SOUS-SECTION 2 : Les contradictions des partis de
l'opposition
1 : Les contradictions de l'USFP
En 1980, deux amendements constitutionnels sont
adoptés. Ils portent le mandat
législatif de quatre à six ans et celui du
président de la chambre des représentants de un a trois ans. Le
parti est en désaccord avec la décision d'appliquer
cette reforme a la législature en cours (77-81). Les
députés USFP démissionnent individuellement en octobre
81. Le roi ne l'entend pas de cette oreille. En invoquant
l'article 1966 de la constitution, il
les accuse d' « hostilité à l'endroit
de la communauté musulmane ». Menaces et sous pression, les
députés USFP se soumettent et regagnent leur siège au
parlement.134
Même s'ils le font a titre personnel et non en tant que
groupe parlementaire, c'est bien une humiliation que leur impose la monarchie,
en réaffirmant sa domination.
Progressivement, l'USFP cherche, tout en se situant
dans une opposition plus ou moins domestique, à promouvoir une
image de bon élève, d'un parti sérieux et
crédible, capable d'assumer avec succès la gestion des affaires
publiques. Le parti montre de plus en plus de dispositions à assurer
des fonctions gouvernementales. Il affirme sa volonté de
devenir un disciple du roi.135
Ainsi, en 1984, le parti accepte de participer à un
gouvernement d'union nationale. Les dirigeants des principaux partis politiques
du pays ne se sont, pas plus qu'en 1977, mis d'accord sur les orientations
communes d'un programme politique. Le bureau politique parle de
défense de l'intégrité territoriale et de consolidation du
processus démocratique. A.
134 BIGI.C, l'USFP et la participation
gouvernementale au Maroc : une « hammoudisation » des rapports
politiques ? Mémoire DEA en Droit Public, Aix Marseille .p : 31
135 Idem, p : 33
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Bouabid, le secrétaire général de l'Union
est ministre sans portefeuille, ce qui permet au parti d'adopter une position
des plus ambiguë.
Il se considère comme étant toujours dans
l'opposition, la participation de son secrétaire
général n'engageant pas l'USFP en tant qu'organisation.
En effet, face à ce choix d'une participation
gouvernementale sans garantie aucune, la direction de l'USFP décide
d'accepter tout en essayant de garder une position critique par rapport au
pouvoir. Ce genre de contradictions, non seulement a beaucoup de mal a
être compris par la base du parti, mais suscite de profondes
rivalités et de graves divergences au sein de ses instances
dirigeantes.
Lorsque l'USFP organise son 5ème congres en 1989, les
rivalités et les divergences
se manifestent. La direction tient a éviter a tout prix la
division et veut maintenir face au pouvoir un parti uni. Pourtant, la
participation à un processus démocratique qui, de l'avis
de certains, s'essouffle dangereusement ne va pas de soi. Au sein
du parti, les divergences
se matérialisent en deux grandes tendances. Une
tendance dite « amaouiste », du nom du dirigeant de la centrale
syndicale de la CDT. Cette tendance est labellisée comme étant la
gauche du parti, sa mouvance radicale critiquant fermement les
orientations et les compromis de la direction. Et puis il y a la
tendance « lyazghiste », de Mohamed El Yazghi, numéro 2
du parti, homme d'appareil et partisan d'une démarche plus
progressiste
et soutenant la dynamique d'intégration de
l'USFP.136
Le congrès s'achève sans véritable
règlement des conflits d'intérêts. Noubir Amaoui devient
membre du Bureau Politique, aux cotes d' A. Bouabid et de M. El Yazghi.
Cette absence de solution paralyse les instances dirigeantes du
parti à la veille d'une décennie riche d'enjeux politiques.
2 : Les partis alliés à l'USFP
:
Les nombreuses critiques portées par le PPS pendant les
années 80 sont les sources de ses ennuis.
La naissance de l'OADP de sa part est une des figures des
contradictions des
années quatre-vingts.
136 BIGI.C, l'USFP et la participation
gouvernementale au Maroc : une « hammoudisation » des rapports
politiques ? Mémoire DEA en Droit Public, Aix Marseille .p : 34
75
a) le PPS :
Le 4ème congrès du PPS est
organisé entre le 17 et 19 juillet 1987 à Casablanca dans
un contexte économique et politique national critique
dû à l'application du programme d'ajustement structurel ainsi
qu'aux répressions des libertés publiques et des droits
démocratiques.
Ainsi ce congrès est organisé dans un climat tendu
entre le parti et les autorités publiques qui trouve son origine surtout
dans la position du parti du programme d'ajustement structurel.
le 4ème congrès était aussi une
occasion pour le PPS pour critiquer les choix
officiels dans les domaines économiques et sociaux.
Sur le plan politique, le PPS a accusé l'appareil
administratif de jouer un rôle déterminant dans la création
et la manipulation de la carte politique en créant de nouveaux partis en
référence au RNI, au PND et à l'UC.137
Sur la même onde, le PPS s'est autocritiqué et a
critiqué les forces d'alternance
démocratique pour leur déficit d'organisation pour
faire face aux partis administratifs.138
Le 4ème congrès du PPS est
clôturé par la reconduction de M. Ali Yata à la tête
du parti pour la 4ème fois.
b) OADP :
En 1970, un groupe d'étudiants affiliés à
l'UNFP et d'autres indépendants, ayant en commun le
marxisme-léninisme comme idéologie et la révolution comme
objectif, ont crée
le mouvement clandestin du 23 Mars (en référence
aux émeutes du 23 mars 1965).
Le mouvement va subir une oppression intense qui obligera le
mouvement depuis
1972 à réviser ces opinions sur nombreuses
questions nationales et politiques.
Le mouvement va même publié un journal arabophone
depuis 1979 nommé :Anwal
Le parcours légal du mouvement débute en Mai 1983
lorsqu'une partie de cette extrême gauche tente d'émerger sur la
scène politique officielle.
Les héritiers du mouvement de 23 Mars créent
l'ORGANISATION D'ACTION DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE autour de la figure du vieux
résistant de l'AML
137 DARIF MOHAMED, alahza b assiyassiya
almaghribiya, Casablaca, 1ère édition, 2001, p : 245
138 Idem, p : 251
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M. Mohammed Bensaîd.
Sous le slogan de « la défense de l'unité du
pays et des droits de citoyenneté », le
1er congrès de l'organisation se déroule
entre le 27 et 29 décembre 1985 à Casablanca pour principal enjeu
: Convaincre les masses populaires de la raison de son intégration au
jeu politique.
En proposant un « programme de réformes urgentes
»139 dans les domaines
politiques, économiques et sociales, l'OADP justifie ainsi
sa raison d'être dans la carte politique nationale.
Les travaux du premier congrès de l'organisation sont
clôturés par l'élection d'un comité central se
composant de 55 nombres, cette dernière a élu un
secrétariat national de 9 membres.
L'OADP a participé aux élections
législatives de 1984 mais n'a obtenu qu'un siège
pour son secrétaire général : Mohammed
Bensaîd.
Les cinq premières années de création de
l'OADP a connu beaucoup de contradictions qui vont apparaître nettement
lors de son deuxième congrès avec
l'apparition de deux courant contradictoires au sein du parti ;
le premier qui se positionne dans la continuité de la politique du parti
appliquée depuis sa naissance en 1983, dans l'unanimité nationale
et les réformes démocratiques. Le deuxième courant opte
pour une rupture avec l'ancienne politique et une activation d'un militantisme
avancé.
Ainsi le 2ème congrès de l'OADP
concrétise le début d'une crise que ses
conséquences vont être retardé pour la
décennie suivante.
139 DARIF MOHAMED, alahza b assiyassiya
almaghribiya, Casablaca, 1ère édition, 2001, p : 253
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