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Dedollarisation : enjeux, regard et perspectives


par Espoir KAHENGA KALEMBO BUTALELE
Université de Lubumbashi - Licence 2014
  

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III.3.3. MÉFIANCE VIS-À-VIS DE LA MONNAIE ET DU SYSTÈME FINANCIER

Il y a plusieurs raisons à la méfiance du citoyen congolais à l'égard d'une monnaie nationale dépouillée de ses trois propriétés fondamentales que sont liquidité, convertibilité et stabilité. Cette réserve est aggravée par la méfiance de ce même citoyen vis-à-vis des banques, après que dix d'entre-elles aient été liquidées depuis 2000, sans qu'il n'ait été procédé à aucun remboursement des dépôts.

En conséquence, la population congolaise s'accommode bien des autres monnaies circulant au Congo, ajoutant au Franc congolais national les devises des pays voisins, mais aussi l'euro et, surtout, le dollar américain. La dollarisation, qui non seulement viole les dispositions constitutionnelles et «favorise le blanchiment d'argent sale», appauvrit la République Démocratique du Congo au profit de la Réserve Fédérale Américaine «qui perçoit les revenus de seigneuriage sur les dollars circulant au Congo, soit au moins 600 millions de dollars  par an». Et ceci se produit alors même que «les pertes d'exploitation de la Banque Centrale du Congo sont financées par des subventions votées au Parlement congolais année après année ».70(*)

Cette fâcheuse situation résulte de l'incapacité de la Banque Centrale à formuler et implémenter une véritable politique monétaire nationale puisqu'elle ne contrôle pas la masse monétaire en circulation au Congo, l'agrégat en dollars étant le plus important en volume. La Banque centrale ne serait pas en mesure non plus de jouer son rôle de prêteur de dernier ressort dans l'éventualité où surviendraient des difficultés au sein du système financier ou la faillite d'une grande banque commerciale (comme ce fut le cas de la Banque Congolaise en janvier 2011).

La situation actuelle de la République Démocratique du Congo se caractérise ainsi par :

· la fragmentation de l'espace monétaire puisque le Franc congolais, le dollar américain, l'euro, le franc CFA, le schilling ougandais, le franc rwandais, le kwacha zambien, le kwanza angolais et le schilling tanzanien circulent concomitamment sur le territoire national ;

· l'instabilité chronique du taux de change ;

· l'instabilité continue des prix ;

· le dysfonctionnement du système des paiements ;

· la paralysie du système bancaire ;

· la stagnation de l'activité économique ;

· l'absence d'exclusivité monétaire nationale due à la dollarisation excessive de l'économie.

La réforme monétaire de 1998 était sensée marquer un grand changement dans la gestion publique et inspirer confiance dans l'avenir du pays. Elle devait aussi contribuer à la stabilisation ou à l'amélioration du pouvoir d'achat des congolais. Mais l'inverse qui s'est produit. Sur une période de quinze ans depuis le lancement du franc congolais en 1998, la monnaie nationale s'est dépréciée de 100 000 pour cent et ne vaut plus rien aujourd'hui.71(*)Une telle dépréciation monétaire a entrainé avec elle la stagnation ou même la dégradation du niveau de vie de la population ou du produit intérieur brut par habitant.

* 70 http://www.financialafrik.com/2013/07/06/pour-une-monnaie-nationale-credible-au-congo-dossier/ Consulté le 19 Août 2014 à 17 H 12'.

* 71 http://www.financialafrik.com/2013/07/06/pour-une-monnaie-nationale-credible-au-congo-dossier/ Consulté le 19 Août 2014 à 17 H 32'.

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