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Causes de la prise en charge tardive des hernies inguinales : cas du service de chirurgie de l'hopital général de Bertoua


par Christelle KEMBENG TSAYEM
Ecoles des infirmiers - Infirmière niveau 3 2013
Dans la categorie: Biologie et Médecine
   
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INTRODUCTION

La hernie est une pathologie bénigne et très répandue dans le monde. En effet, il existe plusieurs types de hernies à savoir : la hernie discale, la hernie crurale, la hernie ombilicale, la hernie inguinale et bien d'autres. La hernie inguinale (HI) sur laquelle porte notre étude, est la sortie des viscères abdominaux à travers l'orifice naturel inguinal de la paroi abdominale (dictionnaire médical, 2008). Elle constitue une pathologie chirurgicale très fréquente dont le diagnostic est simple et le traitement chirurgical ne doit souffrir d'aucun retard, du fait du risque de survenue de complications redoutables pouvant être mortelles, justifiant d'envisager systématiquement la cure chirurgicale préventive de toute hernie. Il existe plusieurs facteurs favorisant leur apparition. Ces facteurs sont essentiellement ceux qui font augmenter les pressions qui règnent dans l'abdomen.

En Afrique, la hernie inguinale constitue un important problème de santé publique, à cause de sa prévalence élevé chez les hommes (Aschley, 1954) ; Ces hernies sont la cause de souffrances, d'incapacités de travail, de frais chirurgicaux. Elles peuvent apparaître à tout âge, y compris chez le nouveau-né. Sa complication la plus grave étant l'étranglement herniaire, constitue une urgence chirurgicale. En l'absence de prise en charge, l'issue peut être fatale.  

Au Cameroun, plus particulièrement à l'Est, cette pathologie est fréquemment rencontrée en chirurgie, mais sa prise en charge n'est pas évidente pour plusieurs raisons pouvant être socioculturelles ou économiques. .

C'est ainsi que durant nos trois années de stages hospitaliers, nous avons été marqués par le retard avec lequel certains patients souffrant de HI arrivaient en consultation, et pire encore, certains ne venaient qu'au stade de l'étranglement. Ce qui nous a confrontés à mener une étude sur «  les causes pré hospitalières de la prise en charge tardive des hernies inguinales ». Pour mener à bien ce travail, cette étude s'est articulée en quatre (04) chapitres, à savoir :

- Chapitre I : Problématique ;

- Chapitre II : Méthodologie ;

- Chapitre III : Présentation des résultats de l'enquête ;

- Chapitre IV : Synthèse et discussion ;

Nous terminerons par des suggestions et conclusion.

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE

I-1 Contexte et justification

Dans le monde, la hernie est une pathologie bénigne et très fréquente. En effet plus de 20 millions de patients sont opérés de hernies par an dans le monde. La hernie inguinale sur laquelle porte notre étude, est une pathologie constituant les ¾ des hernies de l'abdomen. C'est l'une des pathologies les plus fréquentes en chirurgie générale. Elle peut étrangler une portion des intestins, bloquer le transit des matières fécales et se compliquer en occlusion intestinale et le seul traitement efficace est chirurgical. Elle touche 1 à 4 % des enfants et majoritairement les garçons. Pr F.Varlet, 2004 dans C@mpus National de pédiatrie.

La hernie inguinale peut apparaitre à tout âge, y compris chez les nouveaux nés. Sa fréquence s'accroit nettement avec l'âge. L'incidence globale varie de 0,8 à 4,4 % chez l'enfant tout âge confondu. Après intervention chirurgicale le taux de récidive est inférieur à 2% chez l'adulte ; 0,5 à 1% chez le nourrisson et plus élevé en cas de prématurité. Le risque d'étranglement herniaire dans la première année de vie est estimé à 30%.

En Europe, elle est fréquente, concerne environ 3 à 4% des enfants et touche les patients dont l'âge moyen est compris entre 30-60ans. Une hernie inguinale n'a aucune chance de guérir spontanément et ne peut être traitée que par une intervention chirurgicale. (Marie BAZET, 2008).

En France, ce sont environ 200000 adultes qui sont opérés chaque année. Chez l'enfant on compte 8 garçons pour une fille. Docteur Patricia Grandcoin (2011) a souligné que «  la hernie inguinale est 7 fois plus fréquente chez l'homme et, représente après l'appendicectomie l'intervention la plus habituelle de chirurgie générale ». En général, ces hernies que nous décrivons sont en règles acquises. Leur négligence entraine le plus souvent des complications graves dont le risque majeur est l'étranglement. Son évolution se fait en quelques heures vers la nécrose ischémique mettant en jeu le pronostic vital (mortalité 15%).

Docteur Bruno Janssen(2011) énonce que « la cure herniaire ne peut être que chirurgicale ». L'évolution des hernies inguinales est imprévisible. Certaines grossissent progressivement, d'autres ne changent guère au fil du temps. Mais la hernie ne disparaît jamais d'elle-même d'où la nécessité de se rendre immédiatement à l'hôpital en cas d'une douleur ou d'une masse grossissante au niveau de la zone inguinale.

Au Canada ce trouble touche 3 à 8% des personnes (Canoë Santé, 1996-2013) et est 10 fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Elle survient souvent après 50 ans (sur un ou deux côtés de l'aine) et entraine environ 10% de l'ensemble d'hospitalisation en chirurgie.

Rien qu'en Allemagne, plus de 250 000 nouveaux cas de hernies inguinales surviennent chaque année. Les hommes sont en particulier plus frappés que la moyenne. Les hernies inguinales représentent 1/5 de toutes les opérations pratiquées et représentent l'intervention chirurgicale la plus fréquente. (Dr. Muschaweck, 2012)

En Afrique, elle touche environ 4,6% de la population (Harounay et al, 2009) et survient chez des patients plus jeunes par rapport aux études européennes. Cette différence d'âge réside dans le fait qu'en Afrique la population vit majoritairement des travaux agricoles sollicitant beaucoup de muscles de la sangle abdominale. Elle est la forme la plus fréquente à cause de la durée d'évolution avant la consultation.

Une étude menée au CHU de Treichville (Abidjan-Cote d'ivoire, 2008) précise que les complications des HI sont graves et peuvent mettre en jeu le pronostic vital, d'où la nécessité d'opérer celles du nouveau-né, du nourrisson et de l'adulte en semi- urgence lorsqu'elle est vite détectée afin d'éviter le risque d'étranglement. On ignore la cause précise de certaines HI, mais dans beaucoup de cas elles résultent d'une augmentation de la pression dans l'abdomen, d'un point faible dans la paroi abdominale ou d'une combinaison des deux. Parlant des conditions de vie du malade il peut s'agir d'un sujet âgé ou inactif, ayant une vie sédentaire. Certaines hernies sont observées chez les grabataires et souvent à l'occasion d'un étranglement, mais il s'agit souvent aussi d'un sujet actif se livrant à un travail de force ou des activités sportives. 

En République du Niger, elle est d'une fréquence importante dans le pays, puisqu'elle est encore considérée dans certaines contrées comme une maladie honteuse. L'étranglement constitue souvent le stade évolutif du diagnostic, initialement fait dans les hôpitaux de district. Malheureusement, de nos jours encore certaines pratiques traditionnelles, l'éloignement des centres de références existent. L'incidence de la hernie inguinale chez l'enfant est estimée entre 1 et 13% et atteint 30% chez les prématurés.

Selon Lemelle et Coll (2008), elle touche beaucoup plus les enfants avant l'âge de 12 mois et entre 2-10 ans. La hernie n'est pas une maladie grave mais cependant, elle peut être invalidante en entrainant un gène ou des douleurs à l'effort. La complication peut encore de nos jours entrainer la mort si l'intervention n'est pas faite assez rapidement.

Au Cameroun, la hernie est aussi un problème de santé publique vue les circonstances d'apparition et de prise en charge pas facile. Les types les plus fréquents sont la HI et la HIS. La HI est plus fréquente chez les hommes et survient à tout âge.

A Nanga-Eboko, 238 cas de hernies ont été recensés à l'hôpital de district en 2011, donc plus de 195 étaient la hernie inguinale. (Cameroun tribune, 2011)

La Région de l'Est est aussi touchée par cette pathologie vue les conditions de vie dans lesquelles certaines personnes se trouvent. C'est ainsi qu'à travers les registres de chirurgie de l'HRB nous avons pu ressortir les statistiques dans le tableau suivant ;

Tableau : statistiques des patients souffrant de hernie inguinale à L'HRB

Date

Hernie

Hernie Inguinale

pourcentage

2011

32

25

78%

2012

40

29

72,5%

Total

72

54

75,25%

Cela montre une augmentation des personnes souffrant de hernie inguinale en valeur absolue et il est à noter que, la plupart de ces patients viennent à l'hôpital avec une HI ayant durée au moins plus d'un an.(Registre de chirurgie de l'HRB).

Durant nos multiples stages hospitaliers à l'hôpital régional plus précisément dans le service de chirurgie, nous avons été marqués par une fréquentation des personnes souffrant de HI depuis plus d'1 an. En effet le cas qui nous a particulièrement touchés a été celui d'un homme, reçu pour une hernie inguinale volumineuse depuis 4 ans. La prise en charge n'a pas été facile comme cela est le cas pour toute pathologie au stade avancé. Face à cette situation nous nous sommes proposés de mener une étude sur les « causes pré-hospitalières de la prise en charge tardive des hernies inguinales » : cas du service de chirurgie de l'HRB. D'où la question de recherche suivante: 

Quelles sont les causes pré-hospitalières qui entravent la prise en charge des hernies inguinales?

Pour mener à bien notre recherche, nous avons mis sur pied un certain nombre d'objectifs ci-dessous :

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