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L'anader et l'encadrement en milieu rural (Côte d'Ivoire)


par Jean louis Niamké
Université de Cocody Abidjan - Exposé de Maitrise (sociologie) 2006
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Sociologie
   
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Introduction

Située en Afrique Occidentale Tropicale, la Côte-d'Ivoire est un pays essentiellement agricole. L'agriculture emploie les 2/3 de la population économiquement active et fournit l'essentiel des recettes de l'Etat.

Avec la culture des produits de base tels que le cacao et le café la Côte- d'Ivoire fait partie des plus grands producteurs mondiaux (elle occupe respectivement la première et la cinquième place) ; en l'espace de deux décennies, le secteur agricole a fait du pays un Etat moderne cité dans la sous-région.

En effet de 1960 à 1980, grâce aux performances de l'agriculture et du secteur forestier, la Côte d'Ivoire a connu une croissance économique d'environ 7% par an. On parlait alors du « miracle ivoirien » et l'on pouvait dire sans risque de se tromper : « le succès de ce pays repose sur l'agriculture ».

Cependant, à partir de 1981, les termes de l'échange se détériorent et le pays entre dans une phase de crise économique grave. Le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant passe de 600.000 Fcfa à la fin des années 1970 à 420.000 Fcfa en 1993. Après la dévaluation du Fcfa, le PIB subit une autre baisse pour se retrouver actuellement à environ de 300.000 Fcfa. La dette extérieure devient un lourd fardeau pour l'Etat : 12.000 Milliards de Fcfa en 1993. Face à cette situation économique critique, le Gouvernement ivoirien, avec l'appui du Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale lance dès 1981, une série de programmes d'ajustement structurel en vue de rétablir les équilibres macro-économiques, restaurer la compétitivité internationale et jeter les bases d'une croissance stable.

Ainsi, l'Etat ivoirien décide de mener une politique de restructuration des services agricoles.

Le projet est adopté en Mars 1992 et débouche sur la dissolution des ex-E.P.N (Etablissements Publics Nationaux) chargés de l'encadrement des paysans. Une nouvelle société est créée et constituée juridiquement le 24 juin 1994, sous la forme de société d'économie mixte de type particulier, regroupant l'Etat, le secteur privé, les producteurs et leurs organisations professionnelles.

Au 17 avril 1998, le capital a été restructuré pour rendre l'Etat minoritaire.

Une nouvelle philosophie sous-tend cette profonde restructuration. C'est l'orientation politique agricole vers la formation des producteurs afin d'en faire de vrais professionnels au plan de la technique et de la gestion de leurs biens, face au désengagement de l'Etat et à la libéralisation économique des activités de production .

C'est donc pour répondre au besoin de responsabiliser davantage les producteurs et leurs organisations professionnelles que l'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER) s'est vu confier la mission de conseiller, d'informer, de former et d'encadrer le monde rural.

I- COMMENT L'ANADER EST-ELLE STRUCTUREE ?

Pour un meilleur rendement et une coordination efficace des différents volets de son intervention, l'ANADER a opté pour une organisation souple et décentralisée.

L'agence est donc composée d'un siège et de dix délégations régionales relativement autonomes par rapport à la gestion de leurs personnels, de leurs programmes de travail et de leurs budgets. Afin d'apporter une plus grande satisfaction aux besoins particuliers des producteurs, l'agence est décentralisée au niveau de chaque département administratif.

Les services départementaux sont appelés Zones et sont dirigés par des Chefs de Zones. Le Chef de Zone est responsable de l'ensemble des activités techniques du terrain. Il est assisté dans sa tâche, d'un Comptable Zone ayant un rôle d'assistant administratif, de quatre (4) à cinq (5) Techniciens Spécialisés chargés de la formation des Conseillers Agricoles dont le travail de vulgarisation est coordonné par des Superviseurs, et enfin de deux (2) Spécialistes en organisations professionnelles agricoles, dont le rôle d'assistance et de promotion des OPA s'avère déterminant pour le développement des ces organisations.

Toute cette action au niveau de la zone (département) est coiffée par une délégation régionale, dirigée par un délégué régional et comprend une unité régionale de suivi-évaluation et quatre (4) services régionaux.

L'Unité Régionale de Suivi-évaluation (URSE) est chargée de mettre en place, en étroite collaboration avec l'unité centrale de suivi-évaluation, une stratégie suivi-évaluation des activités en tenant compte des facteurs externes à la vulgarisation et en déterminant les indicateurs de performances à suivre.

Au niveau des services régionaux nous avons :

Le Service Régional de la Vulgarisation et de la Recherche-Développement, chargé de diffuser l'information technique aux producteurs et de veiller à la collaboration effective entre chercheurs, vulgarisateurs et producteurs.

Ce service s'appuie sur cinq (5) cellules :

ü la cellule de vulgarisation,

ü la cellule Recherche-Développement à laquelle sont rattachées toutes les structures chargées des activités de recherche-développement telles les Chefs P.O, les Techniciens SARS, les Observateurs,

ü la cellule Productions Végétales,

ü la cellule Elevage et Aquaculture,

ü la cellule Modernisation et Environnement.

Le Service Régional d'Appui aux Organisations Professionnelles Agricoles, qui a pour rôle d'apporter une assistance aux OPA.

Le Service Régional de la Formation et de la Gestion des Ressources Humaines dont la mission est de former et d'utiliser de façon rationnelle le personnel régional de l'ANADER.

Il comprends deux cellules :

ü La cellule de l'administration du personnel,

ü La cellule de la formation opérationnelle.

Le Service Régional est le Service Financier et Comptable, chargé de la gestion financière et comptable de la délégation régionale et de l'administration de ses biens et équipements.

Il est composé de 2 cellules qui sont :

ü La cellule Budget, Finances, comptabilité,

ü La cellule approvisionnement et logistique.

Les attributions de la délégation régionale lui sont définies par une Direction Générale dont la compétence s'étend sur l'ensemble du territoire.

La Direction Générale, est le premier représentant de la Société à l'extérieur. Elle a pour rôle de coordonner les activités des Directions Centrales et des Délégations Régionales. Elle est tenue de rendre compte de ses actions au Conseil d'Administration.

La Direction Générale est dirigée par le Directeur Général, secondé par un Directeur Général Adjoint, et s'appuie dans son travail sur un Conseiller Technique et un chargé de Communication.

A la Direction Générale sont rattachés quatre (4) Services autonomes. Ce sont les Unités Centrales d'appui et cinq (5) Directions Centrales.

L'Unité Centrale de Suivi-Evaluation, est chargée du traitement et de la diffusion efficace, à tous les échelons, des données recueillies à travers le système de suivi-évaluation.

Elle supervise les cellules régionales de suivi-évaluation avec lesquelles elle travaille en étroite collaboration.

L'Unité Centrale Audit Interne, responsable du contrôle financier interne de l'agence. Elle constitue un instrument au service du Directeur Général, à qui elle prodigue des conseils relatifs aux procédures administratives, financières et comptables.

L'Unité Centrale Informatique qui est chargée de l'informatisation de toutes les données de l'agence et responsable de l'entretien du matériel informatique.

L'Unité Etudes et Stratégies qui a pour rôle de réfléchir à l'évolution de l'Agence par rapport à ses objectifs, afin de l'adapter aux transformations du monde rural.

Quant aux Directions Centrales, l'on distingue :

La Direction de la Vulgarisation Agricole (DVA), cette structure est en effet responsable de toutes les activités de vulgarisation. Pour mener à bien ses actions, elle s'appuie sur 4 services :

ü le service de vulgarisation de la zone de savanes,

ü le service modernisation et environnement,

ü le service des productions,

ü le service genre et développement.

La Direction de la Recherche-Développement (DRD), grâce à son service des régions et forêts, à celui des régions de savanes et à celui de production des semences et plants, elle veille au maintien et à l'efficacité des relation avec les agents de la recherche d'une part et entre vulgarisation et agriculteurs d'autre part.

La Direction de l'Appui aux OPA (DAOPA), la promotion et le renforcement des organisations d'agriculteurs relèvent de cette Direction. Pour ce faire, elle est composée d'un service couvrant le Nord du pays, d'un service couvrant la région Sud, d'un service d'appui aux Fédérations d'Organisations Professionnelles Agricoles et d'un Service Crédit Agricole.

La Direction de la Formation et de la Gestion des Ressources Humaines (DFGRH), elle est chargée de l'utilisation rationnelle et de la formation du personnel de la Société.

Elle dispose, pour accomplir sa mission de services et d'une cellule:

ü le Service de la Gestion Prévisionnelle des Ressources Humaines,

ü le Service de l'Administration du Personnel,

ü le Service de la Formation Opérationnelle,

ü le Service de la Production de Matériels Pédagogiques et Didactiques, et

ü la Cellule Médico-Sociale.

La Direction Financière et Comptable (DFC), elle est responsable de la gestion financière et comptable de l'agence, ainsi que des biens et équipements de l'ANADER.

Elle comprend trois (3) services :

ü le service des Finances et du Budget,

ü le service de la Comptabilité,

ü le service Approvisionnement et Logistique.

Au terme de cette présentation générale de la structure d'encadrement par excellence du monde rural, un constat se dégage. Le schéma d'organisation de l'Agence est en harmonie avec ses missions et ses actions menées sur le terrain. Avec ses quelques 3.000 agents, l'ANADER s'appuie sur deux grandes stratégies d'approche du monde rural.

D'une part, l'Agence est animée sur le terrain par une Unité Opérationnelle représentée par la structure de la zone, avec l'échelon de cohérence que constitue la région.

D'autre part, la cohésion institutionnelle est représentée par le siège, chargé de définir les politiques et de coordonner les actions.

Cette stratégie répond à plusieurs objectifs : la nécessité de créer de véritables centres de management, le contrôle du pilotage de la décentralisation, et le rapprochement de l'ANADER et de la Recherche Agronomique.

Mais ce qui caractérise l'organisation de l'ANADER, c'est son dynamisme structurel, son adaptabilité aux missions actuelles et futures d'appuie au développement rural, définies en fonction de l'évolution de l'environnement du monde rural.

II- LES MISSIONS GENERALES ET SPECIFIQUES DE L'ANADER

Les missions de l'ANADER sont contenues aujourd'hui dans ses Statuts annexés au décret n° 93-777 du 29 Septembre 1993.

L'article 3 de ces statuts présente l'objet social et stipule notamment que : « L'ANADER a pour objet social de contribuer à la promotion du monde rural par la professionnalisation des producteurs agricoles (cultivateurs, sylviculteurs, éleveurs, pisciculteurs, pêcheurs) ».

Pour la réalisation de cet objet social, les statuts prévoient une approche stratégique en dix (10) points :

1. La conception et la mise en oeuvre des systèmes performants de formation et d'encadrement des producteurs.

2. Le développement des OPA.

3. La vulgarisation des acquis de la recherche et de la technologie.

4. La diffusion du conseil technique et du conseil de gestion aux exploitants.

5. L'appui aux OPA agricoles en vue de la relève de l'Etat dans ses taches d'assistance technique.

6. Le recueil et la diffusion de l'information aux producteurs.

7. le concours à la mise en oeuvre de tout programme ou projet de développement rural.

8. l'identification des contraintes compromettant le développement rural et la saisie des autorités compétentes,

9. la formulation des suggestions pour l'adaptation de l'enseignement agricole aux besoins des producteurs,

10. la participation à l'orientation des travaux de la recherche scientifique.

De l'analyse de l'article 3 et des autres dispositions légales des statuts de l'ANADER, ressortent plusieurs idées-forces :

1. le recentrage des missions de l'Etat et l'amorce d'un désengagement décisif et progressif,

2. la professionnalisation du métier d'exploitant agricole : amélioration de la productivité, utilisation des facteurs de production, augmentation des revenus, etc....

3. la mise en place d'un dispositif d'encadrement léger et adaptable aux situations particulières mais basé sur un encadrement unifié et une approche globale de l'exploitation agricole, axée sur le conseil technique et le conseil de gestion,

4. la mise en place de mécanismes qui améliorent le transfert des innovations techniques vers le paysan,

5. la régionalisation et l'autonomie des centres de décision et de gestion pour accroître l'efficacité des interventions et de la structure,

6. la promotion et la responsabilisation des OPA qui sont d'emblée associées aux prises de décisions les concernant et à qui seront transférées certaines activités assurées par l'Etat.

III- QUELLES RELATIONS AVEC LE PRODUCTEUR ?

L'exploitant agricole est au centre des préoccupations de l'ANADER. Il ne s'agit donc pas de tout penser pour lui, de lui envoyer des conceptions et des outils prédiférés mais avant tout et surtout :

ü d'identifier avec lui ses propres besoins (intentions de culture, approvisionnements, etc...),

ü d'identifier avec lui les contraintes du milieu et de lui proposer des solutions pour lever ces contraintes.

Au modèle technologique, doit être substitué un modèle participatif.

L'exploitant agricole n'est pas une bête malfaisante qu'il s'agit de contraindre mais un être doué de raison qu'il s'agit de convaincre. Il a souvent ses propres repères. Et les meilleurs agents de développement sont ceux qui savent utiliser les savoirs locaux qui témoignent d'une connivence intime des paysans avec leurs terroirs et leur communauté.

Le paysan est au centre des actions de l'ANADER mais les niveaux de progrès sont différents. Les contraintes n'étant pas les mêmes, les besoins sont par conséquent différents. Le message technique n'est pas univoque, il est à adapter aux interlocuteurs. Le message lui-même doit évoluer dans le temps (en fonction de son adoption) et dans l'espace (selon les caractéristiques des groupes-cibles).

IV- COMMENT EST MENEE CETTE MISSION SUR LE TERRAIN ?

Ce qui caractérise l'ANADER au niveau de sa stratégie globale d'encadrement, c'est l'association des producteurs aux différentes étapes d'encadrement.

On parlera donc de diagnostic participatif qui est en fait un regroupement des agents de l'ANADER et des producteurs pour définir ensemble l'orientation des activités à mener afin de lever les contraintes qui se posent au niveau des producteurs.

Ainsi, commence l'activité de vulgarisation avec le Conseiller Agricole (CA), pierre angulaire du système de vulgarisation. C'est lui qui est en effet en contact permanent avec les producteurs. Son rôle est de les organiser en groupes de contact à partir desquels sont identifiées les contraintes de leurs exploitations. Il est chargé d'apporter avec le concours des exploitants eux-mêmes, des solutions en diffusant des thèmes techniques qui répondent à leurs préoccupations.

Pour ce faire, il installe des unités de démonstration au cours desquelles les producteurs apprennent de nouvelles techniques à même d'améliorer leurs méthodes de travail. Le Conseiller Agricole est assisté par un Superviseur qui coordonne les activités de 6 à 8 Conseillers Agricoles. Ensuite, il y a les Techniciens Spécialisés (TS) qui sont chargé de la formation continue des agents de base.

A partir donc d'une formation de quinzaine, les Techniciens Spécialisés diffusent aux Conseillers Agricoles des messages techniques adaptés aux contraintes des producteurs.

Avec les Techniciens Spécialisés, nous rentrons de plain-pied dans les activités de recherche-développement, car ce sont eux qui assurent la liaison permanente entre les chercheurs et le dispositif de vulgarisation.

La recherche part donc du même système de diagnostic participatif qui se présente ici sous deux formes. La première est le diagnostic SARS (Sites d'Adaptation de la Recherche Système) qui permet d'identifier les contraintes. La deuxième est le Comité Technique Régional (CTR) regroupant l'administration, les chercheurs, les producteurs et l'ANADER. Il s'agit en fait d'un forum au cours duquel sont exposées les contraintes posées aux producteurs. Il ressort de ces deux rencontres un ensemble de préoccupations liées à la recherche.

Ces préoccupations sont examinées selon trois (3) cas :

ü Dans le premier cas, les solutions sont connues de la recherche et de la vulgarisation. Dans ce cas, les techniciens SARS et le agents de la recherche sont chargés de former les Techniciens spécialisés sur les thèmes posés, c'est ce qu'on appelle AMRT (Atelier Mensuel de Revue de Technologie).

ü Dans le deuxième cas, les solutions ne sont connues que de la recherche. En ce moment, un test réunit les chercheurs, les vulgarisateurs et les producteurs sur un essai en milieu paysan. Si les résultats sont satisfaisants, on revient encore à l'AMRT.

ü Dans le troisième cas, les solutions ne sont pas connues ni de la recherche ni de la vulgarisation ; c'est alors qu'intervient la recherche fondamentale avec les instituts vde recherche. Il faut noter que ces instituts sont liées à l'ANADER par des conventions.

Une fois que les instituts de recherche ont trouvé les solutions, les chercheurs établissent des points d'application sur lesquels sont expérimentés les thèmes concernés.

De ces points d'application, la recherche repart en milieu paysan pour des essais. Lorsque ces essais sont concluants, nous arrivons une fois de plus à la formation des Techniciens spécialisés, c'est-à-dire l'AMRT.

La recherche et le vulgarisation, à travers ces différents cas exposés, sont donc étroitement liées. Cette démarche apparaît dans le système de vulgarisation comme un cycle permanent.

Cette corrélation de la recherche et de la vulgarisation se définit comme la première phase de l'intervention de l'ANADER, qui a pour conséquence immédiate d'accroître la production agricole.

Le Conseiller Agricole s'intéresse particulièrement aux exploitants agricoles d'un certain niveau. Il tient compte de l'ensemble des spéculations existantes : les cultures pérennes, les cultures maraîchère, les cultures vivrières, l'élevage, etc...

Ce conseil diversifié est possible grâce à la polyvalence et à la mise à niveau technique continuel des Conseillers Agricoles, des Superviseurs, des Enquêteurs et des Observateurs.

L'objectif pour l'ANADER est d'atteindre un taux d'encadrement de 50% des exploitants agricoles. L'effet de démultiplication, à partir des informations et conseils donnés par les producteurs encadrés à ceux qui ne le sont pas , permettra d'arriver à un pourcentage plus élevé de producteurs rompus à la pratique des techniques modernes de production.

La deuxième phase, c'est l'appui au plan organisationnel que l'ANADER apporte aux producteurs. Cette action se définit en amont et en aval de la production.

Les Spécialistes en Organisations Professionnelles (SOP) ont pour rôle de regrouper les producteurs en GVC ou en coopératives, afin de leur permettre d'entrer en possession de semences ou d'intrants sans lesquels ne peut démarrer l'activité de production.

Il s'agit aussi pour les SOP, d'identifier les points de vente et d'approvisionnement de ces éléments de base, et de permettre aux producteurs de les acquérir à des coûts raisonnables.

Une fois que cette action aboutit et que les producteurs se retrouvent avec leur production, interviennent alors les appuis à la commercialisation.

Il s'agira à ce niveau, d'aider les producteurs à mieux commercialiser leur production, en formant les coopérateurs d'une part à partir de thèmes précis liés à leurs préoccupations particulières, et d'autre part, à partir de thèmes de gestion tels la tenue d'un document comptable où l'exploitation en fin d'exercice.

Le but que doit atteindre le SOP, c'est de faire des coopérateurs, de véritables professionnels de leur secteur.

L'appui des OPA se fait à deux niveaux :

ü Au niveau des coopératives, c'est-à-dire des GVC et union de GVC,

ü Au niveau des associations professionnelles.

La mission de l'ANADER dans ce cas ci est donc de regrouper les producteurs en GVC et d'apporter aux Organisations Professionnelles Agricoles (OPA), une assistance technique par la formation afin d'en faire de véritables professionnels capables de discuter avec les autres opérateurs économiques.

Tout cet ensemble d'actions a pour objectif d'améliorer les conditions de travail des coopérateurs en les aidant à connaître leurs droits et devoirs, d'améliorer la qualité des services de commercialisation tels l'approvisionnement et la distribution d'intrants, de participer à la mobilisation de l'épargne et à la recherche de crédits.

Le but final de toute cette action, c'est de consolider les OPA par l'appui à une meilleure gestion et une meilleure mise en marché des produits.

La stratégie adoptée pour accomplir cette mission repose sur quatre (4) axes principaux qui sont :

ü La restructuration du milieu,

ü Le renforcement et le gestion financière,

ü La diversification des producteurs,

ü La professionnalisation des producteurs.

Les SOP, sur la base du contrat dit « contrat objectif » qui le lie aux OPA, se devra de lever les contraintes posées à partir du diagnostic participatif.

Le système d'encadrement de l'ANADER en milieu rural repose ainsi sur les deux grandes phases que nous venons de définir.

D'un coté, la recherche-développement et la vulgarisation, et de l'autre, l'appui aux organisations professionnelles. Ce système prend en compte l'ensemble des composantes du monde rural sans distinction : hommes, femmes, jeunes, petits et gros producteurs.

V- LES RELATIONS DE L'ANADER AVEC LES ENTREPRISES AGRICOLES OU AGRO-INDUSTRIELLES

Deux cas seront évoqués pour illustrer le sujet : la CIDT et la SODEFOR.

1. Relations avec la CIDT

L'ANADER va hériter des zones de développement de la CIDT (régions du Centre, Centre-Nord, Nord-Est, Centre-Ouest sauf Bouaflé) où elle sera la seule structure d'encadrement présente.

Cinq (5) types d'activités ont été identifiées en ce qui concerne les missions de la CIDT :

ü l'encadrement technique des paysans,

ü l'approvisionnement des paysans en facteurs de production,

ü la collecte et l'évacuation du coton-graine,

ü l'activité industrielle,

ü l'activité commerciale.

Il a été convenu que dans les Zones de Développement (ZD), la première activité soit transférée à l'ANADER ; les dernières activités feront l'objet d'une étroite collaboration entre l'ANADER, la CIDT et les OPA. Quant aux deux dernières activités, elles resteront du strict ressort de la CIDT.

2. Relations avec la SODEFOR

Un regard doit être jeté vers cette Société d'Etat, notamment dans le cadre des commissions paysans-forêts, dont l'ANADER est membre par substitution à la SATMACI et à la CIDV. L'aménagement et l'exploitation des zones riveraines des forêts classées, la colonisation par les agriculteurs des forêts déclassées, etc... Des rapports très étroits sont donc à établir sur la terrain avec les Responsables de la SODEFOR.

3. Les autres types de relation

Certaines spéculations (hévéa, palmier à huile, ananas, banane, etc...) disposent d'association de producteurs à qui l'Etat a confié la responsabilité des opérations de service public d'encadrement. Elles peuvent l'exercer directement en créant en leur sein des « Services de développement » ou sous-traiter cette mission. L'ANADER peut être une société de prestations de service par ces différentes associations.

Conclusion

Au terme de ce travail de recherche, il convient de souligner la place incontournable de l'ANADER dans le développement rural en Côte d'Ivoire. L'ANADER à travers ses différentes structures d'encadrement essaie autant que faire ce peut de répondre à la demande diversifiée du monde rural. De ce fait, l'ANADER reste le partenaire privilégié du monde rural.