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Les relations entre la France et les Seychelles d'après la presse française (1977-2004)

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par Guillaume BURDEAU
Université Paris Ouest - Nanterre - La Défense - Master 2 Histoire 2010
Dans la categorie: Histoire
  

Disponible en mode multipage

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Université Paris Ouest - Nanterre - La Défense

UFR Sciences sociales, administration - département Histoire Institut des sciences sociales du politique - UMR 72 20

Master 2 Histoire accompagné

Les relations internationales : organisations, circulations, transferts

LES RELATIONS ENTRE LA

FRANCE ET LES SEYCHELLES DE

FRANCE-ALBERT RENÉ D'APRÈS

LA PRESSE FRANÇAISE (1977-2004)

Guillaume BURDEAU
N°: 30024309
Sous la direction de Ludovic TOURNÈS

SOURCE : Nouvel Observateur, 26 mars-1er avril 1992.

2010-2011

L'Université n'entend donner ni approbation ni improbation aux
opinions émises dans ce mémoire : ces opinions doivent être
considérées comme propres à leur auteur.

SOMMAIRE :

· Remerciements 6

· Introduction 7

· Chapitre préliminaire : La diplomatie française dans la région des Seychelles . 16

A) La diplomatie française en Afrique . 16

B) La diplomatie française dans l'océan Indien 19

· Première partie : La presse française aux Seychelles et dans les relations franco-seychelloises 24

- Chapitre I : Les acteurs de la presse française aux Seychelles de René 25

A) Les journaux, magazines et agences de presse 25

B ) Les journalistes français . 30

C) Les lieux de correspondance . . 33

- Chapitre II : Les Seychelles décrites par la presse française . 35

A) Les Seychelles de l'indépendance au coup d'État d'après la presse française (1976-1977)
35

1. Les Seychelles de MANCHAM 35

2 . Le coup d'État et la mise en place du régime de RENÉ 37

B) Les Seychelles de René décrite par la presse française 38

1. La politique intérieure 38

2. La politique extérieure . 40

3. La politique économique .. 42

- Chapitre III : Présentation des articles sur les relations franco-seychelloises sous RENÉ ...

46

A ) Les articles sur les relations franco-seychelloises par rapport aux articles sur les Seychelles en général .. 46

B) Présentation des articles sur les relations franco-seychelloises . . 48

C) Présentation des articles sur la coopération bilatérale .. 50


· Deuxième partie : Les relations diplomatiques et politiques francoseychelloises d'après la presse française 54

- Chapitre IV : Des acteurs des relations franco-seychelloises dans la presse française

A) Les acteurs français

1. Les hommes politiques

55

.. 55
55

2.

Les ambassadeurs et consuls

58

3.

Les coopérants

60

4.

Les militaires

60

 

B) Les acteurs seychellois . 61

1 . France-Albert RENÉ 61

2 . Les acteurs seychellois 62

- Chapitre V : Les visites diplomatiques 65

A) Les visites françaises 65

1. La visite de François MITTERRAND . 65

2 . Les visites des ministres de la Coopération et des « Messieurs Afrique »

. 67

3. La visite privée de Georges LEMOINE 69

B) Les visites seychelloises 69

1. Les visites de France-Albert RENÉ . 69

2. Les visites de personnalités politiques seychelloises . 73

- Chapitre VI : État et qualité des relations franco-seychelloises 76

A) Des relations bilatérales bonnes 76

1. Des relations étroites et amicales 76

2. L'image des bonnes relations à travers la coopération 79

3. L'image des bonnes relations à travers la solidarité . 81

B) Des tensions franco-seychelloises qui existent . 82

1. La crise diplomatique (1979-1981) 82

2. La question de la Réunion 83

3. D'autres tensions ..... 84

- Chapitre VII : Les relations seychello-réunionnaises 87

A) Les premières relations à travers les liens entre le SPUP et le PCR 87

B) De la « pomme de la discorde » 88

C) .... à l' « aubaine pour les Seychelles » . .... 88

- Chapitre VIII : L'imbrication de la France et des Seychelles 92

A) La France dans les affaires seychelloises 92

B) Les Seychelles dans les affaires françaises 96

- Chapitre IX : La diplomatie française des droits de l'Homme et de la démocratisation aux Seychelles . 99

A) La dictature révolutionnaire vue par la presse française (1977-1991) 99

B) La France et la démocratisation des Seychelles d'après la presse française (1990-1993) ...

101

1. Pressions pour la démocratie (1990-1991) .... 102

2. La transition démocratique (1992-1993) 104

C) La politique française pour le renforcement de la démocratie d'après la presse française

(1993-2004) .. 106

- Chapitre X : Les relations franco-seychelloises à travers les organisations internationales

109

A) La Francophonie . 109

B) Les sommets franco-africains 111

C) La COI 112

D) L'IOTC 115
· Troisième partie : La coopération franco-seychelloise 117

- Chapitre XI : Les relations sanitaires 118

- Chapitre XII : Les relations culturelles . 121

A) Culture en générale 122

B ) Médias et télévision 123

C) Langue et éducation 125

- Chapitre XIII : Les relations militaires . 127

A) Escales et visites diplomatiques 127

B) La coopération bilatérale . . 131

- Chapitre XIV : Les relations économiques et financières . . 135

A) Aspects économiques 135

1. L'aide financière 136

2. Les relations commerciales 138

3. La dette seychelloise . 140

B) L'agriculture et l'alimentation 141

C) Les transports . 143

D) Le tourisme 144

E) La pêche . 146

· Conclusion . 150

· Indications chronologiques . . 155

· Annexes 161

· Sources . . 169

· Bibliographie 200

· Sitographie 202

REMERCIEMENTS

Avant de présenter notre étude, nous tenons à remercier M. Ludovic TOURNÈS, professeur spécialisé dans l'histoire contemporaine des relations internationales à Paris 10, pour avoir accepté de diriger mon mémoire de master 2, suivi l'avancement de mes travaux, et donné plusieurs conseils forts utiles concernant les recherches sur un nouveau sujet de mémoire - ayant conduit à étudier le sujet présent -, les sources bibliographiques ou sur la façon de rédiger une partie de mon travail, enfin d'avoir répondu à toutes mes questions. Encore merci pour l'intérêt que vous avez porté à mes recherches et pour votre aide très précieuse.

INTRODUCTION :

Connaissez-vous le paradis touristique seychellois ? Probablement ! Mais connaissez-vous vraiment son histoire ? Connaissez-vous l'histoire des relations entre ce pays exotique au large de l'océan Indien et la France ?

Plus de vingt ans après le début de la vague d'indépendance en Afrique, les historiens ont commencé à s'intéresser à la présence de la France en Afrique et à ses relations avec les pays de ce continent. Dès les années 80, d'autres historiens, en particulier ceux de la Réunion, ont mené en parallèle des études sur la présence de la France dans l'océan Indien et avec les pays riverains, surtout ceux du sud-ouest, au large des côtes africaines. Nous sommes davantage renseignés sur les relations françaises avec Madagascar et les Comores ou anglaises avec Maurice et les Seychelles. Mais nous sommes en revanche moins renseignés sur les relations entre la France et les Seychelles. Si les Seychelles sont mondialement connues pour leur réputation touristique, leur histoire est, quant à elle, méconnue et a été l'objet de peu de recherches historiques. L'histoire des relations de l'archipel avec la France est encore davantage méconnue. Si nous connaissons assez bien l'histoire des relations diplomatiques entre la France et les pays africains, et dans une certaine mesure avec les pays riverains de l'océan Indien - en particulier avec l'Inde -, celle des liens entre la France et les Seychelles constitue un aspect méconnue de la politique française dans ces régions, mais aussi de l'histoire du continent africain et de l'océan Indien. Si on trouve certains éléments disséminés dans les ouvrages, articles scientifiques ou thèses, les relations franco-seychelloises n'ont jamais fait l'objet d'une grande étude. C'est une des raisons pour laquelle nous avons choisi d'étudier ces relations, en particulier sous France-Albert RENÉ. Pourquoi avoir choisi d'étudier les relations franco-seychelloises sous la direction de cet homme ? Tout d'abord, l'auteur porte un grand intérêt personnel sur l'histoire des régimes autoritaires depuis 1900, et le régime de RENÉ en fait partie. Mais aussi parce que France-Albert a longtemps gouverné les Seychelles, pays dont il est devenu un personnage phare. Si nous avons choisi d'étudier l'histoire des relations franco-seychelloises sous RENÉ, pourquoi avoir décidé d'utiliser comme sources les articles de presse française plutôt que des documents diplomatiques, source historique la plus importante sur les relations internationales ou bilatérales ? Avant tout, c'est un sujet extrêmement récent : France-Albert RENÉ a quitté le pouvoir il y a sept ans seulement. Selon le Code du patrimoine (art. L. 213-1 et 2), il faut un délai de trente ans minimum entre la publication d'un document et la possibilité d'être communiqué. De ce fait, il faudrait attendre 2034. Nous ne pouvons consulter les documents d'archives françaises que jusqu'en 1983 : nous manquons donc de vingt ans de documentation sur les relations entre la France et les Seychelles de RENÉ. Cette restriction doit être similaire aux Seychelles, mais, contrairement à la France, les Seychelles ont un régime politique autoritaire et ce pays est dirigé actuellement par l'équipe gouvernementale de l'ère RENÉ. Accéder aux archives de Victoria pourrait être encore plus difficile que de s'y rendre à la Courneuve, ville accueillant les archives du Quai d'Orsay. Malgré la possibilité d'interroger les différents acteurs des relations franco-seychelloises, les interviews ne constituent pas forcément une source de premier choix et ne peuvent se substituer aux documents d'archives. Or, la presse française, qui nous permet de contourner le problème de

sources, constitue effectivement une bonne, voire une excellente source. Elle peut couvrir tous les sujets à n'importe quelle époque, y compris les Seychelles depuis 1976 jusqu'à nos jours. Et contrairement aux documents d'archives, les articles de presse sont plutôt faciles d'accès. Il existe des études d'histoire et non de journalisme sur les relations internationales basées sur des journaux français. Par exemples : Les relations entre l'Égypte et l'URSS d'après la presse française de 1955 de Vincent JEAN, sous la direction de Nikita ELISSÉEFF (1972) ; Les relations franco-polonaises après la chute de Gomulka à travers la presse française : Le Monde, Le Monde Diplomatique, l'Humanité, Le Figaro de Jacqueline GUILHEM, sous la direction d'Antonín SNEJDAREK (1974) ; ou encore Les relations israélo-palestiniennes entre 1982 et 1999, d'après les caricatures de presse du « Monde », « The Jerusalem Post » et « Al-Fair » d'Emmanuelle MESON, sous la direction de Carol IANCU (2007). Par conséquent, nous avons choisi le sujet sur les relations entre la France et les Seychelles de France-Albert RENÉ d'après la presse française (1977-2004). Cela peut s'avérer intéressant d'étudier ces relations en se basant uniquement sur nos échantillons de journaux ou de magazines sans utiliser des documents d'archives ou des témoignages oraux dans la mesure où on peut voir la façon dont la presse présente sa vision des relations entre la France et les Seychelles sous RENÉ.

Le sujet a-t-il un lien avec l'actualité ? L'année 2011 n'est pas n'importe quelle année pour les Seychelles. Le 29 juin 2011, l'archipel a célébré sa trente-cinquième année d'indépendance. 2011 est surtout celle de la réélection, le 22 mai, de son président de la République, James Alix MICHEL, successeur de France-Albert RENÉ. Membre de son gouvernement depuis 1977, l'actuel président, ainsi que son parti au pouvoir1, représentent depuis 2004, la continuité du pouvoir installé il y a trente-quatre ans par RENÉ et de sa politique. Sous France-Albert RENÉ les relations n'ont cessé de s'affermir. Sous son successeur, les relations entre la France et les Seychelles sont toujours aussi importantes. Par exemple, en 2009 et 2010, nous pouvons constater une normalisation des relations économiques entre la France et les Seychelles2 alors qu'elles étaient mises à mal durant les dernières années de la présidence de RENÉ. La signature le 18 septembre 2009 d'un accord militaire entre la France et les Seychelles est présentée comme une marque de la vigueur des relations franco-seychelloise. Un lien entre le sujet et l'actualité peut donc exister.

1 Le Parti Lepep (Parti du Peuple en créole seychellois), appelé autrefois Seychelles People's Unity Party (SPUP) puis Seychelle's People Progressive Front (SPPF).

2 Normalisation grâce à d'importantes réformes pour stabiliser sa situation financière alors gravement en crise. La signature le 6 juillet 2010 d'un accord de restructuration de la dette seychelloise entre la France et les Seychelles est une étape majeure de cette normalisation.

Un sujet comporte toujours plusieurs aspects. Ici, le mémoire possède plus d'une dizaine de facettes. Ces différentes dimensions du sujet sont les suivantes : diplomatique, consulaire, protocolaire, internationale, médiatique, politique, géopolitique, régionale, sanitaire, culturelle, militaire, environnemental, économique, financière, commerciale et énergétique. Nous pouvons évoquer la présence d'un aspect diplomatique car la diplomatie se confond avec les relations internationales ou la politique étrangère. Les relations entre deux pays est d'ordre diplomatique. Parmi les aspects diplomatiques, il peut y avoir des déplacements officiels, l'accréditation de diplomates ou encore la signature d'accords après négociations. L'aspect consulaire est étroitement lié à la diplomatie. Il concerne surtout la

défense des intérêts nationaux ou des ressortissants dans un territoire étranger. Par exemple, la défense des intérêts et des ressortissants français aux Seychelles. La dimension protocolaire est indissociable de la diplomatie. Parmi ces protocoles, il y a la réception d'une personnalité politique ou diplomatique par son hôte, comme le ministre des Affaires étrangères ou l'ambassadeur par le chef de l'État. Ensuite nous avons la dimension internationale. Il ne faut pas oublier que les relations entre la France et les Seychelles sont d'ordre international : cela suffit pour justifier cet aspect. D'autres éléments peuvent également justifier cet aspect, comme les réunions ou les sommets internationaux où les relations franco-seychelloises peuvent être mêlées, comme l'ONU ou la Francophonie. Etant donné que nous allons étudier les relations franco-seychelloises en nous basant sur la presse française, il est normal que le sujet détienne un aspect médiatique. Le sujet possède un aspect politique car à travers les relations entre la France et les Seychelles, des aspects de la vie intérieure d'un de ces pays peuvent être mêlés à la diplomatie. Parmi les missions diplomatiques, le diplomate, en particulier l'ambassadeur, a le devoir d'informer le Ministère des Affaires étrangères de l'évolution politique du pays où il est accrédité. Ainsi, la France peut réagir selon les événements aux Seychelles, par exemple. Le sujet peut avoir également un aspect géopolitique. En effet, l'emplacement géographique des Seychelles attire des convoitises et est sujet de manoeuvres politiques et diplomatiques. La France y est mêlée. La géopolitique est donc liée à la diplomatie. Pour mieux comprendre la diplomatie française dans la région des Seychelles, il est indispensable de faire appel à des ouvrages de géopolitique. Ensuite, nous avons l'aspect régional. Afin de comprendre davantage la politique française aux Seychelles, il est nécessaire d'avoir une vision régionale : en Afrique, dans l'océan Indien et encore dans le sud-ouest de cet océan. Cet aspect peut être également justifié par l'importance de la Réunion, territoire français riverain des Seychelles. Nous avons ensuite les aspects sanitaire, culturel, militaire, environnemental, économique, financier, commercial et énergétique car ils font partie du domaine de la coopération bilatérale. Toutes ces facettes que nous vous avons présentées seront traitées, à l'exception des aspects énergétique, consulaire et environnemental. Ils seront écartés de notre étude en raison du manque d'information sur ces points dans les articles de notre corpus. En revanche, nous pouvons ajouter une facette du sujet : statistique. Nous pouvons l'intégrer dans la mesure où nous ferons des analyses sur l'ensemble des articles de notre corpus, des différents journaux qui couvrent les relations franco-seychelloises sous France-Albert RENÉ, la répartition des articles ou des types d'informations selon les différents sujets3, et encore.

Comment peut-on définir les termes ou les concepts de notre sujet ? Cette démarche est essentielle pour nous permettre de comprendre le titre et/ou le sujet de notre mémoire. Nous pouvons diviser le titre de notre mémoire de la façon suivante : Les relations / entre / la France / et / les Seychelles / de / France-Albert RENÉ / d'après / la presse / française / (1977-2004).

3 Ces sujets se confondent avec certaines facettes du sujet. Par exemple, la culture.

Nous jugeons qu'il est inutile de définir les mots « de » et « et ». Tout d'abord, nous avons la
notion de « relations ». Que désigne ce mot ? Les « relations » peuvent avoir plusieurs
définitions. Dans le cas présent, les « relations » désignent les relations internationales, c'est-

à-dire, les relations entre États faisant partie intégrante du droit international public. Cela fait donc partie de la diplomatie. Ensuite nous avons le mot « entre ». Quel est sa signification ? D'après Le petit Larousse, cette notion désigne un état intermédiaire. Le mot est donc utilisé pour lier la France et les Seychelles de France-Albert RENÉ. La France, est un État d'Europe occidentale. D'une superficie de 549 000 km2 pour plus de 65 millions d'habitants, la France a une histoire extrêmement riche. Sur la scène internationale comme pour la scène européenne, la France est un acteur majeur et influent. Les Seychelles désignent un État composé exclusivement d'un archipel de 92 à 115 îles et îlots. C'est une micro-nation de 410 km2 pour 81 000 habitants en 2004 parlant officiellement le créole seychellois (dialecte dérivé du français), l'anglais et le français. Les Seychelles sont situées dans le sud-ouest de l'océan Indien face aux côtes est de l'Afrique. D'un point de vue historiographique, les Seychelles sont le plus souvent placées géographiquement dans cet océan Indien. Mais d'un point de vue continental, les Seychelles forment, au même titre que ses voisins insulaires4, un pays africain. La carte ci-dessous provenant du Point nous montre que l'archipel seychellois constitue bel et bien un territoire africain. Nous pouvons voir également la grande extension de l'archipel, les nombreuses petites îles qui le composent et leur éparpillement géographique.

Vue générale des îles de la République des Seychelles par rapport à l'Afrique
Source : LESIEUR Jean, « La fièvre des cocos-fesses », Le Point, 23 août 1982.

Ci-dessous, nous avons une carte représentant les principales îles seychelloises, en particulier celle de Mahé6. En effet, c'est sur ces îles que se trouve la majorité des habitants, en particulier à Mahé7.

4 Ces voisins insulaires sont, par ordre alphabétique, les Comores, Madagascar et Maurice.

5 Titre inventé pour mieux représenter l'illustration.

6 Ce type de carte est plus fréquent dans la presse française.

7 L'île de Mahé regroupe 90 % de la population seychelloise composée majoritairement de noirs ou de métisses et c'est sur son sol que se trouve la capitale des Seychelles, Victoria, parfois appelée Port-Victoria.

Vue rapprochée des principales îles seychelloises et de leurs alentours8
Source : ANONYME, « Les Seychelles ont accédé à l'indépendance », Le Monde, 30 juin 1976

8 Titre inventé pour mieux représenter l'illustration.

Comme les Seychelles sont relativement méconnues historiquement, nous jugeons qu'il est nécessaire de faire un petit rappel historique. Avant d'être découvertes par Vasco de GAMA en 1502, les Arabes les auraient probablement atteintes durant le Haut Moyen-âge. Elles furent explorées dès 1742 par Lazare PICAULT, un Français. Devenues françaises en 1756, elles prirent le nom du ministre des Finances de Louis XV : le vicomte Jean MOREAU DE SÉCHELLES. Colonisées dès 1770, les Seychelles furent occupées par les Britanniques dès 1810 suite aux guerres révolutionnaire puis napoléonienne. En 1814, elles devinrent une colonie britannique rattachée à Maurice. Elles se séparèrent en 1903. Elles connurent un début d'éveil politique dans les années 60 avant d'accéder à l'indépendance en 1976. France-Albert RENÉ, qu'on peut appeler Albert RENÉ ou FAR, était le deuxième président de la République des Seychelles. Président socialiste, il a dirigé d'une main de fer pendant presque 27 ans les Seychelles, marquant de son empreinte durable l'histoire de l'archipel. Sa présidence s'est pratiquement confondue jusqu'en 2004 avec les Seychelles indépendantes.

Pour en revenir à l'explication de notre titre, nous avons également le mot « d'après ». Quelle est sa signification exacte ? Le petit Larousse définit ce terme par « selon ». La presse désigne ici un ensemble de journaux mais aussi l'activité et le monde du journalisme. Dans ce mémoire, nous nous intéresserons aux journaux et aux magazines qui forment dès lors un corpus. L'adjectif « française », quant à lui, se rapporte à la nationalité des journaux et des magazines qui nous intéressent. Enfin, nous disposons d'une période chronologique très précise : 1977 et 2004. Cela correspond à la présidence ou « règne » de France-Albert RENÉ à la tête de la République des Seychelles. 1977 est l'année de son arrivée au pouvoir. 2004 est celle de son départ. De ce fait, le sujet consiste à étudier les liens unissant la France, pays européen au poids international

majeur, et les Seychelles, petit pays d'Afrique et de l'océan Indien et dirigé par France-Albert RENÉ, tels qu'ils sont décrits par l'ensemble des journaux en France pendant le long « règne » du chef de l'État seychellois.

Le mémoire a un double objectif. Dans un premier temps, notre travail consiste à approfondir nos connaissances sur les relations entre la France et les Seychelles, tout particulièrement sous la présidence de France-Albert RENÉ. Que peut-on percevoir concernant ces relations si méconnues, notamment à travers la presse française ? Dans un deuxième temps, il est primordial de voir si la presse française couvre les relations francoseychelloises de 1977 et 2004 sous tous les angles convenables. Autrement dit, est-ce qu'elle couvre complètement tous les aspects des relations dans son ensemble sachant que les Seychelles est un pays méconnu, donc peu évoqué dans les articles de journaux ?

Voici notre présentation de notre méthodologie de travail. Avant d'effectuer des recherches sur notre sujet, nous avions déjà recueilli dans sa majorité des articles du Monde et de La Lettre de l'Océan Indien, ainsi que du Monde diplomatique et du Nouvel Observateur dans le cadre de notre approche sur la description de la dictature de France-Albert RENÉ d'après les sources françaises. Ces articles du Monde proviennent de la BDIC (Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine). Ils ont été recueillis après identifications sur des fiches classées par ordres chronologiques et alphabétiques. Les indexes du Monde se trouvant dans cette bibliothèque mais également à la BNF (Bibliothèque Nationale de France) peuvent nous aider à identifier les articles recherchés. On trouve également à la BNF les indexes du Monde diplomatique. La Lettre de l'Océan Indien est plus spécialisée : le plus souvent, on trouve au moins un article sur les Seychelles par exemplaire. Après avoir proposé d'étudier les relations franco-seychelloises d'après la presse française, nous avons entrepris des recherches bibliographiques sur la politique française en Afrique et dans l'océan Indien, sur les relations internationales ou la géopolitique dans cet océan, sur la place de la Réunion dans son environnement régional et sur les Seychelles. Ces recherches devaient nous permettre de recadrer les liens entre la France et les Seychelles dans la politique française en Afrique et dans l'océan Indien, utiliser les informations pour mieux comprendre certains aspects ou démarches des relations ou encore pour montrer que des informations importantes manquent dans la presse française, pour nous faire une idée de l'évolution chronologique de l'archipel et de ses relations avec la France, et enfin identifier des articles utilisés ou cités par les chercheurs. Nous avons également consulté les documents d'archives du Quai d'Orsay de 1977 à 1983 dans l'objectif d'identifier des articles. Certains de ces articles peuvent être identifiés sur certaines pages internet sur les Seychelles, comme sur le site de l'UNHCR9. Après avoir identifié un grand nombre d'articles de presse française dans ces ouvrages, articles scientifiques, thèses ou documents diplomatiques, nous les avons consultés à la BNF ou à la Documentation française et nous les avons ensuite incorporés dans notre corpus. Nous nous sommes également rendus à la bibliothèque de la Fondation de Science Politique pour consulter des articles de journaux et de magazines réunis dans un dossier sur les Seychelles10. Les articles de presse française conservés se sont arrêtés avant 1993. Nous avons comblé ce manque en consultant le site web Factiva qui permet de consulter tous les articles après 1995. Enfin, nous sommes allés sur les sites web des différents journaux, comme Le Figaro, où certains articles sont numérisés. Comment nos données ont-elles été traitées ? Nous avons d'abord fait une synthèse de nos lectures. Synthèse devant être utilisée de deux façons : d'abord pour recadrer les Seychelles dans la politique française en Afrique et dans l'océan Indien, puis pour mieux comprendre les différents aspects des relations franco-seychelloises ou combler certaines lacunes. Puis nous avons établi une chronologie sur la politique intérieure des Seychelles et

sur ses relations avec la France sous RENÉ. Par la suite, nous avons mené toute une série d'analyse ou de classement des articles : classement des articles par type d'information (par exemple sur l'économie, sur la culture ou encore sur les relations politiques), analysé la quantité par type d'information ou par journal, l'évolution du Monde et de La Lettre de l'Océan Indien - ce sont les deux journaux français les mieux renseignés -, organisé notre mémoire autour des aspects les plus évidents des relations bilatérales et les types d'informations contenues dans la presse française, et encore. Les chapitres sont organisés en fonctions des types d'informations existantes. Nous évitons de nous lancer dans une analyse pointilleuse pour éviter d'alourdir le mémoire : nous privilégions la présentation des faits contenus dans la presse française par domaine et par ordre chronologique11 de manière plus ou moins succincte, toujours pour éviter un alourdissement de notre mémoire. Dans la mesure du possible, nous tentons d'analyser ou de commenter ces faits, ou de les renforcer à partir de nos propres lectures. Cela peut se faire à partir de notre réflexion, de notre intuition ou en faisant appel à la comparaison des informations. Nous écartons les types d'informations ne possédant que trop peu d'éléments et nous pouvons utiliser Internet pour présenter certains aspects, par exemple les journaux, certains individus ou les organisations régionales ou mondiales.

9 http://www.unhcr.org/refworld/docid/3ae6a80d4.html.

10 À la bibliothèque de la Fondation de Science Politique, les articles conservés sont classés par pays. Nous pouvons donc trouver des articles français ou anglophones sur n'importe quel État, dont les Seychelles.

L'auteur de ce mémoire est un étudiant de Master 2 d'Histoire accompagné à l'Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense ou Paris 10. Il a d'abord passé sa licence à l'Université Paris 4 Paris-Sorbonne (2006-2009) avant de faire un master 1 d'Histoire à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2009-2010). Il s'exprime à titre d'individu ayant proposé le sujet de cette étude, effectué des recherches sur ce sujet sous la direction du professeur Ludovic TOURNÈS et souhaitant présenter aux lecteurs, qu'ils soient étudiants, chercheurs ou simples curieux, le résultat de deux ans d'investigations. Pendant ces deux années de recherches, l'auteur s'est efforcé d'étudier les Seychelles de France-Albert RENÉ en se basant sur des sources françaises. Au fil des recherches, le sujet a évolué, passant de la dictature de France-Albert RENÉ d'après les Français jusqu'à notre étude actuelle, en passant par la vision des diplomates français sur son régime autoritaire sous la forme d'une approche. Nous affirmons que l'étudiant ayant déposé ce mémoire en son nom et sous la direction du professeur TOURNÈS est bel et bien l'auteur de ce mémoire : les propos et opinions émis sont propres à leur auteur, ils ne sont issus d'aucune autre personne et il y a eu un attachement particulier à ne faire aucun plagiat et en signalant la source des citations qui sont reprises.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, c'est-à-dire étudier les relations entre la France et les Seychelles sous le président RENÉ d'après les journaux français, il est primordial d'adopter un regard panoramique pour mieux comprendre la politique étrangère de la France aux Seychelles dans l'ensemble de cette politique en Afrique et dans l'océan Indien. Ce sera

donc notre chapitre préliminaire. Après ce chapitre introductif, nous aborderons notre sujet d'étude. Plutôt que de commencer par les relations franco-seychelloises, il serait préférable d'étudier d'abord l'ensemble des journaux qui ont couvert les Seychelles et ses relations avec la France. L'ensemble des chapitres sur ce point constituera donc notre première partie. La première question que nous pourrons nous poser est la suivante : qui a couvert les Seychelles et donc les relations franco-seychelloises ? Ce sera notre premier chapitre. Si la presse française nous donne sa vision des relations franco-seychelloise, comment décrit-elle les Seychelles à ses lecteurs et, en même temps, que faut-il voir sur les Seychelles de RENÉ pouvant avoir une incidence sur les relations entre l'archipel et la France ? Nous pouvons donc faire un chapitre sur la description des Seychelles par la presse française. Ensuite, quelle place les relations franco-seychelloises tiennent-elles dans la presse française et comment sont répartis les types d'informations et en quelle quantité ? Il est donc nécessaire de faire une présentation des articles de notre corpus sur les relations franco-seychelloises. Ce chapitre nous permettra de faire la transition entre la présentation de la presse française ayant couverte les relations franco-seychelloises et l'étude de ces liens à partir de ce type de source. Nous distinguons deux types de relations bilatérales : les relations diplomatiques et politiques entre deux États et la coopération entre ces nations. Cela nous donne deux parties distinctes. Nous commencerons donc par la plus importante et la plus évidente des deux : les relations diplomatiques et politiques. Il vaut mieux commencer par étudier les aspects les plus importants. Avant d'étudier ses différents aspects, il est important de connaître d'abord ses acteurs : ce sera donc le premier chapitre de cette partie. Les visites diplomatiques est l'un des aspects les plus évidents des relations diplomatiques : ils constitueront dès lors le deuxième chapitre. La qualité des relations est également un aspect important, mais moins que les acteurs ou les déplacements : nous l'étudierons alors en guise de troisième chapitre de cette partie. La Réunion est un territoire ayant une place très importante dans l'océan Indien et c'est le voisin des Seychelles : il est indispensable de consacrer un chapitre là-dessus et de placer ce dernier parmi les chapitres les plus importants derrière les acteurs, les visites et la qualité des relations franco-seychelloises. Ensuite, nous avons des informations moins importantes sur la France dans la politique seychelloise et inversement, et sa politique des droits de l'Homme et de la démocratisation dans l'archipel, ainsi que sur les relations entre les deux pays à travers des organisations et sommets internationaux. Les liens entre la France et les Seychelles à travers des organisations comme la Francophonie ont une place importante. Mais le chapitre est d'ordre plus panoramique. L'implication de la France dans les affaires seychelloises ou inversement et la politique française des droits de l'Homme aux Seychelles peuvent être liées aux quatre premiers chapitre de la deuxième partie dans la mesure où les relations franco-seychelloises restent ciblées en France ou dans l'archipel. Donc, nous étudierons d'abord l'implication de la France aux Seychelles et inversement, puis la diplomatie des droits de l'Homme puisque c'est lié au chapitre précédent, et enfin les relations franco-seychelloises à travers les sommets ou organisations internationaux. Enfin, la coopération franco-seychelloise pourra servir de dernière partie de notre étude. Les informations contenues dans la presse française nous permettent d'identifier quatre aspects que nous pourrions regrouper en quatre chapitres distincts : la santé, la défense, l'économie et la culture. Dans cette partie, nous commencerons par l'aspect le moins important jusqu'au plus important selon leur place dans la presse et non dans les relations. En effet, si la culture

est censée être l'aspect le plus important des relations franco-seychelloises, on dispose de moins d'information que sur l'économie. Donc, nous étudierons dans cette partie les chapitres dans l'ordre suivant: les relations sanitaires, culturelles, militaires, et enfin économiques et financières.

Notre plan sera donc le suivant. Nous commencerons par une étude préliminaire sur la politique française dans la région des Seychelles. Nous débuterons notre étude en étudiant dans un premier temps la presse française aux Seychelles et dans les relations francoseychelloises. Dans cette partie, nous identifierons et présenterons les acteurs de la presse française afin de percevoir la présentation des Seychelles par celle-ci et étudier la place des relations franco-seychelloises de 1977 à 2004 dans les journaux et magazines français. Ensuite, nous étudierons les relations diplomatiques et politiques entre les deux pays en nous basant principalement sur les articles de presse française. Cette partie sera divisée en sept chapitres: d'abord sur les acteurs des relations franco-seychelloises, puis sur les visites diplomatiques, ensuite la qualité des liens entre la France et les Seychelles, les relations entre la Réunion et les Seychelles, la France aux Seychelles et inversement, la diplomatie française des droits de l'Homme et de la démocratisation dans l'archipel, et les liens entre la France et les Seychelles par le biais d'organisations ou sommets internationaux. Enfin, nous étudierons en guise de troisième partie, la coopération entre les deux pays telle qu'elle est décrite par la presse française. Quatre chapitres couvrant la santé, la culture, la défense militaire et l'économie la diviseront.

Chapitre préliminaire : La diplomatie française dans

la région des Seychelles

Pour mieux comprendre les relations entre la France et les Seychelles de RENÉ, il était indispensable d'adopter un regard panoramique. Nous allons donc recadrer les relations francoseychelloises dans l'ensemble de la politique étrangère de la France dans la région. Les Seychelles sont situées par les chercheurs dans deux zones géographiques : d'un côté l'Afrique, de l'autre l'océan Indien. Deux zones géographiques sont-elles le signe de deux diplomaties différentes ? La politique étrangère de la France aux Seychelles résulte-t-elle d'une politique étrangère unique pour deux zones ou de deux diplomaties distinctes, une pour chaque aire géographique ?

A) La diplomatie française en Afrique

Comme les Seychelles forment un État-archipel africain, il est important de voir comment la diplomatie française se déroule en Afrique et comment elle peut être appliquée aux Seychelles.

Le président de la République française est le principal pilier des relations francoafricaines et est de facto le chef de la Communauté. L'Afrique, surtout francophone, constitue son domaine privilégié, son « pré carré ». DE GAULLE et MITTERRAND sont présentés comme étant les plus africains des présidents français. La personnalisation des liens franco-africains par les présidents français permettent de tisser des liens particuliers avec les dirigeants africains. Le ministre des Affaires étrangères constitue le second pilier. Pourtant, c'est le ministre de la Coopération qui s'occupe particulièrement des affaires africaines en se chargeant de l'Aide et de la Coopération, ce qui provoque des problèmes. Nous avons ensuite les conseillers du président aux Affaires africaines, dits les « messieurs Afrique ». Ils détiennent le rôle important d'interlocuteur entre le président de la République française et les dirigeants africains. Le plus important était Jacques FOCCART, l'homme de la tristement célèbre « Françafrique » et le fondateur des fameux réseaux Foccart. Nous pouvons trouver cet ensemble d'acteurs dans les relations franco-seychelloises (cf. chapitre IV).

Après l'accès des colonies à l'indépendance dès 1960, la France a préservé ses liens avec elles en conservant des instruments spécifiques hérités de la colonisation. La raison est qu'elle a des intérêts économiques, stratégiques et surtout culturels en Afrique. L'influence française permet à la France de justifier son statut de grande nation. La France justifie sa présence en Afrique en se présentant comme la défenseuse d'une Afrique menacée, celle qui apporte son soutien économique à ce continent, ou encore, elle rappelle l'ancienneté des relations franco- africaines. La France tisse des relations plus harmonieuses avec l'Afrique francophone qu'avec les pays maghrébins : elle constitue le coeur des relations franco-africaines. La continuité marque les relations entre la France et l'Afrique francophone. Dès les premières années de l'indépendance, la France a aidé les dirigeants africains à installer et consolider leurs régimes autoritaires à parti unique ou militaires. D'après Jean-François MÉDARD, la « Françafrique »

constitue, avec la Francophonie et la culture un des fondements de l'exception française12. La Francophonie, quant à elle, joue un rôle important dans les relations franco-africaines : elle permet aux acteurs de dépasser les clivages et apprendre à travailler ensemble. Les sommets francoafricains renforcent les liens entre la France et les pays africains grâce aux entretiens en tête-à-tête. Les déplacements diplomatiques renforcent également ces relations et ont une place extrêmement importante en Afrique. La zone Franc, héritage de l'époque coloniale, liait également la France et les pays africains. La France a même réussi à lier ses anciennes colonies à la CEE et s'est efforcée à convaincre ses partenaires européens de leur donner un libre accès au marché communautaire grâce aux Conventions de Lomé. Les Seychelles, en plus d'appartenir à l'Afrique anglophone, appartiennent à l'Afrique francophone, et la Francophonie, les sommets franco-africains et les déplacements diplomatiques jouent un rôle dans les relations francoseychelloises. En revanche, l'archipel n'appartient ni à la « Françafrique » car ce n'est pas une ancienne colonie française directe, ni à la zone Franc car il utilise la roupie comme monnaie.

12 MÉDARD Jean-François, « Les avatars du messianisme français en Afrique », L'Afrique politique 1999, Bordeaux, Centre d'étude d'Afrique noire, 1999, p.17.

La coopération avec l'Afrique est particulière par la nature des relations franco-africaines. Elle sert de prétexte à la France sur son rôle en Afrique et de son statut de puissance mondiale. C'est aussi un héritage de la colonisation. Elle renforce les liens franco-africains et permet à la France d'exercer son influence sur le continent. Elle est sujette à de larges critiques (par exemple, l'affaire des éléphants blancs). Au lieu d'aider véritablement les États africains à se développer, la France détourne la coopération pour assurer la stabilité des régimes et consolider leurs liens avec elle. Le clientélisme se développe en renforce la dépendance des pays africains envers la France. Le Ministère de la Coopération possède des antennes en Afrique et divers organismes d'aide au développement, comme le Fonds d'Aide et de Coopération (FAC) et la Caisse Centrale de Coopération Économique (CCCE) accordent des crédits aux États africains pour les aider dans leur développement. L'Afrique reçoit de la France une aide financière importante : 40 à 50 % de l'aide globale. L'aide à l'Afrique noire augmente au détriment du Maghreb. L'aide à l'Afrique des années 60 a doublé trente ans plus tard. On retrouve ces organismes d'aide au développement aux Seychelles ainsi qu'une assistance financière. Trois domaines sont privilégiés dans les accords franco-africains : les domaines culturel, économique et de la défense. Nous retrouvons particulièrement ces types d'accords dans les relations franco-seychelloises. En outre, la coopération militaire a une place très importante en Afrique. Ses objectifs sont précis et consistent au maintien de la présence française, la défense des intérêts, et l'aide au développement de la défense nationale des pays africains. La coopération militaire s'articule sur les accords de Défense, l'assistance militaire technique (AMT) et la Force d'Action Rapide (FAR). Les accords de Défense sont des accords de coopération dans le domaine militaire. L'AMT fournit du personnel, une aide à la formation, et un soutien logistique. La FAR est le signe le plus évident de la présence française : 62 000 soldats sont implantés dans des bases militaires dans toute l'Afrique. Elle intervient tout particulièrement en cas de troubles et s'avère dès lors relativement importante pour la France car elle cherche à éviter le chaos et la remise en cause des régimes alliés malgré leur nature majoritairement autocratique. Il existe une politique sanitaire de la France en Afrique qui fait alors figure de sinistrée. Pendant deux décennies, la France prétendait aider les jeunes États africains à lutter efficacement contre les grandes épidémies en développant les institutions et les équipements sanitaires alors qu'en réalité sa politique est cloisonnée et mal

définie, d'où la tentative de réorganisation de la stratégie française dans ce domaine dès les années 80 (cf. chapitre XI). La coopération franco-africaine est décentralisée en 1992.

Pourtant, malgré des personnalités politiques et diplomatiques ainsi que des coopérants compétant, la France n'arrive pas à définir une politique étrangère claire, cohérente et sur le long terme en Afrique. Cela provoque l'apparition de problèmes, comme le poids croissant des coopérants français dans les pays africains alors qu'ils devaient former les cadres. Sous DE GAULLE, la diplomatie française en Afrique était conçue comme un combat. Les relations franco-africaines sont inégales. On confond aide et coopération. Après son élection, MITTERRAND a voulu rénover les relations franco-africaines, mais la complexité est telle qu'il a dû y renoncer et revenir à une politique classique. Dans les années 80, les relations économiques entre la France et l'Afrique s'affaiblissent : la France est contrainte d'accepter que ses « clients » fassent des réformes économiques radicales. Mais la France perd ses moyens économiques : elle est donc incapable d'aider l'Afrique à s'en sortir. Elle est même dépassée par l'ampleur des événements qu'elle n'arrive pas à comprendre : écroulement du Bloc de l'Est, fin de la guerre froide et remise en cause des régimes autoritaires africains. C'est pourquoi 1990 constitue une date particulièrement importante. Le président MITTERRAND a donc annoncé à contrecoeur à La Baule que l'aide serait conditionnée par la démocratisation, annonce généralement mal accueillie par ses partenaires africains. Les Seychelles étaient concernées par cette annonce en raison de la nature dictatoriale de son régime politique. L'Afrique s'est engagée sur la voie de la démocratisation mais elle rencontre des problèmes économiques et politiques : elle a donc du mal à changer. Le sommet de La Baule devait permettre à la France de réorienter sa stratégie de politique étrangère en Afrique. On dénonce le manque de coordination, voir l'incohérence des services, la surconcentration de la coopération en Afrique, les modalités de l'Aide et de la coopération. On propose et on applique diverses solutions. Mais comme l'Afrique, la politique étrangère de la France sur ce continent rencontre des difficultés. Pire, la politique et l'influence de la France déclinent et pour cela on s'en prend au Royaume-Uni13. La guerre au Zaïre et le génocide rwandais prouvent que le néocolonialisme français est en crise. Il est donc probable que la diplomatie et la coopération franco-seychelloise sous le régime de France-Albert RENÉ aient souffert et souffrent encore actuellement d'un manque de définition claire et sur le long terme. Il est même possible que tout comme en Afrique, la diplomatie française décline dans l'archipel au profit du Royaume-Uni autrefois si présent dans l'archipel.

13 Le Royaume-Uni est rendu responsable de tous les maux de la France en Afrique par sa culture, sa langue, sa « pensée unique » et sa volonté de supplanter la France sur le continent : c'est le « complot anglo-saxon. SOURCE : Op. cit. MÉDARD Jean-François, « Les avatars du messianisme français en Afrique », L'Afrique politique 1999, Bordeaux, Centre d'étude d'Afrique noire, 1999.

Enfin, nous pouvons voir, d'après Danielle DOMERGUE-CLOAREC, que l'opinion public française se désintéresse des relations franco-africaines et qu'elle est, en outre, mal informée14 : cela indique que ces relations auraient donc une faible place dans la presse française. C'est sans aucun doute le cas pour les relations franco-seychelloises.

D'un point de vue historiographique, voire médiatique, les Seychelles constituent un territoire appartenant à l'océan Indien. Quelle politique la France applique-t-elle dans la région et comment la considère-t-on dans l'archipel ? Pour rester cadré avec notre sujet, nous allons écarter la politique française dans une zone vedette : le Proche et le Moyen-Orient.

La France, tout comme l'ensemble des États européens, s'est intéressée tardivement à l'océan Indien, autrement dit, durant la deuxième moitié du XVIIe siècle15. Nous pouvons citer comme moments marquants de la politique française dans cette région jusqu'à la période qui nous intéresse : la création en 1664 de la Compagnie des Indes orientales, l'installation de comptoirs en Inde et dans les îles Mascareignes - dont la Réunion -, la rivalité avec le Royaume-Uni pour le contrôle de cette région16, ou encore son entreprise coloniale (par exemple la conquête de Madagascar en 1895). Les Seychelles étaient officiellement françaises de 1756 à 1814. L'entreprise coloniale française prend fin avec la décolonisation dans les années 60-70 (par exemple celles des Comores en 1975 et de Djibouti en 1977). La présence française dans l'océan Indien est donc ancienne. Jusqu'en 1967, le Royaume-Uni, puissance coloniale des Seychelles, étaient la principale puissance étrangère dans la région avant de décliner suite à l'annonce de son retrait de l'est du canal de Suez. Ce fut pendant son déclin que les Seychelles ont été décolonisées17. Aujourd'hui le Royaume-Uni ne possède plus dans l'océan Indien que la British Indian Ocean Territory crée en 1965. La France, grâce à ses atouts que nous verrons tout à l'heure, a profité du déclin du Royaume-Uni et du vide qu'il a laissé pour devenir la principale puissance étrangère de l'océan Indien.

14 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995.

15 La France s'est donc intéressée à l'océan Indien plus tardivement que les Portugais, les Anglais ou les Hollandais déjà présents.

16 Rivalité remportée par le Royaume-Uni aux prix de guerres défavorables à la France.

17 L'indépendance a permis aux Seychelles de récupérer les îles Aldabra, Desroches et Farquhar utilisées comme bases par les Britanniques et les Américains. SOURCE : MAZERAN Hélène, L'Océan Indien : un enjeu pour l'Occident, Paris, CHEAM, 1995, p.31.

Dès le retrait britannique du canal de Suez en 1967, l'océan Indien, en particulier le sud-ouest, est devenu un enjeu pour l'Occident, donc pour la France : c'est une importante voie de communication, la route du pétrole. Les pétroliers quittant le Golfe arabo-persique doivent passer par le sud-ouest de l'océan Indien pour traverser le canal du Mozambique, atteindre la route du Cap et se rendre à l'Ouest. La route est longue et les pétroliers peuvent être exposés à de multiples dangers, comme celui d'une rencontre hostile avec un sous-marin. D'après Philippe LEYMARIE, la constitution progressive d'une « barrière socialiste »18 menacerait cette route aux yeux des Occidentaux19. Il est donc indispensable d'assurer la sécurité des pétroliers pendant leur trajet. Les puissances, en particulier les États-Unis et l'URSS, cherchent donc à contrôler cette voie de communication : il y ainsi de grandes rivalités et c'est là un aspect de la guerre froide. À ces puissances nous pouvons ajouter la France. Diego Garcia, Djibouti et la Réunion servent à la surveillance de l'océan Indien. En revanche, la route du pétrole vers l'est, c'est-à-dire en direction du Japon ou encore de l'Australie, est moins vulnérable et les navires passent par le sud du Sri Lanka. Les divers

États du sud-ouest de l'océan Indien sont chacun situés à un emplacement stratégique. Les Seychelles constituent, avec Maurice, un point de passage entre l'est et l'ouest de l'océan. Les pétroliers passent depuis l'est de l'archipel. Les Seychelles attirent donc involontairement les convoitises des grandes puissances. Leur position stratégique les rend vulnérables aux pressions extérieures. C'est pourquoi le régime de RENÉ a rééquilibré ses relations Ouest-Est et est non-aligné, réussissant à préserver un équilibre fragile. Sa position stratégique incite les puissances à assurer la stabilité du régime, d'où l'intervention de la France et de l'URSS après la tentative de coup d'État en 1981. C'est aussi pour cela que les pays non-alignés de l'océan Indien, dont les Seychelles, ont cherché à mettre fin au « processus d'escalade et d'expansion » de la présence militaire des grandes puissances dans l'océan Indien. Ainsi, en 1971, l'ONU adopte le projet de création d'une « zone de paix » dans l'océan Indien démilitarisée. Les États-Unis et la France sont les premiers visés. En fait, l'idée de créer une « zone de paix » est difficile à appliquer et a rencontré des obstacles.

Hélène MAZERAN présente la France comme un soutien économique et un facteur d'équilibre face à la rivalité américano-soviétique20. La France a plusieurs intérêts dans l'océan Indien : ses territoires, c'est-à-dire la Réunion, Mayotte et d'autres îles ; ses fortes relations avec plusieurs pays, surtout ceux du sud-ouest de l'océan Indien, parmi lesquels les Seychelles ; enfin, le rôle stratégique qu'elle tient dans cette partie du monde. Pour défendre ses intérêts, la France est donc très présente militairement dans l'océan Indien, bien que les moyens déployés soient modestes. Grâce à une importante flotte de la « Royale » (nom de la Marine française), et à ses bases à Djibouti, la Réunion et Mayotte, la France est la principale puissance étrangère présente dans la région. La « Royale » est la flotte la plus importante de l'océan : plus de 15 % de son tonnage total, c'est-à-dire 300 000 à 1 million de tonnes se trouvent dans l'océan Indien. Elle a une vocation régionale et a une capacité mondiale. La « Royale » dissuade les agresseurs de pays amis ou de territoires français, projette la puissance de la France et maintient la présence française dans l'océan Indien. Djibouti est la principale base française : elle permet à la France de surveiller l'océan Indien, surtout pendant l'occupation soviétique de l'Afghanistan.

18 Cette barrière socialiste est composée par les Comores de SOILIH, l'Éthiopie de MENGISTU, Madagascar de RATSIRAKA, le Mozambique de MACHEL, la Somalie de SYAD BARRE, la Tanzanie de NYERERE, le Yémen du Sud du FNL et ... les Seychelles de RENÉ.

19 LEYMARIE Philippe, Océan Indien : nouveau coeur du monde, Paris, Éditions Karthala, 1981.

20 MAZERAN Hélène, L'Océan Indien : un enjeu pour l'Occident, Paris, CHEAM, 1995, p.178.

La FAR, présente en Afrique, l'est également dans l'océan Indien. La France pratique deux stratégies : directe, c'est-à-dire protéger ses intérêts par la dissuasion ; et indirecte qui consiste à mettre en place une riposte graduée de toute tentative de grignotage des intérêts français par le déploiement de la FAR. La France est la garante de la sécurité des voies maritimes de l'océan Indien. En dominant le trafic maritime, la France entretient des relations commerciales avec l'ensemble des pays riverains. En tant que principale puissance militaire étrangère présente dans l'océan Indien, la France est mise en cause par les pays qui cherchent à créer une « zone de paix » dans la région. Pourtant, on a accepté de maintenir la présence militaire française « au nom de la paix ». En effet, elle joue un rôle de stabilisatrice et son retrait aurait été profitable à

l'hégémonie d'autres puissances, surtout celle de l'URSS. De plus, la France est une puissance navale moyenne et non hégémonique, elle rassure les pays alliés face à ses agresseurs et évite aux pays riverains d'être confrontés sans cesse à l'URSS : elle attire plus facilement la sympathie des États. Cela permet à la France de jouer son rôle de gendarme de l'océan Indien et d'affirmer son statut de puissance riveraine. Position que l'URSS a vainement tenté de supplanter. Pourtant, il y a des cas de « cohabitation » de navires français et soviétiques, par exemple aux Seychelles.

Les territoires français dans l'océan Indien sont importants : avec une Zone Économique Exclusive (ZEE) de 2,8 millions de km2 (un quart du domaine maritime français) aux multiples ressources, ils font de la France la première puissance maritime du sud-ouest de l'océan Indien. La dissémination de ces territoires et leur superficie posent des problèmes car elles privent des ressources économiques aux pays riverains. La Réunion est la plus importante. C'est « la vitrine de la France » dans l'océan Indien. Elle sert de relais culturel entre la France et l'océan Indien, mais également de base militaire à 2 800 soldats, 8 bâtiments de combats et 5 bâtiments de soutien depuis le départ des troupes françaises de Madagascar en 1973. En réalité, elle est le siège du commandement des Forces Armées de la Zone Sud de l'Océan Indien (FAZSOI). Elle est indispensable à la France. Pourtant, son économie est faible, ce qui pose des problèmes. Dans les années 70 et jusqu'au début des années 80, le statut de la Réunion était contesté par ses voisins, dont les Seychelles, réunis au sein d'une commission ad hoc de l'OUA. Afin que les pays riverains acceptent cette présence française, la France pratique une diplomatie sans exclusive et souple avec eux, accorde de l'importance aux usages locaux et développe de bonnes relations. La diplomatie d'acception de la présence française dans l'océan Indien et d'intégration régionale de la Réunion - décentralisée en 1982 et en plein dynamisme - a porté ses fruits : le 10 janvier 1986, la France intègre la Commission de l'Océan Indien (COI) dont font partie les Seychelles : c'est l'évènement le plus important des années 80 dans l'océan Indien d'après Arnaud de LA GRANGE21. En effet, c'est rare qu'une puissance développée s'associe avec des pays en voie de développement. La Réunion a même pris la présidence de la COI en 1988, en 1992 et en 1996. Mayotte abrite également une base et possède une importance stratégique grâce à son lagon d'une longueur de 150 km. Ayant choisi le rattachement avec la France plutôt qu'avec les Comores - car elle a conscience de ses faiblesses économiques et puisqu'elle préfère le système français à celui des Comores - elle est le sujet du contentieux entre la France et les Comores. Les îles Éparses dans le canal du Mozambique sont revendiquées par Madagascar. La France défend donc ses territoires. Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ne sont nullement remises en cause.

21 LA GRANGE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

Après l'accession à l'indépendance des États du sud-ouest de l'océan Indien, la France a immédiatement établi avec eux des liens étroits. Si ces liens sont aussi étroits, c'est avant tout grâce à une langue et une culture commune : l'ensemble de la région parle français et possède une culture héritée de la colonisation française (par exemple, on continue d'utiliser le code Napoléon comme base de droit à Maurice et aux Seychelles). C'est la culture qui domine la coopération entre la France et les pays du sud-ouest de l'océan Indien. Tout comme en Afrique, la Francophonie permet l'établissement de liens privilégiés avec ces pays, dont les Seychelles. Les liens culturels avec la France se renforcent de plus en plus à Maurice et aux Seychelles. Dans le domaine économique, la France est le principal bailleur de fond et client de la région. Dans le

domaine militaire, il y a des accords d'assistance technique mais jamais de défense. Enfin, la coopération sanitaire dans l'océan Indien est, d'après Claude ROUY, un des meilleurs reflets de la volonté de la France de coopérer avec les États riverains22. Ces relations privilégiées confortent l'importance de la France dans le monde. En dehors des Seychelles, que peut-on dire des liens entre la France et les pays du sud-ouest de l'océan Indien ? Avec Madagascar, les rapports étaient excellents jusqu'en 1972 avec le départ du président malgache Philibert TSIRANANA et l'arrivée au pouvoir des militaires. Sous la dictature socialiste du capitaine de frégate Didier RATSIRAKA (1975-1991), les relations avec la France étaient difficiles sans qu'elles ne soient pour autant mauvaises. Aux Comores, les relations étaient suspendues dès l'arrivée au pouvoir du maoïste révolutionnaire Ali SOILIH (1975-1978). Elles n'ont été rétablies qu'après son assassinat lors d'un putsch des mercenaires dirigés par Bob DENARD. Bien que les relations francocomoriennes soient devenues bonnes, seule la question de Mayotte les oppose. Enfin, à Maurice, ses relations avec la France n'ont eu de cesse de se développer. Elles se sont même considérablement renforcées après la victoire électorale du Mouvement militant mauricien (MMM) en juin 1982. Toutefois, la collaboration privilégiée de la France avec l'Afrique du Sud heurte la sensibilité des États insulaires, dont les Seychelles : confrontée à la remise en cause de sa collaboration avec ces différents pays, la France s'efforce de maintenir sa position traditionnelle dans la région. Sa complaisance avec les individus impliqués dans les entreprises de déstabilisation régionale, comme Bob DENARD, ainsi que la colonisation « utilitaire » ternissent sa diplomatie régionale.

22 ROUY Claude, « La coopération sanitaire française avec les pays de l'océan Indien », Annuaire des pays de l'Océan Indien, Volume VII, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1980, p.35.

23 CAMPREDON Jean-Pierre et SCHWEITZER Jean-Jacques, France, Océan Indien, Mer Rouge, Paris, CHEAM, 1986.

Malgré les apparences, on se rend compte que les résultats de la diplomatie française dans l'Océan Indien ne sont pas très bons. Pour Jean-Pierre CAMPREDON et Jean-Jacques SCHWEITZER, sa politique régionale a connu des semis-succès, voire des échecs23. La raison de ces échecs ? L'insuffisance des moyens financiers, un manque de volonté des coopérants et des entreprises françaises dans la région, ainsi que les obstacles dressés volontairement par les États-Unis et l'URSS en matière d'aide au développement. D'après Hélène MAZERAN, le manque de moyens financiers risque de priver la France de son statut de puissance navale24. Dès les années 90, tout comme en Afrique, la politique étrangère de la France dans l'océan Indien s'affaiblit, et sa grandeur si ancienne dans la région décline. En effet, elle est confrontée à la multiplication de plusieurs puissances concurrentes étendant progressivement leurs influences dans la région : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine, l'Inde ou encore l'Afrique du Sud. En même temps, tout comme en Afrique, les pays de l'océan Indien se démocratisent. Il est considéré que la démocratisation de l'océan Indien est une condition de la paix et de la sécurité internationale Pour pallier la faiblesse de se moyens diplomatiques, la France a cherché à intégrer sa politique régionale dans celle de l'Union européenne. Pourtant, le renforcement de sa coopération avec les pays riverains peut être un atout. Elle pourrait peut-être avoir une présence militaire plus active à l'avenir25 ?

La France pratique deux politiques étrangères quasi distinctes en Afrique et dans l'océan Indien. Néanmoins, elles peuvent se confondre, en particulier dans le sud-ouest de l'océan Indien qui est rattaché au continent africain. L'Afrique et l'océan Indien sont deux zones géographiques importantes aux yeux de la diplomatie française car elles font la grandeur de la France. Sa place, sa politique de collaboration, surtout culturelle, et son influence sont importantes et elle est appréciée des habitants. Elle met en place d'importantes relations diplomatiques avec l'Afrique et l'océan Indien. Dans ces deux régions, surtout dans l'océan Indien, la France a des intérêts qu'elle ne peut pas se permettre de perdre. Mais sa politique n'est pas claire, elle n'a pas assez de moyens, ce qui provoque des difficultés et son déclin. La politique étrangère de la France aux Seychelles depuis son indépendance est le résultat de la combinaison de ces deux diplomaties. Au fil de notre développement, nous retrouverons certains des éléments évoqués dans notre étude sur les relations francoseychelloises pendant le « règne » de France-Albert RENÉ.

24 MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, PUF, 1987.

25 MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

PREMIÈRE PARTIE :

LA PRESSE FRANCAISE AUX SEYCHELLES

ET DANS LES RELATIONS FRANCO-

SEYCHELLOISES

Chapitre I : Les acteurs de la presse française aux

Seychelles de René

Pour étudier les relations franco-seychelloises sous France-Albert RENÉ en utilisant essentiellement comme sources les articles de presse française, il est préférable de commencer par vous présenter les acteurs de la couverture médiatique française dans l'archipel. Quels journaux ou magazines ont publié des articles sur les Seychelles de RENÉ et en même temps sur ses relations avec la France ? Qui sont ses journalistes ? Et à partir d'où suivent-ils les événements dans l'archipel ? Dans le souci d'étudier la vision des relations franco-seychelloises à travers la presse métropolitaine, nous écarterons les journaux d'outre-mer comme Le Quotidien de la Réunion et franco-africains comme Jeune Afrique.

A) Les journaux, magazines et agences de presse

Dans notre corpus, nous avons répertorié plus de vingt journaux ou magazines : Le Monde, Le Point, Les Échos, L'Express, Le Figaro, Le Quotidien de Paris, Le Matin, Libération, La Croix, La Lettre de l'Océan Indien, et encore. Quelques bulletins de deux agences de presse française, l'AFP et News Press y sont inclus. Nous allons vous les présenter.

D'abord, il est jugé préférable de commencer par l'AFP. Sans elle, les journaux français mais également étrangers seraient beaucoup moins renseignés sur l'actualité internationale. Fondée le 20 août 1944 pendant la résistance parisienne, l'Agence France-Presse devient un réseau international de l'information avec l'Agence Press, Bloomberg et Reuteurs. Il obtient un statut spécifique le 10 janvier 1957 : il est indépendant et neutre. En 1971, les dépêches sont transmises par satellites. Elles sont informatisées dès 1973-1975. L'AFP s'investit ensuite dans la photographie, l'infographie et Internet. Aujourd'hui, l'AFP couvre 165 pays grâce à ses 115 bureaux et 50 correspondants et à travers cinq centres régionaux : Washington DC pour l'Amérique du Nord, Hong-Kong pour l'Asie et le Pacifique, Montevideo pour l'Amérique latine,

Nicosie pour le Moyen-Orient, et Paris pour l'Europe et l'Afrique (dont les Seychelles). 2 900 personnes de 80 nationalités différentes employées par l'agence sont réparties à travers tous les pays couverts et six langues de travail sont utilisées (français, anglais, espagnol, allemand, portugais et arabe)26.

26 http://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_France-presse, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

Le Monde est considéré comme étant la référence de la presse francophone dans le monde. Crée en décembre 1944 par Hubert BEUVE-MÉRY par la volonté de Charles de GAULLE de donner à la France un journal de référence, ce « quotidien du soir » a pour particularité d'être daté du lendemain du jour de sa publication - ainsi, sa première édition parait le 18 décembre 1944, daté du 19 décembre -, ce qui lui permet d'être disponible dès midi à Paris et le soir dans les grandes villes de France. Avec 300 000 exemplaires diffusés, Le Monde se trouve pourtant derrière L'Équipe, Ouest France ou 20 minutes en termes de diffusion. Pourtant, il possède une audience quotidienne supérieure avec ses 1.895.000 lecteurs et il est le quotidien français le plus diffusé dans le monde (120 pays). Le Monde possède plusieurs rubriques, comme Le Monde Magazine et il est présent sur Internet depuis 1995. Ses locaux sont restés pendant quarante-quatre ans dans les locaux du Temps dont il en est devenu le propriétaire en 1956. Son siège s'est ensuite déplacé à plusieurs reprises ; actuellement il se trouve au boulevard Auguste-Blanqui depuis 2004. Suites à des difficultés financières dans les années 80 et 90, Le Monde a dû abandonner son statut de SARL pour celui de société anonyme à directoire et conseil de surveillance en 1994. Dans les années 2000, il connaît des crises allant jusqu'à la perte de son indépendance en 201027.

27 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde, consulté le mercredi 13 juillet 2011 ;

http://www.gralon.net/articles/news-et-media/magazines/article-le-journal-le-monde---presentation-ethistoire-2045.htm, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

28 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde_diplomatique, consulté le mardi 23 août 2011.

Le Monde diplomatique est un supplément du Monde fondé en 1954. Surnommé « le Diplo », il était destiné à l'origine aux « cercles diplomatiques et aux grandes organisations internationales ». Bien que Le Monde détienne encore 51 % du capital du Monde diplomatique, ce dernier a pris progressivement son autonomie et il possède actuellement une rédaction et une société d'édition différentes du quotidien. Parmi les sujets traités, nous avons la géopolitique, l'économie, les questions sociales, l'écologie, la culture ou encore les médias. Il peut se montrer favorable envers des personnes controversées, comme Fidel CASTRO ou Hugo CHAVEZ, ou bien se montrer particulièrement critique, à l'égard de la politique israélienne à propos du conflit israélo-palestinien28, par exemple.

Le Figaro est le plus ancien quotidien français encore publié : il a été fondé le 15 janvier 1826, c'est-à-dire sous Charles X. Sa devise utilisée en une est tirée du Mariage de Figaro - d'où le nom du journal - de BEAUMARCHAIS : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ». Petit journal satyrique connaissant le succès puis l'échec, il devient un grand quotidien le 16 novembre 1866, engrangeant ainsi un succès beaucoup plus large. Le journal a su attirer des auteurs illustres comme Alexandre DUMAS et il est l'un des premiers journaux à publier des grands reportages sur place. Le Figaro s'est mêlé dans la vie politique française du XIXe siècle : chute de Charles X, la prise de position contre la Commune ou encore l'Affaire Dreyfus (ZOLA fait publier ses trois premiers articles avant de publier son célèbre « J'accuse » dans L'Aurore).

Entre 1914 et 1918, le journal est privé de son identité mondaine et littéraire suite à l'assassinat de son directeur par Henriette CAILLAUX (14 mars 1914) et par la guerre. Il renoue avec son esprit mondain pendant l'entre-deux-guerres et publie dans les années 30 de grands reportages, par exemple sur la Guerre d'Espagne. Pendant l'Occupation, Le Figaro installé à Lyon, subit une lourde censure avant d'être sabordé le novembre 1942. Il réapparaît en publiant un éditorial de François MAURIAC sur Charles de GAULLE lors de la Libération (25 août 1944). Depuis son rachat par Robert HERSANT en 1975, le journal est dans la tourmente jusqu'à sa prise de contrôle en juin 2004 par le groupe Dassault (GIMD). Malgré des problèmes économiques et financiers, la place actuelle du Figaro dans notre société demeure toujours importante29.

29 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Figaro, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

30 http://fr.wikipedia.org/wiki/La_croix, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

31 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Point, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

La Croix, quotidien catholique appartenant au groupe Bayard Presse, est avec Le Figaro l'un des journaux français les plus anciens à être encore publié : il a été fondé en 1880 sous la forme d'un mensuel par le père Emmanuel d'ALZON. Devenu un quotidien en 1883, La Croix réussit à fédérer les courants catholiques mais s'est montré violemment antidreyfusarde et antisémite. Après la dissolution de la congrégation des assomptionnistes le 25 janvier 1900, La Croix est racheté par Paul FERON-VRAU. Le journal paraît alors sous deux formats : un périodique de petit format destiné au lectorat populaire d'un côté, et de l'autre un grand journal pour un public plus exigeant et plus cultivé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, son siège se déplace à Bordeaux puis à Limoges. Cessant de paraître le 21 juin 1944, il est relancé le 1er février 1945 par le père GABEL qui introduit de nouvelles rubriques. Le 1er février 1956, le crucifix est supprimé de la « une ». Le journal soutient le concile Vatican II (1962-1965). En 1972, La Croix devient La Croix-L'Événement avant de reprendre son nom originel en 1983. En 1995, il connaît une nouvelle impulsion, suivie d'une modernisation en 2006. En 2003, La Croix à fait la une des journaux en licenciant un de ses collaborateurs ayant écrit un livre portant atteinte à la ligne éditorial du journal30.

Le Point est un magazine d'information générale fondée en 1972 par une ancienne équipe de journalistes de L'Express en se basant sur les grands magazines américaines. En trois ans, il a atteint son équilibre financier, puis est devenu largement bénéficiaire. Menacé d'être nationalisé après la victoire de la gauche en 1981, il quitte les éditions Hachette. La société Gaumont rachète le 25 janvier 1982 51 % du capital du Point à Hachette et devient son principal actionnaire. En septembre 1992, la « Générale Occidentale », filiale d'Alcatel-Asthom acquiert 40 % du capital et devient son principal actionnaire en septembre 1993. Un GIE L'Express-Le Point apparaît pour gérer le domaine de la publicité, ce qui constitue une importante source de revenus. Le Point lance sa première édition ciblée le 29 janvier 1994 sur les Grandes écoles et les universités. Son directeur actuel est Étienne GERNELLE depuis décembre 200931.

Les Échos est un quotidien d'information économique et financière fondée en 1908 par les frères SERVAN-SCHREIBER d'abord sous la forme d'un petit mensuel avant de devenir un quotidien vingt ans plus tard. L'ensemble de l'actualité nationale, régionale et internationale ayant des répercussions sur la vie économique et financière est traitée et analysée. Ancienne référence de presse économique, il connaît une interruption pendant l'occupation avant de réapparaître après la Libération sous un format réduit. À cause des tensions au sein de la famille Servan-Schreiber, le journal est vendu aux BEYTOUT en 1963. Le journal connaît alors une modernisation et se développe. Il est racheté en 2007 par le groupe LVMH32.

32 http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Echos, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

33 http://www.gralon.net/articles/news-et-media/magazines/article-l-express---presentation-et-histoire2025.htm, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

34 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Quotidien_de_Paris, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

35 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Matin_de_Paris, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

36 http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ration_(journal), consulté le mercredi 13 juillet 2011.

L'Express, magazine généraliste, est crée par Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER et Françoise GIROUD le 16 mai 1953, d'abord comme supplément des Échos avant de devenir indépendant. Sous l'impulsion de son président SERVAN-SCHREIBER qui accueille des écrivains reconnus tels SARTRE ou CAMUS, L'Express engrange le succès. Pendant les élections législatives de 1955-1956, il est publié quotidiennement. En 1964, il change de formule pour devenir le premier hebdomadaire d'informations français sur le modèle du Time américain. En 1977, il est vendu au financier Jimmy GOLDSMITH. Il appartient ensuite à divers groupes, dont Express-Roularta depuis 200633.

Le Quotidien de Paris, du Groupe Quotidien aujourd'hui disparu, est fondé en 1974 par Philippe TESSON. La survie de ce quotidien généraliste était difficile : sa diffusion modeste était plutôt « élitiste » et ses capacités financières étaient limitées. Il ne réussit à survivre que grâce au succès du Quotidien du Médecin, autre publication du groupe. Mais le 19 juin 1994, ce groupe est placé en liquidation judiciaire. En février 1995, le journal est racheté par Nicolas MIGUET, et le 14 novembre 1996, il cesse définitivement de paraître34.

Le Matin est un quotidien généraliste fondé le 1er mars 1977 par Claude PERDRIEL comme quotidien du Nouvel Observateur. Les liens entre ces deux médias étaient financiers. Des journalistes du Nouvel Observateur collaboraient même avec ce journal. S'inscrivant dans une logique plus politique que commerciale, Le Matin soutient les socialistes, surtout à travers la multiplication des suppléments. Son agonie commence après la victoire de la gauche en 1981 : sa diffusion d'environ 100 000 exemplaires chute brusquement. En 1987, seuls 50 000 exemplaires sont à peine sortis. Des solutions financières ont été tentées. Le journal finit par disparaître le 6 mai 1987 par liquidation judiciaire35.

Libération est un quotidien généraliste fondé par Jean-Paul SARTRE lui-même, le 18 avril 1973. D'abord extrême-gauche, il est passé à la social-démocratie dans les années 80. Sous SARTRE, le journal encourageait le combat de tous les opprimés et soutenait les travailleurs. Il a subi plusieurs interruptions à cause de nombreuses crises. Il réapparaît trois jours après la victoire de François MITTERRAND à la présidentielle sous la forme d'une nouvelle formule, Libération

2. Sa diffusion ne cesse d'augmenter dans les années 80-90. Lancé le 26 septembre 1994, Libération 3 peine à trouver son lectorat : la nouvelle formule est abandonnée. Depuis 2001, le journal connaît de graves difficultés financières et une baisse de sa diffusion malgré des sursauts36.

La Tribune est un quotidien économique et financier paru pour la première fois le 15 janvier 1985 après avoir été L'Information dans les années 50 puis Le Nouveau Journal en 1970. Sa diffusion n'était pas importante. En 1992, d'importants investissements de relance sont lancés par le groupe Expansion, mais ce dernier a du céder La Tribune à l'homme d'affaires libanais Georges GHOSN, puis à LVHM. En 1999, des changements se sont déroulés et La Tribune se lance davantage sur Internet. Fin 2006, le quotidien change de formule. En novembre 2007, il est vendu à News Participations. En 2010, des ajustements sont lancés, permettant une stabilisation de l'audience, voire sa hausse. Le 11 janvier 2011, La Tribune est placée en procédure judiciaire de sauvegarde pour une durée de six mois afin que le quotidien puisse se recapitaliser37.

Quant à La Lettre de l'Océan Indien ou LOI, son cas est particulier. Cet hebdomadaire, crée en 1981, est l'un des journaux les mieux renseignés sur les Seychelles. Bien qu'il soit petit (huit pages), les chercheurs et les spécialistes de l'océan Indien ou des Seychelles, comme Charles CADOUX, le considère comme une référence bibliographique38. En effet, l'hebdomadaire révèle des informations inédites sur les réseaux de pouvoirs politiques et économiques39. L'hebdomadaire peut donc publier plusieurs articles sur un seul pays par exemplaire. Les articles, qui ne sont jamais signés, couvrent essentiellement les pays africains riverains de l'océan Indien et ils sont répartis en trois rubriques : politique et diplomatie, économie et « Who's Who » qui décrit les individus présents dans l'actualité. C'est le groupe Indigo Publications à Paris qui l'édite.

Ensuite, nous avons des presses écrites dont un seul article a pu être identifié et ajouté à notre corpus. Ces presses écrites sont les suivantes :

· Cols bleus, magazine bimensuel de la Marine nationale française, est fondée par Jean RAYNAUD le 23 février 1945. Il est l'organe de liaison de la Marine nationale pour ses unités40.

· Le Canard enchaîné, hebdomadaire satyrique fondé le 10 septembre 1915 en réaction à la censure, à la propagande et au bourrage de crâne pendant la Première Guerre mondiale. Seul journal français politiquement indépendant, et présenté par l'historien Laurent MARTIN comme étant « une forme alternative de presse qui n'a guère d'équivalents en France et dans le monde », il est connu pour dénoncer des scandales politiques et à révéler au grand jour plusieurs affaires, comme l'Affaire STAVISKY (1934)41.

· Le Dauphiné libéré est un quotidien régional paru pour la première fois le 7 septembre 194542.

· Le Nouvel Observateur, familièrement appelé Nouvel Obs, est lancé le 19 novembre 1964 en succédant à France Observateur. Sa capacité a évoluer en fonction de son temps et des moeurs lui a permis de connaître le succès auprès de son lectorat. En 1995, il devient le premier magazine d'actualité français devant L'Express.


· Marine, La Revue Maritime et La Nouvelle Revue Maritime, magazines publiés par des institutions ou associations maritimes43.

· La Revue Défense Nationale, revue mensuelle crée en mai 1939 traitant de tous les domaines se rapportant à la stratégie et à la défense. Ce ne sont pas des journalistes qui rédigent les articles mais des spécialistes de divers domaines allant de la politique à la science44.

· Et enfin, Rouge, hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire paru le 18 septembre 1968 et disparu le 12 février 2009. Fidèle à la ligne communiste, Rouge développe ses informations sur la lutte contre l'oppression et l'exploitation, commente l'actualité internationale et nationale ainsi que les débats de la gauche et de l'extrême-gauche45.

42 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dauphin%C3%A9_lib%C3%A9r%C3%A9, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

43 http://revuemarine.fr/myWordPress/, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

44 http://fr.wikipedia.org/wiki/Revue_d%C3%A9fense_nationale, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

45 http://fr.wikipedia.org/wiki/Rouge_(presse), consulté le mercredi 13 juillet 2011.

B) Les journalistes

Sous la présidence de France-Albert RENÉ, plus d'une quarantaine de journalistes ont suivi les Seychelles. Dans notre corpus, seuls quelques-uns ont rédigé plus de deux articles sur ce pays à cette époque. Qui sont donc ces principaux journalistes qui ont couvert les Seychelles de RENÉ ?

Philippe DECRAENE et Jean-Pierre LANGELLIER, travaillant tous les deux pour Le Monde, ainsi que Philippe LEYMARIE de RFI et du Monde diplomatique, semblent être les journalistes parmi les mieux renseignés sur les Seychelles. Philippe DECRAENE fut le chef de la rubrique Afrique noire au journal Le Monde pendant vingt-cinq ans et le rédacteur en chef de La Revue française d'études politiques africaines. Il a également été président honoraire de l'Académie des sciences d'outre-mer (1972), professeur émérite des Universités à l'INALCO, directeur au CHEAM et enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris, chef de la revue Afrique-Asie et membre du Haut-conseil de la francophonie (1989). Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages sur l'Afrique, parmi lesquels Sénégal (PUF, collection Que sais-je ? 1985) et Onze leçons sur l'Afrique australe (CHEAM, 1995), ainsi qu'un article, « Congo (République »), paru dans l'Encyclopaedia universalis46. Jean-Pierre LANGELLIER est le rédacteur adjoint au Monde. Travaillant pour ce journal depuis plus de trente ans, il a été son correspondant en Afrique Orientale et en Israël, puis chef du service étranger et éditorialiste. Actuellement, il est correspondant au Royaume-Uni, l'ancienne puissance coloniale aux Seychelles. Il est l'auteur de plusieurs livres dont Mauritanie, dans l'Adrar et l'erg Makteir (Les Imagynaires, collection Les Carnets de la Balguère, 2001). Philippe LEYMARIE est journaliste à RFI. Spécialiste des questions africaines, de la marine et de la défense, il assure

des revues de presse et des chroniques à cette chaîne de radio, tout en collaborant en même temps avec Le Monde diplomatique. Il est l'auteur de certains livres dont celui que nous utilisons : Océan indien : le nouveau coeur du monde (Karthala, 1981).

Ensuite, nous pouvons présenter Jacques de BARRIN (Le Monde), Patrice CLAUDE (Le Monde), Jean-Claude POMONTI (Le Monde), Bernard GROLLIER (Les Échos et Le Point), Philippe FLANDRIN (La Croix), Anthony MOCKLER (L'Express et Libération) et Pierre HASKI (Libération).

Nous allons tout d'abord présenter les journalistes du Monde en dehors de DECRAENE et LANGELLIER. Jacques de BARRIN, né à Tours le 14 octobre 1938, est actuellement à la retraite. Il a commencé sa carrière de journaliste en entrant au Monde en 1969 en Province, puis en Corse en 1980. Il s'intéressa d'abord aux transports. Ensuite, il a été correspondant en Thaïlande où il couvrit les pays asiatiques, puis au Kenya pour couvrir l'apartheid, surtout la libération de Nelson MANDELA qui l'aurait profondément touché. Revenu à Paris en 1990, il s'occupa des articles sur les pays du Maghreb avant de prendre sa retraite en 199647. Patrice CLAUDE a fait son entrée au Monde en 1980. Devenu correspondant en Afrique australe, en Asie du Sud, en Europe et au Moyen-Orient, il a essentiellement couvert les conflits internationaux tels que ceux qui ont secoué l'Afrique du Sud, l'Angola, le Sri Lanka ou encore l'Afghanistan lors de l'occupation soviétique et la guerre contre les Talibans après les attentats du 11 septembre 2001. En mars 2003, dès le début des frappes anglo-américaines contre l'Irak de Saddam HUSSEIN, il devient correspondant permanent à Bagdad. Devenu spécialiste de l'Irak, il obtient en 2006 le Prix Hachette du grand reportage pour l'un de ses articles sur le pays48. Jean-Claude POMONTI, né en 1940 et ancien étudiant à l'Institut d'études politiques ainsi qu'à l'INALCO, a été le correspondant du Monde à Bangkok (1968-1974) où il a principalement couvert la guerre américaine au Vietnam, ce qui lui a valu le prix Albert-Londres en 1973. Spécialiste de l'Asie du Sud-Est, il est devenu correspondant en Afrique orientale à Nairobi (1974-1979), puis au desk Afrique à Paris (1979-1985) avant de devenir chef adjoint du service étranger en charge de l'Asie (1985-1991), pour redevenir correspondant à Bangkok (1991-2005). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la péninsule indochinoise et sur l'Afrique, tel Un Vietnamien bien tranquille (Équateur, 2006)49.

46 http://www.academieoutremer.fr/academiciens/fiche.php?aId=187, consulté le mercredi 13 juillet 2011 ; http://www.geopolitique-africaine.com/author/philippe-decraene, consulté le mercredi 13 juillet 2011 ; Encyclopaedia universalis, Paris, 2008.

47 http://www.ac-creteil.fr/lecturecollinet/Ple%20infos/mai/ple_ressource_lecture_%C3%A9criture.htm, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

48 http://www.lemonde.fr/proche-orient/porfolio/2010/11/12/nouri-al-maliki-un-homme-autoritaire-qui-

concentre-beaucoup-de-pouvoir_1439241_3218.html, consulté le mercredi 13 juillet 2011 ; http://www.revue21.fr_Patrice-Claude_, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

49 http://www.bibliomonde.com/auteur/jean-claude-pomonti-2098.html, consulté le mercredi 13 juillet 2011 ; http://www.diffusion.lokomodo.fr/Jean-Claude-Pomonti.html, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

Nous nous intéresserons également à Philippe FLANDRIN (La Croix), Bernard GROLLIER (Le Point et Les Échos), Pierre HASKI (Libération) et Anthony MOCKLER (L'Express et Libération). Grand reporter ayant couvert l'Orient, romancier, essayiste et docteur en science politique à la Sorbonne, Philippe FLANDRIN a couvert avec passion l'Orient, en particulier l'Afghanistan où il a effectué plusieurs séjours clandestins, pour plusieurs journaux : La Croix, Actuel, Paris-Match, Le Figaro et la BBC. Il est l'auteur de plusieurs romans et essais parmi lesquels Saqqarah, une vie : entretiens avec Jean-Philippe Lauer (Payot-Rivages, 1992) et Aenigma (Rocher, 2006). Bernard GROLLIER est un journaliste indépendant, ce qui explique pourquoi il a travaillé à la fois pour Le Point et Les Échos en même temps. Depuis 1987, il est « réfugié climatique » à la Réunion. Depuis 1988, il effectue de nombreux reportages à Mayotte tout en restant basé à la Réunion. Il est rédacteur en chef d'Océan Indien Magazine. Il publie des textes pour les éditions Orphie, par exemple dans Scènes de la Réunion vue d'en haut (photographies de Roland BÉNARD). Pierre HASKI, né le 8 avril 1953 à Tunis, et diplômé au Centre de formation des journalistes (CFJ) en 1974, il devient journaliste à AFP la même année et il devient son correspondant en Afrique du Sud (1976-1980). Il entre dans Libération en 1981 d'abord comme responsable de la rubrique Afrique (1981-1988) avant de se charger des relations internationales (1988- 1993). Correspondant à Jérusalem (1993-1995), il devient ensuite chef du service international et rédacteur en chef adjoint en 1995. En 2000, il devient correspondant en Chine où il met à jour son blog « Mon journal de Chine », ce qui lui a valu des démêlés avec les autorités chinoises. Directeur adjoint de la rédaction (2006-2007), il quitte Libération pour devenir le cofondateur du site d'information Rue89 et devenir chroniqueur sur Europe 1. Il est l'auteur de livres principalement sur la Chine, comme Internet et la Chine (Seuil, collection Médiathèque, 2008)50. Né à Monaco en 1946, Anthony MOCKLER, collaborateur au Matin de Paris, fait parti de l'équipe fondatrice de Libération. Homme de télévision et grand reporter à TF1, il a conseillé François de GROSSOUVRE à L'Élysée (1981-1982), réalisé des films dont Les Filières de l'immigration clandestine lui a permis de remporter le prix Italia, produit et dirigé les éditions Montparnasse qu'il a créées. Il est l'auteur de plusieurs livres dont L'Orchestre Noir (Stock, 1978).

Enfin, nous allons traiter de Pierre SOUBIRON. Bien qu'aucun de ses articles ne figurent dans notre corpus, Pierre SOUBIRON peut être ajouté dans notre présentation des principaux journalistes qui ont suivi les Seychelles sous la présidence de RENÉ. Marseillais d'adoption et journaliste au Méridional (Le Méridional fusionne avec Le provençal pour devenir en 1997 La Provence), il a été chef des Infos régionales et a couvert des grands reportages tel que « Cuba pas libre ». En 1972, il devient le fondateur de la Société de relations publiques. Il coproduit des films sous-marins pour FR3 et des reportages pour « la une », dont l'indépendance des Seychelles. Ensuite, pendant dix ans, il assume sa fonction de Consul des Seychelles pour le Sud de la France (cf. Chapitre IV Les acteurs). Auteur de quelques livres, un seul retient notre attention : le roman-fiction, La Poudrière des Seychelles (Denoël, 1992).

50 http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Haski, consulté le mercredi 13 juillet 2011.

Paul CAMBON - à ne pas confondre avec le célèbre diplomate du début du XXe siècle - a travaillé au Quotidien de Paris. Deux de ses articles ont été identifiés et ajoutés dans notre corpus : l'un datant du 22 octobre 1991, l'autre du 17 décembre 1992. Toutefois, nous ne possédons aucune information sur ce journaliste.

Les autres journalistes français n'apparaissent en tant qu'auteur que dans un seul de leur article identifié et ajouté à notre corpus. Ces journalistes sont les suivants, par ordre alphabétique : Roger BIANCHINI (Le Point), Alix DIJOUX (Le Monde), Stéphane DUPONT (Les Échos), Julia FICATIER (La Croix), Laurence FOLLEA (Le Monde), Frédéric FRITSCHER (Le Monde), Gilles GAETNER (L'Express), Xavier HAREL (La Tribune), Jean-Marc KALFLECHE (Le Figaro), Frédéric LAURENT (Libération), Olivier LE BRUN (Le Monde diplomatique), Sixtine LÉON-DUFOUR (Le Figaro), Jean LESIEUR (Le Point), Michel MONNEREAU (Le Monde), Gérard NIRASCOU (Le Figaro), Claude PAVARD (Le Matin), Serge RAFFY (Le Nouvel Observateur), Frank TENAILLE (Rouge), Laurence TOVI (Les Échos) et Daniel VERNET (Le Monde). Certains ne sont pas encore identifiés : Ch. C. (Le Matin), J.-P. C. (Le Monde), Y. C. (Le Matin), J.-M. K. (Quotidien de Paris), J.-Ph. L. (La Tribune) et V. L. (Quotidien de Paris).

C) Les lieux de correspondance

Comme nous avons pu le constater, les pays rapportés dans les journaux sont le plus souvent couverts par des correspondants. Ces derniers suivent la situation des pays depuis leur ville de correspondance, telle Bangkok pour l'Asie du Sud-Est avec Jean-Claude POMONTI. Ces villes ou lieux peuvent également être l'emplacement de travail des envoyés spéciaux. Pour le cas des Seychelles de RENÉ, quels sont ces lieux de correspondance ?

Il arrive souvent que les journalistes écrivent le nom du lieu de leur correspondance. Dans notre corpus, quatre lieux sont cités :

· D'abord, naturellement, Victoria, capitale des Seychelles sur l'île de Mahé. Aucun correspondant n'a été identifié là-bas. Ce sont surtout les correspondants de l'AFP qui envoient des bulletins d'information depuis cette ville, ainsi que les envoyés spéciaux. Quatre envoyés spéciaux ont été identifiés : Jean-Marc KALFLECHE en août 1977, Jacques de BARRIN en décembre 1986, Jacques AMALRIC à l'occasion de la visite du président MITTERRAND aux Seychelles en juin 1990, et Serge RAFFY en mars 1992 au moment du début de la démocratisation des Seychelles.

· Ensuite Nairobi, capitale du Kenya, dans le cadre de la couverture journalistique de l'Afrique orientale. Jean-Pierre LANGELLIER a été correspondant du Monde dans cette ville pendant plus de dix ans, ainsi que Jacques de BARRIN.

· Puis Johannesburg, en Afrique du Sud, pour la zone de l'Afrique australe. Patrice CLAUDE a couvert les Seychelles dans cette ville au début des années 80.


· Enfin, Saint-Denis-de-la-Réunion pour la Réunion et ses environs, dont les Seychelles. Alix DIJOUX a été le correspondant du Monde dans cette ville.

Les Seychelles sont donc suivies par au moins quatre zones de couvertures médiatiques.

Plusieurs journaux ou magazines ont couverts les Seychelles : nous avons pu identifier l'ensemble d'entre eux. Certains sont illustres comme Le Monde, d'autres anciens et appréciés comme Le Figaro, tandis qu'il y en a qui sont plus ou moins spécialisés, comme la LOI. Nous avons pu voir quels journalistes ont couvert les Seychelles, leurs parcours et l'importance qu'ils prennent dans la couverture de la presse française, en particulier les journalistes du Monde. Enfin, en étudiant les articles, nous pouvons voir que les journalistes et/ou les journaux français suivent l'actualité des Seychelles et/ou leurs relations depuis quatre zones géographiques. Néanmoins, il semble que les Seychelles soient de moins en moins suivies en raison de la disparition de certains journaux et magazines. Les difficultés économiques que rencontrent actuellement certains journaux en activité, comme Le Monde, pourraient expliquer l'impossibilité d'accéder à leurs archives et pourraient entraîner la disparition de certains d'entre eux, peut-être même chez les plus illustres.

Chapitre II : Les Seychelles décrites par la presse

française

Il faut garder à l'esprit qu'en dehors des relations franco-seychelloises, la presse française a d'abord et avant tout couvert les Seychelles. C'est le plus souvent dans les articles couvrant divers sujets sur les Seychelles qu'il arrive que des éléments d'informations sur les relations franco-seychelloises y soient intégrés. Depuis 35 ans, la presse française couvre l'actualité seychelloise en tant qu'État indépendant. Bien que ce soit un important pays touristique, les Seychelles ont une place assez faible, voire modeste, dans la presse française (exceptée dans la LOI où elle peut faire la une). Nous allons voir comment la presse française a présenté à ses lecteurs les Seychelles depuis son indépendance jusqu'à la démission de France-Albert RENÉ. Nous pouvons diviser notre étude en deux périodes : celle de l'avant-RENÉ (1976-1977) et celle de la présidence de RENÉ.

A) Les Seychelles de l'indépendance au coup d'État d'après la presse française (1976-1977)

Avant d'étudier la présentation des Seychelles de France-Albert RENÉ, il nous paraît primordial de définir la vision de la presse française de l'archipel durant sa première année d'indépendance dans le but de mieux connaître l'histoire du pays, de voir comment la présidence de James MANCHAM, le premier président des Seychelles, est présentée afin de comprendre les raisons du coup d'État des partisans de RENÉ. Enfin, il s'agira de se demander comment ce putsch et la mise en place du nouveau régime ont été présentés en France ?

1. Les Seychelles de James MANCHAM (1976-1977)

Les Seychelles sont un archipel-État récent. Les 92 îles seychelloises accèdent à l'indépendance le 29 juin 1976 et forment la République des Seychelles. Son premier président de la République était le débonnaire James MANCHAM et son premier chef du gouvernement n'était autre que... France-Albert RENÉ ! La présidence de MANCHAM était éphémère puisqu'elle n'a même pas duré un an. Donc très peu de choses peuvent être dites. Dans notre corpus, nous n'avons que cinq articles - tous originaires du Monde - durant cette période. Par contre, d'autres articles publiés sous RENÉ peuvent compléter la description faite par la presse française des Seychelles de MANCHAM.

principales îles, l'article est d'assez petite taille et il est divisé en quatre petits paragraphes. Le premier décrit la descente symbolique du drapeau britannique pour célébrer l'indépendance seychelloise. Le deuxième décrit la géographie du nouvel État, le nombre de ses habitants et rappelle que les Seychelles étaient britanniques pendant cent-soixante-deux ans. Le troisième présente les nouveaux dirigeants, MANCHAM et RENÉ, et leurs idéologies. Enfin, le dernier paragraphe annonce la présence d'une délégation française conduite par le ministre de la Coopération, Jean de LIPKOWSKI, aux fêtes de l'indépendance et l'annonce d'un futur accord de coopération entre la France et les Seychelles51. Deux jours plus tard, un nouvel article sur l'indépendance, de plus grande taille, apparait sous la plume de l'envoyé spécial du Monde, P.-J. FRANCESCHINI. Le journaliste donne plus de précisions sur le déroulement de cette indépendance. Le journaliste évoque la descente de l'Union Jack sous le chant de God Save the Queen, le défilé militaire et la levée du drapeau seychellois devant le duc de Gloucester, envoyé de la reine pour les célébrations de l'indépendance. La présence de la délégation française est confirmée et un portrait du président MANCHAM est dressé. On évoque les discours de MANCHAM et de RENÉ prononcés en trois langues. Les Seychellois semblent satisfais de l'indépendance sans être enthousiasmés. Ils craignent le danger d'un coup d'État que le RoyaumeUni écartait jusqu'à l'indépendance. Enfin, on apprend que MANCHAM a accepté l'invitation de GISCARD D'ESTAING52.

Les trois articles du Monde qui suivent, décrivent la longue visite privée de MANCHAM en France. D'après Le Monde du 10 juillet, elle a eu lieu du 9 au 17 juillet ! On annonce que le président seychellois devait signer une série d'accords de coopération, qu'il pourrait amender la Constitution pour faire du français une des langues officielles du pays, et qu'il allait assister à la revue navale de Toulon ainsi qu'au défilé militaire du 14 juillet à Paris en compagnie du président GISCARD D'ESTAING. Cet article était de petite taille alors qu'un portrait dressé de MANCHAM, « francophile convaincu », le dépasse en taille53. Le 17 juillet, Le Monde annonce la signature de cette série d'accords par MANCHAM et LIPKOWSKI. Des conventions particulières devaient compléter ces accords en septembre 1977. On voit que les liens entre la France et les Seychelles sont déjà privilégiés d'après MANCHAM. Le 20 juillet, Le Monde annonce le retour de MANCHAM aux Seychelles.

Les articles postérieurs à la présidence de MANCHAM sont peu nombreux. Ils décrivent, par sous-entendus, « l'homme des Britanniques »54 comme passant son temps à rouler en Jaguar blanche en compagnie de jeunes Suédoises55. On présente généralement ce chef d'État débonnaire comme se souciant davantage de ses propres intérêts plutôt que ceux de son pays. Il aurait même cherché, avec l'argent de son ami le prince saoudien milliardaire, Adnan KASHOGI, à transformer l'archipel en un paradis touristique en le livrant aux tour- opérateurs, trafiquants d'armes et investisseurs étrangers, ces derniers contrôlant 90 % de l'économie nationale, provoquant ainsi un grave problème économique et social. À cela on ajoute la rivalité entre MANCHAM et RENÉ : l'un est pro-occidental, l'autre est présenté comme « marxiste »56. Ces raisons, ainsi que la rivalité entre les propriétaires fonciers et les grands commerçants57, conduisent RENÉ et ses partisans à organiser un coup d'État.

51 ANONYME, « Les Seychelles ont accédé à l'indépendance », Le Monde, 30 juin 1976.

52 FRANCESCHINI P.-J., « « Eux au moins, ils ont la manière » », Le Monde, 2 juillet 1976.

53 « Le président de la république des Seychelles en visite privée à Paris, Le Monde, 10 juillet 1976.

54 LAURENT Frédéric, « La route du pétrole passe par les Seychelles », Libération, 13 septembre 1978 ; TENAILLE Frank, « Un coup d'État renverse l'homme des Britanniques », Rouge 6 juin 1977.

55 RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel observateur, 26 mars-1er avril 1992.

56 « Les Russes sur la route du pétrole », Le Nouveau journal, 16 juin 1977.

57 LE BRUN Olivier, « De l'esclavage au socialisme », Le Monde diplomatique, juillet 1982.

2. Le coup d'État et la mise en place du régime de RENÉ

Le coup d'État du 4-5 juin 1977, dit « Libération » par le régime socialiste, porta au pouvoir RENÉ. Deux-cent partisans de RENÉ dirigés par Ogilvy BERLOUIS ont pris le pouvoir pendant que MANCHAM assistait à Londres à la conférence du Commonwealth et institué un « Conseil révolutionnaire »58. Le coup d'État a été consacré par plusieurs journaux français : dans notre corpus, on peut citer Le Monde, Rouge, Le Matin de Paris, Le Nouveau journal et La Croix peu après sa réalisation. D'autres éléments ont été relevés dans des articles postérieurs. Nous allons voir comment ces journaux abordent le putsch, les jours qui ont précédé ce coup de force et de quelle façon le nouveau régime est présenté.

Le journal communiste Rouge, Le Matin de Paris et Le Monde font partie des premiers journaux à annoncer la réalisation du coup d'État le 6 juin. Le Monde publie un autre article le lendemain. Les quatre articles ont presque tous un titre commun qui présentent clairement la situation : « coup d'État aux Seychelles ». Pour Le Matin de Paris, si les Seychelles étaient épargnées par les cyclones, elles ne l'étaient pas par l'instabilité décrite comme une maladie africaine. Le journal rapporte la justification des putschistes : MANCHAM « voulait modifier la Constitution et repousser de cinq ans les élections [de] 1979 » et parce qu'il « voulait devenir un dictateur ». Cette justification est reprise par Le Monde du 7 juin. La véritable raison, d'après la presse française, serait la rivalité entre MANCHAM et RENÉ59. Frank TENAILLE de Rouge, lui, ne présente peu le coup d'État, préférant davantage décrire les Seychelles. Quant à DECRAENE, il décrit MANCHAM, sa présidence qui se résume à de nombreux voyages - il aurait passé plus de temps à l'étranger qu'aux Seychelles -, et à ce qui a conduit au coup d'État. Presque quinze ans plus tard, Serge RAFFY présente les putschistes comme « une poignée de jeunes intellectuels gauchistes, formés dans les séminaires suisses et français [qui] prirent le pouvoir » avec à sa tête RENÉ décrit comme « un jeune avocat fasciné par Fidel CASTRO et par toutes les légendes anticolonialistes »60.

Pour le Figaro, face à moins d'une centaine de policiers aux moyens réduits comme seule force seychelloise, les putschistes n'avaient aucun mal à réussir leur coup61. Ainsi, les points stratégiques furent occupés et le couvre-feu instauré. MANCHAM, désormais déchu, dénonce un complot soviétique à cause de l'emplacement stratégique des Seychelles. Cette thèse est défendue par Le Nouveau journal du 16 juin 1977 qui décrit longuement comment les Soviétiques ont préparé et appuyé le coup d'État. RENÉ prend la tête du régime et

souhaite construire un « socialisme typiquement seychellois ». Les officiers britanniques sont expulsés et les institutions suspendues. Enfin, des élections sont annoncées pour 197962. Le 8 juin, on apprend la composition du gouvernement, on sait également que quatre personnes auraient été tuées pendant le putsch et que les dictateurs AMIN DADA et RATSIRAKA ont largement félicité le nouveau dictateur. À Londres, on s'interrogeait sur la participation des Seychelles à la conférence du Commonwealth. Enfin, RENÉ et la presse soviétique démentent la participation de l'URSS dans le coup d'État63. Dans cet article, Plantu caricature le coup d'État sous la forme d'une tortue seychelloise secouant sa carapace pour se débarrasser des pions représentant les puissances étrangères (cf. annexe n°9). Le 10, Le Monde rapporte que le nouveau régime « ne sera certainement pas marxiste » d'après RENÉ. Le 11 juin, on apprend la création d'une « armée populaire de sécurité »64. Le Royaume-Uni reconnait le nouveau régime le 13 juin65, et la France par l'annonce de la venue du ministre de la Coopération, Robert GALLEY, aux célébrations du premier anniversaire de l'indépendance. Les soldats tanzaniens arrivent aux Seychelles pour encadrer la milice66. La Croix du 22 août 1977 reprend plusieurs éléments déjà évoqués par la presse les jours précédents le coup d'État. L'article estime, plus de deux mois après le coup d'État, qu'il était « encore trop tôt pour connaître l'orientation définitive du nouveau régime ».

58 GUÉBOURG Jean-Louis, Les Seychelles, Paris, Karthala, 2004, p.76.

59 ANONYME, « Les Russes sur la route du pétrole », Le Nouveau journal, 16 juin 1977 ; DECRAENE Philippe, « Coup d'État aux Seychelles », Le Monde, 7 juin 1977.

60 Op. cit. RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel observateur, 26 mars-1er avril 1992.

61 NIRASCOU Gérard, « Aux Seychelles, Karl Marx contre le tourisme », Le Figaro, 5 juin 1978.

62 Op. cit. DECRAENE Philippe, « Coup d'État aux Seychelles », Le Monde, 7 juin 1977.

63 ANONYME, « Le coup d'État aurait fait plusieurs morts, Le Monde, 8 juin 1977.

64 Le Monde, 11 juin 1977.

65 Le Monde, 15 juin 1977.

66 Le Monde, 24 juin 1977.

B) Les Seychelles de René décrite par la presse française

France-Albert RENÉ a longtemps gouverné les Seychelles depuis son indépendance jusqu'à récemment. La presse française a suivi son règne et son pays pendant plus d'un quart de siècle. Comment les Seychelles de 1977 à 2004 sont-elles décrites dans les journaux et magazines français ? Trois aspects de la vie d'un pays vont devoir être étudiés sur les Seychelles : la vie intérieure, les relations extérieures et l'économie.

1. La politique intérieure

Généralement, il n'y a que très peu de chose à dire sur les Seychelles de RENÉ. Ce qu'on retient le plus souvent, c'est l'arrivée au pouvoir de ce dernier, la tentative de coup d'État en 1981, la rébellion militaire de 1982, le rétablissement du multipartisme à la fin de l'année 1991, l'adoption d'une Constitution multipartite et les premières élections présidentielles libres en 1993 et la démission de RENÉ en 2004. Que pouvons-nous dire de la politique intérieure des Seychelles sous RENÉ ? Cf. Indications chronologiques.

Sitôt que RENÉ a mis en place un régime socialiste qui se dit non marxiste, il fait venir des troupes tanzaniennes aux Seychelles. Après le coup d'État des mercenaires aux Comores en 1978, le régime vit dans la crainte d'une même situation aux Seychelles. Ainsi, en mai de la même année, il dénonce une « tentative de complot ». En mars 1979, une nouvelle Constitution, mettant en place le monopartisme, est promulguée et RENÉ est élu président de la République en juin. En octobre, des manifestations estudiantines ont lieu contre l'instauration du National Youth Service (Service Nationale de la Jeunesse ou NYS) et en novembre, une répression s'abat après la dénonciation d'un « complot » par le régime. Le NYS est mis en place en 1981. Novembre 1981 est un mois traumatisant, avec notamment la tentative de coup d'État de mercenaires en provenance d'Afrique du Sud. L'ONU mène alors l'enquête dès décembre. 1982 est, quant à elle, l'année du procès des six mercenaires mais aussi l'année d'une rébellion militaire déclenchée en août. En 1983, des élections législatives se déroulent. En juin, les mercenaires sont amnistiés et expulsés et en décembre, l'agent secret sud-africain Martin DOLINCHEK est libéré. S'en suit une nouvelle crainte du régime après l'intervention américaine à Grenade. Pour 1984, nous pouvons retenir la réélection de RENÉ et sa nomination en tant que secrétaire-général du parti unique, la création du Marketing Board, la réduction du gouvernement à cinq ministres et la réaffirmation du non-alignement des Seychelles. En mai-juin, un « complot » de la Garde nationale est réprimé tandis que le 27 septembre, la question de la démocratie est abordée lors du 6e congrès du parti unique. Enfin, en décembre 1985, le principal opposant de RENÉ, Gérard HOAREAU, est assassiné à Londres. En 1986, la fausse Ambassade de l'Ordre de Malte du mafieux Mario RICCI prend fin le 19 mai, un nouveau gouvernement est formé le 19 septembre et une « tentative de coup d'État » est déjouée. 1987 est l'année des élections législatives et de la célébration avec éclat des dix ans du régime. Mais en 1988, il y a un remaniement ministériel et un nouveau « complot » contre RENÉ. 1989 voit pourtant la réélection de ce dernier. 1990-1991 correspondent à un mouvement démocratique qui aboutit au rétablissement du multipartisme et à la transition démocratique de 1992 à 1993. Fin 1993, un procès intenté à un opposant a un effet boomerang. En novembre 1994, le président de l'Assemblée fait expulser un élu de l'opposition. En 1995, les partis politiques obtiennent un statut similaire à une compagnie commerciale (janvier) et le choix d'un nouveau drapeau a suscité une controverse (juin). En 1996, la loi de l' « Economic Development Act » (EDA) provoque des remous en janvier et en avril, un accord sur les propriétés de l'Église catholique est signé. 1997 voit s'ouvrir le débat sur la citoyenneté et la célébration en grandes pompes du vingtième anniversaire du coup d'État de RENÉ. En 1998, RENÉ est réélu lors d'élections générales, le NYS prend fin et en

octobre, un accrochage se déroule au Parlement. En 2000, un cinquième amendement de la Constitution permet à RENÉ de décider, quand il le souhaite, la date des élections présidentielles afin de prendre de vitesse l'opposition. En 2001, RENÉ est réélu, mais sa réélection est largement contestée. En décembre 2002, les élections législatives se déroulent très violemment. En 2003, le vice-président James MICHEL est désigné comme dauphin de RENÉ (9 mars). Il y a une éphémère normalisation entre RENÉ et l'opposition (mars-juillet) avant que celle-ci soit réprimée par le pouvoir. Enfin, 2004 est l'année où RENÉ abandonne le pouvoir : il démissionne au profit de son dauphin désigné, James Alix Michel, le 14 avril.

2. La politique extérieure

Que dire des relations extérieures ? Comment les journaux français présentent les liens diplomatiques entre les Seychelles de RENÉ et les autres nations en excluant la France ? Nous pouvons avoir une idée assez claire dans ce domaine. En effet, nous disposons, dans notre corpus, d'une centaine d'articles y faisant allusions. La majorité provient de la LOI. Voici ce que nous pouvons voir.

On constate que la presse française donnait l'impression que les Seychelles étaient plus proches des États marxistes que des Occidentaux. Il est donc arrivé qu'on accuse Victoria d'être marxiste et d'être à la solde de Moscou. Pourtant, il s'agit d'une situation beaucoup plus complexe qu'elle en a l'air. Le régime est en réalité non-aligné, chose que RENÉ a affirmée à plusieurs reprises. Des journalistes, comme Jacques de BARRIN, en ont conscience, tels que le prouvent certains articles sur la difficile tentative d'équilibrer des liens avec l'Ouest et l'Est, surtout avec les deux Super-grands. RENÉ a même déclaré au journal Le Point du 7 juin 1987 que s'il lui fallait choisir un camp, ce serait l'Ouest « largement ».

D'abord, on peut constater que les relations soviéto-seychelloises étaient très importantes. Elles sont présentes dans la presse française. Moscou a ouvert une ambassade dans les heures qui ont suivi le coup d'État de RENÉ. Moscou soutient ouvertement Victoria, comme le montre la présence d'une flotte soviétique après le putsch manqué de 1981. L'ambassadeur soviétique, Mikhaïl ORLOV, est décrit comme exerçant une influence sur le régime seychellois et tentant d'amener les Seychelles dans le giron soviétique en créant des tensions. D'après Jacques de BARRIN, l'ambassadeur entretient chez RENÉ l'idée d'un complot permanent contre son régime. L'escale des navires soviétiques est présentée comme plus longue que celle des Occidentaux. Les deux pays ont développé une coopération dans le domaine scientifique et culturelle. Les visites diplomatiques sont citées dès la seconde moitié des années 80, telle la première visite de membres du PCUS en août 1987 et celle, en septembre 1987, de James MICHEL qui est resté trois semaines en URSS pour intensifier la coopération militaire entre les Seychelles et l'URSS. En avril 1991, des parlementaires soviétiques visitent les Seychelles.

Si les relations américano-seychelloises étaient jugées bonnes dès l'arrivée au pouvoir de René, il semble qu'elles se soient détériorées car le régime est progressiste. Le premier ambassadeur américain n'a été nommé qu'en 1982. Certains ambassadeurs américains sont cités. En 1986, elles sont décrites comme étant non chaleureuses, surtout après un « complot » avec le Royaume-Uni et la France. Pourtant, les États-Unis sont satisfaits du non-alignement de Victoria et une aide massive de 2-3 millions $ est apportée aux Seychelles. Jusqu'en 1983 aucun navire américain, ni britannique, ne fait escale aux Seychelles car leurs pays refusent de se plier au règlement de mouillage dans les eaux seychelloises, d'où la recherche d'un compromis. Les États-Unis louent une base d'observation de satellites dont le bail est renouvelé sans cesse jusqu'en 1995. Une coopération militaire existe : des visites de militaires américain sont évoquées. En 1989, les relations se réchauffent : RENÉ accepte de faciliter la marine américaine aux ports seychellois et le 19 juillet, il effectue sa première visite aux États-Unis.

Que peut-on dire des relations avec les régimes progressistes voisins ? Nous pouvons voir que les relations entre les Seychelles et la Tanzanie du socialiste Julius NYERERE étaient très importantes. Dès l'arrivée au pouvoir de RENÉ, l'étroitesse des liens entre les Seychelles et la Tanzanie inquiètent les Occidentaux. La Tanzanie soutient le régime de RENÉ. La présence de troupes tanzaniennes et la coopération militaire sont les aspects les plus évoqués dans ces relations. L'ambassade tanzanienne ne s'ouvre qu'en octobre 1987. D'importants liens entre les Seychelles et Maurice existent. La presse décrit souvent des visites diplomatiques entre ces deux pays. Les liens sont surtout forts idéologiquement avec le Mouvement milicien mauricien (MMM). On constate qu'en 1981, les relations diplomatiques étaient très froides. En novembre 1981, les relations se sont encore détériorées. Elles ne se sont réchauffées qu'après la victoire de la gauche à Maurice le 11 juin 1982, d'où la visite de RENÉ. Des accords de coopération, comme celui de mars 1984, sont évoqués. La première visite d'un Premier ministre mauricien est effectuée les 21-24 septembre 1989 afin de renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays. Le président mozambicain, Samora MACHEL, a effectué sa première visite aux Seychelles les 16-19 avril 1982 pour définir plusieurs secteurs de coopération et par solidarité avec l'archipel. Pour lui, les Seychelles sont « une base arrière sûre pour l'indépendance et les révolutions du continent sud-africain ». Les liens seychello-malgaches sont souvent évoqués sans être véritablement développés. Coopération militaire avec Madagascar et soutient malgache au régime de RENÉ.

Dès l'arrivée au pouvoir de RENÉ, la Chine populaire envoi une vingtaine de représentants. RENÉ voyage à plusieurs reprises en Chine populaire et plus de quatre fois en Corée du Nord. La Chine appuie l'idée seychelloise de démilitariser l'océan Indien. En mars 1988 et en avril 1990, une délégation de chaque pays a visité la Chine puis les Seychelles. Des soldats nord-coréens ont remplacé les troupes tanzaniennes pour entraîner l'armée seychelloise. Ils ont une influence croissante mais sont remplacés à leur tour par les Soviétiques. En outre, Cuba se trouve présent aux Seychelles. On apprend que Giovinella GONTHIER a représenté les Seychelles à Cuba. En 1983, un accord de coopération est signé entre les deux pays même si la visite du vice-président cubain les 17-20 janvier 1983 a provoqué un incident diplomatique avec les États-Unis.

Le Kenya est cité comme une référence seychelloise. Pourtant, Victoria l'accuse souvent d'être impliqué dans des complots, surtout celui de 1978. En janvier 1990, un accord de coopération est signé entre les deux pays. RENÉ visite pour la première fois le Kenya les 11-12 juillet 1990. Des relations avec la Libye sont abordées à certaines reprises. Des visites diplomatiques sont surtout évoquées, comme celle d'Ogilvy BERLOUIS, ministre seychellois de la Jeunesse et de la Défense, à Tripoli et son entretien avec le colonel KADHAFI le 18 avril 1982. Il existe une coopération militaire, intensifiée après le putsch manqué des mercenaires.

Que dire des liens avec l'ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud et l'Inde qui sont influentes ? Les relations sont décrites comme bonnes en 1977. Les visites diplomatiques sont surtout relatées, comme la venue d'une délégation britannique les 7-13 mars 1982, suivi en mai de la visite de Guy SINON au Royaume-Uni. Le dernier article identifié portant sur les visites diplomatiques date du 8 mai 1997. En 1986, avec les ÉtatsUnis et la France, le Royaume-Uni est en crise avec les Seychelles à cause d'un « complot » contre Victoria. On constate que les relations avec l'Afrique du Sud étaient mauvaises à cause du système de l'apartheid, d'où la recherche de nouveaux partenaires pour l'archipel. On peut sentir des tensions entre les deux pays, surtout à cause de l'affaire des mercenaires responsables du coup d'État manqué de novembre 1981. En effet, l'Afrique du Sud ségrégationniste est souvent accusée comme étant complice du putsch manqué. Après l'abolition de l'apartheid, les relations semblent s'être réchauffées, surtout sous la présidence de Nelson MANDELA. D'importants liens existent avec l'Inde. Des visites en Inde sont évoquées à plusieurs reprises. On peut constater que l'Inde devient de plus en plus présente aux Seychelles comme dans tout l'océan Indien. Les relations militaires sont importantes : plusieurs articles de la LOI l'évoquent, par exemple, la participation de la marine indienne pour le sixième anniversaire de l'arrivée au pouvoir de RENÉ. En août 1983, une délégation scientifique indienne est venue aux Seychelles. Un haut-commissariat indien ouvre en octobre 1987. RENÉ a effectué une visite en Inde au moins en 1980 et le 22 avril 1986. En novembre 1988, RENÉ confirme les bonnes relations entre l'Inde et les Seychelles.

La création de la COI en 1982 par Madagascar, Maurice et les Seychelles est évoquée par la LOI. Les trois pays ont signé ensemble un accord commercial commun, et un autre sur une coopération générale en janvier 1984. Le régime a crée en juin 1984 une fausse ambassade de l'Ordre de Malte dirigée par le mafieux Mario RICCI, décrit comme l'éminence grise de RENÉ. L' « ambassade » RICCI prend fin le 1er mai 1987. 1986 est une année importante pour les Seychelles : l'archipel a reçu la visite du pape Jean-Paul II. On constate qu'il arrive que Victoria ferme plusieurs de ses ambassades pour des questions économiques. Dans la rubrique « Who's Who », plusieurs diplomates ou allusions diplomatiques sont cités. Par exemple, Claude MOREL, ambassadeur de Belgique et de l'UE aux Seychelles, ou encore la visite en Chine de James MICHEL les 4-9 mai 1998. D'autres aspects diplomatiques sont présentés, par exemples, le Maroc, la Belgique ou encore Israël.

3. La politique économique

Une vingtaine d'articles évoquent des aspects de la politique économique de RENÉ. Toutefois, c'est la LOI qui nous renseigne le plus sur ce domaine. Dans cet hebdomadaire, les articles sont regroupés dans la rubrique « Économie » : plus de trois cent articles économiques sont estimés ! Que pouvons-nous souligner concernant la politique économique de RENÉ grâce à la presse française ? Il existe de très nombreux aspects, ce qui aurait nécessité une étude largement plus importante : tout ce qui est évoqué ici n'est qu'un petit aperçu global de la politique économique du régime de RENÉ.

La politique économique du régime de RENÉ est celle du développement67. Nous pouvons le voir ainsi dans l'ensemble des articles. D'après Jean-Pierre LANGELLIER, trois domaines sont privilégiés par le nouveau régime : la hausse de la production agricole, le logement pour tous et la réforme de l'éducation68. Plusieurs plans économiques sont dressés, comme celui de 1985-1989 évoqué par la LOI du 12 janvier 1985. Sous RENÉ, qui était aussi ministre de l'Économie et des Finances, l'école et la médecine deviennent gratuites, la sécurité sociale est instaurée, et tous les Seychellois sont logés avec eau et électricité. Une grande partie de l'activité économique - les deux tiers des activités économiques - est contrôlée par le régime qui tente d'établir un système d'économie mixte. On évoque des nationalisations qui seraient, aux yeux de Jacques AMALRIC, souvent peu efficaces.

67 PAVARD Claude, « Un officier sud-africain avoue », Le Matin, 8 décembre 1981.

68 LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » va officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

Les journaux présentent très souvent les Seychelles bénéficiant de l'aide internationale pour l'aider dans son développement, par exemple, pour développer la côte Est de Mahé. Parmi ces aides, nous pouvons citer celles du Japon et de l'Union soviétique, celui-ci faisant souvent des dons, comme celui du carburant. Les Seychelles sont souvent perçues comme étant un paradis fiscal. Dès le début du régime, des réformes agraires sont engagées dès le début du régime socialiste visant à s'approprier des terres mal mises en valeur. Des terres agricoles sont nationalisées. Ainsi, au début des années 80, le régime cherche à relancer la cannelle, une des plus importantes sources économiques de l'archipel. Ensuite, il cherche à la développer, par exemple en construisant une distillerie. On constate aussi une volonté de diversifier l'agriculture. Plusieurs articles en matière de transports, surtout aériens, sont publiés particulièrement dans la LOI. On peut voir qu'au fil du temps, de nouvelles liaisons aériennes se développent. Air Seychelles inaugure son premier vol international le 27 octobre 1983, mais connait des difficultés. On évoque même dans plusieurs articles de la LOI la recherche pétrolière dans la région. En effet, les Seychelles sont présentées comme étant « sur la route du pétrole ».

La pêche et le tourisme sont les principales ressources économiques des Seychelles. La pêche au thon est présentée en 1978 comme étant le grand espoir de l'économie seychelloise. De très nombreux articles traitent de la politique économique de Victoria dans ce domaine. Plusieurs accords de pêche sont signés avec divers États tels que l'URSS. On peut constater que l'industrie thonière se développe très bien. En 1986, 140 000 tonnes de

thons sont pêchés. Les Seychelles sont souvent décrites comme étant un paradis touristique. Si le nouveau régime n'affecte pas le tourisme, on peut voir à certaines reprises qu'il cherche à diversifier l'économie pour que celle-ci n'en soit plus dépendante. Dès 1979, le nombre de touristes diminue avant de revenir à la hausse dès 1984. Et si en 1990 le tourisme continue son accroissement, la pêche au thon, en revanche, diminue. 1991 est considérée comme une mauvaise année pour le tourisme.

L'inflation est faible (4 %) en 1981, mais l'économie subissait un déficit commercial record à cause de la baisse du tourisme depuis 1979. Pour faire face à cela, un plan de redressement puis de relance économique est dressé en 1983. Le déficit commercial baisse en 1984 avant de repartir à la hausse en 1986. En 1985, la LOI s'interroge sur la maîtrise de l'inflation. Les Seychelles connaissent des difficultés économiques à la fin des années 80 : un dossier parait dans la LOI du 2 avril 1988. Un nouveau plan de redressement économique est dressé. Si l'économie seychelloise connait de bons résultats en 1988, deux ans plus tard, « l'avenir économique s'assombrit » comme le titrait la LOI du 13 octobre 1990. Avec la hausse du tourisme (100 000 touristes au début des années 90) et le développement économique présidé par RENÉ, le PNB par habitant passe à 5 000 $ dans les années 80-90, soit plus que le Portugal, contre 1000 $ en 1978. Mais dès 1990, on évoque le problème de la dette qui absorbe plus de 40 % des recettes budgétaires. Entre 1990 et1991, les Seychelles ont perdu 100 millions de dollars de recettes à cause d'un modèle en faillite - marxiste-léniniste - et le poids jugé excessif du secteur public. La gestion centralisatrice « à la soviétique » aurait « ruiné » les Seychelles. Mais les acquis économiques et sociaux ne sont nullement contestés par ses opposants au moment du passage du monopartisme au multipartisme, période où l'économie se libéralise. Cela a permis à René d'être réélu en 1993 lors des premières élections présidentielles libres.

Après la libéralisation du régime, plusieurs articles évoquent des privatisations, par exemple dans l'hôtellerie et l'activité portuaire. Entre 1994 et 2004, la LOI publie de très nombreux articles économiques aux thèmes très variés. Durant cette période, l'hebdomadaire traite le plus souvent de l'hôtellerie, l'offshore, la compagnie Cable &Wireles, l'aviation, la Gold Card, la vente des passeports, la controverse autour de l'EDA, la crise financière, le refus de RENÉ de dévaluer la roupie comme le recommande le FMI, Beachcomber, ou encore la baisse du tourisme dès la fin des années 90.

L'indépendance seychelloise a été assez bien présentée par Le Monde sans être trop détaillée. On a pu voir que la coopération franco-seychelloise a été établie très rapidement et couverte par la presse. Les Seychelles de MANCHAM ne semblent pas suivies dans leur actualité, mais les articles postérieurs à sa présidence nous ont permis de voir que l'archipel rencontrait de graves difficultés, ce qui aurait conduit au coup d'État du 5 juin 1977 portant RENÉ au pouvoir. Ce coup d'État a été relativement bien suivi par la presse, celle-ci nous fournissant de nombreuses informations. Les principaux événements qui ont marqué les Seychelles, comme le putsch de 1981 et la rébellion de 1982, où encore les élections

seychelloises, ont été suivis et la LOI nous fournit de nombreuses informations sur la politique intérieure, mais aussi extérieure et économique de l'archipel. Sur les relations extérieures, on peut voir qu'on avait l'impression que les Seychelles de RENÉ s'alignaient sur les régimes communistes et s'éloignait de l'Occident, alors qu'en réalité il y a un nonalignement, une neutralité et un équilibrage délicat. Enfin, on peut voir que le régime de RENÉ a développé l'économie seychelloise et le niveau de vie des habitants à travers une diversification économique et des réformes sociales, mais qu'il n'a jamais cessé de rencontrer des difficultés, surtout dès les années 90. Donc, bien que les Seychelles soient peu couvertes, nous pouvons avoir une bonne idée de son évolution sous la présidence de France-Albert RENÉ.

Chapitre III : Présentation des articles sur les

relations franco-seychelloises sous René

Cette étude est plus statistique et analytique que n'importe quel chapitre de ce mémoire. Tous les chiffres que nous donnons sont issus de nos propres calculs. Cela nous permet de voir la place de chaque journal dans notre corpus sur les relations entre la France et les Seychelles de France-Albert RENÉ. De quels types d'informations traitent-ils et en quelle quantité ? Quelle place les relations franco-seychelloises tiennent-elles dans la presse française ?

A) Les articles sur les relations franco-seychelloises par rapport aux articles sur les Seychelles de René en général

Nous distinguons deux catégories d'articles de presse écrite française. D'un côté, les articles sur les Seychelles de France-Albert RENÉ dans tous les domaines (politiques intérieure, extérieure, économiques). De l'autre, les articles sur les relations franco-seychelloises pendant le « règne » de « Papa » - terme utilisé pour dire « président » en créole seychellois, très souvent utilisé pour désigner RENÉ - issus de la première catégorie d'articles. Nous avons donc deux corpus que nous désignons respectivement de « corpus n°1 » et « corpus n°2 ». Nous jugeons qu'il est utile de faire une étude comparative pour avoir une idée de la place de la couverture journalistique française des relations franco-seychelloises sous RENÉ dans l'investigation générale de la presse écrite française dans l'archipel à l'époque qui nous intéresse.

D'abord, nous allons étudier les articles composant notre premier corpus avant de le comparer au second (cf. annexes n°1 et 2). Ce premier corpus peut être utilisé dans notre étude pour présenter de façon générale les Seychelles de RENE d'après la presse écrite française ou pour renforcer notre étude sur les relations bilatérales. Plus de 1180 articles de presse française sur les Seychelles de France-Albert RENÉ ont été identifiés. Tous ces articles sont incorporés dans nos sources (cf. « Sources »).

Comme nous pouvons le constater, les articles de la LOI dominent largement le corpus n°1 avec 990 sur plus de 1180. Le Monde, malgré ses 120 articles, n'est que peu de choses comparé à cet hebdomadaire : il couvre 10 % du corpus seulement. Si nous supprimons de ce corpus les articles de la LOI, les statistiques changent radicalement: nous passons de 1180 articles à approximativement 185 articles, donc nous aurions supprimé 84 % des articles de ce corpus. Cela montre que la LOI est un document indispensable pour la recherche sur l'histoire des Seychelles sur plusieurs domaines. Sans la LOI, Le Monde regroupe les deux tiers du corpus. Dans l'annexe n°4 intitulé « Relevés des articles de La Lettre de l'Océan Indien (LOI) » (cf. « Annexes »), nous pouvons voir l'évolution du nombre d'articles de la LOI entre 1981 et 2004. Nous constatons d'abord que les 990 articles ont été publiés sur 24 ans, soit une moyenne de 40

articles par an. En consultant les articles, nous avons remarqué qu'entre 1981 et 1985, il y avait davantage d'articles sur la politique économique seychelloise qu'intérieure ou extérieure. Entre 1982 et 1989, les articles sur les Seychelles deviennent de moins en moins nombreux. Puis, jusqu'en 1993, leur quantité est instable avant de tomber à 26 articles cette année là. Puis, probablement grâce à l'apparition en 1992 d'une nouvelle rubrique intitulé « Who's Who », les articles redeviennent de plus en plus nombreux jusqu'en 1996 avant de chuter légèrement en 1997. Le nombre d'articles devient quasiment stable jusqu'en 2003. En 2004, en raison du départ du pouvoir de RENÉ, il était inévitable que le nombre d'articles sur les Seychelles sous sa présidence s'écroule. Pour Le Monde, nos relevés intégrés dans l'annexe n°3 (cf. « Annexes ») nous donnent les indications suivantes. Avec 120 articles sur 27 ans, cela nous donne une moyenne de quatre articles par an : c'est extrêmement peu. De 18 articles en 1977, nous descendons progressivement jusqu'à atteindre trois articles seulement en 1980. En 1981 et 1982, leur nombre augmente jusqu'à atteindre le pic de 22 en 1982 en raison du coup d'État manqué des mercenaires, leur procès et la mutinerie militaire. Puis leur nombre redescend brutalement à deux articles en 1983. Jusqu'en 2004, leur nombre tourne autour de notre moyenne calculée, c'est-àdire quatre par an. Mais aucun article sur les Seychelles n'a été publié en 1987-1988 et 2003. Donc, bien qu'il soit considéré comme l'un des journaux français les mieux renseignés sur les Seychelles, Le Monde ne couvre pas tant que cela ce micro-État. Quant au reste de nos principales presses écrites françaises, à savoir Le Figaro, La Croix et Libération, tout en incluant Le Matin de Paris, nous constatons qu'ils sont écrasés par la LOI, Le Monde, et le reste des articles de journaux ou de magazines. Cette dernière catégorie regroupe les presses écrites possédant chacune entre un à trois articles qui ont été identifiés puis intégrés dans notre corpus n°1.

Parmi les articles qui composent le corpus n°1, plus de 250 seulement possèdent des éléments concernant les relations franco-seychelloises pendant le « règne » de RENÉ : ils constituent notre second corpus. C'est ce corpus que nous allons particulièrement utiliser dans la suite de notre étude. Ce corpus représente approximativement 21 % des articles composant notre corpus sur les Seychelles, donc un article sur cinq, ce qui est relativement faible.

Comme dans le corpus n°1, la LOI domine largement le corpus n°2. Toutefois, le poids de ses articles sur les autres est moins pesant: de 84 % dans le premier corpus, on passe à 66 %, soit les deux-tiers, de la composition du second corpus. Les autres articles prennent donc plus d'importance, mais cela confirme une nouvelle fois l'importance de l'hebdomadaire dans la recherche sur l'histoire des Seychelles à partir de 1981. Sans lui, notre vision sur les relations franco-seychelloises serait beaucoup plus réduite. Bien que les articles de la LOI couvrent une large partie du corpus n°2, en revanche, ils ne représentent que 17 % des articles du même journal intégrés dans le corpus n°1 : l'hebdomadaire accorde donc une faible place aux relations francoseychelloises. Nous pouvons le justifier par la place accordée par la LOI aux affaires intérieures et économiques des Seychelles, ainsi que des relations de l'archipel avec les autres pays comme l'Inde par exemple. Le Monde prend davantage d'importance par rapport au corpus n°1 : de 10 %, nous passons au double. Ses articles évoquant les relations franco-seychelloises sous France-Albert RENÉ couvrent 42 % des articles sur les Seychelles sous la férule de cet homme : Le Monde accorde plus d'importance que la LOI sur ces relations. Il y a des périodes où tous les articles publiés par Le Monde contiennent des informations sur les relations franco-seychelloises : en 1986, 1990, 1994, 1996, 2000 et 2002. En revanche, on ne trouve aucun élément d'informations sur ces relations dans les articles publiés en 1980, 1983-1985, 1991, 1993, 1999,

2001 et 2004 : neuf ans sur vingt-huit en comptant l'année du coup d'État des partisans de
RENÉ ! Quant au Figaro, La Croix, Libération et Le Matin de Paris, ils semblent être moins
écrasés par la LOI, Le Monde et le reste des presses écrites françaises contrairement au corpus

n°1.

À présent, il est utile de présenter les articles de notre corpus contenant des informations sur les relations franco-seychelloises en matière de diplomatie et de politique.

B) Présentation des articles sur les relations franco-seychelloises

Dans cette partie, nous écartons les éléments comportant des informations sur la coopération franco-seychelloise afin de nous intéresser aux articles évoquant les relations diplomatiques et politiques sur plusieurs formes. Nous allons d'abord évoquer les relations franco-seychelloises dans la LOI et Le Monde. Nous préférons éviter d'évoquer le mieux que possible les articles portant sur la coopération bilatérale dans un souci de les présenter dans une partie à part. Ces articles seront traités ultérieurement.

De 1981 à 2004, plus de 165 articles de la LOI, soit 7 articles par an en moyenne, contiennent des éléments sur les relations franco-seychelloises sous la présidence de France-Albert RENÉ. Ces articles connaissent leur apogée entre 1981 et 1987 en couvrant approximativement 23 % (70 sur 306 dont un pic de 19 articles en 1982) des articles de l'hebdomadaire. Après 1987, les articles sur les relations franco-seychelloises couvrent en moyenne près de 15 % des articles de la LOI par an. De 1981 à 1985, les articles provenant de la rubrique économie étaient plus nombreux que le reste. Nous constations grâce à l'annexe n°4 que le nombre d'articles sur les relations franco-seychelloises est quasiment stable, avoisinant effectivement la moyenne de 7 articles par an. En publiant 50 articles sur les relations francoseychelloises, Le Monde fait paraître en moyenne deux articles par an seulement. Son pic a été atteint en 1978 avec 8 articles (cf. annexe n°3). Contrairement à la LOI, la courbe concernant le nombre d'articles sur les relations franco-seychelloises sous RENÉ n'est pas stable. Leur nombre chute entre 1978 et 1980, suivant celui des articles sur les Seychelles de RENÉ en général, avant de remonter entre 1981 et 1982 pour chuter l'année suivante. De 1983 à 1993, la courbe est quasiment stable : durant cette période, entre un et trois articles, voir aucun, sont paru. Puis, dès 1994, leur nombre augmente avant de tomber en 1997 et d'être de nouveau quasiment stable jusqu'en 2004. En dehors de la LOI et du Monde, nous avons 45 articles, donc 18 % du corpus

n°2.

Que peut-on dire sur les articles contenant des informations sur les relations diplomatiques et politiques entre la France et les Seychelles de RENÉ ? En justifiant notre plan d'étude, nous avons distingué sept groupes d'articles que nous pouvons assimiler à des aspects des relations diplomatiques et politiques : les acteurs des relations franco-seychelloises, les visites diplomatiques, l'état des relations, les relations entre la Réunion et les Seychelles, ce que nous appelons « l'imbrication des États », la politique française des droits de l'Homme aux Seychelles, et enfin les relations par le biais des sommets internationaux (cf. la légende de l'annexe n°5).

Les plus importants d'entre eux sont sans doute les suivants : les acteurs, les visites, l'état des relations et les liens seychello-réunionnaises. Près de 80 articles, soit un tiers de notre corpus n°2, possèdent des informations sur des personnalités ayant joué un rôle plus ou moins important (ministres, diplomates, et encore) : nous avons une bonne idée de l'identité de l'ensemble de ces protagonistes, même si beaucoup d'entre eux ne sont cités qu'une seule fois. Nous avons autant d'informations sur les personnalités françaises que seychelloises (cf. chapitre IV). Ce sont surtout la LOI et Le Monde qui nous renseignent le plus : la LOI couvre plus de la moitié des articles sur ces personnes tandis que Le Monde, lui, le quart. Sur les visites diplomatiques, plus de 50 articles - le cinquième des articles sur les relations diplomatiques et politiques - évoquent une visite effectuée par une personnalité française ou seychelloise. Les visites diplomatiques est l'un des aspects les plus évidents des relations bilatérales, peut-être même l'un des plus importants. Bien que tous ces déplacements ne soient pas cités par la presse écrite française, nous pouvons avoir une bonne idée de leurs déroulements, que ce soit du côté français ou seychellois. La LOI couvre 56 % tandis que Le Monde et le reste concernent respectivement 22 %. L'état des relations francoseychelloises sous France-Albert RENÉ est également important. La presse française semble l'avoir cerné puisque plus de 50 articles - autrement dit le cinquième des articles - ont été recensés puis incorporés dans notre corpus. 43 % des articles sur ce sujet proviennent de la LOI tandis que 35 % viennent du Monde : ainsi, à eux deux ils couvrent 78 % des articles sur l'état des relations franco-seychelloises. Nous pouvons avoir une assez bonne idée quant à la qualité des relations franco-seychelloises sous RENÉ à travers l'étroitesse et la nature amicale de ces liens, ainsi que l'image donnée de ces relations par le biais de la coopération et la solidarité. Il ne faut pas oublier d'inclure les divers éléments qui ont empoisonné ces relations. Quant à la Réunion, parce qu'elle a une place importante à la fois dans la géopolitique et les relations diplomatiques dans l'océan Indien et qu'elle est indispensable pour la France dans la région, il nous a semblé naturel de lui donner un rôle conséquent dans les relations franco-seychelloises, et donc, dans notre étude. Or, la presse française et les journalistes ne l'évoquent que peu et semblent s'intéresser à d'autres sujets d'information sur les Seychelles de RENÉ ou sur les relations francoseychelloises sous la présidence de cet homme : plus de 15 articles seulement - à peine 6 % des articles sur les relations diplomatiques et politiques -, composé aux trois quart des articles provenant de la LOI, ont été identifié et incorporé à notre corpus. Le Monde semble trop peu renseigné. Bien que nous puissions avoir une idée des liens entre ces îles, en particulier à travers la coopération, la presse française ne nous donne pas assez d'information dans les autres domaines, en particulier diplomatique, ce qui est fort regrettable en raison de l'importance de la Réunion.

En dehors de ces sujets d'études que nous considérons comme étant les aspects les plus conséquents ou les plus évidents des relations franco-seychelloises sous le président France-Albert RENÉ, nous avons « l'imbrication des États », la politique française des droits de l'Homme aux Seychelles, et enfin les liens franco-seychellois à travers les sommets internationaux. L'imbrication des États représente approximativement 13 % des informations sur les relations diplomatiques et politiques entre la France et les Seychelles de France-Albert RENÉ. Nous remarquons que contrairement aux autres chapitres, la LOI n'est pas le journal le mieux informé, ne couvrant que 22 % des articles sur ce domaine. Le Monde fait mieux en couvrant le quart des articles, mais il est largement battu par le reste des journaux et magazines français, ces derniers étant présents dans 53 % de notre corpus sur « l'imbrication des États ». Sur la politique française de la promotion de la démocratie et de la défense des droits de l'Homme aux Seychelles,

en excluant les informations sur les aspects dictatoriaux du régime de France-Albert RENÉ, c'est la LOI qui nous fournit largement les informations à 78 % contre un seul article pour Le Monde69 et environ 18 articles pour le reste. Ces articles couvrent environ 7 % des articles sur les relations diplomatiques et politiques entre les deux pays. Quant aux articles traitant de l'entretien des relations franco-seychelloises par le biais des sommets internationaux, ils représentent également près de 7 %. C'est principalement la LOI qui nous donne des renseignements sur les relations franco-seychelloises à travers la Francophonie par exemple en assurant 65 % des articles. Le Monde et le reste regroupent à eux deux que quelques articles seulement.

69 Celui de Jacques AMALRIC intitulé « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde » et publié dans l'édition du 13 juin 1990.

Concernant les relations diplomatiques et politiques, nous pouvons donc compter majoritairement sur la LOI. Le Monde, journal pourtant primordial dans la presse française, semble présenter des faiblesses quant au niveau de ses informations.

C) Présentation des articles sur la coopération bilatérale

La coopération bilatérale est différente de la diplomatie ou de la politique étrangère consistant à entretenir, maintenir et affermir les liens unissant deux pays. Elle se distingue par la volonté des deux États à coopérer dans l'objectif d'aider le pays bénéficiaire d'un renforcement de son développement par le transfert de moyens lui permettant surtout un décollage économique.

Nous estimons que les articles contenant des informations sur la coopération bilatérale couvrent entre la moitié et les deux tiers de notre corpus sur les relations franco-seychelloises pendant la présidence de France-Albert RENÉ. Généralement, la LOI domine largement les articles dans les différents thèmes de notre étude sur la coopération bilatérale. Il n'y a que le secteur militaire où Le Monde rattrape la LOI. Dans nos échantillons, nous trouvons quatre secteurs : la santé, la culture, la défense et l'économie (cf. « Sommaire »), ce qui correspond aux domaines les plus importants d'une coopération bilatérale effectuée entre deux États. Nous n'avons trouvé que trop peu d'article décrivant une coopération dans le domaine technique, énergétique ou encore environnemental : nous ne pouvons pas les utiliser dans notre étude. D'après l'annexe n°6 (cf. « Annexes »), la santé est le secteur de la coopération francoseychelloise le moins développé par la presse française : il ne couvre que 5 % des articles seulement. Les relations culturelles sont davantage traitées par la presse française en couvrant 10 % des articles sur la coopération franco-seychelloise. Si la culture est présentée comme étant plus importante que le domaine militaire, celui-ci est davantage décrit par la presse en couvrant 20 % des articles. Enfin, nous constatons que la coopération économique et financière dépasse largement tous les secteurs réunis : 65 % des articles sur la coopération bilatérale. Donc, la presse privilégie les relations économiques et financières au reste.

Dans le domaine de la santé, il n'y a que très peu de choses à dire. On ne peut pas le diviser en plusieurs secteurs : la santé peut être présentée sous un seul et unique aspect. On trouve essentiellement des accords sur la coopération, le financement et le développement de la santé

entre la France et les Seychelles, voire entre l'archipel et la Réunion. Les articles proviennent majoritairement de la LOI : cinq articles contre deux du Monde. La coopération culturelle peut être plus variée. Les articles peuvent être regroupés dans trois domaines : la culture en général70, les médias et la télévision, l'éducation et la langue. Dans l'annexe n°7 (cf. « Annexes »), on peut voir que la répartition des articles de ces trois domaines est presque parfaitement équilibrée avec sept articles pour les télécommunications et la langue-éducation chacun, et huit pour la culture en générale. Les articles échantillonnés sur la coopération culturelle proviennent à 44 % de la LOI tandis que Le Monde, quant à lui, n'en compte que deux. Dans notre échantillon sur le domaine militaire, on peut diviser les articles en deux catégories pouvant correspondre à deux souschapitres : d'un côté les articles sur les escales et les visites diplomatiques, et de l'autre sur la coopération bilatérale. Chacune de ces sous-parties couvre la moitié de notre échantillon sur le domaine militaire : sur 34 articles, 17 couvrent les escales et les 17 autres la coopération. Nous constatons que la moitié des articles proviennent de la LOI. Les articles du Monde, eux, ne représentent que le tiers. Enfin, nous avons la coopération économique qui est sans nul doute le domaine de coopération le mieux renseigné par la presse française. Si nous sommes en mesure de les présenter avec une certaine précision, c'est parce qu'elles sont très fréquemment présentes dans la LOI et presque toujours dans la rubrique « Économie ». Plus des deux tiers des articles échantillonnés dans ce domaine proviennent de cet hebdomadaire. Le Monde, lui, ne représente pas moins de 5 % de cet échantillonnage. Les articles sur l'économie peuvent être regroupés en cinq secteurs : les relations économiques et financières en général - domaine divisé en trois secteurs, à savoir l'aide financière, les liens économiques et commerciaux, et la dette seychelloise - les transports, l'agro-alimentaire, le tourisme et la pêche. D'après l'annexe n°8 (cf. « Annexes »), ce sont les articles sur l'économie qui sont majoritaires avec 49 articles sur 108, donc 45 % du corpus sur la coopération économique. Dans ce secteur, c'est l'aide financière au développement qui domine avec 26 articles sur 49, donc 53 % des articles, et 24 % du corpus sur les relations économiques. Suivent ensuite les liens économiques et commerciaux avec 17 articles et la dette seychelloise avec 6. Avec 14 articles, les transports couvrent 13 %. Ce sont essentiellement des articles sur le transport aérien. Pour l'agro-alimentaire, c'est 10 % avec ses 11 articles. Comme nous l'avons vu précédemment, le tourisme est la principale ressource économique des Seychelles. La coopération entre la France et les Seychelles de France-Albert RENÉ devait donc être importante. Or, nous constatons que les articles sur la coopération ne couvrent que 9 % seulement de notre corpus sur la coopération économique avec ses 10 articles. Cela ne signifie pas que la coopération franco-seychelloise sur le tourisme aux Seychelles n'était pas importante. Néanmoins nous pouvons constater que la presse ne prête que peu d'attention à ce secteur. Les articles concernent surtout la coopération entre les Seychelles et la Réunion, et ils sont étroitement liés aux informations sur les transports. Enfin, nous avons la pêche. Comme nous l'avons vu, la pêche au thon a une très grande importance aux yeux du régime de RENÉ car elle permet à la fois de diversifier l'économie longtemps écrasée par le tourisme et parce qu'elle apporte des revenus considérables à l'État seychellois. Avec l'aide financière au développement, elle est le sujet économique le plus traité par la presse française avec 24 articles, donc 22 % du corpus sur les relations économiques entre la France et les Seychelles de RENÉ.

Nous avons pu constater, au fil de cette étude, que les relations franco-seychelloises représentent un cinquième de l'ensemble des articles sur les Seychelles de France-Albert RENÉ. Si les Seychelles possèdent une faible place dans la presse française, celle des relations francoseychelloises l'est encore plus. La LOI a une très grande importance pour l'étude des Seychelles quel que soit le domaine : elle est indispensable pour notre étude sur les relations francoseychelloises sous RENÉ. Sans elle, notre vision serait beaucoup plus restreinte malgré les articles du Monde. Le reste des articles de presse est, certes, utiles mais ils ne sont que peu de choses comparés à ceux de la LOI et du Monde. La presse française semble avoir assez bien couvert dans son ensemble les principaux aspects de ces relations, excepté pour les liens seychello-réunionnais. D'autres aspects sont évoqués mais mériteraient un développement approfondi, comme les relations à travers les sommets franco-africains. Dans le domaine de la coopération bilatérale, les journalistes ou les journaux semblent cibler leurs informations en privilégiant l'économie et la défense au détriment de la culture, ignorant pratiquement d'autres secteurs. Toutefois, il convient d'analyser certains chiffres fournis avec prudence. Ces chiffres sont globaux et de ce fait loin d'être d'une précision sans faille. Les informations se confondent presque toujours dans un même article. Par exemple, dans un article de Philippe DECRAENE publié le 21 juillet 1978 dans Le Monde, nous avons à la fois des informations sur la visite d'un ministre seychellois, l'état des relations à travers les coopérants français et l'ouverture de l'ambassade des Seychelles, l'aide financière de la France, l'aide au développement de la pêche, et encore.

DEUXIÈME PARTIE :

LES RELATIONS DIPLOMATIQUES ET

POLITIQUES FRANCO-SEYCHELLOISES

D'APRÈS LA PRESSE FRANCAISE

Chapitre IV : Des acteurs des relations franco-

seychelloises dans la présence française

Les relations bilatérales sont toujours entretenues par divers acteurs. Ces acteurs sont soient des diplomates, soient des hommes politiques. Les chefs d'État semblent être les plus importants. Le Premier ministre français a un rôle limité car l'Afrique est le « domaine réservé » du président de la République. Il y a les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération, les coopérants et les « Messieurs Afrique » (conseillers du président français sur l'Afrique)71. Nous allons voir quels acteurs sont identifiés par les médias et les journalistes français et de quelles façons chacun d'entre eux sont présentés. Nous écartons les chefs d'entreprise ou d'autres noms moins importants.

71 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p. 47, 82, 96-97, 100 et 105.

A) Les acteurs français

La presse française a retenue davantage de noms français que seychellois. En comptant les trois présidents de la République durant la présidence de RENÉ, nous avons une longue liste de cinquante-cinq noms. Comme ils sont évoqués brièvement sans aucun portrait ou présentation, nous allons vous citer ces personnes qui ont participé aux relations franco-seychelloises.

1. Les hommes politiques

Il semble qu'il n'est pas nécessaire de présenter les présidents de la République française. La raison est que nous, Français, nous connaissons nos présidents au point que ça devient une quasi-évidence. La seule chose que nous pouvons constater, c'est qu'ils ont une forte présence dans les articles échantillonnés : trois articles avec GISCARD D'ESTAING, vingt-deux avec MITTERRAND - le président le plus évoqué - et dix pour CHIRAC en incluant les articles où ce dernier n'était pas encore président.

Sur onze Premiers ministres, quatre sont présents dans nos échantillons en ne comptant pas CHIRAC : Raymond BARRE (1976-1981), Michel ROCCARD (1988-1991), Lionel JOSPIN (1997-2002) et Jean-Pierre RAFFARIN (2002-2005). BARRE est cité dans deux articles de notre corpus72. ROCCARD et RAFFARIN ne sont cités qu'une seule fois dans nos échantillons73. Lionel JOSPIN a d'abord été cité en tant que secrétaire-général du parti socialiste74 (1981-1988). Puis il a été évoqué dans quatre articles, tous en rapport avec l'aide au développement des Seychelles75. Dans la LOI du 30 août 1986, Jacques FOCCART, le premier « Monsieur Afrique », a été présenté comme Premier ministre par erreur et sous le nom de « Jacques FOCCARD ».

72 BOURGEOIS Claude, « Le président des Seychelles à Paris », Le Dauphiné libéré, 13 septembre 1978 ; DECRAENE Philippe, « La visite du président des Seychelles », Le Monde, 13 septembre 1978.

73 « France-Albert René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juillet 1988 ; « Jean-Pierre Raffarin répond à Graham Watson », La Lettre de l'Océan Indien, 17 janvier 2004.

74 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 1er mai 1982.

75 DUPONT Stéphane, « Jospin - la disparition du ministère du ministère de la Coopération préservera l'aide française », Les Échos, 5 février 1998 ; HAREL Xavier, « Jospin veut accroître l'aide au développement », La Tribune, 15 février 2002 ; TOVI Laurence, « Jospin se flatte d'avoir enrayé la baisse de l'aide française », Les Échos, 15 février 2002 ; LÉON-DUFOUR Sixtine, « Querelle sur l'aide au développement », Le Figaro, 18 février 2002.

76 DECRAENE Philippe, « La visite du président des Seychelles », Le Monde, 13 septembre 1978.

77 « René en visite à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 août 1986.

78 « Le président René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 septembre 1992.

79 « La goutte qui fait déborder le vase », La Lettre de l'Océan Indien, 13 septembre 2003.

80 Le Monde, 24 juin 1977 ; DECRAENE Philippe, « Les dirigeants de Mahé redoutent un éventuel « scénario à la comorienne » », Le Monde, 21 juillet 1978 ; DECRAENE Philippe, « M. France-Albert René est l'hôte du gouvernement français », Le Monde, 12 septembre 1978 ; LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » va officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

81 « Signature d'un accord de coopération », La Lettre de l'Océan Indien, 14 janvier 1984 ; « La France reconnue comme pays riverain », La Lettre de l'Océan Indien, 11 févier 1984 ; « René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 4 mai 1985 ; « Paris remercie Victoria », La Lettre de l'Océan Indien, 1er mars 1986.

82 « Who's Who », La Lettre de l'Océan Indien, 17 février 2001 ; « Josselin fait la leçon à René », La Lettre de l'Océan Indien, 24 février 2001 ; La Lettre de l'Océan Indien, 17 février 2001 ; « À noter : Élysée 11 heures : voeux des forces vives », Le Figaro, 8 janvier 2002.

83 HASKI Pierre, « Seychelles : SOS contre les mercenaires », Libération, 4 décembre 1981 ; « Coopération renforcée avec Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 27 février 1982.

84 « René en visite en France », La Lettre de l'Océan Indien, 30 août 1986 ; « Commerce croissant avec la France », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1988.

85 « France-Albert René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juillet 1988 ; « Protection de l'environnement », La Lettre de l'Océan Indien, 23 décembre 1989.

86 « Le président René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 septembre 1992.

Seuls quatre ministres des Affaires étrangères sur onze sont identifiés, tous dans la LOI : Louis de GUIRINGAUD76 (1976-1978), Jean Bernard RAIMOND77 (1986-1988), Roland DUMAS78 (1984-1986 et 1988-1993) et Dominique de VILLEPIN (2002-2004)79. Tous les deux font chacun une apparition unique. Les ministres des Affaires étrangères sont pourtant très importants en tant que chefs de la diplomatie française. En revanche, les ministres de la Coopération sont davantage présents dans nos échantillons : huit sur quatorze. Cela confirme qu'en Afrique, les ministres de la Coopération prennent plus d'importance que ceux des Affaires étrangères. Parmi ces huit ministres nous avons : Robert GALLEY80 (1976-1981), Christian NUCCI81 (1982-1986) et Charles JOSSELIN82 (1997-2002) qui sont présents dans quatre articles ; Jean-Pierre COT83 (1981-1982), Michel AURILLAC84 (1986-1988) et Jacques PELLETIER85 (1988-1991) qui sont cités à deux reprises ; Marcel DEBARGE (1992-1993) qui n'apparait que dans un seul article86 ; Jacques GODFRAIN, ministre-délégué de la Coopération (1995-1997), qui fait trois apparitions87 ; enfin, le plus évoqué, André WILTZER, d'abord en tant qu'observateur pour des élections, puis à quatre reprises en tant que ministre de la Coopération et de la Francophonie (2002-2004)88.

87 « Axe de coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 21 octobre 1995 ; « Paris modère la critique de l'UE », La Lettre de l'Océan Indien, 27 avril 1996 ; « Le français, la TV et la dette », La Lettre de l'Océan Indien, 21 novembre 1996.

88 « Des observateurs pour les élections », La Lettre de l'Océan Indien, 25 juillet 1992 ; Bulletins de News Press des 1er, 4 octobre 2002 et 13 février 2003 ; « L'Afrique dans le monde », Afrique contemporaine 2/2003 (no 206).

89 Op. cit. HASKI Pierre, « Seychelles : SOS contre les mercenaires », Libération, 4 décembre 1981.

90 Op. cit. DECRAENE Philippe, « La visite du président des Seychelles », Le Monde, 13 septembre 1978.

91 Op. cit. « Axe de coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 21 octobre 1995.

92 « En concurrence avec la Réunion », La Lettre de l'Océan Indien, 24 décembre 1983.

93 La Lettre de l'Océan Indien, 11 janvier 1997.

94 La Lettre de l'Océan Indien, 9 juin 1984.

95 « Visite privée d'un ministre et d'industriels français », La Lettre de l'Océan Indien, 10 novembre 1987.

96 « France-Albert René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juillet 1988 ; La Lettre de l'Océan Indien, 11 mai 1991.

97 « Quatrième Festival Créole », La Lettre de l'Océan Indien, 11 novembre 1989 ; « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990.

98 Op. cit « Axes de coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 21 octobre 1995.

Cinq conseillers aux Affaires africaines sont évoqués par la presse française. D'abord René JOURNIAC, conseiller du président GISCARD D'ESTAING, dans le Libération paru le 13 septembre 1978. Guy PENNE, conseiller du président MITTERRAND (1981-1986) est cité quatre fois dans la LOI et deux articles aux Libération des 27 novembre et 4 décembre 1981. Jean-Christophe MITTERRAND, conseiller sur l'Afrique de son père (1986-1992), surnommé « Papamadi » et particulièrement mêlé aux réseaux de la Françafrique (en particulier dans l'Angolagate), n'est cité que par la LOI du 15 octobre 1988. Et enfin, Michel DUPUCH, conseiller du président CHIRAC (1995-2002) dans un article de la LOI du 21 octobre 1995.

Ceux qui suivent ne sont que des ministres ou autres personnalités politiques. Le ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, Gaston DEFFERRE89 (1981-1984), ceux de l'Environnement, Michel d'ORNANO90 (1978-1981) et Corinne LEPAGE91 (1995-1997), le secrétaire d'État à la Mer Guy LENGAGNE92 (1983-1984), Pierre COULON et Alain AZOUAOU qui dirigeaient la sous-direction d'Afrique australe et de l'océan Indien du Ministère des Affaires étrangères93, et enfin, Danielle MITTERRAND qui représentait la France aux célébrations du 5 juin94, font tous une brève et unique apparition. Deux ministres aux DOM-TOM et deux ministres délégués de la Francophonie apparaissent eux aussi brièvement, tous dans la LOI : Georges LEMOINE95 (1983-1986) et Louis LE PENSEC96 (1988-1993) pour les DOMTOM, Alain DECAUX97 (1988-1991) et Margie SUDRE98 (1995-1997) pour la Francophonie. Enfin, Charles HERNU, ministre de la Défense (1982-1986), est évoqué dans Le Monde du 18 février 1982, la LOI du 6 mars 1982 et Le Matin du 19 août 1982.

2. Les ambassadeurs et les consuls

Les ambassadeurs et les consuls français sont mieux présentés que les politiciens car ils sont mieux décrits par les articles de presse et les journalistes.

Onze ambassadeurs ont représentés la France aux Seychelles de RENÉ : René de CHOISEUL-PRASLIN (1976-1978), Francis DORÉ (1978-1981), Georges VINSON (1981- 1985), MARSAN (1985-1987), Renaud VIGNAL (1987-1989), Jean-Claude BROCHENIN 1989- 1993), Roger BOURDIL (1993-1995), Pierre VIAUX (1995-1996), Marcel SURBIGUET (1996- 2001), Josiane COURATIER (2001-2002) et Claude FAY (2002-2005)99. Sur ces onze ambassadeurs, quatre ne sont cités qu'une seule fois dans la presse française, soit le tiers.

99 http://www.ambafrance-sc.org/spip.php?article6 consulté le 29 avril 2011.

100 LEYMARIE Philippe, Océan Indien : nouveau coeur du monde, Paris, Karthala, 1981.

101 DECRAENE Philippe, « Dans le sillage de la « Royale »... », Le Monde, 6 février 1978.

102 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p.76.

103 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p.125-126.

104 GAETNER Gilles, « Les marionnettes de la République », L'Express, 7 août 2003.

105 C. Ch., « Seychelles : la rébellion matée », Le Matin, 19 août 1982.

106 Op. cit. VERNET Daniel, « La « force tranquille » au service de l'entreprise de France », Le Monde, 11 septembre 1996.

107 « Aide française et américaine », La Lettre de l'Océan Indien, 6 avril 1985.

108 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p.266.

109 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p.298-299, 302.

René de CHOISEUL-PRASLIN est cité par deux articles du Le Monde. Il est aussi évoqué par Philippe LEYMARIE et Pierre SOUBIRON à travers leurs livres. Il est présenté comme étant le « descendant d'une vieille famille coloniale française qui a d'ailleurs donné son nom à une des îles de l'archipel »100. En, effet, l'ambassadeur descendrait du ministre de la marine, PRASLIN. Sa présence illustre la fidélité au passé101. Il aurait été en poste à Cuba puis au Mozambique102. Francis DORÉ est cité dans Le Monde du 21 novembre 1979 et est décrit par Pierre SOUBIRON dans son livre. Il aurait été nommé ambassadeur aux Seychelles par faveur spéciale. C'était sa première ambassade. Celle-ci s'est mal terminée. En effet, il y a eu la crise diplomatique (1979-1981), puis Jacques GARCIN qui saperait les liens francoseychellois, et pour finir, le putsch manqué des mercenaires. Il serait l'ami du ministre FERRARI103. Georges VINSON est l'un des ambassadeurs français le plus décrit dans la presse française. Proche de MITTERRAND104, il serait devenu ambassadeur aux Seychelles en guise de récompense. Sa désignation est perçue aux Seychelles comme un geste de sympathie105. Aux Seychelles, il a laissé le souvenir d'un « grand ambassadeur de la cuisine française »106. Il quitte sa fonction aux Seychelles pour être ambassadeur en Tanzanie107. L'ambassadeur serait un véritable ami pour FERRARI108. Robert MARSAN est cité par la LOI du 6 avril 1985. Il est cité sans être nommé par SOUBIRON à propos de la possibilité que les Seychelles accueillent l'ex-dictateur haïtien DUVALIER alors en France109. Renaud VIGNAL est cité dans la LOI du 6 juin 1987 et dans Le Monde du 9 juin 2001 à l'occasion de sa nomination au Libéria. Né le 18 avril 1943 à Valence, il a été élève à l'ENA. Diplomatedès les années 70, il est nommé ambassadeur aux Seychelles le 6 juin 1987 avant d'être en poste en Roumanie, en Argentine et en Côte d'Ivoire en autres. Jean-Claude BROCHENIN apparaît uniquement dans Le Monde du 4 février 1998. Né le 15 juin 1935 à Crest, élève à l'Ecole nationale de la France d'outre-mer, il a exercé ses fonctions de diplomates dès les années 60. Il devient ambassadeur aux Seychelles de 1989 à 1993 avant d'exercer sa fonction au Ghana. Roger BOURDIL n'est cité que par la LOI du 4 mars 1995. Dans cet article, on apprend que suite à sa mort, Pierre VIAUX allait lui succéder. VIAUX est né le 23 février 1945 à Paris. Ancien élève à l'ENA, Il commence sa carrière d'abord à l'administration centrale avant de devenir diplomate. Ambassadeur aux Seychelles de 1995 à 1996, il quitte ses fonctions pour être directeur des sports au ministère de la jeunesse110. Marcel SURBIGUET, apparaît dans Le Monde du 29 mars 1996 et dans la LOI du 30 mars 1996. Né le 31 janvier 1937, ce

diplômé d'études supérieures de droit public et de sciences politiques et qui a fait sa carrière dans l'administration centrale des Affaires étrangères, a été nommé ambassadeur aux Seychelles le 11 mars 1996. D'après la LOI, ce serait son premier poste d'ambassadeur et également son premier poste à l'étranger. Josiane COURATIER, paraît dans Le Monde le 17 mars 2001 et la LOI du 24 mars 2001. Née le 8 juillet 1948, elle a étudié à l'Institut d'études politiques. Devenue ambassadrice aux Seychelles par décret, elle a exercé sa fonction pendant un an et demi. D'après la LOI du 9 novembre 2002, elle ne s'entendait pas avec le personnel : son rappel par Paris pourrait être une sanction. Enfin, Claude FAY, dernier ambassadeur de France sous RENÉ, voit son portrait dressé uniquement par la LOI dans la rubrique « Who's Who » le 9 novembre 2002. Né en 1945, il a d'abord exercé ses fonctions d'enseignant avant de devenir diplomate dès 1975.

Les consuls ou vice-consuls sont moins bien connus : trois noms seulement ont pu être identifiés. François-Alexandre GUYOT n'est cité que dans Le Monde sur une affaire de corruption. Il était le consul honoraire des Seychelles à la Réunion111 (1980-1986). Pierre SOUBIRON a lui aussi été consul honoraire des Seychelles à Marseille dans les années 80. Il a été nommé consul honoraire des Seychelles à Marseille en décembre 1979112. L'auteur soupçonne son ami FERRARI de l'avoir aidé dans cette nomination113. Dans son livre il évoque plutôt ses voyages aux Seychelles, ses entretiens avec les dirigeants seychellois, son implication à l'hôtel Barbarons menacé par le régime en place. Trois articles de la LOI décrivent SOUBIRON et son livre, La Poudrière des Seychelles, et le procès intenté contre lui par RENÉ et ses ministres. Enfin, le nom de Philippe HENRIET, vice-consul de France, est évoqué par SOUBIRON. HENRIET est décrit comme un vieil habitué des ambassades africaines qui ne serait « pas du genre à pratiquer la langue de bois »114.

3. Les coopérants

Six noms de coopérants français sont évoqués par les médias ou les journalistes français.

François CHAPPELLET, licencié en droit et breveté de l'École nationale de France d'outre-mer né le 2 décembre 1935 à Bourgoin-Jallieu, a été en poste aux Seychelles de 1980 à 1984115comme chef de mission de Coopération116. Jacques CHEVALLEREAU, cité cinq fois dans la presse française, a marquée les relations franco-seychelloises en étant le centre de la crise diplomatique grave qui a secoué les deux pays de 1979 à 1981 (voir chapitre V sur l'état des relations). Il était conseiller technique auprès de la préfecture de police de Victoria117. Après son expulsion, il aurait trouvé refuge à Nîmes118. Jacques GARCIN était l'un des plus proches conseillers de RENÉ. SOUBIRON transforme son nom en « LARCIN » pour les besoins son livre. « Fils d'un président de conseil général », il arriva aux Seychelles en tant que coopérant sous MANCHAM. Puis il est nommé conseiller par RENÉ qui lui confie ensuite souvent des missions spéciales. Il est plutôt mal perçu par l'auteur. D'après ce dernier, il défavorisait la France, d'où la crise diplomatique de 1979-1981. L'auteur laisse entendre que son rappel avec six coopérants serait une manoeuvre pour préserver les liens franco-seychellois119. Ensuite en 1987, sur ordre de RENÉ, il devait dénoncer le « complot » du Quai d'Orsay120. Norbert JACQ était

directeur du département des produits touristiques au Ministère français du tourisme (1986-1987) avant de devenir directeur du tourisme et des transports aux Seychelles (1989-1992) qui fait partie intégrante de la mission de Coopération et d'Action Culturelle121. Christian JOB est présenté comme le chef de la mission de coopération et d'action culturelle aux Seychelles122 (1995-1998). Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1997123. Enfin, Philippe ZELLER apparaît dans Le Monde du 8 octobre 2000 et Le Figaro du 30 août 2001. Né le 3 octobre 1952 à Lyon, ce diplômé du HEC et ancien élève de l'ENA, a été à la tête de la mission de coopération et d'action culturelle aux Seychelles (1984-1986).

115 « Nominations diplomatie : François Chappellet », Le Monde, 3 septembre 1996.

116 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p.173-174.

117 LANGELLIER Jean-Pierre, « L'arrestation d'un assistant technique français risque de jeter la suspicion sur une coopération fructueuse », Le Monde, 21 novembre 1979.

118 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p.302-303.

119 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p. 89, 95, 125.

120 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p. 303.

121 Op. cit. « Protection de l'environnement », La Lettre de l'Océan Indien, 23 décembre 1989.

122 « Who's Who », La Lettre de l'Océan Indien, 20 mai 1995.

123 « Légion d'honneur », Le Monde, 1er avril 1997.

4. Les militaires

Les militaires français jouent un rôle important dans les relations diplomatiques. En particulier entre la France et l'Afrique ou encore avec l'océan Indien. Dans la presse française, seuls deux officiers ont été identifié par la LOI dans la rubrique « Who's Who ». Le premier est le contre-amiral Jacques LANXADE, chef des forces maritimes françaises de l'océan Indien. Il est cité à l'occasion de sa visite aux Seychelles dans l'article publié le 20 septembre 1986. Le second est le capitaine Christian GIRAND, reçu par James MICHEL, commandant en chef des forces armées seychelloises124.

B) Les acteurs seychellois

On constate que les acteurs seychellois sont beaucoup moins nombreux que ceux qui sont cités tout à l'heure du côté français. En incluant RENÉ, dont nous vous dresserons le portrait, nous n'avons que douze noms. Ils représentent donc 15,58 % seulement des individus identifiés125. Nous allons voir qui est retenu par la presse ou les journalistes.

1. France-Albert RENÉ

Nous allons commencer par le plus important de tous : le président de la République des Seychelles, France-Albert RENÉ. Le premier portrait du dirigeant seychellois parait dans Le Monde le 7 juin 1977, deux jours après le coup d'État. Il existe plusieurs articles français où il existe des éléments sur l'homme qui a dirigé les Seychelles pendant presque vingt-sept ans. Pour mieux présenter ce personnage qui mérite notre attention, nous avons pris la décision de compiler les informations et nous tenterons de dresser un portrait unique.

France-Albert RENÉ est un « grand Blanc » (un descendant de colons frnçais) de lointaine ascendance bretonne né en novembre 1935 sur l'île de Mahé. D'abord séminariste, il a étudié au collège Saint-Louis des Frères maristes à Victoria. Puis il s'est rendu en Suisse, puis à Londres. Devenu avocat en 1957, il milite au sein du parti travailliste. Bonhomme, charismatique, modeste, souriant, s'habillant simplement avec une préférence pour les chemises à col ouvert, fuyant les mondanités contrairement à MANCHAM, étroitement à l'écoute de son peuple, ce profond nationaliste soucieux de justice sociale dénonce la misère et l'exploitation. Il revient aux Seychelles quelques années plus tard et exerce sa fonction au barreau de Victoria. Il se lance en politique en fondant le Parti uni du peuple des Seychelles (SPUP) en 1964. En 1970, date où il participe une première fois à la conférence constitutionnelle de Londres, il est élu à l'Assemblée législative et devient chef de l'opposition. Militant activement pour l'indépendance, il participe aux conférences constitutionnelles de Londres de 1975 et 1976. Il devient Premier ministre dès la proclamation de l'indépendance le 29 juin 1976. Presque un an après l'indépendance, il prend le pouvoir par un coup d'État et établit un régime autoritaire de parti unique considéré comme socialiste, progressiste, non-aligné et modéré. Après avoir échappé à un coup d'État en 1981 et à une mutinerie en 1982, il restaure le multipartisme en1991. Il est réélu en 1993, 1998 et en 2001. Le 24 février 2004, à 68 ans, il annonce son intention de quitter le pouvoir lors de son discours annuel devant l'Assemblée nationale et les représentants du corps diplomatique. Il cède officiellement le pouvoir à James MICHEL le 14 avril.

124 La Lettre de l'océan Indien, 7 mai 1988.

125 D'après nos calculs.

Bien que ses adversaires le décrivent comme un vulgaire despote, RENÉ serait plus que cela126. Même Charles CADOUX, spécialiste des îles du sud-ouest de l'océan Indien, s'il leur donne en partie raison à cause du « renforcement du système policier et autres contrôles », il reconnait que le président seychellois est « un pédagogue politique soucieux du devenir économique et social de cette société seychelloise à laquelle il appartient »127. Régulièrement appelé « Papa » (« président » en créole seychellois), RENÉ « représente dans l'océan Indien une volonté d'indépendance qu'il défend envers et contre tous ». Il a combattu l'hégémonie occidentale en jouant un « rôle de premier plan dans les institutions régionales et panafricaines » et milité activement pour la démilitarisation de l'océan Indien. Le modèle social qu'il met en

place attire les capitaux et développe le tourisme. Jugé exemplaire, son système à permis aux Seychellois d'avoir l'un des niveaux de vie les plus élevés d'Afrique128. On peut donc considérer RENÉ à la fois comme un personnage phare de l'océan Indien, une personnalité importante de l'histoire des Seychelles, et un despote éclairé.

126 DECRAENE Philippe, « Coup d'État aux Seychelles », Le Monde, 7 juin 1977 ;DECRAENE Philippe, « Un nationaliste soucieux de justice sociale », Le Monde, 12 septembre 1978 ; « France-Albert René : Une zone de paix pour les Seychelles », La Croix, 13 septembre 1978 ; LAURENT Frédéric, « La route du pétrole passe par les Seychelles », Libération, 13 septembre 1978 ;ANONYME, « France-Albert René, le Papa des Seychelles », Le Monde, 19 août 1982 ; K. L.M., « Le président René, un tropical marxiste très très dangereux », Le Quotidien de Paris, 19 août 1982 ; LESIEUR Jean, « La fièvre des cocos-fesses », Le Point, 23 août 1982 ; FICATIER Julia, « France-Albert René, « papa » réélu aux Seychelles », La Croix, 15 juin 1989 ; MURAT Christine, « Le président quitte son poste après 27 ans de pouvoir », RFI, 15 avril 2004 ; « Le président France-Albert René a été réélu comme président des Seychelles », consulté sur http://www.comoresonline.com/Comores-infosweb/archives/Com46/article7.htm le 23 février 2010.

127 CADOUX Charles, « Seychelles », Encyclopaedia universalis, 2008.

128 Op. cit. DECRAENE Philippe, « Un nationaliste soucieux de justice sociale », Le Monde, 12 septembre 1978 ; op. cit. ANONYME, « France-Albert René, le Papa des Seychelles », Le Monde, 19 août 1982 ; op. cit. LESIEUR Jean, « La fièvre des cocos-fesses », Le Point, 23 août 1982 ; op. cit. FICATIER Julia, « France-Albert René, « papa » réélu aux Seychelles », La Croix, 15 juin 1989 ; ANONYME, « Le président France-Albert René a été réélu, Le Monde, 27 juillet 1993 ;« Le président des Seychelles, au pouvoir depuis 1977, annonce qu'il se retirera en 2004 », AFP, 24 février 2004 ; op. cit. MURAT Christine, « Le président quitte son poste après 27 ans de pouvoir », RFI, 15 avril 2004 ; ROCHELAND Christophe, « James Michel succède à France-Albert René », Témoignages, consulté sur http://www.temoignages.re/james-michel-succede-a-france,3031.html le 19 février 2010 ; « Le président France-Albert René a été réélu comme président des Seychelles », consulté sur http://www.comores-online.com/Comores-infosweb/archives/Com46/article7.htm le 23 février 2010.

129 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p. 88.

2. Les autres acteurs seychellois

Danielle de SAINT-JORRE, épouse de Philippe d'OFFAY129, est vraisemblablement la personnalité qui a le plus marqué la diplomatie seychelloise avec le président RENÉ. D'après le géographe Jean-Louis GUÉBOURG, Mme de SAINT-JORRE « a su affirmer l'image des Seychelles sur la scène internationale et elle s'est imposée comme une interlocutrice appréciée et respectée »130. Elle a étudié dans les universités d'Edimbourg, de Londres et de York. D'abord enseignante, elle devient ensuite secrétaire générale de plusieurs ministères. De 1983 à 1986, elle cumulait les fonctions d'ambassadrice des Seychelles à Paris et à Bonn et de haut-commissaire à Londres131, ainsi qu'au Canada, à Cuba et en URSS132. Après la démission et le départ en exil de FERRARI, elle prend en charge les dossiers des Affaires étrangères d'après la LOI du 30 juin 1984. Dès 1993, elle devient le chef de la diplomatie seychelloise. Atteinte d'un cancer qui l'a extrêmement fatiguée, elle est hospitalisée à Paris pour suivre un traitement médical spécialisée dès la semaine du 11 janvier

1997133. Elle meurt le 25 février. Deux articles français paraissent pour annoncer sa disparition : l'un dans Le Monde le 22 mars, l'autre dans la LOI du 1er mars.

Ensuite, ce sont des ministres, des diplomates ou d'importantes personnalités politiques mêlées aux relations franco-seychelloises. D'abord Ogilvy BERLOUIS, ministre de la Jeunesse et de la Défense. On le trouve brièvement dans trois articles différents. Ensuite, l'un des ministres les plus évoqués, Jérémy BONNELAME, est présent dans dix articles. Secrétaire aux Affaires étrangères, ministre de l'Agriculture et de la Pêche et ministre des Affaires étrangères On le trouve dans Le Figaro du 8 janvier 2002, les trois dépêches recueillies de News Press, et le reste dans la LOI. L'ancien président James MANCHAM apparait six fois dans les articles, surtout sur ses visites en France lors de sa « croisade pour la démocratie » au début des années 90. Callixte d'OFFAY était le directeur des Relations extérieures et ambassadeur en Asie134 et l'ambassadeur en France. Il a été reconfirmé dans ses fonctions d'ambassadeur en 1997 par souci économique135. Il était encore en poste en France en 2003136. Maxime FERRARI, ministre de l'agriculture et des pêches, du développement économique puis ministre des Affaires étrangères, est l'un des plus présents dans nos articles échantillonnés sur les relations. Il présente aux yeux de la France l'image d'un « modéré » au sein du régime seychellois. Cet homme à la barbichette et aux cheveux gris est décrit comme sincère, aimé en Europe - également en France bien évidemment -, rond et ouvert137. Jacques HODOUL ministre du Développement national puis ministre des Affaires étrangères (1979-1982), apparaît quatre fois dans nos échantillons sur les relations franco-seychelloises. La description que donne SOUBIRON de ce personnage ne semble pas fiable, tant il est décrié par l'ex-consul. Il est présenté comme un marxiste pur et dur dans Le Figaro et la LOI. Adil ISKAROS, consul général des Seychelles en France en 1981, est cité une fois par Le Figaro à l'occasion du putsch manqué des mercenaires. James MICHEL est cité dans deux articles sur les relations. Vu son importance - actuel chef de l'État seychellois, nous vous dressons un portrait à partir d'autres articles sans lien avec les relations francoseychelloises. Ministre sous RENÉ depuis le coup d'État de 1977, il est présenté comme l'un des plus fidèles du régime. Il a eu plusieurs fonctions ministérielles avant de devenir viceprésident en 1996. Il était le colistier de RENÉ aux présidentielles de 1998 et 2001. Après la démission de ce dernier en 2004 il est devenu président138. Alain PAYETTE, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères seychellois, est présent dans la LOI 9 novembre 2002. Enfin, Guy SINON, secrétaire-général du SPPF, est présent dans un article de la LOI le 1er mai 1982. Ministre de tutelle de SOUBIRON, il est décrit par ce dernier comme étant un « Noir solide au contact chaleureux ». Il est l'un des animateurs de l'aile la plus progressiste du parti de RENÉ139.

130 GUÉBOURG Jean-Louis, Les Seychelles, Paris, Karthala, 2004.

131 « Disparition : Danielle de Saint-Jorre », Le Monde, 22 mars 1997.

132 La Lettre de l'Océan Indien, 30 juin 1984.

133 La Lettre de l'Océan Indien, 11 janvier 1997.

134 « Relance diplomatique », La Lettre de l'Océan Indien, 6-13 août 1983.

135 « Réorganisation diplomatique », La Lettre de l'Océan Indien, 20 décembre 1997.

136 « La pression européenne monte », La Lettre de l'Océan Indien, 4 octobre 2003.

137 « SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p. 120.

138 Op. cit. « Le président des Seychelles, au pouvoir depuis 1977, annonce qu'il se retirera en 2004 », AFP, 24 février 2004 ; op. cit. « Démission du président des Seychelles, son numéro 2 le remplace », AFP, 14 avril 2004 ; « Transmission du pouvoir en douceur aux Seychelles », Le Monde, 15 avril 2004 ; La Lettre de l'Océan Indien, 7 mai 1988.

139 Op. cit. NIRASCOU Gérard, « Aux Seychelles, Karl Marx contre le tourisme », Le Figaro, 5 juin 1978.

Étudier les acteurs cités par la presse et les journalistes français nous a permis de voir que de nombreux noms, tant français que seychellois, sont cités. Cela nous a aidé à identifier un grand nombre de personnes qui ont joué un rôle dans les relations. Cette identification peut être utile pour de futures recherches sur les relations franco-seychelloises : on peut tenter d'entrer en contact avec eux pour les interroger, à condition qu'ils soient toujours en vie. Si peu de noms seychellois sont cités, il est étonnant de constater le nombre de français cités par la presse. On constate que presque la moitié des personnes citées - trente-quatre personnes sur soixante-dix-sept, c'est-à-dire 44,16 % des personnes identifiées140 - font une unique et brève apparition sans plus de précisions. Les personnes les mieux décrites sont les ambassadeurs et les coopérants français. La presse cite beaucoup d'éléments français, mais peu du côté seychellois. Par exemple, aucun coopérant seychellois en France n'est cité. Peu de portraits sont dressés dans la presse. Pour certains d'entre eux, leurs portraits sont complétés par les livres de LEYMARIE et de SOUBIRON, comme Jacques GARCIN. D'autres sont présents dans aucun article, seulement dans ces livres, comme le vice-consul Philippe HENRIET. Pour les personnages les plus importants, comme RENÉ, il a fallu aller au-delà des articles échantillonnés sur les relations pour mieux connaître et comprendre le personnage. Les acteurs proviennent surtout du journal Le Monde et dans une large mesure de la LOI. Certains noms apparaissent dans la rubrique « Who's Who » de cet hebdomadaire, évoquant brièvement leur actualité. Enfin, ces noms ne représentent pas complètement leurs fonctions. Par exemple, tous les ministres de la coopération, des Affaires étrangères, ou encore les Premiers ministres, ne sont pas évoqués. Beaucoup d'acteurs sont cités, mais ils ne sont pas assez présentés par les médias et les journalistes dans les articles en rapport avec les relations franco-seychelloises.

140 D'après nos calculs.

Chapitre V : Les visites diplomatiques

Les visites diplomatiques ont une place très importante dans nos échantillons, mais aussi dans le fonctionnement de la diplomatie ou de la politique étrangère141. C'est l'un des thèmes les plus traités par la presse française. Il faut savoir que les déplacements d'une personnalité politique font partie du cérémonial politique. Elles reflètent la qualité des relations entre deux pays, surtout entre la France et les pays africains. Il existe trois types de déplacements : la visite officielle, très prisée en Afrique et beaucoup médiatisée car c'est la plus importante ; la visite de travail ou d'entretien ; et les visites privées. Le chef de l'État peut se déplacer avec des ministres ou des conseillers, avec ou sans sa famille. Les ministres peuvent également se déplacer après invitation par leurs homologues. Ces déplacements permettent de mesurer l'étroitesse des liens existants entre les deux pays, pour faire connaître leur position sur telle situation, pour résoudre des problèmes ou encore préparer des accords142. Nous allons maintenant voir comment les visites françaises et seychelloises sont présentées par les articles de presse publiés en France.

141 Ces deux notions sont distinctes mais extrêmement liées.

142 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.34-36.

143 Comme le sujet est trop récent, il est pratiquement impossible de vérifier le nombre exact de visite française aux archives des Affaires étrangères à la Courneuve après 1983.

A) Les visites françaises

La presse française semble avoir assez bien suivi les déplacements effectués par les personnalités politiques françaises. Néanmoins, nous savons pertinemment que ces visites évoquées ne représentent qu'une partie du nombre de visites réellement effectuées par le président de la République, le Premier ministre, un ministre, un conseiller ou une autre personnalité politique française143.

1. La visite de François MITTERRAND

La visite française la plus importante est sans aucun doute celle du président MITTERRAND lors de sa tournée dans le sud-ouest de l'océan Indien. Il n'a effectué qu'une seule visite aux Seychelles. Comment la presse française présente-elle cette visite et ses préparatifs ?

Pour l'édition du 13 mars 1982, la LOI interview le secrétaire général du MMM, Paul BERENGER, de retour des Seychelles. D'après lui, il aurait discuté avec le président RENÉ d'une visite prochaine du président MITTERRAND dans l'océan Indien - elle constitue une des phrases clés de l'article, d'où le titre de ce dernier, « Une visite de MITTERRAND ? ». D'après l'homme politique mauricien, le régime seychellois et un éventuel gouvernement MMM-PSM issu des élections mauriciennes allaient organiser une tournée du président français dans la région si elle n'était pas concrétisée avant ces élections144. Pourtant, nous savons que si cette coalition a vu le jour après les législatives du 11 juin 1982, la tournée de MITTERRAND n'a jamais eu lieu.

144 « Une visite de Mitterrand ? », La Lettre de l'Océan Indien, 13 mars 1982.

145 « Tournée prochaine de François MITTERRAND », La Lettre de l'Océan Indien, 15 octobre 1988.

146 « Le retour en force du président René », La Lettre de l'Océan Indien, 23 juin 1990.

147 AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

148 D'après nos calculs, sachant qu'une roupie seychelloise coûtait 1,26 franc et 0,19 euro.

Ce n'est que fin 1988 qu'une tournée du président français dans le sud-ouest de l'océan Indien est prévue. C'est la LOI qui l'a annoncée le 15 octobre 1988 en se basant de sources décrites comme bien informées. D'après l'hebdomadaire, cette tournée serait prévue pour 1989, même si aucune date n'a été retenue. L'hebdomadaire fait remarquer que c'est la première fois que le président français allait se rendre dans cette région145. Cette tournée n'a pas eu lieu en 1989 : elle a été reportée à l'année suivante.

Elle a eu lieu du 11 au 15 juin 1990. D'après Jacques AMALRIC, envoyé spécial du Monde à Victoria, l'itinéraire fut le suivant : les Seychelles sont le premier pays visité (11 juin), suivis ensuite de Maurice (12 juin), des Comores (13 juin) et de Madagascar (14-15 juin). D'après la LOI du 23 juin, le régime affiche son unité, après avoir traversé une crise politique, la veille de l'arrivé du chef de l'État français146. AMALRIC traite de la visite de MITTERRAND aux Seychelles dans un article non négligeable de 808 mots publié le 12 juin147. MITTERRAND serait arrivé aux Seychelles dans l'après-midi et participé à un dîner en son honneur. D'après le journaliste, il se serait entretenu avec le président RENÉ sur la « précieuse » collaboration entre la France et les Seychelles. Dans son discours, ce dernier a présenté deux demandes concernant les Jeux de l'océan Indien prévus pour 1993 et la construction d'une bibliothèque nationale à Victoria. L'envoyé spécial remarque qu'il n'utilise plus ses « discours tiers-mondistes purs et durs de jadis » en raison de la chute du bloc communiste. Le climat entourant la visite de MITTERRAND devait être serein puisque les temps paraissaient bien loin, pour AMALRIC, du temps où la France et les Seychelles s'opposaient sur la Réunion. Les réponses aux demandes de RENÉ sont jugées positives sans être trop précises par AMALRIC : le journaliste a compris, et il l'écrit, qu'il ne fallait pas s'attendre à des « miracles » de la part de MITTERRAND. La question de la dette considérable des Seychelles d'1,2 milliard de francs de l'époque - environ 800 millions d'euros, soit plus de 42 millions de roupies seychelloises148 - a été abordé par RENÉ.

MITTERRAND aurait alors présenté les grandes lignes de son futur discours de La Baule où il lie développement et démocratie. AMALRIC sent que des individus allaient être déçus de ce discours puisqu'il ne met pas en garde RENÉ contre l'accroissement de la dette et

ne fait aucune allusion à son régime dictatorial (cf. chapitre VIII « La diplomatie des droits de l'Homme et de la démocratie aux Seychelles de la France », p.). Cette déception semble être prouvée une semaine plus tard comme le présente la LOI du 30 juin. Une maison coloniale traditionnelle située à Anse-aux-Pins, restaurée par les fonds d'aide française, a été incendiée. L'hebdomadaire rapporte que selon certains observateurs et l'opposition, c'était probablement la manifestation d'un geste de protestation anti-français lié au silence de MITTERRAND sur le thème du multipartisme seychellois149.

3. Les visites des ministres de la Coopération et des « Messieurs Afrique »

Normalement, le ministre des Affaires étrangères est, avec le président de la République, l'élément clé de la politique extérieure de la France. Or, ce sont surtout les ministres de la Coopération qui interviennent en Afrique150. C'est fondé pour le cas des Seychelles et dans la presse française sur ce pays. En effet, aucune visite d'un Premier ministre n'a été décelée dans notre corpus. Seules celles effectuées par le ministre de la Coopération ont été évoquées par la presse française. Nous pouvons ajouter les visites des conseillers aux Affaires africaines car ils jouent un rôle important dans la politique française en Afrique.

La première visite d'un ministre de la Coopération sous la présidence de France-Albert RENÉ est celle de Robert GALLEY le 29 juin 1977 à l'occasion du premier anniversaire de l'indépendance des Seychelles. Le Monde a annoncé ce déplacement dans l'édition du 24 juin 1977. Il a effectué une nouvelle visite aux Seychelles vers la mi-novembre 1978. Jean-Pierre LANGELLIER, envoyé spécial du Monde à Victoria, présente ce déplacement sous forme d'un court paragraphe introductif pour mieux présenter France-Albert RENÉ, la situation politique et économique des Seychelles151. D'après le journaliste, GALLEY a achevé sa visite de travail le 13 novembre. Il s'est entretenu avec le président RENÉ sur les différents projets de coopération en cours entre la France et les Seychelles.

149 « La transparence sans le changement », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juin 1990.

150 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.37 et 97.

151 LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » va officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

Entre 1981 et 1982, les visites aux Seychelles du conseiller aux Affaires africaines de MITTERRAND, Guy PENNE sont évoqués plus ou moins brièvement par la presse française. Le 27 novembre 1981, Libération évoque son passage récent et sa réception par le président RENÉ dans un contexte de troubles engendrés par l'attaque des mercenaires, thème traité par l'article152. Puis, vers le début du mois de juillet 1982, Guy PENNE fait la tournée des pays du sud-ouest de l'océan Indien, Madagascar exclu. Cette tournée a été traitée par la LOI du 10-17 juillet 1982153. L'hebdomadaire indique qu'il a visité les Seychelles du 2 au 4 juillet.

Il a discuté avec les dirigeants seychellois sur l'aide financière française à certains projets de développement, comme celui de l'extension de l'électrification de l'archipel. Le 4 décembre 1982, la LOI annonce une nouvelle tournée du conseiller depuis le 1er décembre en y incluant Madagascar et le Soudan, mais en y excluant les Comores. Cela est repris brièvement dans l'édition du 11 décembre154. PENNE aurait été accompagné par le secrétaire d'État à la Défense, Georges LEMOINE. D'après l'hebdomadaire, cette visite devait affirmer la volonté de la France de renforcer sa présence dans l'océan Indien.

Puis, ce sont les visites du ministre de la Coopération, Christian NUCCI, et de JeanFrançois MITTERAND, alors conseiller aux Affaires africaines auprès de son père. Ces deux visites ne sont citées que dans un seul article de la LOI chacun. La visite de NUCCI fut la première à être évoquée le 14 janvier 1984155. D'après l'hebdomadaire, il était prévu que le ministre visite les Seychelles puis Madagascar pour fin 1983. On constate que cette visite a été reportée sans qu'on nous donne les raisons de ce report. Donc, au moment de la publication de l'article, la visite a été prévue pour la fin du mois. Dans un article paru le 15 octobre 1988, la LOI, annonce la visite aux Seychelles de Jean-François MITTERAND pour fin 1988, sans donner plus de détails156.

Quelques années plus tard, la LOI publie deux articles sur les visites du ministre de la Coopération, Jacques GODFRAIN. Le 16 décembre 1995, la LOI publie dans sa rubrique « Who's Who » un petit article sur ce ministre. Dans cet article, il est question d'une longue tournée prévue en Afrique australe pour janvier et février 1996. Il était prévu que les Seychelles deviennent, avec Madagascar, le dernier pays de cette tournée. D'après l'hebdomadaire, le ministre devait visiter ces deux pays entre le 15 et le 18 février. Le 27 avril 1996, un autre article paraît157. Dans cet article, le sujet se porte sur la critique de l'Union européenne à propos de la nouvelle loi seychelloise EDA qui accorde l'immunité judiciaire en échange d'un important investissement. L'article évoque tout simplement que le ministre a visité « récemment » les Seychelles à cette époque, donc en février. Pendant son passage, on lui aurait montré une certaine ouverture de Victoria et chercherait à « sauver sa face ».

152 HASKI Pierre, « Échec à un débarquement de mercenaires sud-africains », Libération, 27 novembre 1981.

153 « Coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 10-17 juillet 1982.

154 « La France dans l'océan Indien », La Lettre de l'Océan Indien, 11 décembre 1982.

155 « Distillerie de cannelle », La Lettre de l'Océan Indien, 14 janvier 1984.

156 « Tournée prochaine de François MITTERRAND », La Lettre de l'Océan Indien, 15 octobre 1988.

157 « Paris modère la critique de l'UE », La Lettre de l'Océan Indien, 27 avril 1996.

Enfin, les 17 et 24 février 2001, la LOI évoque la visite du ministre de la Coopération, Charles JOSSELIN. Dans le premier article placé dans la rubrique « Who's Who », il est annoncé que le ministre allait se rendre aux Seychelles les 19 et 20 février 2001 pour inaugurer le nouveau bâtiment de l'Alliance française, signer un accord de délimitation de la frontière maritime entre la France et les Seychelles et rencontrer le président RENÉ. Dans le second article intitulé « Josselin fait la leçon à René », on apprend que la visite du ministre était la première d'un ministre français

depuis un peu plus de quatre ans, donc depuis la visite de Jacques GODFRAIN en février 1996. Cette visite devait servir à renouer le contact entre la France et les Seychelles suite à la réduction de la coopération franco-seychelloise dès 1996 à cause du problème du remboursement de la dette à l'Agence française de développement (AFD). Le ministre a évoqué cette question avec le président RENÉ, et a rappelé à ce dernier l'attachement de la France à la liberté de la presse dans l'archipel.

3. La visite privée de Georges LEMOINE

Un seul article évoquant une visite effectuée par une personnalité française autre que le ministre ou le chef de l'État français a été identifié : celui de la LOI du 10 novembre 1987. L'article évoque la visite privée de 48 h de Georges LEMOINE, secrétaire d'État aux DOMTOM, invité par Michel de L'HOPITAULT, président d'Effi International, son entretien d'une heure avec RENÉ et sa rencontre avec BERLOUIS, le ministre de la Jeunesse et de la Défense. D'après la LOI, le cabinet du secrétaire d'État a démenti ces rencontres.

B) Les visites seychelloises

D'un point de vue du nombre des articles de presse possédant des éléments sur le sujet, les visites seychelloises semblent beaucoup plus nombreuses que celles des dirigeants français. Pourtant, tout comme pour les déplacements français, ce n'est qu'une partie du nombre de visites réellement effectués158. Comment se sont déroulés les déplacements seychellois d'après la presse française ?

158 Tout comme pour les déplacements français, il est actuellement quasiment impossible de vérifier aux archives de la Courneuve.

159 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/seychelles_401/index.html le vendredi 6 novembre 2009.

1. Les visites de France-Albert RENÉ

D'après le site internet de la diplomatie française, France-Albert RENÉ a effectué dix-sept voyages en France159. Les visites les plus évoquées dans la presse sont celles effectuées par cet homme. Sur quarante-cinq articles sur les visites seychelloises, vingt-cinq sont consacrées à la présence de RENÉ en France. Que peut-on voir des déplacements effectué par le dirigeant seychellois en France ?

La première visite du président seychellois a été consacré par plusieurs articles de plusieurs journaux français : Le Monde, Le Figaro, La Croix, et encore. C'est sans nul doute la visite de RENÉ en France la plus traitée par la presse française. Le Monde présente RENÉ comme « l'hôte du gouvernement français », justifiant le titre de l'article du 12 septembre. Il serait arrivé à Orly le 11 septembre à 11 heures avec le ministre du Plan, du Développement et du Logement, Maxime FERRARI. C'est le ministre de la Coopération, Robert GALLEY qui les a accueillis160. Pour Le Figaro, le président GISCARD D'ESTAING a reçu en audience le président seychellois pour discuter sur la démilitarisation de l'océan Indien et la création d'une zone de paix dans la région - préoccupations présentées par le quotidien comme un leitmotiv de RENÉ -, avant de prendre ensemble le déjeuner161. Ces éléments sont repris par Le Dauphiné libéré. Le président français a défendu la présence française dans l'océan Indien, bien que le dictateur seychellois fasse plutôt allusion à la présence américaine et soviétique162. Le Monde publie un nouvel article le lendemain163. D'après Philippe DECRAENE, qui a profité de la visite du chef de l'État pour l'interviewer, l'audience a été tenu le 12 septembre. Le 11, RENÉ était à l'hôtel de Matignon où il s'est entretenu avec le Premier ministre Raymond BARRE dans l'après-midi. D'après Le Dauphiné libéré, ils ont tous deux évoqué les liens historiques entre les deux pays. Un dîner au Quai d'Orsay a été offert en l'honneur du président seychellois par le ministre de l'environnement et du cadre de vie, Michel d'ORNANO, en l'absence de Louis de GUIRINGAUD, ministre des Affaires étrangères. D'ORNANO a affirmé devant RENÉ la volonté de GISCARD D'ESTAING de poursuivre le dialogue entre la France et l'Afrique, ainsi que l'océan Indien. Le 12 septembre au soir, RENÉ a tenu une conférence de presse à Paris avant de la quitter le lendemain pour un voyage de cinq jours à Londres. Tous ces éléments ont servis d'introduction à l'interview de DECRAENE. Pour La Croix, la visite du 11 au 13 septembre devait permettre à RENÉ à plaider sa cause auprès de Paris, permettre à son pays de vivre dans une zone de paix. Comme dans Le Monde, La Croix présente la France comme étant favorable a ce projet164. En guise de phrase d'accroche, Libération évoque tout simplement la présence de RENÉ à l'Élysée et son inquiétude face à « un coup d'État des services spéciaux français contre son pays ». D'après Frédéric LAURENT, les conseillers du président français se seraient montrés hypocrites, qu'ils étaient « au parfum » et que pour que l'océan Indien reste « une mer française », ils utiliseraient tous les moyens165. Ce genre d'affirmation n'est pas impossible. Il est arrivé que la France agisse défavorablement à l'encontre d'un régime africain essentiellement francophone, le plus souvent grâce aux réseaux Foccart. Donc, on peut voir que RENÉ a une certaine crainte de la France, malgré les liens qui unissent les deux pays.

160 DECRAENE Philippe, « M. France-Albert René est l'hôte du gouvernement français », Le Monde, 12 septembre 1978.

161 ANONYME, « Les Seychelles : clés de l'océan Indien », Le Figaro, 12 septembre 1978.

162 BOURGEOIS Claude, « Le président des Seychelles à Paris », Le Dauphiné libéré, 13 septembre 1978.

163 DECRAENE Philippe, « Nous n'accepterions en aucun cas une base militaire dans l'archipel », Le Monde, 13 septembre 1978.

164 ANONYME, « France-Albert René : Une zone de paix pour les Seychelles », La Croix, 13 septembre 1978.

165 LAURENT Frédéric, « La route du pétrole passe par les Seychelles », Libération, 13 septembre 1978.

Dans son édition du 15 septembre 1979, Le Monde, quant à lui, annonce simplement la visite privée de 48 heures de RENÉ en France.

Ensuite nous avons une série d'articles liant la visite de France-Albert RENÉ en visite en France et l'attaque des mercenaires du 25 novembre 1981. Le 27 novembre 1981 Le Monde, Le Figaro et Le Matin évoquent la visite prévue en France du président RENÉ la semaine suivante, le 4 décembre, et sa réception par le président MITTERRAND166. D'après Le Figaro, citant l'AFP, l'AP et Reuter, sa venue devait être confirmée ou non le jour même de la publication de son article. En effet, le coup d'État manqué des mercenaires remet en cause cette visite. Ce n'est que dans son édition du 1er décembre que Le Monde annonce l'annulation de la visite du président RENÉ en France167. Dans son édition du 18 février 1982, Le Monde annonce la proclamation d'une « ère nouvelle de coopération » par le président RENÉ après avoir été reçu par MITTERRAND le 16. Il a également discuté avec le ministre de la Défense, Charles HERNU sur la coopération militaire, mais le journal ignore les détails168. D'après Jean-Marc BALENCIE, ce voyage qui s'est déroulé du 12 au 16 était un signe de remerciement du régime seychellois pour le soutien apporté par la France après l'épreuve du 25 novembre 1981169. Un article de la LOI paru le 6 mars 1982 évoque ce séjour. RENÉ se serait entretenu avec le ministre de la Défense, Charles HERNU sur le renforcement de la coopération militaire entre les deux pays parce que l'armée seychelloise n'a pas su avoir les bonnes réactions face aux mercenaires170.

166 ANONYME, « Coup de force manqué aux Seychelles », Le Figaro, 27 novembre 1981 ; C. Y., « Cent mercenaires font vaciller le pouvoir », Le Matin, 27 novembre 1981 ; LANGELLIER Jean-Pierre, « Aucune organisation ne revendique la responsabilité de la tentative de coup d'État », Le Monde, 28 novembre 1981.

167 ANONYME, « Le président des Seychelles annule sa visite en France », Le Monde, 1er décembre 1981.

168 ANONYME, « « Une ère nouvelle » de coopération », Le Monde, 18 février 1982.

169 BALENCIE Jean-Marc, La Diplomatie navale France en océan Indien (1967-1992), Lille, Atelier nationale de reproduction des thèses, 1993, p. 288.

170 « Coopération militaire », La Lettre de l'Océan Indien, 6 mars 1982.

171 « Aide française et américaine », La Lettre de l'Océan Indien,

Après, nous avons plusieurs articles sur les diverses visites de RENÉ en France. Dans son édition du 14-15 septembre 1982, Le Monde annonce la visite de travail de RENÉ dès le 13 février et son entretien avec MITTERRAND les 16 et 17, sans plus de précisions. La LOI du 15 octobre 1983 a, de manière sous-entendue, annoncé la visite de RENÉ en France dans la semaine du 4 octobre 1983. En effet, l'hebdomadaire a présenté avoir réalisé l'interview du président seychellois le 4 octobre lors de son passage à Paris. Aucune précision sur cette visite, ni dans aucun journal français. D'après la LOI du 6 avril 1985, une visite du président RENÉ était prévue pour les 27 et 28 avril. Selon l'hebdomadaire, cette visite devait probablement définir de nouveaux objectifs entre la France et les Seychelles en raison de la fin d'une phase de la nouvelle ère de coopération soulignée par le nouvel ambassadeur de

France, Robert MARSAN171. Un mois plus tard, la LOI publie un petit article intitulé « René à Paris ». Dans son analyse, l'hebdomadaire trouve que dorénavant les déplacements du chef de l'État sont « entourés du plus grand secret » : la presse seychelloise a annoncé la visite de RENÉ pour le 21 avril tandis qu'à son arrivée l'ambassade à Paris annonce que cette visite était terminée depuis plusieurs jours ! Le président RENÉ aurait été reçu le 26 avril par le ministre de la Coopération, Christian NUCCI, la veille de son départ pour Maurice. Tous deux auraient discuté sur la pêche et la santé. La semaine du 30 août 1986, France-Albert RENÉ est de nouveau en France. La LOI publie ce jour là un nouvel article intitulé « René en visite en France ». C'était une visite privée d'une semaine suivi d'une visite de travail. Il a été reçu par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Bernard RAIMOND, celui de la Coopération, Michel AURILLAC, le conseiller aux Affaires africaines, Guy PENNE, et Jacques FOCCART, l'homme de la Françafrique et fondateur des fameux réseaux Foccart. Le Premier ministre Jacques CHIRAC n'a pas pu le recevoir pour des raisons « d'emploi du temps ». L'hebdomadaire annonce la publication pour la semaine suivante d'une interview exclusive de RENÉ. Cet interview fut publié les 6 et 13 septembre. Deux ans plus tard, le 30 juillet 1988, l'article intitulé « France-Albert René à Paris » paraît dans la LOI. Vers la mi-juillet, RENÉ était déjà en visite privée. Il s'est entretenu avec le Premier ministre Michel ROCCARD et plusieurs membres du gouvernement. Le 28 juillet, il est reçu par MITTERRAND. Avec ces personnalités politiques françaises, RENÉ a parlé d'économie, surtout sur la pêche, sur la COI, et des projets culturels. Après une tournée en Malaisie et en Europe, en mars 1990, RENÉ a effectué un séjour privé en France à la fin du mois. D'après la LOI, il a pris le temps de visiter en Bretagne le chantier naval qui construit les thoniers seychellois172. Dans une note parue le 11 mai 1991, la LOI signale la visite effectuée par RENÉ durant la semaine. Il devait rencontrer des responsables du ministère de la Coopération et le ministre des DOM-TOM, Louis LE PENSEC. Cette visite a été développée par l'hebdomadaire le 25 mai. RENÉ aurait expliqué à MITTERRAND sur les réformes de structure adopté par le parti unique en raison de la contestation démocratique en cours aux Seychelles tandis que le président français aurait parlé de démocratie. Ce dernier n'a pris aucun engagement sur le rééchelonnement de la dette seychelloise contractée à l'égard de la France demandé par RENÉ173. Ces faits sont rappelés et développés par Paul CAMBON au Quotidien de Paris le 22 octobre 1991. Sur la demande de rééchelonnement de la dette seychelloise, MITTERRAND l'aurait accueilli avec une « certaine fraîcheur »174. Un nouvel article de la LOI avec un titre semblable à d'autres que nous venons de voir a été publié le 12 septembre 1992. D'après cet article, RENÉ était en visite privée en France la semaine du 8 septembre. Il se serait entretenu avec plusieurs responsables français. L'entretien avec le nouveau conseiller aux Affaires africaines, Bruno DELAYE, a été développé : il était question d'évolution politique des Seychelles, la réduction de la dette et la question sud-africaine. Le 8 mai, il s'est entretenu avec les ministres des Affaires étrangères et la Coopération, Roland DUMAS et Marcel DEBARGES sur la pêche et le prochain sommet de la Francophonie175. Dans une note parue le 13 juillet 1996, la LOI annonce une visite de deux jours prévue pour le 16 septembre 1996. Cette visite est évoquée par l'hebdomadaire le 21 septembre 1996176. Pendant sa visite, un déjeuner en son honneur lui a été offert par le ministre de la Coopération Jacques GODFRAIN. Ce dernier a décoré le président seychellois de la médaille de la coopération française. La francophonie, la télévision et la dette ont été les trois sujets de

discussion. Après, aucun autre article n'a été identifié. Cela semble correspondre à la réduction des relations entre la France et les Seychelles suite à l'arrêt de financement de projets de développement des Seychelles par l'AFD comme nous l'avons vu précédemment. Au final, nous constatons que douze voyages sur dix-sept ont été traités ou évoqués.

172 « Le président René en Malaisie et en Europe », La Lettre de l'Océan Indien, 7 avril 1990.

173 « Apparition d'un parti clandestin », La Lettre de l'Océan Indien, 25 mai 1991.

174 CAMBON Paul, « Lénine au paradis », Quotidien de Paris, 22 octobre 1991.

175 « Le président René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 septembre 1992.

176 « Le français, la TV et la dette », La Lettre de l'Océan Indien, 21 novembre 1996.

2. Les visites de personnalités politiques seychelloises

Maxime FERRARI, présenté comme le « numéro deux » du nouveau régime, est le premier membre du gouvernement de RENÉ à se rendre en France. Nous constatons que jusqu'en 1981, il est le seul ministre seychellois en visite à France à être évoqué par la presse. Cela indique l'appréciation que porte la France pour ce personnage, comme semble l'indiquer un dossier paru dans la LOI le 5 décembre 1981.

Sa première visite effectuée en France fut évoqué par Le Monde dans l'édition du 4 septembre 1977, c'est-à-dire trois mois presque jour pour jour après l'arrivée au pouvoir de RENÉ177. Il était ministre de l'Agriculture et des pêches, Maxime FERRARI. D'après Philippe DECRAENE, il a été présent en France pendant au moins une semaine. Pendant sa visite, il aurait tenté de justifier le coup d'État du 5 juin. Nous constatons qu'il a présenté les principales lignes du gouvernement seychellois dans la politique intérieure et extérieure. Maxime FERRARI a effectué une nouvelle visite à Paris en juillet 1978, cette fois en tant que ministre du Développement et du logement. Il serait arrivé à Paris le 19 juillet. Le 20, il a déjeuné avec le ministre de la Coopération, Robert GALLEY, et devait se rendre à Strasbourg pour visiter le Conseil de l'Europe et prononcer une conférence à la chambre de commerce avant de partir pour Bruxelles. D'après Philippe DECRAENE, il est venu en France pour dénoncer « les menaces extérieures qui [...] pèsent sur son pays » - il dénonce les partisans de MANCHAM, la « tentative de coup d'État » d'avril 1978 depuis le Kenya, et Victoria se sent menacé depuis le coup d'État des mercenaires menés aux Comores -, et attirer l'attention de Paris pour développer la coopération bilatérale178. Son passage à Paris et la crainte d'une intervention de mercenaires payés par les partisans de MANCHAM sont évoqués par Frédéric LAURENT dans Libération quelques semaines plus tard179. Entre le 4 et le 5 décembre 1981, une semaine après la tentative de coup d'État des mercenaires, la presse française évoque la présence en France de FERRARI, envoyé spécial de RENÉ pour dénoncer l'attaque et chercher l'aide de la France contre le mercenariat mondial. D'après Pierre HASKI de Libération, il était étroitement accompagné par quatre gardes du corps à cause de cet événement : on craindrait donc pour sa sécurité. Il était prévu qu'il rencontre le ministre de la

Coopération, Jean-Pierre COT, le conseiller du président aux Affaires africaines, Guy PENNE, et le ministre de la Défense, Gaston DEFFERRE180. Le Monde évoque seulement son séjour en France depuis le 2 décembre et ses soupçons le lendemain envers l'Afrique du Sud181.

177 DECRAENE Philippe, « Le socialisme dans la joie ? », Le Monde, 4 septembre 1977.

178 DECRAENE Philippe, « Les dirigeants de Mahé redoutent un éventuel « scénario à la comorienne » », Le Monde, 21 juillet 1978.

179 LAURENT Frédéric, « La route du pétrole passe par les Seychelles », Libération, 13 septembre 1978.

180 HASKI Pierre, « SOS contre les mercenaires », Libération, 4 décembre 1981.

Ensuite, quelques visites de diverses personnalités seychelloises sont évoquées par la LOI. Le 24 avril 1982, dans la rubrique « Agenda », l'hebdomadaire annonce la visite de deux personnalités seychelloises en France pour des raisons économiques : E. DESBOUSSES, directeur général de la SEYCOM, et BRADBORN, directeur général de Wel Supplies182. Dans la même rubrique, on annonce, le 1er mai de la même année, la visite de Guy SINON, secrétaire général du SPPF, et sa rencontre prévue avec Lionel JOSPIN, secrétaire du Parti socialiste183. Enfin, nous avons la visite d'une semaine en France d'une délégation menée par Jacques HODOUL, ministre du Développement national, vers la fin février 1985. Elle se serait entretenue avec des responsables publics et privées du secteur de pêche industrielle, et visitée les installations de l'Armement Coopératif Finistérien, en Bretagne, où des thoniers seychellois sont construits184.

Les 15 octobre 1988 et 23 décembre 1989, la LOI évoque les visites en France de Danielle de SAINT-JORRE, alors secrétaire d'État au Plan et aux Relations extérieures. Comme nous l'avons vu tout à l'heure, SAINT-JORRE a marqué la diplomatie seychelloise. Le 15 octobre, la LOI annonce son voyage en Hongrie et en France. Comme elle a visitée la Hongrie « la semaine dernière », nous pouvons supposer qu'elle est passée en France entre le 7 et le 15 octobre. Elle se serait entretenue avec le ministère de la Pêche pour évoquer l'exportation de thon en boîte en France et à la Réunion18s. Cette visite n'a été développée qu'en trois lignes seulement ! Dans la LOI du 23 décembre 1989, une autre visite en France de SAINT-JORRE est évoquée en cinq lignes. D'après l'hebdomadaire, elle se serait entretenu avec le ministre de la Coopération, Jacques PELLETIER, sur la réunion de la prochaine commission mixte franco-seychelloise prévue du 6 au 8 mars 1990 à Paris, la construction d'un complexe sportif pour les Jeux de l'océan Indien de 1993 prévus aux Seychelles et les projets qui y impliquent186.

Entre 1990 et 1991, à la place des ministres seychellois, nous avons des opposants qui apparaissent dans la LOI. Comme nous le verrons dans une étude postérieure, les opposants, en particulier l'ancien président en exil, James MANCHAM, et Maxime FERRARI, lui aussi exilé ont visité la France pour la sensibilisé sur le combat démocratique aux Seychelles (cf. chapitre VIII « La diplomatie française des droits de l'Homme et de la démocratie aux Seychelles », p.). Ainsi, la LOI du 5 mai 1990 annonce la venue en France de MANCHAM où

il est reçu par Jacques CHIRAC187, une autre le 4 novembre 1991188, avec FERRARI à Paris vers juillet 1991189 et encore. Il faut attendre le 28 septembre 2002 pour qu'on évoque une nouvelle fois le déplacement de l'opposition seychelloise à Paris, justifiant le titre d'un article de la LOI190.

181 ANONYME, « Le gouvernement demande une enquête de l'ONU sur l'attaque des mercenaires », Le Monde, 5 décembre 1981.

182 « Visite en France de deux personnalités des Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 24 avril 1982.

183 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 1er mai 1982.

184 « Hodoul en France », La Lettre de l'Océan Indien, 2 mars 1985.

185 « Visite en Hongrie et en France », La Lettre de l'Océan Indien, 15 octobre 1988.

186 « Protection de l'environnement », La Lettre de l'Océan Indien, 23 décembre 1989.

187 « La difficile croisade de James MANCHAM », La Lettre de l'Océan Indien, 5 mai 1990.

188 CAMBON Paul, « Lénine au paradis », Quotidien de Paris, 22 octobre 1991.

189 « Contre-offensive diplomatique du président René », La Lettre de l'Océan Indien, 20 juillet 1991.

190 « L'opposition en visite à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 28 septembre 2002.

Le 21 octobre 1995, on apprend par la LOI que Danielle de SAINT-JORRE, alors devenue ministre des Affaires étrangères, du Plan et de l'Environnement, est venue à Paris au début du mois191. Comme le titre de l'article l'indique, la ministre a discuté avec divers ministres français sur les différents axes de coopération bilatérale. Ce serait la dernière fois qu'on évoque la visite en France de cette femme avant sa mort en 1997.

Enfin, les derniers éléments de notre corpus sur la visite de personnalités politiques seychelloises se portent sur celles effectuées par le ministre des Affaires étrangères mais également président en exercice de la COI, Jérémie BONNELAME, entre le 2 et le 4 octobre 2002. Il aurait été reçu par le ministre délégué de la Coopération et de la Francophonie, André WILTZER. Tous deux auraient discuté de la politique intérieure des Seychelles, en particulier sur les élections législatives et les discussions entre les Seychelles et le FMI, des principales questions de la coopération entre la France et les Seychelles, et sur la prochaine réunion de la COI. Ces discussions sont considérées comme « chaleureuses »192.

En l'absence d'un libre accès aux documents sur les Seychelles aux archives des Affaires étrangères193, il nous est impossible de savoir le nombre exact effectué entre les deux pays sous RENÉ, leurs raisons et leurs déroulements. Toutefois, la presse française nous en donne une assez bonne idée. Plusieurs déplacements ont été cités puis présentés par les journalistes, les journaux ou les magazines et leurs déroulements sont plus ou moins décrits. Néanmoins, cela n'aurait pas été possible sans la LOI : les autres journaux ou magazines ne nous auraient présenté moins de

déplacements diplomatiques. Nous remarquons que les articles sur les visites seychelloises en France sont plus nombreux que ceux sur les déplacements français aux Seychelles. Le cas est similaire pour le nombre de visites dans les deux camps que nous pouvons recenser dans notre corpus n°2. Cela indique qu'il y aurait eu davantage de visites seychelloises que françaises. La fréquence des visites rapportées par la presse française semble nous indiquer que les Seychelles paraissent accorder plus d'importance à l'entretien de ses relations avec la France que celle-ci.

Chapitre VI : État et qualité des relations franco-

seychelloises

Nous jugeons qu'il est nécessaire de voir l'état et la qualité des relations francoseychelloises à l'époque de RENÉ à travers les journaux français. La qualité des relations entre États est importante. Il y a des États qui entretiennent de bonnes, voire d'excellentes relations (par exemple la France et l'Allemagne), d'autres qui entretiennent des liens mauvais, voire conflictuels (comme la France avec la Côte d'Ivoire de Laurent GBAGBO). D'après Benjamin KANINDA MUDIMA, la qualité des relations diplomatiques est relative car elle évolue en fonction des facteurs historiques, culturels, idéologiques, politiques, économiques, psychologiques194. Par la colonisation en autre, la France entretient des relations relativement bonnes avec les États africains, en particulier avec ses anciennes colonies (par exemple la Côte d'Ivoire ou le Sénégal). C'est pareil dans le sud-ouest de l'océan Indien. Sous la présidence de RENÉ, comment peut-on qualifier les relations entre la France et les Seychelles et comment sont-elles présentées par la presse française ? Nous envisagerons ce sujet à travers un plan en deux parties : tout d'abord, il s'agira de voir les relations plutôt positives qui émanent de facteurs spécifiques ; et ensuite la partie négative des liens pour des raisons précises.

194 KANINDA MUDIMA Benjamin, Les privilèges et immunité en droit international : cas du ministre des affaires étrangères de la RDC, Kinshasa, Université de Kinshasa, 2008.

195 ANONYME, « Le nouveau président affirme que son régime « ne sera certainement pas marxiste » », Le Monde, 10 juin 1977.

A) Des relations bilatérales bonnes

Un certain nombre d'articles de presse française nous indique que les relations francoseychelloises sous RENÉ étaient bonnes. Sous quels aspects ces relations positives sont-elles visibles ?

1. Des relations étroites et amicales

Avant que RENÉ ne s'empare du pouvoir, les relations entre la France et les Seychelles étaient déjà relativement bonnes. Elles étaient également anciennes. Donc, lorsque ses partisans ont pris le pouvoir le 5 juin 1977, il a hérité de ces relations dans cet état. Ainsi, le 8 juin 1977, lors d'une conférence à Victoria afin de présenter son gouvernement, il a affirmé que les Seychelles entretenaient des bonnes relations avec la France, que celle-ci est un pays ami, d'après Le Monde195. La légitimité d'un pouvoir putschiste aux yeux de la communauté internationale a

toujours posé problème. Pourtant, le régime de RENÉ a très vite obtenu sa reconnaissance. Dans son édition du 24 juin 1977, Le Monde annonce que le ministre de la Coopération, Robert GALLEY, allait assister au premier anniversaire de l'indépendance seychelloise. De ce fait, la France a entériné le putsch.

En outre, on constate que plusieurs descriptions des relations diplomatiques sont faites par les journaux français en 1978, en particulier à l'occasion de la visite en France du président des Seychelles. Les articles consacrés à la visite du président RENÉ à Paris peuvent refléter en parti la qualité des relations franco-seychelloises dès le début du régime de RENÉ comme nous allons le voir.

Deux aspects présentés par Le Monde semblent montrer un intérêt particulier de RENÉ pour la France, facilitant ainsi les relations franco-seychelloises. D'abord, il est présenté par Philippe DECRAENE comme étant « francophone comme presque tout les Seychellois [et] francophile comme la plupart de ses compatriotes, et comme James MANCHAM lui-même196 ». En effet, il ne faut pas oublier que les Seychelles étaient jusqu'en 1810 une colonie française. Malgré 166 années de colonisation britannique, le caractère francophone et le passé français demeurent toujours aussi vivaces : les Seychellois préfèrent donc sentimentalement la France au Royaume-Uni. On retrouve ce même capital de sympathie dans plusieurs États d'Afrique noire. Le Figaro du 12 septembre 1978 justifie la présentation de DECRAENE : il évoque l'existence d'entretiens de « liens sentimentaux réels avec la France ». C'est sans doute une des raisons qui ont décidé RENE et BARRE à discuter ensemble des « liens historiques » qui unissent les deux pays par le biais de la Réunion197. Deuxième aspect, RENÉ pense qu'un lien avec la France serait « un moyen de faire pièce au poids de la Grande-Bretagne, dont l'influence reste prépondérante non seulement aux Seychelles, mais dans l'ensemble de l'océan Indien » toujours d'après DECRAENE198. Au nom de l'indépendance nationale et par souci de rupture avec le passé colonial britannique aux effets parfois néfastes sur l'économie et la société, mais aussi au nom de la démilitarisation de l'océan Indien, RENÉ souhaite donc écarter l'influence britannique déjà en déclin. La Croix du 13 septembre 1978 présente le président RENÉ, à l'occasion de sa visite en France du 11 au 13 septembre 1978, comme étant un « ami de la France ». Dans Le Monde du 13 septembre 1978, le président GISCARD D'ESTAING semble répondre à RENÉ en souhaitant la poursuite du dialogue avec les Seychelles en englobant l'archipel dans la « politique de dialogue entre la France et l'Afrique, jusques et y compris dans l'océan Indien »199. Nous pouvons voir que RENÉ a hérité « des relations confiantes et fructueuses [...] établies avec la France » d'après Le Figaro. Et l'enseignement du français à parité avec l'anglais200 est un indice d'appréciation des Seychellois et du gouvernement envers la France.

196 DECRAENE Philippe, « M. France-Albert René est l'hôte du gouvernement français », Le Monde, 12 septembre 1978.

197 BOURGEOIS Claude, « Le président des Seychelles à Paris », Le Dauphine libéré, 13 septembre 1978.

198 Op. cit. DECRAENE Philippe, « M. France-Albert René est l'hôte du gouvernement français », Le Monde, 12 septembre 1978.

199 DECRAENE Philippe, « Nous n'accepterions en aucun cas une base militaire dans l'archipel », Le Monde, 13 septembre 1978.

200 Op. cit. ANONYME, « Les Seychelles : clés de l'océan Indien », Le Figaro, 12 septembre 1978.

Enfin, Le Monde, ainsi que Le Figaro, nous décrivent l'état des liens bilatéraux en 1978. D'après Le Figaro, « la France développe en direction des Seychelles une assistance économique, culturelle et technique selon différents axes » grâce à une quinzaine de coopérants et des crédits de coopération. Cela refléterait, d'après le quotidien, « la volonté d'assistance de la France à l'égard de ce jeune État »201. L'article du Monde, antérieur à celui du Figaro202, nous donne davantage de descriptions. La quinzaine de coopérants, des « experts et [des] techniciens », est confirmée. On apprend que le ministre seychellois du développement, Maxime FERRARI, souhaitait voir leur nombre augmenter. On apprend également que les Seychelles vont ouvrir une ambassade en France : soit deux ans après l'indépendance seychelloise, même sous MANCHAM, il n'y avait pas d'ambassadeur seychellois à Paris. Voilà ce qu'on peut dire des relations françaises en 1978 d'après les articles.

Ensuite, d'autres articles décrivent ou évoquent l'étroitesse, la qualité et l'histoire des relations entre la France et les Seychelles du président RENÉ.

Dans son article paru dans Libération le 4 décembre 1981, Pierre HASKI évoque la rencontre entre le ministre seychellois du Développement, Maxime FERRARI, envoyé spécial du président RENÉ, avec les dirigeants français. À l'issu de ces rencontres, ces hommes politiques disent que les relations franco-seychelloises sont « très bonnes »203. Fin décembre 1986, l'envoyé spécial du Monde à Victoria, Jacques de BARRIN, a présenté le début de son article en annonçant que « Paris [est] à l'écoute de la « révolution socialiste » ». L'idée du dialogue entre la France et le régime de RENÉ est donc reprise.

Dans l'édition du 2 juillet 1998, Frédéric FRITSCHER, correspondant du Monde à Luanda (Angola), rapporte la tournée du président CHIRAC en Afrique australe racontée par le chef de l'État français avant de quitter la capitale angolaise le 30 juin et de terminer ainsi son voyage. En confirmant sa demande au président sud-africain Nelson MANDELA et à son vice-président Thabo MBEKI, ainsi qu'au président mozambicain Joaquim CHISSANO, de soutenir la demande française d'adhésion à l'association des pays riverains de l'océan Indien, CHIRAC évoque l'importance qu'elle représente aux yeux de la France. Parmi les justifications, il y a les rapports étroits entretenus avec les îles du sud-ouest de l'océan Indien, dont les Seychelles. Donc, en 1998, les rapports franco-seychellois étaient toujours étroits204. Un an avant le départ à la présidence de RENÉ, on peut constater, d'après un bulletin d'information de l'agence de presse française News Press datant du 13 février 2003, que la France avait la volonté de « renforcer ses liens de coopération et d'amitié avec les Seychelles à tous les niveaux ». Autrement dit, les relations franco-seychelloises étaient toujours amicales.

201 Op. cit. ANONYME, « Les Seychelles : clés de l'océan Indien », Le Figaro, 12 septembre 1978.

202 DECRAENE Philippe, « Les dirigeants de Mahé redoutent un éventuel « scénario à la comorienne » », Le Monde, 21 juillet 1978.

203 HASKI Pierre, « SOS contre les mercenaires », Libération, 4 décembre 1981.

204 FRITSCHER Frédéric, « M. Chirac clôt en Angola sa tournée de « nouveau partenaire » de l'Afrique australe », Le Monde, 2 juillet 1998.

Enfin, pour terminer notre développement sur la présentation des liens diplomatiques à travers la réorganisation de l'ambassade des Seychelles à Paris, il convient de souligner que ce sujet est traité par trois articles parus dans la LOI. Tout d'abord, il y a celui du 6-13 août 1983 intitulé « Relance diplomatique ». D'après l'hebdomadaire, les Seychelles avaient fermé des ambassades par mesure d'économie en 1981. Dès 1983, elles ont décidé d'être de nouveau présentes sur la scène diplomatique, d'où l'accréditation de plusieurs ambassadeurs seychellois, dont un prévu pour la France « dans les prochain mois » à compter du mois d'août. Nous savons que cette personne n'est autre que Danielle de SAINT-JORRE (cf. Chapitre IV « Les principaux acteurs d'après la presse française, p. ».). L'article du 20 décembre 1997 a un titre presque semblable : « Réorganisation diplomatique ». On apprend que toutes les ambassades seychelloises en Europe allaient être fermées pour des mesures d'économie. Seule l'ambassade à Paris est restée ouverte afin de représenter les Seychelles dans toute l'Europe. On apprend également qu'un nouvel ambassadeur seychellois en France allait être nommé : Callixte d'OFFAY. Enfin, nous avons l'annonce faite par la LOI du 4 juillet 2003 de la fermeture de cinq ambassades pour octobre 2003 en raison de mesures économiques prises par le gouvernement seychellois. L'hebdomadaire a affirmé que le sort de l'ambassade des Seychelles à Paris, alors toujours dirigé par Callixte d'OFFAY, n'est pas encore connu à cette époque.

2. L'image des bonnes relations à travers la coopération

La coopération bilatérale et son renforcement peut être un reflet de l'état des relations entre deux pays. Pour le cas de la France et les Seychelles sous la présidence de RENÉ, elle peut être un miroir des bonnes relations entretenues par les deux États. Quels indices peuvent être identifiés à travers les articles de presse française ?

Avant tout, il y a la volonté du ministre seychellois du développement, du plan et du logement, Maxime FERRARI, d'attirer l'attention du gouvernement français, dont le ministre de la Coopération se nomme Robert GALLEY, sur « les possibilités de développement de la coopération bilatérale avec l'archipel des Seychelles »205. Cette volonté, faite après le 19 juillet 1978, nous indique, certes, une volonté de Victoria de renforcer sa coopération avec la France dans un souci de développer davantage le pays, mais cela peut constituer la manifestation d'un souhait de renforcement des liens, déjà amicaux, entre la France et les Seychelles. C'est une preuve de confiance car sans confiance il ne peut y avoir de renforcement de la coopération bilatérale, voire pas de coopération du tout. Quatre mois plus tard, nous retrouvons ce genre de situation avec la visite du ministre GALLEY aux Seychelles le 13 novembre 1978 et son entretien avec le président RENÉ « dans le cadre des différents projets de coopération en cours entre les deux pays »206.

206 LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » va officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

Le 16 février 1982, les relations franco-seychelloises franchissent une nouvelle étape avec la proclamation faite par RENÉ à Paris d'une « ère nouvelle de coopération. Trois articles de notre corpus l'évoquent. Le Monde est l'un des premiers à le traiter le 18 février 1982 dans un article de petite taille. D'après ce journal, le renforcement de la coopération concernerait la sécurité, et aucune autre précision n'a été fournie par le président seychellois. La LOI du 27 février 1982 nous apporte plus de précisions. D'après l'hebdomadaire, RENÉ, à son retour à Victoria, a affirmé avoir trouvé en MITTERRAND « un homme sincère et franc dont la volonté d'aider les pays en développement est bien réelle ». Cette phrase illustre l'état des relations entre la France et les Seychelles. RENÉ avait bel et bien discuté du renforcement de la coopération militaire en matière de sécurité avec le ministre français de la Défense, Charles HERNU. Il y a aussi le domaine économique avec l'annonce du ministre français délégué de la Coopération et au Développement, Jean-Pierre COT, d'une aide financière pour aider les Seychelles dans son développement. Le Matin du 19 août 1982, lui, n'a fait que rappeler l'ouverture de cette « ère nouvelle de coopération » et l'entretien sur les perspectives de coopération militaire. L'ouverture de cet ère serait un remerciement du gouvernement seychellois pour l'aide apportée par la France après le coup manqué du 25 novembre 1981207. On sait qu'entre 1986 et début janvier 1988 que 30 coopérants français travaillaient aux Seychelles, et qu'aucun problème de fond ne gênait à cette époque le développement croissant des relations bilatérales208. Un article de la LOI du 30 septembre 1989 nous donne une indication du poids de la coopération française aux Seychelles par rapport à un autre État : Maurice. D'après l'hebdomadaire, il y a une rivalité entre la France et Maurice en matière de coopération avec les Seychelles. La rivalité française est même présentée comme étant « de plus en plus envahissante [...] via la Réunion209. En effet, la Réunion sert de relais régional de la France, qu'elle soit économique, diplomatique ou culturelle. Et Maurice est l'État riverain possédant la coopération la plus active avec les Seychelles derrière la France, justement grâce à la Réunion. La rivalité est décrite comme envahissante car la coopération franco-seychelloise n'a cessé de croître, et cela au détriment de la coopération seychellomauricienne. Le 12 juin 1990, Jacques AMALRIC présente la France comme n'ayant jamais été aussi courtisée par les Seychelles210. En 1992, Jean-Pierre LANGELLIER affirme que 35 coopérants servent aux Seychelles, ce qui constitue à ses yeux le plus fort taux par habitant après Djibouti. Selon le journaliste, la France est le premier pourvoyeur de coopérants211. Par conséquent, quinze ans après l'arrivée au pouvoir de RENÉ, la France est restée le premier pourvoyeur de coopérants de l'archipel.

207 BALENCIE Jean-Marc, La Diplomatie navale française dans l'océan Indien, Lille, Atelier national de reproduction de thèses, 1992, p. 288.

208 « Commerce croissant avec la France », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1988.

209 « Succès pour la visite de Jugnauth », La Lettre de l'Océan Indien, 30 septembre 1989.

210 AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

211 LANGELLIER Jean-Pierre, « Vent de démocratie aux Seychelles. Après quatorze années de socialisme autoritaire, cet archipel de l'océan Indien se convertit au multipartisme et libéralise son économie », Le Monde, 7 janvier 1992.

3. L'image des bonnes relations à travers la solidarité

La solidarité d'un régime envers un autre quelle qu'en soit la raison est l'un des miroirs les plus importants de l'état des relations entre deux gouvernements. Cette solidarité se retrouve dans les relations franco-seychelloises. Les ouvrages ou thèses rapportent cette solidarité essentiellement française, en particulier après l'agression de mercenaires le 25 novembre 1981. Nous allons voir quelles ont été les occasions d'après la presse française.

Dans Le Figaro du 12 septembre 1978, on peut voir un certain soutien du gouvernement français au régime du président RENÉ. Le régime seychellois souhaitait une véritable indépendance pour les Seychelles, point souligné par le quotidien. D'après Le Figaro, Paris soutient Victoria dans cette volonté d'indépendance nationale.

Le coup d'État manqué des mercenaires en 1981 est l'un des moments les plus marquants, voire des plus traumatisants, de l'histoire de la République des Seychelles. En signe de solidarité avec le régime de RENÉ, le gouvernement français envoi le Victor Schoelcher, un aviso-escorteur ou frégate de guerre, en direction du port de Victoria : ce fut le plus important signe de solidarité des autorités françaises envers les dirigeants seychellois. Cette manoeuvre d'intimidation de la Marine nationale envers un perturbateur dans l'océan Indien s'appelle la diplomatie de la canonnière. Elle est utilisée pour protéger les intérêts français ou la stabilité d'un régime ami de la France212. Une semaine après la tentative manquée des mercenaires de renverser le régime de RENÉ le 25 novembre 1981, Le Monde publie un article concernant ce qui s'est passé après cet événement. La solidarité du gouvernement française n'est évoquée que dans le dernier paragraphe et elle ne constitue que six lignes ! Dans ce paragraphe, on apprend qu'en signe de solidarité avec le président des Seychelles, le Victor Schoelcher a fait escale le « samedi », autrement dit le 28 novembre, aux Seychelles. L'annonce a été faite par le Quai d'Orsay le « mardi », soit le 1er décembre213. Dans son article publié dans Le Monde du 8 décembre 1981, Jean-Pierre LANGELLIER constate que le président RENÉ a remercié la France pour son soutien apporté par l'envoi rapide de la frégate. Ce type de solidarité a été renouvelé après la mutinerie militaire du camp d'Union Valle le 17 août 1982. D'après Le Monde du 19 août 1982, RENÉ en aurait fait la demande auprès des autorités françaises. Ainsi, un « bâtiment de la flotte française de l'Océan Indien » faisait route vers les Seychelles. Le Monde paru le lendemain a annoncé son arrivée le 18 août dans la soirée, c'est-à-dire après un voyage de plusieurs heures.

212 DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993.

213 ANONYME, « 39 des 44 mercenaires arrêtés en Afrique du Sud ont été libérés », Le Monde, 3 décembre 1981.

214 « L'IOTC sera basée à Victoria », La Lettre de l'Océan Indien, 21 décembre 1996.

215 « Axes de coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 21 octobre 1995.

Il y a aussi le soutien de la France de la candidature des Seychelles pour accueillir le siège de l'IOTC. Ce soutien a permis en parti aux Seychelles d'être désignées pour abriter le siège du secrétariat de l'IOTC214. Ou encore le même soutien pour la candidature seychelloise pour abriter le siège de l'atelier régional de l'océan Indien sur l'environnement215.

Deux articles sur la solidarité seychelloise envers la France peuvent être cités : ceux de la LOI du 1er mars 1986 et du 21 novembre 1996. On peut voir dans le premier article que le ministre français de la Coopération, Christian NUCCI, a remercié les Seychelles pour son rôle dans l'adhésion de la France à la COI, d'où le titre de l'article, « Paris remercie Victoria ». En effet, les Seychelles, en tant qu'un des États fondateurs et membres de cette organisation régionale, a autorisé, avec Madagascar, l'entrée de la France dans la COI216. Dans le second, le ministre français de la Coopération, Jacques GODFRAIN, a salué, devant RENE alors en visite à Paris, l'aide apportée par la ministre SAINT-JORRE pour la promotion de la langue française à travers les réunions internationales217.

216 BALENCIE Jean-Marc, La Diplomatie navale française en Océan Indien (1967-1992), Lille, Atelier national de reproduction de thèses, 1992.

217 « Le français, la TV et la dette », La Lettre de l'Océan Indien, 21 novembre 1996.

218 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/seychelles_401/index.html, consulté le

vendredi 6 novembre 2009.

219 LANGELLIER Jean-Pierre, « L'arrestation d'un assistant technique français risque de jeter la suspicion sur une coopération fructueuse », Le Monde, 21 novembre 1979.

B) Des tensions franco-seychelloises qui existent

Malgré les apparences, la France et les Seychelles de RENÉ n'ont pas toujours été en très bons termes. En effet, il y a eu des périodes de refroidissements dans les relations, surtout dans les années 70-80218. La presse française nous décrit ces tensions. Les plus empoisonnantes d'entre elles sont évoquées par les journalistes. Nous allons voir comment elles sont présentées.

1. La crise diplomatique (1979-1981)

La crise diplomatique de 1979 à 1981 est sans nul doute la forme de tension la plus grave ayant secouée la France et les Seychelles de RENÉ. Quelle place a-t-elle tenu dans la presse française et comment cette dernière l'a-t-elle abordé ?

C'est Jean-Pierre LANGELLIER qui est un des premiers à aborder la crise le 21 novembre 1979. Le titre de son article d'assez bonne taille annonce clairement un risque de mise à mal d'une coopération jugée fructueuse219. Tout commence par la troisième dénonciation d'un « complot » par Victoria, rapporté dans Le Monde du 18-19 novembre. Entre quatre-vingt et cent personnes seraient arrêtées, essentiellement des opposants. Parmi ces personnes, un coopérant français, Jacques CHEVALLEREAU (cf. chapitre IV). Son arrestation est suivie par le débarquement forcé de douze marins instructeurs du Topaze - ancien navire de guerre français appelé Croix du Sud - pour cause de « liens personnels » entretenus avec lui. Si la France est accusée par la radio seychelloise de complot, le gouvernement seychellois ne met en cause que les

individus. L'ambassadeur de France a tenté d'intervenir. LANGELLIER sent que l'affaire risque de jeter un froid sur les relations franco-seychelloises. D'après une petite dépêche du Monde du 18 décembre 1979, RENÉ présente CHEVALLEREAU comme étant le cerveau du complot monté contre lui. La thèse officielle seychelloise serait que ce complot a échoué grâce à son arrestation, ainsi que celle de plus de quatre-vingt personnes. Dans cette même dépêche, on apprend que Paris a décidé, le 17 décembre, de réduire sa coopération avec Victoria en rappelant six coopérants. Libération du 18 août 1982 évoque l'expulsion de CHEVALLEREAU des Seychelles en janvier 1980.

Il existe pourtant quelques articles postérieurs à cette crise l'évoquant succinctement. Cinq d'entre eux ont été identifiés. Trois d'entre eux, publiés lors du coup manqué des mercenaires en novembre 1981 et la mutinerie d'août 1982, n'évoquent cette crise en évoquant simplement que RENÉ a dénoncé un complot fomenté de l'étranger, avec la participation de mercenaires qui attendaient à Durban (Afrique du Sud) et qu'un coopérant français, CHEVALLEREAU, a été arrêté pour complicité, d'où la dégradation des relations220. Seul Le Matin du 19 août 1982 évoque la restauration de la confiance entre la France et les Seychelles depuis l'élection de François MITTERRAND en mai 1981. La LOI du 11 décembre 1982, si elle évoque elle aussi l'incident diplomatique entre la France et les Seychelles par l'arrestation de CHEVALLEREAU, elle apporte certaines indications. Ainsi donc, des enregistrements détenus par le gouvernement seychellois sur des discussions entre Gérard HOAREAU (MPR), principal chef de l'opposition, et ses « complices », feraient état d'une implication de la France dans « le coup d'État manqué de novembre 1979 », et de contacts entre le MPR et le Quai d'Orsay par le biais de CHEVALLEREAU. Dans une interview accordée à la LOI le 28 août 1986, RENÉ présente toujours CHEVALLEREAU comme étant toujours en liaison avec HOAREAU : l'ancien coopérant français aurait averti HOAREAU - avant son assassinat en 1985 - que l'opposition seychelloise en France est mise sur écoute par le régime de RENÉ. Dans cette interview, la LOI rappelle l'ancien statut de CHEVALLEREAU et son expulsion.

220 C. Ch., « La rébellion matée », Le Matin, 19 août 1982 ; C. Y., « Cent mercenaires font vaciller le pouvoir », Le Matin, 27 novembre 1981 ; HASKI Pierre, « Échec à un débarquement de mercenaires sud-africains », Libération, 27 novembre 1981.

221 Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

222 WAUTHIER Claude, Quatre présidents et l'Afrique. De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand. Quarante ans de politique africaine, Paris, Éditions du Seuil, 1995.

2. La question de la Réunion

La question du statut de la Réunion était un sujet de contentieux entre la France et les Seychelles de RENÉ. En effet, les Seychelles ont fais partie du Comité had hoc de l'OUA pour la Réunion. Avec le Malgache RATSIRAKA - le premier à remettre en cause le statut de la Réunion le 30 décembre 1976221 - et le Libyen KADHAFI - le premier à évoquer la question à l'OUA en 1978222 -, RENÉ est l'un des plus farouches opposants à la Réunion française. L'article qui

semble l'illustrer le plus est certainement celui du magazine Afrique-Asie des 11-24 juin 1979. Interviewé, RENÉ présentait la Réunion française comme étant « un anachronisme que l'Histoire finira tôt ou tard par éliminer ». En dehors de cet article, comment la presse française traite-t-elle du conflit opposant la France et les Seychelles sur la Réunion ?

La question réunionnaise semble moins suivie que la crise diplomatique. À l'exception de l'article d'Afrique-Asie, le seul article identifié sur la question à l'époque du conflit est la LOI du 13 mars 1982. Dans ce petit article avant tout consacré sur la possible visite de MITTERRAND aux Seychelles (cf. chapitre V) on apprend que RENÉ, avec le Mauricien Paul BÉRENGER, a affirmé que c'était « aux Réunionnais de décider du statut de leur île conformément au principe de l'autodétermination ». En effet, un référendum d'autodétermination fut prévu afin de régler la question, mais il ne s'est jamais déroulé car les Réunionnais perçoivent les faiblesses de leur île sans la France223. Cet article correspond donc au contexte d'abandon de l'idée d'indépendance de la Réunion par l'ensemble du Comité had hoc auxquels président les Seychelles224. Si les Seychelles et Madagascar ont abandonné l'idée d'indépendance de la Réunion c'est parce qu'ils auraient pris une certaine conscience de l'importance de la présence française par le biais de la Réunion grâce aux programmes de la coopération française mais aussi l'évolution du contexte régional qui les auraient incité à être plus pragmatiques225.

223 LA GRANGE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

224 Op. cit., Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

225 Op. cit. BALENCIE Jean-Marc, La Diplomatie navale française en Océan Indien (1967-1992), Lille, Atelier national de reproduction de thèses, 1992.

Deux articles postérieurs au conflit franco-seychellois sur la question du statut de la Réunion sont identifiés et incorporés dans notre corpus : l'un a paru le 11 février 1984 dans la LOI à l'occasion de la reconnaissance seychelloise de la France comme pays riverain de l'océan Indien, l'autre le 13 juin 1990 dans Le Monde au moment du passage de MITTERRAND aux Seychelles. Le premier évoque la formation du comité ad hoc chargé de préparer l'indépendance de la Réunion. On peut constater que vers 1984 la question réunionnaise est définitivement close. L'article du Monde du 13 juin 1990 affirme que la Réunion n'est plus depuis longtemps « une pomme de la discorde », indiquant qu'elle était autrefois un sujet de conflit entre la France et les Seychelles. L'auteur de cet article, Jacques AMALRIC, rappelle uniquement le fait que « France-Albert RENÉ interpellait vivement la France pour lui reprocher l'entreprise « coloniale » de la Réunion ».

3. D'autres tensions

Mis à part les conflits franco-seychellois les plus importantes que nous venons d'étudier, il existe d'autres tensions qui ont opposé la France aux Seychelles de RENÉ. Nous allons voir quelles sont ces tensions et comment elles sont présentées.

D'abord, il y a l'adhésion française à la COI. On apprend que les Seychelles ont décidé de bloquer l'adhésion de la France dans cette commission : elle est présentée comme étant hostile à cette adhésion, au même titre que l'Inde et l'Australie, deux États riverains de l'océan Indien. D'après la LOI, les pays membres de la COI, dont les Seychelles, auraient subi des pressions discrètes des États-Unis et du Royaume-Uni, soucieuses de contenir l'influence française dans la région. À cause de cette décision seychelloise, les relations entre la France et les Seychelles se sont considérablement refroidies. La France a alors choisi d'exercer des pressions sur les Seychelles226. Cela semble avoir porté ses fruits puisque deux mois plus tard, la France adhère à la COI.

On peut voir qu'une nouvelle tension avec la France s'est déroulée en 1986. En juillet 1986, le président des Seychelles a écrit à REAGAN, TCHATCHER mais aussi à MITTERRAND pour dénoncer un complot des services américains, britanniques et français fomenté à Paris dans le but de déstabiliser les Seychelles227. Jacques GARCIN, conseiller français auprès de RENÉ, aurait transmis la lettre décrivant le complot intitulé « Distant Lash » à MITTERRAND le 4 juin 1986228. En raison de ce complot, le régime a interdit les navires français de mouiller à Victoria pour les festivités du 5 juin 1986, laissant plutôt ceux des Soviétiques229. Un an après l'éphémère crise, RENÉ a affirmé au Point que ce n'était qu'une fausse rumeur de complot230. D'après la LOI, la présence de l'Albatros et la nomination d'un nouvel ambassadeur français en 1987 devaient rassurer le régime socialiste231.

Ensuite il y a eu l'affaire du Monte Confurco, bateau de pêche appartenant à une société mixte seychello-espagnole établie sur l'île de Mahé. Ce navire, intercepté par la marine française le 8 novembre 2000, aurait pêché illégalement dans les eaux des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). La LOI présente le procès au Tribunal international de la mer de Hambourg à travers deux articles parus les 9 et 23 décembre 2000. On apprend que les Seychelles ont saisi le tribunal et qu'elles sont défendues par Me Ramon Garcia SALGADO. Le premier jugement rendu désavoue partiellement la France. L'avocat a ensuite estimé que les Seychelles souhaitaient « sortir de cette affaire « du tourbillon médiatique et politique » au sein duquel [...] « les autorités françaises » tentaient de l'inscrire ».

226 « Tension avec Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 23 novembre 1985.

227 « Les dix du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987 ; Op. cit. BIANCHINI Roger, « Nous ne sommes la colonie de personne... », Le Point, 7 juin 1987.

228 « Satisfecit américain », La Lettre de l'Océan Indien, 18 juillet 1987.

229 Op. cit. « Les dix du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987.

230 Op. cit. BIANCHINI Roger, « Nous ne sommes la colonie de personne... », Le Point, 7 juin 1987.

231 Op. cit. « Les dix du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987.

Comme nous l'avons vu précédemment, les Seychelles ont une dette considérable. D'après la LOI, elle s'élève en 2002 à 23 millions d'euros232. Nous constatons à travers un

article de la LOI paru le 24 février 2001 que depuis quelques années, à partir de cette date, les relations entre la France et les Seychelles sont devenues très limitées à cause du remboursement de la dette seychelloise envers l'AFD233. Cette agence finance les projets de développement des pays émergeants. Les Seychelles ayant des problèmes d'arriérés de remboursement de sa dette envers l'agence, celle-ci a cessé de financer les projets du gouvernement seychellois depuis quatre ans, donc 1997, d'après la LOI. Donc, cela peut provoquer quelques complications dans la coopération bilatérale pourtant jugée fructueuse. Cela explique pourquoi France-Albert RENÉ « snobe Paris »234. C'est sans doute pourquoi le ministre français JOSSELIN s'est rendu aux Seychelles : pour renouer le contact entre la France et les Seychelles d'après l'hebdomadaire.

232 « L'opposition en visite à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 28 septembre 2002.

233 « Josselin fait la leçon à René », La Lettre de l'Océan Indien, 24 février 2001.

234 Op. cit. « L'opposition en visite à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 28 septembre 2002.

Chapitre VII : Les relations seychello-réunionnaises

La Réunion, département d'outre-mer, est le territoire français le plus important de l'océan Indien. Avec Djibouti et Mayotte, elle sert de base à la présence française dans l'océan Indien237 : en effet, elle abrite le quartier-général de ses forces pour le sud de cet océan avec 2 800 hommes, bien que l'essentiel de la flotte soit basée à Djibouti238. Elle a donc un poids régional important. Elle est même considérée comme la « vitrine de la France » de l'océan Indien239. Sans la Réunion, la présence française dans l'océan Indien n'a pratiquement plus aucune raison d'être240. La Réunion intéresse, voire attire les pays voisins, dont les Seychelles - les sociétés réunionnaises et seychelloises sont parentes241. Il est donc important, voire indispensable, d'évoquer les relations entre la France et les Seychelles de RENÉ à travers les liens entre l'archipel et la Réunion.

237 WAUTHIER Claude, Quatre présidents et l'Afrique. De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand. Quarante ans de politique africaine, Paris, Éditions du Seuil, 1995.

238 DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993.

239 Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

240 Op. cit. DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993.

241 Op. cit. Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

242 TENAILLE Frank, « Un coup d'État renverse l'homme des britanniques », Rouge, 6 juin 1977.

A) Les premières relations à travers les liens entre le SPUP et le PCR

Les premiers éléments de la presse française sur les relations franco-seychelloises se portent sur les relations entre le SPUP, parti de RENÉ au pouvoir, et le PCR (Parti communiste réunionnais). Le PCR est l'un des principaux partis communistes de la Réunion. Il est proche du SPUP de RENÉ. Quatre articles ont été identifiés : le premier est paru dans Rouge le 6 juin 1977, c'est-à-dire au lendemain du coup d'État qui a porté au pouvoir RENÉ et l'équipe socialoprogressiste ; viennent ensuite Le Monde et Le Figaro le 5 mai 1978 ainsi que Libération le 13 septembre de la même année.

Tout d'abord, on relève une supposition émise par Frank TENAILLE au lendemain du coup d'État des partisans de RENÉ. D'après le journaliste de Rouge, le parti de RENÉ aurait « agit en coordination avec les forces progressistes de l'île Maurice, de la Réunion et le gouvernement malgache »242. Par conséquent, le SPUP avait déjà des relations avec le PCR tout comme avec le MMM mauricien. La coordination entre le SPUP et le PCR aurait permis en parti à RENÉ de prendre le pouvoir.

Nous pouvons observer une nouvelle fois l'existence des relations entre le parti de RENÉ et le PCR à travers la réunion des partis et organisations progressistes et révolutionnaires du sudouest de l'océan Indien. La Conférence s'est tenue au « Mahé Beach », le plus grand hôtel de l'île d'après Gérard NIRASCOU, du 17 au 24 avril 1978. Durant cette conférence, les partis seychellois et réunionnais, avec les mouvements mauricien et malgache, ont condamné la politique des Occidentaux243. Avec le PCR, sans oublier les autres partis progressistes de la région, le SPUP crée le Comité permanent de liaison et d'information basé sur l'île de Mahé244.

243 NIRASCOU Gérard, « Aux Seychelles, Karl Marx contre le tourisme », Le Figaro, 5 juin 1978.

244 Le Monde, 5 mai 1978 ; LAURENT Frédéric, « La route du pétrole passe par les Seychelles », Libération, 13 septembre 1978.

245 AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

B) De la « pomme de la discorde »...

Comme nous l'avons vu précédemment, il y avait eu des tensions entre la France et les Seychelles autour du statut de la Réunion. (cf. Chapitre VI L'État des relations). Nous avons vu que la Réunion en tant que département français a été remis en cause par les Seychelles de RENÉ qui ont fait partie du Comité had hoc de l'OUA. Elle constituait donc une « pomme de la discorde » entre la France et les Seychelles, d'après Jacques AMALRIC245. Les relations entre la Réunion et les Seychelles étaient sans doute assez houleuses malgré les liens culturels, démographiques et économiques anciens qui les unissent. Pourtant, les journalistes ne donnent aucune description des relations seychello-réunionnaises durant cette discorde.

C) ... jusqu'à l' « aubaine pour les Seychelles »

Nous allons voir quels aspects de ces relations sont décrits par les journaux français. Avant de débuter notre étude, nous constatons que les informations sont peu nombreuses et qu'elles proviennent largement de la LOI : dix articles de notre corpus contre trois du Monde.

Près de dix ans après la fin du contentieux, Jacques AMALRIC présente, au moment de la visite de MITTERRAND aux Seychelles en juin 1990, la Réunion comme « une aubaine pour les Seychelles ». En effet, d'après le journaliste, elle formait une tête de la coopération francoseychelloise qui contribue au développement des Seychelles. Le journaliste a bien vu que la coopération française par le biais de la Réunion n'a cessé de se développer. Nous allons voir dès lors quel a été son développement.

diplomatiques et politiques, presque aucun élément n'a été trouvé, si ce n'est la visite de délégations industrielles menée par des personnalités réunionnaises ou françaises, ou encore la venue du préfet de la Réunion, Jean ANCIAUX et le président du Conseil régional, Pierre LAGOURGUE, les 8 et 12 juillet 1988 - pendant cette visite, ils ont rencontré le président RENÉ246. Toutefois, un seul article plus détaillé a été identifié. Il est paru dans la rubrique « Diplomatie » de la LOI le 14 janvier 1984 sous le titre de « Signature d'un accord de coopération ». Cet article évoque la signature d'un accord général de coopération entre les États membres de la COI nouvellement créée. Dans cet article, on peut constater que la Réunion a participé à la réunion, qui s'est déroulée les 9 et 10 janvier, en tant qu'observateur (cf. chapitre IX « La France et les Seychelles à travers les réunions internationales »). Il faut attendre le 10 janvier 1986 pour voir la Réunion intégrer la COI.

Ensuite, on peut constater qu'une seule allusion aux relations militaires entre la Réunion et les Seychelles a été identifiée : la formation de deux hélicoptères seychellois à la Réunion pour 1989247 (cf. Chapitre XIII « Les relations militaires »).

Des informations dans le domaine sanitaire ont été fournies par les journaux français. Ainsi, nous pouvons voir que l'administration française à la Réunion prenait en charge les soins des Seychellois dans les hôpitaux réunionnais, hormis pendant l'éphémère crise qui a opposé la France et les Seychelles en 1985 (cf. chapitre VI « L'état des relations »). Dès 1992, un partenariat hospitalier entre le Centre hospitalier départemental (CHD) de Saint-Denis de la Réunion et l'hôpital de Victoria se met en place puis se renforce en 1996248. La même année, la Réunion exhorte ses voisins, dont les Seychelles, à lutter contre le SIDA249. (cf. chapitre XI Les relations sanitaires).

Les articles traitant de manière plus approfondie la coopération seychelloréunionnaises portent sur les relations économiques entre la Réunion et les Seychelles (cf. Chapitre XIV « Les relations économiques », p...). Ces relations sont visibles dans les articles de la LOI. Un premier article de taille modeste, intitulé « En concurrence avec la Réunion » parait le 24 décembre 1983. L'article évoque le risque d'une concurrence entre la Réunion et les Seychelles en termes d'accueil de thoniers en raison de l'impasse à cette époque des négociations sur la pêche entre les Seychelles et la CEE. Dans un article intitulé « Baisse du déficit commercial » paru le 9 juin 1984, on peut constater que la Réunion est, avec le Pakistan, le Japon et l'Algérie, l'un des principaux clients des Seychelles. Il est également, avec le Japon, le principal client pour le poisson seychellois. Un autre article de la LOI, datant du 7 juillet 1984, confirme ce fait en précisant qu'une partie des tonnages pêchés - d'après la FAO, la pêche artisanale seychelloise s'est élevée à 5 000 tonnes en 1981 - est réservée à l'exportation, « essentiellement vers la Réunion ». On sait que 80 % de l'importation réunionnaise en provenance des Seychelles est constituée de poissons. Pourtant, les échanges entre la Réunion et les Seychelles étaient modestes à cause des faibles ressources économiques de l'État-archipel, et les exportations réunionnaises vers les Seychelles étaient faibles250. Le 18 novembre 2000, la LOI annonce que Parabole Réunion débarque sur les écrans seychellois. En effet, la société de télévision par satellite réunionnaise a entamé des négociations avec les autorités seychelloises pour obtenir l'autorisation d'émettre aux Seychelles.

246 « Renforcement de la coopération avec la Réunion », La Lettre de l'Océan Indien, 16 juillet 1988.

247 « Coopération militaire tous azimuts », La Lettre de l'Océan Indien, 3 décembre 1988.

248 « Aide médicale de Paris », La Lettre de l'océan Indien, 20 janvier 1996.

249 FOLLÉA Laurence, « L'île de La Réunion exhorte les pays voisins de l'Océan Indien à lutter contre le sida », Le Monde, 31 décembre 1996.

250 Op. cit. Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

En dehors des articles sur les relations économiques dans le domaine de la pêche, nous pouvons évoquer les investissements réunionnais effectués suite à deux missions industrielles réunionnaises aux Seychelles en mai et fin octobre 1987. Ainsi, on peut voir que le groupe Chane-Nam a décidé d'implanter trois petites unités dans l'agro-alimentaire, qu'Apavou finançait un projet d'hôtel chiffré à 40 millions de FF (plus de 6 150 000 d'euros251), que Bourbon-Bois a obtenu des marchés dans l'habitat social et que la société Profilage de la Réunion « pourrait fournir les Seychelles en hangars et en tôles métalliques ». À cela on peut rajouter l'aide d'un million de dollars à Air-Seychelles par la Banque française commerciale-Océan Indien (BFCOI), ainsi que l'investissement de trois sociétés de pêche de la Réunion et des Ets I.A.Ravate aux Seychelles252. En cinq lignes, un article de la LOI évoque la création future de sociétés mixtes entre des entreprises réunionnaises et seychelloises après la visite d'une délégation d'industriels réunionnais dirigée par Claude-Francis GODERIAUX, conseiller du commerce extérieur français253. Le 16 juillet 1988, on apprend que la coopération entre la Réunion et les Seychelles s'est renforcée: le préfet de la Réunion et le président du Conseil général ont participé personnellement aux négociations d'un contrat favorable à l'entreprise Bourbon-Bois.

251 D'après nos calculs.

252 « Investissements réunionnais », La Lettre de l'Océan Indien, 7 novembre 1984.

253 « Sociétés mixtes », La Lettre de l'Océan Indien, 26 mars 1988.

254 « Visite du ministre des Affaires étrangères de la République des Seychelles », News Press, 4 octobre 2002.

255 « Entretien du Ministre délégué à la coopération et à la Francophonie avec les autorités seychelloises », News Press, 13 février 2003.

Enfin, les derniers éléments dont nous disposons par la biais de notre corpus sur les relations entre la Réunion et les Seychelles de France-Albert RENÉ, proviennent de deux bulletins émis par l'agence de presse française News Press. Le premier date du 4 octobre 2002 et évoque la visite en France du 2 au 4 octobre du ministre seychellois des Affaires étrangères, Jérémie BONNELAME. Il se serait entretenu avec le ministre délégué de la Coopération et de la Francophonie, Pierre-André WILTZER, sur une coopération décentralisée, notamment avec la Bretagne et bien sûr la Réunion, sur la pêche et le tourisme254. Dans un bulletin datant du 13 février 2003, on apprend qu'un accord de coopération entre la Réunion et les Seychelles a été signé en présence du ministre BONNELAME. Selon ce bulletin d'information, cet accord élargit la coopération entre la Réunion et les Seychelles à tous les secteurs. Parmi les secteurs cités, il y a le tourisme, la pêche, l'aménagement du territoire, la sauvegarde de

l'environnement, la francophonie, et on peut constater qu'il y a d'autres domaines que le bulletin d'information a préféré ne pas citer, car ils devaient être nombreux255. La coopération entre la Réunion et les Seychelles jusqu'à la fin de règne de RENÉ aurait été plus restreinte. Néanmoins, cet accord confirme le renforcement de plus en plus accru des relations entre les deux territoires depuis les années 80.

Si l'on dispose d'un aperçu des relations économiques et si l'on a rappelé le conflit autour du statut du département d'outre-mer, il n'en demeure pas moins que les relations entre la Réunion et les Seychelles sont très mal couvertes par les journaux français. Sans La Lettre de l'Océan Indien, il aurait été quasiment impossible d'évoquer ici les relations entre la Réunion et les Seychelles à l'époque du président RENÉ. Toutefois, cela ne signifie pas qu'il en est ainsi dans l'ensemble de la presse écrite française. Si les journaux métropolitains semblent bouder les relations entre le département d'outre-mer et l'État-archipel de l'océan Indien, on suppose que cela s'avère différent pour les magazines franco-africains comme Afrique-Asie ou encore les journaux français publiés dans les territoires français de l'océan Indien, notamment à la Réunion. La meilleure référence pour cette île serait Le Quotidien de la Réunion.

Chapitre VIII : L'imbrication de la France et des

Seychelles

Nous parlons ici d'« imbrication » en désignant en même temps l'ingérence, la participation ou la réaction de la France et des Seychelles à un événement de la politique intérieure de l'un et de l'autre, ou encore le suivi de l'évolution du pays par les diplomates. La politique intérieure des États fait partie de la vie diplomatique. Lors de rencontres diplomatiques ou politiques, les hommes politiques ou les diplomates parlent souvent de la situation intérieure de leur pays. Les diplomates, en particulier les ambassadeurs ou les consuls, ont pour mission de rapporter la situation intérieure des pays où ils sont accrédités. C'est parce que les instances dirigeantes d'un État sont tenues au courant de la situation des pays dans le monde par le biais des diplomates, mais aussi de la presse, qu'elles peuvent réagir à tel ou tel événement, comme un coup d'État, des élections ou à la politique extérieure entreprise par le pays. Ainsi, dans notre étude, la France suit les affaires seychelloises et inversement. Quels éléments sont rapportés par la presse française ?

A) La France dans les affaires seychelloises

Le premier aspect que nous pouvons évoquer est la réaction du gouvernement français face au nouveau régime seychellois issu du coup d'État du 5 juin 1977. Nous pouvons inclure quatre articles de notre corpus. Tout d'abord, nous avons la reconnaissance officielle du régime par l'annonce de la venue du ministre de la Coopération pour assister aux cérémonies du premier anniversaire de l'indépendance des Seychelles256. Pour La Croix, les capitales occidentales ont entériné officiellement le changement de régime. Parmi ces capitales, nous pourrions y inclure Paris257. Si les préoccupations d'indépendance des Seychelles du nouveau régime ont été entendues par Paris d'après Le Figaro258, nous pouvons supposer que le gouvernement français s'est montré inquiet des liens « apparemment » étroits entre les Seychelles et la Tanzanie progressiste de Julius NYERERE, puisque Philippe DECRAENE évoque devant le président RENÉ lui-même « l'inquiétude de certaines chancelleries » sur ce sujet259.

256 ANONYME, Le Monde, 24 juin 1977.

257 ANONYME, « La révolution du sourire », La Croix, 22 août 1977.

258 ANONYME, « Les Seychelles : clés de l'océan Indien », Le Figaro, 12 septembre 1978.

259 DECRAENE Philippe, « Nous n'accepterions en aucun cas une base militaire dans l'archipel », Le Monde, 13 septembre 1978.

États riverains » (nous pouvons penser à Madagascar ou au Sri Lanka). C'est pour cela que RENÉ, en visite à Paris du 11 au 13 septembre, a tenté d'obtenir l'appui de la France « pour que son pays vive dans [cette] « zone de paix » », d'où le titre de l'article : « France-Albert René : Une zone de paix pour les Seychelles ». Cet article met en lumière l'une des principales lignes de politique extérieure du président RENÉ : la démilitarisation de la région, le démantèlement des bases étrangères implantées dans l'océan Indien et la création d'une « zone de paix ». On la retrouve dans la Libération du 13 septembre 1978 avec la conférence des partis progressistes, dont celui de RENÉ, du 27 au 29 avril 1978, réclamant la démilitarisation de l'océan Indien et visant particulièrement les forces françaises. La volonté de neutraliser l'océan Indien et de créer cette « zone de paix » remonte au début des années 70. L'océan Indien est marqué par la guerre froide et la rivalité entre les États-Unis et l'URSS dans cette région260. De ce fait, les États riverains réagissent : le 16 décembre 1971, la proposition du Sri Lanka de créer une « zone de paix » est adoptée à l'ONU par 61 voix pour et 55 abstentions dont celle de la France261. La France est l'État le plus concerné par le projet de démilitarisation et de création d'une zone de paix dans l'océan Indien. Sa présence militaire dans la région est la plus importante, bien qu'elle soit modeste, grâce à sa flotte, mais aussi à ses bases (cf. annexe n°13). Elle s'était donc montrée défavorable en premier lieu. Mais sa position particulière la contraint à devenir favorable au projet262. L'article de La Croix correspond à ce contexte d'acceptation de la France de l'idée de créer cette « zone de paix ». Pourtant, la présence militaire française est maintenue « au nom de la paix »263. En effet, son retrait aurait été profitable pour les superpuissances, en particulier l'URSS264. La France rappelle aussi son rôle de stabilisatrice265.

260 MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, PUF, 1987.

261 LA GRANGE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

262 Op. cit. LA GRANGE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

263 MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

264 Op. cit. LA GRANGE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

265 Op. cit. MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, PUF, 1987.

Cela est vérifié avec le coup d'État manqué des mercenaires du 25 novembre 1981 et de la rébellion militaire du 17 août 1982 (cf. chapitre VI « L'état et la qualité des relations francoseychelloises ». Ce sont les événements les plus marquants de l'histoire des Seychelles sous France-Albert RENÉ. Et c'est à travers ces événements que nous remarquons le plus l'imbrication de la France dans les affaires seychelloises.

Plusieurs articles de journaux français traitent du coup d'État manqué des mercenaires et ses conséquences. Les titres du Monde, du Figaro, de La Croix, de Libération et du Matin des 27 et 28 novembre 1981 évoquent un coup d'État manqué, l'échec d'un débarquement de mercenaires sud-africains ayant fait vaciller le pouvoir, une « bataille pour l'océan Indien ». Presque tous ces articles ont une taille non négligeable. Le putsch manqué a fait la une de la LOI du 28 novembre 1981 sous la forme d'un article de grande taille (une page entière). On y décrit le

déplacement d'une centaine de mercenaires majoritairement sud-africains à bord neuf morts dont deux civils, quatre-vingt-onze mutins arrêtés dont deux des chefs de la mutinerie.

Dans son roman, La Poudrière des Seychelles, Pierre SOUBIRON présente l'ambassadeur Georges VINSON en train de suivre attentivement et discrètement la situation depuis l'ambassade de France, jumelles à la main273. Pendant la mutinerie militaire, les journaux français ont réussi à obtenir le témoignage de l'ambassadeur de France - son nom n'est pas cité - et d'un diplomate, de nationalité française également, d'où notre choix d'étudier les articles sur la mutinerie militaire dans notre sujet. L'ambassadeur et le diplomate sont des témoins oculaires puisqu'ils étaient présents à Victoria au moment des faits : ainsi donc, en prenant en compte leur statut, leurs témoignages peuvent être jugés crédibles. Malheureusement, ces témoignages ne sont présentés qu'en quelques lignes seulement : ce sont donc des brides d'informations. Le Monde du 20 août 1982 rapporte le témoignage de l'ambassadeur depuis son interview par Radio-Monte-Carlo le soir du 18 août. On apprend que George VINSON a présenté la rébellion comme étant « un règlement de compte entre militaires » et non une tentative de coup d'État. Libération rajoute d'autres éléments que ne cite pas Le Monde. Ainsi, selon l'ambassadeur, « les otages ne semblaient pas avoir été libérés » l'après-midi du 18 août et a confirmé la reprise de la radio, ainsi que le port de Victoria, après « des combats assez violents ». Le Matin a publié le 19 août 1982 le résumé de son interview, réalisé par appel téléphonique, faite à un diplomate français en poste à Mahé. D'après ce diplomate, « il s'agissait seulement d'une rébellion de la base, au niveau local, sans manipulation de l'étranger ». En effet, le régime pouvait facilement imaginer un complot étranger, en particulier celui de l'Afrique du Sud comme semblait prouver l'appel à l'aide des mutins au gouvernement de l'apartheid. Le diplomate décrit la situation aux Seychelles : « la plupart des rebelles, un groupe fort d'une cinquantaine d'hommes environ, ont été arrêtés, mais certains sont parvenus à s'enfuir et à se disperser dans la nature ». Donc, d'après lui, « tout est terminé ». Enfin, nous avons l'envoi de navires de guerre français à l'appel du président RENÉ (cf. chapitre VI « L'état et la qualité des relations franco-seychelloises »).

273 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Denoël, 1992, p.181-183.

274 « Visite du ministre des Affaires étrangères de la République des Seychelles », News Press, 1er octobre 2002 ; « Visite du ministre des Affaires étrangères de la République des Seychelles », News Press, 4 octobre 2002.

Il ne faut pas oublier d'inclure dans notre étude les articles relatant la crise diplomatique entre la France et les Seychelles après l'arrestation de CHEVALLEREAU et du débarquement forcé des marins du Topaze puisque la France est mêlée à la répression organisée par le régime seychellois (cf. chapitre VI « L'état et la qualité des relations franco-seychelloises »). Ou encore la pression exercée sur le régime de RENÉ afin de démocratiser son régime ou pour améliorer la situation des droits de l'Homme dans l'archipel (cf. chapitre IX « La diplomatie française des droits de l'Homme et de la démocratie aux Seychelles »).

Enfin, grâce à deux dépêches de News Press274, le ministre seychellois des Affaires étrangères et président en exercice de la COI, Jérémie BONNELAME, et le ministre délégué français à la Coopération et à la Francophonie, WILTZER, ont discuté de la situation intérieure des Seychelles, en particulier des élections législatives prévues prochainement et la politique économique du régime. Ainsi, ils ont discuté de la possibilité de la venue d'une mission

d'observation internationale et l'état des discussions des Seychelles avec le FMI dont dépend l'examen de la dette seychelloise au Club de Paris.

B) Les Seychelles dans les affaires françaises

Nous constatons que la presse française évoque également les Seychelles dans les affaires françaises. Mais les articles traitant ce sujet sont moins nombreux que sur la France dans les affaires seychelloises : huit articles de notre corpus. Comme quatre d'entre eux proviennent de la LOI, nous pouvons en déduire que sans cet hebdomadaire, nous avons une vision extrêmement fermée des Seychelles dans les affaires françaises. Pourtant, malgré ces articles, notre vision demeure toujours extrêmement étroite en raison des types d'informations qu'ils nous fournissent. Parmi les quatre articles de la LOI, trois évoquent la mise en garde de RENÉ au président MITTERRAND contre l'activité des opposants seychellois installés en France et le « complot » de la France contre son régime dont nous pouvons inclure Le Point du 1er juin 1987275. Nous allons donc voir quels sont les sujets traités par la presse française sur les Seychelles dans les affaires françaises.

275 « Un entretien exclusif avec le président France-Albert René (suite) », La Lettre de l'Océan Indien, 13 septembre 1986 ; « Les dix du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987 ; BIANCHINI Roger, « Nous ne sommes la colonie de personne... », Le Point, 7 juin 1987 ; « Satisfecit américain », La Lettre de l'Océan Indien, 18 juillet 1987.

276 BALENCIE Jean-Marc, La Diplomatie navale française en Océan Indien (1967-1992), Lille, Atelier national de reproduction de thèses, 1992, p. 285.

277 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.300-304.

278 HASKI Pierre, « Échec à un débarquement de mercenaires sud-africains », Libération, 27 novembre 1981.

L'élection de François MITTERRAND à la présidence de la République française le 10 mai 1981 est sans nul doute l'un des événements politiques français qui a le plus marqué les Seychelles sous France-Albert RENÉ. Nous savons qu'il y a eu une certaine euphorie dans l'Étatarchipel et que l'élection a été longuement saluée par le quotidien gouvernemental Nation. En effet, il y a la mise en place d'un régime socialiste en France - donc un gouvernement proche de celui des Seychelles - reposant sur une idéologie tiers-mondiste et généreuse276, et MITTERRAND a déclaré être pour le changement dans la logique de la coopération et du dialogue277. Dans Libération, Pierre HASKI cite un extrait d'une interview publiée par AfriqueAsie sur la réaction du gouvernement seychellois à l'élection de MITTERRAND278. On apprend que le régime socialiste a été soulagé. RENÉ justifie ce soulagement aux attentes de changement de son gouvernement envers le nouveau régime français. En effet, en cette période de crise diplomatique (1979-1981), RENÉ présentait la France comme l'une des trois principales sources de déstabilisation des Seychelles, avec les États-Unis et l'Afrique du Sud. Le régime de RENÉ espère donc ne pas être déçu.

Le 29 mars 1986, la LOI publie un article en reprenant un autre paru dans le Canard enchaîné du 19 mars 1986 et intitulé « Baby Doc chez Papy Médecin ». Les deux articles se portent sur la négociation entre la France et les Seychelles sur la possibilité que l'État-archipel accueille comme terre d'exil le dictateur haïtien Jean-Claude DUVALIER dit Baby Doc, renversé par la rue le mois précédent et se trouvant alors en France, d'où le titre de la LOI : « Négociation sur Baby Doc ». Pierre SOUBIRON évoque ces négociations dans son roman. D'après le Canard enchaîné, RENÉ aurait accepté d'accueillir sur le sol seychellois DUVALIER sous deux conditions. La première condition aurait été acceptée par la France : il a exigé le renforcement de la coopération franco-seychelloise. La deuxième, par contre, aurait été refusée, ce qui explique pourquoi le dictateur déchu d'Haïti soit encore présent en France. Cette condition portait sur le financement des États-Unis au gouvernement seychellois « pour remercier les Seychelles de leur hospitalité ». D'après le Canard enchaîné, les Américains ont en fait manoeuvré pour que l'ancien dictateur haïtien reste en France pour écorcher l'image de la France aux yeux d'Haïti et réduire ainsi son influence dans ce pays.

Le 12 janvier 1996, Le Monde publie une liste de cent-soixante-et-onze pays représentés aux obsèques de MITTERRAND célébrées à Notre-Dame. Parmi ces pays et chez les États africains, il y a les Seychelles. En revanche, aucun nom n'est cité. Étant donné que la majorité des personnes présentes sont des dirigeants, on peut supposer que c'est RENÉ en personne qui a assisté à la cérémonie.

La presse nous permet de voir la diplomatie dans la politique seychelloise principalement à travers le coup de force manqué des mercenaires et la rébellion militaire. On peut voir que la France est impliquée dans la politique de RENÉ de démilitarisation et de création d'une « zone de paix » dans l'océan Indien. En revanche, la presse, y compris la LOI, ne nous fournit pas assez d'informations sur la France dans les affaires seychelloises telles les élections, la politique étrangère des Seychelles ou l'évolution politique de l'archipel. La presse française nous donne encore moins d'informations sur les Seychelles du président France-Albert RENÉ dans les affaires françaises. Parmi les éléments qui ne sont pas couverts, il y a la réaction des Seychelles face à la politique étrangère de la France vis-à-vis de l'Afrique, en particulier au Tchad dans les années 70 ou encore après l'élection de Jacques CHIRAC le 7 mai 1995. La réaction seychelloise de l'élection de François MITTERRAND n'est pas assez évoquée, et nous savons pourtant que les Seychelles, son gouvernement et ses habitants étaient très enthousiasmés, voir euphoriques. Et nous savons également que la France faisait souvent la une de Nation, le seul journal autorisé par le régime entre 1979 et 1991. Donc, la presse métropolitaine ne constitue pas une excellente source sur l'imbrication de la France et des Seychelles. Néanmoins, elle nous donne des indications pouvant nous orienter, et il y a la possibilité de renforcer l'étude sur l'imbrication de la France et des Seychelles avec les journaux d'outre-mer, la presse seychelloise279, des témoignages des acteurs des relations franco-seychelloises et enfin les documents d'archives diplomatiques françaises et seychelloises.

279 Il faudra faire preuve de prudence vis-à-vis des articles de presse seychelloise. S'il existe quelques rares journaux libres entre 1977 et 1979 avant d'être remplacés par un quotidien unique jusqu'en 1992, l'information n'était pas libre : elle était même contrôlée par le gouvernement socialiste.

Chapitre IX : La diplomatie française des droits de

l'Homme et de la démocratie aux Seychelles

Comme pratiquement partout en Afrique et dans l'océan Indien, les Seychelles n'ont pas échappé au phénomène des régimes autoritaires. Lors de l'accession au pouvoir de France-Albert RENÉ, une dictature s'est établie (1977-1991). Ensuite, une période dite de « transition démocratique » s'ouvre (1992-1993) pour déboucher sur le « Constitutionnalisme libéral ». La France, quant à elle, a développé une diplomatie des droits de l'Homme et de valorisation de la démocratie. Comment cette diplomatie est-elle présentée ? C'est ce que nous tenterons de voir à travers les trois phases du régime seychellois.

A) La dictature révolutionnaire vue par la presse française (1977-1991)

D'abord, pour mieux comprendre la politique française des droits de l'Homme, il nous faut connaître la nature autoritaire de Victoria. Il serait intéressant de voir comment cette nature est décrite par la presse française. Derrière le paradis touristique se trouve « l'envers de la carte postale » d'après Serge RAFFY. Des aspects autoritaires du régime « révolutionnaire » sont disséminés dans de nombreux articles de presse française : plus de cent-dix. Ces aspects sont globalement cités en quelques mots ou lignes. En dehors de ceux publiés dans la LOI, les articles qui décrivent le mieux la dictature de RENÉ seraient Le Matin du 27 novembre 1981, Le Monde des 27 décembre 1986 et 13 juin 1990, et le Quotidien de Paris du 22 octobre 1991. En étudiant notre corpus, nous pouvons dresser un portrait global de cette « principauté autocratique »280 telle qu'elle est présentée par la presse française.

280 AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

281 DECRAENE Philippe, « Coup d'État aux Seychelles », Le Monde, 7 juin 1977.

282 C. Y., « Seychelles : cent mercenaires font vaciller le pouvoir », Le Matin, 27 novembre 1981.

283 « Les dix ans du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987.

Dès l'arrivée de RENÉ au pouvoir, les institutions sont suspendues281 jusqu'à l'octroie d'une nouvelle Constitution en 1979. Durant cette période, RENÉ gouvernait par décret282. Le nouveau régime prend une orientation socialiste, progressiste et révolutionnaire. Le régime socialiste est souvent présenté comme marxiste par la presse française. L'anniversaire du coup d'État est systématiquement célébré, notamment le dixième283.

Il y a des allusions sur la concentration des pouvoirs de RENÉ, surtout à travers la LOI. Il est à la fois président de la République et secrétaire-général du SPPF (Front progressiste du peuple seychellois)284. L'hebdomadaire constate qu'au fil du temps l'équipe gouvernementale se réduit, RENÉ prenant la place de certains de ses ministres. De sept ministres en 1977285 on passe à

quatre en 1986286. L'existence d'un culte de la personnalité développé par les Nord-Coréens est évoquée seulement par la LOI des 30 juin 1984 et 15 juin 1985.

284 La Lettre de l'Océan Indien, 30 juin 1984.

285 Op. cit. « Le coup d'État aurait fait plusieurs morts », Le Monde, 8 juin 1977.

286 « L'armée décapitée », La Lettre de l'Océan Indien, 20 septembre 1986.

287 LANGELLIER Jean-Pierre, « La Constitution « socialiste » va officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

288 DECRAENE Philippe, « Nous n'accepterions en aucun cas une base militaire dans l'archipel », Le Monde, 13 septembre 1978.

289 RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel Observateur, 26 mars-1er avril 1992.

290 « Élections législatives et libérations de mercenaires », La Lettre de l'Océan Indien, 6-13 août 1983.

291 BARRIN Jacques de, « Victoria et le « coup d'État permanent » », Le Monde, 27 décembre 1986.

292 Cf. Annexes.

293 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Denoël, 1992, p.120.

294 Op. cit. RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel Observateur, 26 mars-1er avril 1992.

295 CAMBON Paul, « Seychelles : Lénine au paradis », Quotidien de Paris, 22 octobre 1991.

296 Op. cit. RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel Observateur, 26 mars-1er avril 1992.

297 « Assassinat du chef de l'opposition », La Lettre de l'Océan Indien, 7 décembre 1985.

298 « Succès économiques, difficultés politiques », La Lettre de l'Océan Indien, 12 octobre 1985.

L'existence d'un parti unique est l'un des aspects les plus évoqués par la presse française. Depuis le coup d'État, seul le parti de RENÉ, le SPPF, est autorisé287. Lors d'une interview qu'il a accordée au Monde le 13 septembre 1978, RENÉ confirme l'établissement du monopartisme pour éviter à tout prix la division du pays288, reprenant la justification utilisée par les régimes monopartites africains. Dix-sept « branches » (sections) du parti encadrent la population289. L'Assemblée législative a des pouvoirs très limités290. RENÉ est régulièrement réélu en candidat unique. Cette absence de démocratie est dénoncée à certaines reprises dans les journaux français.

La population seychelloise serait ainsi lourdement encadrée291. On évoque la volonté de créer une nouvelle société et l'existence d'organisations de masse dépendant du SPPF. Le National Youth Service qui « embrigade » et « endoctrine » des jeunes de 15-17 ans est très souvent cité par la presse française. Il existe une photographie publiée représentant ces jeunes défilant en uniforme292. La branche « sait tout, entend tout, contrôle tout ». D'après Pierre SOUBIRON, il existerait même un service de renseignement intérieur infiltrant la société seychelloise : le CDI293. Il y aurait un flicage à la mode de Cuba294 et la population aurait peur des délations295.

L'opposition est quant à elle muselée. Elle subit des arrestations arbitraires, voire des disparitions mystérieuses296. L'assassinat à Londres du principal chef de l'opposition, Gérard HOAREAU, le 29 novembre 1985, a fait l'objet d'un article de taille colossale - une page et demie - à la une de la LOI297. Le système policier se renforce298 et peut se montrer violent299. On évoque aussi de nombreux exilés : plus de 12 % de la population300 dont de nombreux cadres. Des opposants sont tournés en ridicule lors d'un feuilleton radio301. RENÉ a d'ailleurs avoué à la LOI du 6-13 septembre 1986 avoir fait poser des écoutes chez ses opposants exilés en France. Enfin, un seul article évoque la torture, infligée aux prisonniers de la prison de Grand Police302.

Le manque de liberté de la presse ou d'expression est évoqué à certaines reprises. Le journal Week-end Life a fermé à la fin de l'année 1979303 et la présence signalée par la presse française d'un quotidien unique au service du gouvernement, Nation, constitue un exemple parfait de la suppression de la liberté d'expression.

En étudiant ces articles, on se rend compte que le régime de RENÉ est paranoïaque : il imagine des complots partout. C'est véritablement la théorie du complot (phénomène fréquent dans une dictature). C'est néanmoins l'aspect le moins évident à cerner. Il aurait été développé par l'attaque des mercenaires sur les Comores socialistes en mai 1978. Nombre d'articles font allusion à la psychose du régime, comme le « complot » de la France304. Et cette crainte du régime conduit malheureusement celui-ci à se radicaliser305.

D'autres aspects sont évoqués comme l'interdiction de manifestations306, l'existence d'une milice ou encore du SMB qui contrôle l'activité économique de l'archipel307. Cependant, on n'évoque pas les conditions de vie pénitentiaire ou encore l'isolement de l'Église seychelloise par la dictature. Le régime est davantage pointé du doigt, surtout par la LOI, entre 1990 et 1991 lors de la contestation démocratique dans une quinzaine d'articles.

299 BARRIN Jacques de, « Victoria et le « coup d'État permanent », Le Monde, 27 décembre 1986.

300 CAMBON Paul, « Seychelles : Lénine au paradis », Quotidien de Paris, 22 octobre 1991.

301 Op. cit. RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel Observateur, 26 mars-1er avril 1992.

302 « Sermons et lettres ouvertes pour la démocratie », La Lettre de l'Océan Indien, 3 novembre 1990.

303 ANONYME, « Le président France-Albert René dénonce l'existence d'un « complot fomenté de l'étranger » », Le Monde, 18-19 novembre 1979.

304 « Satisfecit américain », La Lettre de l'Océan Indien, 18 juillet 1987.

305 Op. cit. ANONYME, « Le président France-Albert René dénonce l'existence d'un « complot fomenté de l'étranger » », Le Monde, 18-19 novembre 1979.

306 LANGELLIER Jean-Pierre, « Le président France-Albert René dénonce l'existence « d'un complot visant à renverser le gouvernement » », Le Monde, 16 octobre 1979.

307 Op. cit. BARRIN Jacques de, « Victoria et le « coup d'État permanent » », Le Monde, 27 décembre 1986.

B) La France et la démocratisation des Seychelles d'après la presse française (1990-1993)

On peut constater que la diplomatie des droits de l'Homme de la France aux Seychelles est très peu évoquée par la presse française. La politique des droits de l'Homme est placée au « deuxième rang des priorités diplomatiques françaises ». C'est son devoir de défendre les droits de l'Homme dans le monde308. Mais au nom du réalisme, de la noningérence et de la défense des intérêts français, la France continue de soutenir des dictatures dont celle de RENÉ. D'après SOUBIRON, Paris ne condamne pas le régime en raison de la question de la Réunion, de la position délicate de la France dans la région, et surtout de la volonté française d'adhérer à la COI309. De ce fait, on ne relève aucune condamnation dans la presse française.

1. Pressions en faveur de la démocratie (1990-1991)

Il faut attendre la chute du bloc de l'Est pour qu'une remise en cause du régime soit évoquée dans les journaux. Le « vent de démocratie »310 qui touche tous les pays africains à parti unique à ce moment là n'a pas épargné l'archipel seychellois. On peut dès lors sentir une fragilisation du régime avec le départ des Soviétiques et des Cubains311. Les Seychelles suivirent le mouvement démocratique dès février 1990 comme l'explique la LOI, lorsque l'ancien président en exil, Sir James MANCHAM, entreprend sa « croisade pour la démocratie ». Le mouvement semble prendre de l'ampleur dès avril après le départ de RENÉ pour un voyage de deux mois à l'étranger : début d'activation de l'opposition312, distributions de tracts, et réclamation du ministre des Finances James MICHEL de « transparence » et de « démocratie »313. MANCHAM lance une campagne de sensibilisation dans les pays occidentaux. Ainsi, on le voit en France, rencontrant Jacques CHIRAC et donnant une interview à la LOI314. L'ancien ministre exilé en France, Maxime FERRARI, se lance lui aussi dans la campagne et prône la réconciliation nationale315. RENÉ, dans son discours prononcé le 5 juin, affirme son hostilité au changement et invite les personnes à quitter le « bateau de la révolution », réaction jugée inédite316.

La France aurait commencé à exercer une pression réelle sur le régime socialiste lors de la visite du président MITTERRAND aux Seychelles le 11 juin 1990 lors de sa tournée dans les îles du sud-ouest de l'océan Indien. L'envoyé spécial du Monde, Jacques AMALRIC, évoque la question de la démocratisation dans une partie intitulée « Démocratie et développement » qui couvre plus de la moitié de l'article317. Le chef de l'État français aurait longuement évoqué la question de la démocratie lorsque le dictateur seychellois a abordé celle de la dette seychelloise. La phrase clé retenue est la suivante : « Il ne peut pas y avoir de démocratie sans développement (...) les deux termes sont inséparables ». Il esquisse ainsi les

grandes lignes du futur discours de La Baule. Pourtant des personnes regrettent qu'il n'ait pas évoqué le multipartisme.

308 GUILLET Sarah, Diplomatie et droits de l'homme, Paris, La Documentation française, 2008.

309 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Éditions Denoël, 1992, p.267.

310 LANGELLIER Jean Pierre, « Vent de démocratie aux Seychelles. Après quatorze années de socialisme autoritaire, cet archipel de l'océan Indien se convertit au multipartisme et libéralise son économie », 7 janvier 1992.

311 Op. cit. AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

312 « Le réveil de l'opposition », La Lettre de l'Océan Indien, 28 avril 1990.

313 « Le retour en force du président René », La Lettre de l'Océan Indien, 23 juin 1990.

314 « La difficile croisade de James Mancham », La Lettre de l'Océan Indien, 5 mai 1990.

315 « Retour de Maxime Ferrari à la politique », La Lettre de l'Océan Indien, 16 juin 1990.

316 « Albert René contre le changement », La Lettre de l'Océan Indien, 9 juin 1990.

317 Op. cit. AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

Le 20, lors du sommet franco-africain à La Baule, MITTERRAND prononce son fameux discours où il lie l'aide française aux pays africains à l'effort de démocratisation. Ce discours est en fait mal accueilli par les dictateurs africains. Même le président français l'aurait prononcé à contrecoeur318. Si on sait que c'est le ministre des Affaires étrangère, Danielle de SAINT-JORRE, qui a représenté les Seychelles au sommet319, la presse française n'évoque pas l'accueil de Victoria de ce discours. Néanmoins, on apprend peu après que RENÉ se montre pour la « transparence », tout en restant hostile au changement320, et un an plus tard, que la liaison de l'aide et de la démocratisation est considérée par le régime comme étant un diktat321.

318 MÉDARD Jean-François, « Les avatars du messianisme français en Afrique », L'Afrique politique 1999, Bordeaux, Centre d'étude d'Afrique noire, 1999, p.30.

319 HUGUES Jean-Paul, Prime à la démocratisation ? (16ème sommet, La Baule, 1990), consulté sur http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/afrique_1063/sommets-afriquefrance_326/prime-democratisation-16eme-sommet-baule-1990_1578.html le 14 février 2010.

320 « La transparence sans le changement », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juin 1990.

321 « Modalités de vote pour les élections locales », La Lettre de l'Océan Indien, 19 octobre 1991.

322 « Les limites à la liberté d'expression », La Lettre de l'Océan Indien, 10 novembre 1990.

323 « Le parti unique favorable à des réformes », Le Monde, 9 avril 1991.

324 « Le président démissionnera si le multipartisme l'emporte », Le Monde, 8 juin 1991.

325 CAMBON Paul, « Seychelles : Lénine au paradis », Quotidien de Paris, 22 octobre 1991.

326 « Contre-offensive diplomatique du président René », La Lettre de l'Océan Indien, 20 juillet 1991.

327 Op. cit. « Contre-offensive diplomatique du président René », La Lettre de l'Océan Indien, 20 juillet 1991 ; Op. cit. CAMBON Paul, « Seychelles : Lénine au paradis », Quotidien de Paris, 22 octobre 1991.

Une trentaine d'articles publiés entre juin 1990 et décembre 1991 décrivent la lutte pour la démocratie à travers l'organisation et les campagnes de l'opposition, surtout à travers MANCHAM et FERRARI ; volonté de tenir une conférence de réconciliation ; distributions de tracts ; grogne des députés seychellois ; pression de l'Église seychelloise, et encore... RENÉ est décrit à plusieurs reprises comme étant agacé par ces pressions et les conseils en faveur de la démocratisation. Des arrestations sont évoquées, surtout celle de Jean-François FERRARI, le fils de l'ancien ministre322. Si le 6 avril 1991 le SPPF se déclare à l'idée d'organiser un référendum sur des réformes323, RENÉ menace de démissionner si le multipartisme l'emporte, car selon lui, « l'économie ne survivrait pas »324, discours qu'on retrouve à la une de la LOI du 8 juin 1991. Dans cet article, ainsi que ceux du 20 juillet et du Quotidien de Paris du 22 octobre 1991, RENÉ considère la pression des pays Occidentaux comme étant un complot, propos tenus peu après avoir rencontré MITTERRAND à Paris le 15 mai. Ce dernier lui a fait un long plaidoyer en faveur de la démocratie. D'après Paul CAMBON, il aurait souligné la nécessité pour Victoria de libéraliser son régime, et n'a reçu que des réponses évasives de RENÉ325. Ce dernier prétend pourtant ne subir aucune pression, y compris de la part de la France326. Entre juillet et novembre, on voit que MANCHAM, ainsi que FERRARI, multiplient les visites en France et à l'étranger327. Pendant ce temps, la France continue d'agir. Ainsi, vers le mois de juin 1991, le sousdirecteur pour l'Afrique australe et l'océan Indien au Ministère des Affaires étrangères français, Guy YELDA, s'est entretenu avec son homologue allemand, Hans OVER, aux sujet des Seychelles et a tenté de coordonner leur pression328, et en octobre 1991, un représentant de l'ambassade de France aux Seychelles soutient Kathleen PILLAY qui tentait difficilement de rentrer dans l'archipel329.

Il fallut attendre le 6 décembre pour apprendre dans Le Monde et le 7 dans la LOI que RENÉ autorise enfin le rétablissement du multipartisme et le retour des exilés lors du congrès du SPPF du 3 décembre. RENÉ aurait senti la lassitude du peuple envers son système lors des élections locales du 1er décembre et voulait éviter une solitude coûteuse330. D'après la LOI du 14 décembre, il s'agit d'une tactique pour rester à la tête de l'État, puisqu'il ne pouvait briguer de nouveau mandat : il lui fallait une nouvelle Constitution. C'est donc la glasnost, la mort de Marx331, la fin de quatorze années de socialisme autoritaire332.

On peut dès lors constater que la lutte des opposants et les pressions, dont celle de la France, ont contraint RENÉ à initier un processus démocratique dans son pays. On a également observé une certaine implication de la France dans cette lutte à travers la presse française. Qu'en est-il lors du processus démocratique ?

2. La transition démocratique (1992-1993)

La transition a commencé en janvier 1992 et a pris fin en juillet 1993, soit dix-huit mois après. Nous allons voir comment s'est déroulée cette transition et comment la France l'a accompagnée selon la presse française.

Dans certains articles, comme celui de Jean-Pierre LANGELLIER, publié le 7 janvier 1992, RENÉ donne des garanties, tels que l'ouverture de la télévision et de la radio aux opposants ou encore le remplacement de la radio d'État par une station indépendante. L'économie se libéralise. Le président autorise même la création d'un Institut pour la démocratie333. Neuf partis d'opposition apparaissent334. Le 16 avril, Le Monde annonce le retour d'exil de MANCHAM depuis le 13, accueilli par 20 000 de ses partisans. Néanmoins, on peut constater des limites dans ce début de transition : on dénonce sa maîtrise par le SPPF, le contrôle des médias et les « conditions injustes » qu'aurait subies l'opposition335, ainsi que le refus de RENÉ de tout compromis sur la composition du Seychelles Broadcasting Corporation. D'après la LOI, RENÉ chercherait à semer la zizanie dans l'opposition336.

328 « Appel à une conférence de réconciliation », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juillet 1991.

329 « Conditions au retour des exilés », La Lettre de l'Océan Indien, 2 novembre 1991.

330 Op. cit. LANGELLIER Jean Pierre, « Vent de démocratie aux Seychelles. Après quatorze années de socialisme autoritaire, cet archipel de l'océan Indien se convertit au multipartisme et libéralise son économie », 7 janvier 1992.

331 Op. cit. RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel Observateur, 26 mars-1er avril 1992.

332 Op. cit. LANGELLIER Jean Pierre, « Vent de démocratie aux Seychelles. Après quatorze années de socialisme autoritaire, cet archipel de l'océan Indien se convertit au multipartisme et libéralise son économie », 7 janvier 1992.

333 « Un Institut pour la démocratie », La Lettre de l'Océan Indien, 22 février 1992.

334 « Déjà neuf partis d'opposition, La Lettre de l'Océan Indien, 25 janvier 1992.

335 « Les craintes de l'opposition », La Lettre de l'Océan Indien, 15 février 1992.

336 « Les limites du changement », La Lettre de l'Océan Indien, 16 mai 1992.

Cela n'empêche pas de constater une « effervescence pré-électorale », selon la LOI du 11 juillet. Le 26, les « premières élections pluralistes depuis dix-sept » - titre de l'article du Monde du 26 juillet - donnent 58,4 % et 11 sièges au SPPF, 8 au Democratic Party de MANCHAM et un seul au Parti Seselwa (Parti seychellois). 90% des électeurs ont voté337. Parmi les observateurs, on compte un français, le député de l'Essonne André WILTZER338. La cohabitation débute le 27 août avec l'élection de Joseph BELMONT en tant que président de la commission constitutionnelle339. Lors de son passage à Paris en septembre, RENÉ a présenté l'évolution politique de son pays au nouveau conseiller aux Affaires africaines de MITTERRAND, Bruno DELAYE. Les Seychelles auraient reçu sa prime à l'effort démocratique puisqu'on constate que Paris a accepté de réduire sa dette340.

titre de la LOI du 17 octobre 1992. L'opposition se prononce sur le non, déclenchant une polémique avec le SPPF343. Le 15 novembre, 53% des électeurs ont voté oui alors qu'il en fallait 60% : le projet constitutionnel est rejeté344. Des tensions apparaissent : le SPPF fait désormais cavalier seul et les opposants subissent des menaces et des pressions. MANCHAM souhaite la venue d'observateurs du Commonwealth. Le conseiller de MANCHAM, Daniel BELLE, s'est alors rendu à Paris. En effet, d'après Paul CAMBON, « l'opposition souhaiterait [...] la participation d'un constitutionnaliste français ». Pour elle, la France doit jouer un rôle indispensable dans les régions francophones. Selon l'opposition, toujours d'après CAMBON, la venue du constitutionnaliste renforcerait le poids de Paris dans l'archipel345. Jusqu'au dernier moment, avant la reprise des travaux, RENÉ se refuse à consulter MANCHAM sur l'élaboration de la Constitution346.

337 « Victoire du parti présidentielle à l'élection de la Commission constitutionnelle », Le Monde, 28 juillet 1992.

338 « Des observateurs pour les élections », La Lettre de l'Océan Indien, 25 juillet 1992.

339 « Début de cohabitation », La Lettre de l'Océan Indien, 29 août 1992 ; « L'impatience d'André SAUZIER », La Lettre de l'Océan Indien, 5 septembre 1992.

340 « Le président René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 septembre 1992.

341 « Le calendrier électoral en question », La Lettre de l'Océan Indien, 26 septembre 1992.

342 « Le SPPF adopte sa Constitution », La Lettre de l'Océan Indien, 10 octobre 1992.

343 « L'opposition dit non », La Lettre de l'Océan Indien, 24 octobre 1992 ; « Référendum constitutionnel », Le Monde, 15 novembre 1992.

344 « Rejet de la Constitution », La Lettre de l'Océan Indien, 21 novembre 1992 ; CAMBON Paul, « Ce n'est pas le paradis pour le président René », Quotidien de Paris, 17 décembre 1992.

345 Op. cit. CAMBON Paul, « Ce n'est pas le paradis pour le président René », Quotidien de Paris, 17 décembre 1992.

346 « L'indécision du Democratic Party », La Lettre de l'Océan Indien, 9 janvier 1993.

Au moment où les travaux ont repris, fin janvier 1993, MANCHAM est entré en contact avec un expert en consultation électorale, membre du RPR de Jacques CHIRAC alors maire de Paris, afin d'obtenir des conseils pour les futures élections seychelloises347. En mars, les débats constitutionnels ont été prolongés348. Les travaux prirent fin début mai349. La Constitution a été adoptée par référendum le 18 juin à 73,6 %350 avec un taux de participation de 74,66 %351. Trois candidats à la présidentielle sont présentés : RENÉ, MANCHAM, et Philippe BOULLE de l'United Opposition. On s'attendait sans surprise à la réélection de RENÉ le 23 juillet352. C'est chose faite. Il est réélu avec 59,5 % contre 36,7 % pour MANCHAM : c'est « l'écrasante victoire d'Albert RENÉ »353. Ces élections générales, qui se seraient déroulées dans le calme, auraient donné 28 sièges sur 33 au SPPF. C'est donc la fin d'une transition qui aura duré 18 mois354.

347 « Les aléas du débat constitutionnel », La Lettre de l'Océan Indien, 27 février 1993.

348 « Débats constitutionnels prolongés », La Lettre de l'Océan Indien, 27 mars 1993.

349 « Nouveau planning électoral », La Lettre de l'Océan Indien, 8 mai 1993.

350 « La nouvelle Constitution a été approuvée à une large majorité », Le Monde, 22 juin 1993.

351 « Élections générales fin juillet », La Lettre de l'Océan Indien, 26 juin 1993.

352 « Triangulaires générales fin juillet », La Lettre de l'Océan Indien, 10 juillet 1993.

353 « Écrasante victoire d'Albert René », La Lettre de l'Océan Indien, 31 juillet 1993.

354 « Le président France-Albert René a été réélu », Le Monde, 27 juillet 1993.

C) La politique française de renforcement de la démocratie et de défense des droits de l'Homme aux Seychelles d'après la presse française (1993-2004)

Il est étonnant de voir un dictateur se convertir à la démocratie. Certes, il existe des cas où d'anciens dictateurs deviennent des présidents démocratiquement élus comme le Bolivien Hugo BANZER ou récemment le Santoméen Manuel PINTO DA COSTA dont le régime était proche de celui de RENÉ. Est-il possible que RENÉ soit vraiment devenu du jour au lendemain un vrai démocrate ? Sur ce point, nous pouvons compter uniquement sur La Lettre de l'Océan Indien pour obtenir des informations médiatiques sur la présentation de la politique française de renforcement de la démocratie aux Seychelles, les autres médias ne nous donnant aucun renseignement.

Parmi les principales libertés, il y a la liberté d'aller et venir, la liberté d'expression (la liberté de la presse en fait partie), le droit à l'intégrité corporelle, le droit au respect de la vie privée, le droit de manifester, le droit de réunion et d'association355. D'après Freedom House, il n'y avait aucune liberté entre 1980 et 1992. Puis, entre 1993 et 1996, les Seychellois deviennent partiellement libres. Depuis, rien ne semble avoir changé356. Si le multipartisme est autorisé, l'exil exclu et qu'une certaine liberté d'expression existe, le régime continu d'être pointé du doigt pour ses manquements aux droits de l'Homme357. En étudiant les articles de la LOI, nous pouvons constater que ces manquements commencent à être régulièrement pointés du doigt par Paris dès 2001. Au moment où les travaux ont repris, fin janvier 1993, MANCHAM est entré en contact avec un expert en consultation électorale, membre du RPR de Jacques CHIRAC alors maire de Paris, afin d'obtenir des conseils pour les futures élections seychelloises347. En mars, les Seychelles, RAFFARIN affiche de façon sous-entendue son attachement au respect des droits de l'Homme aux Seychelles.

L'inquiétude de l'Union européenne et celle de la France sur l'état de la démocratie seychelloise, d'après les articles de la LOI, se fait ressentir dès la fin du « règne » du président RENÉ. On remarque que la France, avec l'UE, fait pression sur le régime seychellois et que pendant près de dix ans, après la fin de la transition « démocratique », la diplomatie française a nié, tout comme l'UE, les entorses à la démocratie par le régime de RENÉ

358. Ces entorses sont présentées dans La Lettre de l'Océan Indien comme étant des « problèmes aux Seychelles ». L'ambassadeur des Seychelles à Paris, Calixte d'OFFRAY, propose alors l'envoi d'une commission d'enquête sur l'état de la démocratie avec les droits de l'Homme. Aucun article français n'affirme si le président RENÉ a donné ou non son accord à l'envoi de cette commission.

La liberté de la presse, sans doute la plus importante, semble être celle qui en pâtit le plus. Voici comment la presse française nous présente la situation. Pour RAFFY, RENÉ est devenu « en quelques semaines un adepte de la liberté d'expression »359. Pourtant, il continue de la bafouer. La LOI du 24 février 2001 évoque la question avec la visite du ministre de la Coopération Charles JOSSELIN les 19 et 20 février. Dans son entretien avec RENÉ, il lui aurait rappelé l'attachement de la France à la liberté de la presse et d'expression. En effet, les deux seuls médias véritablement indépendants, Regar et Vizyon, sont menacés de fermeture à cause de plusieurs procès en diffamation par le régime. En 2002, Regar est au bord de l' « étranglement », d'où le combat en Europe des sympathisants de l'hebdomadaire. À Paris, il est mené par Pauline FERRARI, la fille de l'ex ministre et soeur de l'éditeur de Regar, JeanFrançois. On sait qu'au bout de plusieurs mois de combats médiatiques, elle a réussi à obtenir l'envoi d'une lettre de Reporters sans frontières à RENÉ et tenté d'entrer en contact avec la Fondation France libertés présidée par Danielle MITTERRAND360.

Les missions diplomatiques françaises et britanniques à Victoria relèvent des violations des droits de l'Homme et l'augmentation de la brutalité (brutalité policière et possible existence de milices pro-RENÉ). Ces informations reçues par la Commission européenne incitent l'UE, et donc la France, à modifier leur position vis-à-vis-du régime, d'où la proposition de l'ambassadeur seychellois à Paris de l'envoi d'une commission d'enquête361. Ce même ambassadeur a également envoyé au président RENÉ une sévère lettre du président du Sénat européen, Pat COX362 condamnant l'arrestation de l'éditeur de Regar et le meurtre de Thérèse BLANC-PAYET, Française étant liée - est-ce une coïncidence ? - à cette personne. Le dernier article est sans doute celui de la LOI publié le 17 janvier 2004. On apprend que Watson GRAHAM a écrit au Premier ministre RAFFARIN à propos des droits de l'Homme aux Seychelles. Donc, au moment où RENÉ se prépare à abandonner le pouvoir, les droits de l'Homme posaient toujours problèmes. Si RAFFARIN reconnaît l'augmentation des homicides, d'après lui, le pays traverse de profonds bouleversements au moment du départ du pouvoir de RENÉ. En revanche, en soutenant la poursuite de la démocratisation des Seychelles, RAFFARIN affiche de façon sous-entendue son attachement au respect des droits de l'Homme aux Seychelles.

358 « La pression européenne monte », La Lettre de l'Océan Indien, 4 octobre 2003.

359 Op. cit. RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel Observateur, 26 mars-1er avril 1992.

360 « Les lobbyistes de Regar en Europe », La Lettre de l'Océan Indien, 13 avril 2002.

361 Op. cit. « La pression européenne monte », La Lettre de l'Océan Indien, 4 octobre 2003.

362 «Sévère lettre de Pat Cox », La Lettre de l'Océan Indien, 27 septembre 2003.

qui y font allusion. Même si la France a fait pression sur les Seychelles en se faisant donneuse de leçons, il n'en demeure pas moins que la presse française n'a jamais évoqué une quelconque dénonciation de Paris du gouvernement de Victoria, ni expliqué les raisons. Mais on a pu constater que cela a changé avec la fin de la guerre froide et le début de la vague de démocratisation en Afrique. La France a, en outre, joué un rôle non négligeable en ayant été l'un des pays les plus visités par l'opposition durant la lutte pour la démocratisation, mais surtout avec la visite de MITTERRAND aux Seychelles et le discours de La Baule. Le rôle de la France dans le processus démocratique s'avère en revanche plus absent dans la presse. On a pu constater qu'il a fallu attendre le début des années 2000 pour que la diplomatie française des droits de l'Homme aux Seychelles revienne dans la presse, exclusivement dans la LOI. En conclusion, la presse française peut nous donner une idée de cette diplomatie française, mais certaines zones d'ombres demeurent, tel que l'accompagnement de la France dans le processus démocratique.

Chapitre X : Les relations franco-seychelloises à

travers les organisations internationales

L'entretien des relations diplomatiques entre deux pays ne se fait pas uniquement dans ces pays mais aussi à travers des organisations ou sommets internationaux. En effet, selon les pays et leur région, les organisations internationales peuvent jouer un rôle d'instrument dans les relations diplomatique. Par exemple, le Royaume-Uni et le Cameroun par le biais du Commonwealth ou encore la France avec également le Cameroun grâce à la Francophonie. C'est le cas pour la France et les Seychelles. Dans notre corpus n°2, plusieurs articles couvrant les liens franco-seychellois à travers diverses organisations ou sommets internationaux ont été identifiés, rendant possible l'étude de cet aspect des relations diplomatiques. Mais la presse française a-t-elle bien couverte ces liens diplomatiques à travers ces sommets ? Que peut-on voir sur le déroulement et l'entretien des relations franco-seychelloises par ces instruments de la politique étrangère ?

A) La Francophonie

D'après Hélène MAZERAN, la Francophonie a une place spécifique dans le sud-ouest de l'océan Indien363. Pour Jean-François MÉDARD, c'est l'un des fondements de l'exception française en Afrique364. La Francophonie, fondée sur l'utilisation de la langue française, joue le rôle d'instrument dans les relations franco-africaines. Ayant commencé à émerger à partir des années 50 par des Africains, elle a connu une phase décisive le 20 mars 1970 avec la création de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT). Elle a commencé à prendre sa place dans le gouvernement français dès 1973. En 1974, un service aux Affaires francophones est créé au sein des Affaires étrangères. Après plusieurs réorganisations des institutions francophones, le premier sommet de la Francophonie s'est tenu en 1986. Depuis la réunion est périodique365. La Francophonie demande l'instauration d'un nouveau type de coopération par l'échange et la complémentarité366. La Francophonie permet donc à la France d'entretenir des liens privilégiés avec ses anciennes colonies367, comme les Seychelles (colonie française jusqu'en 1810). Les Seychelles ont d'ailleurs une particularité intéressante : elles sont l'un des dix États à être à la fois membres de la Francophonie et du Commonwealth368. Il est donc important d'étudier les relations francoseychelloises à travers cette organisation.

Nous pouvons constater qu'il y a très peu d'articles de presse sur ce sujet. Même l'hebdomadaire français le mieux renseigné sur les Seychelles, la LOI, n'en parle pratiquement jamais. À cela, nous pouvons ajouter nos trois dépêches de l'agence de presse News Press. Nous constatons également que ces articles ou dépêches ne traitent presque pas des relations franco-seychelloises à l'occasion d'un sommet de la Francophonie. Leurs auteurs ont préféré aborder les discussions entre un ministre français chargé de la

Francophonie avec les dirigeants seychellois, le plus souvent sur des affaires concernant la langue française et des programmes culturels liés.

D'abord, le 12 septembre 1978, pendant sa visite à paris, le dictateur seychellois a répondu à une interview de Philippe DECRAENE. À la question de l'appartenance des Seychelles à de grands organismes interafricains ou régionaux de coopération, RENÉ a affirmé son grand attachement à l'appartenance à l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) des pays francophones - aujourd'hui Organisation internationale de la Francophonie - car, selon lui, « son action [lui] semble particulièrement efficace »369. Outre une coopération linguistique, l'ACCT permet une coopération culturelle commune entre États membres, donc entre la France et les Seychelles.

Ensuite nous avons la participation du ministre français de la Francophonie, Alain DECAUX, au quatrième Festival créole. La LOI l'évoque dans deux articles datant des 11 novembre 1989 et 3 mars 1990. La LOI constate que la participation du ministre à ce festival du 26 au 31 octobre 1989 a constitué « une sorte de consécration »370. Donc, nous pouvons présumer que sans sa présence, le festival aurait moins d'importance. Dans celui du 3 mars 1990, en plus du rappel de la participation du ministre DECAUX à ce festival, il est question de francophonie dans la cinquième commission mixte franco-seychelloise. Des programmes d'ordre culturel sont évoqués afin d'éviter une régression de la langue française. L'article n'évoque pas s'il y a eu ou non une participation d'Alain DECAUX.

Dans un article publié le 12 septembre 1992, la LOI annonce que le 8 septembre, le président RENÉ, alors en visite privée en France, a discuté avec le ministre des Affaires étrangères, Roland DUMAS, et le ministre de la Coopération, Marcel DEBARGES, sur l'organisation du prochain sommet de la Francophonie prévu à Maurice pour 1993371. Le 21 octobre 1995, l'hebdomadaire publie un autre article372 dans lequel nous apprenons que la ministre seychelloise des Affaires étrangères, du Plan et de l'environnement, Danielle de SAINT-JORRE aurait discuté, début octobre, avec le secrétaire d'État à la Francophonie, Margie SUDRE. Ces discussions portaient sur la création de l'université de l'océan Indien373 et la préparation du sommet de la Francophonie prévue à Cotonou (Bénin). C'est le seul article de notre corpus où la tenue d'un sommet de la Francophonie est évoquée. Enfin, les trois dépêches de News Press datant des 1er, 4 octobre 2002 et 13 février 2003 évoquent la rencontre à deux reprises (2-4 octobre 2002 et 12-13 février 2003) du ministre délégué de la Coopération et de la Francophonie, Pierre WILTZER, avec le ministre des Affaires étrangères et président en exercice de la COI en 2002, Jérémie BONNELAME, ainsi qu'avec les dirigeants seychellois. On peut voir que dans leurs discussions, ils ont évoqué l'avenir de la francophonie et discuté des projets culturels liés à la langue française, comme l'installation aux Seychelles des programmes de TV5.

363 MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, PUF, 1987.

364 MÉDARD Jean-François, « Les avatars du messianisme français en Afrique », L'Afrique politique, Bordeaux, Centre d'étude d'Afrique noire, 1999, p.17.

365 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p. 62-69.

366 Op.cit. MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, PUF, 1987.

367 MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

368 Consulté sur http://www.francophonie.org/Etats-et-gouvernements-.htmh et http://www.statistiquesmondiales.com/commonwealth.htm le lundi 27 juin 2011. Les neuf autres États membres sont les suivants : Cameroun, Canada, Chypre, Dominique, Ghana, Maurice, Rwanda, Sainte-Lucie et Vanuatu.

369 DECRAENE Philippe, « Nous n'accepterions en aucun cas une base militaire dans l'archipel », Le Monde, 13 septembre 1978.

370 « Quatrième Festival créole », La Lettre de l'Océan Indien, 11 novembre 1989.

371 « Le président René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 septembre 1992.

372 « Axes de coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 21 octobre 1995.

373 L'université de l'océan Indien est un programme de réseau d'enseignement et de la recherche réunissant les membres de la COI. Jouant le rôle d'université sans les murs, elle est partiellement financée par les fonds européens (SOURCE : http://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_l'Oc%C3%A9an_Indien, consulté le samedi 23 juillet 2011).

B) Les sommets franco-africains

Tout comme la Francophonie, les sommets franco-africains servent d'instrument dans les relations franco-seychelloises. Il est donc important de l'inclure dans notre étude. C'est un rituel initié par le général de GAULLE d'abord sous la forme d'une réunion informelle. Le premier sommet a été tenu en 1973, mais c'est sous GISCARD d'ESTAING que le sommet francoafricain - appelé aussi « réunion de famille » ou « retrouvaille » - a été organisé. Ces sommets représentent l'intimité des relations entre la France et les pays africains. À l'origine, seules les anciennes colonies françaises d'Afrique étaient concernées avant que cela ne s'étende vers d'autres pays d'Afrique (par exemple, la Guinée-Bissau, lusophone, en 1976). Depuis 1988, la réunion est biannuelle. Au fil du temps, ces réunions ressemblent de plus en plus aux sommets internationaux sur l'Afrique : les questions africaines sont abordées374. Le dernier sommet, le vingt-cinquième, a été tenu à Nice en 2010375. Avant d'accéder à l'indépendance, les Seychelles y assistaient en tant qu'observateur376 avant d'y intégrer après l'accession à la souveraineté nationale.

Les sommets franco-africains sont systématiquement évoqués dans la presse française. Toutefois, il est infiniment rare qu'on décèle une trace de la participation des Seychelles à ces réunions. La seule qui nous fait supposer leur éventuelle participation est le nombre de représentants de chaque État présent. Comme pour la Francophonie, les journaux français semblent préférer la participation des Seychelles de RENÉ à ces sommets. Trois articles ont été inclus dans notre corpus. La LOI l'ignore quasiment tout comme pour la Francophonie. On ne relève aucune évocation dans la presse française de la présence des Seychelles au sommet franco-

africain de La Baule d'où est sorti le célèbre discours, ni du refus seychellois de participer au sommet de Nice en 1980 en raison de la crise diplomatique entre les Seychelles et la France. Nous n'avons donc que de très minces éléments médiatiques sur les relations franco-seychelloises à travers les sommets franco-africains.

Une première signalisation de la participation des Seychelles aux sommets francoafricains aurait été faite par La Croix du 13 septembre 1978. Malheureusement, le quotidien l'a signalé en évoquant seulement la participation « au dernier sommet franco-africain », donc celui des 22-23 mai de la même année, de France-Albert RENÉ (la première participation de son régime à la réunion). Il n'y a pas d'autres développements. Seize ans plus tard, un petit article de la rubrique « Who's Who » dans la LOI évoque la participation du président RENÉ au sommet franco-africain de Biarritz des 7 et 8 novembre 1994377. On apprend que le chef de l'État seychellois n'allait pas y participer, sans que l'hebdomadaire nous fournisse la raison. Toutefois, les Seychelles allaient quand même y participer : en effet, d'après la LOI, le président des Seychelles a délégué son ministre des Affaires étrangères, Danielle de SAINT-JORRE, pour le représenter. Enfin, Le Monde du 2 décembre 1995 a publié une liste de cinquante États ou entités invités au « sixième » - en réalité le dix-huitième - sommet franco-africain prévu à Cotonou378. Nous pouvons constater que les Seychelles figurent parmi les invités.

377 « France-Albert René », La Lettre de l'Océan Indien, 5 novembre 1994.

378 « 50 cartons d'invitation », Le Monde, 2 décembre 1995.

379 Op. cit. MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

380 Op. cit. MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

381 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, éditions Denoël, 1992, p.267.

C) La COI

La COI (Comité de l'Océan Indien) a été créé par Madagascar, Maurice et les Seychelles en 1984. Elle a pour objectifs la coopération entre les États membres aux niveaux diplomatique, économique et commerciale, agricole, de pêche, culturelle ou encore scientifique379. La France a souhaité intégrer la COI « pour le compte de la Réunion »380. D'après SOUBIRON, c'était une des priorités du Quai d'Orsay dans la région381. Pour Arnaud de LA GRANGE, l'adhésion devait légitimer la présence française dans l'océan Indien382. L'adhésion de la France dans la COI devait permettre une meilleure insertion de la Réunion dans son environnement régional383. La France adhère à la COI le 10 janvier 1986, ce qui est exceptionnel : il est rare de voir un pays développé s'associer avec des pays en voie de développement dans une organisation régionale384. Ce serait « l'événement le plus

important de la décennie »385. La COI a permis à la France de devenir une puissance riveraine à travers la coopération régionale386 et de développer sensiblement la coopération économique entre la France et les Seychelles par le biais de la Réunion387. Notre étude sur les relations franco-seychelloises d'après la presse française serait donc incomplète sans elle.

La question de l'adhésion de la Réunion, avec celle des Comores, a été évoquée par les futurs États membres, dont les Seychelles, en octobre 1982. Les Seychelles, Madagascar et Maurice cherchaient à mettre en place la COI388. D'après la LOI, la Réunion a assisté à la première réunion de la COI tenue les 9 et 10 janvier 1984 à Victoria. Ce fut le secrétaire général aux affaires économiques de la préfecture de la Réunion et un autre fonctionnaire français qui ont représenté l'île. Une rencontre avec des experts économiques, dont seychellois, a eu lieu en parallèle389. Si ce n'est pas évoqué dans cet article, il faut savoir que si la Réunion a obtenu le statut d'observateur, c'est grâce à ses liens importants avec les États membres390. Il faut savoir que si la Réunion a été présente à la COI en tant qu'observatrice, c'est grâce à ses liens culturels, démographiques et économiques anciens avec les États fondateurs de la COI, dont les Seychelles391.

382 LA GRANDE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

383 Op. cit. MAURICE Pierre et GOHIN Olivier, Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

384 Op. cit. MAURICE Pierre et GOHIN Olivier, Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

385 Op. cit. LA GRANDE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

386 DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993.

387 Op. cit. MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, PUF, 1987.

388 « Réunion des ministres de Maurice, Madagascar, Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 16 octobre 1982.

389 « Signature d'un accord de coopération », La Lettre de l'Océan Indien, 14 janvier 1984.

390 Op. cit. MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

391 Op. cit. MAURICE Pierre et GOHIN Olivier, Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

L'adhésion de la Réunion n'est pas remise en cause. La nécessité de sa participation est même reconnue392. D'après André ORAISON, les Seychelles souhaitaient que la Réunion siège « directement » en tant que telle à la COI, mais la France ne souhaitait pas avoir l'impression d'un début d'abandon de souveraineté sur l'île. On accepte donc l'idée que la France adhère à la COI393. Mais un article de la LOI évoque une tension entre la France et Victoria (cf. chapitre VI « État des relations franco-seychelloises »). En effet, en novembre

1985, les Seychelles bloquent l'adhésion de la France, probablement à cause de pressions qu'elles ont subies par divers États. La France a alors fait pression sur les Seychelles. Cela a sans doute marché en parti puisqu'elle a adhéré à la COI deux mois plus tard, entre le 9 et le 10 janvier 1986 en même temps que les Comores394. Pourtant, on peut constater que les Seychelles ont entrepris des démarches en faveur de la France, d'où le remerciement de Paris pour le rôle qu'elles ont joué dans leur adhésion. Remerciement consacré par un article de la LOI datant du 1er mars 1986, c'est-à-dire presque deux mois après l'entrée de la France dans ce comité. Ce fut lors de la tenue de la commission mixte franco-seychelloise en février 1986 que le ministre français de la Coopération, Christian NUCCI, a transmis au ministre seychellois du Plan, Jacques HODOUL, les remerciements publics du gouvernement français envers le régime seychellois395. En effet, les Seychelles ont joué un rôle en tant qu'État dépositaire de l'Accord de Victoria : l'archipel a reçu les instruments de ratifications des Protocoles d'adhésion à cet accord, ce qui est considéré comme une victoire diplomatique pour la France396.

Le 16 janvier 1988, la LOI nous donne une idée des relations franco-seychelloises à travers la COI. D'après l'hebdomadaire, la France soulignait quelquefois que les Seychelles avaient tendance à « faire bande à part », notamment dans cette réunion internationale, mais qu'elle a appris à s'en accommoder397. Dans la LOI du 30 juillet 1988, on apprend que RENÉ, en visite en France, a demandé qu'au prochain sommet de la COI présidé par les Seychelles en 1989, la France soit représentée par le ministre des DOM-TOM, Jacques PELLETIER398.

392 Op. cit. LA GRANDE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

393 ORAISON André, « La Commission de l'Océan Indien revisitée (À l'issue du deuxième sommet des chefs d'État ou de Gouvernement des pays membres réunis à Saint-Denis-de-la-Réunion le 3 décembre 1999, un nouvel élan de la coopération inter-îles dans la zone sud-ouest de l'océan Indien ?) », Annuaire des pays de l'Océan Indien, Aix-en-Provence, CNRS, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1999, p.275-324.

394 « La COI renforcée », La Lettre de l'Océan Indien, 18 janvier 1986.

395 « Paris remercie Victoria », La Lettre de l'Océan Indien, 1er mars 1986.

396 ORAISON André, « La Commission de l'Océan Indien revisitée (À l'issue du deuxième sommet des chefs d'État ou de Gouvernement des pays membres réunis à Saint-Denis-de-la-Réunion le 3 décembre 1999, un nouvel élan de la coopération inter-îles dans la zone sud-ouest de l'océan Indien ?) », Annuaire des pays de l'Océan Indien, Aix-en-Provence, CNRS, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1999, p.275-324.

397 « Commerce croissant avec la France », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1988.

398 « France-Albert René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juillet 1988.

399 « Paris modère les critiques de l'UE », La Lettre de l'Océan Indien, 27 avril 1996.

Nous constatons qu'entre 1988 et 1996, aucun article de presse française ne semble évoquer les relations franco-seychelloises à travers la COI. On peut voir, grâce à la LOI, que la diplomatie peut utiliser la COI pour exercer une pression discrète sur le régime de France-

Albert RENÉ399. Les Échos du 10 janvier 2001 évoque brièvement la présidence du sommet de la COI en décembre 1999 par Jacques CHIRAC. Si le journal présente les Seychelles comme étant membres de la COI, aucune allusion aux relations franco-seychelloises à travers la COI. Pourtant, un petit élément peut être décelé à travers trois dépêches de News Press : les discussions entre le ministre délégué français à la Coopération et à la Francophonie, Pierre WILTZER, avec le ministre seychellois des Affaires étrangères et président en exercice de la COI en 2002, Jérémie BONNELAME (2- 4 octobre 2002), et avec les dirigeants seychellois à l'occasion de sa participation à la conférence de la COI les 12 et 13 février 2003. Lors de leur rencontre à Paris en 2002, WILTZER et BONNELAME ont préparé la réunion des ministres des États membres de la COI prévue à cette époque pour février 2003400. D'après la dépêche du 4 octobre 2002, les principaux sujets seraient « les orientations stratégiques de la Commission, la place de la COI dans les négociations des Accords de Partenariat Economique (APE) avec la Commission et son rôle dans le cadre du Programme Indicatif Régional de la zone COMESA, ainsi que les questions de stabilité régionale ».

Par conséquent, nous avons très peu d'éléments de presse française sur les relations franco-seychelloises à travers la COI.

C) L'IOTC

En dehors de la Francophonie, les sommets franco-africains et la COI, il y a l'IOTC. Un seul article l'évoque (cf. chapitre VI « État et qualité des relations franco-seychelloises »).

L'IOTC (Indian Ocean Tuna Commission) est une organisation intergouvernementale mandatée pour gérer les thons et les thonidés, ainsi que leurs stocks dans l'océan Indien et les mers adjacentes grâce la coopération des membres401. Elle a été crée le 25 novembre 1993402. Elle est proche de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique403. Les relations franco-seychelloises à travers cette organisation ne sont évoquées que par un article de la LOI paru le 21 décembre 1996404. D'après l'hebdomadaire, le gouvernement français a fait ratifier de justesse par le Parlement le 21 novembre 1996 l'accord du 25 novembre 1993 afin qu'il puisse participer en tant qu'État membre de l'IOTC à la réunion de la FAO à Rome début décembre dans le but de voter pour le lieu où devait siéger le secrétariat de l'IOTC. La France et les Seychelles en sont membres. On apprend que la France a apporté son soutien à la candidature des Seychelles face au Sri Lanka pour abriter le siège du secrétariat de l'IOTC. Les États membres, dont la France, ont choisi les Seychelles à l'issue de trois votes à bulletin secret.

constater, les journaux français semblent préférer bouder cet aspect des relations diplomatiques. Très peu de choses sont traitées. Il est évident que de nombreux éléments manquent, comme par exemple l'accueil seychellois de la présidence prise en 1988 et en 1992 de la Réunion à la COI405. La presse française semble donc nous donner une vision extrêmement restreinte des relations franco-seychelloises à travers les institutions mondiales et leurs sommets. L'étude peut être renforcée en incluant des articles de magazines francoafricains, Le Quotidien de la Réunion et les dépêches de l'AFP.

400 « Visite du ministre des Affaires étrangères de la République des Seychelles », News Press, 1er et 4 octobre 2002.

401 http://www.iotc.org/English/index.php, consulté le vendredi 22 juillet 2011.

402 « L'IOTC sera basée à Mahé », La Lettre de l'Océan Indien, 21 décembre 1996.

403 http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_internationale_pour_la_conservation_des_thonid%C3%A9s _de_l'Atlantique, consulté le vendredi 22 juillet 2011.

404 Op. cit. « L'IOTC sera basée à Mahé », La Lettre de l'Océan Indien, 21 décembre 1996.

405 Op. cit. MAURICE Pierre et GOHIN Olivier, Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

TROISIÈME PARTIE : LA COOPÉRATION

FRANCO-SEYCHELLOISE

Chapitre XI : Les relations sanitaires

Sur le plan sanitaire, l'Afrique fait figure de sinistrée. Selon Claude ROUY, la coopération sanitaire est un domaine privilégié pour l'évaluation qualitative d'une aide bilatérale et est un des meilleurs reflets de volonté de coopération pour la France406. Elle est dirigée par le ministère de la Coopération, surtout en Afrique dès les années 70. La coopération sanitaire étant peu structurée, cela provoque un cloisonnement de l'action médicale, d'où les tentatives de réorienter la stratégie française dans ce domaine dès les années 80407. Les Seychelles bénéficient globalement du même aide que ses voisins du Sud-ouest de l'océan Indien. Pour que la France répondre aux besoins de ses habitants, les Seychelles, tout comme ses voisins, doivent exprimer ses besoins et entamer ensuite des négociations lors de tenues de commissions mixtes. La définition de ses objectifs en fonction d'un héritage structurel en matière de santé constitue le principal défi dans la coopération bilatérale avec la France dans le domaine sanitaire408. Nous pouvons donc nous demander comment ces relations sont présentées par la France ?

406 ROUY Claude, « La coopération sanitaire française avec les pays de l'océan Indien », Annuaire des pays de l'Océan Indien, Volume VII, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1980.

407 BRUNET-JAILLY Joseph et KEROUEDAN Dominique, « La France a-t-elle une stratégie de coopération en matière de santé avec l'Afrique et Madagascar ? », L'Afrique politique 2001, Paris, Karthala, 2001.

408 Op. cit. ROUY Claude, « La coopération sanitaire française avec les pays de l'océan Indien », Annuaire des pays de l'Océan Indien, Volume VII, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'AixMarseille, 1980.

409 « Aide médicale de Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 20 janvier 1996.

410 BALENCIE Jean-Marc, La Diplomatie navale française en océan Indien (1967-1992), Lille, Atelier nationale de reproduction des thèses, 1992.

identifiés : un publié dans Le Monde, quatre dans la LOI. Pour deux d'entre eux, le domaine sanitaire est à peine évoqué. Les deux autres bénéficient d'un article consacré à la coopération sanitaire. Deux possibilités peuvent expliquer un tel désintéressement de la presse française. La première, la plus simple, c'est que cette coopération n'intéresse guère les journalistes. La seconde, probablement la plus plausible, c'est que la situation sanitaire aux Seychelles est satisfaisante409. Cette théorie peut être confirmée par Jean-Marc BALENCIE. En effet, d'après lui, les Seychelles sollicitaient de plus en plus rarement l'assistance sanitaire française. Pourtant, il n'était pas rare qu'à la demande des autorités seychelloises, des bâtiments français font escale dans des îles isolées ou de lointaines dépendances pour permettre aux spécialistes français de faire la maintenance des appareils de médecine, comme la radiographie dans les hôpitaux insulaires410. Cette situation, on le doit à France-Albert RENÉ411. En même temps, la santé n'est pas une priorité dans la politique extérieure de la France : elle est plutôt délaissée au profit de l'action sociale412. Ainsi, lors de rencontres, les dirigeants français et seychellois s'entretiennent très peu sur la santé, ce qui expliquerait pourquoi les journalistes n'en parlent pratiquement jamais. Pourtant, il y a des aspects importants qui ne sont pas évoqués dans la presse mais qui sont décris dans des annales scientifiques comme l'Annuaire des pays de l'Océan Indien : par exemple, la tenue à Victoria d'une commission mixte franco-seychelloise en juillet 1979 sur l'aide à la Santé rurale et sur la décentralisation des soins de base et qui a débouché sur trois projets d'aide413.

Le premier article remonte au 4 mai 1985 dans un article de la LOI intitulé « René à Paris ». Dans cet article, nous apprenons que RENÉ s'est entretenu sur la santé et la pêche avec le ministre français de la Coopération, NUCCI, le 26 avril 1985. On peut voir également que lors des tensions entre Paris et Victoria fin 1985 au sujet de l'adhésion de la France de la COI, les soins de certains malades seychellois dans les hôpitaux réunionnais alors pris en charge par l'administration française ont cessés414, le temps que l'atmosphère se calme entre les deux pays, bien sûr. Vers le 4 janvier 1988, pendant sa visite aux Seychelles à l'occasion de la quatrième commission mixte franco-seychelloise, Michel AURILLAC, ministre de la Coopération, a signé un accord dans le cadre d'un jumelage entre l'hôpital de Victoria et celui de Saint-Denis-de-la-Réunion415.

D'après le ministre de la Coopération PELLETIER le 17 septembre 1990, la CCCE s'intéresse au domaine de la santé aux Seychelles416. Un autre article intitulé « Axes de coopération française » parait dans l'hebdomadaire dix ans plus tard, le 21 octobre 1995. La ministre seychelloise des Affaires étrangères, Danielle de SAINT-JORRE, s'est entretenue, début octobre, avec le ministre délégué de la Coopération, Jacques GOFFRAIN, pour faire le point sur la coopération franco-seychelloise. Parmi les trois projets issus de ces entretiens, rapportés ensuite par l'hebdomadaire gouvernemental seychellois Nation, il y a un programme d'appui à la santé publique dans l'archipel de 2,5 millions FF, soit environ 384 600 euros417. On apprend davantage en détails ce projet dans un article publié dans la LOI le 20 janvier 1996. C'est le Fond d'action et de coopération (FAC), dépendant du ministère de la Coopération, qu'est chargé d'apporter cette aide à l'hôpital de Victoria. D'après cet article, cette aide qui devait s'étaler sur trois ans vise à soutenir et développer les actions réalisées depuis 1987 par la Coopération française à cet hôpital. Cela devait permettre la création d'une unité de néonatologie performante pour réduire le taux de mortalité infantile et le

renforcement du partenariat hospitalier existant depuis 1992 entre l'hôpital de Victoria et le Centre hospitalier départemental (CHD) de Saint-Denis de la Réunion.

411 LANGELLIER Jean Pierre, « Vent de démocratie aux Seychelles. Après quatorze années de socialisme autoritaire, cet archipel de l'océan Indien se convertit au multipartisme et libéralise son économie », 7 janvier 1992.

412 Op. cit. ROUY Claude, « La coopération sanitaire française avec les pays de l'océan Indien », Annuaire des pays de l'Océan Indien, Volume VII, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'AixMarseille, 1980.

413 Op. cit. ROUY Claude, « La coopération sanitaire française avec les pays de l'océan Indien », Annuaire des pays de l'Océan Indien, Volume VII, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'AixMarseille, 1980.

414 « Tension avec Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 23 novembre 1985.

415 « Commerce croissant avec la France », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1988.

416 Op. cit. « La coopération française en 1989 », La Lettre de l'Océan Indien, 22 septembre 1989.

417 D'après nos calculs.

Enfin, le 31 décembre 1996, Laurence FOLLÉA, chef de la section médecines-mode de vie, service société au journal Le Monde, publie dans ce quotidien un article dont le titre de l'article veut tout dire : « L'île de La Réunion exhorte les pays voisins de l'Océan Indien à lutter contre le sida ». Parmi ses voisins, les Seychelles qui sont cités : d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dix-huit sidatiques sont recensés aux Seychelles à cette époque. Le SIDA était encore difficilement visible dans les îles du sud-ouest de l'océan Indien selon FOLLÉA. Pourtant, il faut savoir que le SIDA est une menace pour les sociétés et l'économie des États africains, d'où la participation accrue de la France aux côtés de l'UE, même si c'est du bout des lèvres418. D'après FOLLÉA, si la Réunion exhorte ses voisins, dont les Seychelles, à lutter contre le SIDA, c'est parce que dans ces pays, les malades ne jouissent des accès aux soins que possède la Réunion, cette dernière faisant alors figure de privilégiée dans la région.

418 Op. cit. BRUNET-JAILLY Joseph et KEROUEDAN Dominique, « La France a-t-elle une stratégie de coopération en matière de santé avec l'Afrique et Madagascar ? », L'Afrique politique 2001, Paris, Karthala, 2001.

Nous avons pu voir que les informations sur la coopération bilatérale dans le domaine de la santé ne sont quasiment pas évoquées dans notre corpus. Beaucoup d'éléments présents dans les annales scientifiques ou ouvrages semblent absents. Pourtant, c'est un aspect important des relations entre deux pays. Les quelques éléments cités par les journaux français sont intéressants mais nous donnes qu'une faible idée sur ce domaine. La presse française ne nous donne donc pas assez de renseignements sur la coopération sanitaire entre la France et les Seychelles de RENÉ. Si la presse française semble bouder ces relations, il n'est pas impossible que la presse seychelloise y accorde plus d'importance. En effet, il ne faut pas oublier que le développement de la santé fait parti des acquis importants du développement social seychellois présidé par cet homme.

Chapitre XII : Les relations culturelles

D'après Danielle DOMERGUE-CLOAREC, le domaine culturel fait partie, avec la défense et l'économie, des trois domaines privilégiés par la diplomatie française en Afrique. La coopération culturelle avec l'Afrique est présentée comme étant la plus naturelle419. D'après JeanFrançois MÉDARD, le fait que la France entretienne de grandes relations culturelles avec l'Afrique est important car c'est ce qui permet de distinguer la France par rapport aux autres pays présents en Afrique, en particulier le Royaume-Uni420. Les relations culturelles entre la France et les États insulaires du sud-ouest de l'océan Indien sont parfois considérées comme étant les plus importantes, plus que les liens diplomatiques ou militaires421, élément qu'on retrouve dans un article du Monde diplomatique422. Max LINIGER-GOURMAZ affirme que ces relations sont très importantes423. Les relations culturelles entre la France et les Seychelles ne seraient pas issues d'une domination coloniale mais de liens traditionnels d'après Claude ROUY424. D'après Hélène MAZERAN, les relations entre la France et les Seychelles étaient davantage d'ordre culturel qu'économique en raison de l'appartenance commune à la francophonie. La France a un puissant relais culturel et linguistique dans la région, surtout grâce à la Réunion425. Enfin, nous savons que la France a demandé aux Seychelles de fournir des efforts culturels indispensables pour soutenir leur francophonie, ce qui est considéré comme impossible pour l'État-archipel426. Si les chercheurs accordent tant d'importance aux relations culturelles entre la France et les pays d'Afrique ainsi que de l'océan Indien, est-ce le cas pour les journalistes et les journaux français ? Notre étude sur les relations culturelles franco-seychelloises d'après la presse française peut être basée sur trois domaines : la présentation générale de ces liens, les médias et la télévision, ainsi que tout ce qui se rapporte à la langue et à l'éducation.

419 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.28.

420 MÉDARD Jean-François, « Les avatars du messianisme français en Afrique », L'Afrique politique, Bordeaux, Centre d'étude d'Afrique noire, 1999, p.17.

421 MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

422 LEYMARIE Philippe, « De Djibouti au sud-ouest de l'océan Indien. Une aire stratégique dévolue aux Français », Le Monde diplomatique, mars 1989.

423 LINIGER-GOURMAZ Max, Démocrature : dictature camouflée, démocratie truquée, Paris, Harmattan, 1992, p.35.

424 ROUY Claude, « La coopération sanitaire française avec les pays de l'océan Indien », Annuaire des pays de l'océan Indien, Volume VII, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1980, p.42.

425 DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993 ; MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, CHEAM, 1995.

426 CAMPREDON Jean-Pierre et SCHWEITZER Jean-Jacques, France, Océan Indien, Mer Rouge, Paris, CHEAM, 1986.

A) Culture en générale

Il s'agit ici de présenter la coopération culturelle en générale en se basant sur notre corpus d'articles de presse française. Dans cette partie de notre étude, il est question de présentation de la qualité de ces relations ou encore son renforcement. Les discussions entre les personnalités françaises et seychelloises sont évoquées dans la presse. Les journalistes français donnent même certains détails concernant cette coopération, ce que nous étudierons tout à l'heure par type de coopération culturelle: médias, télévision, langue, éducation ou autre.

Nous avons vu précédemment que deux personnalités françaises ayant dirigé la coopération culturelle aux Seychelles ont été citées par la presse française (cf. chapitre IV « Les acteurs d'après la presse française »). Il s'agit de Christian JOB, cité par Le Monde du 1er avril 1997, et de Philippe ZELLER, évoqué par Le Figaro du 30 août 2001. Comme nous l'avons vu dans le quatrième chapitre de notre étude, si ces deux diplomates français sont cités par ces deux journaux, c'est en raison de leur nomination dans cette mission diplomatique. Aucun autre diplomate français à la tête de la coopération culturelle aux Seychelles n'est cité par les journalistes et les journaux français. Aucun diplomate seychellois ayant dirigé la coopération culturelle en France n'a été identifié dans notre corpus.

À l'occasion de la visite de France-Albert RENÉ à Paris, Le Figaro annonce, le 12 septembre 1978, que la France a développé à l'égard des Seychelles une assistance culturelle, sans préciser les domaines, préférant décrire la coopération économique et technique427. Comme nous l'avons vu précédemment (cf. chapitre IX « Les relations franco-seychelloises à travers les organisations internationales »), il existe une coopération linguistique entre la France et les Seychelles de RENÉ à travers l'ACCT, future Organisation internationale de la Francophonie428. Lors d'une commission mixte tenue fin février 1986, Paris a décidé de renforcer sa coopération dans la culture sans plus de précisions429. À la question posée par Roger BIANCHINI, journaliste au Point, sur l'état de ses relations avec la France, le président RENÉ a affirmé que l'empreinte culturelle de la France aux Seychelles est « encore plus forte », ce qui indique que l'influence française ainsi que la coopération bilatérale n'a cessé d'accroître. Le dictateur a même émis le souhait que la coopération culturelle entre la France et les Seychelles se renforce, ce qui prouve qu'il en apprécie les bienfaits430. En 1988, il y avait un projet de manifestation culturelle et agricole entre les Seychelles et les Antilles françaises, ainsi que la future construction à Victoria d'un musée de la Mer et de la Marine431. D'après un bulletin d'information émis par News Press, un accord entre la Réunion et les Seychelles permettant l'élargissement de la coopération bilatérale dans tous les secteurs a été signé entre le 12 et le 13 février 2003432. Bien que ce bulletin ne le cite pas, nous pouvons deviner aisément que l'un des secteurs concernés par cet accord est celui de la culture, et tous les domaines qui y vont avec.

427 ANONYME, « Les Seychelles : clés de l'océan Indien », Le Figaro, 12 septembre 1978.

428 DECRAENE Philippe, « Nous n'accepterions en aucun cas une base militaire dans l'archipel », Le Monde, 13 septembre 1978

429 « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990.

430 BIANCHINI Roger, « Nous ne sommes la colonie de personne... », Le Point, 7 juin 1987.

431 « France-Albert René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juillet 1988.

432 « Entretien du Ministre délégué à la coopération et à la Francophonie avec les autorités seychelloises », News Press, 13 février 2003.

B) Médias et télévision

Les médias et la télévision sont sûrement l'un des aspects les plus fréquents dans les relations culturelles franco-seychelloises. Sur la télévision, la coopération serait surtout sous la forme d'une assistance financière. Même SOUBIRON parle d'une « assistance (financière) pour la création d'une télévision seychelloise » qui aurait été réclamée par le ministre FERRARI en 1981 lors d'une éventuelle visite à Paris433.

Dans une note portant essentiellement sur la signature d'un accord scientifique et culturel entre les Seychelles et l'Union soviétique, la LOI présente la coopération entre l'archipel et la France dans le domaine de la télévision en 1983 de la façon suivante : la France participe au développement de la télévision seychelloise en fournissant des programmes. D'après l'hebdomadaire, peu avant septembre 1983, Paris a annoncé une aide accrue par l'envoi prochain de quatre techniciens français434. Lors d'une commission mixte tenue fin février 1986, Paris a décidé de renforcer sa coopération dans le domaine de l'information. La LOI ajoute qu'en collaboration avec l'Algérie qui finance les locaux, la France allait participer au développement de la télévision seychelloise sur les équipements435. En évoquant à Roger BIANCHINI l'état de ses relations avec la France, et en parlant de l'empreinte de la France dans la coopération bilatérale dans le domaine culturel, le dirigeant seychellois nous donne une description de cette coopération à ce moment, c'est-àdire vers juin 1987. D'après lui, des coopérants français animent la station de télévision et l'école de journalisme créées par le régime progressiste436. D'après la LOI du 3 mars 1990, le gouvernement français veut mettre en place une station de réception de chaînes françaises en avril 1990. Les Seychellois pouvaient alors recevoir gratuitement les programmes francophones grâce au satellite Télécom 1437. L'évocation de ce projet est reprise par Jacques AMALRIC trois mois plus tard à l'occasion de la visite de François MITTERRAND aux Seychelles. D'après l'envoyé spécial du Monde, parmi les mentions du président français sur la « précieuse » coopération franco-seychelloise, il y a la mise en place d'une station de réception de programmes de la télévision française dans l'objectif de renforcer la francophonie dans l'archipel438. Pendant la cinquième commission mixte francoseychelloise, le gouvernement seychellois a demandé à Paris le financement de l'équipement d'un studio de télévision, et n'a pas obtenu une réponse directe. Toutefois, Paris a décidé de

maintenir la présence d'un coopérant au journal Nation et accorder des bourses d'études aux journalistes seychellois439. Comme nous l'avons vu précédemment, la ministre des Affaires étrangères, Danielle de SAINT-JORRE, a discuté de plusieurs axes de coopération avec diverses personnalités politiques françaises pendant sa visite à Paris début octobre 1995 (cf. chapitre V « Les visites diplomatiques »). D'après l'hebdomadaire, en citant le quotidien seychellois Nation, la ministre a discuté avec le ministre de la Coopération, Jacques GODFRAIN, de la mise en place aux Seychelles de la chaîne francophone TV5 - chaîne à vocation internationale - et de Radio France Internationale (RFI) en modulations de fréquences440. Comme nous l'avons vu précédemment, la société réunionnaise Parabole Réunion a entamé des négociations avec le régime de France-Albert RENÉ afin de pouvoir retransmettre leurs programmes aux Seychelles441. Enfin, l'un des derniers projets de coopération culturelle dans le domaine de la télévision date de début 2003. D'après un bulletin émis le 13 février 2003 par l'agence de presse News Press, le ministre délégué de la Coopération et de la Francophonie, Pierre-André WILTZER, après s'être entretenu avec le ministre seychellois des Affaires étrangères, Jérémie BONNELAME, a annoncé le financement par la France en deux phases dès 2003 de l'installation d'un relais pour la diffusion aux Seychelles des programmes de TV5. Ce projet est estimé à 450 000 euros442.

433 SOUBIRON Pierre, La Poudrière des Seychelles, Paris, Denoël, 1992, p.127.

434 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 3 septembre 1983.

435 Op. cit. « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990.

436 Op. cit. BIANCHINI Roger, « Nous ne sommes la colonie de personne... », Le Point, 7 juin 1987.

437 Op. cit. « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990.

438 AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

439 Op. cit. « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990.

440 « Axes de coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 21 octobre 1995.

441 « Parabole Réunion débarque », La Lettre de l'Océan Indien, 18 novembre 2000.

442 « Entretien du Ministre délégué à la coopération et à la Francophonie avec les autorités seychelloises », News Press, 13 février 2003.

C) Langue et éducation

française y est enseignée à parité avec l'anglais ». La langue française permet à la France de renforcer son influence aux Seychelles, ainsi que dans la région qui est, ne l'oublions pas, essentiellement francophone444. Ce fait est confirmé par Libération le 18 août 1982 en affirmant que « l'influence française y est toujours sensible, tant au niveau de la langue que de la religion (catholique)445 ». Nous allons voir comment la presse française couvre la coopération bilatérale à travers la langue, en ajoutant l'éducation et les recherches scientifiques, ces trois domaines étant plus ou moins liés.

443 CADOUX Charles, « Seychelles », Encyclopaedia universalis, Paris, 2008.

444 LA GRANGE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988; op.cit. DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993.

445 MOCKLER Anthony, « Mutinerie aux Seychelles », Libération, 18 août 1982.

Dans l'article de Jean-Pierre LANGELLIER faisant référence au début de la crise diplomatique entre la France et les Seychelles en novembre 1979, on trouve en guise d'allusion la présence de coopérants-enseignants parmi la cinquantaine de coopérants français présents aux Seychelles446. Donc, en 1979, il y avait déjà une coopération bilatérale en matière d'enseignement.

Le 15 mai 1982, la LOI publie un article intitulé « Coopération en créole ». D'après cet article, un accord de coopération scientifique et culturelle en matière de recherche fondamentale et appliquée a été signé le 7 mai 1982 par le ministre seychellois de l'Éducation et deux universitaires français. Cet accord devait permettre de réaliser « des recherches sur la syntaxe du créole pour la mise au point d'une grammaire », phrase clé de l'article justifiant son titre, mais aussi la formation de chercheurs et d'enseignants seychellois. Ce serait dans le cadre d'une réforme éducative (la LOI rappelle que le créole a commencé à être enseigné en primaire en janvier 1982). D'après les deux universitaires, les Seychelles réunissent tous les éléments pour mener à bien cette réforme.

Ensuite, nous avons quelques petits éléments. D'abord, nous pouvons constater que lors d'une commission mixte tenue fin février 1986, Paris a décidé de renforcer sa coopération dans le domaine de l'éducation447. Comme nous l'avons vu tout à l'heure, la LOI et Le Monde évoquent le renforcement de la langue française aux Seychelles grâce à la mise en place d'une station de réception de chaînes françaises448. D'après le ministre de la Coopération PELLETIER le 17 septembre 1990, le renforcement de la francophonie par les médias et l'enseignement est un des secteurs privilégiés de la CCCE449.

L'article de la LOI publié le 11 novembre 1989 sous le titre de « Quatrième Festival créole » nous fournit certains éléments sur la coopération franco-seychelloise sur la langue créole. Nous avons vu que Danielle de SAINT-JORRE, certes, défend la langue française lors de sommets internationaux (cf. chapitre VI « État et qualité des relations franco-seychelloises »), mais elle est également une grande ambassadrice du créole. En effet, elle était la présidente de l'Association Bann Zil Kreol - l'association a pour objectif de développer et de promouvoir la culture créole sous toutes ses formes450. Grâce à elle, les Seychelles sont

devenus le pays créolophone qui défend le plus la langue créole. Ainsi, à chaque rencontre avec le président MITTERRAND, elle lui rappelle que le créole est la deuxième langue la plus parlée en France, d'après l'hebdomadaire. Ainsi, lors de leur dernière rencontre - avant le 11 novembre 1989 - MITTERRAND a promis à la ministre seychelloise que la future Bibliothèque Nationale de France - qui allait porter son nom - possèdera « le plus grand département de créole au monde ». La ministre aurait même défendu le créole à la Réunion, région créolophone, mais les Réunionnais, ainsi que d'autres créolophones, dont les Seychellois eux-mêmes, se sont montrés très fortement réticents. C'est pourquoi le ministre de la Francophonie, Alain DECAUX, a participé au quatrième Festival créole du 26 au 31 octobre 1989. D'après la LOI, sa présence à ce festival serait en quelque sorte une consécration du combat de Danielle de SAINT-JORRE.

446 LANGELLIER Jean-Pierre, « L'arrestation d'un assistant technique français risque de jeter la suspicion sur une coopération fructueuse », Le Monde, 21 novembre 1979.

447 Op. cit. « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990.

448 Op. cit. « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990 ; op.cit. AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

449 Op. cit. « La coopération française en 1989 », La Lettre de l'Océan Indien, 22 septembre 1989.

450 « BanZilKreol.sc » consulté sur http://www.bannzilkreol.sc/pages/apropos.aspx le mardi 2 août 2011.

Enfin, nous avons l'Alliance française. En visite aux Seychelles les 19 et 20 février 2001, le ministre de la Coopération, Charles JOSSELIN, devait inaugurer le nouveau bâtiment de l'Alliance française451. L'Alliance française, fondation reconnue d'utilité publique, a principalement pour mission de promouvoir la langue et la culture française dans le monde. Avec l'inauguration du nouveau bâtiment de l'Alliance française à Victoria, nous pouvons voir une manifestation française de promouvoir la culture française, donc de renforcer l'influence de la France aux Seychelles. La promotion de la langue serait, d'un côté, dans cette stratégie, mais devait permettre aussi au français de regagner du terrain aux Seychelles après un recul initié par l'introduction du créole crypté par le président RENÉ. Enfin, l'un des derniers éléments de coopération culturelle dans le domaine linguistique est l'évocation de l'avenir de la francophonie aux Seychelles par Jérémie BONNELAME et Pierre-André WILTZER le 3 octobre 2002 pendant la visite du ministre seychellois452. Nous pouvons rajouter l'accord cadre de coopération entre les Seychelles et la Réunion dans lequel on trouve le domaine de la Francophonie453.

451 « Charles Josselin », La Lettre de l'Océan Indien, 17 février 2001.

452 « Visite du ministre des Affaires étrangères de la République des Seychelles », News Press, 1er octobre 2002.

453 « Entretien du Ministre délégué à la coopération et à la Francophonie avec les autorités seychelloises », News Press, 13 février 2003.

Malgré l'importance des relations culturelles entre la France et les Seychelles accordée par les chercheurs, elles sont très peu évoquées dans les médias : seule une vingtaine d'articles échantillonnés les abordent. La Lettre de l'Océan Indien figure dans plus de la moitié des échantillons. Le Monde le quart. Ces relations ne semblent donc pas assez suivies. La presse française ne nous donne qu'une assez faible idée des relations culturelles entre la France et les Seychelles. Ces liens présentés comme si importants ne se retrouvent pas dans nos journaux métropolitains. Sans la LOI, notre aperçu des relations entre la France et les Seychelles dans ce domaine serait encore plus restreint. Donc, la presse française ne semble pas couvrir assez l'un des domaines les plus importants en Afrique, dans l'océan Indien, et peut-être même dans le monde. Toutefois, nous pouvons supposer que la presse d'outre-mer a une vision différente des journaux métropolitains.

Chapitre XIII : Les relations militaires

D'après Danielle DOMERGUE-CLOAREC, la défense fait parti, avec la culture et l'économie, des trois domaines privilégiés par la diplomatie française en Afrique. La notion de coopération militaire entre la France et l'Afrique est ambiguë : quelle est sa limite et sur quoi repose repose-t-elle454 ? Dans l'océan Indien, en particulier le sud-ouest, c'est la Marine nationale française dite la « Royale » qui est particulièrement présente. Les relations militaires ont une place importante dans les relations diplomatiques : ce n'est pas pour rien qu'il existe une diplomatie militaire. Dans le cas de l'océan Indien, ce serait une diplomatie navale. D'après Arnaud de LA GRANGE, la « Royale » joue parfaitement son rôle d'ambassadrice de la France dans le sud-ouest de l'océan Indien, donc aux Seychelles, grâce à ses relations particulières455. Jean-Marc BALENCIE l'affirme en 1993 en soutenant sa thèse sur la diplomatie navale de la France dans la région entre 1967 et 1992. À première vue, les relations militaires franco-seychelloises semblent souvent présentes dans les articles traitant de la France et des Seychelles : on peut compter plus de trente articles dans notre corpus. Mais la presse française accorde-t-elle autant d'importance ? Et comment cet aspect des relations diplomatiques est-il présenté ?

454 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.28.

455 LA GRANGE Arnaud de, La France dans la géopolitique du Sud-Ouest de l'océan Indien, Paris, Paris4-Sorbonne, 1988.

456 Cf. Annexe n°5.

457 LEYMARIE Philippe, Océan Indien : le nouveau coeur du monde, Paris, Éditions Karthala, 1981.

458 BOURGEOIS Claude, « Le président des Seychelles à Paris », Le Dauphiné libéré, 13 septembre 1978.

A) Escales et visites diplomatiques

Dans le deuxième tome de son livre, le journaliste Frank TENAILLE utilise une carte présentant les bases et les ports d'attache militaire de l'armée française dans l'océan Indien456. On peut voir l'île de Mahé, donc Victoria, comme étant un port d'attache militaire. D'après Philippe LEYMARIE de RFI, les Seychelles est un des points d'escale privilégiés de la flotte française car celle-ci se sent « chez elle »457. Claude BOURGEOIS, semble être le seul journaliste français à avoir signalé dans un de ses articles que les navires français faisant escale à Victoria viennent de la garnison de Djibouti458. L'escale d'un navire français revêtait d'une certaine importance aux Seychelles, que ce soit politique ou économique. Aux Seychelles, tout comme dans les pays de la région, cela permettait de nouer le contact avec les occidentaux plutôt que d'être confronté sans cesse à l'URSS. C'est aussi un moyen de garantir la stabilité politique et l'indépendance de l'État. D'après BALENCIE, les visites de « routine » seraient une sorte de visites d'amitié entre la

France et les Seychelles et permet le rapprochement entre les deux pays. Voilà pourquoi l'escale d'un navire français a tant d'importances aux Seychelles et dans les relations franco-seychelloises sous la présidence de France-Albert RENÉ. Voyons à présent comment la presse présente cet aspect des relations diplomatiques entre la France et les Seychelles.

L'un des premiers journaux français à évoquer une escale française aux Seychelles de RENÉ, mais également l'un des premiers à traiter des relations militaires entre la France et le régime progressiste est Le Figaro. C'est Jean-Marc KALFLECHE qui a abordé le sujet en faisant paraître en deux parties séparées un article de taille moyenne intitulé « L'ère des puritains » le 8 août 1977, c'est-à-dire deux mois après l'arrivée au pouvoir de RENÉ. D'après KALFLECHE, il n'y aurait eu aucune hostilité du nouveau régime de la présence de la flotte française dans l'océan Indien. Il justifie ces propos en affirmant que le nouveau pouvoir voyait cette présence comme un « élément d'équilibre, capable de tempérer les appétits des « superpuissances » ». Pourtant, dans un article de Libération datant du 13 septembre 1978, on peut constater qu'il y a une remise en cause de la flotte française dans l'océan Indien par le parti de RENÉ, ainsi que les autres partis progressistes du sud-ouest de l'océan Indien réunis en avril 1978459. Cela fait parti de la volonté du régime seychellois de démilitariser l'océan Indien pour créer une « zone de paix » dans la région. Mais en 1982, nous retrouvons la bonne estime du régime envers la flotte française pour son rôle dissuasif à l'égard des opposants autant qu'aux visées prétendues « déstabilisatrices » de l'Afrique du Sud460. KALFLECHE signale la présence avant le 8 août 1977 de l'escale du Tourville considéré comme « l'un des plus beaux bâtiments de la « force Saphir » qui patrouille sans relâche dans l'océan Indien ». Le Tourville est une frégate anti sous-marin de type F67 lancé en 1972. Le Tourville aurait fait une escale de trois jours. Des centaines de marins qu'on appelle les « pompons rouges » sont descendus à terre. D'après le journaliste, leur présence à terre est une aubaine pour le commerce seychellois puisqu'ils dépensent 600 000 roupies seychelloises, donc 400 000 F, soit plus de 60 000 euros461. Les Seychellois semblent apprécier la présence des marins français d'après Le Matin à travers la familiarité des habitants avec le pompon rouge462. D'après KALFLECHE, Si les marins français semblent heureux d'être aux Seychelles par son côté paradisiaque, ils seraient frustrés car un ordre puritain serait établi par le régime seychellois : les marins auraient moins de plaisir, comme par exemple avec la bière ou les jeunes filles ou femmes réputées pour n'être guère farouches.

459 LAURENT Frédéric, « La route du pétrole passe par les Seychelles », Libération, 13 septembre 1978.

460 C. Ch., « La rébellion matée », Le Matin, 19 août 1982.

461 D'après nos calculs.

462 Op. cit. C. Ch., « La rébellion matée », Le Matin, 19 août 1982.

Le premier article entièrement consacré à la présence de la « Royale » aux Seychelles a été signé par Philippe DECRAENE en février 1978 : il paraît dans Le Monde sous le titre évocateur de « Dans le sillage de la « Royale »... » le 5 février 1978. C'est un article de bonne taille évoquant la place de la Marine française et de la France aux Seychelles depuis 1742, ainsi que des escales comme celui du commandant COUSTEAU : de nombreux éléments ne seront donc pas retenus dans notre étude. Le journaliste évoque d'abord la présence à l'aéroport international de Victoria d'un Breguet-Atlantic français - dans Le Figaro du 8 août 1977, la

présence de deux Alizés de l'aéronavale française ayant pour mission de récupérer le courrier du Foch est évoquée -, puis de trois navires au large de la capitale : le porte-hélicoptère Jeanne d'Arc en train de quitter l'archipel pour accomplir son tour du monde annuel, l'escorteur d'escadre Forbin et l'aviso Commandant-Bory alors en pleines manoeuvres et ayant fait descendre à terre ses marins. Le journaliste confirme qu'il est fréquent que les bâtiments de la « Royale » fréquentent la zone, voire, atteignent les côtes seychelloises (on retrouve cette information dans Le Dauphiné libéré). En revanche, il serait rare, d'après lui, de voir un si grand nombre de « pompons rouges » - une centaine de matelots - sur l'île de Mahé. DECRAENE a réussi à interviewer l'ambassadeur de France, René de CHOISEUL-PRASLIN. D'après l'ambassadeur, « la France bénéficie auprès des Seychellois d'un capital affectif exceptionnel », justifiant la fréquence aussi importante des escales françaises dans l'archipel : un bâtiment par mois. Il affirme même que ces escales sont aussi nombreuses que celles effectuées par la Marine britannique ou soviétique. DECRAENE a également interviewé un commandant français présent aux Seychelles sur les escales effectuées par la « Royale » dans l'archipel. D'après ce commandant, dont le nom n'est pas cité, les Seychelles ne servent pas uniquement d'escale : il évoque la coopération militaire entre les deux pays.

L'escale d'un bâtiment de la « Royale » aux Seychelles la plus connue est sûrement celle effectuée par l'aviso-escorteur Victor Schoelcher fin 1981. Comme nous l'avons vu précédemment, le Victor Schoelcher a été envoyé aux Seychelles après l'attaque des mercenaires qui ont tenté de renverser le pouvoir de RENÉ (cf. chapitre VI « État et qualité des relations franco-seychelloises », p.). Cette manifestation de diplomatie navale était, comme nous l'avons vu, un gage de solidarité de Paris envers Victoria, et avait pour but de dissuader les agresseurs potentiels ou officiels, et de s'en prendre à un régime ami de la France. L'envoi et l'escale du Victor Schoelcher ont été présentés par Le Monde les 3 et 8 décembre 1981, Libération le 4 décembre et la LOI le 5 décembre. Après la tentative de coup d'État des mercenaires, la présence militaire étrangère et française s'est considérablement renforcée aux Seychelles. D'après la LOI du 16 janvier 1982, trois navires français ont récemment mouillé : l'aviso-escorteur Victor Schoelcher revenu aux Seychelles, le Commandant Rivière, autre aviso-escorteur, et le navireatelier Rhin dont l'escale était prévue depuis longtemps. La présence de ces navires a été évoquée dans le Matin du 19 août 1982. À ces bâtiments de la « Royale » la France a rajouté deux avions de reconnaissances Breguet-Atlantique habituellement basés à Djibouti, ainsi qu'un avion de transport militaire Transall en provenance de la Réunion463. On voit donc à travers ce déploiement exceptionnel une véritable manifestation de solidarité française envers le régime de RENÉ. Libération, lui, affirme que la flotte française a mouillée à plusieurs reprises aux Seychelles464.

463 « Soldats et navires étrangers », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1982.

464 MOCKLER Anthony, « Mutinerie aux Seychelles », Libération, 18 août 1982.

La « Royale » est de nouveau intervenue aux Seychelles après la mutinerie militaire du 17 août 1982, près de neuf mois après le coup d'État manqué. Cette intervention a été évoquée par Le Monde, Le Matin, Libération et L'Humanité. Ces journaux affirment tous avoir reçu la confirmation de l'envoi d'un bâtiment de la Marine française dans l'océan Indien en direction des Seychelles à la demande du président RENÉ. Selon L'Humanité et Le Monde du 20 août, le navire est arrivé le soir du 18 août.

D'après la LOI du 6 juin 1987, chaque année, à l'occasion des célébrations du coup d'État qui a porté au pouvoir France-Albert RENÉ, un navire français faisait escale aux Seychelles. Le 5 juin 1986, fait inhabituel, il n'y avait aucun bâtiment de la « Royale ». En effet, à cause du « complot » réunissant les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, les navires français étaient interdits d'escale à Victoria tandis que les bâtiments soviétiques pouvaient y rester pendant des mois465. Jacques de BARRIN, envoyé spécial du Monde en décembre 1986, y a déjà fait allusion. En effet, au moment où RENÉ a dénoncé un complot des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France à leurs dirigeants, les trois pays ont déposé une demande d'escale pour des bâtiments de leur flotte à la même date. D'après le journaliste, c'est un hasard. Et à cause de ce hasard, le gouvernement seychellois a opposé une fin de non recevoir : il voyait là un complot d'invasion plutôt qu'un « rendez-vous naval trop bien agencé »466. En plus de la nomination d'un nouvel ambassadeur, Renaud VIGNAL, la présence du patrouilleur L'Albatros le 6 juin 1987 devait calmer la paranoïa de France-Albert RENÉ. D'après la LOI, L'Albatros a été envoyé par la France à la demande de l'ambassadeur français467. Les dernières escales que nous trouvons dans la presse française sont celles du Le Var - pétrolier ravitailleur - entre le 18 et le 21septembre 1986468 et du porte-hélicoptère et également bateau-école Jeanne d'Arc le 27 avril 1988 avant d'arriver à Djibouti le 3 mai469.

465 « Les dix ans du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987.

466 BARRIN Jacques de, « Victoria et le « coup d'État permanent » », Le Monde, 27 décembre 1986.

467 Op. cit. « Les dix ans du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987.

468 « Le chef des forces françaises à Victoria », La Lettre de l'Océan Indien, 20 septembre 1986.

469 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 7 mai 1988.

470 Op. cit. « Le chef des forces françaises à Victoria », La Lettre de l'Océan Indien, 20 septembre 1986.

471 Op. cit. « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 7 mai 1988.

Une première mission diplomatique effectuée par des militaires peut être évoquée dans Le Matin du 19 août 1982. D'après l'article, « il y a deux mois », donc en juin 1982, trois officiers français se sont rendus à Victoria pour effectuer leur mission. Dans un article de courte taille paru dans la LOI, nous avons la visite aux Seychelles du contre-amiral des forces maritimes françaises de l'océan Indien, Jacques LANXADE, le 18 septembre 1986. Arrivé à bord du Le Var le 18 septembre 1986 et en visite pendant quatre jours, il aurait été reçu par le ministre James MICHEL qui était également chef d'État major de l'armée seychelloise - Seychelles Defense Forces - huit jours après la « démission » de son prédécesseur, Ogilvy BERLOUIS470. Ensuite, dans une note de l'hebdomadaire, ce fut le capitaine Christian GIRAND qui fut reçu par MICHEL le 27 avril 1988471. Enfin, nous avons la visite en France du chef d'État major des forces seychelloises, le colonel Léopold PAYET, avant le 2 juillet 1994. D'après la une de la LOI du 2 juillet 1994, cette visite pouvait être liée à un scandale sur la vente d'armes par le régime de RENÉ à la ville de Goma dans l'actuelle République démocratique du Congo, ce qui alimente des spéculations sur le rôle des personnalités politiques françaises dans cette affaire472.

472 « Marchand d'armes », La Lettre de l'Océan Indien, 2 juillet 1994.

473 Cf. Annexe n°6.

474 MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, PUF, 1987.

475 MAZERAN Hélène, L'Océan Indien : un enjeu pour l'Occident, Paris, PUF, 1987, p. 54.

476 DECRAENE Philippe, « Dans le sillage de la « Royale »... », Le Monde, 6 février 1978.

477 BALENCIE Jean-Marc, La Diplomatie navale française en Océan Indien (1967-1992), Lille, Atelier national de reproduction de thèses, 1992.

B) La coopération bilatérale

Naturellement, il existe une coopération bilatérale dans le domaine militaire en dehors des simples escales ou des visites diplomatiques effectuées par des officiers. Cela provient du soutien technique et logistique aux accords de coopération et/ou de défense militaires. Qu'en est-il de la coopération franco-seychelloise dans le domaine militaire sous France-Albert RENÉ ? Que peut nous apprendre la presse française sur ce point?

L'Express du 22-28 janvier 1979 a publié une carte montrant la répartition des forces françaises en Afrique473. On peut constater qu'en 1979, il y avait vingt assistants militaires techniques présents aux Seychelles avant la crise diplomatique (cf. Chapitre VI « État des relations »). Toutefois, d'après Hélène MAZERAN, la coopération militaire entre la France et les Seychelles se limitait à cette fourniture de coopérants militaires et aux fréquentes escales474. Elle rajoute même que les Seychelles poursuivent une véritable coopération militaire qu'avec la Tanzanie et Madagascar socialistes dans les années 80475.

Interviewé par Philippe DECRAENE avant le 5 février 1978, un commandant de bâtiment de la « Royale » évoque plusieurs aspects de la coopération franco-seychelloise. Là où le gouvernement veut construire des pistes d'atterrissages pour relier les différentes îles isolées de l'archipel et Mahé, la « Royale » apporte des bulldozers et des équipements de travaux publics. La Marine française a permis au ministre seychellois de l'agriculture de reconnaître par hélicoptère l'état des forêts de Mahé. Enfin, la seule présence de la « Royale » a permis la fuite de plusieurs navires-usines « formosans » - taïwanais - qui pêchaient clandestinement dans les eaux seychelloises476. Il faut savoir que les îles composant l'archipel des Seychelles sont très isolées. Les Seychelles sont donc très dépendantes du transport. C'est pour cette raison que la « Royale » apporte son concours auprès du gouvernement de Victoria dans le transport de matériels ou de dirigeants aux différentes îles. Enfin, la dissuasion fait partie des missions de la « Royale ». À la demande de pays amis, comme les Seychelles, la Marine française effectue des patrouilles de surveillance de plus en plus ponctuelles des Zones Économiques Exclusives (ZEE). En effet, la marine seychelloise est insuffisante pour couvrir une zone aussi large (c'est l'une des plus grande ZEE de la région)477.

Les 7 décembre 1996 et 10 avril 1998, Le Monde présente succinctement les accords de défense et de coopération militaire entre la France et les pays africains, les Seychelles incluses. Ainsi, le journal annonce publiquement que la France et les Seychelles ont signé un

accord de coopération ou d'assistance militaire technique en 1979. Les Seychelles seraient l'un des vingt-trois pays africains à avoir signé avec la France ce type d'accord militaire478. Selon le quotidien, ces accords de coopération et d'assistance militaire technique entre ces pays peuvent être suspendus479. Cela a été le cas des Seychelles pendant la crise de 1979 à 1981, confirmé par la LOI du 16 janvier 1982480. D'après l'hebdomadaire, il n'y a plus eu aucun obstacle au resserrement des liens dans le domaine militaire entre la France et les Seychelles depuis l'arrivée au pouvoir de François MITTERRAND. Selon Le Monde, certains des accords passés avec ces pays ont paru dans le Journal officiel puisque le gouvernement français veut garder secret plusieurs aspects de ses relations militaires avec les États africains481.

Dans son article consacré à la crise franco-seychelloise, Jean-Pierre LANGELLIER fait allusion à la présence de marins français travaillant comme coopérants aux Seychelles. Parmi ces marins, il y a des instructeurs comme ceux du Topaze482. À propos du Topaze, ancien patrouilleur français appelé Croix du Sud, il existe un accord scellant sa cession aux Seychelles pour surveiller sa ZEE. Toutefois, aucun article de presse française ne semble l'évoquer.

478 D'après Le Monde, ces pays sont : le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, les Comores, le Congo, la République démocratique du Congo, la Côted'Ivoire, Djibouti, le Gabon, la Guinée équatoriale, la Guinée, Madagascar, le Mali, Maurice, la Mauritanie, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

479 ANONYME, « La présence militaire française », Le Monde, 7 décembre 1996.

480 « Soldats et navires étrangers », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1982.

481 ANONYME, « Accords de défense et de coopération militaire », Le Monde, 10 avril 1998.

482 LANGELLIER Jean-Pierre, « L'arrestation d'un assistant technique français risque de jeter la suspicion sur une coopération fructueuse », Le Monde, 21 novembre 1979.

L'attaque des mercenaires a, semble-t-il, permis un renforcement sensible de la coopération militaire entre la France et les Seychelles. Plusieurs articles sur ce thème sont parus dans la presse française entre 1981 et 1982. D'après Pierre HASKI, la France a proposé, tout comme la Tanzanie, Madagascar et l'Inde une aide militaire à la République des Seychelles483. Aux dires du président RENÉ, tous les efforts de son gouvernement ont été entièrement consacrés à l'indépendance nationale à travers le développement économique et la création d'une société plus juste. Donc, le régime socialiste n'aurait « jamais dépensé un sou pour une arme » : la France, comme certains pays, en aurait offert484. Cette affirmation est reprise par la LOI dans son dossier consacré aux Seychelles le 5 décembre 1981. Donc, le régime de RENÉ chercherait dorénavant à avoir les moyens pour défendre l'indépendance nationale. Le 10 décembre 1981, Maxime FERRARI, ministre seychellois de l'Économie, affirme devant Philippe FLANDRIN de La Croix que la France pouvait se charger de former le personnel de sécurité seychellois485. La coopération militaire entre la France et les Seychelles a été renforcée après la visite du président RENÉ à Paris en février 1982. En effet, le dictateur a proclamé l'ouverture d'une « nouvelle ère de coopération » entre les deux pays. Pendant sa visite, RENÉ se serait entretenu avec le ministre de la Défense, Charles HERNU.

Cela est confirmé par Le Matin du 19 août 1982. Le chef de l'État seychellois a alors réclamé des conseils d'experts en matière de formation et d'équipement pour permettre aux Seychelles de se défendre contre ses agresseurs, et pour discuter sur les moyens de renforcer la coopération militaire entre les deux pays. À cela s'ajoute la volonté de renforcer la défense des côtes et de la sécurité des aérodromes486. Cette tentative de développement de la coopération militaire avec la France est évoquée par Libération le 18 août 1982. Le journal affirme même que des coopérants militaires ont été envoyés aux Seychelles, mais il affirme ignorer si des soldats français étaient présents pendant la mutinerie d'août 1982487. D'après Le Matin, aucun soldat français n'est stationné aux Seychelles et qu'aucun Seychellois ne suit de formation dans les écoles militaires françaises488. Le 12 juin 1982, la LOI publie un petit article sur la livraison d'équipement militaire français aux Seychelles. D'après l'hebdomadaire, le matériel, surtout des armes et des camions, ont été présentés au cours du défilé militaire du 5 juin célébrant l'anniversaire du coup d'État des partisans de RENÉ489. Cette livraison est rappelée par l'hebdomadaire dans un article paru le 21 août 1982 sous le titre suivant : « D'importantes relations militaires extérieures ». Six ans plus tard, un article parait dans la LOI le 3 décembre 1988. Cet article évoque le renforcement de l'armée seychelloise grâce à l'aide militaire de plusieurs États depuis la tentative de coup d'État de 1981. La LOI évoque la volonté du gouvernement seychellois de poursuivre sa coopération militaire, en 1988, avec la France. D'après l'article, deux pilotes seychellois allaient être bientôt formés à la Réunion490 (la principale base française dans l'océan Indien après Djibouti). S'il n'y a aucun article d'identifié entre 1982 et 1988, cet article nous indique que durant cette période, il y a eu une coopération active entre la France et les Seychelles. Entre 1982 et 1988, voir 1989, la France, avec d'autres pays, ont aidé les Seychelles à développer son armée en livrant du matériel d'équipement et en formant les soldats. La presse française nous présente donc une des trois principales lignes de la coopération militaire en Afrique et qui s'applique aux Seychelles : l'assistance militaire technique (AMT)491. Cette assistance permet la fourniture de personnel qualifié, une aide à la formation et un soutien logistique492. Le 14 mars 1987, le magazine Cols bleus nous donne « un exemple de coopération aux Seychelles »493. En 1986, un accord a été signé entre la France et les Seychelles. La France devait envoyer une équipe de techniciens militaires pour des opérations de déroctages pour aider le gouvernement progressiste à réaliser ses travaux entrepris dès 1985 de dragage d'un chenal d'accès d'un nouveau port en construction. En octobre 1986, on donna l'ordre au Rhin de faire route vers l'archipel. Le navire a veillé à son équipement avant son départ. Il atteint le port de Victoria le 19 novembre 1986 et commence sa mission le lendemain. Elle prend fin le 26. Le Rhin quitte l'archipel le lendemain.

483 HASKI Pierre, « SOS contre les mercenaires », Libération, 4 décembre 1981.

484 Op. cit. HASKI Pierre, « SOS contre les mercenaires », Libération, 4 décembre 1981.

485 FLANDRIN Philippe, « « Nous voulons la paix dans l'océan Indien » », La Croix, 10 décembre 1981.

486 « Coopération renforcée avec Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 27 février 1982 ; « Coopération militaire », La Lettre de l'Océan Indien, 6 mars 1982.

487 Op. cit. MOCKLER Anthony, « Mutinerie aux Seychelles », Libération, 18 août 1982.

488 Op. cit. C. Ch., « La rébellion matée », Le Matin, 19 août 1982.

489 « Équipement français », La Lettre de l'Océan Indien, 12 juin 1982.

490 « Coopération militaire tous azimuts », La Lettre de l'Océan Indien, 3 décembre 1988.

491 Les deux autres lignes sont les accords de Défense et la Force d'Action Rapide (FAR). SOURCE : DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.70.

492 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.72-74.

493 MARTIN C. F., « Un exemple de coopération aux Seychelles », Cols bleus, 17 mars 1987.

Aucun autre article sur la coopération militaire entre la France et les Seychelles de RENÉ après 1989 n'a été identifié.

Nous nous rendons compte que c'est l'un des thèmes les plus traités par la presse française avec les relations politiques et économiques. Même si la coopération culturelle est censée être beaucoup importante que les relations militaires, ces dernières ont été préférées aux premières par les journalistes qui ont couvert les Seychelles et ses relations avec la France. La quantité d'articles et d'informations sur les relations militaires rendent ces derniers importants. Nous avons pu voir que les relations étaient - et sont encore - essentiellement navales. Nous nous rendons compte à quel point les relations militaires, en particulier les escales françaises, si nombreuses, sont importantes pour l'archipel et le régime de RENÉ. Sur la coopération, on a pu voir que la France a apporté un important soutien technique et logistique, ainsi qu'une assistance militaire dans l'objectif d'aider le gouvernement seychellois à développer son armée naissante et défendre sa souveraineté contre ses agresseurs. Si la coopération militaire est surtout évoquée entre 1981 et 1982, elle est pratiquement absente en dehors de ses dates. On regrette également que la presse française n'ait pas suffisamment présentée l'entretien des relations militaires franco-seychelloises dans les années 90 et 2000. On a donc une assez bonne idée sur le déroulement des relations militaires entre la France et les Seychelles sous le président RENÉ, mais il faudra également combler certaines lacunes.

Chapitre XIV : Les relations économiques et

financières

La France porte de grands intérêts économiques sur l'Afrique. Ce serait même un domaine privilégié par la diplomatie française en Afrique. La coopération économique avec l'Afrique est le plus souvent présentée sous la forme d'aide aux États africains. On confond aide et coopération. Celle-ci serait plutôt la participation à la croissance d'un pays494. Dans l'océan Indien, les relations économiques avec la France étaient très importantes grâce à sa domination du trafic maritime. Avec les pays du sud-ouest de l'océan Indien, la France est la seule à avoir créé et entretenue « un réseau de relations privilégiés non seulement commerciales mais surtout financières » avec les pays de la région, le plus souvent des anciennes colonies. Elle est devenue le premier client et le premier fournisseur de la région495. Si les relations économiques entre la France et les États insulaires du sud-ouest de l'océan Indien, dont les Seychelles étaient importantes, elles le sont moins par rapport aux liens culturels d'après Hélène MAZERAN496. Entre 1976 et 1977, c'était le Royaume-Uni qui accordait le plus son aide aux Seychelles. La France l'a rattrapée en 1978. Depuis cette date, l'aide française au développement de l'archipel est la plus importante. Elle est même considérée par Hélène MAZERAN comme l'une des plus importantes proportionnellement à ce que la France apporte aux pays d'Afrique497. Pourtant, de tous les aspects des relations franco-seychelloises sous France-Albert RENÉ, l'économie et les finances tiennent une des places les plus importantes dans la presse française, en particulier grâce à la LOI. Mais que peut-on voir des relations économiques et financières franco-seychelloises à travers ces articles ? Dans le souci d'éviter de faire un développement démesuré de cette étude, nous allons nous efforcer de vous présenter de manière succincte l'information contenue dans chaque article de façon chronologique plutôt que de les analyser minutieusement.

494 DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.28.

495 MAURICE Pierre et GOHIN Olivier (dir.), Les relations internationales dans l'Océan Indien, Saint-Denis, Université de La Réunion, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques, 1993.

496 MAZERAN Hélène, Géopolitique de l'Océan Indien, Paris, CHEAM, 1995.

497 MAZERAN Hélène, L'Océan Indien : un enjeu pour l'Occident, Paris, PUF, 1987, p.54.

A) Les aspects économiques

En juin 1990, RENÉ a reconnu que la coopération avec la France - économie incluse - était « précieuse » et évoque les différents aspects des relations économiques que nous étudierons dans la suite de notre étude. Lorsque la France a adhéré à la COI en 1986, le développement de sa coopération économique avec les Seychelles s'est sensiblement développée498. Dans cette partie,

nous pouvons distinguer trois aspects : l'aide financière, les relations commerciales et la dette seychelloise.

1. L'aide financière

Les Seychelles dépendent très largement des aides extérieures pour pouvoir financer ses ambitieux projets de développement et d'équipement. Jean-Pierre LANGELLIER du Monde a remarqué cela à travers son article publié pour le 14 novembre 1978499. Différents auteurs comme Charles CADOUX s'accordent à dire que la France est le premier partenaire économique des Seychelles (près de 20 % de la part du marché seychellois) et également le premier bailleur de fonds de l'archipel devant le Royaume-Uni (en 1983, c'était près de 800 000 euros, soit 27 % de l'aide octroyée aux Seychelles). Les Missions d'Aide et de Coopération (MAC) créées en 1974 servent d'antennes locales du ministère de la Coopération. L'aide au développement en Afrique regroupe 40 % de l'aide globale. Elle passe par le Fond d'Aide et de Coopération (FAC) et la Caisse Centrale de Coopération Économique (CCCE). La FAC accorde des crédits aux projets des pays africains et la CCCE paie les opérations500.

Quatre articles publiés entre le 21 juillet 1978 et le 21 novembre 1979 décrivent l'aide financière entre la France et les Seychelles à cette époque. Nous constatons qu'effectivement le FAC et la CCCE apportent au nom de la France son assistance économique501. En 1979, la France était déjà le premier pourvoyeur d'aide étrangère aux Seychelles avec environ 5 millions d'euros. Les programmes d'aide économique les plus importants ne devaient pas être remis en cause pendant la crise diplomatique (1979-1981).

498 Idem.

499 LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » va officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

500 Op. Cit. DOMERGUE-CLOAREC Danielle, La France et l'Afrique après les indépendances, Paris, Sedès, collection Regards Sur L'histoire, 1995, p.28.

501 Op. Cit. DECRAENE Philippe, « Les dirigeants de Mahé redoutent un éventuel « scénario à la comorienne » », Le Monde, 21 juillet 1978; ANONYME, « Les Seychelles: clés de l'océan Indien », Le Figaro, 12 septembre 1978; LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » va officialiser le parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978; LANGELLIER Jean-Pierre, « L'arrestation d'un assistant technique français risque de jeter la suspicion sur une coopération fructueuse », Le Monde, 21 novembre 1979.

Que dire des années 80 ? Nous constatons qu'entre 1981 et 1984 l'aide financière de la France aux Seychelles a augmenté. Par exemple, la CCCE est passée près de 400 000 euros à moins de 10 millions d'euros502. En février 1982, dans l'esprit d'une « nouvelle ère de coopération », Jean-Pierre COT, a annoncé l'octroi « d'une enveloppe financière globale » destinée aux projets de développement503. En mai 1982, l'ONU débloque un fonds spécial pour réparer les dégâts

causés par les mercenaires pendant leur attaque le 25 novembre 1981. D'après la LOI, la France pouvait proposer ses services pour coordonner les activités de cefonds504. Pendant sa visite aux Seychelles en juillet 1982, Guy PENNE a discuté avec les dirigeants seychellois de l'aide financière dépassant les 10 millions d'euros de la France pour plusieurs projets505. Vers mai 1983, la CCCE accorde aux Seychelles un prêt d'environ 2 millions d'euros pour développer l'île Silhouette506. D'après la LOI du 25 juin 1983, la CCCE s'apprête à cofinancer avec le Fonds Koweïtien, la BADEA et la Banque mondiale un programme de développement structurel de 25 millions de dollars destinés aux Seychelles507. Cela a été démenti par l'édition du 14 juillet: en effet, la CCCE n'aurait pas été contactée par Victoria et le programme ne serait que seulement à l'étude508. En août 1983, l'ambassadeur de France a signé des accords pour financer la construction d'un chantier naval d'un montant d'environ 230 000 euros et d'une école hôtelière pour plus d'un million d'euros509. En février 1984, la CCCE a accordé des prêts à plusieurs pays riverains de l'océan Indien, dont près d'1,5 millions d'euros aux Seychelles pour l'électrification de l'île de Digue510. Deux articles de la LOI évoquent la participation de la France à travers le CCCE à une conférence de banques mondiales à Victoria le 13 mars 1984 pour discuter sur le financement de la côte Est de Mahé. Victoria espérait obtenir entre 4,5 et 5,5 millions d'euros511. Le 6 avril 1985, la LOI évoque qu'une série de prêts a été accordée à Victoria par Paris en mars, parmi lesquels la signature le 28 mars de deux conventions sur le financement du développement agricole et de l'exploitation du phosphate pour un montant de plus de 500 000 euros512. En octobre 1985, la CCCE accorde un prêt d'environ 800 000 euros pour le développement agricole des Seychelles513, puis près de 5,5 millions d'euros en décembre 1985, avec le Fonds africain de développement et le gouvernement seychellois qui ont débloqué près de 13 millions d'euros pour l'assainissement de Victoria514. Dès 1985, cette aide a diminué avec plus de 7 millions d'euros au lieu de 10 millions en 1984515. Début septembre 1986, la CCCE accorde un prêt de 3,8 millions de dollars pour la création d'une conserverie516. Le 14 février 1987, on apprend que la BNP a financé les travaux de réfection de l'hôtel Mahé Beach sans en préciser le montant517.

502 « René en visite en France », La Lettre de l'Océan Indien, 30 août 1986.

503 « Coopération renforcée avec Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 27 février 1982.

502 « René en visite en France », La Lettre de l'Océan Indien, 30 août 1986.

503 « Coopération renforcée avec Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 27 février 1982.

504 « Fonds spécial de l'ONU », La Lettre de l'Océan Indien, 22 mai 1982.

505 « Coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 10-17 juillet 1982.

506 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 28 mai 1983.

507 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 25 juin 1983.

508 « Seychelles », 14 juillet 1983.

509 « Chantier naval et école hôtelière », La Lettre de l'Océan Indien, 20 août 1983.

510 « Prêts de la CCCE », La Lettre de l'Océan Indien, 25 février 1984.

511 « Financement pour la côte Est », La Lettre de l'Océan Indien, 17 mars 1984 ; « Financement acquis pour la côte Est », La Lettre de l'Océan Indien, 24 mars 1984.

512 « Aides française et américaine », La Lettre de l'Océan Indien, 6 avril 1985.

513 « Diversification agricole », La Lettre de l'Océan Indien, 26 octobre 1985.

514 « Aide française », La Lettre de l'Océan Indien, 7 décembre 1985.

515 Op. Cit. « René en visite en France », La Lettre de l'Océan Indien, 30 août 1986.

516 « Conserverie », La Lettre de l'Océan Indien, 6 septembre 1986.

517 « Un Sheraton en juillet », La Lettre de l'Océan Indien, 14 février 1987.

Dès 1990, la France est toujours le premier pourvoyeur de fonds dans l'archipel. En mars 1990, la France devait se prononcer sur le montant de l'aide financière de la France. La LOI s'attendait à plus de 3,5 millions d'euros provenant du Ministère de la Coopération et moins de 15 millions d'euros accordés par la CCCE518. Le 17 septembre 1990, Jacques PELLETIER affirme que la CCCE « comporte dorénavant une composante prêts, supérieure aux dons » et qu'elle privilégie des secteurs précis519. Fin avril 1991, la CCCE accorde environ 2 millions d'euros à la National Development Bank520. LANGELLIER réaffirme à son tour que la France est le premier bailleur de fonds de l'archipel en précisant dans une note que l'aide française annuelle était de près de 4 millions d'euros de dons et plus de 6 millions d'euros de prêts à la CCCE521. Du 13 au 15 octobre 1993, le directeur de la Caisse Française de développement (CFD), Philippe JURGENSEN, devait se rendre aux Seychelles suite à la visite de RENÉ en septembre 1992. On supposait que c'était pour discuter sur le financement de projets de pêche industrielle ou d'investissements dans le secteur privé évoqués à cette époque522. Ensuite, début octobre 1995, Danielle de SAINT-JORRE et Michel DUPUCH ont discuté de la réforme de l'aide publique française au développement engagée cette année523.

Le 4 février 1998, le Ministère de la Coopération disparaît. D'après le Premier ministre Lionel JOSPIN, sa disparition ne se traduirait par la réduction de l'aide au développement. Une zone de solidarité prioritaire (ZSP) comprenant les pays moins développés en termes de revenus et n'ayant pas accès au marché des capitaux est crée. Les Seychelles ont été intégrées dans cette zone524. Au moment de l'annonce le 15 février 2002, par JOSPIN de la stabilisation de l'aide française au développement, on apprend que les Seychelles sont sorties de la liste de la ZSP grâce à l'amélioration de sa situation économique. Toutefois, elles devaient entrer dans le cadre de la coopération régionale depuis la Réunion et du soutien financier de l'AFD525.

518 « La francophonie au coeur de la commission mixte », La Lettre de l'Océan Indien, 3 mars 1990.

519 « La coopération française en 1989 », La Lettre de l'Océan Indien, 22 septembre 1989.

520 « Prêt de la CCCE à la National Development Bank », La Lettre de l'Océan Indien, 4 mai 1991 ; « Sept mois de prêts de la CCCE en 1991, La Lettre de l'Océan Indien, 28 septembre 1991.

521 LANGELLIER Jean-Pierre, « Vent de démocratie aux Seychelles. Après quatorze années de socialisme autoritaire, cet archipel de l'océan Indien se convertit au multipartisme et libéralise son économie », Le Monde, 7 janvier 1992.

522 « Philippe Jurgensen », La Lettre de l'Océan Indien, 28 août 1993.

523 « Axes de coopération française », La Lettre de l'Océan Indien, 21 octobre 1995.

524 DUPONT Stéphane, « Jospin - la disparition du ministère de la Coopération préservera l'aide française », Les Echos, 5 février 1998.

525 HAREL Xavier, « Jospin veut accroître l'aide au développement », La Tribune, 15 février 2002; LEON-DUFOUR Sixtine, « Querelle sur l'aide au développement », Le Figaro, 18 février 2002; TOVI Laurence, « Jospin se flatte d'avoir enrayé la baisse de l'aide française », Les Échos, 15 février 2002.

2. Les relations économiques et commerciales

Nous allons voir à présent comment étaient les relations économiques au début du régime de RENÉ.

Plus de dix jours après le coup d'Etat des partisans de RENÉ, Le Nouveau journal annonce que l'Occident, sans doute la France incluse, devait « passer par profit et perte aux Seychelles » d'un point de vue économique526. Nous pouvons constater qu'au début du régime de RENÉ, la France s'apprêtait, en août 1977, à financer les premières opérations de diversifications économiques de l'archipel527.

526 ANONYME, « Les Russes sur la route du pétrole », Le Nouveau journal, 16 juin 1977.

527 KALFLECHE Jean-Marc, « L'ère des puritains », Le Figaro, 8 août 1977.

Le 9 juin 1984, la Réunion est présentée par la LOI comme étant l'un des principaux clients des Seychelles pour le poisson528. Avant 1984, la Banque française commerciale (BFC) est la deuxième plus importante banque étrangère implantée dans l'archipel après la Barclays. Fin 1984, on croyait qu'elle allait fermer529. Nous pouvons admettre qu'à la fin des années 80 la France était le principal client des Seychelles. En effet, RENÉ affirme au Point, repris ensuite par la LOI, que la France est la meilleure partenaire, voire la partenaire préférée des Seychelles. À cette époque, la France aurait apporté une aide de 10 millions de dollars530. La LOI confirme une nouvelle fois que la France est la meilleure partenaire des Seychelles avec 20 % des parts du marché seychellois531. Du 4 au 10 novembre 1987, 80 industriels français ont effectué une importante visite économique aux Seychelles532. Le 16 janvier 1988, la LOI présente le commerce franco-seychellois comme étant croissant. D'après le ministre de la Coopération, Michel AURILLAC, « les Seychellois sont des partenaires sérieux qui ont de la suite dans les idées »533. En mars 1988, une délégation d'industriels réunionnais a rencontré les autorités seychelloises pour négocier la création de sociétés mixtes534.

En 1993, une étude a été effectuée par le Ministère de la Coopération sur la coopération économique en 1992 et les perspectives pour 1993 en Afrique et dans l'océan Indien. On félicite Victoria pour sa réaction rapide face aux difficultés économiques. On pense que la situation économique peut s'améliorer. Pourtant, on décèle plusieurs obstacles, comme celui de l'accroissement de la dette535.

En 1996, la communauté internationale, en particulier l'UE, critique la nouvelle loi de l'EDA (Economic Developement Act). D'après la LOI, cette loi devait attirer les investisseurs et offrir l'immunité judiciaire à toute personne investissant 10 millions de dollars dans l'archipel. Au nom de la France, son ambassadeur a protesté avec ses homologues européens en mars. Cela a provoqué la rédaction par le régime d'un mémorandum en défense de l'EDA536. Un mois plus tard, la France modère les critiques de l'UE : elle juge excessive ou disproportionnée la pression européenne sur les Seychelles et estime que le régime de RENÉ a été réceptif537.

528 « Baisse du déficit commercial », La Lettre de l'Océan Indien, 9 juin 1984.

529 « La BFC reste », La Lettre de l'Océan Indien, 24 novembre 1984.

530 BIANCHINI Roger, « « Nous ne sommes la colonie de personne... » », Le Point, 7 juin 1987 ; « Les dix ans du régime », La Lettre de l'Océan Indien, 6 juin 1987.

531 « Commerce croissant avec la France », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1987.

532 « Visite privée d'un ministre et d'industriels français », La Lettre de l'Océan Indien, 10 novembre 1987.

533 Op. Cit. « Commerce croissant avec la France », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1987.

534 « Sociétés mixtes », La Lettre de l'Océan Indien, 26 mars 1988.

535 « L'économie seychelloise vue de Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 25 décembre 1993.

536 « Pression maximale contre l'EDA », La Lettre de l'Océan Indien, 9 mars 1996.

537 « Paris modère les critiques de l'UE », La Lettre de l'Océan Indien, 27 avril 1996.

Avant septembre 1999, le vice-président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale française a présenté un rapport présentant l'archipel comme « un État touristique qui a quelques velléités de constituer un paradis fiscal important » et égratigne la société Advanced Trading Offshore Ltd (Atol)538. Le 6 décembre 1999, Bernard GROLLIER a présenté les échanges entre les Seychelles et la Réunion, en tant que membres de la COI, comme étant marginaux et leurs économies peu complémentaires, et ce depuis 1984539.

Dans les années 2000, on peut trouver quelques articles. Dans le cadre d'une nouvelle loi française contre la corruption internationale, La Tribune a interviewé le professeur Mark PIETH, président du groupe de travail de l'OCDE sur la corruption internationale. D'après lui, il est envisageable que la France suspende ses liens financiers avec les Seychelles540 (sans doute pour le contraindre à lutter contre la corruption). Dans l'édition du 31 mai 2001, Le Monde annonce la signature d'une convention franco-seychelloise sur la délimitation de la frontière maritime de la ZEE des deux pays541.

Pendant sa visite aux Seychelles du 19 au 20 février 2001, Charles JOSSELIN a parlé avec RENÉ des difficultés économiques du pays542. Quelques mois avant la démission de RENÉ, on peut voir que l'économie seychelloise est bouleversée, d'où d'importantes réformes. Pour ces raisons, RAFFARIN a souhaité que Victoria mette en oeuvre des réformes économiques543.

538 « Un apprenti paradis fiscal », La Lettre de l'Océan Indien, 25 septembre 1999.

539 GROLLIER Bernard, « Vers une zone de libre-échange dans l'océan Indien », Les Echos, 6 décembre 1999.

540 ANONYME, « « La loi française soulève plusieurs questions » », La Tribune, 30 juin 2000.

541 ANONYME, « Accords internationaux », Le Monde, 31 mai 2001.

542 « Josselin fait la leçon à René », La Lettre de l'Océan Indien, 24 février 2001.

543 « Jean-Pierre Raffarin répond à Graham Watson », La Lettre de l'Océan Indien, 17 janvier 2004.

3. La dette seychelloise

Enfin, nous pouvons constater qu'il existe dans la presse seychelloise des éléments liant la dette seychelloise et les relations franco-seychelloises.

Comme nous l'avons vu à plusieurs reprises, la question de la dette immense des Seychelles a été abordée et le président français ne l'a pas mis en garde sur l'endettement de l'archipel544. Pendant sa visite à Paris en mai 1991, RENÉ a demandé à MITTERRAND de rééchelonner la dette des Seychelles. Le chef de l'Etat français n'a pris aucun engagement545 pour le contraindre à la démocratisation. Au cours d'une nouvelle visite en septembre 1992, RENÉ a de nouveau demandé la réduction de la dette seychelloise car il a entrepris la démocratisation de son pays. Le président MITTERRAND lui aurait rappelé le refus de la France de traiter les Seychelles comme un PMA alors que le revenu par habitant est très élevé546.

En visite à Paris la semaine du 21 novembre 1996, Danielle de SAINT-JORRE a discuté de la réduction de la dette - environ 27,5 millions d'euros envers la CFD dont des arriérés de paiement de moins de 5 millions d'euros - avec Jacques GODFRAIN. CHIRAC y serait favorable mais il y a des problèmes de mécanismes, d'où la recherche d'une solution. Celle retenue, à savoir la dévaluation de la roupie seychelloise et la prise en charge de la dette par le FMI, n'est pas appréciée par RENÉ547. Cela a empoisonné les relations des deux pays.

Entre le 19 et le 20 février 2001, JOSSELIN et RENÉ ont discuté de la dette. On annonce la venue à Victoria d'une délégation de l'AFD pour trouver une solution au problème548. Entre le 2 et le 4 octobre 2002, Jérémie BONNELAME et Pierre-André WILTZER ont discuté sur l'état des discussions entre Victoria et le FMI. À cette époque, les Seychelles devaient toujours 23 millions d'euros à l'AFD549. Enfin, on peut voir qu'au moment où le président RENÉ se prépare à abandonner volontairement le pouvoir, le problème de la dette seychelloise n'est toujours pas réglé. RAFFARIN a donc souhaité qu'une solution au problème de la dette soit trouvée550.

544 AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

545 « Apparition d'un parti clandestin », La Lettre de l'Océan Indien, 25 mai 1991.

546 « Le président René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 septembre 1992.

547 « Le français, la TV, la dette », La Lettre de l'Océan Indien, 21 novembre 1996.

548 Op. Cit. « Josselin fait la leçon à René », La Lettre de l'Océan Indien, 24 février 2001.

549 « Jérémie Bonnelame à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 octobre 2002.

550 Op. Cit. « Jean-Pierre Raffarin répond à Graham Watson », La Lettre de l'Océan Indien, 17 janvier 2004.

B) L'agro-alimentaire

En 1992, Jean-Pierre LANGELLIER a noté comme produits de l'agriculture traditionnelle la noix de coco, la cannelle et la vanille551. La cannelle représentait l'une des principales ressources économiques des Seychelles jusqu'à la fin des années 60552. L'agroalimentaire est l'un des axes économiques privilégiés par le gouvernement de RENE, en particulier l'aquaculture553. Cela peut être justifié par Le Figaro, deux mois après l'arrivée au pouvoir de RENE, présentant les productions maraichères et fruitières comme faisant partie des projets de diversification économique financés par la France554. Un an plus tard, lors de la visite en France de RENÉ, Le Figaro présente, parmi les différents axes de relations économiques bilatérales, la création et l'accroissement de la production maraichère et fruitière555.

À l'exception des deux articles du Figaro, nous remarquons que seuls des articles de la LOI datant des années 80 nous sont connus. Aucun article dans les années 90 et 2000, même dans l'hebdomadaire le mieux spécialisé sur l'archipel. La raison peut être la suivante: les projets de coopération bilatérale dans l'agroalimentaire de cette période sont les plus importants. Les projets des deux autres décennies sont donc ignorés par la presse française. Reste à voir quels sont ces projets et comment s'est déroulée cette coopération à cette époque.

Dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale, un accord prévoyant l'implantation d'une unité de distillation d'essence de feuille de cannelle et de fertilisant financée à plus de 120 000 euros, et un autre sur le renforcement de l'exploitation et la gestion d'une ferme pilote maraîchère et fruitière avec en plus la construction d'un centre de formation pour jeunes horticulteurs ont été signés à Victoria le 23 février 1982556. Deux mois plus tard, les directeurs généraux de la SEYCOM et de la Wel Supplies, DESBOUSSES et BRADBORN, sont venus en France pour voir plusieurs secteurs, dont l'agro-alimentaire557. Parmi les projets de développement de l'île Silhouette financés par la CCCE, il y a la relance de la culture traditionnelle de coprah et de cultures vivrières558. Le mois suivant, la CCF cofinance, avec entre autre la Banque mondiale, la mise en valeur des terres et la diversification économique aux Seychelles, surtout dans le domaine agricole, pour les trois ans à venir559. On peut voir que le gouvernement seychellois tente de relancer le commerce de la cannelle en créant, avec l'aide de la France, des distilleries560. Le 8 mars 1986, un projet gouvernemental d'établissement des « potentialités des sols des principales îles de l'archipel » confié au Bureau pour le développement des productions agricoles (BDPA) et financé par la

France est évoqué par la LOI561. En ouvrant le secteur agro-industriel aux investisseurs réunionnais, les Seychelles ont développé des projets de création de confiseries, de crèmes glacées et de biscuiteries, sans oublier l'achat de fruits et de légumes562. Enfin, le dernier article que nous possédons dans le domaine agricole date du 30 juillet 1988. Dans cet article Comme nous l'avons vu précédemment, il y avait un projet de manifestation agricole commune entre les Seychelles et les Antilles françaises563. Enfin, la CCCE accorde un prêt à la National Development Bank pour financer des petits projets d'agriculture564.

551 LANGELLIER Jean-Pierre, « Vent de démocratie aux Seychelles. Après quatorze années de socialisme autoritaire, cet archipel de l'océan Indien se convertit au multipartisme et libéralise son économie », Le Monde, 7 janvier 1992.

552 « Distillerie de cannelle », La Lettre de l'Océan Indien, 14 janvier 1984.

553 CAMPREDON Jean-Pierre et SCHWEITZER Jean-Jacques, France, Océan Indien, Mer Rouge, Paris, CHEAM, 1986.

554 Op. cit. KALFLECHE Jean-Marc, « L'ère des puritains », Le Figaro, 8 août 1977.

555 ANONYME, « Les Seychelles: clés de l'océan Indien », Le Figaro, 12 septembre 1978.

556 « Coopération renforcée avec Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 27 février 1982.

557 « Visite en France de deux personnalités des Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 24 avril 1982.

558 Op. Cit. « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 28 mai 1983.

559 Op. Cit. « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 25 juin 1983.

560 Op. Cit. « Distillerie de cannelle », La Lettre de l'Océan Indien, 14 janvier 1984.

561 « Pédologie », La Lettre de l'Océan Indien, 8 mars 1986.

562 « Amorce de coopération », La Lettre de l'Océan Indien, 27 juin 1987.

563 « France-Albert René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juillet 1988.

564 « Prêt de la CCCE à la National Development Bank », La Lettre de l'Océan Indien, 4 mai 1991.

C) Les transports

Nous avons vu que les Seychelles sont extrêmement dépendantes du transport. La mise en service de l'aéroport international de Mahé en juillet 1971 a permis de sortir l'archipel de son isolement géographique, ce qui a permis son ouverture au tourisme565. Il est donc normal d'intégrer les transports dans notre étude sur la coopération bilatérale dans le domaine économique. Pourtant, il n'y a que très peu d'articles sur ce domaine. Ce sont les transports aériens qui sont les plus évoqués et, le plus souvent, en liaison avec le tourisme.

565 DECRAENE Philippe, « Les Seychelles et la protection du patrimoine », Le Monde, 4 mars 1978.

566 C. J.-P., « Seychelles fidèles. Les Robinsons peuvent être exigeants », Le Monde, 29 juin 1985.

567 KALFLECHE Jean-Marc, « L'ère des puritains », Le Figaro, 8 août 1977.

568 « Nouvelles liaisons aériennes », La Lettre de l'Océan Indien, 8 septembre 1984.

569 « Accord avec Air-France et la chaîne Méridien », La Lettre de l'Océan Indien, 12 octobre 1985.

570 « Coopération pour le tourisme », La Lettre de l'Océan Indien, 23 juillet 1988.

571 « Prêt français pour l'espace aérien seychellois », La Lettre de l'Océan Indien, 14 juillet 1990.

572 Op. cit. « La coopération française en 1989 », La Lettre de l'Océan Indien, 22 septembre 1989.

573 « Suppression vol Air-France », La Lettre de l'Océan Indien, 10 décembre 1994.

D'après Le Monde en 1985, Air-France a été la seule compagnie aérienne à avoir assuré la liaison entre les Seychelles et le monde extérieur566. Parmi les projets de diversification économique du nouveau régime financés par la France, il y avait l'aménagement des îles éloignées567. Parmi les accords conclus début septembre entre les Seychelles et des compagnies aériennes pour attirer au moins 75 000 visiteurs pour 1985, il y a celui avec Air-France prévoyant d'introduire un nouveau Jumbo entre Marseille et les Seychelles568. La semaine du 12 octobre 1985, un accord entre Air-France et Air-Seychelles a été signé : Air-France s'est engagé à assurer de nouvelles liaisons aériennes et à louer à Air-Seychelles un Airbus A-300 pendant cinq ans569. En juillet 1988, Air-Seychelles prépare l'inauguration d'une liaison aérienne avec la France et que le gouvernement seychellois projetait de réduire le billet d'avion Réunion-Seychelles afin d'attirer les Réunionnais570. Le 12 juin 1990, les Seychelles et ses voisins, dont la France par le biais de la Réunion, ont signé un accord portant sur la création d'une Flight Information Region (FIR). La CCCE apporte une aide financière à son développement. Le 4 juillet 1990, la CCCE accorde un prêt de plus de 5 millions d'euros aux autorités aériennes seychelloises afin d'améliorer le contrôle de leur espace aérien et leurs communications571. D'après le ministre de la Coopération PELLETIER, le transport aérien est l'un des secteurs privilégiés de la CCCE572.

Ensuite, entre 1994 et 1999, nous avons quelques articles traitant de la suppression des vols Air-France aux Seychelles. Le 10 décembre 1994, la LOI annonce que la compagnie aérienne française envisage d'étudier la suppression pour 1995 du vol entre la Réunion et les Seychelles à cause du fait que Maurice soit la destination finale et la diminution du nombre de touristes réunionnais aux Seychelles573. Nous constatons que cette suppression a été retenue par Air-France puisque la compagnie aérienne française se retire officiellement de cette liaison le 12 juin 1997. En revanche, les vols Paris-Seychelles doublent574. Quelques mois plus tard, on apprend que la ligne Maurice-Seychelles est désormais assurée par Air-Seychelles et Air-Mauritius575. Le remplacement d'Air-France sur la ligne Maurice-Seychelles par Air-Mauritius est rappelé par la LOI le 29 mai 1999 au moment où la compagnie mauricienne supprimait des vols avec les Seychelles576.

574 « En fait, Air France se retire », La Lettre de l'Océan Indien, 21 juin 1997.

575 « Réorganisation des liaisons aériennes », La Lettre de l'Océan Indien, 8 novembre 1997.

576 « Réduction des vols pour les Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 29 mai 1999.

Ensuite nous avons les véhicules. À la fin d'octobre 1982, un représentant du Comité pour la Promotion de l'Industrie et de l'Agro-alimentaire (CEPIA) a pris contact avec les autorités seychelloises. En même temps, un projet seychello-réunionnais prévoyait pour les mois à venir la commande de 85 cars réunionnais pour les Seychelles estimés à moins de 4 millions d'euros. La commande devait inaugurer l'implantation à Mahé d'une usine Renault Vehicules Industriels en collaboration avec la société Thomas577. Nous pouvons ajouter le financement par la CCCE de l'établissement d'une desserte plus régulière entre Mahé et Silhouette578, ou encore l'aide financière pour l'amélioration de la route de Victoria à l'aéroport579.

D) Le tourisme

Nous avons vu que le tourisme est la principale ressource économique du pays. D'après Philippe DECRAENE en 1978, l'économie seychelloise reposait presque exclusivement sur le tourisme580. Le tourisme a peut-être conduit le régime à être non-aligné : s'il s'était aligné sur Moscou, les touristes composés essentiellement d'Occidentaux seraient moins nombreux à venir visiter l'archipel581. Nous avons vu dans le chapitre II quelle a été l'évolution du tourisme et de la politique du régime de RENÉ vis-à-vis de celui-ci. Pourtant, la coopération bilatérale sur le tourisme semble être largement moins développée par la presse française que sur la pêche que nous étudierons par la suite : peut-être parce que les ressources touristiques sont déjà largement mises en valeur582.

577 « Des cars pour les Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 13 novembre 1982.

578 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 28 mai 1983.

579 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 25 juin 1983.

580 DECRAENE Philippe, « Les dirigeants de Mahé redoutent un éventuel « scénario à la comorienne » », Le Monde, 21 juillet 1978.

581 MAZERAN Hélène, L'Océan Indien : un enjeu pour l'Occident, Paris, PUF, 1987, p.176-177.

582 Op. Cit. CAMPREDON Jean-Pierre et SCHWEITZER Jean-Jacques, France, Océan Indien, Mer Rouge, Paris, CHEAM, 1986.

Il existe au moins deux articles du Monde évoquant le tourisme aux Seychelles. Dans le premier de ces deux articles, Philippe DECRAENE parle de 50 000 touristes venus en 1977, année de l'arrivée au pouvoir de RENÉ, des hôtels construits ou en construction ou encore les 140 millions de roupies583 de recettes touristiques, joint à l'aide étrangère, contre 18 millions pour l'ensemble des exportations584. Le Monde du 29 juin 1985 décrit la politique touristique de Victoria et adopte un regard de touriste. Il présente les Français comme « les premiers visiteurs de l'archipel » et « leur principale clientèle »585. La France a donc une place très importante dans le tourisme seychellois.

583 Philippe DECRAENE a ajouté comme note qu'une roupie seychelloise valait 0,70 F d'époque.

584 Op. cit. DECRAENE Philippe, « Les Seychelles et la protection du patrimoine », Le Monde, 4 mars 1978.

585 C. J.-P., « Seychelles fidèles. Les Robinsons peuvent être exigeants », Le Monde, 29 juin 1985.

Entre 1977 et 1983, nous ne trouvons aucun article sur la coopération bilatérale en matière de tourisme. Puis nous avons quelques articles entre 1983 et 1990. En août 1983, un accord portant sur la construction d'une école hôtelière a été signée586. Le 4 octobre 1985, après des négociations entamées au printemps, un accord a été signé à Paris entre la société d'Etat Seychelles Hotels et la chaîne Méridien, société hôtelière d'Air-France pour assurer la gestion du Fisherman's Cove et le Barbarons Beach, les deux hôtels les plus luxueux des Seychelles587. Vers mai 1987, la France annonce qu'elle va accorder deux prêts d'un total d'environ 4 millions d'euros pour la rénovation de deux hôtels : le Barbarons Beach Hotel et le Fisherman's Cove588. En juin 1987, dans l'amorce de coopération seychello-réunionnaise, les Seychelles ont ouvert le secteur du tourisme aux investisseurs réunionnais pour augmenter de 50 % leur capacité hôtelière et accroître le nombre de touristes589. Vers juillet 1988, une mission a été effectuée par des représentants de sociétés réunionnaises pour définir plusieurs projets d'investissements dans le tourisme dans l'archipel. Victoria cherchant à attirer des investisseurs et la clientèle réunionnaise, elle envisage alors de baisser le tarif aérien entre la Réunion et les Seychelles590. Le 4 août 1990, on apprend que le Ministère seychellois du Tourisme a annoncé à la Chambre de commerce et d'industrie à Paris la réalisation d'une étude financée par la CCCE sur le tourisme aux Seychelles pour définir de nouvelles clientèles touristiques dans l'archipel591. Le 17 septembre 1990, Jacques PELLETIER déclare que le soutien au tourisme est l'un des secteurs privilégiés de la CCCE592. En 1997, Air-France et Air-Seychelles cherchent à augmenter le nombre de touristes français593. En 1999, la France est toujours l'un des principaux pourvoyeurs de touristes aux Seychelles594 : donc vingt ans après l'arrivée au pouvoir de RENÉ, la position de la France n'aurait guère changé malgré la concurrence croissante.

586 « Chantier naval et école hôtelière », La Lettre de l'Océan Indien, 20 août 1983.

587 Op. Cit. « Accord avec Air-France et la chaîne Méridien », La Lettre de l'Océan Indien, 12 octobre 1985.

588 « Aide française au tourisme », La Lettre de l'Océan Indien, 16 mai 1987.

589 « Amorce de coopération », La Lettre de l'Océan Indien, 27 juin 1987.

590 « Coopération pour le tourisme », La Lettre de l'Océan Indien, 23 juillet 1990.

591 « Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 4 août 1990.

592 Op. cit. « La coopération française en 1989 », La Lettre de l'Océan Indien, 22 septembre 1989.

593 Op. Cit. « En fait, Air France se retire », La Lettre de l'Océan Indien, 21 juin 1997.

594 « Les difficultés financières d'Air Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 16 janvier 1999.

En 1994, nous avons un premier article sur la baisse du tourisme. Cette année là, d'après la LOI, 2 100 voyageurs réunionnais ont visité les Seychelles en 1993, soit une baisse de 33 %. On cherche donc à accroître le nombre de touristes réunionnais595. Entre 1996 et 2000, on remarque une baisse consécutive des touristes français. En 2000, le nombre de touristes français aux

Seychelles a baissé de 4 %. Leur temps de séjour (10,4 nuits en moyenne) a diminué de 4 % par rapport à 1998, le taux de fréquentation des hôtels de 54 %596. Aucun article sur la coopération bilatérale pour enrayer cette baisse n'a été identifié, ni aucun autre aspect dans ce domaine entre 2000 et 2004.

595 Op. Cit. « Suppression du vol Air-France », La Lettre de l'Océan Indien, 10 décembre 1994.

596 « Baisse du nombre de visiteurs aux Seychelles », La Lettre de l'Océan Indien, 26 février 2000.

E) La pêche

La pêche constitue la principale ressource économique des Seychelles après le tourisme. La pêche est l'axe de coopération franco-seychelloise la plus décrite par les médias français. Nous avons vu que c'est surtout la pêche au thon qui est développée par le régime socialiste car le thon constitue une source économique extrêmement importante. C'est aussi pour pouvoir faire contrepoids au tourisme et diversifier davantage son commerce extérieur (l'archipel n'exporte que dix-sept produits). D'après Jean-Pierre LANGELLIER, son développement représentait « le grand espoir des Seychellois »597.

Nous constatons que le développement de la pêche au thon avec l'aide de la France a été développé dès l'arrivée au pouvoir de France-Albert RENE. En août 1977, Le Figaro a su voir que parmi les projets de diversification économique du nouveau régime financés par la France il y a la grande pêche598. Au même moment, La Croix annonce que la France allait aider les Seychelles à bâtir une grande usine de pêche au thon599. Le 13 novembre 1978, Le Monde évoque la construction de quatre thoniers français - devant être livrés en 1979600 - à Dieppe et le financement de la construction d'une école des métiers de la pêche601. Ensuite, nous n'avons que des articles en provenance de la LOI. Si les journaux les mieux appréciés des Français semblent étrangement bouder la coopération en matière de pêche, nous pouvons avoir une bonne idée de son évolution à travers plusieurs articles parus entre 1983 et 2002 dans la LOI.

597 LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » va officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

598 Op. cit. KALFLECHE Jean-Marc, « L'ère des puritains », Le Figaro, 8 août 1977.

599 ANONYME, « La révolution du sourire », La Croix, 22 août 1977.

600 WAUTHIER Claude, Quatre présidents et l'Afrique. De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand. Quarante ans de politique africaine, Paris, Éditions du Seuil, 1995.

601 Op. Cit. LANGELLIER Jean-Pierre, « La constitution « socialiste » a officialiser le système du parti unique », Le Monde, 14 novembre 1978.

D'abord, pour les années 80, nous pouvons évoquer la signature d'un important accord sur la pêche artisanale prévoyant le financement de la construction d'un chantier naval à l'île de La Digue602. Entre 1982 et 1983, au nom de la CEE, la France a mené une campagne expérimentale dans la ZEE seychelloise avec quatre thoniers. Les résultats étant encourageants, la France, avec

la CEE, ont engagé, dès le 5 octobre 1983, la reprise des négociations avec Victoria sur le financement des projets de développement de la pêche seychelloise sur trois ans603. Le mois suivant, on apprend que l'Espagne a pris de vitesse la France, pourtant soutenu par la CEE, en signant un accord avec les Seychelles. Quelques jours plus tard, la France et les Seychelles ont signé un « petit accord » qui serait transitoire autorisant Paris d'envoyer jusqu'à douze thoniers de mi-novembre 1983 à mi-janvier 1984604. Les négociations se trouvant dans l'impasse, on voyait en décembre un possible profit pour la Réunion : en cas d'échec des négociations, l'île pourrait remplacer les Seychelles605. En janvier 1984, un accord entre la CEE et les Seychelles a enfin été trouvé au grand soulagement de la France. La France pouvait donc envoyer dix-huit thoniers congélateurs dans l'archipel606. Le 7 juillet 1984, la LOI publie un dossier sur la pêche. L'accord signé le 19 janvier 1984 entre la CEE et les Seychelles et l'envoi de 27 thoniers européens est rappelé. Comme nous l'avons vu, une partie des tonnages pêchés est réservé notamment à l'exportation vers la Réunion607. Décembre 1984, les Seychelles et des armateurs français de Lorient annoncent la création d'une commission mixte de pêche chargée de préparer deux thoniers d'une quinzaine d'hommes (plus de la moitié sont Français) et battant pavillon seychellois608. Fin février 1985, une délégation dirigée par le ministre seychellois du Développement national a visité les chantiers de l'Armement Coopératif Finistérien en Bretagne où trois thoniers-senneurs seychellois ont été construits. La société a proposé de construire une conserverie à Mahé et la délégation s'est entretenue avec les principaux responsables du secteur de la pêche609. Dans un article de grande taille datant du 16 mars 1984, la LOI annonce le départ de la totalité de la flotte française - 27 thoniers - des eaux seychelloises pour revenir en France. On apprend que quelques quarante thoniers avaient été envoyés dans l'océan Indien et choisis Victoria comme port d'attache610. On peut voir que la quasi totalité de la flotte française dans la ZEE seychelloise est utilisée par les Seychelles et touchent d'importantes redevances sur les captures. Mais le thon connait la crise après la décision de l'armement français SOPAR de déposer son bilan la semaine du 15 mars 1986611. Le 6 septembre 1986, on apprend que l'Armement coopératif finistérien et la société Pêcheurs de France contrôlent à 30 % les Conserveries de l'Océan Indien, contrôlées à 70 % par l'État seychellois, et que la CCF finance le projet de conserverie aux Seychelles pour près de 3,8 millions de dollars sur un total de 7,5 millions de $612. La semaine du 17 janvier 1987, la CEE et les Seychelles renouvellent pour trois ans leur accord ayant expiré le 10 janvier. Dans cet accord, la France est autorisée à envoyer 18 thoniers, soit moins que dans le précédent accord613. Après sa visite à Paris en octobre 1987, RENÉ a autorisé la vente de plusieurs containers de thon en conserve provenant de la Conserverie de l'Océan Indien en direction du territoire français. Par contre, il n'y a aucun quota alloué aux Seychelles614. En juillet 1988, en vertu des accords signés entre la CEE et les pays du sud-ouest de l'océan Indien, les armements de thoniers français annoncent la construction de douze thoniers pour 1990615. La LOI du 30 juillet 1988 présente la Conserverie de l'océan Indien. D'après l'hebdomadaire, le président RENÉ, reçu par l'Élysée le 28 juillet 1988, a demandé à ce que les Seychelles bénéficient de parts de marchés de marché plus importantes, au niveau de la Réunion et de Mayotte ainsi qu'au sein de la CEE, pour ses exportations de thon en conserve616. En octobre, la ministre SAINT-JORRE, en visite à Paris, a discuté avec le ministère français de la Pêche sur les moyens d'augmenter les exportations de thon en conserve vers la France et la Réunion617.

602 « Chantier naval et école hôtelière », La Lettre de l'Océan Indien, 20 août 1983.

603 « Aide de la CEE pour la pêche », La Lettre de l'Océan Indien, 8 octobre 1983.

604 « L'Espagne emporte une première manche », La Lettre de l'Océan Indien, 26 novembre 1983.

605 « En concurrence avec la Réunion », La Lettre de l'Océan Indien, 24 décembre 1983.

606 « Accord de pêche enfin signé avec la CEE », La Lettre de l'Océan Indien, 28 janvier 1984.

607 « La pêche dans l'océan Indien », La Lettre de l'Océan Indien, 7 juillet 1984.

608 « Deux thoniers », La Lettre de l'Océan Indien, 22 décembre 1984.

609 « Hodoul en France », La Lettre de l'Océan Indien, 2 mars 1985.

610 « Départ des thoniers », La Lettre de l'Océan Indien, 16 mars 1985

611 « Crise du thon », La Lettre de l'Océan Indien, 15 mars 1986.

612 « Conserverie », La Lettre de l'Océan Indien, 6 septembre 1986.

613 « Accord avec la CEE sur le thon », La Lettre de l'Océan Indien, 17 janvier 1987.

614 « Pas de quota sur le thon », La Lettre de l'Océan Indien, 31 octobre 1987.

615 « Nouveaux thoniers français », La Lettre de l'Océan Indien, 9 juillet 1988.

616 « France-Albert René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 30 juillet 1988.

617 « Visite en Hongrie et en France », La Lettre de l'Océan Indien, 15 octobre 1988

Fin mars 1990, pendant sa visite privée en France, le président RENÉ a pris le temps de visiter en Bretagne le chantier naval où sont construits les bateaux de pêche seychellois618. Grâce à un article consacré à la coopération bilatérale sur la pêche datant du 7 juillet 1990, nous savons que des bateaux de pêche seychellois sont conçus à Concarneau, en Bretagne, et à Sète, en Méditerranée. La France a équipée avant 1990 deux palangriers construits aux Seychelles pour la pêche continentale. Le ministre seychellois de la Pêche en visite à Concarneau en juillet 1990 a évoqué les projets d'armement de pêche, affiché sa volonté de compléter la flotte seychelloise et a révélé l'existence de négociations portant sur la création d'une société thonière mixte619. Fin avril 1991, la CCCE accorde un prêt pour financer des petits projets de pêche620. D'après Jacques PELLETIER le 17 septembre, le renforcement de la pêche est l'un des secteurs privilégiés de la CCCE621. D'après la LOI, les chantiers Piriou, à Concarneau, devaient construire à Victoria un atelier de réparation naval et ont reçus la commande de deux thoniers congélateurs devant être livrés pour septembre 1993622. Mais l'information sur la commande est démentie le 12 septembre 1992 : la proposition de Piriou serait inacceptable pour Victoria. On apprend aussi que le président RENÉ en visite en France a discuté des difficultés de la pêche au thon avec le ministre français des Affaires étrangères623. Un article de la LOI datant du 18 novembre 1995 indique qu'une société française, Cobrecaf, a des investissements dans l'usine seychellois de thon en boîte, Conserverie de l'Océan Indien (COI), et gère une large proportion de la flotte de pêche dans l'océan Indien624.

617 « Visite en Hongrie et en France », La Lettre de l'Océan Indien, 15 octobre 1988

618 « Le président René en Malaisie et en Europe », La Lettre de l'Océan Indien, 7 avril 1990.

619 « Coopération avec la France pour la pêche », La Lettre de l'Océan Indien, 7 juillet 1990.

620 Op. cit. « Prêt de la CCCE à la National Development Bank », La Lettre de l'Océan Indien, 4 mai 1991.

621 Op. cit. « La coopération française en 1989 », La Lettre de l'Océan Indien, 22 septembre 1989.

622 « Deux nouveaux thoniers », La Lettre de l'Océan Indien, 21 mars 1992.

623 « Le président René à Paris », La Lettre de l'Océan Indien, 12 septembre 1992.

624 « Heinz confirme son achat », La Lettre de l'Océan Indien, 18 novembre 1995.

Pour les années 2000, nous pouvons constater que les Seychelles sont devenues de plus en plus actives dans la pêche à la légine dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), ce qui inquiète des armateurs réunionnais car l'archipel ne possédait aucun quota officiel et ne faisait pas parti de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marine antarctique (CCAMLR)625. Enfin, plus d'un an avant le départ de RENÉ au pouvoir, on voit la volonté de l'UE d'offrir à la Thaïlande et aux Philippines les mêmes avantages douaniers que les pays membres de l'ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), dont les Seychelles, mettant ainsi en danger leurs ventes de thon. D'après la LOI, la France, avec l'Espagne et la Commission européenne, soutient les pays de l'ACP, donc les Seychelles626.

625 « Nouveaux pirates de la légine », La Lettre de l'Océan Indien, 28 juillet 2001.

626 « Les ventes de thon en danger », La Lettre de l'Océan Indien, 14 décembre 2002.

Les relations économiques et financières étaient effectivement importantes. L'aide financière de la France l'est aussi et semble se démarquer des liens commerciaux, touristiques et peut-être aussi de la pêche. La France s'est attachée à aider les Seychelles à développer et diversifier son économie sur les secteurs que nous avons étudiés, en particulier dans le domaine de la pêche au thon. Nous constatons que la France a bel et bien eu, et elle l'a peut-être encore, une des places les plus importantes dans l'économie seychelloise. La presse écrite française nous donne deux types d'aperçu : si d'un côté elle nous permet d'avoir une bonne idée sur les relations économiques et financières bilatérales grâce à sa présentation de certains sujets comme l'aide financière et la pêche, on peut regretter qu'elle ne nous donne pas assez d'éléments pour le reste, en particulier sur le tourisme pourtant si important pour l'économie seychelloise (le choix de la politique économique du régime de RENÉ y est sans doute pour quelque chose). Sans la LOI, notre vision des relations économiques auraient été beaucoup plus restreinte. Les journalistes en dehors de la LOI ont donc fait preuve de sélection des informations. Par conséquent, bien que nous ayons globalement une bonne idée des relations économiques bilatérales, on regrette le manque de couverture médiatique sur certains secteurs.

CONCLUSION

Rappelons-nous quels étaient nos objectifs et notre méthodologie de travail pour les atteindre. Notre étude sur les relations entre la France et les Seychelles de France-Albert RENÉ d'après la presse française devait nous permettre d'approfondir nos connaissances sur l'histoire de ces liens bilatéraux méconnus et la manière dont la presse française couvre et présente cet aspect des relations internationales. Pour atteindre nos objectifs, nous nous sommes renseignés sur la diplomatie de la France en Afrique et dans l'océan Indien afin de mieux comprendre la politique française aux Seychelles. Nous avons utilisé des articles que nous avions déjà recueillis et identifié les articles et la localisation de leurs lieux de consultation. Après avoir mené des séries d'analyses ou de classements d'articles et organisé notre étude en fonction des types d'informations contenus dans la presse française par ordre chronologique, nous avons tenté de les présenter et, dans la mesure du possible, analyser les faits présentés par l'ensemble de nos journaux et magazines.

Nous avons pu identifier l'ensemble des journaux ou magazines français, les journalistes qui ont couvert les Seychelles, et donc les relations franco-seychelloises de 1977 à 2004 ainsi que leurs champs d'action. Nous avons pu dresser l'histoire des Seychelles grâce à la presse française pour mieux comprendre le contexte et la politique de RENÉ. Nos analyses sur les relations francoseychelloises de 1977 à 2004 dans la presse française nous ont montré qu'elles ne représentaient approximativement qu'une partie des informations sur les Seychelles à cette époque, étant donné que La Lettre de l'Océan Indien écrase tous les journaux, y compris Le Monde, et que certains types d'informations sont plus évoqués que d'autres, comme les visites diplomatiques et la qualité des relations par rapport aux relations seychello-réunionnaises ou encore les liens économiques dépassant de loin tous les aspects de la coopération bilatérale. En étudiant les articles, plusieurs acteurs peuvent être identifiés, voire présentés, surtout du côté français. Nous avons pu trouver de nombreux éléments sur les visites diplomatiques effectuées tant du côté seychellois que français, et l'implication de ces déplacements sont souvent évoqués, comme pour la signature d'accords. Divers aspects de la qualité des relations franco-seychelloises sous RENÉ peuvent être décelés dans la presse, les bonnes comme les mauvaises. Sur les mauvais aspects des relations francoseychelloises, des éléments manquent, notamment sur la question réunionnaise. Sur les relations seychello-réunionnaises, on retrouve ce problème du manque d'éléments sur le conflit entre la France et les Seychelles autour de son statut. Mais à travers des éléments plus fournis, essentiellement économiques (nous n'avons trouvé que très peu d'informations politiques ou diplomatiques), nous avons pu constater que la Réunion est devenue une aubaine pour les Seychelles. En étudiant les articles de presse, nous nous sommes rendus compte qu'il existe des éléments sur la participation de la France dans les affaires seychelloises et inversement, d'où notre tentative de présenter « l'imbrication des États » à travers l'exemple franco-seychellois. Quelques éléments, surtout sur les événements seychellois, ont été décelés et présentés dans ce sens dans la presse française. Avant d'entamer notre étude sur la politique française des droits de l'Homme et de la démocratisation aux Seychelles, nous avons pu voir les différents aspects de la nature dictatoriale du régime de RENÉ. Aspects dénoncés par la presse française. Celle-ci a présenté la politique de la France en matière de défense des droits de l'Homme et de la démocratie dans le contexte de remise en cause du régime et dès la fin de règne du chef de l'État seychellois. La

Francophonie, les sommets franco-africains et la COI sont des instruments importants des relations franco-seychelloises. Nous avons tenté d'étudier leurs déroulements et avons constaté que la presse a peu traité cet aspect. Dans le domaine de la coopération, quatre secteurs, c'est-àdire la santé, la culture, la défense et l'économie, ont été présentés par la presse française. Malgré sa très faible place dans notre corpus, nous avons pu voir le déroulement de la coopération sanitaire entre la France et la Réunion avec les Seychelles. Pour mieux comprendre cette politique, nous avons fait appel à nos connaissances issues de nos lectures. Sur les articles concernant le domaine culturel, on constate que ce dernier n'est pas si important que l'on aurait supposé en raison de l'importance donnée par les chercheurs à la culture dans les relations francoseychelloises. Néanmoins, des éléments sur divers secteurs culturels comme sur la langue ou la télévision sont évoqués. Nous trouvons davantage d'informations sur les relations militaires, sur les escales, les visites diplomatiques effectuées par des officiers ou encore la coopération dans les années 80. Enfin, nous avons pu avoir une idée plus ou moins précise, selon les secteurs, dans le domaine économique.

Que ressort-t-il de cette étude ? Comment notre mémoire a-t-elle pu faire avancer notre étude ? Nous pouvons dire que les journaux et les magazines, surtout La Lettre de l'Océan Indien, ainsi que les journalistes français, peuvent nous donner une certaine idée du déroulement des relations entre la France et les Seychelles de RENÉ, et sur les personnes qui y ont joué un rôle. En étudiant les articles de presse, nous avons pu constater des éléments de politique française vis-à-vis de l'Afrique et de l'océan Indien dans les liens franco-seychellois. Grâce aux diverses personnalités, entre autres les ministres de la Coopération, les « Messieurs Afrique », les coopérants et particulièrement le président RENÉ désireux d'entretenir des liens privilégiés avec la France, nous pouvons dire que les relations entre la France et les Seychelles entre 1977 et 2004 sont globalement bonnes et qu'elles se sont renforcées au fil du temps, malgré des périodes de refroidissements. C'est cette image qui est essentiellement retenue par la presse française. Néanmoins, l'analyse et l'existence des tensions nous ont permis de voir que malgré cette image, les relations franco-seychelloises étaient plus complexes qu'elles n'y paraient. La presse française redonne aux visites diplomatiques, si importantes aux yeux des élites seychelloises, leur importance dans les relations. Ces visites, et tout particulièrement celles effectuées par le président RENÉ, maintiennent et renforcent les liens si anciens et étroits entre la France et les Seychelles. Leurs fréquences dans la presse semblent indiquer que les Seychelles accordent plus d'intérêts envers la France que celle-ci vis-à-vis de l'archipel. Dans le contexte de la démocratisation de l'Afrique et de l'océan Indien dès 1990, la France a fait pression sur le régime de RENÉ, dénoncé par la presse française, et accompagné celui-ci dans sa transition démocratique, transition suivie par nos médias, avant de refaire pression au début des années 2000 pour la défense des droits de l'Homme. Ceci peut être un aspect de « l'imbrication » de la France et des Seychelles. Sur « l'imbrication », la presse française ne nous donne qu'une très faible idée : nous voyons surtout la réaction française au coup d'État manqué de 1981 et la rébellion militaire de 1982. En fait, les journalistes, les journaux et les magazines semblent cibler ou privilégier les types d'informations : ainsi, certains aspects importants comme les relations entre la Réunion et les Seychelles, la coopération culturelle ou encore les liens franco-seychellois à travers la COI sont davantage boudés ou mis de côté. Certains aspects prennent davantage d'importances, comme la défense ou surtout l'économie. Néanmoins, nous avons assez de matière pour développer les éléments suivants. Si les relations entre la Réunion et les Seychelles étaient houleuses, dès le début des années 80, elles se sont développées

progressivement, surtout économiquement627. La Francophonie, les sommets franco-africains et la COI jouent leur rôle d'instruments des relations franco-seychelloises malgré le peu d'intérêts qu'ils apportent à la presse française. Celle-ci présente la coopération bilatérale comme étant fructueuse. Les trois secteurs les plus importants en Afrique et dans l'océan Indien ont été privilégiés dans la presse, en particulier l'économie. La France est présentée régulièrement comme le principal bailleur de fonds aux Seychelles et son principal partenaire économique. En accordant d'importants crédits - aspect économique le plus important dans les liens franco-seychellois - ou en signant divers accords de coopérations, la France aide l'archipel à se développer. Le domaine sanitaire est peu évoqué car le régime de RENÉ réclamait de moins en moins l'aide de la France. La France apporte une importante aide technique pour le développement des médias, de la télévision, de l'éducation et le renforcement de la langue dans le domaine culturel, dans l'agro-alimentaire, les transports, le tourisme et principalement la pêche dans le domaine de la diversification économique si nécessaire pour l'archipel. Aux Seychelles, comme dans la presse française, on accorde de l'importance aux escales si nombreuses de la Marine nationale. Celle-ci apporte son assistance technique au régime et aux forces seychelloises, mais il n'y a aucun accord de défense. Cet aspect est visible uniquement dans les années 70 et 80. Donc, l'essentielle est présentée et traitée par la presse française, mais elle nous donne une idée limitée de l'ensemble de l'histoire des relations franco-seychelloises sous RENÉ.

627 Bien que la presse française ne l'évoque pas, on peut supposer que les relations culturelles entre la Réunion et les Seychelles se sont considérablement développées.

Le manque d'éléments sur les relations franco-seychelloises de 1977 à 2004 dans la presse française peut être considéré comme une limite de ce mémoire. Nous pouvons regretter que plusieurs sujets pourtant forts intéressants et aspects importants des relations francoseychelloises, comme les relations seychello-réunionnaises, ne soient pas complètement développées par la presse française. On regrette également que d'autres éléments ne soient trop peu, voire pas du tout évoqués, nous obligeant ainsi à renoncer à les étudier. Parmi ces éléments : l'énergie, si importante dans la coopération en raison de l'emplacement des Seychelles dans une zone contenant probablement du pétrole, et par la place de plus en plus importante de l'offshore ; l'environnement, politique si chère à l'archipel ; ou encore, les relations franco-seychelloises à travers les Jeux de l'Océan Indien, événement emblématique, voir incontournable, de la région. Bien que nous ayons pu voir l'ensemble des aspects des relations entre la France et les Seychelles pendant le « règne » de France-Albert RENÉ, l'étude de cet ensemble paraît assez limitée. En effet, l'organisation des relations internationales ou bilatérales est bien plus complexe que cela. Ainsi, nous n'avons guère d'éléments sur le protocole (voeux, messages, fêtes, cérémonies), le fonctionnement des ambassades, des consulats ou des agences consulaires, les missions d'inspection, davantage de précisions sur la question des frontières, la prospection des hydrocarbures, les travaux publics, la coopération dans les domaines sociaux, de l'hygiène ou encore des transports (la navigation), l'influence de la France dans l'archipel, la défense des intérêts et des ressortissants, les questions administratives, l'aide humanitaire ou encore les diplomaties française et seychelloises avec leurs homologues sur les Seychelles (par exemple, les corps diplomatiques françaises, seychelloises et

soviétiques mêlées). La limitation de notre analyse que nous nous sommes imposé pour éviter d'alourdir notre sujet peut être également considérée comme une limite car elle risque de provoquer un « effet catalogue » au mémoire. Le manque d'information en provenance des agences de presse ou des sièges sociaux des différents médias, surtout iconographique, peut constituer une limite éventuelle. Les ouvrages, les articles scientifiques - surtout ceux réalisés à Aix-en-Provence - et les thèses peuvent nous aider à rassembler des bagages de connaissances sur les relations entre la France et les Seychelles. Pourtant, l'absence de travaux exclusifs aux Seychelles ou sur ces relations limite notre mémoire. Telles sont les limites éventuelles de notre mémoire.

Pourtant, il existe plusieurs possibilités de prolongements du sujet. D'abord, on pourrait identifier des articles qui nous ont échappés. Si on continue de concentrer notre étude sur les sources médiatiques, on pourrait espérer qu'un jour les archives des agences de presse ou des sièges sociaux des différents journaux ou magazines français rouvrent à nouveau. Ainsi, nous pourrions consulter plus facilement les articles, mais nous aurions alors accès aux bulletins, dépêches, des témoignages conservés, peut-être des notes et des dossiers d'investigations, ainsi que des documents iconographiques (des photographies). Nous aurions donc de nombreuses matières à étudier et qui renforceront notre étude sur les relations franco-seychelloises de 1977 à 2004 et sur la presse française. Notre mémoire peut être étendu de deux façons. Jusqu'à présent, nous nous étions efforcés d'éviter d'alourdir notre mémoire. Pour cette raison, nous avons présenté succinctement à plusieurs reprises, surtout dans les relations économiques, les informations présentées par la presse, et évité de nous lancer dans une analyse trop approfondie, donc trop conséquente. Dans le cas d'un prolongement du mémoire, nous pourrions nous libérer de cette contrainte : les éléments peuvent être présentés plus en détails et les analyses sur les différents articles peuvent être appliquées et approfondies minutieusement. C'est le premier axe d'extension. Le second axe consisterait à introduire de nouveaux chapitres, donc de nouvelles possibilités d'études. Nous pouvons évoquer deux chapitres potentiels. Le premier porterait sur l'histoire de l'investigation des journalistes français aux Seychelles de RENÉ et dans les relations franco-seychelloises sous son régime. Le second pourrait consister à étudier les aspects que la presse française a choisi d'ignorer ou qu'elle a trop peu développés : les lectures et la réflexion peuvent être utilisées, voire les documents d'archives diplomatiques et les témoignages d'acteurs des relations franco-seychelloises (possibilité que nous évoquerons tout à l'heure). Si nous restons dans le cadre de la presse française, il est possible, même intéressant, de l'étendre à la presse d'outre-mer et peut-être même aux journaux et magazines que nous pouvons considérer comme franco-africains. En effet, nous nous étions focalisés exclusivement sur la presse métropolitaine. Parmi les journaux d'outre-mer, nous pourrions inclure Le Quotidien de la Réunion. Parmi les journaux ou magazines de la presse « franco-africaine »628, nous pourrions également faire appel à l'Afrique-Asie, l'Asie et Afrique modernes, ou encore l'Afrique Contemporaine. Enfin, il y a la possibilité de sortir notre mémoire du cadre exclusif de la presse pour s'ouvrir aux documents d'archives diplomatiques et à l'interview de personnalités ayant joué un rôle dans les relations franco-seychelloises. Cela nous permettra de mieux voir ce que la presse évoque ou non et mieux comprendre les différentes facettes de l'histoire des liens unissant la France et les Seychelles pendant le règne marquant du seychellois France-Albert RENÉ.

628 Ce sont des journaux africains publiés hors d'Afrique et où leurs sièges sociaux sont basés en France. Des journalistes français peuvent les diriger, comme Philippe DECRAENE dans Afrique-Asie.

INDICATIONS CHRONOLOGIQUES

 

Événements marquant la
politique intérieure des
Seychelles

Événements marquant les relations
franco-seychelloises

1977

- Juin : coup d'État (« Libération ») des partisans du Premier ministre F.-A. RENÉ, suspension des institutions et mise en place d'un régime socialiste (4-5). Création d'une armée populaire et arrivée des troupes tanzaniennes.

- 24 juin : reconnaissance du régime putschiste
par Paris par l'annonce de la venue du ministre
de la Coopération, R. GALLEY, pour la

célébration du premier anniversaire de
l'indépendance.

1978

- 29 avril : découverte d'un complot et

répression.

- Juin : Le SPUP est rebaptisé SPPF.

- Juillet : crainte d'un coup d'État après le putsch des mercenaires aux Comores.

- 27 avril : 20 millions de FF sont accordés par la CCCF pour que les Seychelles puissent acquérir 4 thoniers français.

- 23 mai : V. GISCARD D'ESTAING reçoit à l'Élysée des chefs d'État dont RENÉ à l'issu du 5e sommet franco-africain.

- 29 juin : accord de coopération franco-

seychellois.

- Juillet : visite à Paris (19), conférence de presse à Paris (20) et visite dans le Sud de la France (29) du ministre seychellois du Développement économique et du Plan M. FERRARI.

- Septembre : visite en France de F.-A. RENÉ reçu par le Premier ministre (le 11) et le président de la République (le 12). Remise d'un patrouilleur constituant le premier élément d'une nouvelle politique de coopération francoseychelloise sur la mer.

- 13 octobre : signature à Victoria avec la France de 2 conventions pour financer la construction d'une maison de la culture et d'un centre de formation maritime aux Seychelles.

- 11-12 novembre : visite aux Seychelles du ministre de la Coopération R. GALLEY pour des projets de coopérations franco-seychelloises.

1979

- 26 mars : mise en place de la nouvelle constitution établissant le parti unique (SPPF) qui entre en vigueur le 5 juin.

- Juin : scrutins généraux et élection en

- 11 janvier : réception seychelloise d'un cargo construit à Lorient.

- 1er février : lettres de créances de

1980

- 17 avril : appel de RENÉ contre « les dangers de la militarisation dans l'Océan Indien, par des puissances étrangères ».

- 11 décembre : le SPPF demande le démantèlement de toutes les bases militaires.

- 14 janvier : ministère de la Coopération française accorde 7 millions de FF pour une ferme-pilote et pour une école hôtelière.

- 27 janvier : libération de J.

CHEVALLEREAU.

- Avril : reprise progressive de la coopération franco-seychelloise.

- 16 mai : signature à Victoria d'un accord sur la pêche au thon.

 

- 1er décembre : signature à Victoria d'un accord de coopération sur le développement de la pêche.

1981

- Février: lancement du National Youth Service à Port Launay.

- 13-17 mai : pendant son voyage en Algérie, F.- A. RENÉ félicite F. MITTERRAND.

- 26 novembre : tentative de coup d'État par

- 5 juillet : le Congrès du SPPF prend acte des

candidat unique de F.-A. RENÉ comme président de la République (23) ; nouveau gouvernement (30).

- 15 octobre : manifestations des étudiants contre la mise en place d'un service obligatoire de la jeunesse (National Youth Service).

- 16 Novembre : découverte d'une « tentative de complot » et répression (plus de 80 arrestations).

l'ambassadeur français F. DORÉ.

- 23 mars : signature d'un accord francoseychellois sur les transports (appliquée le 22 février 1980).

- 2-6 juillet : première réunion d'une commission mixte de coopération francoseychelloise.

- 14 juillet : volonté affichée de Victoria de voir la Réunion autonome, voire indépendante.

- 24-26 juillet : RENÉ à Paris accueilli par le ministre de la Coopération. Ministre seychellois du Développement économique et du Plan signe un 2e avenant de la Convention de Financement pour la livraison des 4 thoniers.

- 13-15 septembre : visite de 48h de France-Albert RENÉ accueilli par le ministre de la Coopération.

- Octobre-novembre : visite du ministre seychellois du Tourisme, Mr CERVINA.

- Novembre : début de la crise francoseychelloise dû à l'arrestation d'un coopérant français, J. CHEVALLEREAU, et le débarquement forcé des marins du Topaze (18). Suspension par la France de la coopération navale mais pas civile (23).

- 17 décembre : réduction de la coopération franco-seychelloise.

 

des mercenaires sud-africains dirigés par le « colonel » M. HOARE.

- 2 décembre : le régime socialiste demande à l'ONU une enquête internationale sur la tentative de coup d'État du 26 novembre.

déclarations de MITTERRAND, surtout sur les relations franco-seychelloises.

- 8 octobre : volonté seychelloise de renforcer les relations franco-seychelloises.

- 2 novembre : sommet franco-africain.

- Décembre : soutient français au régime de RENÉ victime d'une tentative de coup d'État et envoi d'un navire de guerre et d'experts militaires (1er). Entretien entre MITTERRAND et le ministre du Développement et du Plan FERRARI sur le prêt financier de la France pour reconstruire l'aéroport de Victoria victime de la tentative de coup d'État (4).

1982

- 13 avril : début du procès des mercenaires ayant tenté le coup d'État du 26 novembre 1981.

- 17 août : mutinerie militaire au camp

d'Union Vall.

- Septembre : 4e Congrès du parti unique.

- 3 novembre : Remaniement ministériel.

- 1er décembre : appel aux anciens opposants de RENÉ.

- 16 février : visite de F.-A. RENÉ à Paris et début d'une « ère nouvelle de coopération » entre la France et les Seychelles.

- Mai : visite à Paris du premier secrétaire du parti unique, G. SINON.

- Juin : remise d'équipements militaires français aux Seychelles.

- 2-4 juillet : visite aux Seychelles du conseiller du président MITTERRAND sur les Affaires africaines, G. PENNE.

- Décembre : nouvelle visite de G. PENNE.

1983

- 1er février : 7 comités exécutifs de districts du SPPF nommés.

- 22-23 juillet : amnistie et expulsion des six mercenaires condamnés à mort.

- 7 août : élections législatives.

- Novembre : craintes d'un renversement par
l'intervention américaine suite au

renversement par l'armée américaine du
régime castriste à Grenade.

- Décembre : libération de l'agent secret sudafricain M. DOLINCHEK.

- Octobre : visite en France de F.-A. RENÉ.

1984

- Juin : réélection en candidat unique de France-Albert RENÉ (17) ; concentration des pouvoirs de RENÉ : cumul de mandats et réduction de l'équipe gouvernementale (5 ministres au total) ; F.-A. RENÉ élu secrétaire général du SPPF (23).

- 28 janvier : la France est reconnue comme étant un pays riverain de l'océan Indien par les Seychelles.

- 18 janvier : signature d'un important accord

 

- 1er août : création du Seychelles Marketing Board chargé de planifier et de centraliser les échanges avec l'étranger.

- 30 novembre : F.-A. RENÉ réaffirme son non-alignement.

de pêche.

- Vers mai : F.-A. RENÉ en France.

- 5 juin : présence de Danielle MITTERRAND aux célébrations du coup d'État de RENÉ.

1985

- Mai-juin : répression du « complot » de la Garde nationale.

- 27 septembre : 6e Congrès du SPPF et débat sur la question de la démocratie.

- 29 novembre : assassinat à Londres du principal chef de l'opposition, G. HOAREAU.

- 26 avril : visite de France-Albert RENÉ à Paris à propos de la pêche et la santé.

- Novembre : tension avec Paris en raison du blocage seychellois du processus d'entrée de la France dans la COI.

1986

- 19 mai : fin de la fausse ambassade de l'Ordre de Malte du mafieux M. RICCI.

- Septembre : « tentative de coup d'État » du ministre de la Défense O. BERLOUIS, démission (10) ; nouveau gouvernement (19).

- 28 novembre : 7e Congrès du parti unique, trois jours avant l'arrivée du pape Jean-Paul II.

- 11 janvier : adhésion de la France à la COI.

- Juillet : dénonciation de F.-A. RENÉ d'un « complot » fomenté à Paris par les services américains, britanniques et français.

- Août : visite privée de F.-A. RENÉ en France.

- 18 septembre : arrivée du chef des forces françaises à Victoria.

1987

- 5 juin : célébration avec éclat du 10e

anniversaire du coup d'État de RENÉ.

- 5 décembre : élections législatives.

 

1988

- 31 octobre : remaniement ministériel.

- 28 juillet : F.-A. RENÉ à Paris.

- Octobre : visite à Paris de D. de SAINTJORRE, secrétaire d'État au Plan et aux Relations extérieures.

1989

- 12 juin : réélection de F.-A. RENÉ et nouveau gouvernement.

 

1990

- Février-mai : début du mouvement

démocratique aux Seychelles suite à la vague
démocratique africaine issue de la chute du
Mur de Berlin et la fin de la guerre froide.

- Avril : J. MANCHAM en France pour sa campagne en faveur de la démocratie.

- Juin : visite aux Seychelles de F.

MITTERRAND (11 juin) et aide conditionnée

 

Prend de l'ampleur.

- Avril : J. MICHEL propose des réformes.

- 5 juin : F.-A. RENÉ affiche son hostilité au changement et invite les individus à « abandonner le navire de la révolution ».

(discours de La Baule le 20). Visite privée en France de F.-A. RENÉ à la fin du mois.

1991

- 6 avril : maintien du parti unique lors du 9e congrès du SPPF.

- 5 juin : F.-A. RENÉ menace de

démissionner si le multipartisme s'instaure.

- Décembre : élections locales (2),

autorisation du rétablissement du

multipartisme (4) et modification constitutionnelle en vue de l'enregistrement des partis (27).

- 15 mai : F.-A. RENÉ à Paris.

1992

- 14 février : création d'un Institut pour la démocratie.

- Mars : violences contre l'opposition des partisans de RENÉ.

- 26 juillet : premières élections multipartites remportées par le SPPF qui poursuit seul les travaux sur la nouvelle constitution.

- 15 novembre : rejet par référendum du premier projet de constitution.

- Septembre : visite privée en France de F.-A. RENÉ.

1993

- 18 juin : adoption par référendum du second projet de constitution.

- 23 juillet : premières élections générales libres remportées par F.-A. RENÉ.

- Décembre : effet boomerang d'un procès intenté contre un opposant par des révélations.

 

1994

 
 

1995

- Janvier : les partis politiques obtiennent un statut similaire à une compagnie commerciale.

- Février : fermeture de la station d'écoute américaine stationnée sur le territoire seychellois.

 
 

- Juin : controverse autour du nouveau

drapeau.

 

1996

- Janvier : début de remous autour de la loi Economic Development Act (EDA) adopté en novembre 1995, d'où l'adoption de lois contre le blanchiment d'argent.

- 9 avril : accord sur les propriétés de l'Église catholique.

- 19-20 février : visite de J. GODFRAIN, ministre de la Coopération, aux Seychelles.

- Avril : Paris modère les critiques de l'Union européenne contre le régime seychellois.

1997

- Avril : reconnaissance par le gouvernement de la vente de 250 passeports à des étrangers à 25 000 $ pièces en 3 ans.

- 5 juin : célébrations en grandes pompes du 20e anniversaire du coup d'État des partisans de RENÉ.

- Septembre : débats sur la citoyenneté

seychelloise.

- Novembre : polémiques après l'organisation
sur son territoire du concours « Miss Monde ».

- 25 février : décès à Paris du ministre des Affaires étrangères, D. de SAINT-JORRE.

1998

- 20 mars : élections générales et réélection de F.-A. RENÉ.

- Octobre : accrochage au Parlement.

- Décembre : fin du National Youth Service.

 

1999

 
 

2000

- Avril: 5e amendement de la Constitution pour que le président décide de la date des élections présidentielles comme bon lui semble.

- Juillet : démontage de la station d'écoute américaine.

 

2001

- 31 août : élections présidentielles anticipées remportées par F.-A. RENÉ contestées par l'opposition.

- 19-20 février : déplacement de C. JOSSELIN aux Seychelles, première visite d'un ministre français depuis 1996.

 
 

- Septembre : venue à Paris de l'opposition

2002

- 4 décembre : élections législatives violentes.

seychelloise.

- Octobre : venue à Paris du ministre seychellois des Affaires étrangères.

2003

- 9 mars : J. MICHEL (vice-président)

désigné dauphin de RENÉ.

- Mars : normalisation avec l'opposition. - 19 juillet : répression de l'opposition.

- 9 septembre : mort mystérieuse d'une

Française suscitant des réactions européennes.

2004

- 24 février : annonce de F.-A. RENÉ de sa démission prochaine.

- 14 avril : démission volontaire de F.-A. RENÉ (68 ans) et arrivée au pouvoir de l'actuel président des Seychelles, J. MICHEL.

 

ANNEXES :

Annexe n°1 :

SOURCE : d'après nos calculs à partir des articles composant le corpus n°1.

Annexe n°2 :

SOURCE : d'après nos calculs à partir des articles composant le corpus n°2.

Annexe n°3 : Relevés des articles du Le Monde

 

Articles totaux provenant du
Le Monde

Articles évoquant les
relations franco-
seychelloises

Représentation en
pourcentage des articles
par rapports aux articles
totaux

1977

18

4

50 %

1978

14

8

57 %

1979

8

3

38 %

1980

3

0

0 %

1981

12

5

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SOURCE : d'après nos calculs à partir des articles composant nos deux corpus.

SOURCE : d'après nos calculs à partir des articles composant le corpus n°2.

Annexe n°6 :

SOURCE : d'après nos calculs à partir des articles composant le corpus n°2.

SOURCE : d'après nos calculs à partir des articles composant le corpus n°2.

Annexe n°8 :

SOURCE : d'après nos calculs à partir des articles composant le corpus n°2.

SOURCE : ANONYME, « Le coup d'État aurait fait plusieurs morts », Le Monde, 8 juin 1977.

Annexe n°10 : L'ex président James Mancham avec le ministre de la Coopération, René Jouniac

SOURCE : « Sommaire », L'Express, 15-21 décembre 1979.

Annexe n°11 : Le National Youth Service

SOURCE : RAFFY Serge, « Marx va mourir aux Seychelles », Le Nouvel observateur, 26 mars-1er avril 1992.

Annexe n°12 : Les libertés aux Seychelles d'après Freedom house

Annexe n°13 : Bases ou ports d'attache militaires dans l'océan Indien

SOURCE : TENAILLE Frank, Les 56 Afriques. Guide politique / 2 de M à Z, Paris, Maspero, 1979.

Annexe n°14 : Les forces françaises en Afrique

SOURCE : « Les forces françaises en Afrique », L'Express, 22-28 décembre 1979.

SOURCES

- AFP :

> « Le président des Seychelles, au pouvoir depuis 1977, annonce qu'il se retirera en 2004 », 24 février 2004.

> « Démission du président des Seychelles, son numéro deux le remplace », 14 avril 2004.

> « Seychelles: le président France-Albert René a laissé la place à James Michel (papier général) », 14 avril 2004.

- Cols bleus :

> MARTIN C. F., « Un exemple de coopération aux Seychelles », 14 mars 1987.

- L'Express :

> GAETNER Gilles, « Les marionnettes de la République », 7 août 2003.

> MOCKLER Anthony, « Le crépuscule des mercenaires », 6 août 1982.

- La Croix :

> ANONYME629, « Seychelles : La révolution du sourire », 22 août 1977.

> ANONYME, « France Albert René : Une zone de paix pour les Seychelles », 13 septembre 1978.

> FLANDRIN Philippe, « Maxime Ferrari (ministre de l'Économie seychellois) : « Nous voulons la paix dans l'océan Indien » », 10 décembre 1981.

> FLANDRIN Philippe, « Bataille pour l'océan Indien », 28 novembre 1981.

629 Dans bon nombre d'articles de presse française, le nom de l'auteur est souvent remplacé par celui d'une agence de presse telles l'AFP, l'AP et Reuters. Il arrive aussi qu'il n'y en ait aucun.

SOURCES

> « Le président des Seychelles, au pouvoir depuis 1977, annonce qu'il se retirera en 2004 », 24 février 2004.

> « Démission du président des Seychelles, son numéro deux le remplace », 14 avril 2004.

> « Seychelles: le président France-Albert René a laissé la place à James Michel (papier général) », 14 avril 2004.

- Cols bleus :

> MARTIN C. F., « Un exemple de coopération aux Seychelles », 14 mars 1987.

- L'Express :

> GAETNER Gilles, « Les marionnettes de la République », 7 août 2003.

> MOCKLER Anthony, « Le crépuscule des mercenaires », 6 août 1982.

- La Croix :

> ANONYME629, « Seychelles : La révolution du sourire », 22 août 1977.

> ANONYME, « France Albert René : Une zone de paix pour les Seychelles », 13 septembre 1978.

> FLANDRIN Philippe, « Maxime Ferrari (ministre de l'Économie seychellois) : « Nous voulons la paix dans l'océan Indien » », 10 décembre 1981.

> FLANDRIN Philippe, « Bataille pour l'océan Indien », 28 novembre 1981.

629 Dans bon nombre d'articles de presse française, le nom de l'auteur est souvent remplacé par celui d'une agence de presse telles l'AFP, l'AP et Reuters. Il arrive aussi qu'il n'y en ait aucun.

- La Lettre de l'Océan Indien :


· Agenda ou À noter :

> « Seychelles », 31 octobre 1981.

> « Seychelles », 7 novembre 1981.

> « Seychelles - Maritime », 13 mars 1982.

> « Seychelles », 24 avril 1982.

> « Seychelles », 24 avril 1982.

> « Seychelles », 1er mai 1982.

> « Seychelles », 8 mai 1982.

> « Seychelles - Tourisme », 15 mai 1982.

> « Seychelles », 31 juillet 1982.

> « Soudan-Seychelles-Maurice-Madagascar », 4 décembre 1982.

> « Seychelles », 11 décembre 1982.

> « Seychelles », 5 mars 1983 (1)630.

> « Seychelles », 5 mars 1983 (2).

> « Seychelles », 2 avril 1983.

> « Seychelles », 9 avril 1983 (1).

> « Seychelles », 9 avril 1983 (2).

> « Seychelles », 23 avril 1983 (1).

> « Seychelles », 23 avril 1983 (2).

> « Seychelles », 7 mai 1983.

> « Seychelles », 28 mai 1983.

> « Seychelles », 4 juin 1983 (1).

> « Seychelles », 4 juin 1983 (2).

> « Seychelles », 25 juin 1983.

> « Seychelles », 14 juillet 1983 (1).

> « Seychelles », 14 juillet 1983 (2).

> « Seychelles », 14 juillet 1983 (3).

> « Seychelles », 6-13 août 1983.

> « Seychelles », 3 septembre 1983.

> « Seychelles », 1er octobre 1983.

> « Seychelles », 17 décembre 1983 (1).

> « Seychelles », 17 décembre 1983 (2).

> « Seychelles », 24 décembre 1983.

> « Seychelles », 7 janvier 1984.

> « Seychelles », 10 mars 1984.

> « Seychelles », 24 mars 1984.

> « Seychelles », 28 avril 1984 (1).

> « Seychelles », 28 avril 1984 (2). 630 Cette numérotation est utilisée ici pour éviter de confondre plusieurs articles de cette rubrique.

> « Attentats à la bombe à Mahé », 16 mai 1998.

> « L'hôtellerie de mal en pis », 20 juin 1998.

> « Deux mesures contre le marché noir », 3 avril 1999.

> « Les travailleurs Indiens veuillent des devises », 1er avril 2000.

> « Les Sud-Africains quittent la SPTC », 8 avril 2000.

> « Nouvelle liaison avec Milan », 12 mai 2001.

> « Nouveau pirates de la légine », 28 juillet 2001.

> « Seychelles », 13 juillet 2002.

> « Seychelles », 27 juillet 2002.

> « Seychelles », 12 octobre 2002.

> « Seychelles », 19 octobre 2002.

> « Seychelles », 21 décembre 2002.

> « Seychelles », 27 février 2003.

> « Seychelles », 22 mars 2003.

> « Seychelles », 5 avril 2003.

> « Seychelles », 24 mai 2003.

> « Seychelles », 7 juin 2003.

> « Seychelles », 2 août 2003.

> « Seychelles », 22 novembre 2003.

> « Seychelles », 17 janvier 2004.

Économie et finances :

> « Des enseignants aux Seychelles », 19 décembre 1981.

> « Affaires seychelloises », 23 janvier 1982.

> « Le budget 82 », 23 janvier 1982.

> « Manque à gagner », 23 janvier 1982.

> « Projets de la BAD », 3 avril 1982.

> « Mission grecque » , 24 avril 1982.

> « Prêt de l'OPEP », 24 avril 1982.

> « Baisse de la mortalité infantile », 1er mai 1982.

> « Formation professionnelle », 1er mai 1982.

> « Aide de l'Inde pour l'énergie », 8 mai 1982.

> « Prêts de la CCCE », 8 mai 1982.

> « Pêche irakienne », 3 juillet 1982.

> « Prêts de la BEI : Seychelles », 10-17 juillet 1982.

> « Conservation de la nature », 31 juillet 1982.

> « Pressions japonaises », 31 juillet 1982.

> « Pour une relance de la cannelle », 4 septembre 1982.

> « Extension et rénovation totale du réseau régionale de communications », 18 septembre 1982.

> « Nouveaux hôtels », 31 octobre 1982.

> « Kenya Airways prend la relève de British Airways et de Luftansa », 5 février 1983.

> « Des cars pour les Seychelles », 13 novembre 1982.

> « Budget 1983 », 8 janvier 1983.

> « À noter : Seychelles », 25 juin 1983.

> « Dossier : La Banque européenne d'investissement dans l'océan Indien », 2 juillet 1983.

> « Redressement économique », 14 juillet 1983.

> « Chantier navale et école hôtelière », 20 août 1983.

> « Relance économique », 17 septembre 1983.

> « Seychelles », 3 septembre 1983.

> « Premier vol international d'Air Seychelles », 29 octobre 1983.

> « Déficit record de la balance commerciale », 19 novembre 1983.

> « L'Espagne emporte une première manche », 26 novembre 1983.

> « En concurrence avec la Réunion », 24 décembre 1983.

> « Distillerie de cannelle », 14 janvier 1984.

> « Accord de pêche enfin signé avec la CEE », 28 janvier 1984.

> « Les difficultés d'Air Seychelles », 25 février 1984.

> « Prêts de la CCCE », 25 février 1984.

> « Campagne de pêche espagnole », 10 mars 1984.

> « Financement de la côte Est », 17 mars 1984.

> « Important gisement de nodules », 31 mars 1984.

> « Aide soviétique », 5 mai 1984.

> « Aide à la pêche », 19 mai 1984.

> « Appel à la protection des richesses halieutiques », 26 mai 1984.

> « Relance du tourisme », 26 mai 1984.

> « Baisse du déficit commercial », 9 juin 1984.

> « Njonjo impliqué dans le coup d'État aux Seychelles », 16 juin 1984.

> « Don soviétique de carburants », 30 juin 1984.

> « Les Soviétiques à la recherche de nodules ? », 18 août 1984.

> « Bons résultats du tourisme », 25 août 1984.

> « Les recommandations de la Banque centrale », 25 août 1984.

> « Nouvelles liaisons aériennes », 8 septembre 1984.

> « 40 millions de roupies consacrés à 985 réalisations en cinq ans », 24 septembre 1984.

> « Port de Mahé », 13 octobre 1984.

> « Stagnation des exportations », 13 octobre 1984.

> « Étude énergétique », 20 octobre 1984.

> « Visite privée d'un ministre et d'industriels français », 10 novembre 1984.

> « La BFC reste », 24 novembre 1984.

> « Coopération avec l'Italie », 24 novembre 1984.

> « René réaffirme son non-alignement », 8 décembre 1984.

> « Deux thoniers », 22 décembre 1984.

> « Dossier Seychelles : la politique économique pour 1985-89 », 12 janvier 1985.

> « Des cars pour les Seychelles », 13 novembre 1982.

> « Budget 1983 », 8 janvier 1983.

> « À noter : Seychelles », 25 juin 1983.

> « Dossier : La Banque européenne d'investissement dans l'océan Indien », 2 juillet 1983.

> « Redressement économique », 14 juillet 1983.

> « Chantier navale et école hôtelière », 20 août 1983.

> « Relance économique », 17 septembre 1983.

> « Seychelles », 3 septembre 1983.

> « Premier vol international d'Air Seychelles », 29 octobre 1983.

> « Déficit record de la balance commerciale », 19 novembre 1983.

> « L'Espagne emporte une première manche », 26 novembre 1983.

> « En concurrence avec la Réunion », 24 décembre 1983.

> « Distillerie de cannelle », 14 janvier 1984.

> « Accord de pêche enfin signé avec la CEE », 28 janvier 1984.

> « Les difficultés d'Air Seychelles », 25 février 1984.

> « Prêts de la CCCE », 25 février 1984.

> « Campagne de pêche espagnole », 10 mars 1984.

> « Financement de la côte Est », 17 mars 1984.

> « Important gisement de nodules », 31 mars 1984.

> « Aide soviétique », 5 mai 1984.

> « Aide à la pêche », 19 mai 1984.

> « Appel à la protection des richesses halieutiques », 26 mai 1984.

> « Relance du tourisme », 26 mai 1984.

> « Baisse du déficit commercial », 9 juin 1984.

> « Njonjo impliqué dans le coup d'État aux Seychelles », 16 juin 1984.

> « Don soviétique de carburants », 30 juin 1984.

> « Les Soviétiques à la recherche de nodules ? », 18 août 1984.

> « Bons résultats du tourisme », 25 août 1984.

> « Les recommandations de la Banque centrale », 25 août 1984.

> « Nouvelles liaisons aériennes », 8 septembre 1984.

> « 40 millions de roupies consacrés à 985 réalisations en cinq ans », 24 septembre 1984.

> « Port de Mahé », 13 octobre 1984.

> « Stagnation des exportations », 13 octobre 1984.

> « Étude énergétique », 20 octobre 1984.

> « Visite privée d'un ministre et d'industriels français », 10 novembre 1984.

> « La BFC reste », 24 novembre 1984.

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> « René réaffirme son non-alignement », 8 décembre 1984.

> « Deux thoniers », 22 décembre 1984.

> « Dossier Seychelles : la politique économique pour 1985-89 », 12 janvier 1985.

> « Réunion de la commission mixte hispano-seychelloise », 23 février 1985.

> « Hodoul en France », 2 mars 1985.

> « Départ des thoniers », 16 mars 1985.

> « Mise au point sur le thon », 30 mars 1985.

> « Aide française et américaine », 6 avril 1985.

> « Don soviétique », 11 mai 1985.

> « Accord avec les Espagnols », 8 juin 1985.

> « Bons résultats sur le thon », 22 juin 1985.

> « Adjudications », 29 juin 1985.

> « 3 nouvelles sociétés d'État », 27 juillet 1985.

> « Deuxième ligne », 3 août 1985.

> « L'inflation maitrisée ? », 24 août 1985.

> « Accord avec Air France et la chaîne Méridien », 12 octobre 1985.

> « Diversification agricole », 26 octobre 1985.

> « Plateau frigorifique », 26 octobre 1985.

> « Accords avec la Grèce et Cuba », 2 novembre 1985.

> « Programme CEE sur cinq ans », 16 novembre 1985.

> « Aide française », 7 décembre 1985.

> « Don soviétique », 7 décembre 1985.

> « British Airways de retour », 14 décembre 1985.

> « Bons résultats du tourisme », 18 janvier 1986.

> « La COI renforcée », 18 janvier 1986.

> « Réforme de l'impôt », 18 janvier 1986.

> « Victoria remercie Paris », 1er mars 1986.

> « Inflation zéro », 8 mars 1986.

> « Pédologie », 8 mars 1986.

> « Crise du thon », 15 mars 1986.

> « Aide américaine », 22 mars 1986.

> « Accord avec Sheraton », 22 mars 1987.

> « Prospection pétrolière », 22 mars 1986.

> « Bons résultats pour le thon », 17 mai 1986.

> « Relancer la recherche pétrolière », 14 juin 1986.

> « Conserverie », 6 septembre 1986.

> « Exemption fiscale », 6 septembre 1986.

> « recherche pétrolière », 6 septembre 1986.

> « Pêche avec la CEE », 18 octobre 1986.

> « Sociétés d'État », 18 octobre 1986.

> « Déficit commercial », 25 octobre 1986.

> « Pénurie de devises », 1er novembre 1986.

> « Aide norvégienne », 20 décembre 1986.

> « Nouvelles liaisons aériennes », 27 décembre 1986.

> « Accord avec la CEE sur le thon », 17 janvier 1987.

> « Un Sheraton pour en juillet », 14 février 1987.

> « Ligne aérienne avec le Lesotho », 4 avril 1987.

> « 140 000 t de thon en 1986 », 16 mai 1987.

> « Aide française au tourisme », 16 mai 1987.

> « Premier prêt de la SFI », 13 juin 1987.

> « Amorce de coopération », 27 juin 1987.

> « Accord de pêche avec l'URSS », 11 juillet 1987.

> « Hydroélectricité chinoise », 18 juillet 1987.

> « Prospection pétrolière », 13 août 1987.

> « La fin du SMB ? », 29 août 1987.

> « Augmentation des réserves », 26 septembre 1987.

> « Boeing contre Airbus », 26 septembre 1987.

> « Pas de quota pour le thon », 31 octobre 1987.

> « Investissement réunionnais », 7 novembre 1987.

> « Tourisme en hausse », 21 novembre 1987.

> « Carburant soviétique », 28 novembre 1987.

> « Augmentation des réserves », 9 janvier 1988.

> « Commerce croissant avec la France », 16 janvier 1988.

> « Dossier : Les derniers chiffres de la dette », 30 janvier 1988.

> « Nouveau quai thonier », 20 février 1988.

> « Nouveaux records pour le thon », 27 février 1988.

> « Victoria veut attirer à nouveau les Japonais », 27 février 1988.

> « Sociétés mixtes », 26 mars 1988.

> « Dossier : difficultés économiques », 2 avril 1988.

> « Bons résultats du tourisme », 30 avril 1988.

> « 35 sociétés d'État », 16 avril 1988.

> « Coordination touristique », 16 avril 1988.

> « Carburant soviétique », 7 mai 1988.

> « Redressement économique en 1987 », 7 mai 1988.

> « Nouvel aéroport à Praslin », 4 juin 1988.

> « Recommandations sur le thon », 16 juillet 1988.

> « Renforcement de la coopération avec la Réunion », 16 juillet 1988.

> « Coopération sur le tourisme », 23 juillet 1988.

> « Record pour la pêche au thon », 3 septembre 1988.

> « Aide ouest-allemande », 24 septembre 1988.

> « Trois senneurs en construction », 1er octobre 1988.

> « Zone industrielle », 8 octobre 1988.

> « Désaccord avec la CEE », 17 décembre 1988.

> « Un budget en expansion », 14 janvier 1989.

> « Fusion », 4 février 1989.

> « Le thon au STABEX », 9 mars 1989.

> « Bilan mitigé pour les exportations », 18 mars 1989.

> « Mesures en faveur de l'industrie », 20 mai 1989.

> « Boom de la pêche », 15 juillet 1989.

> « Qui a brûlé le « Koxé » ? », 9 septembre 1989.

> « Présentation du budget », 6 janvier 1990.

> « Accord de pêche avec la CEE », 27 janvier 1990.

> « La francophonie au coeur de la commission mixte », 3 mars 1990.

> « Encouragements aux investissements », 31 mars 1990.

> « Panne de courant à Mahé », 14 avril 1990.

> « Accord aérien avec la Yougoslavie », 28 avril 1990.

> « Un nouvel organisme régional pour le thon », 12 mai 1990.

> « Boom du tourisme », baisse du thon », 26 mai 1990.

> « Prévisions touristiques pour 1990-1995 », 23 juin 1990.

> « Coopération avec la France sur la pêche », 7 juillet 1990.

> « Premier séminaire pétrolier de l'océan Indien », 7 juillet 1990.

> « Prêts français pour l'espace aérien seychellois », 14 juillet 1990.

> « Aide japonaise pour la télévision », 21 juillet 1990.

> « Nouveau système de communications par satellite », 28 juillet 1990.

> « Nouveau contrat d'exploration pétrolière », 8 septembre 1990.

> « La coopération française en 1989 », 22 septembre 1990.

> « Projet patronal de guide des investissements », 29 septembre 1990.

> « L'avenir économique s'assombrit », 13 octobre 1990.

> « Restrictions sur les importations de luxe », 1er décembre 1990.

> « Air Seychelles bientôt en Afrique du Sud », 2 février 1991.

> « Le gouvernement élabore un Plan pour l'emploi », 2 février 1991.

> « Baisse du nombre de touriste en janvier », 24 février 1991.

> « Deux nouveaux thoniers », 21 mars 1991.

> « Réduction de certaines taxes à l'importation », 20 avril 1991.

> « Prêt de la CCCE à la National Development Bank », 4 mai 1991.

> « À noter : Seychelles », 11 mai 1991.

> « Critique des « intérêts étrangers » dans la pêche », 15 juin 1991.

> « Paradis fiscal », 6 juillet 1991.

> « Prêt de la BAD pour l'éducation », 21 septembre 1991.

> « Mauvaise année touristique », 28 septembre 1991.

> « Sept mois de prêts de la CCCE en 1991, 28 septembre 1991.

> « Importante pénuries de devises », 16 novembre 1991.

> « légère baisse du déficit commercial », 30 novembre 1991.

> « Prêt de la BADEA pour l'aéroport », 4 janvier 1992.

> « Les innovations du budget 1992 », 11 janvier 1992.

> « Fronde des petits commerçants », 25 janvier 1992.

> « La fin du paradis fiscal », 7 mars 1992.

> « Deux nouveaux thoniers », 21 mars 1992.

> « Première mission à Johannesburg », 25 avril 1992.

> « Privatisation dans l'hôtellerie », 20 juin 1992.

> « Rumeurs de privatisations », 4 juillet 1992.

> « Le thon dans le rouge », 29 août 1992.

> « Nouveaux partenaires pétroliers ? », 5 septembre 1992.

> « Séminaire régional sur le pétrole », 19 septembre 1992.

> « Le gouvernement privatise Vetex », 26 septembre 1992.

> « Nouvelles liaisons aériennes », 14 novembre 1992.

> « Prêt pour l'environnement », 9 janvier 1993.

> « Les conditions d'un prêt », 6 février 1993.

> « Scénario optimiste pour 1993-1997 », 13 février 1993.

> « Prêt britannique pour une turbine », 20 février 1993.

> « Projet d'extraction de granit », 23 mai 1993.

> « Privatisation hôtelière », 13 novembre 1993.

> « L'économie vue de Paris », 25 décembre 1993.

> « Dérogation pour le thon », 12 février 1994.

> « Nouvelle réglementation foncière », 19 mars 1994.

> « Vent de privatisations », 9 avril 1994.

> « Une nouvelle compagnie maritime », 21 mai 1994.

> « Un nouvelle façon d'emprunter », 14 juin 1994.

> « Privatisation de l'activité portuaire », 16 juillet 1994.

> « Réunion régionale sur le thon », 27 août 1994.

> « Retour sur des dépenses de l'État », 1er octobre 1994.

> « La pauvreté au paradis », 5 novembre 1994.

> « Nouvelle tentative dans l'offshore », 26 novembre 1994.

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> « Suppression du vol Air France », 10 décembre 1994.

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> « Fin du « pipeline » sur les devises », 25 mars 1995.

> « Grand ménage à la banque centrale », 22 avril 1995.

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> « Heinz confirme son achat », 18 novembre 1995.

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> « L'EDA leur tient à coeur », 10 février 1996.

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> « L'arroseur arrosé », 24 février 1996.

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> « Le « wait and see » du GAFI », 6 juillet 1996.

> « Les Ennuis de Number One », 27 juillet 1996.

> « Les menaces tardives de la DC 8 », 19 octobre 1996.

> « L'IOTC sera basée à Victoria », 21 décembre 1996.

> « Les hôteliers s'énervent », 18 janvier 1997.

> « Démission à Air Seychelles », 8 mars 1997.

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> « Les vols inter-îles sont privatisés », 5 avril 1997.

> « Cable & Wireless réagit », 5 avril 1997.

> « Tous les moyens sont bons », 12 avril 1997.

> « L'étrange compagnie Drafix », 10 mai 1997.

> « En fait, Air France se retire », 21 juin 1997.

> « Success story mal récompensée », 19 juillet 1997.

> « Recycler « La Misère », 26 juillet 1997.

> « Du mouvement dans l'air », 30 août 1997.

> « Pas de Miss Monde à Mahé », 13 septembre 1997.

> « Exit Cable & Wireless ? », 25 octobre 1997.

> « Le sponsor de Miss Monde », 8 novembre 1997.

> « Plus d'emprunts que prévu », 20 décembre 1997.

> « Écologiquement correct », 10 janvier 1998.

> « Nouvelles taxes touristiques », 21 février 1998.

> « STC, retour à la case Ghoorah », 2 mai 1998.

> « Une conserverie en difficulté », 6 juin 1998.

> « La main dans la poche », 18 juillet 1998.

> « La Gold Card en question », 29 août 1998.

> « Report de la Gold Card », 26 septembre 1998.

> « Le président René tient tête au FMI », 3 octobre 1998.

> « Tour de vis aux importateurs seychellois », 7 novembre 1998.

> « Bras de fer avec le secteur privé », 14 novembre 1998.

> « Un mystérieux yacht pour Airtel », 28 novembre 1998.

> « Un nouvel élu au paradis fiscal », 19 décembre 1998.

> « Mahé veut concourir Port-Louis », 9 janvier 1999.

> « Les difficultés financières d'Air Seychelles », 16 janvier 1999.

> « Un projet à 100 millions $ », 23 janvier 1999.

> « La SIBA fait le ménage dans l'offshore », 13 février 1999.

> « Le groupe Bharti cherche un partenaire à Mahé », 20 février 1999.

> « Marche arrière sur la Gold Card », 27 février 1999.

> « De gros arriérés de paiement », 13 mars 1999.

> « Nombreux hôtels en vente aux Seychelles », 24 avril 1999.

> « Une nouvelle stratégie touristique », 8 mai 1999.

> « Réduction des vols sur les Seychelles », 29 mai 1999.

> « Chasse aux mérous dans les eaux seychelloises », 3 juillet 1999.

> « Plus d'office du tourisme à New-York », 3 juillet 1999.

> « Un mauvais rapport de la BAD », 17 juillet 1999.

> « Le président René s'en prend à l'Europe », 24 juillet 1999.

> « Meilleurs accords de pêche avec l'UE », 31 juillet 1999.

> « Des îles à vendre », 11 septembre 1999.

> « Léger redressement pour Air Seychelles », 11 septembre 1999.

> « La Barclays Bank reste aux Seychelles », 25 septembre 1999.

> « Un apprenti paradis fiscal », 25 septembre 1999.

> « Nombreux projets hôteliers », 16 octobre 1999.

> « Le cercle vicieux de la crise financière », 27 novembre 1999.

> « Les ambitions seychelloises déçues », 27 novembre 1999.

> « Un nouvel audit révélateur », 11 décembre 1999.

> « Controverse sur un cinq étoiles aux Seychelles », 12 février 2000.

> « Baisse du nombre de visiteurs aux Seychelles », 26 février 2000.

> « Aeroflot menace de se retirer », 19 février 2000.

> « Un geste pour les compagnies aériennes », 25 mars 2000.

> « Nouvel organigramme de la SCCI », 1er avril 2000.

> « Nouvelle législation sur l'offshore », 22 avril 2000.

> « Le président René défend le SMB », 6 mai 2000.

> « Les Kiwis l'ont emporté », 10 juin 2000.

> « Plus de contrôles surprises des devises », 1er juillet 2000.

> « Un ambitieux projet compromis », 8 juillet 2000.

> « Les ratés de l'aviation civile », 9 septembre 2000.

> « Des bons du Trésor sans intérêt », 23 septembre 2000.

> « La saga de la chaîne câblée », 7 octobre 2000.

> « Élevage d'huîtres perlières aux Seychelles », 21 octobre 2000.

> « Vente toujours discrète de passeports », 28 octobre 2000.

> « Un bon contrat pour Beachcomber », 21 octobre 2000.

> « Parabole Réunion débarque », 18 novembre 2000.

> « Devises et compagnies aériennes aux Seychelles », 2 décembre 2000.

> « Le FMI veut une dévaluation », 6 janvier 2001.

> « Tokyo récompense Mahé », 20 janvier 2001.

> « EXIT LA Seychelles Shipping Line », 27 janvier 2001.

> « La chasse aux devises », 10 février 2001.

> « Cable & Wireless se repositionne », 17 février 2001.

> « Mahé se met aux normes de l'OCDE », 3 mars 2001.

> « Discorde pour quelques holothuries », 12 mai 2001.

> « Tour de vis contre le marché noir », 19 mai 2001.

> « La SCCI n'est pas d'accord avec René », 16 juin 2001.

> « Exit l'Auditor General », 28 juillet 2001.

> « Beachcomber s'impose aux Seychelles », 15 septembre 2001.

> « Projet en suspens aux Seychelles », 15 septembre 2001.

> « Une arnaque de première », 29 septembre 2001.

> « Volte-face gouvernementale », 13 octobre 2001.

> « La SMB sur la sellette », 27 octobre 2001.

> « Albert René contredit David Savy », 10 novembre 2001.

> « Les hôteliers sont inquiets », 24 novembre 2001.

> « Les devises se font de plus en plus rare », 1er décembre 2001.

> « Un nouveau pavillon de complaisance », 8 décembre 2001.

> « La SCCI privée d'aide gouvernementale », 15 décembre 2001.

> « Le secteur privé s'en prend au SMB », 22 décembre 2001.

> « L'étoile montante des frères Ramadoss », 19 janvier 2002.

> « Mésentente pétrolière avec Petronas », 2 février 2002.

> « Salariés à bas prix aux Seychelles », 9 février 2002.

> « Les devises retournent vers les banques », 9 mars 2002.

> « L'internet par satellite à partir des Seychelles », 9 mars 2002.

> « Démission de deux cadres des finances », 16 mars 2002.

> « Conflit sur le nom de domaine », 23 mars 2002.

> « Désaccord des banques avec le régime », 27 avril 2002.

> « Des îles à vendre », 11 mai 2002.

> « L'austérité en point de mire », 28 juin 2002.

> « Heinz Foods prend ses distances », 6 juillet 2002.

> « La société Star payée en nature », 14 septembre 2002.

> « Détails d'un gros emprunts », 21 septembre 2002.

> « Une usine ferme ses portes aux Seychelles », 2 octobre 2002.

> « Beachcomber bien traitée aux Seychelles », 12 octobre 2002.

> « Les ventes de thon en danger », 14 décembre 2002.

> « Une grève des dockers va coûter cher aux Seychelles », 18 janvier 2003.

> « Légère croissance aux Seychelles en 2002 », 25 janvier 2003.

> « Négociations sur le thon », 25 janvier 2003.

> « Fraudes aux Seychelles », 5 février 2003.

> « Des terrains en vente pour des étrangers aux Seychelles », 22 février 2003.

> « Fraudes aux Seychelles », 5 avril 2003.

> « Surplus de dépôts bancaires aux Seychelles », 26 avril 2003.

> « La SFI investit dans Nouvobanq », 17 mai 2003.

> « Nouvelles lois sur l'offshore », 14 juin 2003.

> « Nouveau dialogue avec la FMI », 21 juin 2003.

> « Le secteur privée mécontent », 5 juillet 2003.

> « La Barclays renforce sa filiale aux Seychelles », 2 août 2003.

> « Un homme d'affaires en danger », 2 août 2003.

> « Tout pour Abhaye Valabhji », 6 septembre 2003.

> « Une firme d'État ferme ses portes », 22 novembre 2003.

> « L'hôtel Barbarons privatisé », 29 novembre 2003.

> « Répercussions du scandale Parmalat aux Seychelles », 24 janvier 2004.

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> « Retombées de l'affaire Parmalat », 28 février 2004. Politique, diplomatie, stratégie :

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> « Échange de mercenaires », 14 août 1982.

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> « Les malaises politiques à l'origine de la mutinerie », 21 août 1982.

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> « Procureur limogé », 11 septembre 1982.

> « 4ème congrès du SPPF », 25 septembre 1982.

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> « Les comploteurs à la radio », 27 novembre 1982.

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> « Appel du président René aux anciens opposants », 11 décembre 1982.

> « La France dans l'océan Indien », 11 décembre 1982.

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> « Rivalité Hodoul-Ferrari », 15 janvier 1983.

> « La tournée du vice-président cubain », 22 janvier 1983.

> « Sept nouveaux comités exécutifs du SPPF », 12 février 1983.

> « Échange de mercenaires contre Nelson Mandela ? », 19 février 1983.

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> « Financement acquis pour la côte Est », 24 mars 1984.

> « Rumeurs de remaniement », 28 avril 1984.

> « Concentration des pouvoirs », 12 mai 1984.

> « Coopération accrue avec l'Algérie », 19 mai 1984.

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> « La police impliquée dans la tentative de coup d'État », 23 juin 1984.

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> « Les Seychelles et la guerre des étoiles », 15 juin 1985.

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> « Dossier Seychelles : entretien exclusif avec le président France-Albert René (suite) », 13 septembre 1986.

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> « Étrange complot », 31 octobre 1987.

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> « Élections législatives », 12 décembre 1987.

> « Délégation chinoise », 26 mars 1988.

> « Mario Ricci sera jugé en France », 2 avril 1988.

> « L'Inde offre un hélicoptère », 4 juin 1988.

> « Complot contre René », 2 juillet 1988.

> « Nouveaux thoniers français », 9 juillet 1988.

> « Démilitarisation de l'océan Indien », 16 juillet 1988.

> « France-Albert René à Paris », 30 juillet 1988.

> « Le retour de James Mancham », 30 août 1988.

> « Tournée prochaine de François Mitterrand », 15 octobre 1988.

> « Visite en Hongrie et en France », 15 octobre 1988.

> « Remaniement ministériel », 5 novembre 1988.

> « Approbation de l'intervention indienne », 12 novembre 1988.

> « Une stabilité retrouvée », 26 novembre 1988.

> « Coopération militaire tous azimuts », 3 décembre 1988.

> « Relations diplomatiques avec le Maroc », 24 décembre 1988.

> « 3ème mandat pour René », 18 mars 1989.

> « Aide américaine », 18 mars 1989.

> « L'homme des écoutes londoniennes parle », 8 avril 1989.

> « Nouvelle direction de l'opposition », 22 avril 1989.

> « René candidat à sa succession », 13 mai 1989.

> « René réélu », 27 juin 1989.

> « René au USA », 29 juillet 1989.

> « Succès pour la visite de Jugnauth », 30 septembre 1989.

> « Manoeuvres militaires », 14 octobre 1989.

> « Quatrième Festival créole », 11 novembre 1989.

> « Protection de l'environnement », 23 décembre 1989.

> « Coopération avec le Kenya », 20 janvier 1990.

> « Le président René en Malaisie et en Europe », 7 avril 1990.

> « Le réveil de l'opposition », 28 avril 1990.

> « La difficile croisade de James Mancham », 5 mai 1990.

> « « L'absence du président » », 12 mai 1990.

> « Le faux programme du Democratic Party », 26 mai 1990.

> « Albert René contre le changement », 9 juin 1990.

> « Retour de Maxime Ferrari à la politique », 16 juin 1990.

> « Le retour en force du président René », 23 juin 1990.

> « La transparence sans le changement », 30 juin 1990.

> « Conférence sur les problèmes de logement », 7 juillet 1990.

> « La main tendue à l'Église catholique », 21 juillet 1990.

> « Nouvelle tournée diplomatique du président René », 28 juillet 1990.

> « Vers une refonte du National Youth Service ? », 1er septembre 1990.

> « Création d'un comité de coordination État-Église », 8 septembre 1990.

> « Maxime Ferrari s'adresse au président Albert René », 8 septembre 1990.

> « Le National Youth Service ramené à un an », 15 septembre 1990.

> « La coopération française en 1989 », 22 septembre 1989.

> « Le président René demande l'aide de la CEE », 29 septembre 1990.

> « Un vote difficile à l'Assemblée du peuple », 29 septembre 1990.

> « L'enjeu des Jeux de l'océan Indien de 1993 », 6 octobre 1990.

> « Un mensuel de l'opposition est lancé à Londres », 6 octobre 1990.

> « Tournée de Maxime Ferrari aux États-Unis », 20 octobre 1990.

> « Le président Albert René s'en prend aux prêtres », 27 octobre 1990.

> « Sermon et lettre ouvertes pour la démocratie », 3 novembre 1990.

> « Les limites à la liberté d'expression », 10 novembre 1990.

> « Le président Albert René a reçu un dissident », 24 novembre 1990.

> « Projet de coopération avec le Maroc », 8 décembre 1990.

> « Maxime Ferrari lance un parti politique », 15 décembre 1990.

> « Querelles entre l'Église et le gouvernement », 15 décembre 1990.

> « Conditions de l'opposition pour un référendum », 29 décembre 1990.

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> « Prochain référendum sur les réformes ? », 19 janvier 1991.

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> « Un référendum à marche forcée », 17 octobre 1992.

> « L'opposition dit non », 24 octobre 1992.

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> « L'évêque monte au créneau », 30 janvier 1993.

> « Les aléas du débat constitutionnel », 27 février 1993.

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> « Un remaniement révélateur », 10 avril 1993.

> « Nouveau planning électoral », 8 mai 1993.

> « Élections générales fin juillet », 26 juin 1993.

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> « Écrasante victoire d'Albert René », 31 juillet 1993.

> « L'effet boomerang d'un procès », 18 décembre 1993.

> « Des hausses de prix contestées », 22 janvier 1994.

> « Les élus mécontents de la SBC », 21 mai 1994.

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> « Le nouvel évêque intronisé », 1er juillet 1995.

> « Nouvelles irrégularités », 22 juillet 1995.

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> « La confiance règne », 25 mai 1996.

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> « Comment contenir l'opposition », 8 juin 1996.

> « Effet boomerang d'un limogeage », 15 juin 1996.

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> « Mancham sort de ses gons », 13 décembre 1997.

> « Réorganisation diplomatique », 20 décembre 1997.

> « Effet pervers du séjour de Blair », 17 janvier 1998.

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> « Élections le 20 mars prochain », 7 février 1998.

> « Le banditisme progresse », 14 février 1998.

> « Des élections sous influence », 21 mars 1998.

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> « Gouvernement post-électoral », 4 avril 1998.

> « Le régime se méfie de l'opposition », 2 mai 1998.

> « Exit le NYS », 16 mai 1998.

> « Abandon de l'éducation gratuite », 30 mai 1998.

> « Qu'il fait bon être député », 20 juin 1998.

> « Wavel Rakawalawan au front », 27 juin 1998.

> « Black out sur le sida », 4 juillet 1998.

> « Les ennuis de l'opposition », 4 juillet 1998.

> « L'opposition fait peau neuve », 25 juillet 1998.

> « Attaque d'une jeep présidentielle », 12 septembre 1998.

> « Tony Blair pris à partie », 16 janvier 1999.

> « De l'intérim à la succession », 6 février 1999.

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> « Le président René réajuste son équipe », 8 janvier 2000.

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> « Le Mario Ricci », 4 mars 2000.

> « Que veut le président René ? », 8 avril 2000.

> « La station d'écoute enfin démontée », 15 juillet 2000.

> « Pas de cash pour le président », 25 novembre 2000.

> « Mahé défend un bateau pirate », 9 décembre 2000.

> « Paris à moitié désavoué », 23 décembre 2000.

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