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CHRISTOPHE FAUCONNEAU DUFRESNE
EPISTEMOLOGIE DE LA COMMUNICATION MAMMALIENNE
L'épistémologie est une activité
théorique qui se compose d'un double mouvement méthodologique.
D'une part cette activité peut se comprendre comme une analyse
descriptive et critique des discours et des pratiques scientifiques, qui
encadrent la communication par exemple, d'autre part elle peut s'entendre comme
l'étude des processus cognitifs, comme une gnoséologie. Nous
l'employons dans cette deuxième acception, en tant qu'analyse des
processus cognitifs qui sous-tendent le transfert d'information entre
Mammifères.
Pourquoi la communication ? Tout d'abord, parce que c'est une
activité à valeur stratégique pour
l'épistémologue dans la mesure où elle permet de relier le
social à la pensée, et la pensée au biologique. Ensuite,
parce qu'elle permet de mettre en évidence une dimension
négligée par la philosophie : la conscience animale.
Enfin, pourquoi les mammifères ? Parceque c'est la
classe qui regroupe les espèces les plus corticales, et à
laquelle nous appartenons. Autrement dit, c'est la classe susceptible de
présenter le plus grand nombre d'affinités
phylogénétiques et fonctionnelles avec l'Homme.
Nous envisagerons tout d'abord la question des
préalables biologiques et logiques à la cognition mammalienne des
signaux de communication, question que nous limiterons à la
sphère des primates. Puis nous tenterons d'approcher la diversité
matérielle des signaux, en la confrontant à l'unité
fonctionnelle des besoins, eu égard à l'ensemble des
Mammifères. Enfin, nous interrogerons les rapports qui
s'établissent entre les communications linguistiques et les
communications non linguistiques à partir des expériences
d'enseignement d'un langage artificiel à des primates.
COGNITION ET COMMUNICATION MAMMALIENNE
L'exercice de la communication nécessite la
reconnaissance des séquences comportementales, et de leur manifestation
eu égard à leur contexte d'apparition, avant de pouvoir y
répondre. Celle-ci ne se résume pas à un simple
échange immédiat de stimuli et de réponses, mais engage la
physiologie et la mémoire des mammifères dans des effets
structurant cette interaction sémiotique. Nous pouvons même
postuler qu'un signal n'est émis que s'il est perçu. Autrement
dit, le signal n'acquiert sa valeur de signal que s'il est traité par un
système éthocognitif susceptible d'y répondre. Dès
lors, la tâche s'impose d'étudier le traitement cognitif des
signaux mammaliens, condition nécessaire à toute activité
communicationnelle, non seulement les préalables structuraux mais aussi
fonctionnels.
BIOLOGIE DE LA COGNITION COMMUNICATIONNELLE
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