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La presse quotidienne nationale européenne peut-elle tirer profit du Web 2.0 ?

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par Marc LEIBA
Institut des hautes études en communications sociales de Bruxelles - DESS de Journalisme Européen 2007
  

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1.1.2. Un modèle économique impératif ?

Un modèle économique semble s'imposer partout en Europe : la gratuité, quasi-totale pour l'accès aux contenus des sites. Ce choix trahissait moins une volonté des éditeurs qu'une contrainte dictée par le média Internet. « Si la presse online avait été payante, elle se serait retrouvée en porte à faux avec la Netiquette - ces règles non écrites de « civilités » nées au début de l'Internet en contrepartie d'un accès sans bourse délier aux contenus du Web - et n'aurait pas fait long feu. » (LAUBIER, 2003, 205). De plus, Bruno Patino, qui a dirigé la filiale Internet du Monde avant de prendre la vice-présidence du groupe éponyme, rappelle que « la gratuité, sur le net, a des raisons autres que purement culturelles. En microéconomie, dans une situation de concurrence pure et parfaite, quand le coût marginal de service d'un consommateur tend vers zéro, alors le prix de vente tend vers zéro. C'est à l'application pure et simple de cet axiome de base que nous avons assisté au cours des années 1995-2000. » (LAUBIER, 2003, 228). Rappelons ici que le coût marginal est le coût supplémentaire induit par la dernière unité produite. Cependant, gratuité de l'accès ne signifie pas absence de revenus pour les éditeurs qui tablent sur le développement de la publicité en ligne, quoiqu' encore limitée à l'époque, et sur les ventes d'archives à l'unité.

Il n'en n'existe pas moins aux Etats-Unis, un cas connu des éditeurs du monde entier, où un journal parvient à facturer l'intégralité des contenus qu'il propose en ligne : le Wall Street Journal. Inauguré en 1996, WSJ.com opte dès le départ pour un modèle payant. En 2006, le groupe Dow Jones qui édite le site, annonce 811 000 abonnés à 99 dollars l'abonnement annuel, pour plus de 3,5 millions de visiteurs uniques par mois2(*). Certes, nombreuses sont les connections payées par des entreprises pour lesquelles une information économique de qualité est indispensable. Le groupe Pearson, éditeur britannique du Financial Times au Royaume-Uni et des Echos en France a imité avec moins de succès cette stratégie. En 1997, le premier quotidien économique français propose à ses lecteurs en ligne un formule hybride : 60 % gratuit et 30 % payant. Cependant, les abonnements n'ont pas été aussi nombreux qu'espérés.

Passage obligé plus que suicide économique, la PQN européenne a acquis au cours de cette période une crédibilité certaine, en plus de créer des effets d'habitudes de lecture auprès d'un lectorat technophile. De plus, Danielle Attias, auteur d'une thèse sur l'impact d'Internet sur l'économie de la presse, explique que pour ce type de marché, « fixer un tarif en dessous du coût marginal n'est pas forcément lié à un comportement prédateur » pour un éditeur qui chercherait à « extraire du surplus [...] du côté des annonceurs et de la commercialisation d'espace publicitaire » (ATTIAS, 2007).

* 2 Informations disponibles dans le rapport annuel 2006 du groupe Dow Jones.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault