Régional pour l'Afrique

PII : Programme Intergouvernemental d'Informatique

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture

IP : Internet Protocol 

GSM : Grandes et Moyennes Surfaces

MP3 : acronyme de l'anglais MPEG qui signifie Moving Pictures Experts Group Audio Layer 3

LMD : Licence Master Doctorat

FTP : File Transfer Protocol

HTML : Hyper Text Markup Language

URL : Uniform Ressource Locator

3D : Trois dimensions ou tridimensionnel (espace perçu par notre vision)

MINPOSTEL : Ministère des Postes et Télécommunications

ART : Agence de Régulation des Télécommunications

ANTIC : Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication

CAMTEL : Cameroon Télécommunication

MTN : Mobile Telephone Network

3G : Troisième génération (qui renvoie à une génération de normes de téléphonie mobile)

HIPSSA : appui à l'Harmonisation des Politiques relatives aux TIC en Afrique subsaharienne

CAB : Central African Backbone

SMSI : Sommet Mondial de la Société de l'Information

CERT : Computer Emergency Response Team

SIGIPES : Système Informatique de Gestion Intégrée des Personnels de l'Etat et de la Solde

SYDONIA : Système Douanier Automatisé

IPES : Instituts Privées d'Enseignement Supérieur

LISTE DES TABLEAUX ET IMAGES :

Tableau 1 : Evolution de la connectivité au Cameroun .......................................... 50

Image 1 : Internautes par milliers d'habitants dans le monde en 2009 ......................... 51

Image 2 : Rectorat Université de Douala ........................................................... 55

Image 3 : Capture interface site web de l'Université de Douala ................................ 56

Image 4 : Bâtiment bibliothèque centrale de l'Université de Douala ........................... 57

Image 5 : capture écran page Yahoo ! Mail ........................................................ 60

Image 6 : capture page web d'un forum ............................................................ 61

Image 7 : Capture écran Facebook ................................................................... 63

Tableau 2 : Usages du Web social par les étudiants de l'Université de Douala ............... 64

SOMMAIRE :

DEDICACE ................................................................................................ 1

REMERCIEMENTS .................................................................................... 2

AVANT-PROPROS ...................................................................................... 3

RESUME .................................................................................................... 4

ABSTRACT ................................................................................................ 5

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ......................................................... 6

LISTE DES TABLEAUX ET IMAGES .............................................................. 7

SOMMAIRE ................................................................................................ 8

INTRODUCTION GENERALE ...................................................................... 9

PREMIERE PARTIE : SOCIOGENESE D'INTERNET ....................................... 45

Chapitre I : Mutations théoriques du Net ............................................................. 46

Chapitre II : Corpus de l'étude et présentation de l'Université de Douala ........................ 54

DEUXIEME PARTIE : USAGES ET PRATIQUES D'INTERNET PAR LES ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE DE DOUALA ................................................................... 58

Chapitre III : Jeux d'acteurs et scénarisations des pratiques sociales d'Internet .................. 59

Chapitre IV : Internet. Réalité(s) hybride(s), reproduction sociale et simulation ................ 73

TROISIEME PARTIE : CADRE REGLEMENTAIRE REGISSANT LA COMMUNICATION ELECTRONIQUE AU CAMEROUN ET PRESENTATION DES RESULTATS .............................................................................................. 82

Chapitre V : Cadre réglementaire de la communication électronique au Cameroun ............. 83

Chapitre VI : Analyses et interprétations des résultats ................................................ 96

CONCLUSION GENERALE ........................................................................... 105

BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................... 108

LISTE DES ANNEXES ................................................................................... 117

TABLE DES MATIERES ........................................................................... 123-125

INTRODUCTION GENERALE :

L'arrivée d'Internet au Cameroun en 19971(*),2(*),3(*),4(*) a créé une grande exaltation faisant place, d'une part à un discours louangeur et, d'autre part, à un discours apocalyptique. Pour certains, Internet serait un réducteur des différenciations sociales et un libérateur du poids de la tradition (...) pour d'autres, un outil de déculturation qui favorise la rupture des modèles sociaux dans la vie pratique des jeunes et le détournement des mineurs à travers les sites de charmes et de pornographie5(*). C'est ainsi qu'en 1998, dix capitales régionales étaient connectées au réseau ; et au début de l'an 2000, c'est presque l'ensemble du pays qui le sera6(*).

Mais au-delà de ces représentations, le développement des technologies et l'expansion d'Internet dans le monde plus précisément en Afrique, ont créé de nouveaux enjeux et défis chez les étudiants au Cameroun, qui font usage du Net pour la plupart des cas, dans une logique de convergence numérique7(*) et d'hybridation8(*), pour non seulement complémenter les méthodes traditionnelles de recherche, également profiter des avantages qu'offre le numérique.

Cependant il faut souligner que, le contexte socio-économique au Cameroun ne facilite pas la démocratisation d'Internet qui reste toujours l'apanage de définition de ceux qui ont des ressources à cause de sa cherté. Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), un Camerounais vit avec moins de 1,25 dollar par jour9(*). Or les coûts d'accès à Internet restent paradoxaux quant-au niveau de vie des camerounais ; surtout pour les étudiants dont les revenus sont très négligeables. Puisque, ces derniers doivent généralement. se munir de près d'un Euro pour bénéficier de deux heures de connexion à Internet ou de deux Euros pour cinq heures. Des tarifs susceptibles d'être revus à la hausse et à la baisse en fonction du lieu et du débit de connexion.

Mais par dessus ce contexte mitigé et des défis qui se présentent, nous constatons que les usages d'Internet au Cameroun foisonnent chez les étudiants et tendent à s'accoutumer comme des secondes natures. Cette plate-forme de communication est devenue une partie intégrante de la vie des jeunes et en pareille occurrence des étudiants. Internet gagne considérablement du terrain, comme le souligne Abdoul BA : « Après les bistrots et les bars, les cybercafés sont en train de devenir les seconds endroits les plus fréquentés par les Camerounais... »10(*) À cette citation nous ajoutons les restaurants, les « tournes-dos »11(*) et les commerces à la sauvette12(*) menés en bordure de route qui restent les endroits les plus fréquentés par la quasi-totalité des camerounais.

Aussi, nous pouvons noter que les cybercafés, lieu de prédilection d'accès à Internet, sont de véritables vecteurs de socialisation au Cameroun ; où plus jeunes, jeunes et moins jeunes trouvent le plus souvent des raisons de partager et d'échanger non seulement de manière médiée (sur Internet à travers un ordinateur), y compris de manière directe avec les personnes qui partagent le même espace physique de communication qui est le cybercafé.

Ainsi, à travers nos observations empiriques, nous avons fait le constat selon lequel dans les usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun, il existe entre ces derniers et le dispositif un rapport au corps et à la réflexivité. Le rapport au corps se manifeste d'une part à travers la présence du corps sur les applications d'Internet, c'est-à-dire les photos de soi et des autres, les transactions, les messages envoyés et reçus, les actions menées sur la Toile qui construisent grâce à nos données une identité numérique. Laurence Tobin, aborde cette pensée en travaillant sur le corps et identité dans les blogs adolescents13(*) ; à travers nos observations, au-delà du cadre des adolescents, ce rapport s'applique également lors des usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun ; par le biais de leurs photos, leurs communications et l'ensemble des actions qu'ils mènent sur le Net, qui laissent ainsi une traçabilité des données concourant à la construction de leurs identités numériques.

En sus, le rapport au corps se manifeste à travers l'intégration et l'incorporation d'Internet dans leur vie comme conditions sine qua non au passage obligatoire à la modernité14(*) et à la compétitivité ; car la lutte contre l'analphabétisation informatique au Cameroun est une priorité pour les étudiants. La réflexivité quant-à elle est liée au rapport de ces derniers à Internet comme miroir, condition de retour sur soi et comme moyen pour faciliter leurs activités. Ces rapports sont marqués par l'égocentrisme parce qu'à travers Internet, les étudiants cherchent à explorer leur intérieur par le biais des actions narcissiques en ne parlant que de soi et en ramenant toutes les actions menées sur Internet à leurs centres d'intérêts.

Ceux pour qui faire des publications sur les réseaux sociaux, commenter les photos pour lesquelles ils ont un intérêt, améliorer leur niveau de connaissance, chercher des emplois, se distraire ou interagir via les logiciels et applications gratuits tels que Skype, Viber, Whatsapp... ne diront pas le contraire.

D'ailleurs, dans le troisième tome de La société conquise par la communication de Bernard Miège, Dominique Wolton à travers son hypothèse d'un individualisme connecté à la technique qui nous semble tout à fait pertinente, considère que les sociétés contemporaines tendent à devenir des sociétés individualistes de masse en ce qu'elles voient cohabiter autant la valorisation de l'individu que la valorisation du grand nombre (...) avec Internet, écrit-il, nous sommes entrés dans (...) l'ère des solitudes interactives15(*). Une hypothèse qui se vérifie amplement au Cameroun, car Internet rapproche les usagers de ceux qui sont éloignés et les éloigne de ceux qui sont proches.

Nonobstant les faits, dix-huit ans après l'arrivée d'Internet, le paysage médiatique camerounais reste encore fortement édulcoré. Car il faut souligner que, les médias classiques et traditionnels continuent à rivaliser d'adresse avec les médias numériques. Dans un contexte où nombre de Camerounais ne sont pas prêts à s'offrir les services onéreux du Net taxés d'élitistes ; à côté de la gratuité de l'affichage, de la radiodiffusion et voire de la télévision pour les médias classiques. Y compris ceux des tambours, balafons et maracas obtenus à vil prix lors des cérémonies (mariages, deuils, fêtes...) et du bouche à oreille pour faire allusion aux médias traditionnels.

La migration massive des jeunes et des étudiants vers le Net n'est pas du tout une sinécure, cela demande d'énormes initiatives et sacrifices qui transforment profondément les habitudes de vie et de consommation de ces derniers. Mais face à ce prix à payer, de nombreux enjeux se profilent à l'horizon : s'arrimer aux évolutions du monde, être connecté au réseau des réseaux et rester compétitif pour espérer avoir un avenir meilleur.

Cela étant dit, avec la société de l'information traduite par l'abondance des flux communicationnels et la promesse de la modernité, la communication digitale est devenue un complément incontournable de la communication classique et la condition nécessaire de réussite pour les étudiants au Cameroun, qui ont besoin des compétences technologiques et d'une formation de pointe afin de s'affirmer au sein du terroir et au-delà de l'hinterland.

Aussi, il faut rappeler que ce changement de cap est lié à la multiplication des outils technologiques, qui facilitent la diffusion de l'information et consacrent selon Georges Madiba l'ipséité et l'individualisation de l'En-Soi, (one to one) et non plus seulement la dialectique plurielle du Moi-Pour-Soi, (one to many)16(*). Allant dans le même sillage, nous pensons qu'avec la temporalité des usages, l'En-Soi (être inconscient selon Sartre) qui jadis était considéré comme une cible amorphe et passive dans la réception, devient à travers le Pour-Soi et le Pour-Autrui (être conscient)17(*) un acteur social actif à partir de l'intégration, l'appropriation et les actes de détournement d'Internet. Les conditions de vie au Cameroun ne favorisent certainement pas l'intégration et l'acquisition rapide des TIC (Technologies de l'Information et de la Communication), mais n'annihilent également pas le caractère actif des étudiants sur Internet, qui jusqu'ici, restent des excellents braconniers du Net.

Tandis que la France et plusieurs pays mondialisés du globe envisagent passer à la 5G ; l'arrivée de la 3G au Cameroun en septembre 2014 avec NEXTELL et plus récemment déployée en mars 2015 par MTN Cameroon et ORANGE Cameroun ; a crée un engouement particulier chez les jeunes et en pareil occurrence chez les étudiantes de l'Université de Douala. Aujourd'hui, il semble impossible pour ces dernières de se passer d'Internet, de ses applications et logiciels gratuits ; puisque la gratuité et les dons sont les choses les mieux appréciées au Cameroun.

Autrefois, l'élément qui permettait généralement de garder et d'entretenir les relations à distance entre les jeunes et les étudiants au Cameroun était le numéro de téléphone. De nos jours avec la gente féminine, il est question de Whatsapp, Viber, Skype, Instagram, Facebook, et Messenger pour ne citer que ceux-là. Un usage récurrent d'Internet qui a poussé ces dernières à se doter de préférence aux ordinateurs, des téléphones portables et tablettes de dernières générations pour apprécier la convergence numérique et mener des pratiques hybrides.

C'est ainsi que certaines pratiques d'Internet ont notamment évolué ; désormais la recherche de l'âme-soeur sur Internet par certaines étudiantes ne se fait plus que dans les cybercafés comme l'affirmait Baba Wame dans sa thèse de doctorat. Les dispositifs numérique info-communicationnels tels que les téléphones portables évolués et les tablettes numériques permettent dorénavant à certaines étudiantes à la recherche de l'âme-soeur, de traverser les barrières spatio-temporelles et psychologiques. Car, loin d'aller dans les cybercafés et box pour mener des actions tabous et séductrices, avec la crainte d'être vue et entendu par d'autres internautes partageant la même sphère, elles peuvent faire ce qu'elles veulent, où elles veulent en toute intimité.

Autant, nous considérons Internet comme une plate-forme de réseautage informant et communicant, qui permet de générer des négociations entre usagers dans le processus relationnel de médiation et de médiatisation ; dans cette étude nous estimons que le Net est un espace de communication virtuel qui produit une stimulation sociale chez les étudiants de l'Université de Douala à travers sa capacité d'hybridation des médias et de reliance planétaire.

Nous nous attelons dans notre travail de recherche non pas à réfléchir sur la transparence et la légitimité d'Internet, encore moins sur sa dimension fonctionnelle. Mais à présenter le décalage entre les usages et les pratiques d'Internet propres au terrain camerounais, à ressortir les stratégies socio-économiques et culturelles des acteurs, en mettant l'accent sur les relations construites non pas seulement à travers la communication de masse, également par la communication interpersonnelle à partir des logiques d'action des individus.

Il est également question pour nous, d'analyser à la fois les usages et les pratiques spécifiques du Net dans la communauté estudiantine au Cameroun, tout en incluant les actions d'adaptation, de bricolage et de détournement lors de l'appropriation du dispositif par ces derniers. Et de porter un regard analytique sur le contexte de manque de ressources pour aller sur Internet, les choix de navigation lorsqu'ils ont la possibilité de s'offrir quelques heures de connexion, y compris celle de la question de l'identité numérique face aux problèmes économiques qui peuvent empêcher ces derniers de se poser des questions essentielles sur les données qu'ils mettent en ligne, et enfin sur les « digitals natives » au Cameroun ; une question sur les générations qui n'a pas encore été confrontée au terrain camerounais.

I- JUSTIFICATION DU CHOIX DE L'OBJET D'ETUDE

Vue les conditions de vie avec le chômage et le sous emploi, 90 % des étudiants au Cameroun vivent sous le toit familial et sont à la charge de leurs parents ; les dépenses liées à Internet impactent directement les habitudes économiques de la famille et les rapports socio-culturels de manière collective et individuelle.

Les parents, pour l'épanouissement et la réussite de leurs progénitures dans les études, consentent des sacrifices financiers énormes au point de réduire les dépenses ménagères, voire de se priver. Afin d'octroyer de l'argent à leurs enfants pour satisfaire les besoins liés au numérique tels qu'aller naviguer et faire de la recherche en ligne sur les données scientifiques ; bien que la plupart du temps la navigation sur Internet soit attachée à d'autres usages n'ayant aucun rapport avec la recherche scientifique. Certains étudiants ne pouvant pas bénéficier de ces sacrifices familiaux, épargnent leurs propres revenus pour s'offrir quelques heures de plaisir (de connexion à Internet).

Ce contexte conjoncturel, qui laisse affleurer tout de même une relation affective des jeunes au Net, marque l'intérêt de travailler sur les usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun, afin de savoir pourquoi ils vont sur le web, ce qu'ils consultent et les usages détournés du Net lors de sa pratique et de son appropriation. Car nous nous sommes rendus compte que face aux usages et pratiques d'Internet observés chez les étudiants en France et en Europe de l'ouest, les usages et pratiques d'Internet chez les étudiants au Cameroun sont différents et spécifiques à cet échantillon, illustrant qu'il n'ya pas de singularité culturelle, ni de culture universelle, mais que les usages des artéfacts dépendent fortement du contexte social, politique, économique et culturel des usagers, surtout de leurs compétences et rapports aux outils techniques ou technologiques.

Internet bien plus qu'un simple changement technologique, revêt ainsi les caractéristiques d'une innovation structurelle (Drevillon, 1986) qui met en jeu des rapports sociaux et des valeurs de référence et peut, par là-même, modifier les soubassements et les finalités de l'Université. Pourtant, deux constats s'imposent :

D'une part, bien qu'Internet soit en partie né dans les laboratoires de recherche universitaire et que certains groupes de chercheurs et d'étudiants aient été les pionniers dans son utilisation (Flichy, 1998), sa diffusion auprès de l'ensemble des étudiants, tout comme l'importance de l'utilisation des T.I.C. dans l'Enseignement Supérieur, doivent être relativisées (Papadoudi, 2000 ; Ruano-Borbalan, 2001). S'il existe bien une démarche volontariste et incitatrice de l'État en faveur du développement des N.T.I.C. dans le milieu universitaire, on ne peut pour autant parler d'une véritable intégration de ces N.T.I.C. dans les politiques de formation18(*). C'est une réalité qui s'observe au Cameroun.

Par ailleurs, force est de constater que les pratiques d'Internet des étudiants constituent un domaine peu connu et peu maîtrisé (Metzger, Flanagin & Zwarun, 2003 ; Selim, 2003). Rares sont les acteurs universitaires (par exemple, responsables du secteur informatique ou responsables des bibliothèques) qui ont une représentation précise des utilisations concrètes qui sont faites de ce nouveau média, du profil des utilisateurs et des facteurs déterminant leurs pratiques : toutes connaissances utiles pour battre en brèche le présupposé implicite selon lequel les apprenants forment un public globalement homogène et motivé, qu'il suffit d'exposer aux technologies pour qu'ils en tirent bénéfice (Papadoudi, 2000)19(*).

II- OBJECTIFS DE LA RECHERCHE :

1) Objectif général :

- Présenter les usages d'Internet par les étudiants de l'Université de Douala et les pratiques qui découlent de ces usages.

2) Objectifs spécifiques :

- Comprendre les logiques et les motivations liées aux usages et pratiques d'Internet ;

- Décrire les enjeux et défis qui sont au coeur des usages d'Internet.

III- PROBLEMATIQUE :

III-1. REVUE DE LA LITTERATURE:

Ici, nous comptons présenter de manière non exhaustive les travaux qui précèdent le nôtre sur la question des usages et pratiques d'Internet. Aussi, nous nous inscrivons dans un héritage scientifique.

Dans l'enquête du pôle européen de Nancy en 1999 menée sur les usages d'Internet chez les étudiants, les loisirs arrivaient en tête (76%), suivis des études (55%), puis des motivations professionnelles (22%). Dans l'enquête de la salle micro 1 de Lyon 3 en 1999, chez les non-utilisateurs de la salle, 36% utilisaient Internet pour leur usage personnel, 8% pour des cours, et 5% pour un usage professionnel. Selon l'enquête de 2000 de l'IEPE, plus large, les pratiques d'Internet sont plus équilibrées : 36,5% l'utilisent pour leurs études, 26,5% pour leurs loisirs. Cette même enquête, la seule disponible sur le sujet, nous renseigne sur l'achat en ligne chez les étudiants : 90% des étudiants n'ont jamais acheté sur Internet ou n'ont pas l'intention de le faire20(*).

Selon les auteurs, l'utilisation majoritaire d'Internet comme outil de loisirs chez les étudiants est liée au contexte de son utilisation. En effet, 35% des usagers du pôle européen utilisent Internet dans le cadre familial, 17% dans le cadre amical. 86% de ces personnes ont appris à surfer dans ces cadres là, d'où l'association de la notion de plaisir à l'utilisation d'Internet.

Moisy Magali et Albero Brigitte affirment dans leur étude menée en 2006 que, 26% des étudiants déclarent avoir développé des relations "virtuelles" sur Internet. 54% ont établi une ou deux relations de ce type, tandis que 41 % déclarent avoir expérimenté entre trois et dix relations qui restent virtuelles à cause de la distance géographique. 20% des étudiants ont rencontré une personne qu'ils ont connue grâce à Internet. Ceci est arrivé une seule fois pour 42% d'entre eux, deux fois pour 19%, entre trois et six fois pour 21% et entre dix et quinze fois pour 14%. Pour 59% des répondants, la curiosité a été la motivation première, suivi par l'envie de consolider cette relation (40%), voire de développer une relation amoureuse (38%). Le devenir de ce type de relation est aussi divers que dans le monde analogique : les amitiés s'enrichissent (40%), se transforment en relation amoureuse (35%), s'appauvrissent (38%) ou s'arrêtent d'elles-mêmes (59%)21(*).

Isabelle Faurie, Brigitte Almudever et Violette Hajjar, quant-à elles, ont choisi mener leur étude sur les étudiants ayant une ancienneté d'usage d'Internet qui se situe entre deux (2) et quatre (4) ans, relativement expérimentés. Pour ces dernières, leur temps de connexion, qui atteint pour une majorité d'entre eux de deux (2) à cinq (5) heures par semaine, est supérieur à celui des internautes français (en moyenne 3 heures par semaine, source Nielson/NetRatings), bien qu'il existe une grande variabilité interindividuelle. S'ils utilisent en moyenne trois applications (la navigation, le mail et le transfert/téléchargement de données), leurs taux de pratique des différentes applications se révèlent néanmoins très disparates et justifient de distinguer trois catégories :

Les applications dites « dominantes », utilisées par plus de 85 % des étudiants interrogés : le mail et la navigation ; les applications « intermédiaires », utilisées par 30 à 55 % des étudiants : le transfert/téléchargement de données, le chat et l'utilisation des messageries instantanées, l'abonnement à des listes de diffusion ; les applications plus « marginales », avec moins de 15 % d'utilisateurs : la participation à des forums de discussion, les jeux en réseau et la création d'un site et/ou d'une page web22(*).

Cette répartition montre une utilisation plus intense des pratiques « intermédiaires » et « marginales », en particulier du chat et des messageries instantanées, chez les étudiants par rapport à l'ensemble de la population des internautes et confirme d'autres résultats de recherche en ce domaine (Beaudouin, 2002).

Avec Émilie Vayre et al23(*), la population étudiante en France représente une marge non négligeable dans les usages d'Internet, elle fait 19% des internautes français (Ipsos Média, 2006). Une enquête réalisée en 2004 par l'Observatoire de la vie étudiante (OVE)24(*) indique que 98% des étudiants disposent d'un accès à Internet sur leur lieu d'enseignement. Cependant, seulement 68% y ont accès hors lieu d'enseignement. Une enquête plus récente (2007)25(*) rapporte que les étudiants utilisent principalement Internet pour la messagerie électronique (92%) et les recherches liées aux études (86%) mais aussi pour télécharger (34%) et échanger (chat - forum, 33%).

Par ailleurs, les résultats issus du Baromètre de la Délégation aux usages d'Internet (2006)26(*) indiquent que 25,1% des étudiants ont accès à un bureau virtuel ou un Environnement Numérique de Travail (ENT) et 59,7% à des ressources pédagogiques en ligne. La majorité de ces derniers (64,5%) déclare consacrer moins de deux (2) heures par semaine à l'utilisation de ces ressources.

A travers les travaux énumérés plus haut, nous constatons que les usages et pratiques d'Internet chez les étudiants évoluent et se différencient au fil du temps. Ces derniers ont plus recourt à Internet pour les besoins personnels

Ainsi, l'arrivée des réseaux sociaux et du Web 2.0 (ou Web social) dans l'Internet aura contribué, sans nul doute, à l'émergence de nouvelles pratiques démocratiques. Ces dernières iront donc au-delà de la gouvernance étatique (gouvernement et parti politique), puisqu'elles investissent désormais les différents lieux de participation sociale : associations de tous genres, groupes de discussion, forum d'échanges, blogues personnels ou professionnels, etc. Ainsi, grâce à Internet, l'espace public devient un lieu de socialisation virtuel à partir duquel les citoyens-usagers pourront agir directement sur leur milieu par l'entremise d'un réseautage social formel ou informel : en débattant, en effectuant des choix, en votant27(*).

Au Cameroun, les étudiants sont plus que jamais fascinés par ces réseaux qui rentrent subrepticement dans les habitudes des populations des cités capitales Douala et Yaoundé, car « si on ne veut pas faire vieux jeu, il faut maintenant passer par HI5, Twitter, Facebook, Netlog, etc. »28(*). La preuve, les termes nés et utilisés sur ces plateformes numériques, sont rentrés dans leur langage quotidien, notamment « Buzz », «LOL », « MDR », « Taggés », « ton mur », « je t'ai fait une demande d'ami », « j'ai vu ton profil »... Tout cela, ajouté à la dénomination « Facebook » d'un des bars environnants l'Université de Douala et la gratuité de ce réseau social octroyé par les operateurs de téléphonie mobile, traduit l'usage effectif des réseaux sociaux par la communauté d'étudiants à Douala29(*).

Avec Éric George, « Les services d'Internet peuvent en effet être considérés comme des catalyseurs de l'action collective. Dans certains cas, le rôle d'Internet peut même être structurant. Ainsi, l'investissement humain est considérable dans le cas des actions de traduction, mais sans Internet, il serait sans doute impossible de mener à bien cette opération [mobilisation]. » Pour l'auteur, les réseaux sociaux joueront un rôle primordial auprès de l'opinion publique, cherchant la mobilisation et prônant l'activisme30(*).

La première limite d'un tel système de règles est le risque de bureaucratie. La seconde, plus forte encore, est l'inégalité a posteriori. Car comme l'explique Dominique Cardon, on est tous égaux a priori, mais la différence se creuse ensuite dans la mesure de nos actes, entre ceux qui agissent et ceux qui n'agissent pas. Internet donne une prime incroyable à ceux qui font. Et du coup, il peut y avoir une tyrannie des agissants.

Selon les mécanismes de la e-réputation, l'internaute prend d'autant plus de poids qu'il partage, discute, écrit et commente beaucoup. Que ce soit sur Wikipédia, parmi ses «followers» actuels et potentiels sur Twitter ou au sein de son réseau d'«amis» sur Facebook, le plus agissant est systématiquement plus respecté, plus écouté, donc plus puissant a posteriori que le simple visiteur contemplatif ou le débutant qui commence à peine à se construire une audience parmi ses pairs sur Wikipédia, Twitter, Facebook ou toute autre communauté de la Toile.

Ainsi, les travaux cités précédemment présentent Internet dans une dynamique optimiste, d'innovation et de démocratisation des pratiques sociales. Or les usages du Net s'inscrivent dans d'autres pratiques sociales que celle de la démocratisation de la société.

Cela étant dit, le Net est un espace composite, devenu central dans notre vie sociale et vital pour nos économies. Ses registres «démocratiques» sont donc par essence pluriels et très variables. Les applications qui par exemple s'imposent sur les Smartphones et les tablettes, explique Dominique Cardon, « peuvent facilement enfermer l'utilisateur dans des usages spécifiques, dans des territoires volontairement limités, au contenus contrôlés et avec des publicités personnalisées. On n'entre plus dans un Internet qui est une sorte de texte commun fonctionnant sur la logique de cette circulation ouverte que favorisait le lien hypertexte, mais dans des enclos structurés par des applications » 31(*).

Faut-il pour autant verser dans le pessimisme ? Non, répond Cardon, car ces applications qui favorisent par ailleurs le développement d'Internet ne correspondront jamais qu'à une part de nos usages numériques. Très confortables, elles s'ajoutent sans pour autant nuire à ces pratiques du Net qu'il qualifie de plus «démocratiques», surtout si les communautés d'internautes restent vigilantes à certaines dérives (...)32(*)

Avec Guy Lacroix, l'Internet s'insère dans un vaste dessein à dimension utopique : celui de la transformation des rapports entre les hommes et les sociétés, grâce aux vertus du développement des technologies de l'information et des communications (TIC). Relier les hommes les uns aux autres par ordinateur interposé, grâce au développement d'autoroutes d'information (en fait des câbles en fibre optique à haut débit et des myriades de satellites), est censé redonner un souffle nouveau à la croissance économique, améliorer le sort de l'humanité, renforcer la démocratie et apporter la paix. L'auteur dans son argumentaire, présente le projet prophétique d'Internet dans sa vocation à devenir des autoroutes de l'information33(*).

Pour ce dernier, Internet apparait comme un messianisme technologique, qui bien que comportant une « technologie mégalomaniaque », (le projet de relier les uns aux autres tous les individus de la planète par le biais d'une sorte de système nerveux artificiel) reste séduisant, et certains le prennent très au sérieux, qui en rajoutent dans la présentation angélique. Pourtant cette ritournelle « des lendemains qui chantent par la grâce des nouvelles technologies » n'est pas récente ; périodiquement on nous interprète de nouvelles orchestrations. Chaque tournant technologique en informatique est « promotionné » par une débauche de discours optimistes34(*). Nous comprenons avec l'auteur que le projet d'Internet pour la planète n'est qu'un mirage fabriqué par des discours prophétiques.

Mahama Salomon nous rappelles les usages et pratiques pervers d'Internet avec l'arnaque, la prostitution, l'exposition des mineurs à des rencontres à risques et aux contenus portant atteinte aux bonnes moeurs, le détournement des mineurs (nantis) qui y passent un temps important, négligeant alors les études. Pour ce dernier, sur le plan juridique, s'il fallait comparer le Cameroun à la France qui est dotée du CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), nous dirons simplement que nous vivons une situation de vide juridique. En effet nous notons : l'absence de lois appropriées pour lutter contre les délits informatiques et cybernétiques, pour protéger et sécuriser les données, pour assurer la liberté d'accès à l'information et protéger contre les intrusions non autorisées. La principale loi portant réglementation des télécommunications ne fait pas d'allusion à l'accès à l'Internet; l'inexistence d'une législation relative au commerce en ligne ou à l'échange de données informatisées (EDI). Cette législation devrait pourtant donner une reconnaissance juridique à la signature électronique et favoriser la mise en place des transactions en ligne35(*).

Ainsi, les travaux énumérés plus haut par nos prédécesseurs sur la question d'Internet, ses usages et ses pratiques, présentent plusieurs points essentiels pour notre étude. Toutefois, nous établissons une sérieuse démarcation, dans la mesure où, la majeure partie de ces travaux sont des tapuscrits préconisant qui s'inscrivent dans la dimension fonctionnaliste du Net, son caractère prophétique et utopique, ses services et ses dérives.

Or, comme nous l'avons dit dans nos propos liminaires, nous nous attelons à présenter le décalage entre les usages et les pratiques d'Internet propres au terrain camerounais, à ressortir les stratégies socio-économiques et culturelles des acteurs, en mettant l'accent sur les relations construites non pas seulement à travers la communication de masse, également par la communication interpersonnelle à partir des logiques d'action des individus.

Il est également question pour nous, d'analyser à la fois les usages et les pratiques spécifiques du Net dans la communauté estudiantine de l'Université de Douala, tout en incluant les actions d'adaptation, de bricolage et de détournement lors de l'appropriation du dispositif par ces derniers. Et de porter un regard analytique sur le contexte de manque de ressources pour aller sur Internet, les choix de navigation lorsqu'ils ont la possibilité de s'offrir quelques heures de connexion, y compris celle de la question de l'identité numérique face aux problèmes économiques qui peuvent empêcher ces derniers de se poser des questions essentielles sur les données qu'ils mettent en ligne, et enfin sur les « digitals natives » au Cameroun ; une question sur les générations qui n'a pas encore été confrontée au terrain camerounais.

III-2. PROBLEMES QUI DECOUENT DE LA REVUE DE LA LITTERATURE :

Le Cameroun envisage être un pays émergeant en 2035 et à travers sa politique de développement, l'accent est mis sur les piliers structurants parmi lesquels : l'éducation et la formation aux métiers professionnalisant, afin de bâtir une jeunesse compétente et compétitive face aux enjeux et défis que présente aujourd'hui l'évolution du monde.

Mais l'absence de connexion dans les Universités camerounaises pouvant permettre aux étudiants d'accéder gratuitement au web, et la cherté des tarifs de connexion à Internet représentent jusqu'aujourd'hui une pierre d'achoppement pour les étudiants appelés à faire face aux enjeux et défis qu'offre le numérique pour s'insérer pleinement dans la société de l'information. Or, les études en France indiquent que 98% des étudiants disposent d'un accès à Internet sur leur lieu d'enseignement, 68% y ont accès hors lieu d'enseignement36(*). Des conditions propices d'accès à Internet, qui favorisent l'appropriation des technologies et le développement des industries créatives.

Aujourd'hui, les pratiques du Net par les jeunes en Europe plus précisément en France suscitent de nombreux intérêts à s'orienter sur la question des générations. Pour prendre quelques exemples récents, on peut penser à des dé?nitions comme « Net generation », « Nintendo generation », « génération avatar » ou encore celle-ci, aujourd'hui très en vogue: «Digitals natives»37(*). Bien que selon Fausto Colombo, de telles dé?nitions doivent être tenues pour franchement discutables du point de vue interprétatif et même sans doute dangereuses, précisément en fonction de leur pouvoir de suggestion et de leur apparente capacité à saisir avec netteté certaines évidences supposées de notre société38(*).

Néanmoins, l'évocation de la question des générations dans notre étude ne se situe pas dans une analyse conceptuelle liée à l'identité réelle des jeunes d'aujourd'hui39(*), ni sur des rapports affectifs entretenus par les étudiants vis-à-vis des outils du numérique (PC, mobile, tablette)40(*). Mais sur le rapport affectif entretenu par les étudiants vis-à-vis d'Internet et le recourt aux outils numériques (ordinateur, PC, téléphone mobile, tablette) qui leurs permettent d'accéder au Net et de mener des actions d'hybridations, tout en établissant une différence entre le numérique et le digital41(*).

Ainsi, Internet est devenu au Cameroun une sorte de « religion » où à travers la promesse de la modernité et le culte de l'évasion planétaire, les étudiants se font des violences consenties en se dépossédant de leurs subsides pour satisfaire des besoins numérico-virtuels, grêlés par un attachement affectif au réseau des réseaux.

Tandis que, le contexte social et économique marqué par la forte conjoncture, laisse percevoir qu'un Camerounais vit avec moins de 1,25 dollar par jour42(*), l'accès à Internet reste toujours onéreux et paradoxal pour les étudiants qui doivent généralement se munir comme nous l'avons dit en prélude, de 1 dollar pour bénéficier de deux heures de connexion à internet ou de 2 dollars pour cinq heures. Des tarifs susceptibles d'être revus à la hausse et à la baisse en fonction du lieu et du débit de connexion.

Mais au-delà de ces difficultés et défis, nous constatons que les usages d'Internet au Cameroun abondent chez les étudiants et tendent à s'accoutumer comme des secondes natures. Ainsi, dans le but de comprendre ces logiques et pratiques sociales, le noeud gordien qui constitue le problème de recherche, se situe au niveau de la pertinence des usages d'Internet dans la vie pratiques des étudiants au Cameroun, face aux enjeux et défis qui leurs sont propres.

III-3. QUESTIONS DE RECHERCHE

l QUESTION PRINCIPALE :

Quels types d'usages les étudiants de l'Université de Douala font-ils d'Internet ? Et quelles sont les pratiques générées par ces usages ?

l QUESTIONS SECONDAIRES :

1) Comment les étudiants accèdent-ils à Internet au Cameroun ? Par ailleurs, les pratiques du Net changent-elles leurs habitudes de vie ?

2) Face aux défis financiers et au mauvais débit de connexion, comment font-ils pour s'adapter, bricoler et s'approprier Internet ?

IV- CONSTRUCTION DES HYPOTHESES :

Les hypothèses construites sont de trois ordres : une hypothèse principale (générale) et deux hypothèses de travail (secondaires).

l Hypothèse principale :

Les étudiants de l'Université de Douala recourent à Internet beaucoup plus pour une visée communicationnelle qu'informationnelle : premièrement pour les réseaux sociaux, faire la veille relationnelle (savoir ce que font leurs amis et leurs contacts), promouvoir les associations ethniques, religieuses et idéologiques sur les réseaux sociaux (Le groupe de tous les Bétis, Bana Ba Sawa...) faire des rencontres amicales (Facebook...) et amoureuses pour d'autres (Badoo, Twoo...). Ensuite vient l'utilisation massive des applications et logiciels gratuits d'appels audio comme visio, de chats vidéo, sms, envois des photos tels que Skype, Viber, Whatsapp, Instagram, Google Hangouts, Yahoo Messenger... cela à partir d'un ordinateur, d'un téléphone portable ou d'une tablette.

En troisième recours, s'observe la recherche informationnelle impulsée par la contrainte des travaux académiques à réaliser et le désire de connaitre. Et même dans cette recherche informationnelle, les usages liés aux travaux académiques sont minoritaires, car ils se font de manière irrégulière. Nous avons observé une pratique qui gagne du terrain dans les usages du Net ; de nombreux étudiants à l'Université de Douala font de la recherche informationnelle sur Internet pour des raisons d'immigration, de sondages, de pronostiques et de cotages des matchs destinés aux paris sur le football communément appelés « parifoot ». La recherche informationnelle se fait aussi dans l'intérêt de trouver une école plus moderne, afin de bénéficier d'une formation meilleure ; de trouver du travail au Cameroun et au-delà des frontières.

Le comble, ce sont les loteries américaines et canadiennes qui suscitent de nombreuses participations des étudiants au Cameroun, nourris par l'espoir d'obtenir une green card (carte verte) pour les Etats-Unis ou une carte de résident permanent pour le Canada, afin de se faire une nouvelle vie et de nouveaux projets.

l Hypothèses de travail :

1) Les étudiants de l'Université de Douala vont généralement dans des cybercafés, où ils doivent acheter des heures de connexion pour avoir accès à Internet. Les prix s'appliquent par endroit, mais communément il est question de près d'un (1) euro pour deux heures et près de deux (2) euros pour cinq heures. En plus des cybercafés, d'autres étudiants accèdent par défaut à Internet à travers leurs téléphones mobiles et tablettes grâce aux services proposés par les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun. Les plus nantis s'offrent des clés Internet pour pouvoir se connecter à travers un ordinateur.

Ces pratiques d'Internet changent largement leurs habitudes de vie ; car les étudiants, à travers une dépendance progressive, manifestent de plus en plus un attachement affectif envers le Net, au point de se priver du temps et des ressources disponibles pour satisfaire leurs besoins liés au numérique. Et cette dépendance introduit des répercussions sur le plan familial (réduction des dépenses ménagères, privation), individuel (sensation de perte de temps), économiques (appauvrissement), social (Internet nous rapproche des personnes éloignées et nous éloigne des personnes proches), culturel (Internet participe à la rupture et au détachement des modèles culturelles propres au terroir).

2) Pour s'adapter, bricoler et s'approprier Internet, les étudiants de l'Université de Douala organisent leur temps autour des choix spécifiques, et des besoins immédiats avant d'aller sur le Net. Généralement, pour des raisons financières, ils ouvrent plusieurs comptes clients dans différents cybercafés pour bénéficier des offres, et cela en fonction des actions à mener sur Internet. Pour des actions jugées non capitales, ils ouvrent des comptes clients dans des cybercafés moins coûteux avec un faible débit de connexion. Pour des tâches urgentes, ils vont dans des cybercafés plus chers avec un débit de connexion plus rapide. De nombreuses stratégies sont également mises sur pieds, aller régulièrement sur Internet durant un temps très réduit pour consulter uniquement ses mails et les notifications, ou faire une tâche précise ; une stratégie qui permet d'économiser les heures de connexion et être « à la page » avec le reste du monde, même s'ils sont moins actifs et moins entreprenants que les autres sur la Toile.

De plus, par solidarité les étudiants, ayant des forfaits Internet depuis leurs téléphones mobiles ou des clés Internet, font largement bénéficier leur entourage en partageant la connexion Internet avec des camarades de classe, les membres du même groupe de travail, voire les amis proches.

V- CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL

V-1. ANCRAGE THEORIQUE :

-- La sociologie des usages

Le courant de la sociologie des usages est choisi dans ce travail pour aborder la question des usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun.

Les débats autour de ce courant, affirme Pierre Chambat, s'articulent depuis une quinzaine d'années autour de trois problèmes : la technique, les objets et le quotidien ; selon les modalités de leurs agencements, trois approches sociologiques peuvent être dégagées : la diffusion, l'innovation et l'appropriation43(*).

Avec Josiane Jouët, l'usage sociale des moyens de communication (médias de masse, nouvelles technologies) repose toujours sur une forme d'appropriation, l'usager construisant ses usages selon ses sources d'intérêts, mais la polyvalence des TIC se prête davantage à des applications multiformes (ludiques, professionnelles, fonctionnelles)44(*). Chez les étudiants au Cameroun, l'usage d'Internet est fortement influencé par les pratiques de genres ; nous constatons que les pratiques féminines s'inscrivent plus dans les rapports d'échanges, à travers les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram...), les applications de communication gratuite (Whatsapp, Skype, Viber, Yahoo Messenger, Google Hangouts...), et les sites de rencontre (Badoo, Meetic...)

Tandis que les pratiques masculines, s'inscrivent plus dans la recherche des informations pratiques, la consultation des moteurs de recherches (Google, Wikipédia...), des réseaux sociaux professionnels (Viadeo, Linkedin...), les sites des écoles étrangères et des organisations qui promeuvent l'immigration. De cette observation, nous remarquons que l'appropriation d'Internet se fait dans la singularité et l'appartenance au corps social, ce qui permet aux étudiants de mener des pratiques à des fins d'épanouissement personnel et par rapport à leurs intérêts.

Ainsi, s'il est vrai avec Jacques Perriault que bon nombre d'innovations ont été détournées de leurs visées originelles, pour tendre vers une logique peu à peu dictée par les usagers : «  L'individu détient fondamentalement une part de liberté dans le choix qu'il fait d'un outil pour s'en servir conformément ou non à son mode d'emploi  ». La description de nombreux exemples observés met l'accent sur «  les pratiques déviantes par rapport au mode d'emploi, qui étaient autre chose que des erreurs de manipulation  » (...) et qui correspondraient « à des intentions, voire des préméditations »45(*). L'usager évolue de l'état simple de récepteur à celui d'« hyper-acteur de technologies interactives », de l'appropriation à l'invention de nouveaux usages en passant par les détournements46(*).

Les étudiants de l'Université de Douala s'approprient aussi Internet pour se construire une identité, à travers les enjeux de reconnaissance, d'appartenance et de visibilité. Dominique Pasquier a montré que la réception des fictions télévisuelles constituait pour de jeunes téléspectateurs à la fois « un mode de consolidation du soi et un mode d'affirmation du soi pour les autres » au sein de groupes de pairs47(*). Ceci apparaît également dans les nouvelles pratiques des TIC (jeux vidéo, blogs...)48(*).

De son côté, Silverstone dans ses travaux analyse la domestication des TIC au sein de la vie quotidienne en quatre phases : appropriation, objectification, incorporation et conversion. Avec l'appropriation, la technique quitte le monde de la marchandise, l'individu ou le foyer le fait sien. Il doit acquérir un certain nombre de savoirs et de savoirs-faire pour maîtriser l'objet. La nouvelle technique trouve avec l'objectification un emplacement matériel dans l'environnement familier qui lui permet d'être utilisé. Souvent une différentiation spatiale apparaît entre ce qui est individuel ou partagé, adulte ou adolescent, masculin ou féminin. Durant la troisième phase, l'objet technique est utilisé et incorporé dans les routines de la vie quotidienne. Ce processus s'accompagne d'un travail constant de différentiation des autres objets techniques et de particularisation. Enfin la phase de conversion correspond au processus au cours duquel la TIC en usage « établit des relations nouvelles entre le foyer et le monde extérieur». L'usager se montre aux autres avec la technique, il leur en parle49(*).

Les usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun s'inscrivent dans une dynamique de stratégies et tactiques de braconnage du Net au sens de Michel de Certeau. Car, la « fracture numérique » observable dans cet environnement, à travers les conditions infrastructurelles, économiques, socioculturelles et la maîtrise basique des TIC par bon nombre d'étudiants laisse affleurer un bricolage dans l'appropriation d'Internet. Eric George souligne à ce propos qu'il est important de tenir compte des usages dans la vie quotidienne, et citant Gilles Pronovost : « Les usages des médias ne peuvent être définis en dehors du système culturel de référence plus global d'un acteur, sans tenir compte de l'ensemble de ses pratiques quotidiennes »50(*). En fonction de leurs cultures, de leurs niveaux de vie, de leurs compétences et de leurs rapports au dispositif, les étudiants au Cameroun s'approprient ainsi différemment Internet.

Toutefois, les usages et pratiques d'Internet, laissent entr'apercevoir chez les usagers le sentiment de perte de temps, d'énergie et d'argent. Ce sentiment est fortement tributaire du comportement affectif et émotionnel des étudiants à l'endroit du dispositif. Mais nous voulons souligner que le sentiment de perte de temps ne s'inscrit que dans la dimension possessive du Net, qui à travers la désanctuarisation des frontières, les services pluriels, l'idéologie de la liberté pour tous, et le mythe d'ubiquité ; appose une charge psychologique dans le mental de l'usager qui en retour influence fortement ses actions.

Pour autant, il faut rappeler que les étudiants font activement recourt à Internet dans l'optique de satisfaire leurs besoins liés au numérique et d'atteindre des objectifs ; d'où la théorie des usages et satisfactions. Nous précisons, bien que cette théorie connaisse plusieurs limites et semble vieillotte, nous la citons dans notre étude parce qu'en fonction du contexte, elle s'applique largement sur le terrain camerounais.

-- Les usages et gratifications : Une théorie antérieure encore pertinente pour la sphère médiatique camerounaise

Au-delà du macro-social, nous comptons également aborder la théorie des usages et gratifications dans une dimension micro-sociale et locale des usages d'Internet. Cette théorie s'inscrit dans les objectifs de la satisfaction des usagers dans la pratique et l'appropriation des objets en considérant le public non plus comme de cibles amorphes, mais comme un acteur actif doté des capacités créatives. Nous mettons également en cause la dimension psychologisante de la théorie, tout en reconnaissant que les étudiants font usage d'Internet dans le but de satisfaire un besoin et d'atteindre un but.

A l'origine, cette théorie a surgi dans les années 1940 et a connu une renaissance dans les années 1970 et 1980. Dans un paradigme fonctionnaliste les Uses and Gratifications présentent l'utilisation des médias en termes de satisfaction des besoins sociaux ou psychologiques de l'individu (Blumler & Katz 1974)51(*). Centrée sur le public pour comprendre la communication de masse, cette approche met l'accent sur le « pourquoi » les gens utilisent les médias plutôt que sur leurs contenus. En s'interrogeant moins sur ce que « les médias font aux individus » mais sur ce que « les individus font des médias »52(*). Ce qui suppose que le public n'est pas un consommateur passif des médias ; mais un usager actif dans l'interprétation, l'intégration et l'appropriation des médias.

En remontant l'histoire de manière diagonale, plusieurs travaux et théoriciens ont permis de consolider la théorie des Usages et Gratifications. En 1944 Herta Herzog (classification des raisons pour lesquelles les gens choisissent des types spécifiques de médias), 1954 Wilbur Schramm (détermine quelle forme de médias un individu choisirait, à travers la Fraction de la sélection), 1969 Jay Blumler et Denis McQuail (examinent les motivations des gens pour regarder certains programmes politiques à la télévision), 1970 Abraham Maslow (extension des besoins et théorie de la motivation), 1973-74 McQuail, Blumler et Brown ont été rejoints par Elihu Katz, Michael Gurevitch et Hadassah Haas, dans leur exploration des médias53(*). Au fil des années, de nombreux contemporains se sont intéressés à la question des usages et de la satisfaction des usagers, avec des analyses critiques et d'enrichissement.

Nous avons choisi cette théorie parce qu'elle a une pertinence pour la sphère médiatique en Afrique, plus précisément au Cameroun. Car, avec la faiblesse théorique et l'eurocentrisme théorique, et comme le précisait Sylvie Capitant, « les audiences africaines ont été très souvent négligées. Il peut s'avérer très intéressant non seulement de les replacer au centre, mais de plus de leur supposer une intentionnalité dans leurs usages des médias. La théorie des Usages et Gratifications permettent ce retournement de perspectives tout particulièrement intéressante dans le contexte africain où les audiences ont longtemps été ignorées ou seulement considérées comme passives54(*)». Or, les individus se tournent vers les médias dans l'intention de satisfaire un besoin. Les usagers sont actifs avant la réception et agissants, puisqu'ils recourent à Internet dans l'intention de remplir un certain nombre d'objectifs.

Eu égard au contexte, nous comptons réactualiser le modèle des Usages et Gratifications dans son application sur les usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun. En dehors de la dimension macro-sociologique présentée par la théorie des usages et gratifications nous abordons également la dimension micro-sociologique des usages d'Internet. En mettant l'accent sur les relations construites non pas seulement par la communication de masse, également par la communication interpersonnelle à l'instar des messageries instantanées ou le chat, soit l'échange directe avec un interlocuteur, ou encore une publication dans les réseaux sociaux. Il s'agit de pratiques communicationnelles qui présentent chez des étudiants au Cameroun, des facteurs de satisfaction.

Nous mettons également en exergue la typologie de Denis McQuail (McQuail 1987: 73) sur les raisons communes pour l'utilisation des médias

Cette typologie de McQuail reste pertinente, car les usagers d'Internet ont également des raisons d'usages axées sur les informations (scientifiques, recrutement, newsletter, nouveautés sur les produits, magazine online, radio et TV en ligne...), l'identité personnelle (parler de soi, publier ses photos, des données sur soi, participer aux évènements, Tagger et Liker, trouver le renforcement des valeurs personnelles...), l'intégration et l'interaction sociale (réseaux sociaux, messageries instantanées, forums et discussions, services en lignes, logiciels et applications de communication, appartenance à communauté virtuelle...) et le divertissement ( jeux, concours, promotions, téléchargement des sonneries, vidéos, films en streaming... ).

V-2 DEFINITIONS DES CONCEPTS :

- Usage :

L'un des premiers emplois de la notion d'usage en sociologie des médias provient du courant fonctionnaliste américain des « uses and gratifications », proche de l'École de Columbia. Dans les décennies 1960 et 1970, des chercheurs désirent prendre une distance face à la pensée unitaire dominante décrivant l'action des médias trop exclusivement en termes d'effets (« ce que les médias font aux gens »). Ils cherchent à abandonner ce média-centrisme. Ils proposent un déplacement du programme de recherche vers les usages (« ce que font les gens avec les médias »). Ils postulent ainsi que les membres des audiences utilisent « activement » les médias pour en retirer des satisfactions spécifiques répondant à des besoins psychologiques ou psychosociologiques55(*).

Dans le dictionnaire Robert de sociologie (1999), l'usage renvoie à « l'utilisation d'un objet, naturel ou symbolique, à des fins particulières ». On pense ici aux usages sociaux d'un bien, d'un instrument, d'un objet pour mettre en relief « les significations culturelles complexes de ces conduites de la vie quotidienne ». C'est assurément ce sens qui est utilisé dans le contexte des études d'usages des TIC. Pour Proulx, les usages sociaux sont définis comme les patterns d'usages d'individus ou de collectifs d'individus (strates, catégories, classes) qui s'avèrent relativement stabilisés sur une période historique plus ou moins longue, à l'échelle d'ensembles sociaux plus larges (groupes, communautés, sociétés, civilisations)56(*).

Avec Millerand (1998), le terme « usage » peut être utilisé pour signifier à la fois utilisation, pratique et appropriation. Il renvoie ainsi à un continuum de définitions qui vont de l'adoption à l'appropriation en passant par l'utilisation (Breton et Proulx, 2002)57(*). Emmanuel Béché quant-à lui, défini les usages comme des tâches, actions et activités à connotations techniques, sociales et cognitives qui sont effectivement réalisées avec une technologie58(*).

Dans de nombreux travaux, l'usage est conçu comme un construit social ; mais les divers cadres d'analyses théoriques du concept, a amené Pierre Chambat à nuancer. Pour ce dernier : « Alors que la question des usages occupe une place importante, voire centrale dans la sociologie des TIC, le contenu et le statut théorique sont loin de faire consensus. Il serait vain de prétendre en apporter ici une définition, car sa signification résulte d'opinions théoriques qui la dépassent : elle participe en effet de débats qui opposent, en sociologie, l'agent et l'acteur, les niveaux micro et macro, la technique et le social, l'empirisme et la théorie critique. Elle constitue donc moins un point d'appui qu'un noeud de difficultés, d'autant que s'ajoutent les incertitudes sur la communication comme objet scientifique. Notion carrefour, l'usage peut cependant être l'occasion des confrontations entre les disciplines qui se partagent le champ de communication. Encore faut il dépasser le stade de l'accumulation des monographies sur telle ou telle technique particulière et sortir d'un schéma linéaire plaçant les usages en bout de course59(*) ».

Malgré cette posture de Chambat qui stipule que l'usage ne peut être défini dans son ensemble nous pouvons souligner avec Josiane Jouët que les usages sont souvent le prolongement de pratiques sociales déjà formées comme le bricolage domestique exercé par les premiers programmeurs amateurs. Pour cette dernière, de l'adoption à la banalisation, la construction de l'usage s'opère par étapes marquées par le désenchantement de la technique, par un rétrécissement des usages au regard des attentes initiales et des emplois frénétiques de la phase d'exploration, bref par son passage au statut d'objet d'ordinaire qui l'incorpore dans les pratiques sociales60(*).

Bien que nous partageons l'avis de Pierre Chambat, nous emploierons le terme d'usage selon Josiane Jouët ; puisque nous tenons compte des bricolages, de la banalisation d'Internet lors de son usage par les acteurs sociaux. En d'autres termes, nous mettons l'accent sur «ce que les usagers (étudiants) font du Net ».

- Pratique :

Yoann Bazin nous précise qu'il n'existe pas d'approche unifiée du concept de pratique. Ce qui devient compréhensible si l'on considère la littérature sur la pratique comme un « point de tension » dans l'action humaine - tension déjà présente dés l'étymologie du terme. D'un côté, le terme de pratique est emprunté au grec ancien où prassein qui signifie « faire, exécuter, accomplir » mais aussi « traverser, parcourir ». On y trouve donc une dimension de conduite de l'action atteignant un objectif ; elle est un medium complet et efficace pour atteindre un objectif fixé. Avec ce dernier pratiquer c'est, étymologiquement, mener une action à bien, concevoir et réaliser une activité : la modeler. Il est intéressant de souligner ici que ce n'est pas tant l'objectif qui est central mais bien sa réalisation via une conduite définie et répétitive : la pratique61(*).

Pour l'auteur (...) Toute l'ambiguïté de la pratique vient du fait que, d'un autre côté, le latin pratice renvoie à la vie active et à la conduite des affaires et que le praktikê grec se rapporte à la science pratique (en opposition la theoretikê ou à la gnôstikê, la théorie comme science spéculative) et relève de ce que l'on pourrait appeler un rapport au monde. Elle devient plus une attitude ou une posture qu'une action efficace62(*).

Ainsi, pour Schatzki et al. (2001), la pratique est l'unité d'un champ, d'un réseau de pratiques humaines interconnectées, elle est fondamentalement collective puisqu'elle se construit et se transmet dans un processus de socialisation et s'organise sur la base d'un ensemble de compréhension pratiques partagées. Selon Bourdieu, le champ est à la fois le lieu d'origine et de réalisation des pratiques, il est un espace structuré de positions dans lequel la vie sociale trouve son sens63(*). La pratique n'existe donc pas en dehors d'un espace social où les individus évoluent. Étant un produit de l'histoire de l'acteur et du champ social, l'habitus va générer des pratiques qui sont à la fois fondamentalement individuelles et toujours collectives64(*).

Avec Rouleau Linda et al, il s'agit de comprendre comment les individus réalisent leurs actions en contexte, étant entendu que ces actions ne sont pas le seul fait d'une délibération, mais qu'elles s'inscrivent dans un contexte de relations sociales, de significations, de règles et routines, de savoir-faire et d'objectifs donnant sens à l'action; autrement dit que ces actions actualisent et renouvellent un ensemble de pratiques existantes. C'est ce que l'on entend généralement par perspective de la pratique65(*).

La pratique est une activité mettant en oeuvre les principes d'un art ou d'une science, d'une doctrine ou d'un corps obligatoire66(*). Selon Lévy-Bruhl, elle désigne les règles de la conduite individuelle et collective, le système des devoirs et des droits, en un mot les rapports moraux des hommes entre eux67(*).

La notion de pratique chez Michel de Certeau se situe « entre sa dimension stratégique (le lien) et sa dimension tactique (l'autre) »68(*). Ihadjadene en abordant le concept établit un net distinguo ; pour lui l' « usage » désigne la façon dont on utilise le dispositif et la « pratique » les études centrées sur l'humain qui analysent son comportement, ses représentations son état cognitif ses attitudes.

Nous nous inscrivons dans le même sillage qu'Ihadjadene, nous établissons une différence entre l'usage et la pratique d'Internet. L'usage implique la dimension technique et technologique de l'objet (fonctions et services qui permettent les usages) et la pratique implique la dimension sociale (culture, conduites, compétences, habitudes, représentations).

- Internet :

Etymologiquement Internet est une abréviation de l'anglais international network, « réseau international ». Employé avec une majuscule, le mot désigne la même réalité en anglais et en français. Avec une minuscule, le mot anglais désigne une interconnexion de réseaux informatiques. Parler d'Internet avec une majuscule signifie en revanche que l'on se réfère au réseau mondial le plus étendu69(*).

Pour Francis Balle, Internet est un réseau mondial constitué lui-même par une multitude de réseaux informatiques de dimension locale, régionale, nationale ou continentale reliés les uns aux autres, interconnectés. Pour l'auteur c'est un mode de communication planétaire accessible à tous70(*).

Avec Serge Cacaly et al, Internet est l'interconnexion des réseaux de transmission (...) cette possibilité d'échanger les données avec les environnements divers va modifier le comportement de nombreux universitaires, lesquels mettront au point et installeront gratuitement sur le réseau mondial aussi constitué plusieurs outils facilitant l'usage « du réseau des réseaux »71(*).

Jacques Le Bohec définit Internet comme un Réseau informatique mondial qui permet de télécharger et d'expédier des documents, de s'informer sur les sites ou les blogs, de jouer en ligne, de gérer ses messages électroniques, de chatter avec ses amis, d'acheter et de partager des oeuvres culturelles (peer to peer), de remplir des formalités administratives, etc.72(*)

Bernard Lamizet et Ahmed Silem quant-à eux abordent une dimension tout autre. Alors que l'on parle de plus en plus d'autoroutes de l'information, censées véhiculer aisément et rapidement textes, sons et images, selon ces auteurs Internet opérationnel depuis plusieurs années, préfigure ce que pourrait être un réseau international de communication. Expérience scientifique grandeur nature pour les uns, « lieu de rencontre le plus branché depuis woodstock » pour les autres73(*). Les auteurs considèrent Internet comme un espace sociologique de communication ; pour eux, Internet est né de la collaboration entre la politique publique, les industriels et le monde de la recherche (...) ils continuent en affirmant que la définition sociologique de la nature de l'espace de communication que représente Internet se pose. Internet donne l'image d'une métaphore de démocratie ; car les principes qui ont présidé à l'évolution de l'Internet favorisent l'égalité des usages et la liberté de tous74(*).

La définition de Bernard Lamizet et Ahmed Silem nous semble la plus appropriée, bien que nous concevons également Internet comme une épée à double lames tranchantes qui peut servir d'une part à la manifestation d'une démocratie et d'autre part comme outil de répression. Cela étant dit, dans notre étude Nous définissons Internet comme une plate-forme de réseautage informant et communicant, qui permet de générer des négociations entre usagers dans le processus relationnel de médiation et de médiatisation.

- Appropriation :

Le concept appropriation tire ses origines du latin « proprius » et « ation ». Le radical « Propius » renvoie à la fois à « celui que je suis » et à « ce qui m'appartient en propre » ; le suffixe « ation » renvoie à « l'action en train de s'accomplir ». Ainsi, nous aborderons le concept d'appropriation selon les auteurs appartenant à différentes disciplines et courant de pensées.

Avec le philosophe Haumesser, l'appropriation se définit à travers quatre notions : l'aliénation(l'appropriation passe par une croyance, une culture, une technologie de l'objet étranger qui devient propre à l'individu), l'intériorisation(l'individu à travers l'apprentissage modifie les règles de l'usage de l'objet de l'appropriation et les ajustent dans le but de singulariser l'objet), la singularisation() et la volonté autonome de l'individu(elle ne vise pas la modification de l'objet d'appropriation, toutefois se présente comme une stratégie individuelle propre à faciliter l'apprentissage)75(*).

Dans ses propos, Haumesser met en exergue la volonté consciente de l'individu sans laquelle l'appropriation ne peut se réaliser. Pour ce dernier, par opposition à un processus naturel, l'appropriation est un processus voulu car l'objet de l'appropriation ne provient pas de l'individu, il vient s'ajouter comme une « seconde nature » à l'individu.

En sociologie le concept d'appropriation trouve son origine dans l'anthropologie de Karl Marx, qui l'inscrit dans sa conception du travail comme l'impulsion motrice primordiale76(*). L'appropriation désigne, chez Marx, le processus par lequel les hommes dépassent ce qu'ils ont extériorisé grâce à un effort d'objectivation pour s'engendrer eux-mêmes à travers la maîtrise et l'évolution de savoirs. L'école marxiste met ainsi en lumière les dimensions majeures de l'appropriation : L'action sur le monde, le travail, la praxis.

Pour les sociologues, l'appropriation peut être définit comme un processus dont les acquis, l'instabilité et les recherches de nouveaux équilibres correspondent à la dynamique de l'identité individuelle. C'est un accomplissement intérieur. C'est aussi, par nature, une expérience socialement médiatisée, qui implique donc l'existence de modèles transmis, en particulier, par l'éducation77(*).

Avec Proulx ces travaux s'inscrivent dans les courants dits de l'autonomie sociale : l'appropriation est un procès à la fois individuel et social. Josiane Jouët quant-à elle, trouve que l'appropriation est un autre acte qui parcourt les problématiques des usages domestiques et professionnels et que l'on retrouve analysée dans sa dimension subjective et collective. Pour l'auteure, « L'appropriation est un procès : elle est l'acte de se constituer un soi »78(*). Dans la construction de l'usage elle se fonde aussi sur des processus qui témoignent d'une mise en jeu de l'identité personnelle et de l'identité sociale de l'individu. L'appropriation précède alors d'une double affirmation : de la singularité et de l'appartenance qui relie au corps social79(*).

Ainsi, nous pouvons comprendre travers ces définitions que l'appropriation est un processus individuel dont l'expression se manifeste au niveau social. Cette définition de Josiane Jouet est adaptée à notre étude, mais nous tenons également compte des conditions de réalisation de l'appropriation selon Serge Proulx.

Avec Serge Proulx, quatre conditions sont requises pour que l'appropriation d'une technique s'avère : a) maîtrise technique et cognitive de l'artefact ; b) intégration significative de l'objet technique dans la pratique quotidienne de l'usager ; c) l'usage répété de cette technologie ouvre vers des possibilités de création (actions qui génèrent de la nouveauté dans la pratique sociale) ; d) finalement, à un niveau plus proprement collectif, l'appropriation sociale suppose que les usagers soient adéquatement représentés dans l'établissement de politiques publiques et en même temps pris en compte dans les processus d'innovation (production industrielle et distribution commerciale) (voir Breton et Proulx, 2002, chapitre 11)80(*).

En sus, il est important de souligner avec Nelly Massard81(*) que l'appropriation recouvre trois processus donnant lieu chacun à un résultat qu'elle a nommé « état » d'appropriation :

- Le processus cognitif, issu des travaux en Sciences du langage, en Sciences de l'éducation, en Ergonomie. A ce niveau l'appropriation est le processus qui permet à un individu de rééquilibrer sa structure cognitive suite à des perturbations dans son environnement. Ses représentations vont guider son action avec l'outil et cette action va réactualiser ses représentations. C'est un processus récursif. Le résultat de ce processus est une « stabilité » retrouvée suite à cette phase de perturbation dans la structure cognitive de l'individu. Dans le cas de l'appropriation d'un outil, il se manifeste par une récurrence en termes d'utilisation et se caractérise par une maîtrise cognitive et technique minimale du dispositif technique pour en faire usage. Dans le cas de l'appropriation d'un savoir, on parle d'une intériorisation des connaissances.

- Le processus de construction de sens, à partir des travaux en Sociologie des usages, en Sciences de l'Information et de la Communication, en Sociologie et Psychologie du travail. L'appropriation ici est le processus par lequel un individu va investir des significations, des valeurs dans l'usage de l'outil. C'est le processus par lequel un individu va donner du sens à un outil. Ces études s'appuient sur le fait que le concepteur d'un objet a des usages prescrits et l'utilisateur via un processus d'appropriation va construire son propre usage de celui-ci. Et, lorsque l'outil est mis en production, l'utilisateur via le processus d'appropriation va construire son usage propre. La littérature explorée montre que le mécanisme est le suivant : l'acteur va choisir parmi un ensemble de possibles, et construire son usage pour donner du sens et de l'efficience à la technologie. Le résultat du processus est caractérisé, par un écart d'usage entre ceux imaginés par les concepteurs et ceux effectifs des utilisateurs, et par des usages différents entre utilisateurs dans un même contexte.

- Le processus de formation de pratiques qui provient des travaux en Sciences de gestion, et notamment l'approche structurationniste. L'appropriation est le processus par lequel les routines de l'organisation vont se construire sur les bases des propriétés de la technologie. Le mécanisme (au niveau organisationnel) est le suivant : L'organisation a des structures sociales. Le développeur de la technologie incorpore les structures sociales de l'organisation dans la technologie. La technologie a des structures sociales (des caractéristiques structurelles et l'esprit). Son introduction va perturber la stabilité de l'organisation. A partir de plusieurs cycles de structuration (action des utilisateurs avec la technologie), il y a production de structures sociales de l'organisation avec une technologie en usage. L'organisation retrouve ainsi une stabilité.

C'est par l'appropriation des technologies que de nouvelles structures émergent dans l'organisation, ce qui explique donc les changements vécus par une organisation avec l'introduction de TIC. Le résultat de ce processus se caractérise par une stabilité en termes de structures de l'organisation suite à des transformations structurelles plus ou moins importantes.

Au delà des définitions se rapportant uniquement à des disciplines ou à des courants de pensées, Nelly Massard apporte une définition intégrante qui permet de prendre en compte les facteurs cognitif, relationnel et praxéologique de l'appropriation.

- Dispositif :

La plupart des définitions en Sciences de l'Information et de la Communication, se rapportant au dispositif s'appuie sur les travaux de Michel Foucault, qui définit le dispositif comme : « Un ensemble hétérogène, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales, philanthropiques, bref : du dit, aussi bien que du non-dit82(*)». Nous comprenons donc avec Foucault que le dispositif est de nature essentiellement stratégique. Ce qui suppose qu'il s'agit là d'une certaine manipulation de rapports de forces, d'une intervention rationnelle et concertée dans ces rapports de forces, soit pour les développer dans telle direction, soit pour les bloquer, ou pour les stabiliser, les utiliser. Le dispositif est donc toujours inscrit dans un jeu de pouvoir, mais toujours lié aussi à une ou des bornes de savoir, qui en naissent mais, tout autant le conditionnent. C'est cela le dispositif : des stratégies de rapports de forces supportant des types de savoir, et supportés par eux83(*).

S'inscrivant dans le même sillage que Foucault, Giorgio Agamben84(*) appelle dispositif : « tout ce qui a, d'une manière ou d'une autre, la capacité de capturer, d'orienter, de déterminer, d'intercepter, de modeler, de contrôler et d'assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants ». L'auteur donne une définition plus grande à la classe déjà très vaste des dispositifs de Foucault, et inclut dans les dispositifs non seulement les prisons, les asiles, les écoles, les usines, les disciplines, la confession, les mesures juridiques, dont l'articulation avec le pouvoir est en un sens évident. Mais aussi, le stylo, l'écriture, la littérature, la philosophie, l'agriculture, la cigarette, la navigation, les ordinateurs, les téléphones portables et, pourquoi pas le langage lui-même.

Ce qui est d'avantage intéressant dans la pensée de Giorgio Agamben, c'est qu'il en ressort deux grands ensembles ou classes : d'une part les êtres vivants (ou les substances), de l'autre les dispositifs à l'intérieur desquels ils ne cessent d'être saisis ; entre les deux classes (...) résulte de la relation. Pour l'auteur pour parler de dispositif, il faudrait faire allusion à la subjectivation. Car, un même individu, une même substance, peuvent être le lieu de plusieurs processus de subjectivation : l'utilisateur de téléphones portables, l'internaute, l'auteur de récits, le passionné de tango, l'altermondialiste, etc. La définition de Giorgio Agamben nous semble plus adéquate, car en abordant le concept de dispositif l'auteur ressort la dimension relationnelle qui existe entre l'Homme et les dispositifs, entrainant ainsi la subjectivation.

Ainsi, pour Armand et Michelle Mattelart, le terme dispositif renvoie à l'idée d'organisation et de réseau. Il désigne un ensemble hétérogène qui englobe discours, institution, architecture, décisions réglementaires, lois et mesures administratives, énoncés scientifiques, propositions philosophiques, morales et philanthropiques85(*).

En Sciences de l'Information et de la Communication, nous affirment Appel V., Boulanger H., Massou L., le dispositif est une notion clé intimement liée à l'analyse des processus de médiation, analyse qui permet notamment d'associer l'étude des supports médiatiques et technologiques à celle des enjeux et acteurs de situations sociales particulières. Dans ses usages et mutations, le dispositif peut être envisagé comme instrument de captation et de compréhension des processus de médiation et des situations (ou contrats) de communication, en identifiant les composants en jeu et leurs articulations86(*).

Dès lors, pour Philippe Breton, J. Caune, Dominique Wolton et al, un dispositif est un agencement d'éléments, organisé selon une intention plus ou moins visible et cherchant à atteindre des effets (objectifs, finalités). Il n'est pas isolé. Il dépend « d'objets de même nature qui le précédent et qui le suivent ». Un dispositif est composé d'éléments stables et intangibles auxquels se greffent des procédures, des actions de médiation et des outils dérivés de leur fonction première (guides, annuaires, diverses ressources, etc.). Les dispositifs sont considérés comme des réseaux de médiation du savoir, où sont en tension des échanges, des transmissions et des productions87(*).

Avec Boyomo Assala, entre la médiation et les dispositifs, il existe des passerelles qui interpénètrent, juxtaposent et entrecroisent les deux concepts88(*). C'est ainsi qu'il mentionne plusieurs formes de dispositifs en communication des organisations : les dispositifs de médiation des organisations, les dispositifs institutionnels, les dispositifs formels et techniques de la communication des organisations. Et ces dispositifs permettent selon lui, à la communication de gérer et d'entretenir des sentiments d'appartenance et de véhiculer des référents identitaires organisationnels89(*).

Pour Ngo Ndom Nina90(*), le dispositif désigne un complexe d'humain et de non humain à travers lequel s'échange l'information ; et les dispositifs communicationnels subsument des représentations idéologiques relatives à leurs utilisateurs. L'auteure relève dans un premier temps un appel respectif des positions des intervenants ou des utilisateurs, ensuite représente les dispositifs de communication comme des appareillages qui permettent d'asseoir et de véhiculer des idéologies.

En s'inscrivant dans le même sillage qu'Agamben, nous entendons par dispositif :

« Tout réseau coercitif d'éléments concrets mis en relation, au sein duquel se définissent les manières de faire, d'agir et de sentir propres à induire les comportements, à orienter les modes de penser et à modifier les visions du monde91(*)».

VI- CADRE METHODOLOGIQUE :

VI-1. LOGIQUE DE LA RECHERCHE :

La construction de l'objet d'étude qui nous est assigné, nous inscrit dans une approche compréhensive, dont la logique de recherche se veut empirico-inductive (holisme méthodologique) et le prélèvement qualitatif ; basée sur les logiques d'action des étudiants au Cameroun dans les usages, les pratiques et appropriations d'Internet, y compris sur les différentes perceptions qui découlent.

Notre recherche nous a conduit à l'utilisation de quatre techniques : La méthode netnographique, la recherche documentaire, l'entrevue de recherche et l'analyse de contenu.

VI-2. INSTRUMENTS DE COLLECTE DE DONNEES :

Les outils de collecte de données utilisés ici sont : la netnographie, la recherche documentaire, la grille d'entretien et l'analyse de contenu.

A- La netnographie :

La technique de recherche utilisée est la méthode netnographique, c'est une étude qualitative qui consiste à observer les actes communicationnels d'une communauté virtuelle en cherchant à leur donner un sens92(*). A travers une observation des comportements des étudiants de l'Université de Douala sur Internet et une participation optionnelle, nous comptons nous appuyer sur la compréhension des phénomènes propres et spécifiques à cette communauté étudiée ; c'est-à-dire sur la connaissance enracinée dans les faits. Tout en préconisant l'interprétation métaphorique, herméneutique et analytique des données93(*).

B- La recherche documentaire :

Notre travail de recherche nous a amené à consulter les documents écrits comme numériques, les ouvrages spécialisés et d'ordre général sur la communication et les filières connexes, les interfaces numériques des entreprises constituant notre corpus. Dans l'optique d'extraire les informations nécessaires à la rédaction de notre mémoire et les opinions de ceux qui nous ont précédé et qui ont ouvert la voie au domaine d'étude afin d'étayer notre argumentation.

Pour y parvenir, nous avons consulté les sites Internet, les bibliothèques (bibliothèque universitaire, bibliothèque de l'ICM, bibliothèques privées des aînés académiques et praticiens de la communication). Nous avons bénéficié des documents (archives) relatifs à notre corpus, les mémoires et thèses s'inscrivant dans notre champ d'étude en général et dans notre espace d'intervention en particulier. Sans omettre les nombreux séminaires, conférences et colloques organisés à l'Université de Douala par le Département de Communication (le LACREM) et à l'Université Stendhal-Grenoble3 organisés par le GRESEC ; qui nous ont servi de garde-fous et de fil conducteur dans la recherche.

C- Le schéma d'entrevue :

Le schéma d'entrevue a pour technique d'investigation scientifique, l'entrevue de recherche plus connu sous le nom de grille d'entretien. Nous l'avons conçu en vue d'interroger en profondeur les étudiants dans leurs usages et pratiques d'Internet afin de mieux cerner les enjeux et défis liés à leurs rapports à internet. Les entretiens sont semi-directifs et semi-participatifs, structurés de questions ouvertes et fermées, afin de mieux atteindre nos objectifs.

D- Les catégories d'analyse

La technique de recherche utilisée ici est l'analyse de contenu. C'est une technique indirecte d'investigation scientifique qui est composée selon Roger Mucchielli de trois genres : les méthodes d'analyse logique et esthétique, les méthodes d'analyse sémantique et les méthodes d'analyse à la fois logiques et sémantiques94(*).

Dans le cadre de notre travail de recherche, nous avons opté pour les méthodes logico-sémantiques, pour analyser les détournements, les pratiques culturelles et les manières de faire qui se rapportent à des stratégies d'usages d'Internet par les étudiants au Cameroun. Afin de comprendre les raisons et la situation concrète dans laquelle ces actions sont menées.

VII- CHAMP ET POPULATION A L'ETUDE :

Notre champ d'intervention est l'Université de Douala au Cameroun, avec pour échantillon les étudiants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, précisément ceux de la filière communication.

Les critères de choix exprimés sur les étudiants ne relèvent pas du hasard. Car au Cameroun cette catégorie est celle qui recourt le plus au Web et à Internet dans son ensemble ; c'est la communauté la plus sensible aux Technologies de l'Information et de la Communication, c'est elle qui a une maitrise plus accrue des artefacts techniques et technologiques95(*).

De plus, en ce qui concerne l'échantillonnage, la population à l'étude est composée d'un échantillon de soixante (60) individus des deux sexes, âgés de 18 à 32 ans. Nous comptons interviewer vingt (20) étudiants du cycle Licence, vingt (20) étudiants du cycle Master et vingt (20) doctorants. Dans cette approche qualitative qui se veut compréhensive, nous avons choisi un échantillon de soixante individus pour être plus efficace dans la collecte, le traitement et l'interprétation des données. Surtout qu'il s'agit aussi pour nous d'appréhender les logiques et les raisonnements qui poussent les acteurs à l'action.

VIII- DELIMITATION SPATIO-TEMPORELLE :

Compte tenue des principes méthodologiques en sciences humaines et sociales, des normes académiques de rédaction et de dépôt du mémoire, notre étude s'étend sur six mois, une délimitation temporelle qui permettra d'infirmer ou de valider nos hypothèses une fois confrontées aux données du terrain.

Le Cameroun possède plusieurs Universités publiques et privées, s'étendre sur l'ensemble nécessiterait assez de temps et de moyens, c'est la raison pour laquelle à travers la délimitation spatiale nous nous sommes attardés à l'Université de Douala et comme nous l'avons dit plus haut, au sein de cette Université publique, nous avons pour échantillon les étudiants de la filière communication qui est une composante de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines.

IX- PLAN DE TRAVAIL :

Le mémoire est structuré de trois parties, comportant chacune deux chapitres et chaque chapitre entretien en son sein des sections qui servent de sous-parties.

Nous aborderons de prime abord la sociogenèse d'Internet, ses mutations théoriques, son évolution dans le monde et la connexion du Cameroun à ce réseau. Dans la même première partie, nous présenterons de manière plus explicite le corpus de l'étude, l'Université de Douala et ses supports numériques.

Ensuite, dans la deuxième partie nous allons nous appesantir sur les usages et pratiques d'Internet par les étudiants de l'Université de Douala, les jeux d'acteurs et les logiques d'action, la typologie des usages d'Internet et les stratégies, les promesses des interfaces numériques et la dimension économique du Net comme forme de sociabilité.

Enfin, il sera question dans la troisième partie de faire affleurer le cadre réglementaire régissant la communication électronique au Cameroun et la présentation des résultats, suivis d'une conclusion et des perspectives qui s'inscriront dans la continuité du sujet en thèse de doctorat si l'occasion nous est donnée.

PREMIERE PARTIE :

SOCIOGENESE D'INTERNET

« Internet et le multimédia ne sont pas seulement de nouveaux systèmes techniques ; ils constituent un nouvel espace de parole en plus d'ouvrir sur de nouveaux possibles en terme d'écriture et de lecture (hypertexte)96(*) »

Chapitre I : Mutations théoriques du Net

Section 1 : Essor et évolution d'Internet

1-1. De l'alphabet au digital :

La naissance de différents systèmes d'écriture bien que séparés de manière spatio- temporelle, (Mésopotamie, Égypte, Chine, Amérique précolombienne), a une origine unique (..) tous les alphabets du monde proviendraient donc de la même source proche-orientale97(*). Pour Jean-Marie Durand, l'existence de l'écriture est une caractéristique du Proche-Orient ancien. Elle apparaît en Mésopotamie du sud, dès la fin du IVe millénaire, dans les tablettes dites « pictographiques » d'Uruk98(*).

Cela étant dit, le langage a connu plusieurs systèmes d'écriture. Écrit d'abord au moyen d'images en de simples illustrations mnémotechniques99(*), marquant le stade pictographique (écritures cunéiformes ou chinoises). Ensuite, d'autres images furent choisies pour représenter des syllabes parce qu'elles étaient plus simplifiée, c'est le stade syllabique (hiéroglyphes égyptiens, katakana japonais). Dans la continuité, certains caractères furent ensuite pris pour les sons fondamentaux du langage articulé : les bruits produits par la bouche ou la gorge (consonnes) ou les cordes vocales (voyelles), chaque signe correspondant à un son, c'est le stade alphabétique100(*).

Toutefois, s'il est vrai que dans le silence de la voix, il faut produire des sons, mentalement au moins, pour lire l'alphabet, il est important de souligner avec les travaux de Birdwhistell sur la communication non verbale et l'école de Palo Alto, qu'il existe une communication extra et paralinguistique. Cette communication se manifeste par les cris, le silence, les postures, le look, les couleurs, les attitudes, le comportement, la proxémique et bien d'autres. En partant sur ce raisonnement qui nous semble fondé, l'alphabet tire ses sources bien au delà du stade pictographique comme énoncé par de nombreux théoriciens.

Car, même si un idéogramme évoque une signification sans médiation sonore (si vous avez besoin d'entrer dans un magasin et vous voyez l'idéogramme correspondant à ouvert), vous agissez, sans aucun besoin de prononcer le mot, pour entrer. Nous pouvons comprendre que tout alphabet est phonétique ; le phonème est nécessaire à la transition vers le sens101(*).

Ainsi, ces alphabets primitifs vont évoluer et se matérialiser à travers plusieurs inventions grâce à la maîtrise de l'écriture manuscrite dans le monde. Les Chinois vont inventer la xylographie ou gravure, l'allemand Gutenberg permettra d'associer le texte à la gravure à partir de caractères en plomb mobiles qu'il crée102(*).

Le premier objet utilisant le digital sera inventé en 1835 par Samuel Morse, cette invention marque le début de la communication numérique103(*).

Toutefois, c'est Alan Turing en 1936 qui donnera une définition précise dans son modèle à travers le concept d'algorithme. La Machine de Turing, l'ordinateur digital, sera l'apothéose moderne de la culture alphabétique, synthèse ultime de la science de Démocrite, Galilée, Descartes et Laplace104(*). Ces évolutions auront un retentissement avec l'arrivée d'Internet.

1-2. Du «Net» au «Web» : une maïeutique évolutionnaire :

Internet est né en 1969 sous l'impulsion du département américain de la défense (DOD), issue de croisements entre plusieurs disciplines et courants de recherche parmi lesquels : Les mathématiques, les télécommunications, la cryptographie, l'électronique, l'informatique... A cette époque, le réseau ARPANET devait assurer les échanges d'informations électroniques entre les centres névralgiques américains dans le contexte de la guerre froide.

Le concept employé avec un grand « I », tel que nous le connaissons maintenant est une infrastructure de communication à l'échelle planétaire issue de l'interconnexion de réseaux informatiques publics et privés. Mais à l'origine, Internet s'écrivait avec un petit « i », et désignait simplement l'idée d' « interconnected network » ou d' « inter-networking » puis « internetting » c'est à dire la possibilité de faire dialoguer plusieurs réseaux ensemble et non pas l' « International Network » comme on peut le lire parfois.

Son évolution a dépassé le cadre technique pour s'étendre au social, à travers les dimensions commerciale, politique, culturelle, liées à l'information et à la communication. Mais si aujourd'hui il est possible de surfer sur le Net, cliquer sur un lien, écouter de la musique, regarder des vidéos en ligne, c'est grâce au scientifique britannique Tim Berners-Lee, qui, en 1989 lance l'idée de la Toile et en Novembre 1990 présente son projet au CERN, pour finalement inventer en 1994105(*) le World Wide Web, communément appelé le Web, parfois la Toile, littéralement la « toile d'araignée mondiale ».

Section 2 : Internet au Cameroun

2-1. La connexion du Cameroun au réseau mondial :

Depuis 1985, le Cameroun disposait de CAMPA, un réseau X.25 national à commutation par paquets géré par INTELCAM (...). Ce réseau permettait d'utiliser le vidéotex, le courrier électronique et d'établir des liaisons spécialisées (point à point)106(*). Ces dispositifs étaient essentiellement utilisés pour les communications des entreprises107(*).

Avant l'arrivée d'Internet au Cameroun en 1997108(*),109(*), 110(*) deux réseaux « pré-internet»111(*) existaient également : l'un basé sur le protocole UUCP (Unix to Unix Copy Protocol), et l'autre sur le protocole Fidonet112(*).

Le Cameroun se connectera ensuite en 1992 sur le protocole UUCP, il s'agissait du RIO (Réseau Intertropical d'Ordinateurs) créé par l'ORSTOM 113(*). Ce réseau donnait accès au courrier électronique et au transfert des fichiers114(*). Au cours de la même année, le pays se connecte à un autre réseau basé sur le protocole UUCP, le Réseau Informatique Régional pour l'Afrique (RINAF), créé par le Programme Intergouvernemental d'Informatique (PII) de l'UNESCO.

Entre 1994 et 1995, sur le protocole Fidonet qui jadis convenait aux lignes de téléphone fixe avec une qualité médiocre, s'ajoutera deux autres réseaux : Healthnet, réservé aux professionnels de santé (réseau mis en place par l'organisation SatelLife de 1989 à 1997), et Camfido avec pour but de fournir la possibilité d'échanger des informations. Ces deux réseaux sont hébergés par l'Ecole Nationale Supérieure Polytechnique (ENSP) dans son centre de recherche Automation Control Laboratory115(*).

Ainsi, le Cameroun passera en full IP (connexion Internet) en 1997, précisément le 5 avril, avec l'installation d'un noeud d'accès international à Yaoundé par Intelcam 116(*)(inauguré officiellement en février 1998). Il est suivi en avril 1999 de l'installation à Douala d'un second noeud. Ces deux noeuds sont des centres de télécommunications par satellite : celui de Yaoundé est relié au fournisseur américain MCI117(*) et celui de Douala est relié à l'opérateur TeleGlobe118(*).

L'accès à Internet en 1997 pour le « grand public », a suscité un espoir de changement dans le paysage médiatique Camerounais et dans la vie des usagers. Mais cet espoir était mitigé sur le plan socio-culturel, à travers de nombreuses représentations construites autour du dispositif. D'un côté, une jeunesse enthousiaste face à la navigation qui permettait de s'évader et aux services fournis par Internet, qui permettaient de briser ce qui jusque là était tabou (la banalisation de la vie sexuelle par les jeunes et les plus jeunes, écouter les musiques sensuelles ou celles qui incitent à la violence, se détacher du contrôle parental, aller à la rencontre de l'autre...). De l'autre côté, des parents qui percevaient Internet comme un instrument de déviance ; à cause des sites de « charme » et de pornographie. C'est ainsi que le Net était accusé de rompre avec les modèles sociaux dans la vie et les pratiques quotidiennes des jeunes filles119(*).

En 1998, le pays comptait trois fournisseurs d'accès à Internet (CAMTEL, CENADI et ICCNET)120(*) et quatre cybercafés à Yaoundé. Près de 2.000 personnes et institutions utilisaient Internet de façon permanente ou occasionnelle. Le taux de fréquentation des points Internet était d'environ 100 personnes par jour. Les jeunes filles étaient les plus nombreuses à utiliser cet outil de communication. Elles représentaient près de 70% de la clientèle des cybercafés et recherchaient surtout des conjoints européens sur le Web121(*).

Aujourd'hui, le nombre de fournisseurs d'accès Internet à largement crû ; parmi les plus connus nous pouvons citer : CAMTEL, ORANGE, MTN, NEXTELL, CREOLINK, RINGO, YOOMEE (..) qui irriguent le pays au moyen des principales technologies de connexion à Internet. Ces fournisseurs restent toutefois encore concentrés dans les grandes villes de Yaoundé et Douala.

Tableau 1 : Evolution de la connectivité au Cameroun

 

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

UUCP

-

-

+

+

++

++

++

Fidonet

-

-

-

-

+

+

+

Internet

-

-

-

-

-

-

opérationnel

Légende : (-) absent ; (+) peu répandu ; (++) répandu.

Source : Devriendt Arthur  (données regroupées par Larry Landweber).

2-2. La portée d'Internet pour les usagers au Cameroun :

La portée d'Internet est aujourd'hui inestimable pour les usagers au Cameroun. Le Net est porteur de modernité, il est perçu par ses thuriféraires comme un espace où l'on peut s'exprimer en tout anonymat, communiquer en temps réel, partager, faire des rencontres et se divertir. Pour les autodidactes, les universitaires et professionnels c'est un tremplin à la réussite, un cyberespace qui permet d'avoir accès à la connaissance et de la produire.

Internet représente un espace de conquête pour les usagers Camerounais. Nous observons une sorte de convergence et de traduction des pratiques sociales sur la Toile qui jadis n'existaient que sur le plan physique. Nous avons les communautés tribales, religieuses et idéologiques sur le Net via les réseaux sociaux, la recherche des conjoints en ligne, l'accès aux oeuvres culturelles, scientifiques et littéraires qui jusque là étaient réservées aux élites et la vente en ligne.

Pour les entreprises du Cameroun, l'arrivée d'Internet a permis le développement et la création de nouveaux emplois tels que le cyber-journalisme, les Communities manager, les développeurs web, les designers, les gestionnaires des médias sociaux, les chargés de communication web et les experts en sécurité informatique pour ne citer que ceux là.

Les entreprises y trouvent de nombreux avantages : Internet assure à la structure non seulement une fonction vitrine, une fonction sociale, également une fonction marchande qui lui permet de toucher différentes cibles à travers différentes stratégies. Avec la communication numérique, l'organisation peut atteindre à la fois la masse, le segment de cible, la niche « et évaluer clairement les retombées du produit, de la marque ou du service mis en ligne à la différence des ventes classiques dont les retombées se mesurent communément à travers le chiffre d'affaire ».

En plus, au-delà du fait que la Toile confère une grande visibilité à l'entreprise, le coût de la stratégie est aussi moindre. C'est l'une des raisons qui a permis le développement massif de différentes tactiques, techniques et stratégies de communication en ligne parmi lesquelles : la publicité en ligne, le netlinking, le web marketing (marketing direct, marketing viral, marketing communautaire). Ou encore, à travers la guérilla online (animation des forums de discussions, inscription aux réseaux sociaux et sites de partage comme Facebook, Myspace, Hi5, You Tube ...) avec pour objectif la visibilité, l'influence et les ventes spécifiques122(*).

Bien qu'Internet déshumanise les relations sociales et humaines à travers les échanges médiés par les dispositifs, il représente un excellent réducteur spatio-temporel, en dé-sanctuarisant les frontières physiques et géographiques. Un internaute qui est intéressé par un produit ou un service en ligne peut désormais bénéficier sans contrainte de temps ni de lieu. Internet ne tient pas compte des jours fériés, ni des vacances encore moins des heures tardives, il reste opérationnel à temps et en contre temps.

Image 1 : Internautes par milliers d'habitants dans le monde en 2009.

Source : Union internationale des télécommunications

2-3. Les « digitals natives », une problématique postmoderniste au Cameroun :

Les « digitals natives » sont généralement des jeunes âgés de 12 à 25 ans qui ont toujours connu le Web, le GSM, le PC, le numérique. Ils manient ces outils numériques avec une certaine aisance et compétence. Pour au moins les trois quarts d'entre eux, il est impossible de se passer d'Internet pendant une journée. "C'est le premier geste du matin, avant même le petit-déj", affirme Fanny, 20 ans. "Ce serait comme si on m'enlevait mon petit chien", confie Michaël, 13 ans123(*).

Il faut souligner qu'il y'a quelques années, un concepteur de jeux américain Marc Prensky, les a baptisés « digitals natives », « les natifs numériques » en français. Parce qu'ils ont grandi dans l'environnement des ordinateurs, de l'Internet, des GSM, des baladeurs MP3. Il les oppose aux « digital immigrants », « les migrants numériques » qui ont assisté à la naissance du Web et même des PC et qui ont dû s'intégrer, s'adapter et apprendre le nouveau langage.

Au Cameroun, le contexte social ne permet pas encore de parler de « digitals natives », car jusqu'aujourd'hui, les étudiants camerounais, jeunes comme moins jeunes, sont encore pour la plupart dans une phase d'apprentissage, d'acquisition des compétences et d'intégration des technologies. La faible pénétration d'Internet et des technologies de l'information et de la communication, le manque d'infrastructures et de compétences ont créé un retard conséquent. Aujourd'hui, plus jeunes, jeunes et moins jeunes ; c'est-à-dire « natifs du numériques » et « migrants du numériques » ont presque les mêmes compétences basiques des technologies.

Ceux qui sont « nés à l'ère numérique », à cause de la non familiarisation avec les outils numériques sont restés longtemps non concernés par les technologies. La cherté des dispositifs techniques de médiation (ordinateurs, portables, tablettes...) à conduit à l'inculturation des plus jeunes. Car ces dispositifs étaient l'apanage de définition de ceux qui avaient assez de ressources financières et leurs concédaient une stature sociale. Culturellement au Cameroun, on ne donnait pas ce qui est précieux aux enfants ; et ces outils jadis estimables étaient utilisés par les « migrants du numériques » qui avaient plus de maîtrise que « les cadets sociaux » les plus jeunes, ne pouvant qu'observer « les aînés sociaux » dans leurs usages.

Mais aujourd'hui, avec les usages effrénés des outils numériques par les jeunes et leur affection pour Internet, dû à la libéralisation de la communication électronique au Cameroun, ce fossé dans les usages des TIC entre « cadets sociaux » et « aînés sociaux »124(*) s'est considérablement réduit ; nous observons même dans ce dynamisme de la jeunesse un dépassement dans les usages et les appropriations des TIC, à travers l'adoption de nouveaux logiciels et applications de communication digitales et les pratiques numériques propres à certaines tranches d'âges.

D'ailleurs, ce terme de jeunes générations se trouve confronté aux représentations culturelles de ce qu'est la jeunesse. Au Cameroun comme dans plusieurs pays de l'Afrique subsaharienne, un individu devient majeur à 21 ans, même à la trentaine il continue d'être très jeune, voire une personne immature qui a beaucoup à apprendre de la vie et ne mérite pas de responsabilité. La société est structurée à travers les perceptions telles que plus on vieillit, plus on acquiert de la sagesse, les notions culturelles de chefferies traditionnelles et des royaumes tribaux, favorisent la gérontocratie et concèdent une représentation différente de ce que peut être la jeuneuse et en pareille occurrence les jeunes générations.

L'environnement socio-culturel, à côté du contexte économique lié aux représentations sociales, au manque des infrastructures de pointe, au non accès à la technologie par une partie de la population jeune et à l'absence de compétences, ne permettent pas de parler de « digitals natives » au Cameroun. Toutefois, l'emploi de ce terme se fera dans un futur proche grâce au transfert des connaissances et des technologies qui s'opère au Cameroun, à la rupture des perceptions sociales et au dynamisme de la jeunesse dans les usages du numérique.

La jeunesse camerounaise est progressivement friande face au TIC, à travers un comportement affectif et identitaire. Le contexte conjoncturel de la société camerounaise entretenant le chômage, le sous-emploi et l'oisiveté, est en train d'érigé Internet comme un outil d'occupation et de passe-temps des jeunes, en attendant que la situation change (trouver un emploi). Ces derniers s'accrochent au numérique comme un tremplin qui leurs permettrait de trouver un emploi, d'acquérir des compétences, d'être pratique et compétitif, de se dé-stresser et de faire des rencontres. Des pratiques sociales menées malgré la cherté de la connexion à Internet, la mauvaise qualité du débit de connexion et les coupures intempestives de courant électrique qui sont de vieilles habitudes familières à « tout bon camerounais » qui, avec le temps, a appris à « faire avec ».

Ainsi, au delà des tares et des vices, la gente féminine estudiantine s'est appropriée les applications telles que : Whatsapp, Viber, Skype, Messenger (...) comme nouvelle donne. Aujourd'hui chez bon nombre d'étudiants au Cameroun, ne pas faire usage de ces logiciels c'est être déphasé de la réalité (ne pas être à la mode). Pourtant, dans la plupart des cas ils n'ont pas d'autres sources de revenus que celles des parents. Et étonnamment, ce sont ces derniers qui se permettent de s'octroyer des Smartphones, et Tablettes numériques du dernier cri, dans l'intérêt de s'octroyer pour les uns, des artéfacts technologiques permettant de bénéficier des avantages qu'offre le numérique et pour les autres d'acquérir une identité socioculturelle qui n'est pas la leur afin de masquer leur état de pauvreté, pour se faire apprécier, envier et courtiser.

Chapitre II : Corpus de l'étude et présentation de l'Université de Douala

Section 1 : L'Université de Douala

1-1. Etablissements et centres spécialisés :

Créée le 19 janvier 1993 par le décret n°93/026125(*), l'Université de Douala, constitue en son sein un effectif de 50 000 étudiants126(*) et treize écoles et facultés127(*) dont :

-- ESSEC (Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales)

-- FSEGA (Faculté des Sciences Economiques et de Gestion Appliquée)

-- FLSH (Faculté des Lettres et Sciences Humaines)

-- FSJP (Faculté des Sciences Juridiques et Politiques)

-- ENSET (Ecole Normale Supérieure d'Enseignement Technique)

-- IUT (Institut Universitaire de Technologie)

-- IBA (Institut des Beaux Arts)

-- ISH (Institut des Sciences Halieutiques)

-- FMSP (Faculté de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques)

-- FGI (Faculté de Génie Industriel)

-- FS (Faculté de Sciences)

-- AI (Académie Internet)

-- CEPAMOQ (Centre de Physique Atomique, Moléculaire et Quantitative)

Nous précisons que notre échantillon est uniquement constitué des étudiants de la Faculté de Lettres et Sciences Humaines et en pareil occurrence, ceux des cycles LMD (Licence Master Doctorat) de la filière communication.

Image 2 : Rectorat Université de Douala

Source : www.univ-douala.com

Section 2 : Supports numériques

2-1. Site web :

L'Université de Douala dispose d'un site web lui permettant de présenter ses différentes écoles et formations, de donner de la visibilité sur ses actions, de permettre aux apprenants, responsables administratifs et académiques d'avoir accès aux informations officielles concernant la structure.

Toutefois ce site web classique, en qualité de vitrine de l'Université reste très basique et se limite à la présentation des écoles, facultés et responsables administratifs de l'Université. Les pages de navigation sont très limitées, elles présentent des promesses d'interfaces sans suites de contenus. En plus les informations ne sont presque pas actualisées.

Image 3 : Capture interface site web de l'Université de Douala

Source : www.univ-douala.com

2-2. Bibliothèque :

La bibliothèque centrale de l'Université de Douala est encore à 90% structurée par des ouvrages dont le support est le papier (Livres, mémoires et thèses, rapports, travaux scientifiques...). Selon Chantale Moukoko, responsable de la bibliothèque de l'Université de Douala, "La France a octroyé à l'Université une subvention de 20.000 euros pour nous équiper en bornes QuickDo-BookBox, de même qu'en liseuses et pour parachever l'aménagement de la bibliothèque avec un pan dédié exclusivement à la bibliothèque numérique"128(*).

Ainsi, l'Université de Douala servira de centre d'expérimentation d'un projet de création et de développement du marché du livre numérique en Afrique. Elle proposera aux apprenants à travers les bornes QuickDo-BookBox un accès aux contenus académiques et culturels récents et variés à prix adaptés, quelques soient leurs zones d'habitation (urbaines, périurbaines et rurales).

Le système QuickDo-BookBox, est une infrastructure de distribution physique de contenus numériques en Afrique, développée par Dominique Buende, lauréat du prix Orange de l'Entrepreneur social en Afrique, qui mettra sur pied ce projet pilote de numérisation de la bibliothèque à l'Université de Douala129(*), afin de démocratiser l'accès au savoir,  en conciliant les intérêts de l'éditeur, de l'auteur et du lecteur.

L'opérationnalité du système était prévue pour le mois de mars 2015, mais il est encore en cours de finalisation car la structure est à la recherche de partenaires commerciaux et de clients. De plus, si la version numérique des ouvrages peut être conservée indéfiniment, en revanche, la capacité de stockage des liseuses est encore limitée à 400 ouvrages130(*).

Image 4 : Bâtiment bibliothèque centrale de l'Université de Douala

Source : www.univ-douala.com

DEUXIEME PARTIE :

USAGES ET PRATIQUES D'INTERNET PAR LES ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE DE DOUALA

« Les usages sont d'ailleurs souvent le prolongement de pratiques sociales déjà formées comme le bricolage domestique exercé par les premiers programmeurs amateurs (...) de l'adoption à la banalisation, la construction de l'usage s'opère par étapes marquées par le désenchantement de la technique par un rétrécissement des usages au regard des attentes initiales et des emplois frénétiques de la phase d'exploration, bref par son passage au statut d'objet d'ordinaire qui l'incorpore dans les pratiques sociales131(*) »

Chapitre III : Jeux d'acteurs et scénarisations des pratiques sociales d'Internet

Section 1 : Typologie des usages d'Internet par les étudiants

Les étudiants de l'Université de Douala font usage de plusieurs services d'Internet tels que : la messagerie électronique ou E-mail, les News ou forums de discussions, le WWW dit le Web, l'échange et le transfert des fichiers (File Transfer Protocol), Gopher, Mosaic (...) Nous illustrerons les trois premiers services d'Internet qui produisent plus de satisfaction chez les étudiants de l'Université de Douala.

1-1. Le courrier électronique (Simple Mail Transfert Protocol) :

Encore appelée messagerie électronique ou l'e-mail, c'est l'application du réseau la plus utilisée par les étudiants de l'Université de Douala et les usagers d'Internet au Cameroun. L'e-mail permet de recevoir et de transmettre le temps d'un clic de souris, des messages, des images des fichiers132(*).

La messagerie électronique n'apporte que peu de nouveautés par rapport aux autres médias. Elle est cependant le seul outil à réunir autant de qualités : rapidité (elle est extrêmement rapide pour communiquer, avec le même ordre de grandeur que le temps d'établissement d'une communication téléphonique), asynchronisme (quelque soit le moment où l'émetteur envoie son message, le récepteur a toute latitude pour choisir le moment où il va le lire), économie (il y'a aucun coût additionnel pour l'échange des messages), communication de groupe (un message peut être explicitement adressé à plusieurs personnes), données exploitables (contrairement à un texte reçu par télécopie, un texte reçu par messagerie peut être annoté, corrigé ou réédité avant d'être éventuellement réexpédié)133(*).

Les étudiants de l'Université de Douala à travers la création de différents comptes utilisateurs (Yahoo! Mail, Gmail, Hotmail, Outlook...) recourent à la messagerie électronique régulièrement par le biais d'un ordinateur pour plusieurs raisons : La boîte e-mail est utilisée par ces derniers comme une boîte à lettre électronique, qui assure le transport et le transfert des fichiers, à travers les mouvements d'envois et de réceptions des messages, des courriels. En plus, il a un énorme avantage de ne pas tenir compte des jours chômés et fériés, ni des mauvais temps, encore moins des périodes de repos ; sa rapidité dans l'envoi et la réception des fichiers permet de respecter les délais d'envoi des candidatures ou des demandes. Il suffit d'avoir un accès à la connexion Internet pour pouvoir bénéficier de ses avantages.

Ce service d'Internet est considéré par les étudiants comme étant le plus sérieux et le plus important, car il leurs permet de s'adresser avec assurance aux administrations, aux entreprises, aux organisations et aux individualités, surtout de recourir à l'envoi des pièces jointes qu'ils peuvent consulter à tout moment voire, modifier.

Aussi, bon nombre d'étudiants l'utilise de plus en plus comme un espace de stockage des données (documents, photos, musiques, vidéos), dans l'espoir d'assurer la pérennité des fichiers.

Image 5 : capture d'écran page Yahoo ! Mail

Légende : cette page présente l'usage de la messagerie électronique, lors de l'envoi d'un message multimédia à plusieurs récepteurs.

Source : https://fr-mg42.mail.yahoo.com

1-2. Forums de discussions/News (Network News Transfert Protocol) :

Les news groups et les forums permettent à plusieurs internautes de se retrouver et d'échanger à plusieurs sur un thème au choix134(*). Les news sont un système de conférences électroniques distribuées, dédiées à des domaines d'activités très divers. Ces conférences, appelées « groupes de news », peuvent être utilisées par les étudiants de deux façons : elles permettent à ces derniers de diffuser très largement des informations dans un domaine spécifique. Par exemple diffuser une information sur comment faire pour immigrer au Canada ou aux Etats-Unis, soit poser des questions sur le sujet. Ces actions peuvent ainsi servir de moyen de débat ou fournir de l'aide dans un domaine particulier grâce au jeu des questions-réponses135(*).

Les forums constituent des espaces de débats sociaux pour les étudiants de l'Université de Douala ; des espaces où ils peuvent avoir des informations, des réponses sur certaines questions avec des personnes qui s'intéressent au même sujet ; c'est un lieu où ils peuvent partager des opinions, découvrir d'autres points de vue et défendent leurs idées. Pour ces derniers, les forums de discussions sont une façon d'informer, parfois redécouvrir l'information différemment de ce qui est présenté dans la sphère médiatique.

Image 6 : capture de page web d'un forum

Légende : Forum de discussion sur l'immigration au Canada

Source : http://www.forum.immigrer.com

1-3. Le Web (HyperText Transfert Protocol) :

Le World-Wide-Web ou W3, encore appelé la Toile, est le plus récent des services d'information sur Internet. Il peut être présenté comme un sur-ensemble de Gopher offrant trois complémentarités importantes : HTML (Hyper Text Markup Language) qui est le format de document de WWW ; l'hypertext avec des liens vers d'autres documents ; l'URL (Uniform Ressource Locator) qui est une convention pour désigner de manière unique un document accessible (par FTP anonymous, Gopher, WWW...) sur Internet136(*).

Les étudiants de l'Université de Douala se servent du Web pour naviguer, consulter les pages, et faire des publications. Autour de l'intermédiation, l'interaction, l'interactivité et la possibilité de personnaliser les outils, le Web permet de valoriser l'accès à la culture et à l'information, de valoriser les contenus à long terme et de stimuler la création.

Ainsi, la sociabilité des étudiants de l'Université de Douala sur Internet s'opère le plus à travers les médias sociaux à l'instar de Facebook, Youtube, Badoo, Linkedin, Twitter, Google+, Viadeo, Myspace (...) au sein desquels ils se constituent des réseaux sociaux. L'adhésion à ces réseaux sociaux est considérée par plusieurs étudiants comme des effets de mode. Pour les uns, les réseaux sociaux dont Facebook par excellence, sont des espaces de convivialité et pour d'autres, des sphères de distraction et de perte de temps.

Toutefois malgré l'arrivée récente de la 3G, le débit de connexion continue de causer des difficultés à naviguer via un téléphone mobile ou une tablette numérique. Avec la lenteur du débit, seule une minorité dotée de patience fait usage de ces dispositifs généralement pour aller sur les réseaux sociaux, surtout la nuit lorsque les cybercafés sont fermés ou quand ils ont la paresse d'y aller, parfois lorsqu'ils n'en ont pas la possibilité. Pour d'autres services du Net, la quasi-totalité des étudiants recourent aux ordinateurs, à partir desquels le niveau de connexion est plus acceptable.

Après avoir confronté notre guide d'entretien au terrain camerounais et doualais, nous nous sommes rendu compte que les étudiants de l'Université de Douala vont sur Facebook pour retrouver des amis et se faire des amis, créer et adhérer à des groupes, revendiquer et sensibiliser les autres, se prévaloir en présentant ses acquis, ses oeuvres et ses biens, faire des annonces, être visible à travers une présentation de soi, faire toutes sortes de promotions, partager un évènement heureux ou malheureux, partager des contenus multimédias, publier et commenter des publications, tagger, aimer une page, une publicité (...) communiquer.

Avec Judith Donath, quand vous écoutez de près ce que les gens échangent quand ils parlent ensemble, spécialement avec leurs amis, la plupart du temps, cela n'a pas grand sens. La plupart des conversations se construisent autour de « Salut, comment ça va ? », « Qu'est-ce que tu fais ? ». Sur le mur de Facebook, on retrouve le même type d'échanges que ceux qu'on a dans la vie réelle, et cela ressemble plus à un toilettage social bien souvent qu'à un moyen de transmettre des informations importantes137(*).

En abordant le concept de toilettage social elle se réfère à Robin Dunbar, l'anthropologue, qui, dans son ouvrage Grooming, Gossip and the Evolution of Language (Toilettage, bavardage et l'évolution du langage), a dressé le parallèle entre nos interactions quotidiennes et le rôle social du toilettage chez les grands singes, à savoir maintenir les liens sociaux138(*).

Image 7 : Capture d'écran Facebook

Légende : Valorisation de la cuisine camerounaise par un étudiant de l'Université de Douala

Source : https://www.facebook.com

Les étudiants une fois connectés sur Internet, ont l'habitude de mener différentes actions via l'ouverture de plusieurs onglets et pages web, qu'ils scrutent à travers les actions de zapping à la recherche de nouvelles sensations, des offres et services qui leurs produiront plus de satisfaction et pourront leurs permettre de satisfaire leurs besoins. C'est ainsi que dans les logiques utilitaristes, d'intégration et de positionnement, ils vont également sur les réseaux sociaux professionnels tels que Viadeo et Linkedin, pour entrer en contact avec des professionnels, des formateurs, des entreprises et des potentiels recruteurs dans l'espoir de trouver un emploi, de se rapprocher des personnalités et d'avoir un carnet d'adresse relationnel imposant avec des connaissances très bien placées socialement.

De nombreux usages s'observent aussi sur les sites de rencontre (Badoo, Twoo...) dans le but de chater, draguer, se faire de nouveaux amis, partager ses centres d'intérêts et se rencontrer ; sur les sites d'hébergement des vidéos comme Youtube, où ils partagent et regardent des vidéos, font la promotion de certaines vidéos, et se divertissent.

Cela étant, ces différents usages du Web social par les étudiants de l'Université de Douala se regroupent en cinq grandes dimensions : la dimension identitaire, la dimension relationnelle, la dimension promotionnelle, la dimension revendicative et sensibilisatrice, la dimension info-communicationnelle :

Tableau 2 : Usages du Web social par les étudiants de l'Université de Douala

Dimensions

Variables

Indices

Identitaire

Facebook, Instagram, Badoo, Twoo, Youtube,

Publier les photos et vidéos sur sa personne, se prévaloir en présentant ses acquis, ses oeuvres et ses biens, tagger, aimer une page, une publicité, se présenter

Relationnelle

Linkedin, Viadeo, Facebook, Twoo, Myspace, Badoo

Retrouver des amis et se faire des amis, créer et adhérer à des groupes, publier et commenter des publications, garder le contact, trouver un emploi, l'âme-soeur

Promotionnelle

Facebook, Blog, Instagram, Youtube

Diffuser des annonces, faire la promotion culturelle ou institutionnelle, partager un évènement heureux ou malheureux

Revendicative et sensibilisatrice

Twitter, Facebook, Youtube, Forum

Faire des revendications et sensibiliser les autres, créer des mouvements, des rassemblements

Info-communicationnelle

Google, Wikipédia, Forum, portails et revues scientifiques, sites web, applications de communication (Whatsapp, Skype, Viber, Tango, Google Hangouts, Snapchat)

Rechercher les informations, échanger, partager des contenus multimédias, passer des appels, envoyer des messages (...) communiquer.

Source : L'auteur

Section 2 : Logiques d'action des étudiants dans les usages d'Internet

-- Concepts clés : logique d'action, logique de l'action collective, logique de l'usage et logique sociale :

Les origines étymologiques, nous rappellent que le terme logique qui vient du grec «logikè» signifie art ou science du raisonnement, et renvoie à l'étude des opérations de l'esprit considérées par rapport à la fin à laquelle il tend. Pour le sociologue, il s'agit d'explorer le lien entre l'intention et l'action, de retrouver la piste sinueuse des choix opérés par l'acteur et de rendre compte de ce qui les fonde... (Amblard et al. 2005, p.198)139(*).

Les concepts de « logique », « logiques d'action », « logique de l'usage » et de « logiques sociales » entretiennent de nombreuses incompréhensions ; surtout lorsqu'ils sont employés dans les domaines tels que la communication, l'économie, la politique, le social et la technique.

Ainsi, nous pouvons citer plusieurs contributions faites dans ce sillage parmi lesquelles140(*) : les travaux sur l'acteur stratégique (M. Crozier et E. Friedberg) ; l'acteur social-historique, en référence à la sociologie de Pierre Bourdieu ; l'acteur identitaire (R. Sainsaulieu) ; l'acteur culturel (P. d'Iribarne) ; l'acteur groupal (R. Kaes, D. Anzieu) ; l'acteur pulsionnel, théories socio-psychanalytiques ( Eugène Enriquez). Les travaux sur la logique de l'usage (Jacques Perriault), la logique de l'action collective (Mancur Olson), la sociologie de la régulation (J.-D. Reynaud), l'économie des conventions (Eymard-Duvernay et al.), les économies de la grandeur (Boltanski et Thévenot) et la sociologie de la traduction ou théorie de l'acteur-réseau (M. Callon, B. Latour) pour ne citer que ceux-là.

Avec Bernard Miège, la « logique sociale » essaie de mettre en évidence un certain nombre de phénomènes relativement nombreux, qui structurent le champ de la communication aujourd'hui141(*). Pour ce dernier, les logiques sociales à l'oeuvre dans ce champ constituent des « Mouvements de longue durée, portant aussi bien sur des processus de production-consommation, que sur des mécanismes de formation des usages ». Pour l'auteur, les logiques sociales sont non seulement au coeur de l'industrialisation et de la commercialisation des biens, y compris au centre des usages qui découlent de ces biens.

Mancur Olson, dans ses travaux sur la sociologie des groupes et des mouvements sociaux, fait plutôt référence à la « logique de l'action collective » qu'il aborde sous l'angle de l'économie. Sa perspective repose sur le postulat selon lequel, les individus sont des décideurs rationnels et conscients, dont les actes sont influencés par les coûts et les bénéfices qu'ils associent aux différentes options qui se présentent à eux dans une situation donnée142(*).

Pour ce dernier, quand les membres d'un groupe social ont un objectif commun dont la réalisation serait profitable à tous, ce groupe agira collectivement pour défendre les intérêts partagés par ses membres (...) mais au contraire, des individus rationnels guidés par leur propre intérêt n'agiront pas de cette manière, sauf si des incitations spécifiques les incitent à le faire. Olson ressort ainsi dans le deuxième cas, la position rationnelle qu'a un individu égoïste qu'il nomme celle du « passager clandestin » (free rider) : celui-là qui profite du bien collectif sans investir pour le produire143(*).

Quant à la « logique d'action », elle est abordée pour accéder aux comportements des acteurs dans une vision de dépassement du dualisme acteur/système, dans la revendication de la prise en compte des multiples dimensions de l'action qui entretiennent des proximités. Pour les tenants de cette approche, il est question de prendre en compte le lien entre l'intention et l'action, de retrouver les mobiles ondoyants des choix opérés par l'acteur et de rendre compte de ce qui fonde ces choix.

Ces trois concepts clés explorent l'intention et le sens qu'un acteur donne à son action et servent dans notre travail à dépasser le dualisme acteur/système, pour saisir les mobiles qui sont à l'origine de toute action.

Avec Jacques Perriault, la « logique de l'usage » est la construction par l'individu du choix d'un instrument et d'un type d'emploi pour accomplir un projet. Les critères de choix possibles revêtent des valeurs différentes en fonction de multiples facteurs liés à la personne et aux contextes : affectifs, psychologiques, cognitifs, culturels, sociaux. La logique de l'usage proprement dite est le schéma qui articule ces caractéristiques en vue de l'action suivante : utiliser un instrument pour un projet déterminé (...)144(*)

Pour l'auteur, la notion de logique de l'action tente d'expliquer : la représentation au sens de Maurice Godelier145(*) (elle relie la perception et la compréhension d'un objet en fonction de la culture, la légitimation de cette nouvelle connaissance, la classification et la production de nouvelles connaissances) ; la norme sociale de l'usage (l'usage est relié à la société) ; la niche d'usage (l'outil trouve un rôle au terme d'un processus d'ajustement, de durée très variable) ; la construction d'un projet (le choix d'un instrument et de sa fonctionnalité et les raisonnements mis en oeuvre qui aboutissent tantôt au respect du mode d'emploi, tantôt au détournement, ou encore à la substitution ou à l'abandon), l'empreinte de la technique146(*) (l'utilisateur accumule et travaille une expérience, lorsqu'il utilise une machine)147(*).

2-1. Les logiques d'usages d'Internet :

· La logique utilitariste

Cette logique regroupe en son sein d'autres raisonnements : les logiques de légitimation, d'appartenance et d'info-communicationnelle.

Les étudiants recourent d'abord à Internet, dans le but de satisfaire leurs besoins. Ce comportement intéressé s'observe dans les actions de sélection des contenus, de zapping d'une page ou d'un site à un autre en accordant le temps et l'intérêt au plus offrant et au plus satisfaisant.

Dans une logique d'ensemble ou utilitariste, ces derniers recourent à la Toile, pour échanger et discuter (réseaux sociaux, applications et logiciels de communication), pour obtenir des informations (recrutement, newsletter, nouveautés sur les produits, magazine online, TV en ligne), bénéficier des offres (jeux, concours, promotions) ou obtenir un statut (appartenir à une communauté virtuelle et recevoir des notifications) et des services (faire des achats et transactions en ligne).

· La logique de communication

Internet va au-delà de la simple transmission des informations ; en ce sens, contrairement à certains médias classiques et traditionnels, le Net à travers le paradigme de la convergence entre l'informatique, l'audiovisuel et le multimédia, fait partager et communier, favorise la création, et la diffusion des contenus qui sont produits par les usagers.

Les usages et pratiques d'Internet chez les étudiants de l'Université de Douala, sont fortement inscrits sur les réseaux sociaux : faire la veille relationnelle (savoir ce que font leurs amis et leurs contacts), promouvoir les associations ethniques, religieuses et idéologiques sur les réseaux sociaux (Le groupe de tous les Bétis, Bana Ba Sawa...) faire des rencontres amicales (Facebook...) et amoureuses pour d'autres (Badoo, Twoo...). Ensuite vient l'utilisation massive des applications et logiciels gratuits d'appels audio comme visio, de chats vidéo, sms, envois des photos tels que Skype, Viber, Whatsapp, Instagram, Google Hangouts, Yahoo Messenger (...) cela à partir d'un ordinateur, d'un téléphone portable ou d'une tablette.

Nous nous rendons compte que les étudiants au Cameroun recourent à Internet, plus pour une logique communicationnelle qu'informationnelle.

· La logique de positionnement

Cette logique engage l'identité et l'image des étudiants. Elle s'inscrit en filigrane dans les stratégies de communication en ligne, c'est le fil conducteur des autres logiques148(*). Elle fédère l'usage et l'appropriation d'Internet ; elle induit le social et le culturel dans le positionnement de l'individu, à travers de nombreuses actions sur la Toile telles que s'inscrire dans les sites ou les pages web des organisations publiques ou privées pour bénéficier des offres et des services.

C'est le cas pour de nombreux étudiants qui s'inscrivent sur les sites professionnels dans l'espoir de trouver un emploi, sur les pages des entreprises afin de bénéficier de certains logiciels et applications gratuites et sur les sites de rencontre espérant trouver l'âme-soeur ou des amis.

· La logique d'intégration

Cette logique s'inscrit dans l'intégration des TIC, à ce niveau s'effectue une sorte de négociation entre les usagers et la technologie, cette négociation peut aboutir par le rejet ou par l'adoption de l'artefact qui est issue de la persuasion. Le degré d'intégration chez les étudiants de l'Université de Douala se traduit à travers la banalisation des techniques d'usage, l'hybridation des pratiques, et l'inventivité dans l'appropriation à travers les pratiques culturelles propres au contexte camerounais.

La logique d'intégration des étudiants de l'Université de Douala s'observe aussi à travers les actions menées sur le Net dans un but de reconnaissance, d'appartenance et d'identification à une sphère, afin de sortir de l'anonymat, d'être vus, connus et acceptés par d'autres.

2-2. Enjeux et défis des usages d'Internet :

Vues les conditions de vie et la non capacité pour bon nombre de dépendre de leurs propres revenus, les étudiants au Cameroun de tous âges, vivent généralement sous le toit familial et sous la charge de leurs parents ; les dépenses liées à Internet impactent directement les habitudes économiques de la famille et les rapports sociaux entre les membres.

Les parents, pour l'épanouissement de leurs progénitures par les études, consentent des sacrifices financiers au point de réduire les dépenses ménagères, voire de se priver ; afin d'octroyer de l'argent à leurs enfants pour satisfaire les besoins liés au numérique, tels qu'aller naviguer ou, faire la recherche en ligne sur les données scientifiques, bien que la plupart du temps la navigation sur Internet soit attachée à d'autres usages n'ayant aucun rapport avec la recherche scientifique. Certains étudiants ne pouvant pas bénéficier de ces sacrifices familiaux, épargnent leurs propres revenus pour s'offrir quelques heures de plaisir (de connexion à internet).

Ces actions sont consenties parce que pour ces derniers, Internet représente plusieurs enjeux : la diffusion et la production des connaissances, qui permettent aux étudiants « d'exploiter des documents liés à leurs études » ; le Net leurs permet aussi de se « rapprocher des amis, de se faire des amis sans se déplacer », « d'échanger avec des connaissances sans tenir compte des frontières », « de voir ce qui se fait ou se passe dans le monde » et « de trouver également des réponses à de nombreuses problématiques pouvant nous turlupiner dans plusieurs aspects de la vie » nous affirment certaines étudiants.

Pour d'autres, Internet « est un allié essentiel », c'est « un outil qui permet de combler leurs besoins informationnels ». Mais au-delà de ces enjeux, les usages d'Internet au Cameroun connaissent de nombreux défis : malgré l'avènement de la 3G, les utilisateurs ne parviennent pas à tirer pleinement profit des avantages qu'offre Internet, car le défi majeur est lié à la qualité de la connexion, généralement lente, pour ouvrir certaines pages web ou télécharger les documents voire parfois envoyer un mail. Il faut attendre longtemps et parfois ces actions se soldent par des échecs à cause de la mauvaise qualité du réseau.

Mais, le manque d'argent qui est le premier frein. Les prix d'accès à Internet continuent à être au dessus des moyens des étudiants et même des Camerounais disposants des revenus modestes, et ces problèmes financiers participent aux écarts dans les usages et pratiques d'Internet et ralentissent la maîtrise des artéfacts technologiques. En plus, les coupures intempestives du courant électrique représentent une frustration dans les usages d'Internet, puisque les dispositifs techniques de connexion à Internet sont régulièrement alimentés par l'électricité.

Section 3 : Stratégies estudiantines dans les différents usages d'Internet

3-1. L'accès à Internet :

Les étudiants au Cameroun vont généralement dans des cybercafés, où ils doivent acheter des heures de connexion pour avoir accès à Internet. Les prix s'appliquent par endroit, mais communément il est question de près d'un euro pour deux heures et près de deux euros pour cinq heures.

En plus des cybercafés, d'autres étudiants accèdent par défaut à Internet à travers leurs téléphones mobiles et leurs tablettes numériques grâce aux services proposés par les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun. Les plus nantis s'offrent des clés Internet pour pouvoir se connecter à un ordinateur soit au domicile, soit à l'école ou dans tout autre lieu.

3-2. L'appropriation du Net : du bricolage au détournement :

Pour s'adapter, bricoler et s'approprier Internet, les étudiants au Cameroun organisent leur temps autours des choix spécifiques, et des besoins immédiats avant d'aller sur le Net. Etant donné que les heures de connexion sont payantes et hors de leur portée, les étudiants réservent de l'argent en fonction de ce qu'ils iront faire dans cet espace virtuel.

Généralement, pour des raisons financières ils ouvrent plusieurs comptes clients dans différents cybercafés pour bénéficiers des offres, et cela en fonction des actions à mener sur la Toile. De nombreux cybercafés pour attirer et fidéliser la clientèle, proposent des ouvertures de compte avec pour bonus, dix heures de connexion à raison de près de deux euros ; une offre alléchante qui permet d'obtenir le double des heures de connexion au même prix avec pour inconvénient l'ouverture du compte client dans ce cybercafé.

C'est ainsi que nombre d'étudiants déploient des ruses pour bénéficier des offres et services proposés. Pour des actions jugées moins capitales à l'instar du divertissement, ou aller sur Facebook pour aimer et commenter les publications, ils vont dans des cybercafés moins coûteux avec un faible débit de connexion à Internet. Pour des tâches urgentes comme envoyer un courriel, postuler en ligne pour un emploi, faire de la recherche pour un travail académique ou échanger avec une personne proche vivant hors du pays sur Skype, Viber (...), ils vont dans des cybercafés plus coûteux avec un débit de connexion moins faible.

D'autres stratégies sont également mises sur pied : ainsi, aller régulièrement sur Internet durant un temps très réduit pour consulter uniquement ses mails et les notifications. A travers les formes de braconnage, un ticket acheté par un étudiant pour se connecter à Internet est le plus souvent utilisé plusieurs fois jusqu'à épuisement des heures de connexion, ce même ticket peut également être donné à une autre personne (ami, camarade, proche...). Une stratégie qui permet d'économiser de l'argent, les heures de connexion et « être à la page » avec le reste du monde.

De plus, par solidarité les étudiants ayant des forfaits Internet depuis leurs téléphones mobiles et des clés Internet commercialisés par les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun149(*), et font souvent bénéficier leur entourage en partageant la connexion avec des camarades de classe, les membres du même groupe de travail voire les amis proches. Des actions qui permettent de renforcer les liens entre amis, camarades et voisins même si ces liens sont bâtis sur des intérêts. A partir de ces forfaits Internet depuis leurs téléphones mobiles ou des clés Internet, ils peuvent se connecter dans d'autres espaces publics et privés que les cybercafés.

Cela étant, l'usage et l'appropriation d'Internet chez les étudiants au Cameroun laissent affleurer de nombreuses pratiques sociales et culturelles. Autrefois, l'élément qui permettait généralement de garder et d'entretenir les relations à distance entre les jeunes au Cameroun était le numéro de téléphone. De nos jours par effet de mode et avec la gente féminine, il est question de Whatsapp, Viber, Skype, Instagram, Facebook, et Messenger pour ne citer que ceux-là. Des applications, logiciels, médias et réseaux sociaux de satisfaction ont poussé cette dernière à se doter, de préférence aux ordinateurs prisés par le sexe masculin, de téléphones portables et de tablettes de dernière génération pour mieux apprécier la convergence numérique et mener des pratiques hybrides.

C'est ainsi que certaines pratiques d'Internet ont évolué. Désormais la recherche de l'âme-soeur sur Internet par certaines étudiantes qui continue d'être d'actualité, ne se fait plus uniquement dans les cybercafés comme l'affirmait Baba Wame dans sa thèse de doctorat150(*) ou seulement par le l'intermédiaire d'un ordinateur. Les dispositifs numériques info-communicationnels tels que les téléphones portables évolués et les tablettes numériques permettent dorénavant à certaines étudiantes à la recherche de l'âme-soeur, de traverser les barrières spatio-temporelles et psychologiques. Car, loin d'aller dans les cybercafés et box pour mener des actions taboues et séductrices, avec la crainte d'être vues et entendues par d'autres internautes partageant la même sphère, elles peuvent faire à partir d'un téléphone portable ou d'une tablette numérique ce qu'elles veulent, où elles veulent en toute intimité.

De nombreux étudiants au Cameroun font également de la recherche informationnelle sur Internet pour des raisons d'immigration, dans l'intérêt de trouver une école plus moderne, afin de bénéficier d'une formation meilleure ou de trouver du travail au-delà des frontières. Si le nomadisme par la mer/océan et par la terre/route s'avère périlleux, le comble ce sont les loteries américaines et canadiennes qui suscitent de nombreuses participations des étudiants(es) au Cameroun, nourris par l'espoir d'obtenir une green card (carte verte) pour les Etats-Unis ou une carte de résident permanent pour le Canada, afin de voyager légalement, se faire une nouvelle vie et de nouveaux projets.

En sus, chez la gente masculine une pratique gagne du terrain dans les usages du Net : se servir d'Internet pour faire des sondages, des pronostics et des cotages des matchs destinés aux paris sur le football communément appelés « parifoot » ; une activité célèbre au Cameroun, qui encourage les jeunes à s'adonner aux jeux de hasard et à penser leur avenir en terme de gains. Pour autant, le chômage et le sous-emploi ont crée du désespoir chez les jeunes moins patients et moins entreprenants, qui préfèrent miser leurs subsides au point de se priver dans l'espoir de gagner gros, remporter « la cagnotte » ou le « jackpot ». Un gain incertain qui permettra non seulement d'obtenir un retour sur investissement mais aussi de tirer quelques bénéfices. C'est ainsi qu'Internet est devenu un partenaire qui leurs permet de faire, par le biais d'un ordinateur des sondages, des pronostics en comparant les matchs précédents afin de choisir les équipes « dites favorites » et de miser en toute espérance.

Chapitre IV : Internet. Réalité(s) hybride(s), reproduction sociale et simulation

Section1 : Promesses des interfaces numériques

1-1. Internet, un espace de médiation et de remédiation : la convergence numérique et l'hybridation des pratiques :

Internet plus qu'un multimédia est un plurimédia, en ce sens qu'il contient virtuellement tous les autres médias (...) ainsi que tous les nouveaux médias qu'on peut obtenir par la combinaison de plusieurs d'entre eux151(*) ; ce qui permet d'effectuer par le biais de la convergence numérique, une remédiation des pratiques sociales.

La convergence est le fruit de la numérisation des contenus (films, images, audio, vidéos, textes...), des technologies (réseau hertzien, câble ou réseau satellite, réseau ADSL, fibre optique...) et des médias (télévision, radio, presse écrite, Internet...) dans un même format et stockés, lus, vus, écoutés à partir de n'importe quel dispositif technique (ordinateur, Smartphone, Tablette numérique...)152(*),153(*).

Cette convergence numérique entraine continuellement l'hybridation des pratiques chez les étudiants de l'Université de Douala. Une hybridation qui s'opère à travers la substitution et le greffage des pratiques préexistantes sur un espace nouveau à partir duquel émerge l'innovation. C'est ainsi que l'ordinateur substitue le magnétoscope en possédant un lecteur (DVD, VCD, CD), le calendrier support papier en support numérique, et s'adapte en dispositif pour passer les appels audiovisuels, envoyer les sms, ou visionner les vidéos. Le téléphone mobile quant à lui permet d'intégrer l'horloge et la montre à bracelet, les baladeurs et lecteurs audio, vidéo (MP3, MP4), l'agenda, la calculette en calculatrice numérique, le dictaphone en microphone, l'appareil photo, la radio et la télévision mobile, voire le GPS (...)

Avec Internet, la convergence numérique permet également aux étudiants de l'Université de Douala de créer des contenus multimédias en étant à la fois acteurs et spectateurs, de substituer la dimension spatio-temporelle en étant absents physiquement, mais présents virtuellement, de mener leurs activités en ligne sans toutefois se déplacer et subir des embouteillages, lorsqu'ils font des achats ou cherchent à bénéficier de services.

1-2. L'imaginaire dans la construction d'une culture planétaire :

Nous ne saurons aborder les notions d' « imaginaire » et d' « utopie » dans la construction d'une culture planétaire sans parler d'Harold Innis et de Marshall Mc Luhan.

Si les deux auteurs canadiens sont restés fascinés par des sociétés du passé, Mc Luhan par le Moyen-âge et les sociétés tribales, Harold Innis par le siècle d'or de la Grèce de Périclès, l'oeuvre de chacun répond à des questions, à des préoccupations spécifiques, à un projet propre154(*). Innis a essayé de déterminer les conditions de l'équilibre et de la pérennité des sociétés, des empires, des civilisations qui selon lui se regroupaient en un empire mondial. Mc Luhan a tenté de comprendre les causes, le sens et la direction des mutations consécutives à l'invention de nouveaux médias et de leur impact sur la vie des hommes et des femmes modernes, ou post-modernes si l'on préfère155(*), à travers lesquelles il a prédit un village planétaire.

Dans notre étude, nous nous inscrivons dans une démarche critique envers tout déterminisme technique ou technologique et toute idéologie qui soutient la thèse d'une culture planétaire. A travers notre étude de terrain menée sur les usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun, plus précisément ceux de l'Université de Douala, nous nous sommes rendu compte qu'il existe une rupture dans la construction d'une culture planétaire ou commune aux internautes.

Car, le problème de la fracture numérique dû au retard pris par les pays dépourvus en infrastructure de pointe en télécommunication comme le Cameroun, présentent sans doute l'inégale répartition des populations connectées, entre les villes, également entre les étudiants appartenant à une même ville et à une même Université. Ces inégalités dans la culture numérique au Cameroun s'observent tant au niveau du sexe, de l'appartenance sociale, ethnique qu'au niveau des compétences personnelles. Et comme le précise Manuel Castells, « la fracture numérique ne se mesure pas seulement au nombre de connectés, mais aux effets simultanés de la connexion et de la non-connexion ». Pour lui, les infrastructures de télécommunication sont un enjeu aussi important que les « vrais problèmes » du tiers-monde que sont l'éducation, la santé ou l'accès à l'eau156(*).

Nous constatons avec Patrice Flichy que, l'imaginaire Internet renvoie à de nombreux thèmes de l'univers culturel américain : celui de la « frontière », qui incline à voir dans le cyberspace un territoire à conquérir, celui de la communauté ou encore de la liberté individuelle157(*).

Des propos similaires tenus lors de l'avènement de l'électricité, qui allait apporter « la connaissance » avec la lumière, ou des chemins de fer qui allaient apporter « l'association universelle » avec le rapprochement des distances physiques. Aujourd'hui, on tient le même type de propos avec l'Internet et les techniques d'information et de communication, qui apporteraient l'intelligence collective, comme un véritable cerveau planétaire158(*).

Pourtant nous vivons un paradoxe sur la question des frontières. Depuis la chute du mur de Berlin, l'ouverture, la libre circulation, le village global passe pour l'horizon indépassable du progrès, qu'il soit politique, économique ou culturel. C'est dans ce sillage qu'Internet est devenu le symbole de cette idéologie du décloisonnement généralisé. Cependant, il n'y a jamais eu autant de contrôles, de blocages, de censures, de quotas, un peu comme si les frontières étaient des hydres : pour un mur abattu, on en érige deux nouveaux159(*).

En outre, loin du partage d'une même culture, nous observons les regroupements des Internautes sur la Toile selon les goûts, les centres d'intérêts et les appartenances. Nous pouvons citer la construction des forums de discussions spécialisés, des communautés ethniques, tribales, religieuses, intellectuelles ou idéologiques. Cette sanctuarisation des frontières endogènes à Internet avec la construction des groupes privés, permet de s'interroger sur la thèse d'une culture globale et même celle d'Internet comme espace public virtuel planétaire.

Enfin, en filigrane des services qu'offre Internet se trouve dissimulée une forte idéologie basée sur l'économie et la surveillance permettant ainsi de localiser, cibler et agir plus facilement sur les internautes. Des actions qui consolident la thèse de Patrice Flichy que nous partageons largement : c'est d'autant plus regrettable que « la prolifération des utopies, l'abondance des discussions et des controverses sont les conditions pour qu'une société s'approprie une nouvelle technique, la fasse sienne, l'intègre dans sa vision d'avenir »160(*).

Section 2 : Dimensions économiques et formes de sociabilités de la « Toile »

2-1. Les concepts de « connectivity » et « connectedness » : entre sociabilité, commercialisation et info-marchandisation des données numériques :

En parlant de « connectivity » et « connectedness » nous mettons en exergue l'interactivité et les interactions des usagers, en pareil occurrence des étudiants de l'Université de Douala avec les outils techniques qui permettent d'assurer la connexion et l'accès à Internet, y compris les différentes actions et contacts réalisés au sein du cyberespace.

Le concept de « connectivity » renvoie dans notre étude à la dimension technique de la connexion, c'est la liaison entre deux périphéries informatiques. La connectivité dans ce sens est la possibilité pour un usager de se connecter à Internet, par le biais des dispositifs techniques tels que : l'ordinateur, les téléphones mobiles et les tablettes numériques, que se soit par fil, wifi ou par la puce d'un opérateur de téléphonie mobile.

Le concept de « connectedness » dans ce travail se rapporte à la connexité sur Internet, qui est le fait d'être toujours connecté. Elle établit sur Internet une présence et une liaison continuelle, sans rupture dans cet espace virtuel ; c'est l'exemple typique des réseaux sociaux (Facebook) où l'internaute est sur la Toile, même si physiquement il est absent et n'est pas actif devant son écran. Ce concept se rapporte à la dimension sociale et marchande du Net, octroyant la possibilité aux individualités et collectivités de communiquer.

Nous nous attarderons sur le « connectedness » qui constitue aujourd'hui un enjeu majeur de la sociabilité sur Internet, la commercialisation et l'info-marchandisation des données numériques des usagers. Car à côté de nombreux avantages et satisfactions que produit le Net tels que naviguer sur la Toile, créer des profils sur les réseaux sociaux, faire des achats et des transactions en ligne, bénéficier des offres et de la gratuité de certains services (...) il existe des contraintes qui constituent des menaces pour la vie privée des étudiants de l'Université de Douala, y compris celle de la quasi-totalité des internautes de la planète.

A l'heure de l'économie numérique, la marchandisation des données personnelles sur Internet est qu'on le veuille ou non, devenue une réalité. La collecte d'informations nominatives est un principe obligatoire de fonctionnement pour tout site commercial, social, professionnel voire académique. Elle s'accompagne souvent d'une revente de tout ou d'une partie de ces données, afin de garantir la rentabilité de son activité on-line. Pour certains sites c'est même devenu la seule raison d'être161(*). Lorsque les internautes font usages d'Internet, il s'effectue une sorte de récolte de données personnelles à travers la traçabilité des informations qu'ils donnent parfois sans le savoir.

De plus cette récolte des données est obligatoire lorsqu'il s'agit de connaître le nom et les coordonnées d'un client pour lui faire parvenir sa commande ; elle est nécessaire lorsqu'il s'agit d'engager une démarche de personnalisation. Et en demandant à l'internaute de fournir au site des informations sur ses centres d'intérêts, il devient de ce fait possible de lui proposer des produits et des services adaptés162(*). Malheureusement ces centres d'intérêts, goût et points de vue issus le plus souvent des relations sociales sont utilisés et vendus par les acteurs institutionnels du Web (sites de recherche, de rencontre, de sociabilité, sites professionnels, d'entreprises) comme des info-marchandises. Cela à partir de la géolocalisation, les échanges de fichiers des usagers, le profiling, le publipostage, l'algorithme (...) qui constituent un fichage organisé et géré par les professionnels et structure une part considérable des activités de l'économie numérique.

Ces actions sont le fruit de l'application des méthodes du marketing de masse et de proximité sur Internet qui ont fondé un système de récolte des données pour garantir la rentabilité des entreprises Web. Parmi ces méthodes nous pouvons énumérer163(*) :

Le marketing one to one qui permet d'établir une relation personnalisée entre l'entreprise et l'internaute. A travers cette relation, l'entreprise propose des offres et services en rapport avec les centres d'intérêts de l'internaute, dans l'optique de le faire passer du statut de prospect ou d'acheteur occasionnel, à celui de fidèle client.

Le permissible marketing qui consiste à obtenir l'autorisation de l'internaute pour établir une communication et entretenir la relation en envoyant des offres commerciales pertinentes.

La gratuité sur Internet qui se rapporte aux services gratuits pour permettre l'adoption en masse du service par les internautes, dans le but d'acquérir une audience importante à vendre aux annonceurs. En même temps transformer progressivement le service gratuit en service payant.

La marchandisation des données personnelles par les internautes aux structures telles que : EasyPanel, mysurvey, panelopinea, Maximiles (...) qui gagnent de l'argent grâce aux annonceurs à qui elles revendent les informations qu'elles détiennent sur les internautes. Toutefois, ces informations sont recueillies directement auprès des internautes qui échangent les informations sur leur vie contre des points, avec lesquels il est possible de bénéficier des produits, des biens et de services dans les magasins, boutiques et supermarchés.

A ce titre, le public (audience anonyme) est une cible, une image, un contact, un prospect (potentiel client) que les acteurs institutionnels du Web vendent d'une part aux annonceurs pour faire monter les prix des publicités diffusées sur leurs pages web, soit qu'ils vendent d'autre part à certaines industries créatives qui ont besoin d'adapter leurs produits et de les proposer directement aux usagers en fonctions de leurs profils virtuels. Ces actions menées permettent de comprendre avec plus de clarté que derrière la sensation de la gratuité des services d'Internet, se trouve une commercialisation identitaire. Si les internautes ne paient pas financièrement pour bénéficier de certains services sur Internet, c'est parce qu'il y'a une sorte de paie tacite compensatoire : celle de la vente des informations sur leurs identités164(*).

2-2. Internet comme démocratie paradoxale : Surveillance sur la « Toile », contrôle social et géolocalisation

De nombreux étudiants considèrent Internet comme un espace de liberté et de gratuité et d'autres comme une entreprise à but lucratif et un centre commercial sous-contrôle. Sans toutefois exclure les actions de liberté régulièrement converties en libertinage (injures et pratiques perverses sur les réseaux sociaux), les actions de promotion et de fichage présentées dans la gratuité (exemple : pour accéder à nos services gratuits veuillez permettre à l'application d'avoir accès à vos données personnelles), les cookies, la surveillance, le contrôle social et la géolocalisation (exemple : nouvelle connexion établie à partir de...) sur Internet tendent à consolider la deuxième thèse qui englobe nécessairement la première, c'est-à-dire : celle d'une liberté surveillée.

Toutefois comme le souligne Richard Godin, il faut reconnaitre d'une part le Net comme un espace de délibération virtuel et de pratiques démocratiques à travers lequel ont émergé : cyberactivisme, cybercitoyenneté, cybermobilisation, cyberprotestation165(*). Avec Jean-Rémi Gratadour, le succès d'Internet réside dans le fait qu'il permet aux166(*) usagers qui sont à la fois spectateurs et acteurs d'être actifs là où les autres médias les rendent passifs167(*). Dans ce sillage, le Net favorise le développement des industries créatives en mettant l'accent sur l'intermédiation c'est-à-dire, permet de démocratiser l'accès à la culture et à l'information, de valoriser les contenus sur le long terme, et de stimuler la création.

C'est d'ailleurs sur ce point de vue philanthropique connu de tous, que nous nous appuyons pour mettre sous les projecteurs d'autres pratiques contraignantes qui érigent aujourd'hui Internet comme une démocratie paradoxale.

Garnier Franck nous rappelle que la nature même d'Internet rend inévitable la collecte d'informations sur les utilisateurs. En effet, comme il ne peut y avoir de contact direct avec les clients potentiels, il est indispensable d'obtenir des informations sur eux168(*). Par conséquent, collecte de données sur les internautes, référencement des données personnelles dans les moteurs de recherches, géolocalisation en continu des usagers d'applications mobiles et numériques présentent une unitransparence. Car, les internautes sont transparents envers le système, mais le système ne l'est pas pour eux ; dans cette dimension relationnelle moins démocratique, l'internaute est contrôlé mais ne peut pas contrôler le contrôleur.

Plusieurs mécanismes consolident la notion de « discipline » sur Internet. Pour illustration, le code Internet Protocol (IP) permet d'identifier, de reconnaitre celui qui s'est connecté et de retracer toutes ses actions dans le réseau, certains usagers soucieux de naviguer en tout anonymat se voient dans l'obligation de télécharger sur Internet en toute légalité les logiciels tels que Tor, Tuxler, IP Hide (...) qui permettent de brouiller le traçage et la localisation pendant la navigation. En outre, lorsque un internaute veut se connecter à un site web, être membre d'une communauté, ou faire usage de certains logiciels et applications, il lui est présenté une politique de confidentialité qu'il est obligé de respecter pour bénéficier du service ou y adhérer.

Ainsi, nous abordons les relations de pouvoir sur Internet non pas au sens de Karl Marx pour qui le pouvoir est une question de propriété, de classes sociales169(*). Mais au sens de Michel Foucault170(*) à travers une dimension plurielle : celle de la relation de pouvoir entre les Hommes sur Internet et celle de la relation de pouvoir entre les Hommes et les dispositifs contraignants qui sont les institutions du Web.

Au sein du réseau, le pouvoir moderne est fondé sur la visibilité du citoyen et est constitué par trois éléments : les sujets (sites de recherches, sites de sociabilité, les industriels et le public), les outils (textes, vidéos, sons, images) et un objet (l'esprit de l'internaute, agir sur son comportement, ses affects et le pousser à l'adhésion, à l'action) 171(*).

Les étudiants de l'Université de Douala faisant déjà face à d'autres difficultés telles que les problèmes financiers pour aller sur Internet, la mauvaise qualité du débit de connexion et les coupures intempestives du courant électrique, n'ont pas la possibilité de se poser certaines questions ou de faire face aux effets contraignant du Net. Une fois connectés sur Internet, ces derniers ne se préoccupent qu'à satisfaire leurs besoins immédiats peut importe les conditions d'accès, d'adhésion ou de fidélisation.

Section 3 : Représentations des usages d'Internet

Nous avons choisi résumer les représentations et perceptions des usages d'Internet chez les étudiants des cycles LMD afin d'éviter les redondances.

2-1. Perceptions des étudiants du cycle Licence :

Les étudiants du cycle Licence c'est-à-dire des niveaux 1, 2 et 3, perçoivent Internet comme une solution importante pour leurs carrières et leurs formations à distance ; c'est un espace qui leurs permet de réaliser des projets personnels et collectifs. Pour ces derniers Internet est un lieu où ils peuvent obtenir l'information en temps réel, « être à la page » quant aux nouvelles évolutions dans le monde, se rapprocher de la famille éloignée et des amis.

Nous constatons que les étudiants du cycle Licence accordent une grande crédibilité à Internet, et sans véritable remise en cause ils continuent à croire à la dimension salvatrice du réseau des réseaux.

2-2. Perceptions des étudiants du cycle Master :

Pour les étudiants de Master Internet est une fenêtre ouverte au monde qui permet de briser les barrières, et pour certains de se retrouver en plein dans le village planétaire. Pour ces derniers le Net est un vivier d'emplois (trouver des jobs, des stages académiques et professionnels), un espace par excellence de transaction et de divertissement (faire du shopping, regarder des films, écouter de la musique), c'est un lieu où ils peuvent également trouver des réponses à de nombreuses problématiques sur la vie.

Nombre d'étudiants de Master perçoivent Internet comme un espace qui favorise les rencontres (amoureuses et amicales) et la liberté d'expression, bien qu'elle se traduise le plus souvent en libertinage (injures, condescendance, manque de respect à autrui au nom de la liberté d'expression). Pour d'autres, Internet constitue tout simplement une plus-value dans l'acquisition des connaissances et leurs permet d'être plus créatifs, performant dans les domaines académique et professionnel. Ils se servent aussi de la Toile pour élargir leurs réseaux relationnels.

Contrairement aux étudiants du cycle Licence, ceux de Master ont des perceptions très variées, certains croient au déterminisme d'Internet pour leur vie et d'autres se servent d'Internet comme outil complémentaire dans l'acquisition des connaissances, la réalisation des projets et la satisfaction des besoins.

2-3. Perceptions des doctorants :

Pour bon nombre de doctorants de l'Université de Douala, Internet est un couteau à double tranchant qui permet l'évasion et l'aliénation des internautes, à travers d'une part les sites de rencontres et les réseaux sociaux où les individus se comportent comme des marques qui se positionnent dans un marché. Et d'autre part, le volet relationnel entre les hommes et la dimension encyclopédique de cette espace, qui permet aux apprenants et chercheurs d'entrer en possession de la documentation nécessaire.

Contrairement aux étudiants des cycles Licence et Master, les doctorants ont une perception plus critique d'Internet, bien qu'ils lui reconnaissent aussi une dimension importante. Pour eux, Internet devrait être utilisé en cas de nécessité, de manière complémentaire aux autres tremplins de communication et non comme une panacée ou comme un outil miracle.

TROISIEME PARTIE :

CADRE REGLEMENTAIRE REGISSANT LA COMMUNICATION ELECTRONIQUE AU CAMEROUN ET PRESENTATION DES RESULTATS

« (...) le chercheur ne doit pas se porter uniquement sur la sophistication de l'analyse : il est fondamental dans l'enquête de recueillir des données adaptées et pas trop biaisées et de savoir en tirer parti »172(*)

Chapitre V : Cadre réglementaire de la communication électronique au Cameroun

Section 1 : Les acteurs de régulation de la communication électronique au Cameroun

1-1. Les forces sociales en présence :

Plusieurs acteurs interviennent dans le secteur de la communication électronique au Cameroun. Notamment l'Etat et ses institutions, les opérateurs de téléphonie mobile, les fournisseurs de services, les clients et utilisateurs.

A) Les acteurs institutionnels :

A-1. L'Etat du Cameroun :

- La Présidence de la république : il définit et oriente la politique nationale en matière de Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) en général ;

- Les services du Premier Ministre qui sont chargés du suivi, c'est-à-dire qui assurent la mise en oeuvre de la politique nationale.

- Le Parlement : L'Assemblée Nationale légifère dans le secteur et le contrôle de l'action gouvernementale.

- Le MINPOSTEL : le Ministère des Postes et Télécommunications est chargé de la supervision, de la réglementation, de l'élaboration de la politique et des études sectorielles. Il joue un rôle fondamental dans la mise en place et l'évaluation de la politique gouvernementale dans le secteur. Il contribue également au développement des infrastructures et gère le spectre des fréquences au nom de l'État.

- L'ART : L'Agence de Régulation des Télécommunications, crée en 1998 est l'institution publique chargée particulièrement de la régulation, du contrôle et du suivi des activités du secteur des télécommunications. Cette agence permet de gérer le règlement des conflits entre les opérateurs du secteur notamment les questions relatives à l'interconnexion ou l'accès au réseau de télécommunication, la numérotation, l'interférence des fréquences et le partage des infrastructures. Elle est placée sous la tutelle du MINPOSTEL.

- L'ANTIC : L'Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication créée en 2002 par décret numéro 2002/092 du 08 Avril 2002. Elle a pour mission de promouvoir et de suivre l'action gouvernementale dans le domaine des Technologies de l'Information et de la Communication.

L'ANTIC est l'autorité de certification Racine (certificat d'autorité de certification auto-signé) chargée de la régulation des activités de sécurité des réseaux et systèmes d'information, et de celles relatives au développement des TIC. Elle est placée sous la tutelle directe de la Présidence de la République.

A-2. Les entreprises de télécommunication :

Nous recensons les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun et les fournisseurs de services :

-- Les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun :

1- CAMTEL : Opérateur historique des télécommunications au Cameroun, entreprise détenue par l'État du Cameroun ; mais qui n'obtient étonnamment sa licence que le 26 septembre 2014 comme quatrième opérateur de téléphonie mobile au Cameroun ;

2- ORANGE Cameroun : Entreprise de téléphonie mobile au Cameroun, filiale de la multinationale Orange structure française née de France Télécom, l'opérateur téléphonique historique en France.

Suite à la libéralisation de la téléphonie au Cameroun en 1998, le pays obtiendra son tout premier opérateur de téléphonie MOBILIS (Société Camerounaise de Mobile), qui deviendra quatre ans plus tard en 2002 Orange Cameroun. Elle a activé la 3G au Cameroun le 13 mars 2015.

3- MTN Cameroon : Entreprise de téléphonie mobile au Cameroun, filiale de la multinationale MTN Group (Mobile Telephone Network) qui est une structure sud-africaine. MTN Cameroon devient en février 2000, le second opérateur de téléphonie mobile au Cameroun à partir du rachat de la licence de Camtel Mobile. Elle lance effectivement ses activités au Cameroun en 2002, et active la 3G le 11 mars 2015.

4- NEXTELL (VIETTEL) Cameroon : Entreprise de téléphonie mobile au Cameroun, filiale de la multinationale Viettel Group, opérateur historique des télécommunications au Vietnam. Nextell est le troisième opérateur de téléphonie mobile au Cameroun. Bien que devenu fonctionnel récemment le 18 septembre 2014, il est le premier à exploiter la technologie 3G au Cameroun.

-- Les fournisseurs de services :

Nous n'énumérons que les plus importants fournisseurs d'accès Internet au Cameroun :

1- MTN Cameroon

2- ORANGE Cameroun

3- CAMTEL

4- NEXTELL

5- CREOLINK Communications

6- RINGO

7- YOOMEE

B) Le cadre politique :

La volonté de bâtir une société de l'information intégrante s'est manifestée pour la première fois dans le discours du Chef de l'Etat, Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, prononcé le 3 novembre 2004. Le président déclarait alors : «Notre pays a besoin d'un accès généralisé à l'Internet ». De là, plusieurs actions ont été entreprises visant à créer un cadre favorable au développement des TIC au Cameroun. Sans être exhaustif, nous pouvons citer173(*) :

- La validation du Document de Stratégie pour la Croissance et l'Emploi, ancré sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et les recommandations du Sommet Mondial de la Société de l'Information (SMSI), qui décline la vision de développement du Cameroun en vue de son émergence à l'horizon 2035 ;

- L'ouverture du marché des communications électroniques à un troisième opérateur de téléphonie mobile pour la fourniture des services 3G ;

- L'instauration d'un cadre réglementaire incitatif et favorable aux investissements dans le domaine des télécommunications et des TIC.

C) Le cadre réglementaire :

En tenant compte d'un environnement mouvant et des menaces qu'il présente, le Président de la République a promulgué cinq lois essentielles au rang desquelles174(*) :

- La loi n°98/013 du 14 juillet 1998 relative à la concurrence ;

- La loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010, relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité au

Cameroun qui dote le pays d'une autorité de certification Racine et réprime les crimes cybernétiques;

- La loi n° 2010/013 du 21 décembre 2010, régissant les communications électroniques au

Cameroun qui consacre la délivrance des licences multiservices ;

- La loi n° 2010/021 du 21 décembre 2010, régissant le commerce électronique au Cameroun qui favorise l'éclosion du e-commerce ;

- La loi-cadre n°2011/012 du 6 mai 2011 portant protection du consommateur au Cameroun.

En marge des textes législatifs, plusieurs textes réglementaires subséquents ont également été signés. A travers le projet « d'appui à l'Harmonisation des Politiques relatives aux TIC en Afrique subsaharienne », en abrégé HIPSSA qui est l'une des composantes du projet global UIT-ACP-Union Européenne, le Cameroun a pu harmoniser son cadre légal et réglementaire avec celui de la sous-région Afrique centrale.

D) Le cadre infrastructurel :

Le Cameroun a réalisé d'importants projets pour mettre en oeuvre les actions prescrites par le SMSI. L'on peut citer, sans être exhaustif175(*) :

- L'extension du réseau de transport à fibre optique (plus de 6 000 km déployé) pour permettre l'accès large bande à toutes les régions, départements et autres localités reculées du pays ainsi que l'interconnexion avec les pays de l'hinterland aux différents câbles sous marins à fibre optique ;

- la construction des points d'atterrissement des câbles sous-marins à fibre optique (SAT-3 et WACS) ;

- Le Projet Central African Backbone (CAB) : le Cameroun est au centre du projet CAB dont l'objectif est de compléter les chaînons actuellement manquants pour, à la fois, fournir les liaisons de télécommunications indispensables entre les Etats de l'Afrique Centrale, assurer leur raccordement au réseau à fibre optique mondial et permettre ainsi la mise à disposition de l'Internet Haut Débit au plus grand nombre en se reliant à moindre coût à la station terminale du câble sous-marin intercontinental SAT-3 situé dans la capitale économique Douala.

L'interconnexion par fibre optique du Cameroun avec la République du Tchad est effective depuis mars 2012 ;

- La construction des Télécentres Communautaires Polyvalents et points d'accès numériques, équipés le cas échéant de panneaux solaires ;

- La couverture en réseau des zones frontalières et enclavées :

- La mise en place d'une Infrastructure nationale à Clé Publique (PKI) et d'un Computer Emergency Response Team (CERT) ;

- Le développement des réseaux de télémédecine et de téléenseignement à travers le projet panafricain de services en ligne ;

- La mise en oeuvre de l'e-government par le déploiement d'un Intranet Gouvernemental et des principales applications métiers de l'Etat, à l'instar du :

· Système Informatique de Gestion Intégrée des Personnels de l'Etat et de la Solde (SIGIPES)

· Système Douanier Automatisé (SYDONIA) ;

· Projet e-régulation accompagné par le CNUCED, base de données en ligne conçue pour apporter une totale transparence dans les procédures administratives de la vie de l'entreprise au Cameroun;

· Projet Devhope, portail de projets communautaires et de responsabilité sociale des entreprises qui permet aux initiateurs des projets (notamment les collectivités territoriales décentralisées) d'avoir les financements des bailleurs de fonds traditionnels, les dons des citoyens et des entreprises qui s'engagent dans la responsabilité sociale ;

· L'e-procurement dont le plan directeur est en cours d'élaboration avec la coopération coréenne...

- La refondation de l'Ecole Nationale Supérieure des Postes et Télécommunications du Cameroun

- L'Emergence d'Instituts Privés d'Enseignement Supérieur (IPES). Le Cameroun compte à ce jour

Quatre-vingt dix huit (98) IPES répartis dans les 10 régions du pays, dont 33 dans le domaine des TIC.

Section 2 : Les missions des organes de régulation

2-1. Fonctions et responsabilités :

A) ART (Agence de Régulation des Télécommunications)

L'ART a été créée par la loi n°98/014 du 14 juillet 1998 régissant les télécommunications au Cameroun et est placée sous la tutelle technique du Ministère chargé des Télécommunications et sous la tutelle financière du Ministère chargé des Finances. Elle assure pour le compte de l'Etat, la régulation, le contrôle et le suivi des activités des opérateurs et exploitants du secteur des Télécommunications et des Technologies de l'Information et de la Communication. Elle veille également au respect du principe d'égalité de traitement des usagers dans toutes les entreprises de communications électroniques.

A ce titre, elle a entre autres pour missions176(*):

- De veiller à l'application des textes législatifs et réglementaires en matière des Télécommunications et des Technologies de l'Information et de la Communication;

- De s'assurer que l'accès aux réseaux ouverts au public s'effectue dans des conditions objectives, transparentes et non discriminatoires;

- De garantir une concurrence saine et loyale dans le secteur des Télécommunications et des Technologies de l'Information et de la Communication;

- De sanctionner les manquements des opérateurs à leurs obligations ainsi que les pratiques anticoncurrentielles;

- De définir les principes devant régir la tarification des services fournis;

- D'instruire les demandes de licence et préparer les décisions y afférentes ;

- De délivrer formellement les récépissés de déclaration;

- De définir les conditions et les obligations d'interconnexion et de partage des infrastructures;

- D'émettre un avis sur tous les projets de texte à caractère législatif et réglementaire en matière de communications électroniques;

- D'assurer l'assignation et le contrôle du spectre des fréquences ;

- De préparer les dossiers d'appels d'offres pour les concessions et les licences;

- D'établir et de gérer le plan de numérotation;

- De soumettre au Gouvernement, toute proposition et recommandation tendant à développer et à moderniser le secteur des Télécommunications et des Technologies de l'Information et de la Communication;

- D'assigner les ressources en adressage;

- D'instruire les, dossiers d'homologation des équipements terminaux et de préparer les décisions y afférentes;

- De délivrer les agréments;

- D'exercer toute autre mission d'intérêt général que pourrait lui confier le Gouvernement dans le secteur des Télécommunications et des Technologies de l'information et de la Communication;

- De garantir la protection des consommateurs.

B) ANTIC (Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication)

Créée par décret du Président de la République 2002/092 du 8 avril 2002 l'Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication (ANTIC) est un établissement public administratif doté de la personnalité juridique et de l'autonomie financière. Elle est chargée de la promotion et du suivi de l'action des pouvoirs publics en matière des technologies de l'information et de la communication, et est placée sous la tutelle technique de la Présidence de la République et sous la tutelle financière du Ministère des Finances. Son siège est fixé à Yaoundé177(*).

A ce titre, l'ANTIC a pour missions, notamment178(*) :

- D'élaborer et de suivre la mise en oeuvre de la stratégie nationale de développement des technologies de l'information et de la communication;

- D'identifier les besoins communs des services publics en matière d'équipements informatiques et logiciels.

- De veiller à l'harmonisation des standards techniques et de proposer des référentiels techniques, afin de favoriser l'interopérabilité entre les systèmes d'information ;

- De fournir son expertise aux administrations pour la conception et le développement de leurs objets techniques;

- De coordonner la réalisation et d'assurer le suivi des sites Internet, Intranet et Extranet de l'Etat et des organismes publics ;

- De concourir à la formation technique des formateurs des universités, lycées, collèges, écoles normales et écoles primaires ;

- De participer aux actions de formation des personnels de l'Etat dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, émettant des recommandations sur le contenu des formations techniques et sur les programmes d'examens professionnels et des concours;

- D'entretenir des relations de coopération technique avec des organismes internationaux publics ou privés agissant dans ce domaine, suivant les modalités prévues par la législation en vigueur. Dans cette perspective, elle est chargée de l'enregistrement des noms de domaines «.cm» ;

- De mettre en place des mécanismes pour régler des litiges d'une part, entre les opérateurs des technologies de l'information et de la communication et d'autre part, entre opérateurs et utilisateurs, pour les problèmes spécifiquement liés aux contenus et à la qualité de service (spamming, phishing, filoutage, hacking ;

- De veiller, dans l'usage des technologies de l'information et de la communication, au respect de l'éthique, ainsi qu'à la protection de la propriété intellectuelle, des consommateurs, des bonnes moeurs et de la vie privée ;

- D'élaborer la politique et les procédures d'enregistrement des noms de domaines «.cm », de l'hébergement, de l'administration des serveurs racine, de l'attribution d'agrément de Registrar, du «. cm » ;

- De planifier d'attribuer et de contrôler les adresses Internet (IP) au Cameroun ;

- De mettre en place des mécanismes pour assurer la sécurité de l'internet au niveau national ;

- De réguler les technologies de l'information, de la communication et Internet.

2-2. Défis et risques :

· ART :

De nombreux défis se situent au niveau des différentes technologies de connexion actuellement en vigueur au Cameroun, dont le débit et la qualité sont à améliorer179(*) :

- Le RTC (Dial up) : C'est un mode d'accès via le réseau téléphonique filaire classique. Il nécessite donc une ligne téléphonique, un ordinateur et un modem pour joindre le FAI, lequel se chargera de la connexion à Internet.

Le débit maximal ici est de 56 Kbps en théorie, cependant une liaison RTC est soumise à des perturbations électromagnétiques et dépend de la qualité du fil de cuivre ce qui ramène le débit aux alentours de 40 Kbps. Malheureusement, le débit est inapproprié pour les besoins de plus en plus croissants pour un Internet de qualité ; il est impossible d'utiliser une même ligne téléphonique pour se connecter et téléphoner simultanément ; le coût de la connexion dépend du temps de connexion et peut donc devenir rapidement prohibitif ; la connexion n'est pas permanente à cause des perturbations électromagnétiques.

- Le RNIS ou ISDN (Integrated Services Digital Network) en anglais, est la version entièrement numérisée du RTC. Le RNIS ne transporte donc plus un simple signal analogique, comme dans le cas du RTC, mais un signal numérisé. Les usagers ont donc accès à une large palette de services (vocaux ou non).

En monoposte, le RNIS nécessite l'utilisation d'une carte (ou un boîtier externe) dédiée. Un routeur RNIS est également utilisé dans le réseau. L'accès de base offre un débit de 128 Kbps. Mais son installation nécessite l'intervention d'un technicien (et donc des frais supplémentaires) : installation d'une prise RJ45 et d'un boîtier spécial (boîtier TNR), son débit reste relativement faible aujourd'hui avec l'arrivée des autres technologies.

- L'ADSL : Développée dans le laboratoire américain BellCore en 1987, la technologie ADSL est une technologie permettant de faire passer du haut débit sur la paire de cuivre utilisée pour les lignes téléphoniques de la boucle locale. La technique consiste à utiliser les fréquences supra vocales laissées libres par le service téléphonique traditionnel. En effet une ligne téléphonique possède une bande passante d'environs 1Mhz dans laquelle seule une largeur de bande de 4Khz est utilisée pour les communications téléphoniques soit environs 10%.

A ce niveau l'Etat à plusieurs défis à relever : Les campagnes sont exclues de ce mode de communication, car il est nécessaire de se situer dans une zone compatible et proche d'un centre téléphonique, puisque la dissipation d'énergie est à l'origine de cette contrainte, dont la couverture ADSL n'est pas disponible partout; comme autre inconvénient, l'obligation d'ouvrir une ligne téléphonique même si l'utilisateur n'en a pas l'utilité ; et plus on est loin du répartiteur (DSLAM), plus la connexion est mauvaise (la ligne ne dépasse pas 5,4 km).

· ANTIC :

L'Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication fait face à plusieurs défis parmi lesquels180(*) :

- L'accès aux services et équipements TIC reste hors de portée du fait des coûts encore très élevés de ceux-ci ;

- Le coût toujours très élevé du « .cm » et sa difficile acquisition, qui est alourdie par une longue procédure administrative et par une qualité technique pas toujours très fiable ;

- Pour ce qui est du matériel TIC de l'Etat, il y' a une inadéquation entre les équipements, les solutions, leurs coûts et leur utilisation finale ;

- Le web « présence du Cameroun » est très faible que ce soit au niveau institutionnel ou au niveau du secteur privé et de la société civile ;

- La quasi-absence de services publics en ligne, L'e-government ou gouvernement électronique est à la traîne au Cameroun ; d'après le Responsable de l'ANTIC le problème est beaucoup plus organisationnel.

Section 3 : Bilan et état actuel de la situation

Nous allons mettre l'accent sur l'ANTIC qui est chargée de la matérialisation et du développement des TIC. L'ART s'inscrit plus au niveau immatériel, elle assure pour le compte de l'Etat la régulation, le contrôle et le suivi des activités des opérateurs et exploitants du secteur des Télécommunications et des Technologies de l'Information et de la Communication. Elle veille également au respect du principe d'égalité de traitement, des usagers dans toutes les entreprises de communications électroniques, et est habilitée à sanctionner en cas de non respect des lois.

3-1. Sur le plan sociétal :

Sur le plan sociétal, un Computer Emergency Response Team fera office de cellule de veille pour la sécurité informatique au sein de l'ANTIC. De façon permanente, l'agence pourra prévenir et maîtriser les incidents de sécurité qui pourraient survenir dans le cyberespace camerounais. Pour l'heure, le Cameroun dispose au MINSPOTEL de l'infrastructure à Clé Publique ou -Public Key Infrastructure en anglais- reçue de l'Union Internationale des Télécommunications en 2005. Cette infrastructure aide au renforcement de l'efficacité des services publics en ligne, permet de sécuriser le processus de transmission des documents sensibles de l'administration et facilite la prestation des services publics aux populations des zones urbaines, rurales et reculées via Internet.

L'agence a élaboré le document de Stratégie Nationale de Développement des Technologies de l'Information et de la Communication, validé en 2007 par la Présidence de la République. C'est au final, un ouvrage qui expose le contexte global du développement des TIC, dresse l'état des lieux des TIC, recense les axes d'interventions prioritaires et définit le cadre opérationnel de la mise en oeuvre de cette stratégie. Ce document sert désormais de boussole à l'Agence et à l'ensemble des parties prenantes (pouvoirs publics, secteur privé et société civile) pour le développement et le déploiement harmonisés des TIC au Cameroun.

Dans le cadre de sa mission de coordination de la réalisation et du suivi des sites Internet, Intranet et Extranet de l'Etat et des organismes publics, l'Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication a développé, avec le concours de tous les départements ministériels et autres administrations publiques, le document de référence de l'architecture d'un site web gouvernemental au Cameroun. Ce document de référence permet d'harmoniser l'architecture et les contenus des sites web des administrations publiques camerounaises. Cette initiative est en harmonie avec la circulaire du Premier Ministre n° 007/CAB/PM du 23 août 2000 relative à la création et l'utilisation des sites Internet gouvernementaux.

Dans le cadre de sa mission consistant à veiller à l'harmonisation des standards techniques et à proposer des référentiels techniques afin de favoriser l'interopérabilité entre systèmes d'information, l'ANTIC a élaboré de façon participative avec les administrations publiques le plan de rédaction du schéma directeur des TIC des administrations et des organismes publics. Ce document permet désormais à nos administrations de se servir de ce guide pour l'élaboration, par chacune, de son propre schéma directeur en fonction des objectifs et orientations qui lui sont siennes. L'appropriation de la mise en application de ce document de référence participera à la modernisation de nos administrations publiques, et facilitera également le déploiement de l'e-government au Cameroun, en ce sens qu'il favorisera la simplification des procédures administratives dans le cadre des projets, à l'instar de celles consacrées au développement logiciel181(*).

3-2. Sur le plan social :

L'ANTIC se déploie sur trois axes principaux sans que ceux-ci soient nécessairement exclusifs à un domaine 182(*):

- Le Gouvernement et les administrations publiques ;

- Le secteur privé ;

- Le grand public.

Bien que les applications soient encore embryonnaires, l'ANTIC élabore et assure la mise en oeuvre de la stratégie nationale de développement des TIC, coordonne et contrôle la bonne exécution des projets gouvernementaux de nature interministérielle dans ce domaine.

Auprès du secteur privé, l'agence contribue au développement d'un environnement sécurisé des transactions électroniques, elle veille à l'adaptation de la législation et de la réglementation nationales à l'évolution des TIC, afin de promouvoir le commerce électronique et de créer les conditions de renforcement de la confiance des consommateurs.

Auprès du grand public, L'ANTIC oeuvre pour la vulgarisation des techniques et des utilisations des TIC, pour la facilitation de l'accès aux TIC et pour l'information publique essentielle. A ce titre elle est notamment chargée de la gestion des noms de domaine .CM et concourt à la réduction du coût d'acquisition du .CM (.com.cm, .edu.cm, .net.cm, .co.cm).

Pour combler le vide juridique qui fait défaut à ce secteur, l'ANTIC a contribué à l'élaboration du projet de loi sur la communication électronique, du projet de loi sur la cybersécurité et la cybercriminalité et du projet de loi sur le e-commerce. Dans le cadre de la promotion et de la vulgarisation des TIC comme outils de modernisation de l'administration et de compétitivité des entreprises, l'ANTIC a organisé à l'intention des administrations, des entreprises des secteurs public et privé, plusieurs séminaires en collaboration notamment avec ses partenaires CISCO, l'Université des Nations Unies (UNU/IIST) et la Chambre de Commerce Internationale du Cameroun. Au rang de ces évènements, on peut citer183(*) :

- Le séminaire gouvernemental sur les TIC comme accélérateur du développement économique du Cameroun sous le haut patronage du Chef de l'Etat et sous la présidence effective du Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

- Le colloque international sur la modernisation du Cameroun par les TIC ;

- Le séminaire de formation des Fournisseurs d'Accès Internet (ISP) sur la mise en place d'un Point d'Echange Internet (IXP) au Cameroun ;

- Le séminaire de formation sur le gouvernement électronique (e-government) à l'intention des responsables administratifs et des responsables TIC des administrations publiques ;

- Le séminaire sur le commerce électronique (e-commerce) sous la présidence du Ministre du Commerce.

Chapitre VI : Analyses et interprétations des résultats

Section 1 : Méthode d'analyse du corpus

1-1. Choix de la méthode :

Dans le cadre de ce travail, nous avons opté pour les méthodes d'analyse à la fois logiques et sémantiques (logico-sémantiques)184(*) ; prenant en compte l'indexation, la catégorisation, l'analyse, la description et la comparaison des données du terrain.

A travers notre enquête psychosociologique185(*) réalisée via les entretiens semi-directifs, au mode de recueil des données tenant compte du sexe (masculin et féminin), du niveau d'études (cycles Licence, Master, Doctorat) et de la filière des étudiants de l'Université de Douala (Communication), nous nous sommes attaché à présenter les usages d'Internet par les étudiants et les pratiques qui découlent de ces usages, à comprendre les logiques et les motivations liées aux usages et pratiques d'Internet et à décrire les enjeux et défis qui sont au coeur des ces usages.

Cela afin de faire ressortir les détournements, les pratiques culturelles, les formes d'hybridations et les manières de faire qui se rapportent aux stratégies et aux raisons d'usages d'Internet par les étudiants de l'Université de Douala, en proie au contexte camerounais qui ne favorise pas l'adoption d'Internet, ni des artéfacts technologiques.

2-2. Analyses des données :

Comme nous l'avons précisé à l'introduction générale, la population étudier est composée d'un échantillon de soixante (60) individus des deux sexes, âgés de 18 à 32 ans. Nous avons interviewé vingt (20) étudiants du cycle Licence, vingt (20) étudiants du cycle Master et vingt (20) doctorants. Dans cette approche qualitative, nous avons choisi un échantillon de soixante individus pour être plus efficace dans la collecte, le traitement et l'interprétation des données.

L'Université de Douala, constitue en son sein un effectif de 50 000 étudiants186(*) et treize écoles et facultés187(*). Nous avons choisi de manière spécifique la filière communication parce que, le laboratoire à travers ses axes de recherches s'inscrit sur l'analyse des communications et des récits médiatiques, un domaine d'étude qui englobe l'ensemble des techniques, outils, médias et moyens info-communicationnels, en pareil occurrence Internet ; contrairement aux étudiants des sciences exactes (physique, génie industriel...) et des autres disciplines en sciences humaines et sociales (anthropologie, psychologie...) de l'Université de Douala.

En outre, la composition hétéroclite des Unités d'Enseignements (UV) au cycle Licence avec les troncs communs tels que sociologie de la communication et des médias, psychologie sociale et de la communication, économie des médias, analyse des discours médiatiques, sémiologie de l'image, médias de masse, culture informationnelle (...) rend cet échantillon qualitatif, plus sensible aux usages et pratiques d'Internet.

En sus, parce que nous travaillons sur un objet mouvant et évolutif avec une cible hétérogène, nous avons élaboré une grille d'entretien constituée des questions ouvertes et fermées afin de décrire, expliquer, comprendre et classifier les usages et pratiques d'Internet.

-- Codification, catégorisation, description des questions et présentation des résultats :

Nota bene : Le code 1 = cycle Licence, code 2 = cycle Master, code 3 = Doctorants.

A- La place d'Internet dans les usages et pratiques quotidiennes

1) Par quels dispositifs accédez-vous à Internet ?

Indicateurs

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Ordinateur

8

40

9

45

12

60

Téléphone m.

9

45

6

30

6

30

Tablette

3

15

3

15

0

0

Clé Internet

0

0

2

10

2

10

Total

20

100

20

100

20

100

En nous référant aux résultats nous constatons que pour accéder à Internet, les doctorants font le plus recourt à l'ordinateur (60%), tandis que les étudiants du cycle Licence privilégies le téléphone mobile (45%), et ceux de Master se trouvent dans les usages intermédiaires entre les différents dispositifs.

2) Quels sont vos différents espaces de connexion à Internet ?

Indicateurs

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Cybercafés

10

50

12

60

11

55

Maison

8

40

6

30

5

25

Travail

2

10

2

10

2

10

Etablissement

0

0

0

0

2

10

Total

20

100

20

100

20

100

A tous les niveaux les cybercafés sont les espaces de connexion les plus fréquentés par les étudiants de l'Université de Douala, suivi par la connexion à la maison à partir des téléphones portables, tablettes ou clés Internet.

3) Pendant votre navigation sur Internet, que consultez-vous prioritairement ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Messagerie

8

40

10

50

10

50

Réseaux sociaux

2

10

5

25

6

30

Moteurs

de recherche

10

50

5

25

4

20

Total

20

100

20

100

20

100

A cette question plusieurs réponses ont été données, mais en les catégorisant la messagerie électronique est consulté prioritairement suivi des réseaux sociaux, sauf pour le cycle Licence où l'inverse se produit.

4) Combien de jours par semaine allez-vous sur Internet et par jour, quelle est votre durée de connexion ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

3 fois /semaine

Pour 2 à 3h

13

65

9

45

15

75

2 fois /semaine

Pour 2h

0

0

8

40

0

0

Tous les jours

Pour 1 à 2h

7

35

3

15

5

25

Total

20

100

20

100

20

100

Les étudiants de l'Université de Douala fréquentent Internet en moyenne trois (3) fois par semaines pour une durée de deux à trois heures de connexion.

B- Intérêt des usagers

1) Avez-vous un budget lié aux dépenses pour Internet ?

Indicateurs

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Non

10

50

18

90

20

100

Oui

10

50

2

10

0

0

Total

20

100

20

100

20

100

Nous constatons qu'au niveau des deux réponses les résultats sont instables, croissant pour les uns, décroissants pour les autres. Pour la plupart des étudiants, lorsqu'ils font leurs premiers pas à l'Université ils sont accompagnés financièrement par leurs parents comme actions d'encouragement, plus ils évoluent, plus les aides financières sont réduites voire supprimées.

2) Comment faites-vous pour bénéficier des services d'Internet ? En d'autres termes, quelles sont les ressources financières qui vous permettent d'avoir accès à la connexion Internet ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Economies

8

40

18

90

10

50

« Débrouillardise »

8

40

0

0

10

50

Salaire

4

20

2

10

0

0

Total

20

100

20

100

20

100

Les résultats présents traduisent le fait que plusieurs étudiants vont sur Internet grâce aux économies pour les uns, par « débrouillardise » pour les autres et une minorité ont un salaire. Cette minorité sont les étudiants du cycle Licence qui pour la majorité sont moins intéressés aux études, mais sont inscrits par contrainte familiale ou par curiosité. Plus ils progressent, plus l'intérêt pour les études s'accroît et moins ils font des jobs pour se consacrer à leurs études.

3) Quelles sont les raisons principales qui vous poussent à économiser de l'argent pour bénéficier des services d'Internet : raisons académiques ou réalisations des projets ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Raisons académiques

2

10

10

50

10

50

Réalisations des projets

18

90

10

50

10

50

Total

20

100

20

100

20

100

Les étudiants du cycle Licence vont particulièrement sur Internet pour d'autres raisons que celles académiques, pour réaliser leurs projets : rencontres amoureuses et amicales, discuter avec les proches et les inconnus, se divertir (regarder et télécharger les contenus multimédias), chercher les opportunités de travail et de voyage. Tandis que les étudiants des autres cycles ont des motivations équilibrées sur la réalisation de leurs projets et les raisons académiques.

4) En utilisant Internet, quelles sont les gratifications et les satisfactions que vous tirez ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Obtenir des documents scientifiques

0

0

11

55

13

65

Communiquer avec les autres

5

25

6

30

6

30

Etre informé

15

75

3

15

1

5

Total

20

100

20

100

20

100

Les étudiants de doctorat et de master ont premièrement comme satisfactions dans les usages d'Internet d'obtenir des documents scientifiques ensuite la gratification dans le fait de communiquer avec les autres. En revanche les étudiants du cycle Licence ont plus de satisfactions dans l'obtention d'informations et dans la communication avec les autres.

5) Quelles sont les communautés en ligne et groupes auxquels vous appartenez ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Ethniques

10

50

7

35

6

30

Académique

2

10

11

55

9

45

Professionnelle

6

30

2

10

4

20

Ludique

2

10

0

0

1

5

Total

20

100

20

100

20

100

Ces résultats traduisent l'intérêt des étudiants à posséder leurs propres espaces privés sur la Toile. Des espaces qui servent de relais aux communautés, associations et groupes physiques. Nous constatons que les étudiants de licence sont plus attachés aux communautés ethniques, tandis que ceux de master et doctorat ont un grand intérêt pour communautés académiques.

C- Représentations des intéressés

1) Que représente Internet dans votre vie et pour vos études ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Outil important

10

50

12

60

13

65

Ouverture au monde

5

25

4

20

4

20

Solution à la réussite

5

25

4

20

3

15

Total

20

100

20

100

20

100

Pour l'ensemble des étudiants de l'Université de Douala Internet est un outil important, pour une autre partie le Net permet l'ouverture au monde et une minorité étant majoritairement les étudiants du cycle Licence, croient à la dimension déterministe d'Internet qu'ils considèrent comme solution à leur réussite.

2) Quels sont les freins et les défis qui se présentent à vous pour accéder à Internet ? Et lorsque vous parvenez à accéder, quels problèmes rencontrez-vous pendant la navigation sur Internet ?

Variables

Code 1

%

Code 2

%

Code 3

%

Problèmes financiers

6

30

9

45

8

40

Mauvais débit de connexion

8

40

9

45

8

40

Coupures d'électricité

6

30

2

10

4

20

Total

20

100

20

100

20

100

Le problème financier pour s'acheter les heures de connexion qui ne sont pas à la portée de tous les étudiants et Camerounais, représente un frein et un défi pour accéder à Internet ; une fois connecté le second problème est le mauvais débit de la connexion qui est très lent. En plus de ces difficultés viennent s'ajouter les coupures intempestives du courant électrique.

Section 2 : Interprétations des résultats issus des analyses

L'interprétation des résultats issus des différentes analyses, nous permettra de situer les aboutissements de la recherche.

Au Cameroun, les espaces de connexion à Internet les plus fréquentés par les étudiants de l'Université de Douala sont les cybercafés, où ils accèdent à Internet à partir d'un ordinateur (60% d'usage chez les doctorants). En plus des cybercafés, les domiciles familiaux représentent le second espace sollicité pour se connecter à Internet, cela par le biais d'un téléphone mobile (utilisé à 45% par les étudiants du cycle Licence), ou d'une tablette numérique (utilisé à 15% par les étudiants de Master).

Une fois connectés, les étudiants de master et les doctorants consultent prioritairement la messagerie électronique, qui selon eux, représente le service le plus important d'Internet. Ensuite ils recourent aux réseaux sociaux pour établir, maintenir et entretenir les relations sociales basées le plus souvent sur les salutations, les publications, les commentaires ou l'observation des actions menées par les activistes. En troisième ressort, ce sont les moteurs de recherches, sites d'entreprises et scientifiques qui sont consultés, afin de combler un besoin informationnel, acquérir de nouvelles connaissances, les actualiser ou trouver un emploi. Quant aux étudiants en licence ils mettent la priorité sur les moteurs de recherches qu'ils perçoivent comme des banques de données pouvant apporter les solutions à n'importe quel problème, ils s'intéressent ensuite à la messagerie électronique et en dernier ressort aux réseaux sociaux.

Par ailleurs, les fréquentations sporadiques d'Internet par les étudiants, en moyenne trois fois par semaines pour une durée de deux à trois heures de connexion sont le fruit d'un malaise financier. Lorsque les plus jeunes font leur entrée à l'Université, ils sont accompagnés financièrement par leurs parents ; plus ils évoluent, plus les aides financières sont réduites pour les uns et voire supprimées pour les autres. Par conséquent, pour accéder aux services d'Internet bon nombre d'étudiants font des économies à partir de l'argent qu'ils possèdent, d'autres se débrouillent pour en avoir et une minorité qui travaille y accède grâce à son salaires.

Ainsi, nous constatons que sur le Net les usages sont très variés, les étudiants du cycle licence vont prioritairement sur Internet pour d'autres raisons qu'académiques, pour réaliser leurs projets : rencontres amoureuses et amicales, discuter avec les proches et les inconnus, se divertir (regarder et télécharger les contenus multimédias), chercher les opportunités de travail et de voyage. Tandis que ceux des cycles master et doctorat ont des motivations plus équilibrées, à 50% ils vont sur Internet pour réaliser leurs projets et à un autre pourcentage idem, ils vont pour des raisons académiques. Avec pour satisfactions d'obtenir des documents scientifiques, ensuite de communiquer avec les autres.

Un autre intérêt pour ces derniers est de pouvoir posséder leurs propres espaces privés sur la Toile. Des espaces qui servent de relais aux communautés, associations et groupes qui jadis ne se manifestaient qu'à travers des rencontres physiques. Par les usages et pratiques sociales nous constatons que pour l'ensemble des étudiants de l'Université de Douala Internet est un outil important, qui permet l'ouverture au monde, l'acquisition des connaissances, la réalisation des projets personnels et collectifs.

A ces usages et pratiques du Net se greffent les freins et défis : le problème financier pour s'acheter les heures de connexion, et une fois connecté, le mauvais débit de la connexion qui est très lent ; en plus de ces difficultés viennent s'ajouter les coupures intempestives du courant électrique.

CONCLUSION GENERALE :

Les usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun, plus précisément de l'Université de Douala constituent un véritable intérêt en ce sens, qu'Internet bien qu'existant dans le contexte doualais depuis plus de deux décennies, continue à être un objet de curiosité à travers lequel les étudiants délèguent leurs impuissances : s'évader en navigant, briser les frontières spatio-temporelles, obtenir la sensation d'ubiquité et d'omnipotence sur la Toile, sensibiliser et faire des revendications, acquérir les connaissances, chercher du travail, communiquer avec les personnes éloignées, immigrer en toute légalité, être à la fois acteurs et spectateurs (...) pouvoir se faciliter la vie en obtenant ce qu'ils veulent en un clic.

Plus captivants encore, sont les réalités stratégiques utilisées par ces derniers pour se connecter à Internet, les usages et les pratiques qu'ils font de ce dispositif.

En rappelant le contexte d'étude, les conditions socio-économiques au Cameroun ne facilitent pas l'accès à la connexion à Internet à cause de sa cherté. Malgré le manque de moyens financiers, nous avons observé une addiction des étudiants à l'égard d'Internet. Un comportement ambivalent qui à suscité notre intérêt pour cette étude et nous a permis de situer le problème de recherche au niveau de la pertinence des usages d'Internet dans la vie pratiques des étudiants au Cameroun, face aux enjeux et défis qui leurs sont propres.

Et de ce problème est né plusieurs questionnements : Quels types d'usages les étudiants de l'Université de Douala font-ils d'Internet ? Et quelles sont les pratiques générées par ces usages ? Comment les étudiants accèdent-ils à Internet au Cameroun ? Par ailleurs, les pratiques du Net changent-elles leurs habitudes de vie ? Face aux défis financiers et au mauvais débit de connexion, comment font-ils pour s'adapter, « bricoler » et s'approprier Internet ?

Dans cette approche qualitative et significative, nous avions apporté des résultats provisoires selon lesquels :

Les étudiants au Cameroun recourent à Internet beaucoup plus pour une visée communicationnelle qu'informationnelle : premièrement pour les réseaux sociaux (...), Ensuite vient l'utilisation massive des applications et logiciels gratuits d'appels audio comme visio (...) et enfin la recherche informationnelle impulsée par la contrainte des travaux académiques à réaliser, le désir de connaître, les raisons d'immigration et les paris sur le football (...).

Comme deuxième hypothèse, les étudiants au Cameroun vont généralement dans des cybercafés, où ils doivent acheter des heures de connexion pour avoir accès à Internet. Les prix s'appliquent par endroit, mais communément il est question de près d'un euro pour deux heures et près de deux euros pour cinq heures. En plus des cybercafés, d'autres étudiants accèdent par défaut à Internet à travers leurs téléphones mobiles et tablettes grâce aux services proposés par les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun. Les plus nantis s'offrent des clés Internet pour pouvoir se connecter à travers un ordinateur.

Pour la troisième hypothèse, nous avons affirmé que les pratiques d'Internet changent largement leurs habitudes de vie ; car les étudiants, à travers une dépendance progressive, manifestent de plus en plus un attachement affectif envers le Net, au point de se priver du temps et des ressources disponibles pour satisfaire entre autres leurs besoins liés au numérique.

Pour étayer nos hypothèses, nous nous sommes appuyés sur un ancrage théorique mettant en oeuvre la sociologie des usages, afin d'aborder les usages et pratiques d'Internet par les étudiants de l'Université de Douala, qui s'inscrivent dans une dynamique de stratégies d'appropriation et des tactiques de « braconnage » du Net. Nous avons également énoncé au-delà du macro-social la théorie des usages et gratifications en prenant en compte la dimension micro-sociale et locale des usages d'Internet chez les étudiants, qui recourent à cette plateforme de communication dans l'optique de satisfaire leurs besoins liés au numérique et d'atteindre leurs objectifs.

En confrontant nous instruments de collecte des données au terrain doualais, l'analyse de ces différentes questions nous permet d'infirmer partiellement notre première hypothèse. Car les étudiants de master et les doctorants consultent prioritairement la messagerie électronique, ensuite ils recourent aux réseaux sociaux pour établir, maintenir et entretenir les relations sociales et en troisième ressort aux moteurs de recherches. En retour, la deuxième et la troisième hypothèse sont confirmées par les résultats.

Ainsi, la présence d'Internet au Cameroun contribue à la transformation des mentalités chez les étudiants, surtout celles de la gente féminine dont le Net représente un facteur d'émancipation et de révolution face aux questions de revendication, d'accès à la liberté d'expression, au monde extérieur, à l'éducation, à l'entrepreneuriat et à la promotion. Des motivations qui traduisent les résultats selon lesquels, à l'Université de Douala les étudiantes recourent le plus à Internet contrairement aux étudiants ; elles sont les plus actives sur la Toile et sont le plus souvent à l'initiative des formes d'hybridations culturelles et de nouvelles pratiques sociales.

Néanmoins, perdurent de nombreux obstacles qu'il faut lever : le manque d'infrastructures de pointe, les coupures intempestives du courant électrique, la cherté de la connexion à Internet par rapport au niveau de vie des Camerounais et le mauvais débit de connexion. Pourtant, le Cameroun pilier agricole de la sous-région Afrique centrale, possède la fibre optique pour un Internet ultra rapide et accessible à tous, le pays dispose également plus de cinq centrales hydroélectriques, plus de trente-deux centrales thermiques et de nombreuses centrales à gaz naturel188(*). De telles ressources une fois utilisées à bon escient, permettront certainement de réduire davantage la fracture numérique et d'accélérer le développent du pays.

Toutefois, cette étude nous ouvre d'autres pistes de réflexion notamment celles des interrelations entre les innovations technologiques sur Internet stimulées par le nouvel esprit du capitalisme et les changements sociaux chez les usagers au Cameroun, une réflexion qui permet de renouveler la problématique du changement social à partir du lien établi entre la technologie et la société. Un tel lien qui a fortement bouleversé les pratiques culturelles dans la société camerounaise et a induit de nouvelles habitudes et perceptions.

Une autre réflexion s'inscrit également sur la multiplicité identitaire des internautes Camerounais : entre toilettage social et recomposition de la sociabilité. L'identité sociale des individus se décline en identités numériques créées selon les profils voulus par les internautes qui peuvent en posséder plusieurs. Cette banalisation de la présence en ligne en fonction des actions que l'internaute souhaite mener sur la Toile est de même une piste captivante à explorer.

Autant, l'étude aurait pu être encore plus intéressante si nous avions abordé les usages d'Internet comme formes d'expression de soi, en élargissant le champ d'intervention au delà des étudiants de l'Université de Douala, mais sur les jeunes Camerounais. Tout en présentant d'une part, la microsociologie des pratiques sur Internet où les actions des internautes tendent plus à se singulariser qu'à se fédérer ; et d'autre part de mettre en exergue le web collaboratif, où les internautes à travers les usages créatifs du Web 2.0 participent au développement des industries créatives.

Ce qui nous permettra d'aborder Internet non plus à travers la vision du passage de la valeur sociale à la valeur marchande, mais de partir de cette dimension marchande pour ressortir les actes symboliques qui participent à la culturalisation des pratiques d'Internet par les usagers.

De ces nombreuses perspectives, il sera question pour nous si l'opportunité nous est donnée de continuer en thèse de doctorat, de consacrer de prime abord la première année aux lectures approfondies afin de mesurer la faisabilité du sujet, de le recadrer, de définir les objectifs, de réorienter la problématique, d'élaborer les hypothèses de travail et de mettre sur pied un cadre théorique et méthodologique qui nous permettra de collecter les données du terrain.

La deuxième année nous permettra de descendre sur le terrain, d'y confronter nos outils de collecte et de recueillir les données, les traiter, les analyser et les interpréter. La troisième année sera consacrée à la rédaction et à la présentation des résultats.

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-- Moisy Magali, Albero Brigitte ; Les étudiants internautes, Université Rennes 2-CREAD1, Maison des Sciences de l'Homme, Programme e-pathie, Paris, N°54, disponible sur www.inrp.fr/biennale/8biennale/contrib/longue/54.pdf

-- Godin Richard, Réseaux sociaux et nouveaux espaces démocratiques, disponible www.ameriquefrancaise.org

-- Cardon Dominique ; La démocratie Internet. Comment et pourquoi la Toile invente un autre type de démocratie, disponible sur www.culturemobile.net

-- Musso Pierre ; L'imaginaire des réseaux. Au coeur de nos sociétés gouvernées par la technologie, disponible sur http://www.culturemobile.net/visions/pierre-musso-imaginaire-reseaux

-- Perriault Jacques ; Un exemple d'empreinte de la technique : le cas de la machine à vapeur, in Culture technique n°4, février 1981

- Sartre, Jean Paul ; L'être et le néant, essai d'ontologie phénoménologique, Paris, Gallimard, 1943, disponible sur http://la-philosophie.com

MEMOIRES ET THESES :

- Essoukan Epée Hermann ; Missions et défis du journal d'entreprise dans les organisations au Cameroun : entre propagande blanche, marketing holiste et construction d'une image institutionnelle, Mémoire de DEA/Master II en Communication des organisations, Université de Douala, Douala, 2014

-- Deffo Foungou Louis Maurice ; Usages et appropriations des réseaux sociaux numériques par les étudiants de Douala, Mémoire de DEA/Master II en communication des organisations, Université de Douala, Douala, 2013

- Béché Emmanuel ; Usages et représentations sociales de l'ordinateur chez les élèves dans deux lycées du Cameroun. Esquisse d'une approche de l'appropriation des technologies. Éducation. Université de Liège, Belgique; Université de Yaoundé I, Cameroun, 2013, disponible sur https://tel.archives-ouvertes.fr

- Ngono Simon, Avantages et effets pervers de l'économie numérique depuis 1992, Licence en communication option communication sociale et médiatique, Université de Douala, Douala, 2009, disponible sur www.memoireonline.com

-- Devriendt Arthur ; Technologies de l'information et de la communication et fragmentation urbaine à Yaoundé, Mémoire de Master 2 en Aménagement, Urbanisme et Dynamique des Espaces, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2009, disponible sur https://fr.scribd.com

- Capitant Sylvie ; Médias et pratiques démocratiques en Afrique de l'Ouest : usages des radios au Burkina Faso ; Thèse de doctorat en sociologie, Paris1, Université Panthéon-Sorbonne, 2008, consultable sur https://fr.scribd.com/doc

- Mahama Salomon, Point sur l'internet et la téléphonie mobile au Cameroun, DEA Informatique, Université de Yaoundé I, 2008, mémoire en ligne disponible sur www.memoireonline.com

-- Koudjou Carine Laure ; TIC et développement local au Cameroun, Mémoire de Master 2, Sciences de l'Information et de la Communication, Université Paris X Nanterre, 2007, version numérique disponible sur http://www.memoireonline.com

- Wame Baba ; Internet au Cameroun : les usages et les usagers. Essai sur l'adoption des technologies de l'information et de la communication dans un pays en voie de développement, Thèse de Doctorat, Université de Paris II (Panthéon- Assas), 2005

-- Ngounou Ingrid Alice ; La presse écrite camerounaise à l'épreuve de la convergence numérique. Cas de Cameroun Tribune et Mutation, Mémoire DSTIC en sciences et techniques de l'information et de la communication, ESSTIC, Yaoundé, 2004, version électronique disponible sur http://www.memoireonline.com

-- Quinton Philippe ; Les designs des images et des écritures, extrait de l'HDR (Habilitation à Diriger des Recherches), Paris, 2002

-- Misse Misse ; Les développements de la publicité en Afrique francophone dans les années quatre-vingts : le cas du Cameroun, Thèse de doctorat en sciences de la communication, Tome 1, Université Stendhal-Grenoble 3, Grenoble, 1993

SEMINAIRES ET COLLOQUES :

-- 12 Janvier au 08 Avril 2015 : Séminaire GPB (visioconférence) ; Communication, médias et champs sociaux. Multiplex entre les Universités Stendhal-Grenoble 3, Paris Nord, Lille 3 et Antananarivo ;

-- 19 Janvier au 15 Mars 2015 : Séminaire sur la communication internationale (Chaire UNESCO). Organisé à l'Université Stendhal-Grenoble 3 par le GRESEC (Groupe de Recherches sur les Enjeux de la Communication) ; comme invité le Pr Fausto Colombo ;

-- 10-12 Avril 2014 : Colloque international Communication et changements sociaux en Afrique 3. Sur le thème : Tics, industries culturelles et industries créatives : appropriation sociale et diversité culturelle. Organisé à l'Université de Douala, par le département de Communication LACREM (Laboratoire d'Analyse de Communication et des Récits Médiatiques). Comme modérateurs, Pr Bernard Miège, Pr Bertrand Cabedoche, Pr Boyomo Assala, Pr Misse Misse, Pr Same Kollè, Pr Serge Balima, Pr Miguel De Aguilera, pour ne citer que ceux-là ;

- 13-28 Janvier 2014 : Séminaire doctoral sur la méthodologie et l'épistémologie de la recherche tenu à l'Université de Douala, organisé par la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, comme invité, le Pr Grégoire BIYOGO ;

- 17-18 mai 2013 : Séminaire tenu à l'Université de Douala, sur les Théories critiques avec les étudiants de Master II communication, comme invité, le Pr Charles Boyomo Assala ;

- 17-22 Janvier 2013 : Séminaire (Journées d'animation scientifiques) organisé à l'Université de Douala, par le Département de Communication (LACREM) sur la méthodologie de recherche en sciences sociales, comme hôte le Pr Bertrand CABEDOCHE.

DOCUMENTS OFFICIELS ET SCIENTIFIQUES :

-- Martin-Juchat Fabienne, Dumas Aurélia et Pierre Julien Chercheurs associés à la Chaire Orange ; Vers des bricolages stratégiques pour faire face à l'ambivalence affective du rapport au numérique, Digital Natives Chair, An Orange and Grenoble Ecole de Management Partnership, 2014

-- 16ème session annuelle de la Commission des Nations Unies sur la Science et la Technologie pour le Développement, Genève, juin 2013, disponible sur http://unctad.org

-- PNUD (2012), Rapport mondial sur le développement humain, In Banque de France -Rapport annuel de la Zone franc-2011, disponible sur http://www.banque-france.fr

-- Ferréol Gilles (dir) ; Dictionnaire de sociologie, 4e édition (revue et augmentée), Paris, Armand Colin, 2011

-- Loi n° 2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au Cameroun

-- Le Bohec Jacques, Dictionnaire du journalisme et des médias, Mayenne, Presses Universitaires de Rennes, 2010

-- Corroy Laurence, Gonnet Jacques ; Dictionnaire d'initiation à l'info-com, 2e Edition, Paris, Vuibert, 2008

-- Cacaly Serge, Le Coadic Yves-François, Pomart Paul-Dominique, Sutter Eric, Dictionnaire de l'information, 3e édition, Paris, Armand Colin, 2008

-- Corroy Laurence, Gonnet Jacques ; Dictionnaire d'initiation à l'info-com, 2e Edition, Paris, Vuibert, 2008

-- Enquête «Conditions de vie 2006»

-- Enquête «Conditions de vie 2003»

-- Balle Francis (dir) ; Dictionnaire des Médias, Paris Larousse, 1998

-- Lamizet Bernard, Silem Ahmed ; Dictionnaire encyclopédique des sciences de l'information et de la communication, Paris, ellipses/édiction markéting S.A, 1997

WEBOGRAPHIE ET SITOGRAPHIES :

-- http://lesenjeux.u-grenoble3.fr

-- http://osp.revues.org

-- http://www.recherche-qualitative.qc.ca/Revue.html

-- http://www.persee.fr

-- http://www.sergeproulx.info

-- revues.mshparisnord.org

-- www.univ-montp3.fr

-- http://archive.wikiwix.com

-- www.cairn.info

-- http://fr.wikipedia.org/wiki/Netnographie

-- www.culturemobile.net

-- http://questionsdecommunication.revues.org/1232

LISTE DES ANNEXES

Images 1 et 2 : Cybercafés au Cameroun

Source : https://www.google.fr/search?q=image+d'un+cybercafé+au+cameroun

Images 3 et 4 : Hybridation des pratiques numériques


Légende : Les deux images montrent qu'à partir d'un téléphone mobile ou d'un ordinateur, il est possible de regarder les programmes télévisés en direct grâce à la connexion Internet.

Source : L'auteur

Image 6 : Hybridation des pratiques numériques

Légende : Skype permet les échanges de tout type de contenus multimédias.

Sources : https://www.google.fr/search?q=image+vidéo+skype+des+africains+sur+un+ordinateur

Image 7 : Facebook comme outil de protestation. Cet homme est un albinos Camerounais portant un tee-shirt avec le nom de la multinationale britannique qui gère l'électricité au Cameroun.

Légende : Mouvement de protestation et de boycott lancé par plusieurs internautes Camerounais sur Facebook pour décrier les coupures intempestives du courant électrique géré par la multinationale britannique ENEO au Cameroun. Un appel à ne plus payer les factures d'électricité.

Source : page Facebook d'un étudiant de l'Université de Douala

GUIDE D'ENTRETIEN

Date : ..... /..../.... Heure : de ....h.... à ....h.... Jour : ...................................

Lieu : .........................................................................................................

Statut de l'enquêté :

Détail :

L'interviewé

Identité :

Sexe :

Niveau d'études :

Bonjour,

Je vous remercie de bien vouloir me consacrer votre temps. Je suis ESSOUKAN EPEE Hermann, étudiant en Master II RETIC (Recherches et Études en Information-Communication), inscrit à l'Université Stendhal-Grenoble3. Je viens vous interviewer dans le cadre de la recherche que je fais sur les «Usages et pratiques d'Internet par les étudiants au Cameroun : Quels enjeux ?». Je vous rassure que cet entretien est strictement confidentiel et anonyme.

A) La place d'Internet dans les usages et pratiques quotidiennes

Q-1. Faites-vous usage d'Internet ?

- ?Oui ?- Non

Q-2. Si oui, par quels dispositifs accédez-vous à Internet ?

- Ordinateur - Téléphone mobile - Tablette

- Clé Internet - Autres : ..................................................................

Q-3. Quels sont vos différents espaces de connexion à Internet ?

- Cybercafés ? - Maison - Etablissement

- Travail ?- Autres :.....................................................................

Q-4. Pendant votre navigation sur Internet, que consultez-vous prioritairement ?

........................................................................................................................................................................................................................................................................................................

Q-5. Combien de jours par semaines allez-vous sur Internet et par jour, quelle est votre durée de connexion ?

..............................................................................................................................................................................................................................

B) Intérêt des usagers

Q-1. Avez-vous un budget lié aux dépenses à Internet ?

- Oui - Non

Q-2. Comment faites-vous pour bénéficier des services d'Internet ? En d'autres termes, quelles sont les ressources financières qui vous permettent d'avoir accès à la connexion Internet ? ....................................................................................................

.....................................................................................................................................................................................................................................................................................................

Q-3. Quelles sont les raisons principales qui vous poussent à économiser de l'argent pour bénéficier des services d'Internet : raisons académiques ou réalisations des projets ?

...........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

Q-4. En utilisant Internet, quelles sont les gratifications et les satisfactions que vous tirez ?

.............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

Q-5. Quelles sont les communautés en ligne et groupes auxquels vous appartenez ?

.....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

C) Représentations des intéressés

Q-1. Quelles perceptions avez-vous d'Internet au Cameroun ?

...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

Q-2. Que représente Internet dans votre vie et pour vos études ?

.......................................................................................................................................................................................................................................................................................................

Q-3. Quelle niveau de maîtrise et de compétence avez-vous du numérique ?

- Excellent - Très bien - Bien - Assez-bien - Passable - Nul -Autres :.......................................................................................

Q-4. Concrètement à quoi vous sert Internet ?

..........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

Q-5. Quels sont les freins et les défis qui se présentent à vous pour accéder à Internet ? Et lorsque vous parvenez à accéder, quels problèmes rencontrez-vous pendant la navigation sur Internet ? .......................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

TABLE DES MATIERES :

DEDICACE ................................................................................................ 1

REMERCIEMENTS .................................................................................... 2

AVANT-PROPROS ...................................................................................... 3

RESUME .................................................................................................... 4

ABSTRACT ................................................................................................ 5

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ......................................................... 6

LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES ............................................................ 7

SOMMAIRE ................................................................................................ 8

INTRODUCTION GENERALE ...................................................................... 9

PREMIERE PARTIE : SOCIOGENESE D'INTERNET .......................................... 45

Chapitre I : Mutations théoriques du Net ............................................................ 46

Section 1 : Essor et évolution d'Internet .............................................................. 46

1-1. De l'alphabet au digital................................................................................. 46

1-2. Du «Net» au «Web» : une maïeutique évolutionnaire............................................. 47

Section 2 : Internet au Cameroun ........................................................................ 48

2-1. La connexion du Cameroun au réseau mondial ................................................... 48

2-2. La portée d'Internet pour les usagers au Cameroun .............................................. 50

2-3. Les « digitals natives », une problématique postmoderniste au Cameroun ................... 52

Chapitre II : Corpus de l'étude et présentation de l'Université de Douala .................... 54

Section 1 : L'Université de Douala ..................................................................... 54

1-1. Etablissements ......................................................................................... 54

1-2. centres spécialisés ...................................................................................... 55

Section2 : Supports numériques ........................................................................ 55

1-1. Site web ................................................................................................ 55

1-2. Bibliothèque .......................................................................................... 56

DEUXIEME PARTIE : USAGES ET PRATIQUES D'INTERNET PAR LES ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE DE DOUALA ........................................................................ 58

Chapitre III : Jeux d'acteurs et scénarisations des pratiques sociales d'Internet ........ 59

Section 1 : Typologie des usages d'Internet par les étudiants ................................ 59

1-1. Le courrier électronique (Simple Mail Transfert Protocol) ................................. 59

1-2. Forums de discussions/News (Network News Transfert Protocol) ........................ 61

1-3. Le Web (HyperText Transfert Protocol) ....................................................... 62

Section 2 : Logiques d'action des étudiants dans les usages d'Internet ..................... 65

2-1. Les logiques d'usages ............................................................................. 67

2-2. Enjeux et défis des usages d'Internet .............................................................. 69

Section 3 : Stratégies estudiantines dans les différents usages d'Internet .................. 70

3-1. L'accès à Internet .................................................................................... 70

3-2. L'appropriation du Net : du bricolage au détournement ...................................... 70

Chapitre IV : Internet. Réalité(s) hybride(s), reproduction sociale et simulation ......... 73

Section1 : Promesses des interfaces numériques ................................................... 73

1-1. Internet, un espace de médiation et de remédiation : la convergence numérique et l'hybridation des pratiques .............................................................................................. 73

1-2. L'imaginaire dans la construction d'une culture planétaire ................................... 74

Section 2 : Dimensions économiques et formes de sociabilités de la « Toile » ............. 76

2-1. Les concepts de « connectivity » et « connectedness » : entre sociabilité, commercialisation et info-marchandisation des données numériques ..................................................... 76

2-2. Internet comme démocratie paradoxale : Surveillance sur la « Toile », contrôle social et géolocalisation ........................................................................................... 78

Section 3 : Représentations des usages d'Internet ............................................... 80

2-1. Perceptions des étudiants du cycle Licence .................................................... 80

2-2. Perceptions des étudiants du cycle Master ..................................................... 80

2-3. Perceptions des doctorants ...................................................................... 81

TROISIEME PARTIE : CADRE REGLEMENTAIRE REGISSANT LA COMMUNICATION ELECTRONIQUE AU CAMEROUN ET PRESENTATION DES RESULTATS ............ 82

Chapitre V : Cadre réglementaire de la communication électronique au Cameroun ... 83

Section 1 : Les acteurs de régulation de la communication électronique au Cameroun.. 83

1-1. Les forces sociales en présence  ................................................................. 83

1-2. L'ANTIC et l'ART : contexte de création ...................................................... 88

Section 2 : Les missions des organes de régulation............................................... 88

2-1. Fonctions et responsabilités .......................................................................... 90

2-2. Défis et risques...................................................................................... 90

Section 3: Bilan et état actuel de la situation ...................................................... 92

3-1. Sur le plan sociétal ............ .................................................................... 92

3-2. Sur le plan social.................................................................................... 94

Chapitre VI : Analyses et interprétations des résultats ........................................... 96

Section 1 : Méthode d'analyse du corpus ............................................................ 96

1-1. Choix de la méthode ................................................................................ 96

2-2. Analyses des données ............................................................................... 96

Section 2 : Interprétations des résultats issus des analyses ....................................... 103

CONCLUSION GENERALE .......................................................................... 105

BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................... 108

LISTE DES ANNEXES ................................................................................. 117

TABLE DES MATIERES ......................................................................... 123-125

* 1 Wame Baba ; Internet au Cameroun : les usages et les usagers. Essai sur l'adoption des technologies de l'information et de la communication dans un pays en voie de développement, Thèse de Doctorat, Université de Paris II (Panthéon- Assas), 2005

* 2 Mahama Salomon, Point sur l'internet et la téléphonie mobile au Cameroun, DEA Informatique, Université de Yaoundé I, 2008, mémoire en ligne disponible sur www.memoireonline.com

* 3 BA Abdoul ; Internet, cyberespace et usages en Afrique, Paris, L'Harmattan, 2003,

* 4 Devriendt Arthur ; Technologies de l'information et de la communication et fragmentation urbaine à Yaoundé, Mémoire de Master 2 en Aménagement, Urbanisme et Dynamique des Espaces, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2009, disponible sur https://fr.scribd.com

* 5 Misse Misse, « Net optimistes » et « Net pessimistes » au Cameroun ou les Internautes face aux pouvoirs, Juin 2011, revues.mshparisnord.org

* 6 Bakoa Monda ; Télécommunications du Cameroun : un réseau en constance extension, In Cameroon Tribune, No 6254 du 27 décembre 1996

* 7 Spitz Bernard ; La révolution du numérique : l'ère de la convergence, Communication et langages, vol 121, 1999, pp. 115-121, disponible sur www.persee.fr

* 8 Sonnac Nathalie, Gabszewics Jean ; L'industrie des médias à l'ère numérique, Paris, édition La Découverte, coll. Repères, 2013, disponible sur www.cairn.info

* 9 PNUD (2012), Rapport mondial sur le développement humain, In Banque de France -Rapport annuel de la Zone franc-2011, disponible sur http://www.banque-france.fr

* 10 BA Abdoul ; Internet, cyberespace et usages en Afrique, Paris, L'Harmattan, 2003, p. 174

* 11 Les « tournes-dos » sont des lieux non conventionnels ou se vendent à moindres coûts de la nourriture prête à consommer, de qualité secondaire ne respectant presqu'aucune condition sanitaire, ni nutritionnelle. Permettant aux individus n'ayant pas la possibilité de s'acheter un repas de qualité dans un restaurant de pouvoir manger à leur faim à moindre coût même si le repas n'est pas de bonne qualité. Cette stratégie est celle du bourrage de l'estomac, d'où le fameux concept de « bourratifs » très employé au Cameroun renvoyant à cette nourriture vendue.

* 12 En abordant le terme de « commerces à la sauvette », nous faisons allusion aux produits de consommation vendus en bordure de route ; parmi les plus prisés nous pouvons citer : poissons et viandes à la braise, beignets avec du haricot et de la bouillie de maïs (le bhb), prunes et maïs grillés pour ne citer que ceux là.

* 13 Galinon-Melenec Béatrice, Martin-Juchat Fabienne (dir) ; Le corps communicant. Le XXIe siècle, civilisation du corps ? Paris, L'Harmattan, 2007, p. 217

* 14 Avec Patrice Flichy, dans ses travaux sur le corps dans l'espace numérique, le corps subit chez les accrocs d'informatique, un abandon et une transfiguration au point de perdre des repères temporels, et de ne plus ressentir ni la faim, ni la fatigue. Disponible sur http://www.bodyspacesociety.eu/wp-content/uploads/2011/02/3-Flichy.pdf

* 15 Miège Bernard ; La société conquise par la communication III. Les Tic entre technique et ancrage social, Grenoble, Presse Universitaire de Grenoble, 2007, P. 84-85

* 16 Miège Bernard, Missé Missé (dir); Mutations socioprofessionnelles et enjeux citoyens du cyber -journalisme dans l'espace public au Cameroun, Communication et changement social en Afrique et dans les Caraïbes-2, disponible sur http://lesenjeux.u-grenoble3.fr/2010-supplementA/Madiba/index.html

* 17 Sartre, Jean Paul ; L'être et le néant, essai d'ontologie phénoménologique, Paris, Gallimard, 1943, disponible sur http://la-philosophie.com

* 18 Isabelle Faurie, Brigitte Almudever and Violette Hajjar, « Les usages d'internet des étudiants : facteurs affectant l'intensité, l'orientation et la signification des pratiques », L'orientation scolaire et professionnelle [Online], 33/3 | 2004, Online since 28 September 2009, connection on 14 March 2015. URL : http://osp.revues.org/712 ; DOI : 10.4000/osp.712

* 19 Op. Cit. Isabelle Faurie, Brigitte Almudever and Violette Hajjar, http://osp.revues.org/712 ; DOI : 10.4000/osp.712

* 20 Emmanuelle Beauville Berger, Claire Nguyen, Virginie Rose. Les usages d'Internet chez les étudiants de l'Ecole Normale Supérieure-Lettres et Sciences Humaines de Lyon. domainshs.info.docu. 2005. <mem00000367>

* 21 Moisy Magali, Albero Brigitte ; Les étudiants internautes, Université Rennes 2-CREAD1, Maison des Sciences de l'Homme, Programme e-pathie, Paris, N°54, disponible sur www.inrp.fr/biennale/8biennale/contrib/longue/54.pdf

* 22 Isabelle Faurie, Brigitte Almudever and Violette Hajjar ; Les usages d'internet des étudiants : facteurs affectant l'intensité, l'orientation et la signification des pratiques, L'orientation scolaire et professionnelle [Online], 33/3 | 2004, Online since 28 September 2009, connection on 25 March 2015. URL : http://osp.revues.org/712 ; DOI : 10.4000/osp.712

* 23 Vayre Émilie, Croity-Belz Sandrine, Dupuy Raymond ; Usages d'Internet chez les étudiants à l'université: effets des dispositifs de formation en ligne et rôle du soutien social. L'orientation scolaire et professionnelle [Online], 38/2 | 2009, Online since 15 June 2012, connection on 25 March 2015. URL : http://osp.revues.org/1918 ; DOI : 10.4000/osp.1918

* 24 Enquête «Conditions de vie 2003», http://www.ove-national.education.fr.

* 25 Enquête «Conditions de vie 2006», http://www.ove-national.education.fr.

* 26 http://www.delegation.internet.gouv.fr/actuas/html/G200612.htm.

* 27 Godin Richard, Réseaux sociaux et nouveaux espaces démocratiques, disponible www.ameriquefrancaise.org

* 28 Essono Louis-Martin ; Les réseaux sociaux prennent leur envol au Cameroun, disponible sur www.cursus.edu/fiche-usager, Mis à jour le vendredi 3 juin 2011, consulté le 23 Avril 2015

* 29 Deffo Foungou L. M. ; Usages et appropriations des réseaux sociaux numériques par les étudiants de Douala, Mémoire de DEA/Master II en communication des organisations, Université de Douala, Douala, 2013, p.8

* 30 Op.cit. Godin Richard

* 31 Cardon Dominique ; La démocratie Internet. Comment et pourquoi la Toile invente un autre type de démocratie, disponible sur www.culturemobile.net

* 32 Ibid. Cardon D.

* 33 Lacroix Guy ; Le mirage Internet. Enjeux économiques et sociaux, Paris, Editions Vigot, 1997, p. 5

* 34 Ibid. Lacroix Guy, p. 14

* 35 Mahama Salomon, Point sur l'internet et la téléphonie mobile au Cameroun, DEA Informatique, Université de Yaoundé I, 2008, mémoire en ligne disponible sur www.memoireonline.com

* 36 Émilie Vayre, Sandrine Croity-Belz and Raymond Dupuy, « Usages d'Internet chez les étudiants à l'université: effets des dispositifs de formation en ligne et rôle du soutien social », L'orientation scolaire et professionnelle [Online], 38/2 | 2009, Online since 15 June 2012, connection on 04 March 2015. URL : http://osp.revues.org/1918 ; DOI : 10.4000/osp.1918

* 37 Fausto Colombo ; La génération internet n'est plus ce qu'elle était. Le rôle des médias dans l'identité générationnelle. Communication & langages, 2011, pp 3-21

* 38 Fausto Colombo ; Does aWeb Generation Really Exist ? in Ramón Sala verría & Charo Sádaba (dir.), Towards New Media Paradigms: Contents, Producers, Organisations and Audiences, Pamplona, Eunate, 2003.

* 39 Ibid, Fausto Colombo

* 40 Fabienne Martin-Juchat, Aurélia Dumas et Julien Pierre Chercheurs associés à la Chaire Orange ; Vers des bricolages stratégiques pour faire face à l'ambivalence affective du rapport au numérique, Digital Natives Chair, An Orange and Grenoble Ecole de Management Partnership, 2014

* 41 Nous établissons une différence entre les concepts numérique et digital. Parce que d'un côté nous avons de manière littérale, la conversion des données physiques aux données informatiques et numériques conservables dans divers périphéries de stockages virtuels ou physiques ; or quand nous abordons le concept de digital, nous faisons recourt à trois dimensions constitutives : les dispositifs numériques (Ordinateur, PC, téléphone mobile, tablette, téléviseur), le web (la dématérialisation, les échanges, la rupture et la désanctuarisation des frontières), et les usages (les pratiques, l'appropriation, les détournements).

* 42 PNUD (2012), Rapport mondial sur le développement humain, In Banque de France -Rapport annuel de la Zone franc-2011, disponible sur http://www.banque-france.fr

* 43 Chambat Pierre ; Usages des technologies de l'information et de la communication (TIC) : évolution des problématiques, TIS, vol. 6, n°3, Dunod, 1994

* 44 Jouët Josiane ; Retour critique sur la sociologie des usages, Réseaux, 2000, volume 18 n°100. pp. 487-521, disponible sur http://www.persee.fr http://monindependancefinanciere.com

* 45 Gilles Boenisch, « Jacques Perriault, La logique de l'usage. Essai sur les machines à communiquer », Questions de communication [En ligne], 15 | 2009, mis en ligne le 18 janvier 2012, consulté le 17 décembre 2014. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/1232

* 46 Vidal Geneviève ; La sociologie des usages, continuités et transformations. Lavoisier, Hermes Science publications, 2012, disponible sur http://www.cndp.fr

* 47 Pasquier Dominique ; Chère Hélène. Les usages sociaux des séries collège, Réseaux n° 70, 1995

* 48 Pasquier Dominique ; Cultures lycéennes. La tyrannie de la majorité, Paris, Ed. Autrement, 2005, disponible sur http://rfp.revues.org/325

* 49 Flichy Patrice ; Technique, usage et représentations, Réseaux, 2008/2 n° 148-149, p. 147-174

* 50 Op.cit. Vidal Geneviève 

* 51 visual-memory.co.uk/daniel/Documents

* 52 Op.cit. Jouët Josiane 

* 53 http://monindependancefinanciere.com

* 54 Capitant Sylvie ; Médias et pratiques démocratiques en Afrique de l'Ouest : usages des radios au Burkina Faso ; Thèse de doctorat en sociologie, Paris1, Université Panthéon-Sorbonne, 2008, consultable sur https://fr.scribd.com/doc

* 55 Proulx Serge; Penser les usages des TIC aujourd'hui : enjeux, modèles, tendances in Lise Vieira et Nathalie Pinède, éds, Enjeux et usages des TIC : aspects sociaux et culturels, t. 1, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2005, p. 7-20, disponible sur http://www.sergeproulx.info

* 56 Ibid. Proulx, 2005

* 57 Béché Emmanuel ; Usages et représentations sociales de l'ordinateur chez les élèves dans deux lycées du Cameroun. Esquisse d'une approche de l'appropriation des technologies. Éducation. Université de Liège, Belgique; Université de Yaoundé I, Cameroun, 2013, disponible sur https://tel.archives-ouvertes.fr

* 58 Ibid. Béché Emmanuel

* 59 Chambat Pierre ; Usages des technologies de l'information et de la communication (TIC) : évolution des problématiques, TIS, vol. 6, n°3, Dunod, 1994, p. 249-270

* 60 Op. Cit. ; Retour critique sur la sociologie des usages, In: Réseaux, 2000

* 61 Bazin Yoann ; Lente acquisition de la pratique et construction de l'expérience: vers une gérontocratie organisationnelle ? Management & Avenir, 2009/10 n° 30, p. 90-106, disponible sur http://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2009-10-page-90.htm

* 62 Ibid. Bazin Yoann

* 63 Caro Jean-Yves ; La sociologie de Pierre Bourdieu : éléments pour une théorie du champ politique, Revue française de science politique, volume 30, 1980 disponible sur http://www.persee.fr 

* 64 Ibid. Bazin Yoann

* 65 Rouleau Linda, Allard-Poesi Florence, Warnier Vanessa ; Le management stratégique en pratiques, Revue française de gestion 5/2007 (n° 174), p. 15-24 disponible sur www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2007-5-page-15.htm

* 66 Ferréol Gilles (dir) ; Dictionnaire de sociologie, 4e édition (revue et augmentée), Paris, Armand Colin, 2011

* 67 Lévy-Bruhl Lucien ; La morale et la science des moeurs, Paris, Alcan, 1903, p. 9

* 68 Freijomil Andrés G., « Les pratiques de la lecture chez Michel de Certeau », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques [En ligne], 44 | 2009, mis en ligne le 16 novembre 2011, consulté le 04 juin 2015. URL : http://ccrh.revues.org/3533 ; DOI : 10.4000/ccrh.3533

* 69 Corroy Laurence, Gonnet Jacques ; Dictionnaire d'initiation à l'info-com, 2e Edition, Paris, Vuibert, 2008, p. 169

* 70 Balle Francis (dir) ; Dictionnaire des Médias, Paris Larousse, 1998, p. 129

* 71 Cacaly Serge, Le Coadic Yves-François, Pomart Paul-Dominique, Sutter Eric, Dictionnaire de l'information, 3e édition, Paris, Armand Colin, 2008, p. 144

* 72 Le Bohec Jacques, Dictionnaire du journalisme et des médias, Mayenne, Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 317

* 73 Lamizet Bernard, Silem Ahmed ; Dictionnaire encyclopédique des sciences de l'information et de la communication, Paris, ellipses/édiction markéting S.A, 1997, p. 313

* 74 Ibid. Lamizet, Silem, p. 316

* 75 Haumesser, M. ; « La « seconde nature », entre propre et appropriation » 2004, in J.-P. Zarader (dir.) ; La propriété : le propre, l'appropriation, CAPES/Agrégation Philosophie, Paris, Ellipses, p. 93

* 76 Serfaty-Garzon, P.; L'appropriation, 2003, in M. Segaud, J. Brun et J.-C., Driant (dir.); Dictionnaire critique de l'habitat et du logement, Paris, Éditions Armand Colin, p.27-30 disponible sur http://www.perlaserfaty.net

* 77 Ibid. Serfaty-Garzon

* 78 Jouët Josiane; Retour critique sur la sociologie des usages, In: Réseaux, 2000, volume 18 n°100. pp. 487-521, disponible sur http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reso.

* 79 Op. Cit. ; Retour critique sur la sociologie des usages

* 80 Proulx Serge; Penser les usages des TIC aujourd'hui : enjeux, modèles, tendances in Lise Vieira et Nathalie Pinède, éds, Enjeux et usages des TIC : aspects sociaux et culturels, t. 1, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2005, p. 7-20, disponible sur http://www.sergeproulx.info

* 81 Massard Nelly, Revisiter la notion d'appropriation : Pour une application au cas des ERP, Sciences de Gestion, Université Claude Bernard, Lyon 1 Institut Universitaire de Technologie A

* 82 Foucault M. ; Dits et écrits, volume III, p.299, in Qu'est-ce qu'un dispositif ? Agamben G. p.9-10

* 83 Ibid. p. 9

* 84 Agamben Giorgio ; Qu'est-ce qu'un dispositif ? Edition Payot et Rivage, Paris, 2007, p.31-32

* 85 Mattelart A., Mattelart M. ; Histoire des théories de la communication, Edition La Découverte, Paris, 2004, p.53

* 86 Appel V., Boulanger H., Massou L. (dir.) ; Les dispositifs d'information et de communication, concept, usages et objets, De Boeck, Bruxelles, 2010, p.9-10

* 87 Op.cit. Médiations, p. 153-154

* 88 Op.cit. Communication organisationnelle, sociologie de la médiation organisationnelle, p.20

* 89 I bid. p.101

* 90 Op. cit. p.14

* 91 Essoukan Epée Hermann ; Missions et défis du journal d'entreprise dans les organisations au Cameroun : entre propagande blanche, marketing holiste et construction d'une image institutionnelle, Mémoire de DEA/Master II en Communication des organisations, Université de Douala, Douala, 2014

* 92 http://fr.wikipedia.org/wiki/Netnographie

* 93 Sayarh Nada, La netnographie : mise en application d'une méthode d'investigation des communautés virtuelles représentant un intérêt pour l'étude des sujets sensibles, Université de Genève, Recherches qualitatives - Vol. 32(2), 2013, pp. 227-251, disponible sur http://www.recherche-qualitative.qc.ca/Revue.html

* 94 Mucchielli Roger ; L'analyse de contenu. Des documents et des communications, 9e édition, ESF, rue Maurice-Hartmann, 2006, P. 35

* 95 Koudjou Carine Laure ; TIC et développement local au Cameroun, Mémoire de Master 2, Sciences de l'Information et de la Communication, Université Paris X Nanterre, 2007, version numérique disponible sur http://www.memoireonline.com

* 96 Lajoie Jacques, Guichard Eric ; Odyssée Internet. Enjeux sociaux, Québec, Presses de l'Université du Québec, 2002, p. 32

* 97 Encyclopédie Hachette, in info-bible.org

* 98 Christin Anne-Marie (dir) ; Histoire de l'écriture. De l'idéogramme au multimédia, Paris, Flammarion, 2001, p. 21

* 99 Ces illustrations mnémotechniques étaient semblables aux signes actuels de la circulation routière

* 100 www.info-bible.org

* 101 Longo Giuseppe, Tendero P. Emmanuel ; L'alphabet, la Machine et l'ADN : l'incomplétude causale de la théorie de la programmation en biologie moléculaire, CNRS, École Normale Supérieure et École Polytechnique, Paris

* 102 http://www.espace-defis-hiphop-art-atelier-stage-exposition-graffiti tag.com

* 103 http://www.styven.com

* 104 Op. Cit ; Longo Giuseppe, Tendero Pierre-Emmanuel

* 105 www.lefigaro.fr

* 106 Op.cit. Ba Abdoul, p. 118

* 107 Jensen Mike ; Cameroon developing into a solid Internet market, 1997, disponible sur www2.netassets.co.za/netasset/col (...)

* 108 Mahama Salomon, Point sur l'internet et la téléphonie mobile au Cameroun, DEA Informatique, Université de Yaoundé I, 2008, mémoire en ligne disponible sur www.memoireonline.com

* 109 BA Abdoul ; Internet, cyberespace et usages en Afrique, Paris, L'Harmattan, 2003,

* 110 Wame Baba ; Internet au Cameroun : les usages et les usagers. Essai sur l'adoption des technologies de l'information et de la communication dans un pays en voie de développement, Thèse de Doctorat, Université de Paris II (Panthéon- Assas), 2005

* 111 N'tambwe Tshimbulu Raphaël ; La politisation de l'Internet en Afrique en question, colloque international, Communication et changement social en Afrique et dans les Caraïbes : bilan et perspectives, Douala, avril 2006, disponible sur http://lesenjeux.u-grenoble3.fr

* 112 Devriendt Arthur ; Technologies de l'information et de la communication et fragmentation urbaine à Yaoundé, Mémoire de Master 2 en Aménagement, Urbanisme et Dynamique des Espaces, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2009, disponible sur https://fr.scribd.com

* 113 L'ORSTOM (Office de la Recherche Scientifique dans les Territoires d'Outre-mer) est devenu Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

* 114 Ngounou Ingrid Alice ; La presse écrite camerounaise à l'épreuve de la convergence numérique. Cas de Cameroun Tribune et Mutation, Mémoire DSTIC en sciences et techniques de l'information et de la communication, ESSTIC, Yaoundé, 2004, version électronique disponible sur http://www.memoireonline.com

* 115 Ibid. Devriendt Arthur 

* 116 Ibid. Ngounou Ingrid Alice

* 117 Filiale de Worldcom, revendue la même année à Cable & Wireless.

* 118 Op.cit. Devriendt Arthur 

* 119 Misse Misse, « Net optimistes » et « Net pessimistes » au Cameroun ou les Internautes face aux pouvoirs, Juin 2011, revues.mshparisnord.org

* 120 Étude menée par les étudiants de la division III de l'Esstic, Université de Yaoundé I, 1998

* 121 Jean Lucien Ewangue, Le phénomène Internet dans la ville de Yaoundé, Séminaire NTIC, ESSTIC, Yaoundé, juillet 1998.

* 122 Ngono Simon, Avantages et effets pervers de l'économie numérique depuis 1992, Licence en communication, option communication sociale et médiatique, Université de Douala, Douala, 2009, disponible sur www.memoireonline.com

* 123 Source : Le-Vif

* 124 Bayart Jean-François, Mbembe Joseph-Achille, Toulabor Comi ; Le politique par le bas en Afrique noire : Contribution à une problématique de la démocratie, Paris, Karthala, Collection "Les Afriques", 1992, p. 53-54

* 125 Kemayou Louis Roger ; L'Université de Douala, entre ancrage et désenchantement, Conseil pour le développement et la recherche en sciences sociales en Afrique 2013, JHEA/RESA Vol. 10, No. 2, 2012, pp. 95-117

* 126 https://www.cameroon-tribune.cm

* 127 http://www.univ-douala.com/

* 128 www.scidev.net

* 129 www.ticmag.net/une-bibliotheque-numerique-a-luniversite-de-douala-en-2015/#.VTtNe5NwbK-

* 130 Ibid. www.scidev.net

* 131 Jouët Josiane ; Retour critique sur la sociologie des usages, Réseaux, 2000, volume 18 n°100. pp. 487-521, disponible sur http://www.persee.fr http://monindependancefinanciere.com

* 132 Perret Emmanuel ; Alertes sur Internet. Manipulations et délinquance, Paris, 2002, p. 27-28

* 133 Simeray Alain (coord.) ; L'internet professionnel. Témoignages, expériences, conseils pratiques de la communauté enseignement et recherche, Nancy, CNRS Editions, 1995, p. 76-77

* 134 Ibib. Perret Emmanuel  (coord.), p. 28

* 135 Ibid. Simeray Alain (coord.), P. 85

* 136 Op.cit. Simeray Alain (coord.), P. 71

* 137 À quoi sert Facebook ? Entretien téléphonique avec Judith Donath, fondatrice du Sociable Media Group, propos recueillit par Hubert Guillaud par téléphone le 12 janvier 2011, disponible sur http://www.futura-sciences.com

* 138 Op.cit. À quoi sert Facebook ?

* 139 Brechet J-P., Schieb-Bienfait N. ; Logique d'action et projet dans l'action collective. Réflexions théoriques comparées, Université de Nantes, Nantes, 2009, P. 3, disponible sur www.univ-nantes.fr/iemn-iae/recherche

* 140 Essoukan Epée Hermann ; Missions et défis du journal d'entreprise dans les organisations au Cameroun : entre propagande blanche, marketing holiste et construction d'une image institutionnelle, Mémoire de DEA/Master II, Communication des organisations, Université de Douala, Douala, 2014

* 141 Misse Misse ; Les développements de la publicité en Afrique francophone dans les années quatre-vingts : le cas du Cameroun, Thèse de doctorat en sciences de la communication, Tome 1, Université Stendhal-Grenoble 3, Grenoble, 1993, P. 97

* 142 Olson Mancur ; Logique de l'action collective. Traduction de Mario Levi, Éditions de l'Université de Bruxelles, Belgique, 2011, P. 7

* 143 Ibid. Olson M. Éditions de l'Université de Bruxelles, Belgique, 2011, P. 8

* 144 Perriault Jacques ; La logique de l'usage. Essai sur les machines à communiquer, Paris, 2e édition, L'Harmattan, 2008, p. XIV

* 145 Godelier Maurice ; L'idéel et le matériel, Pensée, économies, sociétés. Paris, Fayard, 1984

* 146 Perriault Jacques ; Un exemple d'empreinte de la technique : le cas de la machine à vapeur, in Culture technique n°4, février 1981

* 147 Op.cit. La logique de l'usage. Essai sur les machines à communiquer, p. XV-XVI

* 148 Op.cit. Essoukan Epée Hermann, 2014

* 149 Le Cameroun compte actuellement cinq (5) opérateurs de téléphonie mobile dont : Camtel, Orange Cameroun, MTN Cameroon, NEXTELL Cameroon.

* 150 Wame Baba ; Internet au Cameroun : les usages et les usagers. Essai sur l'adoption des technologies de l'information et de la communication dans un pays en voie de développement, Thèse de Doctorat, Université de Paris II (Panthéon- Assas), 2005

* 151 Médiation, les nouveaux cahiers de l'irepp ; Internet et nous. Le commerce et les échanges : la fin des intermédiations ? irepp n° 20, Paris, 1997, p.12

* 152 Piotraut Jérémy ; Les conséquences de la convergence sur les médias traditionnels, Thèse professionnelle, M.Sc. en Entertainment et Media Management, Euromed Marseille, 2006, disponible sur http://www.memoireonline.com

* 153 http://www.cite-sciences.fr/archives/francais/ala_cite/affiche/convergence/convergence.htm

* 154 Tremblay Gaëtan ; De Marshall Mc Luhan à Harold Innis ou du village global à l'empire mondial, tic&société, Vol. 1, n°1 | 2007, mis en ligne le 06 novembre 2007, consulté le 18 mai 2015. URL : http://ticetsociete.revues.org/222 ; DOI : 10.4000/ticetsociete.222

* 155 Ibid. Tremblay Gaëtan, 2007

* 156 http://www.scienceshumaines.com/internet-le-pouvoir-de-l-imagination_fr_2234.html

* 157 Flichy Patrice ; L'imaginaire d'Internet, Paris, La Découverte, 2001, Volume 133 numéro 133, disponible sur http://www.persee.fr

* 158 Musso Pierre ; L'imaginaire des réseaux. Au coeur de nos sociétés gouvernées par la technologie, disponible sur http://www.culturemobile.net/visions/pierre-musso-imaginaire-reseaux

* 159 Paquot Thierry, Lussault Michel (coor) ; Murs et frontières, Revue Hermès no 63. Septembre 2012, disponible sur http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?article1648

* 160 http://www.scienceshumaines.com/internet-le-pouvoir-de-l-imagination_fr_2234.html

* 161 Garnier Franck ; Enjeux économiques et risques sociaux de la marchandisation des données personnelles sur Internet, dossier réalisé en février 2002, mise à jour le 24 octobre 2002, disponible sur http://www.econovateur.com/rubriques/anticiper/ethsociete010202.shtml

* 162 Op.cit. Garnier Franck

* 163 Op.cit. Garnier Franck

* 164 Séminaire sur la communication internationale (Chaire UNESCO). Organisé à l'Université Stendhal-Grenoble 3 par le GRESEC (Groupe de Recherches sur les Enjeux de la Communication), du 19 Janvier au 15 Mars 2015, avec pour invité le Pr Fausto Colombo

* 165Godin Richard ; Réseaux sociaux et nouveaux espaces démocratiques, disponible sur http://www.ameriquefrancaise.org

* 166Godin Richard ; Réseaux sociaux et nouveaux espaces démocratiques, disponible sur http://www.ameriquefrancaise.org

* 167 Médiation, les nouveaux cahiers de l'irepp ; Internet et nous. Le commerce et les échanges : la fin des intermédiations ? irepp n° 20, Paris, 1997, p.19

* 168 Op.cit. Garnier Franck ; Enjeux économiques et risques sociaux de la marchandisation des données personnelles sur Internet

* 169 Voltzenlogel   Thomas ; Lutte de classes. Théories et pratiques, disponible sur http://quefaire.lautre.net/Lutte-de-classes

* 170 Foucault Michel ; Une microphysique du pouvoir, par Clément Lefranc, disponible sur http://www.cairn.info/magazine-les-grands-dossiers-des-sciences-humaines-2013-3-p-29.htm

* 171 Séminaire sur la communication internationale (Chaire UNESCO). Organisé à l'Université Stendhal-Grenoble 3 par le GRESEC (Groupe de Recherches sur les Enjeux de la Communication), du 19 Janvier au 15 Mars 2015, avec pour invité le Pr Fausto Colombo

* 172 Berthier Nicole ; Les techniques d'enquête en sciences sociales. Méthodes et exercices corrigés, 4e édition, Paris, Armand Colin, 2010, p. 336

* 173 16ème session annuelle de la Commission des Nations Unies sur la Science et la Technologie pour le Développement, Genève, juin 2013, disponible sur http://unctad.org

* 174 Ibid. disponible sur http://unctad.org

* 175 Op.cit. disponible sur http://unctad.org

* 176 Loi n° 2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au Cameroun, Article 36 (1) (2) (3) (4)

* 177 http://www.guide.mboa.info

* 178 Loi n° 2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au Cameroun, Titre VII, Article 96 (1) (2)

* 179 Mahama Salomon, Point sur l'internet et la téléphonie mobile au Cameroun, DEA Informatique, Université de Yaoundé I, 2008, mémoire en ligne disponible sur www.memoireonline.com

* 180 Interview du Directeur Général de l'ANTIC, disponible sur http://www.antic.cm

* 181 http://www.guide.mboa.info

* 182 Ibid. www.guide.mboa.info

* 183 www.guide.mboa.info

* 184 Mucchielli Roger ; L'analyse de contenu. Des documents et des communications, 9e édition, ESF, rue Maurice-Hartmann, 2006, P. 35

* 185 Berthier Nicole ; Les techniques d'enquête en sciences sociales. Méthodes et exercices corrigés, 4e édition, Paris, Armand Colin, 2010, p. 12

* 186 https://www.cameroon-tribune.cm

* 187 http://www.univ-douala.com/

* 188 Op.cit. Essoukan Epée Hermann, Master II/DEA, Université de Douala, Douala, 2014, p.61-62