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La croissance de la population et le problème alimentaire en Afrique

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par Traore METAHAN
 - DESS Démographie 2010
  

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1.4 Conséquences socioéconomiques et démographique de la sous alimentation et de la malnutrition.

Comme le dit L.KNIAJINSKAIA spécialiste des question alimentaires du tiers monde affirme « la sous alimentation et la malnutrition massive portent aux pays d'Afrique un énorme préjudice en détériorant et détruisant la principale force productive de la société de la population3(*) » et l'auteur continue pour dire que «  C'est avant tout la santé des humains qui en souffre, car ils résistent moins, étant sous alimentés aux diverses maladies et connaissent en plus grand nombre une mortalité prématurée ». La détérioration de l'état de santé des individus exposés à la malnutrition et à la sous alimentation massive détruit la force productive de la société et déstructure les systèmes socioéconomiques. Nonobstant des progrès en matière de médecine moderne, les pays en voie de développement en général et l'Afrique en particulier connaissent un type traditionnel de mortalité où la majorité des gens meurent prématurément des causes liés non pas aux processus naturels ... mais aux conditions d'existence.

Dans de nombreux pays, les taux de mortalité augmentent pendant la période de disette et de famine surtout pendant les périodes de soudures dans les pays sahéliens, même lorsqu'une maladie n'est pas directement liée à la sous alimentation ou à la malnutrition mais cette maladie s'aggrave lorsque l'individu ne mange pas à sa faim. Ce qui accélère le processus de mortalité de l'individu surtout chez les femmes et les enfants. La disette et la sous-alimentation viennent encore en tête des causes exogènes de mortalité qui peuvent fort bien être supprimées en des conditions socioéconomiques meilleures. D'ailleurs, la plupart des crises démographiques qui se déroulent en Afrique sont liées à la famine, c'est le cas en Ethiopie en Somalie, etc. Ainsi donc, la malnutrition et la sous alimentation sont des facteurs aggravant la mortalité. Ce sont des catalyseurs de morbidité et de mortalité entraînant ainsi la perturbation du déroulement habituel du processus de reproduction de la population, provoquant une instabilité démographique due au faible contrôle que l'homme exerce sur les conditions sociales et naturelles de son existence.

En outre, le fait que de nombreuses récoltes soient perdues dans les régions éloignées ou inaccessibles dans les pays pauvre ou lorsqu'une guerre déstabilise les systèmes de production alimentaire entraîne la mort par ination. Selon certaines estimations en certaines années de crise, la mortalité causée directement lié à la sous alimentation et la malnutrition serait plus élevée. De nombreuses crises démographiques ont marqué l'histoire de nombreux pays en développement notamment l'Afrique et l'Asie. La plus grave s'est déroulée dans les années 1970 et 1980. La mortalité par ination touche le plus souvent les couches les plus pauvres. Le niveau de mortalité varie suivant le degré d'aisance notamment la quantité de terre dont dispose le chef de foyer. Moins le chef de famille a de la terre, moins il a de chance de survivre en cas de disette.

Dans un pays peuplé et à forte croissance démographique, la faible disposition de terre accroît le nombre de personnes sans terre qui deviennent des valets pour les propriétaires terriens et accroît les potentielles victimes de la mort lié aux problèmes alimentaires.

Sur le continent africain la mortalité a catastrophiquement monté en 1973 dans les pays de la zone du sahel touché par la sécheresse. Environ 10 millions de personnes étaient menacées de famine, dont la plupart étaient des éleveurs nomades. Une longue sécheresse favorisant l'avancée du désert saharien vers le Sud poussa les éleveurs à chercher des pâturages ailleurs, en vain dans la plupart des cas, car les régions possédant autrefois des points d'eau et au moins une rare végétation s'était transformées en désert. Le bétail qui nourrissait les hommes commença à périr en masse faute de nourriture. Sans aliments ni moyens de subsistance, les hommes commencèrent à mourir du fait qu'aujourd'hui que les sauts de mortalité soient rares dû au développement des moyens de communications du développement de la médecine et de l'intervention de la communauté internationale. Il est jusque là impossible tant le problème alimentaire n'est pas résolu de passer entièrement de type de mortalité traditionnel au type moderne.

Tableau 1.4.1 : relation entre la superficie de terre disponible pour les paysans et le taux de mortalité

Superficie des terres

Taux de mortalité (%)

Paysan sans terre

40,8

Jusqu'à 0,2

29,4

De 0,2 à 1,2

20,5

Plus de 1,2

10,2

Une conséquence tout aussi sérieuse de la malnutrition et de la sous alimentation chronique est la mort journalière en conditions « normales » «  la sous alimentation chronique est un des principaux obstacles à une meilleure efficacité du contrôle social de la mortalité, elle sape la santé et est une des principales causes de la mortalité infantile et de la mort prématurée des adultes 4(*)». La malnutrition cause des maladies spécifiques graves entraîne des causes directes de décès et en plus démunie considérablement la résistance de l'organisme aux infections.

Selon la classification internationale des maladies et les causes de décès par l'Organisation Mondiale de la Santé, plusieurs dizaines de maladies proviennent de la carence de protéines et de calories.

Il faut noter que les formes les plus graves de maladies proviennent de la carence de protéines et de calories ou l'apport calorifique étant faible et insuffisante et ne peuvent pas alimenter ou assurer l'entretien et la croissance des cellules et aussi alimenter les autres organes vitaux. Le kwashiorkor est la forme la plus grave de la carence protéique. Cette dénutrition gravissime entraîne le ralentissement de la croissance, un retard du développement physique et mental des troubles digestifs, un marasme particulier dans les cas grave.

La faible résistance de l'organisme aux maladies peut être la conséquence la plus grave, puisque la mortalité due aux maladies infectieuses associées au kwashiorkor est de 20 à 50 fois plus forte. Globalement, du 1/4 au 1/3 de la population de l'Afrique souffre des maladies dues à la carence protido-calorifique, et surtout chez les enfants de moins de 5 ans. L'insuffisance de protéine dans les rations alimentaires n'est pas le vrai problème. La sous alimentation et la malnutrition massive peuvent être résolues par l'apport important de calorie dans l'alimentation quotidienne. C'est ce qui fait dire A K. Gopolan, grand spécialiste des problèmes alimentaires «  Les manifestations provenant de la sous alimentation sont dues a une insuffisance générale d'aliments et d'énergie (calorie) et non pas a une carence de protéines dans la ration. Les problèmes de la pénurie de protéines viennent donc en second place, l'insuffisance étant en première place. »5(*). La pénurie d'aliments a pour conséquence une grande diffusion des différentes formes d'anémies parmi les populations africaines surtout chez les femmes enceintes et allaitant de nombreux proportion de cas de décès en couches sont due a l'anémie d'origine alimentaire. Les maladies dues à l'avitaminose (scorbut, béribéri, pellagre, rachitisme et autres) sont préjudiciables pour la santé. Ils sont causes de nombreux décès en Afrique où sévissent la malnutrition et la sous alimentation.

Les maladies de malnutrition entraînent une croissance non moins significative des taux de mortalité parmi les populations, or l'organisme a besoin de calories nécessaires à son entretien et à son développement. Donc sans une alimentation riche et équilibrée l'organisme s'affaiblit et devient la proie facile des maladies opportunistes. Dans les pays africains, de nombreuses personnes sont sous alimentés et mal nourris. Ce qui explique que des recherches d'experts de l'ONU montrent que 10 millions d'enfant de moins de 5 ans dans les pays en voie de développement souffrent de graves problèmes de sous alimentation. 80 millions de formes modérées et plus 120 millions de formes moins évidentes et plus difficilement décelables, de malnutrition. Par conséquent, près de la moitie des enfants en bas âge du monde en développement sont sans doute mal et sous alimentés. Pour nombre d'entre eux la carence alimentaire entraîne une mort prématurée.

Bien qu'il soit difficile de déterminer l'impact de la malnutrition sur la mortalité puisque les taux de mortalité post-néonatal et infantile tout l'ensemble des conditions de l'environnement. En général, le taux de mortalité est déterminé par les facteurs sociodémographiques et socioéconomiques et culturels comme le manque d'hygiène, le bas niveau et l'absence d'assistance médicale, une mauvaise hérédité, l'analphabétisme et l'ignorance médicale de parents, l'âge des parents. Mais les récentes enquêtes de l'OMS montrent que la moitié de la mortalité infanto juvénile est liée directement ou indirectement a l'insuffisance alimentaire. Selon les statistiques 27 enfants africains sur 100 morts ont moins d'un an.

La sous-alimentation est la cause majeure de mortalité infantile due à des maladies comme la tuberculose, la rougeole, la variole et les infections gastro-entériques.

La relation qui existe entre la mortalité post néonatale, la consommation de protéines et la consommation des calories est proportionnelle. Moins la consommation de protéine par tête et la consommation des calories sont faibles plus la mortalité post néonatale est élevée. De nombreuses maladies naissent de la faible ou d'un déficit de consommation de protéines et de consommation de calories. L'Afrique est le continent les taux de consommation en protéines et de calories les plus faibles et dont la conséquence est la mortalité infanto juvénile la plus élevée. On dégage avec une netteté particulière la relation statistique entre la faible consommation de protéines et de calorie et un taux de mortalité infantile élevé (voir tableau 1.3.3).

Les pays africains se caractérisent par une structures d'âge particulière : les enfants de moins de 5 ans constituent 15% de la population contre (7 à 10%dans les pays développés).et c'est précisément à cet âge que la morbidité infantile est la plus grande. Dans la plupart des pays d'Afrique subaérienne 30 à 40% de tous les décès des enfants tombent sur des enfants de 5 ans ou moins ; les taux de mortalité des ces enfants ont atteints 18 à 30%.

Tableau 1.4.2 : Relation entre la qualité de la nourriture et le taux de mortalité infantile en 2008

Régions

Mortalité post neonatale pour 1000 naissances vivantes

Consommation de protéines par tête d'habitant (g par jour)

Consommation des calories des besoins en %

Pays en développement

85

56

92,4

Afrique subsaharienne

88

40

81,1

Liberia

133

36.1

79

Rwanda

86

61,5

83

Pays développés

6

94

116

France

3.6

104,3

127

Japon

2.8

76,2

106

Avec une alimentation suffisante et saine nombre de ces enfants auraient pu éviter la maladie, malades, et résister aux différentes infections.

La sous alimentation et les privations entrainent encore un mal social inévitable dans les sociétés d'exploiteurs ; le travail forcé des enfants et des adolescents qui a aussi une action néfaste sur leur santé et leur développement. Selon les estimations qui y sont faites environ 100 millions en Afrique sont condamnés à un travail au dessous de leur force.

Le préjudice moral et économique que la sous-alimentation et la famine causent aux pays africains est énorme. La mortalité élevée, surtout parme les enfants et les jeunes, provoque un gaspillage irrécupérable des ressources consacrées par la société à la reproduction de la main d'oeuvre3. Dans les conditions existant dans les pays en développement « la force de travail alors ne fait plus que végéter6(*) ». Les famines et la sous-alimentation accroissent la fragilité et la faible capacité de la population.les perturbations dans le développement physique et mental dues à une malnutrition systématique rendent les gens incapables de participer efficacement la production qui exigent une main d'oeuvre de plus en plus qualifiée du fait du progrès technique.

La sous-alimentation est l'une des manifestations et des conséquences du niveau de vie général extrêmement bas des masses populaire des pays d'Afrique. A partir des données on décèle un lien interne entre la sous alimentation et la mauvaise santé. La forte mortalité et la mortalité post néonatale et la faible espérance de vie. Aussi, existe-t-il une  « relation entre le degré de diffusion de la sous alimentation et le niveau de développement économique s'exprimant en l'occurrence par le niveau de revenu par habitant accroissant ainsi la mortalité 7(*)»

Cette conclusion mettant en exergue la relation entre la sous alimentation, l'arriération, le sous développement, la pauvreté conduit à examiner la question des sources sociales du problème alimentaire.

* 3 L. Kniajinskaia : perspective et solution du problème alimentaire mondial, Moscou, 1979

* 4 Organisation mondiale de la santé (OMS)

* 5 A K. Gopolan, cité par L. Kniajinskaïa dans perspective de solutions au problème de la faim dans les pays en voie de développement

* 6 K. MARX: Le capital, Editions Sociales, Paris, t. I, P. 133

* 7 Des études appropriées ont montré qu'une alimentation saine et suffisante améliore considérablement la productivité du travail. Ainsi pour un travail de physique modéré la productivité maximale est assurée par une ration journalière de 3000 kcal. Si l'on prend cette productivité par référence (100%) la diminution de la ration à 2500 kcal fait chuter la productivité à 58%, et avec 2000 kcal la productivité tombe à 27%.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo