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L'impact du maraichage dans la dégradation des ressources naturelles dans les niayes de la bordure du lac Tanma

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par Ndiaye Moussa Dieng
Université Cheikh Anta Diop - Maitrise 2008
Dans la categorie: Géographie
  

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CHAPITRE 1 :

LES FACTEURS DE DEGRADATION DES RESSOURCES

NATURELLES

La zone des Niayes, autrefois vantée pour ses richesses écologiques perd aujourd'hui ce privilège. Cette région aux potentialités écologiques énormes est actuellement dans une situation désolante. Les abondantes ressources naturelles qui faisaient sa particularité sont de plus en plus affectées par une dégradation sans précédent:

- les ressources hydriques sont affectées par une réduction de leur quantité et de leur qualité;

- les sols s'appauvrissent de plus en plus et du coup amoindrissent la productivité;

- la végétation jadis luxuriante disparait, cédant la place à des espèces de type sahélien plus adaptées à la nouvelle situation.

Aujourd'hui la zone est fortement perturbée par la rupture de l'équilibre entre les ressources naturelles et la très forte demande des hommes.

I. LES FACTEURS DE DEGRADATION DES RESSOURCES

La dégradation des ressources naturelles dans la zone des Niayes est un constat sans équivoque. Cet état dégradation est le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs. Ces facteurs sont de deux ordres. Nous avons les facteurs naturels et les facteurs d'ordre anthropique.

1. Les facteurs naturels

Ce sont les facteurs liés aux phénomènes naturels auxquels l'homme n'a que peu ou aucune prise. Les causes les plus citées sont les modifications du climat qui sont marquées par une baisse de la pluviométrie mais aussi par un réchauffement de la planète entrainant de fortes évaporations. Cette situation affecte à tous les niveaux les différentes ressources du milieu.

a) Les facteurs naturels de la dégradation des ressources hydriques

La péjoration des conditions climatiques affecte à tous les niveaux les ressources en eau. Depuis les années 1970, cette zone connait une baisse très sensible de sa pluviométrie. Les précipitations sont devenues rares et irrégulières.

De 1970 à nos jours, les totaux pluviométriques ont fortement régressé comme nous le montre le graphique de des indices de précipitations annuelles.

-0,5

-1,5

0,5

2,5

1,5

-1

-2

0

3

2

1

1943 1945 1947 1949 1951 1953 1955 1957 1959 1961 1963 1965 1967 1969 1971 1973 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003

indices des précipitations annuelles

Linéaire (indices des précipitations annuelles)

Figure 17 : Indice des précipitations à la station de Thiès de 1943 à 2004

P(mm)a--P(moy)

Formule de l'indice de précipitation : IP =

Ecart type

L'évolution du graphique montre une opposition entre deux périodes. Une période allant de 1943 à 1970 avec des valeurs de l'indice pluviométrique positives qui s'oppose à une deuxième période allant 1970 à 2004 marquée par des valeurs très négatives de l'indice pluviométrique. Les indices les plus bas (en général inferieures à 0) représentent les années les moins pluvieuses alors que ceux proches ou supérieures à 1 représentent les années les plus pluvieuses

Ainsi la comparaison entre ces deux périodes montre que les valeurs de la précipitation sont plus importantes dans la normale 1943-1973. Dans cette normale, seules quelques rares année ont des valeurs l'indice pluviométrique négatives. A part 1949 et 1959, les valeurs négatives sont observées à partir de 1967 alors que dans la normale 1974-2004 l'essentiel des indices ont des valeurs négatives. On y observe quelques rares années à pluviométrie importante comme 1974,1979, 1989 et 1999.

Cette évolution témoigne de la baisse drastique de la pluviométrie comme en témoigne l'allure de la courbe des tendances. (Linéaire indices de la précipitation).

Les quantités de pluie reçues n'assurent plus correctement la recharge des nappes souterraines. Plus grave encore, elles ne permettent plus aux cultures sous pluie d'arriver à terme.

Les plans d'eau de surface connaissent un tarissement précoce du fait de la forte évaporation. Ce tarissement entraine dans certaines une salinisation des sols.

b) Les facteurs naturels de la dégradation des ressources pédologiques

La présence de l'eau ou de l'humidité tout court est un élément fondamental pour la mise en valeur d'un sol. Faute d'humidité suffisante les processus naturels d'hydrolyse, de dissolution ou d'oxydation de la roche mère sont réduits à leur plus simple expression. La rareté de la végétation ne permet plus d'accumuler la matière organique nécessaire à la formation d'humus. SECHERESSE, 1992). Ainsi le sol devient squelettique, fragile et impropre à une agriculture de qualité.

En dehors de ce déficit hydrique qui diminue fortement la fertilité des sols, on peut citer comme autres facteurs l'érosion éolienne, la salinisation et l'ensablement.

En effet, les vents de fortes intensités emportent les éléments nutritifs du sol. Le sol devient alors nu et infertile. Ce même phénomène entraine l'ensablement des cuvettes maraîchères. Cette situation est aggravée par l'absence de couvert végétal.

c) Les facteurs naturels de la dégradation des ressources végétales

Les espèces végétales de la zone des Niayes étaient typiquement guinéennes. Mais aujourd'hui, la rareté des pluies ne satisfait plus leur exigence en eau, d'ou leur disparition. La baisse de la nappe souterraine accentue ce phénomène. Les quelques rescapés qui survivent sont situés dans les zones encore inondées.

2. Les facteurs anthropiques

Les facteurs anthropiques sont le fait de l'activité humaine. En effet, l'homme est maintes fois cité comme responsable en grande partie de la situation qui prévaut actuellement dans cette zone.

La bordure du lac Tanma est aujourd'hui le lieu de concentration de nombreuses activités humaines basées sur l'usage des ressources naturelles.

a) Les facteurs anthropiques de la dégradation des ressources hydriques

Le maraîchage, très pratiqué dans la bordure du lac Tanma repose sur une forte demande en
eau. En effet, cette zone est prise d'assaut par différents types d'exploitants qui font des

prélèvements importants sur la ressource en eau. Le nombre de puits et de céanes est inestimable. Ces puits et céanes sont parfois branchés à des motopompes qui peuvent atteindre des débits élevés. Par ailleurs, les exploitants dotés de gros moyens disposent de forages qui ne respectent: ni les normes de distance ni celles du code l'eau sur les débits de pompage. Cette prolifération des forages et de motopompes accentue la baisse des eaux souterraines. Ainsi la ressource hydrique subit une exploitation anarchique et de plus en plus intense.

Il faut aussi citer parmi ces facteurs de dégradation anthropiques, l'usine d'eau minérale « FONTAINE » de Thiaye qui puise son eau à partir d'une source participant à l'alimentation souterraine du lac Tanma. Cela contribue au tarissement précoce du lac.

D'autres facteurs comme la fragmentation du réseau hydrographique par la construction de digues, de bassins de rétention ou de barrages participent à ce tarissement précoce des eaux de surface.

b) les facteurs anthropiques de la dégradation des ressources pédologiques

Les différentes agressions portées sur le couvert végétal et sur les ressources hydriques affectent directement le sol. La bonne productivité du sol dépend directement de ces deux ressources. Un sol sec et sans couvert végétal devient vulnérable face aux facteurs d'érosion. Il faut ajouter à cela l'intensification des cultures. En effet la jachère est de moins en moins pratiquée dans cette zone. Nos enquêtes nous ont révélé que sur 125 maraîchers interrogés, 93 ne pratiquent pas la jachère. Ceci fait que le sol, fatigué, se dégrade de plus en plus et devient moins productif.

c) Les facteurs anthropiques de la dégradation des ressources végétales

C'est le fait des agressions portées par sur le couvert végétal. Elle va de pair avec la pression portée sur les ressources hydriques et pédologiques. Le défrichage, la déforestation, l'extension des zones de cultures et le pâturage sont autant de facteurs responsables de la disparition des espèces. D'après nos enquêtes, plusieurs espèces ont complètement disparus. Les quelques espèces qui survivent sont de moins en moins représentés. Aujourd'hui, elles sont menacées de disparition totale du fait de la foresterie et de l'extension des terres de cultures.

A cela il faut ajouter les feux de brousse très fréquents dans la zone.

II. L'IMPACT DU MARAICHAGE DANS LA DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES

L'agriculture sous pluie a été pendant longtemps à l'origine de la richesse des populations de la zone. Les spéculations comme l'arachide, le mil, le maïs leurs procuraient beaucoup de revenus. Aujourd'hui, ces cultures ont perdu leur abondance d'antan. L'installation de la sécheresse dans les années 1973 a fini de provoquer une crise sévère. Cette situation a poussé les agriculteurs de la zone à se rabattre sur les activités maraîchères. Cette nouvelle orientation des activités agricoles s'est accompagnée d'une nouvelle forme de valorisation des terres. Le petit espace que constitue la zone est sous la pression de différentes catégories d'exploitants maraîchers.

Dans ce spectre de dégradation incessamment évoqué, le maraîchage y a joué un rôle à part entière. En effet, étant l'activité dominante, il exerce une telle pression que l'ampleur de son impact mériterait d'être mesuré.

1. L'impact du maraîchage dans la dégradation des ressources en eau

La part du maraîchage dans la dégradation des ressources hydriques se mesure sous l'angle des importantes ponctions que les pratiquants de cette activité font sur la ressource. Elle se mesure aussi par les différentes variations de la qualité des eaux occasionnées par les intrants mobilisés par l'activité.

a) Le pompage excessif

La pratique du maraîchage requiert l'utilisation d'énormes quantités d'eau. Pour exploiter une surface d'un hectare, il faut un débit d'eau permanent de 80 m3 par jour (DIAGNE, 2008). Or, ces importantes quantités d'eau sont tirées directement de la nappe souterraine qui, aujourd'hui, se recharge de manière très lente. Cette nappe autrefois très importante, s'abaisse sous les assauts répétés du pompage. Au cours de nos enquêtes, plusieurs exploitants nous ont avoué qu'un seul puits ne peut plus satisfaire leur demande en eau. Il est fréquent de voir dans le site que nous avons visité, deux puits ou plus sur une surface de moins d'un hectare. Plus encore, ils cherchent à tirer le maximum de profit de ces puits en installant des motopompes. Sur les 125 maraîchers interrogés 37, sont équipés de motopompes, soit 29 % de l'échantillon. Signalons que la ponction faite à partir des puits et des céanes est minime par rapport aux

importants débits de pompages des forages qui, actuellement continuent de proliférer dans la zone.

A part quelques forages à usage collectif comme celui de Ndame Lo (CR de Diender), les autres forages de la zone sont réservés exclusivement aux cultures maraîchères. Les forages à vocation agricole sont présents dans la zone depuis les années 1970 (KANE, 2007).

Ces forages ont permis l'aménagement de centaines d'hectares voués exclusivement à la production de contre saison destinée principalement aux marchés urbains, mais aussi à l'exportation surtout vers les marchés de l'Union Européenne. Ce qui explique leur forte demande en eau leur obligeant souvent à dépasser les normes établies par le Code l'Eau. Au Sénégal, il est interdit pour l'usage privé de forer un ouvrage hydraulique de plus de 100 mètres cubes/heure. Sans nul doute on peut affirmer que cette norme n'est pas respectée par ces forages privés. Cela s'explique par leur réticence ou parfois même leur refus catégorique de fournir des informations sur leurs fiches techniques et sur leur débit de pompage.

b) Le problème de la qualitéLes pesticides utilisés pour combattre les ennemis des cultures peuvent affecter la qualité des

eaux de puits. En effet les maraîchers sont dépourvus de système de drainage pouvant empêcher l'infiltration d'eaux contaminées vers la nappe. Ce qui fait que des résidus toxiques peuvent se retrouver dans les eaux des puits. Ceci est d'autant plus dangereux que dans les champs, les maraîchers utilisent cette même eau des puits pour la boisson. Des études dans des secteurs proches (Mboro) ont montré une forte concentration de lindane dans l'eau des puits analysés NGOM, 2008). Le lindane est une matière active dont la norme est fixée à 2ug/l. Ce phénomène n'épargne pas la zone du lac Tanma parce que ce sont les mêmes procédés et les mêmes produits qui sont utilisés.

c) Les conséquences

Les 125 maraîchers que nous avons interrogés ont reconnu à l'unanimité avoir senti cette baisse depuis au moins 15 ans. Avant les années 90, les puits atteignaient la nappe entre 1 à 2 mètres dans la partie située au Nord et Nord Ouest du lac Tanma. C'était le domaine de la nappe affleurante où des céanes suffisaient pour faire l'arrosage des parcelles de cultures. Ces céanes sont aujourd'hui remplacées par des puits du fait de la profondeur de la nappe.

Le spectacle est plus marqué dans la partie située au Sud et Sud Est du lac Tanma. La profondeur de la nappe est passée de 6 à 7 mètres dans les années 90 puis à 14 à15 mètres à nos jours. Cette réduction de l'eau en quantité s'accompagne d'une réduction de sa qualité. En

effet, la baisse des nappes précipite la remontée du biseau salé. Ce qui explique la présence de l'eau salée dans plusieurs puits bordant le lac Tanma. En cas de réalimentation effective et de pompages réduits (périodes hivernale ou les puits s'infiltrent) l'eau douce repousse l'eau salée vers la mer. Mais quand les pompages et les captages font de grandes ponctions, la pression de l'eau de mer devient la plus forte et le biseau salée remonte dans les terrains aquifères. Il y dépose des sels qui augment le taux salinité et du coup rendent l'eau impropre à la consommation. Il faut alors condamner temporairement ou définitivement ces puits ou changer la nature de la destination de l'eau. C'est le cas de la batterie de forages de Béer Thialane (CR de Diender) qui aujourd'hui est exploitée pour des périmètres maraîchers alors qu'elle était destinée à alimenter les populations urbaines de Dakar.

Il faut associer à cette perte de qualité la contamination des eaux par les pesticides. Leurs conséquences sur la santé publique et les risques sur l'environnement sont énormes. Ils sont les causes de plusieurs maladies diarrhéiques ainsi que des vertiges, des vomissements des nausées etc...

2. L'impact du maraîchage dans la dégradation des sols

Le sol est le support de l'activité agricole. Il est pour la plante le réservoir d'eau et de sels minéraux dans le quel elle puise en permanence pour sa croissance et son développement. De sa fertilité dépend la bonne production. Cependant, il est loin d'être un élément inerte ni un élément stable. Bien au contraire, il est en constante évolution. Il est un milieu composé, complexe et en perpétuel changement. Il obéit à des lois qui régissent sa formation, son évolution et sa destruction.

Ce rôle de stockage dont il jouit est d'autant mieux assuré que le sol est profond et que sa teneur en humus est élevée. Or la pression exercée par le maraîchage s'oppose aux processus de renouvellement des sols.

a) La surexploitation

La pression exercée par l'activité maraîchère se traduit par une forte concentration des exploitants maraîchers dans la zone. En effet, après l'abandon de la culture sous pluie du fait de la péjoration climatique, le maraîchage est devenu la seule forme de mise en valeur agricole des terres. Cette nouvelle orientation se manifeste par une grande extension des zones de culture mais aussi par une intensification des systèmes de culture.

L'extension des zones de culture s'accompagne par une déforestation qui expose le sol aux érosions hydrique et éolienne. Le sol devient alors nu et les composantes minérales et organiques sont emportées.

L'intensification des systèmes culturaux se traduit par une surexploitation des terres qui à la longue aboutit à la perte de la fertilité des sols. Le sol est épuisé parce que les maraîchers ne pratiquent plus la jachère. En effet, après plusieurs années d'exploitation sans repos, le sol s'appauvrit avec des rendements presque nuls. Cela justifie l'emploi d'engrais minéraux pour réguler les rendements des cultures. Mais l'apport d'engrais acidifiants peut dans certains cas modifier les propriétés chimiques du sol, ce qui réduit la disponibilité en éléments nutritifs pour la plante.

b) Les techniques culturales inadaptées

Les techniques culturales défaillantes sont une cause de dégradation des sols. En effet la monoculture qui est le fait de produire une spéculation sur une parcelle pendant des années est un facteur de dégradation des sols. Chaque famille de plantes a des exigences typiques de matière organique et en élément minéraux qu'elle tire du sol.

Donc l'absence de rotation des cultures peut entrainer un épuisement d'une composante minérale ou tout simplement une acidification des sols. Ce qui peut rendre les sols inutilisables pendant des années.

La pratique de la jachère a presque disparu. D'après nos enquêtes, seuls 25 % des maraîchers pratiquent la jachère. Les terres qui étaient autrefois laissées en friche sont actuellement intensément cultivées. Il s'en suit un épuisement total de la matière organique. Ceci compromet toute sorte de production. A cela il faut ajouter l'utilisation inconsidérée d'engrais chimiques.

c) Les conséquences

L'abandon des terres, la perte de la production, la disparition de certaines espèces endémiques sont les effets les plus observés.

3. L'impact du maraîchage dans la dégradation des ressources végétales

Le comportement des populations vis-à-vis des espaces boisés dans la bordure du lac Tanma
se traduit par une forte pression. D'une part il y-a l'extension des zones de cultures

maraîchères et d'autre part il y a la forte consommation en bois de chauffe et en charbon de bois.

Trois phénomènes liés à l'extension des zones de cultures contribuent essentiellement à la dégradation de la végétation.

> Face à l'abandon des terres épuisées, les maraîchers sont contraints de conquérir de nouveaux espaces pour pouvoir continuer leurs activités. Ils défrichent alors d'autres espaces et ainsi contribuent fortement à la déforestation.

> Ce même phénomène s'observe aussi dans les cas où les maraîchers cherchent à accroitre leurs exploitations. Ils sont obligés de déboiser pour étendre les surfaces de culture.

> Les nouveaux équipements d'irrigation et d'exhaure permettent l'exploitation de surfaces relativement importantes, d'où l'élargissement des surfaces de cultures et du coup, la disparition des espaces boisés.

Ces raisons font que le maraîchage joue un rôle essentiel dans la disparition de plusieurs espèces végétales. Les terres de prédilection de ces espèces sont aujourd'hui utilisées à d'autres fins. A cela il faut ajouter l'abatage des arbres pour les besoins de la consommation en bois de chauffe et en charbon de bois.

Il ressort de cette analyse que le maraîchage contribue de manière effective à la dégradation des ressources du naturelles. C'est un constat qui s'impose aux yeux de tout observateur averti. Et par ailleurs, il est incontestable que la base du développement du maraîchage réside dans la disponibilité des ressources naturelles. Cette interdépendance de l'activité maraîchère vis-à-vis des ressources naturelles semble être ignorée par les pratiquants de l'activité. Les maraîchers semblent négliger le rôle joué par le maraichage dans la dégradation des ressources.

En effet, malgré l'alerte déclenchée par la péjoration des conditions climatiques et son accentuation par les facteurs anthropiques, les hommes continuent à travers les activités maraîchères d'accentuer la pression sur les ressources.

Il est avéré que les hommes ne peuvent pas s'empêcher d'exploiter la terre et ses ressources, mais une utilisation abusive voire anarchique conduirait à des phénomènes de rétroaction qui peuvent aboutir à la disparition de l'activité maraîchère.

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