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La taudification de la commune de Lingwala : causes, conséquences et perceptive de rénovation en quartier durable

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par Jean Pierre BWAZU DUNGIA
Institut supérieur d'architecture et d'urbanisme(I.S.A.U):Kinshasa/RDC - Licence 2012
  

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CONCLUSION GENERALE

Un aménagement durable de quartier se conçoit par une prise en compte d'un ensemble d'impacts tant au niveau environnemental qu'aux niveaux économique et social, aussi bien lors du déroulement du projet que dans sa phase d'exploitation. Cela signifie que, dans une approche conceptuelle, il faut prendre en compte différents paramètres comme :


· la question de l'étalement urbain (ville compacte) et de la densité : la question de la densité suppose une utilisation efficace de l'espace pour équilibrer les fonctions liées au logement, à l'emploi, aux équipements et infrastructures collectifs, à la mixité des fonctions, à la mobilité intermodale et douce ; la limite de l'étalement urbain est également prioritaire, compte tenu notamment de l'impact de la ville sur l'empreinte écologique, ce qui signifie qu'il faut privilégier sa compacité ;


· les flux
: dans la logique du quartier durable, la question des flux d'éléments et de matières (eau, énergie, matières premières, production de déchets...) doit être évaluée dans la perspective de leur sauvegarde (préservation et valorisation de la biodiversité) d'une économie à utilisation rationnelle de l'énergie, récupération de l'eau de pluie...), d'une valorisation efficace (utilisation des énergies renouvelables), d'économie en boucle (valorisation de la biomasse issue de la collecte de déchets ménagers) ;


· les questions sociales : si l'on considère le quartier comme un système vivant, avec des interactions entre des individus qui interagissent entre eux et sont intégrés à des logiques fonctionnelles (habitat, loisirs...), il faut concevoir le quartier de manière à offrir des infrastructures et services accessibles à tous ;


· les technologies innovantes : la (ré) vitalisation d'un quartier en quartier durable s'accompagne généralement de la mise en oeuvre de technologiques innovantes, par exemple dans le domaine des énergies renouvelables ou de l'utilisation rationnelle de l'énergie, ce qui se traduit par la création d'emplois dans des nouvelles filières économiques ;


· l'architecture : il y a nécessité de mener une réflexion sur l'architecture contemporaine, patrimoine de demain et sur l'architecture écologique, dans le souci de qualité pour tous les habitants, comme composante de l'identité du quartier durable ;


· la participation : la réussite d'un quartier durable repose généralement sur une dynamique participative forte, dont les acteurs s'impliquent depuis l'idée du projet jusqu'à le vivre. Cette composante est indispensable pour que les principes du développement durable soient compris, acceptés et fassent l'objet d'une appropriation dans les pratiques quotidiennes de tous les habitants du quartier.

Par ailleurs, depuis le milieu des années 1990, le droit de l'urbanisme a considérablement évolué, pour imposer la prise en compte du développement durable dans toute opération urbaine, quelle qu'en soit l'échelle de la planification intercommunale ou communale, jusqu'à l'opération d'aménagement proprement dite. Mais cette évolution a également contribué à un foisonnement réglementaire dans lequel les responsables territoriaux doivent inscrire la mise en oeuvre de leurs politiques urbaines et de leurs projets d'aménagement.

C'est donc à la fois pour contribuer au respect des exigences réglementaires en matière d'environnement et, surtout, pour favoriser la recherche d'une véritable plus value environnementale et énergétique dans les pratiques urbanistiques que nous avons étudié et proposé la rénovation de Lingwala. Nous l'avons fait avec un souci constant de pragmatisme et d'efficacité. Cela confère un caractère d'opérationnalité et d'adaptabilité qui permettra aux acteurs de l'utiliser, dans la quasi-totalité de projets d'aménagement et d'urbanisme qu'ils seront amenés à conduire, pour améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, sans hypothéquer celle des générations futures.

Le quartier durable n'est plus une utopie ! On le considère aujourd'hui comme des références incontestables en matière d'efficacité énergétique des bâtiments, d'utilisation des énergies renouvelables, de mobilité douce ou de gestion environnementale au sens large (gestion des l'eau, maintien de la biodiversité ...). Certains quartiers démontrent clairement que le concept d'éco-quartier permet de réduire l'empreinte écologique (concept Zéro émission), tout en diminuant les inégalités sociales et écologiques et en créant de l'emploi local.

Les outils réglementaires et juridiques (en aménagement du territoire, en revitalisation urbaine, ...) et leviers (plans divers, systèmes de primes, facilitateurs,...) existent pour activer une politique axée vers le quartier durable. La dynamique dans laquelle s'inscrirait la commune pour oeuvrer en faveur du développement durable est un facteur favorisant la volonté politique de voir naître sur son territoire, un quartier durable.

C'est pourquoi, la contagion du concept de développement durable doit encore faire son chemin dans les villes congolaises, comme nous avons tenté de faire à Lingwala en :

§ utilisant efficacement l'espace d'une manière horizontale pour équilibrer les fonctions liées au logement, à la mixité des fonctions, à l'étalement urbain;

§ concevant un éco-quartier de manière à offrir des infrastructures et services accessibles à tous ;

§ offrant aux habitants l'opportunité de vivre dans le respect de l'environnement (bâtiments à basse consommation ou à énergie positive ; limitation des déchets ; recyclage ; utilisation de matériaux naturels et écologiques ; limitation de la consommation d'eau, etc.) et de profiter d'un cadre de vie propre et sûr ;

§ réduisant la consommation d'eau par un triple système de récupération des eaux protégeant la ressource. 

Au cours de cette étude, nous avons tenté d'ouvrir des portes pour que les élus locaux ou régionaux programment, dans leur action politique, des objectifs de développement durable, à l'échelle territoriale, et dans ce cas, particulièrement à l'échelle du quartier.

Cette programmation appartient, en effet, à la sphère politique ; tandis que la conception et la planification du projet appartiennent aux professionnels, qui doivent conserver leur part d'autonomie et d'inventivité dans leur travail.

Dans ce sens, programmer un quartier durable consiste alors à :


· définir les modes de « qualité de vie/qualités de ville", que l'on cherche à mettre en oeuvre (une mobilité douce, la sécurisation de l'espace public, la gestion économe des ressources, la santé...). A cet égard, les exemples réalisés sont très importants pour donner corps à ces "qualités". L'examen des exemples devrait alors permettre de lister ces "qualités de ville" recherchées ;


· définir des cibles performantielles : il faut ensuite systématiquement lier ces qualités de ville à des objectifs plus précis qui permettent d'y arriver (énergie,

éco-gestion de l'eau, concepts de boucles locales pour les matériaux, les déchets, «altermobilité »...). Le choix de ces cibles est encore un travail éminemment politique ; il implique un projet large pour le quartier, la commune, la province... Mais il doit être concret (parler de % de rejets d'eau, de kWh/m², de kg de CO2, etc.).


· identifier les moyens/outils juridiques, qui permettent aux élus, d'en assurer la réalisation dans tous les cas de figure (maîtrise foncière publique ou gestion des acteurs privés, gros projets en neuf, petits projets en rénovation...). Très pratiquement, il est important de savoir, s'il suffit d'imposer une cible (comment éviter les recours devant le tribunal) ou si quelques lignes dans un cahier des charges sont suffisantes (l'administration peut-elle l'imposer dans un cahier des charges ?).... Il est également important d'identifier quels sont les processus de contrôle et quelle est la base légale pour ces contrôles ?


· enfin, identifier les techniques (constructives...), qui les rendent accessibles (construction passive, perméabilisation des sols, voitures partagées,...). Il s'agit ici d'information pure. Elle doit être mise en relation aux spécificités locales (qualité des sols ou topographie, problèmes urgents...). Le retour d'expérience de chaque technique est important, même si elles ne sont pas toutes mises en oeuvre dans le même quartier. Il faut laisser aux concepteurs le choix de méthodes, pour autant que les cibles soient atteintes.

Pour accélérer les politiques d'un aménagement du territoire et d'un urbanisme durable, il est évident que tous les niveaux de pouvoir, le gouvernement central en tête, doivent accorder leurs violons, pour mettre en oeuvre un plan ambitieux pour l'efficacité énergétique des bâtiments, basé notamment sur les mesures fiscales favorables, des mécanismes permettant de préfinancer des opérations (tiers investisseur, partenariat public privé...).

A ce sujet, les communes doivent faire pression sur les niveaux de pouvoir supérieur, car seules, la voix vers le développement durable sera sans doute plus longue.

Aujourd'hui, la question du (ré) construction, de la revitalisation d'un quartier ne peut se contenter de solutions purement techniques (des logements, des infrastructures publiques, des voies d'accès...). Elle doit reposer sur les dynamiques sociales, les usages, le développement économique, la qualité de vie, et doit conduire à réduire les inégalités écologiques là où les inégalités sociales sont déjà bien présentes.

Bien plus que l'utilité d'un quartier pour lui-même, qui fait de lui un usage purement « mécanique », il faut penser sa revitalisation, dans une approche « organique » ou « dynamique », qui fait qu'un quartier se construit avec ses habitants, se vit au quotidien. Tout l'inverse d'un quartier où les habitants subissent les contraintes liées à la mobilité (ou à l'immobilité), à la hausse de la facture énergétique, à un sentiment d'insécurité, à la promiscuité, à l'insalubrité, aux nuisances.

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus