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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
UNIVERSITÉ DE KINDU
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
BP:122
FACULTÉ DE MÉDECINE
DÉPARTEMENT DE PÉDIATRIE
PROFIL CLINIQUE, BIOLOGIQUE ET THÉRAPEUTIQUE DES
INFECTIONS NÉONATALES AU CENTRE HOSPITALIER LUMBULUMBU DU 01 JANVIER AU
31 DÉCEMBRE 2025
Par
ZAKUANI GERARD
Directeur : Dr SHINDANO
MWAMBAEtienne
Professeur Ordinaire
Encadreur : Dr LUFIMBO KATAWANDJA
Antoine
Chef de Travaux
ANNÉE ACADÉMIQUE 2025-2026
EPIGRAPHE
ETERNEL, écoute ma prière,prête
l'oreille à mes supplications !
Ecoute-moi dans ta fidélité, dans la justice
!
N'entre pas en jugement avec ton serviteur !
Car aucun vivant n'est juste devant toi !
PSAUME 143, 1-2
Tous mes ennemis seront honteux et fort troublés ;ils
s'en retourneront, ils seront confus en un moment !
PSAUME 6:9-10
IN MEMORIAM
« Le souvenir des justes est en
bénédiction. »
Proverbes 10:7
C'est avec une profonde émotion et un respect infini
que je dédie cette page à la mémoire de ceux qui nous ont
quittés et dont l'amour, les conseils, les prières et les
sacrifices continuent d'éclairer notre chemin.
À la mémoire de :
Mon très cher père Zakuani Gabriel
Mes très chers frères : Zakuani Mussa et Zakuani
Jean-Pierre
Que leur souvenir demeure à jamais gravé dans
nos coeurs.
Bien qu'absents physiquement, ils restent présents dans
nos pensées, dans nos valeurs et dans chacune de nos
réalisations. Leur passage sur cette terre a laissé des
empreintes indélébiles qui continueront d'inspirer notre vie et
nos actions.
Puisse le Seigneur leur accorder le repos éternel et
les accueillir dans Sa gloire infinie.
« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui
croit en moi vivra, quand même il serait mort. » Jean 11:25
Que leurs âmes reposent en paix
Amen.
DEDICACE
Toute ma gratitude à l'endroit du Seigneur Dieu tout
puissant, Dieu de l'univers et de la terre, Dieu de toutes les créatures
du monde, lui qui a toujours été à mes côtés,
lui qui ne m'a jamais abandonné dans le bonheur que dans les
difficultés.
A toi ma mère NYOTA LUZINGA pour tant de privation et
d'abnégation. C'est toi la génératrice de mon existence,
source de ma vie terrestre.
Tu ne reculais devant aucun sacrifice lorsqu'il s'agissait de
ma formation.
Goûtes ce jour les fruits de ta semence, car nous dit la
Bible « celui qui élève bien son fils en tirera satisfaction
parmi ses connaissances, il sera fier de lui »
ZAKUANI
GERARD
REMERCIEMENTS
Nous exprimons nos remerciements les plus sincères au
Professeur Ordinaire Dr Étienne ShindanoMwamba et au Chef de Travaux Dr
Antoine LufimboKatawandja, respectivement Directeur et Encadrant de ce travail
de fin d'études. Leur engagement sans réserve et leur
accompagnement constant ont permis la réalisation de ce mémoire.
Nous leur sommes profondément reconnaissants d'avoir accepté de
diriger ce travail avec dévouement. Que Dieu les bénisse.
Nos sincères remerciements s'adressent également
à toutes les autorités académiques de l'Université
de Kindu (UNIKI) ainsi que celles du Centre Hospitalier Lumbulumbu, sans
oublier les enseignants qui, par leur compétence et leur
dévouement, contribuent à la formation des futurs cadres du pays.
Nous exprimons aussi notre profonde gratitude à nos
parents, Zakuani Gabriel et NyotaLuzinga, pour le soutien moral et physique
qu'ils nous ont apporté, et grâce auquel nous avons pu mener
à terme ce travail de fin d'étude.
Mes sincères remerciements vont à ma très
chère épouse, Noëlla NdelongoKibundila.
Nous adressons également nos remerciements à nos
grands frères, soeurs et petit frère, notamment Zakuani Mathias,
ZakuaniMasigi, ZakuaniSakina, Zakuani Moza, Omega et Baraka.
Nos sincères remerciements vont à ma très
chère épouse, Noëlla NdelongoKibundila.
Nous exprimons aussi notre gratitude aux familles Kasangala,
KashambalaMuyombo Foudre, KapondaZobela, Jérôme , Kanefu S. ,
ainsi qu'à leurs enfants Bahati, Mundu, Sifa, Ange, Atiya, Fatuma,
Théo, Moïse, Nyota, Luc et Amina.
Nous exprimons nos sincères gratitudes à nos
amis : ZACHARIE AMISI, KIBONDO TAMBWE, TCHUMA NDJIADAKO, YANDJO LUKUMBU,
ESPOIR NGAMA, OLIVIER DIEUDONNE, PAUL KAYUMBA, USSENI LOKIS, VAMBA OMENYA, SEFU
SAIDI.
En fin nous exprimons notre gratitude à toutes les
personnes qui, de près ou de loin ont contribué à la
réalisation de ce travail par leurs aides, leurs conseils ou leurs
soutiens.
Que Dieu les bénisse. »
ZAKUANI GERARD
RÉSUMÉ
Introduction : Les infections
néonatales constituent une cause majeure de morbidité et de
mortalité chez les nouveau-nés, particulièrement dans les
pays à ressources limitées. Leur diagnostic reste difficile en
raison de manifestations cliniques peu spécifiques et d'un accès
limité aux examens biologiques.
Objectif : Étudier les aspects
cliniques, biologiques et thérapeutiques des infections
néonatales au Centre Hospitalier Lumbulumbu (CHLL) de Kindu.
Méthodes : Une étude
descriptive transversale à visée analytique et à collecte
rétrospective a été réalisée du 1er janvier
au 31 décembre 2025. Tous les nouveau-nés âgés de 0
à 28 jours hospitalisés pour infection néonatale
bactérienne et disposant d'un dossier exploitable ont été
inclus. Les données ont été analysées à
l'aide des logiciels Excel et SPSS.
Résultats : Parmi 289
nouveau-nés hospitalisés, 33 présentaient une infection
néonatale, soit une fréquence de 11,4 %. Le sexe féminin
était prédominant. Les principaux signes cliniques
observés étaient le refus de téter (60,6 %), la
fièvre (42,4 %) et la détresse respiratoire (12,1 %). Les
anomalies biologiques les plus fréquentes étaient
l'hyperleucocytose avec neutrophilie (30,3 %) et l'élévation de
la procalcitonine (21,2 %). Les antécédents infectieux maternels
étaient significativement associés à la survenue de
l'infection néonatale (p < 0,001). L'association
Cefotaxime-Gentamycine constituait le protocole thérapeutique le plus
utilisé. L'évolution était favorable dans 84,8 % des cas,
tandis que la mortalité était de 15,2 %.
Conclusion : Les infections néonatales
demeurent fréquentes au CHLL et représentent un problème
important de santé publique. Le renforcement du suivi prénatal,
du diagnostic précoce et de la prise en charge adaptée des
nouveau-nés infectés est indispensable pour réduire la
mortalité néonatale.
Mots clés : profil, infections néonatales,
Kindu
ABSTRACT
Background: Neonatal infections remain a
major cause of neonatalmorbidity and mortality, particularly in low-resource
settings.
Objective: To study the clinical, biological
and therapeutic aspects of neonatal infections atLumbulumbu Hospital Center
(CHLL), Kindu.
Methods: A descriptive cross-sectional study
with retrospective data collection was conductedfromJanuary to December 2025.
Neonatesaged 0-28 dayshospitalized for neonatalbacterial infection were
included. Data were analyzedusing Excel and SPSS.
Results: Among 289 hospitalizedneonates, 33
hadneonatal infections, giving a prevalence of 11.4%. Poor feeding (60.6%),
fever (42.4%) and respiratorydistress (12.1%) were the mostcommonclinical
manifestations. Hyperleukocytosis with neutrophilia (30.3%) and
elevatedprocalcitonin (21.2%) were the main biologicalabnormalities.
Maternalinfectioushistory was significantly associated with neonatal infection
(p < 0.001). Cefotaxime-Gentamicin was the
mostfrequentlyusedantibioticregimen. A favorable outcome was observedin 84.8%
of cases, while mortalityreached 15.2%.
Conclusion: Neonatal infections remain a
significant public healthproblemat CHLL. Strengtheningprenatal care,
earlydiagnosis and appropriate management is essential to
reduceneonatalmortality.
Keywords: profile, neonatal infections,
Kindu
LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
ACOG: American College of Obstetricians and
Gynecologists
AG: Administrateur Gestionnaire
CA: Circonférence Abdominale
CDC: Centers for Disease Control and Prevention
CHLL: Centre Hospitalier Lumbulumbu
CPN: Consultation Prénatale
CRP: C-Réactive Protéine
DMI: Dossier Médical Informatisé
ECBU: Examen Cytobactériologique des Urines
EG: État Général
GBS: Group B Streptococcus
HAS Haute Autorité de Santé
HMA: Histoire de la Maladie Actuelle
INN: Infection Néonatale
INNB: Infection Néonatale Bactérienne
ISSI: Institut Supérieur des Sciences
Infirmières
Kg: Kilogramme
mg: Milligramme
mg/L: Milligramme par litre
ml: Millilitre
NFS: Numération Formule Sanguine
NN: Nouveau-né
OMS: Organisation Mondiale de la Santé
OR: Odds Ratio
PCT: Procalcitonine
RR: Risque Relatif
RDC: République Démocratique du Congo
RPM: Rupture Prématurée des Membranes
SPSS: Statistical Package for the Social Sciences
UNIKI: Université de Kindu
UNIKIN: Université de Kinshasa
UNICEF: Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
VIP: Very Important Person (pavillon de grand confort)
%: Pourcentage
<: Inférieur à
>: Supérieur à
=: Inférieur ou égal à
=: Supérieur ou égal à
#177;: Plus ou moins
p: Probabilité statistique
n: Effectif
N: Effectif total
H12: Douzième heure de vie
J0: Jour de naissance
J28: Vingt-huitième jour de vie
LISTE DES TABLEAUX
- Tableau I : Schéma des
antibiotiques.......................................................................................15
- Tableau II Fréquence
globale....................................................................................................28
- Tableau III Répartition selon la voie
d'accouchement...........................................................29
- Tableau IV Répartition selon les
antécédents maternels infectieux
..................................30
- Tableau V Répartition selon la RPM
........................................................................................30
- Tableau VI Répartition selon les manifestations
cliniques ...................................................31
- Tableau VII Manifestations Cliniques
.......................................................................................31
- Tableau VIII Examens paracliniques
réalisés...........................................................................32
- Tableau IX Type
d'antibiotiques................................................................................................33
- Tableau X Répartition sexe x modalité de
sortie.....................................................................34
- Tableau XI Commune de provenance x modalité de
sortie...................................................34
- Tableau XII Antécédents infectieux maternels x
infection néonatale bactérienne............35
- Tableau XIII Manifestation clinique x modalité de sortie
......................................................35
- Tableau XIV Examen biologique x modalité de
sortie............................................................35
LISTE DE FIGURES
Figure n°01 physiopathologie de l'infection
néonatale
bactérienne...............................................13
Figure n° 02 Répartition selon le
sexe...................................................................................................28
Figure n°03 Répartition selon la
provenance........................................................................................29
Figure n° 04 Répartition selon les
modalités de
sorties......................................................................33
Figure n° 05 Autorisation de
recherche..............................................................................................501. INTRODUCTION GÉNÉRALE
1.1 Contexte
Les infections néonatales (INN) sont définies
comme des altérations de l'organisme secondaires à l'invasion
d'un agent pathogène nocif (bactérie, virus ou parasite) qui peut
affecter le nouveau-né avant, pendant ou après la naissance [1].
Sur le plan biologique, les examens de confirmation tels que
l'hémoculture, la CRP ou la numération formule sanguine ne sont
pas toujours disponibles ou accessibles, ce qui conduit à une prise en
charge essentiellement probabiliste. Cette situation peut favoriser soit un
retard thérapeutique, soit une antibiothérapie
inappropriée, contribuant à l'augmentation de la mortalité
et de la résistance bactérienne [2].
À l'échelle mondiale, l'incidence des infections
néonatales est estimée entre 5 et 10 cas pour 1000 naissances
vivantes, tandis qu'elles représentent environ 30 % des causes de
décès néonatals, ce qui en fait l'une des principales
causes de mortalité évitable chez le nouveau-né.[3].
L'Asie détient le plus grand nombre absolu de
décès néonatals au monde [4] : en Inde, les infections
néonatales représentent environ 22 % des décès
néonatals, particulièrement dans les États à forte
densité rurale malgré le IndiaNewborn Action Plan [5] ; au
Pakistan, le taux de mortalité néonatale reste
élevé (44/1 000), avec les infections précoces comme cause
majeure, dues à des accouchements non médicalisés et
à l'absence de prophylaxie intrapartum [6] ; au Bangladesh, bien que la
mortalité néonatale globale ait diminué, les infections
restent responsables de 18 % des décès néonatals, surtout
dans les zones rurales à faible couverture sanitaire [7].
Aux États-Unis, l'incidence des infections
néonatales précoces a chuté à 0,25/1 000 naissances
grâce au dépistage systématique du Streptococcus
agalactiae (GBS) et à l'antibioprophylaxie intrapartum [8].
Au Canada, les résultats comparables, mortalité
néonatale inférieure à 4/1 000, avec un système de
surveillance efficace [9].
Au Brésil, les infections néonatales
représentent environ 15 % des décès néonatals, avec
des variations régionales importantes ; dans le Nord et le Nordeste, les
taux dépassent souvent 20 % en raison de l'insuffisance
d'infrastructures et d'accès limité aux soins intensifs [10].
En France, les infections néonatales
représentent moins de 10 % des décès néonatals,
grâce à la standardisation du dépistage du GBS et
l'accès universel aux soins intensifs néonatals [11]. Au
Royaume-Uni, la mortalité néonatale par infection est <12 %,
avec amélioration constante des protocoles de soins périnatals
[10].
En Allemagne, les décès néonatals
liés aux infections sont <5 %, reflet de systèmes de
santé avancés [11].
En Europe, selon le rapport périnatal européen,
la mortalité néonatale liée aux infections reste
relativement faible dans plusieurs pays tels que la France, le Royaume-Uni et
l'Allemagne, en raison de l'amélioration des soins périnatals et
de la surveillance épidémiologique [11].
Au Nigeria, les infections néonatales
représentent 25-35 % des décès néonatals,
liées à des accouchements non médicalisés et
à un manque d'unités de soins intensifs [12].
En Éthiopie, malgré les programmes
communautaires, 28-30 % des décès néonatals sont
liés aux infections [12].
Au Kenya, la progression dans la réduction des
infections précoces, mais les infections tardives hospitalières
persistent chez les prématurés [12].
En Afrique subsaharienne, les infections néonatales
constituent l'une des principales causes de mortalité néonatale.
Elles représenteraient environ 25 à 35 % des décès
néonatals selon plusieurs analyses régionales menées dans
différents pays tels que le Nigeria, l'Éthiopie et le Kenya
[12].
En République Démocratique du Congo (RDC), les
infections néonatales représentent 27-33 % des
décès néonatals et les principales causes incluent le
retard de consultation, les limitations diagnostiques, l'absence de suivi
périnatal complet et l'antibiothérapie empirique prolongée
[13].
Une étude hospitalière réalisée
à Kindu dans la Province du Maniema du 1er janvier 2017 au 31
décembre 2018, révèle que les infections néonatales
représentaient 82 % des cas de morbidité néonatale
hospitalière alors que le taux de létalité (TL)
liée à l'infection néonatale était estimé
à 12,3% [14].
Dans une méta-analyse, on a noté qu'au
Nord-Kivu, le pourcentage de nouveau-nés décédés
dans les 24 heures et nés de femmes ayant subi une césarienne
dans quatre hôpitaux de Goma était de 0,4 % (IC à 95 % 0,1
%-1,4 %, n = 3/676) et de 1,2 % (IC à 95 % 0,2 %-4,6 %, n = 2/173) des
bébés nés de femmes avant une chirurgie de fistule dans un
hôpital de Goma sont décédés en moins d'une semaine
après la naissance. Au Maniema, 15,0 % (IC à 95 % : 13,0 %-17,1
%, n = 184/1 230) des nourrissons à haut risque admis en unité
néonatale sont décédés. A Bukavu, au Sud-Kivu, 43,3
% (IC à 95 % : 26,0 %-62,3 %, n = 13/30) des nourrissons
âgés de 1 à 30 jours admis en urgence chirurgicale sont
décédés [15].
À Lubumbashi, la septicémie néonatale
constitue une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les
nouveau-nés hospitalisés. Les études locales montrent
qu'elle représente environ 27 à 28 % des admissions en
néonatologie, avec une létalité
élevée. Les principaux facteurs de risque
identifiés sont la prématurité,
lefaible poids de naissance, larupture
prématurée des membranes, lesinfections
maternelles et les conditions d'hygiène
insuffisantes lors de l'accouchement. Sur le plan clinique, les
nourrissons présentent le plus souvent une
fièvre, une détresse
respiratoire, une léthargie et des
troubles de la succion. Le diagnostic reste difficile en
raison du manque de spécificité des marqueurs biologiques, ce qui
retarde la prise en charge.L'antibiothérapie empirique
est le traitement de première intention, mais l'utilisation
systématique de l'antibiogrammeest jugée
indispensable pour adapter les soins et réduire la mortalité. En
résumé, la septicémie néonatale à Lubumbashi
demeure un problème de santé publique majeur, nécessitant
des stratégies renforcées de prévention, de diagnostic
précoce et de prise en charge adaptée [16].
1.1.1 1.2 Problématique
Les infections bactériennes néonatales posent un
réel problème de santé publique en raison de leur
fréquence élevée, de leur gravité et de leur
diagnostic souvent difficile. Les manifestations cliniques sont
généralement peu spécifiques (refus de téter,
hypothermie, détresse respiratoire, léthargie), rendant le
diagnostic clinique précoce complexe [2].
Les infections néonatales précoces sont
dominées par trois agents bactériens principaux. Le
streptocoque du groupe B (SGB) appelé streptococcus
agalactiae est responsable d'environ 40 à 50 % des
cas dans les pays industrialisés, constituant la
première cause de septicémie et de méningite
néonatales. L'Escherichia
colireprésente la deuxième cause, impliqué
dans 20 à 30 % des cas, avec une fréquence plus
élevée chez les prématurés et les
nouveau-nés de faible poids de naissance. Enfin, Listeria
monocytogenes, bien que moins fréquente, est
retrouvée dans environ 5 à 10 % des cas selon
les séries, mais reste redoutable par la gravité des infections
qu'elle entraîne. Ces données épidémiologiques
mettent en évidence l'importance du dépistage et de la
prévention ciblée pour réduire la mortalité
néonatale liée à ces agents pathogènes. (simonsen
KA et al. ; Cohen R, et al.) [17,18]
La prévention des infections néonatales
liées au streptocoque du groupe B (SGB) repose sur des stratégies
de dépistage et de prophylaxie intrapartum. Aux États-Unis, les
recommandations du Centre pour le contrôle et la prévention des
maladies (CDC) et de l'American College of Obstetricians and Gynecologists
(ACOG) préconisent un dépistage systématique entre
35 et 37 semaines d'aménorrhée par
prélèvement vaginal et rectal, suivi d'une antibiothérapie
intrapartum en cas de colonisation maternelle afin de réduire le risque
d'infection néonatale précoce (CDC et ACOG.)[19]
En revanche, en France, la Haute Autorité de
Santé (HAS) recommande une approche basée sur les
facteurs de risque obstétricaux (fièvre
maternelle, rupture prolongée des membranes, antécédent
d'enfant infecté par SGB, bactériurie à SGB pendant la
grossesse), sans dépistage universel. Ces divergences illustrent
l'absence de consensus international, mais soulignent l'importance d'adapter
les stratégies de prévention au contexte local. Dans une ville
comme Kindu, où le dépistage systématique du SGB n'est pas
pratiqué, cette lacune constitue une faiblesse majeure dans la lutte
contre les infections néonatales (HAS).[20]
Dans la ville de Kindu, l'absence de dépistage
systématique du streptocoque du groupe B chez les femmes enceintes,
associée à la non-prise en charge des infections
urogénitales au troisième trimestre et aux accouchements hors
milieu hospitalier ou dans des structures inadaptées, contribue à
la persistance élevée des infections néonatales.
C'est dans cette optique nous avons entrepris cette
étude au sein du Centre Hospitalier Lumbulumbu (CHLL), structure
sanitaire urbaine de référence secondaire, pour se faire une
idée sur l'ampleur des infections bactériennes au sein de
l'unité de néonatologie du CHLL et ainsi mettre
ultérieurement en place des stratégies adaptées de
prévention et de prise en charge pour réduire cette
morbidité et mortalité néonatales.
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