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Les jeux réduits avec ballon en football, comme alternative aux exercices intermittents courses à  haute intensité et de courtes durées

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par Benjamin Barthelemy
Université de Montpellier 1 - Ingénierie de la performance et de la Préparation Physique 2011
Dans la categorie: Sport
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITÉ MONTPELLIER I

Unité de Formation et de Recherche

En Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives

Mémoire présenté en vue de l'obtention du Master 1 Professionnel

Sciences du Mouvement Humain

Spécialité Ingénierie et Ergonomie des Activités Physiques et Sportives

Parcours INGENIERIE DE LA PERFORMANCE

Option PREPARATION PHYSIQUE

Les jeux réduits avec ballon en football, comme alternative aux exercices intermittents courses à haute intensité et de courtes durées

Présenté par

Benjamin BARTHELEMY

Année Universitaire 2010/2011

SOMMAIRE

I. INTRODUCTION 3

II. METHODES ET MATERIELS 7

2.1. SUJETS: 7

2.2.1. Le test Gacon 45/15 : 8

2.2.2. Le Hoff Test: 8

2.3. PROTOCOLE EXPÉRIMENTAL: 10

2.3.1. Procédure d'entraînement: 10

2.3.2. Les différents entraînements des groupes 11

2.3.3. Lieu d'expérimentation 13

2.4. ANALYSE STATISTIQUE 13

III. RESULTATS 14

IV. DISCUSSION 17

V. CONCLUSION ET PERSPECTIVE 18

VI. LES POINTS CLES ET APPLICATIONS PRATIQUES 19

VII. BIBLIOGRAPHIE 20

VIII. ANNEXES 21

ANNEXE 1 : CARDIOFRÉQUENCEMÈTRE POLAR® 21

ANNEXE 2 : PLAN D'INTERVENTION 21

I. INTRODUCTION

L'analyse de l'activité physique du footballeur a été effectuée par de nombreux auteurs. L'intérêt de cette analyse n'est pas minime, dans la mesure ou la quantification de l'effort physique du joueur va permettre une orientation fine et précise de l'entraînement. Depuis de nombreuses années l'effort produit lors d'un match a évolué avec le professionnalisme et les tendances de jeu. Cette mutation doit être prise en compte pour une orientation optimale de l'entraînement du footballeur via une étude de la bibliographie spécialisée.

L'analyse de l'activité physique du footballeur peut se faire soit de manière qualitative, soit de manière quantitative. Les valeurs quantitatives permettent de donner une tendance globale, alors que les valeurs qualitatives suggèrent un entraînement spécifique selon les postes occupés (Dellal 2008). Ces résultats permettent également de différencier l'activité des joueurs professionnels et amateurs. Des amateurs parcourent une distance moindre, et présentent une décroissance de la performance en sprint 2 fois plus importante à celle des professionnels au cours de la 2ème mi temps d'un match de football (Bangsbo 2008).

Toutefois, l'analyse de l'activité du footballeur n'est pas une fin en soi. Elle doit être accompagnée d'une analyse de l'activité technique et tactique au cours d'un match, ainsi que d'une analyse fine de l'objectif premier du football : marquer un but (Dellal 2008).

L'analyse quantitative  peut par exemple nous montrer la distance totale moyenne parcourue en mètres et par joueur au cours d'un match. Dans la littérature spécialisée, Whitehead (1975), donne une distance de 11 700 mètres, Whiters et al. (1982), donne une distance de 11 500 mètres, et Bangsbo (1994), donne une distance de 10 550 mètres.

Ces données trop générales représentent des chiffres non exploitables dans l'entraînement de par leur globalité. Nous notons tout de même que les auteurs trouvent une distance moyenne parcourue comprise entre 8 et 13 km par match, à une vitesse de 7,8 km.h-1 et à une fréquence cardiaque moyenne de 164 bpm.

Ceci ne pourra servir que de tendance à l'entraîneur, car ces données seront inutiles dans le calibrage des séances.

L'Analyse qualitative, nous montre, elle, la distance totale parcourue aux différentes allures, selon le poste occupé. Verheijen (1998), a montré les distances de course parcourue aux différentes allures et aux différents postes pendant un match. Ces distance s'échelonnaient de 2,2 km à 4,2 km, en marche, avec une diminution des distances parcourues, pour l'ensemble des postes aux allures supérieures, mais avec des variations pour chacun d'entre eux. Rampinini et al. (2007), ont également montrés des distances proches de celle de Verheijen (1998).

En terme de calibrage de l'entraînement, les données qualitatives sont beaucoup plus utiles que les quantitatives. D'une information plus précieuse, nous pouvons également noter que Whiters et al. (1982) relevaient qu'un joueur effectuait 9,2 sauts par match, 49,9 demi-tours et 13,1 tacles au cours d'un match. La marche correspondait à 27% de la distance totale parcourue, la course lente à 46%, la course rapide à 13,5%, les sprints à 0,7%, les courses arrière à 7,8%, les courses latérales à 3% et les courses avec ballons à 2%.

Bangsbo (1994), relevait lui, en moyenne, 8 têtes par match, 11 tacles par match, 1,3 minutes de possession de balle et 30 dribbles par match, avec une moyenne de 2,9 secondes par dribble, quand Stolen et al. (2005), relevaient qu'un joueur effectuait une nouvelle course toutes les 4 à 6 secondes.

Concernant les distances parcourues à des allures inférieures à celle des sprints, les différents auteurs notent une diminution allant de 1 à 9% chez les professionnels. Cette diminution s'accentue chez les amateurs.

L'analyse de l'activité technico-tactique du footballeur est très explicite : les footballeurs sont très peu en possession de la balle (Entre 30 secondes et 3 minutes par match et par joueur selon Monbaerts, 1993), et le nombre de touche de balle moyen est également très faible (Bangsbo 2007). Par conséquent, ils doivent agir très rapidement tout en étant endurant, forts lors des duels, coordonnés, adroits, mobiles dans la gestuelle tout en ayant de la lucidité dans les prises de décision (Mourinho 2005). Leur condition physique doit être optimale afin de retarder la fatigue et d'être techniquement et tactiquement performant tout au long du match (Lippi 2007).

Ainsi les analyses bibliographiques de l'activité technico-tactique et de l'activité physique ont permis de distinguer les différents facteurs de la performance en football. Ils regroupent indépendamment et en interaction : L'endurance, la force, la coordination, la vitesse, la mobilité articulaire et musculaire, la technique et la tactique individuelle et collective (Dellal 2008).

Cazorla (2006) a lui effectué une étude auprès de 7 sélectionneurs internationaux. Pour eux la première qualité jugée indispensable pour pratiquer le football au haut niveau, actuellement et dans les années futures est la qualité athlétique. Elle devance de l'avis des experts, dans l'ordre suivant, les qualités cognitives et mentales, techniques et physiologiques.

L'ensemble de ces facteurs interférent directement avec la performance technique et tactique au cours d'un match. Partant de ce constat nous comprenons bien l'importance d'optimiser les différentes qualités physiques et d'en avoir une connaissance approfondie (Dellal 2008).

Cependant, l'ensemble des données citées sont issus d'analyses effectuées via le temps de jeu total d'une rencontre. L'analyse de la distance totale parcourue lorsque l'équipe évoluait dans une organisation de jeu de type 4-4-2 démontre qu'entre 2 611 m et 3 765 m sont effectués lors des arrêts de jeu, soit entre 26.08% et 29.48% de la distance totale parcourue. Quand cette même équipe évolue en 4-5-1 évolutif en 4-3-3 en phase offensive, ces proportions restent les mêmes : entre 2 585 m et 3 342 m sont effectués durant les arrêts de jeu, soit de 24.87% à 30.08% de la distance totale parcourue (Dellal & Dyon, 2009). En effet, l'ensemble des analyses précédentes ne considère pas spécifiquement le temps de jeu effectif, c'est-à-dire la durée de jeu réelle au cours d'un match. Jacquet et al, en 2002, avaient relevés que ce temps de jeu effectif variait entre 49 et 68 minutes au cours des grandes compétitions internationales entre 1994 et 2002. Par conséquent, l'analyse de l'activité serait totalement différente entre une analyse durant 90 minutes et une étude sur les 60 minutes de jeu effectif.

Le football est donc une activité à dominante aérobie, et également une activité intermittente (Verheijen & Bangsbo, 1994)

Le travail de la puissance aérobie est donc le plus consistant, et surtout le plus régulier au cours de la saison. Les exercices intermittents sont ceux dont l'efficacité nous semble de loin la meilleure (Bangsbo 1994b, Pradet 1996). Le travail dit intermittent se définit comme étant un rapport entre le temps de travail et le temps de récupération (W/R).

Cependant, les entraîneurs doivent préparer les joueurs de façon complète au cours de la semaine, au niveau tactique, physique et technique.

Dellal et al. (2007), ont démontrés via la fréquence cardiaque que certains jeux réduits, type conservation ou autres « Stop Ball » avaient des effets semblables à certains exercices de types intermittents courses de courtes durées.

Hoff et al. (2002), Impelizzerri et al. (2005), Rampinini et al. (2007c) et Mallo & Navarro (2008), ont également démontraient qu'un entraînement à base de jeux réduits en football, permettait de solliciter la capacité aérobie des joueurs et d'élever la VO2max.

Ceci serait donc bénéfique pour l'entraîneur qui, via la mise en place d'un jeu réduit, pourrait impacter sur le domaine tactique, technique et physique de ses joueurs, le tout durant un seul exercice, et de manière moins lourde psychologiquement pour les joueurs. Nous noterons surtout l'importance de ces données pour le milieu amateur, domaine où l'entraîneur bénéficie de très peu de séances hebdomadaires pour travailler technique, tactique et physique. Les jeux réduits permettraient également aux joueurs d'approcher les conditions de match, car le football est aussi décrit, selon Kirkendall (2001), comme un ensemble de phase de jeu à 4 contre 4 ou moins, sur des espaces réduits.

Néanmoins, nous sommes en droit de nous demander si le côté physique ne serait pas « pollué » par les deux autres domaines. En effet, la qualité du joueur durant les jeux réduits est très dépendante de ses qualités technico-tactique, et il est donc possible que la précision de l'entraînement physique soit pipé par le côté technique et tactique du jeu. Si tel est le cas, l'interférence des trois paramètres ne nuit t'elle pas à l'optimisation du développement des qualités physiques du joueur ? N'est il pas dans ce cas préférable dans certains cas de ne pas utiliser la préparation physique intégrée pour optimiser les qualités physiques des joueurs ?

Le but de cette étude est de comparer les réponses cardiaques induites par le stress cardiovasculaire, lors des jeux réduits avec ballon, et lors d'exercices de course intermittentes de courtes durése sans ballon, chez les footballeurs amateurs.

Nous rappelons que Dellal et al. (2007), ont démontrés via la fréquence cardiaque que certains jeux réduits, type conservation ou autres « Stop Ball » avaient des effets semblables à certains exercices de types intermittents courts, chez des footballeurs de Ligue 1.

La problématique de cette étude était de savoir si le contexte technique et tactique inhérent aux jeux réduit, n'allait pas perturber le travail physique des joueurs, en ne créant que très peu de corrélations entre les réponses cardiaques des deux types d'entraînement.

Nous rendrons compte des différences entre les deux méthodes, avec comme première hypothèse, qu'il n'y a aucune différence significative dans certains cas bien précis, avec cependant une variation inter sujet plus forte lors des jeux réduits (Dellal et al. 2007), et nous essaierons d'établir un lien entre différents exercices de type intermittents course, et des jeux réduits avec ballon, en fonction du nombre de joueur, du type d'exercice et de la superficie du terrain, pour pouvoir épisodiquement substituer certains exercices intermittents courses de courtes durées sans ballon, par des jeux réduits avec ballon. Puis nous testerons l'hypothèse que, via l'échelle Ratings of Perceived Exertion (RPE) de Borg (Borg 1998), les joueurs acceptent mieux les jeux réduits avec ballon que les exercices intermittents courses courts.

II. METHODES ET MATERIELS

2.1. Sujets:

Cette étude a été menée sur 32 joueurs de football de niveau district, partagés en 2 groupes (n=16). Un groupe composait le groupe d'étude (G1). L'autre groupe de 16 joueurs composait le groupe contrôle (G2). Les joueurs composant les deux groupes étaient des joueurs bien entraînés (6 heures par semaines, se décomposant en séances de deux heures le lundi, le mercredi et le vendredi) pratiquant pour tous, le football depuis plus de six ans. L'étude a été réalisée en pleine période compétitive.

Table 1 : Caractéristiques anthropométriques du groupe de sujet G1

(Moyenne #177; SD)

Age (ans)

Taille (cm)

Masse corporelle (kg)

22,14 #177; 2,07

179 #177; 3,53

72,5 #177; 5,55

Table 2 : Caractéristiques anthropométriques du groupe de sujet G2

(Moyenne #177; SD)

Age (ans)

Taille (cm)

Masse corporelle (kg)

22,21 #177; 3,01

177 #177; 3,03

77,5 #177; 4,32

2.2. Préambule du protocole expérimental :

Les groupes G1 et G2 ont été soumis à deux types de test visant à évaluer le potentiel aérobie des joueurs (Gacon 45/15 et Hoff Test).

Le protocole expérimental visant à observer l'intérêt de l'inclusion du ballon et donc de l'aspect technique et tactique dans la préparation physique, en comparaison à une préparation physique dissociée, il a été décidé au préalable de l'intervention d'effectuer ces deux tests, car un inclus le ballon durant sa pratique (Hoff Test), quand l'autre l'exclu (Gacon 45/15).

Ces deux tests ont été effectués au préalable et juste après la fin de l'intervention. Le but étant d'étudier la variation du potentiel aérobie des deux groupes, pour apporter un supplément de résultat, ou une ouverture vers une autre étude, mais surtout d'estimer la FCmax des sujets. La FCmax la plus haute observée entre les deux tests pré protocole expérimental correspondait à FCmax.

2.2.1. Le test Gacon 45/15 :

Ce test progressif et maximal se réalise sur terrain plat sous forme d'aller-retour en course avec des paliers qui se composent d'une phase active de 45 secondes suivie d'une pause de 15 secondes, qui en plus d'accorder une petite récupération donne le temps de se repositionner pour le départ suivant.

Le test conserve l'incrémentation classique de 0,5 km.h-1par minute, taux de progressivité des principaux tests aérobies. Il se réalise en course, sous forme "d'aller retour", avec des paliers de 45 secondes suivis de 15 secondes de pause.

La vitesse initiale est de 10 km.h-1, et la progression se traduit par 6,25 m supplémentaires lors de chaque nouveau palier (ces 6,25 mètres correspondent à l'augmentation de 0.5 km.h-1 pendant 45 secondes). Ce test se fait sur piste ou bien sur n'importe quel terrain à condition qu'il soit plat et avec un sol adéquat à la course.

La vitesse réalisée lors du dernier pallier complété doit être prise comme la vitesse de référence. La fréquence cardiaque et la consommation d'oxygène sont maximale lors de ce dernier pallier (Gacon 1994).

2.2.2. Le Hoff Test:

L'évaluation de l'aptitude aérobie du footballeur revêt une importance certaine et les entraîneurs et scientifiques du sport l'ont depuis longtemps évalué, que ce soit par des tests de laboratoire (VO2max) ou par des tests de terrain (navette 20 mètres, YoYo test, etc...). L'inconvénient de ces tests est qu'ils se déroulent en l'absence du ballon, alors que la motivation du footballeur est bien meilleure quand il conduit le ballon. Dans ce cadre, Hoff et al. (2002) ont présenté un parcours où le joueur doit conduire le ballon et peut donc réaliser un entraînement aérobie intégré (Figure 1).

L'idée nouvelle a été de créer un test de terrain avec ballon pour footballeurs. Pour ce faire, le parcours de Hoff, utilisé traditionnellement dans le cadre de l'entraînement, a été légèrement modifié afin de pouvoir être utilisé en tant que test.

Figure 1 : Le Hoff Test

Matériel nécessaire : 3 haies de 30-35 cm et 22 cônes.

Le joueur doit conduire le ballon à travers le parcours.

12 mètres après le départ, slalom court de 10 cônes espacés de 2 mètres.

Passage de 3 haies (ballon sous la haie et saut du joueur au-dessus de la haie), puis slalom large des cônes 1 à 7.

Cône 7 à porte 8 en conduite arrière avec les semelles, puis à nouveau conduite avant du ballon.

Distance totale par tour : 290 m ; de Haie 3 à Cône 1 : 30,5 m ; distance séparant cônes 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 : 25.5 m.

Le " Hoff test " est un test d'endurance, spécifique au footballeur, qui consiste à conduire le ballon à travers le parcours de Hoff modifié, pendant un temps imposé de 10 minutes. La tâche demandée étant de parcourir la plus grande distance possible sur plusieurs tours (Chamari et al. 2005).

Il peut être utilisé pour évaluer l'endurance du footballeur puisque non seulement la performance à ce test est corrélée à VO2max (Figure 2), mais il est aussi sensible aux changements de l'aptitude aérobie engendrés par l'entraînement.

Figure 2

Relation entre la performance au "Hoff test" et VO2max. R = 0,68, P < 0,001.

Hoff et al. (2002)

2.3. Protocole expérimental:

2.3.1. Procédure d'entraînement:

Durant la phase d'intervention, l'ensemble des 32 joueurs étaient soumis aux deux types d' exercices, après échauffement, tous les mercredi ou jeudi (le lundi était consacré à une séance de « décrassage », et le vendredi ou samedi, s'effectuait une mise en place tactique, ainsi que des exercices de vitesse et réaction).

A la suite du passage des tests (ci avant) établissant l'aptitude aérobie des joueurs et leur FCmax en phase de pré intervention, le groupe G1 a effectué pendant huit semaines, des jeux réduits avec ballons, en remplacements des exercices intermittents courses à haute intensité et de courtes durées, qui ont continués à être effectués par le groupes contrôle (G2) (Figure 3).

Afin de contrôler l'effort de G1 et de G2, l'utilisation de cardiofréquencemètres Polar® (Annexe 1) a été présente lors des séances. Le but étant de quantifier l'effort cardiaque lors des différents jeux réduits et lors des différents exercices intermittents course, pour pouvoir donner, si tel était le cas, des corrélations entre certaines réponses cardiaques des deux types d'exercices.

Figure 3 : Représentation schématique de la procédure expérimentale

(+Annexe 2)

Pré Tests VMA ? Expérimentation de 8 semaines - Différenciation de l'entraînement pour G1 et G2 ? Comparaison, analyse des résultats et post tests.

Les entraînements étaient tous effectués à la même heure dans le but, en plus de la question de disponibilité des joueurs, de ne pas perturber le rythme circadien des sujets, car selon Dellal (2008) la fréquence cardiaque est particulièrement sensible aux variations circadiennes.

Au préalable du protocole expérimental, il a fallut relever la fréquence cardiaque de réserve de l'individu, qui est la différence entre la fréquence cardiaque maximale et la fréquence cardiaque de repos (Kervonen et al. 1957), dans le but d'analyser les résultats en fonction du pourcentage de fréquence cardiaque de réserve (%FCr), obtenu lors des différents exercices.

En effet, sachant qu'en réponse à une charge de travail identique, la FC varie individuellement, dans le but d'une analyse comparative la charge circulatoire est mieux exprimée en pourcentage de la FC de réserve du sujet (Dellal 2008). Le pourcentage de fréquence cardiaque de réserve était calculée selon la formule de Kervonen (Kervonen et al. 1957) : %FCres = (FC moyenne au cours de l'exercice - FC de repos) / (FCMax - FC de repos) * 100

2.3.2. Les différents entraînements des groupes 

· G1 a effectué des jeux sur terrains et effectifs réduits, avec ballon.

Ces jeux se déclinaient sous les formes suivantes : (Table 3)

 

Jeux réduits avec ballon pour G1

Stop Ball

Conservation

Match

Nombre de joueurs

Série x W/R

(Espace de jeux)

-2c2

7 x 1'/1'

(10m x 15m)

_________________

-3c3

3 x 3'/3'

(13m x 20m)

-5c5

6 x 3'/3'

(20m x 20m)

_________________

-6c6

6 x 3'/3'

(30m x 45m)

-4c4 avec gardien

4 x 3'/1'

(40m x 33m)

_________________

-8c8 avec gardien

4 x 3'/1'

(80m x 50m)

Table 3 : Exercices proposés à G1

· G2 a effectué des exercices intermittents courses de courtes durées à haute intensité, avec distances de courses individualisées via la VMA obtenue au test Gacon 45/15.

Ces exercices se déclinaient sous les formes suivantes : (Table 2)

 

Exercices Intermittents

Intensité de travail

% VMA

Nombre * Durée des séries

Récupération Intra séries

Récupération Inter séries

30/30

100 %

2 * 8'

Passive

8' (Semi act.)

15/15

105 %

2 * 8'

Passive

8' (Semi act.)

10/10

110 %

2 * 8'

Passive

8' (Semi act.)

5/20

120 %

2 * 7'

Passive

7' (Semi act.)

Table 4 : Exercices proposés à G2

Le choix des intensités de travail a été défini par le fait qu'un effort intermittent doit s'établir à des intensités supérieures ou égale à 100% de la VO2max afin d'atteindre et maintenir un niveau de VO2max (Dupond et al. 2002 ; Millet et al. 2003).

De plus, dés la fin des séances dissociées pour G1 et G2, les 32 joueurs ont été appelés à donner leur perception d'effort, en fonction de la séance qu'ils venaient d'effectuer.

Pour cela, il a été utilisé l'échelle Ratings of Perceived Exertion (RPE) de Borg modifié par Foster et al (2001), pour permettre un retour sur la sensation subjective engendré par l'application d'un exercice (Borg 1998) (Table 5). Les valeurs de RPE obtenues peuvent être utilisées pour comparer des mesures physiologiques telles que la FC ou la VO2max (Pollock & Willmore 1990, Borg 1998). La formule « Comment était l'exercice ? » a été utilisée, comme l'ont fait de nombreux auteurs, tel Mac Guigan et al. (2004) ainsi que Dellal et al. (2008).

Estimation

Description

0

Repos

0,5

Extrêmement facile

1

Très facile

2

Facile

3

Modéré

4

Quelque peu difficile

5

Difficile

6

*

7

Très difficile

8

*

9

*

10

Maximal

Table 5. Adaptation de l'échelle de RPE de Borg selon Foster et al. (2001).

Cet outil de mesure a été utilisé dans le but de comparer la perception de l'effort de G1 et G2, pour apporter une précision supplémentaire à la comparaison des deux méthodes.

2.3.3. Lieu d'expérimentation

G1 et G2 ont tout les deux pratiqués l'ensemble des séances du protocole expérimental, au même moment, sur un terrain de football, avec une pelouse naturelle, et sans aucun encouragement.

2.4. Analyse statistique

Les valeurs observées et analysées sont notées via la moyenne et l'écart type. Le test de Kolmogorov-Smirnov a permis de vérifier la normalité des distributions, et une ANOVA (Avalysis Of Variance) a ensuite été effectuée afin d'évaluer la différence de %FCreserve atteint lors des deux modalités d'entraînement. P=0,05 a été considéré comme statistiquement significatif.

III. RESULTATS

Figure 4 : Comparaison du pourcentage de FCreserve durant les exercices intermittents course 30/30 et 15/15 et durant les jeux réduits.

: P=0,05. Différence significative entre les efforts intermittents 30/30 et les jeux réduits. : P=0,05. Différence significative entre les efforts intermittents 15/15 et les jeux réduits.

Figure 5 : Comparaison du pourcentage de FCreserve durant les exercices intermittents course 10/10 et 5/20 et durant les jeux réduits.

: P=0,05. Différence significative entre les efforts intermittents 10/10 et les jeux réduits. : P=0,05. Différence significative entre les efforts intermittents 5/20 et les jeux réduits.

210

210

190

190

170

170

150

150

130

130

110

110

90

90

70

70

50

50

30

30

10

0:00:00

0:10:00

0:20:00

0:30:00

0:40:00

0:50:00

1:00:00

1:10:00

FC / bpm

FC / bpm

Temps

Personne

Exercice

Sport

Note

Date

Heure

Durée

Sélection

FC moyenne

FC max

2

10/03/2011 12:36

Football

12:36:34

10/03/2011

1:12:05.0

0:00:00 - 1:12:05 (1:12:05.0)

151 bpm

196 bpm

151 bpm

Valeurs de curseur:

Temps : 0:00:35

FC: 111 bpm

Dépense Cal.: 256 kcal/60min

Figure 6 : Exemple de réponse cardiaque, via un cardiofréquencemétre POLAR®, pour un joueur du groupe G1, le jeudi 10/03/11.

De 0 à 30 minutes : Pose du cardiofréquencemétre, détail de la séance à venir et échauffement. De 30 à 50 minutes : Conservation 6 vs 6. De 1h à 1h15 : Stop Ball 2 vs 2.

Figure 7 : Valeurs moyennes obtenues sur l'échelle RPE de Borg modifié par Foster et al. (2001) pour G1 et G2.

Figure 8 : Valeurs moyennes obtenues au test Gacon pour G1 et G2 en pré-entraînement et post-entraînement.

Figure 9 : Valeurs moyennes obtenues au Hoff-test pour G1 et G2 en pré-entraînement et post-entraînement.

IV. DISCUSSION

Nous notons que les deux groupes ont augmentés leur VMA et leur FCmax, mais non de manière significative (La courte durée du protocole doit être à l'origine de cela).

D'après les résultats obtenus il apparaît qu'un entraînement à base de jeux réduits (Exercices physiques intégrés, Dellal 2008) au football aurait, sous certaines conditions, des conséquences sur la réponse cardiaque sans différences significatives à un entraînement de type intermittent course court à haute intensité (A charges physiques contrôlées, Dellal 2008).

En effet, l'étude a montré que le stress cardiovasculaire engendré par les jeux réduits avec ballon, n'était pas significativement différent, dans certaines conditions de jeux, au stress produit par l'impact d'un exercice à charges physiques contrôlés. Cette étude argumente et crédibilise les jeux avec ballon, et donc la préparation physique intégrée, avec pour finalité un travail de puissance aérobie, majoritaire dans l'entraînement physique du footballeur, comme l'a démontrée la revue bibliographique introductive.

Cet aspect des résultats confirmant une des hypothèses de départ, va dans le sens de nombreux auteurs tels Hoff et al. (2002), Impelizzerri et al. (2005), Dellal et al. 2007, Rampinini et al. (2007c) et Mallo & Navarro (2008), tout en offrant la perspective à un staff technique d'utiliser, dans des conditions bien standardisées, les jeux réduits avec ballon, dans le but de travailler le facteurs physique, tout en intégrant la spécificité technique et tactique propre au football.

Néanmoins, nous notons une variabilité inter sujet plus importante lors d'un exercice physique intégré que lors d'un exercice à charge physique contrôlée.

L'activité des footballeurs n'étant que très peu contrôlable lors des jeux réduits, il est évident que certains facteurs tel que la qualité technique et tactique, le poste du joueur, ou même son affinité de jeu plus ou moins forte avec certains de ses partenaires d'entraînement, viennent perturber, augmenter ou inhiber, la réponse cardiaque via une activité ou une intensité de jeu plus ou moins forte. Ces informations sont d'une importance capitale, et le staff technique ne devra pas les omettre, sous peine de voir la qualité du facteur physique initialement programmée, perturbée, et non travaillée de manière optimale.

La taille des terrains, le nombre de joueurs ainsi que les règles de jeu impacte également directement sur l'activité cardiaque et physique des joueurs.

De plus, l'étude a montrée via l'échelle Ratings of Perceived Exertion (RPE) de Borg modifié par Foster et al (2001), que les joueurs percevaient, de manière significative, les jeux réduits comme moins difficiles, malgré des réponses cardiaques identiques. Ce résultat peut être analysé de différentes manières. La préférence des joueurs pour un exercice physique intégré, plutôt que pour un exercice à charge physique contrôlée, serait elle la conséquence de l'homogénéité moindre de l'activité des joueurs lors des exercices à charges physiques contrôlés, qui peut être la résultante d'une activité volontairement réduite par certains joueurs, qui ne jouent pas le jeu de manière maximale, et effectuerait une sélection d'effort à effectuer et à ne pas effectuer au préalable de chaque action, ou bien seulement le fait que la présence d'un ballon, d'opposition et de conditions de jeu non inhérentes à un exercice de puissance aérobie classique mais plutôt d'entraînement tactique et technique, auraient un effet de catalyseur sur la motivation des joueurs ?

Cette analyse très subjective ne peut avoir de réponses sans un protocole de questionnement pertinent plus approfondis.

Un autre souci de cette étude réside dans le fait que l'impact des deux types d'exercices n'a été mesuré que pour la composante centrale et non périphérique. Il est possible que la caractéristique de l'activité physique du footballeur lors des jeux réduits ne corresponde pas à celle des exercices intermittents course de courte durée, et donc qu'une ou l'autre des deux méthode impacte davantage sur l'activité musculaire tout en ayant des réponses cardiaques et des stress cardiovasculaires semblables pour certaines conditions bien standardisées.

De plus, le rythme circadien des joueurs a été respecté, mais étant réalisé en milieu amateur, cette étude n'a pas tenue compte des heures pré entraînement des joueurs et de leurs obligations professionnelles, car de part le manque de temps et le moment avancé de la journée, aucun pointage quotidien post première séance de la FC de repos n'a était réalisé, tout comme la FCmax qui a dut évoluer au fil du protocole, afin d'anticiper certains résultats.

V. CONCLUSION ET PERSPECTIVE

La finalité de cette étude était de vérifier l'hypothèse que certains jeux réduits avec ballon au football, permettait de constituer un stress cardiovasculaire amenant une réponse cardiaque semblable à certains intermittents courses de courtes durées à haute intensité.

Le protocole expérimental vérifie cette hypothèse en montrant que tout les jeux réduits avec ballons mis en place ont une correspondance (pour p=0,05) avec au moins un des exercices intermittent course de courte durée testés. Le jeu réduit « Conservation 6 vs 6 » présente le plus de différence non significatives (2) avec les exercices intermittents courses de courtes durées testés. Inversement, l'intermittent courses 5/20 présente le plus de différence non significatives (3) avec les jeux réduits testés.

Toutefois, l'homogénéité conséquente inter individuelle de la réponse cardiaque aux jeux réduits avec ballon, fera que l'entraîneur désirant calibrer de manière optimale et précise son entraînement physique devra opter pour des intermittents courses de courtes durées à haute intensité.

Les perspectives de prolongement de cette étude pourrait amener à se poser la question suivante : Un entraînement à base de jeux réduits, même si présentant une homogénéité inter individuelle plus importante que des exercices intermittent course de courte durée, ne seraient-ils pas davantage profitable aux joueurs et à la dynamique de jeu de l'équipe sur le moyen et le long terme ? Les exercices physiques intégrés ne seraient-ils pas une solution d'entraînement dans les centres de formation au football, en intégrant l'aspect technique au travail physique, et constituer des joueurs aux qualités plus adaptées aux nouvelles donnes et orientations du football moderne, en favorisant le travail technique et l'optimisation du multitasking (Pontal 2011) des joueurs? D'autres études comparatives, avec d'autres outils de contrôle de la charge et de ses effets, notamment sur le plan périphérique, seraient nécessaires, afin de valider les jeux réduits comme alternative aux exercices intermittents courses de courtes durées, et répondre partiellement aux questions précédentes.

VI. LES POINTS CLES ET APPLICATIONS PRATIQUES

· Certains jeux réduits avec ballon en football peuvent avoir des conséquences identiques sur la réponse cardiaque à certains exercices intermittents courses de courtes durées à haute intensité.

· Les exercices intermittents courses de courtes durées à haute intensité permettent néanmoins une meilleure contrôlabilité de l'effort du joueur.

· Les deux types d'entraînement cités aux deux points précédents améliorent la VMA et la FCMax des joueurs.

· Tout en ayant des conséquences physiques identiques, avec cependant une homogénéité inter individuelle plus importante, les jeux réduits avec ballons sont plus appréciés des joueurs.

VII. BIBLIOGRAPHIE
Ali, A., & Farrally, M. (1991). Recording Soccer Players' Heart Rates During Matches. J Sports Sci, 9(2): 183-9.
Cazorla, G., & Farhi, A. (1998). Football: exigences physiques et physiologiques actuelles. Revue EPS n° 273, 60-66.
Dellal A. (2007) De l'entraînement à la performance. Edition De Boeck. 500 pages. Chapitre 5: 138-60
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Rampinini E., Impellizzeri FM., Castagna C., Abt G., Chamari K., Sassi A., Marcora SM. (2007) Factors influencing physiological responses to small-sided soccer games. J Sport Sci. 25 (6): 659-66
Stolen T., Chamari K, Castagna C, Wisloff U. (2005) Physiology of soccer: an update. Sports Med. 35: 501-36
VIII. ANNEXES

Annexe 1 : Cardiofréquencemètre POLAR®

Annexe 2 : Plan d'intervention

CALENDRIER D'INTERVENTION

Février

Mars

Avril

Mer. 16 ? Pré Tests

Suite du protocole expérimental

Fin du protocole expérimental

Jeudi 23 ? Début du protocole expérimental

Mer. 20 ? Post Tests

Les jeux réduits avec ballon en football, comme alternative aux exercices intermittents course haute intensité de courte durée

Résumé :

L'analyse de l'activité physique du footballeur au cours d'un match, nous apprend que l'effort du joueur est essentiellement de type aérobie. Les exercices intermittents de courtes durées sont les plus consistants, et surtout les plus réguliers au cours de la saison. L'objectif de cette étude est de comparer les réponses cardiaques de certains jeux réduits avec ballon, et de certains intermittents courses de courtes durées les plus utilisés dans le football.

Le protocole expérimental était composé de 32 joueurs, partagés en 2 groupes (n=16), avec un groupe (G1) effectuant divers jeux réduits avec ballon, et un autre groupe (G2), effectuant lui des exercices intermittents courses de courtes durées. Les 2 groupes étaient testés 2h par semaine, durant 8 semaines, via des cardiofréquencemètres POLAR®.

A l'issus du protocole nous pouvons noter que certains jeux réduits avec ballon offrent des réponses cardiaques sans différences significatives avec certains exercices intermittents courses de courtes durées, dans des conditions bien standardisées, avec une homogénéité inter individuelle plus élevée.

Mots clés : Football, intermittent courte durée, jeux réduits, aérobie, réponse cardiaque.

The small sided-games with ball in soccer as alternative to short intermittent running hight intensity

Abstract :

The match analyses to players soccer activity during soccer game demonstrated that in soccer match the players' aerobic endurance is essential. Short intermittent running are commonly used during players' training to recreate the actual demands of match play. The purpose of the present study was to compare HR reponses between short intermittent running and sided-games in soccer players.

The experimental approach was constituted to 32 players, shared in 2 groups (n=16). During the experimental period one group (G1) maked sided-games and the other group (G2) maked short intermittent running. The two groups was tested 2h for week, during 8 weeks, with HR monitors POLAR®.

The result of this study show that it is possible to use sided-games for physically integrated training approaching the intensity of the player's activity during short intermittent running, with however a main difficulty to control the activity of the players during the sided-games, with an homogeniety among players more important.

Keys words : Soccer, short intermittent running, sided-games, aérobic, HR reponses.