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Evolution et incidences de la Technologie sur les pratiques de communication en France des années 1960 à nos jours


par Quinchy RIYA
Université Paris-Est Marne-La-Vallée - M1 2011
Dans la categorie: Communication et Journalisme
   
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Disponible en mode multipage

    RIYA QUINCHY

    - CFA DESCARTES -

    EVOLUTION ET INCIDENCES DE LA TECHNOLOGIE SUR LES PRATIQUES DE COMMUNICATION POLITIQUE EN FRANCE DES ANNEES 1960 À NOS JOURS.

    Mémoire de Recherche pour l'obtention du

    Master AIGEME Culture et Métiers du Web réalisé sous la direction de

    Dominique CARDON

    Année universitaire 2010-2011

    Université Paris Est Marne-la-Vallée

    5 Boulevard Descartes
    77420 Champs-sur-Marne

    "L'Université Paris Est Marne-la-Vallée n'entend donner

    aucune approbation ou improbation aux opinions émises

    dans ce mémoire. Ces opinions doivent être considérées

    comme propres à leur auteur"

    REMERCIEMENTS

    Je souhaiterai adresser un premier merci à Vincent LEMIRE pour les cours de méthodologie, qui fût très utiles et qui m'ont aidé à structurer mon travail.

    J'adresserai un second merci à Dominique CARDON qui m'a aidé pour la structuration et la validation de mon plan, les pistes d'étude et bibliographique.

    J'adresserai également un merci à tous les êtres que j'aime et qui m'ont soutenu et difficilement supporté lors de la rédaction de ce mémoire. Je remercierai tout spécialement ma mère, ma soeur et toi...

    J'adresse également un très chaleureux remerciement à Benoît THIEULIN qui a su prendre le temps, le temps d'un entretien, de m'aider et de m'accorder toute son attention. J'insisterai également sur les perspectives qu'il m'a offert afin de mieux saisir les enjeux de ce travail. Un grand merci.

    Je remercie également toutes les personnes non nommées ici qui ont aidé à la relecture de ce mémoire et à y apporter les corrections nécessaires afin de le rendre le plus abouti possible. Enfin, je remercie ceux, non nommés également, qui m'ont encouragé et donné des pistes de réflexion à explorer et à intégrer à mon travail.

    -Merci à tous-

    EVOLUTION ET INCIDENCES DE LA TECHNOLOGIE SUR LES PRATIQUES DE COMMUNICATION POLITIQUE EN FRANCE DES ANNEES 1960 À NOS JOURS.

    INTRODUCTION 

    CHAPITRE I : LE SCHÉMA DE LA COMMUNICATION POLITIQUE TRADITIONNELLE EN PRÉSENTATION.

    1) UN MODÈLE STRUCTURÉ ET MÉDIATIQUE : CONSTRUCTION ET ÉVOLUTION DU SCHÉMA TRADITIONNEL DE LA COMMUNICATION POLITIQUE FRANÇAISE. 13

    CHAPITRE II : LA «  RÉVOLUTION » NUMÉRIQUE. EMERGENCE D'UN NOUVEAU MÉDIUM ET DE NOUVEAUX ENJEUX.

    2) LE WEB 2.0, NOUVEL ESPACE DE COMMUNICATION : APPARITION DE NOUVELLES PRATIQUES ET DE NOUVELLES FORMES DE SOCIABILITÉS. 36

    CHAPITRE III : DÉCLIN OU MUTATION DU MODÈLE TRADITIONNEL ?

    3) UNE « ÉVOLUTION » PLUS QU'UNE « RÉVOLUTION » DES FORMES ET DES PRATIQUES DU SCHÉMA TRADITIONNEL. 69

    CONCLUSION 

    BIBLIOGRAPHIE

    WEBOGRAPHIE

    TABLE DES ANNEXES

    INTRODUCTION

    L

    'objet de notre étude est la communication politique en France depuis le début des années 1960. Nous avons abordé ce sujet avec une perspective novatrice, en étudiant son évolution, de l'utilisation des médias dits classiques - journaux, affichage, radio, télévision - jusqu'à l'avènement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) et du web dans ce type de communication. Nous avons tenté de répondre aux deux problématiques suivantes : en quoi les nouvelles technologies ont-elles influencé les pratiques de communication politique en France, voire la politique elle-même, et existe-il de nouveaux enjeux  issus de ces nouvelles pratiques ? Le phénomène que nous étudierons à travers ce mémoire est donc l'utilisation des nouvelles technologies dans les méthodes de communication des personnalités et des partis politiques français. On se demandera ainsi si le web constitue désormais l'outil privilégié de la médiation politique ou si, au contraire, il vient s'ajouter aux modes de communication traditionnels qui constituent la base de la communication politique moderne.

    Le terme « Communiquer » provient du latin dont la traduction est « Communicare », cela signifie mettre en commun, partager. Le sens premier de cette notion est décisif. Cependant, la formulation de Jacques Gerstlé étaye cette notion et l'a précise.

    «La communication politique se présente comme un ensemble disparate de théories et de techniques, mais elle désigne aussi des pratiques directement politiques. Elle inspire, en effet, des stratégies et des conduites qui varient selon les positions de pouvoir occupées et les situations vécues par les acteurs concrets de la vie politique. » 1(*). Comme le souligne cette citation de Jacques Gerstlé, la communication politique constitue tant des pratiques directement politiques que des théories sociales. Parallèlement, elle est aussi un champ d'étude, un outil et un objet de recherche bien spécifique. Il faut donc prendre la « communication politique » comme un tout et ne pas la réduire à une simple définition figée ou à un ensemble de concepts et de théories imbriqués les uns dans les autres. Cette citation englobe tous les acteurs de la vie politique, tant les personnalités politiques que l'opinion publique, puisque la notion de « communication » implique l'idée d'un échange qui n'est possible que par l'existence de plusieurs acteurs.

    Communiquer en politique a avant tout un objectif majeur : persuader en séduisant. Une autre citation de Jacques Gerstlé cible parfaitement l'enjeu de la communication politique moderne et vient compléter la première définition : « (La communication politique) c'est l'ensemble des techniques et procédés dont disposent les acteurs politiques, le plus souvent les gouvernants, pour séduire, gérer et circonvenir l'opinion ». Cette citation explicite l'idée que l'interaction en politique est un enjeu essentiel.

    Une fois ces définitions précisées, voyons comment se compose l'objet de notre recherche.

    Nous, nous intéresserons au discours et à ses effets, aux stratégies, au rôle et à la place de la communication politique, au symbolisme de l'image. Nous analyserons les nouvelles formes de sociabilité et d'interactions qui se mettent en place2(*).

    Nous avons décidé de limiter notre étude au territoire et à la vie politique française. Nous avons également choisi d'appliquer les bornes chronologiques suivantes : 1960-2011. Ces années constituent très certainement la période la plus intéressante pour la communication politique française car elle correspond à un tournant majeur matérialisé par l'introduction successive de différents médias, notamment la télévision et Internet.

    Nous avons regardé du côté de personnalités et de partis politiques très divers. Ainsi, nous avons étudié des personnalités politiques membres du gouvernement ou proche de celui-ci, mais n'occupant pas de ministères régaliens et, partiellement, le Président de la République. La précision est importante puisqu'on verra par la suite que la communication politique de personnalités politiques directement impliquées dans l'exercice du pouvoir n'est pas la même que celle d'une personnalité politique qui n'y est pas directement impliquée. Enfin, nous avons également analysé des personnalités politiques non membre du gouvernement et certaines briguant un mandat lors des prochaines échéances électorales, notamment celles de 2012. Nous avons décidé d'établir un panel restreint mais relativement représentatif afin de voir les différences et les rapprochements qui pourraient exister3(*).

    Nous avons également étudié l'importance du symbolisme de l'image en politique4(*). En effet, cette notion, liée au celle de marketing politique et inhérente au domaine politique, évolue et occupe une place toujours plus importante.

    Sur la question de la communication politique, il existe une somme importante d'ouvrages et d'articles5(*). Beaucoup des sources que nous avons consultées traitent des concepts et des théories qui existent autour de la notion de « communication politique ». Ces ouvrages se rejoignent sur l'idée que la notion en elle-même demeure très problématique puisque gigantesque et constitue à la fois un carrefour où se rencontre un grand nombre de théories sociales (histoire, politique, communication, sociologie...) et à la fois un champ de pratiques sociales biens spécifiques. L'ouvrage de Jacques Gerstlé, intitulé la communication politique, nous éclaire très bien sur l'évolution du regard sur la communication politique et sur l'interface politique/communication6(*). L'article de Cécile Maunier, titré « La communication politique en France, un état des lieux », revient avec précisions sur une partie des théories concernant la communication politique, analyse les évolutions et discute les nouvelles pratiques politiques liées aux nouvelles technologies de l'information et de la communication7(*). Cet ouvrage nous aura été utile pour aller plus loin et comprendre ce qu'est la communication politique moderne.

    Nous avons également consulté l'ouvrage de David Fayon, intitulé  Web 2.0 et au-delà, nouveaux internautes : Du surfeur à l'acteur. Cet ouvrage a permis d'établir une typologie des réseaux sociaux et d'en déterminer quelques éléments sociologiques8(*). Sur la question d'appropriation des NTIC, l'article de Ludovic Renard, intitulé « Vers une nouvelle communication politique : Analyse des médias d'information depuis la campagne présidentielle de 2007 », fut utile, il le fut également pour l'étude des évolutions dans les modes d'utilisation des NTIC de la part de la classe politique9(*). De plus, nous avons eu recours à l'ouvrage de Philippe J. Maarek, intitulé La communication politique de la présidentielle de 2007. Cette oeuvre a contribué à mieux comprendre les nouvelles pratiques politiques et sociales existantes, grâce au web en politique, et notamment, sur la « personnalisation » et la « proximité » dans la communication politique moderne10(*).

    Nous avons consulté l'oeuvre d'Anne-Marie Gingras, titré La communication politique : Etat des savoirs, enjeux et perspectives. L'auteure insiste sur les styles et les effets du langage politique11(*). On a utilisé cet ouvrage afin d'analyser de façon plus précise les formes du discours et la rhétorique dans la communication politique moderne. Sur le discours, nous avons également consulté l'article de Joanna Jereczek-Lipinska, intitulé « De la personnalisation dans la communication politique : l'effet du « je » ». Cet article analyse l'impact des nouveaux outils de communication sur le discours politique et la communication politique en général mais aussi et surtout sur la façon dont le « je », introduit dans le discours politique, joue un rôle important sur la réception de celui-ci12(*).

    Sur les questions de marketing politique, nous avons lu plusieurs articles et ouvrages. La publication de Philippe J. Maarek, intitulée Communication politique et marketing de l'homme politique nous a beaucoup apporté pour la définition (compréhension ?) de cette notion qui fait partie intégrante de la communication politique moderne13(*).

    L'article de Maria Mercanti-Guerin, intitulé « Facebook, un nouvel outil de campagne : Analyse des réseaux sociaux et marketing politique », nous a éclairé sur les usages et l'utilité politique des réseaux sociaux, notamment de Facebook14(*).

    Sur les questions de politique en ligne, une des formes de la communication politique moderne, on a utilisé de nombreux articles15(*). Celui de Sophie Pene, intitulé, « Bloguer la politique », nous aura beaucoup servi pour l'analyse des nouvelles pratiques politiques et des nouveaux rapports entre électorat et personnalités politiques16(*). L'article de Michel Grossetti, intitulé « Communication électronique et réseaux sociaux », nous a aidé pour notre réflexion sur les nouveaux outils de la communication politique en ligne, et notamment sur la nouvelle influence des réseaux sociaux dans les sociétés contemporaines17(*). Sur la médiatisation des personnalités politiques (acteurs et stratégies), l'article d'Arnaud Mercier, intitulé «  La communication politique » nous a beaucoup appris sur les modèles de communication politique mais aussi sur l'évolution des dispositifs de communication dans le champ politique18(*).

    Le corpus d'analyse que nous avons utilisé pour l'étude du schéma traditionnel consiste en un ensemble d'archives vidéo. Dans un premier temps, nous avons utilisé un certain nombre de vidéos d'archives d'émissions politiques télévisuelles de L'INA afin de voir comment la structure audiovisuelle s'est progressivement imposée et a joué un grand rôle dans la structuration du schéma traditionnel19(*). Pour cette étude, nous avons analysé des vidéos allant des années 1960 aux années 2000. On a également eu recours aux grilles d'émissions des stations (RTL, groupe Radio France, Europe 1, RMC), qui constituent des terrains d'analyse très intéressants puisque les personnalités politiques utilisent encore abondamment les émissions radiodiffusées comme canal de diffusion d'idées et de médiation avec l'opinion. On a également analysé les sites Internet des partis politiques français, ces sites constituent un élément important de communication, puisqu'ils jouent le rôle de plateformes d'information, médiation et de mobilisation20(*). Pour cette analyse, nous nous sommes concentrés sur les sites du PS et de l'UMP, en se limitant à la période, Janvier-Avril 2011.

    Pour l'étude des réseaux Facebook et Twitter, nous avons essentiellement regardé un certains nombres d'échanges représentatifs. Nous avons étudié les « pages fan », les profils Facebook et les comptes Twitter de quelques personnalités politiques françaises, tous bords confondus21(*), en se limitant au nombre de quatre afin d'être plus efficace dans le travail d'analyse, l'étude portant sur la période allant de l'année 2007 jusqu'au mois d'Avril 2011. Cette analyse nous a beaucoup appris sur les différentes manières dont les personnalités politiques communiquent désormais en ligne. Nous avons par ailleurs noté des différences d'utilisation, mais malgré tout avec un but identique, celui de l'adhésion.

    Ensuite, nous nous sommes concentrés sur l'analyse de blogs de personnalités politiques, ces « journaux personnels en ligne » étant de bons révélateurs sur la façon dont les personnalités politiques s'assurent une présence sur le web. Pour cette étude, nous avons réduit notre analyse à trois blogs, ceux de François Bayrou, Xavier Bertrand et enfin celui de François Hollande.

    Enfin, nous avons regardé du côté des réseaux citoyens, la Coopol, Désirs d'avenir et les Créateurs du possible. Ces nouvelles plateformes jouent désormais un rôle essentiel dans la vie politique française, puisqu'elles permettent, de façon très large, de fédérer l'électorat. Nous avons également utilisé, dans une large mesure, sondages et études sur les pratiques, les habitudes des Français et des politiques sur le web et les réseaux sociaux. Afin d'éclairer cette analyse des nouvelles pratiques sociales et politiques de l'Internet 2.0, nous avons réalisé un entretien avec Benoît Thieulin, le 11 Avril 2011, afin de nous aider à mieux comprendre l'utilisation politique d'Internet22(*).

    Nous avons traité la question en trois chapitres. Dans le premier chapitre, nous avons abordé le sujet dans une perspective socio-historique afin de comprendre de quoi est composé le schéma traditionnel de la communication politique. Nous avons déterminé comment ce schéma classique est lié de façon très importante aux médias dits « traditionnels » et enfin comment il s'est progressivement installé et institutionnalisé pour prendre la forme que nous connaissons actuellement.

    Dans le second chapitre, nous avons étudié notre sujet par le prisme de la technologie. Nous avons vu comment la révolution numérique, progressivement intégrée au champ politique, a fait évoluer les pratiques et les formes de communication politique traditionnelle. Nous avons essayé de comprendre les nouveaux enjeux qui accompagnent le nouvel outil qu'est Internet et les modifications que ce média entraîne. Nous avons analysé également la façon dont les sites des partis politiques, véritables nouvelles plateformes d'information, font évoluer la façon dont la classe politique communique avec l'électorat, tout autant que les blogs, les chats et forums politiques.

    Enfin, dans le troisième chapitre, nous avons réfléchi sur le fait de savoir s'il s'agit d'une réorientation du modèle traditionnel ou, purement et simplement, de la fin du modèle traditionnel. L'influence des médias traditionnels a-t-elle connu un affaiblissement manifeste ou un simple déplacement, à cause du web. Nous avons poursuivi en tentant de voir si les nouvelles pratiques de communication qui se mettent en place avec les NTIC s'inscrivent dans une forme de continuité ou si, au contraire, elles constituent une rupture. Enfin, nous avons réfléchi sur les perspectives du modèle, son avenir, tout en établissant une remise en perspective globale.

    *

    Chapitre I : Le schéma de la communication politique traditionnelle en présentation.

    1) Un modèle structuré et médiatique : Construction et évolution du schéma traditionnel de la communication politique française.

    1.A) Hommes politiques et médias : La prédominance de l'appareil audiovisuel.

    Le schéma de la communication politique française s'est construit dans la durée et s'est figé peu à peu tout au long de la Ve république. En effet, le passage à la Ve république, en 1958, a considérablement modifié le jeu politique mais surtout les formes de communication entre personnalités politiques et électorat. Les années 1950-1970, constituent à cet égard une période décisive dans la fondation et la cristallisation du schéma puisque ces vingt années consacrent l'évolution d'un modèle. On passe selon Christian Delporte d'un modèle de « propagande », c'est-à-dire un modèle dans lequel le discours provient d'en haut pour arriver vers le bas (du politique à l'opinion, sans échange), à un modèle de « communication circulaire », dans lequel le discours politique remonte du politique à l'opinion avec des renvois22(*). C'est donc un modèle, dans lequel la personnalité politique s'est métamorphosée en « politique communicant » alors il n'était qu'un décideur23(*). La situation est donc inédite, mais ce qui constitue le fondement de cette évolution, c'est l'arrivée puis la diffusion progressive de la télévision dans les foyers français. En effet, la télévision s'impose comme le nouveau médium des masses. Avec son émergence, on assiste à la modification des formes de la communication politique en France. C'est au cours des décennies 1950-1970 que le poids de la structure audiovisuelle devient important dans l'interaction entre personnalités politiques et « l'opinion-électorat »24(*). C'est au cours de cette même période que se dessine puis s'installe le modèle que nous connaissons actuellement. Pour bien le comprendre, il est nécessaire de revenir sur les années qui marquent la naissance du schéma.

    Les années 1960 marquent un véritable tournant, puisqu'on est au carrefour d'une société découvrant une révolution culturelle importante (mouvement hippie, rock n' roll, pop art), politique (l'entrée dans la Ve république, guerre d'Algérie, la décolonisation des espaces coloniaux...) et technique (début de l'équipement des ménages en électroménager et arrivée de la télévision). Plus que tout, c'est l'entrée de la télévision dans la vie des français qui constitue la révolution sociale la plus importante puisqu'elle a une influence directe sur leur quotidien. La première moitié des années 1960 voit la télévision être utilisée par les politiques comme un outil de communication plus moderne que la radio. La deuxième moitié des années 1960 consacre la télévision comme le médium de masse et comme un lieu privilégié de l'échange politique25(*). Au même moment, les émissions politiques, les interviews face aux journalistes et les face-à-face télévisuels se développent et donnent l'occasion aux politiques de toucher un public plus large. En effet, cela s'avère plus efficace que la distribution de tracts, que les réunions publiques ou encore que le simple message radiodiffusé.

    La télévision est une révolution technique mais elle fait surtout partie d'une révolution plus large, celle d'une révolution sociale globale qui a un impact profond sur la strate politique et sur l'opinion26(*). La télévision cristallise un modèle de communication dit « médiatée », c'est-à-dire, un type de schéma qui s'appuie sur des supports pour véhiculer de l'information.27(*)

    En fait, pour bien compte de l'impact de la télévision sur les formes de communication et de diffusion d'informations, il est nécessaire de dire deux choses : la première c'est qu'il faut considérer que dès le départ, la télévision, mais les premiers médias techniques de façon générale, ont modifié les conditions du déroulement du jeu politique et font évoluer peu à peu le jeu démocratique28(*). La deuxième, c'est qu'on peut déjà faire un parallèle avec Internet en disant que la télévision au cours des années 1950-1970, comme le web à la fin du XXème siècle, a fait évoluer les pratiques de communication et de prise d'informations grâce à un nouvel outil technologique.

    Pour illustrer notre propos, nous utiliserons un exemple qui nous parait assez significatif de la réalité de l'impact de la télévision et qui montre comment la télévision s'est progressivement installée comme un média incontournable de la communication politique en France.

    C'est celui de la campagne de l'élection présidentielle de 1965, qui impliqua le Général de Gaulle et mis en évidence dans le paysage politique français la figure de Jean Lecanuet. En effet, cette campagne est d'une importance capitale dans la mesure où elle marque un premier tournant majeur. Cette élection rompt clairement le vieil équilibre, tout d'abord parce que c'est la première de la Ve République au suffrage universel direct et ensuite parce que c'est la première élection qui utilise la télévision comme un outil de communication. Christian Delporte le souligne habilement dans son écrit, « Pourvu qu'on sache la choisir et l'exploiter, elle représente un remarquable outil de notoriété nationale »29(*). Jean Lecanuet, très bon communicant, utilise la télévision de façon efficace ce qui lui permet de monter dans les sondages grâce à une élocution claire et un discours volontaire30(*). On le voit donc, ce nouvel outil constitue un enjeu considérable puisqu'il permet d'accroître sa notoriété à l'échelle nationale sur le plan politique. On perçoit également qu'il y a dans cette citation déjà des préoccupations très liées à l'idée de popularité. Lors de cette élection, Jean Lecanuet, qui apparaissait comme le candidat le moins solide, parvient à obtenir près de 16% des suffrages exprimés et provoque, grâce à son score, le ballotage du Général de Gaulle lors du second tour de l'élection31(*). Cette performance relativement impressionnante, Jean Lecanuet la doit à la télévision, qu'il a su habillement dompter pour développer une image tout à fait singulière, celle d'un candidat jeune, moderne et dynamique. Avec cette démarche, il propose une nouvelle image, on voit déjà qu'une nouvelle forme de communication politique se met en place. Désormais, l'homme politique doit séduire pour obtenir l'adhésion de l'opinion. Cependant, avant la télévision comme outil de communication, il y a eu d'autres moyens utilisés par les partis et les personnalités politiques pour susciter l'adhésion, nous faisons notamment référence ici à l'affichage, à la radio, aux tracts, au bouche à oreille ou encore aux envois de courriers en masse.

    Une question mérite d'être posée : pourquoi et comment la télévision s'est elle substituée à la radio et à l'affichage comme principal outil de communication politique ? Commençons par l'affiche électorale, qui constituait bien avant la télévision un outil important de la communication politique. Les affichages étaient importants puisqu'elles permettaient une diffusion plus large de l'image d'un candidat et, de fait, de contribuer à une certaine forme de l'occupation du terrain. En outre, ces affiches électorales étaient décisives puisqu'elles pouvaient mettre en scène un candidat avec un slogan sous ces affiches. Autre point important qu'il nous faut souligner, avant 1965, les affiches pouvaient être collées partout32(*), elles constituaient donc des atouts décisifs en terme de communication et de promotion. Avec la télévision, la donne change dans la mesure où ce nouveau média propose une nouvelle façon de consommer l'image.

    L'autre moyen, très utilisé par le passé et qui précède également la télévision, c'est la radio. La radio a également joué, pendant très longtemps, un rôle important, tout simplement parce qu'avec les journaux, la radio, constituait l'un des seul média pour accéder à l'information autre que les journaux et parce qu'elle permettait de toucher une audience plus large même si seuls les plus impliqués en politique écoutaient. C'est pourquoi bien avant les années 1950-1960, la campagne officielle se faisait essentiellement à la radio et qu'elle était très largement suivie par ce canal. De fait, la télévision supplante ces deux anciens modes de communication politique qui étaient devenus partiellement dépassés33(*).

    Cette nouvelle place de la télévision au sein de la communication politique s'explique pour plusieurs raisons. Premièrement, la radio et l'affichage apparaissaient comme de vieux modes de communication, la radio, parce qu'elle ne proposait pas l'image, alors que la télévision introduisait cette nouveauté. Elle modifie le regard que peuvent porter les Français. De plus, les affiches, parce que figées et muettes, ne cadrent pas avec la modernité intronisée par la télévision. La deuxième raison, une cause officielle et sociale car à partir de 1965, l'Etat accorde une place beaucoup plus importante à la télévision ayant constaté que le téléviseur devenait progressivement un outil très largement répandus dans les foyers34(*). En effet, la télévision devait, elle aussi, jouer le rôle de liant entre le pouvoir politique et l'opinion35(*). Enfin, la télévision permet de mettre en place un effet de personnalisation de la parole politique et met l'accent sur la personnalité d'un candidat36(*).

    On le constate, les nouvelles pratiques sociales des Français, poussent très largement l'Etat, par pragmatisme, à donner à la télévision une place centrale au sein de la société. C'est autour d'elle que se construit le schéma de la communication politique, mais c'est également autour d'elle qu'apparaissent des nouvelles façons de consommation de l'information. Pour autant, affirmer seulement que l'Etat a su adapter ce nouveau médium pour en faire son principal instrument de médiation, est partiellement faux. En effet, on ne pas occulter l'influence de la campagne américaine de 1960 et du débat télévisuel de cette même campagne. En effet, ce fût la première campagne électorale fût la première au monde à mettre en évidence le fait que la télévision pouvait être un fantastique outil de communication37(*). De façon générale, la télévision et l'idée qu'on se fait de ce nouvel outil, ont fait prendre conscience à la classe politique qu'il fallait changer la façon de communiquer avec l'opinion38(*). Ainsi, il y a de façon très importante l'idée diffuse d'un effet social de la télévision. Elle peut aider à influencer l'opinion. Ce nouvel outil est progressivement pris très au sérieux par les partis et les personnalités politiques qui réalisent que le symbolisme de l'image renvoyée occupe une place bien plus importante que par le passé. La télévision accompagne donc l'évolution sociale et politique que connaît la France à cette époque. C'est d'ailleurs en 1965 que la campagne officielle fait son entrée à la télévision, alors qu'elle se faisait habituellement uniquement à la radio.

    Par ailleurs, il est très important de souligner le rôle du Général de Gaulle dans la nouvelle place qu'occupe l'image télévisée au sein de la société française, puisqu'il fut l'un des premiers à avoir recours à la télévision de façon récurrente pour s'adresser aux Français. En outre, il est également celui qui en premier domestique l'image télévisuelle dans l'exercice du pouvoir. De Gaulle a très souvent eu recours à la télévision pour valoriser ses discours, les déclarations gouvernementales et son action politique39(*). Pour précisions, entre le 25 Janvier 1960 et le 25 Avril 1969, le Général de Gaulle a réalisé 53 allocutions ou entretiens radiotélévisées40(*).

    On le voit donc, une attention toute particulière est accordée à l'outil mais aussi l'image. Le basculement dans une société de l'image, matérialisée par le téléviseur est très marquée et pousse les personnalités politiques à s'en soucier. En effet, par volonté étatique, on assiste à un alignement et à une organisation autour des évolutions de la société française, la structure audiovisuelle se trouve donc au centre de cette organisation. Cette situation explique notamment, en partie, les évolutions politiques que décrivent les historiens, les politologues et les sociologues sur le basculement qui s'opère au cours des années 1950-1970. Celles-ci ont fait que l'on passe d'un modèle de communication « propagandiste », fermé et figé, à un modèle de «  communication politique », ouvert et axé sur l'interaction avec une plus grande partie de la population. L'exemple de l'élection de 1965 illustre un premier tournant décisif dans la communication politique moderne dans la mesure où cette élection marque l'heure de l'apprentissage de l'outil et intègre une nouvelle donnée, celle de l'image. C'est une étape importante puisque désormais la télévision constitue une clé de voûte du système politique et un levier non négligeable. L'émergence puis l'installation progressive de la structure audiovisuelle, comme nouveau médium, dans le champ politique devient le modèle de la communication politique.

    Pour témoigner de toutes ces évolutions dans les pratiques de médiation et dans le regard qu'on peut porter à l'objet télévisuel, prenons l'exemple d'un discours du Général de Gaulle41(*). En regardant une allocution datant de 1967 et diffusée au JT de 20h dans le cadre des élections législatives, il s'adresse directement et personnellement aux Français en les appelant de leurs votes afin de lui permettre d'avoir une majorité confortable au parlement pour travailler de façon cohérente avec son gouvernement. Cette intervention télévisée souligne deux choses importantes. La première, c'est qu'on voit que la télévision est déjà utilisée comme un outil de mobilisation électorale. La seconde c'est que par l'utilisation du média télévisuel pour une décision politique de cette importance on s'aperçoit qu'on accorde à la télévision un réel crédit. Il y a là la prise de conscience du rôle de la télévision sur l'opinion. On le voit donc, la télévision devient indispensable à la communication politique. On comprend mieux pourquoi les émissions politiques obtiennent progressivement un succès important auprès de l'opinion publique au cours des années 1960-1970.

    Les émissions politiques à la télévision se développent et passionnent peu à peu les Français. Il y a une certaine logique car les émissions se trouvent finalement dans le prolongement de la structure qui se met en place, l'évolution technique s'est doublée d'une évolution sociale et politique qui a mis en lumière de nouveaux enjeux tout à fait inédits, au centre desquels on trouve l'image télévisuelle et les nouvelles formes de communication. En ce sens, on peut justifier le fait que les émissions politiques constituent le nouvel espace choisi où les personnalités politiques viennent s'exprimer. Ces émissions existaient bien avant les années 1960 mais elles occupent une place croissante dans la communication entre personnalités politiques et électorat au cours de ces années42(*). Cette nouvelle place attribuée aux émissions politiques s'explique aussi par le fait que les ménages français disposent de plus en plus d'un téléviseur et que celles-ci proposent une façon nouvelle de formuler un discours et d'interagir avec les Français. Il faut donc voir que les personnalités politiques s'adaptent aux évolutions techniques, politiques et sociales. Ainsi il devient nécessaire de modifier la façon dont on communique. Les premières émissions politiques à être très suivies du public datent très précisément de 1965. Elles prennent la forme d'émissions diffusées en direct ou en différés et sont strictement réglementées. On citera notamment en exemple les émissions «  Tribunes libres politiques » ou encore « Face à l'opinion »43(*). Précisons également, qu'au départ ces émissions sont faites pour la campagne électorale, c'est-à-dire qu'elles servent à la promotion d'un candidat auprès de l'opinion, elles sont donc pensées pour établir une égalité de fait entre les candidats. La pratique la plus courante au cours de ces émissions était celle de l'interview assistée d'un journaliste, qui permettait d'installer plus de dynamisme qu'un simple discours face à une caméra. D'ailleurs, encore aujourd'hui l'interview politique reste une pratique très répandue même si les émissions de plateaux restent dominantes et bien plus regardées44(*).

    La première des émissions politiques à remporter un grand succès auprès du public est celle de Jean Farran, Face-à-face, en 1966. Cette émission est construite autour d'un concept simple : une personnalité politique est confrontée à une autre personnalité politique lui étant idéologiquement opposée ou à un groupe de journalistes. Cette émission plutôt « polémique » a eu pour effet d'acclimater de plus en plus les membres des partis politiques à la télévision. On le voit donc, la campagne de 1965 constitue la première grande étape du système « politico-médiatique » qui se met en place. Les émissions télévisées constituent une autre étape d'une importance capitale pour l'opinion et la sphère politique. En ce sens, l'image télévisée introduit une nouvelle image du politique, il devient proche du peuple, par son comportement et n'hésite plus à aller débattre et à répondre directement aux questions qu'on lui pose et on est en plein dans la persuasion sur le terrain médiatique45(*).

    En effet, cette persuasion passe par le jeu de l'image et une forme de séduction. Toutes ces émissions politiques introduisent des formes et des modes d'expression neufs, mais elles contribuent également a faire de la politique, une «  politique-spectacle », c'est-à-dire, que la théâtralisation du débat politique qui fonctionne et cadre bien grâce au nouvel outil télévisuel, se situe dans le prolongement des nouvelles formes d'adhésion au discours qui se construisent. Sur l'importance de la télévision dans la structuration du schéma traditionnel, Christian Delporte apporte un éclairage très pertinent quand il affirme que « les années 1970, sont décisives puisque ces années sont une étape importante dans la massification de l'image politique et place définitivement la télévision au centre du dispositif »46(*).

    Les années 1970, installent définitivement le débat politique à la télévision tandis que les téléviseurs deviennent de plus en plus un objet banal dans les foyers français47(*). Mais au cours des années 1970, les formes d'émissions changent et on distingue alors essentiellement deux types d'émissions s'imposer : le face-à-face sur un sujet d'actualité et l'interview journalistique. Ces deux types d'émissions, nous le voyons n'innovent pas dans la forme mais elles agrègent autour d'elles une audience bien plus importante qu'au cours des années 1960 et ont des effets bien plus importants sur l'opinion publique. De fait, les personnalités politiques accourent pour y assister48(*). Ces émissions sont intéressantes à analyser puisqu'elles permettent de mettre en lumière certains aspects du discours politique, le champ télévisuel lui apporte une autre dimension et montrent à quel point, nous y revenons encore, la séduction y joue un rôle essentiel. Pour bien souligner le rôle décisif de ces émissions sur l'opinion, prenons l'exemple du débat de 1974 qui opposa V. Giscard-d'Estaing à F. Mitterrand. Lors de cette émission V. Giscard d'Estaing s'affirme et gagne la bataille de l'image face à Mitterrand. Au terme de cette émission, V. Giscard-d'Estaing parvient à se faire élire et continue à cultiver l'image d'un homme politique moderne, proche du peuple et volontaire49(*). Enfin, plus proche de nous cette fois-ci, mais le parallèle est saisissant avec le débat de 1971, celui qui opposa N. Sarkozy à S. Royal en 2007, a très largement mis en évidence la personnalité du candidat de l'UMP qui au cours de l'émission a été jugé par l'opinion, bien plus convaincant. Il a donc gagné la bataille de l'image50(*). Enfin, un troisième type d'émissions fera son apparition au cours de la décennie 1970-1980. Ce sont les émissions où le responsable politique répond directement aux questions posées par les Français sur le plateau. Ce type d'émissions est un exercice périlleux qui peut avoir des effets négatifs en termes d'image si celles-ci sont mal négociées mais elles demeurent néanmoins très appréciées51(*).

    Enfin, au cours des années 1970-1990, le journal de 20h est devenu définitivement l'endroit le plus efficace. La raison est simple, il constitue l'un des plus fort taux d'audience de la télévision, ainsi, il ne peut être négligé. Le journal télévisé devient selon l'expression, «  Le premier levier de l'image politique » et sert très largement à la mobilisation52(*).

    Finalement, on dira que ces années ont définitivement érigées la télévision comme l'outil par excellence de la médiation politique et que progressivement un nouveau rapport se met en place. Entre 1965 et 2011, la théâtralisation de l'image politique s'est effectuée de façon croissante.

    1.B) Opinion publique et sondages.

    Au cours des années 1960-1980, on attribue une nouvelle place à l'opinion publique. Comme le souligne Christian Delporte, «  on passe du temps des masses à celui de l'opinion publique », cela constitue une nouveauté très importante53(*). Ajoutons à cela, qu'il faut considérer que l'arrivée et l'influence des médias sur l'opinion instaure un rapport et un regard neuf entre politique et opinion publique. Précisons que c'est la nouvelle conception de l'espace publique, désormais perçu comme un vaste marché concurrentiel qui pousse à l'émergence puis à la généralisation progressive de nouveaux outils tels que les sondages et les enquêtes d'opinion pour mesurer les effets d'un discours, d'une image, d'une décision54(*).

    Le sondage fait partie intégrante du triptyque de la communication politique moderne. En effet, celui-ci se fonde sur l'échange de trois acteurs, les hommes politiques, les médias et l'opinion publique, l'interaction entre les trois acteurs est une condition déterminante du fonctionnement de la nouvelle démocratie55(*). Depuis la présidence du Général de Gaulle, et l'intronisation de l'image dans le dispositif politique, on s'interroge sur l'effet de l'image sur l'opinion publique, tout en intégrant l'idée que la séduction par l'image devient indispensable. Ainsi, pour répondre à toutes ces interrogations, il fût nécessaire d'avoir recours à de nouveaux outils, notamment, celles de mesure de l'opinion. Ce qui se passe c'est qu'on assiste, selon l'expression, à la construction d'une « industrie politique »56(*). En réalité, le recours aux sondages devient quasiment obligatoire puisqu'ils permettent de voir l'évolution de l'opinion et cadraient parfaitement avec le nouvel outil en pleine expansion, la télévision.

    Ces enquêtes fonctionnent sur un principe simple : les instituts de sondages constituent un échantillon censé être représentatif d'une certaine couche ou de toutes couches de la population. Ils posent différentes questions relatives à un sujet donné puis analysent de façon quantitative et qualitative l'état d'esprit, le positionnement, les interrogations ou les intentions de l'ensemble de la population ou d'une population à un moment donné57(*).

    En effet, au cours des années 1960, les sondages appliqués à la politique, apparaissent comme l'émanation d'une conception publique. La généralisation des sondages correspond à une logique de surveillance de l'opinion, celle-ci, naît de facteurs combinés. D'abord, de l'influence de l'appareil audiovisuel et de l'idée qu'il constitue un outil d'échange entre hommes politiques et opinion. Puis du fait que les années 1960 coïncident avec deux phénomènes majeurs, d'une part, la personnalisation de la vie politique française et d'autre part, les premières années des élections du Président de la République. Puis, il existe progressivement une adéquation entre le monde politique, qui a besoin de mesurer l'opinion, et celui des sondages, qui constituent les outils de mesure de cette opinion. Enfin, les média français, qui relaient l'information dans leurs colonnes, apprécient énormément les enquêtes d'opinion. En fait, les premiers à pousser dans le sens d'une mesure de l'opinion sont les publicitaires, qui assistent les personnalités politiques lors des campagnes électorales.

    Les tous premiers sondages sont apparus autour de la seconde guerre mondiale par l'impulsion de Jean Stoetzel, fondateur de l'IFOP. Ils n'étaient pas au départ appliqués à la politique58(*). Les premiers sondages, ou « baromètres politiques », destinés à la politique sont des commandes du pouvoir à L'IFOP et datent de 1963. Ils sont dans un premier temps commandés pour mesurer la popularité du Président de la République, puis celle du Premier Ministre et enfin mesurent l'opinion sur les actions menées ou à mener59(*). A partir de 1965, les sondages sont commandés pour mesurer l'impact des émissions politiques télévisuelles. C'est au cours des années 1960 que les techniques de mesures d'opinion appliquées à la politique se multiplient et prennent de plus en plus d'ampleur au sein de la société française60(*). En effet, les sondages politiques sont pratiqués régulièrement en France. Désormais il y a une prise de conscience que ces outils de mesures peuvent clairement avoir un impact sur l'opinion et jouer en faveur des personnalités politiques valorisées par ces sondages. D'ailleurs, c'est au cours des années 1970 que plusieurs critiques sont adressées sur ces pratiques et que le problème de l'impact de ces sondages sur l'opinion publique trouve un écho important61(*). C'est également au cours des années 1970-1990 que se multiplient les instituts de sondages privés62(*). Pour illustrer l'inquiétude relative à l'importance croissante des sondages et des dangers qu'ils peuvent provoquer, il y a en 1977, une décision prise dans le sens d'une plus grande régulation et d'une limitation de leur influence par le biais d'une loi, celle du 19 Juillet 197763(*). Cette loi interdit les sondages la semaine précédant un scrutin afin de ne pas influencer l'opinion et prévoit la création d'une commission des sondages. On le voit, dès les années 1970, l'impact des sondages sur l'opinion est avérée, on comprend ainsi aisément ces sondages deviennent de plus en plus répandus. Pour autant, cette loi ne limite en rien la prolifération des sondages puisque les années 1980, institutionnalisent la pratique des sondages politiques et leur influence sur l'opinion publique va en augmentant de façon considérable64(*). En effet, en l'espace de vingt ans les sondages ont occupé une place si importante qu'une législation fût nécessaire pour en réguler la publication et la diffusion. Le succès croissant de ces sondages auprès de l'opinion au cours de ces années ne peuvent s'expliquer que par le fait que les puissants médias traditionnels (télévision, radio et presse) ont très largement relayé ces sondages et ont participé au conditionnement de l'opinion. A cela, ajoutons que les sondages constituent également pour la télévision une boussole utile65(*). En fait, les sondages ont été progressivement imbriqués dans le système médiatique, qui est parallèle à celui de la communication politique. Ainsi, on comprend mieux par quels moyens ces nouveaux outils ont rencontrés un succès si important auprès de l'opinion publique.

    Revenons sur les critiques adressées à l'endroit des instituts de sondages. Les sondages font l'objet de critiques virulentes quant à l'influence qu'ils peuvent avoir sur l'opinion publique mais aussi à cause du fait qu'ils sont commandés et qu'on peut donc s'interroger sur la véracité des résultats présentés. Par exemple, en 1995, la commission des sondages s'inquiétait, dans un de ses rapports, de la façon dont ces sondages pouvaient être présentés et sur le fait que les médias, par leurs biais, faisaient du sensationnalisme et créaient une sorte de système de compétition entre les concurrents.

    Pour illustrer notre propos sur les critiques adressées à ces instituts, prenons un exemple récent, celui de l'élection présidentielle de 2002. Le 21 Avril 2002, la France est abasourdie lorsqu'elle s'aperçoit que le candidat du Front National, Jean-Marie Le Pen, arrive au second tour de l'élection présidentielle. En effet, cette élection a cristallisé les critiques autour de l'effet des sondages sur l'opinion publique et sur l'impossibilité des instituts de sondages à prévoir le candidat du Front National au second tour de l'élection. De fait cela pose la question de la valeur des résultats exprimés dans ces sondages. Les quatre grands instituts de sondages français (IFOP, CSA, BVA et IPSOS) donnaient tous un second tour opposant le candidat socialiste de l'époque, Lionel Jospin, au candidat UMP, Jacques Chirac. Par exemple, le sondage du 10-11 Avril 2002 du CSA accréditait 21% d'intentions de vote à Jacques Chirac, 19% à Lionel Jospin et seulement 12% à Jean-Marie Le Pen ; un autre sondage de l'institut BVA du 10-13 Avril 2002 accréditait respectivement 18,5%, 18% et 14% d'intentions de vote. Celui de L'IPSOS du 17-18 Avril 2002 les accréditait respectivement 20%, 18% et 14% d'intentions de vote et enfin celui de l'IFOP du 13 Avril 2002 les accréditait respectivement 20%, 18% et 13% d'intentions de vote66(*). On voit donc que tous les sondages d'opinion réalisés environ une dizaine de jours avant le scrutin montraient le candidat du Front National perdant lors du premier tour de l'élection présidentielle. Ce qui amène à poser la question suivante : Quelle valeur accorder à ces outils ?67(*)

    Cet exemple montre deux choses importantes. La première est que les sondages montrent leur limite dans la mesure où ils n'ont, dans le cas présenté, pas su refléter la réalité des intentions de votes des Français. La seconde est que les médias traditionnels, qui relaye à outrance les résultats de ces sondages, ont très certainement joué sur les indécis et ont largement favorisé l'abstention au cours de ce premier tour de l'élection. La structure médiatique a-t-elle joué un rôle dans cette situation, les débats restent encore ouverts aujourd'hui. Par ailleurs, la présence au second tour du candidat du front national questionne sur les commandes et les financements des sondages émanant d'instituts privés68(*).

    Pour autant, on ne peut pas nier le fait que dans le schéma traditionnel de la communication politique, les sondages constituent clairement un outil nécessaire. Ils permettent de juger de l'impact d'une image, d'un discours ou d'une action politique. D'ailleurs, le nombre de ces sondages a continué d'augmenter de façon très importante à partir les années 1980. D'après une étude du site Internet, Ipsos.fr, la France est un des pays au monde où l'on publie le plus de sondages politiques. En outre, cette étude montre que les médias français font partie de ceux qui relaie le plus ces sondages. Cette étude illustre donc parfaitement la place que les sondages occupent dans la société française.

    La méthodologie du sondage a beaucoup évolué. Au départ ils étaient réalisés par téléphone puis progressivement ils ont évolués au cours des années 1980-1990 pour s'effectuer sur papier, puis minitel avant d'arriver sur le web. Avec le web, le schéma traditionnel évolue et modifie encore un peu plus la façon dont les sondages sont pratiqués69(*). En réalité, plus qu'une révolution, le web propose une évolution du schéma traditionnel et permet d'étendre les panels70(*).

    La multiplication des sondages et le poids qu'ils prennent au sein de la société française au cours des années 1960-1990 poussent les politiques à faire de plus en plus attention à leurs images et à mettre en place des stratégies de communication pour tenter d'orienter ou d'affiner leurs attitudes et leurs discours. Ainsi, voit-on, en parallèle de l'installation de nouveaux outils, l'émergence du marketing politique en France qui répond à une logique de maîtrise de l'image et du discours.

    1 C) Le marketing politique : Maîtrise de l'image, personnalisation du discours et séduction de l'opinion.

    Le marketing politique fonctionne sur un principe relativement simpliste qui consiste à déterminer les attentes des électeurs ou d'un groupe d'électeurs par le moyen de sondages ou de groupe de réflexions composés de panels d'électeurs cibles, pour ensuite construire une politique qui correspondra à aux attentes de ceux-ci et incitera au vote71(*). Dans un tel système, les personnalités politiques ne sont donc plus seulement élues pour leurs idées mais tout autant pour ce qu'ils représentent. Les personnalités politiques s'inscrivent dans une stratégie politique. Le marketing politique s'appuie sur des études pour créer la campagne électorale la plus en adéquation avec les études menées72(*).

    L'émergence du marketing politique en France se fait en parallèle du développement de la télévision, et de la construction de l'appareil médiatique. Celui-ci s'effectue sous la conduite des publicitaires qui accompagnent les hommes politiques dans les évolutions qui se mettent en place et proposent la mise en place de « plans média » afin de rallier l'opinion à une image qu'on identifie par la suite à un projet politique73(*).

    En effet, les publicitaires, professionnels dans la maîtrise de l'image et du discours, rejoignent les personnalités politiques à cause du poids important de la télévision dans le schéma de la communication politique74(*). Le rôle des publicitaires est tout simplement essentiel puisqu'ils se chargent de réfléchir sur les formes de communication à adopter. Les politiques, eux, s'occupent de fédérer en fonction des conseils qu'ils reçoivent. Autrement dit, le rôle des publicitaires est de conseiller, de proposer la meilleure façon d'interagir avec l'opinion, ils préparent le terrain en imposant les sondages comme baromètre afin d'indiquer la feuille de route aux politiques75(*). La multiplication des émissions politiques télévisuelles, la retransmission des discours officiels constitue autant un terrain fertile pour séduire l'opinion qu'une contrainte parce que cela oblige les politiques à devoir maîtriser le nouvel outil pour en tirer le meilleur parti76(*).

    Ce qui s'institutionnalise, c'est la prise de conscience que l'image joue un rôle décisif sur l'opinion et qu'il faut la maîtriser. Dans le même temps, cette évolution généralise le basculement vers une personnalisation du discours. Les deux transformations sont décisives dans le schéma de la communication politique puisqu'elles conditionnent tout et c'est autour de ces deux éléments que se fige l'ensemble du schéma.

    Pour bien comprendre les évolutions de la production du discours politique, il est nécessaire de préciser que celui-ci, n'est pas unique. Il en existe plusieurs variétés et varie en fonction des conditions. En effet, la variété des formes du discours montre qu'il existe, de fait, plusieurs façons de faire de la politique et de s'exprimer en politique. Ainsi, Robert Hariman distingue quatre styles, avec chacun des caractéristiques propres à chacun : il distingue le style réaliste, le style courtois, le style bureaucratique et le style républicain77(*). Le style réaliste est celui qui s'est imposé et qui prédomine encore très largement. Son importance est décisive sur l'image, ce style s'attache à mettre l'idéologie au second plan et valorise le discours comme pragmatique et ancré dans le réel.

    Pour illustrer l'importance exacerbée de l'image et de la production du discours en politique utilisons un exemple. La campagne électorale de Valéry Giscard d'Estaing de 1974, marque un tournant important parce V.G.E est véritablement le première homme politique à utiliser les médias pour théâtraliser son action politique. En effet, lors de la campagne électorale de 1974, la télévision est un objet banal dans les foyers français et l'importance de l'outil dans la communication politique n'est plus à démontrer dans la mesure où la télévision devient le premier moyen d'information des Français78(*). Pour autant, à partir de cette élection, ce qui change véritablement c'est que la forme devient tout aussi importante que le fond pour l'opinion publique. Le candidat de la droite, parvient lors de cette campagne à imposer l'image d'un candidat moderne et proche des gens, loin de celle d'un bureaucrate éloigné des préoccupations du peuple. Lors de cette élection, un élément a très largement contribué à faire de V.G.E, un personnage médiatique79(*). Cet élément c'est le débat télévisuel qui l'oppose à François Mitterrand, un débat intense, dans lequel très clairement, V. Giscard d'Estaing a su imposer son rythme et son image. A la toute fin de l'émission, il rétorque au candidat socialiste, qui restera dans les mémoires : «  Vous n'avez pas le monopole du coeur »80(*). Cette émission montre deux choses importantes. La première, c'est que la forme du discours joue un rôle au moins aussi important que son contenu. La seconde c'est que lors de ce débat, le candidat de la droite a clairement remporté la bataille de l'image.

    L'apparence médiatique est désormais privilégiée et un enjeu considérable. Cela se vérifie

    dès le lendemain dans les sondages81(*). Une fois élu, Valéry Giscard d' Estaing poursuit dans la même direction et utilise dans une très large mesure la télévision comme mode de « promotion », il participe notamment à un nombre important d'émissions où il est régulièrement invité. La maîtrise de l'image est donc devenue essentielle si bien que les sondages interrogent désormais sur l'impression que laissent les candidats après un passage télévisuel et beaucoup moins sur les idées qu'ils peuvent formuler. Le marketing politique, en tout cas tel qu'il évolue au cours des années 1970, attribue donc une place centrale à l'image mais attribue également une nouvelle place au discours, moins importante. Les années 1970-1980, finissent de faire de personnalisation un modèle de communication. L'image tout comme la production du politique se simplifie et se banalise. Il y a donc une mutation simultanée de l'image et du discours, mutation qui fixe le schéma actuel de la communication politique.

    Concrètement, on bascule dans une société où les personnalités politiques utilisent davantage le «  Je » pour exprimer des idées, plutôt que le « Nous ».82(*) Pour illustrer ce propos, on peut prendre en exemple un très grand nombre d'émissions auxquelles Valéry Giscard d'Estaing participe à partir de 1977, au cours desquelles sa parole devient de plus en plus personnelle. Par exemple, dans le magazine « L'Evénement » de la chaîne TF1, datant du mois de Janvier 1977, on le voit commenter personnellement des séquences liées à la condition féminine. Il participe également en Janvier 1977 à une émission spéciale « Des Dossiers de l'écran » où il répond à un panel de 60 Français. Lors de cette émission, les 60 Français sont répartis en 12 tables, Valéry Giscard d'Estaing se rend vers eux, l'un après l'autre, leur répondant directement en face à face83(*). Cette dernière émission illustre parfaitement à quel point le jeu de l'image et du discours sont liés et comment on à partir des années 1970, la structure audiovisuelle fait de la politique, une sorte de « politique-spectacle ». Une nouvelle façon de faire de la politique, naît entre autres, de l'influence du marketing sur les formes de la médiation.

    Prenons un autre exemple. Regardons un extrait de l'émission de la campagne électorale du premier tour de l'élection présidentielle de 1974, Valéry Giscard-d'Estaing participe le 22 Avril à la traditionnelle émission télévisuelle dans laquelle, regard face caméra, seul et sans journaliste il s'adresse directement aux Français84(*). Au cours de sa prestation, le candidat s'exprime exclusivement en ayant recours à l'emploi du « je ». Le candidat présente aux téléspectateurs sa vie personnelle, l'endroit où il a grandit, son parcours, s'épanche même sur son éducation, sa formation et son activité gouvernementale. Pendant cette émission, Valéry Giscard-d'Estaing parle de lui, comme il le ferait face à des amis et présente l'image d'un homme simple, travailleur et volontaire. Ce type d'émissions est très intéressant à analyser dans la mesure où on voit que Valéry Giscard-d'Estaing s'inscrit dans une tradition médiatique normée et théâtralisée mais qu'il impose dans le même temps un style personnel85(*). On voit également, à travers cette émission théâtralisée, que la maîtrise de l'image et du discours est au centre du dispositif et que, les évolutions provoquées par le marketing politique sur l'image et la personnalisation du discours, sont très visibles au cours de cette prestation télévisuelle.

    Enfin, utilisons un dernier exemple, plus récent cette fois-ci, pour montrer l'évolution de l'importance du marketing politique en France au cours des années 1960-1990. Regardons la campagne électorale de 1995, qui constitue à cet égard un bel exemple dans la mesure où le schéma traditionnel de la communication politique est déjà bien ancré. Au cours du premier tour de cette campagne électorale, comme lors de précédentes élections de la Ve République, le candidat J. Chirac n'hésite pas à se déplacer très régulièrement sur le terrain, accompagné des caméras de télévisions. Il multiplie les meetings où il se met en scène, il use d'un discours volontaire et très médiatique, dans lequel le sens de la formule a son importance. Cette démarche, très médiatique dans l'esprit, fonctionne puisque les médias se focalisent sur sa personne et en résulte une montée croissante de sa popularité dans les baromètres d'opinions86(*). On le voit à travers cet exemple, l'importance du marketing dans la sphère politique en France est devenue un enjeu considérable. Ainsi, le poids qu'il occupe pose aussi un certain nombre de problèmes, tout autant que les sondages.

    On a vu que le schéma traditionnel de la communication politique s'est très largement construit au cours de la seconde moitié du XXème siècle et autour de l'outil audiovisuel, a permis un certain nombre de mutations importantes. En effet, le poids grandissant qu'occupe la télévision dans la vie politique française additionné au fait, qu'à partir de 1958, on assiste à un basculement dans d'un nouveau régime politique, pousse les hommes politiques à modifier les façons d'interagir avec l'opinion. La prise de conscience de l'existence d'une opinion publique qui compte, conditionne aussi d'une certaine façon cette nouvelle façon de communiquer. Il faut donc désormais s'appuyer sur de nouveaux outils, dont le sondage ou le marketing politique, fait de cette opinion publique, un acteur central du processus. L'émergence du sondage et l'importance qu'il occupe dans la société souligne l'idée d'une réelle préoccupation de la perception de cette opinion.

    Le marketing politique, qui émerge parallèlement à la télévision, joue également un rôle important dans toutes ces évolutions. Le marketing politique s'installe puis s'institutionnalise progressivement puis contribue à l'organisation du schéma, qui se construit autour de l'appareil audiovisuel au cours des décennies 1960-1900.

    Bien avant l'arrivée du web à la fin du XXème siècle, la sphère politique réfléchi à changer sa façon de communiquer avec l'opinion, l'arrivée de l'Internet, d'abord comme un nouvel instrument d'information puis de communication entre les hommes marque une étape importante et ne fait que confirmer cette tendance.

    *

    Chapitre II : La «  révolution » numérique. Emergence d'un nouveau médium et de nouveaux enjeux.

    2) Le web 2.0, nouvel espace de communication : Apparition de nouvelles pratiques et de nouvelles formes de sociabilités.

    2.A) L'intronisation du web 2.0: Une évolution décisive dans les modes de médiation entre sphère politique et opinion.

    L'expression «  web 2.0 » désigne le nouvel Internet qui s'est mis en place à partir des années 2003-2004. L'expression fût dans un premier temps employée par Dale Dougherty en 2003 puis théorisée et diffusée par Tim O'Reilly à partir de 200487(*). Au cours de l'entretien que nous avons mené en compagnie de Benoît Thieulin, celui-ci nous a livré sa définition du web 2.0. Pour lui :

    «  Le Web 2.0, c'est le web social. C'est le web pris sous l'angle des activités que l'on peut faire dans ce nouvel espace social. Il vient compléter le «  web 1.0 », dans lequel on voyait une logique essentiellement informationnelle. Il met en oeuvre des activités sociales au sens large du terme, qui passent par de l'interactivité plus prononcée, des productions de contenus plus importantes et une logique d'échanges à grande échelle »88(*).

    On le voit à travers cette définition, le web 2.0 offre un potentiel d'interactivité accrue entre les hommes. En réalité, ce qu'il faut voir dans ce nouvel espace qu'est le web 2.0, c'est le passage d'un web statique, à un web en mouvement et d'échanges. Cette évolution témoigne d'une part, d'une évolution technique de l'outil et d'autre part, d'une évolution sociologique. Cette nouvelle forme que prend l'Internet cadre finalement avec le champ politique puisqu'il met sur le même plan l'idée d'un échange perpétuel entre les hommes et celle d'une circulation des informations à petite, à moyenne ou à grande échelle. Ce qui change littéralement avec le web 2.0, c'est l'idée d'un citoyen actif et bien plus impliqué par le passé. On passe d'une situation où le citoyen était surfeur à celle où il se mue acteur. Cette évolution force le monde politique à s'adapter89(*). Tout comme la télévision, l'utilisation croissante du web dans la communication politique s'est faite progressivement. Comme bien souvent, les citoyens ont, dans un premier temps, adopté de nouvelles pratiques d'utilisation du web puis la sphère politique a suivi la cadence. Il faut donc comprendre que, les personnalités politiques, tout comme les citoyens, déclinent sur le web 2.0, des attitudes et des pratiques présentes dans le monde analogique. A cet égard, Benoît Thieulin confirme cette logique lorsqu'il explique que : « Dans le web 2.0, Internet se reconnecte à la vie réelle. En réalité, on assiste beaucoup plus à une déclinaison des activités analogiques dans le monde numérique »90(*).

    On le voit, si les pratiques évoluent, c'est dû au fait que la société évolue dans le même temps. De plus, ce qui évolue également, ce sont les formes et les pratiques de la démocratie. Ainsi, le débat politique connaît, lui aussi, une transformation91(*). Ainsi, le passage au numérique permet une plus grande liberté de la société et des modes d'expression et de médiation différentes.

    Ainsi, l'émergence dans les années 2003-2004 de pratiques nouvelles sur le net se trouve dans le prolongement de ce qui se faisait dans le schéma traditionnel avec les vieux médias. En fait, les outils de l'Internet 2.0 sont porteurs de valeurs de proximité et de participation. Cela a en effet rapidement intéressé les politiques. C'est de cette nouvelle tendance, composée notamment d'échanges beaucoup plus importants, qu'est né ce qu'on appelle le «  web politique ». Il faut voir que celui-ci ne fonctionne que grâce à la conjugaison de la sphère politique et de l'électorat. Pour le définir, « le web politique », c'est avant toute chose, des pratiques, à savoir, celles de s'appuyer sur les NTIC pour faire de la politique. Avec ce nouvel objet est né un nouvel espace d'expression, social et démocratique.

    Désormais, l'opinion, qui se mue en internaute, utilise la plateforme Internet pour réfléchir en communauté, se faire une opinion et donner son avis sur la politique. On peut voir à cet égard l'émergence des forums politiques ou encore des Think Tank, qui se proposent de parler ou de réfléchir politique en ligne de façon indépendante et libre. Avec l'arrivée du « web politique », s'installe, une nouvelle façon de faire de la politique, on l'a qualifie généralement de «  politique 2.0 »92(*). Le web permet une chose neuve, celle de donner plus de pouvoir aux citoyens par le fait que le nouvel outil technique lui permet d'avoir un réel impact sur les décisions politiques et sur les stratégies de communication qu'adoptent les partis et personnalités politiques mais aussi de renforcer la sphère politique. Ainsi, le web 2.0 parvient, dans une certaine mesure, à mettre à un même niveau les politiques qui l'utilisent pour fédérer comme jamais auparavant et les citoyens, qui l'utilisent pour débattre, se mobiliser ou encore pour se forger ou conforter une opinion politique.

    Benoît Thieulin confirme cette analyse quand il affirme « (...) C'est que cela (Internet) redonne du pouvoir à la société mais cela permet également à la politique de pouvoir restructurer des organisations que personnes n'avait réussit à fédérer jusque là. Donc Internet redonne du pouvoir aux gens mais cela permet aussi de donner du pouvoir aux hommes politiques »93(*). Cette répartition plus équitable des pouvoirs, qu'on observe, est également un pan de la « politique 2.0 ».

    L'émergence de cette nouvelle forme du web bouscule les habitudes des partis et celles des personnalités politiques qui avaient fait de la télévision leur espace de communication préféré et doivent désormais se réadapter à l'outil, comme ce fût le cas avec la télévision.

    Il y a également dès les années 2003-2004, l'apparition de nouveaux enjeux politiques dans la mesure où l'évolution de la forme du web implique, de fait, la prise de conscience d'établir de nouveaux rapports. Les nouveaux rapports qui s'établissent s'effectuent avant dans un premier temps entre internautes, puis plus tard, entre sphère politique et internautes, on évoque alors l'émergence d'une « démocratie électronique »94(*). Cette expression souligne le fait que le numérique permet d'une part, un accroissement des libertés personnelles et collectives et d'autre part, de donner à la démocratie une autre forme au sein de laquelle le citoyen occupe un rôle beaucoup plus important que par le passé. Autant que les pratiques, c'est aussi et surtout les moyens d'information et de médiation qui évoluent, et octroie dans le même temps au « citoyen-électeur »un nouvel outil pour agir de façon efficace au sein de la société95(*).

    Concrètement, les balbutiements de la pratique politique de l'Internet en France se situent aux alentours de l'année 2004. Mais celle-ci se développe bien plus après cette première étape. D'après une étude de la Sofres, à partir de l'année 2009, 30% des Français ont une pratique politique d'Internet96(*).

    En France, l'entrée intense d'Internet dans le domaine politique date de 2005 avec le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen (T.C.E), qui a vu le « non » l'emporter grâce à l'influence du web. Lors de notre entretien en compagnie de B. Thieulin, celui-ci explique également ce que cette campagne a permise d'introduire : « Lors du référendum sur la constitution européenne de 2005, plusieurs débats (à partir de fin 2003-2004) précédant le référendum se sont fait sur Internet. Le débat public s'est joué sur Internet lors de cette période. Cela fait donc déjà 6-7 ans que le web est devenu un véritable outil de médiation politique. On sait, on a pris conscience qu'Internet est devenu un lieu de médiation politique fort »97(*).

    L'exemple du T.C.E illustrer parfaitement l'idée qu'il y a à partir de ce moment un tournant majeur dans l'histoire du web politique, le débat politique commence de plus en plus à s'effectuer sur le net. La raison principale de cette évolution s'explique par le fait que le web, par les outils qu'il offre permet de donner une nouvelle résonance au débat politique. En effet, le web permet, bien plus que la télévision et la radio, de s'exprimer librement et de confronter les points de vue.

    Les hommes politiques se sont rapidement rendu compte du fait qu'il y avait un bouleversement qui s'est opéré avec le net dans le rapport de l'opinion à l'information politique. Ce tournant fait du web désormais un outil potentiel de médiation politique, que les personnalités et que les partis politiques investissent peu à peu. D'autre part, il permet d'avoir sur la politique un effet réel, c'est ce que souligne B. Thieulin au cours de notre entretien, « [Pour] la première fois dans l'histoire... Le web a changé la donne politique dans un pays, c'est en 2005 et c'est en France lors du traité sur la Constitution Européenne(...) »98(*). C'est donc à partir de l'année 2005 que le web politique français connaît sa première vraie expérience, celle-ci atteste désormais de son influence dans le monde réel et du fait qu'il s'agisse d'un espace qui compte dans le débat politique.

    Le web 2.0, et les nouveaux outils qu'il offre, permettent de faire évoluer le rapport entre personnalités, partis politiques et électorat. En effet, on passe à une ère dite de la « communication sociale », c'est-à-dire à une communication directe et interpersonnelle.99(*)Cette communication renvoie bien plus au sens premier de partage et concerne l'échange direct d'informations entre au moins deux individus. Il y a là, un glissement important qui se fait entre l'utilisation de la télévision comme unique outil de médiation et l'arrivée du web comme nouvel outil.

    Pour autant, il est nécessaire de nuancer notre propos. Bien que l'Internet 2.0 ait aidé à un rapprochement entre personnalités et partis politiques, cette proximité est en réalité bien plus complexe qu'il n'y paraît. En réalité, ce qui se met en place progressivement, c'est l'émergence d'une stratégie de communication dans laquelle le conversationnel, l'apparence de proximité et d'intimité jouent une place importante. Il s'agit donc bien plus d'une théâtralisation de proximité que d'une proximité réelle. Ce qui se joue désormais c'est la rationalisation d'une image publique sur un nouvel espace et la potentialité d'attirer des soutiens.

    A partir de 2004, alors que les sondages constituaient le seul outil d'évaluation de l'opinion, le web 2.0 s'impose comme un nouvel outil, bien plus performant et beaucoup plus précis que les enquêtes d'opinion. Cette nouvelle logique a permis de modifier le regard porté sur la mobilisation et sur le débat politique.

    Pour bien mieux comprendre l'apport et les transformations du web 2.0 sur la société et les modes de communication, on peut établir un parallèle avec ce que la télévision a pu apporter au moment de son émergence. On peut le dire, les deux outils ont fait évoluer la façon dont l'information circule au sein de la société mais ils ont aussi surtout fait évoluer la façon dont on l'a communique ou on l'a perçoit. Deux nouveaux médias, deux outils supplémentaires au service de la médiation. On peut aller plus loin, puisque les deux outils, chacun à leur époque, ont très largement changé les formes de la démocratie et la façon dont on pense cette dite démocratie100(*). D'ailleurs, l'émergence des deux outils coïncident chacun à un moment clé de l'histoire politique et médiatique.

    En effet, à partir de 2006-2007, l'Internet politique a muté pour s'imposer comme le lieu le plus propice à la mobilisation lors de campagnes électorales en ligne car c'est aussi cela qui change, c'est l'utilisation du web dans les périodes de campagnes électorales. Les premiers exemples de campagnes électorales en ligne apparaissent aux Etats-Unis avec Howard Dean en 2003 au moment des élections primaires du parti démocrate101(*). Pour autant, les premiers exemples efficaces illustrant l'importance du web dans les campagnes électorales en ligne, sont ceux des campagnes de 2006 et 2007 de Ségolène Royal. En effet, en 2006 Ségolène Royal décide de mettre en ligne son site « Désirs D'avenirs » afin de soutenir sa candidature au moment des élections primaires du P.S102(*). Le site, qui se construit sous la forme d'un « Think Tank » a été un vrai outil d'organisation des débats, de propositions et de participation à très grande échelle en direction des internautes103(*). Le site mis en place par Ségolène Royal est important pour deux choses, la première c'est qu'il souligne l'idée que Ségolène Royal a voulu s'aligner sur les évolutions du web et faire de la politique autrement. La seconde, c'est que le site est novateur dans la mesure où il s'impose comme un nouvel outil participatif cadrant parfaitement avec l'idée d'un web politique neuf104(*). A travers cet exemple, on voit que l'Internet 2.0 constitue à partir de cette date, un nouvel espace de communication politique alternatif extrêmement efficace.

    Benoît Thieulin, qui a notamment dirigé les deux net-campagnes de 2006 et 2007 pour le compte Ségolène Royal, confirme toutes ces évolutions des pratiques du web et des incidences qu'elles provoquent sur la démocratie moderne :

    « (Depuis 2005) On sait, on a pris conscience qu'Internet est devenu un lieu de médiation politique fort. D'ailleurs, c'est beaucoup plus un lieu de médiation du débat public qu'un lieu de médiation des hommes politiques ».

    En outre, il souligne également l'importance du web et du site « Désirs D'avenir » dans l'organisation de la campagne :

    « Concrètement, le web et les réseaux sociaux ont essentiellement apportés deux choses. La première, c'est que cela a permis d'organiser des débats à un niveau de popularité et de contribution relativement important, il y a eu environ des dizaines de milliers de contributions et plusieurs centaines de milliers, voir de millions de personnes qui ont participé aux débats. Il y a donc eu un effet très fort. On a outillé le débat et la consultation publique sur Internet, et Je crois que sans Internet, on aurait eu beaucoup de mal à le faire. La deuxième, est très « Obamienne » dans le sens où un des enjeux était d'utiliser Internet pour organiser la campagne »105(*).

    On le voit donc, l'intronisation du web 2.0, donne à voir des évolutions dans les pratiques de communication entre l'espace politique et l'opinion. La nouvelle forme du web, se fait en parallèle, de celle de la démocratie avec l'arrivée du numérique. Le web 2.0 donne un certain nombre de nouveaux outils de médiation tels que les réseaux sociaux et les sites des partis politiques, qui sont encore plus participatifs et permettent d'associer encore plus le citoyen à la vie politique.

    2.B) Les réseaux sociaux en définition : Des nouveaux modes de communication en pleine croissance et nouvelle forme de marketing politique.

    L'émergence des réseaux sociaux dans le web politique constitue une nouveauté importante tant au niveau des pratiques qu'au niveau de la conception sociale qu'on peut se faire des modes de médiation. En effet, les réseaux sociaux se trouvent dans la continuité du web 2.0 qui se met en place autour des années 2003-2004. Il y a avec les réseaux sociaux, l'apparition de nouveaux outils faisant encore évoluer les modes de communication et donne, dans le même temps, à voir une reconsidération du marketing politique. Sur le web, les réseaux sociaux sont assez récents. Depuis environ sept ans ils se sont très largement développés sur la toile et on voit, encore aujourd'hui, l'émergence de nouveaux entrants, comme les très récents Foursquare et Diaspora106(*). Le dynamisme du développement des réseaux sociaux et leur utilisation en France et dans le monde, soulignent qu'il s'agit bien d'un véritable phénomène de masse, avec lequel on peut établir un parallèle avec la diffusion et l'utilisation de la télévision au cours des années 1950-1970. Selon, un sondage de l'IFOP, datant du mois de Janvier 2010, 25% des internautes sont membres d'un seul réseau social, 34% de deux à trois réseaux sociaux et 18% de quatre et plus. L'étude souligne également que la progression la plus spectaculaire de l'utilisation de ces réseaux, se situe entre l'année 2004 et l'année 2009.107(*)

    Un réseau social est constitué d'organisations ou d'individus reliés entre eux par des liens qui sont crées à l'occasion d'interactions sociales108(*). L'ensemble de ces réseaux sociaux se base sur l'idée de valeurs partagées et de cooptation. L'identité de l'internaute avec son carnet d'adresse constitue le pivot du réseau social avec les fonctions de messagerie et de forum de discussion. Chaque réseau social ajoute une série de fonctionnalités comme les «  news feed » (le fil d'actualités) sur les actions des membres de son réseau.

    La typologie de ces réseaux sociaux est relativement simple à établir, on peut en décliner globalement de six genres différents109(*). Il y a les réseaux spécialisés dans les retrouvailles (Classmates, Copainsdavant), pour le travail (Viadeo, LinkedIn), pour le partage de photos (Flickr), pour les ados (Habbo, Skyrock), pour le partage des goûts et des loisirs (Facebook) et enfin pour l'échange en temps réel (Twitter). Ces nouveaux espaces, fonctionnent sur le principe simple de l'invitation mais peuvent être rejoins sans invitation préalable. Ces sites permettent d'entretenir des liens avec des personnes que l'on connait déjà ou éventuellement d'en rencontrer d'autres et possèdent chacun des fonctions très différentes. Le réseau social permet également d'entretenir des relations par informations communiquées et d'accroître son « pouvoir » sur le réseau par le biais de la création de groupe de discussions composés du plus grand nombre d'adhérents, enfin, les personnes inscrites peuvent adopter des stratégies différentes en fonction des buts recherchés sur ces réseaux. On ajoutera également que sur ces réseaux, on observe, comme l'a justement souligné Benoît Thieulin, à des comportements déclinés de la vie réelle, ceux-ci sont appliqués aux réseaux et selon David Fayon, « ils donnent du sens à la notion d'intelligence collective »110(*). L'intelligence collective est ce que l'on pourrait définir comme l'essence de la logique du réseau, c'est-à-dire, qu'il s'agit de la possibilité d'agir, grâce à la puissance du groupe, coercitivement sur la société.

    La sphère politique a progressivement investi ces réseaux sociaux et les ont par la suite progressivement intégré à leur stratégie de communication lors d'échéances électorales dans un premier temps, puis de façon régulière par la suite. La principale raison de cette introduction en masse des personnalités politiques sur le net, ce sont les élections qui ont très largement contribué à faire de ces nouveaux espaces, de nouveaux outils puis de nouveaux modes de communication.

    Analysons les contenus des deux principaux réseaux sociaux utilisés par les partis et les personnalités politiques, Facebook et Twitter. En France, Facebook, plus que les autres réseaux sociaux, joue un rôle très important dans l'échange entre gouvernants et gouvernés. L'étendue du réseau Facebook et son importance dans le monde du web aujourd'hui expliquent aussi en partie cette utilisation politique du réseau111(*). Par ailleurs, on notera qu'il est intéressant de percevoir comment des outils, tels que Facebook ou Twitter, qui ne sont au départ absolument pas politiques parviennent à être exploités par les formations et les personnalités politiques, comme des outils de médiation efficaces, avec l'idée d'une construction d'une image positive.

    Le premier constat est que depuis l'année 2007, Facebook est utilisé comme moyen de diffusion de messages politiques par les partis et les personnalités politiques. Il est également, et de plus en plus, un moyen de découverte des domaines d'intérêts et de besoin des électeurs. Enfin, le réseau social est depuis cette date un outil de mobilisation des militants et de constitution de fonds112(*). Le contenu du «  Facebook politique » sert autant à informer le citoyen, c'en est d'ailleurs la fonction principale. A l'inverse, Twitter qui est un réseau social de Micro-Blogging permet un tout autre mode d'interactivité avec les politiques mais celle-ci, reste tout de même basé sur l'idée de l'importance fondamentale du conversationnel, de la participation et de la proximité113(*). On ajoutera que la particularité de Twitter, bien moins développé que Facebook mais qui connaît tout de même une croissance exponentielle, est en France, majoritairement utilisé par les personnalités et partis politiques puisqu'il permet de publier facilement et très rapidement, de plus, il offre la possibilité de discuter bien plus aisément que sur Facebook dans la mesure où les réponses aux tweets se font d'une façon individuelle.

    Cependant, une précision nécessite d'être apportée : l'utilisation politique des réseaux sociaux est beaucoup plus importante en période électorale qu'en période normale. Pour autant, certaines personnalités politiques utilisent de façon régulière ces plateformes pour tisser des liens.

    En réalité, ce que les réseaux sociaux ont fait évoluer dans la médiation entre personnalités politiques et électorat, c'est l'exacerbation des notions de personnalisation, de proximité par la participation à la conversation politique avec les internautes. À cet égard, regardons plusieurs exemples pour tenter de comprendre comment évoluent toutes ces formes. Le premier exemple est la campagne présidentielle de 2007, qui a très largement insisté sur cette idée d'une proximité avec l'internaute. Cette campagne à très clairement marqué un tournant important dans la communication politique moderne puisque pour la première fois, Internet et les réseaux sociaux ont été de façon régulière mis au centre de la stratégie de campagne des candidats dans la production du discours, c'est-à-dire que le discours sur l'internet 2.0 a été très largement été valorisé par les candidats et a été très relayé. De plus, les candidats ont très largement mis en avant l'échange avec les internautes et la création conjointe du contenu114(*).

    Prenons un autre exemple pour souligner l'idée qu'il existe une forme de proximité par le conversationnel. Regardons les comptes Twitter de Benoît Hamon, Nathalie Kosciusko-Morizet, très actifs sur Twitter et dans un second temps, regardons les pages-Fan Facebook de Ségolène Royal et Dominique De Villepin.

    Commençons par les « posts » (les échanges) que Benoît Hamon a réalisé au cours du mois d'Avril 2011 avec ses abonnés sur son compte Twitter appelé « @benoîthamon ». Pour une clarté optimale de l'analyse, nous présenterons d'abord ce que la personnalité politique a dit puis nous examinerons ensuite les réactions des internautes115(*).

    Twitter, comme les autres réseaux sociaux du même type, met en avant l'idée d'une personnalisation de l'individu (photo, statut personnel, biographie rapide) et d'une sorte de mise en scène, une mise en scène illustrée par le discours et l'apparence du compte. Sur le compte Twitter de Benoît Hamon, on voit une photo de l'homme politique, lors d'un meeting du parti socialiste116(*). La photo a pour but d'illustrer le profil, elle est également accompagnée d'une petite biographie et d'une petite présentation de son activité. Quand on analyse la tonalité du discours, on voit que de façon générale celui-ci use d'un ton relativement familier souvent très humoristique, nous verrons plus loin, qu'il s'agit d'une déclinaison nouvelle du marketing politique, pas forcément calculée, mais que le web 2.0 a contribué à mettre en place. Dans ses tweets, Benoît Hamon évoque régulièrement l'actualité politique nationale et internationale, parle également de ce qu'il aime faire, critique avec récurrence la politique gouvernementale et présente très souvent à ses abonnés son agenda. Par exemple, lors d'un tweet datant du 10 Avril 2011, il dit :

    « Ce midi dans #dimanche+bit.ly/9Ansp2 » ou encore lors d'un tweet datant du 7 Avril 2011, il dit «  Dans l'émission Generation Bondy lcp.fr//emission/gen... » Ou enfin lors d'un tweet datant 8 Avril 2011, il dit « Hier soir chez Arlette Chabot#Europe1 dai.ly/gvtC3L ».

    Ce type de tweets permet d'une certaine façon de remplacer les déplacements et les rapports physiques, cette attitude vise à instaurer une autre forme de dialogue. L'humour joue également un rôle important. Par exemple, il évoque dans un tweet datant du 1er Avril 2011, le fait de s'être fait piégé par une blague réalisée par le journal l'Equipe. Il dit «  il m'a fallu une bonne heure pour percuter sur le poisson d'avril de l'Equipe »117(*). On le voit donc, ce qui se joue ici, c'est la création d'une forme de proximité avec l'internaute afin de lui montrer qu'il est un égal et qu'il partage avec lui les mêmes centres d'intérêts.

    Analysons désormais la page Twitter de Nathalie Kosciusco-Morizet118(*).

    En parcourant les messages postés par la Ministre de l'Ecologie, on peut dégager deux choses. La première, c'est que, comme Benoît Hamon, elle évoque très largement ses déplacements liés à sa fonction de ministre, la seconde, c'est qu'elle relaie énormément d'informations liées à l'environnement et aux décisions politiques liées à l'environnement. Par exemple, lors d'un tweet datant 18/04/2011, la Ministre dit :

    « Dans l'avion pour Kiev. Déplacement avec le PM pour les 25 ans de Tchernobyl: financement du 2nd sarcophage, sûreté nucléaire. Il y a environ 6 heures via TweetDeck », ou encore lors d'un tweet datant du 14/04/2011, « A Lyon pour le comite de pilotage du bassin Rhône. Et un détour par la DREAL et l'ENTPE a Vaulx en Velin. Jeudi 14 avril 2011 12:22:43 via TweetDeck ».

    Quand on regarde les messages, on voit que la Ministre a réalisé pas moins de six déplacements, en France ou à l'étranger, entre le 1er et le 19 Avril. L'insistance sur les déplacements et l'agenda est une constante sur les réseaux sociaux de la part de la classe politique. Il est intéressant de noter que le ton qu'utilise la Ministre dans ses messages, est, contrairement aux messages de Benoît Hamon, bien moins rédigé de façon humoristique, mais ils ne sont pas également trop solennels.

    On remarque que les deux personnalités politiques s'adressent directement aux internautes et parlent à la première personne. L'usage de la première personne est loin d'être anodin puisque c'est une manière très «  2.0 » d'obtenir une forme d'adhésion. Ainsi, on est très loin d'un mode de communication à la de Gaulle ou Giscard d'Estaing qui privilégiaient très largement la solennité119(*).

    On observe également qu'au sein des comptes Twitter de ces deux personnalités politiques, que la conversation avec les internautes joue un rôle clé. En effet, les deux débattent très facilement avec les internautes et répondent aux questions qui leurs sont posés. Par exemple, Benoît Hamon le 7 Avril 2011 répond directement à une question posée par un internaute sur les élections présidentielles de 2012. Il dit :

     « Pas vraiment. Je crois que le nombre des électeurs de droite qui viendront voter dans ce but sera marginal 8:54 PM Apr 7th via web ».

    Autre exemple, Nathalie Kosciusko-Morizet, répond à un internaute le 9 Avril 2011 sur les débats concernant les gaz à effets de serre, elle dit :

    « C'est tout l'enjeu des discussions actuelles que de l'arrêter. samedi 9 avril 2011 11:04:12 via TweetDeck ».

    Le registre est personnel, de fait, il singularise la personne et le met sur le même plan que l'internaute et crée une forme de proximité par la conversation. Pour autant, les discussions peuvent ne pas uniquement porter sur des questions d'actualités ou politiques, et c'est en cela que l'analyse des conversions est intéressante puisque cela permet de voir qu'aujourd'hui, avec le web, on peut discuter avec des responsables politiques de façon tout à fait normale. On assiste ainsi à un rapprochement tel qu'on pourrait le faire avec des amis. On assiste donc à un rapprochement grâce au numérique, qui a aussi ses effets sur le débat politique dans l'espace social.

    Regardons désormais, les pages Facebook de Ségolène Royal et Dominique de Villepin.

    On observant les pages Facebook des deux personnalités, on peut faire trois remarques : La première, c'est qu'elles ne semblent pas être animées par S. Royal et D. de Villepin, en personne. La seconde, c'est qu'il y a la volonté de se construire une image positive vis-à-vis des internautes (photos, messages d'accueil, voeux, évocation de sentiments de compassion, messages de mobilisation...) et la troisième, c'est qu'il y a la volonté d'informer les internautes et d'obtenir des soutiens sur l'action menée. Ces trois tendances sont visibles sur les pages Facebook des deux personnalités politiques mais se manifestent de façon très différente chez l'une et l'autre. On notera également que les deux dernières tendances évoquées constituent une logique communicationnelle déclinée du réel et appliquée au web.

    A l'étude de la page de Ségolène Royal ce qui saute aux yeux, c'est qu'on y distingue plusieurs tons et niveaux de langage employés par la Présidente de la région Poitou-Charentes dans ses messages adressés aux Internautes120(*). Par exemple, on peut noter que Ségolène Royal use très largement d'un ton militant, émotif et expressif, comme lors d'un message datant du 17 Avril 2011, où elle dit :

    « Les entreprises du CAC40 ont fait 40 milliards de bénéfices en plus. Le gouvernement envisage une prime de mille euros pour les salariés de ces entreprises 'à condition que les dividendes augmentent aussi' ! Et les salariés des PME sous traitantes dont le travail a permis à celles du CAC40 de faire des profits? C'est d'une vraie conférence salariale dont la France a besoin » ou encore lors d'un message datant du 18 Mars 2011, elle dit :

    « Yoplait vendu par un fond de pension pour 1,6 milliard ! Et nos éleveurs se meurent. Plus de deux cents suicides chez les producteurs de lait. La misère et l'angoisse. Cherchez l'erreur. Une autre répartition des richesses est possible »121(*).

    La réaction des internautes sur Facebook à ces messages est intéressante puisqu'ils semblent la suivre et les réactions vont toutes dans le sens d'une remise en question du libéralisme et des dérives qu'il peut engendrer. On sent avec les réactions qu'il y a un soutien de la part des internautes concernant les sujets évoqués.

    Même constat lorsqu'on regarde la page Facebook de Dominique de Villepin, on s'aperçoit que comme Ségolène Royal, il y a la même volonté de construction d'une image positive par l'évocation de sentiments personnalisés, de critiques à l'égard du gouvernement ou de rendre solennellement hommage, comme ce fût le cas pour Aimé Césaire122(*). Par exemple, lors d'un message datant du 18 Avril 2011, il dit :

    « Je ne veux pas participer à une aventure qui décevrait les Français. Ca implique d'être ambitieux, d'être capable de refonder notre vie politique, refonder notre vie économique et sociale (...). C'est aux citoyens de prendre le pouvoir, c'est au peuple français de prendre le pouvoir, et ça veut dire ne pas laisser les hommes politiques s'arranger entre eux." en déplacement aujourd'hui à Lille ».

    Autre exemple, datant également du 18 Avril 2011, il affirme « Je ne fais pas de politique pour la classe politique, mais pour servir les Français". Lille, 18 avril 2011 »123(*). Ce qu'il y a de visible, c'est il y a de la part de Dominique de Villepin, tout comme de celle de Ségolène Royal, la démarche de minimiser l'écart entre l'homme politique et l'internaute. Cette réduction des écarts entre élite politique et citoyen banal se fait par l'emploi systématique du «  je », qui dénote d'une personnalisation et d'une personnalisation du discours, contribue dans le même temps à mettre en valeur la personnalité du locuteur. Il est également intéressant de souligner le fait que cette réduction des écarts change aussi la perception que nous pouvons avoir des hommes politiques.

    Autre élément qui fait de Facebook et Twitter des outils très important, c'est qu'ils sont des nouveaux outils de mesure de popularité des personnalités politiques. Cette mesure s'effectue d'une façon simple, les réactions des internautes par le biais de messages permettent de prendre la température de l'opinion. D'ailleurs, comme les sondages, les réactions des internautes sur les réseaux sociaux sont de plus en plus relayées dans les médias traditionnels.

    Pour autant, Twitter et Facebook possèdent quelques différences qu'il est un important de relever ici. Par exemple, on pourra dire que Twitter est beaucoup plus un vecteur d'information en temps réel que Facebook, et qu'il se prête également beaucoup plus à la conversation en un à un. En revanche, Facebook est quant à lui, beaucoup plus un outil de mobilisation et de discussion par groupe et communautés. D'ailleurs, il est beaucoup plus courant qu'une personnalité politique tienne personnellement son compte Twitter que sa page Facebook. Autre élément intéressant, la récurrence des messages sur le réseau social Facebook est beaucoup plus forte que sur Twitter, cela peut s'expliquer par le fait que Facebook est un outil beaucoup plus familier des internautes que Twitter. On notera également qu'il existe des différences entre personnalités politiques dans l'utilisation des réseaux sociaux. Par exemple, il semblerait que Ségolène Royal et Dominique de Villepin ont clairement fait le choix de séparer leur vie privée de leur vie public sur ces réseaux.

    En revanche, à l'inverse, le Président Nicolas Sarkozy lui fait le choix de l'exposer bien plus. Par exemple, sur la page Facebook du Président de la République, on peut voir qu'il choisit de s'exposer avec sa femme lors de différents évènements (Photos lors de dîners privés ou de voyages). L'exposition de la vie privée va encore plus loin que la simple illustration lorsque dans ses informations personnelles, il indique explicitement être marié à Carla Bruni-Sarkozy124(*).

    A l'analyse de ces réseaux sociaux, intégrés dans un dispositif de communication politique, on peut dégager trois faits importants. Le premier, c'est l'importance de la présence d'une personnalité politique sur le web, le second, c'est de faire fructifier sa présence par le dialogue direct avec les citoyens sur ces réseaux tout en y intégrant une dimension de collaboration collective et participative. Enfin, le troisième, c'est d'inciter par sa présence et le dialogue, le citoyen à s'engager. On le voit, ces trois axes sont tous liés et intégrés dans un dispositif de communication, ils s'avèrent tous complémentaires.

    L'émergence de l'Internet 2.0 et l'explosion des réseaux sociaux ont également permis l'évolution du modèle du marketing politique et de voir apparaître de nouveaux enjeux. En effet, encore plus qu'avant, le web et les réseaux sociaux ont modifié le rôle de l'image et du discours politique. Cette modification est provoquée par le fait que les personnalités politiques ne peuvent pas contrôler tous les contenus produits sur le web125(*).

    La communication du XXIe siècle insiste, encore plus qu'auparavant, sur les notions de symbolisme de l'image. Par le passé, la télévision constituait quasiment le seul outil de diffusion de l'image et du discours, le contrôle de ce qu'elle produisait, était beaucoup plus aisé. Aujourd'hui, avec le foisonnement d'images, de vidéos, de photos que le net diffuse et conserve, le contrôle devient de plus en plus difficile, voir impossible.

    Plus que jamais, avec l'Internet 2.0 on assiste à un nouvel intérêt pour le marketing politique. A cet égard, prenons un exemple illustratif, celui de la campagne du dernier président américain en 2008126(*). Celle-ci a montré à quel point la maîtrise de l'image et la notoriété, qu'elle peut engendrer, est aujourd'hui, très liée au web et revêt une importance décisive127(*). Lors de cette campagne électorale, Internet et les réseaux sociaux en ont été le noyau et ont joué un rôle clé. D'ailleurs, la publicité politique sur Internet (L'E-pub) a coûté plusieurs millions de dollars128(*). Cette campagne a parfaitement mis en valeur la puissance, en termes de notoriété, du nouveau médium. Maria Mercanti-Guérin le souligne dans son article :

    « Les plateformes communautaires ont notamment permis le recrutement de partisans, mobiliser des supporters, contrer des rumeurs et décupler l'audience des médias traditionnels. Dans ce contexte, le réseau social prend une dimension nouvelle et le regard que l'on porte sur lui est neuf »129(*).

    Benoît Thieulin, qui a contribué à un rapport sur le sujet nous le confirme également : «  La campagne d'Obama a su innover sur le plan organisationnel, il a su efficacement utiliser Internet. Il y a eu une campagne tout court mais qui s'est gérée à partir d'Internet »130(*) .

    Nous le voyons, les réseaux sociaux ont donc très largement été utilisés pour le recrutement mais aussi pour la collecte de dons. Les réseaux sociaux sont donc devenus depuis 2006 un outil de campagne électorale tout autant qu'un outil de débat public. Cette nouvelle logique de médiation politique, ajoutée à l'élection du président américain, conforte les hommes politiques à faire des réseaux sociaux et d'Internet, un usage plus professionnel.

    Ce que l'on remarque, c'est que le marketing politique traditionnel est devenu ce que l'on pourrait appeler une forme de « marketing relationnel », au sein duquel l'Internet 2.0 et les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant. Le profil social et participatif du web 2.0 et notamment des réseaux sociaux, pousse les personnalités politiques et les partis à être dans l'échange constant sous peine d'assister à la perte progressive d'une partie du capital sympathie acquis vis-à-vis de l'opinion. En outre ce qu'on remarque, c'est que le web 2.0 a engendré une forme de désacralisation de l'image du politique. L'image de l'élu, proche, avec qui on peut discuter aisément a modifié le regard que l'on peut porter sur le politique131(*). En réalité, ce que le web apporte est visible tant du côté de l'opinion que de celui de la strate politique. Pour l'opinion, il constitue un outil d'expertise supplémentaire de l'information et de la parole politique, il offre également la possibilité de réfléchir en groupe sur des sujets dédiés. Pour la sphère politique, il offre notamment la possibilité d'aller beaucoup plus loin dans l'interactivité notamment par le dialogue direct, de mesurer sa popularité autrement que par les sondages ou encore celle d'intégrer des pratiques de collaboration collective via les réseaux sociaux.

    Ce nouveau « marketing relationnel », s'il est bien mené et correctement appliqué, peut dans une certaine mesure, pousser les internautes au débat politique et dans une plus large mesure à la mobilisation. En effet, tout l'enjeu de ce « marketing relationnel » est de créer l'image d'un élu proche du peuple. Comme au cours des années 1960-1970, la maîtrise de l'outil est absolument décisive dans le processus de construction et de valorisation d'une image politique, mais aussi et surtout pour poser les conditions du débat politique. Un exemple de l'actualité internationale nous montre l'ampleur que les réseaux sociaux ont pris au sein de la médiation politique. Le président Barack Obama, a organisé le 20 Avril dernier dans le cadre de sa campagne de réélection pour l'élection américaine de 2012, au siège social de Facebook en Californie, un débat sur les thèmes de l'économie et de l'innovation. Il avait annoncé ce débat sur son compte Twitter, sa page Facebook et son site Internet quelques semaines précédant le débat132(*). Cet exemple souligne trois points, le premier, c'est de refaire des réseaux sociaux un outil central de campagne après la réussite de 2008. Le second, c'est l'utilisation professionnelle que le président Américain peut faire de Facebook. Enfin, le troisième pousse à s'interroger sur l'éventualité de l'émergence d'un nouvel âge de discussion politique.

    Les réseaux sociaux se sont donc imposé peu à peu comme des modes de communication alternatifs. Il faut néanmoins préciser que ces réseaux sociaux s'ajoutent aux instruments de médiation politique déjà existants, plus qu'ils ne les remplacent. Ils permettent de créer une forme de proximité avec l'opinion, qui peut alors se sentir d'une certaine façon d'égal à égal. Pour autant, il faut être clair dans la mesure où ce qui est mis en place c'est beaucoup plus un « simulacre » de proximité qu'une proximité réelle. Cette place occupée par les réseaux sociaux est décisive dans les modes de communication, ils s'ajoutent aux sites des partis politiques, et vont beaucoup plus loin en offrant des possibilités de médiation bien plus importantes que par le passé.

    2.C) Les sites des partis politiques : Des plateformes d'information, d'échanges et de mobilisation.

    Les partis politiques ont très tôt fait usage de leur site internet. Le premier site Internet d'un parti politique français fût celui du Front National (FN). Cette arrivée précoce sur la toile s'explique simplement par le fait que le FN souhaitait diffuser plus facilement ses idées sans avoir à dépendre de la structure audiovisuelle traditionnelle. La fin des années 1990 voit déjà les premiers signes de ce qu'on appelle le « web partisan » et les plus grands partis politiques français possèdent déjà à ce moment un site web.

    A partir des années 2000, ces sites évoluent et sont régulièrement mis à jour. Précisons que, si les tous partis politiques se dotent systématiquement d'un site Internet à partir des années 2000 c'est aussi par imitation et pour ne pas être doublé par l'opposition. Benoît Thieulin, confirme cette affirmation lorsqu'il dit :

    « Dans le web généraliste et dans le web politique, on passe son temps à regarder ce que les autres font. Il y a une sorte de culture du «  mix » et du « remix », tout cela, puisant aux mêmes sources »133(*).

    La campagne présidentielle de 2002 utilise déjà les sites web des partis politiques comme outil de communication mais pas de façon aussi poussée, comme cela sera le cas à partir des années 2006-2007, c'est-à-dire comme des plateformes d'échanges ou de mobilisation.

    Nous l'évoquions précédemment le web partisan en France connaît une première évolution au moment du référendum sur le traité constitutionnel en 2005. A cette même période, les sites des partis politiques se rendent compte que l'audience de ces sites reste très faible, c'est pourquoi ils réfléchissent déjà à y introduire plus d'interactivité. On voit ainsi l'émergence au même moment de la possibilité de l'adhésion directe en ligne. Une étude du Journal du Net datant de Mai 2005 souligne le fait qu'il n'existe quasiment pas de forums sur les sites des partis du PS, UDF, UMP et du PCF en 2005. L'étude réalisée par le journal du net montre également que la moyenne de visiteurs uniques sur l'ensemble de ces sites se situe aux alentours de 100 000, c'est une moyenne relativement faible comparativement à la population134(*).

    La première évolution notable, qui se trouve également dans le prolongement de cette réflexion, se produit à partir de 2006 lorsque la candidate aux primaires socialistes, Ségolène Royal, crée son propre site « Désirs d'avenir », et l'utilise comme une plateforme de mobilisation et un espace participatif135(*). La seconde évolution se produit en 2007 quand les sites évoluent pour prendre la forme que l'on connaît actuellement. En effet, progressivement, les sites Internet ne se limitent plus à de simples espaces de diffusion d'idées, ils deviennent des lieux d'informations, d'échanges et de mobilisation. Cette évolution est également liée à deux faits non négligeables. Le premier, c'est que les partis ont pris conscience qu'il fallait avoir de plus en plus recours aux sites Internet pour les campagnes électorales de leurs candidats, qui sont les périodes les plus propices à la mobilisation. Le second, c'est qu'on est entré dans une période où les campagnes de séduction deviennent permanentes, la strate politique doit constamment fédérer sans qu'il n'y ai de « temps morts ». En 2009, un sondage de l'institut Sofres publie une étude sur les pratiques politique du web. Cette étude révèle que 21% des Français consultent régulièrement le site Internet d'un parti politique et que 17% transfèrent des informations, des liens ou de fichiers liés à la politique à leur entourage136(*). Ce que souligne le sondage, c'est dans un premier temps l'évolution importante des pratiques politique sur le web depuis le début des années 2000. Dans un second temps, c'est que la consultation des sites Internet des partis politiques demeure une pratique peu très répandue chez les Français bien qu'une évolution des consultations est visible depuis le début des années 2000.

    Pour illustrer ces évolutions, regardons, les sites du PS et de l'UMP qui soulignent à quels points les sites des partis politiques adoptent désormais tous une configuration similaire et prennent la forme de plateformes d'information, d'échange et de mobilisation137(*). Nous avons décidé de comparer ces deux sites car le PS et l'UMP constituent les deux plus grands partis politiques français et la rivalité qui les oppose est très intéressante dans la mesure où on peut percevoir à travers les plateformes, qu'il y a aussi sur le net une lutte idéologique très intense. Dernière précision, pour que cette analyse soit explicite, il est nécessaire de rappeler que la période pré-électorale dans laquelle nous nous trouvons actuellement, conditionne très largement, la façon dont les partis politiques communiquent en ligne.

    Commençons par étudier le site du Parti Socialiste.138(*) Lorsqu'on arrive sur la page d'accueil on trouve six onglets de présentation (Le PS, L'équipe, Le Projet, Les thèmes, Le réseau P.S et La salle de presse). Chacun de ces onglets a pour fonction de présenter les différentes strates du PS. Ainsi, on peut découvrir son histoire, les têtes d'affiches du parti, le projet pour la campagne présidentielle de 2012, les idées, les thèmes ou encore les valeurs défendus par le parti, le réseau web du parti (essentiellement en direction des jeunes) et enfin les différentes informations annexes liées au parti (photos, communiqués, informations utiles à la presse, le lieu du siège social...)139(*). Par ailleurs, on trouve un formulaire dans lequel on peut entrer son adresse mail afin d'y recevoir une « newsletter ». Il y a également trois onglets importants. Le premier, «  Adhérez au PS », qui permet à la fois de débattre sur le site et d'intégrer le parti moyennant la somme tarifaire de 20€. Le second, «  Soutenez le PS », qui sert à la collecte de dons, au financement du parti ou encore à imprimer les tracts, les affiches ou enfin à organiser des réunions. Enfin, le troisième onglet «  Contactez le P.S », sert à entrer en contact avec une entité du parti en fonction de sa situation géographique sur tout le territoire. On trouve également sur le site des communiqués émanant du parti, dans la rubrique «  Les derniers communiqués », ou encore des « infos minutes », qui offrent une vision de l'actualité politique et un agenda qui présente les déplacements ou les interventions dans les médias des personnalités du parti. Enfin, on trouve également une section vidéo et un certain nombre de billets que les internautes peuvent partager via les réseaux sociaux Facebook ou Twitter.

    Ce qu'il y a d'intéressant à analyser sur le site du parti socialiste, c'est la mise en avant de thématiques fédératrices mais surtout du « projet socialiste de 2012 » sur lequel les internautes sont invités à débattre et à se mobiliser sur le réseau social du parti, «  La Coopol », la plateforme annexe du site140(*). Il est également très intéressant de voir le ton adopté et à travers tout le site, la critique de la majorité présidentielle dans les communiqués ou dans les vidéos. En effet, la thématique de « changement » est très largement matraquée et le ton se veut volontaire et très militant, ce qui cadre finalement avec les ambitions, l'esprit du site et parti politique.

    On voit à travers cette analyse que le site du P.S, est une plateforme multi-usage, il offre aux internautes la possibilité de s'informer sur l'actualité du parti ou l'actualité politique par le biais des communiqués, des vidéos postées, échanger ou encore se mobiliser sur le réseau social du parti, la Coopol. Le site du P.S constitue donc un lieu très important dans la communication du parti en direction des électeurs, mais aussi en direction des internautes car sans en être adhérent, on peut très facilement naviguer sur le site du parti et y trouver des informations.

    Regardons désormais, le site de l'UMP qui ressemble étonnamment à celui du PS en termes de mode d'utilisation et de navigation. En effet, lorsqu'on analyse le site on voit la même arborescence que celle du site du PS. Sur le site de l'UMP, on distingue en tête cinq onglets de présentation, (S'informer, Agir, Enjeux, Personnalités, Le Mouvement). 141(*)Comme sur le site du P.S, ils ont une fonction spécifique, ils invitent à en savoir plus sur l'actualité du parti ou encore sur l'agenda des membres du parti142(*). Ils servent également à découvrir les personnalités politiques membres du parti, à en savoir plus sur les valeurs partagées par le parti ou enfin à connaître les dates clés de l'histoire du parti. Il y a également une section qui permet d'en savoir plus sur les débats de société que mène le parti présidentiel. On remarque également une section réservée aux vidéos d'interventions officielles dans les médias. Enfin, il y a une section qui offre la possibilité de débattre sur un forum dédié au sujet abordé, de pétitionner ou enfin de se mobiliser. Comme sur le site du PS deux onglets se distinguent, «  Adhérer » et «  Donner », ils permettent soit d'adhérer en ligne, moyennant une participation financière (variable en fonction de ses revenus ou de son âge), soit de donner des fonds pour le financement du parti. Ces deux onglets restent constamment présents lors de la navigation. On trouve également un formulaire pour se tenir en courant par le biais d'une «  newsletter » et on est invité très largement à partager sur les réseaux sociaux l'ensemble des idées présentées sur le site. Enfin, tout comme le site du Parti Socialiste, on peut contacter le parti en remplissant un formulaire, dans la section «  Nous contacter ». En parcourant les sections, les débats et les valeurs défendus par le parti sont très largement mis en avant sur le site, par exemple, les termes de « famille », « propositions » et de « projet » apparaissent de façon récurrente. Le site de l'UMP insiste également sur les propositions dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012, ainsi, on est invité à débattre sur les propositions qui fondent ce projet, qui est appelé, comme sur le site du P.S, « le projet 2012 ».

    En outre, précisons que l'informationnel est la fonction première de ces sites web. Le conversationnel y tient une place alternative puisque ce sont les plateformes dédiées, tels que les propres réseaux sociaux des partis ou encore les réseaux sociaux généralistes, qui jouent essentiellement ce rôle d'interactivité. Cela dit, ce qui transparaît très largement sur ces sites, c'est l'incitation à l'engagement et à la mobilisation.

    Néanmoins, bien que très ressemblants dans la forme, il y a dans le fond quelques différences notables qu'il convient de souligner. En premier lieu, on note que, ce qui diffère, c'est le ton. En effet, là où le P.S adopte un ton très en opposition avec le parti majoritaire, le site de l'UMP s'attache essentiellement à justifier ses propositions et à mettre en valeur l'idée que le PS est une opposition faible. Cette différence de ton s'explique notamment par le fait que l'UMP est le parti politique au pouvoir. Autre précision importante, le site, bien que représentant d'une certaine façon, la majorité gouvernementale, fait très attention à la distinction entre le parti politique et le gouvernement. Ainsi, à travers l'analyse de ces sites, des deux plus grands partis politiques français, on peut déduire trois faits essentiels. Tout d'abord, c'est que ces sites servent dans un premier temps à s'informer sur l'actualité politique nationale et sur le parti politique, à travers des billets, des communiqués ou encore des présentations. Le second, c'est que qu'ils servent également dans une très large mesure à la collecte de fonds pour le financement du parti ou d'évènements organisés par le parti. Enfin, le troisième fait marquant c'est qu'ils servent à mobiliser, fédérer, par l'exposition de valeurs et l'emploi d'un discours militant, les sympathisants via des plateformes dédiées, tels que les réseaux sociaux des partis ou généralistes du type Facebook143(*).

    On comprend donc que ces sites Internet constituent des outils très importants pour les partis dans leur stratégie de médiation numérique. Pour autant, bien que relativement important pour la diffusion des idées, ces sites demeurent néanmoins très peu consultés et ce n'est pas sur ces plateformes que la mobilisation se fait dans l'essentiel. Le politologue Thierry Vedel analyse cette tendance et prend en exemple la présidentielle de 2007, il explique :

    « La consultation des sites politiques reste marginale. En France, à peine 1 % des électeurs l'ont fait avant les dernières présidentielles ».144(*)

    On perçoit qu'il y a dans le modèle traditionnel une évolution importante puisqu'il faut faire très attention à ce que l'on poste sur un site. On ajoutera également que ces sites permettent de changer le contact qui peut être établit avec un parti.

    En effet, ces sites permettent, de créer du lien et de réconcilier, en présentant, en informant et explicitant les sujets importants, les internautes avec la politique par le biais du net, qui demeure un outil très ludique en direction des plus jeunes. En outre, il est important de préciser également qu'en cette période de pré-élection présidentielle, tous les partis politiques insistent très largement sur les propositions dans la perspective de cette élection et mettent tous leurs sites à contribution dans cette pré-campagne. Ces sites offrent une plateforme d'informations importante dans la mesure où ils permettent de présenter d'une façon plus détaillée un projet politique, ce qui ne serait pas possible dans les médias traditionnels.

    On a vu que les sites des partis politiques, qui sont au départ des initiatives marginales de militants ou de dirigeant de partis, et qui ne participaient pas directement à une stratégie communicationnelle préétablie d'un parti, ont progressivement évolué au cours des années 2005-2006, parallèlement au web 2.0, pour en faire partie intégrante. On a vu que les sites des partis politiques, qui n'étaient qu'au début des lieux de diffusions d'idées, ont changé pour prendre la forme de plateformes interactives en direction des membres d'un parti mais aussi des potentiels sympathisants potentiellement futurs adhérents. On remarque également que ces sites constituent des outils pour charger l'opposition, en justifiant un discours, en informant les internautes et en présentant des idées ou des projets politiques. Ce qu'il y a de notable, c'est l'évolution dans le rapport qui pouvait exister entre les partis politiques et l'électorat. Ce dernier point est particulièrement important puisqu'il permet de voir que les sites des partis s'ajoutent aux médias traditionnels dans la logique communicationnelle en direction de l'électorat.

    Enfin, les sites de partis constituent des lieux de médiation importants mais qui restent, la plupart du temps, très impersonnels, les blogs s'ajoutant aux outils déjà disponibles.

    2.D) Les formes alternatives : Blogs de politiques, espaces de communication et de valorisation de l'image.

    Les blogs politiques d'une façon générale ont joué un rôle durant un temps dans le paysage politique français. En effet, ils ont contribué, par leurs aspects ludiques et très modulables, à la structuration du « web politique »145(*). Les blogs se trouvent dans le prolongement de la personnalisation de vie politique française. Les blogs ont également permis une prise de parole beaucoup plus aisée de la part des citoyens mais aussi des personnalités politiques146(*). En effet, les blogs ont touché, au moment de leur apogée, toutes les couches de la population, allant des étudiants jusqu'aux personnalités politiques. Selon Benoît Thieulin, le début de la grande période de la blogosphère en France date de 2005, en même temps que les débats sur le web politique concernant le référendum de 2005 sur le TCE. A cet égard, il analyse :

    « Il y a eu une bulle des blogs (...) La grande période de la blogosphère, c'est 2005, 2006, 2007 (...) »147(*).

    En effet, les blogs n'ont pas émergé au hasard, quand on analyse le contexte politique, matérialisé par les questionnements que la campagne référendaire a suscités, et le contexte social, matérialisé par l'émergence des NTIC et du web 2.0, on comprend bien mieux de quelle façon ces blogs ont pu progressivement s'imposer comme un nouvel outil de discussion alternatif.

    En effet, les blogs sont des journaux réguliers qui permettent de réagir à l'actualité ou bien de poster des « billets d'humeur » que l'on peut assimiler à des sortes d'éditoriaux personnalisés sur des sujets divers et variés. Contrairement aux sites des partis politiques institutionnels, les blogs, plus « intimes », permettent une plus grande personnalisation de la parole et une valorisation de la personnalité. En outre, comme le souligne Henri Oberdorff, le blog offre la possibilité de communiquer dans l'espace public. Il contribue ainsi à modifier le rapport qui existe entre personnalité politique et électorat et modifie, d'une certaine façon la forme, que prend la démocratie148(*). Pour autant, les blogs ont beaucoup évolué au cours des six dernières années, ils demeurent néanmoins des lieux de valorisation plus personnalisés que les réseaux sociaux. Cette évolution est directement liée à l'émergence des réseaux sociaux qui se sont substitués à ces plateformes dans la communication sociale.

    Il est nécessaire de préciser qu'il existe plusieurs types de blogs dits «  politiques ». En effet, il y a les « blogs politiques » et les « blogs des politiques », la distinction est importante dans la mesure où celle-ci oriente le contenu de ces espaces. Par exemple, un « blog de politique » aura plus tendance à insister sur ce qu'il peut apporter, à défendre une idée, un projet ou à mettre en valeur une personnalité puisqu'il est tenu par une personnalité politique. En revanche, « un blog politique », tenu par un anonyme, aura plus tendance à identifier des sujets politiques en particulier et à donner un avis dessus. Cependant, cela ne signifie pas que le blog du politique ne le fait pas.

    Afin d'illustrer notre propos, analysons deux blogs de politiques. Pour cette analyse consulterons les blogs de François Bayrou et de François Hollande, deux candidats déclarés aux prochaines élections présidentielles de 2012149(*).

    Observons de quelles façons, le discours prend une forme très personnelle, et comment ils participent, comme les réseaux sociaux, à la valorisation d'une image.

    Lorsqu'on regarde le blog du Président du Modem, la première chose que l'on remarque c'est la façon dont il est agencé. Par exemple, on voit qu'il y a dès le départ une citation personnelle de François Bayrou. Celle-ci indique :

    «  Le citoyen n'est pas un consommateur. C'est un producteur, d'idées, de convictions, d'engagement, de solidarité »150(*).

    On remarque également que le blog offre la possibilité de voir une biographie, des interviews, des vidéos ou encore des discours du Président du Modem.

    Quand on poursuit l'analyse et que l'on observe les billets publiés sur le blog on voit que l'image du président du Modem est très largement mise en valeur. Ils présentent les différentes interventions qu'il a effectuées ou qu'il sera amené à effectuer. Par exemple, sur un billet en date du 21 Avril 2011, appelé «  Université populaire- Jean Claude Casanova », on voit François Bayrou sur une photo le mettant en valeur, dans une tribune devant un micro, face à une audience151(*). Ce qui transparaît également, c'est la mise en avant de son implication dans le combat politique. Il évoque dans plusieurs billets «  le quotidien des Français », « une société ayant besoin de repères ». Il se pose également en fédérateur et explique dans un billet daté du 21 Avril que :

    « Les clivages politiques ne sont ni crédibles ni légitimes ».

    On notera également l'emploi constant du « je » dans les posts du Président du Modem. La récurrence du « je » permet de créer une proximité avec l'interlocuteur qui a le sentiment d'être d'avantage impliqué dans le discours qu'il peut l'être sur le site d'un parti.

    Ce qui est en jeu sur ce blog, c'est très largement la valorisation d'une image d'un homme politique très impliqué et concerné par les préoccupations des Français via un espace simple et accessible. Ce que l'on remarque également sur le blog de François Bayrou, c'est qu'il sert énormément de relais et d'agrégateur d'actualités plus qu'un réel lieu d'échanges. Pourtant, les billets restent souvent lus et même s'ils restent très peu commentés. En réalité, ils le sont beaucoup plus sur les réseaux Facebook et Twitter lorsqu'ils sont partagés. On peut le mesurer puisque le blog offre sur l'arborescence à droite un fil d'actualité des réseaux sociaux Twitter et Facebook intégrés au blog.

    Quand on regarde le blog de François Hollande, on constate qu'il y a sensiblement la même démarche. La première information visible est une citation du politique qui dit : «  Parlons de la France »152(*). Tout comme son homologue du Modem, les billets publiés sur le blog vont dans le sens d'une valorisation de l'image par deux moyens désormais bien connus. Le premier se faisant en abordant des sujets qui concernent directement les Français. Par exemple, dans un billet daté du Jeudi 14 Avril 2011, François Hollande publie un billet appelé «  Pour un pacte de confiance dans le travail » dans lequel il évoque la crise économique et la crise du travail que connaît la France. Le second, par le biais d'images d'un homme en déplacement sur le terrain illustrant ainsi son implication. Par exemple, on voit dans un billet publié le Jeudi 31 Mars, jour de l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, l'image d'un François Hollande face à un micro avec des militants situés tout juste derrière lui153(*). On remarque également que le blog du membre du parti socialiste laisse place à une grande personnalisation du discours et que l'emploi du « je », est là aussi récurrent dans les différents billets publiés. Dans son article du Jeudi 31 Mars, on compte 21 emplois du « je ».154(*)

    Ces exemples, illustrent deux faits notables. Le premier, c'est l'importance d'un discours volontaire et engagé. Le second, c'est l'illustration par l'image de l'engagement. Ainsi, les deux permettent de valoriser une personnalité, de créer une forme de proximité et enfin de fédérer autour d'un nom et d'une image.

    On voit donc qu'il existe un grand nombre de similitudes entre les deux blogs analysés. Le constat que l'on peut établir c'est que les blogs sont lus mais restent très peu commentés, ils sont par ailleurs très relayés sur les réseaux sociaux. En outre, l'échange sur ces blogs est beaucoup plus limité que sur les réseaux sociaux. Ces plateformes sont très peu utilisées comme des outils de débat. Comme nous le précisions un peu plus haut, l'émergence des réseaux sociaux a très largement modifié la donne. Selon Benoît Thieulin :

    « La blogosphère est en réalité un lieu d'expertise. Je ne pense pas qu'ils utilisent les blogs comme un outil de débat. En réalité, ces blogs sont lus car ils sont relayés par les réseaux sociaux mais ce n'est pas le premier lieu d'échange d'informations »155(*).

    D'après lui, les blogs constituent des espaces alternatifs qui s'ajoutent aux outils déjà existants, mais contrairement aux réseaux sociaux, beaucoup plus utilisés pour le débat en ligne et la prise d'informations, les blogs sont surtout des outils d'aide en direction des internautes et les pratiques de toutes les personnalités se rejoignent très largement dans les buts.

    On a vu que l'intronisation de l'Internet 2.0 avait provoqué une mutation des pratiques de communication entre partis, personnalités politiques et opinion publique. Il provoque l'émergence de nouveaux enjeux pour l'espace politique qui doit maîtriser ce nouveau médium émergent. Le web 2.0 s'installe donc comme un outil de médiation supplémentaire qui permet l'évolution des formes d'interaction et par extension de la façon dont on pense et vit démocratie. L'apparition de plateforme d'échanges permet ce glissement inédit. Ainsi, l'émergence des réseaux sociaux, qui naissent de l'Internet 2.0, participe à cette logique d'évolution des pratiques et des formes de communication entre sphère politique et électorat. Les réseaux sociaux permettent de créer encore plus d'interactivité et octroie à l'opinion un pouvoir jusque là inédit, elle peut avoir la sensation d'être plus proche que jamais de ses dirigeants, par le biais de la conversation. Les réseaux sociaux poussent les partis et les personnalités à s'adapter mais ils provoquent également l'évolution du marketing politique, qui prend la forme nouvelle d'un « marketing relationnel ». Un marketing de proximité certes joué, mais qui vis-à-vis de l'opinion permet d'engendrer une dynamique nouvelle. Il y a également l'apparition et l'évolution des sites des partis politiques qui connaissent plusieurs améliorations notables. Ces améliorations vont dans le sens d'une interactivité accrue, on passe ainsi d'une situation où ces sites constituaient uniquement des plateformes d'informations à une situation où ils deviennent des plateformes d'échanges et de mobilisation. Le blog est également un des éléments notables de l'Internet 2.0. L'apparition du blog politique permet d'établir un nouveau rapport et de valoriser l'image d'un politique. L'utilisation des blogs est un véritable phénomène de société et un instrument supplémentaire à la disposition des politiques pour la production d'un discours plus personnel, volontaire, critique voir contestataire.

    En effet, le schéma très pyramidal évolue pour tendre vers un schéma plus complexe et bien moins structuré. Pour autant, l'émergence d'un outil tel que l'Internet, qui modifie les rapports entre les hommes et les formes d'interactivité, permet t-il de penser qu'il annonce la fin du modèle traditionnel, qui a vu la structure audiovisuelle s'imposer comme l'outil de référence ?

    * *

    Chapitre III : Déclin ou mutation du modèle traditionnel ?

    3) Une « évolution » plus qu'une « révolution » des formes et des pratiques du schéma traditionnel.

    3.A) Télévision et Radio : Des vieux médias qui conservent leurs positions.

    Le schéma traditionnel connaît, avec le web, des évolutions structurelles notables. En effet, on pense notamment aux nouvelles possibilités offertes par ce nouvel outil en termes de fréquence d'échanges. Le web a également modifié la structure et la place du débat public qui se passe désormais beaucoup plus sur Internet qu'à la télévision156(*).

    Le web bien qu'extrêmement important depuis environ six ans en termes de d'images et de potentialités de mobilisation politique, reste essentiellement un outil d'informations et de débat public. La structure audiovisuelle, la télévision notamment, reste dominante comme outil de diffusion de la parole politique en direction de l'opinion et cela reste vrai depuis les années 1960157(*). Ce qui atteste de cette réalité c'est la quantité importante d'émissions traitant de sujets politiques. On notera également l'augmentation à la radio et à la télévision du nombre d'émissions traitant de politique ou invitant des personnalités politiques depuis le milieu des années 2000. A titre d'exemple, pour le mois d'Avril 2011, Radio Classique, I-Télé, France 2, Direct 8 et TF1 ont annoncé chacune la création d'une nouvelle émission politique sur leurs chaînes et stations158(*).

    La télévision et la radio demeurent importantes pour la médiation politique, d'autant qu'elles constituent un enjeu déterminant pour les chaînes et les stations en raison du succès des émissions qui invitent des professionnels de la politique. Par exemple, lorsqu'on regarde la grille des programmes pour le mois d'Avril 2011 des six chaînes leaders, à savoir, TF1, France 2, France 3, Canal +, France 5 et M6, on dénombre un total de plus de quinze émissions ou de magazines traitant de sujets politiques ou invitant des personnalités politiques. Pour celles qui connaissent le meilleur taux d'audiences on citera notamment les JT des chaînes, très regardées, Face aux Français, Dimanche + ou encore le Grand Journal159(*).

    Le constat est similaire lorsqu'on s'attarde sur la grille des programmes des quatre plus grandes stations radiophoniques, à savoir, RMC, Europe 1, le groupe Radio France et RTL. En effet, on remarque qu'il y a sur l'ensemble de la grille des programmes plus de quinze émissions traitant de sujets politiques ou au sein desquelles les personnalités politiques sont invitées à débattre ou à répondre à des questions160(*). On a donc au total près de trente émissions ou de magazines politiques sur un total d'à peine dix chaînes et stations. On peut même y ajouter les chroniques politiques régulières ou encore les éditions ou émissions spéciales créée par les chaînes de télévision et les stations radio en période pré-électorale ou en plein période électorale. C'est d'autant plus visible lorsqu'on regarde les parts d'audience réalisées par les six chaînes de télévisions et les stations de radios. Selon une étude de l'agence Médiamétrie, sur la période allant du 28 Février au 3 Avril 2011, les six chaînes nationales ont réalisé plus de 66,3% de parts d'audience. On note également que l'intervention télévisée du premier ministre, François Fillon et l'émission politique sur le 2e tour des élections cantonales font partie des meilleures audiences des chaînes France 2 et France 3161(*).Quant aux stations radios elles-mêmes, toujours selon une étude de l'agence Médiamétrie, réalisée pour la période Janvier-Mars 2011, Europe 1, France Bleu, France Inter, RMC et RTL, qui sont généralement définies comme des stations généralistes, réalisent à elles seuls 43% de parts d'audience pour la période Lundi-Vendredi162(*).Ce qu'il faut donc comprendre, c'est que toutes ces émissions drainent une audience extrêmement importante. Autre exemple, l'émission «  L'Invité de RTL » de Jean-Michel Apathie, qui prend la forme d'une interview politique, parvient à avoir en moyenne, selon la station de radio, jusqu'à 2 millions d'auditeurs.

    Cependant, nous pouvons faire deux remarques. La première, c'est que l'on voit que la parole politique à la télévision s'effectue de plus en plus dans des émissions de divertissement, plus attractives, au sein desquelles, les personnalités politiques sont invitées à répondre à des questions d'actualités. A cet égard, les émissions grand public de France 2 telles que «  On n'est pas couché » et «  Face au Français » sont très illustratives de cette tendance163(*). La seconde, c'est qu'il y a tous les jours de la semaine des émissions invitant une personnalité politique ou traitant d'un sujet politique à la radio comme à la télévision, et cela même le Dimanche, ce qui souligne très largement l'intérêt de l'opinion pour la vie politique164(*). En outre, on parvient très nettement à distinguer une tendance générale dans la répartition de ces émissions. La radio apparaît clairement l'outil du matin, avec notamment la multiplication des matinales, en revanche, la télévision apparaît davantage comme outil de médiation du soir, avec notamment les émissions de plateaux. Cependant, que ce soit le matin ou le soir, toutes ces émissions sont diffusées à des horaires où l'audience est très importante165(*). Le souci de l'audimat est en réalité un héritage direct de la structure traditionnelle dans la communication politique, car un taux d'audimat élevé permet une diffusion plus large de la parole politique auprès de l'opinion.

    Par ailleurs, on sait que ces magazines et émissions jouent un rôle important dans la médiation politique puisqu'elles permettent, bien plus que le web, de s'exprimer avec un niveau de discours plus adapté au grand public que des émissions politiques très spécialisées que l'on pouvait voir dans les années 1970-1980, tels que «  Le club de la presse » d'Etienne Mougeotte ou «  à porté de gifles » de J.P. Elkabbach166(*).

    Malgré cela, il faut préciser que les médias traditionnels et grand public sont privilégiés par les personnalités politiques les plus médiatiques. C'est-à-dire, celles qui ont le plus facilement accès à ces canaux et qui sont très souvent, soit les plus cotées dans les sondages, ou soit qui les plus connues. A l'inverse, les personnalités politiques de moindre envergure, elles, sont tentées de privilégier les outils de web 2.0 pour faire porter leurs voix. Benoît Thieulin confirme cette logique lorsqu'il évoque l'importance de la télévision pour la strate politique :

    «Oui, elle y consacre plus de temps qu'avant mais elle y consacre moins de temps que pour les médias traditionnels et elle a bien raison. Cependant, il faut être précis. Par exemple, D. Strauss-Kahn et S. Royale vont au J.T de 20h mais il est normal qu'ils consacrent plus d'énergie et de temps pour passer au 20h ou d'avoir une Interview dans «  Le Monde » que d'animer leur page Facebook »167(*).

    Les médias traditionnels sont aussi privilégiés par le public pour l'information politique pour deux raisons, l'habitude et l'accessibilité plus facile de la radio et de la télévision de façon générale, qui demande très peu de compétences.

    Utilisons un autre exemple pour illustrer l'importance de la structure audiovisuelle et l'impact encore très profond de celle-ci. Lors des récentes élections cantonales de Mars 2011, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a décidé de limiter, dans le cadre de la campagne officielle de ces élections, la parole des politiques dans les médias par le système du décompte du temps de parole168(*). Les chaînes de télévision et les radios étaient sommées faire en sorte de donner aux politiques un temps de parole équivalent. Ce «  moratoire communicationnel », émanant de la plus haute autorité audiovisuelle a provoqué une situation très compliquée au sein de la structure audiovisuelle, qui a dû composer avec cela. En effet, dans la mesure où actuellement beaucoup d'émissions télévisuelles et radiophoniques fonctionnent sur le principe de l'invitation de professionnels de la politique, le bridage de la parole de personnalités politiques peut s'avérer très gênante pour les chaînes et les politiques. Ce bridage de la parole politique dans les médias traditionnels illustre l'importance encore effective des médias traditionnels sur l'opinion.

    Pour autant, l'importance encore très présente de la structure audiovisuelle ne doit pas occulter le fait que le web a aussi très largement impacté la façon dont les politiques s'expriment à la télévision et à la radio. Le centre d'archives que constitue le web ajouté au fait que l'information circule à une vitesse jusqu'à présente jamais atteinte, pratiquement en temps réel, pousse les politiques à être plus prudents lorsqu'ils parlent et les chaînes et les stations de radio à produire une information de qualité.

    La télévision et la radio sont bien plus des outils de diffusion d'idées que de véritables lieux de débats comme peut être le web 2.0. Ils constituent un enjeu central dans une stratégie communicationnelle appliquée par les politiques car l'audience que les émissions peuvent réaliser et l'impact du message véhiculé par ces canaux peut s'avérer extrêmement puissant.

    En effet, le web apporte un outil supplémentaire à la communication politique et, il s'inscrit davantage dans une logique de médium alternatif ou d'approfondissement de l'information, que dans une logique de substitution des vieux média. Pour le dire autrement, il est d'avantage un outil d'expertise de la parole et de l'information politique. En réalité, l'évolution la plus importante observée, c'est que l'opinion combine de plus en plus Internet avec les médias traditionnels pour l'information politique pour juger de la qualité des contenus livrés par ces vieux médias169(*). La structure traditionnelle médiatique connaît plus une évolution des formes et des pratiques qu'une révolution à proprement parler. Ainsi, on constate que les pratiques se trouvent plus dans la continuité du modèle traditionnel.

    3.B) Des nouvelles pratiques de communication dans la continuité du modèle traditionnel.

    La communication politique a connu un certain nombre de mutations importantes. Les plus visibles se situent au niveau des outils qui offrent des possibilités de médiation alternatives aux partis et personnalités politiques comme aux citoyens. Les nouvelles pratiques observées dans le web social sont en réalité calquées et héritées du schéma traditionnel de la communication politique. En effet, cette déclinaison de pratiques analogiques du monde numérique souligne deux choses, d'une part, l'importance de l'outil technique qu'est le web et, d'autre part, le constat que la structure traditionnelle joue un rôle encore très important actuellement.

    L'émergence puis l'irrésistible développement de la structure audiovisuelle traditionnelle a forcé les personnalités politiques à s'adapter à un outil technique neuf. Cette adaptation s'est matérialisée par l'apparition de nouvelles pratiques de communication telles que l'interview, qui participe notamment à la personnalisation du discours, ou encore la maîtrise encore plus importante de l'image, qui révèle une autre évolution importante170(*).

    Le web, qui finalement se situe dans le prolongement de la télévision, a, comme au moment de sa montée en puissance, poussé les personnalités politiques à s'adapter. Par exemple, la présence sur le réseau Internet, suivie de la maîtrise des outils de l'internet 2.0 pour un parti ou une personnalité politique sont extrêmement importantes puisqu'elles offrent la possibilité de s'adresser à une audience beaucoup plus importante.

    Par ailleurs, comme pour la télévision, le web nécessite la compréhension du système de circulation de l'information et de l'outil dans sa médiation pour être plus efficace. De plus, le web, tout comme avec les émissions politiques télévisuelles et radiophoniques a poussé dans le sens du dialogue, direct et indirect plus important avec les citoyens. Comme dans le schéma traditionnel, la compréhension de la communauté des citoyens est décisive dans la médiation. Celle-ci, qui se faisait essentiellement via les enquêtes d'opinion, qui demeuraient néanmoins incomplètes, se décline sur le web via les débats sur les forums politiques, les discussions sur les réseaux sociaux ou encore par les commentaires sur les blogs171(*).

    Enfin, comme ce fût le cas avec la télévision par le passé, le web est de plus en plus devenu un outil efficace de mobilisation des sympathisants et des militants.

    Pour autant, les pratiques déclinées du monde analogique dans le monde numérique ne doivent pas faire oublier que les pratiques du monde numérique ont les mêmes objectifs que par le passé. Par exemple, les objectifs essentiels demeurent la séduction de l'opinion par la production d'un discours facilement compréhensible et l'adhésion à un projet à des idées afin de susciter l'engagement des citoyens. Le web décline tout cela mais cela s'effectue par le canal des nouveaux outils du web 2.0 tels que les réseaux sociaux, les sites, les blogs ou encore les très récentes web TV. L'exemple des web TV des politiques est très intéressant dans la mesure où désormais les politiques peuvent faire de la télévision de façon personnalisée et sans journalistes172(*). Le premier à avoir créée sa web TV fût Nicolas Sarkozy en 2007 lors de la course à l'élection présidentielle, il fût suivit par le Parti Socialiste qui créa la sienne et puis par François Bayrou. Cet exemple est particulièrement significatif puisqu'il s'agit ici d'une déclinaison d'un format une fois encore issu du monde analogique et prouve qu'il y a une continuité des pratiques et des outils de communication du modèle traditionnel.

    On remarque donc que le web change les façons de communiquer en politique mais on se rend compte que les buts demeurent sensiblement les mêmes. En effet, la nature des échanges est identique à ceux que l'on observe dans la structure traditionnelle mais les possibilités de le faire sont accrues grâce aux nouveaux outils. Par exemple, la proéminence du conversationnel, de la proximité, du débat d'idées ou encore des groupes de réflexions reste identique. Les pratiques se déclinent mais elles sont clairement dans la continuité du modèle traditionnel. Cependant, on peut s'interroger sur la forme que peut prendre la communication politique avec les évolutions que le web peut encore connaître.

    3.C) Vers une nouvelle évolution de la communication politique?

    L'internet 2.0 a indéniablement aidé à la mutation du schéma traditionnel par les outils qu'il propose et les possibilités croissantes d'interaction à un niveau jamais atteint. L'intronisation du web en politique est plutôt récente et il constitue en réalité beaucoup plus une nouvelle une étape qu'un nouveau modèle. Depuis les années 2005-2007, la communication politique a connu un nouvel essor indiscutable des pratiques, induisant une implication plus grande des citoyens dans le débat politique et un échange beaucoup plus important avec les élus. Les outils neufs participent également à ce nouvel essor, l'émergence des blogs et enfin l'arrivée en force des réseaux sociaux justifie cette affirmation. On constate également non pas un retrait mais une forme d'affaiblissement engendrée par le web. Néanmoins, on ne peut pas dire que les médias traditionnels connaissent une disparition. Pour le dire autrement, le web joue actuellement un rôle non négligeable dans la communication politique mais ce n'est pas uniquement sur ce terrain que se gagne une élection et que se joue la guerre de l'image et de l'adhésion.

    Pour autant, on peut s'interroger sur quatre points essentiels : le rôle à venir des médias traditionnels, celui du web, la façon de l'appréhender et enfin le rôle des anciens grands de la communication politique, les publicitaires. En s'interrogeant sur ces quatre aspects décisifs qui fondent la communication politique on peut se demander quelles évolutions pourra connaître la communication politique.

    A propos du rôle des médias grand public, une quantité de débats existent et une multitude de points de vue s'opposent. La problématique concernant cet aspect de la communication politique est l'une des plus complexes, car comme l'analyse Pierre Moeglin et Gaëtan Tremblay, la télévision par exemple, se trouve confrontée à une évolution structurelle, qui met en jeu notamment des questions d'ordre techniques et financières173(*). Ainsi, un possible affaiblissement de leur emprise peut t-il avoir un impact sur le choix de la part des politiques d'en faire leur outil préféré de médiation et laisser à l'Internet le monopole ? D'autant qu'une étude de l'IFOP datant du mois de Novembre 2010 montre que les élus sont de plus en plus sur Internet et que la relation entre élu et public s'établit de plus en plus sur cette plateforme, le taux de pénétration d'Internet dans les foyers rejoignant lentement mais sûrement celui de la radio et de la télévision174(*).

    Concernant le rôle à venir du web, que dire et en penser son rôle ? Il devient de plus en plus important, dans la médiation politique. Le poids social et technique de plus en plus visible au cours des quinze dernières années et les évolutions observées laissent réfléchir à l'impact potentiel qu'il pourra avoir dans les années à venir. La question mérite d'être posée et on peut également estimer tout à fait possible que le web soit victime du foisonnement de son offre. Peut-il encore se renforcer ou au contraire s'affaiblir à moyen et long terme ?175(*)

    Quant à l'avenir du web, Benoît Thieulin émet une hypothèse intéressante sur la question. Il estime qu'il sera amené à jouer un rôle encore différent et modifiera encore plus les pratiques il explique :

    « Les hommes politiques vont de plus en plus utiliser Internet comme support pédagogique, c'est-à-dire qu'on utilisera plus Internet pour expliquer la politique qu'on fait ou qu'on souhaite faire ».

    Il évoque également les évolutions probables du point de vue des pratiques des citoyens :

    « Je pense que les gens vont de plus en plus prendre le temps d'aller sur Internet pour comprendre la politique, donner leur point de vue et l'expliciter »176(*).

    La réflexion de Benoît Thieulin rejoint également l'idée d'une appréhension différente du web, qui lui aussi pourra changer en fonction des conditions sociales et politiques. Par exemple, il est évident que la dynamique actuelle, qui fait du web un outil aussi important, permet de penser à une évolution que l'on observe partiellement déjà, que l'on pourrait qualifier d'installation d'un «  média technique démocratique ». En revanche, si les conditions politiques et sociales évoluent encore à cette vitesse, il est possible de penser à une évolution différente de l'outil pour autant, il reste néanmoins très difficile de tabler dessus. Sur cette question Dominique Wolton, oppose en revanche un regard un peu plus critique, il estime qu'Internet pose d'énormes problèmes, notamment en termes de valeur et de structure177(*). En effet, il interroge la logique d'Internet, qui est un média relevant essentiellement de la demande et brouille par sa complexité, l'offre. Ainsi, pour lui, une revalorisation de la télévision généraliste serait nécessaire. D. Wolton, considère la télévision comme essentielle au maintien du lien social et du fonctionnement démocratique. Sur cette interrogation, les débats en cours restent encore très vifs et indécis, en effet, il y a d'une part, ceux qui voient dans le web un outil essentiellement technique, offrant un éventail de possibilités importantes entre autres, celles de débattre. D'autre part, il y a ceux qui le perçoivent comme un instrument de démocratie perfectionné178(*).

    Enfin, le dernier point est celui des publicitaires. Ils sont les premiers à avoir oeuvré dans le sens d'une médiation fondée sur la rationalisation et la capitalisation de l'image politique. Ceux-ci, ont joué un rôle considérable dans la structuration du schéma traditionnel et ont vu avec l'émergence et l'usage du web par les personnalités politique leur monopole considérablement s'affaiblir. Sur cette question, les débats persistent mais de façon globale, on juge que cet affaiblissement est lié au fait que les hommes politiques ont, aujourd'hui, bien moins besoin des publicitaires pour s'adresser à l'opinion car l'habitude et la maîtrise relativement acquise des techniques de communication sont désormais instituées.

    Par exemple, Jacques Séguéla, publicitaire reconnu et inventeur du slogan «  La Force Tranquille » utilisé par François Mitterrand lors de sa campagne pour l'élection présidentielle de 1981 estime que le net est une très mauvaise chose.

    En réalité, la multiplicité des débats sur les probables évolutions de la communication politique pose différentes questions notamment sur l'importance de l'outil technique qu'est le web sur les pratiques qui ont accompagné son émergence et sur la façon dont on perçoit la communication. Cependant, il est aujourd'hui difficile voir impossible de quantifier précisément le rôle du web et ses effets sur l'opinion car on manque de recul sur un outil qui est utilisé en politique depuis moins de dix ans. On peut donc s'interroger sur un élément central.

    Dans quelles mesures et dans quelles proportions, la sphère politique va-t-elle utiliser Internet pour échanger avec l'opinion ?

    * * *

    CONCLUSION 

    Nous avons vu que le schéma traditionnel de la communication politique s'était très largement construit autour de l'appareil audiovisuel. Cette structure médiatique grand public a, dans une très large mesure, participée de façon directe à la structuration et à l'organisation de ce qu'on appelle aujourd'hui la communication politique. En effet, elle s'est mise en place sur la longue durée commençant par le Général de Gaulle qui fut l'un des premiers à utiliser la télévision comme un instrument d'échanges en direction de l'opinion publique. Il est également le point de départ du basculement qui s'opère, et que Christian Delporte analyse comme étant le passage d'un système de médiation fondé sur la propagande à celui d'une communication circulaire, dans laquelle l'image joue un rôle décisif179(*). L'émergence de la télévision constitue à cet égard un fait déterminant puisqu'elle participe, par l'innovation technique et sociale qu'elle apporte, à l'évolution des conditions du jeu politique et social de la société française au cours des années 1960.

    La télévision introduit un modèle de communication politique «  médiatée », un schéma qui s'appuie sur des supports pour véhiculer de l'information, ce schéma se fige et demeure.

    Les années 1960, qui sont des années de mutations sociales et politiques profondes, représentent en réalité une première étape décisive dans la maturation du modèle de la communication politique. On voit avec la télévision, l'affaiblissement de la structure radiophonique qui était dominante et qui constituait, par le passé, le premier outil de communication. Cependant, il faut le repréciser, celui-ci ne disparaît pas totalement. Les années 1960 voient l'émergence des premières campagnes officielles à la télévision à partir de 1965 et des premières émissions politiques télédiffusées, celles-ci, connaissent déjà, un succès probant et participent à l'évolution du regard de l'opinion sur le discours et l'image politique.

    Par ailleurs, on observe également l'apparition de nouvelles techniques de communication, de nouveaux outils et de nouveaux enjeux. Un des enjeux décisifs est celui de la reconsidération de l'opinion publique, perçu désormais comme un acteur à par entière de la vie politique. Ce nouveau regard porté sur l'opinion pousse les politiques à changer leur façon de communiquer et à comprendre de quelles façons le glissement du discours est perçu par elle. On voit ainsi l'émergence du sondage, que l'on confronte à l'homme politique, comme le nouvel outil de mesure de cette opinion. Ceux-ci, modifient également la structure audiovisuelle, qui au cours des années 1970, évolue. Par exemple, les émissions de plateaux sur le mode de l'interview laissent place à des émissions dans lesquelles les politiques répondent de plus en plus à un panel de Français.

    Ainsi, la structure des émissions politiques à la télévision change, et s'orientent de plus en plus vers une plus grande théâtralisation et laisse à l'opinion une place de plus en plus importante au sein de celles-ci.

    Par ailleurs, l'importance accordée à l'opinion, ajoutée aux effets du discours sur cette même opinion, ont forcé à faire du sondage un des outils préférés des politiques et à l'imposer comme un élément décisif de la médiation avec l'opinion. Ce qui atteste de cette logique, c'est l'institutionnalisation progressive au cours des années 1980 de la pratique du sondage. Pour autant, l'influence que celui-ci peut avoir sur l'opinion publique, en raison du crédit apporté à ceux-ci par les politiques puis par médias qui les relaient très largement, est problématique et doit être tempérée. Avec l'émergence de la télévision apparaît également deux pratiques nouvelles et extrêmement importantes dans le schéma traditionnel, le marketing politique et la personnalisation du discours et de la vie politique française. Ces deux pratiques conjuguées accordent à l'image et au discours une place jusque là inédite.

    L'histoire du schéma traditionnel de la communication politique moderne est donc très liée à celle de l'émergence de la télévision, qui offre de nouvelles perspectives de médiation, et au changement de régime politique qui s'opère à partir de 1958, lors du basculement dans la Ve République.

    Nous avons également vu que l'Internet 2.0, qui émerge dans la première moitié des années 2000, a comme la télévision, permis l'émergence de nouvelles pratiques et de nouveaux enjeux pour la sphère politique et l'opinion. L'Internet 2.0 se trouve dans le prolongement du schéma traditionnel et apporte, sous une forme bien plus poussée et différente, une interactivité accrue et modifie les conditions du jeu de la démocratie en France. L'évolution essentielle qu'apporte le web à la communication politique, c'est la modification du mode de communication entre partis et personnalités politique. En effet, on passe d'un système de communication « médiatée », fondé sur des supports pour véhiculer l'information, à un système tourné vers la communication directe et interindividuelle. Malgré tout, le glissement n'est pas total, puisque le web offre une nouvelle forme de communication « médiatée » mais qui provoque dans le même temps cette interindividualité dans la communication. C'est en ce sens qu'il faut comprendre que le web 2.0 constitue une nouvelle étape dans la communication politique moderne.

    Il ne faut pas oublier que la structure audiovisuelle classique a apporté une première pierre à l'accroissement de la communication avec l'opinion. Par exemple, on a vu que le web donnait un pouvoir plus important à l'opinion, qui se mue désormais en internaute, qui discute, donne son avis, échange, se forge une opinion et qui peut désormais jouer un vrai rôle dans la vie politique du pays, comme ce fût le cas lors des discussions sur le T.C.E. 180(*). Nous avons que l'émergence de nouveaux outils tels que les réseaux sociaux, les sites Internet des partis politiques ou les blogs ont également très largement contribué, comme ce fût le cas dans les années 1960 mais dans une très large mesure, à faire évoluer la relation entre les élus et les citoyens. On a également observé que les blogs et les réseaux sociaux font partie des dispositifs essentiels de la personnalité politique et que les sites politiques le sont également mais pour les partis politiques actuellement. Nous avons vu que ces nouveaux outils de communication vont dans le sens d'une interactivité accrue et personnalisée, on passe donc à une logique de discours en direction des masses à une logique de discours personnalisé et plus circulaire. A cet égard, l'exemple de Benoît Hamon et de Nathalie Kosciusko-Morizet qui illustre cette idée.

    Nous avons remarqué que le modèle traditionnel connaissait un nombre bien plus important de mutations bien plus une révolution totale. On le voit, malgré le poids croissant du net dans la vie des français et dans celles des politiques, on constate qu'en réalité la télévision et la radio demeurent le principal lieu de l'information politique, les JT de 20h, notamment qui invitent des personnalités politiques d'envergure- ou encore les émissions politiques à la radio ou à la télévision restent globalement les mêmes. On voit même qu'en période électorale une multiplication de ces émissions ce qui prouve l'importance et l'intérêt de ces émissions. Comme nous le précisait, Benoît Thieulin, même si le web joue actuellement un rôle extrêmement important, il est bien plus « un outil d'expertise » des médias traditionnels et un lieu de débat qu'un canal privilégié par les personnalités politiques. Cependant, il est nécessaire de préciser que cette logique varie en fonction de la place de la personnalité politique dans la structure médiatique.

    On a vu que les pratiques observées sur les nouveaux supports sont en réalité dans la continuité du modèle du modèle traditionnel. Concrètement, si les outils et les façons de faire évoluent, le but reste le même, celui de séduire afin d'obtenir l'adhésion à des idées et à un projet.

    Cependant, on peut s'interroger sur l'évolution de la communication politique et des transformations qu'elle pourra connaître. Chaque époque possède son outil technique, à chaque fois, les outils, qui se succèdent offrent à la société et à la vie politique plus d'interactivité entre élus et opinion.

    * * *

    - TABLE DES MATIERES -

    INTRODUCTION 5

    CHAPITRE I : LE SCHÉMA DE LA COMMUNICATION POLITIQUE TRADITIONNELLE EN PRÉSENTATION. 13

    1) UN MODÈLE STRUCTURÉ ET MÉDIATIQUE : CONSTRUCTION ET ÉVOLUTION DU SCHÉMA TRADITIONNEL DE LA COMMUNICATION POLITIQUE FRANÇAISE. 13

    1.A) Hommes politiques et médias : La prédominance de l'appareil audiovisuel. 13

    1.B) Opinion publique et sondages. 23

    1 C) Le marketing politique : Maîtrise de l'image, personnalisation du discours et séduction de l'opinion. 29

    CHAPITRE II : LA «  RÉVOLUTION » NUMÉRIQUE. EMERGENCE D'UN NOUVEAU MÉDIUM ET DE NOUVEAUX ENJEUX. 36

    2) LE WEB 2.0, NOUVEL ESPACE DE COMMUNICATION : APPARITION DE NOUVELLES PRATIQUES ET DE NOUVELLES FORMES DE SOCIABILITÉS. 36

    2.A) L'intronisation du web 2.0: Une évolution décisive dans les modes de médiation entre sphère politique et opinion. 36

    2.B) Les réseaux sociaux en définition : Des nouveaux modes de communication en pleine croissance et nouvelle forme de marketing politique. 43

    2.C) Les sites des partis politiques : Des plateformes d'information, d'échanges et de mobilisation. 56

    2.D) Les formes alternatives : Blogs de politiques, espaces de communication et de valorisation de l'image. 63

    CHAPITRE III : DÉCLIN OU MUTATION DU MODÈLE TRADITIONNEL ? 69

    3) UNE « ÉVOLUTION » PLUS QU'UNE « RÉVOLUTION » DES FORMES ET DES PRATIQUES DU SCHÉMA TRADITIONNEL. 69

    3.A) Télévision et Radio : Des vieux médias qui conservent leurs positions. 69

    3.B) Des nouvelles pratiques de communication dans la continuité du modèle traditionnel. 74

    3.C) Vers une nouvelle évolution de la communication politique? 76

    CONCLUSION : 80

    BIBLIOGRAPHIE 86

    WEBOGRAPHIE 93

    TABLE DES ANNEXES 95



    BIBLIOGRAPHIE

    Sur la communication politique (pratiques, théories sociales et évolutions)

    - GERSTLE JACQUES, La Communication politique, Paris, A. Colin, Cursus, 2008, 255pp.

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    WEBOGRAPHIE

    Sites d'archives :

    http://www.ina.fr/video

    Sites de réseaux sociaux généralistes :

    https://www.facebook.com

    http://twitter.com

    https://joindiaspora.com

    www.foursquare.com

    Sites de réseaux sociaux des partis politiques :

    http:// www.desirsdavenir.org

    http://www.lesdemocrates.fr

    http:// www.lescreateursdepossibles.com

    Sites de partis politiques :

    http://www.parti-socialiste.fr

    http://www.lesdemocrates.fr

    http://www.lemouvementpopulaire.fr

    Sites des instituts de sondages :

    http:// www.ifop.com

    http:// www.mediametrie.fr

    http://www.tns-sofres.com

    http://www.ipsos.fr

    http://www.sondages-en-france.fr

    Sites traitant de la vie politique française :

    http:// www.terrepolitique.com.

    http://www.france-politique.fr

    http://www.temps-reels.net

    http://www.charles-de-gaulle.org

    Sites traitant de marketing :

    http://www.france-communication.com

    http://www.webmarketing-com.

    http://www.strategies.fr

    http://www.katorze.com

    Sites institutionnels :

    http://www2.cnrs.fr

    http://www.commission-des-sondages.fr

    Sites d'information :

    http://www.lepost.fr

    http://www.lexpress.fr

    http://www.liberation.fr

    http://www.journaldunet.com

    Les blogs de personnalités politiques :

    http://www.bayroublog.com

    http://www.francoishollande.fr.

    Sites de vidéos en ligne :

    http://www.youtube.com

    http://www.canalplus.fr

    TABLE DES ANNEXES

    ANNEXES :

    - 1.

    - 2.

    http://www.ina.fr/video/I10026960/vge-a-propos-des-difficultes-des-francais-et-des-immigres.fr.html

    - 3

    (Interview B. Thieulin)

    Entretien réalisé le Lundi 11 Avril 2011 en compagnie de Benoît Thieulin

    Quinchy Riya : Pouvez-vous me donner votre définition du Web 2.0 ?

    Benoît Thieulin :

    Le Web 2.0, c'est le web social, c'est-à-dire, le web pris sous l'angle des activités que l'on peut faire dans le nouvel espace social, que constitue Internet. Il vient compléter le « web 1.0 », web dans lequel on voyait plus une logique de push et essentiellement informationnelle. Dans le web 2.0, on est dans une déclinaison très riche, foisonnante et qui n'est par ailleurs pas encore finie. Il met en oeuvre des activités sociales au sens large du terme, qui passent par de l'interactivité plus prononcée, des productions de contenus plus importantes et une logique d'échanges à grande échelle. Finalement, des activités qui existent dans le monde réel mais que l'on applique sur le web.

    Q.R Selon-vous, dans quelles mesures, le Web 2.0 a-t-il modifié les pratiques d'échanges par rapport à Internet ?

    B. Thieulin :

    Dans le web 2.0, Internet se reconnecte à la vie réelle. En réalité, on assiste beaucoup plus à une déclinaison des activités analogiques dans le monde numérique. Par ailleurs, il est évident qu'il existe des usages propres au monde numérique et évidemment, il y a de nouveaux usages déclinés du monde analogique. Cependant, ce processus s'est construit en trois temps différents. Il y a d'abord, le fait que l'on décline des choses dans le monde numérique qui proviennent du monde analogique (ex : l'achat de produits sur Internet qui s'effectue différemment, à cette activité s'ajoute une logique de réflexion plus importante) et que l'on fait globalement pareil. Il faut également penser que l'on décline d'abord et que les effets se font ressentir ensuite mais qu'il existe aussi des activités propres au monde numérique.

    Q.R : Vous avez fait partie de l'équipe qui s'est chargée de la net -campagne de Ségolène Royale lors de l'élection présidentielle de 2007. Quel a été précisément votre rôle lors de cette campagne ? De votre point de vue, qu'est-ce que le web et les réseaux citoyens ont-ils concrètement apportés à cette campagne ?

    Benoît Thieulin :

    J'ai dirigé la campagne Internet. Cela signifie que j'étais responsable des sites Internet et des équipes bénévoles ou professionnelles qui travaillaient lors de cette campagne. Je précise, que j'ai été le gérant de la campagne numérique de Ségolène Royal au cours des primaires Socialistes de 2006 et de l'élection présidentielle de 2007. Concrètement, le web et les réseaux sociaux ont essentiellement apportés deux choses. La première, c'est que cela a permis d'organiser des débats à un niveau de popularité et de contribution relativement important, il y a eu environ des dizaines de milliers de contributions et plusieurs centaines de milliers, voir de millions de personnes qui ont participé aux débats. Il y a donc eu un effet très fort. On a outillé le débat et la consultation publique sur Internet, et Je crois que sans Internet, on aurait eu beaucoup de mal à le faire. La deuxième, est très «  Obamienne » dans le sens où un des enjeux était d'utiliser Internet pour organiser la campagne. Certes, la campagne numérique de S. Royal, très embryonnaire, précède celle de Barack Obama mais l'esprit d'une mobilisation à très grande échelle est similaire. En quelques mois, on a réussis à « quadriller » le territoire des représentants des intérêts de Ségolène Royal, c'est-à-dire, les comités locaux. En l'espace d'à peine six mois, on en a eu plus de cinq cent sur tout le territoire de la république. Ce travail de coordination à partir d'Internet a été très important. Au final, nous avons eu à modérer et à maîtriser ce foisonnement de participation ou encore à gérer les conflits. Vraisemblablement, on a eu à organiser une chose qui se gérait de manière complètement décentralisée. Sans le net, toute cette mobilisation n'aurait jamais été possible et S. Royal, n'aurait jamais pu en l'espace de six mois créer un mouvement politique présent dans tous les territoires de la France. Concrètement, avec le coup de téléphone et le fax, il aurait fallu trois ans, alors que nous avons réalisé tout ce travail en à peine six mois. Internet est un vrai accélérateur et la candidature de S. Royal aurait été difficile sans cela.

    Internet a été aussi important dans la mesure où il a permis de porter un discours au sein des médias traditionnels, qui permettait de faire venir les gens.

    En réalité, il y a une filiation entre la campagne de S. Royal et celle B. Obama. En réalité, je me suis inspiré de ce que j'ai vu aux Etats-Unis mais aussi de ce que j'ai vu en France en 2005 (concernant la mobilisation qui précède le référendum sur la constitution européenne en 2005, ndlr). Dans le web généraliste et dans le web politique, on passe son temps à regarder ce que les autres font. Il y a une sorte de culture du «  mix » et du « remix », tout cela, puisant aux mêmes sources. Je ne pense pas que de la part d'Obama il y ait eu d'inspiration intentionnelle vis-à-vis de ce que nous avons pu faire. Certes, nous avons apporté notre pierre à la construction d'un web politique beaucoup plus porté sur les débats, alors que dans la campagne d'Obama, la dimension de  débat était beaucoup plus absente. D'ailleurs, S. Royal poursuit encore à ce jour, ce travail porté sur le débat public. C'est vrai aussi, nous avons aussi tâté la question «  organisationnelle », même si nous sommes allés beaucoup moins loin qu'Obama, mais il a aussi surtout beaucoup regardé ce qu'avait fait Howard Dean. Clairement, l'expérience de S. Royal raisonne avec celle de B. Obama et il y a un lien évident entre ces deux campagnes, lorsqu'elles sont remises dans le contexte, de ce que l'on pourrait qualifier, de «  l'archéologie du web politique ».

    Q.R : Selon vous, comment expliquez-vous aujourd'hui, le fait que les personnalités politiques envahissent de plus en plus la toile ? A partir de quand avez-vous pris conscience que le net pouvait constituer un outil de médiation politique? 

    B. Thieulin :

    Depuis 2005, on dit du web qu'il est un « outil de médiation politique », et des exemples le prouvent. A titre personnel, je suis convaincu qu'il l'est depuis bien avant cette date. Lors du référendum sur la constitution Européenne de 2005, plusieurs débats (à partir de fin 2003-2004, ndlr) précédant le référendum se sont fait sur Internet. Le débat public s'est joué sur Internet lors de cette période. Cela fait donc déjà 6-7 ans que le web est devenu un véritable outil de médiation politique. On sait, on a pris conscience qu'Internet est devenu un lieu de médiation politique fort. D'ailleurs, c'est beaucoup plus un lieu de médiation du débat public qu'un lieu de médiation des hommes politiques.

    Les politiques Français ne sont pas si en retard que cela car les politiques sont très calés sur la demande, en réalité, ils sont régulièrement en campagne et plutôt souvent en contact l'électorat, ils savent donc l'importance de la maîtrise des outils.

    Dans le web politique Français, on retient une date, qui a eu un retentissement sans précédent. C'est l'année 2005, qui correspond à celle du référendum sur le traité de la constitution Européenne, à cette époque, beaucoup d'hommes politiques s'aperçoivent très vite qu'il y a un bouleversement qui s'opère avec le net. Contrairement à ce que l'on peut penser sur le soit disant «  retard Français » (Sur les nouvelles technologies, ndlr.), les Français ont eu très tôt cette maturité et cette prise de conscience de l'impact du web sur la vie politique. Pour moi, la première fois dans l'histoire que le web a changé la donne politique dans un pays, c'est en 2005 et c'est en France lors du traité sur la constitution Européenne, et cela bien avant les Etats-Unis. Pour preuve, Howard Dean, qui fût l'un des premiers à user du web dans le cadre d'une campagne électorale, n'a pas remporté les élections primaires de son parti en 2003.

    En 2005-2006, il y a deux évènements majeurs dans l'histoire du web politique. Le premier, c'est le T.C.E. (Traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne, ndlr), je pense sincèrement que c'est le web qui a contribué à le faire perdre, d'ailleurs on voit avec cet exemple, l'impact que peut avoir le web politique. Le deuxième, c'est en 2006, en France, lorsque S. Royal gagne les primaires socialistes avec Internet. Donc, le Web politique Français est donc très en avance pour plusieurs raisons qui tiennent essentiellement au fait que la France est un pays très équipé, la France a certainement le marché Internet le plus dynamique au monde et le réseau très haut débit est plus présent en France qu'aux Etats-Unis, il y a également une diffusion en France des pratiques qui est très élevée. Autre raison, le poids et la passion politique en France expliquent aussi cette avance. Si l'on combine le dynamisme du marché Français à cette passion pour la vie politique Française, on peut expliquer et comprendre pour quelles les raisons les deux évènements majeurs du web politique se sont passés en France.

    En revanche, sur la pratique des hommes politiques, nous sommes un peu en retard, cela tient à des raisons sociologiques bien identifiées, les élites politiques Françaises sont vieillissantes plus que dans les autres pays. La moyenne d'âge des hommes politiques Français et à peu près de 20 ans supérieure à la moyenne d'âge des élites politiques Américaines ou Anglaises. Q.R : D'après une étude menée par le politologue Thierry VEDEL, qui questionne la notion de « fracture civique », étude parue dans le Monde de Juin 2010, T.VEDEL conclue que « les médias traditionnels constituent encore aujourd'hui, le principal terrain d'information sur la vie politique » (en dépit de la place grandissante qu'occupe le web actuellement). Un an après, êtes vous d'accord avec ces conclusions ? Estimez-vous, qu'Internet soit devenu un outil absolument essentiel en démocratie ? Comment mesurez-vous l'impact du net sur la vie politique française ?

    B. Thieulin :

    Pour commencer, je ne suis pas en total accord avec lui sur le sujet. Pour cette question, le «  oui » ou « non » n'est pas suffisant. Il faut voir le rôle de chacun des médias et c'est là-dessus que je trouve que les conclusions qui émergent de cette étude restent très sommaires. La télévision, tout comme la radio mais dans une bien moindre mesure, reste le média qui impose l'agenda politique, cela est indéniable. Si la télévision évoque un sujet, il y a de fortes chances pour qu'on en parle, en revanche, si la télévision n'en parle pas, il y a moins de chances pour qu'on en parle, c'est un fait. Pour autant, s'il y a des décalages énormes entre les médias traditionnels et ce que l'opinion veut voir inscrit à l'agenda médiatique, il peut y avoir conflit. Par exemple, l'affaire de l'EPAD avec Jean Sarkozy ou encore l'affaire Polanski. En réalité, quand il y a d'énormes décalages entre ce que la société souhaite voir discuter et ce que les médias font, il peut y avoir l'émergence d'un nouvel acteur via Internet. Bien sûr que la télévision reste dominante mais elle peut voir son rôle de prescripteur de l'agenda politique et médiatique être supplanté lorsque les conflits sont trop énormes.

    Autre question, Est-ce que le débat public se passe à la télévision, dans la presse traditionnelle ou sur Internet ? Moi, je crois qu'il n'y a pas de réponse univoque. La télévision c'est les J.T, les talk-shows et les émissions politiques. Les reportages font entre 50 secs et 1mn30 et la moyenne des citations des hommes politiques dans ces reportages c'est entre 5 et 10 secs. Autant dire que, pour couvrir un débat public, c'est très court. On peut certes imposer un sujet mais on aura du mal à comprendre les prises de positions générales des acteurs et on aura également du mal à se faire une idée dans un format si réduit. Donc, la télévision reste la prescriptrice de l'agenda politique mais elle frustre le besoin de débattre, c'est donc ailleurs que le débat se structure. Le format des J.T n'est pas calibré pour la parole politique. Pour les talk-shows, c'est pareil, même si vous disposez d'un tout petit peu plus de temps pour vous exprimer. Enfin, les émissions politiques, elles, touchent beaucoup moins de gens et restent finalement que du débat par procuration. Par exemple, quand je regarde «  Ce soir ou Jamais », je ne discute pas mais je me projette dans les discussions des autres, ce n'est pas complètement du débat public, la télévision a donc un rôle.

    Aujourd'hui, je crois que le débat public se passe beaucoup sur Internet. D'abord, des études le prouvent, notamment celle de l'IFOP de 2009, qui indique que désormais une majorité de Français s'informe sur la vie politique par le biais d'Internet. Et puis, par ailleurs, Internet est le lieu de l'hyperspécialisation, de la structuration par communauté, etc. C'est donc là que la précision du débat public se porte puisqu'il n'y a pas de limite de volume notamment. En réalité, je ne suis pas contre ce que dis T. VEDEL mais j'appose une réponse un peu plus compliquée. Pour moi, la télévision conserve son rôle de prescripteur de l'agenda politique et médiatique, encore que ce rôle là, est encadré par les nouveaux médias. En revanche, je ne pense pas que ce soit le lieu où on débat le mieux car le débat à lieu sur Internet. Le débat sur Internet est aujourd'hui remédié, contrairement à ce qui pouvait se faire, il y a 4 ou 5 ans. Il est remédié, notamment par les nouveaux médias, venant des anciens médias (lemonde.fr, liberation.fr...). Le débat public a lieu dans un écosystème un peu nouveau et là dedans Internet joue un rôle clé.

    Je pense également qu'Internet est devenu un outil essentiel de la démocratie. Une grande partie du débat public à lieu là mais il n'a pas que lieu là et les sujets ce n'est pas sur le web qu'ils les créent, ils prennent bien naissance hors du web. Il y a donc un équilibre mais qui demeure encore en construction. Finalement, Internet est un média d'approfondissement.

    En outre, Internet à déjà modifié les formes de la vie politique Française. En réalité, il est très difficile de mesurer et de quantifier précisément l'impact du web sur la vie politique mais on peut dire que, sans le mesurer, il est indéniable qu'il joue un rôle important. A divers titres notamment, sur les pratiques politiques, les hommes politiques sont aujourd'hui obligés à beaucoup plus de transparence d'une part et à plus de cohérence d'autre part et Internet y a contribué mais ça n'est pas qu'Internet qui a provoqué cela. Je pense également qu'Internet a joué aussi un rôle sur les hommes politiques au niveau des valeurs, Internet a porté des valeurs, qui impactent aussi la politique, par exemple, la coopération, la coproduction, l'échange, des valeurs qui finalement, proviennent du projet historique de la création d'un réseau tel qu'Internet. Les citoyens ont également beaucoup plus accès aux informations, ils peuvent plus facilement consulter, se réunir discuter et se rencontrer, il y a également des effets sur la manière dont les politiques s'adressent aux gens, leur façon de gérer leurs propres pouvoirs, sur la manière dont cela conscientise d'avantage les participants des débats. Finalement, Internet a joué sur plein de plans différents.

    Q.R : D'après vous, comment aujourd'hui les militants digèrent-ils le discours des personnalités politiques sur le net ? Quelles différences pensez-vous qu'il existe, sur la réception du discours en comparaison avec les médias traditionnels ?

    B. Thieulin :

    Pour moi, l'expression «  communication politique » ne correspond pas à grand chose. Ayant habité plusieurs années en Asie, seuls les occidentaux séparent le fond et la forme. J'ai du mal avec l'idée de me dire qu'un discours moyen ou des idées franchement mauvaises, mais bien habillées, peuvent, avec une bonne stratégie, inciter à l'adhésion, cela me pose sincèrement un problème d'éthique. Pour toutes ces raisons, je déteste le terme de « communication politique ». Ceci étant dit, se poser la question de savoir comment les personnalités politiques utilisent le net, réduit le net à un outil de marketing. Avant toute chose, Internet est avant tout un lieu de débat public, l'exemple de 2005, nous montre que depuis cette date, les politiques ont investis la plateforme. En réalité, l'évolution du net les oblige à plus de transparence et de cohérence. En effet, aujourd'hui, indéniablement, les hommes politiques doivent être présents sur les réseaux sociaux, ils doivent aussi réfléchir à mieux les utiliser et c'est plutôt une bonne chose. Maintenant, peut-on parler d'une révolution ? Je ne crois pas. C'est vrai, c'est intéressant mais cela reste marginal, c'est un outil de plus dans la communication mais il ne faut pas le magnifier car on perdrait de vue l'essentiel qui est qu'aujourd'hui Internet structure les débats publics comme peu d'autres endroits. Les gens regardent évidemment beaucoup plus la télévision mais les informations qui y sont délivrées sont d'une simplicité très sommaire.

    Q.R : Dans l'ouvrage de Thierry CROUZET «  Le Cinquième pouvoir : Comment Internet Bouleverse la politique » (2007), l'auteur analyse l'émergence d'internet comme un nouveau pouvoir et établit le constat qu'on assiste à une « décentralisation de la puissance politique ». Etes-vous d'accord avec ce point de vue et très rapidement comment analysez-vous l'émergence d'internet ?

    B. Thieulin :

    Je pense en effet qu'Internet octroie plus de pouvoir aux citoyens pour s'organiser. Oui, Internet accompagne ce mouvement «  d'empowerment » de la société plus que ce mouvement de décentralisation. Cela peut aussi permettre, et Obama l'a montré, de pouvoir aussi reconstruire une organisation solide, il y a donc un double mouvement. La décentralisation que permet Internet permet, si j'ose dire, également une recentralisation. Obama a réussit à créer une pyramide très structurée, très hiérarchique composée de plusieurs millions de personnes qui le soutiennent, cela est autant un mouvement de recentralisation que de décentralisation. Ce que je veux dire, c'est que cela redonne du pouvoir à la société mais cela permet également à la politique de pouvoir restructurer des organisations que personnes n'avait réussit à fédérer jusque là. Donc Internet redonne du pouvoir aux gens mais cela permet aussi de donner du pouvoir aux hommes politiques. Par exemple, B. Obama est parvenu à soulever plus de 700 millions de $ rien que sur Internet, on voit avec cet exemple qu'Internet donne donc aussi du pouvoir aux politiques.

    Q.R : Concernant les pratiques des Français, Comment analysez-vous, le fait que le web permet, selon certains bloggeurs et auteurs, « de faire de la politique autrement » ?

    Tout à fait, j'en suis convaincu.

    Q.R Vous avez analysé de près la campagne électorale du candidat Barack Obama en 2008. Le rapport Terra Nova datant de Janvier 2009, souligne l'idée que, cette campagne électorale s'est beaucoup jouée sur le web et que la force de celle-ci aura été de pouvoir passer d'une mobilisation virtuelle à une mobilisation réelle. En quelques mots, selon-vous, quelles ont été les forces et les faiblesses de cette campagne et quelles sont les principaux enseignements que vous en tirez ?

    B. Thieulin :

    Il n'y a pas eu beaucoup de faiblesses. La campagne d'Obama a su innover sur le plan organisationnel, il a su efficacement utiliser Internet. Il y a eu une campagne tout court mais qui s'est gérée à partir d'Internet mais sur des terrains qui peuvent être liés à Internet ou à l'inverse pas du tout, c'est cela la grande nouveauté. Il a certes dominé les réseaux sociaux mais cela reste en réalité anecdotique. Les faiblesses se trouvent plus dans ce qui a suivi que dans la campagne elle-même. Obama innove en 2008 mais il s'est fait vite rattraper sur le terrain du système de santé, sur ce sujet, Obama, ne parvient pas à dominer les réseaux sociaux. En fait, Obama ne mobilise pas de la même façon en étant au pouvoir.

    Q.R : En 2009, vous avez participé à la campagne d'Europe Ecologie, dans le cadre des élections Européenne, lors de cette campagne, quel a été votre rôle ? Qu'est-ce que le web a-t-il permit ? L'influence de la campagne Obama a-t-elle été présente ?

    B. Thieulin :

    Deux conclusions fortes ont été faites de la mission Terra Nova sur la campagne Obama. La première, c'est les primaires et la deuxième c'est la Coopol. Le rapport fût donc efficace puisque deux ans après la création de ce rapport, les principales recommandations ont été mises en oeuvre. L'influence de la campagne Obama sur la France a été forte.

    Q .R : Pensez-vous que la sphère politique accorde autant d'importance aux NTIC qu'elle peut en accorder aux médias traditionnels en termes de communication politique ? Pensez-vous qu'il existe une forme de continuité dans les pratiques ou qu'au contraire il existe une réelle rupture ?

    B. Thieulin :

    Oui, elle y consacre plus de temps qu'avant mais elle y consacre moins de temps que pour les médias traditionnels et elle a bien raison. Cependant, il faut être précis. Par exemple, D. Strauss-Kahn et S. Royale vont au J.T de 20h mais il est normal qu'ils consacrent plus d'énergie et de temps pour passer au 20h ou d'avoir une Interview dans «  Le Monde » que d'animer leur page Facebook. Il y a près de 500 000 élus en France, combien ont accès au J.T ? Combien ont droit d'avoir une Interview dans «  Le Monde » ? Quand on dit ça, il faut préciser lesquels. Quand on est ministre ou président il est normal de privilégier le 20h plutôt que sa page Facebook mais lorsqu'on est député et qu'on n'a pas accès aux grands médias, il faut en revanche là, être plus attentif aux réseaux sociaux. Là encore, il n'y a pas de réponse univoque, la réponse est complexe. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, il y a une longue traîne de la politique et pour certains hommes politiques, il est certainement plus utile de penser à Facebook que de penser au 20h où ils n'iront pas.

    Q.R : Quelle place accordez-vous aux réseaux sociaux (Facebook et Twitter) aujourd'hui (en termes de médiation politique) ? Selon vous, quels impacts ceux-ci peuvent-ils avoir sur la production du discours de la part des personnalités politiques? Quelles nouvelles formes de pratiques avez-vous observé sur ces plateformes ?

    B. Thieulin :

    Il est certain que les hommes politiques sont plus vigilants dans la production du discours. La difficulté aujourd'hui, c'est qu'Internet met sur un même plan des niveaux de discours très différents. Internet écrase dans le temps et dans l'espace toutes les choses et donne l'impression que tout se mélange mais ça n'est pas le cas. Les hommes politiques ont eu beaucoup de mal à gérer cet aspect du web. En fait, je crois qu'il s'agit surtout d'un apprentissage.

    Q.R : Pensez-vous à des nouvelles formes du marketing politique ? D'après vous, quelles sont les évolutions qu'il pourra connaitre?

    B. Thieulin :

    Les hommes politiques vont de plus en plus utiliser Internet comme support pédagogique, c'est-à-dire, qu'on utilisera plus Internet pour expliquer la politique qu'on fait ou qu'on souhaite faire. Cela provient du fait que la télévision, une fois de plus, ne se prête pas à ce genre d'exercice. Je pense que les gens vont de plus en plus prendre le temps d'aller sur Internet pour comprendre la politique, donner leur point de vue et l'expliciter.

    Q.R : Les blogs tenus par les personnalités politiques deviennent de plus en plus courant, ils témoignent d'une évolution importante et de l'ancrage de nouvelles pratiques, liées au web 2.0. Par ailleurs, ils constituent des espaces d'expressions alternatifs au sein desquels la forme et le fond du discours tranchent avec celui tenu au sein des grands médias traditionnels (télévision et radio). Estimez-vous que ces blogs occupent un rôle central dans une stratégie de communication ?

    B. Thieulin :

    Il y a eu une bulle des blogs, on est passé par cette bulle. La grande période de la blogosphère, c'est 2005, 2006, 2007, aujourd'hui les blogs comptent moins. Pour autant, disparaissent-ils ? Non, ils se superposent. La blogosphère est en réalité un lieu d'expertise. Je ne pense pas qu'ils utilisent les blogs comme un outil de débat. En réalité, ces blogs sont lus car ils sont relayés par les réseaux sociaux mais ce n'est pas le premier lieu d'échange d'informations.

    (Entretien réalisé par Quinchy RIYA le 11/04/2011 dans les locaux de la Netscouade, Paris XIIème.)

    4

    Réseau social/ Critère

    Nb de membres ( en millions ou milliers)

    Date de création

    Utilisation

    Fonctions spécifiques

    La Coopol

    25 000

    2010

    Perso/Pro

    Site de partage et lieu de débat pour les militants et les sympathisants de gauche.

    Les créateurs du possible

    10 000

    2010

    Perso/pro

    Lieu de discussions et de propositions des militants et sympathisants de droite.

    MySpace

    150M

    2003

    Perso/pro

    Espace Web personnalisé pour chaque membre qui permet d'héberger des créations, notamment musicales.

    Facebook

    500M

    2004

    Perso/pro

    Nombreuses applications et API développées.

    Twitter

    75M

    2006

    Perso/pro

    Retransmission d'un message. Nombreuses applications développées autour.

    Légende : Les chiffres donnés dans ce tableau datent de l'année 2010.

    5. Rapport Terra Nova sur la campagne de Barack Obama :

    www.blg-associations.com/index.php?2009/01/21/116-rapport-de-lafondation-terra-nova-sur-la-campagne-barack-obama-la-campagne-de-mobilisation

    6.

    7.

    8.

    9.

    10.

    11.

    12.

    13.

    13 bis.

    14.

    14 bis.

    15.

    15 bis.

    16.

    16 bis

    17- Tableau.

    Site

    P.S

    U.M.P

    Extrême G.

    Extrême Droite.

    Services proposés

    Lettres d'information, abonnement en ligne aux revues pour les adhérents, téléchargement de dossiers, communiqué boutique

    Newsletter, e-boutique, téléchargement de dossiers en ligne, communiqués, interviews, vidéos, abonnement aux revues par téléphone

    Téléchargement de dossiers et communiqués, de la revue du parti ; modèles de tracts, affiches et autres supports mis à disposition

    Lettre de diffusion, abonnement aux revues du parti par courrier, multimédia (audio, vidéo...), boutique

    Adhésion

    Possibilité en ligne, par courrier, par le téléphone ou par le biais de sa fédération

    Possibilité en ligne, par courrier, par le téléphone ou par le biais de sa fédération

    Demande d'adhésion en ligne

    Bulletin d'adhésion en ligne

    Coût de l'adhésion

    20€

    25€ pour l'adhérent simple ; 35€ pour un couple ; 10€ pour les étudiants de moins de 30 ans sans emploi

    Non indiqué

    50€ pour l'adhésion simple, 80 € pour le couple, 30€ pour les moins de 25€

    Autres

     

    Possibilité d'adhérer, de devenir partenaire, bénévole ou de faire un don en ligne

    Souscription à des dons dans la limite légale de 7662€ par personne et par an

     

    Possibilités offertes par les sites des principaux partis politiques Français en 2011. (Tableau emprunté à Cécile Maunier dans « La communication politique en France, un état des lieux », Market Management, n°4, 2006, 82 pp.

    * 1 GERSTLE JACQUES, La Communication politique, Paris, A. Colin, Cursus, 2008, 255pp.

    * 2 GROSSETTI MICHEL, « Communication électronique et réseaux sociaux », Flux n°29, 1997, 5-13pp. 

    * 3 Pour notre étude, nous avons décidé de nous concentrer sur des personnalités politiques membres de la majorité présidentielle (UMP), de la gauche, du Parti Socialiste (P.S) & (E.C-L.V), du parti frontiste (F.N), de l'extrême gauche (FRONT DE GAUCHE) et du centre (Modem). Il était nécessaire de varier cette étude afin de mieux voir les différences mais également les similitudes qui peuvent exister.

    * 4 Sur le sujet consulter les articles ouvrages de JERECZEK-LIPINSKA JOANNA, «  De la personnalisation dans la communication politique : L'effet du « je », Synergie, N°4, 2007, 147-155pp ; CAYROL R, La nouvelle communication politique, Paris, Larousse, 1986, 213 pp. ; COTTERET J.-M., Gouverner c'est paraître, les masques du pouvoir, Paris, Vuibert, 1991, 189 pp. ; SALAVASTRU C., Rhétorique et politique : le pouvoir du discours et le discours du pouvoir, Paris, L'Harmattan, 2004, 311pp.  

    * 5 Comme nous l'évoquions, on recense sur ce thème précis un nombre considérable de références bibliographiques. Il nous est impossible de tous les recenser car ces ouvrages donnent à voir des perspectives différentes sur la question. Voir dans un premier temps, les références déjà citées. De plus, voir les ouvrages suivants qui permet d'un peu plus saisir le sujet et ses enjeux ; CAYROL R, La nouvelle communication politique, Paris, Larousse, 1986, 213 pp ; JERECZEK-LIPINSKA JOANNA, «  De la personnalisation dans la communication politique : L'effet du « je », Synergie, N°4, 2007, 147-155pp.

    * 6 GERSTLE JACQUES, La Communication politique, Paris, A. Colin, Cursus, 2008, 255pp.

    * 7 MAUNIER CECILE, « La communication politique en France, un état des lieux », Market Management, n°4, 2006, 82 pp.

    * 8 FAYON DAVID, KOSCIUSKO-MORIZET & PUJOLLE GUY, Web 2.0 et au-delà : Nouveaux internautes du surfeur à l'acteur, Paris, Economica, Fayard, 2008, 212 pp.

    * 9 RENARD LUDOVIC, Vers une nouvelle communication politique : Analyse des médias d'information depuis la campagne présidentielle de 2007, Paris, n° 13, 2007, 17pp.

    * 10 MAAREK P.-J. (Sous la direction de), La communication politique de la présidentielle de 2007 : Participation ou représentation ?, Paris, L'Harmattan, Communication et Civilisation, 2008, 189 pp.

    * 11 GINGRAS ANNE-MARIE, La Communication politique : Etats des savoirs, enjeux et perspectives, Québec, Presses Universitaires du Québec, Le Delta, 2005, 275 pp.

    * 12 JERECZEK-LIPINSKA JOANNA, «  De la personnalisation dans la communication politique : L'effet du « je », Synergie, N°4, 2007, 147-155 pp. 

    * 13 MAAREK J.-P., Communication et Marketing de l'homme politique, Paris, Litec, Carré droit, 2007, 266 pp.

    * 14 MERCANTI-GUERIN MARIA, « Facebook, un nouvel outil de campagne : Analyse des réseaux sociaux et marketing politique », La Revue des Sciences de gestion, n°242, Avril 2010, 15 pp.

    * 15 Sur cette question consulter les ouvrages et les articles suivants : BARBET DENIS, BONHOMME MARC, RINN MICHAEL, «  La politique mise au net », Mots. Les langages du politique, n°80, Mars 2006, 12-23pp ; GREFFET FABIENNE, ANDOLFATTO D, Les partis politiques français sur le Web, Paris, Budapest, Turin, L'Harmattan, 2001, 161-178 pp ; YILDIZ HELENE, Internet : un nouvel outil de communication multidimensionnel, Strasbourg, Ed. V Serfaty, Presses Universitaires de Strasbourg, 2002, 275-290 pp ; ETHUIN NATHALIE (dir. de thèse), BAILLY ANNE CHARLOTTE, Internet, un nouvel outil politique : L'exemple de la blogosphère du P.S lors de l'élection présidentielle de 2007, Paris, S.I, 2008, 256 pp ; CROUZET THIERRY, Le cinquième pouvoir : Comment Internet bouleverse la politique, Paris, Bourin, 2007, 284 pp.

    * 16 PENE SOPHIE, «  Bloguer la politique », Communication et langages, n° 134, 2007, 5-13pp ;

    * 17 GROSSETTI MICHEL, « Communication électronique et réseaux sociaux », Flux, n°29, 1997, 5-13pp ;

    * 18 MERCIER ARNAUD, La Communication politique, Paris, CNRS, essentiels d'Hermès, 2008, 161 pp.

    * 19 Benoît THIEULIN fût le responsable de la net-campagne de S. Royal en 2007, créateur du site la « Coopol » et « Désirs d'avenir », lors des élections présidentielles. Il fût également responsable de la campagne d'Europe-Ecologie lors des élections Européennes de 2009, il dirige une agence web appelé la Netscouade.

    * 20 Pour notre étude, nous avons décidé d'étudier les sites politiques des trois grands partis politiques Français (UMP, P.S et Front National). Nous les avons utilisés pour leur importance et l'audience qu'ils peuvent drainer sur ces plateformes.

    * 21 Les pages fan Facebook sont créées par les membres du réseau social pour se créer une image d'eux qu'ils considèrent « améliorée ». Ces pages servent à se tenir au courant de l'actualité d'une personne, d'une marque ou d'un groupe. Ainsi, elles constituent des modes de promotion efficaces et faciles d'accès pour les utilisateurs, sur lesquelles il suffit de cliquer « j'aime » pour y adhérer.

    * 22 DELPORTE CHRISTIAN « De la propagande à la communication politique », Le débat, N°138, Janvier 2006, 30-45pp.

    * 23 Pour bien caractériser les évolutions et les transformations que nous présentons nous avons, par commodités, décidé d'accoler les termes de « politique » et «  décideur ». Sur cette question consulter l'article de DELPORTE CHRISTIAN « Image, politique et communication sous la cinquième république », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°72, Octobre-Novembre 2001, 109-123 pp.

    * 24 Nous employons cette expression «  d'opinion-électorat » afin de bien caractériser l'idée que l'opinion publique est tout autant électrice et décideuse.

    * 25 Voir BOURDON JERÔME, Histoire de la télévision sous de Gaulle, Paris, INA-Anthropos, 1990.

    * 26 DELPORTE CHRISTIAN « Image, politique et communication sous la cinquième république », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°72, Octobre-Novembre 2001, 109-123 pp.

    * 27 Sur le sujet consulter l'ouvrage de WOLTON DOMINIQUE, Penser la communication, Paris, Flammarion, 1997, 234pp. La communication médiatée, est également appelée communication «  normative ».

    * 28 Nous reprenons ici la théorie développée par MAC LUHAN, qui considère que l'entrée dans le siècle dit des «  médias de masse » a modifié la façon dont les hommes communiquent entre eux et l'état du jeu politique. Sur cette question on pourra notamment consulter l'ouvrage de GERSTLE JACQUES, La Communication politique, Paris, A. Colin, Cursus, 2008, 255pp

    * 29 Citation tirée de l'article de DELPORTE CHRISTIAN « Image, politique et communication sous la cinquième république », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°72, Octobre-Novembre 2001, 109-123 pp.

    * 30 Voir en exemple, l'intervention télévisée de Jean Lecanuet en 1965. Source : http://www.ina.fr/politique/partis-politiques/video/CAF88011889/jean-lecanuet.fr.html. (Consulté le 3 Avril 2011).

    * 31 Tous les sondages de l'époque attribuaient au Général De Gaulle, une popularité inégalable et jouissait d'une excellente réputation. Voir STOETZEL JEAN, « Les sondages et l'élection présidentielle de 1965 », Revue française de sociologie, 1966, N° 72, 147-157 pp.

    * 32 A partir du décret du 14 mars 1964, l'affichage est interdit hors des panneaux officiels, dès que commence la

    campagne officielle.

    * 33 Pour autant, ces deux modes de communication ne disparaissent pas complètement, ils sont relégués à un rang inférieur comparativement à la télévision.

    * 34 Décret du 14 Mars 1964 accorde 2 heures d'antenne à chaque candidat.

    * 35 Selon C. DELPORTE, on recense près de 6,5 millions de récepteur sur le territoire Français.

    * 36 Voir sur la question l'ouvrage de MAUNIER CECILE, « La communication politique en France, un état des lieux », Market Management, n°4, 2006, 82 pp.

    * 37 Nous faisons référence au débat télévisuel qui opposa Nixon à Kennedy, il s'agit également de souligner le fait que Kennedy est parvenu à gagner en notoriété, à diffuser une image puis à se faire élire grâce à son recours important à l'outil télévisuel.

    * 38 Voir DELPORTE C. « De la propagande à la communication politique », Le débat, N°138, Janvier 2006, 30-45pp.

    * 39 Il s'est attribué le monopole de l'image politique télévisée. Il en institutionnalise les genres, il établit l'allocution et la conférence de presse. Entre 1959 et 1965, il est intervenu officiellement 41 fois, dont 12 dans le cadre de conférences de presse. Voir Jérôme Bourdon, Histoire de la télévision sous de Gaulle, Paris, INA-Anthropos, 1990.

    * 40 Voir sur le site le tableau des « Allocutions télévisées du président De Gaulle en 1958 et 1969 ». Source : http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1958-1970-la-ve-republique/de-gaulle-et-les-medias/reperes/les-allocutions-radiotelevisees-du-president-de-gaulle-1958-1969.php. (Consulté le 3 Avril 2011).

    * 41 Allocution du Général de Gaulle au JT de 20h daté de 4/03/1967 d ans laquelle il appelle les Français à voter aux élections législatives. Source : http://www.ina.fr/video/CAF94054452/allocution-du-general-de-gaulle.fr.html. (Consulté le 3 Avril 2011).

    * 42 « Faisons le point », émission politique de Pierre Corval, existe depuis les années 1950-1955. Voir un extrait d'émissions du 5/12/1958 dans laquelle on assiste à un débat sur les institutions de la Ve République. Source : http://www.ina.fr/video/I00000729/debat-sur-les-institutions-de-la-cinquieme-republique.fr.html.

    * 43 Précisons qu'il y a un peu plus tard une déclinaison des formats de ces émissions, l'interview, le face à face ou les questions directement posées à la personnalité politique de l'opinion, comme dans «  Face à l'opinion », étaient très appréciées du public.

    * 44 Consulter notamment sur le sujet l'ouvrage de DELPORTE CHRISITIAN, « Le face-à-face télévisuel », colloque Parole et médiation, École française de Rome, décembre 1999.

    * 45 BOURDON JERÔME, Histoire de la télévision sous de Gaulle, Paris, INA-Anthropos, 1990.

    * 46 Voir DELPORTE CHRISTIAN « Image, politique et communication sous la cinquième république », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°72, Octobre-Novembre 2001, 109-123.

    * 47 Le taux d'équipement des ménages passe de 70,4 % en 1970 à 90,1 % en 1980 (dont 50,4 % de téléviseurs couleur). Source : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reso_0751-7971_1993_hos_11_2_3622.

    * 48 Sur les émissions en face à face, voir par exemple À Armes égales (1970-1973) puis Les Trois Vérités (1973-1974). Sur les émissions d'interviews, voir par exemple, Actuel II (1972) ou Cartes sur table (1977-1981).

    * 49 Voir Christian Delporte, « Le face-à-face télévisuel », colloque Parole et médiation, École française de Rome, décembre 1999 ; Jean-Pierre Esquénazi, Télévision et démocratie, Paris, PUF, 1999. Voir un extrait de l'émission : http://www.ina.fr/media/petites-phrases/video/CAF97104963/debat-valery-giscard-d-estaing-francois-mitterrand.fr.html.

    * 50 Suite au débat télévisé, le candidat N. Sarkozy était accrédité dans un sondage OpinionWay pour Le Figaro de plus de 53% des votes. Sondage datant du 2 mai 2007. Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/article/20070503.OBS5364/un-sondage-realise-apres-le-debatroyal-sarkozy-cree-la-polemique.html.

    Voir un extrait du débat : http://www.ina.fr/video/3341956001/2007-le-debat-segolene-royal-et-nicolas-sarkozy.fr.html.

    * 51 NEVEU ERIK « Les émissions politiques à la télévision : Les années quatre-vingt ou les impasses du spectacle politique », Rennes, Hermès, Institut d'Etudes Politiques, N°17-18, 1995.

    * 52 DELPORTE CHRISTIAN « Image, politique et communication sous la cinquième république », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°72, Octobre-Novembre 2001, 109-123.

    * 53 DELPORTE CHRISTIAN, « De la propagande à la communication politique », Le débat, N°138, Janvier 2006, 30-45pp.

    * 54 Depuis les années 1960, cela lié au fait que des publicitaires apparaissent dans l'entourage des personnalités politiques pour gérer leur communication, l'espace publique est perçu comme un vaste marché concurrentiel, qui identifie des citoyens-électeurs perçu comme des consommateurs où l'offre politique tente de se conforter à la demande (grâce aux sondages) où l'homme politique s'applique à séduire autant que possible. Pour aller plus loin, consulter : DELPORTE CHRISTIAN « De la propagande à la communication politique », Le débat, N°138, Janvier 2006, 30-45pp.

    * 55 Nous faisons référence ici à l'instauration de la Ve République en 1958, qui fait suite aux difficultés politiques de la IVe République qui vit un affaiblissement manifeste de l'Etat.

    * 56 L'expression «  industrie politique » désigne un secteur où se développent des enjeux important et dans lequel on a quelque chose à proposer. Celle-ci se compose de la création d'outil d'analyses qualitatives, des sondages, du marketing politique, des médias et de la massification des messages politiques relayés par les médias. Voir GERSTLE JACQUES, La Communication politique, Paris, A. Colin, Cursus, 2008, 255pp ; CAYROL R., La nouvelle communication politique, Paris, Larousse, 1986, 213 pp ; MAUNIER CECILE, « La communication politique en France, un état des lieux », Market Management, n°4, 2006, 82 pp.

    * 57 La méthodologie des sondages est très critiquée car on estime que l'échantillonnage n'est pas forcément représentatif d'une dynamique générale et peut être insuffisant, la marge d'erreur est difficilement calculable, la formulation des questions peut orienter les réponses, l'honnêteté des réponses ou encore l'interprétation des réponses.

    * 58 L'IFOP est un acronyme qui signifie Institut Français de l'opinion publique. Il est crée en 1938 par Jean Stoetzel.

    * 59 Consulter l'article de DELPORTE CHRISTIAN « Image, politique et communication sous la cinquième république », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°72, Octobre-Novembre 2001, 109-123.

    * 60 On commence à systématiquement à mesurer la « cote » à partir d'Avril 1968. Ce type d'enquête permet d'établir un tableau des « présidentiables » à droite comme à gauche.

    * 61 La critique est tournée vers la méthodologie des sondages et de l'influence engendrée par les résultats. Voir en exemple, l'article de BOURDIEU PIERRE «  L'opinion publique n'existe pas », Les temps modernes, N° 318, Janvier 1973, 1292-1309 pp.

    * 62 En réalité, il en existe avant cette date par exemple, l'institut BVA est crée en 1970. En revanche, la plupart de ces instituts sont postérieurs à 1970, IPSOS (1975) ; MEDIAMETRIE (1985) ; CSA (1998).

    * 63 Loi n°77-708 du 19 Juillet 1977 qui exige que la publication et la diffusion de certains sondages d'opinion soient accompagnées d'indications précises et interdit la publication de sondages à une semaine d'un scrutin. En outre, elle prévoit la création d'une commission des sondages. Elle impose à l'institut de sondage de résumer dans une « notice », les conditions d'élaboration du sondage. La loi sera modifiée en 2002 qui ramène l'interdiction de la diffusion la veille et le jour de chaque tour du scrutin. Source : http://www.commission-des-sondages.fr.

    * 64 Selon un rapport de la commission des sondages datant de 2008, le nombre des sondages politiques sont passés de 111 en 1981 à 293 pour la présidentielle de 2007. Source : www.commission-des-sondages.fr.

    * 65 La télévision, en invitant «  ceux qui passent  bien» et «  ceux qui comptent » en fonction des résultats évoqués dans les sondages, contribue à conforter, voire à infléchir la hiérarchie de la vie politique. Sur cette critique consulter BLONDIAUX LOÏC, La fabrique de l'opinion : Une histoire sociale des sondages, Paris, Science politique, Ed. Du Seuil, 1998, 602pp.

    * 66 Voir en annexe sondages et cartographie de l'élection présidentielle de 2002. Voir Annexes : N°1

    * 67 Au premier tour de l'élection, J.- M. Le Pen obtenait 16,86 % des suffrages exprimés. J. Chirac obtenait 19,88% et L. Jospin obtenait 16,18% des suffrages exprimés. Source : http://www.france-politique.fr/election-presidentielle-2002.htm.

    * 68 Les sondages sont des enquêtes commandées et émanent pour la plupart d'instituts privés rémunérés par des fonds privés.

    * 69 Voir les critiques précédemment citées. Rappelons néanmoins que les méthodes varient en fonction des instituts de sondages et que le sondage par téléphone reste encore une pratique largement répandue.

    * 70 ANTOINE JACQUES, Histoire des sondages, Odile Jacob, 2005.

    * 71 Sur le sujet voir l'ouvrage et l'article de : ALBOUY SERGE, Marketing et communication politique, Paris, Ed. L'Harmattan, Logiques sociales, 1994, 340pp ; BOBIN J-P, Le marketing politique : vendre l'homme et l'idée, Milan, 104 pp. ; Source : Définition empruntée au site web, www.terrepolitique.com.

    * 72 Le marketing traditionnel (comprendre ici, commercial en terme de vente de produits) s'appuie sur des études de marché afin de déterminer au mieux les attentes des consommateurs. Le marketing politique s'appuie sur les sondages pour déterminer au mieux les attentes des électeurs.

    * 73 Un « plan-média » : C'est une stratégie qui met au centre la télévision, dans une moindre mesure la radio, où le ton adopté est plutôt léger et où on aborde la vie privée d'une personnalité politique dans le but de l'humaniser afin de créer une forme de proximité avec l'électorat.

    * 74 Les publicitaires les plus connus des années 1960-1980 sont J.Séguéla, M. Bongrand, A. Laurent, G.Defferre, M. Bleustein-Blanchet et G.Houriez.

    * 75 Comme le précise ALBOUY SERGE dans son ouvrage, les mutations des années 1950-1970, qui consacrent l'arrivée d'une nouvelle société où les médias, notamment la télévision, occupe une place centrale, poussent les politiques à s'adapter aux modalités du nouveau média et à se soucier du regard de l'opinion publique sur l'image que renvoient les personnalités politiques. Consulter sur la question, ALBOUY SERGE, Marketing et communication politique, Paris, Ed. L'Harmattan, Logiques sociales, 1994, 340pp.

    * 76 Au cours des années 1970, le débat politique télévisuel s'installe définitivement comme mode de médiation.

    * 77 Sur cela consulter l'ouvrage de GINGRAS ANNE-MARIE, La Communication politique : Etats des savoirs, enjeux et perspectives, Québec, Presses Universitaires du Québec, Le Delta, 2005, 275 pp.

    * 78 On estime qu'au cours de la décennie 1970-1980, le taux d'équipement passe de 70% à 90%. Par ailleurs, selon un sondage IFOP datant du 2 Février 1974, 2 Français sur 3 déclarent que la télévision est leur première source d'informations sur la vie politique française.

    * 79 Précisons, que VGE a depuis bien longtemps le rôle des médias sur l'image, ainsi On l'a ainsi vu successivement filmé en pull-over (5 février 1964), regagner son bureau de la rue de Rivoli en métro ou à pied, jouer à l'accordéon Je cherche fortune ou participer à un match de football à Chamalières.

    * 80 Phrase prononcée par VGE lors du débat de l'entre-deux-tour, qui l'opposa à François Mitterrand, sur l'ORTF le 10 Mai 1974. Source : http://www.ina.fr/media/petites-phrases/video/I00017840/valery-giscard-d-estaing-vous-n-avez-pas-le-monopole-du-coeur.fr.html. Archive INA.

    * 81 Un sondage de l'époque donne Giscard vainqueur à 47% contre 38% pour Mitterrand. Voir également DELPORTE CHRISTIAN, « Le face-à-face télévisuel », colloque Parole et médiation, École française de Rome, décembre 1999 (à paraître) ; Jean Pierre Esquénazi, Télévision et démocratie, Paris, PUF, 1999.

    * 82 L'emploie du « Je » en politique permet davantage une implication et provoque une forme de proximité. En revanche, le « Nous » est beaucoup plus impersonnel. Sur cette question voir : JERECZEK-LIPINSKA JOANNA, «  De la personnalisation dans la communication politique : L'effet du « je », Synergie, N°4, 2007, 147-155pp.

    * 83 Voir l'émission à cette adresse http://www.ina.fr/video/I10026960/vge-a-propos-des-difficultes-des-francais-et-des-immigres.fr.html. Source : Archive de l'INA.

    * 84 Voir l'émission à cette adresse : http://www.ina.fr/media/petites-phrases/video/CAF94054946/valery-giscard-d-estaing.fr.html. Source : INA Archives.

    * 85 Depuis 1965, la campagne électorale officielle attribue à un candidat, à chaque tour de l'élection, un temps d'antenne déterminé pour se présenter aux Français.

    * 86 Un sondage de la SOFRES montre qu'après la multiplication des meetings et des interventions télévisées du candidat J.Chirac, en a découlé une montée spectaculaire dans les sondages. Source : http://www.france-politique.fr/sondages-presidentielle-1995.htm.

    * 87 Voir FAYON DAVID, KOSCIUSKO-MORIZET DAVID, PUJOLLE GUY, «Web 2.0 et au-delà : nouveaux internautes du surfeur à l'acteur », Paris, Economica, 2008, 226 pp.

    * 88 Citation est extraite de l'entretien réalisé en compagnie de BENOIT THIEULIN le 11.04.2011 au sein des locaux de la Netscouade. Voir Annexe : N° 3.

    * 89 Voir l'ouvrage de FAYON DAVID, KOSCIUSKO-MORIZET DAVID, PUJOLLE GUY, «Web 2.0 et au-delà : nouveaux internautes du surfeur à l'acteur », Paris, Economica, 2008, 226 pp.

    * 90 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de B. THIEULIN datant du 11.04.2011. Voir annexes N° 3.

    * 91 OBERDORFF HENRI, La démocratie à l'ère numérique, Grenoble, PUG (Presses Universitaires de Grenoble, 2010, 168pp.

    * 92 Sur le sujet, consulter l'ouvrage de  CROUZET THIERRY, Le cinquième pouvoir : Comment Internet bouleverse la politique, Paris, Bourin, 2007, 284 pp.

    * 93 Citation extraite de l'entretien menée avec Benoît Thieulin en date du 11/04/2011, voir Annexes : N°3. Consulter également l'ouvrage de

    CROUZET THIERRY, Le cinquième pouvoir : Comment Internet bouleverse la politique, Paris, Bourin, 2007, 284 pp.  

    * 94 Sur cette question, voir les ouvrages de ROSANVALLON PIERRE, La contre-démocratie. La politique à l'âge de la défiance, Paris, Seuil, 2006, p. 75 ; VEDEL THIERRY, « L'idée de démocratie électronique. Origines, visions, questions », dans Pascal Perrineau (dir.), Le désenchantement démocratique, La Tour d'Aigues, Editions de l'Aube, 2003, p. 243-266.

    * 95 Consulter l'ouvrage de OBERDORFF HENRI, La démocratie à l'ère numérique, Grenoble, PUG (Presses Universitaires de Grenoble, 2010, 168pp.

    * 96 Sondage en ligne en date du 25-28 Septembre 2009 de la TNS SOFRES pour le Think Tank «  temps réels ». Source : http://www.temps-reels.net/files/baro-web-pol.pdf (page 10). (Consulté le 13 Avril 2011).

    * 97 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de B. THIEULIN datant du 11.04.2011. Voir Annexes N°3.

    * 98 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de B. THIEULIN datant du 11.04.2011. Voir annexes N°3. Au cours de l'entretien, B. THIEULIN précise cependant que la première utilisation du web en politique n'est pas un fait Français, il évoque le cas d'Howard Dean en 2003 aux USA. Il ajoute également que, pour lui, bien avant cette date, le web constitue un outil de médiation politique.

    * 99 Pour approfondir la question, consulter WOLTON DOMINIQUE, Penser la communication, Paris, Flammarion, 1997, 234pp.

    * 100 OBERDORFF HENRI, La démocratie à l'ère numérique, Grenoble, PUG (Presses Universitaires de Grenoble, 2010, 168pp.

    * 101 Howard Dean a gagné en notoriété grâce sa candidature aux primaires démocrates dans la perspective de l'élection présidentielle Américaine de 2004. Il est l'un des pionniers dans le recours de l'utilisation d'Internet pour la mobilisation de militants. Il est souvent cité comme le premier homme politique à avoir su utiliser Internet. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Dean (consulté de 17/04/2011). Voir également CROUZET THIERRY, Le cinquième pouvoir : Comment Internet bouleverse la politique, Paris, Bourin, 2007, 284 pp.

    * 102 Consulter  www.desirsdavenir.org/.Voir également sur le sujet http://www.politique.net/2007082303-desirs-davenir-outil-de-conquete-de-segolene-royal.htm et BARBET DENIS, BONHOMME MARC, RINN MICHAEL, «  La politique mise au net », Mots. Les langages du politique, n°80, Mars 2006, 12-23pp.

    * 103 Le terme « Think Tank » est né au Etats-Unis, la traduction français de l'expression est « laboratoire d'idées ». Un Think tank est indépendante des partis politiques et à but non lucratif. Le principe étant de réfléchir politique en groupe et de proposer des idées. Voir un exemple de Think Tank en ligne : http://www.temps-reels.net/.

    * 104 Voir sur le sujet, l'entretien mené en compagnie de Benoît Thieulin en date du 11/04/2011. Annexes N°3.

    * 105 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de Benoît Thieulin. Voir Annexes N°3.

    * 106 « Foursquare » est un réseau social de jeu et de microblogging crée en 2009. Source : www.foursquare.com. « Diaspora » est un réseau social qui se veut être une alternative à Facebook, il fût crée en 2010. Source : https://joindiaspora.com.

    * 107 Voir sondage de L'IFOP intitulé «  Observatoire des réseaux sociaux». Source : www.ifop.com/media/poll/1032-1-study_file.pdf.

    * 108 Voir la théorie « du phénomène du petit monde » du sociologue Stanley Milgram publié en 1967 et l'entretien que nous avons réalisé en compagnie de Benoît Thieulin sur la question de des modifications des pratiques grâce au web 2.0. Consulter annexe N°3.

    * 109 Cette typologie que nous établissons sert juste d'outil pour aiguiller et étayer notre propos, elle le constitue en rien, une typologie « officielle » et elle n'a pas vocation à être exhaustive. Elle est partiellement emprunté à l'ouvrage FAYON DAVID, KOSCIUSKO-MORIZET DAVID, PUJOLLE GUY, «Web 2.0 et au-delà : nouveaux internautes du surfeur à l'acteur », Paris, Economica, 2008, 226 pp.

    * 110 FAYON DAVID, KOSCIUSKO-MORIZET DAVID, PUJOLLE GUY, «Web 2.0 et au-delà : nouveaux internautes du surfeur à l'acteur », Paris, Economica, 2008, 226 pp.

    * 111 Selon le site webmarketing.com, en Août 2010, 31% des Français sont présents sur Facebook (environ 19.444.660 d'utilisateur sur tout le territoire national). Dans le monde, les Etats-Unis demeurent les premiers utilisateurs de Facebook, ils sont suivis du Royaume-Uni et de l'Indonésie. Source : http://www.webmarketing-com.com/2010/08/23/7654-statistiques-facebook-31-des-francais-presents-sur-le-reseau-social (Consulté le 17/04/2011).

    * 112 Voir l'article et l'ouvrage de YANOSHEVSKY GALIA, « Les réseaux sociaux et l'échange entre l'homme politique et les internautes : le cas de Facebook après les élections présidentielles en France », Argumentation et Analyse du Discours, La lettre, laboratoire des valeurs ? 2010, N°5, 15pp ;

    * 113 Twitter est un outil de microblogging qui permet d'envoyer des messages de 140 signes (ou "tweets") aux internautes qui suivent chaque compte: les "followers" ou abonnés. La France compte 1,8 million d'utilisateurs en février 2010 Source : Nielsen. Les fonctionnalités de Twitter demeurent néanmoins moins importantes que celles offertes par Facebook.

    * 114 Voir MAAREK P.-J. (Sous la direction de), La communication politique de la présidentielle de 2007 : Participation ou représentation ?, Paris, L'Harmattan, Communication et Civilisation, 2008, 189 pp.

    * 115 Je présente ici ma méthodologie d'analyse des échanges observés sur les réseaux sociaux, nous reprenons la méthode utilisée dans cet article ; YANOSHEVSKY GALIA, « Les réseaux sociaux et l'échange entre l'homme politique et les internautes : le cas de Facebook après les élections présidentielles en France », Argumentation et Analyse du Discours, La lettre, laboratoire des valeurs ? 2010, N°5, 15pp. Par ailleurs, il faut veiller à observer les comptes certifiés et officiels des personnalités politiques.

    * 116 BENOIT HAMON est le porte-parole du Parti socialiste et conseiller régional d'Ile-de-France. L'adresse du compte Twitter de Benoit Hamon est « twitter.com/benoithamon. ». Il dispose de 50,087 abonnés (suiveurs) et 1,232 abonnements (suivis). (Consulté le 18/04/2011).

    * 117 Le quotidien Sportif évoquait que le judoka Teddy Riner, aurait abandonnerai le judo pour aller jouer au rugby dans le club du R.C Toulon. Source : http://www.lequipe.fr/Rugby/breves2011/20110401_085529_riner-signe-a-toulon.html.

    * 118 N. Kosciusko-Morizet est ministre de l'Ecologie, du développement durable, des Transports et du Logement, elle est également maire de Longjumeau en Essonne. Elle possède 69,133 abonnés et 200 abonnements. Elle est membre de L'UMP. Source : http://twitter.com/nk_m. (Consulté le 19/04/2011).

    * 119 Sur le sujet consulter l'ouvrage de YILDIZ HELENE, Internet : un nouvel outil de communication multidimensionnel, Strasbourg, éd. V Serfaty, Presses Universitaires de Strasbourg, 2002, 275-290 pp et l'article de BARBET DENIS, BONHOMME MARC, RINN MICHAEL, «  La politique mise au net », Mots. Les langages du politique, n°80, Mars 2006, 12-23pp.

    * 120 Ségolène Royal est Présidente Région Poitou-Charentes (depuis 2004), Vice-présidente de l'Internationale socialiste, Présidente de l'Association Internationale des Régions Francophones. Elle est membre du Parti Socialiste et a été candidate à l'élection présidentielle de 2007. Source : l'adresse de la page de Ségolène Royal est https://www.facebook.com/segoleneroyal?sk=wall.

    * 121 Voir Annexes : N°8 et N°9.

    * 122 Dominique de Villepin est le président du parti «  République solidaire ». Il a été plusieurs fois membre du gouvernement en qualité de premier ministre, ministre de l'intérieur ou ministre des affaires étrangères entre 2002 et 2007.

    * 123 Voir annexes : N°10 et N°11.

    * 124 Voir Annexe : N° 12. Source : https://www.facebook.com/nicolassarkozy?sk=wall.

    * 125 Sur cette question, consulter l'article de MERCANTI-GUERIN MARIA, « Facebook, un nouvel outil de campagne : Analyse des réseaux sociaux et marketing politique », La Revue des Sciences de gestion, n°242, Avril 2010, 15pp.

    * 126 On a décidé de prendre en exemple la campagne de B. Obama parce qu'elle constitue aujourd'hui le meilleur exemple que les formations politiques françaises citent en exemple. De plus, cette campagne illustre au mieux notre propos.

    * 127 Voir Annexe N°5. «  Rapport de la mission d'étude de Terra Nova sur les techniques de Campagnes américaines »

    * 128 Selon F. Fauconnier, le budget pour l'e-pub a représenté près de 5 millions de $. Source : Journal du Net du 6/11/08.

    * 129 Citation extraite de l'article de MERCANTI-GUERIN MARIA, « Facebook, un nouvel outil de campagne : Analyse des réseaux sociaux et marketing politique », La Revue des Sciences de gestion, n°242, Avril 2010, 15pp.

    * 130 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de Benoît Thieulin, en date du 11/04/2011. Voir Annexes : N°3.

    * 131 Sur ce point consulter les ouvrages de GREFFET FABIENNE (dir.), « Continuerlalutte.com, Les partis politiques sur le Web », Publications Sciences-Po (à paraître), 2011, 324pp et

    YILDIZ HELENE, Internet : un nouvel outil de communication multidimensionnel, Strasbourg, ed. V Serfaty, Presses Universitaires de Strasbourg, 2002, 275-290 pp.

    * 132 Le président B. Obama 19.329.068 de fans sur Facebook et 7,446, 474 Millions de suiveurs sur Twitter. Source : http://www.lepost.fr/article/2011/04/19/2470765_le-president-des-etats-unis-mr-barack-obama-are-you-in-etes-vous-de-la-partie.html. (Consulté le 19 Avril 2011). Source : https://www.facebook.com/barackobama ; http://twitter.com/BARACKOBAMA. Voir la vidéo de l'annonce : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=OxqQmt_F240; http://www.youtube.com/watch?v=k2otWXW7D6E.

    * 133 Citation extraite de l'entretien en date du 11/04/2011 mené en compagnie de Benoît Thieulin. Voir Annexes : N°3.

    * 134 Voir l'article : http://www.journaldunet.com/0505/050523bilanpartispo.shtml. Source: déclarations des partis politiques recueillies par le Journal du Net, mai 2005.

    * 135 Consulter  www.desirsdavenir.org/. En outre, précisons que Benoît Thieulin fût l'un des principaux artisans de la création du site en 2006 au moment des primaires socialistes.

    * 136 Sondage en ligne datant du 25 et 28 Septembre 2009 du Think Tank «  Temps réels » avec la TNS Sofres. Source : http://www.temps-reels.net/files/baro-web-pol.pdf (page n°8). (Consulté le 20/04/2011).

    * 137 Pour l'analyse voir en annexe le tableau comparatif des sites. Annexes : N°17

    * 138 Voir Annexes «  Tableau ». N°17.

    * 139 Voir annexes : N°13 ; N°13 bis. Source : http://www.parti-socialiste.fr. (Consulté le 20/04/2011).

    * 140 La Coopol, pour «  La coopérative politique », est le réseau social du parti socialiste. Il sert à débattre mais aussi à mobiliser les sympathisants et les adhérents du parti de gauche. Le site a été crée en Janvier 2010, selon le site http://www.strategies.fr, le site revendique 34 000 membres 1 an après sa création en Janvier 2011. (Consulté le 20/04/2011). Consulter Annexes : N°15.

    * 141 Voir Annexes : «  Tableau » N°17.

    * 142 Voir Annexes : N°14 ; N°14 bis. Source : http://www.lemouvementpopulaire.fr. (Consulté le 20/04/2011).

    * 143 Au moment de notre étude le réseau social de l'UMP, « les créateurs de possibles » ( www.lescreateursdepossibles.com), a été fermé à partir de Janvier 2011, par le site du parti, un an après sa création pour des raisons d'audiences insuffisantes, de coûts trop élevés et d'une mauvaise perception du site. Selon un rapport Interne, le site aurait coûté environ 1.2 Millions €. Le site a donc décidé d'utiliser Facebook comme réseau social pour la mobilisation et le recrutement. Source : http://www.lexpress.fr/actualité/politique/les-createurs-de-possibles-bientôt-fermes-par-l-ump_948217.html. (Consulté le 21/04/2011). On pourra en outre également citer le réseau social du Modem, appelé « Les démocrates ». Source : http://www.lesdemocrates.fr.

    * 144 Voir l'article en ligne. Source : http://www2.cnrs.fr/presse/thema/308.htm.

    * 145 Blog : Terme inventé par Peter Merholz en 1999. Il correspond au synonyme de weblog. Employé pour la première fois dans le jeu de mots «  we blog ». Il a donné naissance au verbe « bloguer » (publier un billet dans un blog) et au nom blogueur (personne qui blogue). Définition extraite de l'ouvrage de CROUZET THIERRY, Le cinquième pouvoir : Comment Internet bouleverse la politique, Paris, Bourin, 2007, 284 pp.

    * 146 Consulter sur le sujet l'article de PENE SOPHIE, «  Bloguer la politique », Communication et langages, n° 134, 2007, 5-13pp.

    * 147 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de Benoît Thieulin en date du 11/04/2011. Voir Annexes N°3 sur les blogs des personnalités politiques.

    * 148 Pour aller plus loin sur ce point, consulter OBERDORFF HENRI, La démocratie à l'ère numérique, Grenoble, PUG (Presses Universitaires de Grenoble, 2010, 168pp.

    * 149 Précisons que l'analyse de ces deux blogs a été effectuée à la date du 22/04/2011. Il est également nécessaire de préciser que les deux personnalités sont des candidats déclarés à l'élection présidentielle de 2012, cette précision permet de comprendre dans quelles perspectives le discours produit sur ces blogs est relativement important pour les internautes.

    * 150 Citation extraite du blog de François Bayrou. Source : http://www.bayroublog.com/. (Consulté le 22/04/2011). Voir Annexes : N° 15.

    * 151 Voir Annexes : N°15 bis.

    * 152 Citation extraite du blog de François Hollande. Source : http://www.francoishollande.fr. Voir Annexes : N°16.

    * 153 Idem à la note 150. Voir Annexes : N°16 bis.

    * 154 Source : http://www.francoishollande.fr/31032011/declaration-de-candidature-de-francois-hollande-la-presidentielle.

    * 155 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de Benoît Thieulin en date du 11/04/2011. Voir Annexes : N°3.

    * 156 Sur le sujet voir MOUCHON J., « Le résistible déclin du débat public à la télévision », Mots, ENS LSH Lyon, n° 67, 2001, 8 pp.

    * 157 Sur la question voir l'ouvrage de LE FOULGOC AURELIEN, «  Politique & télévision : Extension du domaine politique », Paris, I.N.A, Médias essais, 2010, 210pp.

    * 158 Sources : http://www.france-communication.com/actualites-en-regions/ile-de-france/profile-pr/2244-une-nouvelle-emission-politique-sur-i-tele-et-radio-classique.html; http://www.katorze.com/le-mag/actus-media/direct-8-une-nouvelle-emission-politique-pour-la-compagne-de-francois-hollande; http://www.hellocoton.fr/laurence-ferrari-explique-sa-nouvelle-emission-politique-2484199; http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/France-3-prepare-son-emission-politique-303177/?sitemapnews.

    * 159 Pour cette étude, nous avons procédé à l'étude des émissions invitant des professionnels de la politique et traitant de sujets politiques, les émissions peuvent avoir la forme de magazines, d'émissions de plateaux spécialisées ou de divertissement. Voir Annexes : N°17 « Cartographie des émissions télévisuelles ».

    * 160 Similaire à la note précédente. Voir Annexes : N°18 « Cartographie des émissions radiophoniques ».

    * 161 Etude réalisée par l'agence www.mediametrie.fr sur les PDA réalisées par les chaînes de télévision pour la période Fév.-Avril 2011. Source : http://www.mediametrie.fr/television/communiques/l-audience-de-la-television-en-mars-2011.php?id=431.

    * 162 Etude réalisée par l'agence www.mediametrie.fr sur les PDA réalisées par les stations de radio pour la période Janvier-Mars 2011. Source : http://www.mediametrie.fr/radio/communiques/l-audience-de-la-radio-en-france-sur-la-periode-janvier-mars-2011.php?id=433.

    * 163 Voir en exemple un extrait de l'émission «  On n'est pas couché » du 13/10/2011 où Dominique de Villepin était invité. Source : http://www.youtube.com/watch?v=Vl46tP4FCP0; Voir également un extrait de l'émission «  Face aux Français » du 26/01/2011 où Ségolène Royal était invitée. Source : http://www.youtube.com/watch?v=qd5zMsEQyQ8.

    * 164 Voir en exemple un extrait de l'émission « Dimanche + » du 24/04/2011 où Christian Estrosi était invité. Source : http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3354-c-dimanche.html; Voir également l'ouvrage de LE FOULGOC AURELIEN, «  Politique & télévision : Extension du domaine politique », Paris, I.N.A, Médias essais, 2010, 210pp.

    * 165 Sur le sujet consulter l'ouvrage de CAYROL ROLAND, « La revanche de l'opinion : Médias, sondages, Internet », Paris, Jacob Duvernet Ed, Quelle France Demain, 2007, 205 pp.

    * 166 Sur le sujet, voir l'article de Libération. Sources : http://www.liberation.fr/medias/0101135750-les-emissions-politiques-du-debat-ideologique-au-regne-des-sondages. (Consulté le 13/04/2011).

    * 167 Citation extraite de l'entretien menée en compagnie de Benoît Thieulin en date du 11/04/2011. Voir Annexes : N°3.

    * 168 Sur le sujet, voir l'article du journal du «  Point » en ligne. Source : http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/les-cantonales-brident-la-presence-des-politiques-a-la-tele-07-02-2011-136385_52.php.

    * 169 Voir l'étude en ligne intitulée «  Internet creuse la facture civique » de T. VEDEL. Source : http://www.iceta.org/tv210610.pdf. (Consulté le 24/04/2011).

    * 170 AJAVON F.-X., « Perspectives et enjeux politiques de la veille médiatique audiovisuelle », Market Management, N° 13, 2006, 5-21pp.

    * 171 Sur ces questions consulter OBERDORFF HENRI, La démocratie à l'ère numérique, Grenoble, PUG (Presses Universitaires de Grenoble, 2010, 168pp ; GREFFET FABIENNE, « Les campagnes sur la Toile », Revue politique et parlementaire, 1044, 2007, p. 45-49.

    * 172 Sur le sujet voir l'article en ligne sur http://www.politique.net/2007033102-quand-les-hommes-politiques-creent-leur-propre-web-tv.htm. Voir les web TV www.bayrou.tv; www.sarkozy.fr; www.parti-socialiste.tv

    * 173 Sur cette question consulter MOEGLIN PIERRE, TREMBLAY GAËTAN, L'avenir de la télévision généraliste, Paris, L'Harmattan, Communication et civilisation, 2005, 251pp.

    * 174 Etude de l'institut IFOP datant de Novembre 2010 et disponible en ligne. Source : http://www.ifop.com/media/poll/1470-1-study_file.pdf. (Consulté le 25/04/2011).

    * 175 CROUZET THIERRY, Le cinquième pouvoir : Comment Internet bouleverse la politique, Paris, Bourin, 2007, 284pp.

    * 176 Citation extraite de l'entretien mené en compagnie de Benoît Thieulin en date du 11/04/2011. Voir Annexes : N°3.

    * 177 Voir WOLTON DOMINIQUE, Internet et après ? Une théorie critique des nouveaux médias, Paris, Flammarion, 1999, 240p.

    * 178 Voir en exemple sur le sujet l'ouvrage de BENVEGNU NICOLAS, « Au-delà de la technique : l'introduction d'Internet dans le répertoire de mobilisation électorale de candidats en campagne. Le cas des élections législatives de juin 2002 », Terminal, (92), 2005, p.15-25.

    * 179Voir les ouvrages de DELPORTE CHRISTIAN « Image, politique et communication sous la cinquième république », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, N°72, Octobre-Novembre 2001, 109-123 ; DELPORTE CHRISTIAN « De la propagande à la communication politique », Le débat, N°138, Janvier 2006, 30-45pp.

    * 180 Pour rappel, le T.C.E est le traité sur la constitution Européenne.