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Réformes macroéconomique et intégration par le marché dans la CEMAC


par Michel Dieudonné MIGNAMISSI
Université Yaoundé II - DEA 2008
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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SECTION 2. VERIFICATIONS EMPIRIQUES EN ZONE CEMAC

Pour comprendre l'ampleur de l'effet frontière monétaire sur les échanges dans la CEMAC, il convient dans le cadre de cette section, d'exposer la méthodologie appropriée (modèle de gravité) et la technique utilisée pour l'estimation.

2.1. LE MODELE DE GRAVITE AUGMENTE

Il faut dans un premier temps présenter le modèle dans ses fondements pour enfin déboucher sur la justification des variables.

2.1.1. Présentation du modèle

Le modèle de gravité est l'un des grands succès historiques de l'analyse économique, car il s'est imposé comme un sérieux instrument empirique pour explorer les flux commerciaux entre les partenaires. C'est un modèle normatif qui détermine le niveau potentiel des échanges entre les partenaires. Longtemps sevré de fondements théoriques, il est aujourd'hui et ce depuis les années 90, un creuset de justifications théoriques. Mais on remonte aux années 70 la première tentative de justification théorique (Agbodji, 2007). Plusieurs travaux renforcent cette intuition, mais en ajoutent d'autres fondements tels que la concurrence imparfaite qui génèrent les économies d'échelle et les coûts de transport (Bergstrand, 1989 ; Oguledo et MacPhee, 1994 ; Deardorff, 1995 ; Hummels et Levinsohn, 1995 ; Anderson et Wincoop, 2001 et Evenett et Keller, 2002).

En Afrique, Foroutan et Pritchett (1993) sont les premiers au courant des années 90 à l'appliquer de façon empirique. Ces auteurs cherchaient à quantifier le niveau potentiel des flux intra-Afrique sub-saharienne, en vue de le comparer à son niveau effectif.

Malgré ce succès, les fondements théoriques de ce modèle ont toujours fait débat entre les économistes. Dans un modèle à deux pays (modèle bilatéral), les prédictions en ce qui concerne les variables traditionnelles (distance, PIB) cadrent bien avec les théories du commerce international. Mais dans sa forme multilatérale, les résultats sont dans la plupart des cas imprécis. Ainsi donc, l'équation de gravité a pour fondements théoriques le modèle monopolistique appliqué au commerce international qui suppose des rendements d'échelle croissants et la différenciation des produits au niveau de l'entreprise. Le cadre d'analyse est généralement sous-tendu par trois hypothèses : la maximisation des profits par les firmes en concurrence monopolistique, la maximisation de l'utilité par les consommateurs et la spécialisation de l'offre de biens entre pays (Feenstra, 2004 ; Helliwell et Schembri, 2005).

Les avantages70(*) de ce modèle sont sa simplicité et son efficience dans la prédiction des déterminants du commerce bilatéral, l'évaluation directe des accords régionaux sur le commerce intra-régional. En plus, il explique environ 80% de la variation du commerce global et permet de capter indirectement des régularités empiriques qui échappent aux autres modèles (De Melo et Grether, 1997 ; Avom, 2005).

Formellement, l'équation de gravité est inspirée de la physique newtonienne. Selon Combes et al, (2005), la théorie newtonienne de la gravitation énonce que «deux corps sont attirés en raison proportionnelle de leur masse et en raison inverse du carré de la distance qui les sépare ». La formulation de cette équation donne l'expression suivante :

F la est la force d'attraction, Mi(j) la masse des corps, g la constante de gravitation et D la distance entre les deux corps. Les pionniers à l'avoir appliqué en économie sont Tinbergen (1961), Pöyhönen (1963) et Linnemann (1966). Ainsi, la transposition économique de ce modèle donne l'expression suivante :

Xij est le flux de commerce bilatéral entre les deux pays, Yi(j) le PIB réel, Dij la distance entre les deux pays et A l'ordonnée à l'origine. La disparition du carré sur la distance est due au fait d'une l'hypothèse implicite qui est la parfaite proportionnalité, c'est-à-dire que les élasticités doivent être unitaires. La forme log-linéaire et déterministe du modèle donne :

.

Mais dans la spécification adoptée dans ce travail, il sera fait recours à une « équation de gravité augmentée », c'est-à-dire que d'autres variables de contrôle (qualitatives et quantitatives) seront ajoutées (Rose, 2000 ; Avom 2005 ; Agbodji, 2007).

La spécification prendra alors la forme ci-dessous :

est la valeur des exportations du pays i vers le pays j à la période t, Y est le PIB réel, Dij est la distance entre i et j, Pop la population et SA la surface arable. Langcom et Frocom sont deux variables muettes qui valent 1 si i et j partagent une frontière commune et une même langue. Ouv est une variable qui prend en compte l'ouverture du pays exportateur à la mer, valant 1 si le pays exportateur est ouvert à la mer. Colcom illustre le fait d'appartenir au même colonisateur et vaut 1 si les pays partenaires ont été colonisés par la même métropole. La variable AC1 est une variable muette qui prend la valeur 1 si le flux bilatéral est effectué entre deux pays de la CEMAC. AC2 est une variable muette qui prend la valeur 1 si le pays i est de la CEMAC et le pays j hors-CEMAC. AC3 est l'inverse de AC2. MC est la principale variable d'intérêt qui prend en compte l'utilisation de la même monnaie. est le terme d'erreur, suivant une loi log-normale.

En regroupant les variables par nature, on obtient l'expression suivante:

? est le vecteur des variables quantitatives en logarithme et Dum celui des variables qualitatives.

* 70 La limite principale de l'équation de gravité est la surestimation du volume des échanges. Souvent on note une sous-estimation de l'effet de la distance.

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