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Analyse des impacts écologiques et socioculturels de l'exploitation des produits de Daniellia Oliveri sur la viabilité de ses peuplements au Bénin


par Rémy HOUEHOUNHA
Université d'Abomey-Calavi (Bénin) - Doctorat Unique 2009
Dans la categorie: Géographie
   
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Disponible en mode multipage

 

D'ABOMEY-CALAVI
(UAC)
------------------@------------------
FACULTE DES LETTRES, ARTS ET SCIENCES HUMAINES
(FLASH)
------------------------@------------------------

ECOLE DOCTORALE PLURIDISCIPLINAIRE

«ESPACES, CULTURES ET DEVELOPPEMENT»
--------------------------@--------------------------

THESE DE DOCTORAT UNIQUE

OPTION : GESTION DE L'ENVIRONNEMENT

SPECIALITE : ENVIRONNEMENT ET DEVELOPPEMENT

TITRE :

ANALYSE DES IMPACTS ECOLOGIQUES
ET SOCIOCULTURELS DE L'EXPLOITATION
DES PRODUITS DE
DANIELLIA OLIVERI (ROLFE) HUTCH. & DALZ.
SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS
AU BENIN

Présentée par: Sous la direction du :

Rémy HOUEHOUNHA Professeur Brice A. SINSIN

(UAC)

JURY :

Président : Professeur Michel BOKO FLASH/UAC (Bénin)

Rapporteur : Professeur Brice A. SINSIN FSA/UAC (Bénin)

EXAMINATUERS :

1- Professeur Thiou TCHAMIE UL (Togo)

2- Professeur Bienvenu SAMBOU UCAD (Sénégal)

3- Professeur Christophe HOUSSOU FLASH/UAC (Bénin)

ANNEE ACADEMIQUE: 2008-2009

ANALYSE DES IMPACTS ECOLOGIQUES ET SOCIOULTURELS DE L'EXPLOITATION DES PRODUITS DE DANIELLIA OLIVERI (ROLFE) HUTCH. & DALZ.
SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

DEDICACE

A vous

Veuve HOUEHOUNHA Hounka Clémentine née LEGBA; Veuve HOUESSOU Rosalie née HOUEHOUNHA ;

Veuve TIME Eugénie née HOUEHOUNHA ;

TOGBONON Antoinette née HOUEHOUNHA ;

HOUEHOUNHA Julien, Justin, Gisèle ;

HOUEHOUNHA C. Pascaline née DABLAKA;

AYITEVI B. Rosemonde ;

HOUEHOUNHA S. S. Bénédicta;

Dr HOUEHOUNHA A. F. Irisse;

HOUEHOUNHA H. M. Dodé;

GNANMI M. Daryl;

MIGAN A. Merveille.

Trouvez à travers ce modeste travail, le témoignage de mon engagement à vos côtés.

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

SOMMAIRE

Dédicace : 2

Avant-propos : 4

Résumé : 6

Abstract : 8

Sigles et acronymes : 10

Première partie : Introduction générale, milieu d'étude et 12

démarche méthodologique

Chapitre 1 : Introduction générale 13

Chapitre 2 : Milieu d'étude et traits socioculturels 25

Chapitre 3 : Matériel et méthodes 33

Deuxième partie : Résultats 56

Chapitre 4 : Evaluation des connaissances 57
ethnobotaniques en relation avec Daniellia

oliveri

Chapitre 5: Typologie des groupements végétaux à 68

Daniellia Oliveri, analyse des paramètres dendrométriques des peuplements dans les

Forêts Classées, terroirs villageois du Centre du Bénin et caractéristiques écologiques des peuplements du Bénin

Chapitre 6: Conduite de la reproduction de Daniellia 93

oliveri et analyse des capacités de sa reproduction sur divers sites écologiques au centre du Bénin

Chapitre 7 : Régénération naturelle de D. oliveri et 105

exploitation de ses rejets au Centre du Bénin Troisième partie : Discussion des résultats, Conclusion 121
générale et recommandations

Chapitre 8: Discussion des résultats 122

Chapitre 9 : Conclusion générale et recommandations 141

Annexes : 154

Questionnaires : 155

Guide d'entretien 164

Grille d'observation 166

Liste des figures : 170

Liste des tableaux : 173

Liste des photos: 175

Table des matières : 177

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

AVANT PROPOS

Depuis notre inscription en première année au département de sociologie anthropologie de l'Université Nationale du Bénin actuellement Université d'Abomey-Calavi, notre statut d'Agent forestier responsable de la gestion des ressources forestières, n'a cessé d'animer en nous, l'envie de conduire à terme, la recherche sur la gestion rationnelle des ressources naturelles.

Comme le disait si bien Beaud (2003), `' la thèse est la preuve écrite que l'on est dans un domaine, capable de mener à bien une recherche, de maîtriser une technique, de contribuer à une avancée dans l'ordre de la connaissance, de la réflexion, de l'analyse ou de la créativité».

En nous accordant avec la pensée de l'auteur, nous reconnaissons que ce travail a été long, exigeant et contraignant. Il a de ce fait, pesé pendant plusieurs années sur notre vie socio- professionnelle et familiale puisque les charges induites par la conduite des recherches de la thèse, sont difficilement supportables.

En inscrivant le présent travail dans le couronnement des années d'apprentissage et d'expérimentation des méthodes et outils de recherche action dans le domaine de la gestion des ressources naturelles, nous assumons l'entière responsabilité de cette oeuvre qui ne pourrait aboutir sans le soutien et la contribution des personnes de bonne volonté.

C'est le lieu de témoigner avec respect, toute notre gratitude à notre directeur de thèse le Professeur Brice A. SINSIN, Vice- Recteur chargé de la Recherche Universitaire à l'UAC qui, malgré ses multiples occupations et responsabilités, a accepté de diriger ce travail à travers un encadrement et un suivi rigoureux. Son amour du travail bien fait a été la boussole qui a gouverné la conduite des travaux de terrain et les analyses subséquentes.

Le même témoignage est destiné aux Docteurs Achille E. ASSOGBADJO,
Valentin KINDOMIHOU et à Monsieur Hermane T. AVOHOU du Laboratoire

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d'Ecologie Appliquée de l'UAC ; ils se sont donnés corps et âme pour assurer les résultats obtenus.

Nos remerciements vont également aux enseignants de l'Ecole Doctorale Pluridisciplinaire de la FLASH-UAC pour toutes les peines endurées et les sacrifices consentis dans le cadre de l'amélioration du présent travail. Dans ce registre, nous pensons spécialement au Professeur Michel BOKO, Directeur de ladite école, et au Docteur Constant HOUNDENOU.

Aux personnels du Laboratoire d'Ecologie Appliquée (LEA-FSA/UAC), du Laboratoire des Sciences du Sol, Eaux et Environnement (LSSEE), de l'Herbier National, et de l'Inspection Forestière du Zou et des Collines à Abomey, nous exprimons toute notre reconnaissance pour leur implication inconditionnelle dans la fiabilisation des résultats obtenus.

Aux populations des groupes socioculturels rencontrés, nous disons merci pour avoir accepté les dérangements et perturbations créés dans leurs programmes par les équipes de collecte des données de terrain. Aux membres de ces équipes, nous disons merci et les rassurons de notre attachement à la valeur de leurs contributions dans les résultats obtenus.

Nous remercions sincèrement Messieurs : Albert TINGBE-AZALOU, Sylvain G. AKINDELE, Alphonse KOUKE, Brice TENTE, Yvonne CAKPO, Louis LAWANI, Emmanuel SALIFOU, André TANDJIEKPON pour les diverses partitions jouées à nos côtés durant les phases de recherche et de finalisation du document.

Enfin, je n'oublie point les amis, collègues et parents pour leurs précieuses contributions à la concrétisation de ce projet cher à nous tous.

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RESUME

Daniellia oliveri est une espèce à usage multiple, endémique en Afrique au Sud du Sahara, elle est répandue dans les savanes et jachères de la zone SoudanoGuinéenne. Cette étude examine le niveau de connaissance des usages des organes de l'espèce afin d'apprécier la contribution des actions anthropiques sur sa survie à travers les objectifs suivants : (i) évaluer les connaissances ethnobotaniques des populations locales sur D. oliveri; (ii) caractériser les structures des groupements végétaux à D. oliveri dans les terroirs villageois et dans les Forêts Classées du Bénin; (iii) évaluer les techniques de reproduction de D. oliveri sur différents types de sols au Bénin; (iv) évaluer de façon comparative, l'impact des activités anthropiques (désherbage, feux de végétation) sur le développement des rejets de D. oliveri sur différents types de sols ; (v) déterminer les retombées économiques issues de l'exploitation des rejets de l'espèce.

Pour atteindre ces objectifs, la démarche méthodologique a consisté à : (i) collecter des données quantitative et qualitative sur un échantillon de 1.200 individus appartenant à 7 groupes sociolinguistiques (Fon, Peulh, Bariba, Yoa, Nago, Goun, Berba) ciblés dans 21 Communes oil la présence de D. oliveri a été reconnue; (ii) collecter des données dendrométriques et phytosociologiques des espèces sur 85 placettes temporaires de 907 m2 chacune dans des Forêts Classées et terroirs villageois du Bénin; (iii) utiliser des tests de germination et de bouturage pour évaluer l'aptitude de l'espèce à la multiplication artificielle dans 4 types de substrats (sablonneux, argileux, latéritique et ferrallitique); (iv) installer et collecter des données périodiques (nombre de pieds, diamètre, hauteur) sur 16 placettes permanentes de 50 m2 chacune sur quatre types de sol avec un traitement et un témoin (désherbage et feux de végétation) afin de suivre le développement des rejets et leur capacité à produire du bois de feu commercialisable.

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Les résultats ont montré que: (i) une vingtaine d'usages de l'espèce est reconnue par les populations ayant fait l'objet d'investigation ; (ii) l'aire de répartition spatiale de l'espèce D. oliveri s'étend du centre au Nord du Bénin et peut être répartie en cinq zones d'exploitation ; (iii) les usages sont plus diversifiés dans le Sud, le Centre que dans le Nord du Bénin ; (iv) les Forêts Classées et les terroirs villageois sont perturbés par les actions anthropiques avec comme indices de diversité des espèces compagnes de D. oliveri variant de 3,80 bits dans les terroirs villageois à 2,75 bits dans les Forêts Classées; (v) l'espèce se reproduit par graines, par boutures de racines et ne nécessite pas un traitement particulier; (vi) le traitement des graines par le choc thermique a donné les plus faibles taux de germination, mais semble stimuler la croissance en hauteur des plantules les premiers mois de végétation ; (vii) le développement des rejets de l'espèce n'est pas forcément lié au type de sol mais aux traitements appliqués aux peuplements (en trois ans, la densité est passée en moyenne de 17.650 rejets/ha pour les placettes désherbées à 8.400 rejets/ha pour les placettes témoins parcourues annuellement par les feux de végétation ; la croissance en hauteur et en diamètre des rejets a augmenté rapidement et a atteint 300-500 cm de hauteur et 3,5-4 cm de diamètre dans la même période; (viii) après 3 ou 4 ans de conduite des rejets de l'espèce, le traitement par désherbage pendant les deux premières années de suivi a pu permettre de tripler les revenus issus de la commercialisation des rejets comme bois de feu.

L'étude a jeté les premières bases de la sylviculture de D. oliveri. Les différents usages des organes de l'espèce témoignent de l'urgence et de la nécessité de la mise en oeuvre des plans simples de gestion des espaces colonisés par D. oliveri en vue de la sauvegarde de l'espèce.

Mots cles: Daniellia oliveri, ethnobotanique, reproduction, bois de feu, Bénin

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ABSTRACT

Daniellia oliveri is a multi-purpose species, endemic in the Southern Sahara of Africa. It is widespread in the savanna areas and the fallow lands of SudanoGuinean zone. The study of D. Oliveri concerned the level of knowledge and the uses of the parts of the species to assess the contribution of anthropogenic activities on its survival through the following objectives: (i) An assessment of the ethnobotanical knowledge of the local people on D. Oliveri; (ii) The characteristics and structures of the D. Oliveri in the rural landscape and in protected forests of Benin; (iii) An assessment of the reproduction technics of D. Oliveri on different types of soil in Benin; (iv) A comparative evaluation of the impact of anthropogenic activities (weeding, wildfire) on shoot development of D. oliveri with respect to soil types; (v) the evalution of economic benefits from shoot exploitation. In order to achieve these objectives, the method consisted of: (i) quantitative and qualitative data collection on a sample of about 1,200 individuals which belonged to 7 sociolinguistic groups e. g. (Fon, Fulani, Bariba, Yoa, Nago, Goun, Berba). Sites investigated were 21 municipalities, where the presence of D. Oliveri was recognized; (ii) data collection in phytosociology and dendrometric of the species from 85 temporary plots of 907 m2 in the protected forests and in rural landscapes; (iii) Seed germination test, cutting for evaluating the ability of the species, according to types of substrates (sandy, Clay, lateritic and ferrallitic); (iv) to establish and collect periodic data (number of individuals, height and diameter) in 16 permanent plots of 50 m2 on each of the 4 types of soil with two treatments (weeding and bush burning) to monitor the development of their shoots and their ability to produce marketable firewood.

The results showed that: (i) Twenty uses of the species are recognized by people subjected to investigation; (ii) The spatial distribution of D. Oliveri extended from the southern of Benin to the northern part; (iii) The uses were best known in the southern and central than the northern part of Benin; (iv) The protected

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forests and the rural landscapes were affected by anthropogenic activities so that the diversity index of companion species of D. Oliveri varied from 3.80 bits in the rural landscapes against 2.75 bits in the protected forests; (v) D. oliveri reproduced from seeds, by cuttings of roots and did not require particular treatments; (vi) Treatment of seeds by thermal shock gave the lowest germination rate, and seemed to stimulate height growth of seedlings in early vegetation stage; (vii) The development of shoots from was not linked soil types, but the treatment applied to stands in three years should an increase the density by an average of 17,650 individuals/ha in weeded plots but 8,400 trees / ha in plots that experienced annual wild-fires. Growth in height and diameter reached respectively 200-500 cm and 3.5-4 cm during the same period; (viii) After 3 to 4 years of monitoring shoots the weeding treatment permitted to gain three times, the income from the marketing young trees as firewood.

The studies have laid down the foundations of D. Oliveri stand management and its sylviculture. The various uses impacts of D. Oliveri suggest the urgency and necessity of the implementation of appropriate management plans, for areas colonized by D. Oliveri to protect the species.

Key words: Daniellia Oliveri, ethnobotanic, reproduction, firewood, Benin

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SIGLES ET ACRONYMES

ABE : Agence Béninoise pour l'Environnement

ASECNA : Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar

CEE : Communauté Economique Européenne

CENAP : Centre National d'Agro-Pédologie

CENATEL : Centre National de Télédétection et de surveillance du couvert végétal

CeRPA : Centre Régional pour la Promotion Agricole

CTFT : Centre des Techniques Forestières Tropicales

d1,3 : Diamètre d'un arbre à 1,30 mètre au-dessus du niveau

du sol (Diamètre de référence)

DATC : Direction de l'Administration Territoriale et des

Collectivités

DGFRN : Direction Générale des Forêts et des Ressources Naturelles

Dg : Diamètre moyen par ha

EPAC : Ecole Polytechnique d'Abomey-Calavi

FAO : Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et

l'Agriculture

FLASH : Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines

G/ha : Surface terrière

GPS : Global Positioning System (Système Global de

Positionnement)

ICRA : Centre International pour la Recherche Agricole orientée vers

le développement

IGN : Institut Géographique National

INRAB : Institut National des Recherches Agricoles du Bénin

INSAE : Institut National de la Statistique et de l'Analyse

Economique

LEA : Laboratoire d'Ecologie Appliquée

LSSEE : Laboratoire des Sciences du Sol, Eaux et Environnement

MEHU : Ministère de l'Environnement, de l'Habitat et de l'Urbanisme

N/ha : Nombre d'arbres par ha

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ORTOM : Office des Recherches Scientifiques et Techniques

d'Outre-Mer

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

UAC : Université d'Abomey-Calavi

UNB : Université Nationale du Bénin

UNESCO : United Nations Educations, Science and Culture Organization. (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture)

PREMIERE PARTIE :

INTRODUCTION GENERALE, MILIEU

D'ETUDE ET DEMARCHE

METHODOLOGIQUE

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CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE

Contexte

Les ressources forestières du Bénin sont relativement limitées du fait de la localisation du pays dans le couloir sec Dahoméen, et en raison d'une forte emprise des facteurs de dégradation. Stone (1996) a montré la pénétration de plus en plus intense de l'agriculture dans les zones protégées et au niveau des terres marginales du Bénin ; il a précisé qu'au Nord du pays, les feux de végétation sont à l'origine de la destruction de près de 50.000 ha de végétation chaque année. Bien que les écosystèmes africains soient reconnus comme étant les plus importants et les plus riches en termes d'abondance et de diversité d'espèces de plantes (IPGRI, 1999), les menaces qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes n'ont jamais été aussi graves (UNEP/CBD, 1994). L'absence de données récentes issues d'un inventaire global des formations végétales, nous avait conduit en 2005 à prendre pour base, les conclusions des études menées en 1978 et 1998 respectivement par le Projet Pilote de la Surveillance de la Couverture Forestière Tropicale et par le CENATEL (2002). Ces deux études indiquaient que les formations arbustives et savanicoles du Bénin, ont diminué en 20 ans de 2.892.726 ha de leur superficie (soit 33,23 %). Pendant la même période, la mosaïque culture-jachère, a augmenté de 2.397.087 ha de superficie (soit 271,75 %).

Les raisons qui militent en faveur de la gestion rationnelle des ressources naturelles en général et des ressources forestières en particulier, émanent du pressentiment que les forêts soient, de véritables mines de biodiversité, indispensables à la vie des êtres vivants (UNESCO, 1993). Tenant compte du fait que les écosystèmes d'un pays, par leur contenu biologique, leurs fonctions et leurs interactions, font du milieu naturel, l'un des trésors biologiques potentiels du pays, il importe de prendre des dispositions.

Déjà entre 1940 et 1955, vingt et un mille cinq cent quatre vingts (21.580) km2
de la superficie du Bénin, étaient érigés en domaine classé de l'Etat soit environ

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20% de la superficie totale du pays. Les pertes annuelles des forêts étant estimées entre 1995 et 2000 à 1,2 % de la superficie du pays (FAO, 1999a), la gestion rationnelle des forêts rémanentes constitue donc une priorité (Sokpon, 1995).

Actuellement ce pourcentage de perte a considérablement évolué, compte tenu des occupations et aliénations illicites constituant de graves dangers pour les formations forestières et pour l'environnement. L'inventaire forestier national (IFN-DFS-PBF2, 2007), estime les formations arbustives et savanicoles existants en 2007 à 1.505.737 ha contre 2.785.394 ha de superficie, de mosaïque culture et jachère. Les conséquences liées au phénomène de réduction des formations végétales, s'observent à travers l'accélération de l'érosion entraînant la dégradation des sols et la progression de la sahélinisation. Aussi, la perturbation des cycles climatiques et l'assèchement des rivières ou l'irrégularité des régimes des fleuves, n'ajoutent-ils pas leurs grains de sel au fait incriminé ?

Malheureusement, la recherche forestière, pendant longtemps, s'est orientée vers les espèces forestières exotiques (Eucalyptus spp, Tectona grandis, Gmelina arborea, Acacia auriculiformis...); espèces réputées pour leurs croissances rapides et leurs grandes productivités. C'est depuis peu que les espèces locales, font l'objet de recherche (ICRA-INRAB, 2002). Certaines espèces sont connues en fonction des multiples utilisations qu'en font les populations. Ainsi, les usages liés à la production du bois d'oeuvre, du bois de service, et du bois énergie sont très répandus. De même, les plantes fourragères, alimentaires, médicinales etc., répondent quotidiennement aux besoins des populations.

Mais les arbres ne jouent pas que le rôle de production, ils sont intégrés à la vie sociale, culturelle et parfois occulte des populations rurales (Guny et al., 1997). Répondre quotidiennement aux besoins des populations devrait rimer avec la mise en oeuvre des normes de la Convention sur la Diversité Biologique qui énumère en sont article 10, cinq mesures à prendre pour l'utilisation durable des éléments constitutifs de la nature. Parmi ces mesures, figurent entre

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autres, `' la protection et l'encouragement de l'usage coutumier des ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur conservation ou de leur utilisation durable » (UNEP/CBD, 1994).

Au Bénin, 3000 espèces ont été inventoriées dans les écosystèmes forestiers (MEHU, 2002) dont 172 espèces sont consommées par les populations locales comme plantes alimentaires (Codjia et al., 2003) et 814 comme plantes médicinales (Sinsin et Owolabi, 2001). Au nombre de ces dernières, Daniellia oliveri est utilisée pour le traitement d'une vingtaine de maladies (Berhaut, 1967 ; Houéhounha, 2005; Dotchamou, 2006). Cette espèce n'est pas utilisée dans les programmes de reboisement au Bénin bien que d'importants programmes d'aménagement du couvert forestier soient en cours dans le pays. S'il est vrai que la reconstitution du couvert végétal dans les programmes d'aménagement forestier passe par les semis, les plantations, les rejets de souches, le marcottage naturel et le drageonnage (Bellefontaine et al., 2000), il est aussi vrai qu'avant de l'entreprendre, les options techniquement et économiquement viables en fonction des espèces concernées et des moyens disponibles sont à analyser (Bellefontaine, 2005). D. oliveri se reproduit par voie sexuée (Guny et al., 1997 , Ouédraogo et al., 2003). Il a été montré que l'espèce produit abondamment de semences (Guny et al., 1997). Il se reproduit également par voie asexuée (Bellefontaine et al., 1997 ; Harivel et al., 2006). Particulièrement, les modes de reproduction végétative par drageons ou rejets de souche ont été mentionnés (Giffard, 1974 ; Bellefontaine et al., 1997, Harivel et al., 2006). Explorer les possibilités d'utilisation de divers modes de reproduction à savoir les semences et les boutures de segments de tiges et de racines, dans la multiplication artificielle de D. oliveri en général et la production de plants sur différents types de sols au Bénin, constitue une préoccupation (Houéhounha, 2009). En Afrique Sub-saharienne, la grande disponibilité des terres cultivables peut donner la possibilité de produire la biomasse à partir de la conduite des rejets dans les jachères (Marrison et

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Larson, 1996). Les jachères constituées d'espèces pionnières à croissance rapide et capables de rejeter après exploitation étant les plus indiquées (Kauter et al., 2003), l'étude sur la conduite des rejets abondants de D. oliveri sur différents types de sols, ne peut-elle pas apporter une contribution à l'enrichissement des données de base de la sylviculture de l'espèce?

Dans le souci de contribuer aux efforts de recherche sur les espèces autochtones du Bénin, nous avons choisi de traiter le thème : «Analyse des impacts écologiques et socioculturels de l'exploitation des produits de Daniellia oliveri (Rolfe) Hutch. et Dalz. sur la viabilité de ses peuplements au Bénin».

Cette étude, pour répondre à la préoccupation centrale relative aux influences des actions anthropiques sur les groupements végétaux à D. oliveri au Bénin, devrait répondre aux interrogations suivantes :

Quelle est l'influence sur D. oliveri au Bénin, des facteurs écologiques due à son l'exploitation?

Quels impacts socioculturels, la présence de cette espèce, a sur les groupes sociolinguistiques du Bénin?

Quelles sont les stratégies adaptées à la gestion durable des peuplements de D. oliveri au Bénin?

Pour répondre aux interrogations, la présente étude s'est appuyée sur une base théorique établie entre autres sur la problématique à l'aide de démarche méthodologique pour aboutir aux résultats discutés.

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1.1- Problématique et justification

Les hommes de tous les temps, ont entretenu avec les végétaux en général et les plantes en particulier, des relations riches et variées. Cette réalité qui fait l'essence du contenu de la science ethnobotanique, une science au carrefour de la botanique et des sciences humaines, est présente dans la zone soudanienne de l'Afrique de l'Ouest dominée par de vastes formations de savanes (HahnHadjali, 1998).

Bien que les conséquences des activités anthropiques soient souvent visibles sur le terrain, la question de l'environnement dans les pays d'Afrique en voie de développement, se présente en terme de déséquilibre entre les ressources naturelles et les besoins accrus des populations recherchant l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail (Geny et al., 1992).

De façon générale, le déséquilibre est souvent aggravé par un certain nombre de facteurs dont l'agriculture, le surpâturage et les feux de végétation qui, en association avec les facteurs climatiques et pédologiques, constituent des causes de perturbations des phytocénoses sensibles (Sinsin et Oumorou, 2000). Au Bénin, La dégradation des écosystèmes suite à l'introduction de la culture du coton par exemple, a accéléré l'augmentation des terres cultivables, l'utilisation abondante des pesticides et l'exploitation des terres marginales (Toko et da Matha Sant'Anna, 1999).

Dans le même sens, Akoègninou et Akpagana (1997), ont montré la raréfaction des grands arbres dans l'aire classée des collines de Savalou (Centre du Bénin) et attribué le fait à l'action de l'homme. Selon ces auteurs, dans ce milieu spécialisé dans la fabrication du gari sohoui1, les bois des espèces (Afzelia africana, Anogeissus leiocarpus, Burkea africana, Pterocarpus erinaceus, Isoberlinia doka), sont recherchés pour la combustion. Mais la raréfaction des espèces forestières peut ne pas être seulement due à la recherche du bois pour la combustion. Certaines formes d'usage des parties du végétal, sont parfois préjudiciables à la survie des espèces. Sinsin (1985), a montré que la

1 Farine issue du manioc pelé, pressé et grillé dans un vase au feu

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déforestation n'est pas seulement synonyme d'abattage des arbres, elle peut être due à un écorçage sauvage des espèces ligneuses.

Malgré la croissance démographique et les difficultés qui en découlent, il est regrettable de constater que la prise de conscience de la nécessité d'une gestion rationnelle de l'environnement tarde à prendre forme au sein des populations. Cette situation est apparemment due au fait que :

les soucis du court terme sont plus pressants que ceux du long terme car, ne s'inscrivant forcément pas dans les valeurs culturelles essentielles.

L'existence parfois de vastes espaces non cultivés donnant l'illusion d'une marge de manoeuvre possible.

Dans ces conditions, l'homme par ses pratiques de prélèvement continu de matériel végétal, fait généralement peu attention aux effets de destruction qu'il provoque.

A ce propos, Maldague (1974) écrivait : «A chaque instant, alors que s'accroît le nombre d'hommes, disparaissaient à tout jamais des tonnes de terres fertiles, s'abattent des forêts, s'appauvrissent des écosystèmes, se dégradent des paysages...». C'est donc entre autres à une régression des formations végétales, à une raréfaction voire une disparition des espèces ligneuses et au remplacement progressif des graminées pérennes par des espèces annuelles à cycle court qui s'observent (Liricollais, 1987). Toutefois, les zones soumises aux actions anthropiques présentent-elles encore des surfaces conservées à l'état naturel (Kéré, 1998). Ces zones sont le plus souvent, des aires favorables au développement des essences pionnières parmi lesquelles, certaines comme D. oliveri sont endémiques2 en Afrique.

Décrite par Hutchinson et Dalziel en 1954 et 1972, cette espèce a pour
synonyme : Paradaniellia oliveri selon Rolfe. Très connue au Bénin, elle porte
les noms de za en Fon3 et en Mahi, Iya en Nago et en Idatcha, Lifitin en Minan,

2 Relatif A l'endémisme : caractéristique d'un taxon confiné dans une aire restreinte

3 Fon, Mahi, Nago, Idatcha, Minan, Goun, Batombou, Ditamari, Yom, Dendi : Langues parlées par des groupes socioculturels du Bénin

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Jatin en Goun, Niabou en Batombou, Muyo en Ditamari, Nyaadou en Yom et ferma en Dendi (de Souza, 1988). En français elle est appelée Copalier Africain de balsam ou Santan (Tailfer, 1989). Certains groupes socioculturels en ont tiré des noms de localités : Zadakon (à l'orée de la couronne de za), Zakanmè (dans le peuplement de za) à Djidja, Zassa (Sous l'arbre za) à Zogbodomey et à Agbangnizoun, Zakpo (Beaucoup de za) à Bohicon et à Zogbodomey, Idou ya (rendez-vous des chasseurs au pied de D. oliveri) à Ouessè. (Résultats d'enquêtes présente étude, 2006).

Espèce sous valorisée par les textes forestiers4 en vigueur au Bénin, elle connaît cependant, de nombreux usages lui accordant une place de choix au sein de certains groupes socioculturels du Bénin (Houéhounha, 2005). Certains auteurs ont travaillé dans le domaine des usages. Dégbé (1987) s'est intéressé à la résine de D. oliveri, très riche en huile essentielle. Pour cet auteur, il a été mis en évidence dans l'espèce qu'on retrouve au Bénin, un mélange de sesquiterpènes volatils, de l'acide daniellique à deux cycles hydroaromatiques. Dans l'écorce de l'espèce au Nigeria, Persinos et al. cités par Dégbé (1987) ont trouvé du bêta- sistostérol dans l'extrait éthéropétroléique de la plante. Par ailleurs, Menu et al. (1994) cités par Lawani (2003), ont trouvé dans l'espèce collectée au Bénin et au Burkina Faso, vingt-trois constituants dans l'huile extraite de D. oliveri.

Dans la flore illustrée du Sénégal, Berhaut (1975), a inventorié quelques vertus médicinales de D. oliveri. Il a également montré que l'écorce d'une branche de D. oliveri coupée et grillée, mise dans le vin de palme, rend le vin plus digeste et empêche le ballonnement du ventre du consommateur. L'action protectrice contre les attaques de termites des objets trempés dans la résine de l'espèce, a été évoquée par l'auteur. De même, dans une contribution aux études ethnobotaniques et floristiques au Togo, Adjanohoun et al. (1989), on décrit l'espèce D. oliveri, en mentionnant ses vertus pour la médecine traditionnelle et la pharmacopée. Dans un développement sommaire, ils ont indiqué que les

4 Ordonnance N° 74- 26 du 22 mars 1974 et loi des finances gestion 2007

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racines de l'espèce sont utilisées en décoction pour le traitement des dysménorrhées.

Sur un autre plan, Onana (1995), dans un document relatif à l'inventaire et à la phénologie des ligneux du Nord du Cameroun, faisait remarquer qu'une soixantaine d'espèces dans les savanes du Nord du Cameroun, entre dans l'alimentation des ruminants domestiques. Dans ce lot d'espèces, il ressort que les arbres et arbustes les plus exploités sont par ordre de préférence, Ficus sycomorus, Daniellia oliveri, Afzelia africana ..., pour ce qui concerne les feuilles. C'est dire que les feuilles de D. oliveri sont très appétées par certains animaux domestiques. Selon les mêmes auteurs, les fleurs de Daniellia oliveri sont mieux appétées que celles de Pterocarpus erinaceus et de Bombax costatum. Les graines servent à alimenter les ruminants au Niger. Dans le même sens, Tenté (2000), s'est aussi intéressé à l'alimentation des animaux domestiques et a trouvé que les feuilles de D. oliveri, sont utilisées comme fourrage dans les Départements de l'Atacora et de la Donga5 au Bénin. Guny et al. (1997), ont trouvé que D. oliveri fournit un bon bois de menuiserie et de service. Montrant que le bois se prête mal pour la charpente des maisons, ils l'ont apprécié pour la fabrication des tam-tams. Son adaptation comme boisénergie, est signalée bien que la coutume dans certaines régions du Mali, interdise de brûler ce bois dans les concessions à cause de la colère des `'génies». Les feuilles pour les auteurs de l'ouvrage, fournissent un très bon fourrage. L'écorce exsude une oléorésine utilisable comme encens et huile d'éclairage. Dotchamou (2006), a contribué à la méthodologie du cubage des arbres de l'espèce dans le domaine classé au Bénin.

De façon générale, les ouvrages explorés ont montré l'action anthropique comme une préoccupation sérieuse dans le contexte du déboisement et de la réduction de la diversité biologique. C'est le résultat d'une démographie galopante que Wilson (1992), désignait comme un monstre en présence duquel, la durabilité n'est qu'une fragile construction théorique. Dans un document

5 Atacora et Donga sont des subdivisions territoriales situées au Nord-Ouest du Bénin.

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directif, de la Banque Mondiale, Banuri et al. (1993) affirmaient que les causes de la dégradation de l'environnement, sont aussi variées que ses manifestations. Ils ont cependant pointé un doigt accusateur sur l'accélération de la croissance démographique dans de nombreux pays en développement.

Ainsi, les auteurs ont surtout traité une partie de la monographie des usages des organes de l'espèce, les aspects chimiques de sa résine et la méthodologie du cubage des arbres sur pied. Ces aspects en réalité n'évaluent ni les chances de survie ni l'urgence et la nécessité de sauvegarder l'espèce. Dans le cadre de l'approfondissement des connaissances sur D. oliveri, l'omission des aspects relatifs aux impacts de l'exploitation des produits de l'espèce sur le plan écologique, social et culturel, est un vide qu'il importe de combler.

En prenant en compte les aspects omis par les auteurs, nous avons estimé que seuls des objectifs précis, en relation avec des hypothèses bien posées dans un cadre méthodologique adéquat, peuvent conduire à atteindre des résultats attendus.

1.2- Objectif global

L'objectif principal de cette étude, est de contribuer à une gestion durable des ressources génétiques de Daniellia oliveri au Bénin.

1.3- Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques visés par l'étude ont permis de :

a Evaluer les connaissances ethnobotaniques des populations locales sur D. oliveri ;

a Caractériser les structures des groupements végétaux à D. oliveri dans les terroirs villageois et les Forêts Classées du Bénin;


· Evaluer les techniques de reproduction de D. oliveri sur différents types de sols au Bénin;

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I Evaluer de façon comparative, l'impact des activités anthropiques (désherbage, feu de végétation) sur le développement des rejets de D. oliveri sur différents types de sols;

I Déterminer les retombées économiques issues de l'exploitation des rejets de l'espèce.

1.4- Hypothèses et questions de recherche

Pour mener cette étude, cinq hypothèses ont été posées.

H1 : L'intensité des usages des organes de D. oliveri varie suivant les besoins socioculturels.

Q1 : Quelles sont les types d'exploitation des produits de D. oliveri ?

Q2 : Quelles influences, les pesanteurs socioculturelles exercent-elles sur la variation de la structure des peuplements de D. oliveri ?

H2 : Les groupements végétaux à D. oliveri ont des structures dissemblables dans les terroirs villageois et dans les Forêts Classées.

Q1 : Quelles sont les structures des groupements végétaux à D. oliveri dans les terroirs villageois?

Q2 : Quelles sont les structures des groupements végétaux à D. oliveri dans les Forêts Classées?

H3 : Les modes de reproduction de D. oliveri, sont caractéristiques de l'intensité de prélèvement de ses organes.

Q1 : Quelles sont les modes de reproduction de D. oliveri ?

Q2 : Quelles influences les pressions de prélèvement des organes de D. oliveri, exercent-elles sur chaque mode?

H4 : Les actions anthropiques influencent la conduite des rejets de D. oliveri.

Q1 : Quelles sont les actions anthropiques susceptibles d'influencer la conduite des rejets de D. oliveri ?

Q2 : Quels rôles jouent les actions anthropiques dans la conduite des rejets de D. oliveri ?

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H5 : L'exploitation traditionnelle des rejets de D. oliveri assure aux populations des revenus substantiels.

Q1 : Quels sont les modes d'exploitation des rejets de D. oliveri?

Q2 : Quelles sont les retombées économiques issues de l'exploitation des rejets de D. oliveri ?

Ces questions de recherche qui ne sont que les principales, ont contribué à l'organisation du thème traité en neuf chapitres.

1.5- Organisation de la thèse

Le présent travail présenté ici sur D. oliveri, comporte neuf chapitres :

Le premier chapitre (partie introductive), présente la problématique, la justification du sujet, les questions de recherche ainsi que les objectifs et les limites de l'étude ;

Le deuxième chapitre traite du milieu d'étude et concerne la présentation des milieux physique et humain selon les différentes zones du Bénin ;

Le troisième chapitre traite des différentes méthodes utilisées pour obtenir des résultats ainsi que des matériels adaptés à chaque méthode ;

Le quatrième chapitre, présente les usages des organes de D. oliveri par les différents groupes socioculturels ainsi que la répartition spatiale de ses peuplements au Bénin ;

Le cinquième chapitre traite de la typologie des groupements végétaux à D. oliveri et analyse les paramètres dendrométriques de ses peuplements dans les Forêts Classées et dans les terroirs villageois du centre du Bénin oil les usages des organes de D. oliveri ont été les plus reconnus ;

Le sixième chapitre, présente la conduite de la reproduction de D. oliveri et analyse les capacités de sa multiplication sur divers sites écologiques du centre du Bénin ;

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Le septième chapitre, présente la conduite de la régénération naturelle de D. oliveri et les possibilités d'exploitation de ses rejets au centre du Bénin ; Le huitième chapitre, présente la discussion sur les différents résultats obtenus ;

Le neuvième chapitre présente les conclusions générales et les principales recommandations de l'étude.

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CHAPITRE 2 : MILIEU D'ETUDE ET TRAITS SOCIOCULTURELS

2.1 Milieu Physique

La République du Bénin avec une superficie totale de 114 763 km2 est située entièrement dans la zone intertropicale, entre les parallèles 6°30' et 12°30' de latitude Nord et les méridiens 1° et 3°40' de longitude Est (FAO, 1998). Elle est limitée au Nord par les Républiques du Niger et du Burkina Faso, au Sud par l'océan Atlantique, à l'Ouest par la République du Togo et à l'Est par la République du Nigeria (Fig.1). En dehors de la zone Nord-Ouest dans les chaînes de l'Atacora, le Bénin présente un relief peu accidenté. Par son extension entre la côte du Golfe du Bénin et la vallée du Niger (6°17 à 12°4 N), la République du Bénin présente une gamme variée de climats caractérisés par la faiblesse relative des précipitations annuelles qui varient de 900 à 1300 mm par an. La combinaison de ces différentes saisons a donné naissance à trois zones climatiques étalées du Sud au Nord: la zone guinéo-congolaise, la zone soudano-guinéenne et la zone soudanienne (White, 1983, Sinsin et al., 2004).

2.1.1- La zone guinéo-congolaise

Elle connaît quatre saisons et s'étend de la côte (6°25 N) à la latitude de 7°30 N. Elle a une pluviométrie moyenne de 1200 mm par an avec en moyenne 250 jours de pluies. La grande saison de pluie courte de mars à fin juillet et la petite de septembre à mi-novembre. Ces périodes de pluies sont alternées de 2 saisons sèches: une grande, de mi-novembre à mi-mars et une petite d'août à septembre. On y enregistre une température moyenne journalière qui varie de 25° à 29°C. L'humidité de l'air varie entre 69 % et 97 %. La zone guinéenne est le domaine des sols ferrallitiques, profonds et peu fertiles (7000 km2), des sols alluviaux et vertisols (3600 km2) localisés dans les vallées des fleuves Mono, Couffo et Ouémé, et dans la dépression de la Lama. Ces sols sont riches en argile, en matière organique et en éléments minéraux. On distingue plusieurs

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types d'écosystèmes dans cette zone que sont : (i) les formations des sols bien drainés, c'est-à-dire des cordons sableux (anciens ou récents) ; (ii) les formations des zones humides (lagunes et vasières) et (iii) la formation originelle des plateaux constituée par la forêt dense humide semi-decidue oil on trouve les vestiges sous forme de lambeaux (forêt de réserve botanique de Pobè, forêts sacrées ou forêts reliques). Les principales espèces végétales rencontrées dans la zone guinéo-congolaise sont entre autres Ceiba pentandra, Afzelia africana, Diospyros mespiliformis, Anogeissus leiocarpus, Antiaris toxicaria, Milicia excelsa, Mimusops andongensis, Triplochyton scleroxylon, Piptadeniastrum africanum et Terminalia superba (Natta, 2003, Assogbadjo, 2007).

2.1.2- La zone soudano-guinéenne

Elle est située entre 7°30' N et 9°45' N. Le régime pluviométrique dans la zone soudano-guinéenne est unimodal (mai-octobre) et la pluviométrie moyenne annuelle varie de 900 mm à 1110 mm répartie le plus souvent sur 113 jours en moyenne. L'humidité relative varie de 31 % à 98 % dans cette zone. L'insolation moyenne s'élève à 2305 heures par an. Les températures varient entre 25°C et 29°C dans cette zone. La zone de transition soudano-guinéenne prolongeant la zone à affinités guinéennes, est le domaine des mosaïques de forêts claires, avec éventuellement des forêts denses sèches, parsemées de savanes arborées et arbustives et traversées par des galeries forestières. On trouve dans cette zone les sols minéraux peu évolués et peu fertiles et les sols ferrugineux sur socle cristallin de fertilité variable. Dans cette zone, on rencontre Daniellia oliveri, Parkia biglobosa et Terminalia glaucescens sur les sols bien drainés, Anogeissus leiocarpus, Acacia campylacantha et Terminalia macroptera sur les sols hydromorphes, Isoberlinia doka et Detarium microcarpum sur les sols sur cuirasses ou roches peu profondes (FAO, 1998, Natta, 2003, Assogbadjo, 2007).

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2.1.3- La zone soudanienne

Elle est située entre 9°45 N et 12°25 N. La pluviométrie dans cette zone varie de 900 à 1100 mm par an, répartie en moyenne sur 145 jours. L'humidité de l'air varie de 18 % pendant l'harmattan (décembre à février) à 99 % en août pendant la saison de pluies. La température moyenne mensuelle varie de 24°C à 31°C dans cette zone. Le nombre total d'heures ensoleillées est de 2862 par an. La zone soudanienne est le domaine des sols hydromorphes, des sols drainés, des cuirasses ferrallitiques et des lithosols. La zone soudanienne est constituée de savanes et de galeries forestières avec des arbres recouvrant faiblement le sol. Dans la partie sud de cette zone, la végétation est analogue à celle de la zone de transition. On rencontre des peuplements d'Isoberlina doka et d'I. tomentosa et ensuite des espèces comme Adansonia digitata, Pterocarpus erinaceus, Afzelia africana, Erythrophleum guineense, Amblygonocarpus andongensis et Swartzia madagascariensis.

Le climatogramme de chacune des trois zones climatiques est présenté sur la figure 2 et renseigne mieux sur les différences saisons sèches et pluvieuses au Bénin.

Sur le plan hydrographique, le Bénin possède plusieurs cours d'eau dont les plus importants sont le fleuve Ouémé au centre et au sud (450 km), la rivière Pendjari au nord-ouest (380 km), le fleuve Couffo au sud-est (170 km), le fleuve Niger au nord et au nord-est et enfin, le fleuve Mono à l'ouest (100 km). Certains de ces cours d'eau ont d'importants affluents. Il s'agit du Niger avec le Mékrou (410 km), l'Alibori (338) et la Sota (250 km), et l'Ouémé avec le Zou (150 km). En outre, le territoire béninois dispose dans la zone littorale, d'un important réseau lacustre et lagunaire d'environ 270 km2. Les principaux lacs et lagunes, sont d'Ouest en Est, le lac Toho, le lac Togbadji, le lac Ahémé (78 km2), le lac Nokoué (135 km2) et la lagune de Porto-Novo (30 km2). Plus au Nord de cette chaîne, se trouvent de tous petits lacs de barrage dans les plaines de l'Ouémé et du Mono.

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Ces différents éléments morpho-climatiques et fluviaux participent à la formation des sols exploitables pour l'agriculture (White, 1983, FAO, 1998).

Figure 1 : Carte de situation de la zone d'étude

250,00

35

Stations météologiques

Page | 29

1/2ETP Pluie Temp

30

200,00

25

20

15

10

5

0

J F M A M J J AS O N D

Mois

Climatogramme du domaine soudanien (zone I) : données des stations Porga et Boukoumbé

Pluie et 1/2 ETP (mm/mois)

180,00

160,00

140,00

120,00

100,00

80,00

60,00

40,00

20,00

0,00

1/2ETP Pluie Temp

31

30

29

28

27

26

25

24

23

Temperature moyenne mensuelle ('C)

J F M A M J J A S O N D
Mois

Climatogramme du domaine guinéen (zone III): données des stations Sèhouè et Comè

Temperature moyenne mensuelle (T)

Pluie et 1/2 ETP (mm/mois)

Figure 2: Carte du Bénin montrant les climatogrammes selon les différentes zones climatiques

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150,00

100,00

50,00

0,00

J F M A M J J A S O N D

Pluie et 112 ETP (mm/mois)

250,00

200,00

150,00

100,00

50,00

0,00

1/2ETP Pluie Temp

29

28

27

26

25

24

23

22

31

30

Temperature moyenne mensuelle (°C)

Mois

Climatogramme du domaine soudano-guinéen (zone II) : données des stations Bassila et Dassa

2.2 - Traits socioculturels

2.2.1- Population

Le Bénin compte en 2002, 6.752.569 habitants pour une densité moyenne de 58,8 habitants au km2. Cette population est composée de 36% d'urbains et de 64% de ruraux. Les 2/3 de la population sont concentrés dans le Bénin méridional sur 1/10e de la superficie totale. Le taux brut de natalité est de 45 000 et celui de mortalité est de 17 000 . Le taux d'accroissement naturel de la population est de 3,25 %. A ce rythme, la population doublera en 24 ans ; elle sera de 11.700.000 habitants en 2025 et passera à 18.100.000 en 2050. L'espérance de vie des deux sexes est de 54,2 ans, soit 51,8 ans pour le sexe masculin et 65,6 ans pour le sexe féminin en 2002 (INSAE, 2002).

2.2.2- Groupes socio- linguistiques

Figure3: Principaux groupes ethniques du Bénin Source : INSAE, 2002

La population béninoise est formée d'une mosaïque linguistique. Cinquante et une langues sont parlées par une population d'environ sept millions d'habitants. Cette multiplicité de langues, témoigne une richesse linguistique et socioculturelle.

Mais à y voir de près, l'on constate que seule une vingtaine de langues est parlée par des groupes sociolinguistiques de plus de 60.000 habitants chacun (INSAE, 2002).

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Sur la base d'un tri qui tient compte d'un minimum de 2 % de poids démographique par langue parlée, on obtient une douzaine de langues parlées par plus de 70 % de la population (Fig. 3). Par ailleurs, hormis les groupes sociolinguistiques, Fulfuldé et Dendi, les principaux groupes sociolinguistiques béninois appartiennent à la famille linguistique Congo-kordofanienne et à la sous-famille Nigéro-congolaise (INSAE, 2002).

2.2.3- Santé

Dans les campagnes, la plupart des populations n'ont pas accès à l'eau potable. Les infrastructures sanitaires sont insuffisantes. Quelques 18 % de la population ne profitent pas des services de santé. En 1998, on dénombrait en moyenne un médecin pour 15.940 habitants contre 1 pour 33.030 en 1960. A Cotonou, ce taux était de 1 pour 5.000. Dans les campagnes les paysans ont recours essentiellement aux plantes médicinales pour se soigner. On compte 1 lit d'hôpital pour 1.774 personnes et 1 lit de maternité pour 463 femmes de 15 à 49 ans. Les principales maladies restent le paludisme et les parasitoses intestinales (FAO, 1998 ; INSAE, 2002).

2.2.4- Satisfaction des besoins en bois de feu

La production annuelle de bois de feu au Bénin a été évaluée à 5.400.000 tonnes de bois en 1995 (Duhem, 2007) pendant que la demande totale annuelle de bois de feu, dépasserait les 300.000 mètres cube. En outre, la consommation globale de bois de feu augmente chaque année de 2,65% (Duhem, 2007). En dehors de l'autoconsommation des paysans, le bois de feu produit à l'intérieur du pays, est écoulé principalement vers les grands centres urbains du pays. Ainsi, la consommation annuelle de bois de feu est actuellement estimée à environ 150.000 tonnes à Cotonou, 35.000 tonnes à Porto-

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Novo, 28.000 tonnes à Abomey-Bohicon. De façon générale au Bénin, la production du bois de feu se fait essentiellement à partir de la collecte du bois mort, de la récupération des produits de défrichement et de la coupe de bois vert. La production résultant de la coupe de bois vert s'est développée ces dernières années et constitue une des principales sources d'approvisionnement des centres urbains du pays. Mieux, les zones de production en dehors des forêts domaniales, ont tendance à s'éloigner des centres de consommation du fait de la démographie et de la pression sur les ressources forestières.

En résumé, dans certaines localités du Bénin, l'obtention du bois de feu constitue un véritable problème ; les rejets de D. oliveri, sont localement utilisés comme bois de feu (Houéhounha, 2005).

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CHAchaPITRE 3 : MATERIEL ET METHODES

Le chapitre 3 concerne les différentes approches méthodologiques adoptées pour la collecte de données, les outils utilisés, les travaux de laboratoire effectués ainsi que les traitements appliqués aux données collectées.

3.1- Matériel végétal étudié: Daniellia oliveri

3.1.1- Contenu du genre Daniellia

Le genre Daniellia comprend 9 espèces et une variété (pilosa). Deux des espèces occupent les forêts claires et les savanes boisées (D. oliveri, et D. alsteeniana). Les autres espèces (D. thurifera, D. ogea, D. oblonga, D. pynaertii, D. klainei, D. soyauxii et D. mortehanii) se retrouvent exclusivement en forêts denses humides.

Sur les 9 espèces, 3 espèces sont présentes au Bénin: D. oblonga, D. ogea, et D. oliveri qui fait l'objet de cette étude.

3.1.1.1- Daniellia oliveri (Rolfe) Hutchinson & Dalziel

D. oliveri (Rolfe) Hutch. & Dalz. est distribuée du Sénégal au Cameroun (Fig.4). Arbre des savanes soudaniennes et guinéennes pouvant atteindre une hauteur de 30 m (Arbonnier, 2000). D. oliveri, embranchement des Cormophytes, sous- embranchement des Phanérogames, super-classe des Angiospermes, classe des Dicotylédones, série des Caliciflores, ordre des Rosales, famille des Légumineuses, sous-famille des Césalpinioideae. Elle possède une cime dense facilement reconnaissable par sa couronne en forme de cône renversé, aplatie sur le sommet (Arbonnier, 2000) (Photo1).

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Les feuilles de D. oliveri sont paripennées, alternes. Le rachis est long de 15 à 30 cm et porte 4 à 9 paires de folioles opposées ou

Figure 4: Répartition spatiale de D. oliveri dans le monde (Points jaunes)

Source: CAB International, 2000

subopposées. Les folioles

ovales, elliptiques, sont longues de 9 à 15 cm et larges de 4 à 7 cm vers la base (Photo 4).

On distingue au niveau des folioles, dix à quinze nervures latérales transparentes à l'état frais avec un fin réseau laissant apercevoir des points translucides. La foliole est également bordée d'un filet translucide. Les folioles sont

parfois glabres, elles peuvent être pubescentes, veloutées des deux

côtés. La période de feuillaison est de décembre à février (Berhaut,

1975).

Le fût est courtement ramifié et buissonnant à la base au stade arbuste, mais devient déformé, rugueux et fissuré. Généralement basbranchu, il a une hauteur moyenne comprise entre (8 et 10) m. De couleur blanc-grisâtre, il porte une écorce épaisse, gris-cendré, écailleuse qui se détache en grandes plaques circulaires (Photo2) (Akouègninou et al., 2006)

Les fleurs de D. oliveri sont en panicules de couleur blanche. Longues de 15 à 30 cm et portant des racènes horizontaux distiques longs de 5 à 15 cm. Les racènes portent des fleurs hautes de 25 à 30 mm à calice en massue dans le bouton floral (Photo 5). Dans le bouton floral, on distingue :

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quatre sépales larges de 4 à 6 mm,

un pétale blanc parfois deux plus larges et dépassant les sépales ; les autres pétales étant minuscules,

dix étamines dépassant les pétales.

La période de floraison est de janvier à mars.

Le fruit de D. oliveri est une gousse lisse, plate, déhiscente à maturité. D'une longueur d'environ 8 cm et d'une largeur de 5 cm, il contient deux valves papyracées rigides. A l'une des valves, est attachée une seule graine obovale longue de 15 à 20 mm par une panicule longue de 15 mm (Photo6). La structure de la graine accrochée à l'une des valves permet de classer la graine dans la catégorie des planeurs légers. Facilement projeté par le vent sur de longues distances pour ensemencer champs et jachères avoisinants.

La racine principale est pivotante avec des racines latérales généralement traçantes et abondantes dans les horizons de surface. Elles peuvent aller aussi loin en profondeurs lorsque la texture du sol le permet. Sur le plateau d'Abomey, l'installation d'un bâtiment exige l'essouchage de la parcelle ce qui produit une grande quantité de souches de D. oliveri destinées au bois de feu (Photo 7). Les racines de D. oliveri ont une capacité de drageonner rapidement à plusieurs endroits et parfois loin de la souche-mère (Guny et al., 1997).

3.1.1.2- Daniellia oblonga (Oliver)

Grand arbre de forêt dense pouvant atteindre 65 mètres. Il est distribué du Sud du Bénin à l'Est du Cameroun.

Les feuilles comptent huit paires de folioles à forme oblongue, acuminée-aiguë de dimensions 6-12 cm x 2,5-4 cm

Les fleurs sont relativement petites, glabres et de couleur bleue à l'extérieur. Les sépales ont une longueur variant entre 1 à 1,2 cm.

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L'écorce de couleur grise, est finement ondulée verticalement (Akoègninou et al., 2006).

3.1.1.3- Daniellia ogea (Harms) Rolfe ex Holland

Grand arbre de forêt dense pouvant atteindre 60 m de haut. Il est distribué du Sénégal au Gabon.

Les feuilles comptent 6 à 9 paires de folioles, obliques, acuminées, asymétriques à la base et mesurant 6-14 x 2,5-5 cm.

Les fleurs sont de couleur bleu-violet, densément pubescentes. Les sépales pubescents à l'extérieur, mesurent environ 1,5 x 1 cm. Les pétales sont au nombre de cinq dont deux rudimentaires et trois grandes d'environ 10 x 5-9 mm. Les appellations et les caractéristiques morphologiques diffèrent d'une espèce à l'autre (Tableaux 1 et 2).

Tableau 1: Quelques appellations courantes des Daniellia dans leur aire de répartition géographique

Pays

Appellation courante

Observations

Congo

Singa N'Dola

 

Côte d'Ivoire

Faro

 

Gabon

Loulaviol

 

Ghana

Shedua

 

Guinée Equatoriale

N'Su

 

République Démocratique du Congo

Bolengu

 

Sierra Leone

Gbessi

 

Nigeria

Oziya

 

Bénin

Za

Autres appellations au chapitre 2.3

Source : Adjanohoun et al., 1989

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Tableau 2: Caractéristiques comparées des espèces du genre Daniellia

Morphologie/ Habitats

D. oblonga

D. ogea

D. oliveri

a- Forme de la couronne

Cime étalée

Cime étalée

Cime étalée, en forme de cône renversé

b- Hauteur moyenne (m)

65

60

30

c- Feuilles

8 paires obliques abruptement acuminées

6-9 paires obliques, acuminées

4 à 11 paires obliques,

acuminées

d- Folioles

Oblongues, acuminéesaiguës

Oblongues à ovées

Ovées, acuminées

 

d- Dimensions folioles

6-12 cm x 2,5 x 4 cm

6-14 x 2,5 -5 cm

6,5 - 15 x 3,5 - 8 cm

f- Couleur des fleurs

Bleue

Bleue violet

Blanche

g- Dimensions sépales

10 - 12 x 8 cm

15 x 10 mm

15 -20 x 8 - 12 mm

h- Couleur et texture de l'écorce

Grise, finement ondulée verticalement

Lisse sur un tronc à contreforts couts arrondis

Noire, sillonnée

i- Floraison

-

Février-Décembre

Février-décembre

j- Maturité des graines

-

Mars-Août

Février-mars

k- Milieu écologique

Forêt dense sur terre de barre, forêt

marécageuse

Forêt dense sur terre de barre, forêt marécageuse

Savanes soudaniennes et guinéenne sur tous les types de sols

l- Aire géographique

Bénin au Cameroun

Sénégal au Gabon

Sénégal au Soudan

 

Source : Akoègninou et al., 2006 ; Arbonnier, 2000.

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Photo1: D. oliveri dans sa forme spécifique dans la Commune de Dassa au Centre du Bénin (Houéhounha, 2009)

Photo2: Ilot de D. oliveri au niveau de la Forêt Classée de Soubroukou dans la Commune de Djougou au Nord-Ouest du Bénin (Houéhounha, 2009)

Photo 3: Ecorce de D. oliveri Cliché: Houéhounha, 2009

Photo 4: Feuille de D. oliveri (Houéhounha, 2008)

Photo 5: Panicules de fleurs de D. oliveri (Houéhounha, 2005)

Photo 6: Fruits et graines de D. oliveri (Houéhounha, 2005)

Photo 7: Souches et racines de D. oliveri (Houéhounha, 2005)

3.2- Sources documentaires

Dans le but de mieux cerner les contours du sujet, un recensement et une exploitation des ouvrages généraux, méthodologiques et spécifiques existants sur le thème et sur le Bénin ont été faits à travers des sites Internet et au niveau des centres de documentation. Ces phases ont permis de faire le point des connaissances relatives au thème et de saisir les différents concepts qui lui sont rapportés.

A cet effet, plusieurs centres de documentation et bibliothèques ont été visités.

3.3- Données démographiques et ethnobotaniques

Les données démographiques ont été collectées à l'Institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique (INSAE), aux Centres Régionaux pour la Production Agricole (CeRPA) des différents secteurs agricoles, auprès des autorités communales et locales.

L'utilisation des outils de recherche en sciences sociales (questionnaire, guide d'entretien, grille d'observation, etc.) a permis d'apprécier l'importance des usages des organes de D. oliveri dans la pratique quotidienne de certains groupes socioculturels de la zone d'étude.

Dans ce cadre, les investigations ont essentiellement porté sur les Départements oil la présence de D. oliveri a été constatée.

Sur la base de la carte des ethnies du Bénin proposée par le Troisième Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH3) (Fig. 5), 7 Départements (Plateau, Zou, Collines, Borgou, Alibori et Donga) ont été ciblés (Tableau 3). Au sein de ces Départements, les groupes sociolinguistiques ayant le taux de représentation le plus élevé, ont été retenus. Le choix du groupe sociolinguistique départemental tient compte surtout des choix opérés dans les autres Départements. Ainsi,

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même si dans un Département, un groupe sociolinguistique a un poids élevé, il ne peut être choisi s'il l'a été déjà dans un autre Département. Avec un taux de sondage de 1/1.000, les groupes socioculturels ayant fait l'objet de nos investigations, totalisent 1.269 enquêtés répartis dans les Départements (Tableau 3).

Tableau3: Répartition des enquêtés dans les Départements ciblés de la zone d'étude

Départements

Population
du
Département

% du groupe
sociolinguistique
choisi dans les

Départements

Population
correspondante

Enquêté
correspondant
au taux de
sondage de
1/1000

Observations

Atacora

543.929

14,2 % (Berba)

77.237

77

Les Bariba plus nombreux sont choisis dans le Borgou

Alibori

522.619

22,1 % (Peulh)

115.498

115

 

Borgou

720.287

37,6 % (Bariba)

270.827

270

 

Donga

351.913

28,5 % (Yoa)

100.295

100

 

Collines

535.671

26,5 % (Nago)

141.952

141

Les Nago et apparentés sont plus nombreux

Zou

596.788

86,5 % (Fon)

516.221

516

 

Plateau

406.715

12,4 % (Goun)

50.432

50

Les Goun sont choisis bien

que les Nago soient plus nombreux

Total

-

-

1.272.462

1.269

 

Source : Données INSAE-RGPH3. (2002)

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Figure 5 : Carte de répartition des poids ethniques du Bénin en 2002

Dans les 7 Départements, un choix raisonné a permis de retenir dans
21 Communes (3 Communes par Département). Dans chaque

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SVR LA VIABILITE DE SES PEVPLEMENTS AV BENIN

Commune ciblée, 03 Arrondissements ont été tirés au hasard pour servir de lieu d'investigation. Tout le territoire de l'Arrondissement a été retenu pour enquêter individuellement, toute personne ayant des liens avec l'exploitation ou l'usage des produits de D. oliveri. Les enquêtés dont au moins 25% de femmes par Arrondissement, sont âgés de 25 à 65 ans. Ils proviennent essentiellement, de 06 groupes socioprofessionnels ou confessionnels composés d'agriculteurs, de sculpteurs, de responsables de cultes, de vendeuses de pâte lyo, de tradithérapeutes, et des personnes ressources.

Sur la base du taux de sondage retenu (1/1.000), il a fallu en moyenne, 212 enquêtés par groupe socioprofessionnel ou socioconfessionnel ciblé (Tableau 4).

Tableau4: Répartition des effectifs des enquêtés par Département et par groupe socioprofessionnel

Groupes Socioprofessionnels

Atacora

Alibori

Borgou

Donga

Collines

Zou

Plateau

Total par groupe
socioprofessionnel

Agriculteurs

13

20

45

17

24

84

9

212

Sculpteurs

13

20

45

17

24

84

9

212

Responsables de culte

13

20

45

17

24

84

9

212

Vendeuses de pâte

13

20

45

17

24

84

9

212

Tradithérapeutes

13

20

45

17

24

84

9

212

Autres

13

20

45

17

24

84

9

212

Total par Département

78

120

270

102

144

504

54

1272

Dans la pratique, le questionnaire, le guide d'entretien ont servi de base aux techniques des interviews semi structurées, utilisées au niveau des personnes ressources ou individus ciblés afin de recueillir des informations d'ordre général et spécifique sur les relations possibles des hommes avec l'espèce D. oliveri. A travers les différents questionnaires, les informations suivantes ont été recueillies :

v Informations sur les traits socioculturels de la zone d'étude ;

v Informations sur les connaissances des usages de l'espèce ;

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v Informations sur la survie de l'espèce face aux usages ;

v Informations sur les stratégies endogènes liées à la protection de l'espèce.

Les observations directes et participantes ont ajouté les précisions nécessaires à l'étude.

Les données quantitatives ont fait objet de dépouillement et de saisie aux moyens de logiciels de traitement de données appropriées. Saisies dans le logiciel EPI-info (version 6), les données ont été statistiquement analysées sous SPSS et exportées vers Excel. Cette démarche a permis de comparer et d'hiérarchiser les moyennes obtenues par rapport aux réponses des enquêtés sur la connaissance des usages, leurs perceptions sur la survie de l'espèce et leurs propositions d'action pour sa sauvegarde. En ce qui concerne les informations qualitatives, il a été question de réaliser un recoupement des différents points de vue issus des entretiens et observations. Leur confrontation avec les informations quantitatives a renforcé les analyses. Une combinaison des approches qualitatives et quantitatives a permis de faire une analyse croisée et transversale des données issues du terrain afin de construire la matrice de diagnostic stratégique (MDS) sur l'exploitation des produits de D. oliveri au Bénin.

3.4- Evaluations phytosociologiques

Les études préliminaires ont montré une utilisation riche et variée des produits de D. Oliveri dans le centre du Bénin (Houéhounha, 2005). Les impacts des prélèvements des organes de l'espèce sur la physionomie de ses peuplements dans les terroirs villageois et dans les forêts classées, ont été renseignés dans ce milieu géographique. Dans ce sens, les relevés phytosociologiques ont été effectués sur 10.000 ha dans les zones des plateaux (Agbangnizoun, Djidja et Zagnanado) et dans la pénéplaine cristalline (Dassa-Zoumè, Savè et Savalou)

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constitués respectivement des sols ferrallitiques, des sols ferrugineux au sein desquels sont disséminés des sols hydromorphes.

Au niveau de la Commune de Djidja, les Forêts Classées de Dan et d'Atchérigbé, ont été choisies. Ce choix est lié au fait que dans ce milieu géographique, ces deux Forêts Classées sont les seules à avoir encore de vastes superficies non plantées avoisinant 3.904,1 ha sur 4.374 ha classés en 1942 soit 89,25% (IFN-DFS-PBF2, 2007). Dans les Forêts Classées et dans les terroirs villageois des Communes ciblées, en raison des difficultés liées au choix des arbres situés aux limites des placettes, et pour la facilité de l'installation, 85 placettes temporaires circulaires de 907 m2 (17 m x 17 m x 3,14), ont été installées dans un quadrillage à maillage carré de 1000 m X 1000 m. Les centres des placettes sont distants de 500 m les uns des autres. Dans les terroirs villageois, l'installation a pris en compte les sites oil la présence de D. oliveri est remarquée. Dans les Forêts Classées, le quadrillage a été systématique sur les 3.904,1 ha (partie non plantée). Dans les terroirs villageois, les placettes ont été installées en fonction des facteurs :

n Floristiques (végétation).

n Topographiques (carte topographique détaillée).

n Pédologiques (carte du sol).

n Anthropiques (exploitation agro-sylvo-pastorale, alimentaire et culturelle).

Le taux de sondage est de 0,58% dans les Forêts Classées et de 0,54% dans les Terroirs Villageois.

Sur chaque placette installée, tous les arbres ayant un diamètre de référence (dbh) supérieur ou égal à 5 cm, ont été systématiquement mesurés. Aucune espèce ligneuse n'a été écartée. Les espèces qui ont un diamètre de référence inférieur à 5 cm, sont comptées et rangées dans des classes de hauteur de 0 à 1 m, 1 à 3 m ou plus de 3 m.

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De même, les informations relatives à la nature du sol, à l'état de végétation, aux essences, et à l'altitude de la station etc., ont été aussi notées.

A l'aide du logiciel CAP (Community Analysis Package), les relevés effectués, ont été soumis à une analyse multivariée. La méthode utilisée est celle de Jaccard.

Pour le choix des transects, des matériels planimétriques sont utilisés et comportent diverses cartes topographiques établies à l'échelle de 1/200.000.

Sur les placettes, à l'aide du GPS 72 (Global Positioning System), les coordonnées géographiques et autres informations importantes sont prises; le clisimètre Suunto a servi à mesurer les pentes de terrain et les hauteurs d'arbres ; le compas forestier et le ruban diamètre ont été utilisés pour les mesures de diamètre; la craie forestière pour marquer les sujets.

v Les espèces végétales récoltées ont été identifiées : à partir des travaux de terrain réalisés au cours des inventaires forestiers : Fonton (1996), ONAB (2004), IFN-DFS-PBF2 (2007).

v Avec le concours des systématiciens de l'herbier National de l'UAC.

v A partir des ouvrages de botanique systématique tels que : Flora of West Tropical Africa (Hutchinson et al., 1954 et 1972); Flore illustrée du Sénégal, tome 1 à 4 (Berhaut, 1971); Flore du Bénin, Tome 3, (de Souza, 1988); Guide des adventices d'Afrique de l'Ouest (Akobundu et Gyakwa, 1989); Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d'Afrique de l'Ouest (Arbonnier, 2000) ; Flore Analytique du Bénin (Akoègninou et al., 2006).

Les relevés phytosociologiques ont été effectués suivant la méthode
sigmatique de Braun-Blanquet (1932) utilisée par Sinsin (1993) et
Oumorou (1998). Ils ont permis de déterminer les coefficients

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d'abondance- dominance, la structure de la végétation, la superficie inventoriée, etc.

La surface terrière dans les différentes phytocénoses a été déterminée à l'aide des résultats des mesures de diamètre.

Les types biologiques ont été vérifiés sur le terrain.

Les données collectées ont été classifiées, hiérarchisées et l'ordonnées avec le logiciel CAP (Analyse multivariée). Ce logiciel ayant permis la présentation des tableaux phytosociogiques des différents groupements végétaux.

La richesse spécifique (R) est le nombre d'espèces présentes dans une phytocénose donnée. La diversité spécifique a été déterminée par le calcul des indices de diversité de Shannon (1949) et du coefficient d'équitabilité de Pielou (1966).

L'indice de diversité de Shannon (H) exprime la diversité des espèces au niveau des placeaux.

R

H

Pi

- E=

i1

log 2 Pi avec, (1)

log

Pi = (ni/N) est la fréquence relative des individus de l'espèce (i); (ni) est le nombre d'individus de l'espèce (i);

(N) est le nombre total d'individus recensés

H varie en moyenne de 0 à 5 bits, les valeurs élevées de H, traduisent les conditions favorables pour l'installation de nombreuses espèces. Par contre, les valeurs faibles de H, traduisent les conditions défavorables du milieu pour l'installation des espèces.

L'équitabilité de Pielou (E) traduisant le degré de diversité atteint par rapport au maximum possible a été évaluée en utilisant la formule ciaprès

E = H S; Avec, (2)

2

H = indice de diversité de Shannon;

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log 2 S = valeur théorique de la diversité maximale pouvant être

atteinte dans chaque groupement.

L'équitabilité de Pielou correspond à un état de répartition égale de tous les individus entre toutes les espèces du groupement; S le nombre total d'espèces. Elle varie généralement de 0 à 1. Les valeurs proches de 1 témoignent d'une répartition proportionnellement similaire des espèces. Par contre, les valeurs proches de 0 correspondent à la présence d'un nombre élevé d'espèces rares, d'un petit nombre d'espèces dominantes.

Les spectres biologiques et phytogéographiques ont été calculés à partir des types biologiques et phytogéographiques. Nous avons :

Les thérophytes (Th) ; plantes annuelles ne subsistant durant la période d'arrêt de végétation qu'à l'état de graine.

Les hémicryptophytes (Hé) ; plantes vivaces dont les bourgeons de reprise de végétation se situent au niveau du sol (à moitié cachés dans le sol).

Les géophytes (Gé) ; plantes vivaces dont les bourgeons de reprise de végétation se situent en dessous du niveau du sol.

Les chaméphytes (Ch) ; plantes vivaces dont les bourgeons de reprise de végétation se situent entre 0 et 50 cm du sol.

Les phanérophytes (Ph) ; plantes ligneuses de tailles variables, à bourgeons végétatifs exposés aux intempéries, donc sans protection.

Suivant la hauteur des bourgeons terminaux par rapport au sol, on distingue :

· Les mégaphanérophytes (MPH) h > 30 m ;

· Les mésophanérophytes (mPH) 10 m -< h -< 30 m ;

· Les microphanérophytes (mph) 2 m -< h -< 10 m ;

· Les nanophanérophytes (nph) 0,5 m -< h -< 2 m.

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Les types de distribution qui nous concernent sont :

· Eléments base soudano-guinéen (SG)

S = espèces soudaniennes ;

GC = espèces guinéo-congolaises.

· Espèces pluri-régionales africaines ou espèces à distribution continentale (espèces de liaison).

SZ = Soudano-Zambésiennes ;

At = Afro-tropicales ;

Am = Afro-malgaches ;

· Espèces à large distribution

Pan = pantropicales ;

AA = afro-américaines ;

Pal = paléotropicales.

Les spectres biologiques ont permis d'observer la répartition des espèces dans les différentes formes de vie. Les spectres phytogéographiques mettent en évidence la répartition des espèces selon leur aire de distribution. Pour chaque type de groupement végétal, nous avons un spectre brut reflétant la présence et un spectre pondéré qui prend en compte les coefficients de recouvrement moyen des espèces.

3.5- Evaluations de la germination et de la dynamique de croissance des plantules de D. oliveri

Des tests de germination de graines et de reprise des bourgeons de tige et de racine ont été conduits en station. Une étude de la croissance des plantules issues des trois types de matériel végétal a été aussi réalisée. Pour les tests de germination, les graines après extraction des gousses, ont été réparties en cinq lots. Quatre des cinq lots ont subi chacun un type de prétraitement et le dernier lot comme témoin. Ainsi, les cinq traitements de semences sont constitués comme suit : (i) sans

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prétraitement, (ii) trempage dans l'eau ordinaire pendant 24 heures, (iii) trempage dans l'eau chaude portée à ébullition pendant 15 mn puis dans l'eau ordinaire pendant 24 heures, (iv) enrobage dans l'acide sulfurique concentré à 97%, l'enrobage a duré 15 mn avant que les graines ne soient trempées dans l'eau ordinaire pendant 24 heures, et enfin (v) brûlage avec la paille sèche. Toutes les graines sont semées à plat, c'est-à-dire dans la position qu'elles ont en tombant des arbres.

Pour les tests de reprise des bourgeons, les boutures n'ont subi aucun prétraitement. Elles ont été obliquement plantées dans le substrat. Pour éviter la pourriture précoce des boutures, le bout aérien de chaque bouture, est taillé en biais et protégé par une toile en plastique afin d'empêcher l'infiltration dans les tissus des eaux de pluie ou d'arrosage.

Quatre types de substrats représentant les principaux types de sols de la zone d'étude, ont été prélevés par sondage à la tarière de 0 à 20 cm de profondeur sur les 16 placeaux de suivi des rejets de D. oliveri. Il s'agit du sol ferrugineux-argileux dans la Commune de Zogbodomey, du sol ferrugineux- sablonneux dans la Commune d'Abomey, du sol ferrallitique sablonneux dans la Commune de Zagnanado et du sol ferrallitique latéritique dans la Commune d'Agbangnizoun. Ces types de substrats ont été utilisés afin de déterminer l'influence du sol sur la germination des graines ou sur la reprise des bourgeons et sur la croissance des jeunes plantules. Les caractéristiques pédologiques et chimiques de ces différents types de substrats ont été déterminées au Laboratoire des Sciences du Sol, de l'Eau et de l'Environnement d'Abomey- Calavi (LSSEE).

Sur chaque type de substrat, 50 graines ayant subi un type de traitement ou 50 boutures segments de tiges ou de racines, ont été installées sur des planches de pépinière à la même période. Un témoin a été prévu.

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Les données suivantes ont été soit journellement ou mensuellement collectées : (i) le nombre de plantules levées, le nombre de boutures de tiges ou de racines bourgeonnées, relevés journellement sur une période de 30 jours, (ii) la hauteur de 10 pousses au niveau de chaque traitement, mesurées (mensuellement) à partir du premier mois jusqu'au cinquième mois. La collecte des données s'est déroulée en deux étapes : (i) du 25 janvier 2007 au 24 février 2007 pour les données relatives à la germination des graines et à la reprise des bourgeons des boutures de tige et de racine ; (ii) du 24 février 2007 au 25 juillet 2007 pour les mesures mensuelles de hauteur des pousses. Des tests d'analyse de variance ont été réalisés suivant les conditions de Zar (1999) pour : (i) d'une part déterminer l'effet des prétraitements et du substrat sur la germination des graines, et l'effet du type de bouture et du substrat sur le taux de reprise des bourgeons, et d'autre part comparer les taux de germination des graines dans le cas du semis aux taux de reprise des bougeons dans le cas de la multiplication végétative. Dans chacun de ces cas, le modèle utilisé est un modèle croisé fixe avec comme facteurs, le prétraitement et le substrat dans le premier cas et dans le second cas, le type de bouture et le substrat, (ii) d'une part déterminer l'effet des prétraitements et du substrat sur la croissance des plantules issues des graines, et l'effet du type de bouture et du substrat sur la croissance des pousses issues des boutures de tiges et de racines, et d'autre part comparer les performances de croissances des plantules issues des graines et des pousses issues de boutures sur différents types de substrats. Dans chacun des cas un modèle d'analyse de variance avec mesures répétées a été utilisé, le facteur de mesures répétées étant le facteur temps avec cinq niveaux correspondant aux cinq dates de mesure des hauteurs.

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La normalité des résidus des populations a été vérifiée grâce au test de Shapiro-Wilk et l'homogénéité des variances grâce au test de Levene (Zar, 1999). Deux types de transformations de variables ont été effectués dans le cas où les conditions d'applicabilité des analyses de variance ne sont pas remplies :

(i) la transformation angulaire pour les taux de germination ou de reprise des bourgeons par la formule :

y = 2 arcsin x où, (3)

x représente les taux de germination ou de reprise des bourgeons en pourcentages,

(ii) la transformation logarithmique par la formule :

y = 1 0 logx où, (4)

x représente la hauteur des plantules.

Pour les modèles d'analyse de variances avec mesures répétées, l'hypothèse de sphéricité a été vérifiée par le test de Mauchly et dans le cas de violation de l'hypothèse, l'ajustement de Huynh-Feldt avec les F et les valeurs de probabilité associées ont été utilisés.

Le seuil de signification utilisé est 5%. Dans le cas de différences significatives, le test de Student-Newman-Keuls a été utilisé pour la séparation des moyennes (Zar, 1999).

3.6- Evaluation de la conduite et de la commercialisation des rejets de D. oliveri

A raison de quatre placettes par type de sol, suivant les quatre principaux types de sols dans le Centre du Bénin (Fig.6), 16 placettes permanentes de forme carrée de 50 m2 (10 m X 5 m) chacune, ont été installées pour le suivi des rejets de D. oliveri.

Des analyses de variance et des tests de Newman et Keuls (Dagnelie, 1975), ont permis de comparer et d'hiérarchiser les moyennes des différentes variables dendrométriques (hauteur, diamètre et nombre de

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pieds mesurés) de rejets de D. oliveri au niveau des différents types de sols (argileux, sablonneux, ferrallitique et latéritique). Deux niveaux de traitements ont été appliqués (placette entretenue et non entretenue) et ceci sur une période de 3 ou 4 ans. Avant de procéder aux différentes analyses, le test de normalité de Shapiro-Wilk a été effectué pour vérifier la normalité des résidus et le test de BreushPagan (appelé aussi test de Cook-Weisberg) pour vérifier leur homogénéité. Dans le cas où les conditions d'applicabilité des analyses de variance ne sont pas remplies, des transformations de variables notamment des transformations logarithmiques ont été effectuées.

Les mesures dendrométriques nous ont permis de calculer la surface terrière moyenne et la densité des ligneux.

v La surface terrière moyenne (Gi).

Gi = E 102 4 ou Gi = E C24ð (5)

G1 : est en m2/ha D = diamètre (m) et C = circonférence (m).

v La densité (D) des ligneux

D = N/S avec, (6)

N = nombre de tiges de diamètre supérieur ou égal à 5 cm et S la superficie inventoriée.

Les critères applicables aux morceaux de bois vendables ont été retenus à travers la définition des caractéristiques dendrométriques des bois de D. oliveri commercialisés sur trois marchés de la zone d'étude. Sachant que les catégories et les dimensions des produits commercialisables dépendent des communautés et des usages envisagés (Abbot et Lowore, 1999), les critères des morceaux de bois de D. oliveri destinés à la commercialisation en bois de feu dans le milieu d'étude ont été définis. Les produits vendus sur trois marchés à savoir: Abomey (sol sablonneux) ; Agbangnizoun (sol latéritique) et Zogbodomey (sol argileux) ont servi de base à l'étude. Sur ces marchés, 30 fagots de bois de D. oliveri à raison de 10 fagots par marché, ont été

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achetés de façon aléatoire. Les caractéristiques mesurées portent sur le poids moyen frais de chaque fagot, le nombre de morceaux de bois contenus dans chaque fagot, la longueur et le diamètre à la base et au fin bout des morceaux. Les valeurs obtenues seront comparées à celles des rejets de D. oliveri conduits sur des placettes installées sur ces mêmes milieux. L'expérimentation s'est déroulée pendant 48 mois sur les mêmes placettes avec les deux traitements. Les mesures ont été prises dans un intervalle de temps de 6, 12, 18, 24, 36 et 48 mois après abandon des champs. Le but du choix de cet intervalle est d'estimer par semestre, la biomasse produite.

Pour déterminer la densité du bois, cinq morceaux mesurant en moyenne 15 centimètres de long ont été sélectionnés par marché et par placette et mis à sécher à l'étuve à la température de 80°C pendant 15 jours.

La tige commercialisable devrait donc avoir une hauteur et un diamètre moyen supérieur aux valeurs limites des caractéristiques dendrométriques des morceaux de bois vendus sur les marchés ciblés. Les volumes des morceaux ont été calculés avec la formule de Smallian :

V = ð / 4( D1 2 +D22) L/ 2 (7)

D1= Diamètre supérieur ;

D2= Diamètre inférieur ;

L= Longueur assimilée à un tronc en forme de cône.

Le volume total étant le cumul des volumes des différents morceaux. La biomasse totale de chaque arbre a été redressée en utilisant la formule de base de l'étude de Pontallier et al. (1997) et de Verwijst et Telenius (1999).

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La valeur actuelle nette (VAN) a été calculée en utilisant un taux d'escompte de 3% pour chacun des deux systèmes sylvicoles afin de cadrer avec l'inflation. Le seuil de rentabilité et le temps de récolte le plus avantageux ont aussi été déterminés graphiquement avec les courbes de valeur nette actualisée et la productivité des placettes à différentes périodes.

Figure 6: Localisation des placettes de suivi des rejets de D. oliveri sur la carte pédologique du Centre du Bénin

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DEUXIEME PARTIE :

RESULTATS

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CHAPITRE 4: EVALUATION DES CONNAISSANCES ETHNOBOTANIQUES EN RELATION AVEC D. OLIVERI

4.1- Domaines liés aux usages de D. oliveri au Bénin

La connaissance sur les usages des organes de D. oliveri par les groupes socioculturels du Bénin, ne fait l'objet d'aucun doute (Tableau5). En situant l'espèce dans son habitat naturel, le groupe socioculturel Fon et apparentés la comparent au Khaya senegalensis qui pousse en forêt (Zoun-za ou D. oliveri de forêt). Cette appellation tire ses fondements de la morphologie semblable aux deux espèces: D. oliveri domine les régions de savane et K. senegalensis les régions forestières et les savanes. Les organes de D. oliveri connaissent des usages multiples dans plusieurs domaines (alimentaire, médicinal, culturel, cultuel) (Houéhounha et al., 2008).

Tableau 5 : Pourcentage des enquêtés ayant connaissance des usages des organes de D. oliveri dans les Départements du Bénin

Domaine

Organe

 
 

Départements concernés

 
 
 

Observations

Plateau
(54)

Zou
(504)

 

Collins
(144)

Borgou
(270)

Alibori
(120)

 

Donga
(102)

 

Atacora
(78)

Alimentaire

Feuille

20

%

100

%

0

%

0

%

0

%

0

%

0

%

Emballage de pâte lyo

Feuille

80

%

31

%

85

%

74

%

99

%

55

%

66

%

Aliment de bétail

graine

0

%

0

%

0

%

74

%

99

%

55

%

66

%

Aliment de bétail

Médicinal

Feuille Ecorce Racine Bois Sève

100

%

100

%

99

%

52

%

56

%

48

%

62

%

Traitement d'une vingtaine de maladies

Culturel

Bois

60

%

70

%

36

%

5

%

0

%

0

%

0

%

Sculpture sur bois, masque Guèlèdè

Rejet

100

%

100

%

89

%

62

%

46

%

58

%

55

%

Bois de feu

Ecorce

0

%

0

%

41

%

74%

99

%

55

%

58

%

Apiculture : Ruche d'abeilles

Cultuel

Sève

100

%

100

%

99

%

52 %

56

%

48

%

62

%

Encens des religions

Légende : - Les nombres entre parenthèses désignent la taille de l'échantillon

- Les nombres suivi de pourcentage représentent la proportion d'enquêtés ayant reconnu l'usage de l'espèce

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4.2- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine alimentaire

4.2.1- Feuilles, fleurs et graines de D. oliveri comme aliments des animaux

Dans le pâturage, les ruminants en général, les bovins et les caprins en particulier, consomment les jeunes feuilles, les fleurs et les graines sèches de D. oliveri (Onana, 1995) (Photo 13). L'utilisation de ce fourrage a été signalée dans tous les Départements ayant fait l'objet de nos investigations. Le groupe socioculturel Peulh en a une meilleure connaissance. En totalisant plus de 77 % des enquêtés hommes et plus de 22 % des enquêtées femmes, ce groupe socioculturel devance nettement tous les autres groupes en terme de maîtrise des usages dans ce domaine bien que les enquêtées femmes du groupe socioculturel Bariba, soit plus de 27 % à reconnaitre cet usage. De façon générale, au moins 8 % des enquêtés dans chaque Département ciblé, ont reconnu que cette espèce est consommée par les animaux domestiques (Fig. 7).

Figure 7: Usage des feuilles de D. oliveri comme fourrage par les groupes socioculturels enquêtés

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4.2.2- Feuilles de D. oliveri pour l'emballage de la pâte lyo L'emballage de la pâte lyo avec les feuilles de D. oliveri est une pratique des populations du plateau d'Abomey et de celles de ses environs (Photo11). Cette pratique nécessite l'usage des folioles des feulles de palme, seuls les enquêtés des groupes socioculturels des Départements du Zou (75-100 %) et du Plateau (20-60 %) ont reconnu cet usage. Les enquêtés des autres Départements n'ont manifesté aucune connaissance par rapport à cet usage (Tableau 6).

Tableau 6: Pourcentage des enquêtés ayant connaissance de l'usage des feuilles de D. oliveri pour l'emballage de la pâte lyo selon les groupes socioculturels

Départements

et groupe socioculturels

% (H) oui

% (F) oui

Zou (Fon)

75

100

Collines (Nago)

0

0

Plateau (Goun)

20

60

Borgou (Bariba)

0

0

Alibori (Peulh)

0

0

Donga (Yoa)

0

0

Atacora (Berba)

0

0

Légende : H= Homme F= Femme

4.3- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine médicinal

4.3.1- Organes de D. oliveri utilisés dans la pharmacopée

Les organes de D. oliveri (feuilles, écorces, racines, sève) sont utilisés pour le traitement de 20 maladies reconnues par les enquêtés ayant fait l'objet de nos investissements au niveau des Départements (Photo10; Fig. 8). Les enquêtés hommes et femmes des groupes socioculturels Nago, Goun, et Fon, ont une meilleure connaissance des vertus thérapeutiques de D. oliveri. Ils sont entre 60 à 70 % chez les hommes et 7 à 40 % chez les femmes à reconnaître les vertus de D. oliveri dans le traitement du paludisme, des troubles

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psychosomatiques, de la fièvre, de l'impuissance sexuelle chez les hommes, des crises cardiaques, de l'accouchement difficile chez la femme, de la toux, du rhumatisme, des plaies buccales, des maux de dents, des retards de croissance chez les enfants, de la fragilité des os des enfants, de la rougeole, des maux de ventre chez le nourrisson, de la diarrhée, des maux de tête, de la blennorragie, du vomissement et du diabète.

Figure 8: Usage des organes de D. oliveri pour la pharmacopée par les groupes socioculturels enquêtés

4.4- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine culturel

Deux usages principaux ont été signalés : le bois pour la sculpture et la sève comme encens.

4.4.1- Bois de D. oliveri utilisé pour la sculpture

La fabrication des statuettes a donné chez les groupes socioculturels Fon et apparentés, le nom à la profession des sculpteurs sur bois : `'bo tchio kpa to». Mais à l'intérieur de cette profession, les spécialisations suivantes sont notées : (i) la sculpture des mobiliers et des objets

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d'art ; (ii) la sculpture des mortiers et des tam-tams ; (iii) la sculpture des masques, des statuettes et la xylographie.

Parmi ces trois spécialités, il est observé que les deux premières utilisent abondamment le bois de D. oliveri comme matière première. La sculpture sur bois utilise comme matière première, du bois de qualité et parfois de grand diamètre. Dans 4 Départements sur 7 ayant fait l'objet de nos investigations, les enquêtés ont reconnu l'utilisation du bois de D. oliveri pour la fabrication des objets d'art, des fauteuils et des masques (Photo 12). Les Départements du Zou, des Collines, du Plateau et du Borgou, connaissent donc une activité intense dans le domaine de la sculpture avec utilisation du bois de D. oliveri. Dans les autres Départements, aucun enquêté n'a reconnu l'utilisation de bois de D. oliveri dans la sculpture sur bois (Tableau 7).

Tableau 7: Pourcentage des enquêtés ayant connaissance de l'usage du bois de D. oliveri pour la sculpture selon les groupes socioculturels

Départements

et groupe socioculturels

%(H) oui

% (F) oui

Zou (Fon)

59

15

Collines (Nago)

34

0

Plateau (Goun)

40

20

Borgou (Bariba)

5

0

Alibori (Peulh)

0

0

Donga (Yoa)

0

0

Atacora (Berba)

0

0

Légende : H= Homme F= Femme

4.4.2- Rejets de D. oliveri utilisés comme bois de feu

L'usage des rejets de D. oliveri est très répandu au Bénin (Photo 9). Dans les Départements ayant fait l'objet de nos investigations, les populations ont reconnu l'utilisation du bois de D. oliveri à des fins du bois de feu (tableau 8). Dans les Départements du centre Bénin, les

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populations locales maîtrisent mieux les connaissances de cet usage par rapport aux enquêtés des groupes socioculturels du septentrion (Nord du Bénin), oil l'usage est reconnu par moins de 50 % d'enquêtés (Tableau 8).

Tableau 8: Pourcentage des enquêtés ayant connaissance de l'usage du bois de D. oliveri comme énergie domestique selon les groupes socioculturels

Départements

et groupe socioculturels

% (H) oui

% (F) oui

Zou (Fon)

66

34

Collines (Nago)

59

29

Plateau (Goun)

60

40

Borgou (Bariba)

29

33

Alibori (Peulh)

15

32

Donga (Yoa)

10

48

Atacora (Berba)

8

48

Légende : H= Homme F= Femme

4.4.3- Ecorce de D. oliveri utilisée pour la confection des ruches L'écorce de D. oliveri est très utilisée dans les Départements du Nord et du centre. Cela peut s'expliquer par le fait que ces Départements aient plus bénéficié des appuis de formation en apiculture. Les Départements du Zou et du Plateau font figure de parent pauvre dans ce domaine. Aucun enquêté n'a connaissance de cet usage (Fig. 9). De façon générale, ce sont les Départements du Nord du pays qui desservent le reste du pays en miel compte tenu des potentialités naturelles de ces régions. L'écorce de D. oliveri compte tenu de sa structure extérieure, représente un matériel de fortune adapté à la construction des ruches.

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Figure 9: Usage de l'écorce de D. oliveri pour la confection des ruches par les groupes socioculturels enquêtés

4.5- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine cultuel

4.5.1- Sève de D. oliveri utilisée comme encens

Les investigations menées sur le terrain ont montré que la sève de D. oliveri est utilisée comme encens dans tous les Départements du Bénin. Dans les Départements du septentrion, l'usage de la sève de D. oliveri comme encens est reconnu par environ 46 à 56 % des enquêtés. Par contre, dans les Départements du Sud, une plus grande proportion de la population locale (60 et 70% au niveau des hommes et 30 à 40 % au niveau des femmes) utilise la sève de l'espèce comme encens (Tableau 9). Il ne peut en être autrement quand on sait que l'encens porte le nom de `' Za likpo» (morve de za) chez le groupe socioculturel Fon. L'encens étant utilisé pour sa vertu spirituelle et thérapeutique, son usage se fait sur les lieux de culte et aux domiciles des fidèles religieux (Photo 8).

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Tableau 9: Pourcentage des enquêtés ayant connaissance de l'usage de la sève de D. oliveri comme encens selon les groupes socioculturels

Départements

et groupe socioculturels

% (H) oui

% (F) oui

Zou (Fon)

66

34

Collines (Nago)

70

29

Plateau (Goun)

60

40

Borgou (Bariba)

42

9

Alibori (Peulh)

56

0

Donga (Yoa)

48

0

Atacora (Berba)

47

15

Légende : H= Homme F= Femme

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Photo 8: Sève séchée et moulue de D. oliveri, utilisée Comme encens dans la Commune de Djougou au Nord-Ouest du Bénin (Houéhounha, 2009)

Photo 9: Fagots de rejets de D. oliveri, utilisés comme bois de feu dans la Commune d'Agbangnizoun au Centre du Bénin (Houéhounha, 2005)

Photo 10: Tronc écorcé de D. oliveri pour usage en pharmacopée dans la Commune de Zogbodomey au Centre du Bénin (Houéhounha, 2005)

Photo 12: Fauteuils sculptés en bois de D. oliveri dans la Commune de Zagnanado au Centre du Bénin (Houéhounha, 2005)

Photo 11: Emballage de la pâte lyo avec les feuilles de D. oliveri dans la Commune de Bohicon au Centre du Bénin (Houéhounha, 2005)

Photo 13: Feuilles de D. oliveri, utilisées comme fourrage dans la Commune de Parakou au Nord-Est du Bénin (Houéhounha, 2005)

Conclusion partielle

Au Bénin, bien que les textes forestiers punissent la mutilation d'essences protégées (loi 93-009 du 2 juillet 1993), les comportements culturels accordent peu de valeur aux rejets de végétations naturelles que le groupe socioculturel Fon, traite de gbé, diminutif de gbé-han. Ce qui signifie concrètement que l'espèce est envahissante et peut être responsable d'insalubrité. Classés dans cette catégorie, les rejets de D. oliveri au niveau de ce même groupe socioculturel, font l'objet de plusieurs proverbes montrant `' la gestion de bien sans maître» qui en est faite.

Ainsi, on entend dire :

`' Ta gni za ta bonou éhoo énonvozon aa» ; littéralement traduite,

l'expression signifie que la tête de l'homme n'est pas comparable à la souche de D. oliveri qui rejette après le fauchage. Une allusion faite à la protection de la vie humaine qui une fois perdue, ne peut régénérer comme des souches de D. oliveri.

Par ailleurs, parlant du droit de propriété, le même groupe socioculturel fait parfois allusion aux feuilles de D. oliveri en ces termes :

`'Nou tché gni zaman bo énon da ma bio mèdé aa». En clair, l'expression signifie que les feuilles de D. oliveri, sont considérées comme `'un bien sans maître» et l'on peut en user sans être inquiété par un propriétaire. Ici, c'est le caractère inépuisable des rejets de l'espèce qui est prôné.

Globalement, on peut retenir que c'est la fonction de D. oliveri qui fait d'elle une espèce de grande portée utilitaire au Bénin. Dans une approche physiologique, il est généralement admis que c'est la fonction qui fait l'organe, mais dans le cas précis, on peut constater que c'est plutôt la fonction qui légitime l'espèce. L'espèce est d'une grande utilité pour les différents groupes socioculturels du Bénin et c'est cela qui fait

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toute sa particularité. Seulement que sous l'influence de l'activité humaine et notamment de la dynamique des populations, l'espèce est aujourd'hui menacée.

Cette situation est inquiétante d'autant plus que la plupart des enquêtés en dehors des Peulhs ne sont pas conscients du caractère épuisable de l'espèce. Sur le plan diachronique, on peut signaler que les rapports entre D. oliveri et l'Homme sont très anciens et que les pressions d'exploitation que l'espèce subit sont révélatrices d'un phénomène socio anthropologique et ethnobotanique majeur (l'emballage de lyo avec les feuilles de l'espèce, l'utilisation de l'encens, sont rapportés par des enquêtés comme des pratiques ayant cours dans l'ancien royaume du Danhomè).

A travers l'encens, par exemple, l'espèce révèle la présence du sacré et du religieux. L'usage multidimensionnel, voire global de l'espèce mérite qu'elle soit protégée au regard des perceptions que les enquêtés en font. L'espèce ayant une grande faculté à rejeter naturellement, il est important dans une perspective de développement durable, de prendre les mesures efficaces en vue de la protéger. La conduite des rejets et la mise en oeuvre de plans simples de gestion des peuplements sont visées.

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CHAPITRE 5: TYPOLOGIE DES GROUPEMENTS VEGETAUX A D. OLIVERI, ANALYSE DES PARAMETRES DENDROMETRIQUES DES PEUPLEMENTS DANS LES FORETS CLASSEES, TERROIRS VILLAGEOIS DU CENTRE DU BENIN ET CARACTERISTIQUES ECOLOGIQUES DES PEUPLEMENTS DU BENIN

5.1- Typologie des groupements

Des 85 relevés effectués dans les terroirs villageois d'Agbangnizoun, de Djidja, de Zagnanado, de Dassa-Zoumè, de Savè et de Savalou et dans les forêts classées d'Atchérigbé et de Dan, le dendrogramme et la DCA ont permis de faire la discrimination en 2 groupements au niveau des terroirs villageois et des Forêts Classées (Fig. 10).

5.1.1- Terroirs villageois

Du dendrogramme de la classification hiérarchique des 60 relevés, il ressort une hétérogénéité au sein des types de végétations. Deux groupements ont été identifiés. Une analyse de ces groupements fait apparaître un mélange de différentes formations végétales (forêts galeries, savanes arborées, savanes arbustives, jachères et champs).

(i) Le premier ensemble est composé de 37 relevés dont la majorité est constituée par les espèces des formations de savanes arborées et de jeunes jachères. Cet ensemble correspond au groupement végétal à D. oliveri et Lannea barteri (TV1 sur la figure10). (ii) Le deuxième regroupement est composé de 23 relevés dont l'ensemble est dominé par les champs et les vieilles jachères et correspond au groupement végétal à D. oliveri et Lonchocarpus sericeus (TV2 sur la figure 10).

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5.1.2- Forêts Classées

Des résultats de l'analyse du dendrogramme de 25 relevés effectués sur sol argileux, argilo-sableux et gravillonnaire à Atchérigbé et à Dan et soumis à la DCA, il ressort également deux groupements qui se présentent comme suit:

(i) Groupement à Lonchocarpus sericeus et Pterocarpus erinaceus (FC1) : Ce groupement est composé de 12 relevés en majorité issus de la localité de Dan et constitué essentiellement de savanes arborées sur sols argileux ou argilo-sableux. (ii) Groupement à Lonchocarpus sericeus et Pseudocedrela kotschyi (F) : il est constitué de 13 relevés en majorité de la Forêt Classée d'Atchérigbé. Ce groupement est essentiellement formé de savanes arbustives sur sol gravillonnaire (Fig. 12).

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DISSEMBLANCE (%)

Page | 70

 
 
 

TV1

TV2

1 0,75 0,50 0,25 0

Figure 10: Dendrogramme de 60 relevés des terroirs villageois

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Ordination Plot

SA7

280 260 240 220 200 180 160 140DJ 120 100 80 60 40 20

0

SA9

SA8

SA1

D6

D5

S8

DJ4

D2

SAC1 DJC3 Z2

SA5D4

S2

ZC6

Z1

DJ3

S9S6

D3

S1D

C4 DJ2

AGC5

SAC3

ZC7 DJC1 SA

DC1

SA11

5ZC5

DJ1

ZC3S5

S7ZC4

S4

SA4

Z3

AGC3

Z

Z4

AG

AGC4

DC3

AGC1

SA3

D1 SA12 SA2 SAC4

ZC1 SA6 S3

SA10 AG1

0 50 100 150 200 250

Figure 11: Carte factorielle de 60 relevés des terroirs villageois

FC1

F

Figure 12: Dendrogramme de 25 relevés des Forêts Classées de Dan et d'Atchérigbé

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Page | 72

200 180 160 140 120 100 80 60 40 20

0

D10

0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260

A6

D3

Ordination Plot

A5

A11

D4

A4

A2

A7

A15

A13

D7 D8A10 D1

A3

D2 A9

D9

A12

A8

A14

D6

A1

D5

Figure 13: Carte factorielle de 25 relevés des Forêts Classées de Dan et d'Atchérigbé

5.1.3- Appréciation de la diversité au sein des groupements: Composition floristique et structures des groupements

Dans les terroirs villageois de Zagnanado, Djidja, Agbangnizoun, Savalou et Savè (terroir villageois) un total 39 espèces appartenant à 22 familles a été inventorié.

Le groupement TV1 (groupement à D. oliveri et Lannea barteri), a une richesse spécifique de 34 espèces appartenant à 18 familles. Le groupement à D. oliveri et Lonchocarpus sericeus (TV2) comprend 28 espèces et 16 familles.

Les espèces les plus abondantes au niveau de TV1 sont : D. oliveri (23,2%) ; Lannea barteri (19,22%) ; tandis que D. oliveri (28%) et Lonchocarpus sericeus (11%) sont les espèces les plus abondantes au niveau de TV2. Les espèces les plus faiblement représentées sont Borassus aethiopum, Zanthoxylum zanthoxyloïdes, Cola cordifolia ayant toutes une fréquence de 0,09% et Blighia sapida, Anacardium

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occidentale, Irvingia gabonensis avec une fréquence de 0,02% respectivement pour TV1 et TV2.

Au niveau des Forêts Classées d'Atchérigbé et de Dan la richesse spécifique est de 19 espèces appartenant à 10 familles.

Le groupement à Lonchocarpus sericeus et Pterocarpus erinaceus (FC1) est constitué de 9 familles avec une richesse spécifique de 15 espèces. Le second groupement identifié au niveau de cette zone est le groupement à Lonchocarpus sericeus et Pseudocedrela kotschyi (F) qui a presque la même richesse spécifique que le premier groupement soit 14 espèces appartenant à 9 familles.

Les espèces les plus fréquentes au sein des deux groupements sont : Lonchocarpus erinaceus (26,31%), Pterocarpus erinaceus (15,78%) Vitellaria paradoxa (15,78%) Pseudocedrela kotschyi (14,47%) pour FC1 et Lonchocarpus sericeus (44,44%), Pseudocedrela kotschyii (17,03%) pour F.

Acacia macrostachya (0,08%), Holoptelea grandis (0,04%) et Terminalia glaucescens (0,03%), Vitex doniana (0,03%), Diospyros mespiliformis (0,03%) sont les espèces les moins fréquentes représentées respectivement au niveau de FC1et F.

Ainsi, l'espèce D. oliveri abondante au niveau des terroirs villageois, n'est qu'au second rang dans les Forêts Classées et même absente dans l'un des groupements des Forêts Classées.

Au niveau de TV1, les familles les plus abondantes sont : Caesalpiniaceae (27%), Anarcadiaceae (22%) et Combretaceae (13%). Les familles les moins représentées sont : Ebenaceae, Araceae, Rutaceae, et Sterculiaceae qui ont toutes une fréquence de 1% (Tableau 10).

Les familles les plus représentatives au niveau de TV2 sont :
Caesalpiniaceae (30%), Papilionaceae (16%). Celles qui sont rares sont

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les Bombacaceae (0,4%), les Sapindaceae et les Simaroubaceae qui ont toutes un pourcentage de 0,22%.

Au sein du groupement de FC1, les familles qui dominent sont : Papilionaceae (42%), Meliaceae (18%) suivies des Sapotaceae (16%). Les Verbenaceae (3,9%), les Mimosaceae (2,2%) et les Anarcadiaceae (1,31%) sont les familles les moins représentées (Tableau 10).

Tableau 10: Fréquence des différentes familles inventoriées au sein des différents groupements

Zone Protégée

Forêt Classée

TV1

TV2

FC1

F

Familles

Pi

Familles

Pi

Familles

Pi

Familles

Pi

Caesalpiniaceae

0,270

Caesalpiniaceae

0,297

Papilionaceae

0,421

Papilionaceae

0,448

Anarcadiaceae

0,224

Papilionaceae

0,160

Meliaceae

0,180

Combretaceae

0,174

Combretaceae

0,134

Combretaceae

0,106

Sapotaceae

0,158

Meliaceae

0,170

Papilionaceae

0,095

Anarcadiaceae

0,090

Combretaceae

0,061

Sapotaceae

0,089

Sapotaceae

0,074

Meliaceae

0,083

Moraceae

0,061

Caesalpiniaceae

0,081

Meliaceae

0,042

Arecaceae

0,067

Caesalpiniaceae

0,039

Moraceae

0,019

Verbenaceae

0,042

Mimosaceae

0,047

Verbenaceae

0,039

Mimosaceae

0,011

Mimosaceae

0,040

Moraceae

0,045

Mimosaceae

0,022

Ebenaceae

0,004

Annonaceae

0,027

Verbenaceae

0,040

Anarcadiaceae

0,013

Verbenaceae

0,004

Moraceae

0,025

Sapotaceae

0,029

 
 
 
 

Arecaceae

0,015

Annonaceae

0,013

 
 
 
 

Apocynaceae

0,005

Musaceae

0,007

 
 
 
 

Icacinaceae

0,003

Icacinaceae

0,007

 
 
 
 

Myrtaceae

0,002

Bombacaceae

0,004

 
 
 
 

Araceae

0,001

Simaroubaceae

0,002

 
 
 
 

Ebenaceae

0,001

Sapindaceae

0,002

 
 
 
 

Rutaceae

0,001

 
 
 
 
 
 

Sterculiaceae

0,001

 
 
 
 
 
 

Légende : TV1 = terroir villageois 1 ; TV2= terroir villageois 2 ; FC1= Forêt Classée 1 ; F= Forêt Classée 2, Pi= Fréquence.

5.1.4- Diversité spécifique des groupements abritant D. oliveri

La figure 14 indique les indices de diversité de Shannon et l'Equitabilité de Pielou en fonction des différents groupements.

Les indices de diversité de Shannon sont plus élevés au niveau des groupements des terroirs villageois qu'au niveau des Forêts Classées. Ces indices avoisinent 3,80 bits au niveau des terroirs villageois et

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varient entre 2,75 bits et 3,15 bits au niveau des Forêts Classées d'Atchérigbé et de Dan.

Figure 14: Indices de diversité de Shannon (H') et Equitabilité de Pielou (E)

Légende : TV1 = terroir villageois 1 ; TV2= terroir villageois 2 ; FC1= Forêt Classée 1 ; F= Forêt Classée 2 ; H'= Indice de Shannon ; E= Indice de Pielou

5.1.5- Distribution des individus en espèces: Diagramme Rang/Fréquence

Les figures 15, 16, 17 et 18 illustrent les diagrammes Rang/Fréquence de la distribution des espèces ligneuses respectivement au sein des groupements TV1, TV2, FC1 et F. A travers l'analyse de la Fig. 15, il est à noter : (i) La grande abondance de D. oliveri au premier rang, suivie de Lannea barteri. (ii) Un palier plus ou moins étagé constitué au premier rang de Vitellaria paradoxa, Terminalia glaucescens et de Pterocarpus erinaceus et des espèces de second rang formées de: Parkia biglobosa, Lonchocarpus sericeus, Dialium guineense, Azadirachta indica, Pseudocedrela kotschyi, Isoberlinia doka. (iii) Les espèces rares qui forment la queue de l'extrémité droite de la courbe sur l'axe des abscisses sont: Diospyros mespiliformis, Borassus aethiopum, et Cola cordifolia

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

Frequence des individus
Ln ni

4,00

6,00

5,00

3,00

2,00

0,00

1,00

0,00 1,61 2,40 2,77 3,00 3,22

Ln ri

Rang des individus

y = -0,000x2 - 0,135x + 4,151
R2 = 0,965

ln ni

Poly. (ln ni)

Cette distribution s'ajuste au mieux à la fonction polynomiale d'équation :

y = -0,0007x2 - 0,1178x + 4,8851 avec un coefficient de détermination R2 = 0,95

Frequence des individus
Ln ni

4,00

6,00

5,00

3,00

2,00

0,00

1,00

0,00 1,10 1,95 2,30 2,56 2,77 2,94 3,09 3,22 3,33 3,43 3,43

Ln ri
Rang des individus

y = -0,000x2 - 0,117x + 4,885
R2 = 0,952

ln ni

Poly. (ln ni)

Figure 15: Diagramme Rang-fréquence des espèces du groupement à D. oliveri et Lannea barteri (TV1)

Légende : ri= Rang des individus ni= Nombre d'individus

Au niveau du groupement à D. oliveri et à Lonchocarpus sericeus (TV2), la figure 16 permet de dégager les remarques suivantes :

(iv) La grande abondance de D. oliveri puis de Lonchocarpus sericeus ;

(v) Un palier plus ou moins étagé constitué de Elaeis guineense, Lannea barteri, et de Terminalia macroptera et des espèces de rang intermédiaire telles que : Parkia biglobosa, Vitellaria paradoxa, Anogeissus leocarpa et Isobernilia doka etc. ; (vi) une queue constituée par les espèces rares qui sont : Antiaris africana, Anacardium occidentale, Blighia sapida et Irvingia gabonensis.

Cette distribution s'ajuste au mieux à une fonction polynomiale d'équation :

y = -0,0006x2 - 0,135x + 4,151 avec R2 = 0,96

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

Figure 16: Diagramme Rang-fréquence des espèces du groupement à D. oliveri et Lonchocarpus sericeus (TV2)

Légende : ri= Rang des individus ni= Nombre d'individus

La distribution des espèces en rang-fréquence au niveau des groupements des Forêts Classées d'Atchérigbé et de Dan suit presque la même courbe que celle des localités de Zagnanado, Savalou, Savè, Agbangnizoun et Djidja.

Concernant le groupement à Lonchocarpus sericeus et Pterocarpus erinaceus (FC1), l'analyse de la figure 17 permet de noter :

(vii) l'abondance de Lonchocarpus sericeus qui est au premier rang suivie de Pterocarpus erinaceus. (viii) Un palier constitué des espèces du second rang dont quelques unes sont : Vitellaria paradoxa, D. oliveri, Azadirachta indica, Prosopis africana. (ix) Une petite queue formée par les espèces rares qui sont: Acacia macrostachya et Holoptelea grandis.

Le meilleur ajustement de cette distribution est une fonction polynomiale de troisième degré d'équation y =-0,0021x3 +0,0549x2 - 0,6549x + 4,8492 avec un coefficient de détermination R2= 0,96.

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

0,0 0,7 1,6 1,9 2,1 2,3 2,6 2,7

ln ri
Rang des individus

Frequence des individus
Ln ni

4,5

4

3,5

3

ln ni

2,5

Poly. (ln ni)

2

1,5

1

0,5

0

y = -0,002x3 + 0,054x2 - 0,654x + 4,849
R2 = 0,965

Figure 17: Diagramme Rang-fréquence des espèces du groupement à Lonchocarpus sericeus et Pterocarpus erinaceus (FC1)

Légende : ri= Rang des individus ni= Nombre d'individus

Il ressort de l'analyse de la figure 18, (x) une abondance de Lonchocarpus sericeus et de Pseudocedrela kotschyi ; (xi) Une chute plus ou moins brutale est constatée au niveau des espèces du second rang dont quelques unes sont : Anogeissus leiocarpa, D. oliveri, Parkia biglobosa, Afzelia africana ; (xii) des espèces rares qui forment la queue de l'extrémité droite de la courbe sur l'axe des abscisses sont : Pterocarpus erinaceus, Terminalia glaucescens, Vitex doniana et Diospyros mespiliformis.

Cette distribution s'ajuste au mieux à la fonction polynomiale d'équation y = 0,0107x2 - 0,5343x + 5,1042 avec un coefficient de détermination R2 = 0,97.

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Frequence des individus
Ln ni

4,00

6,00

5,00

3,00

2,00

0,00

1,00

0,00 1,10 1,61 1,95 2,20 2,40 2,40

Ln ri

y = 0,010x2 - 0,534x + 5,104
R2 = 0,972

Rang des individus

ln ni

Poly. (ln ni)

Figure 18: Diagramme Rang-fréquence des espèces du groupement à Lonchocarpus sericeus et Pseudocedrela kotschyi (F)

Légende : ri= Rang des individus ni= Nombre d'individus

5.1.6- Spectres biologiques et phytogéographiques des groupements à Daniellia oliveri

Le spectre biologique brut des groupements des terroirs villageois affiche une abondance des phanérophytes avec une dominance des mégaphanérophytes dont les fréquences sont de 62% et 75% respectivement au sein de TV1 et de TV2. Les mésophanérophytes (22% et 8%) et les nanophanérophytes (10% et 4%) sont plus abondantes au niveau de TV1 et de TV2. La présence de géophytes est à noter au niveau de TV2 avec une faible contribution de 1% (Fig. 19 et Fig. 20).

Concernant le spectre phytogéographique (Fig. 21 et Fig. 22), les espèces soudano-zambéziennes abondent avec un pourcentage de 36% et de 35% (Tableau 12) respectivement pour TV1 et TV2. Viennent ensuite les espèces Plurirégionales Africaines, les Soudaniennes et les Pantropicales. Les Guinéo-Congolaises, les Paléotropicales et les Soudano-Guinéennes ont une contribution très faible au niveau des deux groupements.

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Dans les groupements de la Forêt Classée, il est noté une nette abondance des espèces Afro-malgaches, les Plurirégionales Africaines, les Soudaniennes et les Soudano-Zambéziennes. Les Afro-Malgaches ont un pourcentage de contribution de 44% et de 26% respectivement au niveau de F et de FC1 (Fig. 21). Les espèces Soudaniennes et les Soudano-Zambéziennes ont respectivement 30% et 20% au sein de FC1, tandis qu'elles ont une fréquence de 19% au niveau de F.

Figure 19: Spectre brut des types biologiques Figure 20: Spectre brut des types biologiques

au sein des groupements des terroirs villageois au sein des groupements des Forêts Classées

Légende : TV1 = terroir villageois 1 ; TV2= Terroir villageois 2 ; FC1= Forêt Classée 1 ; F= Forêt Classée 2 ; MPh= mésophanérophites; mph= microphanérophytes ; nph= nanophanérophytes ; Ge= Géophytes

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Figure 21: Spectre brut des types phytogéographiques Figure 22: Spectre brut des types phytogéographiques au sein des groupements des terroirs villageois au sein des groupements des Forêts Classées

Légende : TV1 = Terroir villageois 1 ; TV2= Terroir villageois 2 ; FC1= Forêt Classée 1 ; F= Forêt Classée 2, AM= Afro-Malgaches ; AT= Afro-Tropicales ; GC= Guinéo-Congolaises ; PA=Pluri-régionales africaines ; Pan= Pantropicales ; Pal= Paléotropicales ; SG= Guinéo-congolaises ; SZ= SoudanoZambiennes ; S= Soudaniennes

5.1.7- Evolution des paramètres dendrométriques des différents groupements

5.1.7.1- Densité et surface terrière

La densité la plus élevée est au niveau du groupement TV1 avec 282 pieds à l'hectare (Fig. 23) ; tandis qu'au niveau de TV2 une densité de 194 pieds/ha à été déterminée avec un pourcentage de contribution de D. oliveri de 26% et de 32% respectivement pour TV1 et TV2 (Fig. 23).

Les surfaces terrières totales sont de 10,42 m2/ha et de 9,80 m2/ha respectivement au niveau de TV1 et de TV2 avec une contribution de D. oliveri de 42% pour TV1 et 8,58% pour TV2.

Au niveau des Forêts Classées de Dan et d'Atchérigbé, il a été
déterminé des densités de 209 pieds/ha et 229 pieds/ha
respectivement au sein de FC1 et F. Les surfaces terrières totales

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sont de 1,27m2/ha à 0,98m2/ha respectivement au sein de FC1 et de F avec une quasi absence des pieds de D. oliveri au sein de ce dernier groupement (Fig. 24).

Forêt Classée

Terroir villageois

300

250

200

150

100

50

0

Densite

(Individus/ha)

TV1 TV2

FC1 F

Dt

D (DO)

Groupements

Figure 23: Densité des espèces au sein des différents groupements

Légende : TV1 = Terroir villageois 1 ; TV2= terroir villageois 2 ; FC1= Forêt Classée 1 ; F= Forêt Classée 2, Dt= Densité ensemble des espèces; D(DO)= Densité de D. oliveri au sein des espèces

Figure 24 : Surface terrière des espèces au sein des différents groupements

Légende : TV1 = Terroir villageois 1 ; TV2= Terroir villageois 2 ; FC1= Forêt Classée 1 ; F= Forêt Classée 2, Gt= Surface terrière ensemble des espèces ; G (DO)= Surface terrière de D. oliveri au sein des espèces

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5.1.7.2- Répartition des individus par classe de diamètre

La distribution des individus par classe de diamètre suit la même allure au sein des différents groupements. Les individus de diamètre compris entre 5 cm et 25 cm dominent au sein des quatre groupements (Fig. 25 et Fig. 26). Les autres centres de classe (35 cm ; 55 cm ; 75 cm et 95 cm) ont une contribution plus faible. Il est à noter l'absence totale des individus de grand diamètre au niveau de FC1 et de F ; toutefois quelques pieds (95cm ; 115cm) sont notés au sein des terroirs villageois.

Nbre d'individus

300

250

200

150

100

50

0

15 35

Centre de classe (cm)

FC1

F

Nbre d'individus

400

800

700

600

500

300

200

100

0

15 35 55 75 95 115 135 155

Centre de classe (cm)

TV1

TV2

Figure 25: Répartition des individus par classe de diamètre Figure 26: Répartition des individus par classe de diamètre au

sein des groupements des Forêts Classées au sein des groupements des terroirs villageois

Légende : TV1 = FC1= Forêt Classée 1 ; F= Forêt Classée 2, TV1= terroir villageois 1 ; TV2= terroir villageois

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5.2- Répartition spatiale et abondance des peuplements de D. oliveri au Bénin

L'intensité des usages des organes de D. oliveri a imprimé à ses peuplements, la physionomie qualifiée en droit de `'gestion de bien sans maître». Cet état des choses a fait remonter la limite sud de l'aire de répartition de D. oliveri jusqu'à la latitude 7°20' Nord (Fig. 27). Cette limite devant normalement être assimilable à la rencontre de la zone forestière avec la savane. Actuellement, seul quelques pieds solitaires et des rejets de souches de l'espèce dans les Départements du Couffo de l'Atlantique et du Plateau demeurent les représentants vivants de l'espèce.

5.2.1- Principales zones de répartition des peuplements de D. oliveri au Bénin

Le suivi de la pression exercée par les utilisateurs des organes de l'espèce a servi de base à la partition du territoire national en cinq zones de pression (Fig. 27).

5.2.1.1- Zones d'absence de l'espèce

Du bassin sédimentaire côtier jusqu'à la latitude 7°10' Nord, l'espèce est totalement absente. Cette zone qui couvre environ 985.139 ha, correspond à la limite territoriale des quatre Départements du Sud du Bénin (Ouémé, Atlantique, Littoral et Mono).

5.2.1.2- Zones de surexploitation de l'espèce

La zone comprise entre les latitudes 7°10' et 7°30' Nord correspondant à une proportion d'environ 3,10 % du territoire, couvre une partie des Départements du Couffo, du Zou et de l'Ouémé. Dans cette zone, les sujets de grand diamètre ont disparu laissant place à des rejets exploités pour les feuilles et à des fins de bois de feu.

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5.2.1.3- Zones de forte pression d'exploitation de l'espèce

La portion du territoire comprise entre les latitudes 7°30' et 8°14' Nord, est désignée comme telle parce qu'on y observe des plages de sujets de même génération (les cohortes). Ce sont les zones de forte densité de peuplement de l'espèce tant dans les Forêts Classées que dans les terroirs villageois. Ces zones attirent les exploitants (sculpteurs) recherchant les sujets ayant les diamètres les plus gros.

5.2.1.4- Zones d'absence d'exploitation de l'espèce

Les zones d'absence d'exploitation de l'espèce se situent dans les Départements du nord du pays (Atacora, Alibori) et occupent une proportion d'environ 47,19 % de la superficie totale du pays. Elles englobent surtout les Aires Protégées du Bénin.

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Figure 27: Carte de l'évaluation de la pression anthropique sur les peuplements de D. oliveri au Bénin

5.2.1.5- Zones d'exploitation modérée de l'espèce

Evaluées à environ 32,25 % de la superficie totale du pays, les zones d'exploitation modérée se situent au voisinage des zones d'absence d'exploitation. Les usages des organes de l'espèce y sont rares. L'influence des zones d'exploitation a permis de caractériser les D. oliveri et ses peuplements dans les zones climatiques à partir des résultats de l'inventaire forestiers national de 2007.

Tableau 11: Quelques caractéristiques dendrométriques de D. oliveri dans les terroirs villageois et dans les Forêts Classées du Bénin

Zone climatique

Milieu
étudié

Nbre de

Placettes

(nombre
d'individus)

Peuplement principal

DG
(cm)

DMAX
(cm)

Hfut
(m)

G/ha
(m2)

Vfut/ha
(m3)

Vtot/ha
(m3)

Zone Guinéenne

terroir villageois

298

28,55

79

5,3

0,12

0,45

1

Forest Classée

11

23,75

36

4,4

0,18

1,045

1,085

Zone Soudano-guinéenne

terroir villageois

891

29,76

101

5,46

0,29

1,05

2,47

Forest Classée

68

45,6

58

5,5

0, 14

0,52

1,25

Zone Soudanienne

terroir villageois

739

29,35

95

5,45

0,07

0,28

0,66

Forest Classée

161

35,21

84

5,51

0,59

2,27

9,79

Légende : DMAX= Diamètre moyen maximal G/ha= Surface terrière par ha

Hfut = Hauteur moyenne fût Vfut/ha= Volume fût par ha

Vtot/ha= Volume total par ha

Source des données : IFN-DFS-PBFII, 2007

Nbre de
pieds/ha

7

4

6

5

3

0

2

1

Terroir
villageois

Zone Guinéenne Zone Soudano-Guinéenne Zone Soudanienne

Forest ClasséeTerroir

villageois

Forest ClasséeTerroir

villageois

Forest Classée

N/ha

Milieu d'étude par zone climatique

Figure 28: Densités moyennes (N/ha) de D. oliveri dans les peuplements principaux des Forêts Classées et terroirs villageois du Bénin

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Milieu d'étude par zone climatique

16

Nbre de
tiges/ ha

14

Forêt
Classée

Forêt
Classée

Forêt
Classée

Zone Guinéenne

Zone Soudanienne

Terroir
villageois

Terroir
villageois

Zone Soudano-
Guinéenne

Terroir
villageois

Tiges

12

10

8

6

4

2

0

Figure 29: Densités moyennes de D. oliveri dans les sous-bois des Forêts Classées et terroirs villageois du Bénin

Hauteur
en m

18

16

Forêt
Classée

Forêt
Classée

Forêt
Classée

Zone Guinéenne

Zone Soudanienne

Terroir
villageois

Milieu d'étude par zone climatique

Terroir
villageois

Zone Soudano-
Guinéenne

Terroir
villageois

Htot (m)

14

12

10

8

6

4

2

0

Figure 30: Hauteur totale (Htot) moyenne de D. oliveri dans les Forêts Classées et terroirs villageois du Bénin

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Figure 31: Carte de répartition des densités de peuplement de D. oliveri dans les Forêts Classées (FC) des Départements du Bénin

Figure 32: Carte de répartition des densités de peuplement de D. oliveri dans les terroirs villageois (TV) des Départements du Bénin

Le tableau 11 et les figures 28, 29, 30, 31 et 32, obtenus à partir des données de l'inventaire forestier national de 2007 (IFN-DFS-PBFII, 2007), présentent les caractéristiques et l'abondance de D. oliveri sur l'ensemble du territoire du Bénin.

En zone Guinéenne et Soudano-Guinéenne, la densité des peuplements de D. oliveri est plus élevée dans les terroirs villageois que dans les Forêts Classées ; par contre, elle est plus élevée dans les Forêts Classées que dans les terroirs villageois de la zone Soudanienne (Fig. 28).

La régénération naturelle de D. oliveri au niveau des sous-bois des Forêts Classées du Bénin est nulle par contre, les terroirs villageois font apparaître dans toutes les zones climatiques, une régénération plus abondante dans la zone Guinéenne et Soudanienne qu'en zone Soudano-Guinéenne (Fig. 29).

La hauteur totale moyenne de D. oliveri observée est inférieure à 20 mètres (Fig. 30).

Globalement, l'espèce est plus présente dans les Forêts Classées et les terroirs des Départements des Collines (Fig. 31 et Fig. 32). Ce constat explique l'intensité de la pression d'exploitation notée à la figure 27.

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Conclusion partielle

Dans l'ensemble, les espèces de l'élément base Soudano-guinéennes sont très peu représentées ou même quasi inexistantes. Les espèces à large distribution ont une contribution faible, ceci confirme que les groupements sont présents dans des milieux plus ou moins perturbés par les actions anthropiques et que la colonisation croissante du milieu par les espèces exotiques telles que Azadirachta indica, Mangifera indica est un indicateur de la présence humaine. Les résultats obtenus expliquent une utilisation accrue de l'espèce D. oliveri dans le milieu d'étude. Les faibles valeurs de la surface terrière en général indiquent l'absence d'espèces de grand diamètre au sein de ces savanes. La valeur élevée de la surface terrière au niveau de TV2 peut s'expliquer par la présence de certains grands arbres au niveau des vieilles jachères et de certains champs. Toutefois, la conservation de certains pieds comme Mangifera indica, Parkia biglobosa, Azadirachta indica, est constatée. Ils servent d'abris et sont également utilisés comme fruitiers.

Les présents résultats posent une fois encore l'épineux problème de la sécurisation du domaine classé de l'Etat au Bénin. Les pressions anthropiques exercées sur les espèces usitées, semblent plus accentuées dans le domaine classé de l'Etat que dans les terroirs villageois. Cette situation se justifie dans la mesure oil les exploitants sont obligés d'acheter ou de demander auprès des propriétaires terriens, l'autorisation de couper les arbres dans les champs et jachères ; ce qui n'est pas le cas dans les forêts classées.

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CHAPITRE 6: CONDUITE DE LA REPRODUCTION DE D. OLIVERI ET ANALYSE DES CAPACITES DE SA REPRODUCTION SUR DIVERS SITES ECOLOGIQUES AU CENTRE DU BENIN

6.1- Régénération naturelle

Chez la plupart des essences forestières, la reproduction par voie sexuée est la plus utilisée. A l'image des schémas classiques, la production des plantules de D. oliveri à partir des graines a suivi les principales étapes que sont :

ü La recherche des semences ;

,/ La mise en germination des graines ;

ü Le suivi des plants en pépinière.

Quant à la reproduction par voie asexuée les boutures mûres de tige et de racine préparées en fragments possédant des bourgeons dormants, ont été mises en terre sans aucun traitement. Pour le test de reproduction de l'espèce, l'analyse chimique des substrats utilisés a donné les résultats ci-après (tableau 12).

Tableau 12: Composition chimique des substrats de pépinière utilisés

Nom du profil

Substrat
(sol
argileux)

Substrat
(sol
sablonneux)

Substrat
(sol
ferrallitique)

Substrat
(sol
latéritique)

C %

2,94

1,79

0,16

0,27

C/N

16,3

12,0

2,3

4,5

M.O. %

5,06

3,08

0,27

0,46

pHeau (1/2,5)

7,2

7,4

6,4

5,9

pHkcl (1/2,5)

6,7

6,9

5,1

5,0

K+ éch. Méq/100g

0,36

0,46

0,05

0,16

Na+ éch. Méq/100g

0,08

0,06

0,04

0,06

CEC Méq/100g

17,50

9,80

10,20

8,30

Pass. BrayI ppm

24

100

5

7

Le tableau12 présente les propriétés physico-chimiques des substrats utilisés pour la réalisation des pépinières. De ces résultats, il ressort que les sols ferrallitiques et latéritiques sont acides, très dégradés avec une faible teneur en matière organique, un rapport C/N très faible et

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une faible capacité d'échange cationique. Les sols ferrugineux argileux et sablonneux par contre sont neutres, moins dégradés avec une teneur en matière organique, un rapport C/N élevé et une capacité d'échange cationique élevée. De ce fait, ils sont plus fertiles que les sols ferrallitiques et latéritiques.

6.2- Effet des traitements pré -germinatifs et du substrat sur la

germination des graines de D. oliveri

Le tableau 13 présente les taux de germination des graines par traitement et selon le substrat. Le type de substrat n'influe pas significativement sur la germination des graines (F =1,144, p<0,356). Globalement, les taux moyens de germination par substrat fluctuent entre 63,00 #177; 29,78% et 66,00 #177; 30,24%. Par contre le prétraitement germinatif influe significativement sur la germination des graines (F = 239,785, p < 0,0001). Les graines non traitées présentent le taux de germination le plus élevé (93,00 #177; 3,37 %). Elles sont suivies des graines prétraitées à l'acide sulfurique (85,00 #177; 4,28%), des graines trempées dans l'eau (70,00#177;6,45%). Les graines trempées dans l'eau chaude et les graines traitées au feu ont les taux de germination les plus faibles (respectivement 58,00 #177; 5,01% et 13,75 #177;1,98%).

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Photo 14 Photo 15

Photo 16 Photo 17

Photos: 14 : Plantules issues de graines semées dans un substrat sablonneux; 15 : Plantules issues de graines semées dans un substrat de terre de barre ; 16 : Plantules issues de bouture de racine implantée dans un substrat argileux; 17 : Plantule issue de bouture de tige implantée dans un substrat de latérite.

Cliché : Houéhounha, 2007

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Tableau 13 : Taux moyens de germination (%) des graines de D. oliveri pour cinq types de prétraitements sur quatre types de substrats

Prétraitements

 

Substrats

 

Moyenne

S. ferrug.
sablonneux

S.
ferrallitique

S.
latéritique

S. ferrug.
argileux

Aucun

93,00#177;4,24

94,00#177;2,83

93,00#177;1,41

93#177;7,07

93,00#177;3,37a

Eau

68,00#177;11,31

69,00#177;1,41

55,00#177;4,24

77#177;4,24

70,00#177;6,45c

Eau chaude

60,00#177;5,36

60,00#177;8,49

55,00#177;4,24

57#177;4,24

58,00#177;5,01d

Acide

82,00#177;5,36

84,00#177;2,83

85,00#177;4,24

89#177;4,24

85,00#177;4,28b

Brûlage

12,00#177;2,83

15,00#177;1,41

13,00#177;1,41

15#177;1,41

13,75#177;1,98e

Moyenne

63,00#177;29,83

64,00#177;29,01

63,00#177;29,78

66#177;30,24

-

6.3- Effet du type de bouture sur les taux de reprise des bourgeons de D. oliveri pour quatre types de substrat

Le tableau 14 présente les taux de reprise des bourgeons de segments de racines et de tiges de D. oliveri pour les quatre types de substrats. Le type de substrat n'influe pas significativement sur la reprise des bourgeons des boutures de segments des tiges et racines (F = 2,117, p<0,176). Par contre, le taux de reprise des bourgeons varie significativement en fonction du type de bouture (F= 210,825, p < 0,0001). Les boutures de segments de racines présentent les taux de reprise les plus élevés (66,00#177;3,38%) et les boutures de segments de tiges les taux de reprise les plus faibles (38,75#177;4,40%).

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Tableau 14: Taux moyens de reprise des bourgeons de racine et de tige de D. oliveri sur quatre types de substrats

Substrats

Taux de reprise des bourgeons

Boutures de racines

Boutures de tiges

Substrat ferrugineux sablonneux

70,00#177;2,83

41,00#177;4,24

Substrat ferrallitique

62,00#177;2,83

37,00#177;4,24

Substrat latéritique

66,00#177;0,00

41,00#177;7,07

Substrat ferrugineux argileux

66,00#177;0,00

36,00#177;2,83

Moyenne

66,00#177;3,38

38,75#177;4,40

Substrat : F=2,117, p<0,176 ; Type de bouture : F=210,825, p<0,0001 ; Interaction substrat*type de bouture : F=0,520, p<0,680)

6.4- Croissance en pépinière des plantules issues des différentes graines prétraitées pour les quatre types de substrats

Pour l'ensemble des traitements et des substrats, la hauteur des plantules varie significativement avec le temps entre 30 et 150 jours (F=3824,536, p<0,0001). Toutefois, le rythme de croissance est significativement influencé par le prétraitement des graines (interaction temps-prétraitement : F = 87,235, p<0,0001 et le type de substrat (interaction temps-substrat : F=51,85, p<0,0001).

Les figures 33a à 33d comparent la croissance des plantules issues des cinq types de graines prétraitées sur chacun des quatre différents substrats.

Sur les sols sablonneux et ferrallitiques (Fig. 33a et Fig. 33b), la hauteur des plantules croit rapidement pour tous les types de prétraitements, mais les plantules issues des graines prétraitées avec le feu ont montré les hauteurs les plus élevées sur les 150 jours. Elles sont suivies par les plantules issues des graines traitées à l'acide sulfurique et dans une moindre mesure les plantules issues des graines trempées dans l'eau simple. Les plantules issues des graines

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non traitées et trempées dans l'eau chaude montent des hauteurs les plus faibles après 90 jours.

Sur les sols latéritiques (Fig. 33c), bien que les plantules issues des graines brûlées aient montré les hauteurs les plus élevées pendant les trois premiers mois (F=292,742, p<0,0001 au mois 1, F= 351,095, p<0,0001 au mois 2 et F=128,223, p<0,0001 au mois 3), leur vitesse de croissance sur les 150 jours est plus faible que les autres prétraitements. Les plantules issues des graines traitées à l'acide sulfurique, bien qu'ayant une hauteur initiale moyenne faible, croissent rapidement entre 30 et 90 jours. A partir de 120 jours on observe plus de différences significatives entre les hauteurs de ces plantules et celles des plantules issues des graines brûlées. Les plantules issues des graines non traitées, trempées dans l'eau simple ou dans l'eau chaude montrent des hauteurs significativement inférieures aux deux autres sur les 150 jours. Par ailleurs à partir de 90 jours leur rythme de croissance diminue, à l'exception des plantules issues des graines non traitées pour lesquelles la croissance s'accélère et augmente significativement à 150 jours.

Sur le sol argileux (Fig. 33d), les plantules issues des graines brûlées montrent les hauteurs les plus élevées pendant les trois premiers mois (F = 659,4 ; p < 0,0001 au mois 1, F = 561,584 p < 0,0001 à deux mois, F = 210,794 ; p < 0,0001 et à trois mois), bien que leur rythme de croissance sur les 150 jours soit plus faible que les autres prétraitements dont les plantules croissent très rapidement. A partir de 120 jours, ce sont plutôt les plantules issues des graines non traitées qui présentent les hauteurs les plus élevées, suivies des graines traitées au feu et à l'acide sulfurique (F=126,412, p<0,0001 à 120 jours et F=128,864, p<0,0001 à 150 jours). En outre, la vitesse de croissance des plantules au niveau de tous les traitements diminue à partir du quatrième mois. Les plantules issues des graines traitées à

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l'eau chaude et à l'eau simple présentent les hauteurs les plus faibles sur les cinq mois.

En général, c'est le sol argileux qui favorise les croissances les plus vigoureuses, suivi par le sol latéritique et le sol ferrallitique. Les plus faibles croissances sont observées au niveau du sol sablonneux (F= 284,33; p<0,0001).

33a. Sol ferrugineux sablonneux 33b. Sol ferrallitique

33c. Sol latéritique 33d. Sol ferrugineux argileux

Figure 33. Croissance des plantules issues des cinq types de graines sur quatre différents substrats.

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.

34a. Plantules issues des boutures de tiges 34b. Plantules issues des boutures de racines

Figure 34: Croissances des plantules issues des boutures de tiges et de racines sur quatre types de substrat.

6.5- Croissance des plantules issues des boutures de tiges et de racines sur quatre types de substrats

Les figures 34a et 34b présentent la croissance des pousses issues de boutures de tiges et de racines sur quatre types de substrats différents. La hauteur des pousses varie significativement avec le temps (F=10129,514, p<0,0001). Toutefois, cette variation est significativement influencée par le type de bouture (interaction type de bouture-temps : F=31587,341, p<0,0001) et le type de substrat. (Interaction temps-type de substrat : F=1278,406, p=<0,0001).

Les pousses issues des boutures de tiges ont une hauteur moyenne en 30 jours très faible, elle est inférieure à 3 cm quelque soit le type de substrat (Fig. 33a). On note une chute de la hauteur des plantules entre 30 et 60 jours et une mortalité totale de toutes les pousses pour tous les types de sols excepté le sol sablonneux. Pour ce dernier, la

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hauteur des pousses croit légèrement entre 30 et 60 jours et chute aussi aboutissant à une mortalité totale des plantules à 90 jours.

Les plantules issues des boutures de racines ont une hauteur à 30 jours significativement supérieure à celle des plantules issues des boutures de tige. Pour tous les types de substrats, la hauteur augmente significativement avec le temps (Fig.34b). Pendant les deux premiers mois, les hauteurs les plus élevées sont obtenues sur le sol argileux (F=299,43, p<0,0001 à un mois, F=49,543, p<0,0001 à deux mois). A partir de trois mois, les hauteurs les plus élevées sont obtenues sur sols latéritiques suivis du sol argileux (F=223,878,

p<0,0001 à trois mois, F=184,295, p<0,0001 à quatre mois et F=111,622, p<0,0001 à cinq mois).

6.6- Comparaison des taux de réussite et de la croissance des pousses pour la propagation par graines et par boutures de racines de D. oliveri.

La figure 35 compare pour les quatre types de substrats, les taux de germination des graines prétraitées aux taux de reprise des bourgeons des boutures de segments de racines. Le taux de réussite varie significativement en fonction de la nature du matériel végétal utilisé (F=225,508, p=0,0001). La propagation par graines non traitées présente le taux de réussite le plus élevé (93,25#177;3,37%). Elle est suivie de la propagation par graines traitées à l'acide sulfurique (85,00#177;4,28%). La propagation par boutures de racines présente des taux de réussite qui ne sont pas significativement différents de la propagation par graines trempées dans l'eau simple (respectivement 66,00#177;3,38% et 70,25#177;6,45%). La propagation par graines préalablement brûlées ou trempées dans l'eau chaude présente les taux de réussite les plus faibles (respectivement 13,75#177;1,98% et 58,00#177;5,01%).

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La comparaison de la croissance des plantules issues des graines à la croissance des jeunes pousses issues des bourgeons des boutures de segments de racines a montré de façon générale, que les pousses issues des boutures de segments de racines ont des hauteurs significativement inférieures à celles des plantules issues des graines quelques soit les types de prétraitements appliqués (F=15225,223, p<0,0001). La hauteur moyenne des pousses issues des boutures de segments de racines fluctue entre 4,43#177;0,73 cm à un mois et 6,64#177;0,26 cm à cinq mois. Pour les plantules issues des graines, elles varient en moyenne entre 9,35#177;2,38 cm le premier mois à 11,42#177;2,20 le cinquième mois.

Figure 35: Comparaison des taux de réussite à 30 jours des modes de propagation par graines et par boutures de racine

Légende: GRO= graine sans prétraitement ; GR1= graine trempée dans l'eau ; GR2= graine trempée dans l'eau chaud ; GR3 : graine trempée dans l'acide ; GR4= graine brûlée ;

BT= bouture de racine

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Conclusion partielle

Ce chapitre a montré que les graines de D. oliveri ne présentent pas de problèmes de dormance et que l'espèce peut être reproduite artificiellement par semis de graines mares. Elle peut aussi être reproduite par boutures de racines. Ce qui s'oppose au constat d'absence de régénération naturelle de D. oliveri observée sur tous les types de sols au cours l'inventaire national de 2007 (IFN-DFS-PBF2, 2007). En pépinière, le semis présente l'avantage d'un meilleur taux de germination et d'une croissance plus rapide des plantules par rapport aux boutures de racines dans les cinq premiers mois; mais il importe de faire des investigations sur la survie des plants issus de chaque type de matériel végétal en milieu naturel face aux divers aléas avant de choisir l'option la plus viable pour les programmes d'enrichissement ou d'installation de plantation. La recherche des techniques appropriées à la reproduction de D. oliveri, a montré que le prétraitement germinatif des graines, bien qu'ayant un effet non positif sur la germination, pourrait bien stimuler la croissance des plantules. Contrairement aux résultats de prétraitement de la plupart des graines à tégument dur, le choc thermique réduit le taux de germination des graines de D. oliveri ; le trempage dans l'eau chaude et le bralage des graines, ont donné les résultats les plus faibles ce qui permet d'expliquer en partie les résultats de l'inventaire forestier national exécuté dans un milieu parcouru annuellement par les feux de végétation en période de fructification de l'espèce. Il est cependant montré que les boutures de racines qui abondent dans les zones surexploitées, donnent de bons résultats en pépinière. Cette aptitude peut servir de base à la conduite de la régénération naturelle de l'espèce dans le centre du Bénin.

Dans la sous-région, conduire et commercialiser les produits issus de
rejets d'espèces végétales locales est possible dans le cadre d'un

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développement d'activités génératrices de revenu au profit des agriculteurs en général et des femmes en particulier (Naughton-Treves et al., 2007; Morton, 2007).

La bonne qualité de régénération est importante pour tout système de conduite des rejets (Mitchell et al., 1999). La réussite du transfert des plants issus des pépinières sur les lieux de plantation, étant encore inconnue, le chapitre 8 de la présente étude à permis d'évaluer les densités, la croissance en hauteur et en diamètre des rejets sur différents types de sols avec deux traitements.

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CHAPITRE 7 : REGENERATION NATURELLE DE D. OLIVERI ET EXPLOITATION DE SES REJETS AU CENTRE DU BENIN

7.1- Evolution du nombre de pieds suivant différents traitements et types de sol

Les observations démarrées le 1er octobre 2004 ont permis de constater que le nombre de pieds de D. oliveri a varié significativement (p < 0,0001), d'un type de sol à un autre et suivant le traitement appliqué sans que les deux facteurs ne s'influencent significativement (tableau 15). Six mois après le défrichement, aucune différence significative pour la variable nombre de rejets n'a été observée (p = 0,054) quel que soit le type de sols et le traitement appliqué. Il est cependant important de signaler qu'après un an d'observation, le nombre moyen de pieds sur les différents sols, a subi une réduction d'effectifs à cause du développement des rejets émergents (tableau15) (Houéhounha et al., 2009).

7.2- Densité des rejets selon les stations

Les souches de D. oliveri rejettent abondamment (Photo18) et peuvent donner six mois après un défrichement et selon le type de station, une densité variant entre 68.000 tiges/ha (pour le traitement témoin) à 101.500 tiges/ha (pour le traitement entretien) (Fig. 36). Mais deux ans après, cette densité selon le traitement subi par le peuplement (entretien ou incendie), chute et varie entre 8.300 à 27.000 tiges à l'hectare. En trois ans de suivi, les stations A1, B1, C1 et D1 ont perdu naturellement, 66,70 % des rejets de départ pour ne laisser émerger que 33,30 %. Dans le même temps, les stations A2, B2, et D2 oil la compétition avec les herbacées et autres ligneux est développée, phénomène aggravé par les passages des feux de

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végétation, la réduction de la densité de rejets de D. oliveri est de 89,84 % des rejets de départ soit une émergence de 10,16 % seulement. De façon générale, les stations entretenues ont permis d'augmenter les rejets émergents de 23,14 % de plus que les stations testées au feu de végétation. En fait les résultats des stratégies démographiques et de la dynamique des peuplements de D. oliveri sont du type r-k (r faisant référence à un taux de croissance exponentiel et k, à un niveau maximal de biomasse).

60

55

50

55

Sol argileux Sol sablonneux

Sol ferrallitique Sol latéritique

52

40

42

40

29

23

16

15

23

15

153

113

113

100

80

104

71

Entretien

Entretien

Entretien

Entretien

Entretien

Sans entretien

Sans entretien

Sans entretien

Sans entretien

Sans entretien

48 mois

24 mois

36 mois

12 mois

6 mois

146

180

160

140

120

60

40

20

0

Nbre de
pieds

Traitements et Périodes

Figure 36: Densités moyennes de D. oliveri sur les stations par période de relevé des données

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Tableau 15: Moyennes du nombre de pieds de D. oliveri et erreurs standard suivies du test de Student Newman et Keuls

Sol

12 mois

Moyenne

24 mois

Moyenne

36 mois

Moyenne

48 mois

Moyenne

Entretien

Sans
entretien

Entretien

Sans
entretien

Entretien

Sans
entretien

Entretien

Sans
entretien

Argileux

127,00#177;25

149,50#177;6,5 a

138,25#177;9,31

38,00#177;4 a X

22,00#177;3 a

30,00#177;5,05

56,00#177;6 a

42,00#177;3 a X

49,00#177;4,88

29#177;4 a X

21,50#177;4,

25,25#177;3,27

 

a X

X

A

 

X

B

X

 

B

 

50 a X

A

Sablonneux

153,00#177;28

146,5#177;10,5 a

149,75#177;12,35

42,5#177;0,5 a X

16,00#177;3 a

29,25#177;7,75

71,5#177;9,5 a

50,5#177;5,5 a X

61,00#177;7,54

40,50#177;2,50

15#177;3 a Y

27,75#177;7,53

 

a X

X

A

 

Y

B

X

 

AB

a X

 

A

Ferrallitique

113,5#177;23,5

104,5#177;9,5 a

109,00#177;10,67

52,00#177;0 a X

29,00#177;3 a

40,5#177;6,75 A

113,00#177;20

60,00#177;12 a

86,5#177;18,02

55#177;11 a X

23#177;6 a X

39#177;10,55

 

a X

X

A

 

Y

 

a X

Y

A

 
 

A

Latéritique

84,00#177;11 a

129,5#177;27,5 a

106,75#177;17,85

43,00#177;6 a X

22,00#177;0 a

32,5#177;6,54 B

66,50#177;6,5

55,00#177;13 a

60,75#177;6,8

37#177;8 a X

15,5#177;0,5

26,25#177;7,01

 

X

Y

A

 

X

 

a X

X

AB

 

0 a X

A

Moyenne

119,38#177;12,

132,5#177;9,01

-

43,87#177;2,35 A

22,25#177;2 B

-

76,75#177;9,34

51,87#177;4,34

-

40,37#177;4,48

18,75#177;2,

-

 

18 A

A

 
 
 
 

A

B

 

A

03 B

 

Légende : - Les moyennes suivies de la même lettre ne sont pas statistiquement différentes ;

- A, B : Comparaison des sols pour l'ensemble des entretiens et la comparaison des deux entretiens pour l'ensemble des sols ; - a, b : Comparaison des sols pour chacun des entretiens ;

- X, Y : Comparaison des deux entretiens pour chaque type de sol

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

7.3- Croissance en hauteur des rejets de D. oliveri suivant différents traitements et types de sol

La hauteur moyenne des rejets emergents de D. oliveri sur les stations etudiees, six mois après le defrichement, varie entre 43,83 cm et 59,20 cm (Fig. 36) selon que la station soit entretenue ou non, on peut noter après un an de conduite des rejets, un developpement en hauteur au niveau des stations A2, B2, et D2. La moyenne de hauteur a varie de 89,65 cm à 107,42 cm contre une variation de 65,87 cm à 85,75 cm au niveau des stations A1, B1, C1 et D1 (Fig. 37). Mais, deux ans après, la hauteur moyenne des rejets des A1, B1, C1 et D1, a pris le dessus et a donne une moyenne variant entre 100,26 cm et 100,48 cm. Dans le même temps, les rejets emergents des stations A2, B2, et D2, n'affichent qu'une hauteur moyenne comprise entre 80,56 cm et 91 cm (Fig. 37).

Specifiquement, à la première observation, on note un impact hautement significatif (p < 0,0001) des 4 types de sols et un impact significatif des traitements sur la croissance en hauteur des rejets de l'espèce. 12 mois après le defrichement, aucune difference n'est notee entre hauteurs des rejets selon les types de sols et les traitements appliques. En outre, l'analyse du tableau 16, montre que la croissance en hauteur de D. oliveri est significativement importante 6 mois après l'installation de l'essai sur les sols ferrallitiques et lateritiques en comparaison avec les sols argileux et sablonneux. A 12 mois, c'est-àdire 6 mois plus tard, la croissance de l'espèce a beaucoup plus evolue sur les sols argileux et sablonneux que sur les sols ferrallitiques et lateritiques. Au niveau des placettes entretenues, les resultats ont montre que la croissance en hauteur est significative (p < 0,0001) à 6 mois de même qu'à 12 mois. Cette tendance generale de l'influence des sols s'est confirmee par le type de traitement à 24 mois puis à 36 mois. Pour ce qui concerne le traitement d'entretien au niveau de

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chaque type de sol, c'est seulement sur le sol latéritique qu'on note une différence.

A 36 mois, il a été observé seulement un effet significatif du type de traitement appliqué sur les croissances en hauteur (p < 0,0001). L'influence du sol sur les variables dendrométriques n'étant toujours pas significative (p < 0,77) 6 mois après le démarrage des essais, les mêmes remarques que précédemment ont été faites pour les mensurations prises à 36 mois. Le tableau 16 présente la synthèse des résultats d'ANOVA et des tests de Newman et Keuls pour les impacts des types de sols et des traitements sur les variables dendrométriques mesurées.

Globalement, on note après 36 mois, une croissance en hauteur des rejets de D. oliveri. Cette croissance n'a pas significativement varié d'un sol à un autre quel que soit la période. Par contre, la différence entre les traitements s'est confirmée et montre bien que l'entretien des parcelles a favorisé la croissance des rejets (Fig. 36).

Sol argileux

Sol sablonneux Sol ferrallitique Sol latéritique

Traitements et périodes

Hauteur
en
mètre

48 mois

36 mois

24 mois

12 mois

6 mois

4

0

6

5

3

2

1

Entretien

0,59 0,57

Sans entretien

Entretien

2,18 2,24 2,26

Sans entretien

Entretien

Sans entretien

1,57

Entretien

3,87

Sans entretien

2,68

Entretien

5,27

Sans entretien

3,83

Figure 37: Hauteurs moyennes des rejets de D. oliveri sur les stations par période de relevé des données

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

Tableau 16 : Moyennes des hauteurs de D. oliveri et erreurs standard suivies du test de Student Newman et Keuls

Sol

12 mois

Moyenne

24 mois

Moyenne

36 mois

Moyenne

48 mois

Moyenne

 

Sans
entretien

 

Sans
entretien

 

Sans
entretien

 

Sans
entretien

 

17,48#177;0,20

19,86#177;1,46 b

18,67#177;0,91 B

68,28#177;3,38

74,03#177;6,08

71,16#177;3,29

80,37#177;6,61

52,72#177;4,26 a

66,55#177;8,60

127,11#177;0,8

105,02#177;7

116,07#177;7,

 

b X

X

 

(1,83) a X

(1,87) a X

(1,85) A

a X

X

A

0 a X

,44 a X

07 A

Sablonneux

22,09#177;2,55

20,47#177;2,53 b

21,28#177;1,54 B

64,74#177;0,76

77,70#177;1,75

71,22#177;3,82

87,40#177;9,70

44,66#177;8,09 a

66,03#177;13,37

154,57#177;0,8

92,16#177;19

123,36#177;19

 

b X

X

 

(1,81) a X

(1,89) a X

(1,85) A

a X

X

A

0 a X

,77 a Y

,74 A

Ferrallitique

42,41#177;3,09

38,17#177;1,51 a

40,29#177;1,86 A

75,67#177;6,88

107,42#177;18,

91,55#177;12,14

75,84#177;5,76

46,50#177;0,52 a

61,18#177;8,79

140,36#177;15,

88,17#177;9,

114,26#177;16

 

a X

X

 

(1,88) a X

26 (2,02) a

(1,95) A

a X

Y

A

46 a X

83 a Y

,82 A

 
 
 
 
 

X

 
 
 
 
 
 
 

Latéritique

45,53#177;1,57

30,70#177;2,80

38,11#177;4,47 A

85,36#177;6,55

89,66#177;11,6

87,51#177;5,58

87,65#177;6,30

45,81#177;0,57 a

66,73#177;12,35

149,11#177;2,4

95,52#177;3

122,31#177;15

 

a X

ab Y

 

(1,93) a X

1 (1,95) a

(1,94) A

a X

Y

A

5 a X

a Y

,55 A

 
 
 
 
 

X

 
 
 
 
 
 
 

Moyenne

31,88#177;4,7

27,30#177;2,98

-

73,52#177;3,54

87,20#177;6,51

-

82,82#177;3,32

47,42#177;2,09

.

142,78#177;4,9

95,22#177;5,

-

 

A

B

 

( 1,86) A

(1,93) A

 

A

B

 

2 A

02 B

 
 

Légende :

- Les moyennes suivies de la même lettre ne sont pas statistiquement différentes ;

- valeur entre ( ) est la moyenne issue de la transformation logarithmique, ceci pour assurer la normalité de la population et l'égalité de variances ;

- A, B : Comparaison des sols pour l'ensemble des entretiens et la comparaison des deux entretiens pour l'ensemble des sols ;

- a, b : Comparaison des sols pour chacun des entretiens ;

- X, Y : Comparaison des deux entretiens pour chaque type de sol

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

7.4- Croissance en diamètre des rejets de D. oliveri suivant différents traitements et types de sol

Le diamètre moyen des rejets de D. oliveri six mois après le défrichement des stations étudiées, varie de 1,1 cm à 1,69 cm (Fig. 38). Après deux ans de suivi, le diamètre moyen a varié de 2,26 cm à 3,87 cm. Spécifiquement, pour la première observation, on note un impact très hautement significatif (p < 0,0001) des 4 types de sols. Il est aussi noté un impact significatif des traitements sur la croissance en diamètre des rejets de l'espèce. A la deuxième observation, aucune différence n'est cependant notée entre les diamètres des rejets selon les types de sols et les traitements appliqués (tableau 17).

A partir de la troisième année d'observation, il a été noté un effet significatif du type de traitement appliqué sur la croissance en diamètre des rejets (p < 0,004), l'influence du sol sur les variables dendrométriques n'étant toujours pas significative (p < 0,49) (tableau 17).

Globalement, de la première année à la quatrième année, il a été noté une croissance en diamètre des rejets de D. oliveri. Cette croissance n'a pas significativement varié d'un sol à un autre quel que soit la période. Par contre, la différence entre les traitements s'est confirmée et montre bien que le désherbage des placettes a favorisé la croissance des rejets en diamètre.

Il ressort du tableau 17 que les moyennes des variables dendrométriques mesurées sont sensiblement les mêmes d'une station à une autre.

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

Diamétre
en cm

4

4,5

0,88

0,62

2,37

2 2,16

1,51

3,72

2,46

3,89

2,66

Sol argileux Sol sablonneux Sol ferrallitique Sol latéritique

Entretien

Sans entretien

6 mois

12 mois

24 mois

36 mois

48 mois

Entretien

Sans entretien

Entretien

Sans entretien

Entretien

Sans entretien

Entretien

Sans entretien

3,5

3

2,5

2

1,5

1

0,5

0

Traitements et périodes

Figure 38: Diamètres moyens des rejets de D. oliveri sur les stations par période de relevé des données

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Tableau 17: Moyennes des diamètres de D. oliveri et erreurs standard suivies du test de Student Newman et Keuls

Sol

12 mois

Moyenne

24 mois

Moyenne

36 mois

Moyenne

48 mois

Moyenne

 

Sans
entretien

 

Sans
entretien

 

Sans
entretien

 

Sans
entretien

 

0,58#177;0,02

0,59#177;0,01 a

0,58#177;0,01 B

2,44#177;0,05 a X

2,15#177;0,21

2,30#177;0,12 A

2,41#177;0,09

1,53#177;0,18 a

1,97#177;0,27 A

3,68#177;0,08

2,88#177;0 a

3,28#177;0,23

 

b X

X

 
 

a X

 

a X

Y

 

a X

Y

A

Sablonneux

0,59#177;0,02

0,57#177;0,03 a

0,58#177;0,01 B

2,18#177;0,07 a X

2,24#177;0,14

2,21#177;0,06 A

2,26#177;0,24

1,57#177;0,06 a

1,91#177;0,22 A

3,87#177;0,13

2,68#177;0,4

3,27#177;0,38

 

b X

X

 
 

a X

 

a X

X

 

a X

0 a X

A

Ferrallitique

0,88#177;0,08

0,75#177;0,04 a

0,81#177;0,05 A

2,25#177;0,28 a X

2,30#177;0,43

2,28#177;0,21 A

1,77#177;0,18

1,50#177;0,38 a

1,63#177;0,19 A

3,55#177;0,40

2,26#177;0,2

2,91#177;0,42

 

a X

X

 
 

a X

 

a X

X

 

a X

6 a X

A

Latéritique

0,88#177;0,04

0,62#177;0,04 a

0,75#177;0,07 A

2,37#177;0,16 a X

2,00#177;0,17

2,19#177;0,14 A

2,16#177;0,23

1,51#177;0,22 a

1,84#177;0,23 A

3,72#177;0,03

2,46#177;0,2

3,09#177;0,37

 

a X

Y

 
 

a X

 

a X

X

 

a X

1 a Y

A

Moyenne

0,73#177;0,06

0,63#177;0,03 B

-

2,31#177;0,07 A

2,17#177;0,10

-

2,15#177;0,12

1,53#177;0,09 B

-

3,71#177;0,09

2,57#177;0,1

-

 

A

 
 
 

A

 

A

 
 

A

3 B

 
 

- Les moyennes suivies de la même lettre ne sont pas statistiquement différentes ;

- A, B : Comparaison des sols pour l'ensemble des entretiens et la comparaison des deux entretiens pour l'ensemble des sols ;

- a, b : Comparaison des sols pour chacun des entretiens ;

- X, Y : Comparaison des deux entretiens pour chaque type de sol

- X, Y : Comparaison des deux entretiens pour chaque type de sol

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7.5- Retombées socioéconomiques issues de l'exploitation des rejets de D. oliveri

7.5.1- Détermination des caractéristiques des morceaux de bois de D. oliveri vendus sur les marchés de la zone d'étude

Les longueurs des morceaux de bois de D. oliveri vendus sur les marchés ayant fait l'objet de nos investigations, varient d'un marché à un l'autre. Les morceaux les plus longs sont vendus sur le marché d'Abomey oil les fagots mesurent parfois plus d'un mètre. Viennent ensuite les marchés de Zogbodomey et d'Agbangnizoun oil les longueurs de fagots varient entre 93 et 97 cm.

Les plus grands diamètres à la base sont mesurés sur le marché de Zogbodomey avec des diamètres moyens allant à plus de 4 cm. Les fagots du marché d'Abomey ont des diamètres moyens à la base inférieurs à 2,5 cm. C'est le marché qui produit les bois les moins gros ; les rejets étant sous une pression permanente (Tableau18).

Tableau 18: Dimensions des morceaux de bois vendus dans trois différents marchés de la zone d'étude

Type de sol

Marché

Paramètres

Longueur

Diamètre au gros

Diamètre au fin

dominant

 

mesurés

(cm)

bout (cm)

bout (cm)

Sable

Abomey

Moy#177;SE

101,84#177;1,1

2,39#177;0,02

1,18#177;0,02

 
 
 

5

 
 
 
 

CI (95%)

99,58#177;104,

2,34#177;2,44

1,14#177;1,21

 
 
 

09

 
 

Latérite

Agbangnizoun

Moy#177;SE

93,08#177;1,97

3,87#177;0,32

2,44#177;0,33

 
 

CI (95%)

89,23#177;96,9

3,24#177;4,51

1,80#177;3,09

 
 
 

4

 
 

Argile

Zogbodomey

Moy#177;SE

97,97#177;1,24

4,42#177;0,12

2.48#177;0.07

 
 

CI (95%)

95,55#177;100,

4.19-4.65

2.33-2.62

39

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7.5.2- Estimation de la quantité de matière sèche des rejets de D. oliveri dans les jachères de 6 à 36 mois

La quantité de matière sèche contenue dans les rejets est très importante. Quel que soit l'âge du rejet, la différence entre la biomasse totale et la biomasse commercialisable de D. oliveri est faible. Le bois de l'espèce se sèche rapidement et les résultats obtenus avec les prélèvements effectués sur les rejets de six mois, ont donné plus de 98 % de matières sèches commercialisables (Cette proportion s'est maintenue jusqu'à 18 mois pour chuter à 24 mois avant de reprendre son ascension à 36 mois (Tableau 19 et Fig. 39).

Tableau 19: Estimation de la quantité de matière sèche des rejets commercialisables dans les jachères de 6, 12, 18, 24 et 36 mois

Age des
rejets
(mois)

Quantité totale de bois

Quantité de bois commercialisable

Equation

R2

Equation

R2

6

DM = -0.51+0.26× h×d2

0,9987

DM=24.14× d1.86

0,9876

12

DM = -4.91636+0.3011×
h×d2

0,9920

DM=21.89×d2.11

0,9916

18

DM = 10.38+0.27× h×d2

0,9924

DM =30.79× d1.87

0,9757

24

DM = 43.56+0.21× h×d2

0,9782

DM=17.43×d2.55

0,9004

36

DM = 79.75+0.19×h×d2

0,977

DM=13.86×d2.75

0,9553

Légende: DM= quantité de matière sèche par g; h= longueur totale; d= diamètre à la base;

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7

Volume en
m3

entretien témoin entretien témoin entretien témoin

Sol argileux Sol sablonneux Sol latéritique

Traitements et types de sol

6

5

4

3

2

1

0

Figure 39: Evaluation de la quantité de matière sèche de D. oliveri sur les stations après 36 mois de suivi.

7.5.3- Rentabilité de l'exploitation des rejets de D. oliveri en bois de feu

Il faut en moyenne 45 rejets émergents de 80 cm à 100 cm de longueur et de 2,50 à 3 cm de diamètre à la base, pour former un fagot. Ces valeurs dendrométriques, sont obtenues au bout de deux ou trois ans de conduite des rejets. Les stations entretenues ont produit une moyenne de 780 fagots par ha contre une moyenne de 270 fagots par ha sur les stations traitées aux feux de végétation. A raison de 8000 FCA le passage d'entretien par ha, deux passages d'entretien par an pendant 2 ans, reviennent à 32000 FCA. En commercialisant le fagot entre 250 FCA et 300 FCA et en prenant en compte les charges liées au transport, l'exploitation des rejets des stations entretenues dégage une marge bénéficiaire supérieure au double de celle obtenue sur les placettes traitées aux feux de végétation (tableau 20).

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Globalement, le type de sol n'est pas un déterminant du revenu qui pourrait être issu de la vente des rejets de D. oliveri. Seul l'entretien des parcelles a été à la base d'une amélioration des rendements.

Tableau 20: Coat de production traditionnelle des rejets de D. oliveri dans trois localités de la zone d'étude

Traitement

Désherbage1

Age de
rejets
(mois)

Unités

Coat unitaire

Abomey

Agban- gnizoun

Zogbo-
domey

Moy#177;SD

Défrichement

Désherbage

n.a2

FCFA/ha

8000

6000

6000

6667#177;1154

témoin

n.a

n.a

n.a

n.a

n.a

n.a

 
 
 
 
 
 
 
 

Désherbage

Désherbage

n.a

FCFA/ha

8000

8000

8000

8000#177;000

témoin

n.a

n.a

n.a

n.a

n.a

n.a

Récolte

Désherbage

6

FCFA/ha

5000

4000

4000

4333#177;5774

12

FCFA/ha

8000

6000

6000

6667#177;1155

18

FCFA/ha

12000

9600

9600

10400#177;1386

24

FCFA/ha

16000

12800

12800

13867#177;1847

36

FCFA/ha

16000

16000

16000

16000#177;000

42

FCFA/ha

16000

16000

16000

16000#177;000

témoin

6

FCFA/ha

3000

2000

2000

2333#177;577

12

FCFA/ha

6000

5000

5000

5333#177;577

18

FCFA/ha

8000

6000

6000

6667#177;1154

24

FCFA/ha

10000

8000

8000

8667#177;1154

36

FCFA/ha

10000

8000

8000

8667#177;1154

42

FCFA/ha

10000

8000

8000

8667#177;1154

Transport

n.a

n.a

FCFA/kg DM/km

0.21

0.13

0.13

0.15#177;0.05

Légende : 1

deux passages de désherbage par an ; 2n.a= moyenne non applicable;

3CFA= Monnaie d'Afrique Centrale et de l'Ouest,

L'exploitation traditionnelle des rejets de D. oliveri en prenant en compte les charges ne dégage un bénéfice qu'à partir de 18 mois de développement végétatif des rejets (Fig. 40). Au niveau de la conduite des rejets à travers le désherbage, la possibilité de dégager les bénéfices commence après 36 mois de développement végétatif des rejets (Fig. 41).

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

45 000

FCFA

40 000 35 000 30 000 25 000

 
 
 

20 000
15 000
10 000
5 000
0

Charge Revenu Bénéfice

-5 000

6 mois 12 mois 18 mois 24 mois 36 mois 48 mois

 

PERIODE D'EXPLOITATION

Figure 40: Evaluation des charges et bénéfices de l'exploitation traditionnelle des rejets de D. oliveri dans la zone d'étude

140 000

-40 000

120 000

100 000

80 000

60 000

Charge Revenu Bénéfice

40 000

20 000

0

6 mois

24 mois 36 mois 48 mois

18 mois

12 mois

-20 000

FCFA

PERIODE D'EXPLOITATION

Figure 41: Evaluation des charges et bénéfices de l'exploitation suivie des rejets de D. oliveri sur les stations par période de relevé des données

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Photo 18: Rejets d'une souche de D. oliveri 30 jours après la coupe du sujet sur sol argileux dans la Commune de Zogbodomey au Centre du Bénin (Houéhounha, 2005)

Photo 19: Rejets abondants de D. oliveri sur sol ferrallitique, 60 jours après défrichement dans la Commune de Zagnanado au Centre du Bénin (Houéhounha, 2005)

Photo 20 : Rejets exploitables de D. oliveri sur sol sablonneux après 36 mois de suivi (traitement désherbage) dans la Commune d'Abomey au Centre du Bénin

(Houéhounha, 2007)

Photo 21 : Rejets de D. oliveri (à droite témoin brûlé) sur sol sablonneux à 36 mois de suivi dans la Commune

d'Abomey au Centre du Bénin

(Houéhounha, 2007)

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Conclusion partielle

Les sols sur lesquels les stations de suivi de l'exploitation des rejets de D. oliveri sont implantées, sont dans l'ensemble dégradés. La richesse du sol n'a donc pas été un facteur limitant pour le développement des rejets de D. oliveri puisqu'en trois ou quatre ans il est possible d'exploiter sur toutes les stations, les rejets de D. oliveri comme bois de feu. L'exploitation traditionnelle des rejets de D. oliveri en bois de feu, peut être améliorée avec des passages de désherbage (entretien) des peuplements. Cette technique culturale peut en deux ans, faire passer la densité moyenne de 8.400 rejets exploitables par ha sur les placettes témoins à 17.650 rejets par ha sur les placettes entretenues. Bien que l'utilisation des rejets de D. oliveri comme bois de feu soit reconnue par la totalité des enquêtés des localités voisines des stations, l'adoption des techniques de conduite des rejets doit être posé. Mais, au moment oil le bois énergie devient une grande préoccupation pour les populations et les gouvernants, l'obtention à moindre coût du matériel combustible peut constituer une solution adaptée pour les couches les plus vulnérables du pays. En choisissant de faire de la jachère cultivée, les producteurs du centre du Bénin, peuvent apporter des soins de désherbage aux rejets de D. oliveri et les conduire pendant quelques années. Les feux de végétation constituant un véritable handicap pour les programmes de reboisement villageois. Les rejets de D. oliveri peuvent mieux supporter l'action des feux que les espèces exotiques à croissance rapide

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TROISIEME PARTIE :

DISCUSSION DES RESULTATS,

CONCLUSION GENERALE ET

RECOMMANDATIONS

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CHAPITRE 8 : DISCUSSION DES RESULTATS

8.1- Monographie des usages de D. oliveri

La maîtrise des usages des organes de D. oliveri par les groupes socioculturels du Bénin, a pour conséquence une variation de la physionomie de la structure des peuplements de l'espèce. Cette étude a montré que selon l'intensité d'exploitation, cinq zones peuvent être définies sur la base de l'absence de l'espèce, de sa surexploitation, de la concentration d'exploitation, de l'absence d'exploitation et de son exploitation modérée. Si les réserves de faune du Nord du Bénin semblent être épargnées des activités d'exploitation des organes de D. oliveri, il n'en est pas de même des régions du Centre où il règne une activité intense dans ce domaine. Au centre du Bénin comme parfois ailleurs dans les autres Départements, la professionnalisation de la sculpture sur bois de D. oliveri, le commerce de la pâte lyo emballée avec les feuilles de l'espèce, l'exploitation de ses rejets et l'utilisation de sa résine comme encens, connaissent un développement important. Parfois les populations locales ne soient pas toutes informées de l'usage de certains produits de D. oliveri comme la résine pour l'éclairage de fortune, comme bois de menuiserie, comme bois charpente, comme produit de protection contre les termites, et comme cure-dent.

Mais, la maîtrise des usages contraste nettement avec les perceptions sur la protection de cette espèce. En effet, la perception qui fait penser que D. oliveri est un `'don de Dieu», qu'elle rejette naturellement, est très développée dans tous les groupes socioculturels enquêtés. Le développement culturel étant l'ensemble des rapports de l'homme avec la nature environnante, dans un cadre conceptuel et spirituel,

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l'homme doit agir comme un agent relativement autonome par rapport aux contraintes écologiques et sociales (Henri et al., 1985).

En recherchant des solutions de plus en plus faciles à l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail, les hommes ignorent bien souvent les notions élémentaires de l'équilibre de la nature. Leur comportement dans le milieu naturel est assimilable à celui des agents perturbateurs qui contribuent à provoquer ou à précipiter les ruptures d'équilibre dans différents domaines.

Dans le domaine économique, la commercialisation de la pâte lyo emballée avec les feuilles de D. oliveri, la fabrication et la commercialisation des objets d'art faits avec le bois de D. oliveri, la collecte et le commerce de l'encens et des rejets de D. oliveri, sont autant de faits porteurs qui favorisent l'exploitation de l'espèce. Dans le même temps, il est observé une non maîtrise de la demande par les acteurs concernés, ce qui ne fait qu'aggraver la situation d'exploitation de l'espèce.

Selon le cas, l'exploitation des organes de D. oliveri était jadis, strictement à but royal ou familial. De nos jours, la nécessité de création d'activités génératrices de revenus et les problèmes socioéconomiques, conduisent les acteurs à rechercher le maximum de rentabilité ; ils profitent des opportunités offertes par les marchés d'arts internationaux, les festivals nationaux et régionaux pour soumettre les rares peuplements de D. oliveri à l'exploitation intensive. Sur le plan médicinal et social, le traitement d'une vingtaine de maladies avec les organes de D. oliveri est indéniablement un fait porteur majeur au moment oil les prix des produits pharmaceutiques ne cessent de grimper. De même, les effets néfastes du chômage ont poussé les populations à rechercher les professions les plus porteuses. Ainsi, bien qu'aucune certification de leurs produits ne soit faite, ils se débattent à travers des structures et organisations pour fournir aux

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consommateurs, des produits médicinaux issus de l'exploitation des organes de D. oliveri. Cette situation qui contribue à réduire le taux de chômage, permet aussi de livrer sur le marché, des produits à coûts réduits même si les risques d'intoxication et la probabilité d'acheter des produits de mauvaise qualité existent. Dans tous les cas, la libéralisation de la vie associative et la promotion de l'artisanat local, sont des opportunités qui galvanisent l'exploitation des organes de D. oliveri.

Dans le domaine politique, les organes de D. oliveri sont gérés en général comme des biens communaux (sans maître). Cette situation est favorisée par la sous-valorisation de l'espèce par les textes forestiers en vigueur au Bénin. Dans un milieu oil la mauvaise gestion des ressources forestières est érigée en règle par les populations qui pensent que les ressources naturelles dont D. oliveri sont inépuisables, l'adoption d'une réglementation efficace s'impose. Pourtant, il n'y a pas si longtemps, l'accès aux ressources forestières était réglementé par les pouvoirs traditionnels. Les textes modernes, malgré la rigueur de la réglementation, manquent de spécification par espèce et de mécanisme de suivi approprié. La solution devrait provenir de l'approche de gestion participative prônée. Mais pour le moment, l'approche sert de prétexte pour la surexploitation des ressources forestières dont D. oliveri.

Dans le domaine culturel et cultuel, l'utilisation abondante de l'encens sur les lieux de prière et de culte religieux, est conforme aux exigences de certains cultes installés au Bénin. De même, la fabrication des statuettes, en dehors de son caractère d'objet d'embellissement des maisons, répond à une exigence traditionnelle dans certains groupes socioculturels. Chez le groupe socioculturel Fon et apparentés par exemple, les jumeaux décédés sont toujours représentés par des statuettes. La non maîtrise de la demande d'objets d'art ou de quantité

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d'encens utilisable pendant une période donnée, fait qu'aucune planification des matières premières à base des organes de D. oliveri, n'est possible. Jadis transmises par voie orale ou par initiation, les pratiques religieuses incluant l'utilisation de l'encens, étaient largement répandues. De nos jours, le label encens de D. oliveri est peu connu ce qui est la cause de la sous-valorisation de l'espèce.

Dans le domaine technologique, la raréfaction des espèces dites de valeur a créé des ouvertures vers l'exploitation des produits de D. oliveri surtout pour la satisfaction des besoins en bois de sculpture, de menuiserie et de l'énergie domestique. Bien que les qualités technologiques du bois de D. oliveri soient mal connues, la morphologie de l'espèce, sa capacité à produire des rejets abondamment (environ plus de 100.000 rejets/ha 3 mois après défrichement) la production massive de la biomasse foliaire des jeunes rejets, la croissance rapide de ses rejets (plus de 2 m de hauteur moyenne en 18 mois) constituent les raisons qui militent en faveur de l'exploitation de l'espèce.

Dans le domaine du genre, l'activité d'exploitation des produits de D. oliveri est le fait de tous les groupes socioculturels sans distinction d'âge, de sexe, de religion et de condition sociale.

De la matrice de diagnostic stratégique (MDS) sur l'exploitation des produits de D. oliveri, faisant la synthèse des usages recensés (Tableau 21), il s'en dégage des menaces possibles dans les différents domaines.

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Tableau 21: Matrice de diagnostic stratégique (MDS) de l'exploitation des produits de D. oliveri au Bénin

DOMAINES

FAITS PORTEURS

TENDANCES
LOURDES

ACTEURS

INCERTITUDES
CRITIQUES

STRATEGIES

S

W

0

T

PASSEES

PRESENTES

FORCE

FAIBLESSE

OPPORTUNITE

MENACES

Economique

-Commerce de Lyo emballé avec les feuilles de D. oliveri -Commerce des objets d'arts fabriqués avec le bois de D. oliveri -Production et commercialisation de l'encens de D. oliveri

-Collecte et commerce de bois de feu de D. oliveri

Existence habitude alimentaire

séculaire à base de lyo sur le plateau d'Abomey

Exigence de la clientèle par

rapport à la

qualité morphologique et technologique de l'espèce

Populations Etat

Commune Agence de tourisme

Maîtrise de la demande de lyo et d'objets d'art

Intérêt de la recherche pour l'étude

approfondie des aptitudes technologiques du bois de D. oliveri.

Lyo : aliment de la cuisine familiale

Objets d'art : Appartenant au domaine royal

Extension dumarché de consommation de Lyo du

centre vers le sud et le nord du Bénin

Inscription de la sculpture

sur la liste des métiers artisanaux

Création d'activités génératrice s de

revenus

Conditions de rentabilité non maîtrisées (Charges,

prix...) ; dépendance des fluctuations du marché (offre, demande, mécanisme de fixation des prix)

Promotion des mets locaux, et objets d'arts à travers SIAO, MABAS, Festivals culturels nationaux et régionaux,

etc.

Pression sur

les organes de

1 'essence utilisée comme matière première

Social

Traitement des maladies avec les organes de D.

oliveri Professionnalisation de la sculpture sur bois de D. oliveri.

Professionnalisation du commerce de

Lyo emballé avec les feuilles de D. oliveri.

-Cherté des

produits pharmaceutiques ; -Persistance de la perception des populations du caractère occulte de la phyto- thérapie ;

- Chômage et Exigence du

marché du travail Habitude

alimentaire de certaines régions du pays

Tradi thérapeute Sculpteur Populations

Certification des principes actifs des organes de l'espèce

Investissement dans

l'industrie pharmaceutiqu e

Maîtrise de l'inflation

Traitement empirique dominant

Lyo : aliment de la cuisine familiale

Objets d'art pour le privilège des grands dignitaires du pouvoir

Combinaison du traitement médical et la tradi -thérapie

Inscription de la sculpture sur la liste des métiers artisanaux

Traitement à moindre coût de certaines maladies

Réduction du taux de chômage

Absence de normes et de dosages

Risque d'intoxication Médicamenteuse

Formation sur le tas

Absence d'écoles des arts

Association médecine moderne et médecine traditionnelle

Libéralisation de la vie associative au Bénin

Politiques orientées vers la promotion de l'artisanat local

Pression sur

les organes de l'essence utilisée comme matière première

Légende: S= Strength; W= Weakness; O= Opportuneness; T= Threat

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

DOMAINES

FAITS PORTEURS

TENDANCES
LOURDES

ACTEURS

INCERTITUDES
CRITIQUES

STRATEGIES

S

W

0

T

PASSEES

PRESENTES

FORCE

FAIBLESSE

OPPORTUNITE

MENACES

Politique

-Sous-valorisation de l'espèce par les textes forestiers en vigueur

-Gestion des

produits de D.

oliveri. sous la

forme de biens sans maître (Biens communaux)

Mauvaise gestion des ressources naturelles

- Exploitants - Administra- tion

forestière

- Populations

Impression

que les ressources de D. oliveri sont inépuisables

Accès aux ressources naturelles règlementé par les structures et pouvoirs traditionnels

Accès aux ressources naturelles règlementé par des textes.

Réglementa tion du mode

d'accès aux ressources naturelles en général

Absence de mécanisme de suivi évaluation

Absence de réglementation

spécifique à
_

l'espece

Promotion de la gestion participative

des ressources naturelles

Pression sur les organes de l'essence sous valorisée

Environne- mental

-Caractérisation des forêts claires et savanes en Afrique sud sahélienne -Couverture et protection des sols par l'espèce -Contribution à la diversité biologique

Endémisme en Afrique au sud du Sahara

- Administra tion

forestière

- Chercheurs
- Exploitants
- Populations

- Suivi de l'espèce

- Intérêt de la recherche pour l'étude

approfondie

des caractéristique s biologiques et écologiques D. oliveri.

Accès à la
ressource

sans des mesures exceptionnel- les de

protection de l'espèce.

Manque de rigueur au

profit de

l'espèce dans l'application

des textes règlementaires.

Grégarisme de l'espèce à l'état naturel

Régénératio n naturelle abondante et

spontanée

Absence de mécanisme de suivi évaluation et de protection de l'espèce

Mise en oeuvre des accords sur

les

conventions sur la

diversité biologique

Risque d'extinction de l'espèce

Culturel

Fabrication d'objets d'art avec le bois de D. oliveri

Encensement des lieux de culte et de prières avec l'exudation de D. oliveri

Demandes spécifiques

d'objets d'art fabriqués avec le bois de D. oliveri

Exigence de l'utilisation de l'encens dans certains cultes.

- Sculpteurs - Agence du tourisme

- Responsa- bles et

Fidèles religieux

Maîtrise de la demande

Processus ou principes religieux incluant l'encens

Transmission orale et par initiation

Transmission par écriture,

par formation et par initiation

Fabrication des

masques guèlèdè,

des trônes avec le bois de D.

oliveri. Multiplica- tion des lieux de cultes

-Développement des marchés d'arts dolosifs -Faible

développement de foires régionales et locales

-Absence de labellisation de l'encens de D. oliveri.

-Inscription de la danse guèlèdè au patrimoine culturel

mondial -Promotion d'arts authentiques à travers les festivals -Expansion des religions

Pression sur

les organes de l'essence utilisée comme matière première

Légende: S= Strength; W= Weakness; O= Opportuneness; T= Threat

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DOMAINES

FAITS PORTEURS

TENDANCES
LOURDES

ACTEURS

INCERTITUDES
CRITIQUES

STRATEGIES

S

W

0

T

PASSEES

PRESENTES

FORCE

FAIBLESSE

OPPORTUNITE

MENACES

Technologi- que

-Usage du bois de D. oliveri comme matière première de sculpture

-Usage

promotionnel du bois d'oeuvre de D. oliveri.

-Usage du bois de D. oliveri. comme bois énergie.

- Raréfaction des espèces jadis exploitées en bois d'oeuvre

- Découverte et adaptation à la valeur

technologique de D. oliveri.

- Administra- tion

forestière

- Exploitants forestiers -Populations

Mécanisme de mesure de la résistance du bois et de la valeur

calorifique de l'espèce

Exploitation à la cognée, à la machette

Exploitation à la

tronçonneuse

Facilité d'exploita- tion

Gaspillage des ressources ligneuses

Absence de recherches approfondie sur les

caractéristiques

techn

du boi ologiques

s de

l'espèce

Réglementa- tion : Arrêté

0388/MFEEP22 /EFC du

juillet 1981 portan t interdiction ction

terdi

de la tronçonneuse pour le sciage du bois

Pression sur les organes de l'essence

utilisée

Genre

-Traitement des maladies avec les organes de D.

oliveri. par Hommes et Femmes, jeunes et vieux.

-Commerce de Lyo emballés avec les feuilles de D. oliveri. par les femmes de tous âges

-Exploitation de

bois de D. o liveri. par des hommes de tous âges

Accès

indifférenciés de l'espèce à tous les genres

- Tradi- thérapeute

- Populations

- Exploitants forestiers

- Administra tion

forestière

_

Aspects sacres

reconnus à l'espèce

Accès aux ressources

naturelles _

reglementé

par les structures et pouvoirs traditionnels

Promotion du genre dans la gestion

forestière (Hommes et femmes dans l'administra- tion, vieux et jeunes dans la cogestion, etc.)

Produits

de l'espèce indifférem ment

utilisés par tous les genres.

Absence de mécanisme de suivi évaluation des règles de gestion de l'espèce

Promotion du genre dans la gestion participative des

ressources naturelles

Pression sur les organes de l'essence vulnérable

Légende: S= Strength; W= Weakness; O= Opportuneness; T= Threat

Sur la base des menaces possibles relevées au niveau de la matrice du diagnostic stratégique (tableau 21), il a été nécessaire d'analyser les différentes formes d'utilisation susceptibles d'avoir des impacts sur les peuplements de l'espèce (Tableau 22).

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Culturels

Usage de l'encens dans des cultes religieux

 
 
 
 
 

Usage des rejets comme bois énergie

 
 
 
 
 

Absence de l'espèce de la liste des arbres sacrés

 
 
 
 
 

Sculpture des masques glèlèdè

 
 
 
 
 

Fabrication des mortiers

 
 
 
 
 

Sculpture sur bois des objets d'art

 
 
 
 
 

Spécialisation dans l'usage des produits de l'espèce

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Légende :

Effet favorable

 

Effet non apprécié

 

Effet réversible

 
 

Effet défavorable

 

Effet à long terme

Effet irréversible

S'il est vrai que la socialisation assure un certain attachement au terroir, il est aussi vrai que de nos jours la recherche de matière première relative aux gros pieds de D. oliveri, peut amener les artisans à quitter leur terroir et à parcourir des dizaines de kilomètre à travers des Communes et des Départements. Ils sont appelés parfois à s'établir partiellement ou définitivement dans les localités où le problème de disponibilité de matière première ne se pose pas. Cette démarche, qu'elle soit provisoire ou définitive, menace la survie des

peuplements (Tableau 22). En effet, les artisans en déplacement, cherchent à maximiser leurs profits et ne se préoccupent guère d'une gestion rationnelle des peuplements. Un tel comportement souvent constaté au sein de la plupart des groupes sociaux, inspire l'analyse des implications liées aux relations homme- nature. Les actions que les groupes sociaux exercent sur le milieu naturel sont à l'origine des perturbations observées au niveau des groupements végétaux concernés.

8.2- Typologie des groupements végétaux à D. oliveri

A partir des résultats obtenus, il en résulte que la diversité au sein des groupements des terroirs villageois est plus élevée que celle des groupements des Forêts Classées. Mais, il convient de signaler qu'une valeur élevée de l'indice de Shannon ne signifie pas toujours une richesse spécifique plus grande. Un indice de Shannon élevé peut traduire soit une richesse spécifique élevée, soit une plus ou moins équitable répartition des individus entre les espèces mais plutôt les deux tendances à la fois.

Pour Auclaire et Goff (1971), c'est l'équitabilité de Pielou qui permet des comparaisons plus rigoureuses des diversités entre peuplements. Les valeurs de l'Equitabilité de Pielou sont plus ou moins élevées au sein des groupements comme TV1 (0,76), TV2 (0,79) et FC1 (0,8). Ce qui pourrait s'expliquer par une assez bonne répartition des individus au sein de ces groupements; ce qui se traduit par un bon partage des ressources du sol. Ceci pourrait sous-entendre que ces milieux sont isotropes car offrant suffisamment d'habitats en tout point. Cet indice est moyen au niveau de F (0,68). Cette valeur moyenne pourrait s'expliquer par le fait qu'au sein de ce groupement, la plupart des espèces ont du mal à tirer l'essentiel du milieu ; conséquence d'une perturbation du milieu. Le défrichement des terres forestières et leur

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

conversion en terres agricoles sont une des premières causes directes du déboisement. C'est un processus qui traduit souvent des choix des politiques agricoles (cultures extensives, cultures industrielles, cultures intensives, cultures mécanisées, etc.). Les choix politiques provoquent la conversion des acteurs de façon temporaire ou définitive. Le raccourcissement des jachères forestières en est une conséquence.

Les résultats de pression anthropique sur le milieu d'étude confirment ceux de Houéhounha (2005) qui avait trouvé dans le même milieu, des indices de diversité avoisinant 3,9 bits au niveau des forêts et savanes ; tandis qu'au sein des formations plus anthropisées, les indices de diversité étaient plus faibles (2,45 bits). Cette valeur plus ou moins élevée de l'indice de diversité de Shannon (3,83) trouvée actuellement au niveau des champs et jachères de notre zone d'étude peut s'expliquer par la recrudescence des espèces au niveau des jachères durant ces trois dernières années.

Les familles comme celles des Caesalpiniaceae et des Anarcadiaceae des terroirs villageois sont les plus abondantes au niveau des terroirs tandis que dans les forêts classées, ce sont les Papilionaceae et les Meliaceae qui sont les plus abondantes. Les espèces de valeur appartenant aux familles retrouvées dans les terroirs villageois sont mieux protégées par les propriétaires terriens ; tandis qu'au niveau des Forêts Classées, les espèces comme D. oliveri sont des cibles faciles des exploitants. Les mégaphénérophytes sont les plus abondantes avec un pourcentage de 68% et 54% respectivement pour FC1 et F. Suivent les microphanérophytes qui ont un pourcentage de contribution de 25% et de 44% respectivement pour FC1 et F. Les mésophanérophytes et la nanophanérophytes sont faiblement représentées.

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Dans l'ensemble, les espèces de l'élément de base Soudano-guinéen sont peu représentées ou même quasi inexistantes. La raréfaction des effectifs diminue le succès reproductif des espèces solitaires car elle amoindrit la probabilité de rencontre des individus de sexe opposé (ou le transfert de pollen entre individus d'espèces de plantes autostériles). De plus, elle accentue les risques de propagation de gènes défectueux dans les générations futures, ce qui pousse de plus l'espèce vers l'extinction à cause de la dépression génétique due à la consanguinité (Foose et al., 1985).

Les espèces à large distribution comme D. oliveri ont une contribution faible au niveau des terroirs villageois (13% pour TV1 et 26% pour TV2), et un peu plus élevée au niveau de la Forêt Classée (32% pour FC1 et 46% pour F). Ceci confirme que les groupements des forêts classées présentent un milieu plus ou moins perturbé. Dans les formations moins perturbées, il existe quelques pieds sénescents pour servir de semencier. Les Forêts Classées étant généralement perçues comme un stock de produits sans propriétaire où les arbres sont détruits sans considération des conséquences à long terme ; il importe de procéder à une réappropriation de l'espace forestier. Dans ce cadre, le contrôle de l'ensemble des aspects sociaux, économiques et fonciers se traduisant par une expression des politiques forestières, agricoles et d'aménagement du territoire, s'avère essentiel.

8.3- Reproduction de D. oliveri

L'étude a permis d'explorer les possibilités d'utilisation de divers modes de reproduction sexuée et asexuée à savoir le semis de graines et les boutures de tiges et de racines, dans la multiplication artificielle de D. oliveri en général et la production de plants en pépinière en particulier. Les résultats ont montré que les graines de D. oliveri ont une très bonne aptitude à la germination. Elles ne nécessitent pas de prétraitements ou un type de substrat particulier. Les graines mûres

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de l'espèce ne souffrent donc pas de problèmes de dormance. Toutes les méthodes de prétraitement testées dans le cadre de cette étude ont induit des pertes de viabilité des semences, avec des effets variables suivant les méthodes. Le prétraitement qui affecte le moins la viabilité des graines est le trempage dans une solution d'acide sulfurique avec des pertes de l'ordre de 9-10% par rapport aux graines non-traitées. Mais les traitements qui affectent le plus la viabilité des graines sont le brûlage au feu et le trempage dans l'eau chaude avec des pertes de l'ordre de 80% pour le brûlage et 35% pour l'eau chaude. La chaleur semble donc être un facteur préjudiciable à la viabilité des graines de D. oliveri. Outre, leur bonne aptitude à la germination, les graines de D. oliveri ont aussi une bonne aptitude à la conservation dans les conditions paysannes (Ouédraogo et al., 2003). En effet, elles peuvent se conserver pendant plus d'un an avec les moyens traditionnels peu coûteux et sans une perte significative de viabilité (Ouédraogo et al., 2003).

Si pour la germination des graines, le prétraitement a produit un effet néfaste et le substrat pratiquement pas d'effet, il semble qu'il n'en est pas de même pour la croissance des plantules issues des graines. En effet, sur tous les types de substrats, les plantules issues des graines traitées au feu ont montré les croissances les plus significatives pendant les trois premiers mois. Elles sont suivies par les plantules issues des graines traitées à l'acide sulfurique. Après trois mois, la même tendance est maintenue sur les sols ferrugineux sablonneux, ferrallitique et latéritique. Sur le sol ferrugineux argileux par contre en quatre ou cinq mois, c'est plutôt les plantules issues des graines non traitées qui montrent les meilleures hauteurs. Elles sont suivies des plantules issues du traitement au feu et du traitement à l'acide sulfurique. Ainsi, sur les sols ferrugineux argileux, on n'a peut-être pas besoin de prétraitement des graines pour stimuler la croissance en

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hauteur des plantules. Les croissances les moins fortes sont obtenues pour les plantules issues des graines traitées à l'eau simple et à l'eau chaude pour tous les types de sol.

Ces effets possibles du prétraitement sur le développement des plantules suggèrent que le prétraitement pourrait influer sur l'utilisation des réserves de la graine par les plantules, favorisant une croissance plus rapide, une vigueur plus grande et donc une meilleure chance d'établissement durant les premiers mois. En effet, la croissance et la vigueur des plantules dépendent de la disponibilité des réserves nutritives que la graine contient. Ainsi, par exemple, les semences les plus grosses ou lourdes génèrent généralement des plantules plus vigoureuses qui croissent et résistent mieux aux aléas du milieu (Khan et al., 1999; Baraloto et al., 2005; Bladé et Vallejo, 2008; Du et Huang, 2008). Un autre processus par lequel le prétraitement pourrait influer sur le développement des plantules est le raccourcissement du temps d'émergence de la plantule par élimination des possibles obstacles mécaniques au développement de la plantule (Du et Huang, 2008). Toutefois, des investigations complémentaires devraient être faites par d'autres essais et sur d'autres espèces pour confirmer ces relations entre le prétraitement et le développement des plantules.

De façon pratique, ces tendances suggèrent que, pour maximiser le nombre de plants et la croissance des plantules sur les cinq premiers mois, on peut utiliser des graines non traitées sur substrat argileux en pépinières ou en semis direct dans une zone oil prédominent les sols argileux.

Ces résultats expliquent aussi les observations faites pendant l'inventaire forestier national de 2007 au Bénin, qui a montré que la régénération naturelle de D. oliveri dans les Forêts Classées et dans les terroirs villageois est presque nulle (IFN-DFS-PBF2, 2007). En effet, les

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peuplements de D. oliveri sont généralement situés dans des formations végétales à caractère savanicole. Les savanes sont très menacées par les feux de végétation qui sont allumés pendant la période de maturation des semences de l'espèce. Les effets néfastes du feu sur la germination des graines combinés avec la forte pression des prédateurs et des parasites, expliqueraient la faible régénération naturelle observée. Un phénomène similaire a été observé dans un essai de régénération artificielle par semis direct dans la zone de Benega à 160 km de Ouagadougou par Ouédraogo et al. (2003) qui ont obtenu un taux de survie de plantules de D. oliveri de 3,7% sur une année, après un taux de levée initial 70%. Les facteurs de stress étaient essentiellement le feu, les prédateurs et le piétinement par le bétail (Ouédraogo et al., 2003).

Concernant la multiplication végétative artificielle, les résultats ont montré que les boutures de tiges sont inappropriées pour reproduire l'espèce. Les pousses issues des bourgeons de ces boutures n'ont pas été viables car elles ont dégénéré très rapidement en l'intervalle de 30 jours et sont toutes mortes. Par contre, les boutures de racines ont été viables avec des taux de réussite de l'ordre de 66 % et une croissance constante des jeunes pousses jusqu'à cinq mois après le début du bouturage. Bien que l'enracinement n'ait pas été directement observé, les boutures de tiges n'auraient pas développé des racines pour leur survie, ce qui a fait qu'après l'épuisement des réserves au bout d'un mois, toutes les pousses ont dégénéré. Par contre, les boutures de racines ont développé des racines adventives, ce qui explique la survie et la croissance des pousses sur plus de cinq mois.

La comparaison de la multiplication par graines et de la multiplication par boutures de racines du point de vue des taux de réussite suggère que le taux de réussite des boutures de racines est bien supérieur au taux de germination des graines traitées au feu, mais inférieur au taux

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de germination des graines non traitées ou traitées à l'acide sulfurique. Du point de vue de la croissance, les pousses issues des boutures de racines croissent beaucoup moins vite que tous les types de graines traitées. En somme, du point de vue de la croissance des jeunes pousses en pépinière, les boutures de racines ne présentent pas d'avantage par rapport au semis de graines.

Dans tous les cas, la bonne aptitude à la germination et à la conservation en milieu paysan des graines de D. oliveri (Ouédraogo et al., 2003) et la croissance relativement bonne des plantules sont autant d'avantages à l'actif de la multiplication par semis.

Toutefois, il convient de mener des essais sur la survie des plants issus des différents types de matériel de reproduction face à divers types de stress comme le feu, la sécheresse, le broutage, le piétinement, etc. Cette aptitude à résister au stress est déterminante dans la réussite de toute initiative de restauration.

8.4- Exploitation des rejets de D. oliveri

Les observations faites ont permis de retenir que les souches de D. oliveri tout en rejetant abondamment, assurent le développement des rejets émergents qui dominent et privent les autres rejets de la lumière. De 68.000 rejets par ha au départ, les rejets émergents ne sont que 27.300/ha après deux ans de végétation sur les stations entretenues. La croissance des sujets dominés a été freinée par la réduction de la lumière imposée par les plants dominants. Les stations non entretenues, ont été très sensibles à ce phénomène; la densité est passée de 101.500 rejets à l'ha à 8.300 rejets/ha au bout de deux ans. Le sujet émergent bénéficie donc des meilleures conditions à son développement. Ces résultats sont confirmés par Irkonanan (1994) qui a montré que la sélection des rejets producteurs de bois d'oeuvre de D. oliveri, d'Isoberlinia doka et de Pterocarpus erinaceus, permet la

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croissance des sujets épargnés. Le dépressage présente donc un réel intérêt pour l'amélioration d'un peuplement. Dans le cas de cette étude, dès les premiers mois, le développement du sujet émergent se fait au niveau de la hauteur ce qui lui permet de mieux étouffer les sujets dominés; une hauteur moyenne de 62,73 cm a été observée la première année sur les stations entretenues contre une moyenne de 70,50 cm sur les stations non entretenues.

Le développement des sujets émergents peut être renforcé par un rabattage des sujets dominés. Ce faisant, l'on assure une certaine concentration des réserves nutritives à la disposition du sujet émergent. Cette opération pour être efficace, se fera pendant la période d'arrêt de végétation c'est-à-dire en saison sèche. Le choix de cette période est dicté par le souci de disposer du temps et parfois de la main d'oeuvre nécessaire à cette activité sylvicole. Ce résultat vient appuyer les recherches de Giffard (1974) qui a montré qu'en sylviculture en zone sèche, il est intéressant de couper les espèces non désirées durant la saison la moins propice à leur multiplication végétative. Cette technique sylvicole est utilisée par certains paysans du Centre du Bénin pour faciliter les travaux d'essouchage de D. oliveri. En effet, avec le développement des sujets émergents, le système racinaire à la recherche des ressources nécessaires au développement des rejets, favorise un enracinement pivotant qui prend l'ascendance sur les racines secondaires. En sectionnant la racine pivotante, la souche est facilement détruite. Les rejets émergents sont exploités pour des fins de bois énergie. Cet usage est diversement reconnu dans les localités voisines des stations.

Globalement, les sols sur lesquels les peuplements de la régénération sont implantés, sont dans l'ensemble dégradés. La richesse du sol n'est donc pas un facteur limitant pour le développement des rejets de D. oliveri puisque en trois ans il est possible d'exploiter sur toutes les

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stations, les rejets de D. oliveri en bois de feu. L'exploitation traditionnelle des rejets de D. oliveri en bois de feu, peut être améliorée avec des passages de désherbage (d'entretien) des peuplements. Cette technique culturale fait passer la densité du simple au double. Bien que l'utilisation des rejets de D. oliveri comme bois de feu soit reconnue par la totalité des enquêtés, le problème de l'adoption des techniques de conduite des rejets peut se poser. En effet, lors du suivi des stations, grande a été la surprise des populations de voir comment on peut s'occuper d'une espèce considérée comme envahissante pour en faire une production commercialisable. Cette situation confirme les observations faites par Maldague (1985) sur l'adoption des innovations en milieu paysan. Dans ces conditions, seules les preuves de rentabilité de la conduite des rejets sont nécessaires.

8.5- Rentabilité de l'exploitation des rejets de D. oliveri

Au moment oil le bois énergie devient une grande préoccupation des populations et des gouvernants, l'obtention à moindre coût du matériel combustible peut constituer une solution adaptée pour les couches les plus vulnérables du pays. En choisissant de faire de la jachère cultivée, les producteurs du Centre du Bénin, peuvent apporter des soins de désherbage aux rejets de D. oliveri et les conduire pendant environ 5 ans. En comparaison avec les charges nécessaires à l'installation d'une plantation d'espèce exotique à croissance rapide (Acacia auriculiformis) par exemple, l'on constate qu'il faut en moyenne 653.250 FCFA pour installer et conduire la plantation d'un ha dans le milieu d'étude (Rapports annuels 2007-2008 Projet Bois de Feu Phase 2). Avec une densité de plantation de 2.500 plants par ha, le revenu escompté après 5 ans avoisine dans les conditions actuelles, 1.125.000 FCFA. Au prix de 250 FCFA le fagot de 45 rejets de D. oliveri, les stations entretenues, donnent au moins le double du revenu

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net des stations parcourues par les feux. En mettant en parallèle l'exploitation des rejets de D. oliveri avec le gain obtenu sur les plantations, on remarque qu'en 5 ans, avec deux passages d'entretien par an sur deux ans, l'exploitation des rejets procure une marge bénéficiaire de 598.700 FCFA/ ha contre 471.750 FCFA au niveau d'un ha de plantation d'espèce à croissance rapide sur la même période. Le couvert végétal du Centre du Bénin étant assujetti aux feux de végétation, le passage du feu dans une plantation d'Acacia auriculiformis peut aussi réduire les efforts à zéro (Floquet, 1994). Les feux de végétation étant un handicap sérieux dans les programmes de reboisement villageois, la conduite des rejets de D. oliveri peut être une solution : les rejets de l'espèce supportent mieux les feux de végétation et présentent par conséquent moins de contrainte de gestion aux producteurs.

L'exploitation du bois de D. oliveri pour des usages autres que le bois de feu, fait que les peuplements de l'espèce cèdent du terrain aux rejets dans le Centre du Bénin. La régénération naturelle par les rejets, constitue une chance à saisir pour la mise en oeuvre des programmes de recherche sur D. oliveri. La conduite des rejets, fait partie des stratégies de conception des bases de la sylviculture de l'espèce (Houéhounha, 2009).

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Conclusion partielle

La connaissance des usages de D. oliveri par les groupes socioculturels du Bénin accélère l'exploitation de l'espèce dont les sujets de grand diamètre disparaissent du Sud vers le Nord. La pression de l'exploitation des organes de l'espèce est plus ressentie dans les Forêts Classées que dans les terroirs villageois. L'espèce D. oliveri majoritaire dans les groupements des terroirs villageois, est absente ou au mieux occupe le second rang des espèces des groupements des Forêts Classées. La valeur de l'indice d'équitabilité de Pielou (0,68) confirme le phénomène de perturbation avancée des groupements des Forêts Classées oil l'on note plus dominance par rapport aux groupements des terroirs villageois. A la suite de certaines études montrant la capacité de régénération abondante de D. oliveri, l'étude sur la reproduction a montré que D. oliveri se reproduit sur tous les types de sol sans nécessité de prétraitement. Le bouturage des racines a aussi donné un bon résultat. Ce dernier résultat a été confirmé par la conduite des rejets qui entre trois et cinq ans dans les conditions de l'application de la technique de désherbage, peuvent procurer des revenus supérieurs au double de ce qui est obtenu sur des sites témoins.

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CHAPITRE 9 : CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS

L'étude sur les impacts écologiques et socioculturels de l'exploitation de Daniellia oliveri en rapport avec la viabilité de ses peuplements, nous a offert l'occasion de vérifier que les besoins relatifs à l'usage des produits de D. oliveri sont les plus divers au sein des groupes socioculturels Fon, Nago, Goun, Bariba, Peulh, Yoa et Berba. De la feuille à la racine en passant par la tige et à la sève, toutes les parties de l'espèce sont utiles à quelque chose.

Mais, les besoins socioculturels liés aux usages des produits de l'espèce n'ont pas eu la même intensité au sein de l'ensemble des groupes socioculturels. En observant l'existence d'une meilleure connaissance des usages des organes de l'espèce dans le Sud et le Centre du Bénin, une relation de cause à effet est établie par rapport à l'impact écologique laissé par l'exploitation intense de l'espèce dans cette partie du pays. En effet, environ 8 % de la superficie du territoire du Bénin sont actuellement soumis à cette exploitation qui se traduit par la présence dans cette partie du pays, des jachères à D. oliveri. L'exploitation intense du bois de l'espèce l'a dégagée de son habitat naturel et l'a réduite à des rejets de souche. Actuellement dans les zones de surexploitation, les connaissances de l'espèce se limitent généralement à sa vie buissonnante, tant les grands sujets ont disparu. La surexploitation a évolué du Sud vers le Centre et le Nord oil la pression est actuelle (entre 7°35' et 8°14' latitude Nord) (Fig. 27). Plus au Nord entre les latitudes 9°40' et 12°30' Nord, en dehors des Aires Protégées oil l'exploitation de l'espèce n'est pas signalée, les Forêts Classées sont soumises à la même pression anthropique que les terroirs villageois. A ce niveau, l'absence d'une véritable politique de sécurisation du domaine classé de l'Etat est indexée.

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Les groupements végétaux à D. oliveri, compte tenu du caractère pionnier de l'espèce, devraient être plus présents dans les Forêts Classées que dans les terroirs villageois livrés à l'exploitation incontrôlée. L'Etat étant un propriétaire souvent absent, les Forêts Classées sont plus illégalement exploitées que les terroirs villageois Mieux, les sujets de gros diamètre sont plus présents dans les terroirs villageois que dans les Forêts Classées. L'indice de Shannon et l'équitabilité de Pielou ont montré que les deux milieux sont perturbés; mais la perturbation des groupements des forêts classées est plus accentuée. La perturbation du milieu est liée à la surexploitation des ressources forestières qui le plus souvent, vise les qualités physiques, chimiques ou technologiques des espèces.

Dans le cas de cette étude, la forme morphologique de l'espèce (tronc cylindrique, gros diamètre, fût parfois dégagé), les vertus thérapeutiques et spirituelles de l'espèce, attirent les groupes socioculturels à en user. Cependant, il est constaté que des sculpteurs sur bois, aux tradithérapeutes en passant par les responsables de cultes, la prise de conscience de la disparition de l'espèce ne soit pas une préoccupation. Pourtant, certains artisans sont obligés d'utiliser actuellement du bois immature pour fabriquer des mortiers qui sont facilement attaqués et détruits par les insectes xylophages. Heureusement, D. oliveri se reproduit par voies sexuée et asexuée. Utiles dans le processus de multiplication végétative, les graines de D. oliveri se conservent sans soins particuliers pendant plusieurs mois. Le prétraitement germinatif n'est pas nécessaire cependant, l'espèce se reproduit mieux par graine et par bouture de racine. Mais, malgré le taux de germination élevé des graines sans aucun prétraitement (plus de 90 %) en pépinière, l'absence de régénération naturelle sous les semenciers des terroirs ayant fait l'objet de notre étude (IFN-DFSPBF2, 2007) serait due à la mort des graines de l'espèce soumises au

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choc thermique des feux de végétation. En effet, le traitement des graines par brûlage et par trempage dans de l'eau chaude, a donné les taux de germination les plus bas. Le milieu d'étude étant la savane assujettie aux feux de végétation pendant la période de fructification de l'espèce, les graines subissent le plus souvent le choc thermique. Sur un autre plan, la conduite des rejets de souches et de racines a montré que le développement de l'espèce n'est pas nécessairement lié au type de sols mais, peut dépendre du traitement des peuplements. Le désherbage des placettes et le traitement avec les feux de végétation, ont servi de base à la définition d'une stratégie visant à mieux exploiter les jachères à D. oliveri en bois de feu. Avec le désherbage continu sur deux ans, la densité des rejets émergents peut quadrupler celle des placettes témoins passées aux feux de végétation. Face aux pressions exercées sur l'espèce par les groupes socioculturels, il urge de prendre des mesures adéquates visant à freiner l'utilisation anarchique actuellement observée chez les usagers des produits de D. oliveri. Ces mesures seront surtout scientifiques, incitatives et règlementaires.

Sur le plan scientifique, il importe de :

n Poursuivre les recherches sur la régénération assistée de l'espèce afin de capitaliser les informations nécessaires à la maîtrise de sa sylviculture.

n Approfondir les connaissances sur l'utilisation de la résine de l'espèce afin de mieux valoriser l'encens de l'espèce;

n Conduire des recherches sur les qualités de la matière grasse `' huile de Daniellia `' contenue dans le bois de l'espèce afin d'augmenter la liste des usages possibles de l'espèce.

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Sur le plan de l'incitation, il importe de :

n Assurer la promotion des objets d'art issus du bois de D. oliveri sur les marchés internationaux d'art. Les expositions des produits artisanaux fabriqués à partir du bois de D. oliveri serviront de base de publicité pour la valorisation de l'espèce.

n Attribuer des prix aux meilleurs artisans spécialisés dans l'utilisation du bois de l'espèce et qui observent une exploitation respectueuse de l'environnement. Ces artisans seront des modèles dans leur milieu oil le gaspillage des ressources forestières est parfois très préoccupant.

Sur le plan réglementaire il est nécessaire de :

n Retirer l'espèce de la liste des espèces du troisième groupe pour la mettre au premier groupe de la loi des finances. En effet, la taxation différentielle en répartissant les espèces en quatre groupes, autorise le prélèvement des taxes à l'exploitation de façon dégressive du groupe supérieur au groupe inférieur. Le fait que l'espèce soit classée dans les groupes inférieurs attire la pression de l'exploitation ce qui ne favorise pas sa protection.

n Organiser la labellisation des produits issus de D. oliveri afin de
les valoriser et d'assurer à ses peuplements, plus de protection.

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

A N N E X E S

P a g e | 155

Questionnaire sur la connaissance des usages
des produits dérivés de D. oliveri

Localité:

Age:

Sexe :

Profession :

Religion :

Groupe sociocommunautaire :

................................................................................. Quels sont les usages des organes de D. oliveri que vous connaissez ?

Racines

 

Pharmacopée Reproduction Bois d'énergie

Pas de connaissance Autres (à préciser)

Feuilles

Bois

Sève

 

Pharmacopée

Emballage

Autres (à préciser) Fourrage

Pas de connaissance

Pharmacopée Bois d'oeuvre Bois d'énergie

Pas de connaissance Autres (à préciser)

Pharmacopée

Culte religieux

Pas de connaissance Autres (à préciser)

Fait à , le

L'enquêteur

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

 
 

Page | 156

 
 
 

Questionnaire sur l'utilisation
du bois de D. oliveri

 

Localité : Age : Sexe : Profession : Religion : Groupe

sociocommunautaire :

Connaissez-vous le bois D. oliveri ?

Oui Non

Si oui, à quoi l'utilisez-vous en priorité ?

Menuiserie Objet d'art Carbonisation Bois de feu Autres à préciser Pas de réponse

Où trouvez-vous le bois pour les usages identifiés ?

Forêt Savane Jachère Champs Domaine classé D. Protégé

Pensez-vous que le bois est toujours disponible pour les usages identifiés ?

Oui Non

Si oui, quels sont les facteurs qui militent en sa protection ?

Si non, que faire pour garantir la survie des peuplements ?

Quelle quantité de bois récoltez-vous pour un chargement du produit ? (charbon de bois) ; (madrier) ; (salon complet) ; (bois de feu)

Que vous rapporte un chargement du produit fabriqué ?

- Frais de production
·

- Coûts de manutention et de transport
·

- Montant de la vente
·

- Bénéfice net
·

Quelle est l'importance de votre activité sur la vie socioculturelle des populations ?

Quelle est l'influence de votre activité sur la survie des peuplements de Daniellia ?

Rajeunissement Dégradation Disparition Raréfaction des

sujets exploitables

Que faire pour mieux valoriser l'utilisation du bois de D. oliveri ?

Fait à , le

L'enquêteur

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

 
 
 

Page | 158

 

Questionnaire sur l'utilisation
des feuilles pour emballage

 
 

Localité
·

Age
·

Sexe
·

Profession
·
Religion
·
Groupe

sociocommunautaire
·

Connaissez-vous les feuilles de D. oliveri ?

Oui Non

Si oui, à quoi l'utilisez-vous en priorité ?

Quelle qualité de feuilles utilisez-vous pour l'emballage ?

Jeune feuille Feuille caduque Feuille sèche Pas de réponse

Quelle quantité de feuilles est nécessaire pour quelle quantité de produit emballé ?

1 panier de feuilles en kg 2 paniers de feuilles en kg

40
boules

80
boules

120
boules

+ 120
boules

40
boules

80
boules

120
boules

+ 120
boules

Où trouvez-vous les feuilles d'emballage ?

Champs Jachères Forêts D. classé D. protégé Pas de

réponse

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

Pensez-vous que les feuilles d'emballage utilisées sont épuisables ?

Oui Non

Si oui, que préconisez-vous pour sa protection ?

Si non, quelles sont les raisons qui guident votre réponse ?

Quelle est l'importance culturelle de l'emballage des denrées alimentaires avec les feuilles de D. oliveri dans la vie des populations ?

Quelles sont les techniques de récoltes des feuilles d'emballage de D. oliveri ?

Quelles sont les implications écologiques de l'utilisation des feuilles d'emballage dans la survie de D. oliveri ?

Retard Développement Dépérissement Sans Pas réponse

de croissance branchu influence

Que faire pour valoriser l'utilisation des feuilles de D. oliveri comme emballage des denrées alimentaires ?

Fait à , le

L'enquêteur

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

 
 

Page | 160

 

Questionnaire sur l'utilisation
de l'encens

 

Localité : Age : Sexe : Profession : Religion : Groupe

sociocommunautaire :

............................................................................................................
·
·

Connaissez-vous l'encens ?

Oui Non

Si oui, l'utilisez-vous ?

Oui Non

Si oui, à quelle occasion ?

Si non, pourquoi ce n'est pas utilisé ?

Quelle est la signification de l'utilisation de l'encens dans votre religion ?

Où trouve-t-on l'encens que vous utilisez ?

.........................................................................................
·
· Quelle quantité d'encens est nécessaire pour vous par mois ?

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

Connaissez-vous le prix d'achat d'un kg d'encens ?

Que faites vous en cas d'absence d'encens ?

Quelle est l'influence de l'utilisation de l'encens sur la vie des fidèles ?

Connaissez-vous l'encens de D. oliveri ?

Oui Non

Si oui, quelle est sa valeur spirituelle ?

Quelles sont les techniques de récolte de l'encens de D. oliveri ?

Quels sont les risques de survie des arbres exploités pour la production de l'encens ?

Dépérissement Vieillissement Retard de Sans risque Pas de réponse

Croissance

Fait à , le

L'enquêteur

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

 

Questionnaire sur le traitement des maladies
à partir des organes de D. oliveri

 

age | 162

 
 
 
 
 
 

Localité : Age : Sexe : Profession : Religion : Groupe

sociocommunautaire :

Quelles sont les maladies que vous guérissez avec les organes de D. oliveri ?

Quelles sont les maladies qui sont traitées avec les feuilles seules de D. oliveri ?

Quelles sont les maladies qui sont traitées avec les racines seules de D. oliveri ?

..............................................................................................................
Quelles sont les maladies qui sont traitées avec l'écorce seule de D. oliveri ?

Quelles sont les maladies qui sont traitées avec la sève seule de D. oliveri ?

Combien de vertus, possède une plante jeune (verte), une plante âgée (mûre) ?

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

Quelle est l'importance de votre activité sur la vie socioculturelle des populations ?

Quelle rémunération obtenez-vous de vos prestations ?

............................................................................................................
·
·

Peut-on dire que les connaissances thérapeutiques font vivre ses pratiquants ?

Quelle est l'influence de votre activité sur la survie des peuplements de D. oliveri ?

Retard Développement Dépérissement Raréfaction des

de croissance branchu produits

Dégradation Autres à préciser Pas de réponse

Que faire pour garantir la continuité de votre activité ?

Fait à , le

L'enquêteur

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

GUIDE D'ENTRETIEN

INFORMATIONS SUR LES CONDITIONS AGRO-

ECOLOGIQUES DE LA ZONE D'ETUDE

Quels sont les facteurs biophysiques qui caractérisent le milieu ?

INDICATEURS :

Climat, topographie, nature des sols, couvert végétation, hydrographie.

INFORMATIONS SUR L'ESPECE D. OLIVERI

1- Connaissez-vous l'espèce D. oliveri ?

2- Existe-t-il des peuplements de cette espèce dans le milieu ?

3- Quelle est l'importance de l'espèce dans la culture locale ?

INDICATEURS :

Présentation de l'espèce, la morphologie de la plante, feuilles, fleurs, fruit, présence de l'espèce dans le paysage local, place de l'espèce dans la culture locale.

 

INFORMATIONS SUR LES TRAITS SOCIOCULTURELS DE LA

ZONE D'ETUDE

1- Quels sont les groupes socioculturels impliqués dans l'usage des produits de l'espèce D. oliveri ?

2- Quelles sont les influences que la culture exerce sur l'usage des produits de l'espèce D. oliveri ?

3- Quelles connaissances les groupes socioculturels, ont des

impacts des produits sur la viabilité des peuplements ?

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

INDICATEURS :

Densité de population, groupes sociolinguistiques, groupes socioculturels, relations ethnobotaniques.

 

INFORMATIONS SUR LES USAGES DES ORGANES DE

D. OLIVERI

1- Connaissez-vous les usages liés aux feuilles de D. oliveri ?

2- Connaissez-vous les usages liés à la racine de D. oliveri ?

3- Connaissez-vous les usages liés à l`écorce de D. oliveri ?

4- Connaissez-vous les usages liés à la sève de D. oliveri ?

INDICATEURS :

Vertus thérapeutiques, rôle énergétique, contribution agropastoro-alimentaire, place dans l'artisanat.

INFORMATIONS SUR LA SURVIE DE D. OLIVERI

1- Quels sont les facteurs limitant la présence de D. oliveri dans un milieu ?

2- Connaissez-vous des stratégies ou des formes locales de protection de D. oliveri ?

3- Connaissez-vous des stratégies ou des formes locales de régénération ou de restauration des peuplements de D. oliveri ?

INDICATEURS :

Reboisement, mise en défens des domaines, protection, aménagement des domaines

GRILLE D'OBSERVATION

 

SUIVRE LA RECOLTE DES FEUILLES DE L'ESPECE D. OLIVERI POUR L'EMBALLAGE DE LA PATE LYO

1- Connaître les aires de récolte des feuilles de D. oliveri

2- Chronométrer le temps nécessaire pour la récolte des feuilles d'emballage de 500 boules de lyo

3- Participer à la récolte des feuilles d'emballage nécessaires pour 100 boules de lyo

4- Compter avec les récolteuses de feuilles d'emballage de lyo, le nombre de souches fournissant les feuilles d'emballage de 500 boules de lyo

5- Evaluer la superficie de champ à parcourir pour la récolte des feuilles nécessaires à l'emballage de 500 boules de lyo

SUIVRE LA PREPARATION ET L'EMBALLAGE AVEC LES FEUILLES DE D. OLIVERI DE 500 BOULES DE LYO

1- Connaître la quantité de maïs nécessaire pour fournir 500 boules de lyo

2- Connaître le processus de la préparation de lyo

3- Evaluer la quantité de folioles de D. oliveri et de folioles de palme nécessaires pour l'emballage de 500 boules de lyo

4- Connaître la périodicité de préparation de lyo au niveau de 05 vendeuses du marché de Bohicon et d'Abomey

SUIVRE LA FABRICATION DES OBJETS D'ART AVEC LE BOIS DE D. OLIVERI

1- Connaître l'aire d'exploitation des pieds de D. oliveri destinés à la sculpture sur bois.

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

2- Mesurer les volumes de bois nécessaire pour la fabrication d'un fauteuil complet

3- Evaluer la masse volumique des déchets produits par la fabrication d'un fauteuil complet

4- Evaluer le coût de fabrication d'un fauteuil complet

 

SUIVRE LA FABRICATION DES MORTIERS AVEC LE BOIS DE

D. OLIVERI

1- Connaître les procédures d'exploitation des pieds de D. oliveri

2- Connaître les aires d'exploitation de l'espèce pour la fabrication de trois modèles différents de mortiers

3- Evaluer la masse volumique des déchets produits par la fabrication de trois modèles de mortiers à partir du bois de D. oliveri

4- Evaluer les coûts de fabrication de trois différents modèles de mortier

Page | 168

FICHE D'INVENTAIRE FORESTIER

d 1,3 = 5 cm

Caractéristique de la station :

 

Placette N° :

Coordonnées

A

X

 

Y

 

B

X

 

Y

 

C

X

 

Y

 

D

X

 

Y

 

Terroir de

 

N° placeau échantillon : Coordonnées UTM

X

 

Formation végétale

 

Y

 

Rayon (m)

 

Observations particulières

 

N° fiche/Nombre fiche éch.

 
 


d'ordre

Code essence ou
N° herbier ou nom
local

Usage
local

Organe

d1,3 (cm)

ht (m)

hf (m)

Taux de
recouvrement

1

 
 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 
 
 

10

 
 
 
 
 
 
 

11

 
 
 
 
 
 
 

12

 
 
 
 
 
 
 

13

 
 
 
 
 
 
 

14

 
 
 
 
 
 
 

15

 
 
 
 
 
 
 

16

 
 
 
 
 
 
 

17

 
 
 
 
 
 
 

18

 
 
 
 
 
 
 

19

 
 
 
 
 
 
 

20

 
 
 
 
 
 
 

Date

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Nom et signature Nom et signature

Superviseur Chef d'équipe

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

FICHE D'INVENTAIRE FORESTIER

d 1,3 < 5 cm

Caractéristique de la station :

 

Placette N° :

Coordonnées

A

X

 

Y

 

B

X

 

Y

 

C

X

 

Y

 

D

X

 

Y

 

Terroir de :

 

N° placeau échantillon : Coordonnées UTM

X

 

Formation végétale

 

Y

 

Rayon (m)

 

Observationsparticulières

 

N° fiche/Nombre fiche éch.

 
 


d'ordre

Code essence ou N° herbier/Nom
local

Usage local

Taux de
recouvrement

h = 1 m

1 < h = 3 m

h > 3 m

1

 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 
 

10

 
 
 
 
 
 

11

 
 
 
 
 
 

12

 
 
 
 
 
 

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Date

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Superviseur Chef d'équipe

ANALYSE DES IMPACTS ECOLOGIQUES ET SOCIOCULTURELS DE L'EXPLOITATION DES PRODUITS DE DANIELLIA OLIVERI (ROLFE) HUTCH. & DALZ.
SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

LISTE DES FIGURES

Pages

Figure 1 : Carte de situation de la zone d'étude 28

Figure 2 : Carte du Bénin montrant les climatogrammes selon les 29

différentes zones climatiques

Figure 3 : Principaux groupes ethniques du Bénin 30

Figure 4 : Répartition spatiale de D. oliveri dans le monde 34

(Points jaunes)

Figure 5 : Carte de répartition des poids ethniques du Bénin en 42

2002

Figure 6 : Localisation des placettes de suivi des rejets de D. 55

oliveri sur la carte pédologique du Centre du Bénin

Figure 7 : Usage des feuilles de D. oliveri comme fourrage par les 58

groupes socioculturels enquêtés

Figure 8 : Usage des organes de D. oliveri pour la pharmacopée 60

par les groupes socioculturels enquêtés

Figure 9 : Usage de l'écorce de D. oliveri pour la confection des 63

ruches par les groupes socioculturels enquêtés

Figure 10 : Dendrogramme de 60 relevés des terroirs villageois 70

Figure 11 : Carte factorielle de 60 relevés des terroirs villageois 71

Figure 12 : Dendrogramme de 25 relevés des Forêts classées de 71

Dan et d'Atchérigbé

Figure 13 : Carte factorielle de 25 relevés des Forêts Classées de 72

Dan et d'Atchérigbé

Figure 14 : Indices de diversité de Shannon (H') et équitabilité de 75

Piélou (E)

Figure 15 : Diagramme rang - fréquence des espèces du 76

groupement à D. oliveri et Lannea barteri (TV1)

Figure 16 : Diagramme rang - fréquence des espèces du 77

groupement à D. oliveri et Lonchocarpus sericeus (TV2)

Figure 17 : Diagramme rang - fréquence des espèces du 78

groupement à Lonchocarpus sericeus et Pterocarpus

erinaceus (FC1)

Figure 18 : Diagramme rang - fréquence des espèces du 79

groupement à Lonchocarpus sericeus et Pseudocedrela kotschyi (F)

Figure 19 : Spectre brut des types biologiques au sein des 80

groupements des terroirs villageois

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Figure 20 : Spectre brut des types biologiques au sein des 80

groupements des Forêts Classées

Figure 21 : Spectre brut des types phytogéographiques au sein des 81

groupements des terroirs villageois

Figure 22 : Spectre brut des types phytogéographiques au sein des 81

groupements des Forêts Classées

Figure 23 : Densité des espèces au sein des différents groupements 82

Figure 24 : Surface terrière des espèces au sein des différents 82

groupements

Figure 25 : Répartition des individus par classe de diamètre au 83

sein des Groupements des Forêts Classées

Figure 26 : Répartition des individus par classe de diamètre au 83

sein des Groupements des terroirs villageois

Figure 27 : Carte de l'évaluation de la pression anthropique sur les 86

peuplements de D. oliveri au Bénin

Figure 28: Densités moyennes (N/ha) de D. oliveri dans les 87

peuplements principaux des Forêts Classées et terroirs villageois du Bénin

Figure 29 : Densités moyennes de D. oliveri dans les sous-bois des 88

Forêts Classées et terroirs villageois du Bénin

Figure 30 : Hauteur totale (Htot) moyenne de D. oliveri dans les 88

Forêts Classées et terroirs villageois du Bénin

Figure 31 : Carte de répartition des densités de peuplement de D. 89

oliveri dans les Forêts Classées (FC) des Départements du Bénin

Figure 32 : Carte de répartition des densités de peuplement de D. 90

oliveri dans les terroirs villageois (TV) des Départements du Bénin

Figure 33 : Croissance des plantules issues des cinq types de 99

graines sur quatre différents substrats

Figure 33a Sol ferrugineux sablonneux 99

Figure 33b Sol ferrallitique 99

Figure 33c Sol latéritique 99

Figure 33d Sol ferrugineux argileux 99

Figure 34 : Croissance des plantules issues des boutures de tiges 100

et de racines sur quatre types de substrats

Figure 34a Plantules issues des boutures de tiges 100

Figure 34b Plantules issues des boutures de racines 100

Figure 35 : Comparaison des taux de réussite à 30 jours des modes 102

de propagation par graines et par bouture de segments

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de racine

Figure 36 : Densité moyenne de D. oliveri sur les stations par 106

période de relevé des données

Figure 37 : Hauteurs moyennes des rejets de D. oliveri sur les 109

stations par période de relevé des données

Figure 38 : Diamètre moyennes des rejets de D. oliveri sur les 112

stations par période de relevé des données

Figure 39 : Evaluation des quantités de matière sèche de D. oliveri 116

sur les stations après 36 mois de suivi

Figure 40 : Evaluation des charges et bénéfices de l'exploitation 118

traditionnelle des rejets de D. oliveri dans la zone

d'étude

Figure 41 : Evaluation des charges et bénéfices de l'exploitation 118

suivie des rejets de D. oliveri sur les stations par

période de relevé des données

LISTE DES TABLEAUX

Pages

Tableau 1 : Quelques appellations courantes des Daniellia 36

dans leur aire de répartition géographique

Tableau 2 : Caractéristiques comparées des espèces du 37

genre Daniellia

Tableau 3 : Répartition des enquêtés dans les départements 41

ciblés de la zone d'étude

Tableau 4 : Répartition des effectifs des enquêtés par 43

département et par groupe socioprofessionnel

Tableau 5 : Pourcentage des enquêtés ayant connaissance 57

des usages des organes de D. oliveri dans les Départements du Bénin

Tableau 6 : Pourcentage des enquêtés ayant connaissance 59

de l'usage des feuilles de D. oliveri pour

l'emballage de la pâte lyo selon les groupes socioculturels

Tableau 7 : Pourcentage des enquêtés ayant connaissance 61

de l'usage du bois de D. oliveri pour la

sculpture selon les groupes socioculturels

Tableau 8 : Pourcentage des enquêtés ayant connaissance 62

de l'usage du bois de D. oliveri Comme énergie domestique selon les groupes socioculturels

Tableau 9 : Pourcentage des enquêtés ayant connaissance 64

de l'usage de la sève de D. oliveri comme

encens selon les groupes socioculturels

Tableau 10 : Fréquence des différentes familles inventoriées 74

au sein des différents groupements

Tableau 11 : Quelques caractéristiques dendrométriques de 87

D. oliveri dans les terroirs villageois et dans les Forêts Classées du Bénin

Tableau 12 : Composition chimique des substrats de 93

pépinière utilisés

Tableau 13 : Taux moyens de germination (%) des graines de 96

D. oliveri pour cinq types de prétraitements sur quatre types de substrats

Tableau 14 : Taux moyens de reprise des bougeons de racine 97

et de tige de D. oliveri sur quatre types de

substrats

Tableau 15 : Moyennes de nombre de pieds de D. oliveri et 107

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erreurs standard suivies du test de student Newman et Keuls

Tableau 16 : Moyennes des hauteurs de D. oliveri et erreurs 110

standard suivies du test de student Newman et Keuls

Tableau 17 : Moyennes des diamètres de D. oliveri et erreurs 113

standard suivies du test de student Newman et Keuls

Tableau 18 : Dimensions des morceaux de bois vendus dans 114

trois différents marchés de la zone d'étude

Tableau 19 : Estimation de la quantité de matière sèche des 115

rejets commercialisables dans les jachères de 6, 12, 18, 24 et 36 mois

Tableau 20 : Coût de production traditionnelle des rejets de 117

D. oliveri dans trois localités de la zone d'étude

Tableau 21 : Matrice de diagnostic stratégique (MDS) de 126

l'exploitation des produits de D. oliveri au Bénin

Tableau 22 : Effets de l'exploitation des produits de D. oliveri 129 sur la viabilisation des peuplements au Bénin

LISTE DES PHOTOS

Pages

Photo 1 : D. oliveri dans sa forme spécifique dans la Commune 38
de Dassa au Centre du Bénin

Photo 2 Ilot de Daniellia oliveri au niveau de la Forêt Classée 38

de Soubroukou dans la Commune de Djougou au Nord-Ouest du Bénin

Photo 3 : Ecorce de D. oliveri 39

Photo 4 : Feuille de D. oliveri 39

Photo 5 : Panicules de fleurs de D. oliveri 39

Photo 6 : Fruits et graines de D. oliveri 39

Photo 7 : Souches et racines de D. oliveri 39

Photo 8 : Sève séchée et moulue de D. oliveri, utilisée comme 65

encens dans la Commune de Djougou au Nord-Ouest du Bénin

Photo 9 : Fagots de D. oliveri utilisés comme bois de feu dans 65

la Commune d'Agbangnizoun au Centre du Bénin

Photo 10 : Tronc écorcé de D. oliveri pour usage en 65

pharmacopée dans la Commune de Zogbodomey au Centre du Bénin

Photo 11 : Emballage de la pâte lyo avec les feuilles de D. oliveri 65

dans la Commune de Bohicon au Centre du Bénin

Photo 12 : Fauteuils sculptés en bois de D. oliveri dans la 65

Commune de Zagnanado au Centre du Bénin

Photo 13 : Feuilles de D. oliveri utilisées comme fourrage dans 65

la Commune de Parakou au Nord-Est du Bénin

Photo 14 : Plantules issues des graines de D. oliveri semées 95

dans un substrat sablonneux

Photo 15 : Plantules issues des graines de D. oliveri semées 95

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dans un substrat de terre de barre

Photo 16 : Plantules issues de bouture de racine de D. oliveri 95

implantée dans un substrat argileux

Photo 17 : Plantules issues de bouture de tige de D. oliveri 95

implantée dans un substrat de latérite

Photo 18 : Rejets d'une souche de D. oliveri, 30 jours après la 119

coupe du sujet sur sol argileux dans la Commune de Zogbodomey au Centre du Bénin

Photo 19 : Rejets abondants de D. oliveri sur sol ferralitique, 60 119

jours après défrichement dans la Commune de Zagnanado au Centre du Bénin

Photo 20 : Rejets exploitables de D. oliveri sur sol sablonneux 119

après 36 mois de suivi (traitement désherbage) dans la Commune d'Abomey au Centre du Bénin

Photo 21 : Rejets de D. oliveri (à droite témoin brûlé) sur sol 119

sablonneux à 36 mois de suivi (traitement feu de végétation) dans la Commune d'Abomey au Centre du Bénin

TABLE DES MATIERES

Pages

DEDICACE 2

SOMMAIRE 3

AVANT PROPOS 4

RESUME 6

ABSTRACT 8

SIGLES ET ACRONYMES 10

CHAPITRE 1 : Introduction générale 13

1.1- Problématique et justification 17

1.2 - Objectif global 21

1.3 - Objectifs spécifiques 21

1.4 - Hypothèses et questions de recherche 22

1.5 - Organisation de la thèse 23

CHAPITRE 2 : Milieu d'étude et traits socioculturels 25

2.1- Milieu physique 25

2.1.1- Zone guinéo-congolaise 25

2.1.2- Zone soudano-guinéenne 26

2.1.3- Zone soudanienne 27

2.2- Traits socioculturels 30

2.2.1 - Population 30

2.2.2- Groupes sociolinguistiques 30

2.2.3- Santé 31

2.2.4- Satisfaction des besoins en bois de feu 31

CHAPITRE 3 : Matériel et méthodes 33

3.1- Matériel végétal étudié : Daniellia oliveri 33

3.1.1- Contenu du genre Daniellia 33

3.1.1.1- Daniellia oliveri (Rolfe) Hutchinson et Dalziel 33

3.1.1.2- Daniellia oblonga (Oliver) 35

3.1.1.3- Daniellia ogea (Harms) Rolfe ex Holland 36

3.2- Sources documentaires 40

3.3- Données démographiques et ethnobotaniques 40

3.4- Evaluations phytosociologiques 44

3.5- Evaluations de la germination et de la dynamique de 49

croissance des plantules de D. oliveri

3.6- Evaluation de la conduite et de la commercialisation des 52

rejets de D. oliveri

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CHAPITRE 4 : Evaluation des connaissances ethnobotaniques 57

en relation avec D. oliveri

4.1- Domaines liés aux usages de D. oliveri au Bénin 57

4.2- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine alimentaire 58

4.2.1- Feuilles, fleurs et graines de D. oliveri comme aliments des 58

animaux

4.2.2- Feuilles de D. oliveri pour l'emballage de la pâte lyo 59

4.3- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine médicinal 59

4.3.1- Organes de D. oliveri utilisés pour la pharmacopée 59

4.4- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine culturel 60

4.4.1- Bois de D. oliveri utilisé pour la sculpture 60

4.4.2- Rejets de D. oliveri utilisés comme bois de feu 61

4.4.3- Ecorce de D. oliveri utilisée pour la confection des ruches 62

4.5- Usages des organes de D. oliveri dans le domaine cultuel 63

4.5.1- Sève de D. oliveri utilisée comme encens 63

CHAPITRE 5 : Typologie des groupements végétaux à D. 68

oliveri, analyse des paramètres dendrométriques de

peuplements dans les Forêts Classées, terroirs villageois du

Centre du Bénin et caractéristiques écologiques des

peuplements du Bénin

5.1- Typologie des groupements 68

5.1.1- Terroirs Villageois 68

5.1.2- Forêts Classées 69

5.1.3- Appréciation de la diversité au sein des groupements : 72

composition floristique et structures des groupements

5.1.4- Diversité spécifique des groupements abritant D. oliveri 74

5.1.5- Distribution des individus en espèces : Diagramme 75

Rang/Fréquence

5.1.6- Spectres biologique et phytogéographique des 79

groupements à Daniellia oliveri

5.1.7- Evolution des paramètres dendrométriques des différents 81

groupements

5.1.7.1- Densité et surface terrière 81

5.1.7.2- Répartition des individus par classe de diamètre 83

5.2- Répartition spatiale et abondance des peuplements de D. 84

oliveri au Bénin

5.2.1- Principales zones de répartition des peuplements de D. 84

oliveri au Bénin

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5.2.1.1- Zones d'absence de l'espèce 84

5.2.1.2- Zones de surexploitation de l'espèce 84

5.2.1.3- Zones de forte pression d'exploitation de l'espèce 85

5.2.1.4- Zones d'absence d'exploitation de l'espèce 85

5.2.1.5- Zones d'exploitation modérée de l'espèce 87

CHAPITRE 6: Conduite de la reproduction de D. oliveri et 93

analyse des capacités de sa reproduction sur divers sites

écologiques au Centre Bénin

6 .1- Régénération naturelle 93

6.2- Effet des traitements pré -germinatif et du substrat sur la 94

germination des graines de D. oliveri

6.3- Effet du type de bouture sur les taux de reprise des 96

bourgeons de D. oliveri pour quatre types de substrats.

6.4- Croissance en pépinière des plantules issues des différentes 97

graines prétraitées pour les quatre types de substrats

6.5- Croissance des plantules issues des boutures de tiges et de 100

racines sur quatre types de substrat

6.6- Comparaison des taux de réussite et de la croissance des 101

pousses pour la propagation par graines et par boutures racines

de D. oliveri

CHAPITRE 7: Régénération naturelle de D. oliveri et 105

exploitation de ses rejets au Centre du Bénin

7.1- Evolution du nombre de pieds suivant différents traitements 105

et types de sol

7.2- Densité des rejets selon les stations 105

7.3- Croissance en hauteur des rejets de D. oliveri suivant 108

différents traitements et types de sol

7.4- Croissance en diamètre des rejets de D. oliveri suivant 111

différents traitements et types de sol

7.5- Retombées socioéconomiques issues de l'exploitation des 114

rejets de D. oliveri

7.5.1- Détermination des caractéristiques des morceaux de bois 114

de D. oliveri vendus sur les marchés de la zone d'étude

7.5.2- Estimation de la quantité de matière sèche des rejets de D. 115

oliveri dans les jachères de 6 à 36 mois

7.5.3- Rentabilité de l'exploitation des rejets de D. oliveri en bois 116

de feu

CHAPITRE 8: Discussion des résultats 122

8.1- Monographie des usages de D. oliveri 122

8.2- Typologie des groupements végétaux à D. oliveri 130

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8.3- Reproduction de D. oliveri 132

8.4- Exploitation des rejets de D. oliveri 136

8.5- Rentabilité de l'exploitation des rejets de D. oliveri 138

CHAPITRE 9: Conclusion générale et recommandations 141

Références bibliographiques 145

ANNEXES 154

Questionnaires 155

Guide d'entretien 164

Grille d'observation 166

Liste des figures 170

Liste des tableaux 173

Liste des photos 175

Table des matières 177

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