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Les comportements des élèves du lycée technique de Ouagadougou face au dépistage VIH volontaire

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par Pascal Louis Germain COMPAORE
Université de Ouagadougou - Maà«trise de sociologie 2006
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Sociologie
  

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IV-2-2- La contrainte parentale

Elle se présente comme une conformité et est en ce sens «le fait d'une discipline imposée. »47par un membre autoritaire de la famille et qui l'impose aux autres membres. Le choix de comportement individuel se retrouve enrobé par une seule volonté influente d'adhésion au dépistage. C'est donc cette volonté superlative qui produit l'effet de coercition à l'origine de la conformité. Parmi les interviewés, certains ont été sous cet effet.

C'est ainsi qu'Elise, membre de la Jeunesse Catholique pour la Chasteté, (18 ans, catholique, 1ère G2, adhérente) voit la volonté paternelle comme le contre poids à sa propre volonté irrésolue face au dépistage. Elle raconte :

« Comme on est une famille catholique, le papa a décidé que toute la famille allait faire le test. Donc on est parti ensemble faire le test. »

Mais, comme elle le reconnaît, la peur qui a hanté ses camardes en face du dépistage au lycée avait été sienne aussi et sans l'effet de coercition sur sa propre volonté elle n'irait pas au dépistage :

« En tout cas beaucoup ont peur. Ils se disent que c'est préférable de ne pas savoir.

C'est la peur surtout, c'est la peur ! Même moi, peut-être c'est parce que c'était avec la famille, j'étais un peu contraint sinon volontairement comme ça, c'est pas sûr que

je serai partie faire le test. »

C'est cette même coercition parentale qui a conduit Salam (22 ans, musulman, 2ème année topographie, adhérent) à faire le test. Il confie d'abord :

« Au début d'abord, c'est le papa même qui nous a obligés de faire le test. Le papa, à partir de ma soeur qui fait la 3ème, l'an passé c'était elle et moi le papa a obligés d'aller faire le test puisque les autres là ils étaient jeunes. Le papa nous a obligés d'aller faire le test et moi j'ai fait le test. Je ne voulais pas partir prendre le résultat

mais il m'a chauffé plusieurs fois et je suis allé prendre le résultat mais c'était négatif. Je suis venu le montrer et depuis lors, bon ! »

Et il ajoute :

« Vous savez, chez nous on est éduqué à base du Coran. Ça fait que quand notre papa te voit avec une fille même, il a cette réaction, c'est comme une malédiction, il parle beaucoup. Ça fait que chez nous on n'est pas bien placé pour fréquenter les filles. »

La contrainte parentale n'offre pas à l'élève la possibilité de s'astreindre du dépistage. La décision de faire le test VIH émane d'une volonté transcendant la

47 MENDRAS Henri, Eléments de sociologie, Armand Colin, Paris, 1996, p94 explique que la conformité peut être enthousiaste ou le fait d'une discipline imposée.

propre volonté de l'élève qui adopte un comportement y conforme. La religion apparaît comme le facteur déterminant l'adhésion familiale au dépistage. La conformité familiale semble alors s'ajuster elle-même à une conformité idéale religieuse prescrivant un ordre sexuel (abstinence, fidélité...).De ce fait, le registre d'intérêt du dépistage (le but proposé par la Santé Publique étant de connaître pour mieux ajuster les comportements) peut glisser en moyen de contrôle de la sexualité, le VIH se transmettant principalement par voie sexuelle.

Cependant, la coercition à l'origine de la conformité peut aussi provenir d'un membre de la famille et dont le statut socioprofessionnel a un rapport privilégié avec le champ de la «santé ». A ce titre, Cader (19 ans, musulman, terminale topographie, adhérent) tient ce propos :

« Le premier grand frère, c'est un docteur. Comme lui-même c'est un docteur, donc il est venu faire le test pour tout le monde. Tout le monde a fait, il n'y a pas eu quelqu'un qui n'a pas voulu. »

Dans le cercle familial, l'interaction peut être une contrainte favorable au dépistage.

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