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L'aventure scripturale au coeur de l'autofiction dans Kiffe kiffe demain de Faiza Guène


par Nadia BOUHADID
Université Mentouri, Constantine - Magistère en science des textes littéraires 2008
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Littérature
   
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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l'enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mentouri - Constantine

Ecole Doctorale De Français

N°- d'ordre : Pôle Est

N°- de série : Antenne Mentouri

MEMOIRE
Présenté en vue de l'obtention du diplôme de :
MAGISTER
Filière : Sciences des Textes Littéraires

L'aventure scripturale au coeur de l'autofiction

dans Kiffe kiffe demain de Faiza Guène

Présenté par Nadia Bouhadid

Sous la direction du Docteur Farida Logbi, Maître de conférences

Université Mentouri Constantine

Devant le jury composé de :

Président : Dr. Abdou Kamel, Maître de conférences

Université Mentouri Constantine

Rapporteur : Dr. Farida logbi, Maître de conférences

Université Mentouri Constantine

Examinateur : Dr.Nedjma Benachour, Maître de conférences

Université Mentouri Constantine

Dédicace

,4 ta mémoite de mon 0ère .. ,4 ea mémoite de ma tante...

,4 ma ttèo c~ète mène dont éa teneteue et "attention étaient 0ou~ moi une o ce a0aioante qui m"a accom0acinée au lonci de ce taieu~.

,4 toute ma iamilie qui a c~u en moi et m" a tou/oued encoutaciée : lelouna, loiem, Paitima, deita, leloiammed....

,4 toud me4 ami~ dont te doutien m"a oit oéconioitée et encoutaciée.

,4 toud ceux qui m'ont, d'une maniète ou d'une autre, doutenue et encou/aciée, qu"i~o cettou$ent ici ma ~incète ci~atitude.

Remerciements

Pe tieaei à nemencien «iuemeat letm, 4o9di Panida gai, a«ec de~ lenécie« co~~eil~ et de~ oiden$atioae leentiaeatee, a 9aidé à die« l'ac~emiaemeat de mo~ mode~te tnamil, Pe lai deme~ne neco~aaiemate leo~n ~oa c~~leane« accueil, 44 di~leo~idilité et deentoat ~oa damaaité,

leted nemenciemeft4 inout é9alemeft à letm, feu ,feciounlieema g~i m'a fait déco~enin ceauflime noma«, 9e fte menai~ 4ddee la nemencien leo~n m'a«oin tnafemid l'~mo~n de la litténatane,

4e lele~ di«cène menci à toute leendo~~e gui m'a écoutée, co~eeillée, efco~na9ée et cn~ eu moi,

letenci à 7,1 Se gai m'a dooé co~na9e et le~tie~ce leo~n cofcnétiden ce tnamil,

SOMMAIRE

Sommaire

1

Introduction

4

Première partie : Les abords de l'oeuvre

12

Chapitre I : Etude des indices paratextuels

.13

I. Le nom de l'auteur

13

II.L'intitulé générique

15

III. Approche titrologique

15

1. Définition et fonctions des titres

15

2. Approche titrologique de Kiffe kiffe demain.....................

18

 

Chapitre II : Les stratégies d'ouverture et de clôture

25

I. L'incipit .

25

I.1. Définition

. 25

I.2. Les fonctions de l'incipit

. 27

I.3. L'entrée dans Kiffe kiffe demain.......................................................

28

 

II. Les clausules

33

II.1. Définition

.33

II.2. La sortie de Kiffe kiffe demain

34

 

Chapitre III: Etude onomastique

....40

1. Doria ou la quête de filiation

41

2. Mm. Burlaud ou le psychologisme

....45

3.Yasmina :le courage d'une mère

..47

3. Le père ou « l'absence béante »

49

4. Hamoudi/Youssef et l'injustice sociale

..49

5. Nabil : le nul ou le noble ?

52

6. Tante Zohra

.....53

7. Lila ou le métissage impossible

54

8. Les assistantes sociales

55

 

Deuxième partie : L'écriture autofictionnelle

...57

Chapitre I : Autofiction : l'ambigüité d'un concept

58

Chapitre II : L'autofiction stylistique dans Kiffe kiffe demain

...65

I. Une langue au bout de la langue

. ..66

I.1 .Manifestations phono-syntaxique du français branché

....66

I.1.1 Prononciation

66

I.1.2. Langue maternelle et interférence

69

I.1.3 La syntaxe

75

I.2.Propriétés lexicales

...86

A. L'argot

87

A. 1. Les procédés lexicaux

.88

a. Troncation

.89

b. La dérivation

89

b. 1. La suffixation .

89

b. 1.1. La suffixation parasitaire

90

b. 1.2. La ressufixation

90

b. 2. La préfixation

91

c. Le redoublement

92

A.2. Les procédés stylistiques

93

-La métaphore :

93

B. Le verlan ou l'argot à clef

98

C. L'emprunt

... 104

 

Chapitre III : Kiffe kiffe demain roman autofictionnel référentiel ?

.117

Troisième partie : L'espace interculturel autofictionnel 122

Chapitre I : Un regard stéréotypé 126

1- Tentative de définition .126

2- .Le stéréotype et la banalisation .129

2.1 Une banlieue aux griffes de la violence .130

2-1.1Violence à l'école .....130

2-1.2 Le stéréotype du frère et/ou père tyranniques ...131

2-1.3Les policiers face aux jeunes de la banlieue ....133

3. Le stéréotype du racisme 135

4. Le stéréotype de la famille arabe nombreuse. ...137

Chapitre II: l'entre deux univers 139

1- Culture d'origine et intégration 140

2. Chez Soi comme Ailleurs ou l'entre deux « bleds » 144

2-1- Regard porté sur le pays d'accueil 144

2- 2- Regard porté sur le pays d'origine .....147

3- Le tiers espace comme double absence 150

4- Regards croisés .154

Chapitre III : univers culturel universel 160

-Une culture télévisuelle 160

Conclusion .168

Bibliographie 172

Introduction

Pendant les années quatre-vingts, une nouvelle vague d'écrivains se réclamant d'une « Littérature beur » s'est manifestée dans le champ littéraire français. Les beurs (du mot « arabe » en inversant les syllabes) sont les descendants d'immigrés de première génération d'origine maghrébine. Ce mouvement littéraire a été par ailleurs un phénomène social qui a marqué la scène politique en France, avec La Marche des beurs en 1983. Effectivement, une marche pour l'égalité et contre le racisme, organisée par les jeunes issus de l'immigration, est partie de Marseille avec 32 personnes pour aboutir le 03 décembre 1983 à Paris par une manifestation de 100 000 personnes. Ces jeunes beurs se sont réunis pour revendiquer publiquement l'égalité des droits et affirmer leur volonté d'être reconnus comme des citoyens français à part entière.

Née dans un tel espace en pleine effervescence, la littérature beur s'est attachée à prendre en charge cette dimension socioculturelle ainsi que politique. Effectivement, les premiers romans beurs avaient pour seul souci de rendre témoignage d'une vie misérable dans un pays d'accueil souvent injuste, de la nostalgie du pays d'origine et du rapport douloureux avec la langue française. Des noms de jeunes écrivains commencèrent ainsi à émerger, entre autres : Mehdi Charef, Nacer Kettane, Farida Belghoul, Mehdi Lallaoui, Azouz Begag... Cependant, la critique n'a pas été très accueillante avec ces récits jugés peu intéressants à l'exception de ceux de Mehdi Charef et surtout Azouz Begag. Ce dernier s'est distingué par la constance de son style et notamment par l'humour qui arrache ses romans au misérabilisme. Le statut social d'immigré de ces écrivains semblait être le seul inconvénient qui les empêchait d'être reconnus, « comme si le problème qui s'y pose en littérature était celui de la possibilité même d'une activité littéraire dans un espace qui jusqu'à ces dernières années n'a jamais été considéré comme un espace littéraire1 ». Cette littérature a été donc négligée et peu étudiée, elle s'est vue même attribuer des appellations comme « littérature mineure », « littérature naturelle ».

1 Bonn, Charles, « Un espace littéraire émergeant », art. en ligne :

http://lebkiri.com/HTML/Charles_bonn.html

Toutefois, depuis quelques années, le roman beur (appelé également roman de l'immigration ou des immigrations, « roman issu de la deuxième génération d'immigration ») s'est imposé comme phénomène littéraire important occupant le devant de la scène littéraire en France. Cet espace d'immigration balisé d'abord par la sociologie, se retrouve à la fin du XXe siècle l'objet de multiples études s'ouvrant sur un champ fertile de nouvelles réflexions littéraires. Le mérite de cette génération revient à son refus de soumission à tout conformisme, ces jeunes immigrés refusent ainsi d'avoir le même sort que leurs parents. Ils sont français, la langue française ne leur est pas étrangère et les thèmes qu'ils évoquent diffèrent complètement de ceux de la première génération. Ils manient ainsi différemment l'objet littéraire en multipliant les formes, le style et les genres pour exprimer souvent le mal d'une génération tiraillée entre deux univers.

C'est dans un tel espace que s'est développé l'esprit de notre jeune écrivaine. En effet, Faiza Guène est une jeune française d'origine algérienne, vivant à Pantin en Seine-Saint-Denis. En 2004, à l'âge de dix-neuf ans à l'exemple d'une Sagan, Faiza met les pieds dans le grand monde de la littérature avec la publication de son premier roman Kiffe kiffe demain, oeuvre qui a été l'une des meilleure vente de l'année et a été traduite en vingt deux langues. Guène a par ailleurs réalisé plusieurs courts-métrages : La Zonzonière en 1999, RTT et Rumeurs en 2002, Rien que des mots en 2004. En outre, en 2002, elle réalise un documentaire intitulé Mémoire du 17 octobre 1961. En 2006, elle publie son deuxième roman Du rêve pour les oufs.

Notre corpus d'analyse est, donc, son tout premier roman Kiffe kiffe demain. Nous empruntons à Hachette, l'éditeur de Kiffe kiffe demain, le résumé de l'oeuvre mentionné sur la quatrième de couverture : «Doria a quinze ans, un sens aigu de la vanne, une connaissance encyclopédique de la télé, et des rêves qui la réveillent. Elle vit seule avec sa mère dans une cité de Livry-Gargan, depuis que son père est parti un matin pour trouver au Maroc une femme plus jeune et plus féconde. Ça, chez Doria, ça s'appelle le mektoub, le destin : "Ça veut dire que, quoi que tu fasses,

tu te feras couiller. " Alors autant ne pas trop penser à l'avenir et profiter du présent avec ceux qui l'aiment ou font semblant. Sa mère d'abord, femme de ménage dans un Formule 1 de Bagnolet et soleil dans sa vie. Son pote Hamoudi, un grand de la cité, qui l'a connue alors qu'elle était " haute comme une barrette de shit ". Mme Burlaud, sa psychologue, qui met des porte-jarretelles et sent le Parapoux. Les assistantes sociales de la mairie qui défilent chez elle, toujours parfaitement manucurées. Nabil le nul, qui lui donne des cours particuliers et en profite pour lui voler son premier baiser. Ou encore Aziz, l'épicier du Sidi Mohamed Market avec qui Doria essaie en vain de caser sa mère. Kiffe kiffe demain est d'abord une voix, celle d'une enfant des quartiers. Un roman plein de sève, d'humour et de vie.

Dès que l'idée de réaliser un travail universitaire nous est présentée, nous avons décidé de travailler sur une écrivaine, des noms ont commencé alors à hanter nos rêves : Yasmina Mechakra, Maissa Bey, Malika Mokeddem... Comme vous pouvez le remarquer nous avons un faible pour la littérature maghrébine et spécialement féminine. Cela n'a aucune relation avec le féminisme mais nous avons toujours admiré ces femmes, notamment algériennes, qui arrivent à prendre la parole, ne serait ce que au coeur d'une fiction, pour coucher sur du papier leur verbe. Kateb Yacine disait justement « quand une femme écrit, elle vaut son pesant de poudre1. »

Faiza Guène, à l'exemple de ces femmes algériennes courageuses, a refusé de rester muette et a pris sa jeune plume pour marquer sa présence en or dans un univers d'immigration au coeur d'une banlieue en crise. Le choix de Kiffe kiffe demain, roman d'une écrivaine issue de la deuxième génération d'immigrés répond à notre volonté de découvrir la spécificité de cette littérature qui a su donner voix aux revendications d'une génération insoumise. Un espace littéraire tant ignoré mais qui vient de gagner fièrement droit de cité dans la littérature française ne mériterait- il pas l'intérêt de tout chercheur?

1 Kateb Yacine cité in la quatrième de couverture de Malika Mokaddem, L'interdite, Paris, Grasset, 1993

Nous tenterons, donc, d'expliciter les points forts sur lesquels s'appuie une littérature émergente. Nous avons jugé que Kiffe kiffe demain est un corpus représentatif du phénomène littéraire beur qui nous éclairerait le mieux sur ce genre d'aventure romanesque.

Notre problématique aura au centre de son intérêt de mettre en relation la particularité de cette littérature jaillissante avec un concept encore ambigu dans le champ littéraire, celui de l'autofiction. Nous optons ainsi pour une approche qui aura l'ambition de concilier les différentes acceptions données à l'autofiction et prouver que ces dernières aussi divergentes qu'elles paraissent sont en réalité indissociables pour une compréhension intelligible du texte et son contexte se déployant dans le cadre de cette nouvelle conception d'écriture de soi.

L'analyse de toute oeuvre nécessite d'abord une approche lucide des balises installées par l'auteur pour asseoir sa fiction. Nous nous interrogerons sur les différentes techniques scripturales mises en oeuvre par l'auteure pour ainsi orienter son lecteur vers une meilleure détection de ses intentions littéraires ainsi que l'atmosphère générique dans laquelle s'inscrit le roman.

La lecture de Kiffe kiffe demain nous a permis de remarquer que l'originalité de son oeuvre réside au niveau de la langue employée. Un foisonnement de questions s'est alors imposé : quelles sont les caractéristiques d'une telle langue qui a valu une renommée internationale à son auteure ? En quoi réside spécialement sa nouveauté ? Quelles sont alors les stratégies mises en oeuvre par Guène pour bien activer sa « machinerie scripturale » ? A quels besoins répond une telle mise en scène de la langue ? Et encore est-ce seulement la langue qui a contribué à la réussite de cette oeuvre ou bien un espace spécifique qui fait sa richesse et son originalité ?

Une autre interrogation inscrit Kiffe kiffe demain dans son rapport avec un genre littéraire. La langue peut-elle nous renseigner sur l'appartenance générique d'une

oeuvre ? L'oeuvre de Guène est-elle classable ? Sur quels critères s'orienterait-elle vers tel ou tel genre littéraire ? Une telle écriture ne pourrait-elle pas se rapporter à un genre non encore bien défini comme celui de l'autofiction? Quels seraient alors les enjeux d'une telle forme et les rapports entre l'écriture et le genre autofictionnel chez Guène? L'autofiction se manifeste-t-elle dans Kiffe kiffe demain seulement à travers la langue employée ou y a-t-il d'autres éléments extratextuels qui renforceraient son asseoiement au coeur de l'oeuvre.

Cette problématique nous a poussée à envisager notre étude au croisement de plusieurs approches : autofictionnelle, phono-linguistique, sociolinguistique, et même psychosociale. Il serait donc intéressant d'appliquer dans ce sens une approche interdisciplinaire. Nous avons ainsi sollicité plusieurs outils méthodologiques : En matière « d'écriture de Soi » nous nous inscrivons dans le cadre des travaux réalisés par Doubrovsky, Lejeune, Colonna, Jenny et Gasparini au sujet de l'autofiction. Le concept d'autofiction a suscité énormément d'intérêt depuis son apparition vu son caractère de nouveauté. Nous verrons à quel point l'oeuvre de Guène répond aux critères d'un tel genre littéraire et les différents champs d'application qu'elle propose. En linguistique les travaux de Claire Blanche Benveniste et ceux de Françoise Gadet au sujet de la langue parlée, nous seront énormément utiles. Quant à la phonologie nous retiendrons deux noms : Pierre LEON et Nicole Derivery.

La sociolinguistique discipline qui s'attache à mettre en interaction le côté linguistique avec sa concrétisation sociale, nous ouvrira des pistes assez pertinentes dans l'explication du linguistique à travers le social. Effectivement, cette discipline « a affaire à des phénomènes très variés : les fonctions et les usages du langage dans la société, la maîtrise de la langue, l'analyse du discours, les jugements que les communautés linguistiques portent sur leur(s) langue(s), la planification et la standardisation linguistiques... Elle s'est donné primitivement pour tâche de décrire les différentes variétés qui coexistent au sein d'une communauté linguistique en les mettant en rapport avec les structures sociales ; aujourd'hui, elle englobe

pratiquement tout ce qui est étude du langage dans son contexte socioculturel.1" Nous nous intéresserons spécialement aux travaux de Gumperz au sujet de l'alternanace, l'interférence et de l'emprunt, ceux de Grosjean et Hamers en bilinguisme et biculturalisme et enfin ceux de Guiraud en parler argotique.

Les travaux en psychosociale nous seront également d'un grand secours. Gordon Allport, psychologue social, définit sa discipline comme une « tentative de comprendre et d'expliquer comment la pensée, les sentiments et les comportements des individus pouvaient être influencés par la présence réelle, imaginaire2». La psychologie ainsi que la psychosociale nous ont fourni des concepts clefs très adaptés à l'analyse des textes littéraire où le langage serait lieu de rencontre, de confrontation de l'imaginaire subjectif et collectif.

Armée de l'ensemble de ces outils et dans une perspective interdisciplinaire nous procéderons ainsi : La première partie sera consacrée aux abords de l'oeuvre, c'està-dire à tout ce qui nous permet d'approcher l'oeuvre sans trop y sombrer. Le premier chapitre analysera Kiffe kiffe demain au moyen de quelques balises offertes par le paratexte. L'analyse titrologique sera, toutefois, l'un des éléments que nous privilégions vu l'originalité du titre. Ensuite, dans le deuxième chapitre nous examinerons les stratégies d'ouverture et de clôture du texte qui nous permettraient de saisir la logique guènienne dans l'élaboration des Seuils et des sorties de son aventure scripturale. La thèse de Khalid Zekri sur l'étude des incipit et exipit sera un document de référence incontournable. Enfin, nous déboucherons dans le troisième chapitre sur une analyse onomastique des noms de quelques personnages en rapport avec la thématique récurrente dans le roman.

Dans la deuxième partie, nous tenterons d'expliciter le rapport de l'autofiction à l'écriture. Nous survolerons, au cours du premier chapitre, les différentes

1 Baylon, Christian, Sociolinguistique. Société, langue et discours, Nathan, 1991, p.35.

2 ALLPORT, G. W., «The historical background of modem social psychology» in LINDZEY, G., ARONSON, E. (dir. ), Handbook of Social Psychology, Reading Mass, Addison-Wesley, 2e ed., vol. 1, 1954, p. 1-80. cité par : Ivana Marková, Le dialogisme en psychologie sociale, lien : http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/2042/8948/1/HERMES_2005_41_25.pdf

conceptions proposées pour le concept de l'autofiction et nous essayerons d'éclairer les enjeux de cette notion encore ambiguë dans le champ littéraire. Cette tentative de délimitation de la conception de l'autofiction, aussi brève qu'elle soit, nous permettra de nous situer dans un cadre particulier. Le deuxième chapitre adoptera une analyse de l'autofiction par rapport à la spécificité de l'écriture de Guène, nous parlerons dans ce sens de l'autofiction stylistique, première conception proposée par son auteur Serge Doubrovsky. Cette analyse de la langue serait réalisée en investissant des concepts empruntés à plusieurs disciplines : linguistique, phonologie, sociolinguitique. Donc, nous optons pour une étude interdisciplinaire, raison pour laquelle cette étude constituera le gros du travail de la deuxième partie. Le dernier chapitre analysera l'oeuvre sous l'angle de l'autofiction référentielle, nous appliquerons en quelque sorte le principe du structuralisme génétique. Autrement dit, nous ferons appel à des éléments extratextuels pour expliciter le rapport de l'oeuvre avec l'élément référentiel.

Quant à la troisième partie, elle sera consacrée à l'étude de l'espace interculturel autofictionnel dans l'oeuvre, autrement dit, nous approcherons l'autofiction à travers l'espace interculturel qui se manifeste dans l'oeuvre. Nous analyserons dans le premier chapitre les stéréotypes générés dans un espace biculturel et socialement très spécifique, celui de la banlieue parisienne. Ensuite, nous examinerons dans le deuxième chapitre « l'entre deux univers », les représentations et les stratégies identitaires utilisées par des locuteurs biculturels pour comprendre leur hybridité. Enfin, le troisième chapitre analysera un mode de référence culturelle très original, c'est un espace de culture d'une jeunesse qui ne connait pas de barrières.

Nous chercherons ainsi à saisir l'écriture de Guène dans les différentes facettes ayant valu à cette jeune auteure le succès et l'intérêt qui lui ont été consacrés. Son oeuvre nous aidera à mieux comprendre un genre nouveau sur lequel porte l'ambiguïté et les avis divergents celui de l'autofiction.

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