|
[Sous-titre du document]


PERCEPTIONS ET REPRÉSENTATIONS SOCIOCULTURELLES
DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES AU TCHAD : CAS DU PEUPLE
MOUSSEY
ÉCOLE DOCTORALE : SCIENCES HUMAINES ET
SOCIALES
DOCTORAL SCHOOL : SOCIAL SCIENCES
UNITÉ DE FORMATION DES SCIENCES HUMAINES,
LITTÉRATURE ET COMMUNICATION
DOCTORAL TRAINING UNIT HUMAN SCIENCES, LITTÉRATURE
AND COMMUNICATION
LABORATOIRE : ANTHROPOLOGIE DE LA SANTE ET DU
DÉVELOPPEMENT
SOMMAIRE
SOMMAIRE
i
DEDICACE
ii
REMERCIEMENTS
iii
RÉSUMÉ
iv
ABSTRACT
v
LISTE DES ACRONYMES ET SIGLES
vi
LISTE DES CARTES
viii
LISTE DES GRAPHIQUES
ix
LISTE DES PHOTOGRAPHIES
x
LISTE DES TABLEAUX
xi
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1
I- CONTEXTE ET JUSTIFICATION
1
II- PROBLEME DE RECHERCHE
3
III- PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
5
IV- QUESTIONS DE RECHERCHE
6
V- HYPOTHESES DE RECHERCHE
6
VI- OBJECTIFS DE RECHERCHE
7
VII- METHODOLOGIE DE RECHERCHE
7
VIII- DEROULEMENT DE LA COLLECTE DES
DONNEES
16
IX- CONSIDERATIONS ETHIQUES
19
X- INTERET DE L'ETUDE
19
XI- PLAN DE TRAVAIL
20
CHAPITRE PREMIER : DESCRIPTION DU MILIEU DE LA
RECHERCHE ET ETHNOLOGIE DES GROUPES HUMAINS
21
CHAPITRE DEUXIEME : REVUE LITTERAIRE, CADRE
THEORIQUE ET CONCEPTUEL
43
CHAPITRE TROISIÈME : SYSTÈME DE
REPRÉSENTATIONS CULTURELLES DE LA FÉCONDITÉ, DE LA
PROCRÉATION ET DE LA CONTRACEPTION CHEZ LES MOUSSEY
68
CHAPITRE QUATRIÈME : ACTEURS
INTERVENANT AU NIVEAU COMMUNAUTAIRE DANS LA FÉCONDITÉ CHEZ LES
MOUSSEY
89
CHAPITRE CINQUIÈME : PRATIQUES ET
SAVOIRS ENDOGÈNES DE LA CONTRACEPTION CHEZ LES MOUSSEY
109
CHAPITRE SIXIÈME : CONNAISSANCES,
ATTITUDES ET PERCEPTIONS EN MATIÈRE DE CONTRACEPTION MODERNE CHEZ LES
MOUSSEY
131
CONCLUSION GÉNÉRALE
156
SOURCES
159
ANNEXES
167
DEDICACE
À
mon père, Gendarme Raymond
REMERCIEMENTS
Tout d'abord, nous tenons à remercier notre encadreur
Dr Bernard Aristide Bitouga d'avoir accepté de nous encadrer et s'est
montré toujours disponible envers nous.
Nous tenons également à remercier le Chef de
Département d'Anthropologie Pr Njikam Savage Margaret pour sa formation,
sa rigueur et de nous avoir accueillis comme ses enfants dans la
pluralité culturelle.
Nos remerciements vont également auprès de nos
enseignants du Département d'anthropologie notamment : Pr Basile
Njio, Pr Jeannette Fotso Wogaing, Dr Njoya Oumarou, Dr Marcel Nkouandou, Dr
Bruno Bekolo, M. Vagai Yatouma
Nous remercions également toutes les institutions et
enquêtés qui nous ont accepté lors de nos investigations de
terrain. Nous pensons particulièrement aux responsables de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya, les responsables du Centre de
Santé de Zabba Kessem, les responsables du Centre de Santé de
Domo Dambali, les responsables du Centre de Santé de Hori Kawina,
différents chefs de village qui nous ont facilité l'insertion
dans nos sociétés d'études.
Nous tenons à remercier notre mère, Elisabeth
Djivihaye,notre oncle Gaspard Fourissou et notre grand frèreSoundjataqui
n'ont cessé de déployer des moyens nécessaires à
nous soutenir sur plusieurs plans.
Nous remercions également notre marraine Mère
Nnam Viviane pour ses conseils, son encadrement dans la vie active. En plus,
nous remercions Monsieur Jean Claude Dogmo Tanda pour ses formations
professionnelles.
Nos remerciements vont aussi à l'endroit de tous nos
camarades et amis (es) qui, de par leurs connaissances sur les faits de culture
et dans la rédaction de mémoire, nous ont apporté des
orientations et des conseils. Nous pensons notamment à Monsieur Gustave
Mbende, Monsieur Janvier Mbatlina, Mademoiselle Memdiguitarel Noudjipa Ida,
Monsieur Gaspard Djabansou Danamou sans oublier certains amis et frères
qui nous ont facilité l'intégration en milieu universitaire :
Monsieur Paul Justin Dambali, Monsieur Adile Marc Dana, Monsieur Semdoukna
Kikina.
Enfin, nous n'oublions pas nos colocataires soeurs et
frères qui, dans les moments difficiles ont su nous galvaniser et nous
exhorter à persévérer dans nos études : Monsieur
Ngalzina Galamsassou, Monsieur Edouard Djob-Valna, Monsieur L'hamgolo Enock,
Monsieur Basile Sallah Lotchappi et Mademoiselle Gisèle Bouyo.
RÉSUMÉ
Pendant le XXe siècle, de nombreux débats
sociaux et politiques ont été suscités concernant
l'utilisation des contraceptifs modernes dans le but d'améliorer la
santé sexuelle et reproductive. Au Tchad, le gouvernement et ses
partenaires ont mis en oeuvre différentes stratégies pour faire
face aux problèmes tels que les grossesses non désirées,
les grossesses trop rapprochées, les grossesses trop nombreuses, les
grossesses trop précoces, les grossesses trop tardives, l'avortement non
médicalisé et les maladies sexuellement transmissibles.
Cependant, en dépit de ces multiples initiatives, la situation de la
santé sexuelle et reproductive reste inchangée dans les
sociocultures tchadiennes.
Notre présent travail intitulé :
perceptions et représentations socioculturelles des méthodes
contraceptives modernes au Tchad : cas du peuple Moussey, a pour objectif
de ressortir les déterminants socioculturels qui influencent
l'utilisation des méthodes contraceptives modernes chez le peuple
Moussey. Pour bien conduire cette recherche, la question principale
était la suivante : Comment les Moussey se représentent-ils les
méthodes contraceptives modernes ? La réponse provisoire
(hypothèse) à cette question était : les contraceptifs
modernes sont représentés par les Moussey comme les voies et
moyens menant à la prostitution et à la perdition des valeurs
socioculturelles pouvant entrainer la réduction de nombre d'enfants.
L'étude a fait recoursà l'approche qualitative et les techniques
de collecte des données mobilisées étaient les
observations directes, les discussions de groupe et les entretiens individuels.
L'interprétation des résultats a fait l'appel à deux (02)
théories notamment : la théorie de l'interactionnisme
symbolique et de l'ethnométhodologie.
Réalisée sur un entretien individuel de 11
informateurs, et de 04 groupes de discussions tous âgés de 18
à 60 ans, la présente étude a utilisé les
techniques de transcriptions informatisées et manuelles. Puis le codage
de nos données transcrites était informatisé.
Le résultat de notre étude montre que les
facteurs tel que : le conjoint, la famille, la religion, le niveau
d'éducation et le lieu de résidence influencent l'acceptation
d'utiliser les contraceptifs modernes par les Moussey.
Mots-clés : Contraception ;
Perceptions ; Représentation ; Socioculture ; Savoirs
Endogènes ; Santé Maternelle.
ABSTRACT
During the 20th century, numerous social and political debates
were sparked regarding the use of modern contraceptives with the aim of
improving sexual and reproductive health. In Chad, the government and its
partners have implemented various strategies to address issues such as unwanted
pregnancies, closely spaced pregnancies, excessive pregnancies, early
pregnancies, late pregnancies, unsafe abortions, and sexually transmitted
diseases. However, despite these multiple initiatives, the situation of sexual
and reproductive health remains unchanged in Chadian sociocultures.
Our present work entitled: Sociocultural perceptions and
representations of modern contraceptive methods in Chad: the case of the
Moussey people, aims to highlight the sociocultural determinants that influence
the use of modern contraceptive methods among the Moussey people. To properly
conduct this research, the main question was as follows: How do the Moussey
perceive modern contraceptive methods? The provisional answer (hypothesis) to
this question was: modern contraceptives are represented by the Moussey as the
means leading to prostitution and the loss of sociocultural values, which could
result in a reduction in the number of children. The study employed a
qualitative approach, and the data collection techniques used were direct
observations, group discussions, and individual interviews. The interpretation
of the results drew on two (02) theories, namely: the theory of symbolic
interactionism and ethnomethodology.
Conducted through individual interviews with 11 informants and
4 focus groups, all aged between 18 and 60, this study utilized computerized
and manual transcription techniques. Then the coding of our transcribed data
was computerized. The result of our study shows that factors such as: the
spouse, the family, religion, level of education, and place of residence
influence the acceptance of using modern contraceptives by the Moussey.
Keywords:Contraception; Perceptions;
Sociocultural; Representation; Indigenous;Knowledge; Maternal Health.
LISTE DES ACRONYMES ET SIGLES
a- Liste des acronymes
v ECOSIT : Enquête sur la Consommation
et le Secteur Informel au Tchad
v INSEED : Institut National de la
Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques
v MASOCOT : Marketing Social de Condom au
Tchad
v SIDA : Syndrome de l'Immuno
Déficience Acquise
v UNESCO : Organisation des Nations
Unies pour l'Education de Science et
b- Liste des sigles
v AFCM : Analyse Factorielle des
Correspondances Multiples
v AMP : Assistance Médicale
à la Procréation
v ASTBEF : Association Tchadienne du Bien
Être Familial
v BCR : Bureau Central du Recensement
v C.P.N : Consultation Prénatale
v DCAP : Direction de la Coordination des
Activités en Matière de Population
v DIU : Dispositif Intra Utérin
v DPP : Déclaration de la Politique de
Population
v EDS-MICST : Enquêté
Démographique et de Santé et à Indicateur Multiple au
Tchad
v EDST : Enquête Démographique
et de Santé du Tchad
v I.V.G : Interruption Volontaire de la
Grossesse
v IDH : Indice de Développement Humain
v IPD : Intégrer Population et
Développement
v IPH : Indice de la Pauvreté Humaine
v ISF : Indice Synthétique de
Fécondité
v IST : Infection Sexuellement Transmissible
v M.C.M : Méthode Contraceptive
Modernes
v M.C.T : Méthode Contraceptive
Traditionnelle
v MSP : Ministère de la Santé
Publique
v OMS : Organisation Mondiale de la
Santé
v P.F : Planification Familiale
v PMA : Procréation
médicalement assistée
v R.G.P.H.2 : Deuxième
Recensement Générale de la Population et de l'Habitat
v UNPFA : Union des Nations Unies pour
la Population
LISTE DES CARTES
Carte 1 : Département de la Kabbia
2
Carte 2 : Grands lignages Moussey et leurs
voisins
26
LISTE DES GRAPHIQUES
Figure 1 : Graphique sur le niveau des
connaissances des pratiques contraceptives traditionnelles chez les
Moussey.
2
Figure 2 : Canaux d'accès à
l'information sur les méthodes contraceptives modernes par les
Moussey
134
Figure 3: Niveau de connaissance
de la population d'étude sur les contraceptifs modernes selon le
sexe
136
Figure 4: Graphique sur l'utilisation annuelle des
méthodes contraceptives à l'hôpital district de
Gounou-Gaya
143
LISTE DES PHOTOGRAPHIES
Photo 1 : Danse Kodomma lors du festival
internationnal Kodomma à Gobo au Cameroun
2
Photo 2 : Le lac Kabbia
37
Photo 3 : Habitat Moussey patrimoine culturel
matériel
38
Photo 4: Objets d'artisanat pour la guerre et
chasse
39
Photo 5 : Arbre jatropha
110
Photo 6 : Plante Momordica balsamina
111
Photo 7 : Citron vert
112
Photo 8 : Thé séché
113
Photo 9: Papayes
114
Photo 10 : Arbre caicédrat
115
Photo 11: Gris-gris
116
Photo 12 : Whisky en sachet
117
Photo 13 : Comprimé
paracétamol
118
Photo 14: Une mère allaitant son
bébé
119
Photo 15: Préservatifs masculins
137
Photo 16 : Spermaticide
137
Photo 17 : Condom féminin (
fémidom)
138
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Répartition de la
population d'étude par variable sexe, niveau d'études ;
âge, religion, statut matrimonial
2
Tableau 2 : Précipitation de la
Kabbia
41
Tableau 3 :Nombres des personnes ayant
demandé les méthodes contraceptives modernes à
l'Hôpital Départemental District de Gounou-Gaya
142
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Cette étude ethnographique explore les perceptions et
les représentations socioculturelles des méthodes contraceptives
modernes au Tchad, spécifiquement chez le peuple Moussey. Le principal
problème est la résistance de la population tchadienne
engénérale et le peuple Moussey en particulier face aux
méthodes contraceptives modernes. Depuis l'indépendance du Tchad
en 1960, la population tchadienne a été confrontée
à de nombreux défis socio-sanitaires, notamment les besoins non
satisfaits, les avortements non médicaux, lemariage des adolescents et
la déscolarisation des jeunes. Adam Yaya Abdel-Mahoumoud, (2018).
Malgré l'introduction des méthodes contraceptives modernes, la
situation n'a pas toujours changé. Pour les Moussey, l'utilisation des
méthodes contraceptives modernes contredit leurs valeurs et pratiques
endogènes. Certains Moussey croient que la promotion des méthodes
contraceptives modernes peut encourager la prostitution chez les jeunes. Il est
important de noter que dans de nombreuses cultures tchadiennes, la
sexualité est sanctionnée avant le mariage.
I- CONTEXTE ET JUSTIFICATION
1- Contexte d'étude
Depuis le début du mouvement féministe au 19e
siècle, l'utilisation des méthodes contraceptives modernes a
été un sujet de débat politique et social. Les
revendications féministes ont souligné la nécessité
des méthodes contraceptives modernes pour autonomiser les femmes. En
effet, des campagnes de publicité massives et des efforts sans
précédent aux tours des méthodes contraceptives modernes
ont permis à certaines parties de la population mondiale
d'accéder aux services de planification familiale. En revanche, la
résistance aux méthodes contraceptives modernes a
été forte dans plusieurs pays africains, en particulier au
Tchad.
Cependant, dans l'objectif d'accroître l'utilisation des
méthodes contraceptives modernes de 5% à 8 % en 2020, le
gouvernement tchadien avait opté pour vulgariser et faire appliquer
efficacement les différentes conventions internationales en lien avec la
promotion de la planification familiale ratifiées par le Tchad. Ensuite
le Gouvernement tchadien s'est investi à faire appliquer de façon
efficace et intégrale les différents textes nationaux existants
à ce jour (lois, ordonnances, décrets). Il s'agit en l'occurrence
de la loi n°006/PR/2002 portant promotion de la Santé de
Reproduction et de la loi 029/PR/2015 portant interdiction du mariage
d'enfants.
Malgré la volonté du Gouvernement tchadien
à accroître l'utilisation des méthodes contraceptives
modernes au sein de la population, cette mesure n'était pas la bienvenue
dans plusieurs cultures tchadiennes en générale et dans la
culture Moussey en particulier. Dans la plupart de cas, les femmes et les
hommes Moussey ont des perceptions particulières vis-à-vis des
moyens de contraceptions modernes parmi lesquelles : les contraceptifs
modernes favorisent la prostitution, crées l'insatisfaction sexuelle,
rendent stériles les femmes, provoquent les saignements chez les femmes,
affaiblissent physiquement la femme et bien d'autres conséquences.
2- Justification d'étude
La justification du choix du sujet de notre mémoire
portant sur perceptions et représentations socioculturelles des
méthodes contraceptives modernes au Tchad : cas du peuple Moussey,
repose sur plusieurs raisons :
v Justification scientifique
D'après la dernière Enquête
Démographique et de Santé et à Indicateur Multiple au
Tchad (EDS-MICST), l'Indice Synthétique de la Fécondité
(ISF) au Tchad est de 6,4 enfants par femme, ce qui traduit l'attachement
à une descendance nombreuse par la population tchadienne. Le taux brut
de natalité est estimé
à 49,6%o en 2009 et 41%o en 2015. Le
taux global de fécondité générale ou nombre moyen
de naissances vivantes dans une population de femmes en âge de
procréer est estimé à 230 naissances pour 1000 femmes de
15-49 ans. (EDS-MICST 2015). Par contre, le taux de besoin non satisfait en
matière des contraceptions modernes est de 28,3% en 2010 et de 22,9 % en
2014 (UNFPA, Rapport de la Mission d'Appui à l'Élaboration du
7e CPD Domaine de la Santé Sexuelle et Reproductive). Tandis
que la prévalence contraceptive moderne est de 5,8% en 2023. Vu ce
complexe dans le domaine de santé sexuelle et reproductive, il
était donc important pour nous d'étudier les perceptions et les
représentations socioculturelles des méthodes contraceptives
modernes pour comprendre comment la culture et les croyances influencent
l'acceptation ou le rejet de ces méthodes contraceptives modernes.
Cette étude sur les perceptions et les
représentations des méthodes contraceptives modernes chez le
peuple Moussey nous a permis d'identifier les barrières culturelles,
sociales et économiques qui empêchent l'utilisation des
contraceptions modernes dans la culture Moussey.
Le peuple Moussey possède des connaissances et des
pratiques endogènes en matière de contraception et de la
fécondité. En étudiant leurs perceptions et leurs
représentations sur les méthodes contraceptives modernes, il est
important pour nous les spécialistes des cultures de mettre en valeur
les savoirs locaux afin de proposer des solutions acceptables et
adaptées à la socioculture de la population d'étude pour
la promotion des pratiques modernes en matière de la santé
sexuelle et reproductive dans leur culture.
En comparant les perceptions et les représentations des
méthodes contraceptives modernes chez le peuple Moussey avec d'autres
communautés du Tchad, il était possible pour nous d'identifier
les spécificités culturelles qui influencent ces perceptions et
représentations. En fin, cela nous a permis d'enrichir nos connaissances
anthropologiques sur les pratiques contraceptives et à mieux comprendre
les dynamiques socioculturelles qui les sous-tendent.
v Justification personnelle
Il existe peu d'études consacrées à la
perception et à la représentation des méthodes
contraceptives modernes chez le peuple Moussey. En choisissant ce sujet de
mémoire, nous avons investigué à contribuer à la
connaissance existante dans ce domaine et de combler cette lacune dans la
littérature scientifique.
La motivation personnelle sur le présent sujet qui
traite les perceptions et les représentations socioculturelles des
méthodes contraceptives modernes dans la sociétéMoussey
découle de l'oublie des conceptions endogènes des peuples
tchadiens et du peuple Moussey en particulier sur les techniques modernes de
contrôle de naissance et certains déterminants culturels qui
bloquent l'utilisations des méthodes contraceptives modernes. Le choix
de notre sujet a été motivé également par le souci
d'avoir plus des connaissances approfondies des facteurs sociaux et culturels
liés à l'utilisation des méthodes contraceptives modernes
au Tchad en général et dans la société Moussey en
particulier.
En somme, l'étude de la perception et de la
représentation des méthodes contraceptives modernes chez le
peuple Moussey du Tchad revêt d'une grande importance socioculturelle et
permet d'améliorer les politiques de santé reproductive. Elle
offre également des perspectives socioculturelles et contribue à
combler des lacunes dans la littérature scientifique.
II- PROBLEME DE RECHERCHE
La lecture de taux des besoins non satisfaits en Planification
familiale qui s'élève de 22,9%, nous montre que l'utilisation des
méthodes contraceptives modernes au Tchad est très faible et sur
tout en milieu rural. Le taux d'utilisation des méthodes contraceptives
est estimé à 5,4 %, incluant les méthodes de contraception
traditionnelles (EDS 2014-2015). Cependant plusieurs études ont
montré que les motifs de l'absence d'utilisation des contraceptions
modernes sont liés à des facteurs culturels, sociaux et
économiques. Dans cette étude, nous abordons les
éléments qui restreignent l'accès et l'utilisation des
méthodes contraceptives modernes par le peuple Moussey.
Il convient de souligner que, dans la culture Moussey, la
prise de décision par une femme ou une fille, d'utiliser les produits
contraceptifs modernes afin de contrôler sa santé sexuelle et
reproductive est répressible. Néanmoins, l'accessibilité
restreinte aux méthodes contraceptives modernes par la population
Moussey engendre des multiples conséquences sur leur santé
sexuelle et reproductive tel que : la grossesse non
désirée, la grossesse précoce, la grossesse trop
rapprochée, la grossesse trop nombreuses, l'avortement non
médicalisé et la déscolarisation des jeunes filles et
garçons suivi des mariages forcés. Tous ces
phénomènes sont récurrents dans plusieurs
sociétés tchadiennes et particulièrement dans la
société Moussey. Il faut également ajouter que la
présence d'un enfant dans un foyer augmente les dépenses
liées à la santé et à l'alimentation d'une famille.
Vridaou Tao, (2005) De la même manière, l'absence de
contrôle des naissances dans les foyers entraîne de nombreuses
conséquences telles que : la faible alimentation, la mauvaise
alimentation, la mortalité maternelle et infantile, et bien plus encore.
Cependant, les techniques de contraception contemporaines démontrent
leur efficacité dans le domaine de l'écartement et de la
régulation des naissances dans certaines sociétés.
Cependant, nous constatons que le peuple Moussey est réfractaire
malgré les nombreux efforts déployés par le gouvernement
au fil des décennies pour améliorer l'offre de planification
familiale dans le but de favoriser l'autonomisation des femmes tchadiennes en
général et des femmes Moussey en particulier.
En effet, dans de nombreuses cultures tchadiennes en
général et dans la culture Moussey en particulier, le mari et
parfois les autres membres de la famille ont le pouvoir de décider en ce
qui concerne la famille. Il est évident dès lors qu'il n'est pas
facile pour une femme de décider seule à utiliser les
méthodes contraceptives modernes. En ce qui concerne les perceptions et
représentations endogènes autours des méthodes
contraceptives modernes dans la culture Moussey, elles sont influencées
par les facteurs tel que : le niveau d'étude, la religion, le lieu
de résidence, le conjoint, le statut social et quelque fois par les
opinions et les attitudes des entourages.
De plus, il existe une disparité dans les besoins en
matière desméthodes contraceptives modernes en fonction du genre,
ainsi qu'une répartition inégale des institutions adaptées
aux populations qui ont besoin d'assistance, de conseil et d'orientation dans
ces services de santé sexuelle et reproductive. Il convient
également de souligner que la population rurale est
négligée au détriment de la population urbaine qui a
besoin de planification familiale. Cette étude a exploré en
profondeur les croyances, les valeurs et les normes qui façonnent la
manière donc le peuple Moussey perçoit les méthodes
contraceptives modernes et a analysé comment les perceptions des peuples
Moussey sur les contraceptifs modernes impactent l'utilisation effective de ces
méthodes. Nous avons également identifié les défis
et les opportunités liés à la promotion de la
contraception moderne au sein de la communauté Moussey, tout en tenant
compte de son cadre culturel et socio-économique particulier.
III- PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
La vision culturelle sur la progéniture abondante comme
signe de prestige et de valorisation personnelle chez le peuple Moussey
constitue un obstacle majeur à l'adoption des méthodes
contraceptives modernes pour limiter volontairement les naissances en milieu
Moussey. En effet, depuis l'indépendance du Tchad, l'analyse des
données démographiques révèle une faible
adhésion de la population tchadienne générale aux
méthodes contraceptives modernes. Adam Yaya Abdel-Mahamoud, (2018). Une
situation qui entraîne une augmentation rapide de la population avec
plusieurs difficultés d'ordre sociaux, sanitaires, économiques et
culturels notamment : la mortalité infantile, la
mortalité maternelle extrêmement inquiétante, les
avortements non médicalisés, les grossesses trop
rapprochées, les grossesses trop nombreuses, les grossesses trop
précoces, la recrudescence des infections sexuellement transmissible
pour n'est cité que ceux-là. Il est important de saisir
pleinement les croyances et normes sociales du peuple Moussey pour comprendre
leurs attitudes vis-à-vis des méthodes contraceptives
modernes.
Cependant, il découle de L'Enquête
Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples au
Tchad (EDS-MICS 2014-2015), que les femmes tchadiennes craignent souvent
d'être stigmatisées ou rejetées par leur entourage si elles
recourent aux contraceptions modernes. Cette pression sociale et culturelle
renforce leur hésitation à utiliser ces moyens, malgré les
avantages évidents pour leur santé et celle de leur famille.
En revanche, étant donné cette contradiction des
données statistiques, il est important de souligner que la culture est
l'une des conditions nécessaires pour accepter ou rejeter l'utilisation
des méthodes contraceptives modernes. D'autre part, il est essentiel
pour nous, chercheur en Anthropologie, de remettre en question les
stéréotypes culturels et les discours que les femmes et les
hommes Moussey tiennent surles méthodes contraceptives modernes et plus
généralement des connaissances populaires. Selon de nombreux
Moussey, la valeur d'un homme est évaluée en fonction du nombre
de ses enfants.
A travers notre présent travail, nous nous donnons
ambition à déconstruire ces complexes schémas
socioculturels entourant la fécondité chez les Moussey. En plus,
notre présente étude contribue à la promotion de la
santé sexuelle et reproductive, à réduire les risques
liés aux grossesses non désirées et à favoriser le
bien-être des familles des tchadiens. En mettant l'accent sur les aspects
culturels, sociaux et économiques qui sous-tendent la résistance
aux contraceptifs modernes chez les Moussey, nous notre étude
décrit les pistes des solutions adaptées pour encourager la
santé reproductive et la planification familiale au sein de
société Moussey.
IV- QUESTIONS DE RECHERCHE
v Question générale
1. Comment le peuple Moussey se représente-il les
méthodes contraceptives modernes ?
v Questions spécifiques
1. Quelles sont les différentes représentations
socioculturelles de la fécondité, de la procréation et du
contrôle des naissances chez les Moussey ?
2. Quels sont les acteurs qui interviennent au niveau
communautaire dans la décision du nombre d'enfants à avoir dans
un ménage dans la société Moussey ?
3. Quelles sont les méthodes et les pratiques
contraceptives endogènes usuelles dans la société Moussey
?
4. Quelles sont les connaissances, attitudes et pratiques de
la population Moussey en matière de méthodes contraceptives
modernes ?
V- HYPOTHESES DE RECHERCHE
v Hypothèse générale
1. Les contraceptions modernes sont représentées
par le peuple Moussey comme les voies et moyens menant à la prostitution
et à la réduction de nombre d'enfants.
v Hypothèses secondaires
1. La fécondité abondante est perçue par
le peuple Moussey comme la richesse et les pratiques modernes de contrôle
de naissance sont prohibées.
2. Le couple, la belle-famille (paternels et maternels), les
Leaders religieux et les entourages sont des acteurs majeurs qui influencent la
décision du nombre d'enfants à avoir dans un ménage dans
la société Moussey.
3. Le peuple Moussey dispose des pratiques et méthodes
contraceptives endogènes variées.
4. Le peuple Moussey ne dispose pas des informations
nécessaires sur les méthodes contraceptives modernes et
présente des attitudes moins favorables à leurs utilisations.
VI- OBJECTIFS DE RECHERCHE
v Objectif général
1. A la poursuite de cette étude, nous allons ressortir
les déterminants socioculturels sur l'utilisation des méthodes
contraceptives modernes chez le peuple Moussey.
v Objectifs secondaires
1. Comprendre les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle des
naissances chez les Moussey.
2. Comprendre les interactions des acteurs intervenants au
niveau familial et communautaire dans gestion de la fécondité
dans la société Moussey
3. Décrire les techniques et pratiques contraceptives
endogènes dans la société Moussey
4. Se questionner sur les niveaux de connaissances et
attitudes de peuple Moussey vis-à-vis des méthodes contraceptives
modernes.
VII- METHODOLOGIE DE RECHERCHE
Cette partie fait état des méthodes et
techniques mobilisées pour la collecte et l'analyse des données
de l'étude. Selon Mbonji Edjenguèlè, (2005),
« la méthode est la manière d'aborder l'objet
d'étude, le chemin parcouru, la voie à suivre par l'esprit humain
pour décrire ou élaborer un discours cohérent, atteindre
la vérité de l'objet à l'analyse ». Nous
décrivons dans cette partie les chemins parcourus par nous en tant que
jeunes chercheur à collecter les données au tour de notre
thème perception et représentation socioculturelles de
méthodes contraceptives modernes au Tchad : cas du peuple Moussey.
1- Type de recherche
Notre étude a fait recours à l'approche
qualitative. Elle a regroupé des perspectives diverses en termes des
bases théoriques de techniques de recueil et d'analyse des
données. Elle a utilisé une démarche rigoureuse et un
processus de recueil d'information qui tient compte du contexte social et
culturel. Cependant, la recherche qualitative nous a permis d'atteindre les
connaissances emic et étic 1(*)des réalités socioculturelles
étudiées. Le choix que nous avons porté sur cette
recherche qualitative repose sur la spécificité de notre sujet de
recherche qui porte sur perceptions et représentations
socioculturelles des méthodes contraceptives modernes au Tchad :
cas du peuple Moussey. En plus, la raison de ce choix se justifiait
également sur nos théories préalablement choisies qui
sont : l'interactionnisme symbolique et l'ethnométhodologie. Tout
au long de cette étude, nous avons mis en pratiques les principes de la
recherche qualitative, pour mieux cerner les déterminants socioculturels
limitant l'utilisation des méthodes contraceptives modernes par le
peuple Moussey du Tchad.
2- Justification du choix du site de
l'étude
Au regard de notre sujet de recherche et de la
problématique qui s'y dégageait, le choix que nous avons
porté sur le département de la Kabbia comme site principal de
notre recherche de terrain n'était pas un choix hasardeux. C'est ainsi
les villages comme Domo Dambali, Kessem, Hori Kawina et la ville de Gounou-Gaya
ont été retenus comme sites de notre recherche.
En plus les raisons géographiques nous ont
poussé également à conduire notre recherche dans la ville
de Gounou-Gaya et certains villages comme : Domo Dambali, Kessem, Hori
Kawina. Nous avons choisis la ville de Gounou-Gaya, en raison qu'elle constitue
la plus grande ville dans le milieu Moussey avec un plus grand
hôpital district du département de la Kabbia qui offre les plus
grands nombres des méthodes contraceptives modernes à la
population Moussey. Tandis que le village Domo Dambali, Kessem, Hori Kawina
ont été ciblé par notre recherche en raison qu'il
possède chacun d'eux un Centre de Santé et une forte population.
Nous n'avions pas pu parcourir tous les centres de santé du
département de la Kabbia et certains villages en raison du choit de la
méthode de recherche qualitative qui se fait sur un petit
échantillon raisonnable et en raison de manque des moyens techniques et
financiers nécessaires.
D'autre raison comme la spécificité culturelle
du peuple Moussey nous a également poussées de construire notre
sujet sur les perceptions et représentation socioculturelles des
méthodes contraceptives modernes chez les Moussey. Le choit que
nous avons porté sur la culture Moussey est que le Peuple Moussey fait
partie de groupe ethnique le plus nombreux du Tchad (RGPH2T 2009), avec des
traditions, normes et croyances spécifiques. En choisissant
d'étudier la culture Moussey, nous avons cherché à
comprendre comment cette culture spécifique influence les attitudes et
les pratiques liées à la contraception moderne.
Enfin, il n'existe pas d'études spécifiquement
consacrées à la perception et à la représentation
des méthodes contraceptives modernes chez le peuple Moussey. Notre
étude aura contribué à combler les lacunes dans la
littérature anthropologique et de favoriser une meilleure
compréhension des dynamiques socioculturelles liées à la
contraception chez les Moussey. En somme, le choix de la société
Moussey comme site d'étude pour ce présent travail de recherche
anthropologique présente de nombreux avantages. Il nous a permis de se
concentrer sur une culture spécifique, de contribuer à la
compréhension de la diversité des attitudes et des pratiques
contraceptives au Tchad, d'influencer les politiques de santé et de
valoriser les savoirs traditionnels. De plus, il ouvre la voie à de
nouvelles recherches et à une meilleure compréhension de cette
réalité spécifique.
3- Population d'étude
Notre recherche a lieu dans la ville de Gounou-Gaya et le
village Domo Dambali, Kessem et Hori Kawina. Cette étude était
effectuée sur un échantillon de 31 informateurs âgés
de 18 à 55 ans de sexe homme et femme. Notamment, 21 femmes et 10 hommes
ont participés à notre enquête avec un statut varié.
Parmi nos informateurs, nous avons pu enquêter 07 personnels soignants
notamment 03 à l'hôpital District de Gounou-Gaya, 02 personnel
soignants enquêté dans le Centre de Santé de Domo Dambali,
01 personnel soignant enquêté dans le centre de santé de
Zabba Kessem et 01 personnel soignant enquêté dans le centre de
santé de Hory Kawina.
Cependant, nous nous sommes entretenus avec 05 femmes qui
fréquentaient le service de maternité et de la planification
familiale à l'Hôpital District de Gounou-Gaya. Nous avons
également enquêté le Proviseur du Lycée de Domo
Dambali et 05 élèves de la 1erL de ce lycée.
4- Description de la population
d'étude
Pour que la recherche soit valable et réalisable, il
faut déterminer la population sur laquelle porte l'étude. La
population d'enquête est définie par Maurice Angers comme
« unensemble d'éléments d'une ou plusieurs
caractéristiques en commun qui les distinguent d'autres
éléments sur lesquels porte l'investigation. » Cette
définition nous amène à définir la population
d'étude comme étant l'ensemble des sujets concernés dans
l'objet de la recherche. Ce sont des sujets que le chercheur cible pour mener
son enquête.
Notre population d'étude est constituée des
femmes, hommes Moussey mariés et garçons et filles ciblés
probable sexuellement actifs. Notre population d'étude est
constituée également des Responsables de l'Hôpital District
de Gounou-Gaya (Gestionnaire de l'Hôpital, Gestionnaire de District, Chef
du service de la maternité et de la planification familiale de
Gounou-Gaya), des corps soignants à l'Hôpital districts de
Gounou-Gaya, corps soignants et responsables des centres de santés
communautaires du département de la Kabbia. En plus, nous nous sommes
tournés également vers les établissements scolaires par ce
qu'ils regorgent un nombre important de la population sexuellement active.Mais,
compte tenu de limite de nos moyens financiers et des complexes culturels et
sociaux, notre enquête a porté sur un petit échantillon de
31 informateurs qui constituent d'une part la norme de la recherche
qualitative.
5- Description de l'échantillon
d'étude
Il est difficile et voir impossible de retenir tous les sujets
de l'étude dans une recherche scientifique qu'on veut mener. Cela nous
oblige à travailler sur un échantillon défini et
raisonnable selon le type de l'étude.
Daniel GILE (2007), a prouvé que si la population
d'étude est l'ensemble des individus ou entités qui
intéressent le chercheur, l'échantillon sera un sous-ensemble
d'entité de cette même population, c'est-à-dire il fait
partie d'un sous-ensemble bien défini de la population. Cependant,
l'échantillon désigne une petite quantité de quelque chose
pour éclairer certains aspects généraux du
problème. Alvaro PIRES, (1997).
Concernant notre étude, nous avons recouru aux
techniques d'échantillonnage non probabilistes. Nous avons
recruté nos informateurs, notamment au type d'échantillon non
probabiliste. Celui-ci nous a aidés à choisir les individus (les
sujets) de telle sorte que la variable sexe, statut social, religion et niveau
d'étude soient figurés dans la donnée de notre
étude.
En appliquant cette technique d'échantillonnage non
probabiliste nous nous sommes intéressés aux personnels de
l'Hôpital District de Gounou Gaya et aux Responsables des Centres de
Santé des différentes localités concernées par
notre étude. Puis, notre enquête s'est intéressée
aux femmes, hommes, filles et garçons sexuellement actifs qui utilisent
ou non les méthodes contraceptives modernes dans la
société Moussey. En plus nous sommes intéressés
également à nous entretenir avec les élèves et les
chefs d'établissements scolaires.
En fin, quelques personnes âgées de la
localité concernée par la présente étude ont
été ciblées du fait que nous souhaitons connaitre et
comprendre les techniques contraceptives endogènes dans la
société Moussey et leurs usages actuels.
6- Taille d'échantillon
La taille de l'échantillon dans la recherche
qualitative corresponde aux nombres de sujets interrogé à travers
d'un entretien, d'un groupe de discussion ou simplement toutes personnes qui
ont été abordées par des techniques qualitatives
nécessaires lors d'une étude. La recherche qualitative repose sur
des descriptions riches et vivantes des personnes, de leurs paroles et de leurs
actions dans l'environnement étudié. Les chercheurs qualitatifs
travaillent habituellement avec des petits échantillons de personnes,
nichés dans leur contexte et étudiés en profondeur. Miles
& Huberman (2003, pp. 58-60).
En ce qui concerne notre présente étude, elle
était réalisée sur un échantillon de 31 personnes
notamment 21 femmes et 10 hommes que nous avons pu repartir distinctement en
tenant compte des variables suivantes : sexe, niveau d'études,
âge, religion, statut matrimonial dans le tableau ci-dessous.
Tableau 1 :
répartition de la population d'étude par variable sexe, niveau
d'études ; âge, religion, statut matrimonial
|
Catégorie sociale
|
Femmes
|
Hommes
|
|
Description
|
Nombre
|
Nombre
|
|
Niveau d'étude
|
Analphabète
|
15
|
01
|
|
Primaire
|
01
|
|
|
Secondaire
|
00
|
05
|
|
Bac+
|
05
|
04
|
|
Total
|
21
|
10
|
|
Religion
|
Traditionnelle
|
03
|
02
|
|
Chrétienne
|
14
|
05
|
|
Musulmane
|
02
|
03
|
|
Autres
|
02
|
01
|
|
Total
|
21
|
10
|
|
Statut matrimonial
|
Célibataire
|
04
|
04
|
|
Marié
|
16
|
06
|
|
Divorce
|
00
|
00
|
|
Veuf/veuve
|
00
|
00
|
|
Total
|
21
|
10
|
Source : enquête de terrain
7- Méthodes et techniques de la recherche
(justification du choix de la technique, objectif de recherché
lié à ladite technique, les informateurs concernés par
ladite technique)
La méthode de recherche est le chemin
qu'empreinte le chercheur pour parvenir à l'objectif de son
étude. Mbonji Edjenguèlé, (2005). Cependant, à
travers notre présente étude sur les perceptions et
représentations socioculturelles des méthodes contraceptives
modernes au Tchad : cas du peuple Moussey, nous avons fait usage de deux
(2) types des recherches à savoir : la recherche documentaire et la
recherche sur le terrain.
La recherche de terrain nous a permis de voir les
réalités sociales et culturelles du peuple Moussey et
d'entrée en contact directe avec la population d'étude. Cette
étape de recherche de terrain nous a permis également de nous
rapprocher auprès des personnes âgées pour connaitre
l'histoire du peuple, l'histoire des localités d'étude et les
mythes de fécondités et les mythes de la mort du peuple Moussey.
Cette phase de notre travail était pour nous une étape cruciale
car, elle nous a permis de confirmer notre hypothèse de départ
qui affirme que « les contraceptions sont
représentées par le peuple Moussey comme les voies et moyens
menant à la prostitution et à la réduction de nombre
d'enfants ».
7.1. Recherche documentaire
La recherche documentaire autre que la recherche sur le
terrain nous a permis de prendre connaissances des travaux des recherches et
toutes autres productions scientifiques et littéraires qui traitent
notre thème. En plus cette recherche documentaire nous a aidés
également à collecter des données factuelles et être
informés de ce que les autres ont dit avant nous sur les contraceptions
modernes en milieu tchadien en générale et Moussey en
particulier. Cependant les lieux de cette recherche documentaire étaient
les bibliothèques, les centres culturels, les moteurs des recherches,
etc.
En effet, les documents renferment des informations utiles au
chercheur, mais ne sont pas toujours dans certains cas en corrélation
avec les réalités du terrain. C'est dans cette optique que notre
présente recherche a été complétée par la
recherche du terrain.
7.2. Observation directe
L'observation directe sur le terrain quant à elle,
nous a permis de recueillir des informations sur leur sujet par une inspection
visuelle minutieuse dans notre zone d'étude tel que : Gounou-Gaya,
Domo Dambali, Zabba Kessem et Hori Kawina. Préalablement, nous avons
conçu la grille d'observation qui était le fil conducteur de
notre observation avant de descendre sur nos sites d'étude.Nous sommes
restés discret en tant que chercheur qualitatif, et en l'occurrence
l'observateur afin de ne pas influencer le comportement de notre population
d'étude.
L'observation directe nous est parue utile dans le sens
où elle nous a permis, d'identifier la manifestation des comportements
de notre population d'étude lors de notre pré-enquête
jusqu'à notre dernière décente sur le terrain. Sur notre
terrain d'étude, cette technique qualitative nous a permis de comprendre
certaines interactions sociales en milieu Moussey. En dernier lieu, il
était question pour nous de confronter les observations avec les
« dires » des acteurs. (La grille) d'observation quant
à elle nous a aidé à rendre crédible notre
observation ; à faire de celle-ci une observation
« objective ».
7.3. Entretien semi-directif
L'entretien semi-directif est une méthode de collecte
de données utilisée en sciences sociales et humaines, notamment
en sociologie, en anthropologie et en psychologie. Cette méthode permet
au chercheur d'obtenir des informations en profondeur sur un sujet en posant un
certain nombre de questions préétablies tout en laissant une
certaine liberté à l'interviewé de s'exprimer et
développer ses propos.
L'entretien semi-directif se distingue de l'entretien
directif, où les questions sont strictement définies et suivies
à la lettre, et de l'entretien non-directif, où
l'interviewé a une plus grande liberté de parole sans être
guidé par des questions préétablies.
Cette technique d'entretien semi-directif a donc
contribué pendant nos enquêtes à relancer les conversations
et les déclarations faites par nos interviewés. Bien entendu,
pendant cet exercice nous sommes restés strictement neutres par rapport
aux dires de nos interviewés.
En outre, cela s'est déroulé sur des
thématiques bien précises tel que : Connaissances
générales sur les Moussey,les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle des
naissances chez les Moussey, les acteurs intervenants au niveau familial et
communautaire dans la gestion de la procréation dans la
société Moussey, les techniques et pratiques contraceptives
endogènes dans la société Moussey et les connaissances,
pratiques et attitudes des Moussey en matière des méthodes
contraceptives modernes.
7.4. Groupe de discussion
La discussion de groupe dans le cadre de notre recherche nous
a permis de recueillir des idées, des perceptions et des opinions
approfondies sur notre thème d'étude portant sur :
« perceptions et représentations socioculturelles des
méthodes contraceptives modernes dans la société
Moussey ». Nous avons préalablement conçu le guide
du groupe de discussion qui était approuvé par notre encadreur
avant que nous fassions la décente sur le terrain.
Nous avons pu réaliser au totale 06 groupes de
discussion repartie comme suit : 02 groupes de discussions auprès
des femmes dans la ville de Gounou-Gaya, 01 groupe de discussion avec les
hommes à Gounou-Gaya, 01 groupe de discussion auprès des corps
soignants de l'hôpital district de Gounou-Gaya et enfin 01 groupe de
discussion avec les élèves du Lycée de Domo Dambali et 01
autre discussion de groupe avec la population locale du village Domo Gali.
Nous avons organisé la discussion de groupe de
manière homogène de 05 participants par chaque groupe de
discussion ayant le même sexe. C'est-à-dire nous avons
regroupé les femmes ensemble et les hommes ensemble.
Nous avons sélectionné les participants qui
représentaient la population cible tel que : le groupe de
discussion avec les femmes fréquentant le service de planification
familiale et d'autres par contre, ont été ciblés parce
qu'ils présentaient des diverses expertises liées à notre
sujet de recherche les cas de groupes de discussions avec les corps soignants
à l'hôpital District de Gounou-Gaya. Enfin la discussion des
groupes auprès des élèves nous a également permis
de décrire les discours que tiennent les jeunes garçons et filles
Moussey sur les méthodes contraceptives modernes.
Pendant ce travail nous avons toujours désigné
un modérateur de la discussion. Le modérateur de la discussion
comme son nom l'indique était chargé de donner la parole à
qui voulant parler, mettre de l'ordre dans les interactions et nous avons
encouragé tous les participants de s'exprimer sur chaque question
posée selon ses connaissances et ressentis.
Nous avons pensé à l'emplacement pour accueillir
les participants à chaque discussion de groupe et cela nous a permis
d'enregistrer les audio plus claires.
Lors du déroulement du focus groupe
discussion2(*) nous
avons procéder premièrement par la présentation,
présentation de but de la discussion, tout en établissant les
règles de bases, pour permettre à tous les participants de
s'exprimer. En plus cela, nous avons demandé l'avis des participants
pour procéder à l'enregistrement de leurs voix et prendre des
photos avec eux.
En somme cet outil de collecte des données était
pour nous une source des données inestimables pour comprendre les
différentes thématiques que nous avons construites dans notre
guide de groupe de discussion. En observant les discussions qui ont lieu au
sein de ces groupes, nous avons pu mieux comprendre la manière dont les
Moussey parlent des méthodes contraceptives modernes, leurs attitudes
à leur égard et les normes ou valeurs culturelles qui
façonnent leur utilisation ou leur non-utilisation. De plus, ces groupes
de discussion nous ont offert l'occasion de dialoguer directement avec les
membres de la communauté, de poser des questions et de recueillir des
informations plus détaillées qui ne sont pas facilement
disponibles via les entretiens et d'autres sources.
8- Traitement et gestion des données
collectées
Le traitement et la gestion de nos données
collectées dans le cadre de notre recherche était pour nous une
étape importante car, cela a attiré notre attention plus
particulièrement en termes de traitement et de gestion des
données recueillis. Pour garantir la validité, la
fiabilité et la sécurité de nos données recueillis,
nous avons suivis plusieurs protocoles avec rigueur tout au long de cette
phase.
8.1. Traitement des Données
Quand nous avions achevé la phase de collecte des
données, il était question pour nous de les traiter avec rigueur
pour en extraire toute la pertinence nécessaire à l'analyse. Cela
a impliqué premièrement les dépouillements, les
transcriptions de nos enregistrements audio en fichier numérique, le
codage d'où les informations sont classées en catégories
ou thème et suivis de l'analyse des contenus transcrits. Le logiciel
Microsoft Word, WPS, sonix.ai nous ont aidés à transcrire nos
données audios en fichier numérique.
8.2. Gestion et Sécurisation des
Données
La gestion et la sécurisation des données ont
été pour nous une priorité du fait que cela nous permet
d'assurer l'intégrité et la confidentialité de nos
données.
Pour la sécurisation, nos données ont
été conservées dans nos clefs USB, disque dure, ordinateur
et compte e-mail afin d'éviter toute perte accidentelle.
Par ailleurs, nous étions restés rigoureux sur
le respect des normes éthiques en vigueur en Anthropologie concernant le
traitement des informations recueillies. C'est pourquoi les données
transcrites ont été codées pendant la phase de codage avec
l'anonymat des informateurs afin de respecter la vie privée de nos
informateurs.
8.3. La transcription
La transcription des données de terrain
revêtaitd'une importance capitale dans le cadre d'une recherche de
terrain comme la nôtre, car cette phase nous a permis d'explorer en
profondeur les informations recueillies et d'en extraire des insights
pertinents pour notre travail scientifique.
La transcription de nos données de terrain consistait
à convertir les informations audiovisuelles recueillies sur le terrain,
telles que les entretiens, les groupes de discussions, les observations en un
format écrit et analysable. Dans cette phase, nous avons eu recours
à quelques techniques ci-dessous pour une transcription
méthodique de nos données de terrain.
9- Méthodes d'analyse des
données
Pour l'analyse de nos données transcrites, nous avons
fait recours à l'analyse des discours. La méthode d'analyse des
discours susmentionnée est une approche de recherche qualitative qui
vise à étudier les discours produits par les individus ou les
groupes pour comprendre comment ils construisent et transmettent leurs
idées, croyances et représentations.
Dans le cadre de notre recherche qui porte sur les perceptions
et représentations socioculturelles des méthodes contraceptives
modernes au Tchad, en se concentrant sur le peuple Moussey, l'utilisation de la
méthode d'analyse des discours nous s'avère nécessaire et
appropriée.
9.1. Analyse des Discours
La première étape de notre étude
était la collecte des données de terrain, la seconde était
le dépouillement des données collectées, la
troisième est la transcription des données colletées en
fichier numérique, la quatrième était la phase de codage
et la cinquièmeétait l'analyse des données transcrites
à fin d'extraire les résultats suivis de
l'interprétation.
Nous avons cependant opté pour la méthode
d'analyse des discours car, cette méthode reflète à
l'image de nos données collectées portant sur les perceptions et
représentations socioculturelles de méthodes contraceptives
modernes au Tchad plus spécifiquement la société
Moussey.
L'analyse de discours a impliqué l'examen approfondi du
langage utilisé, des structures narratives, des cadres conceptuels et
des contextes sociaux entourant les discours sur les méthodes
contraceptives modernes. Il s'agit de déconstruire et
d'interpréter les discours recueillis et transcrits pour
révéler les significations sous-jacentes et les dynamiques de
pouvoir qui peuvent influencer les perceptions et représentations sur
les contraceptions modernes.
9.2. Interprétation et Discussion des
Résultats
Une fois l'analyse effectuée, il était essentiel
pour nous d'interpréter les résultats obtenus à la
lumière du contexte culturel, social et historique spécifique au
peuple Moussey. Cette interprétation nous a permis de formuler des
recommandations et conclusions solides sur la manière dont les
contraceptions modernes sont perçues et représentées par
le peuple Moussey par divers facteurs locaux. La discussion des
résultats fut une réflexion critique sur la méthodologie
utilisée et ses implications pour la recherche future dans ce
domaine.
En somme l'utilisation de la méthode d'analyse des
discours dans le cadre de notre étude sur les perceptions et
représentations des méthodes contraceptives modernes au Tchad,
cas du peuple Moussey, constitue une étape riche et approfondie pour
explorer ces questions complexes à travers le prisme linguistique et
culturel spécifique à cette communauté.
VIII- DEROULEMENT DE LA COLLECTE DES
DONNEES
1. Collecte des Données
Il s'agit des étapes que nous avons suivi pour aboutir
à collecter nos données de terrain notamment pendant les
activités préparatoires jusqu'à la décente du
terrain.
Une première étude exploratoire a
été menée auprès de treize (13) ressortissants
Moussey à Douala, notamment six (06) femmes et (07) hommes, lors de la
pré-enquête en date du 20 avril au 10 juin 2022 le but de cette
étude était de vérifier nos hypothèses et tester
nos outils d'enquêtes pour se rassurer de leur compatibilité aux
réalités sociales et culturelles Moussey.
La deuxième étude s'est déroulée
lors de notre première décente sur le site d'étude dans le
département de la Kabbia en date du 05 septembre 2022 au 28 novembre
2022. Le but était de tester la faisabilité d'intégration
dans le site d'étude et de nous imprégner des discours que
tiennent les femmes et les hommes Moussey du Tchad sur la procréation et
l'utilisation des méthodes contraceptives modernes. En outre, il
était question de voir la réalité du terrain et de
proposer des techniques qui conviendraient dans la collecte des
données.
La dernière étape nous semble cruciale du fait
qu'elle nous a permis de généraliser notre étude sur un
échantillon raisonnable avec un guide d'entretien, un guide du groupe de
discussion actualisés et une grille d'observation structurée.
Pendant cette phase, nous avons procédé à collecter les
informations à travers nos outils d'enquête auprès des
femmes et hommes Moussey du département de la Kabbia.
2. Activités préparatoires (finalisation
des outils de collecte, préteste des outils, identification des
informateurs clés, formalités administratives, etc.)
Les activités préparatoires dans le cadre de
notre étude ont débuté depuis Mars 2022 lors de la
formulation du thème avec notre encadreur académique, la
construction du problème et les préparations des outils de
collecte des données.
La deuxième phase était le pré-test.
Comme son nom l'indique pendant cette phase, nous ne sommes pas descendus
directement dans la société Moussey pour mener notre étude
mais nous avons testé nos outils d'enquête auprès de la
Diaspora Moussey de Douala. L'objectif de cet exercice est de tester la
validité de nos hypothèses de recherche et nos outils
d'enquête.
Cette pré-enquête était
réalisée auprès de treize (13) ressortissants Moussey
à Douala, notamment six (06) femmes et (07) hommes.
La troisième étape de notre étude
était la première décente sur le terrain qui s'est
déroulée du septembre au novembre 2022. Cela consistait à
tester la faisabilité d'intégration dans le site d'étude
et de nous imprégner des discours que tiennent les femmes et les hommes
Moussey du Tchad sur la procréation et l'utilisation des méthodes
contraceptives modernes. Ces données préliminaires nous ont
permis de construire le guide d'entretien, le guide du groupe de discussion et
la grille d'observations efficace et appropriés à la
réalité de terrain.
La quatrième étape est la décente sur le
site de l'étude notamment la société Moussey dans le
département de la Kabbia avec les outils de recherche actualisé
et mise à jour pour collecter les données de terrain. Avant cette
décente sur le terrain, le Département d'Anthropologie de
l'Université de Douala nous a signé l'autorisation de
recherche.
Cette étape de décente sur le terrain
n'était pas pour nous un exercice aisé, car nous étions
bien instruits par notre encadreur de respecter de A à Z les
étapes méthodologiques apprises lors de nos cours magistraux et
les autres astuces méthodologiques qu'il nous recommande.
A notre arrivé sur le terrain, dans la
société Moussey au mois d'octobre 2023 nous nous sommes rendus au
bureau du Médecin Chef District de l'Hôpital District de
Gounou-Gaya. Cependant, le médecin Chef District avait instruit son
Gestionnaire de nous faire signer une autorisation de recherche afin de nous
faciliter l'insertion dans les administrations sanitaires sous sa gouvernance
et d'aborder aisément nos informateurs.
En fin, à l'entame du début de la collecte des
données, nous avons construit un repère des informateurs clefs
qui constitué la liste des personnes à interroger jugées
potentielles ressource à nous fournir des informations
nécessaires sur notre thème.
3. Phase de collecte des données (accès
au terrain de recherche, recrutement des informateurs, administration des
outils de collecte, difficultés rencontrées, leçons
apprises, etc.)
En ce qui concerne notre intégration dans le site
d'étude, dès le premier jour, nous nous sommes rendus à
l'Hôpital District de Gounou Gaya pour solliciter l'autorisation de
recherche auprès du Médecin Chef District qui est le patron de la
structure. Cependant, nous avons été bien accueillis par le
Médecin Chef District après explication de l'objectif de notre
recherche. Après cela, le Médecin pour sa part nous a
orienté de diriger notre recherche au service de maternité et
aussi dans les centres de santé ruraux, car les villages constituent les
principaux laboratoires des valeurs culturelles. A cet effet, nous avons
été conduits auprès du Gestionnaire de l'Hôpital
pour la délivrance d'une autorisation de recherche et signée de
la part du Médecin Chef District de Gounou-Gaya. Après
l'obtention de ce document le Gestionnaire nous a conduits auprès du
Major et le Major pour sa part nous à diriger vers la responsable du
service de maternité. Cette démarche protocolaire nous laisse
croire à la stratification et hiérarchisation des taches au sein
des structures sanitaires tchadiennes.
Au service de maternité de l'Hôpital District de
Gounou-Gaya et dans les autres centres de santé ou nous avons
dirigé notre recherche, nous étions également bien
accueillis par les différents responsables sollicités dans le
cadre de notre étude. Mais, les autres personnels de santé se
sont montrés méfiants à notre égard, car dit-il en
coulisse « nous ne pouvons pas croire àquelqu'un qui travaille
dans le domaine de la santé et ne connaissant pas soigner les
patients3(*) ». Propos d'une infirmière
à l'Hôpital District de Gounou-Gaya
Il faut noter également que le champ de l'anthropologie
de la santé est méconnu par bon nombres des fonctionnaires et
intellectuels tchadiens.
Pendant notre séjour au service de maternité de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya, il nous a été
autorisé de consulter le registre de planification familiale et le
registre de la maternité. Cependant, nous avons fait le même
exercice dans les autres centres de santé. A l'Hôpital District de
Gounou-Gaya, la consultation et collecte des données documentaires nous
a pris pratiquement 08 jours. Au centre de santé de Hory Kawina nous
avons fait deux jours, au centre de santé de Zabba Kessem nous avons mis
14 jours et 06 au centre de santé de domo Dambali. Le reste de notre
temps était consacré à faire des entretiens et discussion
de groupe avec les femmes et hommes des localités d'étude.
IX- CONSIDERATIONS ETHIQUES
Etant donné que dans toutes recherches scientifiques
les règles éthiques et déontologiques sont à
respecter, nous avons procéder à expliquer à nos
enquêtés l'objet de notre étude, le but de notre
enquête en leur rassurant que nous allons traiter les informations
à recueillir avec anonymat. En outre, nous nous sommes engagés
à n'est pas divulguer les informations sur l'identité de nos
enquêtés même après la soutenance de notre
mémoire.
Un consentement éclaire était relié
à chaque guide d'entretien et guide du groupe de discussion contenants
les détails nécessaires sur la sécurité des
données et le respect des principes éthiques des donnés
à collecter. Avant d'engager chaque groupe des discussions ou entretien,
nous avons fait lire et signé le consentement éclairé pour
nous prévenir des éventuels pièges relatifs aux
données collectées.
X- INTERET DE L'ETUDE
Il est à noter que, la naissance désirable est
considérée comme un élément important du service de
la santé maternelle, les contraceptions modernes quant à eux sont
des techniques qui permettent aux individus de contrôler leurs
naissances, dans l'objectif de permettre aux conjoints de choisir le moment
opportun d'avoir l'enfant quand ils ont besoin.
Au plan pratique, notre recherche consiste à comprendre
les variables culturelles qui déterminent la non utilisation des
méthodes contraceptives modernes dans les socio-cultures tchadiennes.
Sur le plan scientifique cette recherche contribue à la
compréhension des plusieurs complexes sociaux et culturels sur les
méthodes contraceptives modernes en milieu tchadien en
général et dans la société Moussey en
particulier.La présente étude se veut une base de description des
pratiques et discours que tiennent le peuple Moussey sur la procréation
et les techniques modernes de contraception. Aux éventuels chercheurs
qui se pencheront à étudier sous l'angle culturel la santé
reproductive, cette étude offre un répertoire varié des
facteurs culturels et sociaux du domaine. Ainsi, elle pouvait jeter les bases
d'éventuels travaux de recherche scientifique.
Sur le plan social, nous voulons résoudre
l'épineux problème lié à la santé
reproductive et à la résistance des méthodes
contraceptives modernes dans la société Moussey du Tchad. En
examinant comment les normes, valeurs et traditions du peuple Moussey
influencent leurs choix en matière de contraception, notre
présente étude a mis en évidence l'importance de prendre
en compte ces éléments dans la mise en place de programmes de
santé sexuelle et reproductive adaptés à leur
réalité.
Par ce travail, nous avons recherché les significations
sociales et culturelles de la procréation et de la
fécondité dans la société Moussey d'une part et la
description des pratiques et attitude de cette population sur les
méthodes contraceptives modernes d'autre part.
XI- PLAN DE TRAVAIL
En prélude nous avons l'introduction qui est la vitrine
de notre travail. L'introduction présente le résumé de
notre travail et les démarches méthodologique dans lequel nous
sommes passés pour collecter nos données et les analysées.
Notre travail a été reparti en six (06) chapitres, chaque
chapitre contient une introduction partielle et la conclusion partielle. Les
principaux chapitres de notre travail sont repartis de manière
suivante : le premier chapitre porte sur la description du milieu de la
recherche et ethnologie des groupes humains. Le deuxième chapitre quant
à lui, présente la revue littéraire, cadre
théorique et conceptuel. Le troisième chapitre porte sur le
système de représentations culturelles de la
fécondité, de la procréation et de la contraception chez
les Moussey. Le chapitre quatre (04) s'intéresse aux acteurs intervenant
au niveau communautaire dans la fécondité chez les Moussey. Le
chapitre cinq (05) quant à lui décrit les pratiques et savoirs
endogènes de la contraception chez les Moussey et le dernier chapitre
qui est le chapitre six (06) s'intéresses à la
compréhension des connaissances, attitudes et perceptions en
matière de contraceptions modernes chez les Moussey.
Notre travail se termine avec une conclusion
générale qui rappelle la démarche suivie, les
résultats auxquels nous sommes parvenus, et quelques perspectives.
CHAPITRE PREMIER : DESCRIPTION DU MILIEU DE LA RECHERCHE
ET ETHNOLOGIE DES GROUPES HUMAINS
INTRODUCTION PARTIELLE
Le Tchad, pays d'Afrique Centrale, est située à
latitude 7è et 24è degrés et 13è et 24è
degrés-Est. Il occupe le 5ème rang des pays les plus
vastes d'Afrique après le Soudan, l'Algérie, la République
Démocratique du Congo et la Libye. Le Tchad est enclavé à
l'intérieur par l'insuffisance de voies de communications et à
l'extérieur sans accès à la mer. Le Tchad est
composé de 256 ethnies, regroupées en douze principales langues
inégalement réparties. Les religions les plus pratiquées
sont l'islam, le christianisme et les religions traditionnelles. La population
est très jeune, et le système de santé tchadien est de
type pyramidal. (ED-MICS 2018)
Ce chapitre de notre mémoire offre une perspective
globale sur le Tchad et le département de la Kabbia qui a
été notre sujet d'étude. En plus, il décrit l'ethno
anthropologie du peuple Moussey de manière générale et
l'histoire migratoire de ce peuple et leurs organisations socioculturelles,
politiques et économiques en particulier.
I- DESCRIPTION DE GOUNOU-GAYA ET ETHNOLOGIE DES
MOUSSEY
Gounou-Gaya est le chef-lieu du département de la
Kabbia appartenant à la région du Mayo Kebbi Est. L'ancienne
sous-préfecture de Gounou-Gaya, qui constitue la plus importante et
grande ville de peuple Moussey. Le département de la Kabbia avait une
superficie de 2.956 km2 en 1999 et une densité de plus de 50
habitants par km2.
La ville de Gounou-Gaya est composée de 04
sous-préfectures avant 2024 notamment : la sous-préfecture
de Gounou-Gaya, sous-préfecture de Pont carol, sous-préfecture de
Djodo Gassa et sous-préfecture de Berem. Actuellement, Gounou-Gaya compte 07
sous-préfectures notamment : la sous-préfecture de
Gounou-Gaya, sous-préfecture de Pont carol, sous-préfecture de
Djodo Gassa, sous-préfecture de Berem, sous-préfecture de
Léo, sous-préfecture de Gounou et Sous-préfecture de Domo.
Parlant de la population de la ville de Gounou-Gaya, elle est
constituée majoritairement du peuple Moussey.La population Moussey des
sous-préfectures du département de la Kabbia et de Mont-Illi,
selon les statistiques de 2009 comptait 284.271 habitants. A cela il faut
ajouter ceux qui habitent vers Pala et dans différents endroits du
Cameroun (le canton Gobo avait 24.243 habitants), plus la colonie du Nigeria et
aussi la croissance démographique de la population
1. Historique de la ville de Gounou-Gaya
Notre étude s'est déroulée à
Gounou Gaya, Chef-lieu du Département de la Kabbia et dans le village de
Domo Dambali et Zabba Kessem. Il est important dans le cadre de notre
étude de ressortir l'histoire de la ville de Gounou-Gaya qui constitue
notre zone d'étude. En effet il existe peu des sources écrites
relatives à l'histoire du peuple Moussey en général et de
la ville de Gounou-Gaya en particulier.
Le Département de la Kabbia est l'un des
quatre (4) départements que compose la région du
Mayo-Kebbi Est .
Son chef-lieu est
Gounou Gaya, la plus
grande ville de peuple Moussey.
Le département de la Kabbia a été
créé par le décret 355/PR/MISD/199
1 du 1er septembre
1999 avec un ressort territorial plus large : sous-préfectures
de Gounou Gaya,
Fianga et Binder. Il a
été réorganisé par le décret 415/PR/MAT/200
2 du 17 octobre
2002 : de sous-préfectures de Gounou Gaya, Fianga et Hollom
Gamés. Il a été divisé en 2004 lors de la
création du département de
Mont d'Illi.
Il correspond à l'ancienne sous-préfecture de
Gounou Gaya (1960-1999), issue du poste de contrôle administratif de
Gounou Gaya créé en 1950 dans la subdivision de Fianga. Une
subdivision de la Kabbia fut créée le 20 février
1946 après suppression des subdivisions de Pala et de Fianga. Son
chef-lieu était Pala. Elle fut supprimée le 31
juillet de la même année (retour au statu quo ante). En
(1960-1999), issue du poste de contrôle administratif de Gounou Gaya
créé en 1950 dans la subdivision de Fianga. Marco Betoni,
(2018)
Parlant dont del'origine de la ville de Gounou-Gaya, trois
(03) clans étaient à l'origine de la création de la ville
de Gounou-Gaya notamment : le clan Gaya, le clan Gounou et le clan
Djarao.
Actuellement, la chefferie traditionnelle (Chef de Canton) est
dirigée par les originaires du clan Djarao. Actuel Chef de Canton de
Gounou-Gya est Lassanou Pirkolossou.
Selon nos récits oraux, ces trois clans (03) ci-dessus
sont à l'origine de la création de la ville de Gounou-Gaya. En
plus, nous y trouvons également les Moussey venant du Canton Domo, Leo,
Berem, Tagal et bien d'autres. Enfin il existe également quelques autres
ethnies dans la ville de Gounou-Gaya tel que : les Gambaye, les Toupouri,
les Moundang, les Foulbé, les Arabes etc.

Carte 1 :
département de la Kabbia
Source :Marco
Bétoni, (2018).
2. Histoire migratoire du peuple Moussey
Le peuple Moussey vit principalement au Sud-ouest du Tchad, au
nord Cameroun, au Nigeria et au Burkina-Faso. Autrefois les Moussey du Tchad
appartenaient tous à la sous-préfecture de Gounou-Gaya, un petit
groupe dans celle de Fianga, et un groupe émigré
vers Pala et d'autres cantons proches, comme à l'est de Bongor. Marco
Betoni, (2018)
Le XIXème siècle, marque
l'arrivée de la colonisation dans le pays Moussey cela avait un impact
direct sur l'organisation sociale, politique et économique de ce peuple.
D'abord, ce sont les Allemands qui arrivèrent vers 1900, et seront
remplacés par les Français à la fin de la première
Guerre mondiale après 1918. (Marco Betoni : la culture Moussey
Tchad : naissance, mariage et funeraille). Le territoire Moussey
était très convoité, et toutes les puissances coloniales
(Anglais, Allemands et Français) visaient le cours d'eau (Lac Tchad et
fleuve Logone), et c'est cela qui a engendré la division des Moussey
dont un groupe est resté au Cameroun. (Ibid. Marco Betoni). C'est la
colonisation allemande qui a commencé par nommer des chefs et à
chercher des gens en leur donnant les symboles du pouvoir ; parfois un fusil ou
une chéchia et des habits.
De toute façon, l'administration a été
rapidement acceptée par le peuple Moussey et poursuivie par
l'état Tchadien et Camerounais. L'introduction de certaines cultures a
été aussi faite pour trouver une certaine rentabilité et
avoir des ressources où puiser l'impôt. Ainsi la culture
obligatoire du coton servait à payer les taxes et fournir des recettes
à la colonie.
En revanche, même si les colons ont installé la
chefferie, avant cela il y avait l'influence de la civilisation arabe et peul
sur le peuple Moussey. Les Moussey ont été attirés par la
civilisation arabe et peule en raison de leurs forces, leurs organisations et
leurs défilés. Cela on peut le remarquer dans la chefferie des
différents Cantons Moussey qui ont pris l'organisation typique «
Arabe-Peul » : défilés, parasol, habits, griots, chevaux
parés.
Les colons allemands avaient procédé à la
nomination des cantons en 1910 et installé un chef à Moulfouday
(Djaw), puis à Gamé (Oydo Vandew en 1915), plus d'autres
personnes à qui on avait donné des fusils et des habits, qui
étaient un peu les chefs sans avoir un titre ou un territoire
délimité, hormis leur lignage et leurs associés.
Parlant de la migration du peuple Moussey, il était
autre fois dans le lac Tchad, et ils se sont migrés petit à petit
sur le long de la rive du Chari et du Logone pour s'installer définitive
dans le sud-ouest du Tchad principalement dans les régions de Mayo Kebbi
et une partie à l'extrême nord du Cameroun. Igor De Garine,
(1978)
Les mouvements migratoires qui ont abouti à la
formation de l'ethnie Moussey sont anciens, mais étant donné la
culture orale, il est difficile de regrouper les documents pour établir
avec précision tous les mouvements et l'installation de cette ethnie.
Selon les suppositions, les mouvements auraient commencé vers le
15ème siècle et se seraient prolongés
jusqu'à la fin du 17ème.Seignobos, (2017).
D'après les sources orales collectées par l'ethnologue Marco
Betoni, sur les généalogies du peuple Moussey, pour les plus
anciens, un calcul hypothétique avancerait que les gens ont
commencé à s'établir sur ce territoire depuis 1750, mais
les migrations ont continué jusqu'aux années 1850, et seterminent
au début du 20ème siècle que les lignages se
sont établis sur le territoire habité actuellement. Si beaucoup
de migrations viennent du Nord, actuel pays Massa, et du fleuve Logone, pays
Ngabri, Ham ou « Kim », cela ne permet pas d'affirmer que ce sont des
Massa ou des Ngabri qui ont émigré. Les gens disent que «
c'est un homme venant du pays Masa ou du fleuve ». Toutefois pour affirmer
que c'étaient des Massa ou des Ngabri, il faudrait faire des
études plus poussées et des recherches historiques dans
l'ensemble de ces territoires. De toute façon, il y a eu deux courants
migratoires très forts en pays Moussey : l'un venant du Nord- Est
(actuel pays Massa) et des bords du fleuve Logone, l'autre venant du Sud-Est
(actuel pays Marba, Mesmé). En suivant l'évolution sur le terrain
et l'occupation du territoire, on peut noter que les groupes plus
«anciens» se trouvent actuellement à l'Ouest du pays, mais
presque tous ayant transité par le point d'eau dit Zala à
Gounou-Gaya. Donc, l'installation et l'implantation ont été
influencées par la présence d'eau ; anciennement vers le fleuve
et les « lacs ». Alors, logiquement, le peuplement suit le
système hydrographique de la Kabia - Zala - Boro.Marco Betoni, (2018)
Les émigrations se sont produites surtout à
cause des querelles internes et dernièrement pour rechercher une terre
meilleure. Les émigrations définitives ont eu lieu au
début du 20ème siècle, mais continuent par
groupes familiaux, même si aujourd'hui il y a une certaine
stabilité. Désormais ce n'est plus le lignage qui se
déplace, mais de petits groupes qui se mélangent avec les autres,
engendrant la perte de l'identité lignagère. Il y a aussi des
migrations temporaires au Cameroun, surtout des jeunes, pour le travail de
repiquage du sorgho, pour trouver de l'argent et pour le goût de
l'aventure, poussés par l'évolution économique et sociale
de la société actuelle4(*). Ainsi, depuis quelques années, il y a un
mouvement vers N'Djamena, la capitale du Tchad.
L'unité des Mythes d'origine est très
étonnante et, en gros, on peut résumer ainsi : « Un
chasseur s'égare (ou fuit son groupe) et trouve un point d'eau.
Là il épouse une femme du pays et fait souche ».
Donc, l'origine Moussey réside dans de petits groupes
anciens qui habitaient ce lieu depuis longtemps, ensuite d'autres sont venus,
se sont adaptés et se sont multipliés plus que les originaires.
Les premiers occupants sont, normalement, restés «
propriétaires » de la terre (Maître et rituels), pourtant il
est difficile de faire une hypothèse bien fondée sur les origines
des Moussey. Les Moussey s'étaient-ils réfugiés dans cette
zone pour échapper aussi aux incursions des Baguirmiens qui cherchaient
des esclaves. En effet les Moussey ne connaissent pas le mot esclaveet
c'était plutôt vers le sud, au pays des Ngambay appelés
« esclaves » (mbààôùbunà),
probablement parce que là-bas c'était le lieu d'incursion des
esclavagistes. Il semblerait que les Musey ont été
épargnés par les grands « esclavagistes », et ils ont
vécu de façon marginale ce phénomène. Pour cela le
mot esclave n'a pas une connotation trop négative.
3. Ethnologie du peuple Moussey
En ce qui concerne les Moussey du Tchad et leurs voisins
proches du Cameroun, nous comptons de nos jours, 10 cantons Moussey, neuf
cantons au Tchad et un Canton au Cameroun (Gobo). Ces cantons constituent les
chefferies traditionnelles et la succession est héréditaire. En
plus nous comptons 05 communes dans le pays Moussey notamment : la commune
de Gounou-Gaya, la commune de Gobo au Cameroun, la commune de Pont Carol, la
Commune de Djodo Gassa et la Commune de Berem.
Dans son livre intitulé « la culture
Musey », l'anthropologue Italien Marco Betoni nous fait
comprendre que l'étude généalogique du peuple Moussey,
nous renvoie de 12-14 générations pour les plus anciens, et donc,
en contant une vingtaine d'années par génération, on peut
remonter en arrière de 250 ans.
Dans le passé, le peuple Moussey ne connaissait pas le
découpage administratif. L'homme Musey ne connait pas le chef donc le
chef de canton, chef de village, chef de quartier voire mêmeles
autorités administratives qui sont le préfet, sous-préfet
sont des fabrications coloniales. Le peuple Moussey était reparti au
contraire avant la colonisation par clan et lignage. Ainsi, chaque clan ou
lignage vivait obstruer dans un endroit protégé lui permettant,
de temps en temps, de sortir pour la chasse ou pour des incursions contre des
ennemis. Faces à des menaces des ennemies ou d'ordre naturels, certains
clan et lignage se déplaçait de temps en temps à la
recherche d'un endroit meilleur. Il faut noter que le cheval constituait un
animal très important chez l'homme Moussey. Car, le cheval était
utilisé pour faire la guerre, pour la chasse et doter les femmes.
L'homme Moussey ne mange pas le cheval car il est considéré comme
un animal proche à l'homme. En cas de la mort d'un cheval, on organisait
sa funérailles, effectué les mêmes rites d'enterrement
comme l'être humain.Marco Betoni, (2018)
Autrefois, pour les Musey, l'autorité venait de
l'habilité à la guerre et à la chasse : il y avait les
aînés, les personnalités reconnues à cause d'une
divinité, les grands chasseurs, plus un « grand guerrier »
(biigàwlà) qui prenait la tête dans les excursions et les
combats.
Carte 2 : grands
lignages Moussey et leurs voisins

Source : Marco Betoni 2018 ; la culture Moussey
(Tchad) naissance, mariage et funérailles
3.1. Organisation Politique du peuple
Moussey
L'organisation sociale et le mode de contrôle de
l'espace des populations dites païennes du nord Cameroun et sud du Tchad
est de type segmentaire, sans pouvoir politique centralisé, incapables
de dominer de grands espaces. G. Pontie, (1972) : les
sociétés païennes. Ainsi, le peuple Moussey autrefois ne
connaissait qu'une répartition territoriale appelée «
mbâssà », qui était le territoire occupé par un
lignage sous la tutelle d'un chef de terre qui a une fonction
politico-religieuse.
Politiquement les Moussey ont toujours vécu de
façon autonome et ils étaient acéphales. Pratiquement
chaque lignage tissait ses alliances et avait un mode de vie
indépendant.
Quelle que soit le lieu et la taille des villages Moussey, il
existe toujours un mythe de création. Un individu à qui l'on
reconnaît souvent des pouvoirs exceptionnels dans le domaine du religieux
ou l'art de faire la guerre, quitte son milieu d'origine et, poursuivant
généralement un animal, atteint un lieu qui lui plaît et
dans lequel il s'installe. Après, il fait venir ses épouses, ses
enfants, parfois ses frères ensuite il crée un nouveau groupe de
descendance en même temps qu'il humanise une zone de brousse.
Autrefois, pour fonder un nouveau village, on allait d'abord choisir
l'arbre de fondation autour duquel on allait s'installer. Si tous avaient
déménagé, normalement c'était le Maître de
terre qui allait choisir l'arbre et faire une bénédiction.
Autrement, c'était l'aîné qui allait faire cela pour que le
lieu choisi leur soit propice, et que le village puisse grandir dans la paix.
Quand on allait faire une nouvelle installation, « couper un nouveau
village »propos de notre enquêté patriarche Azong.
Après installation, l'arbre choisi devient sacré. La terre est
sacrée chez les Moussey car, elle parle ses habitants à travers
le chef de terre, c'est elle qui donne de la nourriture et regorges les
âmes des ancêtres. Affirme notre enquêté Azong.
L'hétérogénéité de ce
peuple, vivant en groupes (lignages) qui se gèrent de façon
autonome, étant par tradition acéphales, et parfois, en conflit
entre eux, surtout dans le passé, est très étonnante.
Chaque groupe se dit «Banana» (ami), en marquant les liens entre les
différents lignages et l'unité entre les groupes. Cela aussi par
rapport à la langue, car chaque lignage définit sa façon
de parler en se référant à son ancêtre ; ce sont les
différents dialectes de cette langue.
L'idéologie et le pilier de la société
Musey étaient le cheval et la chasse.La chasse était
l'activité principale de tout homme, et tuer des animaux était la
plus grande reconnaissance sociale.Autrefois, pour les Musey, l'autorité
venait de l'habilité à la guerre et à la chasse : il y
avait les aînés, les personnalités reconnues à cause
d'une divinité, les grands chasseurs, plus un « grand guerrier
» (biigàwlà) qui prenait la tête dans les excursions
et les combats. Si les gens étaient autonomes, ils ne vivaient pas dans
des circuits fermés ou hermétiques, mais ils avaient des
contacts, mêmes irréguliers, comme aux moments de guerre, de
famine et de troc de certains objets ou des matières d'échange.
Donc, depuis longtemps il y a acculturation et emprunt aux cultures voisines.
On peut citer l'exemple de l'initiation que les Musey ont cherchée parmi
leurs voisins ; chez les Mesmé, Massa et Toupouri. Igor de Garine,
1975.
3.2. Répartition des rôles sociaux
entre les genres chez les Moussey
Comme de nombreuses sociétés traditionnelles
tchadiennes, les Moussey ont des rôles sociaux distincts entre les
genres, avec des attentes et des responsabilités spécifiques pour
les hommes et les femmes au sein de leur société.
La société Moussey est de filiation
patrilinéaire avec le principe de résidence patrilocale. La
patrilinéarité il faut le rappeler par opposition à la
matrilinéarité est une forme d'organisation matrimoniale qui est
fondée sur la seule ascendance paternelle en ce qui concerne la
filiation, l'organisation familiale, ou sociale d'un clan ou d'un groupe. Cela
signifie que chez le peuple Moussey, la transmission d'identité (nom,
religion), héritage passe uniquement par les parents paternels. Aucun
droit d'héritage de titre, des biens n'est reconnu du côté
des parents maternels.
Parlant des rôles sociaux entre les hommes et les femmes
Moussey, il y'a une grande division sexuelle de travail et des
responsabilités dans la société Moussey.
Cependant, les hommes Moussey sont généralement
considérés comme les chefs de famille, les plus forts que les
femmes et ont la responsabilité de subvenir aux besoins
économiques du foyer. Ils sont souvent impliqués dans la prise de
décisions au sein de la communauté et peuvent occuper des postes
de leadership. « L'homme c'est le patron de la famille, moi femme
je suis une simple domestique car, il m'a doté et je suis
considérée au même titre que la vache que mon mari a
achetée». Affirme notre enquêtée Aira
Les hommes Moussey sont également ceux qui sont
sensés d'aller à la chasse, chargés de protéger, de
défendre leur famille et leur communauté en cas de besoin.
Parlant de la division sexuelle des travaux, nous prenons
enquise d'exemple le cas de la construction de l'habitat : l'homme
pétrie la boue, fabrique les briques et construit la maison. La femme
quant à elle se contente de puiser de l'eau pour fabriquer les briques
ou construire la maison en plus la femme tisse les pailles. Dans le cas
où l'homme puise l'eau, cela engendre des moqueries de la part de son
entourage souvent le qualifia comme homme lâche et irresponsable.
Parlant des rôles sociaux des femmes Moussey, elles sont
souvent considérées comme les moins fortes que les hommes, elles
doivent être obéissantes pour être distinguées
d'unebonne femme et on leur confie le rôle de gestion des tâches
domestiques, y compris la cuisine, le nettoyage et s'occuper des enfants.
Les femmes Moussey peuvent également être
impliquées dans certaines activités économiques telles que
l'agriculture, les petits commerces ou l'artisanat.
Comme dans de nombreuses sociétés Tchadiennes,
la promotion de l'éducation des filles a joué un rôle
important dans le changement des rôles sociaux des femmes au sein de la
société Moussey. Car, de nos jours nous avons des femmes Moussey
qui sont député, militaire, infirmière, enseignantes ce
qui témoigne à suffisance le changement social des rôles
des femmes Moussey. Les facteurs tels que l'éducation, l'accès
à de nouvelles opportunités économiques et les changements
sociaux ont influencé la manière dont les rôles
traditionnels sont perçus et pratiqués.
Ainsi, nous pouvons conclure que chez les Moussey du Tchad, il
existe traditionnellement une répartition distincte des rôles
sociaux entre les hommes et les femmes. Néanmoins ces rôles ne
sont pas figés et ont évolué en fonction de la
modernisation, des changements socio-économiques et culturels au sein de
la communauté.
3.3. Religion du peuple Moussey
Dans l'époque ancienne c'est-à-dire avant la
colonisation les Moussey adoraient les plantes, les divinités de l'eau,
les divinités des morts et certains clans adoraient également les
animaux. Cela nous laisse croire que les croyances anciennes du peuple Moussey
reposent sur l'adoration des ancêtres et des esprits de la nature. Les
pratiques religieuses des Moussey intègrent des rituels liés
à la nature, aux cycles agricoles et à la protection spirituelle.
« Chez nous, on adore l'acacia albita c'est lui notre protecteur.
En cas de la rareté de pluie, on offrait l'holocauste à l'acacia
albita et la pluie tombait pour arroger nos champs. Quand on tombe malade, on
partait chez les voyants et les possédés de la divinité
des eaux Mununda ». Affirme notre interviewé Mariatna.
De nos jours, trois religions restent dominantes dans la
société Moussey à savoir : le christianisme, l'islam
et la croyance ancestrale. L'arrivée de l'islam et le christianisme dans
le pays Moussey a influencé les pratiques religieuses ancestrales dudit
peuple. De nombreux membres de la société Moussey ont
adopté l'islam et le christianisme comme leurs religions principales,
mais ils continuent souvent à pratiquer des rites traditionnels
hérités de leurs ancêtres. Doum-Hani Douksidi Jean,
(2023).
Ainsi, parlant de la religion du peuple Moussey, nous
réfère à un syncrétisme entre les croyances
ancestrales dites traditionnelles et les religions monothéistes
(christianisme et l'islam). Cette combinaison unique crée un
système de croyances complexe qui guide la vie spirituelle et
quotidienne de ce peuple.
Traditionnellement, c'était le chef de Terre qui dirige
le déroulement du calendrier agricole, de l'organisation de la
fête de récole (vun tilna) et il offre l'offrande aux
divinités pour bénir la terre et sa population. Igor de Garine,
(1975)
La vision du monde et de l'être chez le peuple Moussey
porte sur le système des croyances et des rapports englobant le monde
« invisible » qui sont les ancêtres et les
dieux puis du monde visible qui sont leur environnement matériel. Ainsi,
suite d'une maladie ou d'autres problèmes sociaux, le peuple Moussey
invoqués les divinités pour trouver des solutions. Il distingue
donc plusieurs dieux qui peuvent l'aider en cas de malaises sociaux parmi
lesquels nous avons :
3.3.1. Lona, le dieu créateur et
suprême
Contrairement à la pensée occidentale qu'il y'a un
seul Dieu suprême, le Moussey pense à l'existence de plusieurs
dieux suprêmes d'où chaque individu au sein de la
société en possède un (Lonna) mon dieu
égoïste. Cependant, en cas de malaises tel que problèmes de
santé d'un membre de la famille, on demandait au chef de la famille
(buzina) de faire un holocauste à son dieu pour que le malade recouvre
la santé.
3.3.2. Mbàssà, La Terre-Mère (dieu
de la terre)
Chez le Moussey, on peut maudire ou jurer avec la terre d'un
village donnée. Par exemple : « Si j'ai fait ceci, il
faut que la terre de tel ou tel village me puni ». Chez les
Moussey, il existe une communication entre la terre et les humains. Marco
Betoni, (2018)
3.3.3. La divinité de la Mort
(Màtnà)
Dans la plupart des cultures africaines, y compris la culture
Moussey, la vénération des morts joue un rôle important.
Pour les Moussey, les esprits des morts continuent à errer dans le monde
et peuvent influencer les vivants. Cette existence spirituelle n'est
généralement pas considérée comme
éternelle ; les esprits des morts vivent aussi longtemps qu'il y a
quelqu'un qui se souvient d'eux. En conséquence, les rois et les
héros, qui sont célébrés par la tradition orale,
vivent pendant des siècles, tandis que l'esprit du commun des mortels
peut disparaître après quelques générations. Igor de
Garine, (1975).
Les morts communiquent avec les vivants de différentes
manières, par exemple, au travers des rêves, des présages
ou par l'intermédiaire de devins spécialement doués. S'ils
prennent une forme visible, c'est souvent celui d'un animal (un serpent, un
oiseau ou une mante religieuse). « Quand j'avais perdu mon fils,
il venait à des heures tardives boire l'eau dans la jarre. Et il arrive
de fois que je lui laisse la nourriture dehors sur le hangar et il mange. Les
morts vivent seulement dans un pays caché, il nous visite à tout
moment ». Affirme Zara notre enquêtée matriarche.
Les vivants, à travers les voyants, les médiums,
les devins peuvent s'adresser aux morts afin de recevoir des conseils ou de
demander des faveurs. Si un esprit s'offense de quelque chose faite par une
personne vivante, il peut causer une maladie ou un malheur à cette
personne. Dans ce cas, un voyant peut aider cette personne à corriger
son erreur et à calmer la colère des défunts en
colère. Les catastrophes, telles que la famine ou la guerre, peuvent
être la conséquence du mauvais comportement de toute ou une partie
de la communauté.Igor de Garine, (1975).
3.3.4. La divinité des Jumeaux
(Ngonira)
D'abord il faut noter que le nom utilisé pour les
jumeaux (ngonira) est également le nom de la divinité
correspondante ; c'est comme un dieu (lo'o ngonira), et donc on le
craint et nombreux sont les rituels à faire. Une fois dedans, par la
naissance et l'accouchement, tu es lié à ngonira pour
toute la vie. Le mot jumeau « ngonira »
désigne toute naissance « hors norme », et on dit cela aussi
pour les animaux, notamment pour la vache et la jument. Il y a également
les expressions à propos des choses « en double »,
par exemple celui qui trouve deux choses en un jour il dira avoir «
accouché des jumeaux ». Également quand on se donne
la main pour la salutation, si deux individus touchent ensemble la main de la
même personne on dira « L'an prochain tu accoucheras des
jumeaux».
3.3.5. La divinité initiatique
Foulla
La divinité initiatique est aussi nécessaire
dans le pays Moussey. L'initiation chez le Moussey est non seulement un
rite de passage comme le désigne Van Genep
mais, une école de formation. Les adeptes apprenez durant leurs
séjours dans la forêt sacrée, la gestion de biens familiaux
tels que la gestion des produits agricoles, les animaux domestiques et aussi
les respects des ainés et des divinités. En plus les
initiés durant leurs séjours dans la forêt sacrée
apprenaient également la technique de chasse, de la pêche et de
lutte face à un adversaire.
A ces divinités ci-dessus, s'ajoute, plusieurs
divinités dans la socioculture Moussey que nous ne pouvons tous
développer dans le cadre de notre mémoire il s'agit
notamment : la divinité de la divination
(Gàrirà), les divinités de l'oracle (joppa), la
divinité de l'eau (Mounouna).
3.4. Système alimentaire des
Moussey
Le peuple Moussey a un système alimentaire basé
sur divers aliments de leur environnement local. Leur alimentation est
influencée par des facteurs tels que la disponibilité des
ressources naturelles, les pratiques culturelles et les habitudes alimentaires
traditionnelles.
Les Moussey ont une alimentation traditionnelle qui repose sur
une combinaison d'aliments locaux tels les sésames
(arachide, poids de terre, haricot, sésame
blanc...), les céréales qui sont (les
mils rouges, le pénicilaire, le riz), les
tubercules (manioc, taro, patates) et les
légumes (moringa, feuilles d'oseille etc.).
Ces aliments sont issus de la savane environnante et constituent la base de
régime alimentaire du peuple Moussey.
En outre, la consommation des boissons culturelles tel que le
bil-bil, ergué, font de ce peuple une culture alimentaire
spécifique. Il faut également noter que les Moussey sont des
chasseurs et des pécheurs donc ils mangent les poissons provenant
directement de leurs eaux et la viande des animaux domestiques comme
sauvage.
Les Moussey ont développé des pratiques
alimentaires spécifiques en fonction de leur environnement. Ils
utilisent des pièges pour capturer des animaux sauvages tels que les
oiseaux pour compléter leur alimentation en viande. Il pèche avec
les filets de petites dimensions pour capturer les poisons. De plus, les
Moussey ont mis en place les techniques de conservation des aliments tels que
les greniers à mil pour stocker les céréales et assurer
une sécurité alimentaire tout au long de l'année.
Malgré une alimentation variée basée sur
les ressources locales, les Moussey de nos jours sont confrontés
à des problèmes nutritionnels tels que la malnutrition. Cela
dû à divers facteurs tels que la mauvaise pluviométrie
(inondation, rareté de pluie), les conflits
agriculteurs-éleveurs, des conditions économiques
précaires ou une disponibilité limitée d'aliments
nutritifs.
La plupart des Musey ne mange pas la viande de cheval qui est
interdite (yownà), et laquelle est considérée
comme celle d'un homme. Mais actuellement, influencés par d'autres
cultures, il y a des lignages qui en mangent. Par exemple les Djoro ou d'autres
qui, toutefois, le font en utilisant une plante magique dite la plante du
vautour (gu bakya).
Le cheval, autrefois, était traité de
façon particulière avec beaucoup de soins : l'homme le gardait
dans sa case, on provisionnait du foin, il y avait des rituels de protection,
des onctions, des plantes magiques, il recevait un enterrement. Si le cheval
meurt chez toi c'est la «mort» qui te frappe et les gens du village
présentent leurs condoléances. On le transporte en brousse et on
le recouvre, puis on le pleure et on pouvait aller se venger pour cela. On
plante aussi des pieux, deux ou trois, au- dessus du tombeau, et un bois rouge
plus long en y accrochant la queue comme signe spécifique d'un cheval de
course qui avait contribué à tuer beaucoup de gros gibier «
tabou ».
En effet, pour être un homme valide et respecter par la
communauté, il fallait devenir un « grand » chasseur et tuer
certains animaux fort et féroces comme le buffle (vunda), la girafe
(duk-gahna), le lion (tlona). Dans la société Moussey on y
distingue la chasse individuelle de la chasse collective. La première et
un engagement individuel et consiste à se procurer en viande pour manger
avec sa famille soit pour vendre. Le second est la chasse collective elle est
initiatique constitue un moment important de démonstration de ses
pouvoirs mystiques à vaincre l'adversaire et on applique cette loi de
« contanguinité »5(*) sur les animaux et cette forme
de chasse dite collective se limitait à des territoires appartenant
à certains groupes, elle rassemblait beaucoup de monde et donnant
parfois lieu à des bagarres entre lignages rivaux. (Jean Doum-Hani
Douksidi 2023).
Comme dit J. Louatron cité par Marco Bétoni dans
son ouvrage laculture Moussey, « le Musey avant d'être
agriculteur est cavalier et chasseur ». L'homme Moussey
devait défier les animaux de la brousse pour être reconnu.
En fin, le système alimentaire du peuple Moussey est
ancré dans l'utilisation d'aliments locaux comme base de leur
régime traditionnel. Cependant, des défis liés à la
nutrition sont causés par divers facteurs socio-économiques et
environnementaux.
3.5. Système économique des
Moussey
L'économie du peuple Moussey repose principalement sur
l'agriculture, l'élevage, la pêche et l'artisanat. L'agriculture
joue un rôle important dans leurs moyens de subsistance, avec des
cultures telles que le mil, le sorgho, le riz, le maïs et l'arachide pour
leur subsistance. Le peuple Moussey représente une population
importante des cotonculteurs au Tchad car, le département de la Kabbia
était cité parmi les zones à forte production du coton au
Tchad. Le bétail, notamment les bovins, les moutons et les
chèvres, constituent également un atout important pour le peuple
Moussey, car il lui fournit une source de nourriture, des revenus grâce
à la vente ou au commerce et un statut social au sein de sa
communauté.
L'agriculture du coton qui était autre fois
imposée par le colon, constituent de nos jours une ressource
financière au peuple Moussey.
Le commerce a toujours été une composante
essentielle de l'économie de Moussey en raison de sa situation
géographique à la croisée de différentes
régions et frontières avec le Cameroun voisin et non loin du
Nigeria
La structure sociale du peuple Moussey influence ses
activités économiques. La communauté est organisée
autour de liens de parenté et d'affiliations claniques qui jouent un
rôle crucial dans la répartition des ressources et la
coopération économique. La division du travail au sein de la
communauté est souvent basée sur les rôles d'âge et
de genre, avec des tâches spécifiques assignées aux hommes,
aux femmes et aux enfants. Les Moussey participent également à
des activités artisanales telles que la fabrication de poteries, le
tissage de textiles traditionnels et la forge. Ces compétences sont
transmises de génération en génération et
contribuent à la fois aux besoins de subsistance et aux sources
potentielles de revenus via les marchés locaux ou les réseaux
commerciaux.
Malgré leur riche patrimoine culturel et leurs
activités économiques traditionnelles, les Moussey sont
confrontés à des défis tels que la dégradation de
l'environnement, un accès limité aux technologies modernes pour
l'agriculture ou la transformation des produits, la fluctuation des prix du
marché des produits agricoles ou de l'élevage, ainsi qu'à
des problèmes socio-économiques plus larges qui prévalent
dans le pays. Tchad.
3.6. Les patrimoines culturels Moussey
Le peuple Moussey possède un riche patrimoine culturel
qui se distingue en patrimoine culturel matériels et immatériels.
Parlant des patrimoines culturels matériels en pays Moussey, nous
pouvons citer : le Lac Kabbia et ses ressources importantes en
Hippopotame, la forêt classique de Yamba Berté qui est la plus
grande forêt et dance du Tchad, les produits artisanaux et les mets
culturels tel que : holira et djaklamma. Il existe également de
patrimoines culturels immatériels qui sont les comtes, les mythes, et
toutes connaissances et savoirs ancestraux transmis de génération
en génération.
3.6.1. Les patrimoines culturels immatériels du
peuple Moussey
v Le Festival Kodomma
Dans la culture Moussey, la fête Kodomma est une
tradition ancienne qui commémore la récolte et prête
l'holocauste aux divinités et aux chefs de terre dans l'espoir de
recevoir des bénédictions de leur part. Il s'agit d'un important
héritage culturel immatériel. Quant au festival international
Kodomma, il a pour objectif de rassembler et de mettre en valeur les
différents kodomma présents dans les différents clans
Moussey. Le Kodomma est un festival annuel qui se tient dans les villes de
Moussey au Tchad et au Cameroun et qui met en valeur les pratiques culturelles,
les traditions et les arts du peuple Moussey.
Le festival International Kodomma constitue une manifestation
culturelle extravagante qui réunit les passionnés de la culture
Moussey et les participants afin de célébrer l'héritage
exceptionnel du peuple Moussey. La programmation du festival comprend de
nombreuses activités telles que des danses traditionnelles, des
expositions, des courses de chevaux et des représentations d'artistes
contemporains et traditionnels.
Photo 1 : Danse
Kodomma lors du festival internationnal Kodomma à Gobo au
Cameroun

Source : page officielle Facebook Kodomma
International
v Le Ndalanga
La danse dalanga est un héritage artistique
immatériel de la culture Moussey. Elle se déroule lors des
cérémonies importantes comme le Kodomma, l'intronisation d'un
chef. Cette danse se pratique en sautant sur ses deux pieds et en articulant le
dos. Elle est pratiquée par des femmes Moussey que d'hommes.
v Le Vaîguenga
Auparavant, le vaîguenga était
réservé aux initiés. Car, les chansons de vaiguenga sont
composées dans les langues des initiés. Depuis nos à la
disparition des pratiques Fulina, le vaîguenga est fréquemment
chanté lors des célébrations culturelles. Il est important
de souligner que les artistes contemporains Moussey s'inspirent davantage de
ces valeurs artistiques culturelles dans leur création.
v Fulina (fulla)
Fulina est le pluriel de Fulla. Fulla est une divinité
spécifique au peuple Moussey. Les possédés de fullina ont
la capacité suprahumaine de voir le monde visible et le monde invisible.
Cependant, il faut retenir que le peuple Moussey distingue le fulmunnada qui
est la divinité des eaux de fulmadina qui est la divinité des
morts. De manière générale la vision du monde et de
l'être chez le peuple Moussey porte sur le système des croyances
et des rapports englobant le monde "invisible" qui sont les
ancêtres et les dieux puis du monde visible qui sont leur environnement
matériel. Ainsi, suite d'une maladie ou d'autres problèmes
sociaux, le peuple Moussey invoqués les divinités pour trouver
des solutions.
v Les contes
Les contes Moussey sont une tradition orale transmise de
génération en génération. Ils jouent un rôle
important dans la préservation et la transmission de la culture, des
valeurs et de la sagesse. La narration de ces comptes est souvent
accompagnée des chantes, de cris ce qui en fait un
événement social et culturel social. Les contes Moussey racontent
les histoires d'origine, les récits moraux, les fables mettant en
scènes les animaux, les légendes expliquant les
phénomènes naturels.
v Les devinettes
Les devinettes Moussey constituent effectivement un
élément important du patrimoine culturel immatériel. Elle
constitue en un jeu verbal traditionnel qui constitue un moyen de transmissions
des connaissances et sagesses populaire. Les devinettes mousse est une forme
d'expression culturelles qui qui stimule la réflexion et la
créativité. Elles font souvent références à
des éléments de la vie quotidienne, de la nature et de la culture
Moussey. Souvent courtes et énigmatique elle dans la nuit pour le
divertissement et enrichir les sagesses culturelles.
3.6.2. Les patrimoines culturels matériels du
peuple Moussey
v Forêt classique de Yamba Berté
La forêt classique de Yamba Berté dans le
département de la Kabbia précisément dans la
sous-préfecture de Pont-Carole constitue effectivement un important
patrimoine culturel matériel du peuple Moussey. La forêt classique
de Yamba Berté abrite également une biodiversité
importante, avec diverses espèces végétales et animales.
Elle constitue donc non seulement un patrimoine culturel communautaire au
peuple Moussey, mais aussi un patrimoine naturel pour la région.
Cette forêt classique est protégée par
l'Etat tchadien pour sa richesse faunique et floristique. Le peuple Moussey,
pratique dans cette forêt des activités culturelles tel que la
chasse collective, des rituels traditionnels et y conserve une partie de son
histoire et de sa culture. Cette forêt de nos jours est
considérée comme un lieu sacré où résident
les esprits des ancêtres et les djinns6(*). Elle joue un rôle crucial dans les pratiques
spirituelles et les cérémonies traditionnelles des Moussey. Elle
représente un lien tangible entre les générations
passées, présentes et futures de cette communauté.
v Le lac Kabbia
Les régions de Mayo-Kebbi et le département de
la Kabbia tire leurs appellations du lac Kabbia. Le lac Kabbia est situé
dans le département de la Kabbia chef-lieu Gounou-Gaya notamment dans le
village Domo Sôh situé de 25Km de la ville de Gounou-Gaya. De son
vrai nom « kabiang7(*) » constitue un patrimoine halieutique
important pour la région en général et pour le peule
Moussey en particulier. C'est un grand lac qui alimente les autres fleuves en
eau et poissons.
Pour les Moussey, valeur thérapeutique tel que la
prévention contre le ver de guinée. Ce lac a une grande
importance culturelle et spirituelle. Il est associé à des
croyances et pratiques traditionnelles, notamment des rituels et
cérémonies qui se déroulent sur ses rives. Ce lac est
également une ressource naturelle importante pour la communauté
locale, fournissant de l'eau pour l'agriculture et la pêche
saisonnière. Le lac Kabbia se distingue de ses ressources importantes en
hippopotame et des poissons. La zone autour du lac Kabbia est en
biodiversité, abritant diverses espèces de plantes et d'animaux
adaptés à cet environnement lacustre saisonnier.
Photo
2
: Le lac Kabbia

Source : enquête de
terrain
v Les Hippopotames
Les hippopotames qui sont présent dans les lacs et les
fleuves en pays Moussey sont en effet un élément important du
patrimoine culturel matériel faunique du peuple Moussey.
L'administration départementale de la Kabbia utilise la tête de
l'hippopotame comme l'emblème départementale. Il est
accroché à la l'entrée de la préfecture de
Gounou-Gaya la tête de l'hippopotame. Les Moussey, ne perçoivent
et représentent pas ces hippopotames comme des simples animaux mais
comme des divinités. Il est courant dans le discours des peuples Moussey
qu'il existe des personnes qui se transforment en hippopotames. Les
hippopotames sont souvent intégrés dans les mythes,
légendes et traditions orales locales. Il symbolise la force, et la
connexion avec le monde aquatique.
La présence continue de ces animaux dans le lac
représente un lien tangible avec le passé et les traditions du
peuple Moussey. Leur conservation est donc importante non seulement d'un point
de vue écologique, mais aussi culturel.
v Mets traditionnel Holira
Les plats culturels Moussey sont variés faisant usage
des céréales, sésames, légumes des viandes
domestiques et sauvage. Parlant de Holira appelée communément
sauce longue constitue un patrimoine culinaire Moussey. Le holira ou sauce
longue est un plat spécifique et culturel pour le peuple Moussey. Il
est préparé souvent lors de la fête de la lune, fête
de la récolte Kodomma est bien d'autres évènement
culturels importants.
v Habitats traditionnel Moussey
Les habitations traditionnelles Moussey sont construites en
matériaux locaux tels que la terre, les pailles et les bois. Les maisons
sont généralement de forme ronde, carrée ou rectangle,
avec un toit recouvert de pailles sèches et logues. La terre est
utilisée pour les murs et les fondations. Les branchages quant à
eux sont utilisés pour la charpente et les supports. Les pailles sont
utilisées pour le toit et les murs et en fin, les fibres
végétales sont utilisées pour les cordages et les
liens.
Les habitations traditionnelles Moussey ont une fonction
culturelle, sociale et spirituelle.Elles sont souvent regroupées en
lignage, clan et village, avec des espaces communs pour les activités
sociales et culturelles tel que agriculture, espace de jeux, de pause etc. Les
maisons sont disposées de manière à former un cercle ou un
ovale, avec une place centrale pour les réunions et les
cérémonies.
Photo 3: Habitat
Moussey patrimoine culturel matériel

Source : page officielle Facebook de Kodomma
International
v Artisanat Moussey
Les objets traditionnels d'artisanat en milieu Moussey
couvrent large champs incluant des objets d'artisanat pour la pratique de
l'agriculture, la pêche, la guerre et la chasse.
Les objets d'artisanat Moussey sont : la houe sa manche
fabriquée à base de bois solide tel que le tamarinier, le
prosopice africana. La manche des houes est fabriquée par les forgerons
à base des pierres ou parfois des fers modifiés, il en est de
même pour les dabas. Les lances sont faites de bois dur, avec une pointe
en fer ou en pierre, les lances étaient utilisées pour la chasse
et la guerre. Les épées faites de fer ou d'acier, les
épées étaient utilisées pour les combats
rapprochés. Les boucliers : faits de bois ou de cuir, les boucliers
étaient utilisés pour se protéger des attaques ennemies.
Les cuirasses faitesde peaux d'animaux et feuilles, les cuirasses
étaient utilisés pour se protéger le corps des attaques
ennemies.
Photo 4: Objets
d'artisanat pour la guerre et chasse

Source : enquête de
terrain
3.7. Rapports de cohabitation des Moussey avec les
autres communautés ethniques de la Kabbia
Il est essentiel dans cette partie de notre travail d'examiner
comment le peuple Moussey s'est intégré socialement aux autres
communautés ethniques de la région du Mayo-Kebbi Est, d'ailleurs,
et dans le monde. Des facteurs tels que les mariages mixtes, la
coopération économique, les alliances politiques ont
contribué au tissu social de ces interactions.
Le peuple Moussey du Tchad réside dans les
régions de Mayo-Kebbi (Mayo Kebbi-est et Mayo Kebbi-Ouest). Il partage
des frontières avec plusieurs ethnies notamment le Massa, le Moundang,
le Toupouri, le Cados, le Kim, le Ngambaye, le Zimé, le Kéra et
bien d'autres. Cependant, il est nécessaire dans le cadre de notre
travail de ressortir le mécanisme d'interaction et de relation des
Moussey avec les autres communautés ethniques voisine. Cela nous
amène notamment à comprendre la dynamique sociale et le paysage
culturel de pays Moussey. Le rapport de cohabitation entre les Moussey et les
autres ethnies voisines nous renvoi dans le contexte historique. L'histoire des
interactions, des conflits, des alliances et des échanges culturels
entre les Moussey et les autres groupes ethniques façonne les relations
actuelles.
Un aspect à explorer est la manière dont les
échanges culturels ont influencé la dynamique de cohabitation.
Les pratiques culturelles, les traditions, les langues et les croyances jouent
un rôle important dans l'élaboration des interactions entre les
différents groupes ethniques. Comprendre comment les Moussey ont
partagé et intégré des aspects de leur culture avec
d'autres peut donner un aperçu de leurs relations.
Les activités économiques servent souvent de
terrain d'entente entre différents groupes ethniques. Les réseaux
commerciaux, la dynamique du marché et le partage des ressources ont
également contribué au rapprochement des liens sociaux et
culturels entre le peuple Moussey et ses voisons des autres cultures.
En raison de la grande valeur que les Moussey accordent
à la terre espace d'agriculture et héritage familiale, les
conflits entre les éleveurs bororo ou arabe sont reçurent et
alarmant. Le dernier conflit est celui de du canton Léo en 2023 qui a
entrainé beaucoup des pertes humaines et matérielles dans les
deux camps.
En somme, le rapport de cohabitation des Moussey avec les
autres communautés ethniques de la Kabbia est une interaction complexe
d'héritages historiques, d'échanges culturels, d'interactions
sociales, d'engagements économiques et de relations politiques.
Carte de groupes ethniques frontières avec
le Moussey

Source : Marco BETONI ; la culture Moussey (Tchad)
naissance, mariage et funérailles
4. Cadre physique et géographique de Gounou
Gaya
Le département de la Kabbia (chef-lieu Gounou-Gaya)
porte le nom du lac Kabbia dans le Canton Domo plus précisément
dans le village de Soh situé à une vingtaine de kilomètre
de Gounou-Gaya et de 03 KM de village Gali Paris. Le lac Kabbia constitue le
plus grand lac du département de la Kabbia est riche en poissons et
végétations.
En effet la ville de Gounou-Gaya regorge assez des fleuves
dans lequel chaque partie du fleuve porte un nom et appartient à chaque
clan ou lien. Il faut noter également que les habitants de Gounou-Gaya
savent distinguer les frontières de tous les fleuves disponibles dans
leur zone.
Le climat de Gounou Gaya est de Type Soudano-Guinéen.
Les études scientifiques de la Compagnie Française pour le
Développement des Fibres Textiles portant sur : étude
agro-pédologie d'emplacements cotonniers au Mayo Kebbi, nous permet de
caractériser avec précision le climat de la ville de Gounou Gaya.
Cependant la pluviométrie annuelle de Gounou-Gaya est de 1045,4 mm,
fortement supérieur à celui de son voisin Fianga qui est de 852,1
mm par an.
Tableau 2 :
précipitation de la Kabbia
|
MOIS
|
J
|
F
|
M
|
A
|
M
|
J
|
JL
|
AO
|
S
|
OC
|
N
|
D
|
|
GOUNOU-GAYA-
|
0
|
0
|
6,2
|
30,8
|
88,0
|
157,2
|
211,9
|
269,8
|
226,0
|
55,0
|
0,5
|
0
|
|
FIANGA
|
0
|
0
|
3,0
|
18,2
|
62,2
|
120,0
|
191,3
|
240,0
|
181,4
|
35,4
|
0,6
|
0
|
Source : Compagnie Française
pour le Développement des Fibres Textiles portant étude
agropedologioue d'emplacements cotonniers au Mayo Kebbi
La végétation de la ville de Gounou-Gaya est
caractérisée par un ensemble de climat soudano-guinéen.
Les forêts de cette zone sont hiérarchisées et
inégalement réparties dans l'espace. Il faut noter que la
forêt constitue un espace à multiple fonctionnalité chez le
Moussey. Elle a une fonction sacrée qui constitue un lieu d'initiation,
de culte et d'application des certains rites tel que le « bouquet
sacré » et le plante divine « gusna
lona ». Etant donné la richesse du territoire Moussey va de la
savane à la forêt soudanienne, des zones inondables avec des
marécages, aux zones plus boisées, la flore aussi présente
une grande variété et des richesses diverses.
Dans l'ancien temps, les Moussey ne cultivaient pas les arbres
pour avoir des fruits, car leur environnement leur offrait toutes ressources
nécessaires en arbres fruitiers et légumineux. Cependant, le
peuple Moussey connaissait et savaient exploiter au maximum tous les fruits
sauvages. Par exemple : la Pomme cannelle sauvage (Annona senegalensis :
kozora) est exploitée pour ses fruits sucrés ses feuilles pour
soigner la diarrhée et ses écorses melanger avec d'autres plante
pour soigner les problèmes d'infécondité. Le jujubier
(wàyàra) ses fruits sont mangeables et ses écorces pour
soigner « les problèmes d'insecte des
enfants », le karité (gùdira) utilisé aussi
pour produire la beure très appréciée, le
néré (jijira) les différents types de Ficus, des plantes
qui donnent des baies comme Boscia senegalensis (borborra), Sclerocarria birrea
(yogoyogora), Detarium microcarpum (gàgàssa).
Dans l'espace Moussey on trouve des endroits boisés des
grands arbres comme certains villages situés dans la
sous-préfecture de Pont-Carol. Par contre, la sous-préfecture de
Léo est caractérisée par sa zone rizicole, les arbres sont
rares dans cette brousse et l'espace est inondable en saison de pluie. Tout de
même, dans ces zones rizicoles nous trouvons des plantes comme :
Terminalia macroptera (gàlapma), Sterculia setigera
(slùgudukka), Borassus flabellifer (manawna), Combretum glutinosum
(yàmàt happa), Acacia sieberiana (ndùllà).
CONCLUSION PARTIELLE
En somme au terme de chapitre sur la description du milieu
de la recherche et ethnologie des groupes humains, nous retenons que le
Tchad est peuplé d'une mosaïque de 256 ethnies, regroupées
en douze principaux groupes linguistiques inégalement réparties
sur l'ensemble du territoire. Les religions les plus pratiquées au Tchad
sont l'islam, le christianisme et les religions traditionnelles. La population
du Tchad est très jeune, avec les moins de 25 ans représentent
68% du total et les plus de 60 ans représentent 4,5%. Le système
de santé tchadien est un système pyramidal à trois niveaux
: central, intermédiaire et périphérique.
La culture du Tchad est diversifiée et riche,
reflétant l'héritage de divers groupes ethniques. Le pays est un
État laïque, mais la religion reste un élément
important. Plus de 55,7 % de la population est musulmane, avec 20 % de
catholiques et 15 % de protestants. Les pratiques religieuses traditionnelles
sont également importantes. Le conflit entre le Nord et le Sud est
exacerbé par l'opposition entre deux religions et deux langues : l'arabe
et l'islam dans le Nord, le christianisme et le français dans le Sud. De
nombreux musulmans tchadiens contestent la constitution laïque actuelle,
qui impose une christianisation de l'État. Le Tchad est un pays
multilingue, avec le français et l'arabe comme langues officielles
depuis 1978.
En fin le département de la Kabbia est l'un des quatre
départements de la région de Mayo-Kebbi Est au Tchad, avec Gounou
Gaya comme sa plus grande ville et chef-lieu du département. Des
communautés locales décentralisées, y compris la Kabbia,
ont été créées en 2003 mais n'ont pas encore
été mises en oeuvre. En juillet 2024, elle compte sept
sous-préfectures.
CHAPITRE DEUXIEME : REVUE LITTERAIRE, CADRE THEORIQUE ET
CONCEPTUEL
INTRODUCTION PARTIELLE
Ce chapitre deuxième qui porte sur revue
littéraire, cadre théorique et conceptuel a pour objectif de
mettre en place les bases théoriques et conceptuelles sur lesquelles
repose notre recherche. Au début, nous avons effectué une analyse
approfondie de la littérature existante, en examinant les travaux
précédents qui étaient pertinents pour notre sujet de
recherche. Cette analyse nous a donné l'opportunité de
repérer les concepts essentiels, les théories
prédominantes et les discussions actuelles dans ce domaine. Dans la
suite de notre mémoire, nous exposons les bases théoriques qui
ont orienté notre étude, ainsi que les théories et
modèles clés que nous avons employées pour
interpréter nos résultats. En démontrant leur pertinence
par rapport à notre problématique, nous avons justifié le
choix de nos théories utilisées. Enfin, nous avons établi
le contexte conceptuel de notre étude en précisant les concepts
essentiels et en expliquant les liens entre ces concepts. Nous avons
utilisé ce cadre conceptuel comme fondement pour formuler nos
hypothèses et élaborer notre méthodologie de recherche.
I- REVUE DE LA LITTERATURE
L'étude sur l'utilisation des méthodes
contraceptives modernes sous l'angle culturel est cruciale pour la santé
de la population en général et pour le bien-être de la
famille et de la femme en particulier. Dans un pays comme le Tchad, d'où
le taux de besoin non satisfait en espacement et limitation des naissances
dépasse désormais 30,2%. (L'Enquête par grappes à
Indicateurs Multiples (MICS6-Tchad, 2019 Page 133). Cependant, au
Tchad le taux d'utilisation des contraceptifs modernes est de 5,4 % selon
l'enquête démographique et de la santé (EDS 2015).
Cette revue de la littérature examine les connaissances
et les symbolisations des méthodes contraceptives modernes dans le
contexte tchadien en particulier dans la société Moussey.
Également notre étude consiste à analyser les facteurs
socioculturels qui influencent l'utilisation des méthodes contraceptives
modernes. Nous examinons les facteurs de résistances face aux
méthodes modernes de contraceptions dans la société
Moussey du Tchad en nous appuyant sur les principes anthropologiques en mettant
l'accent sur la culture. Ainsi, nous nous sommes intéressés
à travers cette étude à la monographie de la culture
Moussey pour décrire les discours complexes que tient ce peuple sur les
techniques modernes de contraception.
En réduisant les taux de grossesses non
désirées, la contraception permet également
d'atténuer la nécessité d'avortement à risque et de
diminuer le taux de transmission des infections sexuellement transmissibles
(IST) tel : le sida, l'hépatite B, la syphilis, le papillomavirus,
la gonococcie etc. (OMS, 2023) Les contraceptions modernes peuvent
également être bénéfiques pour l'éducation
des filles et donner aux femmes la possibilité de participer plus
activement à la société, y compris en occupant un emploi
rémunéré.
La mise à disposition d'informations et de services en
matière de contraception est fondamentale pour la santé et les
droits humains de toute personne.
En plus, la prévention des grossesses non
désirées contribue à réduire les maladies
maternelles et le nombre de décès liés à la
grossesse. L'utilisation des techniques modernes de contraception est
essentielle en ce qu'elle permet notamment de retarder les grossesses chez les
jeunes filles qui sont exposées à un risque accru des
problèmes de santé liés à la parturition
précoce et d'éviter les grossesses chez les femmes
âgées qui sont également davantage à risque.
Selon les estimations de 2017 de l'Organisation Mondiale de la
Santé (OMS), 214 millions de femmes en âge de procréer
vivant dans les régions en développement ne disposent pas des
moyens de contraception dont elles ont besoin. Les méthodes de
contraception modernes jouent un rôle essentiel dans la prévention
des grossesses non désirées. Des études montrent que 85 %
des femmes qui ont cessé d'utiliser un moyen de contraception sont
tombées enceintes au cours de la première année. Parmi les
femmes dont la grossesse non planifiée a mené à un
avortement, la moitié avaient abandonné leur méthode
contraceptive en raison de problèmes de santé, par crainte
d'effets secondaires ou par manque de praticité. « OMS
octobre2019 ».
1. La politique nationale du Tchad en matière
de santé sexuelle et reproductive
La politique nationale du Tchad en matière de
santé sexuelle et reproductive est une question importante qui
nécessite une analyse approfondie de la littérature existante.
Cette partie de notre travail vise à examiner les politiques, programmes
et défis liés à la santé sexuelle et reproductive
au Tchad, en mettant en lumière les initiatives prises par le
gouvernement et ses partenaires pour améliorer l'accès aux
services de santé sexuelle et reproductive au Tchad.
Le Tchad fait face à des défis importants en
matière de santé sexuelle et reproductive, notamment la
pauvreté, l'accès limité aux services de santé et
les normes culturelles et sociales.Ningam Ngakoutou, (2023). Il était
essentiel pour nous d'analyser comment ces facteurs interagissent avec les
politiques nationales pour façonner le paysage de la santé
sexuelle et reproductive au Tchad. Cette partie de notre revue examine
également les défis auxquels est confrontée la politique
nationale du Tchad, y compris l'infrastructure de santé
inadéquate, l'éducation sexuelle incomplète et les
inégalités de genre. Elle vise également à
identifier des opportunités pour améliorer la situation actuelle
et promouvoir une meilleure santé sexuelle et reproductive pour tous au
Tchad. En fin dans cette partie de notre état du débat, nous
avons examiné les politiques et les stratégies spécifiques
mises en oeuvre par le gouvernement tchadien dans le domaine de la santé
sexuelle et reproductive, permettant ainsi une meilleure compréhension
des orientations politiques du pays dans ce domaine.
La recherche de l'UNFPA sur l'accès aux services de
santé sexuelle et reproductive au Tchad met en lumière les
défis auxquels la population est confrontée et les lacunes
à combler pour améliorer l'accès. Cetteétude offre
une perspective complète sur la politique nationale du Tchad dans ce
domaine, en mettant en lumière les défis, les politiques
existantes et les recommandations pour l'amélioration. Une autre
étude a documenté la prévalence des méthodes
contraceptives à long terme à l'Hôpital Universitaire de
N'Djamena, révélant que les contraceptifs sont
considérés comme un facteur clé dans la réduction
de la mortalité maternelle. Foumsou, et al., (2021).L'étude a
révélé que l'indice synthétique de la
fécondité au Tchad est de 6,2, et la demande de contraception est
de 28,6 %. L'étude a également révélé que la
méthode contraceptive à long terme la plus utilisée
était la Jadelle (81,3 %), mais le suivi par le personnel médical
était inégal dans 78,4 % des cas. Les effets secondaires
étaient dominés par les saignements (12,6 %) et les
problèmes de cycle menstruel. Le choix principal des méthodes
contraceptives était l'espacement des naissances. L'étude
révèle que les principales raisons de l'abandon de la
contraception au Tchad sont les effets indésirables et le désir
d'enfants. Le taux d'échec des méthodes contraceptives
était de 0,08 %, et toutes les utilisatrices ayant signalé des
effets secondaires ont été prises en charge. L'étude
conclut que la contraception à long terme a une faible prévalence
au Tchad. Pour augmenter cette prévalence, les chercheurs recommandent
d'éduquer les filles et d'enseigner les méthodes contraceptives
dans les écoles et les universités. Cependant, ils n'ont pas pris
en compte les facteurs sociaux et culturels qui entravent l'utilisation des
méthodes contraceptives modernes par les femmes et les hommes au
Tchad.
L'introduction des méthodes contraceptives modernes est
un phénomène récent au Tchad. Jusqu'à
l'Enquête Démographique et de Santé de 1996-1997, le niveau
d'utilisation des contraceptifs dans le pays n'était pas encore connu au
niveau national. Foumsou et al. (2021). Cependant, le niveau de connaissance
sur la contraception est extrêmement bas, avec des différences de
genre significatives. Les femmes en union ont le même niveau de
connaissance que les femmes, avec 44 % des femmes et 46 % des femmes en union
connaissant au moins une méthode. Les femmes qui ne sont pas en union
mais sexuellement actives ont un niveau de connaissance de la contraception
plus élevé que les autres femmes.
La population tchadienne est pronataliste, liée au
prestige économique et à la satisfaction économique, une
tendance qui a été officiellement exprimée par les
représentants du Tchad lors de la conférence internationale sur
la population de 1974 à Bucarest. L'auteur aborde le sujet tabou de la
planification familiale et de la planification des naissances, qui a longtemps
été considéré comme tabou. Cependant, le
gouvernement du Tchad cherche continuellement des moyens et des méthodes
pour promouvoir l'utilisation des méthodes contraceptives modernes. Une
des limites de cette étude est le manque de connaissances locales
liées aux techniques contraceptives, car avant l'introduction des
contraceptifs modernes, toutes les sociocultures tchadiennes avaient leurs
propres méthodes et moyens pour prévenir les infections
sexuellement transmissibles. Une étude sur l'endogénétique
concernant les techniques contraceptives modernes serait plus nécessaire
pour comprendre les enjeux complexes entourant leur utilisation.
Le résultat du mémoire de Lenan Guanguinon,
(2009), s'aligne également avec l'analyse des taux d'utilisation des
contraceptifs modernes au Tchad. L'auteur a adopté une approche
statistique quantitative, basée sur des données existantes
provenant de l'Enquête Démographique et de Santé. (EDST).
L'analyse a montré une faible utilisation des contraceptifs modernes par
les femmes tchadiennes.
En revanche, Lenan n'a également pas pris en compte le
rôle des contraceptifs modernes et des facteurs socioculturels qui
contribuent à la résistance contraceptive chez les femmes
tchadiennes.
En plus, plus loin du territoire tchadien, une étude
qualitative au Cameroun révèle une forte prévalence du
VIH/SIDA à Kumba au Cameroun, malgré la disponibilité
d'informations sur la prévention du VIH/SIDA. Les raisons de cette
propagation incluent des partenaires sexuels multiples, des rapports sexuels
non protégés, l'ignorance du VIH/SIDA, et la négligence
des services de conseil et de dépistage volontaire. Ainsi, les messages
de santé ont fourni des connaissances mais pas sur les comportements
préventifs. Njikam Savage, (2015).
2. L'accès des populations tchadiennes aux
méthodes contraceptives modernes
La population tchadienne est confrontée à
d'importants défis en matière de santé reproductive et
sexuelle. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) la
prévalence des méthodes contraceptives modernes au Tchad est
parmi les plus faibles au monde. Malgré diverses initiatives et
programmes, l'impact direct sur les comportements changeants de la population
tchadienne n'est pas aussi visible. Parmi les facteurs qui contribuent aux
faibles taux d'utilisation, citons le manque d'information le manque
d'éducation sur les méthodes contraceptives modernes, les
barrières culturelles et religieuses, les inégalités entre
les sexes, l'insuffisance des infrastructures de santé et
l'accessibilité financière limitée. Ngakoutou Ningam,
(2023). Des études ont montré que l'amélioration des
canaux, d'accès aux méthodes contraceptives modernes peut avoir
un impact significatif sur la santé maternelle et infantile.
En plus, cela pourra contribuer à réduire les
grossesses non désirées, diminuer les taux de mortalité
maternelle et infantile et contribuer à l'autonomie des femmes.
Malgré ces défis, des progrès ont été
réalisés grâce aux efforts de divers acteurs, et il est
crucial de continuer à investir dans l'éducation, la
sensibilisation et l'accessibilité financière pour garantir que
chaque individu ait le droit et la liberté de choisir sa méthode
contraceptive.
La lecture d'une étude quali-quantitative menée
entre décembre 2015 et mars 2016 dans la ville d'Abeché au Tchad,
auprès de 314 femmes et 17 professionnels de santé montre que
35,9 % des femmes n'avaient pas de contraception, le taux de contraceptifs
naturels étant de 28,7 % et celui des contraceptifs modernes de 25,2 %.
Parmi les obstacles à l'utilisation des contraceptifs modernes, on peut
citer l'opposition du mari (15,6 %) et le manque d'information (12,1 %).(Adam
Abdel-Mahamoud, 2017)
Adam Abel etal.,(2021) se sont également
concentrés sur les facteurs socioculturels influençant
l'accès des femmes aux services de planification familiale au Tchad. Ils
ont défini la planification familiale comme une composante essentielle
de la santé reproductive, permettant aux femmes de retarder leur
grossesse et de réduire la mortalité maternelle et infantile. En
Afrique subsaharienne, en particulier au Tchad, la mortalité maternelle
et infantile est un problème majeur de santé publique, qui peut
être résolu par la planification familiale.
L'étude a identifié des obstacles
généraux aux besoins non satisfaits des femmes dans les pays en
développement, tels que l'absence de réglementation,
l'accessibilité géographique et les problèmes de
fourniture de contraceptifs. Les résultats ont montré que 28 %
des femmes utilisaient des méthodes MAMA et 25 % utilisaient des
injectables. L'accessibilité géographique, l'âge et
l'appartenance ethnique étaient significativement associés
à la non-utilisation de la planification familiale et de la
contraception par les femmes. Les obstacles à la planification familiale
comprenaient l'opposition du mari, le manque d'information et le personnel de
santé qualifié.
3. Le genre et les facteurs de résistance aux
méthodes contraceptives modernes chez les populations
tchadiennes
La culture est un aspect crucial de la transmission de
l'identité d'un groupe et évolue constamment en réponse
aux changements sociaux, économiques et technologiques. L'anthropologue
Ralph Linton définit la culture comme un héritage social transmis
à un individu, en l'adaptant à la société et
à son environnement. La culture englobe une gamme de rôles qui
définissent la façon dont les individus doivent se comporter dans
la société. Le genre est une construction sociale,
c'est-à-dire les significations culturelles qui supposent un corps
biologique. Le genre est lié au sexe et est une construction du sexe.
Une étude menée par Mamadou Makhtar
Mbacké Leye et al., (2015) a révélé que
l'âge, la religion, le niveau d'instruction, l'autorisation conjointe et
le lieu de résidence avaient un impact sur l'utilisation des
contraceptifs modernes par les femmes dans le district de Mbacké au
Sénégal. Les critiques de cet article incluent le manque de prise
en compte des facteurs socio-économiques et socioculturels qui
influencent de manière significative l'utilisation moderne de la
contraception.
Il a été constaté que les contraceptifs
modernes, tels que les pilules et les injectables, améliorent la
santé et permettent une grossesse plus longue. Cependant, il existe
également des inquiétudes quant aux effets secondaires de ces
produits, tels que la persistance de céphaloïdes et de
nausées, et l'impact de l'entourage de l'utilisateur sur leur
utilisation. Les pratiques familiales sont souvent tenues secrètes en
raison des tabous sociaux et du pouvoir de décision détenu par le
mari. Foumsou et al., (2021).
L'étude a également révélé
que l'âge n'influence pas de manière significative l'utilisation
des contraceptifs modernes. L'utilisation par les adolescentes peut être
attribuée aux mariages précoces dans les zones rurales et
à la diversification des sources d'information sur la contraception
moderne et l'activité économique des femmes. Le statut
matrimonial n'est pas un facteur déterminant l'utilisation des
contraceptifs modernes. L'étude a également
révélé que le lieu de résidence n'a pas d'impact
significatif sur l'utilisation des contraceptifs modernes.
Les résultats de cette étude contredisent
l'enquête démographique et de santé de 2015 au Tchad, qui
montrait que la prévalence contraceptive est 7 fois plus
élevée en milieu urbain qu'en milieu rural. L'étude a
également révélé que l'existence d'une
activité économique chez les femmes avait un lien significatif
avec l'utilisation moderne de la contraception.
L'étude met également en évidence les
facteurs culturels qui affectent l'accessibilité des Moussey aux
services de contraception modernes. Les travaux de la sociologue Arlette
Gautier sur les droits des femmes sont également pertinents.
Le droit de reproduction est fondé sur le droit
fondamental des couples et des individus de décider librement et avec
discernement du nombre et de l'espacement des naissances de leurs enfants et de
fournir les informations nécessaires. Ce droit constitue un ensemble de
règles et de dispositifs visant à garantir la liberté de
tous d'accéder à la meilleure santé en matière de
sexualité et de reproduction. Il inclut également le droit de
prendre des décisions en matière de reproduction sans provoquer
de discrimination, de coercition ou de violence, tel qu'exprimé dans les
documents relatifs aux droits de l'homme.
Bien qu'ils soient parfois présentés comme une
nouvelle norme internationale, les droits reproductifs ont été
continuellement remis en question, y compris sur la scène
internationale. Les groupes religieux contestent souvent la santé
reproductive et sexuelle, tandis que les groupes néonatalistes
manipulent ces droits. La première lutte pour le contrôle des
naissances remonte au 19ème siècle, avec l'abolition des lois sur
la contraception aux États-Unis en 1969. La Convention sur
l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes (CEDEF) ajoute que cette disposition s'applique aux
femmes et que des services de santé maternelle sont
nécessaires.
Cependant, le faible accès aux services de
planification familiale et de santé reproductive est
considéré comme un obstacle à la réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et de
l'Objectif du développement durable d'ici 2030 (ODD2035). Les
prestataires de services sont également influencés par les normes
médicales d'un pays ou d'une société, comme au
Sénégal, où les prestataires donnent des contraceptifs aux
femmes qui risquent une nouvelle grossesse. Cela a conduit le personnel
somatique à plaider pour une nouvelle règle de contrôle des
femmes basée sur la santé plutôt que sur le patriarcat.
Haroun Koumakoi, Jean-Robert Mburano Rwenge, (2022) abordent
les facteurs déterminant la polygamie dans la région du Tchad, en
se concentrant sur les environnements urbains et ruraux. Les milieux urbains
présentent des taux de polygamie plus élevés chez les
hommes d'âge avancé et ceux à la recherche d'un plus grand
nombre d'enfants, tandis que les milieux ruraux ont des expériences
similaires pour les jeunes hommes ayant un bon niveau de scolarité et
des caractéristiques communautaires non observées. La polygamie
est influencée par les normes et les valeurs sociales, mais les raisons
qui la sous-tendent peuvent varier d'un individu à l'autre.
De 1996 à 2015, le taux de polygamie au Tchad est
passé de 25 % à 28 %. Malgré la mondialisation et les
valeurs occidentales, la préférence pour la polygamie ne cesse de
croître. Cela contredit la thèse de Talcott Parsons selon laquelle
la modernité et la désintégration culturelle conduisent
à la polygamie et à l'extension de la famille.
Les résultats ne révèlent pas tous les
risques associés à la polygamie dans le contexte tchadien. Ils
suggèrent également que la polygamie est plus répandue
dans les sociétés où les distances sociales entre les
hommes et les femmes sont grandes, ce qui conduit à une discrimination
fondée sur le sexe. Dans les communautés urbaines, le risque de
polygamie est plus élevé chez les personnes ayant une forte
population agricole. Haroun Koumakoi, (2021).
Villeneuve-Gokalp, (1990), analyse les transformations
récentes du comportement conjugal liées aux contraceptifs
modernes et aux processus matrimoniaux. Les femmes qui ont suivi des
études supérieures ont été les premières
à rejeter le mariage, mais celles qui n'avaient pas accès
à la contraception étaient depuis longtemps attachées au
mariage. Les techniques contraceptives modernes ont permis de cohabiter, mais
la période d'émergence de cette nouvelle forme d'union conjugale
reste inconnue.
Des études sur la diffusion de la contraception
suggèrent que les pratiques religieuses sont l'un des outils les plus
puissants pour le changement. Villeneuve-Gokalp soutient l'hypothèse
selon laquelle la contraception aurait permis aux mariages consentis de se
répandre rapidement et de devenir durables. Sans contraceptifs
médicaux, le mariage et l'initiation à la vie conjugale auraient
perdu leur nécessité, mais la cohabitation serait une
étape temporaire avant le mariage. Villeneuve-Gokalp, (1990)
Les méthodes contraceptives endogènesau Tchad
sont plurielles et varient selon les cultures. Akam Evina et Kishimba Ngo
soutiennent l'existence de diverses méthodes contraceptives en Afrique,
mais certaines méthodes contraceptives modernes semblent
inadaptées à certaines cultures et nécessitent des
modifications dans leurs comportements. La modernisation et les programmes de
planification familiale ont conduit à de nouvelles méthodes
contraceptives qui remettent en question les habitudes traditionnelles des
femmes.
André Laplante et Bourama Soumaro, (2001) explorent les
pratiques contraceptives traditionnelles à Bamako. Ils soutiennent que
la biologie occidentale peut interpréter différemment les
pratiques traditionnelles, car les femmes qui souhaitent éviter une
grossesse s'abstiennent de l'ovulation à la fin des règles.
L'utilisation de méthodes contraceptives soulève des questions
sur l'inégalité entre les sexes, car dans de nombreuses cultures
tchadiennes, la responsabilité de la grossesse incombe aux femmes.
Sosa-Sanchez, (2010), Les inégalités sociales et
la santé sexuelle et reproductive au Mexique: entre la
médicalisation et l'exclusion sociale). L'article met en évidence
l'impact des inégalités sociales sur la santé reproductive
au Mexique, faisant référence à la violence
institutionnelle et à la violence structurelle dans le secteur de la
santé reproductive. Malgré le succès des programmes de
planification familiale au Mexique, des études montrent que la
santé des femmes et la liberté reproductive sont encore au
deuxième niveau, en particulier parmi les femmes les plus
vulnérables socialement. Cela inclut l'infraction à la
contraception et la stérilisation, qui sont considérées
comme des violations des droits des femmes. Des pratiques de maltraitance,
telles que les réprimandes et les menaces à l'encontre de femmes
qui n'appartiennent pas au corps médical, sont également
documentées. Le racisme se manifeste également en milieu
hospitalier par des traitements différenciés et des agressions
verbales à l'encontre des femmes autochtones ou pauvres. Sosa-Sanchez,
(2010).
Les efforts de régulation de la croissance
démographique se concentrent parmi les femmes les plus
défavorisées, où le taux de natalité est plus
élevé. L'étude a utilisé une méthodologie
qualitative et une épistémologie constructiviste pour
découvrir les problèmes sociaux au centre de chaque récit
individuel. Les difficultés décrites dans le texte concernent
l'absence d'hommes dans les services de santé génésique,
mais la reproduction inclut les deux sexes.L'étude révèle
également comment les services de santé reproductive
légitiment et reproduisent les inégalités entre les sexes
dans l'organisation et la fourniture des services, ainsi que la
disponibilité du personnel de santé et son évaluation
différentielle des méthodes contraceptives. Sosa-Sanchez,
(2010).
Cette étude révèle que les droits sexuels
et reproductifs des femmes ne sont pas toujours pris en compte dans le contexte
des services de santé reproductive au Mexique. Bien que la
prévalence de la stérilisation forcée et des
méthodes contraceptives explicites ait diminué, cela ne signifie
pas qu'il n'y a pas de pratiques restrictives et de contextes autoritaires qui
conditionnent les décisions en matière de reproduction. Des
conditions objectives telles que le manque de ressources humaines, la
saturation de l'emploi, les conditions de travaux restreints et les
qualifications insuffisantes du personnel médical peuvent conduire
à de graves violations des droits sexuels et reproductifs des femmes.
Les raisons de la non-utilisation des contraceptifs modernes
comprennent des facteurs culturels, religieux, économiques et
éducatifs. Les croyances religieuses ou culturelles, le manque
d'accès aux services de santé reproductive, la peur des effets
secondaires, le manque d'information ou de formation et les pressions sociales
ou familiales peuvent tous contribuer à la non-utilisation des
contraceptifs modernes.
Une étude réalisée en 2015 par Abel
Mukengeshayi Ntambue, Rachel Ngalula Tshiala a examiné la
prévalence des contraceptifs modernes et les obstacles liés
à leur utilisation chez les couples de la zone de Santé Dibindi,
Mbuji-Mayi, République démocratique du Congo. Les
résultats ont montré que de nombreuses femmes refusaient
d'utiliser les contraceptifs modernes malgré les informations qu'ils
fournissaient. Les facteurs qui contribuent à la non-utilisation des
contraceptifs modernes comprennent le désir de maternité,
l'interdiction religieuse, l'opposition des partenaires, la peur des effets
secondaires et l'ignorance des avantages de la planification familiale. En
2015, la prévalence des contraceptifs modernes était de 18,4 %
dans la région.Abel Mukengeshayi Ntambue et al., (2015).
Cette étude révèle que les accouchements
prématurés, tardifs, nombreux et prématurés sont
responsables de plus de 70 % des décès maternels dans les pays
à faible revenu. Il existe une corrélation inverse entre la
mortalité maternelle et la prévalence contraceptive (CP), une
prévalence contraceptive plus élevée entraînant une
baisse des taux de mortalité maternelle. Si 60 % des femmes en âge
de procréer utilisent des méthodes contraceptives modernes
(MCDE), les taux de mortalité maternelle et d'avortement non
médical seront nettement inférieurs. La pauvreté est
également corrélée à la prévalence de la
contraception dans un pays. Cependant, la majorité des pays à
faible revenu sont susceptibles d'être pauvres, ce qui entraîne des
coûts importants pour les familles nombreuses. Les mesures visant
à renforcer l'utilisation de la contraception dans un pays peuvent
également améliorer le statut socio-économique des
ménages. La contraception moderne permet aux femmes de travailler
professionnellement, de contribuer au développement économique de
la famille et d'assurer la santé mentale en évitant le stress des
grossesses non désirées, en réduisant les dépenses
liées aux maladies et en répondant aux besoins de la famille
grâce à des économies économiques. En revanche, dans
les pays à revenu élevé, plus de 70 % des femmes ont
accès à des méthodes contraceptives modernes.Abel
Mukengeshayi Ntambue et al., (2015).
Judith HOTTOIS, Catherine JUNG, (2011) ont cherché
à la connaissance inégalitaire selon le sexe sur les
contraceptifs modernes. La technique adoptée a été la
démarche qualitative, et les informations des hommes sur la
contraception restent superficielles ou floues. Les hommes ne sont pas en place
à une grossesse non désirée, et le préservatif
n'aide pas les hommes à dissocier la contraception de la
sexualité.
Pranitha Maharaj et John Cleland, (2005) ont également
mené des études en Afrique du Sud sur la perception des risques
des préservatifs chez les couples mariés. Il est observé
que la plupart des efforts de prévention du VIH se concentrent sur le
comportement sexuel, prénuptial et extraconjugal. Mais dans les zones
à forte prévalence du VIH, les besoins de protection des couples
mariés et cohabitants sont aussi importants et souvent non satisfaits.
L'utilisation des préservatifs par les couples est
généralement faible, avec une résistance de la part des
hommes et les normes culturelles comme obstacles à une utilisation
accrue.
La croyance commune selon laquelle les hommes sont
résistants à l'utilisation du préservatif dans le cadre de
relations stables est certaine. Les programmes de prévention du VIH
doivent répondre aux besoins de santé reproductive des
couples.
L'étude de Hounton, Carabin et Henderson (2005) au
Bénin révèle que l'épidémie de VIH/sida est
la plus dramatique de l'histoire, causant plus de 3 millions de morts en deux
décennies. L'Afrique subsaharienne est fortement touchée,
représentant près de 70 % de tous les cas. Malgré les
campagnes de sensibilisation et les mesures de prévention, la
prévalence des contaminations et des décès liés
à la maladie reste faible, notamment en milieu rural. L'étude
souligne la nécessité de mieux comprendre les obstacles à
l'utilisation des mesures préventives en milieu rural.
Une étude menée au Bénin, en Afrique de
l'Ouest, a identifié les obstacles à l'utilisation des
préservatifs pour la prévention du VIH/SIDA en se basant sur le
modèle du préservatif. Malgré une connaissance
satisfaisante de la transmission du VIH/SIDA au Bénin, les participants
courent toujours un risque élevé de contracter l'infection.
Seulement 36,8 % des hommes et 47,5 % des femmes utilisent des
préservatifs, l'absence d'utilisation étant liée à
l'efficacité perçue et à la qualité. L'étude
a conclu que les stratégies basées sur une augmentation du risque
perçu, de la gravité perçue ou d'une connaissance
adéquate du VIH/SIDA peuvent ne pas être suffisantes pour
encourager l'utilisation de la contraception. Les données
collectées seront utiles pour concevoir et améliorer les
programmes de prévention du VIH/SIDA en Afrique subsaharienne.
En 2001, Christine Tremblay a enquêté sur la
représentation des techniques modernes de contraception au
Québec. Elle a constaté un véritable déficit de
connaissances et la présence de nombreux préservatifs incorrects
qui servent de bases à la prise de décision. L'utilisation
appropriée de la contraception et son utilisation sont complexes pour
les jeunes adolescents, influencées par leur pensée immature et
les attitudes et valeurs sociales déterminantes. Ces résultats
soulignent la nécessité d'améliorer la sensibilisation et
les stratégies de prévention du VIH/SIDA en Afrique
subsaharienne.Christine Tremblay, (2001).
4. Les savoirs endogènes des populations
tchadiennes en matière de santé sexuelle et
reproductive
Les connaissances endogénétiques se
réfèrent aux savoirs et pratiques traditionnels
développés par une communauté ou un groupe
spécifique au fil du temps, souvent transmis de génération
en génération et adaptés aux réalités
locales. Ces connaissances incluent la médecine traditionnelle,
l'agriculture, l'artisanat, la spiritualité et la gestion des ressources
naturelles. Ils sont souvent ancrés dans la culture et la tradition
d'une communauté et sont essentiels à sa survie et à son
évolution.
Les connaissances endogénétiques sont souvent
intégrées dans les programmes de santé sexuelle et
reproductive dans la région du Tchad pour mieux comprendre les besoins
et les préférences des populations locales et adapter les
interventions en conséquence. Les initiatives de santé doivent
également respecter la diversité culturelle et les traditions
pour encourager l'acceptation et l'adoption des services de santé par la
population.
Des auteurs comme Aïssa Diarra, Brahima Diallo et Zakaria
Amar,(2023) soulignent les trois barrières structurelles à
l'accès et à l'utilisation des services de santé sexuelle
et reproductive pour les femmes, les mères et les adolescents au Sahel :
les lacunes dans la mise en oeuvre des programmes de santé, les
idéologies de référence, et les crises sanitaires,
migratoires, sécuritaires et économiques. Malgré ces
obstacles, des solutions endogènes existent sur le terrain et peuvent
contribuer à améliorer les services de santé sexuelle et
reproductive au Sahel. Cet article examine les solutions
endogénétiques développées par les acteurs
impliqués dans les programmes de santé et les points de
prestation de services au Mali, au Niger et en Mauritanie en utilisant une
méthodologie qualitative.
De nombreuses politiques de santé publique sont
conçues et mises en oeuvre dans le monde entier, souvent sous forme de
modèles standardisés. Ces "modèles de voyageurs" sont
basés sur une expertise technique et sociale, négligeant souvent
les réalités locales et les structures socio-culturelles et
économiques. Ce sont principalement des visions de la bonne gouvernance
centrée sur l'Occident, qui fonctionneraient en tout lieu donné,
tant que les caractéristiques communes des pays en développement
suffisent à justifier une telle approche.
En Afrique, les femmes courent un risque de 12
décès pendant la grossesse ou une chance de 4 % de mourir dans
les pays riches. L'Afrique représente 29 % de tous les avortements et 62
% des décès qui leur sont attribuables. La principale raison de
ces risques est la difficulté pour les adolescents d'accéder aux
contraceptifs pour éviter les grossesses non désirées.
La « solution
endogénétique » est une stratégie
développée et mise en oeuvre par des acteurs locaux pour
résoudre les problèmes qui empêchent l'accès
à des services de santé de qualité. Le
phénomène de la "peur de la pilule", qui s'est répandu
depuis la fin des années 1960, conduit généralement
à une diminution de la consommation de contraceptifs oraux et à
une augmentation des interruptions volontaires de grossesse. (IVG). En France,
la crise de la "peur de la pilule" montre une diminution des pratiques
contraceptives, avec des femmes âgées de 15 à 49 ans
utilisant celle-ci à 50 % contre 41 % entre 2010 et 2013. Cette tendance
se poursuit avec une diminution significative de 3,1 % entre 2013 et 2016.
L'échec de la contraception hormonale masculine est
largement lié aux représentations dominantes de la
sexualité et du contrôle de la fertilité, avec des effets
secondaires graves pour les femmes par rapport aux risques de grossesse, tandis
que pour les hommes, ils sont comparés à l'absence de
contraception.
L'étude d'Aghste Bahi (2008) examine l'acceptation de
la méthode contraceptive féminine à l'Université de
Cocody-Abidjan (Côte d'Ivoire) et son impact sur les attitudes des femmes
françaises. L'étude se concentre sur les raisons pour lesquelles
les étudiants acceptent ou rejettent la méthode contraceptive, en
mettant l'accent sur les conceptions de la sexualité et les dynamiques
de pouvoir qui peuvent influencer l'adoption et l'utilisation de la
méthode.
L'étude révèle que les étudiants
français sont moins informés sur la contraception que leurs
homologues italiens, les hommes étant principalement ignorants du mode
de contraception. L'étude montre également que les
étudiants français sont moins enclins à avoir des
relations sexuelles avec des hommes, car cela réduit leur plaisir
sexuel.
L'étude révèle également que les
femmes françaises expriment des réactions négatives
à l'égard de la méthode contraceptive féminine, y
compris des attitudes négatives à son égard. Ils croient
que c'est trop grand, vulgaire et peu esthétique, et craignent de le
voir. La méthode contraceptive masculine est perçue comme plus
petite, belle et pratique, tandis que les étudiantes la trouvent moins
agréable.
Malgré le risque perçu de contamination, les
femmes françaises semblent réticentes à adopter la
méthode contraceptive. L'étude souligne la
nécessité d'une plus grande sensibilisation et éducation
sur les méthodes de contraception dans la région.
5. La problématique de la limitation des
naissances au sein des populations tchadiennes
La question de la limitation des naissances au sein de
populations africaines est un sujet complexe et multidimensionnel qui a
suscité l'intérêt de nombreux chercheurs dans le domaine
des sciences humaines et sociales. Cette problématique soulève
des questions démographiques, sociologiques, économiques,
culturelles et politiques qui nécessitent une approche de la science de
culture8(*) pour être
pleinement comprise.
La compréhension de la problématique de
limitation des naissances au Tchad, nécessite la prise en compte du
contexte culturel et social.
Selon le Deuxième Recensement Général de
la Population et de l'Habitat (RGPHT2) le taux d'accroissement
annuel moyen intercensitaire est évalué à 3,6%. Le Tchad
fait partie de l'un des pays d'Afrique subsaharienne avec une croissance
démographique rapide. Cette croissance rapide de la population
tchadienne a un impact significatif sur les défis liés à
la planification familiale et à la limitation des naissances.
Plusieurs facteurs influencent la décision des familles
tchadiennes de limiter leurs naissances. Parmi ces facteurs, on peut citer les
normes culturelles et religieuses, l'accès aux services de santé
reproductive, l'éducation des femmes, les conditions
socio-économiques, les pressions démographiques et
environnementales, ainsi que les politiques publiques en matière de
planification familiale.
Des études ont été menées pour
analyser la problématique de la limitation des naissances au Tchad. Ces
recherches abordent divers aspects tels que les motivations individuelles pour
limiter les naissances, les obstacles à l'utilisation des
méthodes contraceptives, l'impact socio-économique de la
fécondité élevée, les interventions
gouvernementales en matière de planification familiale, et les
dynamiques familiales et communautés liées à la
fécondité.
Ces travaux scientifiques sur ce sujet mettent en
lumière l'importance d'une approche holistique qui prend en
considération les dimensions culturelles, sociales, économiques
et politiques dans la promotion de la planification familiale au Tchad. Ces
études soulignent également l'urgence d'améliorer
l'accès aux services de santé reproductive, de renforcer
l'éducation sexuelle et reproductive, d'impliquer les communautés
locales dans les programmes de sensibilisation et d'adapter les politiques
publiques aux besoins spécifiques du contexte tchadien.
Nous mettons l'accent sur l'article de Nerade Giscard,
(2015) : « La planification familiale au Tchad : les
déterminants de sa pratique à partir de la population ngambaye de
Ngourkosso ». Paris l'harmatan
Pour lui, la planification familiale a été une
grande réponse à la croissance démographique, et a
également contribué à l'amélioration des conditions
de santé de la mère et de l'enfant. Elle a été
perçue de différentes manières en fonction des niveaux
d'éducation, des conditions socioéconomiques, des politiques des
pays, etc. Au Tchad, en dépit des actions menées, la
prévalence contraceptive est de 2,8 % et reste parmi les plus faibles au
monde. Il ressort de son analyse que des problèmes d'ordre juridique,
religieux, institutionnel, socioéconomique et politique favorisent
très peu l'utilisation de la planification familiale moderne au Tchad.
In fine, il est noté une relation d'interdépendance indissociable
qui existe entre ces facteurs qui déterminent l'utilisation de la
planification familiale.
II- PRÉSENTATION DES THÉORIES
EXPLICATIVES
Toute recherche qui ambitionne de se hisser à un niveau
scientifique doit être menée dans un cadre théorique
explicite. Ce cadre théorique permet en effet de préciser le sens
donné aux concepts manipulés. Il assure une lisibilité du
texte tout en permettant une articulation entre les différentes parties,
de manière à faire du travail un ensemble cohérent,
permettant ainsi une interprétation pertinente des données
recueillies. C'est une des conditions à remplir pour partager les
résultats avec la communauté scientifique. (Popper, 1973).
Ainsi les théories explicatives l'interactionnisme
symbolique et l'ethnométhodologie nous ont permis de préciser
l'objet de notre recherche, et de justifier notre démarche
méthodologique.
Ces théories nous ont permis de bien camper notre
recherche dans le champ de l'anthropologie interprétative de la
santé.
1. L'interactionnisme symbolique
Tout d'abord, l'interactionnisme symbolique met l'accent sur
la construction sociale de la réalité à travers des
interactions sociales. Dans le contexte de la contraception, cela signifie que
la perception et la représentation des méthodes contraceptives ne
sont pas des entités figées, mais sont construites par les
individus à travers leurs interactions quotidiennes.
En mettant l'accent sur comment les symboles, tels que les
mots, les gestes et les comportements, sont interprétés, nous
pouvons saisir comment les méthodes contraceptives sont perçues
et représentées au sein du peuple Moussey.
1.1. La justification du choix de la théorie
interactionniste
Le choix de l'interactionnisme symbolique comme cadre
théorique pour étudier la perception et la
représentation socioculturelle des méthodes contraceptives
modernes au sein de la société Moussey est justifié
par plusieurs raisons. La première raison est seule de son approche qui
met l'accent sur les échanges sociaux entre les individus au sein d'un
groupe ou d'une société, la seconde raison est la ressemblance de
notre thème à l'image de ladite théorie.
1.2. La présentation concise de la
théorie
L'interactionnisme symbolique est une perspective de
compréhension de la société qui s'intéresse
à la manière dont les êtres humains créent et
interprètent des symboles pour donner un sens à leur
environnement social et comment ils créent des significations
partagées à travers leurs interactions quotidiennes. Selon cette
approche, la signification des choses n'est pas donnée a priori, mais
émerge de l'interaction entre les individus.
L'interactionnisme symbolique est un courant qui s'est
développé dans le champ de la sociologie pour comprendre la
société du point de vue de l'interaction des individus. Le
concept d'interactionnisme symbolique désigne l'unité minimale
des échanges sociaux ou situation ouchacun de membre d'un groupe joue,
agit, se comporte en fonction de l'autre. L'interaction est ainsi une
microstructure non préétablie mais formée à
l'instant T de l'interface et donc le présupposée est donc le
partages des significations dans les situations particulières. Blumer
Hubert est le fondateur de cette théorie et a forgé le terme
d'interactionnisme symbolique pour souligner ses deux principaux principes de
base : premièrement, la société est un réseau
d'interactions entre les individus ; deuxièmement, les individus
agissent sur les choses en fonction des significations qu'ils leur donnent et
ils utilisent ces significations, ces symboles dans leurs interactions, ou plus
exactement, ces symboles sont produits par l'interaction. Ainsi, les structures
sanitaires qui offrent les contraceptions modernes et la culture sont vues
comme le produit des interactions.
En outre pour cette théorie, On essaie d'y comprendre
les motivations des actions des acteurs en mettant l'accent sur les
explications. Ce courant s'inscrit dans une approche qualitative pour laquelle
l'observation directe est prioritaire. Cependant, Nous avons porté notre
choix sur cette théorie parce que notre thème reflet à son
image. En plus, quand nous lisons notre thème les perceptions et les
représentations des méthodes contraceptives modernes au
Tchad : le cas du peuple Moussey nous pouvons recourir à cette
théorie interactionniste symbolique et de la théorie de
l'ethnométhodologie pour mener à bien notre recherche. C'est le
lieu pour nous de présenter les grands axes de chacune de ces
théories à l'avantage de notre présent thème.
L'approche l'interactionniste symbolique se voulait aussi
comme étant différente du fonctionnalisme et de l'approche
quantitative, elle est née dans le champ de la sociologie
américaine plus anciennement au sein de l'école de Chicago et
plus récemment du model théâtrale d'Erving Goffman. Pour
les partisans de cette théorie, l'apprentissage des symboles à
lieu lors de la socialisation « Le monde social est constamment
créé et recréé par les interactions à
travers des interprétations mutuelles suscitant un ajustement des
acteurs les uns par rapport aux autres » Le Breton, (2012).
De plus, nous nous sommes inspirés des principes
fondateurs de la démarche interactionniste pour conduire notre
recherche. Selon H. Blumer (1937), les humains agissent à l'égard
des choses en fonction du sens que les choses ont pour eux. Ce sens provient
des interactions de chacun avec autrui. C'est dans un processus
d'interprétation mis en oeuvre par chacun dans le traitement des objets
rencontrés que ce sens est manipulé ou modifié H. Blumer
(1937) cité par Mbonji Edenguèlè (2005) :
l'ethno-perspective ou la méthode du discours de l'ethno-anthropologie
culturelle Presse universitaire de Yaoundé page 23. Les chefs de
file de cette théorie se sont intéressés beaucoup plus
à l'analyse des hôpitaux. Ceux-ci considèrent les
représentations comme un autre fondement de l'interactionnisme. E.
Goffman, (1961) a étudié les interactions entre malades et
personnels soignants dans un asile. Il en ressort que les handicapés
développent des adaptations secondaires pour échapper aux normes
préétablies en tissant des relations entre eux. Il définit
en fin l'interaction comme étant « l'influence réciproque
que les partenaires exercent sur leurs actions respectives lorsqu'ils sont en
présence physique immédiate ».
L'interactionnisme symbolique met également l'accent
sur le rôle de la communication dans la construction de la
réalité sociale, ainsi que sur la façon concepts tels que
le soi et l'identité sont façonnés par les interactions
sociales.
L'interactionnisme symbolique est une théorie
sociologique et anthropologique qui se concentre sur l'étude de la
manière dont les individus créent et interprètent des
symboles pour développer leur réalité sociale. En
anthropologie, cette théorie est connue sous le nom d'anthropologie
interactionniste symbolique ou d'anthropologie symbolique. Elle est apparue
comme une perspective théorique importante au milieu du XXe
siècle, principalement grâce aux travaux de chercheurs tels
qu'Erving Goffman, Victor Turner et Clifford Geertz.
1.3. La présentation des éléments
clés de la théorie que nous avons mobilisée
- Symboles : au coeur de
l'interactionnisme symbolique se trouve le concept de symboles. Les symboles
sont des objets, des gestes, des mots ou des images qui portent des
significations partagées au sein d'une culture ou d'une
société particulière. Ces symboles sont utilisés
par les individus pour communiquer entre eux et construire leur
réalité sociale.
- Signification : les interactionnistes
symboliques soulignent l'importance du sens dans le comportement humain. Ils
soutiennent que les individus agissent en fonction des significations qu'ils
attribuent aux objets, aux événements et aux interactions. Ces
significations ne sont pas inhérentes mais sont socialement construites
à travers la communication et l'interaction avec les autres.
- Interaction : un autre concept
clé est l'interaction, qui fait référence au processus par
lequel les individus s'engagent les uns avec les autres dans des situations
sociales. Les interactionnistes symboliques se concentrent sur la
manière dont ces interactions façonnent les identités, les
rôles et les relations individuelles au sein de la
société.
- Soi et société :
l'interactionnisme symbolique met en évidence l'interdépendance
entre soi et la société. Selon cette perspective, les individus
développent une estime de soi grâce à leurs interactions
avec les autres et en internalisant les normes, valeurs et attentes de la
société.
- Théorie des rôles : La
théorie des rôles est au coeur de l'interactionnisme symbolique.
Cela suggère que les individus jouent divers rôles dans
différents contextes sociaux, et que ces rôles sont définis
par les attentes et les normes sociétales. Les individus
négocient activement ces rôles grâce à leurs
interactions avec les autres. Mbonji Edjenguèlé (2005)
1.4. L'opérationnalisation de ladite
théorie
L'anthropologie interactionniste symbolique utilise des
méthodes de recherche qualitatives telles que l'observation
participante, les entretiens et les études ethnographiques pour
comprendre comment les individus utilisent des symboles pour construire un sens
dans leurs interactions sociales. Les chercheurs s'immergent dans le contexte
culturel qu'ils étudient pour mieux comprendre comment les symboles
façonnent la vie sociale.
L'anthropologie interactionniste symbolique a
été appliquée dans diverses études anthropologiques
dans différentes cultures et sociétés. Les chercheurs
utilisent ce cadre théorique pour explorer des sujets tels que les
rituels, la langue, la formation de l'identité, les systèmes de
parenté, les dynamiques de pouvoir et les inégalités
sociales d'un point de vue symbolique.
En conclusion, l'anthropologie interactionniste symbolique
offre une perspective précieuse à travers laquelle les
anthropologues peuvent analyser la manière dont les individus
créent du sens à travers des symboles et des interactions au sein
de leurs mondes sociaux.
2. L'ethnométhodologie
2.1. La justification du choix de la théorie de
l'ethnométhodologie
L'ethnométhodologie se concentre sur l'étude des
méthodes utilisées par les individus pour interpréter et
comprendre la réalité sociale. Dans le cadre de cette
étude, cela signifie que nous nous sommes intéressés aux
pratiques et aux interactions quotidiennes des membres de la communauté
Moussey pour comprendre comment ils donnent du sens à la contraception.
L'analyse des interactions entre les membres de la communauté, ainsi
qu'avec les professionnels de la santé ou les représentants
d'organisations, peut nous aider à saisir comment la contraception est
perçue et représentée dans leur contexte socioculturel
spécifique.
En utilisant ces deux cadres théoriques de
manière combinée, nous espérons obtenir une perspective
plus complète et approfondie de la perception et de la
représentation socioculturelle des méthodes contraceptives
modernes au sein de la société Moussey. Ces approches nous ont
permis de comprendre comment les individus construisent et interprètent
la contraception dans leur réalité socioculturelle
spécifique, en tenant compte à la fois des symboles et des
pratiques quotidiennes. Ces théories nous ont donné
évidemment une meilleure compréhension des facteurs
socioculturels qui influencent l'utilisation des méthodes contraceptives
au sein de la société Moussey.
2.2. La présentation concise de la
théorie
L'ethnométhodologie pour sa part nous a permis de
mettre en relief les « ethnométhodes » du peuple Moussey. Les
peuples Moussey ont connaissances spécifiques aux techniques de
prévention des maladies et à l'espacement des naissances sans
dépendre des contraceptifs modernes. Les ethno méthodes sont des
us et coutumes sociales intériorisés par les acteurs (Schutz A.
ibib.). Cette théorie porte sur les méthodes des acteurs
sociaux. Pour agir, ces derniers mettent sur pied des stratégies qui
sont tributaires de leurs représentations et de leur savoir culturel.
L'ethnométhodologie fait alors partie de la sociologie
compréhensive en ceci qu'elle cherche à montrer pourquoi
l'individu X va à droite plutôt que d'aller à gauche.
Garfinkel H. déclare à ce sujet : « Ethno semble faire
allusion au savoir quotidien de la société en tant que
connaissance de tout ce qui est à la disposition d'un membre
». (1985. p.46).
L'ethnométhodologie est une approche sociologique qui
étudie la manière dont les individus interagissent et
construisent du sens dans leur quotidien. Elle a été
développée par Harold Garfinkel dans les années 1960 et se
distingue des approches traditionnelles de la sociologie en mettant l'accent
sur les méthodes utilisées par les individus pour produire et
interpréter du sens dans leurs interactions sociales.
L'ethnométhodologie considère que les individus
sont des acteurs sociaux actifs qui utilisent des méthodes et des
techniques spécifiques pour naviguer dans le monde social. Elle
s'intéresse donc à l'étude des "méthodes du sens
commun" que les individus emploient pour interpréter les situations
sociales, prendre des décisions et agir de manière
appropriée dans un contexte donné.
Cette approche met en lumière le caractère
ordinaire et routinier des interactions sociales et cherche à
dévoiler les processus par lesquels les individus créent et
maintiennent un ordre social cohérent. Elle met également en
avant l'importance de la subjectivité et de l'interprétation dans
la construction du sens social.
Pour votre mémoire, vous pourriez explorer comment
l'ethnométhodologie peut être appliquée à
l'étude d'un phénomène social spécifique, en
analysant les méthodes employées par les individus pour
interagir, négocier et construire du sens dans ce contexte particulier.
Vous pourriez également vous pencher sur les implications de cette
approche pour la compréhension des interactions sociales et pour la
recherche sociologique en général.
2.3. La présentation des éléments
clés de la théorie que nous avions mobilisée
Pour étudier la perception et la représentation
des méthodes contraceptives à travers le prisme de
l'ethnométhodologie, nous avons pris en compte quelques
éléments clés de la théorie
ethnométhodologie pour élucider notre étude.
- Analyse des interactions sociales :
L'ethnométhodologie s'intéresse principalement aux interactions
sociales quotidiennes et à la manière dont les individus
naviguent dans ces interactions en utilisant des méthodes et des
pratiques spécifiques. En étudiant comment les le peuple Moussey
discutent, prennent des décisions et agissent concernant les
méthodes contraceptives, nous avions mis en lumière les processus
par lesquels les normes, les croyances et les connaissances sont construites et
partagées.
- Prise en compte du sens commun :
l'ethnométhodologie met l'accent sur le sens commun, c'est-à-dire
les connaissances tacites et les conventions partagées qui guident les
actions des individus. En étudiant la perception des méthodes
contraceptives, il était important pour nous de prendre en compte les
croyances, les attitudes et les représentations sociales des peuples
Moussey qui influent sur les décisions individuelles en matière
de contraception.
- Exploration des processus de construction sociale de la
réalité : l'ethnométhodologie souligne que la
réalité sociale est activement construite par les individus
à travers leurs interactions quotidiennes. En analysant comment les
méthodes contraceptives sont perçues, choisies et
utilisées, nous avons pu également mettre en lumière les
processus par lesquels les individus construisent et négocient leur
propre réalité sociale en matière de contraception.
- Approche qualitative et
microsocio-Anthropologique : l'ethnométhodologie se concentre
sur une analyse détaillée des interactions sociales, culturelles
et des pratiques ordinaires des individus. Pour étudier la perception et
la représentation des méthodes contraceptives, nous avons
envisagé des méthodes de recherche qualitative telles que les
entretiens, l'observation directe et l'analyse de documents pour recueillir des
données riches et contextualisées.
En combinant ces éléments clés de
l'ethnométhodologie avec une analyse spécifique de la perception
et de la représentation des méthodes contraceptives modernes dans
le contexte Moussey, cela nous a permis de déconstruire les
réalités sociales et culturelles.
2.4. L'opérationnalisation de ladite
théorie
L'opérationnalisation de la théorie
ethnométhodologie pour l'étude des méthodes contraceptives
implique de traduire les concepts et principes clés de cette approche
socio-Anthologique en méthodes de recherche spécifiques pour
examiner la perception et l'utilisation des contraceptifs dans les interactions
sociales quotidiennes.
Observation des interactions sociales : la théorie de
l'ethnométhodologie nous permis de construire notre méthode par
des techniques d'observation directe pour étudier comment les individus
discutent de la contraception, prennent des décisions concernant son
utilisation et interagissent autour de ce sujet dans leur quotidien. Nous nous
sommes intéressés des schémas d'interaction, les
rôles sociaux et les normes qui émergent lors de ces
échanges.
En plus, le choix de cette théorie nous a
conditionné d'utiliser les outils de la recherche qualitative tel
que : les entretiens semi-structurés, les récits de vie, les
focus groupe discussion, avec les populations locales pour explorer en
profondeur leurs perceptions, croyances et expériences en matière
de méthodes contraceptives. Nous avons utilisé les questions
ouvertes pour permettre aux participants d'exprimer leurs points de vue de
manière authentique et révélatrice.
En outre le choix de la théorie
ethnométhodologie nous a poussé à orienter l'analyse de
nos données transcrites vers l'analyse de discours pour examiner comment
les discussions sur la contraception sont construites et
interprétées dans les interactions sociales. A travers l'analyse
de discours nous avons pu identifiez les motifs de langage, les cadres
interprétatifs et les significations partagées qui
émergent lors de ces échanges.
La mise en application de la théorie
ethnométhodologie nous a permis de recueillir des données riches
et détaillées sur la perception et la représentation des
méthodes contraceptives modernes dans les interactions sociales
quotidiennes de peuple Moussey.
III- CADRE CONCEPTUEL
Selon qu'on le nomme carte conceptuelle Novak & Gowin,
(1984), le cadre conceptuel ou diagramme interprétatif Strauss, (1995),
est un outil pour développer une théorie dans le but de la rendre
plus explicite. Il renvoie à : « une manière
d'exprimer ce que nous pensons de ce qui se passe avec les
phénomènes que nous étudions. Le cadre conceptuel est un
essai de théorisation de ce qui se produit et des raisons pour
lesquelles cela se produit » Maxwell, (2009). Le cadre
conceptuel comme la théorie qu'elle représente, est une
image du territoire que nous voulons étudier et non de l'étude
elle-même. Il s'agit pour ainsi dire d'une visualisation de notre
théorisation en cours, une image de ce que nous pensons à propos
du phénomène que nous étudions. Un cadre conceptuel se
compose de deux éléments notamment les concepts et les relations
entre ceux-ci, usuellement représentés, respectivement par des
cercles et des flèches les reliant Maxwell, (2009) p.56.
1. Culture
La culture peut d'abord se comprendre comme ce qui s'oppose
à la nature. Elle est ce qui s'oppose à la nature. L'homme a en
lui : l'héritage biologique qui se fait indépendamment de l'homme
et l'héritage culturel qui signifie une activité d'apprentissage.
La culture englobe les arts et les lettres, les modes de vies, les droits
fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les
traditions et les croyances. Ralph Linton, (1945)
La culture joue un rôle prépondérant dans
la façon dont les individus perçoivent et parlent des
méthodes contraceptives. La culture influence les croyances et les
taboues autour de la sexualité et de la reproduction, ainsi que les
attitudes envers la contraception. Elle façonne les normes sociales et
les attentes en matière de fécondité et de planification
familiale.
2. Fécondité
La fécondité est l'attitude de l'être
vivant à se reproduire. Les méthodes contraceptives modernes sont
perçues par la population Moussey de manière différente en
termes de leur impact sur la fécondité. Les femmes qui utilisent
des contraceptifs modernes sont stigmatisées et marginalisées au
sein de la communauté en raison de leur choix de contrôler de la
fécondité.
Le concept de fécondité joue un rôle
central dans la compréhension des perceptions et représentations
des méthodes contraceptives modernes au sein de la communauté
Moussey. En explorant ce concept, nous étions en aptes de mieux
comprendre les dynamiques culturelles et sociétales qui influencent les
choix en matière des contraceptions modernes et de la santé
reproductive au Tchad.
3. Procréation
Le concept de « Procréation
Médicalement Assistée » (PMA) fait
référence aux techniques médicales utilisées pour
aider les couples infertiles à avoir un enfant. La PMA implique la
manipulation d'un ovule et/ou de spermatozoïdes pour favoriser la
grossesse, permettant ainsi aux couples de surmonter certaines
difficultés de conception sans nécessairement aborder la cause de
l'infertilité. Ce domaine de la médecine soulève des
questions complexes sur les normes culturelles et sociales liées
à la reproduction ainsi que sur les implications éthiques et
morales de l'utilisation des technologies médicales pour la
conception.
Certains anthropologues soutiennent que la PMA peut remettre
en question les normes culturelles traditionnelles liées à la
famille, à la parentalité et à la reproduction. Par
exemple, dans certaines cultures, la stérilisation est perçue
comme une punition divine, entraînant une stigmatisation et une
discrimination sociale pour les couples ayant des difficultés de
conception.
Dans le contexte tchadien, le concept de procréation
est considéré comme un aspect crucial de leur vie sociale et
culturelle, influençant leur perception des méthodes
contraceptives modernes. Les croyances et les normes sociales associées
à la procréation influencent la manière dont les Moussey
perçoivent ces méthodes.
4. Méthodes contraceptives modernes
Les méthodes contraceptives sont définies par l'
Organisation
mondiale de la santé comme étant
« l'utilisation d'agents, de dispositifs, de méthodes ou
de procédures pour diminuer la probabilité de
fécondation ou
l'éviter ».
Selon l'OMS, en 2021, sur 1,9 milliard de femmes en
âge de procréer (15-49 ans) dans le monde, 1,1 milliard
avaient besoin de services de planification familiale ; parmi celles-ci,
874 millions utilisaient des méthodes de contraception modernes, et
164 millions n'avaient pas accès à la contraception dont
elles ont besoin.
La proportion des femmes en âge de procréer qui
utilisent des méthodes modernes de planification familiale est
restée faible depuis l'année 2015 et 2022. Mais, cette proportion
est passée de 52 % à 58 % en Afrique subsaharienne.
Au Tchad, on note par ailleurs que 2,8% des femmes en union
utilisent les méthodes contraceptives s, dont seulement 1,6% pour les
méthodes modernes. Ministère de la Santé publique du
Tchad : « stratégie nationale pour la communication de la
santé de reproduction » octobre 2012. Cette faible
utilisation augmente les risques liés à la maternité et
expliquent en partie les taux de morbidité et de mortalité
observés.
Parlant des besoins non satisfaits au niveau tchadien en
matière de planification familiale ils sont de 23%, huit fois plus
importants que les besoins actuellement couverts. Si les besoins non satisfaits
étaient couverts, la prévalence contraceptive pourrait atteindre
26% (demande potentielle) chez les femmes en union, c'est-à-dire 9 fois
le taux actuel. MSPTchad.(2012).
Les méthodes contraceptives modernes protègent
les femmes, en particulier les adolescentes, des risques que peuvent
présenter les grossesses pour leur santé et, s'agissant de
l'espacement des naissances, le taux de mortalité chez les enfants
nés moins de deux ans après leur aîné est
supérieur de 60 % à celui enregistré lorsque les
naissances sont espacées de 3 ans ou plus (4), et de 10 %
supérieur chez les enfants nés après un intervalle de 2
à 3 ans.
La contraception offre tout un éventail
d'avantages potentiels dans d'autres domaines que la santé, qui vont de
possibilités élargies d'éducation et d'autonomisation des
femmes à une croissance démographique durable et au
développement économique des pays.
Les différentes méthodes contraceptivesmodernes
disponibles dans les structures sanitaires en pays Moussey lors de notre
enquête sont notamment les pilules contraceptives orales, les
implants, les contraceptifs injectables, les dispositifs intra-utérins,
les préservatifs, la stérilisation masculine ou féminine,
la vasectomie, la ligature des trompes et la connaissance des périodes
de fertilité. Ces méthodes ont différents
mécanismes d'action et leur efficacité préventive contre
une grossesse non désirée varie.
5. Méthodes contraceptives
endogènes
Les méthodes contraceptives dites traditionnelles sont
des méthodes de contrôle des naissances qui ne nécessitent
ni produits chimiques ni dispositifs médicaux. Ils sont basés sur
des pratiques culturelles transmises de génération en
génération et visent à prévenir la conception. Ces
méthodes contraceptives endogènes en milieu Moussey incluent
notamment : l'utilisation des plantes médicinales ou de
remèdes naturels, des croyances culturelles et religieuses, l'abstinence
périodique, le coït interrompu, l'évitement des relations
sexuelles pendant l'ovulation, la surveillance des signes de fertilité.
Bien qu'ils ne soient pas aussi trop connus que les méthodes
contraceptives modernes, ils sont largement utilisés par la population
rurale Moussey pour éviter la grossesse. Les méthodes
contraceptives traditionnelles en milieu Moussey sont basées sur des
techniques traditionnelles et l'utilisation des plantes et herbes
médicinales telles que les caïcédras
sénégalaisis, le citron, la papaye, le Jatropha, le thé et
bien d'autres. Certains marabouts Moussey utilisent des grigris pour
éviter la grossesse.
6. Accessibilité aux méthodes
contraceptives modernes
L'accessibilité aux méthodes contraceptives
modernes fait référence à la facilité avec laquelle
les individus peuvent obtenir et utiliser les contraceptifs disponibles pour
prévenir les grossesses non désirées. Cela inclut la
disponibilité géographique des services de santé
reproductive, des contraceptifs abordables, des informations et de
l'éducation sur les méthodes disponibles, ainsi que l'absence de
barrières culturelles ou sociales qui pourraient entraver
l'accès. L'accessibilité est essentielle pour que les individus
puissent planifier leur famille et prendre des décisions en
matière de santé reproductive.
En plus cela nous pousse à mettre un accent particulier
sur la notion du dividende démographique qui fait
référence à la croissance économique potentielle,
qui peut être considérée comme les changements
résultants dans la structure par âge d'une population, suite
à une diminution de la natalité et de la mortalité.
Pendant cette phase, la fertilité diminue en raison des avancées
en matière de planification familiale, tandis que la population en
âge de travailler augmente et que la population dépendante
diminue. Les interventions publiques dans l'éducation, l'emploi et la
santé, en particulier la santé reproductive, sont
nécessaires pour tirer parti de ce dividende démographique.
Au Tchad, la loi N°006/PR/2002 promouvant la santé
reproductive reconnaît le droit des couples et des individus de choisir
librement la taille de leur famille. La connaissance des méthodes
contraceptives modernes, y compris des méthodes contraceptives
culturelles, est une condition préalable à la demande de
contraception. Près de 4 hommes et 3 femmes au Tchad sont
informés des méthodes contraceptives, avec plus de personnes dans
les zones urbaines que dans les zones rurales. De plus, la connaissance des
méthodes contraceptives est plus limitée chez les personnes non
instruites.
Les principaux canaux de sensibilisation au Tchad sont la
radio, la télévision et les journaux, mais moins de 20 % des
hommes et 34 % des femmes sont informés par ces canaux. La plupart des
gens sont informés par le bouche-à-oreille ou dans les structures
de santé, ce qui soulève des questions sur leur
efficacité. La radio n'est pas accessible à la plupart des
foyers, et la lecture de journaux n'est pas répandue dans la culture
tchadienne. Le téléphone mobile et l'internet sont eux aussi
très limités. Les sources d'approbation jouent également
un rôle significatif dans la demande de contraception, car elles
affectent la disponibilité des méthodes contraceptives. Au Tchad,
les ménages s'appuient principalement sur des méthodes modernes
provenant des institutions médicales publiques et des secteurs
privés non médicaux tels que les boutiques, les bars et les
marchés.
7. Perceptions des méthodes contraceptives
modernes
La perception des méthodes contraceptives modernes pour
sa part est la manière dont les individus perçoivent et
évaluent les différentes formes des contraceptions disponibles
dans leurs environnements. La perception des méthodes contraceptives
modernes varie en fonction de nombreux facteurs tels que les croyances
culturelles, religieuses, les connaissances médicales et les
expériences individuelles.
Chez les Moussey, certains individus perçoivent les
méthodes contraceptives modernes comme étant efficaces, pratiques
et nécessaires pour contrôler leur fertilité et
prévenir une grossesse non désirée. D'autres par contre
ont des préjugés sur ces méthodes, ce qui les dissuadent
de les utiliser.
Vue cette contradiction de compréhension sur les
méthodes contraceptives modernes dans les sociétés
tchadiennes en générale et dans la société Moussey
en particulier, il était important pour nous lors de notre
présente étude de comprendre et de prendre en compte la
perception culturelle des méthodes contraceptives modernes. Car, elle
peut influencer la décision d'une personne à utiliser ou non une
méthode contraceptive. Une perception positive et une bonne connaissance
des méthodes contraceptives peuvent encourager leur utilisation et
contribuer à une planification familiale efficace et adaptée aux
besoins individuels.
CONCLUSION PARTIELLE
À la fin de ce chapitre consacré à
l'analyse de la littérature, comprenant le cadre théorique et
conceptuel, nous avons examiné plusieurs travaux
précédents qui traitent de notre sujet. De plus, nous avons
utilisé la théorie interactionniste symbolique et la
théorie de l'ethnométhodologie pour analyser et
interpréter nos données de terrain dans le domaine de
l'Anthropologie. Nous avons également identifié les motifs
derrière les décisions de nos cadres théoriques. Les
raisons profondes résultent de la similitude de notre objet
d'étude avec ces diverses théories explicatives.
En fin, ce chapitre nous a donné l'occasion d'exposer
les concepts essentiels de notre sujet de mémoire.
CHAPITRE TROISIÈME : SYSTÈME DE
REPRÉSENTATIONS CULTURELLES DE LA FÉCONDITÉ, DE LA
PROCRÉATION ET DE LA CONTRACEPTION CHEZ LES MOUSSEY
INTRODUCTION PARTIELLE
Dans ce troisième chapitre, nous avons examiné
le coeur de notre étude consacré au système de
représentations culturelles de la fécondité, de la
procréation et de la contraception chez les Moussey. Pour analyser
les perceptions et les représentations socioculturelles des
méthodes contraceptives modernes, il était essentiel pour nous de
saisir en détail les bases culturelles qui influencent les attitudes et
les comportements de la population Moussey vis-à-vis des contraceptions
modernes. Les croyances, les valeurs et les pratiques traditionnelles
liées à la fécondité et à la
procréation chez les Moussey ont été
étudiées. L'objectif de cette analyse était de mettre en
évidence les facteurs culturels qui impactent la perception sur les
contraceptions modernes au sein de la société Moussey.
L'étude de ces éléments nous a permis de
définir le contexte de compréhension approfondie des
éléments socioculturels qui influencent l'attitude des Moussey
à l'égard des méthodes contraceptives modernes.
Grâce à cette analyse, nous avons cherché également
à mieux comprendre les difficultés et les possibilités
associées à l'introduction et à l'adoption de ces
méthodes contraceptives modernes au sein de la société
Moussey. Les données ethnographiques, les entretiens avec des membres de
la société Moussey, les groupes de discussions sur les
systèmes de représentations culturelles en matière de
reproduction sont récités dans ce chapitre.
I- CONNAISSANCES GÉNÉRALES SUR LA SANTE
SEXUELLE ET REPRODUCTIVE CHEZ LES MOUSSEY
Les Peuples Moussey, communément connu pour leur riche
patrimoine culturel et leur mode de vie traditionnel, accordent une importance
à la question de la fécondité, de la procréation et
de la contraception. Ce système de représentation
socioculturelle, ancré dans des croyances et des pratiques ancestrales,
joue un rôle central dans la vie quotidienne de cepeuple et influence
profondément leurs perceptions et leurs comportements en matière
de reproduction. Il était donc essentiel pour nous de comprendre et
d'explorer ces dimensions culturelles pour appréhender toute la
complexité et la diversité des approches des Moussey envers la
reproduction humaine.
Les Moussey, comme tout autre groupe humain, ont des besoins
en matière de santé sexuelle et reproductive.Elle concerne non
seulement la reproduction, mais aussi la sexualité, la prévention
des infections sexuellement transmissibles et la planification familiale. Les
Moussey ont souvent des pratiques et des croyances culturelles
spécifiques en matière de santé sexuelle et reproductive.
Notre enquêté Hinimbi affirme dans ce sens, « chez
nous les Moussey, les enfants ont une valeur fondamentale surtout les enfants
garçons. Celui qui a beaucoup enfanté les enfants garçons
est perçu comme fort dans la société. Car, en cas de
conflit, les enfants garçons luttent pour la protection de la
famille ». Il est importantde noter que dans la culture Moussey,
les enfants n'ont pas la même valeur sociale. Chez le peuple Moussey,
avoir des garçons, est un prestige social. « C'est en
classe de première que j'ai appris pour la première fois qu'il
existe des méthodes permettant à une femme d'éviter une
grossesse après un rapport sexuel. Selon moi, la diffusion
d'informations concernant ces produits est nuisible, car elle encourage les
jeunes filles à adopter des comportements sexuels inappropriés et
à se diverger avant leur mariage. Néanmoins, vous comprenez
qu'une jeune fille qui a été divergée avant son mariage
suscite souvent des problèmes de la part de son mari et de sa
belle-famille.»affirme notre enquêtée Halla
âgée de 19 ans. Le Moussey accorde une valeur importante à
la virginité de la fille lors de son mariage. Dans la culture Moussey,
la sexualité d'une fille avant son mariage est purement
sanctionnée. Les Moussey sont également confrontés
à des problèmes spécifiques en matière de
santé sexuelle et reproductive tel que : les mariages
précoces et forcés, les violences sexuelles et le manque
d'accès aux soins de santé. « Je me suis
mariée à 13 ans quand je faisais la classe de sixième. Je
ne connaissais pas comment on peut éviter une grossesse en utilisant les
techniques modernes. En plus, j'avais peur de faire certaines choses au risque
d'être corrigée par mon mari ; mon mari est trop
véreux. » Affirme notre enquêté
Maîmouna. Le choix de l'époux pour une fille Moussey est
difficile, car dans le mariage traditionnel Moussey la fille n'a des
décisions.
1. La situation actuelle de la polygynie chez les
Moussey
La famille polygame est cette forme de famille où une
personne a contracté le mariage avec plusieurs conjoints(es). Elle est
connue sous deux formes : la polyandrie quand c'est une femme qui a
plusieurs hommes comme maris et la polygynie quand c'est un homme qui a
plusieurs femmes comme épouses. Dans la société Moussey,
il n'existe que la dernière forme qui est la polygynie.
« Qu'autrefois, la polygamie était très
sollicitée et appréciée par beaucoup des femmes et
hommes Moussey. Aujourd'hui avec le modernisme, certains Moussey refusent de se
marier avec 10 femmes et c'est dommage. À notre époque, on disait
que celui qui a une femme est la coépouse de sa femme. Car quand sa
femme accouche, ou tombe gravement malade, il sera forcé de pratiquer
certaines activités domestiques c'est ce qui est tabou».
Affirme Sounlona père de famille et patriarche âgée plus de
90 ans. En effet, la famille polygame est reconnue dans la
société traditionnelle Moussey comme utile en raison qu'elle
favorise une descendance nombreuse et renforce la main d'oeuvre agricole
importante. À travers elle, les familles pouvaient résoudre
certains problèmes comme le manque de main-d'oeuvre familiale pour les
travaux champêtres, l'infertilité d'une femme en prenant en
mariage une autre épouse susceptible de procréer, etc.
Chez les Moussey, la pratique de la polygamie est largement
répandue. Nous distinguons deux types de la polygynie
plurielle communément appelé en Moussey
« damarra » est cette forme de polygynie
d'où l'homme est marié à plus de 10 femmes à plus
de 100 femmes. La deuxième forme de la polygynie est la
polygynie Moyenne donc, l'homme est marié
entre 02 à 10 femmes. Chez le peuple Moussey notamment, les hommes ont
le droit d'avoir plusieurs épouses, ce qui est accepté
socialement et légalement dans certaines de leurs religions. Certains
hommes Moussey choisissent de ne pas avoir plusieurs épouses pour des
raisons économiques ou personnelles, tandis que d'autres continuent
à pratiquer la polygynie. Cette pratique est parfois la cause des
conflits familiaux et des problèmes de succession.
Il est important de noter que la polygamie chez les Moussey
fait partie intégrante de leur culture et de leurs traditions, et sa
pratique varie en fonction des individus et des familles. Mais, les violences
physiques et psychologiques sont aussi signalées chez les enfants vivant
dans les familles polygames en milieu Moussey. Cela intervient par la
rivalité entre les coépouses.
Les femmes Moussey polygames souffrent aussi des sentiments de
privation de l'autonomie. Le rapport entre le mariage polygyniqueet le
système de filiation patriarcale entraîne non seulement de la
violence sexuelle, physique et émotionnelle de la part du mari à
l'endroit de ses épouses, mais conduit aussi à leur
subordination. « J'ai 14 coépouses et je suis la
12èmeépouse. Pour coucher avec notre mari, nous
faisons le tour. Si mon tour arrive et que je suis malade, je m'entends avec
une de mes coépouses amies pour qu'elle prend mon tour et moi aussi je
prends le sien. Moi je dirai que le mariage polygénique est bon du fait
que si je suis malade, mes coépouses me donnent à manger et
prennent soin de moi. Mais l'inconvénient cequ'il ne permet pas à
nous les femmes de se réjouir de notre émotion
sexuelle ». Affirme notre enquêtée
Djokdé.
Du côté du mari, la diminution de l'attention
qu'un homme peut offrir à ses épouses et à ses enfants est
soulignée. « Les hommes qui ont beaucoup des femmes, ne
prennent pas soin de leurs enfants et femmes normalement. Notre mari affirme
souvent quand un de mes enfants est malade que ce n'est pas son seul fils, il
s'en fout si moi la mère ne prend pas soin de mon fils. »
Affirme Hallia notre enquêtée âgée de 32 ans. Les
sentiments de culpabilité, d'impuissance et de honte dans certains cas,
avec l'éclatement de la famille par exemple, et l'épuisement
émotionnel sont observés chez les maris polygames. Certains
finissent par devenir agressifs à l'endroit d'une partie de leurs
épouses et de leurs enfants.
2. Les facteurs culturels qui expliquent le recours
à la polygynie chez les Moussey
La polygamie a été au coeur des expressions
culturelles et artistiques de l'Afrique subsaharienne au cours des
dernières décennies. Alors que de nombreux écrivains et
théoriciens africains dénoncent la polygamie comme une
institution oppressive pour les femmes à travers des formes
créatives, d'autres proposent des oeuvres qui plaident en faveur d'un
positionnement plus approbateur sur la question.
Par contre, pour beaucoup des Moussey que nous avons eu
àinterroger, affirment que la polygamie est en droite ligne avec les
activités familiales porteuses de revenus. Beaucoup des membres de
famille dans la maison permettent au père chef de famille d'empocher un
pactole9(*) à la fin
de l'hivernage, au moment des récoltes. « Pendant la
saison pluvieuse, Papa ne part pas aux champs nous faisons tous à sa
place. Il est perçu comme le fonctionnaire au village, car nous ses
enfants, sommes nombreux. » Propos de l'enquêté
Dayba.
En effet, la polygynie en milieu Moussey instaure une certaine
concurrence au sein de la famille. Les enfants de mère
différente sont a priori des adversaires. Chacun
cherche à faire plus et mieux. Les femmes exercent une certaine
pression sur leur enfant pour ne pas se faire insulter par la
société. En réalité une femme dont l'enfant serait
inutile ne fait que montrer ses insuffisances dans ses relations avec son
époux. C'est ainsi que naissent la jalousie entre les coépouses
Moussey. Les enfants des coépouses du ménage polygyne, dès
les bas âges passent à ennemis. Ce sont ces actes qui en se
multipliant créent une distance entre les épouses et
époux. D'autres femmes consultentles charlatans ou les marabouts pour
attirer d'avantage le regard favorable de leurs époux. Tout cela pour
faire émerger son enfant et avoir une assise dans le foyer.
Généralement, les liens familiaux se brisent et disparaissent
entre demi-frères, la fraternité, l'entre-aide, la
solidarité.
Le Moussey considère la polygynie comme un moyen
d'assurer la survie de la lignée familiale. En revanche, d'autres le
considèrent comme un moyen d'affirmer le pouvoir et le contrôle
des femmes.
La polygamie est pratiquée dans de nombreuses
communautés religieuses, notamment l'islam et certaines religions dites
traditionnelles africaines. Dans l'islam, la polygamie est autorisée
pour les hommes, avec une limite de quatre femmes. Il est
considéré comme un moyen de s'occuper des veuves et des
orphelins. Dans certaines religions traditionnelles africaines, la polygamie
est également pratiquée et est considérée comme un
moyen d'assurer la continuation de la lignée familiale.
Chez les Moussey, le recours à la polygynie peut
être expliqué par plusieurs facteurs culturels, tels que :
v Les normes sociales
Dans la culture Moussey, la polygynie est souvent
considérée comme une pratique normale et acceptable. Les hommes
sont encouragés à prendre plusieurs épouses pour assurer
la continuité de la lignée familiale et pour renforcer les liens
entre les familles. Selon Fitoua notre enquêtée au village de Domo
Dambali affirme dans ce sens : « moi je dirais que le
phénomène de mariage polygénique est ni en croissance ni
en baisse dans notre société. Il est constant. Constant par ce
que le mariage polygynique intervient souvent dans le cas où les jeunes
garçons s'il est le seul dans sa famille « go'o usum
dewna10(*) », il
se mariera à beaucoup des femmes pour donner beaucoup d'enfants et
combler le vide en matière d'enfant laissé par ses
parents. ».La taille de la famille du garçon influence
sur le choix du nombre des femmes en milieu Moussey.
v La notion de prestige sur le nombre des femmes chez
les Moussey
Avoir plusieurs épouses est souvent perçu comme
un signe de richesse et de statut social chez les Moussey. Les hommes qui
peuvent se permettre d'entretenir plusieurs foyers sont souvent
respectés et valorisés au sein de leur communauté. Quant
à notre interviewée Hanoua « moi je dirais que la
polygynie n'a pas cessé dans notre société mais le nombre
des femmes dans le couple polygynique a diminué. Car, au temps de nos
parents, un homme se marier à 10, 20 et parfois certains se marier
même à 100 femmes le cas des chefs. Mais, de nos jours les jeunes
se limitent beaucoup plus à 4 femmes. Et je dirais que c'est
l'école qui est venue changer cette façon de se marier avec un
petit nombre des femmes. Car, avec beaucoup des femmes les études seront
dérangées dit-on ». Il en ressort cette
affirmation de notre enquêtée Hanoua que le niveau
d'éducation influence sur le choix de nombre des femmes en milieu
Moussey.
v La division du travail
Dans la société Moussey, la polygynie est
considérée comme un moyen de garantir une répartition
équitable des tâches domestiques et de la charge de travail entre
les différentes épouses. Chaque épouse a des
responsabilités au sein du foyer et contribue ainsi à la
stabilité et à la prospérité de la famille.«
Ça fait l'honneur quand tu as beaucoup des femmes surtout en milieu
rural. Les gens te respectent, et tu peux ou ne pas travailler les femmes
pourront faire tout à ta place ». Affirme notre
enquêté Heleona Chef de famille, polygyne avec 06 femmes.
v Les questions religieuses
Dans certaines communautés Moussey, la polygynie est
justifiée par des interprétations spécifiques de la
religion islamique. Certains hommes invoquent des principes religieux pour
légitimer leur choix d'avoir plusieurs épouses et pour garantir
le respect des normes morales et sociales de leur communauté.
« ...Il est écrit dans le livre de la genèse que
procréez-vous et remplissez la terre. Tous ceux qui utilisent des
techniques modernes de contraception pour arrêter volontairement
d'accoucher, pèchent contre la volonté de Dieu ».
Affirme notre interviewée Ira femme du pasteur.
En somme, le recours à la polygynie chez les Moussey
est vu comme un reflet des valeurs, des normes et des pratiques culturelles
spécifiques. Ces facteurs culturels contribuent à façonner
les relations familiales et les rôles de genre au sein de la
société Moussey.
3. Le fonctionnement de la société
Moussey du point de vue de la survenue d'une nouvelle naissance
La ritualisation de la naissance chez le peuple Moussey est
une réalité socioculturelle fascinante. Les rites de naissance
ont pour objectif de favoriser la survenue au monde d'un foetus, ensuite
démontrer la paternité du nouveau bébé.Nous allons
nous intéresser aux rituels et coutumes mentionnés par les
femmes, lors de nos entretiens.
3.1. Le rituel de pose de bois
d'accouchement
Chez les Moussey, quand une femme veut accoucher, c'est son
mari qui lui dépose le bois d'accouchement, elle s'assoie dessus pour
accoucher. Dans ce cas, si la grossesse n'appartient pas au mari, il sera
difficile pour la femme d'accoucher. « Quand je suis enceinte je
consulte régulièrement l'accoucheuses traditionnelle Ndakli
Rachel, pour le diagnostic de l'état de santé du foetus et son
positionnement. Si le foetus est mal positionné dans le ventre, la
sage-femme traditionnelle tourne sa position pour faciliter l'accouchement.
Pendant l'accouchement, le mari dépose un bois d'où la femme va
s'assoir sur ça pour accoucher. Le mari invoque toute sa
bénédiction mais, si la grossesse ne l'appartient pas c'est
grave. Soit l'enfant ne vas pas sortir ou le placenta ».
Affirme Fatou notre enquêtée mère de 05 enfants et en
grossesse pendant l'enquête.
3.2. L'accueil du nouveau-né
Le premier cri du nouveau-né est doté d'un sens
symbolique. Madame Eveline nousexplique : « Parce que chez nous, quand
le bébé ne pleure pas à l'accouchement, ils disent :
« ce n'est pas le bon bébé ». C'est un mauvais enfant !
Voilà. Il faut le faire pleurer. Quand il ne pleure pas, les
accoucheuses vont le taper, jusqu'à ce qu'il pleure. ».
Cependant, le premier cri du nouveau-né est synonyme de vie. Les Moussey
accordent une valeur importante à la survenue d'une nouvelle naissance.
Tout d'abord, les futurs parents doivent se préparer à
l'arrivée de leur enfant en faisant des préparatifs
matériels tels que l'achat de vêtements, des pommades, savon et la
mise en place d'une chambre pour la mère du bébé.
Ensuite, la naissance elle-même est un moment de joie et
de bonheur pour la famille et les proches. Les parents accueillent leur enfant
avec amour et bienveillance, et leur entourage se réjouit de
l'arrivée de ce nouveau membre de la famille. Après la naissance,
la société Moussey met en place des rites et des traditions pour
célébrer l'arrivée du bébé. Il s'agit
notamment de fêtes, de cérémonies religieuses ou de rituels
familiaux spécifiques. « La première chose pour
accueillir un nouveau-né c'est de faire le rite de nomination
appelé « gi vuna »11(*) » affirme notre
enquêtée Sounda.
Le rite « gi vuna » (rite de
nomination) dure généralement 03 jours pour un garçon et
04 jours pour une fille. Les nombres impairs « bu ma
welengua12(*) » correspondent aux hommes et les nombres
paires « bu ma ka welengina13(*) » correspondent également aux
femmes. Avant le rite de nomination on appelle
l'enfant « Toy14(*) » le cas d'une fille et
« oh-ho » pour un garçon.
« Toy, oh-ho15(*) » sont des termes
génériques pour désigner les nouveau-nés. C'est
après le jours de rite de nomination qu'on commence à appeler
l'enfant avec son nom propre.
Chez les Moussey, c'est le papa de l'enfant qui donne le nom
au nouveau-né. Même si la maman de l'enfant et les autres grands
parents donnent leur part, c'est le nom que le papa donne qui prime sur tout.
Le jour de rite « gi vuna » (rite de nomination)
est comme jour de baptême de l'enfant. On prépare la sauce
longue16(*), on paye la
boisson et on invite les voisins et les accoucheuses qui ont fait accoucher la
femme à ladite. Après, le papa prend la parole tout en remerciant
son Dieu et tous les présents en suite, il donne le nom de l'enfant.
Chaque invité rentre avec le nom du nouveau-né en tête.
Pour notre enquêté Moussa « aujourd'hui ceux qui
font l'église ne respecte pas certains rituels pour accueillir le
nouveau-né. Pour les chrétiens, il prépare la sauce longue
au gens et parfois il ne paye même pas à boire aux
gens. »
3.3. Le rite d'enterrement du placenta
Pour enterrer le placenta, seul le papa de l'enfant ou ses
proches parents peuvent les faire. Le fait qu'il soit enterré,
très souvent derrière la case de sa mère ou de son
père relie l'enfant à sa terre de naissance.
« Après l'accouchement, le papa ou frère du mari
prend précieusement le placenta et l'enterre pour signifier que
c'était vraiment son enfant. Il faut noter que pendant l'accouchement,
si la femme a pris la grossesse ailleurs, si elle n'avoue pas le
propriétaire de la grossesse, elle peut mourir pendant l'accouchement.
Car, soit l'enfant ne va pas sortir ou le placenta ». Affirme
Toudey une enquêtée âgée de 42 ans.
3.4. Le massage du nouveau-né
Les massages du nouveau-né sont des pratiques
très répandues et les femmes utilisent souvent certaines vertus
pour prévenir le nouveau-né des maladies et raffermir son corps.
Madame Amia raconte « quand un enfant vient de naitre on le masse
avec le beurre de karité et on mouille les doit avec le beurre afin de
lui donner de l'eau ».
En somme, la société Moussey accorde une grande
importance à l'éducation et au bien-être des enfants. Les
parents et la communauté veillent à ce que les enfants soient
élevés dans un environnement sain et équilibré, et
leur apportent tout le soutien nécessaire pour grandir et
s'épanouir. La survenue d'une nouvelle naissance dans la
société Moussey est un événement joyeux et
important, qui est célébré et entouré de soin et
d'attention par la famille et la communauté.
4. Les rites traditionnels qui encadrent le
déroulement de la grossesse chez Les Moussey
Chez Les Moussey, la grossesse est entourée de nombreux
rites et traditions pour assurer la santé de la mère et du futur
enfant. Ces rites traditionnels qui encadrent le déroulement de la
grossesse chez les Moussey sont :
4.1. Consultation des voyants
La consultation Prénatale n'est pas connue par la
société traditionnelle Moussey. Les Moussey disposent leur propre
pratique de consultation prénatale. Pendant la grossesse, la future
mère consulte souvent un charlatan, marabout ou un guérisseur
pour s'assurer de la protection et de la bénédiction des
ancêtres pour sa grossesse. Des offrandes et des sacrifices peuvent
également être réalisés pour s'attirer les bonnes
grâces des esprits. « Je consultais
régulièrement les voyants pendant ma grossesse. Les voyants me
réveillaient souvent ce qui vas se passer dans l'avenir pendant
l'accouchement ou après l'accouchement et ils me donnent des
remèdes pour se débarrasser des mauvaises yeux ».
Affirme notre enquêtée Maimouna.
4.2. Le port de certaines amulettes
Pour protéger la future mère et l'enfant
à naître, des amulettes sont souvent portées tout au long
de la grossesse. Elles sont censées éloigner les mauvais esprits
et assurer la santé et le bien-être de la mère et de
l'enfant.
4.3. Les interdictions alimentaires
Pendant la grossesse, certains aliments peuvent être
interdits à la future mère pour éviter tout risque de
complication. Par exemple, l'interdiction de la consommation du miel et autres
aliments très sucrés. « Une femme enceinte ne doit
pas manger les oeufs, le miel, la canne à sucre. Tous ces aliments
favorisent la malformation et l'avortement. Une femme enceinte ne doit pas
égalementassister à un enterrement car cela porte
malheur ». Affirme L'Hadjoka.
4.4. La préparation de
l'accouchement
Avant la naissance, la future mère consulte
régulièrement les accoucheuses traditionnelles.
« Moi je ne pars pas à l'hôpital
pour faire la CPN. Ma belle-mère connaît beaucoup le diagnostic et
prise en charge d'une femme enceinte. En plus je préfère
être accouchée par une accoucheuse traditionnelle que les
infirmiers. Les infirmiers insultent et se moquent beaucoup des femmes. Les
accoucheuses traditionnelles sont souvent nos belles mères et
coépouses c'est mieux ». Affirme notre
enquêtée Kadakka. Les femmes rurales Moussey
préfèrentêtre accouchées par les sages-femmes
traditionnelles que les professionnels de santé. Ce choix se justifie
par des violences verbales, physiques souvent exercées par les
professionnels de santé envers les femmes enceinte.
5. Les us et coutumes en vigueur chez les Moussey pour
accueillir un nouveau-né
Chez les Moussey, l'accueil d'un nouveau-né est une
occasion importante et est entouré de nombreux us et coutumes pour
célébrer la naissance et assurer la santé et le
bien-être du bébé et de la mère.
5.1. La cérémonie de
nomination
Peu de temps après la naissance, le bébé
est présenté à la famille élargie et aux proches
lors d'une cérémonie de nomination. Cette occasion est souvent
festive.Pour notre enquêtée Maîmouna, « Quand
un enfant vient de naitre dans la société Moussey, nous assistons
à plusieurs rites notamment le rite lié au jour de nomination.
Par exemple, si c'est un garçon on fait 3 jours avant de le nommer, par
contre si c'est une fille on fait 4 jours avant de la
nommer ».
5.2. Les prières et les
bénédictions
Après la naissance, pour les Moussey chrétiens
et musulmans les prières et des bénédictions sont souvent
offertes au bébé pour lui souhaiter une vie longue et en bonne
santé. Pour les Moussey traditionnalistes, après la
cérémonie de nomination, on remet le bébé au
patriarche de la famille pour qu'il prononce des incantations et des souhaits
positifs pour le nouveau-né. « Moiet mon mari nous ne
sommes ni musulman ni chrétien. Après accouchement, mon mari
organise durant le jour de nomination du nouveau-né un festin à
laquelle on prépare en quantité la sauce long, il achète
le ergués pour donner aux gens à boire s'il y a des jeunes qui ne
boivent pas le ergué et bibil, il leurs paye le dansleda17(*) ». Affirme
notre enquêtée Toutkaylhara.
5.3. Les rituels de protection
Pour protéger le nouveau-né des mauvais esprits
et assurer sa santé, des rituels tel que l'attache des amulettes autour
du cou ou du poignet du bébé. D'après Noura :
« il faut noter que c'est tout un rite qui entoure la nouvelle
venue d'un enfant au monde dans la société Moussey. Quand une
femme vient d'accoucher, on ne la laisse pas sortir promener, elle doit
être seulement dans sa case d'accouchement on ne lui laisse pas
également travailler par exemple préparer à manger aux
gens elle se réserve elle doit commencer à travailler et à
préparer à manger dès qu'on nomme son bébé.
Il y a également des interdits alimentaires que cette femme qui vient
d'accoucher tels que les aliments sucrés. » (Propos
recueillis lors de nos enquêtes de terrain à Gounou-Gaya).
Ces us et coutumes entourant l'accueil d'un nouveau-né
chez les Moussey reflètent l'importance accordée à la
famille, à la communauté et à la transmission des savoirs
locaux.
6. Les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle des
naissances chez les Moussey
Le Tchad fait partie des pays de l'Afrique subsaharienne qui
enregistrent les niveaux de fécondité désirée et
effective les plus élevés. A cet effet, la présente partie
de notre mémoire met l'accent sur les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle des
naissances chez les Moussey pour appréhender leur rapport aux
méthodes contraceptives modernes. Cette partie vise également
à explorer la manière dont les croyances, les normes sociales,
les pratiques traditionnelles, le rôle des genres et les influences
extérieures impactent la fécondité, la procréation
et le contrôle des naissances en milieu Moussey.
Les facteurs agissants sur la fécondité, la
procréation et le contrôle des naissances en milieu Moussey sont
d'ordre socioculturel, économique et démographique.Parlant des
facteurs socioculturels qui constituent le centre de réflexion de notre
discipline anthropologie, nous y mettons un accent particulier.
Le fait d'avoir des enfants en milieu Moussey est un prestige
social et représente donc un réel enjeu pour les femmes dont la
maternité va conditionner leur statut social. Pour notre
enquêtée Maimouna : « avoir beaucoup d'enfants
constitue un prestige social considérable. Une femme qui a beaucoup
d'enfant est perçue comme femme brave. Et on suppose qu'en cas de quoi
ses enfants pourront prendre charge d'elle dignement. » Cette
perception particulièresur le nombre d'enfants vient aussi de
l'extérieur, à savoir de la communauté ou du conjoint.
Cependant, les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle de
naissance dans la société Moussey se résume sur les grands
points suivants :
6.1. L'image de la femme liée au rôle de
la maternité
Dans la société Moussey, la femme est
généralement considérée à travers son
rôle de mère. C'est à travers le nombre de ses enfants
qu'elle existe et est valorisée dans la société,
constituant alors un véritable pilier du corps social. Comme affirme
notre enquêtée Touta « avoir l'enfant c'est une
bonne chose. Quand tu n'as pas d'enfants ton nom ne sera pas appelé
« goona kongu ni seng yiya ». Si tu as l'enfant, même
après la mort, les gens diront que c'est l'enfant de tel ou tel, et
c'est honorifique. Si tu n'as pas d'enfants, tu es comme quelqu'un qui ne vaut
rien dans son existence « goo di ka kongui ni an ni, angi ko sa'a
sunum kadina na18(*) ».
6.2. La maternité, un moment
privilégié
Dans la société Moussey, la maternité est
perçue comme un moment privilégié dans la vie d'une femme.
Dans plusieurs mythes et contes Moussey, la femme enceinte a une
représentation des relations privilégiées avec les
esprits, avec les êtres de l'au-delà, et est
généralement considérée comme un
intermédiaire
entre les ancêtres et le monde réel.
« Généralement chez nous les femmes, à
partir de 02 à 03 mois de grossesse, on cache la grossesse et refuse de
la faire connaitre aux entourages. Car, pendant cette période, les
sorciers peuvent facilement manger le foetus de manière mystique.
Après le troisième mois, la femme peut commencer à
consulter les sages-femmes traditionnelles et on lui explique les principes
à tenir pour une bonne gestion de la grossesse jusqu'à
l'accouchement ». Affirme notre interviewée Touta.
6.3. La femme, définie selon son statut de
mère
Est considérée comme bonne femme dans la
société Moussey, c'est celle qui a fait beaucoup d'enfants
surtout enfants garçons.
6.4. La pression sociale autour de la
maternité
Le « devoir de
procréer » : la maternité est
également fortement valorisée par les Moussey et cela exerce des
pressions sociales sur les femmes à procréer. Dans certains cas,
cette pression sociale engendre la pratique d'exclusion envers les femmes ne
parvenant pas à procréer. Dans l'imagerie populaire Moussey, il y
a d'un côté les femmes stériles et de l'autre les femmes
fécondes. Ces dernières (femmes fécondes) font le bonheur
des hommes dans la société, considérées comme
« reines-mères ».
En plus, la maternité a un fort pouvoir symbolique car
elle est gage de continuité de la communauté et plus
particulièrement gage de la descendance de l'homme auquel elle est
liée.
En outre, la stérilité de la femme
entraîne la stigmatisation de la part de la communauté et
constitue source principale de divorce en milieu Moussey. Certains membres de
la société mystifient l'infécondité de la femme par
des accusations ou soupçons de sorcellerie. « Ouf ! La
femme stérile ! Ellecouche en vain avec les hommes, Ohoo, la femme
stérile s'habille très bien mais c'est en vain que son mari la
chérit. Ohoo, la femme stérile accompagne les hommes, elle est
debout comme un bois sec. »La maternité dans la
société Moussey s'exerce aussi sous la contrainte sociale du
groupe. Il s'agit aussi d'être une « bonne
mère », c'est-à-dire d'élever ses enfants
selon les normes sociales de la communauté, et que ses enfants adoptent
les bonnes attitudes pour avoir la réputation et le prestige qui se
rattachent à la fonction maternelle.
7. L'importance de l'enfant au sein de la
société Moussey
Dans la socioculture Moussey, le nouveau-né est
considéré comme un don de la terre nourricière à la
lignée familiale. Parce que le nouveau-né vient « remplacer
» un ancêtre récemment disparu et ainsi « réparer
» la lignée familiale en assurant la succession des
générations. Dans cette même d'idée notre
enquêtée Hamidou affirme : « l'importance de
l'enfant dans la société Moussey c'est la pérennisation du
nom de ces parents. On fait l'enfant c'est par ce que même si toi le
parent n'est plus au monde, l'enfant te remplace ». Quand les
parents vieillissent et ne peuvent plus travailler, ce sont les enfants qui
prennent en charge la survie de la famille. L'enfant est donc bien accueilli.
C'est ainsi affirmé notre enquêtée Moussa « je
vais dire, faire d'enfant c'est comme planter un arbre et au fil du temps quand
l'arbre grandit, tu mangeras ses fruits et c'est comme ça qu'on fait des
enfants dans le cas où le papa devient vieux, il se repose sous l'ombre
de ses enfants. » D'ailleurs, quand la
stérilité frappe le couple, elle est vécue comme une
punition divine ou une malédiction tant du point de vue matériel
que symbolique.
Dans la société Moussey, l'enfant est
considéré comme la « réincarnation d'un
ancêtre venant du village des ancêtres. »
En effet l'enfant occupe une place centrale au sein de la
société Moussey, reflétant ainsi l'importance
accordée à la famille et à la descendance dans cette
culture riche en traditions.
De ce fait, le peuple Moussey considère l'enfant comme
un héritage précieux, une source de fierté et de
continuité de la lignée familiale. L'arrivée d'un enfant
est célébrée avec enthousiasme, symbolisant la
perpétuation des valeurs, des savoirs et des traditions au sein de la
communauté. Par conséquent, la pression sociale pour
procréer et assurer la descendance est très forte chez les
Moussey, en raison de l'importance accordée à l'enfant dans la
culture et les pratiques traditionnelles. « Surtout quand c'est
un enfant garçons, il prendra mieux la charge de ses parents. Par contre
la fille part en mariage et vient secourir lentement sa
famille. » Propos de de notre enquêté Moustapha.
Dans ce contexte, comprendre l'importance de l'enfant au sein
de la société Moussey nous a permis d'appréhender les
perceptions et les représentations des méthodes contraceptives
modernes au sein de cette communauté. L'utilisation des méthodes
contraceptives modernes et le contrôle des naissances en milieu Moussey
sont donc des enjeux complexes qui doivent être analysés à
la lumière de cette valorisation de l'enfant et de la famille au sein de
la société Moussey.
8. Les conditions à remplir pour avoir ou
prétendre à avoir un enfant
Au sein de la société Moussey, l'idée
d'avoir un enfant est entouré de conditions spécifiques et de
normes sociales qui influencent les attitudes des individus envers la
fécondité et la procréation. Dans ce cas
spécifique, nous avons ressorti les conditions à remplir pour
avoir ou prétendre à avoir un enfant dans la
société Moussey. Pour notre enquêtée Mariame,
« d'autres parents Moussey n'ont pas étudié et ils
ne savent pas compter l'âge de leurs filles. On dit qu'une fille est
à l'âge de se marier et faire d'enfants c'est quand ses seins
« po'o ma kalla 19(*)» sont bien sortis. On exprime la maturité
de la fille pour faire l'enfant en fonction du développement de ses
seins et de sa hanche. Pour le garçon, c'est en fonction du poids de
mille qu'il peut prendre dans un panier et la réalisation de certains
travaux dures ».
Tout d'abord, le mariage est généralement
considéré comme une étape préalable à la
procréation, et la capacité du couple à assurer les soins
et l'éducation de l'enfant est un critère essentiel pour
prétendre un enfant.
De plus, les Moussey accordent une grande importance à
la fertilité et à la capacité de perpétuer la
lignée familiale. Avoir un enfant est souvent perçu comme un
devoir et une responsabilité envers la famille et la communauté.
Les pressions sociales pour procréer et transmettre les traditions
familiales sont significatives.
En outre, les conditions socio-économiques jouent un
rôle crucial dans la décision d'avoir un enfant chez les Moussey.
La capacité financière à subvenir aux besoins de l'enfant,
à assurer son éducation et son bien-être est un facteur
déterminant dans la planification familiale. Pour notre
enquêté Moulna, « mais nos parent de maintenant
n'attendent même pas que les seins de la fille sortent. Il commence
à prendre l'argent sur la fille depuis son enfance. Il arrive de fois
que la fille n'a pas encore atteint l'âge de maturité, mais le
papa a déjà fini de manger l'argent de la compensation
matrimoniale et on est dans l'obligation de donner en mariage la fille
étant petite ». Les conditions à remplir pour
prétendre un enfant dans la culture Moussey se résume de
manière suivante : il faut être marié, pour les
garçons il faut être capable à exécuter les travaux
dures tel que les travaux champêtres, les travaux des constructions des
maisons, pour la fille c'est sa capacité à entretenir son
ménage tel que préparer la nourriture et assurer la
propriété. C'est ainsi affirmé notre enquêté
Hamou « pour moi c'est faire des efforts à labourer
beaucoup des champs et acheter également beaucoup des bétails
comme condition essentiel pour prétendre un enfant. Quand tu as beaucoup
des bétails et si tu laboure également beaucoup, on dira que tel
garçon est capable à gérer une femme et
enfant. » Quant à l'interviewée Noura, elle
affirme pour sa part que « c'est le mariage qui est la condition
principale pour prétendre avoir un enfant. Tout homme ou femme
marié doit prétendre d'accueillir un enfant. Parce que c'est
n'est pas bon pour une fille non mariée de concevoir étant chez
ses parents. Cela constitue une honte pour la famille. Pour les garçons
on dit que ton enfant de dehors ne peut pas t'appeler papa dans notre contexte
« go'o buru ka yang baba di 20(*)». Pour ce faire, il faut d'abord se marier avant
de penser à faire d'enfant dans la société
Moussey. » Quant à Aïkomou « les
conditions à remplir pour un homme c'est avoir la capacité
à labourer son champ, avoir une forme grande avec les muscles
développés et en plus il faut être marié pour
prétendre avoir un enfant. »
En revanche pour un couple marié, il n'existe pas des
conditions et règles spécifiques à remplir pour
prétendre avoir un enfant. Au contraire, dans la société
Moussey la grossesse, et l'arrivée d'un nouveau-né au sein d'un
couple est un don divin, tout cela vient de dieux. L'enfant est un don le plus
recherché dans la vie conjugale de couple Moussey.
En somme cette analyse sur les conditions à remplir
pour avoir ou prétendre à avoir un enfant dans la
société Moussey, nous a permis de décerner et de mettre en
lumière les normes et les attentes socioculturelles qui influencent les
perceptions et les pratiques en matière de fécondité et de
contrôle des naissances au sein de la communauté Moussey.
9. Les dispositions que doit prendre un homme ou une
femme s'il souhaite avoir des enfants
Pour réaliser ce mémoire sur la perception et la
représentation socioculturelle des méthodes contraceptives
modernes au Tchad, notamment chez le peuple Moussey, il était important
pour nous de prendre en compte les dispositions que doivent prendre un homme ou
une femme Moussey s'ils souhaitent avoir des enfants dans cette
société.
Tout d'abord, il est essentiel de comprendre que la question
de la procréation est souvent fortement influencée par les normes
culturelles et les attentes sociales au sein de la communauté Moussey.
Ainsi, avant de concevoir un enfant, il est recommandé de consulter les
voyants pour protéger le prochain nouveau-né contre le mauvais
oeil. Notre enquêté HINIMZINA affirme pour sa part,
« il est souvent attendu d'un couple qu'il soit prêt sur le
plan économique et social avant de concevoir un enfant. Cela peut
comprendre la stabilité financière, le logement adéquat et
la disponibilité de ressources pour élever un enfant dans de
bonnes conditions. » Quant à Fissou Infirmier
Diplômé d'Etat que nous l'avons interviewé affirme que
« parlant des dispositions à prendre pour un homme Moussey
avant de souhaiter un enfant c'est le structurel c'est à dire pour un
bon Moussey il faut avoir d'habitat c'est penser à construire sa maison
et la maison de sa femme ».
Contrairement, pour notre enquêtée Minda, elle
déclare qu'« il n'existe pas des dispositions qu'un couple
doit préalablement prendre pour faire un enfant. L'enfant dans le couple
vient seul. « goona Kaf tam aayni kafiya21(*) ».
En somme, cette partie de notre mémoire sur les
dispositions que doivent prendre les hommes Moussey qui envisagent d'avoir des
enfants nous a permis de mieux appréhender les attitudes, croyances et
comportements de la population vis-à-vis de la contraception et de la
planification familiale.
10. Les perceptions culturelles de la grossesse chez
les Moussey
Pour aborder la perception culturelle de la grossesse chez les
Moussey dans le cadre de notre étude sur la perception et la
représentation socioculturelle des méthodes contraceptives
modernes au Tchad, il était important pour nous de prendre en compte les
différents aspects culturels et sociaux.
La grossesse et l'accouchement forment le coeur des coutumes
et des traditions de plusieurs cultures tchadiennes, car, ils assurent la
survie de la société. Cependant, chaque société
élabore par l'observation de la nature et par la création de
mythes et de religions, un ensemble de rites de protection et d'interdits
visant à protéger les mères et leurs foetus. Dans
plusieurs sociétés du Tchad, les rites entourant la grossesse et
l'accouchement ont des points communs tel que : la relation
privilégiée de la femme enceinte avec les esprits et la
symbolique autour du placenta et du cordon ombilical.
Tout d'abord, il est essentiel de démontrer comment la
grossesse est perçue au sein de la société Moussey. Cela
inclut des croyances, des rites, des mythes et des principes spécifiques
liés à la fertilité, à la maternité et
à la paternité. Il était également important pour
nous d'explorer les normes et les attentes sociales en matière de
grossesse, notamment en ce qui concerne le rôle de la femme en tant que
mère et celui du père au sein de la société. Selon
notre enquêtée Minda, « quand une femme a ses
règles, elle sait qu'il est possible pour elle de concevoir une
grossesse ou pas. Car, nous les femmessavons faire la différence entre
les règles fécondables et les non fécondables. Si c'est
les règles infécondables, même si la femme fait le rapport
sexuel avec son mari comme quoi même, elle n'aura pas grossesse. Chez
nous les Moussey on dit « tlena halang col ayni ko
lona 22(*)» tout
vient de Dieu et c'est dieu qui donne l'enfant. »
La conception d'un enfant chez les Moussey n'est pas
considérée seulement comme le seul résultat d'un acte
sexuel, mais résultat de plusieurs éléments surnaturels.
Ainsi, dans un système social comme celui des Moussey
d'où la réincarnation est omniprésente, la conception d'un
enfant est possible, quand pendant l'acte sexuel, un être transmigrant,
sorte d'être psychique chargé de ses vies antérieures,
choisit de descendre sous forme d'embryon dans le corps de sa mère.
10.1. Valeur culturelle de la grossesse chez les
Moussey
La fertilité revêt d'une importance
considérable dans la culture Moussey. La fertilité est souvent
considérée par les Moussey comme une bénédiction
divine ou ancestrale. Elle est vue comme un signe de faveur et de
prospérité pour la famille et la communauté. Comme affirme
notre enquêtée Awa « l'enfant vient de Dieu, un
couple qui a beaucoup d'enfants est perçu comme forts, riche et
intouchable ». Les femmes qui ont fait beaucoup d'enfants sont
généralement très respectées dans la
société Moussey. En cas de l'infertilité, la population
Moussey fait recours premièrement à la voyance pour comprendre
les principaux obstacles qui bloquent la reproduction de la femme. Souvent le
problème de l'infécondité est dû à la
malédiction d'un parent, à la transgression des normes
culturelles ou les divinités tel que : « ful-madina,
ful-mununda23(*) » empêchant la femme de ne pas
concevoir.
10.2. Statut social des femmes enceintes
Chez les Moussey, la grossesse marque une transition
importante dans le changement du statut social d'une fille ou femme. La
grossesse transforme la femme à une future mère et elle sera
désormais celle qui contribue au développement de la famille. Les
femmes enceintes bénéficient d'un traitement spécial et de
soins particuliers de la part de la communauté. Elles sont
exemptées de certaines tâches physiques difficiles tel que :
fendre le bois, porter les poids lourd, marché sur une longue distance
etc. En plus la grossesse renforce la position de la femme au sein de sa
belle-famille. Car la famille exerce une pression considérable sur la
procréation de la femme.
10.3. Rôle de la grossesse dans la
continuité familiale et clanique
La grossesse est souvent perçue comme essentielle
à la survie et à l'expansion du clan. Elle assure la transmission
des traditions et de l'héritage culturel. Car chez les Moussey les
enfants sont considérés comme une richesse pour la famille et la
communauté. Notre enquêté Sanama renchérit
que « on dit toujours chez nous que les enfants c'est une
richesse venant de Dieu. Celui qui a beaucoup d'enfant est un riche car, il
peut labourer un large champ avec ses enfants et personne ne peut
déclarer facilement la guerre à cette famille. »
La grossesse renforce cependant les liens entre les familles, notamment dans le
cas de mariages arrangés. En plus, la grossesse joue également un
rôle dans la résolution de conflits inter-claniques à
travers des alliances matrimoniales.
10.4. Pression sociale liée à la
grossesse
Les femmes Moussey subissent une forte pression familiale et
sociale pour tomber enceintes rapidement après le mariage.
L'infertilité ou les difficultés à concevoir sont souvent
sources de stigmatisation. Le nombre d'enfants peut être lié au
prestige social, encourageant les grossesses multiples. « Je me
suis mariée à 12 ans et j'avais fait 03 ans sans tombé
enceinte, cela avait entrainé beaucoup des moqueries et injures graves
de la part de la famille de mon mari. Ils disaient que je mange inutilement les
biens de leurs fils, par ce que je n'accouche pas. Après consultation de
plusieurs marabouts et charlatans on m'a fait comprendre que c'est ma tante qui
m'a bloquée car, elle revendiquait de mon mariage uneétoffe de
wax. Après avoir donné cela à ma tante, dieu merci je suis
tombé enceinte et j'ai accouché un enfant garçons et je me
sens maintenant femme comme les autres ». Propos de notre
enquêtée Alia
10.5. Dimension spirituelle de la
grossesse
La grossesse est perçue comme un lien entre le monde
des vivants et celui des ancêtres. Certaines croyances attribuent des
qualités spéciales ou un destin particulier à l'enfant
à naître
10.6. Croyances traditionnelles liées à
la grossesse
10.6.1. Tabous et pratiques pendant la
grossesse
Chez les Moussey, les femmes enceintes subissent des
restrictions alimentaires spécifiques tel que : ne pas manger le
miel. En plus les femmes enceintes adoptent des comportements particuliers pour
protéger le foetus à savoir : ne pas s'assoir sur le
mortier, ne pas uriner sur les arbres dans la nuit car les mauvais esprits
peuvent entrer dans le ventre de la femme. Elles doivent adopter les pratiques
traditionnelles pour favoriser une grossesse saine tel que : se faire
consulter régulièrement par les accoucheuses traditionnelles,
respecter les divinités et les vieillards.
10.6.2. Rôle des ancêtres et des
esprits
Les ancêtres exercent une influence sur la conception et
la grossesse de leurs progénitures. Pendant la grossesse, les femmes
pratiquent des divers rituels pour attirer les faveurs des esprits protecteurs.
En plus pendant la grossesse les femmes reçoivent de
révélations diverses à travers les rêves et elles
attachent de sens considérable à ces
songes. « Quand j'étais tombée enceinte, mon
défunt beau-père est venu dans le rêve, il m'a
révélé que je mettrais au monde un enfant garçons
et il faut le nommer Waidou. Effectivement j'ai accouché un enfant
garçon et j'ai obéi à la volonté de mon
beau-père défunt ». Affirme notre
interviewée Martine. Cela nous laisse croire à la connexion qui
lie les femmes enceintes Moussey avec les esprits ancestraux et divins.
10.6.3. Attitudes envers les grossesses hors mariage
Dans la société Moussey, la sexualité
avant le mariage est sévèrement sanctionnée. Les Moussey
accordent une valeur capitale à la virginité de la jeune fille.
Les mères célibataires subissent des moqueries et stigmatisation
de la part de la famille et de la société. Elles sont souvent
traitées comme « gaw langa, Tcha hokira, adjaba24(*) etc. » en effet
la grossesse d'une fille non mariée à un impact sur son mariage.
« Une fille qui tombe enceinte au sein de sa famille biologique
sans se marier, commet des abominations. Souvent quand cela arrive, l'auteur de
la grossesse fait un sacrifice d'un bouc pour purger la souillure du sang
incestueux ». Raconte notre enquêté Mariatna
10.6.4. Gestion communautaire des grossesses non
désirées
En cas de grossesse non désirée pour une fille
non mariée, la solution endogène est souvent le mariage
arrangé. L'adoption d'un enfant de la jeune fille au sein de la famille
n'est pas possible dans la société Moussey, car cet enfant est
perçu comme incestueux au sein de la famille élargie. Vue cette
sanction sociale vis-à-vis des grossesses hors mariage, les filles
Moussey font recours à des pratiques dangereuses pour faire avortements
clandestins et non médicalisé. « En tant fille non
mariée, il n'est pas d'abord bon de tomber en grossesseétant chez
ses parents.Sicela arrive, le mieux c'est deregagner rapidement l'auteur de la
grossesse avant que la grossesse se développe. Soit si le garçon
ne me plait pas pour le mariage, le deuxième choix reste d'avorter cette
grossesse en mangeant les racines amère d'une plante ou allant chez le
Choukou25(*).»Affirme notre interviewée Maimouna.
10.6.5. Évolution des perceptions
Avec l'avènement de la modernisation et
l'éducation des filles, la structure sociale Moussey est en constante
évolution donc la perception autour des grossesses à
légèrement changer. La même population qui refusait la
consultions prénatale, lui accorde aujourd'hui une importance capitale.
Nous notons également l'influence de l'urbanisation sur les pratiques
traditionnelles. Parlant de l'urbanisation, elle est à l'origine de
l'interculturalité.
Enfin, il était crucial pour nous d'explorer comment
ces perceptions culturelles de la grossesse peuvent influencer la
manière dont sont perçues les méthodes contraceptives
modernes au sein de la société Moussey. Comprendre les normes et
les représentations sociales liées à la fertilité
et à la reproduction est essentiel pour promouvoir la santé
reproductive et la planification familiale au sein des sociocultures
Tchadiennes.
11. La prise en charge culturelle de la grossesse chez
les Moussey
Pour aborder la prise en charge culturelle de la grossesse
chez les Moussey, il est important d'analyser les différentes pratiques
et traditions liées à la gestation de la grossesse au sein de la
communauté Moussey.
Tout d'abord, il était essentiel pour nous d'examiner
les soins prénataux et postnataux dispensés aux femmes enceintes
et aux nouveau-nés chez les Moussey. Cela inclut des pratiques
traditionnelles de préparation à l'accouchement, des rituels de
protection de la femme enceinte et du bébé, ainsi que des
conseils nutritionnels et de santé transmis de génération
en génération.
11.1. Rôle des sages-femmes
traditionnelles
Les sages-femmes jouent un rôle primordial dans la prise
en charge de la grossesse et de l'assistance à l'accouchement. Les
sages-femmes assurent également les techniques de prise en charge du
nouveau-né. Elles sont des femmes ménopausées ou femmes
ayant déjà accouché plusieurs fois,
bénéficiant des expériences remarquables dans
l'accouchement. Elles sont souvent très respectées par la
population pour leurs savoirs et connaissances culturelles. A chaque
accouchement, le mari offres des cadeaux aux accoucheuses, ces cadeaux sont
souvent les savons, le sel et si le mari est riche, il les offrir le pagne.
11.2. Soins prénataux traditionnels
La société Moussey n'a pas attendu
l'arrivée de la médecine occidentale pour développer les
techniques de soins prénatales qui leurs sont spécifiques. Les
techniques de la protection du foetus chez les Moussey sont nombreuses allant
de l'interdit alimentaire, utilisation des remèdes à bases des
plantes pour traiter les maladies liées à la grosse. Hormis les
techniques ci-dessus citées, nous ajoutons également massages. Le
massage comme entendu n'est pas un simple massage mais, une pratique
exercée par les accoucheuses traditionnelles pour contrôler,
l'état et la position du foetus. Cela se fait
régulièrement jusqu'à l'accouchement.
11.3. Préparation à
l'accouchement
La grosses d'une femme est un moment heureux et parfois
d'angoisse. Car nul ne sait ce qui va se passer entre le foetus et la
mère. Pour notre enquêtée Martine :
« pendant la grossesse on dit que la femme dort avec la pioche
(gu djona). C'est après l'accouchement qu'on dit la femme est
éloignée de la pioche qui devait servir à creuser sa
tombe ». Pendant la grossesse la femme se procure des bois de
chauffage suffisant et le mari veille à la construction de la case et du
secco pour accueillir le nouveau-né dans une case de naissance
équipée. En plus à la veille de l'accouchement le mari ou
la femme se prépare à acheter les savons, les beurs de
karités. De nos jours les beurs de karité sont remplacés
par le lait de pommade.
11.4. Croyances et tabous liés à la
grossesse
Chez les Moussey, il existe des interdits alimentaires et
comportementaux que la femme enceinte doit respecter pour se protéger et
protéger le foetus. Primo, le tabou alimentaire tel que la
consommation des aliments trop sucrés et le miel sont interdits aux
femmes enceinte. Les céréales tel que : les arachides et les
sésames sont priorisées en plus s'ajoute la consommation des
légumes comme les feuilles d'oseilles, moringa et bien d'autres. Les
activités dures comme fendre les bois, porter des poids lourds sur la
tête, piler le mil sont interdits aux femmes enceintes.
Par ailleurs, le rôle des aînés, des
sages-femmes et des guérisseurs traditionnels dans la prise en charge de
la grossesse chez les Moussey est remarquable. Ces acteurs jouent un rôle
important dans la transmission des connaissances et des pratiques liées
à la gestion, ainsi que dans l'accompagnement spirituel et psychologique
des femmes enceintes.
CONCLUSION PARTIELLE
Ce chapitre troisième de notre mémoire portant
sur le système de représentations culturelles de la
fécondité, de la procréation et de la contraception chez
les Moussey nous a permis d'élucider les principaux thèmes
importants nomment : les connaissances générales sur la
santé sexuelle et reproductive chez les Moussey, la questions de la
polygynie en milieu Moussey, les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle des
naissances chez les Moussey ainsi que les valeurs culturelles que les Moussey
accordent au nombre important d'enfants.
Il est à retenir de ce chapitre que la culture, le
niveau d'étude, la religion, le genre et la représentation
culturelle aux tours d'une importante descendance interagissent sur la
fécondité, la procréation et les méthodes
contraceptives modernes chez le peuple Moussey.
En fin nous retenons également de ce chapitre que le
mariage polygénique fait partie intégrante des valeurs culturelle
Moussey et le recours à cette forme de mariage dans lequel le conjoint
épouse plusieurs conjointes n'a pas changé.
CHAPITRE QUATRIÈME : ACTEURS INTERVENANT
AU NIVEAU COMMUNAUTAIRE DANS LA FÉCONDITÉ CHEZ LES
MOUSSEY
INTRODUCTION PARTIELLE
Ce chapitre explore les principaux acteurs qui influencent la
fécondité dans la société Moussey du Tchad, en
mettant l'accent sur les perceptions et les représentations
socioculturelles des méthodes contraceptives contemporaines. L'accent
est mis sur l'implication des conjoints, la famille, les leaders communautaires
et religieux dans les questions de fertilité. Cette partie de notre
mémoire a analysé les rôles, les influences et les
interactions des acteurs dans les choix de fertilité et de
contraception, en évaluant leur impact sur l'adoption ou le rejet des
méthodes contraceptives contemporaines. Le chapitre met également
en lumière la dynamique de pouvoir, les influences culturelles et les
dynamiques sociales qui influencent la fertilité et la contraception en
milieu Moussey. Les acteurs impliqués dans la santé communautaire
comprennent les dirigeants religieux, les chefs traditionnels, les
sages-femmes, les membres de la famille, les couples mariés, les parents
et les travailleurs des ONGs. Tous ces acteurs jouent un rôle important
dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive, dans
l'éducation de la population sur l'importance de la planification
familiale et des méthodes contraceptives modernes, dans le renforcement
de l'accès aux services de santé reproductive et dans la lutte
contre les idées fausses et les conceptions erronées sur la
contraception.
I. LES PERSONNES QUI INFLUENCENT LA DÉCISION DU
NOMBRE D'ENFANT AU SEIN D'UN COUPLE CHEZ LES MOUSSEY
Les personnes qui influencent la décision du nombre
d'enfants au sein d'un couple chez les Moussey sont multiples et diverses.
Parmi ces personnes nous avons :
1. Le couple
La décision du couple surtout le mari est important
dans la prise de la décision sur le nombre d'enfants à avoir.
Dans la société Moussey, avoir beaucoup d'enfant est synonyme de
pouvoir et richesse. Dans cette même logique notre
enquêtéeFatwa affirme: « pour
moi c'est l'homme qui décide du nombre d'enfants à avoir au sein
du couple. Parce-que même si la femme décide de n'est plus
donnée l'enfant en s'abstenant du rapport sexuel de son jour
d'ovulation, l'homme peut forcer la volonté de la femme. Si elle refuse
de lui donner le sexe, en cas de bagarre, les gens donneront toujours tort
à la femme. » Il faut aussi noter que dans la
société Moussey l'homme est considéré comme le chef
de ménage et c'est lui qui a le pouvoir de décision sur le
fonctionnement de la famille. Comme affirme notre
enquêtéeBintou, « dans la
société Moussey on dit que l'homme est le chef de la famille et
c'est lui qui peut décider sur la taille de sa famille et le nombre
d'enfants à avoir pour sa femme ».
2. La famille
Dans de nombreuses sociétés africaines, avoir
beaucoup d'enfants est un honneur. En effet, les membres de la famille
élargie jouent un rôle crucial dans les décisions de
procréation. Il faut également noter que les membres de la
famille par alliance tel que les beaux-parents ont également une
influence sur la belle fille à procréer pour compenser les
dépenses liées à ses compensations matrimoniales. Pour
notre enquêtée Aicha, « parfois la
décision du nombre d'enfant qu'un couple veut avoir est
influencée par la belle famille du mari. Moi j'ai quatre
coépouses et je suis la cinquième. Souvent la belle-famille
offres plus de cadeaux à mes coépouses qui ont eu beaucoup
d'enfants et leurs accordent plus de la considération. Car disent-ils
c'est elles qui ont contribué grandement à agrandir la famille.
Cela me vexe, et je souhaite un jour leurs dépasser avec le nombre
d'enfants si dieu le veut ».
De ce fait, une femme qui a eu beaucoup d'enfants dans la
sociétéMoussey est plus valoriséeet elle est
traitée avec honneur.
3. La communauté
L'infécondité est l'objet de plusieurs moqueries
et stigmatisation dans la société Moussey. Les normes
communautaires traditionnelles Moussey voudraient à ce que toutes les
femmes soient procréatives donc ses normes culturelles exercent une
influence significative dans la vie procréative des femmes Moussey.
Notre interviewée Fatti soutient pour sa part :
« une femme ou un homme qui n'a pas d'enfant si elle/il meurt on
l'enterre avec le charbon pour dire qu'il/elle a laissé rien
derrière lui et sa vie sur terre était sombre. En plus, celui qui
n'a pas donné un enfant n'est considéré au sein de la
société même s'il a la richesse matérielle, on dira
donc qu'il est riche comme ça pourtant il n'a rien ».
Notre enquêtéeMaimounaquant à elle
affirme : « Celui qui n'a pas accouché n'est pas
respecté au sein de la société. On dira ouf... Il n'a pas
fait d'enfant. Le cas d'une femme on dit celle qui n'a pas accouché fait
les gros cacas. » Avoir beaucoup d'enfant est un signe d'honneur
familial et social au sein de la société Moussey.
4. Les leaders religieux
Dans la société Moussey, la religion joue un
rôle important sur les nombres des épouses et nombre d'enfants
à avoir. Dans les familles chrétiennes, la polygynie n'est pas
tolérée par contre l'islam et les croyances culturelles
valorisent la polygynie. Selon notre enquêté
Seydou, « le nombre d'enfants qu'un couple doit avoir
est une destinée « dum goro col ayni ko lona26(*) », donc personne n'a
le pouvoir d'influencé cette destinée. »
Cependant, les autorités religieuses et les chefs traditionnels jouent
un rôle essentiel dans la prise de décision en matière de
fécondité, en décourageant l'utilisation de
méthodes contraceptives moderne en fonction des croyances religieuses et
des interprétations théologiques. Selon notre
enquêtée Ira femme du Pasteur affirme :
« la décision du nombre d'enfant à avoir au sein
d'un couple est un sujet sacré et c'est Dieu seul qui peut dire je
décide te donner un tel ou tel nombre d'enfant. Il est dit dans la
bible, dans le livre de Genèse, multiplier et remplissez la terre. Ceux
et celles qui décident de limiter volontaire de procréer par les
moyens de contraceptives modernes pèchent et se révoltent contre
la volonté divine. » Il ressort de ces propos de nos
différents enquêtés que la religion joue un rôle
important dans la décision de la procréation dans la
société Moussey.
5. Les pairs et proches
En effet, les pairs et les proches jouent un rôle
important dans la prise de décision des couples en matière de
planification familiale. Il ressort de notre observation du terrain dans la
société Moussey que les personnes sont plus susceptibles
d'utiliser les méthodes contraceptives modernes si elles ont des amis ou
des membres de leur famille qui en ont déjà utilisé et qui
en sont satisfaits. Pour Mariam, « c'est ma copine Ira qui m'a
informée des avantages des méthodes contraceptives modernes pour
arrêtermomentanément l'accouchement. Cela nous aide vraiment. Car,
accoucher sans arrêt, rend faible ». Propos de notre
enquêtée Mariam, femme âgée d'une quarantaine
d'année.
De plus, le soutien des proches renforce la confiance des
couples dans leur choix de contraception ou de méthode de planification
familiale, car ils se sentent épaulés et accompagnés dans
cette démarche. Les conseils et expériences partagés par
les amis et la famille aident à dissiper les mythes et les fausses
croyances entourant les méthodes contraceptives modernes.
6. Les facteurs socio-économiques
Hormis les acteurs ci-dessus, l'éducation et le statut
économique d'un couple sont des déterminants majeurs de la
fécondité. D'après notre interviewée
Mari, Femme de ménage affirme pour sa part :
« on veut beaucoup d'enfants c'est pour le travail. Les enfants
c'est la richesse et ça fait l'honneur. On veut beaucoup d'enfants pour
qu'ils nous aident dans les travaux. Aussi certains pensent qu'il faut faire
beaucoup d'enfants quand la mort décidera de prendre certains il nous
restera aussi mieux. »Toudey quant à
elle affirme que : « Ce qui encourage à faire
beaucoup d'enfants c'est aussi l'honneur lié au nombre d'enfants. Pour
un couple qui fait beaucoup d'enfant, quand ses enfants commencent à se
marier, ils encercleront la maison de leur père et on dira ici c'est
toute la famille de tel ou tel. »
D'après le résultat de notre investigation, le couple ayant un
niveau d'éducation élevé souhaite faire le planning
familial et avoir un nombre limité d'enfants. Par contre le mari ayant
une aisance financière, souhaite d'avantage augmenter les nombres de ses
épouses et avoir un grand nombre d'enfants pour augmenter les mains
d'oeuvre pour les travaux de champs.« La situation qui poussent
les couples Moussey à faire beaucoup d'enfants c'est pour que leur nom
soit connu et appelé partout. En plus on veut faire beaucoup d'enfants
pour les travaux. Quand on fait un peu d'enfants et que la mort
décidé de ramasser sa part, tu restes sans
enfants. » Propos de notre enquêté Oundaina.
Ces divers acteurs ont des impacts significatifs sur la
manière dont les couples Moussey prennent des décisions
concernant le nombre d'enfants qu'ils souhaitent avoir, ainsi que sur les
méthodes contraceptives modernes qu'ils choisissent d'utiliser pour
atteindre leurs objectifs en matière de fécondité.
II. LES NOMBRES MOYENS D'ENFANTS QU'UN COUPLE DOIT
AVOIR CHEZ LES MOUSSEY
Dans le cadre de présent mémoire portant sur la
perception et la représentation socioculturelle des méthodes
contraceptives modernes au Tchad, il nous apparaissait
intéressantd'explorer la question du nombre moyen d'enfants qu'un couple
doit avoir chez les Moussey.
Il faut noter que les normes et les attentes en matière
de fécondité peuvent varier en fonction des contextes
socioculturels, des croyances religieuses, des traditions et des valeurs
familiales propres à la communauté Moussey. La culture Moussey
valorise une grande descendance en tant que signe de fertilité et de
prospérité. Pour Toudey, « Si
ça dépendait de moi, je demanderai à Dieu de me donner 20
enfants. » Maria pour sa part,
« Les enfants vous savez que c'est le bonheur et les fruits d'un
mariage, donc moi je souhaite 22 enfants dans ma vie ». Il est
à noter que parmi tous nos enquêtés le choix minimal du
nombre d'enfant à avoir au sein du couple est de 12 enfants par femme.
Selon les données statistiques, le nombre moyen
d'enfants par femme au Tchad est d'environ 6. Et le nombre d'enfant par femme
en milieu Moussey est élevé par rapport à certaines
cultures. Cependant, le nombre idéal d'enfants que les couples
souhaitent avoir peut varier en fonction de divers facteurs tels que les
croyances culturelles, les conditions socio-économiques et
l'accès aux services de santé reproductive. Dans le cadre de
notre étude, il est important de mettre l'accent particulier sur la
notion de taux de « fécondité de
remplacement27(*) » qui est le nombre moyen d'enfants
par femme nécessaire pour maintenir une population stable à long
terme, sans immigration ni émigration.
Dans la plupart des pays développés, ce taux est
d'environ 2,1 enfants par femme. Au Tchad, le taux de fécondité
est beaucoup plus élevé que le taux de remplacement
théorique. Selon les dernières données disponibles, le
taux de fécondité au Tchad est d'environ 5,6 enfants par femme
selon l'enquête démographique et de la santé (l'EDS
2018). Il est important de noter que ce taux élevé n'est
pas nécessairement ce qu'un couple doit avoir, mais plutôt ce qui
est observé en moyenne. Les facteurs influençant ce taux
comprennent :
Il est important de noter que le nombre d'enfants qu'un couple
doit avoir est une question de choix personnel, influencée par la
culture, l'éducation, les ressources économiques, et
l'accès aux soins de santé, plutôt qu'une obligation
stricte.
À travers notre travail nous avons eu à
interroger sur comment les normes socioculturelles et les
représentations locales influencent les pratiques contraceptives
modernes chez les Moussey. Nous avons mis en lumière tous ces
éléments, pour une meilleure compréhension des dynamiques
de la fécondité au sein de cette population et à
suggérer de stratégies de santé reproductive plus
adaptées et inclusives.
III. LES PERCEPTIONS CULTURELLES DU NOMBRE D'ENFANTS
CHEZ LES MOUSSEY
Dans la société Moussey du Tchad, comme dans de
nombreuses sociétés africaines traditionnelles, la perception du
nombre d'enfants est fortement influencée par des facteurs culturels,
économiques et sociaux. Cette partie de notre mémoire a
exploré les différentes dimensions de cette perception culturelle
du nombre d'enfants en milieu Moussey et son impact sur l'utilisation des
méthodes contraceptives modernes.
Cependant, dans la culture Moussey, la perception du nombre
d'enfants est souvent influencée par des facteurs culturels, sociaux et
économiques. Avoir une grande famille est considéré comme
une source de richesse et de noble statut social. Sur cette même
idée notre enquêtée Toudey affirme
« celui qui a beaucoup d'enfants est perçu par la
communauté comme un riche. Les gens en dissent toujours que
celui-là a beaucoup d'enfants. Donc les enfants c'est la
richesse ». Avoir de nombreux enfants est souvent
valorisé car, cela signifie plus de main-d'oeuvre pour les travaux
agricoles, plus de soutien familial et une assurance pour la vieillesse. Notre
enquêtée Toudey poursuit ses propos dans ce
sens : « on veut beaucoup d'enfants c'est pour le travail.
Les enfants c'est la richesse et ça fait l'honneur. On veut beaucoup
pour qu'ils nous aident dans les travaux. Aussi certains pensent qu'il faut
faire beaucoup d'enfants quand la mort décidera de prendre certains, il
nous restera aussi mieux. » Les enfants sont perçus comme
des atouts précieux, car ils contribuent au développement
économique de la famille, aident les parents à garder les
bétails, assurent les travaux domestique, s'occupent des parents et
assurent la continuité de la lignée familiale.
D'après nos entretiens avec plusieurs membres de la
société Moussey, des grandes idées se dégagent pour
donner de la valeur aux enfants parmi lesquels nous avons :
1. Valeur sociale et économique des
enfants
Chez les Moussey, les enfants sont traditionnellement
perçus comme une richesse et une bénédiction. Notre
enquêtée Afiaaffirme, « celui qui
n'a pas d'enfant meurt toujours avec ses richesses puis après sa mort,
il n'y aura personne pour gérer ses biens
matériels. »Un nombre élevé d'enfants est
souvent associé à un statut social élevé et
à une plus grande prospérité. Pour comprendre cette
valeur, il est nécessaire d'examiner divers éléments comme
le bien-être des enfants, leur formation, leur santé et les
obstacles auxquels ils font face.
Les enfants sont considérés comme un soutien
important pour les familles dans la société Moussey du Tchad.Ils
contribuent aux tâches ménagères et agricoles dès
leur plus jeune âge avec une division sexuelle du travail.Les enfants
sont également perçus comme un investissement pour l'avenir,
notamment en termes de sécurité sociale pour les parents
âgés.
Les enfants participent aux activités
économiques telles que l'agriculture, l'élevage ou le commerce,
ce qui contribue aux revenus familiaux.Ils sont parfois perçus comme une
main-d'oeuvre bon marché dans certaines situations.
Toutefois, dans plusieurs foyers au Tchad, les enfants
participent directement au budget familial en travaillant de manière
informelle ou agricole. Cela est considéré comme une exigence
économique dans des conditions de ressources restreintes. Cependant,
cela soulève aussi des inquiétudes sur le travail des enfants et
leurs droits. Dans la communauté Moussey, le travail précoce des
enfants entrave leur formation scolaire et compromettent leur
développement mental et physique.
En dépit de ces apports potentiels, les enfants du
Tchad en général et plus spécifiquement les enfants
Moussey rencontrent divers obstacles importants : la pauvreté
persistante, les conflits armés, la malnutrition chronique et les
disparités d'accès aux services vitales. Non seulement ces
éléments restreignent leur potentiel personnel, mais
également celui de leurs communautés et pays.
En définitive, les enfants dans la
société Moussey ont une grande valeur sociale et
économique. « Une femme ou un homme qui n'a pas d'enfant
si elle/il meurt on l'enterre avec le charbon pour dire qu'il/elle a
laissé rien derrière lui et sa vie sur terre était
sombre. » affirme notre enquêté
Mounda. Mais, en milieu Moussey les enfants subissent
fréquemment un sous-développement en raison de plusieurs entraves
structurelles et socio-économiques. Il est primordial de maximiser cette
valeur en améliorant l'accès à l'éducation, en
consolidant les mesures de protection sociale pour empêcher
l'exploitation et en favorisant une vision globale du développement qui
prend en compte les exigences particulières des enfants.
2. Main-d'oeuvre agricole
Dans une économie principalement basée sur
l'agriculture et l'élevage, les enfants représentent une force de
travail essentielle pour la famille.D'après notre
enquêté Moussa, « ce qui poussait
nos parents à faire beaucoup d'enfants, c'est les besoins en mains
d'oeuvre pour labourer un large champ, car les enfants peuvent enrichir leurs
parents en les aidants à travailler dans les champs, garder les
bétails etc. »Baina chef de famille
marié à 06 femmes, pour sa part ajoute, « pour nous
les cultivateurs, on se marie à beaucoup des femmes pour la main
d'oeuvre. Avec un nombre des femmes important, on pourra avoir beaucoup
d'enfants et cela nous permet de labourer un large champ. »
3. Sécurité sociale
En l'absence d'un système de retraite formel, les
enfants sont considérés comme une assurance pour les vieux jours
des parents dans la société Moussey. C'est sur cette même
affirmation notre enquêté Mounouna affirme
que : « Les enfants c'est le bonheur de la famille. Quand un
homme voit son enfant il est heureux et content, c'est la fierté. Les
enfants aussi c'est l'avenir quand le papa est vieux et ils peuvent le relever
dans l'avenir. »
Cela nous laisse entendre que c'est pour la
sécurité sociale que les Moussey veulent beaucoup d'enfants. Car,
quand tu as beaucoup d'enfants la société Moussey te respecte
« sa'a gora coco na sem fi ngara 28(*)».
4. Continuité du lignage
Une descendance nombreuse assure la pérennité du
nom familial et des traditions.Pour notre enquêté Ndimma :
« les enfants assurent la pérennité du nom de
l'individu et même après la mort. Cela est plus important pour
enfants garçons ». Cette perception sur le nombre
d'enfants a une incidence sur le nombre d'enfant au sein d'un couple Moussey.
Le fait d'avoir beaucoup ou moins d'enfants au sein du couple Moussey est
impacté par plusieurs facteurs, tels que les valeurs familiales, les
ressources économiques disponibles, ou encore l'impact sur la dynamique
familiale. La taille de la famille en milieu Moussey est une construction
sociale et varie selon les contextes culturels et historiques.Ainsi, la
descendance nombreuse des Moussey peut changer leur perception du nombre
d'enfants, en le rendant plus flexible et adapté à leur
réalité familiale.
5. Influence des croyances religieuses et
traditionnelles
Les croyances culturelles Moussey et l'islam ne fixent aucune
limite pour le nombre d'enfants qu'un couple doit avoir. Cependant, ces
religions encouragent une descendance nombreuse et instruites les parents
à assumer la responsabilité de l'éducation et du
bien-être de leurs enfants. Ces croyances jouent un rôle important
dans la perception du nombre d'enfants parmi lesquels le peuple Moussey affirme
que les enfants c'est la bénédiction divine. Lafertilité
est souvent vue comme un don de Dieu ou des
ancêtres.« C'est Dieu qui donne les enfants. Un homme
Moussey qui a assez d'enfants est un béni de Dieu. »
Affirme notre enquêté Mana.
La religion joue un rôle significatif dans la
décision du nombre d'enfants qu'un couple souhaite avoir. Cette
influence se manifeste à travers les enseignements religieux, les
valeurs culturelles associées à la religion, et les normes
sociales qui dissuadent les couples d'avoir plus d'enfants. Les religions
encouragent souvent la procréation, avec de nombreuses traditions
chrétiennes, islamiques valorisant la famille et la maternité.
Ces enseignements peuvent encourager les couples à avoir plus d'enfants,
car ils croient que les enfants sont une bénédiction et un devoir
moral.
6. Les rôles de genre
Les rôles de genre favorisent souvent les femmes en tant
que principales responsables de l'éducation des enfants et des
tâches ménagères, ce qui peut influencer le désir
d'avoir plusieurs enfants. Dans la société Moussey, les attentes
sociétales poussent les femmes à avoir plus d'enfants pour
répondre aux normes familiales.
L'inégalité des sexes a également
été associée à une augmentation de la
fécondité dans certains contextes. Car, cela pourrait
réduire le nombre d'enfants en raison de priorités
professionnelles ou personnelles accrues. Cependant, lorsque les femmes ont
accès à l'éducation et aux ressources, cela peut conduire
à une intention plus élevée d'avoir des enfants.
« Ce qui m'a poussé à faire beaucoup d'enfants,
c'est la recherche des enfants garçons. J'avais accouché
successivement 05 filles et comme vous le savais, une femme qui n'a pas
accouché des enfants garçons n'a pas trop de valeur au sein de la
société, je me suis mis à chercher l'enfant de sexe
masculin en allant chez les voyants et marabouts. Dieu merci ma dernière
grossesse j'ai pu accoucher un enfant garçon. » Affirme
notre enquêtée Fati.
L'impact de la religion sur la natalité varie
considérablement en fonction des contextes culturels et
géographiques. Par exemple, dans les pays où l'islam est
dominant, les taux de natalité sont plus élevés que dans
les pays aux valeurs plus laïques.
7. Pratiques polygames
La polygynie, trop pratiquée dans la
société Moussey, favorise la progéniture nombreuse. La
polygamie, la pratique de se marier avec plusieurs partenaires
simultanément, est une institution sociale dans de nombreuses
sociétés africaines, influençant la dynamique familiale et
le nombre d'enfants qu'un couple peut avoir. Les facteurs influençant
incluent les normes culturelles et sociales, les ressources économiques,
l'accès aux soins de santé et l'éducation.
« Chez nous les Moussey, celui qui veut beaucoup d'enfants doit
nécessairement se marier à beaucoup des femmes. Cela n'est pas
seulement bénéfique pour une progéniture nombreuse, mais
pour une main d'oeuvre agricole importante ». Affirme notre
interviewé Ndimma.
Les normes culturelles et sociales jouent un rôle
significatif dans l'adoption de la polygamie dans la
sociétéMoussey. Les hommes qui peuvent avoir plusieurs
épouses sont souvent respectés et admirés, ce qui peut
entraîner une augmentation du nombre d'enfants. Dans certains cas, dans
la société Moussey, il y a une pression sociale pour que les
femmes aient plusieurs enfants afin de renforcer les liens familiaux et
d'assurer un soutien économique à long terme.
Les ressources économiques jouent également un
rôle crucial dans la capacité de la famille à soutenir un
grand nombre d'enfants. Dans les systèmes de polygamie, les ressources
peuvent être partagées entre plusieurs épouses et leurs
enfants, augmentant potentiellement le nombre total d'enfants par rapport aux
structures de monogamie. Cependant, cela dépend de la gestion des
ressources par le mari et des dynamiques internes entre les
coépouses.
L'accès aux services de santé est
également crucial pour déterminer le nombre d'enfants
souhaité par une femme. Dans les sociétés où les
femmes ont accès à l'éducation et sont sensibles aux
droits reproductifs, le désir d'avoir moins d'enfants augmente.
Démographiquement, la polygamie a un taux de natalité plus
élevé dans certaines régions africaines par rapport aux
sociétés monogames. En conclusion, la polygamie influence de
manière significative le nombre d'enfants dans les couples Moussey, mais
son impact varie considérablement en fonction des normes culturelles
locales, des ressources économiques disponibles, de l'accès aux
services de santé et du niveau d'éducation des femmes.
8. Rites et coutumes
Les rituels et coutumes jouent un rôle crucial dans la
manière dont nous percevons la famille et la reproduction. En
renforçant l'importance de la famille et en créant des attentes
sociales autour de la procréation, ils peuvent en effet influencer le
nombre d'enfants que les couples décident d'avoir. Selon Pierre
Bourdieu, ces traditions façonnent nos choix en matière de
reproduction en imprégnant notre inconscient de normes et de valeurs
familiales.
Une étude menée par l'Institut National
d'ÉtudesÉconomiques et Démographiques du Tchad a
montré que dans les sociétés où les rituels
familiaux sont fortement ancrés, le taux de natalité est plus
élevé. En effet, ces rituels renforcent le lien familial et
incitent les couples à envisager une famille nombreuse comme un
idéal à atteindre. De plus, ils peuvent également
créer une pression sociale sur les individus pour qu'ils se conforment
aux attentes de leur communauté en matière de reproduction.
Ainsi, il est essentiel de prendre en compte l'impact des
rituels et coutumes sur nos choix en matière de procréation. En
comprenant comment ces traditions influencent nos comportements et nos
décisions, nous pouvons mieux appréhender les mécanismes
qui sous-tendent les dynamiques démographiques de nos
sociétés.
9. Statut de la femme
Cette vision réductrice de la femme en tant que simple
reproductrice est non seulement dégradante, mais elle limite
également ses opportunités et son autonomie dans la
société. En réalité, les femmes ont bien plus
à offrir que leur capacité à procréer. Elles
possèdent des compétences, des talents et des capacités
intellectuelles qui peuvent contribuer de manière significative au
développement et à la prospérité de la
société.
Selon une étude menée par l'Organisation
mondiale de la santé, les pays qui accordent davantage de droits et
d'opportunités aux femmes ont tendance à être plus
prospères et plus égalitaires. En valorisant pleinement les
femmes dans tous les domaines de la société, non seulement elles
pourront s'épanouir pleinement, mais cela bénéficiera
également à l'ensemble de la communauté.
10. Préférence pour les enfants
garçons
Dans la culture Moussey, la valeur des enfants n'est pas le
même selon les sexes. Le Moussey exprime un grand désir aux
enfants garçons. « Le garçon constituent une force
familiale et c'est eux qui pérennisent le lien familial. Car, quel qu'en
soit son niveau d'étude et son statut, la fille va se marier et
abandonner sa famille et s'affilier à une nouvelle famille. Celui qui
n'a pas fait d'enfants garçons même s'il accouche 20 filles, il
n'est pas différent d'un infertile. » Ce désir
d'avoir des garçons favorise des grossesses
répétées. L'influence des préférences pour
les garçons sur le nombre d'enfants d'un couple est complexe et
multidimensionnelle, impliquant des facteurs culturels, psychologiques,
économiques et sociaux.
Les préférences culturelles et sociales pour les
garçons sont influencées par les rôles de genre
traditionnels, les noms de famille ou le soutien économique que les
enfants sont perçus comme pouvant apporter. Les parents ressentissent
une pression sociale ou familiale pour avoir un garçon, ce qui peut
influencer leur désir d'augmenter le nombre total d'enfants. Cette
pression entraîne des sentiments de déception ou de frustration si
un couple n'a pas d'enfant du sexe désiré après plusieurs
tentatives.« J'ai accouché 03 filles, mon mari a vu que je
ne l'ai pas accouché un garçon, il s'est marié avec une
autre femme. J'implore Dieu s'il pouvait même me donner seulement 02
garçons, je serai heureuse ». Affirme notre
enquêtée Alice.
En conclusion, la préférence pour les enfants de
sexe masculin influence significativement le nombre d'enfants d'un couple,
influencée par divers facteurs culturels, psychologiques et
économiques.
11. Pression sociale
Cette pression sociale peut provenir de différents
facteurs tels que les normes culturelles, les attentes familiales ou même
les valeurs religieuses. Par exemple, dans certaines cultures, avoir beaucoup
d'enfants est considéré comme une source de richesse et de
fierté pour la famille, ce qui pousse les couples à en avoir
davantage.De plus, des études ont montré que la pression sociale
peut avoir un impact significatif sur la décision d'avoir des enfants.
Une recherche menée par des sociologues a révélé
que les individus sont plus enclins à suivre les normes sociales en
matière de fécondité, ce qui signifie qu'ils sont plus
susceptibles d'avoir un nombre d'enfants similaire à celui de leur
entourage proche.En outre, la pression sociale peut également influencer
la perception des couples sur la taille idéale de leur famille. En se
conformant aux attentes de la société, certains couples peuvent
se sentir obligés d'avoir plus d'enfants qu'ils ne le souhaitent
réellement, ce qui peut entraîner du stress et des
difficultés dans leur relation.En fin de compte, il est important pour
les couples de prendre des décisions en matière de
fécondité qui correspondent à leurs propres valeurs et
aspirations, plutôt que de céder à la pression sociale.
Comme le souligne le sociologue Pierre Bourdieu, "la reproduction sociale
s'exerce par l'intermédiaire des attitudes, des comportements et des
aspirations des individus, qui intègrent et reproduisent les normes et
les valeurs de la société". Ainsi, il est crucial de remettre en
question ces normes et de prendre des décisions éclairées
en matière de procréation.
12. Conditions socio-économiques
Dans Les conditions socio-économiques jouent un
rôle crucial dans les décisions liées à la
fécondité et à la structure familiale. Les familles
pauvres peuvent voir les enfants comme une forme d'assurance pour leur propre
sécurité financière, les poussant ainsi à favoriser
la procréation précoce et à valoriser le travail des
enfants. D'autre part, les familles chrétiennes et
éduquées ont souvent accès à des informations et
des ressources qui leur permettent de faire des choix éclairés en
matière de planning familial. Pour ces familles, la qualité de
vie et l'éducation des enfants priment sur la quantité, les
incitants à avoir moins d'enfants pour pouvoir subvenir à leurs
besoins de manière plus adéquate. Selon une étude
menée par l'UNICEF, les adolescentes issues de milieux
défavorisés ont plus de risques de tomber enceintes que celles
provenant de familles aisées. Ces chiffres soulignent l'impact des
conditions socio-économiques sur les décisions en matière
de fécondité et mettent en lumière l'importance de
politiques et de programmes visant à offrir un accès
équitable à l'éducation et aux services de santé
reproductive pour toutes les couches de la société. En
conclusion, il est essentiel de prendre en compte les conditions
socio-économiques dans l'analyse des choix familiaux, afin de concevoir
des politiques adaptées et inclusives qui permettent à chaque
individu de prendre des décisions éclairées et autonomes
en matière de reproduction.
13. Les défis modernes
Malgré la persistance de ces perceptions
traditionnelles, nous observons une évolution progressive des
comportements de certains Moussey face aux réalités
contemporaines.
Impact du modernisme sur la conception du nombre d'enfants
dans un couple est un sujet captivant nécessitant une analyse
approfondie. Dans le cadre de votre étude sur la perception des
méthodes contraceptives modernes chez les Moussey au Tchad, il est
essentiel d'explorer comment les idées modernistes ont influencé
la planification familiale. Le modernisme a profondément
transformé la façon dont les individus considèrent la
famille, la parentalité et la fertilité. Chez les Moussey, ces
idées peuvent remettre en question les notions traditionnelles de
famille et influencer la décision quant au nombre d'enfants à
avoir.
Les valeurs de liberté, d'autonomie et de choix
personnel associées au modernisme peuvent impacter la perception de la
taille de la famille par les couples Moussey. Les avancées
technologiques et l'accès à l'information sur la contraception
jouent également un rôle dans la redéfinition des normes
liées à la procréation.Il est crucial d'étudier la
manière dont ces influences modernistes s'imbriquent avec les normes
culturelles et les traditions ancestrales chez les Moussey. Comprendre les
interactions complexes entre modernisme et tradition permet de mieux
appréhender les enjeux et les opportunités liés à
la santé reproductive et à la planification familiale au sein de
cette communauté
En conclusion, l'analyse de l'influence du modernisme sur la
perception du nombre d'enfants chez les Moussey offre un éclairage
précieux sur l'évolution des mentalités en matière
de fécondité et de parentalité, en tenant compte des
dynamiques culturelles et sociales spécifiques à cette
population.
13.1. Urbanisation
L'exode rural et l'adoption de modes de vie urbains modifient
les perceptions sur la taille idéale de la famille.
13.2. Accès à l'information
En effet, des études ont montré que dans les
sociétés où la perception culturelle du nombre d'enfants
est élevée, l'utilisation des méthodes contraceptives
modernes est souvent limitée. Les croyances endogènes sur la
procréation et la famille peuvent créer des barrières
à l'accès aux informations essentielles en matière de
santé reproductive.
Ainsi, il est primordial de sensibiliser les individus de la
société Moussey sur l'importance du planning familial et de
l'accès aux méthodes contraceptives modernes. En leur fournissant
des informations précises et en les éduquant sur les options qui
s'offrent à eux, nous pouvons contribuer à une prise de
décision éclairée et autonome en matière de
santé reproductive.
Comme le dit si bien Margaret Sanger, fondatrice du mouvement
pour le contrôle des naissances : « La liberté de
planifier quand et comment avoir des enfants est fondamentale pour le
bien-être des individus et des sociétés. »
Il est donc crucial de briser les tabous et les barrières culturelles
qui restreignent l'accès à l'information en matière de
santé reproductive, afin de permettre à chacun de faire des choix
en toute connaissance de cause et dans le respect de ses droits fondamentaux.
14. Résistance culturelle
Les valeurs traditionnelles constituent un frein à
l'adoption de la contraception. La résistance culturelle envers la
contraception peut venir de croyances religieuses, de traditions familiales ou
de pressions sociales. Dans certaines cultures, la contraception est
perçue comme contraire aux normes établies depuis longtemps. Cela
peut être dû au fait que la procréation est
considérée comme un devoir sacré et limiter la taille de
la famille peut être mal vu. Il est important de comprendre ces
résistances pour mettre en place des programmes de sensibilisation
efficaces. L'éducation peut aider à changer les attitudes
même dans des contextes conservateurs. Il est essentiel d'aborder ces
questions de manière respectueuse et inclusive. Travailler en
collaboration avec les communautés locales est essentiel pour promouvoir
des choix reproductifs autonomes et informés. Comme le dit un proverbe
Moussey, « Il faut tout un village pour élever un
enfant ».
15. Conflit de valeurs
L'utilisation de contraceptifs est perçue comme allant
à l'encontre des croyances religieuses et traditionnelles. Ce conflit de
valeurs peut être très préjudiciable pour les individus qui
souhaitent utiliser des contraceptifs pour des raisons de santé ou de
planification familiale. Selon une étude menée par l'Organisation
mondiale de la santé, l'accès aux contraceptifs modernes permet
de réduire le nombre de grossesses non désirées, ce qui
contribue à la santé maternelle et à la réduction
de la mortalité infantile.
Il est également important d'éduquer et de
sensibiliser les communautés sur l'importance des contraceptifs et de
promouvoir le dialogue interculturel pour surmonter les obstacles liés
aux différences de valeurs. En fin de compte, il s'agit de trouver des
solutions qui respectent à la fois les convictions individuelles et les
impératifs de santé publique.
16. Négociation familiale
La décision d'utiliser des contraceptifs implique
souvent des négociations au sein du couple et de la famille
élargie. Cette analyse de la perception culturelle du nombre d'enfants
dans la société Moussey met en lumière la
complexité des facteurs influençant les choix reproductifs. Elle
souligne l'importance de prendre en compte ces perceptions culturelles dans
l'élaboration de programmes de planification familiale et de promotion
des méthodes contraceptives modernes au Tchad.
En effet, la perception du nombre d'enfants n'est pas statique
chez les Moussey. En raison de l'évolution des conditions
socio-économiques, l'accès accru à l'éducation et
l'influence des médias modernes, tout cela a contribué des
modifications des attitudes et des comportements en matière de
procréation.
En revanche, les croyances culturelles Moussey entrent de plus
en plus en conflit avec l'utilisation des contraceptifs modernes. Certains
membres de la communauté Moussey perçoivent ces méthodes
comme allant à l'encontre des normes traditionnelles et religieuses et
se montrent hostiles à leur utilisation.
IV. LA DÉCISION DU NOMBRE D'ENFANTS DANS UN
COUPLE CHEZ LES MOUSSEY
Dans la société Moussey du Tchad, la
décision concernant le nombre d'enfants à avoir est un processus
complexe, influencé par divers facteurs socioculturels,
économiques et personnels. Nous avons examiné les
mécanismes de prise de décision et les influences qui s'exercent
sur les couples Moussey en matière de procréation.
1. Structures décisionnelles
familiales
La décision du nombre d'enfants n'est
généralement pas le fait d'un individu isolé, mais
s'inscrit dans un cadre familial plus large. La structure familiale joue un
rôle crucial dans la détermination du nombre d'enfants qu'un
couple choisit d'avoir. Cette influence peut être analysée sous
plusieurs dimensions, y compris la composition familiale, les valeurs
culturelles, les facteurs économiques et l'éducation.
Le type de structure familiale (nucléaire,
élargie, monoparentale) impacte directement le désir d'avoir des
enfants. Les familles nucléaires, composées de deux parents et de
leurs enfants, ont tendance à avoir des préférences
différentes par rapport aux familles élargies avec plusieurs
générations vivant ensemble. Dans les familles élargies,
il peut y avoir une pression sociale ou un soutien accru pour avoir plus
d'enfants en raison des ressources partagées et du soutien familial.
Les valeurs culturelles influencent également le nombre
d'enfants qu'un couple souhaite avoir. Dans certaines cultures, avoir une
grande famille symbolise la prospérité et la continuité.
Les facteurs économiques jouent également un rôle dans le
choix du nombre d'enfants. Les couples avec des ressources financières
limitées peuvent choisir d'avoir moins d'enfants en raison des
coûts associés. Inversement, les couples disposant de meilleures
ressources ou de politiques favorables peuvent être plus enclins à
avoir une famille plus nombreuse.
L'éducation et l'emploi jouent également un
rôle significatif dans la décision d'avoir des enfants. Les
niveaux d'éducation élevés tendent à retarder la
maternité/paternité et encouragent les femmes à se
concentrer sur leur carrière. Les politiques publiques qui soutiennent
la parentalité peuvent encourager les couples à avoir plus
d'enfants en réduisant les obstacles financiers ou logistiques.
2. Rôle du patriarche
La figure du patriarche joue un rôle essentiel dans de
nombreuses familles Moussey en ce qui concerne les décisions
reproductives. En tant que chef de famille, souvent le père ou le
grand-père, il détient une influence significative sur les choix
liés à la reproduction.
D'une part, il est courant que le patriarche ait le dernier
mot dans les négociations conjugales concernant le nombre d'enfants
à avoir. Bien que des discussions puissent avoir lieu au sein du couple,
la voix de l'homme est souvent prépondérante dans cette prise de
décision. Cette tradition peut être ancrée dans les valeurs
familiales et culturelles transmises de génération en
génération.
D'autre part, l'influence de la belle-famille, et en
particulier des parents du mari, peut également peser dans la balance.
Ces derniers peuvent exercer une pression pour avoir plus d'enfants, en
particulier si la femme n'a pas encore donné naissance à un
garçon pour perpétuer le nom de famille. Cette pression sociale
peut parfois être difficile à ignorer pour le couple, et le
patriarche joue alors un rôle central dans la gestion de ces attentes
familiales.
Cette dynamique met en lumière l'importance des figures
masculines dans les prises de décision liées à la
reproduction au sein de la société Moussey. Il est essentiel de
prendre en compte ces facteurs culturels et sociaux pour comprendre les choix
familiaux en matière de fécondité. Comme le souligne le
sociologue Pierre Bourdieu, "la famille est le premier lieu où l'on
apprend.
3. Facteurs socioculturels influençant la
décision
Plusieurs éléments socioculturels entrent en jeu
dans la décision du nombre d'enfants en milieu Moussey :
- Prestige social : Un grand nombre d'enfants est souvent
associé à un statut social élevé et à la
virilité pour les hommes.
- Pression communautaire : La communauté peut exercer
une influence indirecte à travers des commentaires, des comparaisons ou
des attentes exprimées lors de rassemblements sociaux.
- Croyances religieuses : Les convictions religieuses peuvent
encourager une progéniture nombreuse, considérée comme une
bénédiction divine.
4. Considérations
économiques
Les facteurs économiques jouent un rôle de plus
en plus important dans la décision du nombre d'enfants en milieu
Moussey. Dans les familles pauvres, les enfants sont souvent perçus
comme une source de main-d'oeuvre et de revenu supplémentaire. Cela peut
conduire à des mariages précoces et à des grossesses
multiples, même si les risques pour la santé de la mère et
de l'enfant sont accrus. Les ressources économiques du ménage
influencent directement la décision d'avoir plus ou moins d'enfants. En
plus, la perception des enfants comme investissement et de revenus futurs,
influence ainsi la décision d'en avoir plus.
5. Facteurs liés à la
santé
Les préoccupations de santé influencent de plus
en plus les décisions reproductives de la société
contemporaine Moussey :
- Santé maternelle : Les risques liés aux
grossesses multiples peuvent inciter certains couples à limiter le
nombre d'enfants.
- Espacement des naissances : La compréhension de
l'importance de l'espacement pour la santé de la mère et de
l'enfant peut influencer la planification familiale.
- Accès aux soins de santé : La
disponibilité et la qualité des services de santé
maternelle et infantile peuvent affecter les décisions reproductives.
6. Le niveau d'éducation
L'accès à l'éducation, en particulier
pour les filles, est un facteur déterminant dans la décision du
nombre d'enfants. Les femmes instruites ont tendance à avoir moins
d'enfants et à se marier plus tard, car elles ont d'autres aspirations
et opportunités dans la vie.
L'accès aux services de santé reproductive : La
disponibilité et l'accessibilité des services de planification
familiale et de santé maternelle peuvent influencer les choix des
couples en matière de procréation. Cependant, l'accès
à ces services reste limité dans certaines régions du
Tchad, en particulier dans les zones rurales.
Les préférences individuelles du couple : En fin
de compte, la décision du nombre d'enfants est une décision
personnelle qui devrait être prise par le couple en concertation. Il est
important que les deux partenaires soient en mesure de discuter ouvertement de
leurs désirs et de leurs aspirations, et de prendre une décision
éclairée qui correspond à leurs projets de vie.
Il est important de noter que la situation est en train
d'évoluer au Tchad. La sensibilisation aux questions de santé
reproductive et familiale augmente, et les couples tchadiens ont de plus en
plus la possibilité de faire des choix éclairés quant
à leur avenir familial. Au sein de la société Moussey du
Tchad, la décision du nombre d'enfants à avoir au sein du couple
est influencée par une multitude de facteurs, imbriqués dans les
valeurs culturelles, les réalités socio-économiques et les
croyances ancestrales. Au sein de la société Moussey du Tchad est
un processus complexe, influencé par des facteurs culturels,
socio-économiques et ancestraux. Néanmoins, l'évolution
sociétale et l'accès à l'information permettent aux
couples de faire des choix plus libres et responsables quant à leur
avenir familial. La décision du nombre d'enfants dans la
société Moussey du Tchad est le résultat d'un
équilibre complexe entre traditions, pressions sociales,
réalités économiques et aspirations personnelles. Bien que
les facteurs traditionnels exercent encore une influence significative, on
observe une évolution progressive vers une approche plus
réfléchie et planifiée de la procréation,
particulièrement chez les jeunes générations et en milieu
urbain. Cette évolution ouvre des perspectives pour une meilleure
acceptation et utilisation des méthodes contraceptives modernes, tout en
soulignant l'importance d'une approche sensible aux spécificités
culturelles dans les programmes de planification familiale.
V. LES RAISONS DE LA PRÉFÉRENCE D'UNE
PROGÉNITURE NOMBREUSE CHEZ LES MOUSSEY
La préférence pour une progéniture
abondante chez les Moussey est influencée par plusieurs facteurs
culturels, économiques et sociaux propres à cette
communauté spécifique.
Sur le plan culturel, la famille est considérée
comme une unité centrale de la vie sociale, et une descendance nombreuse
est valorisée en tant que symbole de réussite et de pouvoir au
sein de la communauté Moussey. De plus, dans la culture Moussey, avoir
de nombreux enfants est perçu comme un moyen de garantir une
sécurité financière et un soutien familial en cas de
besoin. « C'est pour la gloire qu'on veut beaucoup d'enfants.
Car, quand tu as beaucoup d'enfants la société Moussey te
respecte « sa'a gora coco na sem fi ngara 29(*)». »
Sur le plan économique, une progéniture
abondante est considérée comme une main-d'oeuvre potentielle pour
les activités agricoles, pastorale contribuant ainsi à la
subsistance de la famille et à la prospérité
économique. De plus, dans la société Moussey, les
enfants sont considérés comme une assurance vieillesse pour les
parents. Les parents Moussey comptent sur leur soutien à l'âge
avancé. « On perçoit celui qui a beaucoup d'enfants
comme un riche. Parce-que les enfants travail et cet homme ne manquerai pas de
récolter une grande quantité des miles. » Affirme
Assabaksou notre enquêté père d'un enfant âgé
de 24 ans.
Enfin, sur le plan social, une progéniture abondante
est perçue comme un statut social élevé et une source de
fierté pour les parents, renforçant ainsi leur position au sein
de la communauté. La préférence des enfants de sexe
masculin influence également le nombre d'enfant au sein du couple. Dans
la société Moussey, la valeur des enfants ne pas le même
selon le sexe masculin et féminin. Le couple Moussey priorise les
enfants garçons que des filles. Un couple qui a accouché beaucoup
des filles sans accoucher un enfant garçon va solliciter davantage les
grossesses pour espérer un enfant garçon. La recherche d'un
enfant de sexe masculin pousse également certain conjoint de se marier
à d'autres femmes.
Il est important de noter que les raisons de la
préférence pour une progéniture abondante varient d'une
personne à l'autre, d'un couple à l'autre et sont
influencées réciproquement par un ensemble complexe de facteurs
culturels, économiques et sociaux.
v Raisons culturelles et sociales
La préférence des Moussey pour une grande
famille est profondément ancrée dans leur structure sociale et
culturelle. Cette préférence est influencée par des
motivations sociales et culturelles, ainsi que par la continuité des
liens familiaux et des traditions. La présence de nombreux enfants
assure la continuité des liens familiaux, un élément
essentiel de leur identité culturelle. Dans la cosmologie de Moussey, la
présence d'une grande famille est souvent perçue comme un signe
de grâce divine, favorisant le respect et l'admiration. Les grandes
familles ont généralement une plus grande influence dans les
décisions communicatives, leur voix ayant plus de poids dans les
assemblées traditionnelles. La présence d'un grand réseau
familial encourage l'intimité et la solidarité au sein de la
famille, et chaque enfant est une occasion de renouveler les alliances par le
mariage. La culture Moussey valorise le rôle de la mère et le
grand groupe familial est considéré comme plus capable de faire
face aux défis externes. Cependant, en raison des défis sociaux
et contemporains, ces représentations traditionnelles peuvent changer,
nécessitant un équilibre délicat entre la
préservation des valeurs culturelles et l'adaptation aux défis
actuels.
v Raisons économiques
Les Moussey privilégient une structure familiale
nombreuse en raison de leur structure socio-économique. Les enfants
jouent un rôle crucial dans les activités agricoles de la famille,
contribuant aux revenus de la famille. Sans systèmes de retraite
formels, ils sont considérés comme une garantie pour les parents
âgés, assurant leur sécurité économique
future. Une grande famille peut élargir son potentiel agricole et
économique, créer des alliances et contribuer aux réseaux
économiques de la communauté. Cette préférence pour
les grandes familles reflète une stratégie d'adaptation visant
à maximiser les ressources économiques et à assurer la
sécurité familiale à long terme dans les contextes ruraux
et agricoles.
v Raison religieuse
La tendance des Moussey à privilégier une grande
famille est profondément ancrée dans leurs pratiques religieuses
et leurs cosmologies. On voit souvent dans cette préférence une
manifestation de la grâce divine, un acte spirituel et une
bénédiction divine. D'un autre côté, une famille
moins nombreuse est perçue comme un signe de faiblesse divine ou de
méchanceté, incitant les couples à rechercher une famille
importante afin de démontrer leur foi et leur spiritualité.
Selon les Moussey, les enfants sont perçus comme des
liens vivants avec le monde des ancêtres, garantissant ainsi la
continuité des rituels et des sacrifices à leurs pères. La
réincarnation et le cycle de la vie peuvent être inclus dans
certaines cosmologies de Moussey, où les enfants sont perçus
comme des âmes anciennes qui se sont réincarnées dans le
monde.
CONCLUSION PARTIELLE
Dans ce chapitre, nous étudions les divers acteurs au
sein de la communauté Moussey qui ont un impact sur la
fécondité, la procréation et le contrôle de
naissances. Les acteurs tel que : les leaders traditionnels, les maris,
des communautés et des institutions éducatives jouent des
rôles importants dans la construction des attitudes à
l'égard de la fécondité.
Parlant de nombre d'enfant qu'un couple Moussey doit avoir,
cela varie en fonction de divers éléments, tels que la situation
économique, l'éducation, les situations familiales et les
représentations culturelles. En ce qui concerne l'économie, les
enfants sont considérés comme une source d'emploi essentielle
pour la famille, contribuant ainsi à l'évolution de leurs revenus
agricoles et bien d'autres. En milieu Moussey, l'éducation joue
également un rôle crucial dans la fertilité et la
reproduction en favorisant l'utilisation des méthodes de contraception
modernes.
Les opinions culturelles concernant la fécondité
chez les Moussey comprennent des convictions religieuses, des normes
culturelles et sociales, ainsi que l'influence des établissements de
santé et d'éducation. Le recours aux méthodes
contraceptives modernes pour contrôler les naissances est
découragé par les croyances religieuses, tandis que la pression
sociale dissuade les couples de se conformer aux attentes de la
communauté.
L'échange entre ces acteurs génère un
environnement complexe où se rencontrent les traditions, les innovations
sociales et les politiques publiques. Il est essentiel d'adopter une approche
collaborative afin d'aborder de manière efficace les problèmes de
fertilité dans la communauté de Moussey, en mettant en place des
dialogues inclusifs, des programmes éducatifs sensibles et un soutien
institutionnel renforcé. En comprenant l'interaction entre ces acteurs,
on peut mieux comprendre la fertilité et élaborer des
stratégies efficaces pour l'améliorer tout en préservant
leur patrimoine culturel exceptionnel.
CHAPITRE CINQUIÈME : PRATIQUES ET SAVOIRS
ENDOGÈNES DE LA CONTRACEPTION CHEZ LES MOUSSEY
INTRODUCTION PARTIELLE
Le peuple Moussey possède un riche patrimoine culturel
qui comprend des pratiques et des connaissances locales liées à
la contraception. Dans cette partie de notre mémoire nous avons
exploré les pratiques et croyances traditionnelles Moussey en
matière de contraception. Comprendre les pratiques endogènes et
les connaissances en matière de contraceptions traditionnelles au sein
de la société Moussey était crucial pour nous afin de
mieux comprendre les attitudes de la population à l'égard des
méthodes contraceptives modernes.
Cependant, il faut noter que le peuple Moussey n'a pas attendu
l'arrivée de la médecine conventionnelle pour développer
leurs propres techniques et savoirs contraceptifs afin de contrôler leur
santé reproductive. Il utilise depuis longtemps des méthodes de
contraception endogènes profondément enracinées dans ses
traditions culturelles. Ces pratiques impliquent souvent l'utilisation
d'herbes, des racines, des rituels ou d'autres techniques culturelles
transmises de génération en génération. Pendant nos
séjours dans la société Moussey, nous avons pu approfondir
nos connaissances sur leurs pratiques contraceptives endogènes, pour
décrire fidèlement les complexes dont les Moussey gèrent
et contrôle leur fécondité et leur procréation.
I- LES PRATIQUES CONTRACEPTIVES
ENDOGÈNESAUXQUELLES LES MOUSSEY ONT RECOURS
Les pratiques contraceptives endogènes chez les Moussey
représentent l'ensemble des connaissances et pratiques locales connues
et transmises d'une génération à une autre, dans le but de
prévenir et de réduire les chances de grossesse. Les
méthodes culturelles de contraception chez les Moussey s'appuient sur
les propriétés contraceptives de certaines plantes, herbes,
racines et d'autres pratiques sociales. En effet, nous avons observé que
les pratiques contraceptives endogènes sont variables au sein de la
communauté Moussey en fonction des catégories sociales, de
l'âge et du sexe. Ces méthodes s'inscrivent dans un contexte
culturel et traditionnel plus large.
Les pratiques contraceptives traditionnelles du peuple Moussey
sont souvent partagées au sein de la communauté à travers
les traditions orales et le transfert de connaissances entre les
générations. Les aînés et les membres
expérimentés de la communauté jouent un rôle crucial
dans la transmission d'informations sur les méthodes traditionnelles de
contraception aux plus jeunes. Les pratiques contraceptives endogènes en
milieu Moussey sont de deux types, à savoir : les pratiques
traditionnelles basées sur l'utilisation des plantes et des
méthodes naturelles basées sur les connaissances pouvant
empêcher la conception.
1. Les pratiques contraceptives culturelles
basées sur l'utilisation des plantes et produits locaux chez les
Moussey
1.1. Jatropha
Linné a décrit et nommé l'espèce
Jatropha curcas dans Species plantarum (1753). Le nom de genre Jatropha est
composé de deux noms grecs iatros « médecin » et
trofé « nourriture » soit « nourriture de médecin
». Achille Ephrem Assogbado, Guillaume Amadi et al. Evaluation
écologique et ethnobotanique de Jatropha curcas au Benin. Journal
international de science biologique et chimique octobre 2009.Le jatropha
(Jatropha curcas), plante arbustive originaire d'Amérique centrale mais
largement répandue en Afrique, joue un rôle significatif dans la
pharmacopée traditionnelle des Moussey. Parmi ses nombreuses
applications médicinales, son utilisation comme méthode
contraceptive traditionnelle a attiré notre attention
particulière.
Les Moussey emploient principalement les écorces et les
feuilles du jatropha dans leur pratique contraceptive. La méthode
consiste généralement à préparer une
décoction à partir de ces parties de la plante, que les femmes
consomment régulièrement pour prévenir la grossesse. Cette
pratique s'inscrit dans un contexte plus large de gestion de la
fertilité et de planification familiale au sein de la communauté
Moussey. Comme affirme notre enquêtée Mariam « pour moi
après accouchement je bois régulièrement la
décoction de jatropha pour se prévenir des infections et
éviter la conception rapide ». Cependant, il est important de noter
que l'efficacité et la sécurité de cette méthode
n'ont pas été scientifiquement validées.
Photo 5 : Arbre
jatropha

Source :enquête de
terrain
1.2. Le Momordica
balsamina (Daraw Douguina)
Momordica balsamina, le concombre balsamite est une
espèce de
plantes à
fleurs très utilisée dans le complément alimentaire
chez les Moussey. Il utilise cette plante pour préparer le gombo et les
légumes. Les feuilles de cette plante au saveur amère constitue
un alicament. Les feuilles sont utilisées comme traitement contre
la
fièvre et
les saignements utérins excessifs et pour traiter la syphilis, les
rhumatismes,
l'hépatite et les troubles cutanés.
Les femmeset les hommes Moussey utilise les feuilles de
momordica balsamina comme des contraceptions masculines. Il prépare avec
une dosent amère et l'homme bois pour n'est pas concevoir pour une
durée de 01 jours. « Si je n'ai pas envie de
tomberenceinte, je n'ai aucune crainte. Car, il suffit que je prépare
bien amère les feuilles de moimordica balsamina moi et mon mari buvons
et c'est tout il n'y aura pas grossesse ». Raconte notre
enquêtée Maimouna.
Photo 6 : Plante
Momordica balsamina

Source : enquête de terrain par Filina
Gendarme Séraphin
1.3. Le citron
L'origine du citron a longtemps été un
mystère en raison de sa diversité et de son polymorphisme.
Initialement, les chercheurs pensaient que son ancêtre sauvage provenait
de la région d'Assam, de la région indo-birmane ou de Chine.
Cependant, des études phylogénétiques
réalisées en 2016 ont révélé que le citron
jaune est né en Méditerranée, résultant d'un
hybride entre la bigarade (ou orange amère) et le cédrat vers le
Ve millénaire av. J.-C. Le citron (citrus limon), fruit du citronnier,
occupe une place importante dans les pratiques contraceptives traditionnelles
du peuple Moussey. Cette utilisation s'inscrit dans un ensemble plus large de
connaissances ethnomédicinales transmises oralement, reflétant
une approche culturelle de la santé reproductive et de la planification
familiale dans la socioculture Moussey.Le citron est la méthode
contraceptive traditionnelle la plus citée par les jeunes filles
Moussey. Les femmes et les filles mettent le jus de citron dans leur vagin le
jour d'ovulation pour éviter de tomber en grossesse. Les femmes Moussey
utilisent généralement le jus de citron comme spermicide naturel.
Cette méthode est plus connue par les jeunes Moussey. La méthode
consiste à imbiber un morceau de tissu ou d'éponge naturelle avec
du jus de citron fraîchement pressé, puis à
l'insérer dans le vagin avant les rapports sexuels. Certaines variantes
de cette pratique incluent également l'utilisation de la pulpe du citron
ou un rinçage vaginal avec une solution diluée de jus de citron
après les rapports. Pour notre enquêtée Bolda : «
Pour moi, si je suis dans mes jours d'ovulation pour éviter la
grossesse, je mets le jus de citron dans le vagin avant le rapport sexuel
».Le citron, en tant que produit naturel, est souvent perçu comme
plus sûr et plus en accord avec les valeurs traditionnelles que les
contraceptifs modernes "artificiels". La facilité d'accès au
citron et son faible coût le rend accessible par rapport aux
méthodes modernes qui peuvent être plus difficiles à
obtenir ou plus coûteuses".
Photo 7 : Citron
vert

Source : enquête de
terrain
1.4. Le thé vert
Le théier, connu scientifiquement sous le nom de
Camellia sinensis, est un arbuste à feuilles persistantes de la famille
des Théacées. Il peut atteindre une hauteur de 1 à 9
mètres, bien que dans les plantations commerciales, il soit souvent
taillé à environ un mètre pour faciliter la
récolte. Ses feuilles sont vertes foncé, brillantes et
dentelées sur les bords.Le théier est cultivé
principalement pour ses feuilles, qui sont récoltées,
séchées et transformées pour produire différentes
variétés de thé, telles que le thé vert, le
thé noir et le thé blanc. La méthode de traitement des
feuilles détermine le type de thé produit. (Lu sur le site passe
santé).Cependant, le thé est aussi trop cité par nos
enquêtés garçons comme moyen de contraception culturelle
efficaces. Pour Massissou « moi j'utilise les thés. Si je vois
que la femme est dans ses jours d'ovulation, je prépare deux grands
verres amers du thé donc un verre pour moi et un verre pour ma
partenaire ».

Photo 8 :
Thé séché
Source : Enquête de terrain
1.5. Les graines de papayes
La papaye (Carica papaya), fruit du papayer, occupe une place
importante dans les pratiques contraceptives traditionnelles du peuple
Moussey.Les Moussey utilisent principalement les graines et la pulpe des
papayes à des fins contraceptives. La méthode la plus courante
consiste à manger crue les graines des papayes avant le rapport sexuel.
Cependant, la facilité d'accès aux papayes et leur coût
relativement faible les rendent attractives par rapport aux méthodes
modernes qui sont sensible et tabou. La papaye (Carica papaya) est un fruit
tropical. La papaye (Carica papaya), fruit du papayer, occupe une place
importante dans les pratiques contraceptives traditionnelles du peuple
Moussey.Les Moussey utilisent principalement les graines et la pulpe des
papayes à des fins contraceptives. La méthode la plus courante
consiste à manger crue les graines des papayes avant le rapport sexuel.
Cependant, la facilité d'accès aux papayes et leur coût
relativement faible les rendent attractives par rapport aux méthodes
modernes qui sont sensibles et taboues. La papaye (Carica papaya) est un fruit
tropical originaire d'Amérique centrale et du Sud. La papaye est un
fruit ovoïde ou arrondi, mesurant entre 21 et 31 cm de long. À
maturité, sa peau est verte jaunâtre et sa chair est juteuse,
généralement de couleur jaune orangée. À
l'intérieur, elle contient de nombreuses graines noires entourées
d'un mucilage. Le papayer est un arbre qui peut atteindre 2 à 7
mètres de hauteur. Ses feuilles sont grandes, palmées et
profondément lobées. Les fleurs sont petites, blanches et
parfumées, apparaissant directement sur le tronc. Les graines de papaye
sont parfois utilisées dans certaines cultures comme méthode
contraceptive naturelle. Voici quelques points clé : les graines de
papaye contiennent des composés qui peuvent réduire la
fertilité. Chez les hommes, elles peuvent diminuer la production de
spermatozoïdes, tandis que chez les femmes, elles peuvent influencer le
cycle menstruel. Dans certaines régions d'Asie et d'Afrique, les graines
de papaye sont consommées sous forme de cure pour leurs effets
contraceptifs. Cette pratique est basée sur des connaissances
traditionnelles et n'est pas scientifiquement validée.
Bien que les graines de papaye soient utilisées comme
contraceptif naturel, leur efficacité et leur sécurité ne
sont pas garanties. Les méthodes de contraception modernes, telles que
les préservatifs et les contraceptifs hormonaux, sont beaucoup plus
fiables et recommandés par les professionnels de la santé.La
papaye et ses graines offrent de nombreux bienfaits pour la santé, mais
leur utilisation comme méthode contraceptive doit être
abordée avec prudence. Originaire d'Amérique centrale et du Sud.
La papaye est un fruit ovoïde ou arrondi, mesurant entre 21 et 31 cm de
long. À maturité, sa peau est verte jaunâtre et sa chair
est juteuse, généralement de couleur jaune orangé.
À l'intérieur, elle contient de nombreuses graines noires
entourées d'un mucilage. Le papayer est un arbre qui peut atteindre 2
à 7 mètres de hauteur. Ses feuilles sont grandes, palmées
et profondément lobées. Les fleurs sont petites, blanches et
parfumées, apparaissant directement sur le tronc. Les graines de papaye
sont parfois utilisées dans certaines cultures comme méthode
contraceptive naturelle. Voici quelques points clé : Les graines de
papaye contiennent des composés qui peuvent réduire la
fertilité. Chez les hommes, elles peuvent diminuer la production de
spermatozoïdes, tandis que chez les femmes, elles peuvent influencer le
cycle menstruel. Dans certaines régions d'Asie et d'Afrique, les graines
de papaye sont consommées sous forme de cure pour leurs effets
contraceptifs. Cette pratique est basée sur des connaissances
traditionnelles et n'est pas scientifiquement validée.Bien que les
graines de papaye soient utilisées comme contraceptif naturel, leur
efficacité et leur sécurité ne sont pas garanties. Les
méthodes de contraception modernes, telles que les préservatifs
et les contraceptifs hormonaux, sont beaucoup plus fiables et
recommandés par les professionnels de la santé.La papaye et ses
graines offrent de nombreux bienfaits pour la santé, mais leur
utilisation comme méthode contraceptive doit être abordée
avec prudence.
Photo 9:
Papayes

Source : Enquête de
terrain
1.6. Cailcédrat
Le cailcédrat (Khaya senegalensis), également
connu sous le nom d'acajou du Sénégal, est un arbre majestueux
qui occupe une place importante dans la pharmacopée traditionnelle des
Moussey, notamment comme méthode contraceptive. Le cailcédrat est
un grand arbre pouvant atteindre 35 mètres de hauteur, avec un tronc
droit et une écorce gris foncé à brun rougeâtre. Ses
feuilles sont composées de 3 à 7 paires de folioles, et ses
fruits sont des capsules ligneuses contenant des graines ailées. Les
Moussey utilisent principalement les graines et parfois l'écorce du
cailcédrat à des fins contraceptives. La méthode typique
consiste manger les graines crues tout en enlevant la capsule et
l'épluche. Dans d'autre cas, la méthode consiste à
extraire l'huile de ces graines et à boire. L'huile de graine du
caicédrat est trop amère est utilisé pour soigner les
infections comme la gonococcie. Dans la communauté Moussey, le
cailcédrat est considéré comme un arbre sacré,
ajoutant une dimension spirituelle à son utilisation. Outre ses
propriétés contraceptives présumées, le
cailcédrat est utilisé pour traiter diverses affections,
renforçant sa valeur dans la médecine
traditionnelle.L'utilisation du cailcédrat est perçue comme une
méthode naturelle et donc supposée plus sûre que les
contraceptifs modernes "chimiques". Étant un arbre local, son
utilisation est vue comme plus accessible et économique que les
méthodes modernes.
Photo 10 : Arbre
caicédrat

Source : enquête de
terrain
1.7. Amulettes et gris-gris
Le gris-gris, appelé « ganda » en langue
Moussey est un objet magico-religieux largement répandu au Tchad et plus
largement en Afrique. Il occupe une place particulière dans les
pratiques contraceptives traditionnelles du peuple Moussey. Son utilisation
comme méthode contraceptive reflète l'intersection complexe entre
croyances spirituelles, pratiques médicales traditionnelles et gestion
de la fertilité.Pour Hamou, notre enquêté à Domo
Dambali raconte que les pratiques contraceptives traditionnelles, c'est la
composition de plusieurs plantes et herbe : « Pour ce faire, c'est la
composition de 07 racines d'arbres. On se masse avec la composition avant le
rapport sexuel. Donc il n'y aura pas conception quand on utilise cette
composition avant de coucher avec une femme ». Quant à
l'interviewé Nassou, il raconte ceci : « Moi, je connais un
marabout qui donne le gris-gris pour se protéger contre le sida,
gonococcie, syphilis et d'autres maladies dangereuses, sexuellement
transmissibles. J'avais aussi mon gris-gris, je portai pour coucher avec les
femmes. Si la femme a la maladie sexuellement transmissible, mon gris-gris se
détache seul et son volume devient gros et je laisse la femme ».
Le gris-gris contraceptif chez les Moussey est
généralement un petit sachet ou un objet portable contenant
divers éléments considérés comme ayant des pouvoirs
magiques ou spirituels sur la conception de l'homme ou de la femme. Sa
fabrication nécessite des éléments tel que :
- Les herbes spécifiques réputées pour
leurs propriétés contraceptives.
- Des parties d'animaux symboliquement liées à
la fertilité ou à son contrôle.
- Des objets minéraux ou métalliques ayant une
signification particulière.
- Des versets coraniques ou des symboles religieux
traditionnels écrits sur du papier ou gravés.
Le gris-gris est habituellement préparé par un
guérisseur traditionnel ou un marabout reconnu pour ses connaissances en
matière de contraception. Il est perçu comme un canal de forces
spirituelles capables d'influencer la fertilité. Au-delà de son
rôle contraceptif, le gris-gris est souvent vu comme un protecteur
général pour la femme et l'homme Moussey.
Chaque gris-gris est généralement conçu
spécifiquement pour son utilisateur, reflétant sa situation
personnelle et ses besoins. L'utilisation du gris-gris est souvent
gardée secrète, renforçant son pouvoir perçu et
permettant une gestion discrète de la fertilité.
Contrairement aux méthodes modernes perçues
comme purement physiques, le gris-gris est vu comme agissant sur les plans
spirituels et physiques. L'ancrage du gris-gris dans les traditions locales
inspire souvent plus de confiance que les méthodes modernes
"étrangères".
Contrairement aux méthodes modernes, le gris-gris est
souvent considéré comme n'ayant pas d'effets secondaires
négatifs.

Photo 11:
Gris-gris
Source : photographie de terrain par Filina
Gendarme
1.8. Le wisky en sachet
L'utilisation du whisky en sachet comme méthode
contraceptive chez les Moussey est une pratique relativement récente,
qui s'est développée avec l'introduction de boissons
alcoolisées industrielles dans les zones rurales. Cette méthode
reflète une adaptation des pratiques traditionnelles aux produits
modernes disponibles, et illustre la complexité des croyances entourant
la contraception dans cette communauté.Le "whisky en sachet" fait
référence à des boissons alcoolisées bon
marché, souvent de qualité inférieure, vendue dans de
petits sachets en plastique. Ces produits sont généralement plus
accessibles et moins coûteux que les alcools traditionnels ou les
spiritueux de marque. Les femmes et hommes Moussey consomment le whisky en
sachet, généralement avant les rapports sexuels. La
quantité consommée varie, mais il est souvent conseillé de
boire un ou plusieurs sachets. Cette pratique peut être occasionnelle ou
régulière, selon les croyances individuelles et les conseils
reçus.
« Pour moi, je ne m'inquiète de rien quand il
n'y a pas le préservatif. Il me suffit de boire 04 sachets de
maklan30(*) et si la
partenaire boit, je lui donne aussi 02 ou trois sachets et nous
commençons notre rapport sexuel et il n'y aura pas des grossesses.
» Raconte notre enquêté Linamamou jeune garçon
âgé de 23 ans.

Photo 12 : Whisky
en sachet
Source : enquête de
terrain
1.9. Le paracétamol.
La pratique populaire de l'utilisation du paracétamol
comme méthode contraceptive chez les Moussey est bien connue de nombreux
membres de la société Moussey. L'utilisation de cette pratique
fait partie d'un phénomène plus général de
détournement de médicaments courants à des fins de
contraception. Elle met en évidence la complexité des convictions
liées à la contraception et l'ajustement des méthodes
traditionnelles face à l'arrivée de produits pharmaceutiques
contemporains. Le paracétamol est une substance analgésique et
antipyrétique très répandue et accessible sans
prescription médicale. En général, il se présente
sous la forme de comprimés blancs, facilement repérables. Les
Moussey utilisent le paracétamol comme contraceptif, consommant entre 04
et 06 comprimés avant le rapport sexuel.Les rumeurs ou les conseils
informels sont souvent utilisés pour propager la croyance en
l'efficacité contraceptive du paracétamol au sein de la
communauté. Notre enquêté Ibrahim affirme :
« Selon moi, je me sers du paracétamol. Pendant quelques
minutes avant de commencer le rapport sexuel, je prends 06 compris afin que le
sperme devienne léger et qu'il n'y ait pas de
conception. »
Photo 13 :
Comprimé paracétamol

Source : enquête de
terrain.
2. Pratiques sociales
2.1. Séparation des époux après
l'accouchement
La tradition de séparer l'épouse après
l'accouchement, appelée « période de repos » ou «
période de purification », est une coutume commune dans de
nombreuses cultures africaines. Il s'agit d'une pratique qui consiste à
séparer la mère et son bébé du père et du
reste de la famille pendant une période spécifique après
la naissance. Cette pratique est perçue comme une méthode
contraceptive naturelle dans la culture Moussey, car elle permet de faire
interrompre les rapports sexuels entre les conjoints pendant une période
donnée. Cela permet au couple d'éviter les grossesses
rapprochées et d'éviter les naissances simultanées.
2.2. Tabous sexuels
Certains événements (deuils,
cérémonies) pourraient imposer des périodes d'abstinence,
contribuant indirectement à la régulation des naissances.
3. Méthodes naturelles
3.1. Abstinence
L'abstinence Comme son nom l'indique, l'abstinence est une
pratique qui implique de ne pas avoir de relations sexuelles. Cette pratique
est ancienne dans la société Moussey et est influencée par
les connaissances locales. Selon Fassia, notre interviewé marié
déclare que : « Pour moi, c'est un an après
l'accouchement que je recommence à avoir des relations sexuelles avec ma
femme ». Lorsque l'enfant commence à se déplacer, «
gogona col tutta wani sum tew vam wina kamu31(*) » est déjà une bonne chose. Si ce
n'est pas le cas, si la femme tombe enceinte sans que l'enfant puisse marcher,
les proches vont nous ridiculiser et dire que (sum usum
kamlina) ». La population locale de Moussey est consciente de la
prévention de la grossesse sans recourir aux contraceptifs modernes.
3.2. Allaitement maternel ou la méthode
MAMA
L'allaitement maternel et l'aménorrhée sont des
traitements de contraception naturels et temporaires pour les mères qui
allaitent. Une femme qui vient de donner naissance, qui nourrissent son
bébé uniquement de lait maternel et qui n'a pas repris ses
règles est à court terme infertile (incapable de donner
naissance). Cela s'explique par le fait que les hormones responsables de la
production de lait maternel empêchent également les ovaires de
donner naissance à un oeuf (ovule) pendant les six mois qui suivent la
naissance. Cette pratique est largement répandue parmi les
populations Moussey et représente une méthode contraceptive
naturelle inoffensive. De surcroît, l'allaitement maternel
présente des bénéfices nutritionnels et favorise la
santé du bébé. Chez les Moussey, l'allaitement par la
mère est privilégié. Tandis que l'allaitement artificiel
constitue une pratique taboue en milieu Moussey.

Photo 14: Une
mère allaitant son bébé
Source : enquête de
terrain
3.3. Coït interrompu
Même si cette méthode est peu fiable, elle est
fréquemment mentionnée par les jeunes garçons lors de nos
entretiens. La pratique du coït interrompu implique le retrait du
pénis pendant le rapport sexuel lorsque le partenaire ressent une
sensation d'éjaculation lors de la phase d'éjaculation.
L'importance de la médecine traditionnelle et des croyances spirituelles
dans la contraception chez les Moussey est mise en évidence par ces
pratiques contraceptives. Ces techniques contraceptives classiques
témoignent d'une bonne connaissance du cycle menstruel et de la
physiologie reproductive. L'intégration de la régulation des
naissances dans le tissu social et culturel de la communauté Moussey est
illustrée par ces pratiques. Beaucoup de nos enquêtés les
considèrent comme naturelles, sans effets secondaires et facilement
accessibles par la population.Selon Hinsia, notre interviewée,
« il est plus efficace et bénéfique d'utiliser les
remèdes traditionnels plutôt que de mettre son pénis dans
un préservatif en plastique dont on ne sait pas l'origine, et parfois
même cela peut pénétrer dans le ventre de la femme et
causer des problèmes. » Cela suggère que
l'acceptabilité des méthodes contraceptives modernes est
influencée par les pratiques contraceptives endogènes.
II- LA CONNAISSANCE DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES
TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
Les pratiques contraceptives traditionnelles du peuple Moussey
couvrent différents aspects de la vie, tels que les soins de
santé et les pratiques reproductives. Étant donné que la
contraception joue un rôle crucial dans la santé reproductive, les
Moussey ont accès à diverses méthodes endogènes
pour prévenir les grossesses non désirées et planifier les
naissances. Les techniques traditionnelles de contraception en milieu Moussey
se basent sur l'utilisation de remèdes à base de plantes et la
valorisation des connaissances locales sur la santé sexuelle et
reproductive. De nombreuses plantes de leur région ont été
reconnues pour leur capacité à être contraceptives. Par
exemple, on a mentionné que le jatropha, également connu sous le
nom de « gumba happa » en langue locale, possède une
capacité de contraception.
Une autre plante utilisée pour la contraception est le
cailccedrat, également connu sous le nom de « khaya
senegalensis » en latin. Sa graine est trop amère et
consommée crue entraîne l'infécondité chez les
femmes. Il est important de souligner que cette plante est employée pour
soigner les chlamydias, les aménorrhées et l'infertilité
chez les femmes. Les infusions ou les décoctions de ces plantes sont
fréquemment préparées et consommées quotidiennement
afin d'assurer une contraception efficace.
L'autre méthode traditionnelle du peuple Moussey est
l'abstinence de la femme et de son mari après l'accouchement. Selon
notre interviewée Sara, je cite : « Lorsque je viens
d'accoucher, je suis très agressive envers mon corps, je ne laisse pas
mon mari me toucher pour attendre que l'enfant marche, et c'est toujours dans
les deux ans que je donne à nouveau naissance. » Beaucoup de
nos enquêtés mentionnent le thé vert préparé
au feu comme un moyen de contraception traditionnel performant. Selon Mamadou,
« je préfère utiliser les thés." Lorsque je
constate que la femme est en phase d'ovulation, je prépare deux grands
verres amers de thé, l'un pour moi et l'autre pour ma
partenaire. ». Finalement, dans le milieu des jeunes de Moussey,
la pratique de coït interrompu ou la méthode de retrait est
largement employée afin d'éviter la grossesse
indésirée. Cette technique consiste à retirer l'homme afin
d'éviter que les spermes ne pénètrent dans le vagin.
Il convient de souligner que ces techniques traditionnelles de
contraception sont employées depuis des siècles dans la
socioculture Moussey. Cependant, ces méthodes contraceptives
endogènes qui sont enracinées dans les connaissances populaires
des Moussey ont un impact sur l'acceptabilité des méthodes
contraceptives contemporaines. Il est important de souligner que parmi les 31
interviewés que nous avons pu interroger, seules 03 femmes et 04 hommes
ne sont pas familiers avec les méthodes contraceptives traditionnelles
de Moussey. Cela démontre que les jeunes femmes et filles de Moussey ont
une meilleure compréhension des contraceptifs traditionnels que les
hommes.
Figure 1 : Graphique sur le
niveau des connaissances des pratiques contraceptives traditionnelles chez les
Moussey.

Source : enquête de terrain par Filina
Gendarme séraphin
III- LE NIVEAU DE SATISFACTION DES MÉTHODES
CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
Comme nous venons de les définir, les méthodes
contraceptives traditionnelles en milieu Moussey font référence
à diverses techniques utilisées pour prévenir les
grossesses non désirées. Avant la disponibilité et
l'utilisation généralisées des contraceptifs modernes,
seules les contraceptifs traditionnels et les pratiques sociales contraceptives
étaient utilisées par les peuples Moussey pour espacer les
naissances et éviter les grossesses indésirée,
rapprochée et précoce. Parlant de niveau de satisfaction des
méthodes contraceptives traditionnelles, plusieurs études ont
été menées au Tchad pour évaluer le niveau de
satisfaction à l'égard des méthodes contraceptives
modernes, mais peu traitent les méthodes contraceptives dites
traditionnelles.
Une étude publiée dans la revue «
Contraception » en 2015 a exploré les niveaux d'utilisation et de
satisfaction des différentes méthodes contraceptives
traditionnelles chez les femmes camerounaises, y compris celles de l'ethnie
Moussey. Les chercheurs ont découvert que les méthodes
traditionnelles les plus couramment utilisées étaient le
coït interrompu, et l'abstinence périodique. Cependant, leurs taux
d'efficacité étaient relativement faibles, allant de 73 %
à 85 %.
Concernant les niveaux de satisfaction, l'étude a
révélé qu'une proportion significative de femmes utilisant
ces méthodes se déclare satisfaites. Par exemple, 64 % de celles
qui pratiquent le coït interrompu se déclarent satisfaites de cette
méthode. De même, 69 % et 72 % des femmes utilisant respectivement
le sevrage et l'abstinence périodique se sont déclarées
satisfaites de la méthode choisie. Une autre étude publiée
dans « BMC Public Health » en 2018 s'est spécifiquement
intéressée à la population de Moussey et à son
utilisation des méthodes contraceptives traditionnelles. Cette recherche
a indiqué que si certaines femmes étaient satisfaites de ces
méthodes en raison de leurs croyances culturelles ou de la
facilité d'accès, d'autres étaient confrontées
à des défis tels qu'une utilisation incohérente ou des
effets secondaires conduisant à l'insatisfaction. En outre, de
nombreuses femmes ont exprimé le souhait de recevoir davantage
d'informations sur les options contraceptives modernes et leurs avantages.
En somme, même s'il existe des preuves suggérant
qu'un nombre considérable de femmes Moussey sont satisfaites des
méthodes contraceptives traditionnelles telles que le coït
interrompu, le retrait et l'abstinence périodique, il existe
également des rapports faisant état de défis liés
à une utilisation incohérente et d'effets secondaires conduisant
à l'insatisfaction. De plus, de nombreuses femmes expriment le
désir de recevoir davantage d'informations sur les options
contraceptives modernes.
IV- L'ACCESSIBILITÉ AUX MÉTHODES
CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
En ce qui concerne l'accessibilité aux méthodes
contraceptives traditionnelles, il est important de souligner la valeur
symbolique associée au nombre d'enfants dans la société
socioculturelle de Moussey. Dans la culture Moussey, les enfants sont
considérés comme une source de richesse, une ressource pour les
travaux agricoles et un moyen de pouvoir. Toutefois, on considère que
l'utilisation de la contraception moderne est une pratique qui va à
l'encontre de la volonté culturelle et religieuse (Ngwa et al. 2015).
Toutefois, selon la culture Moussey, les méthodes de contraception
naturelles et traditionnelles sont considérées comme étant
facilement accessibles et présentant peu d'effets secondaires.
Grâce à ces perceptions positives, les pratiques contraceptives
traditionnelles sont désormais accessibles à toute la population
de Moussey.
L'utilisation des contraceptions traditionnelles est
influencée par le facteur économique, comme le prix moins
élevé et même gratuit des produits contraceptifs
classiques. De plus, les méthodes contraceptives classiques sont souvent
des options gratuites ou abordables, plus accessibles aux individus ayant des
ressources financières restreintes (Ngwa et al. 2015). Toutefois, il
peut être compliqué de s'assurer que ces méthodes
traditionnelles restent disponibles et de qualité constante au fil du
temps. De plus, les difficultés géographiques jouent
également un rôle essentiel dans l'utilisation des méthodes
contraceptives traditionnelles. En raison de la faiblesse des infrastructures
et des systèmes de transport dans le pays Moussey, il est difficile
d'accéder aux services de santé reproductive et aux contraceptifs
modernes dans des zones éloignées. Les méthodes
contraceptives traditionnelles constituent des options plus pratiques pour
celles et ceux qui vivent loin des établissements de santé ou qui
n'ont pas les moyens de parcourir de longues distances pour se faire
soigner.
Les méthodes contraceptives classiques offrent des
alternatives plus commodes pour celles et ceux qui résident à
distance des établissements de santé ou qui n'ont pas les
ressources nécessaires pour se faire soigner à distance. Dans la
société Moussey, les méthodes contraceptives classiques
jouent un rôle crucial dans la planification familiale et la santé
reproductive. La société Moussey utilise fréquemment des
méthodes traditionnelles telles que le sevrage, les remèdes
à base de plantes et l'abstinence périodique pour contrôler
les naissances. Divers éléments influencent l'accès
à ces méthodes, tels que les convictions culturelles, les
considérations économiques et les obstacles géographiques
qui doivent être surmontés par des interventions
spécifiques visant à améliorer les résultats
globaux en matière de santé sexuelle et reproductive dans cette
population.
V- LES PERCEPTIONS ET REPRÉSENTATIONS
CULTURELLES CONCERNANT LES MÉTHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES CHEZ
LES MOUSSEY
Les Moussey ont un héritage culturel immense qui
impacte différents aspects de leur existence, tels que leurs perceptions
et leurs pratiques concernant les méthodes contraceptives classiques.
Comme de nombreuses autres sociétés africaines traditionnelles,
les Moussey ont des opinions spécifiques concernant les contraceptions
traditionnelles. Les croyances et les pratiques culturelles du peuple Moussey
influencent leurs perceptions des méthodes contraceptives
traditionnelles. Dans la société Moussey, ces méthodes
contraceptives traditionnelles sont souvent profondément ancrées
dans leurs traditions culturelles et diffèrent d'un sous-groupe à
l'autre.
Les pratiques traditionnelles de contraception du peuple
Moussey comprennent différentes pratiques qui sont transmises de
génération en génération. Ce sont des pratiques qui
utilisent des herbes, des rituels ou d'autres méthodes indigènes
pour éviter la grossesse. Il convient de souligner que ces approches
reposent fréquemment sur des convictions culturelles et peuvent ne pas
correspondre aux conceptions médicales contemporaines de la
contraception. En ce qui concerne les représentations culturelles
des méthodes contraceptives traditionnelles en milieu Moussey, elles
sont considérées comme naturelles, conformes aux normes
culturelles Moussey et ne peuvent être utilisées que par des
couples qui ont déjà eu de nombreux enfants.
Comme dans de nombreuses sociétés
traditionnelles, le peuple Moussey a du mal à maintenir ses pratiques
culturelles liées à la contraception face à la
modernisation et aux influences extérieures. L'introduction de
méthodes contraceptives modernes et l'évolution des normes
sociétales ont un impact sur la façon dont les méthodes
traditionnelles sont perçues et utilisées au sein de la
société Moussey. Des facteurs externes tels que l'accès
aux services de santé, l'éducation et l'exposition à
différentes cultures ont également des influencent sur les
perceptions et l'utilisation des méthodes contraceptives traditionnelles
parmi le peuple Moussey. Ces facteurs ci-dessus ont contribué à
des changements d'attitude à l'égard des pratiques
traditionnelles au fil du temps.
En fin, l'héritage culturel et les croyances du peuple
Moussey sont étroitement liés aux perceptions et
représentations des méthodes contraceptives traditionnelles. Il
est essentiel de saisir ces dynamiques afin de favoriser des initiatives de
santé reproductive efficaces au sein de la communauté tout en
préservant leurs traditions culturelles.
La formation des attitudes à l'égard de la
contraception chez les Moussey est influencée par le contexte
socioculturel. La dynamique de genre, les normes sociales et les influences
religieuses jouent tous un rôle dans la perception et l'utilisation des
méthodes contraceptives traditionnelles au sein de la communauté
Moussey.
En analysant la manière dont la contraception
traditionnelle est perçue chez le peuple Moussey, nous avons
réussi à démêler les ambiguïtés qui
entourent les pratiques de santé reproductive dans ce contexte culturel
spécifique.
1. Confiance dans les pratiques
traditionnelles
La confiance sur les pratiques contraceptives traditionnelles
en milieu repose sur des récits d'expériences partagés par
l'oral plutôt que sur des preuves empiriques.
2. Explications classiques
On pourrait expliquer les mécanismes d'action en
utilisant des équilibres spirituels ou des énergies, en accord
avec la vision du monde Moussey.
3. Adaptation aux échecs
Les échecs peuvent s'expliquer par une mauvaise
exécution du rituel ou par une intervention divine, et non par
l'inefficacité de la méthode elle-même. Nous avions besoin
de comprendre la perception de l'efficacité des pratiques
traditionnelles de contraception pour comprendre la résistance
potentielle aux méthodes modernes. On considère que les
contraceptions traditionnelles requièrent l'accord des ancêtres.
On pourrait considérer ces pratiques comme indispensables à
l'efficacité des méthodes. On pourrait considérer la
capacité de maîtriser la fertilité comme un don ou une
responsabilité sacrée. L'importance d'une approche globale de la
contraception dans la culture Moussey est mise en évidence par cette
dimension spirituelle.
a- Le rôle des vieux et des
guérisseurs
Il est fort probable qu'ils soient les gardiens de ces
savoirs, leur donnant une autorité spécifique au sein de la
communauté. Il est possible de transmettre le savoir lors de rites de
passage ou d'initiations particulières. Certaines approches pourraient
être réservées à certaines familles ou clans, ce qui
renforcerait leur position sociale.
En somme, il était crucial pour nous d'analyser les
pratiques endogènes et les connaissances du peuple Moussey concernant la
contraception afin de saisir pleinement leurs points de vue sur les
méthodes contraceptives contemporaines. En comblant la disparité
entre les convictions traditionnelles et les méthodes de planification
familiale modernes, il est possible de concevoir des interventions plus
adaptées à la culture et qui répondent aux besoins et aux
préférences spécifiques de cette communauté. Les
pratiques contraceptives traditionnelles du peuple Moussey reflètent ses
convictions culturelles et ses valeurs en matière de reproduction et de
planification familiale.
VI- LES AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES
MÉTHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES D'APRÈS LES
MOUSSEY
1. Avantages des pratiques contraceptives
traditionnelles du point de vue du peuple Moussey
1.1. Maîtrise locale et facilité
d'accès
Souvent, ces méthodes reposent sur des connaissances
transmises de génération en génération, ce qui les
rend accessibles et compréhensibles pour la population de Moussey.
D'après notre interviewé Soussia,
« les méthodes de contraception traditionnelles sont
efficaces et il est préférable d'utiliser ces méthodes de
contraception traditionnelles plutôt que de mettre son pénis dans
un plastique dont on ne sait pas l'origine, ce qui peut parfois entraîner
des problèmes dans le ventre de la femme. »
1.2. Coût faible ou nul
Généralement basées sur des plantes
locales ou des pratiques comportementales, ces méthodes n'impliquent pas
de coûts financiers importants. « Si la grossesse
dérange souvent une femme, le mieux c'est de faire recours aux
remèdes pour arrêter la conception » raconta notre
interviewée Mariam que nous l'avons interviewé à la
maternité de l'hôpital District de Gounou-Gaya.
1.3. Absence d'effets secondaires
chimiques
À la différence des contraceptifs actuels, ces
techniques ne donnent pas accès à des substances chimiques dans
le corps. Et sont considérées comme intrinsèques par la
communauté de Moussey.
Cohérence culturelle
Ces pratiques sont en accord avec les croyances et les
traditions locales, ce qui facilite leur adoption. D'après notre
enquêtée Sara, « pour ceux qui ne souhaitent plus avoir
d'enfants, ils diront que ces remèdes sont efficaces ». Selon
moi, ces remèdes sont efficaces et ont bien fonctionné dans mon
organisme plutôt que les comprimés prescrits par les
médecins.
2. Inconvénients des pratiques contraceptives
traditionnelles du point de vue du peuple Moussey
2.1.Efficacité variable
Pour certain membre de la société Moussey,
certaines pratiques contraceptives traditionnelles sont moins efficaces que les
contraceptifs modernes, ce qui accroît le risque de grossesses non
désirées. Selon notre enquêté ISSA, « les
remèdes sont efficaces, mais parfois ils ne répondent pas
correctement. Le cas de citron que les filles utilisent ».
La non-standardisation
Les méthodes de préparation et de pratique
peuvent différer d'une personne à l'autre, ce qui peut avoir un
impact sur leur efficacité.
2.1. Répercussions sur la
santé
Certaines pratiques ou préparations à base de
plantes aient des conséquences néfastes sur la santé si
elles ne sont pas utilisées de manière adéquate.
« Nous sommes informés que le paracétamol est
préjudiciable à la santé, mais nous n'avons pas d'autre
alternative. Je suis également déçu par l'utilisation du
préservatif car cela ne procure pas de satisfaction sexuelle.
» Notes de Fassia, notre enquêté, collectées au
lycée de Domo-Dambali.
2.2. Limites dans le contrôle du moment de la
conception
Il en ressort de notre étude que les techniques
culturelles de contraception soient moins précises pour prévoir
le moment précis d'une grossesse.
2.3. Manque de protection contre les IST
Contrairement À la différence de certaines
techniques contraceptives modernes telles que les préservatifs, ces
méthodes classiques ne garantissent généralement pas une
protection contre les infections sexuellement transmissibles. Il convient de
souligner que cette étude repose sur des considérations
générales relatives aux techniques contraceptives classiques.
Les pratiques particulières des Moussey comportent des
bénéfices et des désavantages spécifiques que nous
n'avons pas évoqués. En outre, l'efficacité et la
sécurité de ces méthodes n'ont sans doute pas fait l'objet
d'études scientifiques approfondies.
En résumé, même si les méthodes
contraceptives classiques ont certains atouts tels que leur
accessibilité et leur coût réduit, elles présentent
également des désavantages en ce qui concerne leur
efficacité et leur dosage.
VII- LES DIFFICULTES D'ACCES AUX METHODES
CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
Les pratiques contraceptives traditionnelles,
considérées comme interdites par de nombreuses personnes au sein
de la société Moussey, sont pratiquées de façon
clandestine par de nombreuses praticiennes. Selon nos informations
collectées auprès des femmes, hommes, filles et garçons de
Moussey, il y a de nombreux défis pour accéder aux
méthodes contraceptives classiques. Les obstacles à
l'accès aux méthodes contraceptives classiques sont
résumés comme suit :
v Perte des savoirs ancestraux
En raison de la modernisation, il y a une perte de
connaissances sur les méthodes traditionnelles en milieu Moussey entre
les générations.
v L'indisponibilité de certaines plantes
médicinales
Certaines méthodes contraceptives traditionnelles
utilisent des plantes particulières, ce qui a entraîné la
rareté de certaines de ces plantes en raison de la déforestation
ou des changements climatiques.
v La stigmatisation
La société Moussey refuse l'utilisation de
méthodes contraceptives, même traditionnelles.
v Absence de reconnaissance scientifique
En raison de l'absence de preuves scientifiques sur
l'efficacité de ces méthodes, certains individus de la
société hésitent à les adopter, en particulier les
intellectuels que nous avons rencontrés, qui affirment qu'ils ne sont
pas prêts à recourir à ces méthodes contraceptives
classiques.
v Impact des systèmes de santé
contemporains
L'encouragement des méthodes contraceptives modernes
conduit à une supériorité sur les méthodes
contraceptives endogènes.
v Les évolutions des modes de vie
La pratique de certaines méthodes traditionnelles est
devenue plus complexe en raison de l'urbanisation et des changements
sociétaux.
v Contraintes légales
Certaines méthodes classiques ne sont pas
scientifiquement démontrées comme contraceptives et les
autorités locales se fondent sur cet argument en interdisant la pratique
des contraceptifs endogènes et en restreignant leur
accessibilité.
v L'absence de professionnels
traditionnels
Le manque de visibilité et de considération des
professionnels de la santé de reproduction Moussey face au
développement de la médecine occidentale a un impact sur la
diffusion des pratiques contraceptives traditionnelles et sur les
progrès des professionnels du domaine.
Les problèmes d'accès aux méthodes
contraceptives traditionnelles en milieu Moussey sont nombreux, et nous avons
constaté d'autres lors de nos nombreuses visites sur le terrain
d'étude. En plus de ces problèmes, les relations de genre au sein
de la communauté Moussey rendent encore plus difficile l'accès
aux méthodes contraceptives classiques. Dans les sociétés
où les hommes détiennent la majorité du pouvoir de
décision sur les choix de santé reproductive, les femmes sont
difficiles à négocier l'usage de contraceptifs et à
accéder aux services sans l'accord des hommes. Cette disparité
peut restreindre l'indépendance des femmes dans la prise de
décisions relatives à leur propre santé reproductive.
Bref, les difficultés auxquelles les Moussey font face
pour accéder aux méthodes contraceptives traditionnelles sont
nombreuses et interdépendantes. Afin de surmonter ces
difficultés, nous proposons une approche globale qui prend en
considération les normes culturelles, les infrastructures de
santé, l'éducation, les facteurs économiques et la
dynamique de genre au sein de la communauté.
VIII- LES PROPOSITIONS POUR FACILITER L'ACCES AUX
METHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES
Les gouvernements et les décideurs politiques ont un
rôle crucial à jouer pour assurer un accès équitable
aux méthodes contraceptives traditionnelles en les incluant dans les
politiques nationales de planification familiale, tout comme les pratiques
contraceptives modernes. Cela englobe la contribution financière
à la recherche, au développement, à la promotion, à
l'éducation, à la formation des professionnels de santé et
l'octroi de subventions ou d'incitations pour leur utilisation de certaines
méthodes contraceptives endogènes considérées comme
efficaces. Il est également possible d'obtenir un soutien politique pour
surmonter les obstacles réglementaires qui peuvent entraver la
disponibilité ou l'accessibilité financière de ces
méthodes. De plus, il est crucial que la communauté soit
impliquée dans la réalisation des initiatives visant à
faciliter l'accès aux méthodes contraceptives traditionnelles.
Les personnalités influentes locales telles que les
dirigeants traditionnels, les maires de villes, les responsables politiques et
les professionnels de la santé peuvent jouer un rôle dans
l'assurance que les interventions sont adaptées à la culture,
socialement acceptables, durables dans le temps et adaptées aux besoins
locaux. En outre, l'implication de la communauté peut encourager
l'adoption de ces initiatives tout en consolidant la confiance entre les
fournisseurs de soins de santé et les communautés qu'ils
représentent. Selon les propositions de nos interviewés, et
compléter par nous afin de faciliter l'accès aux méthodes
contraceptives traditionnelles en milieu Moussey, sont les suivants : la
préservation et la documentation des connaissances médicales
locales, la création d'archives écrites ou audiovisuelles,
l'organisation d'ateliers communautaires sur les pratiques contraceptives
culturelles, l'intégration de connaissances locales en matière de
santé sexuelle et reproductive dans l'éducation des jeunes, la
promotion de la recherche scientifique sur les pratiques contraceptives
traditionnelles, l'intégration de pratiques sanitaires locales dans le
système de santé, la culture et la conservation des plantes
médicinales, la mise en oeuvre de programmes de reboisement et le
soutien des femmes dans les initiatives de santé reproductive.
CONCLUSION PARTIELLE
Dans ce chapitre, nous avons exploré en profondeur les
pratiques et savoirs endogènes relatifs à la contraception au
sein de la communauté Moussey. À travers une analyse
ethnographique, il est apparu que ces pratiques ne se limitent pas à des
méthodes contraceptives physiques, mais englobent également un
ensemble complexe de croyances culturelles, de traditions et de savoirs
ancestraux qui influencent les décisions reproductives.
En ce qui concerne les avantages des pratiques contraceptives
endogènes chez les Moussey, cela se résume sur leur faciliter
d'accès, la connaissance profonde de la population sur les produits
à utiliser et le prix moins cher. Ces pratiques contraceptives
traditionnelles ont également des inconvénients tel que : le
manque de dosage exacte, la variabilité d'utilisation selon les
prescripteurs. Il en ressort de notre étude que les femmes ont des
connaissances sur les pratiques contraceptives traditionnelles que des hommes.
CHAPITRE SIXIÈME : CONNAISSANCES, ATTITUDES ET
PERCEPTIONS EN MATIÈRE DE CONTRACEPTION MODERNE CHEZ LES MOUSSEY
INTRODUCTION PARTIELLE
L'accès aux méthodes contraceptives modernes et
efficaces est important pour promouvoir la santé reproductive et
prévenir les grossesses non désirées, les grossesses trop
rapprochées, les grossesses trop nombreuses, l'avortement non
médicalisé et les besoins insatisfaits. (Nadège Fourn,
Badirou Aguemonn, (2014). Cependant, il est important de reconnaître que
les connaissances, attitudes et perceptions en matière de contraceptions
peuvent varier selon les populations et les cultures. Dans cette partie de
notre mémoire, nous nous sommes concentrés à
décrire les connaissances, les attitudes et les perceptions du peuple
Moussey à l'égard des contraceptions modernes. L'objectif
était d'explorer les facteurs qui influencent la prise de
décision en matière de contraceptions modernes chez les Moussey.
En examinant les connaissances préexistantes, les croyances culturelles
et les perceptions individuelles, nous avons cherché à identifier
les obstacles potentiels à l'utilisation des contraceptions modernes
chez les Moussey et enfin nous avons proposé des stratégies
d'intervention adaptées à leur contexte culturel.
Les données obtenues de terrain nous ont permis
d'obtenir des informations précieuses sur les expériences
vécues, les préoccupations et les besoins spécifiques des
Moussey en matière de contraception modernes. Les résultats de
notre étude peuvent contribuer à renforcer les programmes de
santé reproductive en fournissant des informations contextuelles et
culturellement adaptées. En comprenant les connaissances, attitudes et
perceptions des Moussey en matière de contraceptions modernes, nous
aurons contribué scientifiquement à décrire les
comportements de la population Moussey vis-à-vis des méthodes
contraceptives modernes. Cette partie de notre recherche a également
contribué à combler les lacunes dans la littérature
scientifique concernant les connaissances, attitudes et perceptions en
matière de contraceptions modernes chez les Moussey.
I. CANAUX D'ACCÈS A L'INFORMATION SUR LES
MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
L'accès à l'information sur les méthodes
contraceptives modernes est crucial pour la santé reproductive et le
développement socio-économique dans le contexte tchadien. Selon
l'Organisation mondiale de la santé (2022), l'accès à
l'information sur la contraception est un droit fondamental et un
élément essentiel pour atteindre les Objectifs de
Développement Durable (ODD3) (Bonne santé et bien-être) et
ODD5. (Equality between the sexes). Comprendre les techniques contraceptives
contemporaines est essentiel pour prévenir les issues de grossesse
pouvant nuire la santé maternelle, telles que les grossesses
précoces, grossesses nombreuses, grossesses trop rapprochées,
l'avortement non médicalisé et la déscolarisation des
jeunes. Cependant, obtenir des informations fiables et pertinentes sur les
contraceptifs modernes est un défi majeur pour la société
de Moussey.
Cette partie de notre mémoire a examiné les
différentes manières dont les Moussey accèdent à
l'information sur les méthodes contraceptives modernes. En plus cette
partie de notre étude se concentre sur quatre principaux canaux
d'accès aux méthodes modernes de contraception : les
écoles, les structures de santé, les amis et le
marché.
v L'école
L'école occupe une place primordiale au sein de la
communauté Moussey en tant que lieu d'information sur les techniques
contraceptives modernes. Bien que les jeunes Moussey aient longtemps
été influencés par les traditions et les croyances
locales, les établissements éducatifs ont joué un
rôle dans la sensibilisation des jeunes à l'égard des
techniques contraceptives modernes. La formation en santé sexuelle et
reproductive favorise la diffusion des connaissances sur les techniques
contraceptives actuelles. Comme affirme notre enquêtée Katoua
« moi j'ai entendu parler des contraceptifs modernes au
lycée en classe de premières. C'était même lorsque
les gens sont arrivés dans notre établissement pour nous
sensibiliser comment se protéger contre les infections sexuellement
transmissibles et la grossesse non désirée. » De
plus, les établissements de santé collaborent étroitement
avec les écoles locales et organisent des sessions d'information sur les
conceptions modernes.
v Les structures sanitaires
Dans la société Moussey, l'information sur les
méthodes contraceptives modernes est largement diffusée par les
établissements de santé. Alors que les traditions locales ont
longtemps influencé les attitudes à l'égard de la
contraception moderne, les établissements de santé encouragent et
partagent des informations sur les contraceptifs modernes. Lors de la
consultation prénatale par exemple, le personnel médical informe
les femmes sur les différentes techniques de contraception modernes
disponibles. D'après le résultat de notre étude sur les
canaux d'accès à l'information sur les méthodes
contraceptives en milieu Moussey, il en ressort également que, la
population moins scolarisée obtenait des informations dans le centre de
santé et l'hôpital lors de la consultation prénatale ou
parfois lors des soins à leur bébé soit en cas visite d'un
patient. Selon notre enquêtéeMariamou, «
j'ai entendu parler des méthodes contraceptives contemporaines au
centre de santé de Zabba Kessem ». Zara pour sa part rajoute
« Lorsque je me rendais à la consultation
prénatale, le Docta a commencé à nous présenter
cela. Et j'ai trouvé cela très bon ».
De plus, les centres de santé et les hôpitaux
présents en milieu Moussey offrent à des prix accessibles et
parfois gratuitement une variété de produits de contraception,
tels que les préservatifs, les pilules, les dispositifs
intra-utérins ou les implants contraceptifs, la ligature des trompes.
« Toutes les contraceptions modernes que notre centre de
santé disposent sont totalement gratuites. Le cas des implants, nous
demandons parfois 600 FCA avec les femmes en guise de prix de la seringue. La
vente en milieu hospitalier des contraceptifs modernes portes
préjudices. » Affirme le Responsable de centre de
santé de Domo Dambali. Cela témoin la disponibilité et la
gratuité de produits contraceptifs modernes en milieu les Moussey.
Malgré la gratuité de l'offre de contraceptifs modernes, le taux
d'utilisation est toujours faible en raison des obstacles culturels et
sociaux.
v Le marché
Dans la société Moussey, le marché local
joue un rôle essentiel dans l'accès à l'information sur les
techniques contraceptives modernes. Les interactions commerciales sur le
marché favorisent le partage des connaissances et des informations sur
les contraceptifs modernes au sein de la société Moussey.
Effectivement, certains marchands ont décidé d'inclure dans leur
offre la vente des produits contraceptifs, comme des préservatifs et des
pilules. Cela a joué un rôle dans la déconstruction
graduelle des tabous qui entouraient auparavant ce sujet. La population
mentionne le marché comme un moyen d'acquérir des connaissances
sur les contraceptifs modernes, en particulier le préservatif. De
nombreuses femmes et garçons ont déclaré que c'est au
marché qu'ils ont découvert le préservatif pour leurs
première fois. Parce que, dans une famille, même si certains
membres l'utilisent, cela se fait en secret et est un sujet tabou.
D'après notre enquêtée Halla, « j'ai
découvert le préservatif pour la première fois au
marché ».
En fin, c'est sur le marché que les femmes Moussey se
réunissent pour échanger sur des sujets tabous, ce qui permet
à d'autres femmes de partager leurs expériences sur les
contraceptifs modernes.Au sein du marché local, cette dynamique
commerciale et informative a joué un rôle essentiel dans la
diminution des tabous et des idées reçues concernant les
contraceptions modernes chez les Moussey.
v La famille et les amis
En milieu Moussey, la société, les amis et les
copines jouent également un rôle essentiel dans la diffusion des
connaissances sur les contraceptifs modernes. Dans le cadre de notre
enquête, Famira a reçu des informations sur les contraceptifs
modernes par sa copine qui les utilise pour éviter les grossesses.
« C'est grâce à mes amies que j'ai découvert
l'existence de méthodes contraceptives modernes dans les hôpitaux
et les centres de santé. C'est grâce à eux que j'ai
découvert que ces produits on peut les offrir gratuitement aux femmes
lorsqu'elles se rendent à l'hôpital avec leur
mari. » Affirme Famira, notre interviewée.
De la même manière, les cercles d'amis sont des
lieux de discussion et de partage d'informations sur les techniques
contraceptives modernes. Les jeunes Moussey échangent, s'entraident et
se soutiennent dans leurs actions, ce qui contribue à la vulgarisation
des informations sur ces sujets au sein de leur communauté. Le
rôle de ces discussions informelles au sein des réseaux familiaux
et amicaux a été crucial pour diminuer les tabous et les
idées reçues concernant la contraception moderne. Elles offrent
aux Moussey la possibilité de mieux comprendre les enjeux de la
contraception, ce qui facilite l'adoption de comportements responsables en
matière de santé sexuelle et reproductive.
D'une manière synthétique, parmi les 31
personnes interrogées, 15 ont entendu parler des contraceptifs modernes
à l'école, 05 ont entendu parler des contraceptifs modernes dans
les établissements de santé, 05 ont entendu parler des
contraceptifs modernes par leurs amis, leurs copines et leurs parents, 04 ont
entendu parler des contraceptifs modernes sur le marché, et 02
enquêtées affirment avoir entendu parler de ces méthodes au
quartier, mais n'ont pas encore vu ces méthodes physiquement.
Cela nous laisse comprendre que le facteur essentiel pour
augmenter le taux d'utilisation des méthodes contraceptives modernes
chez les Moussey est d'améliorer l'accès à l'information
sur les méthodes contraceptives modernes.
Toutefois, nous avons représenté ci-dessous en
forme de graphiques l'accès aux différents canaux d'information
en milieu Moussey.

Figure 2 : Canaux d'accès à
l'information sur les méthodes contraceptives modernes par les
Moussey
Source : enquete de terrain par FILINA
Gendarme Seraphin
II. CONNAISSANCE DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES
MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
Au Tchad, le niveau de connaissance de la population locale
sur les méthodes contraceptives modernes est un enjeu majeur à
une époque où le gouvernement tchadien et des organisations
s'engagent dans des initiatives à améliorer la santé
sexuelle et reproductive de la population. Les techniques contraceptives
contemporaines jouent un rôle crucial dans la santé sexuelle et
reproductive des individus. Mais la manière dont ces méthodes
sont perçues et représentées socioculturellement
diffère d'une communauté à l'autre.
Le peuple Moussey, qui a suscité notre
intérêt lors de notre étude, possède ses propres
convictions, valeurs et coutumes concernant la contraception. Afin de saisir le
niveau de compréhension de la population de Moussey concernant les
contraceptifs modernes, nous avons interrogé nos enquêtés
en leur demandant de citer et de décrire les méthodes
contraceptives modernes qu'ils connaissent. Selon nos résultats, les
Moussey ont une connaissance limitée des méthodes contraceptives
modernes. De nombreux habitants de la communauté ne connaissent pas les
diverses méthodes contraceptives disponibles et ont des
préjugés sur leur efficacité et leurs effets secondaires.
De plus, notre étude démontre que le niveau de connaissances
concernant les contraceptifs modernes diffère en fonction du genre chez
les Moussey.
Parmi les 21 femmes interrogées, 05 ont une
connaissance du préservatif, 03 ont une connaissance de la pilule, 04 ne
sont pas au courant de l'existence des contraceptifs modernes et 09 ne
connaissent aucun nom de contraceptifs modernes, mais savent cas même
qu'il existe des techniques modernes d'écartement de la naissance.
À l'exception des personnels soignants, tous les hommes
interrogés sont familiers avec les préservatifs, tandis que trois
autres sont familiers avec la pilule et le Norestorat. Cela implique que les
femmes ont une expertise différente sur les méthodes
contraceptives contemporaines que les hommes. En outre, il est constaté
que la contraception est souvent considérée comme un sujet tabou
au sein de la communauté Moussey, ce qui restreint l'accès
à l'information et connaissances sur ces méthodes.

Figure 3: Niveau de connaissance de
la population d'étude sur les contraceptifs modernes selon le sexe
Source : enquête de terrain
réalisée par FILINA Gendarme Séraphin
v Le préservatif masculin
Le préservatif pour les hommes est une méthode
de contraception couramment employée qui consiste en une fine enveloppe
en latex ou en polyuréthane appliquée sur le pénis pendant
les sexualités. Le préservatif fonctionne en empêchant la
pénétration du sperme dans le vagin, ce qui diminue le risque de
grossesse et de transmission des infections sexuellement acquises.
En ce qui concerne les Moussey, nous avons constaté que
le préservatif est le produit contraceptif le plus connu. (Voir
diagramme ci-dessus) Malgré les bénéfices de la
protection contre la grossesse, il existe un discours négatif entourant
ce produit de contraception, affirmant que les préservatifs sont un
produit destiné aux prostituées, rendant ainsi la femme
stérile et pouvant pénétrer dans le ventre de la femme
à tout moment. Notre enquêtée Katoua interviewée
à l'hôpital de Gounou-Gaya affirme dans ce sens que
« moi je ne peux pas accepter faire l'amour avec mon mari avec le
préservatif, car c'est les choses des prostitués on nous a appris
le préservatif c'est pour se protéger contre le sida. Mais entre
nous deux-là qui a le sida pour qu'on utilise ». Bolla une
jeune étudiante âgée de 24 ans rajoute pour sa part, que
« nous les filles nous préférons le lam-be-lame,
32(*)car le rapport sexuel
avec le préservatif ne donne pas de satisfaction sexuelle. On nous
apprend également que le préservatif de nos jours est
infecté par le sida et ça peut rendre également
stérile ».
Photo 15:
Préservatifs masculins



Source :photographie réalisée
FILINA Gendarme Séraphin
v Le spermaticide
La contraception spermicide consiste à empêcher
la fécondation du spermatozoïde en utilisant un produit chimique
qui tue ou immobilise les spermatozoïdes, ce qui empêche la
conception. Il est courant d'appliquer les spermicides dans le vagin avant les
rapports sexuels et ils peuvent être sous forme de crèmes, de
gels, de mousse, de suppositoires ou de films. Il convient toutefois de
souligner que les spermicides ne sont pas très courants au Tchad,
surtout dans les régions rurales en particulier chez les Moussey.
En 2020, le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) a estimé que seulement 12 % des femmes en
âge de procréer au Tchad utilisaient des méthodes
contraceptives modernes, et les spermicides ne constituaient qu'une fraction
infime de ces stratégies.
Toutefois, le niveau de connaissance des Moussey concernant
les spermicides est limité en raison de divers facteurs tel que :
l'accès à l'information sur les méthodes contraceptives
est limité, ainsi qu'à l'accès aux produits de
santé reproductive.
Selon notre étude, parmi les 31 personnes
interrogées, tous n'ont pas fait usage du spermaticide. La
majorité des professionnels de santé sont conscients de
l'existence du contraceptif spermaticide et n'ont jamais eu recours à ce
produit, affirmant que ce produit est rare dans la plupart des
établissements de santé au Tchad.
Photo 16 :
Spermaticide

Source : Enquête de
terrain
v Fémidom
Le préservatif féminin est une méthode de
contraception préventive pour les femmes qui se compose d'un tube souple
en polyuréthane ou en nitrile, muni d'un anneau flexible à
cadavre. L'insertion du préservatif féminin dans le vagin avant
les rapports sexuels permet d'éviter le contact direct entre le sperme
et les muqueuses génitales, ce qui diminue le risque de grossesse et de
transmission des infections sexuellement transmissibles.
Dans la région de Moussey, cette méthode de
contraception est souvent moquée et méprisée.
Fréquemment, nos enquêtés déclarent que le
préservatif féminin est « trop volumineux, c'est bazar,
ce n'est pas bon, etc. ». Pour Tinvouna, « le
préservatif féminin est trop volumineux, ceux qui l'ont
fabriqué ne savent pas si c'était destiné à
être porté à la tête ».

Photo 17 : Condom
féminin ( fémidom)

Source : Enquête de terrain, photo
réalisée au centre de santé de Domo Dambali par FILINA
Gendarme Séraphin en novembre 2023
v La pilule
La pilule est l'un des moyens de contraception les plus
couramment utilisés à l'échelle mondiale. C'est une
approche hormonale qui implique la prise quotidienne d'un comprimé
d'hormones synthétiques. Ces hormones entravent la fécondation en
entravant l'ovulation et en altérant la glaire cervicale.
En raison de leur niveau d'éducation, les femmes
Moussey ont peu de connaissances sur la pilule contraceptive. Malgré sa
grande fiabilité lorsqu'elle est correctement prise, la pilule
contraceptive demande une stricte observance de la part des femmes qui
l'utilisent. Les effets secondaires de son utilisation peuvent également
inclure des saignements irréguliers, des maux de tête ou des
nausées.
v La pilule d'urgence
La pilule d'urgence ou pilule du lendemain est une
méthode contraceptive d'urgence utilisée pour éviter une
grossesse après un rapport sexuel non protégé ou en cas
d'échec de la méthode contraceptive couramment utilisée.
Elle renferme une quantité d'hormones supérieure à celle
des pilules contraceptives classiques et influence l'ovulation en retardant ou
en inhibant, ce qui rend la fécondation plus difficile. Il est
recommandé de prendre la pilule d'urgence dès que possible
après un rapport sexuel non protégé, surtout dans les 72
heures, mais elle peut être efficace jusqu'à 120 heures
après. Il convient de souligner que la pilule d'urgence n'est pas une
méthode contraceptive régulière, car elle n'est pas aussi
efficace que les autres méthodes contraceptives. Elle a la
capacité d'entraîner des effets secondaires tels que des
nausées, des vomissements et des saignements irréguliers.
v Le norestorat
La marque Noristerat est un progestatif injectable qui sert de
contraceptif. Son contenu est composé de la norestorone, un progestatif
artificiel qui bloque l'ovulation et altère le tissu utérin afin
d'empêcher l'implantation d'un oeuf mature.
Toutefois, nous n'avons pas découvert de données
précises concernant le niveau de connaissance des peuples Moussey du
Tchad concernant ce produit. Toutefois, les Moussey ont des connaissances
restreintes de ce produit en raison manque d'information nécessaire.
v Dispositif Intra Utérin
La méthode contraceptive réversible
appelée dispositif intra-utérin (DIU) est un petit dispositif en
forme de T ou en forme de T en plastique ou en cuivre, introduit dans
l'utérus par un médecin. Le DIU fonctionne en instaurant un
environnement indésirable pour les spermatozoïdes et la nidation de
l'oeuf, ce qui prévient la grossesse. Deux types de DIU existent : les
DIU au cuivre, qui produisent des ions de cuivre afin de rendre l'utérus
inhospitalier pour les spermatozoïdes, et les DIU hormonaux, qui
produisent des hormones progestatives afin d'empêcher l'ovulation et
d'épaissir les sécrétions cervicales.
Le DIU est une méthode contraceptive à long
terme et efficace, avec une durée de 3 à 10 ans selon le type. Il
est possible de le retirer à tout moment en cas de grossesse
envisagée. Il est important de souligner que le DIU peut entraîner
des effets secondaires tels que des saignements menstruels irréguliers
ou des crampes, mais il est généralement bien
toléré par la majorité des femmes.
v L'implant
L'implant contraceptif est une méthode contraceptive
réversible qui consiste à insérer de petits
bâtonnets en plastique sous la peau de l'avant-bras de la femme. Ces
bâtonnets libèrent une hormone qui empêche l'ovulation et
modifie le tissu utérin pour empêcher l'implantation d'un oeuf
fécondé. Les implants contraceptifs sont efficaces pendant
plusieurs années et peuvent être retirés à tout
moment pour permettre une grossesse.
Concernant le niveau de connaissance des peuples Moussey du
Tchad vis-à-vis de l'implant contraceptif, il est très
probablement faible. Les Moussey ont un accès limité aux services
de santé reproductive et aux informations sur les méthodes
contraceptives modernes. De plus, les croyances culturelles et religieuses
peuvent influencer leur perception de l'utilisation de méthodes
contraceptives.
Il est important de promouvoir l'accès à
l'information et aux services de santé reproductive, y compris les
implants contraceptifs, pour permettre aux communautés comme les Moussey
de prendre des décisions éclairées sur leur santé
reproductive.
v La ligature des trompes
La ligature des trompes, également connue sous le nom
de stérilisation tubaire, est une méthode contraceptive
permanente chez les femmes Moussey ayant eu recours aux méthodes
contraceptives modernes. Elle implique la fermeture ou la coupure des trompes
de Fallope, empêchant ainsi les ovules de rencontrer les
spermatozoïdes et de provoquer une grossesse. Cette procédure est
réalisée de manière chirurgicale et constitue une
méthode contraceptive très efficace, avec un faible taux
d'échec. Il convient toutefois de noter que la stérilisation
tubaire est généralement considérée comme
irréversible, il est donc important de bien réfléchir
avant de choisir cette méthode contraceptive
v La jadelle
La jadelle est une méthode contraceptive hormonale qui
se présente sous forme d'implant sous-cutané. Elle libère
en continu une hormone progestative qui empêche l'ovulation et rend la
muqueuse utérine moins propice à la nidation de l'oeuf. La
jadelle est très efficace pour prévenir la grossesse et peut
avoir des effets secondaires tels que des saignements irréguliers, des
maux de tête ou des changements d'humeur. Son utilisation
nécessite une prescription médicale et un suivi
régulier.
v Vasectomie
La vasectomie est une méthode contraceptive
définitive qui consiste à sectionner ou à ligaturer les
canaux déférents du sperme chez l'homme, empêchant ainsi la
sortie des spermatozoïdes et la conception. Cette intervention
chirurgicale est généralement réalisée sous
anesthésie locale et est considérée comme une
méthode très efficace pour éviter les grossesses non
désirées.
Cependant, le niveau de connaissance des peuples Moussey du
Tchad vis-à-vis de la vasectomie est très faible, voire inconnu.
Dans de nombreuses cultures traditionnelles, y compris celle des Moussey, les
méthodes contraceptives sont souvent mal comprises ou taboues. De plus,
les services de santé reproductive sont limités dans les zones
rurales du Tchad, ce qui rend difficile l'accès à l'information
et aux services de santé pour les hommes.
Il est important de promouvoir l'accès à
l'information et aux services de santé reproductive, y compris la
vasectomie, pour permettre aux communautés comme les Moussey de prendre
des décisions éclairées sur leur santé
reproductive.
III. L'ACCEPTABILITÉ DE L'UTILISATION DES
MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
Dans le cas du peuple Moussey, la question de
l'acceptabilité des méthodes contraceptives modernes est
également d'une grande importance, étant donné les
spécificités socioculturelles de cette communauté.Cette
partie de notre mémoire vise a examiné l'acceptabilité de
l'utilisation des méthodes contraceptives modernes par les Moussey, en
tenant compte de leurs croyances, valeurs et normes sociales. Pour aborder
cette question, nos résultats de terrain indiquent que
l'acceptabilité de l'utilisation des méthodes contraceptives
modernes chez les Moussey est variable selon le sexe, l'âge, le niveau
d'éducation, la religion, le statut social et le revenu
économique. Bien que certaines personnes se montrent ouvertes et
favorables à l'utilisation de ces méthodes, d'autres ont encore
des réticences et des préjugés qui limitent leur
acceptation. Tous ces facteurs ci-dessus énumérés
influencent l'acceptabilité d'utilisation des méthodes
contraceptives modernes par les Moussey. « Moi je ne peux pas
accepter d'utiliser les méthodes contraceptives modernes pour limiter
volontaire le nombre d'enfants que Dieu a prévu pour moi. Il est dit
dans la bible, multiplier et remplissez la terre. Surtout je n'accepterai pas
que mon mari me baise avec le préservatif. Je ne suis pas une
prostituée. » Affirme notre enquêtée Hawa.
Quant à Mme Toudey, « moi, j'ai trouvé
nécessaire les méthodes contraceptives modernes. Cela permet
à la femme de se reposer en cas des complications perpétuelles de
la grossesse. »
Il est essentiel de prendre en compte ces différents
facteurs pour concevoir des programmes de sensibilisation et d'éducation
adaptés à la réalité socioculturelle des Moussey.
En travaillant en collaboration avec les leaders communautaires et religieux,
il est possible de promouvoir une meilleure acceptabilité des
méthodes contraceptives modernes et de favoriser l'accès à
des services de planification familiale de qualité.
En conclusion, cette étude permettra de mieux
comprendre les obstacles et les leviers de l'acceptabilité des
méthodes contraceptives modernes chez les Moussey.
IV. L'ACCEPTABILITÉ DE L'ESPACEMENT DES
NAISSANCES DANS LE COUPLE CHEZ LES MOUSSEY
L'espacement des naissances est un élément
clé de la planification familiale et de la santé maternelle et
infantile. Chez les Moussey, la question de l'espacement des naissances est
également importante, compte tenu des normes socioculturelles et des
pratiques traditionnelles liées à la fertilité et à
la reproduction.Cette partie de notre mémoire a examiné la
question de l'acceptabilité de l'espacement des naissances dans les
couples Moussey, en explorant les attitudes, croyances et pratiques
liées à l'espacement de naissance. Il ressort de notre
enquêté que l'espacement des naissances est largement
pratiqué et accepté par les couples Moussey. Tous nos
répondants ont reconnu les avantages de l'espacement de naissance pour
la santé de la mère et de l'enfant, ainsi que pour la
stabilité économique et sociale de la famille.
« Pour moi c'est un an. Quand l'enfant commence à marcher
« gogona col tutta wani sum tew vam wina kamu 33(*)» c'est déjà
bon. Si non, si la femme tombe enceinte sans que l'enfant marche, il y aura des
difficultés pour l'enfant à marcher on dira que (sum usum
kamlina34(*) » affirme notre enquêtée
Hanoua. Les Moussey disposent des connaissances endogènes
vis-à-vis de l'espacement de naissance.
Cependant, nous avons également observé des
défis liés à la mise en oeuvre effective de techniques de
l'espacement des naissances modernes, notamment en ce qui concerne
l'accès à l'utilisation des services de planification familiale
de qualité, l'éducation sexuelle et reproductive au sein de la
famille Moussey.
Tableau 3 :nombres
des personnes ayant demandé les méthodes contraceptives modernes
à l'Hôpital Départemental District de
Gounou-Gaya
|
Types des contraceptions modernes sollicitées
|
Mois/ année
Cas de l'année 2023
|
Total
|
|
Jan.
|
Févr
|
Mars
|
Avril
|
Mai
|
Juin
|
Juillet
|
Aout
|
Sept
|
Oct.
|
Nov.
|
|
|
Préservatif
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
07
|
07
|
|
Dépôt Provera
|
09
|
14
|
19
|
10
|
16
|
24
|
09
|
20
|
33
|
21
|
23
|
198
|
|
Microgynon
|
11
|
07
|
03
|
05
|
05
|
04
|
03
|
01
|
05
|
03
|
06
|
53
|
|
Implanon
|
01
|
02
|
00
|
03
|
01
|
02
|
01
|
02
|
02
|
02
|
04
|
20
|
|
Jadelle
|
00
|
05
|
05
|
06
|
05
|
00
|
01
|
01
|
02
|
05
|
00
|
30
|
|
Norestorat
|
00
|
02
|
02
|
00
|
00
|
02
|
00
|
00
|
01
|
01
|
00
|
08
|
|
Pilule d'urgence
|
00
|
00
|
00
|
01
|
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
01
|
|
Vasectomie
|
00
|
00
|
00
|
00
|
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
|
Ligature des trompes
|
00
|
00
|
00
|
00
|
05
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
05
|
|
Autres
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
00
|
Source : registre du service de maternité de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya consulté par FILINA
Gendarme

Figure 4: Graphique sur l'utilisation
annuelle des méthodes contraceptives à l'hôpital district
de Gounou-Gaya
Source : enquête de terrain (FILINA
Gendarme Séraphin)
Les données ci-dessus nous montrent la faible
utilisation des techniques d'espacement de naissance par les hommes Moussey. Le
préservatif qui est la seule méthode moderne d'espacement de
naissance cité par nos enquêté, était
sollicité seulement par 07 à l'hôpital départemental
de Gounou-Gaya. Tandis que 315 femmes ont demandé des contraceptifs
modernes. Cela nous montre la féminisation des moyens modernes
d'espacement de naissance. Dans la société Moussey les affirment
que la responsabilité d'espacer les naissances appartiennent aux
femmes.
En fin, nous suggérons qu'il est essentiel de renforcer
les programmes de sensibilisation et d'éducation sur l'importance de
l'espacement des naissances chez les Moussey, en mettant l'accent sur le
rôle des couples dans la prise de décision et la planification
familiale. Il est également important de garantir l'accès
à des services de planification familiale adaptés aux besoins et
aux préférences des couples Moussey.
V. PERCEPTION CULTURELLE DES MÉTHODES
CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
La perception culturelle des méthodes contraceptives
modernes joue un rôle crucial dans l'acceptation et l'utilisation de ces
méthodes au sein des différentes communautés. Chez les
Moussey, une communauté avec ses propres traditions, croyances et normes
sociales, la perception des méthodes contraceptives modernes est
influencée par plusieurs facteurs culturels spécifiques.Cette
partie de notre travail a exploré la perception culturelle des
méthodes contraceptives modernes chez les Moussey, en examinant comment
les valeurs culturelles et les normes socioculturelles de cette
communauté peuvent façonner leur attitude envers la
contraception.
Les résultats de cette étude
révèlent une diversité de perceptions culturelles des
méthodes contraceptives modernes chez les Moussey. Certains membres de
la communauté Moussey perçoivent les méthodes
contraceptives modernes comme une intrusion dans les normes traditionnelles et
religieuses. Pour ceux les contraceptifs sont des pratiques qui encouragent la
prostitution en milieu jeune et constitue une pratique qui transgresses les
valeurs traditionnelles Moussey sur la procréation et la
fécondité. Car pour eux la grossesse, l'enfant tous viennent de
Dieu, les limité par une méthode médicale moderne
constitue un crime au même titre que l'avortement. Pour notre
enquêtée Aira, elle affirme : « moi je ne peux
même pas un peu accepter que mon mari fait le rapport sexuel avec moi
tout en utilisant le préservatif. Les préservatifs c'est les
choses de prostitué. »
Selon l'infirmier Ndimma que nous avons
interviewé, « Si je ne souhaite pas faire l'espacement des
naissances, je ne peux pas utiliser les contraceptifs avec ma femme. Je n'ai
jamais utilisé ces méthodes contraceptives modernes. Je ne
conseillerai pas cela pour le non marié ça peut être utile
rien que pour les marier afin de faire l'espacement des naissances. Ces trucs
encouragent la prostitution et le vagabondage sexuel en milieu
jeune. »
En revanche certain membre de la communauté Moussey
ayant un niveau d'éducation élevé surtout les personnels
soignants perçoivent les contraceptifs modernes comme une innovation
positive permettant une meilleure planification familiale et une plus grande
autonomie reproductive.
Vue cette diversité de perception au sein de la
même communauté sur les contraceptifs, nous avons identifié
plusieurs facteurs qui influencent la perception des contraceptions dans la
socioculture Moussey. Ces facteurs sont entre autres : le niveau
d'éducation, le sexe, la religion, le statut social (chef, leaders
communautaire, cadre institutionnels), la structure familiale.
La compréhension de la perception culturelle des
méthodes contraceptives modernes du point de vue éthologique est
essentielle au Tchad pour élaborer des interventions de santé
reproductive efficaces et adaptées à une culture
spécifique. Les programmes de sensibilisation devraient prendre en
compte ces perceptions culturelles et s'appuyer sur les valeurs et les normes
socioculturelles de chaque société pour promouvoir une meilleure
acceptation et utilisation des méthodes contraceptives modernes au
Tchad.
VI. LES CONNAISSANCES AUTOUR DES AVANTAGES ET DES
INCONVÉNIENTS DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES
MOUSSEY
1. Les connaissances des Moussey sur avantage des
méthodes contraceptives
Cette partie a examiné les connaissances des avantages
et des inconvénients des méthodes contraceptives modernes chez
les Moussey, en explorant leur niveau de sensibilisation et de
compréhension de ces méthodes modernes de contraception. Les
connaissances des avantages et des inconvénients des méthodes
contraceptives modernes sont essentielles pour permettre aux individus de
prendre des décisions éclairées en matière de
planification familiale et de santé reproductive. Chez les Moussey, la
connaissance sur les avantages et inconvénients des contraceptifs
modernes est variable d'après les propos que nous avons recueillis sur
les terrains auprès des membres des sociétés Moussey.
Les résultats de notre étude soulignent une
variation significative dans les connaissances des avantages et des
inconvénients des méthodes contraceptives modernes chez les
Moussey. Certains participants démontrent une bonne compréhension
des bénéfices de la des méthodes contraceptives modernes,
tels que le contrôle du nombre d'enfants, la protection contre les
grossesses indésirée, protection contre les grossesses trop
rapprochée et trop nombreuse et la préservation de la
santé maternelle et la promotion du bien-être familial. Comme
affirme notre enquêté Iroussa « les avantages des
méthodes contraceptives modernes c'est pour nous protéger contre
la grossesse indésirée et les IST. » quand notre
interviewé Assia, « ces méthodes sont bonnes parce
qu'elles nous permettent de se protéger contre les grossesses
involontaires et les autres maladies sexuellement
transmissibles ». Pour les jeunes Lycéens filles et
garçons que nous avons interviewés, ils reconnaissent les
avantages des contraceptifs modernes pour leur protection contre les grossesses
non désirées et les infections sexuellement transmissibles.
En revanche sur le 31 enquêtés
interviewés, 05 personnes ne connaissent pas les avantages et les
inconvénients des contraceptifs modernes. Tous les 26
enquêtés ont cité un à quatre inconvénients
des contraceptifs modernes même ceux n'ayant pas encore utilisé
ces contraceptifs modernes connaissent ces inconvénients. Pour Inoua
élève du terminal père de 03 enfants affirme que :
« Les inconvénients sont nombreux : le préservatif
ça ne me donne pas le plaisir quand je baise avec. La pilule pour les
femmes on nous fait comprendre qu'en cas d'oubli la femme tombe directement
enceinte mieux que rien. Les implants ça augmentent la durée de
l'écoulement du cycle de la femme. Et certaines de ces méthodes
peuvent nous rendre infécond définitivement. »
Quant à Irène une femme âgée de 42 ans mère
de 13 enfants utilisatrice de la Jadelle affirme : « ces
méthodes contraceptives modernes font maigrir les femmes comme si elles
avaient le sida. Moi, le docta m'avais inséré le plaquet, cela
m'a fait maigrir et les entourages se moquer de moi et d'autre me
soupçonnaient que j'ai contracté le Sida. Je suis reparti
à l'hôpital et le docta a remplacé par une autre
contraception maintenant ça marche bien avec moi ».
Cependant, d'autres participants ont des connaissances
limitées, voire des idées fausses, sur les méthodes
contraceptives modernes. Ils ont des préoccupations et des peurs
concernant les effets secondaires des contraceptifs modernes et leur impact sur
la fertilité.
En somme nous suggérons dans le cadre de cette
étude un renforcement de l'éducation et la sensibilisation des
Moussey sur les avantages et les inconvénients des méthodes
contraceptives modernes, afin de permettre une prise de décision
éclairée en matière de planification familiale. Les
programmes de santé reproductive peuvent mettre l'accent sur
l'information précise et objective, adaptée aux besoins et aux
spécificités culturelles de la communauté Moussey.
2. Les connaissances des Moussey sur les
inconvénients des méthodes contraceptives
Dans le contexte de l'utilisation des contraceptifs modernes,
le peuple Moussey, comme de nombreuses communautés traditionnelles, se
trouve confronté à son 'introduction. Bien que ces
méthodes offrent de nombreux avantages, leur adoption est souvent
freinée par la perception d'inconvénients, qu'ils soient
réels ou imaginaires. Nous avons exploré les connaissances et les
croyances des Moussey concernant les aspects négatifs des
méthodes contraceptives modernes, en décrivant leurs origines,
leurs impacts sur l'adoption de ces méthodes, et les défis
qu'elles posent pour les programmes de santé sexuelle et
reproductive.
Le peuple Moussey exprime souvent des inquiétudes
concernant les effets secondaires potentiels des méthodes contraceptives
modernes. Parmi ces préoccupations, on trouve la crainte de troubles
menstruels, de prise de poids, l'infertilité définitive et de
maux de tête. Ces inquiétudes, bien qu'en partie fondées
sur des effets secondaires réels, sont souvent amplifiées par le
manque d'information précise et par la circulation de rumeurs au sein de
la communauté.
L'impact sur la fertilité future Une des
préoccupations majeures concerne l'effet à long terme des
contraceptifs sur la capacité à procréer. La croyance en
une possible infertilité permanente due à l'utilisation
prolongée de contraceptifs est répandue, bien qu'elle ne soit pas
scientifiquement fondée pour la plupart des méthodes. Cette
crainte reflète l'importance accordée à la
fertilité dans la culture Moussey.
v Les implications religieuses et
spirituelles
Pour certains membres de la communauté Moussey,
l'utilisation de contraceptifs modernes est vue comme allant à
l'encontre de croyances religieuses et spirituelles sur la procréation.
Ce conflit potentiel entre foi et planification familiale moderne
représente un obstacle significatif à surmonter. Pour le
catéchiste Damou, « il est écrit dans la bible
dans le livre de genèse multipliez-vous et remplissez la terre.
Utilisation des contraceptifs modernes va à l'encontre de la
volonté divine chrétienne »
v Les défis pratiques et sociaux
Dans une culture ou la prise de décision pour utiliser
les contraceptifs modernes viennent du mari, comme celle des Moussey, la
crainte du manque de confidentialité et de la stigmatisation potentielle
liée à l'utilisation de contraceptifs peut dissuader de
nombreuses personnes. Cette dimension sociale souligne l'importance des normes
communautaires dans les décisions individuelles de santé
reproductive. En plus l'accès limité aux services de santé
dans les zones rurales et le coût potentiel de soigne
général constitue un obstacle concret pour de nombreux Moussey.
Ces facteurs pratiques peuvent renforcer la réticence à adopter
ces méthodes, même lorsque les autres préoccupations sont
atténuées.
v Les défis éducatifs et
informationnels
La circulation d'informations inexactes ou de mythes
concernant les effets des contraceptifs (par exemple, sur la qualité du
lait maternel) a un impact significatif sur les décisions en
matière de d'utilisation des contraceptifs modernes.
Certaines méthodes contraceptives sont perçues
comme trop complexes à utiliser correctement, ce qui peut
décourager leur adoption. Cette perception souligne l'importance d'une
éducation adaptée et d'un accompagnement approprié dans
l'utilisation des différentes méthodes.
Les connaissances des Moussey sur les inconvénients des
méthodes contraceptives modernes révèlent un
mélange complexe de préoccupations légitimes, de
malentendus, et de conflits culturels. Pour promouvoir efficacement ces
produits au sein de cette communauté, il est crucial d'adopter une
approche holistique qui adresse non seulement les aspects médicaux, mais
aussi les dimensions culturelles, sociales et éducatives. En
reconnaissant et en abordant ces perceptions d'inconvénients de
manière sensible et informée, il devient possible de favoriser
une adoption plus large et plus durable des méthodes contraceptives
modernes, tout en respectant les valeurs et les traditions du peuple Moussey.
Cela nécessite un dialogue continu, une éducation adaptée,
et une intégration réfléchie des pratiques modernes dans
le contexte culturel existant.
VII. LES CANAUX D'ACCÈS AUX MÉTHODES
CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
L'accès aux méthodes contraceptives modernes est
crucial pour une utilisation efficace et leur disponibilité dans les
populations. Dans la communauté de Moussey, trois principaux canaux
d'accès sont les structures de santé, le marché
(pharmacies et boutiques), les établissements éducatifs, les
membres de la famille et de la société, ainsi que les sites
religieux. L'accès aux services de planification familiale peut
être influencé par des facteurs tels que la proximité des
centres de santé, les informations disponibles et les barrières
socioculturelles. Les centres de santé sont l'un des principaux canaux
d'accès, mais la distance, les coûts et les préjugés
limitent leur utilisation. Les pharmacies sont également accessibles
pour l'achat de contraceptifs. Les structures éducatives
bénéficient de campagnes de sensibilisation à
l'utilisation de la contraception, et les initiatives de santé
communautaire jouent un rôle significatif dans la promotion de la
planification familiale en facilitant l'accès à l'information et
aux services contraceptifs.
Figure : canaux d'accès aux contraceptifs
modernes chez les Moussey
Lieux de cultes
Structures sanitaires
Structures académiques
La famille et société





Pharmacies et boutiques
Source : enquête de terrain par Filina
Gendarme Seraphin
VIII. L'ACCEPTABILITÉ DU RAPPORT SEXUEL AVEC
UNE CONJOINTE QUI UTILISE UNE MÉTHODE CONTRACEPTIVE MODERNE CHEZ LES
MOUSSEY
Cette section examine les perceptions et attitudes envers la
relation sexuelle dans la société Moussey lorsqu'un ou les deux
partenaires utilisent les contraceptifs modernes. L'acceptation du rapport
sexuel avec un partenaire ou qui utilisent les contraceptifs modernes est
complexe et variable selon les croyances, niveau d'éducation et les
normes culturelles au sein d'un même couple. Certains membres de la
communauté Moussey perçoivent l'utilisation des méthodes
contraceptives moderne comme une pratique taboue est prohibée par la
culture Moussey. Car disent-ils l'utilisation de certaines contraceptions comme
le préservatif signifie la méfiance et la relation conjugale est
basée sur la confiance. Parlant de l'acceptabilité de rapport
sexuel avec une ou des conjointes utilisant les contraceptifs modernes
féminins, tous nos enquêtés se sont montrés
favorables et n'ont cités aucuns inconvenant et barrières
culturelles. Mais, l'acceptabilité d'utilisation des préservatifs
a fait beaucoup de critiques de nos enquêtés. Plusieurs femmes et
hommes mariés que nous avons interrogés ont affirmé qu'il
n'est pas acceptable de coucher avec sa conjointe avec le préservatif.
Comme affirme notre intervieweur Moussa « Moi couché avec
ma femme avec le préservatif ? Ce n'est pas possible ! Elle
est ma femme je ne peux pas faire ça même dans mes rêves.
D'ailleurs la baise avec le préservatif ne donne pas la satisfaction
sexuelle c'est par contrainte et peur d'attraper les infections que nous
utilisons cela sur les prostitués ». Les contraceptifs
modernes sont perçus comme des pratiques conduisant la population aux
vagabondages sexuelles et à la prostitution dans la
société Moussey. Cette perception négative vis-vis du
préservatif influence l'acceptation de son utilisation au sein de couple
Moussey. Sounda, une enquêtée mère de 07 enfants
âgée de 32 ans affirme : « ce n'est pas la
même chose. Surtout avec le préservatif on ne ressent pas le
plaisir comme le « corps à corps35(*) ». Et c'est pourquoi
nous les femmes n'aimons pas qu'un partenaire utilise le préservatif
pendant le rapport sexuel. » Quand Lonamoulna, quand une utilise
les contraceptifs modernes, la sensation dans le rapport sexuel demeure le
même. « Le lam bé lam 36(*) c'est bon. Le
préservatif ne donne pas trop envie et aussi la satisfaction sexuelle
n'atteint pas. Par contre quand la femme utilise les contraceptifs modernes
féminins, les rapports sexuels pour moi demeurent le même. C'est
le préservatif qui réduit la sensation de plaisir. »
En plus, certaines ont des informations erronées sur certains
contraceptifs modernes. Pour Azina un jeune étudiant et père de
deux enfants affirme : « le préservatif masculin
même c'est mieux encore. Le préservatif féminin c'est trop
gros comme le sac à mile (....Il rit...) je me suis dit si on a
fabriqué ça pour mettre ça sur la tête (...Il
rit....) Mais quand une femme utilise les injectable là ça ne
change rien. Moi je ne peux pas accepter mettre mon pénis dans un
plastique que j'ignore l'origine et on nous fait aussi comprendre que les
préservatifs contiennent le virus du sida ».
D'autres membre de la société Moussey que nous
avons interviewé en raison de leur de leur niveau d'éducation
élevé considèrent l'utilisation de contraceptifs moderne
comme un moyen de prendre soin de la santé de la femme et de planifier
la famille de manière responsable.
Il est important de noter que les attitudes envers la
contraception varient considérablement d'une personne à l'autre
et sont influencées par des facteurs tels que l'éducation, la
religion, les traditions familiales et les expériences individuelles.
Cela nous rappelle l'importance de respecter les croyances et les valeurs de
chaque individu lorsqu'il s'agit de discuter de la sexualité et de la
contraception.
IX. LES DIFFICULTÉS D'ACCÈS AUX
MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
Les Moussey, tout comme de nombreuses autres
communautés tchadiennes, sont confrontés à des
difficultés d'accès aux méthodes contraceptives modernes,
ce qui a un impact significatif sur leur santé reproductive et leur
bien-être. Dans cette partie de notre étude, nous avons
examinés les différentes difficultés auxquelles les
Moussey sont confrontés en ce qui concerne l'accès aux
méthodes contraceptives modernes.
Tout d'abord, l'un des principaux obstacles est le manque
d'informations appropriées et accessibles sur les méthodes
contraceptives modernes. Les Moussey ont du mal à trouver des ressources
fiables et pertinentes qui leur permettent de prendre des décisions
éclairées en matière de contraception. Cela est dû
à un manque de sensibilisation et d'éducation sur les
méthodes contraceptives modernes au sein de la communauté et les
barrières culturelles qui entravent la diffusion de ces informations.
De plus, s'ajoute l'accès géographique aux
services de santé et aux fournitures contraceptives sont limité
dans certaines régions où vivent les Moussey. Les distances
à parcourir pour se rendre dans un centre de santé ou une
clinique est parfois longues, ce qui rend l'accès aux méthodes
contraceptives plus difficile.
En outre, les facteurs socioculturels et religieux constituent
également les principales difficultés d'accès aux
méthodes contraceptives modernes chez les Moussey. Les normes
culturelles et les croyances religieuses influencent les attitudes et les
perceptions à l'égard de la contraception, ce qui entraîne
souvent la stigmatisation ou la discrimination envers ceux qui utilisent ou
cherchent à utiliser des méthodes contraceptives modernes. Cela
dissuade certains Moussey d'accéder aux services de contraception
moderne et de demander de l'aide. Notre enquêté Lawna
renchérit : « vous savez que chez nous l'homme se
fait toujours le chef du ménage, donc les femmes n'ont pas le pouvoir de
décision pour la gestion de leur procréation. Dans ce cas, la
femme a peur d'engager la décision de la prise des contraceptifs
modernes sans une autorisation préalable de son mari. Et l'homme Moussey
quant à lui souhaite perpétuellement
l'enfant. »
En somme, vue l'expression de nos résultats des
données de terrain, il est crucial de reconnaître ces
difficultés d'accès et de travailler à les surmonter pour
améliorer la santé reproductive et promouvoir le bien-être
des Moussey. Des efforts doivent être déployés pour fournir
des informations complètes et accessibles sur les méthodes
contraceptives modernes, renforcer les infrastructures de santé dans les
régions éloignées, et sensibiliser sur l'importance de la
contraception en tenant compte des normes socioculturelles et religieuses de la
communauté. En analysant ces difficultés d'accès, nous
espérons contribuer à une meilleure compréhension des
obstacles spécifiques auxquels les Moussey sont confrontés en
matière de contraception. Ces informations pourront ensuite être
utilisées pour informer et guider le développement de politiques
et de programmes de santé reproductive mieux adaptés aux besoins
de cette communauté.
v Le manque d'information
Les Moussey font face à des difficultés
importantes pour adopter des méthodes contraceptives modernes en raison
d'un manque d'information. Leur connaissance des méthodes contraceptives
modernes est limitée, ce qui réduit leurs options et conduit
à croire qu'il n'y a pas de bonnes options pour leurs besoins
spécifiques. En outre, ils partagent des idées erronées
sur le fonctionnement biologique des techniques contraceptives modernes, ce qui
entraîne de la peur et de la méfiance envers ces techniques. Il
existe également des rumeurs concernant les effets secondaires des
contraceptifs modernes, ce qui crée une barrière psychologique
à leur utilisation. Il est à noter que certains Moussey
continuent à privilégier les méthodes culturelles de
contraception, faisant suite qu'elles offrent une protection comparable.
L'impossibilité d'accéder aux médias traditionnels et
modernes entraîne également une absence d'information sur la
planification familiale, ce qui conduit à une absence d'information.
v Les obstacles culturels
L'adoption de méthodes contraceptives modernes est
souvent entravée par des obstacles culturels, en particulier dans les
sociétés traditionnelles comme le peuple Moussey. Ceux-ci
comprennent la valorisation culturelle de la fertilité, la pression
sociale pour une grande famille, la domination traditionnelle masculine dans
les décisions de procréation, la notion d'identité d'une
femme basée sur sa capacité à se reproduire, la
perpétuation du nom de famille, et le rôle des enfants dans la
structure sociale.
Dans la culture Moussey, la fertilité est souvent
considérée comme une bénédiction divine et un signe
de prestige social. Cette valeur culturelle de la fertilité est en
conflit avec l'idée de limiter les naissances par des moyens
artificiels. La communauté de Moussey exerce également une
pression importante sur les couples avec de nombreux enfants, ce qui rend
difficile pour les individus d'adopter des méthodes contraceptives en
raison de la peur de la stigmatisation ou de la marginalisation.
La culture Moussey décourage également
l'utilisation de la contraception moderne, la considérant comme une
menace pour la continuité de la lignée familiale et une
résistance culturelle à son adoption. Ces barrières
culturelles constituent un obstacle important à l'adoption de
méthodes contraceptives modernes à Moussey.
v Le statut du mari
Dans les sociétés traditionnelles comme les
Moussey, le statut marial joue un rôle important dans les
décisions familiales, y compris l'utilisation de méthodes
contraceptives modernes. La structure familiale patriarcale limite l'autonomie
des femmes dans les choix de santé reproductive, y compris l'utilisation
de contraceptifs. Le statut marial leur donne traditionnellement le droit de
décider du nombre d'enfants et du moment de la grossesse, limitant
l'accès aux contraceptifs modernes même lorsqu'ils souhaitent les
utiliser. Dans la communauté de Moussey, avoir une grande famille est
considéré comme un signe de richesse et de statut social, et ils
considèrent les enfants comme une source de revenu ou de
sécurité économique future.
v L'accès géographique
Les méthodes contraceptives modernes sont cruciales
pour la santé reproductive et le développement
socio-économique, mais l'accès géographique pose un
défi important pour de nombreuses communautés, comme les Moussey.
Les zones rurales sont souvent très éloignées des centres
de santé offrant des services de planification familiale, ce qui rend
difficile l'accès des particuliers aux services contraceptifs. L'absence
ou le mauvais état des transports dans ces zones rend le voyage
difficile, surtout pendant la saison des pluies. Les services de planification
familiale sont souvent concentrés dans les centres urbains, ce qui
crée un déséquilibre d'accès entre les populations
urbaines et rurales. La distance géographique complique également
les visites de suivi de certaines méthodes contraceptives. Les jeunes
Moussey font face à des obstacles supplémentaires pour
accéder aux services de contraception en raison de la distance et de la
visibilité. Dans certains contextes culturaux, la mobilité
limitée rend difficile l'accès aux services de santé sans
assistance ou autorisation. L'accès géographique est un obstacle
majeur aux méthodes contraceptives modernes à Moussey, affectant
la continuité des soins, les défis spécifiques pour
certains groupes, et la qualité des services.
v La religion
Les valeurs, les croyances et les pratiques quotidiennes de
nombreuses communautés sont profondément influencées par
la religion, qui joue un rôle essentiel dans leur vie. Chez les Moussey,
comme dans beaucoup de sociétés traditionnelles, la religion est
un obstacle majeur à l'adoption des techniques contraceptives
contemporaines. La procréation est considérée comme un
commandement divin ou une bénédiction dans de nombreuses
interprétations religieuses, comme chez les chrétiens, qui font
souvent référence à Genèse 1 verse 28:
« multipliez et remplissez la terre ». Cette
vision engendre une réticence morale à l'emploi de techniques
contraceptives. L'utilisation de contraceptifs est perçue par certaines
interprétations religieuses comme une tentative de contrecarrer le plan
divin, ce qui engendre un conflit moral pour les croyants.
Les dirigeants religieux Moussey ont souvent un impact
important sur les opinions de la communauté concernant la contraception.
Les enseignements et les opinions qu'ils dispensent peuvent soit favoriser ou
dissuader l'usage de méthodes contraceptives contemporaines. Selon la
religion Moussey, la vie débute dès la conception, cependant
certaines méthodes contraceptives sont considérées comme
abortives, ce qui suscite une forte opposition morale. Selon certains croyants
Moussey, il est moralement problématique d'utiliser des contraceptifs,
car chaque acte sexuel doit être ouvert à la possibilité de
procréation. Le rôle principal de la femme est parfois
défini par les enseignements religieux comme celui de la mère, ce
qui rend difficile pour les femmes Moussey de justifier l'usage de
contraceptifs.
La sexualité est souvent entourée de tabous
religieux qui peuvent entraver la discussion ouverte sur la contraception, ce
qui restreint l'accès à l'information et aux services. Il est
indéniable que la religion représente un obstacle majeur à
l'accès aux techniques contraceptives modernes chez les Moussey. Cette
influence se traduit par l'interprétation des textes sacrés, le
rôle des dirigeants religieux, les convictions sur la sacralité de
la vie, l'influence sur les rôles de genre et de sexualité, le
conflit entre tradition et modernité, et l'impact sur les politiques de
santé. Toutefois, il convient de souligner que la religion n'est pas
univoque et que les interprétations et les pratiques peuvent être
très différentes au sein même de la communauté
Moussey.
La disponibilité des techniques contraceptives
contemporaines constitue un défi majeur pour la santé
reproductive et le bien-être des femmes. Néanmoins, dans la
société Moussey, la famille est souvent un obstacle majeur
à cette facilité. Dans cette dissertation, nous examinons les
divers aspects de cette problématique, en soulignant les
éléments socioculturels, économiques, et éducatifs
qui contribuent à présent.
X. LES SUGGESTIONS POUR AMÉLIORER
L'ACCÈS AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES
MOUSSEY
v Sensibilisation et
éducation
Organiser des campagnes de sensibilisation et des programmes
éducatifs pour informer les Moussey sur les méthodes
contraceptives modernes, leurs avantages, leur utilisation correcte et les
services de santé disponibles. Il est important de tenir compte des
normes socioculturelles et religieuses de la communauté afin de rendre
les informations pertinentes et adaptées.
v Renforcement des infrastructures de
santé
Investir dans l'amélioration des infrastructures de
santé dans les régions où vivent les Moussey, en veillant
à ce que les centres de santé et les cliniques soient facilement
accessibles et fournissent des services de contraception de qualité.
Cela pourrait inclure la formation du personnel de santé sur les
méthodes contraceptives modernes et la fourniture
régulière de fournitures contraceptives.
v Collaboration avec les chefs communautaires et les
leaders religieux
Impliquer les chefs communautaires et les leaders religieux
dans les efforts visant à améliorer l'accès aux
méthodes contraceptives modernes. Leur soutien et leur engagement
peuvent contribuer à réduire la stigmatisation et à
promouvoir l'acceptation de la contraception au sein de la
communauté.
v Subventions et réductions de
coûts
Déjà lors de nos enquêtes dans plusieurs
centres de santé et hôpitaux présents dans la
société Moussey nous avons confirmé la gratuité
d'offre des contraceptions modernes. Pour le Responsable de centre de
santé de Domo Dambali, je cite : « oui tout est
gratuit sauf pour l'implant on peut demander un forfait qui ne dépasse
pas 1.000 FCFA pour acheter la seringue, l'aiguille et bien d'autres
matériels pour son insertion. Pour l'implant tout cela coût au
trop 600 à 700 FCFA. ». Nous suggérons au
contraire la mise en place des programmes d'accompagnement et de suivi
régulière des utilisatrices et utilisateurs des contraceptifs
modernes. Cela pourrait encourager plus de personnes à utiliser ces
méthodes pour prévenir les grossesses non
désirées.
v Autonomisation de la femme Moussey
Dans la prise de décision sur sa santé
procréative : nos enquêtés ont montré le
pouvoir de l'homme en tant que chef de la famille sur la décision
d'utilisation des contraceptifs modernes par sa femme. Dans la
société, même les responsables de santé refusent de
donner les contraceptifs modernes à une femme sans la présence de
son mari.
v Collaboration avec des organisations
internationales
Collaborer avec des organisations internationales telles
qu'UNFPA, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres
organismes de santé pour obtenir un soutien et des ressources
supplémentaires dans l'amélioration de l'accès aux
méthodes contraceptives modernes chez les Moussey.
CONCLUSION PARTIELLE
Ce dernier chapitre de notre mémoire a exploré
les connaissances, les attitudes et les perceptions des Moussey concernant les
méthodes modernes de contraception. Cela révèle d'une
diversité significative dans la compréhension et l'acceptation de
ces méthodes au sein de la société Moussey. Bien que c
Moussey aient entendu parler des contraceptifs modernes, il y a encore un
manque d'informations précises sur leur fonctionnement et leurs effets
secondaires. Ce manque de connaissances est attribué à des
facteurs tels que l'absence d'éducation sexuelle formelle et les normes
culturelles entourant la sexualité et la reproduction. Les attitudes
envers l'utilisation de la contraception moderne varient
considérablement, certains membres souhaitant adopter ces
méthodes pour mieux planifier leurs familles et améliorer leur
qualité de vie, tandis que d'autres sont réticents en raison de
normes sociétales traditionnelles qui valorisent les grandes familles ou
considèrent les contraceptifs comme un tabou. Ces attitudes sont souvent
façonnées par des influences socioculturelles et religieuses.
Cette partie de notre étude met en évidence la
nécessité de futurs programmes éducatifs adaptés
aux caractéristiques culturelles et sociales de la communauté de
Moussey. Une approche prenant en compte à la fois les aspects
médicaux et les dimensions psychologiques et socioculturelles pour
favoriser une meilleure acceptation et utilisation de la contraception moderne.
CONCLUSION GÉNÉRALE
En Cette recherche révèle la complexité
de la perception et de la représentation socioculturelle des
méthodes contraceptives modernes au Tchad, plus
particulièrementchez le peuple Moussey. La question de départ de
notre étude était de savoir comment le peuple Moussey se
représente-il les méthodes contraceptives modernes ? Cette
question nous a aussitôt poussé à reformuler une
réponse provisoire qui constitua notre hypothèse
générale notamment les contraceptions modernes sont
représentées par le peuple Moussey comme les voies et moyens
menant à la prostitution et à la réduction de nombre
d'enfants. L'objectif principal était de comprendre comment les Moussey
perçoivent les méthodes contraceptives modernes et de
décrire la représentation culturelle et sociale des
méthodes contraceptives modernes. L'étude a
révélé que les phénomènes tels que la
grossesse précoce, la grossesse non désirée, la grossesse
nombreuse, l'avortement non médical et la déscolarisation des
jeunes en milieu Moussey sont tous liés à un manque de
compréhension des méthodes contraceptives modernes.
La méthodologie utilisée dans le cadre de cette
étude repose sur l'approche qualitative avec des outils d'enquêtes
tel que : l'entretien semi-directif, le groupe de discussion,
l'observation directe, les récits de vies et recueils documentaires.
L'analyse des résultats de notre étude a fait recours à
deux théories notamment : l'ethnométhodologie et
l'interactionnisme symbolique.
L'étude était réalisée
auprès de 31 informateurs donc 21 femmes et 10 hommes. Elle met en
lumière les obstacles à l'utilisation des contraceptifs modernes
en milieu Moussey. Les principaux obstacles recueillis sont
notamment :l'inégalité de genre, l'analphabétisation
de la population, le niveau d'éducation, le manque d'information, les
croyances religieuses et les respects des valeurs culturelles. Les
méthodes modernes de contraception sont perçues comme taboues et
les Moussey se montrent davantage résistant face à leurs
utilisations.
Notre présent mémoire était
rédigé sur six chapitre donc quatre chapitres correspondent
à nos objectifs spécifiques et un chapitre consacré
à la description du milieu d'étude et l'ethnologie du peuple
Moussey et en fin un autre chapitre est consacré à la revue de la
littérature, cadre théorique et conceptuel.
Le Tchad, pays multilingue avec le français et l'arabe
comme langues officielles depuis 1978, se distingue par la diversité
culturelle de ses sociétés. Les principales religions
pratiquées dans le pays sont l'islam, le christianisme et les croyances
traditionnelles, reflet d'une coexistence religieuse complexe. Avec une
population très jeune de 68 % ayant moins de 25 ans, le Tchad est
marqué par des dynamiques démographiques importantes,
influençant directement ses structures sociales et économiques.
Jean Mbairo, Caroline Robion-Brunner, (2017).
Le système de santé tchadien repose sur une
organisation pyramidale à trois niveaux (central, intermédiaire
et périphérique), mais il reste confronté à des
défis liés à l'accès aux soins,
particulièrement en milieu rural. Ces contraintes sont exacerbées
par les tensions sociopolitiques historiques, notamment entre le Nord,
majoritairement musulman et arabophone, et le Sud, dominé par le
christianisme et le français. EDS-MICS, (2018).
Dans cette étude portant sur perceptions et
représentations socioculturelles des méthodes contraceptives
modernes au Tchad : cas du peuple Moussey, nous avons d'une part
exploré le système de représentations culturelles de la
fécondité, de la procréation et de la contraception chez
les Moussey. Le Moussey faut le rappeler est une communauté vivant
principalement dans le département de la Kabbia, dans la région
de Mayo-Kebbi Est. Ce travail nous a permis d'identifier les facteurs
socioculturels, religieux et économiques influençant la
perception et l'utilisation des méthodes modernes de contraception.
L'étude révèle que, pour les Moussey, la
fécondité est profondément ancrée dans des valeurs
culturelles qui valorisent les familles nombreuses, les enfants étant
perçus comme une richesse et une ressource économique pour les
foyers. Cependant, cette vision entre parfois en conflit avec les
réalités modernes, telles que les grossesses précoces, non
désirées ou nombreuses, qui affectent la santé des femmes
et freinent leur éducation.
En milieu Moussey, les méthodes contraceptives modernes
sont souventassociées à des tabous ou à des comportements
jugés immoraux, plusieurs membres de la communauté Moussey
expriment leur méfiance d'adoptionà ces méthodes modernes
de contraception. Cette acceptation repose sur des approches respectueuses des
besoins et des réalités culturelles locales.
En plus, notre recherche a mis en évidence la
complexité des perceptions et des représentations
socioculturelles des méthodes contraceptives modernes au sein de la
société Moussey du Tchad. En explorant les liens entre les
croyances culturelles, religieuses, sociales et économiques, cette
rechercheressort les facteurs influençant l'adoption des méthodes
contraceptives modernes au sein de la société Moussey.
L'étude révèle que des phénomènes tels que
les grossesses précoces, grossesses non désirées,
grossesses nombreuses les avortements non médicalisés et la
déscolarisation des jeunes résultent souvent d'un manque de
sensibilisation et de compréhension sur les méthodes
contraceptives modernes en milieu Moussey.
En effet, les Moussey perçoivent majoritairement les
méthodes contraceptives modernes comme contraires à leurs valeurs
culturelles liées à la fécondité, souvent les
associant à des pratiques immorales ou à un mépris des
traditions.
Notre travail souligne également la
nécessité de promouvoir une sensibilisation adaptée
à travers des programmes éducatifs inclusifs, le renforcement des
infrastructures sanitaires dans les zones reculées, mettre l'accent sur
le rôle l'homme dans gestion de fécondité et de la
procréation, collaboration étroite avec les leaders
communautaires et religieux. Ces initiatives permettraient de
déconstruire les préjugés tout en respectant le patrimoine
culturel des Moussey.
Enfin, ce travail s'inscrit dans une démarche
anthropologique qui met en lumière les interactions complexes entre
traditions, modernité et politiques publiques dans le domaine de la
santé sexuelle et reproductive. Il offre des pistes concrètes
pour orienter les politiques et interventions, tout en respectant la richesse
culturelle des Moussey et en répondant aux besoins spécifiques de
leur communauté.
Enfin, cette recherche illustre l'importance d'adopter des
approches anthropologiques pour mieux comprendre et répondre aux besoins
spécifiques des populations locales en matière de santé
sexuelle et reproductive. Elle offre des bases solides pour élaborer des
stratégies intégrées qui allient respect des traditions et
adoption de solutions modernes, contribuant ainsi à améliorer le
bien-être et les opportunités socio-économiques des
communautés comme celle des Moussey.
SOURCES
1. Sources écrites (bibliographie)
1.1. Ouvrages généraux
· Bourdieu,P.(1998).Ladominationmasculine
;EditionduSeuil1republication.
· BOZON Michel : Autonomie sexuelle des jeunes et panique
morale des adultes. Le garçon sans freins et la fille responsable. Agora
débats/jeunesses, 1/2012, n°60, p. 121-134.
· Ralph Linton, (1945) : Le fondement culturel de la
personnalité. Paris Bordas
· Claude Levis Strauss, (1983) : le regard
éloigné édition paris Plon
· BOZON Michel Sociologie de la sexualité.
Éditions Armand Collins, 2005 (1ère édition 2002).
· BOZON Michel : La nouvelle normativité des
conduites sexuelles ou la difficulté de mettre en cohérence les
expériences intimes. INED, 2004.
· Durkheim,E.,Les règlesdela
méthodesociologique,éd. Dalloz,Paris, 1984.
· Duru-Bellat M., « A l'école du
genre », Enfances & Psy no 69,2016.
· GOFFMAN (1961): interactions ritual essay on face to
face behavior, New York: pantheon book
· Jaffret,y(2009 janvier). Labatailledes femmes.
Http://whep.info, P, 13
· Karl Marx (1818-1883) : du prix des loyers
· MBONJI, E. (2005). L'Ethno-Perspective ou la
Méthode du discours de l'Ethno- Anthropologie culturelle. Presses
Universitaires Yaoundé.
· Kenneth Pike dans son livre Language in Relation to a
Unified Theory of the Structure of Human Behavior (1967).
1.2. Ouvrages spécialisés
· AFFERGAN Francis Construire le savoir anthropologique.
Editions Presses Universitaires de France, Paris, 1999.
· AÏACH Pierre et Fassin Didier : Les
métiers de la santé enjeux de pouvoir et quête de
légitimité. Editions Anthropos-Economica, 1994.
· Aoksouma Djona Atchénemou, (2020) : les
Moussey du Tchad, le temps, la pensée et la Parole
· Bernard Aristide Bitouga, et al., (2022) : faire
sortir la grossesse : savoir, itinéraires et protocole autour de
l'avortement en Afrique Subsaharienne. Edition L'harmattan
· FASSIN Didier (2001): Culturalism as ideology. Cultural
Perspectives on Reproductive Health. (Oxford University Press), pages 300-318.
· Good Byron (1998) : Comment faire de
l'anthropologie médicale ? Médecine, rationalité et
vécu. Edition Les empêcheurs de tourner en rond.
· Igor De Garine, (1978) : aspect de la possession
chez les Moussey : Tchad et Cameroun Paris CNRS, 1968
· Igor De Garine, (1978) : initiation, rite de
passage chez les Moussey, Tchad/Cameroun.Paris CNRS, 1968
· Jean Doum-Hani (2023) : le Mariage chez le Moussey
Mossi d'Afrique et sa portée éducative. Edition AB ALKE BULAN
· Marco Betoni, (2018) : la culture Moussey (Tchad)
naissance, Mariage et funérailles édition Paris L'Harmattan
1.3. Thèses et Mémoires
·
Cissé,R.(2021).Évaluationdesconnaissances,attitudesetpratiquesducomitédefemmes
utilisatrices des services du centre de santé communautaire de
Doumanzana en matière de planification familiale. Bamako,
faculté de médecine.
· LENAN GUANGUINON (2009) : les facteurs explicatifs
de la non-utilisation des méthodes contraceptives modernes par les
femmes au Tchad IFORD Yaoundé mémoire online
· MBAIOGOUM TINRO (1999) : l'utilisation actuelle de
méthodes contraceptives par les femmes au Tchad. IFORD Yaoundé
mémoire online
· NDWIGE NFOUME ELLA : (2002) Facteurs de
l'utilisation de la contraception moderne au sein des couples Gabonais IFORD
Yaoundé mémoire online.
· VRIDAOU TAO :(2005) les déterminants de la
mortalité infanto-juvénile au Tchad, IFORD Yaoundé
mémoire online
· Vridaou Tao, (2005) : « les
déterminants de la mortalité infanto-juvénile au
Tchad » IFORD Yaoundé mémoire online.
1.4. Les articles
· Abel Mukengeshayi Ntambue, Rachel Ngalula Tshiala et
al. (2017) « Utilisation des méthodes contraceptives modernes
en République Démocratique du Congo : prévalence et
barrières dans la zone de santé de Dibindi à
Mbuji-Mayi » édition Pan African Medical Journal
· Adam Yaya ABDEL-MAHAMOUD, (2018). «
Études des déterminants socioculturels du recours aux services de
planifications familiales par les femmes au Tchad : cas de la zone
périurbaine d'Abéché ». Thèse de Doctorat
soutenue à l'Université de Tours en France.
· AGHI AUGUSTE BAHI (2008) : «
Notes sur l'acceptabilité du préservatif
féminin: Étude auprès d'étudiantes etétudiants abidjanais ».Université de CocodyAbidjan (Côte d'Ivoire).
· Aïssa Diarra, Brahima Diallo, Zakaria Amar (2023).
« Des solutions endogènes pour soutenir les interventions visant
à améliorer la santé sexuelle et reproductive
féminine au Sahel ».
· Akam Evina et Kishimba Ngo : L'utilisation des
méthodes contraceptives en Afrique : de l'espacement à la
limitation des naissances
· Allah-Kagny
SOGOBA (2015) :« étude transversale visant à
évaluer la connaissance et la perception du planning familial dans le
milieu universitaire » Thèse de doctorat en Médecine
à l'Université de Bamako (Faculté des Sciences, des
Techniques et de la Technologie)
· André Laplante et Bourama Soumaro (avril
1973) : « planning traditionnel au Mali » compte rendu
du Séminaire Interafricain sur l'Education Sexuelle en Afrique Tropicale
tenu à Bamako sous les auspices du Ministère de l'Education
Nationale de la République du Mali en collaboration avec le Service
Quaker (American Friends Service Committee
· ANDROS Armelle et Desgrées du Loû
Annabel (2009) : La place des hommes dans la santé sexuelle et
reproductive : Enjeux et difficultés, pages 3-12.
·
Arlette Gautier,
Chrystelle
Grenier-Torres (2014) : «
Controverses
autour des droits reproductifs et sexuels » Revue
AUTREPART
· BAJOS Nathalie et Ferrand Michèle (2006) :
L'interruption volontaire de grossesse et la reconstitution de la norme
procréative. Sociétés contemporaines, pages 91-117.
· BAJOS Nathalie et Ferrand Michèle (2009) :
La contraception, levier réel ou symbolique de la domination masculine ?
Sciences sociales et Santé, vol. 22, n°3
· Bajos Nathalie, Mylène Rouzaud-Cornabas, Henri
Panjo, Aline Bohet, Caroline Moreau et l'équipe Fécond (mai
2014) : La crise de la pilule en France : vers un nouveau modèle
contraceptif ? Population & Sociétés, n°511.
· BAKASS FATIMA, FERRAND Michèle (2013) :
L'entrée en sexualité à Rabat : les nouveaux «
arrangements » entre les sexes. Population pages 41-65.
· Benoist Jean (1997) : Réflexions sur le
pluralisme médical : tâtonnements, alternatives ou
complémentarités ? Les classiques des sciences sociales [en
ligne]
http://classiques.uqac.ca/contemporains/benoist_jean/reflexions_pluralisme_medical/refle
xions_pluralisme_medical.pdf Consulté le 05/06/2023.
· Christine Tremblay (2001) : « Les
représentations sociales de la contraception chez les adolescentes
actives sexuellement » Université du Québec à
Chicoutimi
· CYRILLE JEAN, (2021) : « Enquêter
sur l'efficacité contraceptive pour normaliser le contrôle des
naissances ». Jounal Open Edition
· Desclaux Alice et Levy Josph-Josy : Cultures et
médicaments. Anciens objets ou nouveau courant en anthropologie
médicale ? Cultures et médicaments, vol. 27, n°2, 2003,
pages 5-21.
· DESCLAUX Alice : De la mère responsable et
coupable de la maladie de son enfant, 1996, pages 252.
· Dieudonné Mpunga Mukendi, Faustin Chenge
Mukalenge, et al. « Connaissances, attitudes et pratiques des
adolescents et des enseignants en matière de contraception :
résultats d'une étude qualitative réalisée en
République Démocratique du Congo »
· Judith HOTTOIS, Catherine JUNG (2011) :
« La représentation qu'ont les hommes de leur place dans le
couple hétérosexuel en ce qui concerne la contraception et le
désir d'enfant » université de Reims Champagne Ardenne
article.
· Fassin Didier et Memmi Dominique (2004) : Le
gouvernement des corps. Edition de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales.
· Fassin Didier et Memmi Dominique (2004) : Le
gouvernement des corps. Edition de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales.
· FOUMSOU L., ACHE H., KHEBA F., GABKIKA B.M., KOIDE S.R.
(2021) : « La contraception de longue durée d'action au
Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de l'Enfant de N'Djamena
: épidémiologie et effets secondaires ». Journal de la
SAGO, vol.22, n°1, p.1-6
· Haroun KOUMAKOI, Jean-Robert Mburano RWENGE et al.
(2022) : « Dynamique de la polygamie masculine au
Tchad » Presse universitaire de Ndjamena. Article collectif
· Haute Autorité en Santé en France. (Mars
2013) : « Méthodes contraceptives : Focus sur les
méthodes les plus efficaces disponibles et les effets
indésirables liés à l'utilisation des contraceptifs
modernes ».
· Mamadou Makhtar Mbacké Leye, Adama Faye, et al.
(2015) : « Déterminants de l'utilisation de la
contraception moderne dans le district sanitaire de Mbacké
(Sénégal) » Santé Publique 2015/1 (Vol. 27), lu
sur cair.info.
· Maud Gelly, (2006) : « Avortement et
contraception dans les études médicales. Une formation
inadaptée ». Édition Paris, L'Harmattan,
· MAURO TURRINI. « Rendre visibles les risques
iatrogènes de la contraception hormonale à travers les
témoignages des victimes de la pilule » article de la Revue
Internationale Francophone d'Anthropologie de la santé.
· Nikos Kalampalikis, Fabrice Buschini, (2007) :
« La contraception masculine médicalisée : enjeux
psychosociaux et craintes imaginaires ». Nouvelle revue de
psychosociologie, 89-104, 2007.
· Ningam Ngakoutou « planification familiale au
Tchad »
· Ningam Ngakoutou : « L'utilisation des
techniques modernes de contraceptions au Tchad », l'extrait du
chapitre 4 de l'ouvrage de son ouvrage lu sur Google scholar en mai 2023
· NJIKAM Savage O. M. (2015): «Adolescents and Young
Women's Perceived Reasons for the Continued HIV/AIDS Prevalence in Kumba,
Cameroon: A Qualitative Study». International Journal of HIV/AIDS
Prevention, Education and Behavioural Science.
· Organisation Mondiale de la Santé mars
2013 : planification familiale et contraception lu sur son site officiel
(oms.org).
· Pranitha Maharaj, John Cleland, (2005) :
« Perception du risque et utilisation du préservatif chez les
couples mariés ou cohabitants au KwaZulu-Natal, Afrique du
Sud ». Perspectives internationales de la planification familiale,
P24-29
· Sennen H Hounton, Hélène Carabin, Neil J
Henderson, (2005) : « Vers une compréhension des obstacles
à l'utilisation du préservatif en milieu rural au Bénin
à l'aide du modèle de croyances en matière de
santé : une enquête transversale » BMC Public
Health
· Sosa-Sanchez, I. (2010) : « Les
inégalités sociales et la santé sexuelle et reproductive
au Mexique : entre la médicalisation et l'exclusion sociale ».
Recherches féministes
· Tessier, Monique, (1984) : « Adolescence
et sexualité : les enjeux de la prévention ».
Santé mentale au Québec, 9(2), consulté sur le site
https://doi.org/10.7202/030239ar
· Tia Palermo, Jennifer Bleck et Elizabeth
Westley « Connaissance et utilisation de la contraception
d'urgence : analyse multinationale ».
· VILLENEUVE-GOKALP C, (1990) : « Du mariage
aux unions sans papiers ; histoire récente des transformations
conjugales ». Revue de l'Association Internationale Des Démographes
de Langue Française (AAIIDELF
1.5. Données
officielles
· Banque mondiale : prévalence de la
contraception des femmes de 15 à 49 ans
· Enquête Démographique et de la
Santé (EDS 2004, 2015)
· Enquête par Grappes à Indicateurs
Multiples (MICS6-Tchad), (2019).
· Ministère de la Femme, de la Famille et de la
Protection de la Petite Enfance au Tchad, Organisation des Femmes Dames de
Lutte contre le Sida (2016) : « feuille de route de lutte contre
le mariage précoce des enfants et les mutilations génitales
féminines »
· Ministère de la Santé Publique du Tchad,
(2015): « évaluation des indicateurs pour le suivi du
programme de sécurisation de produits de santé de la reproduction
au Tchad » rapport provisoire 2015
1.6. Etudes et Rapports
· Akam Evina et Kishimba Ngo, dans un article commun
intitulé : L'utilisation des méthodes contraceptives en Afrique :
de l'espacement à la limitation des naissances
· Tchad : Santé sexuelle et reproductive : le
droit d'aimer, de choisir et de décider" - Ce rapport du Fonds des
Nations Unies pour la Population (UNFPA) offre une vue d'ensemble de la
situation de la santé sexuelle et reproductive au Tchad :
https://tchad.unfpa.org/sites/default/files/pub-pdf/SRHR_TCHAD.pdf
· reproductive au Tchad : étude des facteurs
d'utilisation des méthodes modernes de contraception" - Cette
étude se concentre sur les facteurs qui influent sur l'utilisation des
méthodes modernes de contraception au Tchad, y compris les aspects
socioculturels :
https://core.ac.uk/download/pdf/39361571.pdf
· Annual Report on Family Planning in West and Central
Africa: 2018" - Ce rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
fournit des données et des analyses sur la planification familiale dans
la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, qui comprennent le Tchad
:
https://afro.who.int/publications/annual-report-family-planning-west-and-central-africa-2018
· Traditions and Modernities in Northern Cameroon: The
Mousgoum and the Mousseye in the High Moundou Region" - Un article
académique qui examine les Mousgoum et les Mousseye, deux groupes
ethniques apparentés au Tchad, et discute de leurs traditions et de
leurs pratiques culturelles :
https://www.jstor.org/stable/1161584
· Analyzing the Gap Between Knowledge and Use of Modern
Contraception in Urban Congo" - Un article de recherche qui étudie la
perception et l'utilisation de la contraception moderne dans un contexte urbain
congolais, mais qui peut fournir des informations pertinentes sur la perception
et la représentation sociales des méthodes contraceptives :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5366618/
· Gendered Norms and Family Planning Choices in Cameroon"
- Une étude qui examine les normes liées au genre et leurs effets
sur les choix de planification familiale au Cameroun, pays voisin du Tchad avec
des similitudes culturelles :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7340904/
· Population Reference Bureau (PRB) - Une organisation de
recherche qui fournit des données et des analyses sur la santé et
la population dans de nombreux pays, y compris le Tchad. Vous pouvez trouver
des rapports et des publications sur la planification familiale et les normes
sociales au Tchad :
https://www.prb.org/countries/tchad/
· Guttmacher Institute - Une organisation mondiale de
recherche sur la santé sexuelle et reproductive qui fournit des
données et des analyses sur la contraception et les comportements de
fécondité dans de nombreux pays, y compris le Tchad :
https://www.guttmacher.org/search/node/Tchad
· United Nations Population Fund (UNFPA) Tchad - La
branche du Fonds des Nations Unies pour la population au Tchad fournit des
informations et des rapports sur la planification familiale et les questions de
genre dans le pays :
https://tchad.unfpa.org/
· Ministère de la Santé Publique du Tchad -
Le site officiel du ministère de la santé publique du Tchad peut
fournir des informations sur les politiques et les programmes de santé,
y compris la planification familiale :
http://www.sante-tchad.org/
· André Laplante (25 avril 1975) : planning
traditionnel au Mali.
Sources orales
Tableaux synoptiques des informateurs
|
N° d'ordre
|
Anonymat
|
sexe
|
Fonction
|
Age
|
Niveau d'étude
|
Statut matrimonial
|
|
1. Affia
|
F
|
Sans fonction
|
19 ans
|
Secondaire
|
Mariée
|
|
2. Aicha
|
F
|
Infirmière
|
32 ans
|
Bac+3
|
Mariée
|
|
3. Aikomou
|
M
|
Elèves
|
20 ans
|
Secondaire
|
Célibataire
|
|
4. Amia
|
M
|
Macon
|
40 ans
|
Secondaire
|
Mariée
|
|
5. Awa
|
F
|
Sage-femme Traditionnelle
|
52 ans
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
6. Azong
|
M
|
Sans fonction
|
90 ans
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
7. Bintou
|
F
|
élève
|
18 ANS
|
Secondaire
|
célibataire
|
|
8. Famira
|
f
|
Cultivatrice
|
36 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
9. Emeline
|
F
|
Cultivatrice
|
36 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
10. Fassia
|
F
|
Cultivatrice
|
42 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
11. Fatti
|
F
|
Sage-femme
|
36 ANS
|
Bac+3
|
Mariée
|
|
12. Fatwa
|
F
|
Cultivatrice
|
36 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
13. Fitoua
|
F
|
Enseignante
|
17 ANS
|
Bac+3
|
Mariée
|
|
14. Hamidou
|
M
|
proviseur
|
16 ANS
|
Bac+4
|
Mariée
|
|
15. Hanoua
|
F
|
Cultivatrice
|
22 ANS
|
Secondaire
|
Mariée
|
|
16. Hinimzina
|
M
|
infirmier
|
38 ANS
|
Secondaire
|
Mariée
|
|
17. Ira
|
F
|
Cultivatrice
|
53 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
18. Maimouna
|
F
|
Cultivatrice
|
41 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
19. Maria
|
F
|
Cultivatrice
|
42 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
20. Minda
|
F
|
Cultivatrice
|
43 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
21. Moulna
|
M
|
Gestionnaire
|
43 ANS
|
Bac+3
|
Marié
|
|
22. Moussa
|
M
|
Infirmier
|
29 ANS
|
Bac+4
|
Marié
|
|
23. Moustapha
|
M
|
Laborantin
|
32 ANS
|
Bac+3
|
Marié
|
|
24. Nassou
|
M
|
Cultivateur
|
38 ANS
|
Secondaire
|
Marié
|
|
25. Noura
|
F
|
Cultivatrice
|
25 ANS
|
Secondaire
|
Mariée
|
|
26. Sanda
|
F
|
Cultivatrice
|
48 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
27. Seydou
|
M
|
Eleveur
|
43 ANS
|
Analphabète
|
Marié
|
|
28. Sounda
|
F
|
Cultivatrice
|
17 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
29. Toudey
|
F
|
Infirmière
|
45 ans
|
Bac+3
|
Mariée
|
|
30. Touta
|
F
|
Cultivatrice
|
41 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
|
31. Vihouroungou
|
F
|
Cultivatrice
|
31 ANS
|
Analphabète
|
Mariée
|
ANNEXES
Annexe
n°1 : autorisation de recherche de l'Université

Annexe N°2 :
Autorisation de recherche de l'Hôpital District de Gounou-Gaya
Annexe
n° 3 : consentement éclairé
Cette enquête est réalisée par
l'étudiant FILINA GENDARME SERAPHIN en vue de l'obtention du Master 2
recherche et sous la direction du Dr Aristide BITOUGA Enseignant chercheur au
Département d'Anthropologie à l'Université de Douala
(encadreur académique).
Description de l'enquête
Cette enquête a pour objectif principal de ressortir et
comprendre les déterminants socio-cultuels qui limitent l'utilisation
des contraceptifs modernes dans la société Moussey du Tchad. En
plus, cette enquête consiste également à interroger le
système de représentations sur les méthodes contraceptives
modernes, questionner les institutions hospitalières et sociales
présentes dans la société Moussey en particulier et au
Tchad en général, comprendre le lien étroit entre la
résistance en contraceptions modernes et le niveau d'éducation de
la population d'étude, ainsi que le taux de mortalité maternelle
et infanto-juvénile.
Déroulement de la participation
Dans le cadre de cette enquête, nous vous demandons de
participer à une entrevue d'une durée approximative de de 25
à 45min visant à recueillir votre point de vue sur les
différents enjeux liés à l'utilisation des contraceptifs
modernes dans la société Moussey.
Cependant, vous pourrez refuser en tout temps de
répondre à certaines questions, refuser d'aborder certains
thèmes ou même mettre fin à l'entrevue, et sans qu'aucun
préjudice ne vous soit causé.
Respect des principes éthiques
Toutes les informations recueillies dans le cadre de cette
enquête seront traitées de façon confidentielle et seront
utilisées aux seules fins définies par cette enquête. Les
enregistrements seront détruits dès que la transcription aura
été réalisée. Aucun nom de répondant
(enquêté) ne sera cité, le matériel sera
codé, et toutes les données seront utilisées qu'a de fin
académique.
Afin d'assurer la confidentialité des données,
toutes les personnes pouvant avoir accès à cette information
respectera l'éthique et la déontologie des données de
recherche. Dans le cas où, au cours de l'entrevue, l'intervieweur serait
témoin d'une situation où la vie d'une personne serait
menacée, il doit en aviser.
Questions et informations
Pour tout renseignement complémentaire concernant
l'enquête, vous pouvez vous renseigner auprès des responsables du
Département d'Anthropologie de l'Université de Douala à
l'adresse : +237 +237 6 77 65 68 99 Ou contacter le Directeur du
mémoire & Encadreur académique à l'adresse
e-mail :
bitougar@gmail.com
Votre participation à cette enquête est
strictement volontaire et vous pouvez vous retirer à tout moment sans
aucune conséquence.
Le fait d'apposer votre signature ci-dessous indique
que :
§ Vous avez lu et compris le contenu de ce formulaire de
consentement ;
§ Vous consentez à participer à cette
enquête ;
§ Vous acceptez à ce que les entrevues soient
enregistrées.
Signature de l'enquêteur
signature de l'enquêté
Annexe
n°4: Guide d'entretien
Bonjour, Monsieur/Madame, Mademoiselle,
Dans le cadre de la réalisation de notre mémoire
de recherche en anthropologie de la santé, nous avons opté
d'étudier les « perceptions et représentations
socioculturelles des méthodes contraceptives modernes au Tchad :
cas du peuple Moussey ». À travers cette étude nous
souhaitons vous posez quelques questions afin de recueillir le maximum
d'idées, de connaissances, et d'expériences en matière
d'utilisation des méthodes contraceptives modernes.
Nous serons reconnaissant du temps que vous allez nous
accorder pour participer à cette étude.
Toutefois, nous veillerons à la confidentialité
des données recueillies. Les informations recueillies au cours de cet
entretien ne seront utilisées qu'à des fins académiques.
Nous nous engageons par ailleurs à maintenir l'identité des
informateurs sous anonymat et surtout à ne relever aucune information
susceptible de leur porter préjudice.
Avez-vous des questions aux préalables ?
Informations générales
Nom et prénom de l'enquêteur :
Date d'enquête :
Lieu d'enquête :
Identité de l'enquêté :
Genre :
Age :
Statut matrimonial :
Religion :
Niveau d'étude :
Profession :
|
Thème 0 : Connaissances
générales sur les Moussey
|
|
Question 1 : Quelle est la situation actuelle de la
polygynie chez le peuple Moussey ?
|
|
Question 2 : Comment fonctionne la société
Moussey du point de vue de la survenue d'une nouvelle naissance dans une
famille au sein du quartier, village, communauté, etc ?
|
|
Question 3 : quels sont les rites traditionnels qui
encadrent le déroulement de la grossesse chez les Moussey lorsqu'il
s'agit : ?
a) Quand c'est une fille ?
b) Quand c'est un garçon ?
c) Quand ce sont les jumeaux
|
|
Question 4 : Quels sont les us et coutumes en vigueur chez
le peuple Moussey pour accueillir un nouveau-né ?
a) Cas d'un garçon ?
b) Cas d'une fille
c) Cas des jumeaux
|
|
Thème 1 : les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle des
naissances chez les Moussey.
|
|
Question 5 : Quelle est l'importance de l'enfant au sein
de la société Moussey ?
|
|
Question 6 : Qui est habileté à
procréer (faire des enfants) chez les Moussey ?
|
|
Question 7 : Quelles sont les conditions à remplir
pour avoir ou prétendre à avoir un enfant ?
|
|
Question 8 : Quelles sont les dispositions que doit
prendre un homme ou une femme S'il souhaite avoir d'enfants ?
|
|
Question 9 : Quelles sont les dispositions que doit
prendre un homme ou une femme s'il ne souhaite pas avoir d'enfants ?
|
|
Question 10 : La venue d'un enfant chez un couple Moussey
est-il un acte volontaire ou accidentel ?
|
|
Question 11 : Quelles sont les personnes au niveau de la
communauté qui influencent dans la décision du nombre d'enfant au
sein d'un couple ?
|
|
Question 12 : Parlez-nous du temps qu'une femme peut
mettre pour concevoir une nouvelle grossesse ?
v Pourquoi ?
|
|
Thème 2 : les acteurs intervenants
au niveau familial et communautaire dans la gestion de la procréation
dans la société Moussey
|
|
Question 13 : Quel est le nombre moyen d'enfant qu'un couple
doit avoir chez le peuple Moussey ?
|
|
Question 14 : Comment la communauté perçoit
un couple qui a beaucoup d'enfants chez les Moussey ?
v Pourquoi ?
|
|
Question 15 : Comment la communauté
perçoit un couple qui n'a pas ou peu d'enfants chez les Moussey ?
v Pourquoi ?
|
|
Question 16 : Dans un couple Moussey, qui décide
du nombre d'enfants ?
a) L'homme ?
b) La femme ?
c) Les parents de l'homme ?
d) Les parents de la femme ?
|
|
Question 17 : Qu'est ce qui encourage un couple à
faire beaucoup d'enfants ?
|
|
Question 18 : Quels sont les facteurs culturels qui
expliquent le recours à la polygynie chez les Moussey ?
|
|
Question 19 : Combien d'enfants filles souhaitez-vous
dans votre vie ?
v Pourquoi ?
|
|
Question 20 : Combien d'enfants garçons
souhaitez-vous dans votre vie ?
v Pourquoi ?
|
|
Thème 3 : techniques et pratiques
contraceptives endogènes dans la société
Moussey
|
|
Question 21 : Parlez-nous des pratiques contraceptives
traditionnelles auquel les Moussey ont recours ?
|
|
Question 22 : Identifiez et décrire les
méthodes contraceptives traditionnelles que vous connaissez ?
|
|
Question 23 : Quel est votre niveau de satisfaction de
ces méthodes contraceptives traditionnelles ?
|
|
Question 24 : Comment faites-vous pour avoir accès
à ces méthodes contraceptives traditionnelles ?
|
|
Question 25 : Quelles sont vos perceptions et
représentations culturelles concernant les méthodes
contraceptives traditionnelles ?
|
|
Question 26 : Quels sont les avantages et les
inconvenants des méthodes contraceptives traditionnelles que vous
connaissez ?
|
|
Question 27 : Comment avez-vous trouvez le rapport sexuel
d'un (e) partenaire utilisant les méthodes contraceptives
traditionnelles ?
|
|
Question 28 : Etes-vous confronté à des
difficultés quelconques pour avoir accès aux méthodes
contraceptives traditionnelles ?
|
|
Question 29 : Quelles propositions pouvez-vous faire pour
l'accès aux méthodes contraceptives traditionnelles ?
|
|
Thème 4 : Connaissances, pratiques et
attitudes des Moussey en matière des méthodes contraceptives
modernes
|
|
Question 30 : Quand, où et par qui avez-vous
entendu parler pour la 1ère fois des méthodes
contraceptives modernes ?
|
|
Question 31 : Présentez et décrire les
méthodes contraceptives modernes que vous connaissez ?
|
|
Question 32 : Etes-vous favorable à l'utilisation
des méthodes contraceptives modernes ?
Pourquoi ?
|
|
Question 33 : Êtes-vous favorable à
l'espacement des naissances dans un couple ?
Pourquoi ?
|
|
Question 34 : Quelles sont les perceptions des Moussey
sur les méthodes contraceptives modernes ?
|
|
Question 35 : Quels sont les avantages et les
inconvénients des méthodes contraceptives modernes que vous
connaissez ?
|
|
Question 36 : Quelles sont les méthodes
contraceptives modernes que vous utilisez habituellement ou
régulièrement dans votre communauté ?
|
|
Question 37 : Comment procédez-vous pour avoir
accès aux méthodes contraceptives modernes dans votre
communauté ?
|
|
Question 38 : Comment trouvez-vous le rapport sexuel d'un
(e) partenaire utilisant les méthodes contraceptives modernes ?
|
|
Question 39 : Quelles sont les raisons qui poussent les
Moussey à avoir beaucoup d'enfants ?
|
|
Question 40 : Quelles sont les difficultés que
vous rencontrez pour avoir accès aux méthodes contraceptives
modernes ?
|
|
Question 41 : Que suggérez-vous pour
améliorer l'accès aux méthodes contraceptives
modernes dans votre communauté ?
|
|
Avez-vous d'autres choses à ajouter ou des questions
à nous posez
Nous vous remercions du temps que vous nous avez
accordé
Merci pour votre disponibilité
|
Annexe 5 : Guides d'entretien destiné aux
responsables de l'Hôpital District de Gounou-Gaya
Thème :perception et représentation
socioculturelle des méthodes contraceptives modernes au Tchad : cas
du peuple Moussey
v Préalable : présentation, explication
de l'objectif de la recherche, la confidentialité des données
puis faire signer le consentement éclairé.
1- Pouvez-vous nous décrire un peu l'historique de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya ?
2- Comment pouvez-vous présentez l'Hôpital
District de Gounou-Gaya par rapport aux autres hôpitaux ?
3- Vous pouvez nous dire comment les taches au sein de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya sont stratifiées et
hiarchisées ?
4- Quelle est la population que couvre l'Hôpital
District de Gounou-Gaya ?
5- L'Hôpital District de Gounou-Gaya compte combien des
centres de santé publics et privés ?
6- Quel est l'effectif des personnels soignants de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya ?
7- Quel est l'effectif des stagiaires au sin de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya ?
8- Quels sont les différents services de soin de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya ?
9- Quel est le niveau minimal d'étude de chaque
responsable du service de l'Hôpital District de Gounou-Gaya ?
10- Comment fonctionne le service de maternité sous
votre responsabilité ?
11- Selon vous, quels sont les éventuelles
difficultés que rencontrent les services de maternité et de la
planification familiale sous votre responsabilité ?
12- Quelles recommandations faites-vous pour remédier
à ces difficultés ?
Conclusion avec le remerciement et demander à
chaque responsable s'il a d'autres choses à ajouter sur ce qu'on vient
de s'entretenir.
Annexe
n°6: Photographie



   



Annexe
n°7 : Transcription (Confère pièces jointes)
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE
i
DEDICACE
ii
REMERCIEMENTS
iii
RÉSUMÉ
iv
ABSTRACT
v
LISTE DES ACRONYMES ET SIGLES
vi
a- Liste des acronymes
vi
b- Liste des sigles
vii
LISTE DES CARTES
viii
LISTE DES GRAPHIQUES
ix
LISTE DES PHOTOGRAPHIES
x
LISTE DES TABLEAUX
xi
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1
I- CONTEXTE ET JUSTIFICATION
1
1- Contexte d'étude
1
2- Justification d'étude
2
II- PROBLEME DE RECHERCHE
3
III- PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
5
IV- QUESTIONS DE RECHERCHE
6
? Question générale
6
? Questions spécifiques
6
V- HYPOTHESES DE RECHERCHE
6
? Hypothèse
générale
6
? Hypothèses secondaires
6
VI- OBJECTIFS DE RECHERCHE
7
? Objectif général
7
? Objectifs secondaires
7
VII- METHODOLOGIE DE RECHERCHE
7
1- Type de recherche
7
2- Justification du choix du site de
l'étude
8
3- Population d'étude
9
4- Description de la population
d'étude
9
5- Description de l'échantillon
d'étude
10
6- Taille d'échantillon
10
7- Méthodes et techniques de la
recherche (justification du choix de la technique, objectif de recherché
lié à ladite technique, les informateurs concernés par
ladite technique)
11
8- Traitement et gestion des données
collectées
14
9- Méthodes d'analyse des
données
15
VIII- DEROULEMENT DE LA COLLECTE DES
DONNEES
16
1. Collecte des Données
16
2. Activités préparatoires
(finalisation des outils de collecte, préteste des outils,
identification des informateurs clés, formalités administratives,
etc.)
17
3. Phase de collecte des données
(accès au terrain de recherche, recrutement des informateurs,
administration des outils de collecte, difficultés rencontrées,
leçons apprises, etc.)
18
IX- CONSIDERATIONS ETHIQUES
19
X- INTERET DE L'ETUDE
19
XI- PLAN DE TRAVAIL
20
CHAPITRE PREMIER : DESCRIPTION DU MILIEU DE LA
RECHERCHE ET ETHNOLOGIE DES GROUPES HUMAINS
21
INTRODUCTION PARTIELLE
21
I- DESCRIPTION DE GOUNOU-GAYA ET ETHNOLOGIE
DES MOUSSEY
21
1. Historique de la ville de Gounou-Gaya
22
2. Histoire migratoire du peuple Moussey
23
3. Ethnologie du peuple Moussey
25
3.4. Système alimentaire des
Moussey
31
3.5. Système économique des
Moussey
33
3.6. Les patrimoines culturels Moussey
34
3.6.1. Les patrimoines culturels
immatériels du peuple Moussey
34
3.6.2. Les patrimoines culturels
matériels du peuple Moussey
36
3.7. Rapports de cohabitation des Moussey
avec les autres communautés ethniques de la Kabbia
39
4. Cadre physique et géographique de
Gounou Gaya
40
CONCLUSION PARTIELLE
42
CHAPITRE DEUXIEME : REVUE LITTERAIRE, CADRE
THEORIQUE ET CONCEPTUEL
43
INTRODUCTION PARTIELLE
43
I- REVUE DE LA LITTERATURE
43
1. La politique nationale du Tchad en
matière de santé sexuelle et reproductive
44
2. L'accès des populations
tchadiennes aux méthodes contraceptives modernes
46
3. Le genre et les facteurs de
résistance aux méthodes contraceptives modernes chez les
populations tchadiennes
47
4. Les savoirs endogènes des
populations tchadiennes en matière de santé sexuelle et
reproductive
53
5. La problématique de la limitation
des naissances au sein des populations tchadiennes
55
II- PRÉSENTATION DES THÉORIES
EXPLICATIVES
56
1. L'interactionnisme symbolique
56
1.1. La justification du choix de la
théorie interactionniste
57
1.2. La présentation concise de la
théorie
57
1.3. La présentation des
éléments clés de la théorie que nous avons
mobilisée
58
1.4. L'opérationnalisation de ladite
théorie
59
2. L'ethnométhodologie
60
2.1. La justification du choix de la
théorie de l'ethnométhodologie
60
2.2. La présentation concise de la
théorie
60
2.3. La présentation des
éléments clés de la théorie que nous avions
mobilisée
61
2.4. L'opérationnalisation de ladite
théorie
62
III- CADRE CONCEPTUEL
62
1. Culture
63
2. Fécondité
63
3. Procréation
63
4. Méthodes contraceptives
modernes
64
5. Méthodes contraceptives
endogènes
65
6. Accessibilité aux méthodes
contraceptives modernes
65
7. Perceptions des méthodes
contraceptives modernes
66
CHAPITRE TROISIÈME : SYSTÈME DE
REPRÉSENTATIONS CULTURELLES DE LA FÉCONDITÉ, DE LA
PROCRÉATION ET DE LA CONTRACEPTION CHEZ LES MOUSSEY
68
I- CONNAISSANCES GÉNÉRALES SUR
LA SANTE SEXUELLE ET REPRODUCTIVE CHEZ LES MOUSSEY
68
2. Les facteurs culturels qui expliquent le
recours à la polygynie chez les Moussey
71
? La notion de prestige sur le nombre des
femmes chez les Moussey
72
3. Le fonctionnement de la
société Moussey du point de vue de la survenue d'une nouvelle
naissance
73
3.1. Le rituel de pose de bois
d'accouchement
73
3.2. L'accueil du nouveau-né
73
4. Les rites traditionnels qui encadrent le
déroulement de la grossesse chez Les Moussey
75
4.1. Consultation des voyants
75
4.2. Le port de certaines amulettes
76
4.3. Les interdictions alimentaires
76
4.4. La préparation de
l'accouchement
76
5. Les us et coutumes en vigueur chez les
Moussey pour accueillir un nouveau-né
76
5.1. La cérémonie de
nomination
76
5.2. Les prières et les
bénédictions
77
5.3. Les rituels de protection
77
6. Les facteurs socioculturels de la
fécondité, de la procréation et du contrôle des
naissances chez les Moussey
77
6.1. L'image de la femme liée au
rôle de la maternité
78
6.2. La maternité, un moment
privilégié
78
6.3. La femme, définie selon son
statut de mère
79
7. L'importance de l'enfant au sein de la
société Moussey
79
8. Les conditions à remplir pour
avoir ou prétendre à avoir un enfant
80
9. Les dispositions que doit prendre un
homme ou une femme s'il souhaite avoir des enfants
82
10. Les perceptions culturelles de la
grossesse chez les Moussey
82
10.1. Valeur culturelle de la grossesse chez
les Moussey
83
10.2. Statut social des femmes enceintes
84
10.4. Pression sociale liée à
la grossesse
84
10.6. Croyances traditionnelles liées
à la grossesse
85
11. La prise en charge culturelle de la
grossesse chez les Moussey
86
11.1. Rôle des sages-femmes
traditionnelles
86
11.2. Soins prénataux
traditionnels
87
11.3. Préparation à
l'accouchement
87
11.4. Croyances et tabous liés
à la grossesse
87
CHAPITRE QUATRIÈME : ACTEURS
INTERVENANT AU NIVEAU COMMUNAUTAIRE DANS LA FÉCONDITÉ CHEZ LES
MOUSSEY
89
I. LES PERSONNES QUI INFLUENCENT LA
DÉCISION DU NOMBRE D'ENFANT AU SEIN D'UN COUPLE CHEZ LES MOUSSEY
89
1. Le couple
89
2. La famille
90
3. La communauté
90
II. LES NOMBRES MOYENS D'ENFANTS QU'UN
COUPLE DOIT AVOIR CHEZ LES MOUSSEY
92
III. LES PERCEPTIONS CULTURELLES DU NOMBRE
D'ENFANTS CHEZ LES MOUSSEY
93
1. Valeur sociale et économique des
enfants
94
2. Main-d'oeuvre agricole
95
4. Continuité du lignage
95
5. Influence des croyances religieuses et
traditionnelles
96
7. Pratiques polygames
97
8. Rites et coutumes
97
9. Statut de la femme
98
10. Préférence pour les
enfants garçons
98
11. Pression sociale
99
13. Les défis modernes
100
IV. LA DÉCISION DU NOMBRE D'ENFANTS
DANS UN COUPLE CHEZ LES MOUSSEY
102
1. Structures décisionnelles
familiales
102
2. Rôle du patriarche
103
3. Facteurs socioculturels
influençant la décision
104
4. Considérations
économiques
104
5. Facteurs liés à la
santé
104
6. Le niveau d'éducation
104
V. LES RAISONS DE LA
PRÉFÉRENCE D'UNE PROGÉNITURE NOMBREUSE CHEZ LES
MOUSSEY
105
CHAPITRE CINQUIÈME : PRATIQUES ET
SAVOIRS ENDOGÈNES DE LA CONTRACEPTION CHEZ LES MOUSSEY
109
I- LES PRATIQUES CONTRACEPTIVES
ENDOGÈNES AUXQUELLES LES MOUSSEY ONT RECOURS
109
2. Pratiques sociales
118
3. Méthodes naturelles
119
II- LA CONNAISSANCE DES MÉTHODES
CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
120
III- LE NIVEAU DE SATISFACTION DES
MÉTHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
122
IV- L'ACCESSIBILITÉ AUX
MÉTHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
123
V- LES PERCEPTIONS ET REPRÉSENTATIONS
CULTURELLES CONCERNANT LES MÉTHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES CHEZ
LES MOUSSEY
124
VI- LES AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS
DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES D'APRÈS LES
MOUSSEY
126
1. Avantages des pratiques contraceptives
traditionnelles du point de vue du peuple Moussey
126
1.1. Maîtrise locale et
facilité d'accès
126
1.2. Coût faible ou nul
126
2. Inconvénients des pratiques
contraceptives traditionnelles du point de vue du peuple Moussey
126
VII- LES DIFFICULTES D'ACCES AUX METHODES
CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES PAR LES MOUSSEY
127
VIII- LES PROPOSITIONS POUR FACILITER
L'ACCES AUX METHODES CONTRACEPTIVES TRADITIONNELLES
129
CHAPITRE SIXIÈME : CONNAISSANCES,
ATTITUDES ET PERCEPTIONS EN MATIÈRE DE CONTRACEPTION MODERNE CHEZ LES
MOUSSEY
131
I. CANAUX D'ACCÈS A L'INFORMATION SUR
LES MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
131
II. CONNAISSANCE DES MÉTHODES
CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
135
III. L'ACCEPTABILITÉ DE L'UTILISATION
DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
141
IV. L'ACCEPTABILITÉ DE L'ESPACEMENT
DES NAISSANCES DANS LE COUPLE CHEZ LES MOUSSEY
141
V. PERCEPTION CULTURELLE DES MÉTHODES
CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
143
VI. LES CONNAISSANCES AUTOUR DES AVANTAGES
ET DES INCONVÉNIENTS DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ
LES MOUSSEY
145
VII. LES CANAUX D'ACCÈS AUX
MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
147
VIII. L'ACCEPTABILITÉ DU RAPPORT
SEXUEL AVEC UNE CONJOINTE QUI UTILISE UNE MÉTHODE CONTRACEPTIVE MODERNE
CHEZ LES MOUSSEY
148
IX. LES DIFFICULTÉS D'ACCÈS
AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
150
X. LES SUGGESTIONS POUR AMÉLIORER
L'ACCÈS AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES CHEZ LES MOUSSEY
153
CONCLUSION GÉNÉRALE
156
SOURCES
159
1. Sources écrites
(bibliographie)
159
1.1. Ouvrages généraux
159
1.2. Ouvrages spécialisés
159
1.3. Thèses et Mémoires
160
1.4. Les articles
160
1.6. Etudes et Rapports
164
Sources orales
166
ANNEXES
167
Annexe n°1 : autorisation de recherche de
l'Université
167
Annexe N°2 : Autorisation de recherche de
l'Hôpital District de Gounou-Gaya
168
Annexe n° 3 : consentement
éclairé
169
Annexe n°4 : Guide d'entretien
170
Annexe 5 : Guides d'entretien destiné
aux responsables de l'Hôpital District de Gounou-Gaya
173
Annexe n°6 : Photographie
174
ANNEXE N°7 : Transcription
(Confère pièces jointes)
175

* 1Emic et etic : Les
deux termes ont été utilisés pour la première fois
par le linguiste et anthropologue américain Kenneth Pike dans son livre
Language in Relation to a Unified Theory of the Structure of Human Behavior
(1967). Les mots allemands emisch et etisch sont dérivés des
termes anglais emic et etic. La perspective émique se base sur une
vision interne adaptée à la culture ; on essaie de
considérer les phénomènes avec les yeux des personnes
concernées et de créer ainsi l'idéal de perspectivisme`
des sciences humaines. L'approche émique vise à mettre en
évidence les aspects fonctionnellement pertinents au sein d'une
culture.Dans l'approche éthique, en revanche, les chercheurs adoptent un
point de vue extérieur à la culture étudiée et
tentent de répondre à l'idéal d'objectivité des
sciences naturelles. De cette manière, des critères de
comparaison universellement valables doivent être trouvés (cf.
Helfrich-Hölter 2013, 27).
* 2Expression anglaise pour
désigner la « discussion de groupe ».
* 3Propos d'une
infirmière travail au service de maternité de l'Hôpital
District de Gounou-Gaya
* 4 Igor Dé Garine
Les Massa..., op. cit., p. 15.
* 5 Selon l'anthropologue
François Laplante, la constanguinité est une pratique dans
laquelle le semble agit sur le semblable
* 6Les mauvais esprits
* 7Appellation locale du lac
Kabbia
* 8Science de culture fait
référence à la discipline anthropologie
* 9 Source de grande richesse ou
important profit
* 10go'o usum
dewna : l'enfant qui est l'unique de la famille. Dans la
société Moussey le garçon qui est l'unique de la famille
on le marie précocement avec beaucoup femmes pour qu'il comble le vide
d'enfant que les parents ont laissé
* 11Gi
vuna : est un ensemble des rites pour accueillir un
nouveau-né
* 12Bu ma
welengua : Les nombres impairs sont considérés
comme les nombres de chance chez l'espèce male dans la
société Moussey
* 13Bu ma ka
welengina : Les nombres pairs sont considérés comme
les nombres de chance chez l'espèce femelle dans la
société Moussey
*
14Toy : Nom pseudonyme pour designer la
nouvelle née fille
* 15Toy,
oh-ho : est un terme générique pour désigner
les nouveau-nés qui n'ont pas encore de nom ou même quand on
ignore le nom du bébé.
* 16Sauce longue
communément appelée holira en Moussey est un repas
culturel beaucoup aimé par le peuple Moussey. On ne manque pas de
préparer ce repas lors de la fête de lune, baptêmes
d'enfants et autres festivités importantes.
* 17Dansleda : c'est
l'ensemble des boisons whisky en sachet
* 18Goo la kongui ni an ni,
angi ko saa sunum kadina na : Celui qui n'a pas d'enfant, c'est comme
quelqu'un sans avenir, sans valeur.
* 19Po `ô ma kalla :
la sortie et développement des seins d'une fille.
* 20go'o buru ka yang
baba di: un enfant hors mariage ne peut appartenir au lien de la
famille
* 21 goona Kaf tam aayni
kafiya : cela signifie qu'au sein d'un couple, l'enfant vient seul. C'est
un acte accidentel
* 22Tlena halangi col ayni ko
lona : signifie en langue Moussey tout vient de Dieu
* 23 Fulmadina :
divinités de morts, fulmununda : divinité des eaux
communément appelée « mamy
water »
* 24gaw langa, Tcha hokira,
adjaba : Terme populaire chez les Moussey pour qualifier les
prostituées.
* 25Les choukous : sont le
docta du quartier dans le langage populaire Moussey
* 26 Dum gora col ay ni
kolo : pour dire que c'est dieu qui décide du nombre d'enfant
à avoir au sein d'un couple
* 27 C'est le nombre moyen
d'enfants par femme nécessaire pour maintenir une population stable
à long terme, sans immigration ni émigration
* 28sa'a gora coco na
sem fi ngara : pour dire que celui qui a beaucoup d'enfant
reçoit beaucoup d'honneur et est respecter beaucoup.
* 29sa'a gora coco na
sem fi ngara : pour dire que celui qui a beaucoup d'enfant
reçoit beaucoup d'honneur et est respecter beaucoup.
* 30Une marque de whysky en
sachet populaire en milieu Moussey
* 31gogona col tutta wani sum
tew vam wina kamu: pour dire quand l'enfant marche, sa maman peut
déjà chercher à concevoir une nouvelle grossesse.
*
32Lam-be-lame : signifie en arabe tchadien
corps à corps. Cependant au Tchad et en particulier chez les Moussey le
rapport sexuel sans utiliser le préservatif est trop
apprécié et sollicité par les jeunes
* 33 Gogona col tutta wani sum
tew vam wina kamu: pour dire quand l'enfant marche, sa maman peut
déjà chercher à concevoir une nouvelle grossesse.
* 34 Kamlina : c'est une
maladie qui atteint l'enfant qui tète, ne marche pas encore et sa
mère a conçu précocement sur lui une nouvelle grossesse.
Cette maladie est souvent perçue comme héréditaire et
semblable à la kwashiorkor.
* 35Corps à corps :
c'est le rapport sexuel sans les préservatifs.
* 36Lam bé lam :
est un terme emprunté de l'arabe tchadien pour dire `'corps à
corps''. Pour cet enqueté les preservatif separe le contact dans le
rapport sexuel et ca dimunie le plaisir
|