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Analyse diachronique du phenomene partisan marocain 1925-2006


par Inan Abassi
Université Sidi Mohamed Benabdellah (Fes) - Licence en sciences politiques
Traductions: Original: fr Source:

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SOUS-SECTION 2 : Le centre et les partis à portées idéologiques

Après les coalitions et la naissance des deux blocs,la Koutla et le Wifaq,la carte

politique marocaine assistera naissance d'un centre politique pour donner une configuration optimale et plus équilibré au champ politique.

Mais ce champ assistera aussi la constitution de nouveaux partis avec des charges

idéologiques intenses et qui marginalisent l'intérêt de se positionner dans les nouveaux blocs

de la carte politique marocaine.

1) le centre

Lors de son discours du 10 octobre 1996, feu Hassan II a incité sur la nécessité de

création d'un centre politique.

Ainsi les années 90, assisteront la naissance d'un centre gauche et d'un centre droit.

A): Le centre droit :

Le centre s'est constitué du Rassemblements National des Indépendants, du Mouvement National Populaire et de l'Union du centre démocratique et social constitué à son tour du Mouvement Démocratique et Social et du parti de l'Action.

Avec l'apparition de partis de centre gauche à partir de 1996, les partis dits du centre deviendra automatiquement dorénavant des partis de centre droit.

a) Le RNI

Lors des élections législatives du 25 juin 1993, le RNI n'a pu obtenir que 34 sièges,

résultat dévoilant la crise interne des composants du parti, entre ceux qui optent pour un rapprochement du bloc démocratique et ceux qui préfèrent le soutien du Wifaq national.

84

Apres le discours royal incitant sur la création du centre,le RNI va se trouver automatiquement comme leader de ce nouveau bloc et c'est en cette qualité qu'il va participé aux élections communales du 13 juin 1997.

En octobre, le RNI va présenter un projet social où il essai de déterminer son

identité politique en accentuant sur sa volonté de représenter le centre démocrate social et de renforcer les institutions démocratiques du pays.

Ainsi le RNI « se positionne entre les idéologies qui sont pour l'intervention de l'état dans tous les secteurs et les courants libéraux cherchant ainsi l'installation d'un

équilibre entre le secteur public et le secteur privé, entre la ville et le monde rural, entre le libéralisme et le socialisme, entre l'industrie et l'agriculture, entre l'industrie moderne et l'industrie traditionnelle, entre l'individu et la société »150.

Ainsi le RNI participe aux élections législatives du 14 novembre 1997 et obtient 46

sièges et 42 sièges aux élections concernant la chambre des représentants.

Ces résultats ont permis au RNI de participer au gouvernement d'alternance du 14 mars

1998 dirigé par Abderahman Youssfi profitant de 6 portefeuilles ministériels.

b) Le MNP

Depuis l'expulsion de Mahjoubi Ahardane du Mouvement Populaire en octobre

1986, ce dernier a toujours cherché à reprendre contact avec le pouvoir dans le but de constituer un nouveau parti politique.

En Mai 1990, feu Hassan II nomme Ahardane comme représentant des résistants au conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH).

Cette nomination a été perçue comme une lettre de « réconciliation » permettant à

Ahardane de reprendre son activité politique.

Ainsi, entre le 17 et 18 juin 1991, le mouvement national populaire organise son congrès constitutif à Marrakech et désigne Mahjoubi Ahardane comme secrétaire général

du Parti.

Le MNP a participé aux élections législatives du 25 juin 93 et a obtenu 25 sièges ce qui lui avait permis de constituer un groupe parlementaire (groupe du mouvement

national).

150 Le RNI : Le projet rassembliste (machrouâ ta jamouî), Octobre1997), p : 7

85

Le MNP a aussi participé aux élections législatives du 14 novembre 1997 et a obtenu 19 sièges, ainsi que 15 sièges au terme des législatives concernant la chambre des représentants de décembre de la même année.

Se positionnant dans la majorité parlementaire, le Mouvement National Populaire a participé au gouvernement d'alternance de 1998 avec 3 portefeuilles ministériels.

c) L'union du centre démocratique et social :

En 1998, deux formations politiques se sont réunies dans un cadre coordinateur,

profitant de leur appartenance au courant centriste.

Mais ce cadre de coordination constitué par le mouvement démocratique social et le parti de l'action n'a pas connu un grand succès.

C1) Le MDS

Le scénario de la dictature d'Ahardane au sein du MP (et qui été à l'origine de son

expulsion du parti au 1986) va se reproduire au sein du MNP pour donner cette fois naissance à un nouveau parti : le MDS.

Effectivement, le 17 octobre 1995,17 scissionnistes de ce parti créent un nouveau groupe parlementaire sous le nom du « Mouvement national démocratique ».

Ce groupe parlementaire était l'embryon d'un nouveau parti qui fera naissance en 29 Mai

1996 sous le nom du « Mouvement National Démocratique et Social » et qui changera de nom le 20 octobre 1996 après un congrès extraordinaire pour devenir le « Mouvement démocratique et social ».

Le MDS a participé aux élections législatives de la première chambre du 14 novembre 1997 et a obtenu 32 sièges, ensuite lors des élections de la chambre des représentants le MDS a obtenu 33 sièges.

Perdant l'espoir de siéger au gouvernement d'alternance, Mahmoud Archane a déclaré lors du congrès extraordinaire de l'union constitutionnel du 10 Mai 1998 que son parti rejoint l'opposition.151

151 DARIF MOHAMED, alahza b assiyassiya almaghribiya, Casablaca, 1ère édition, 2001, p : 309

86

C2) le Parti de l'Action :

Après la mort de Abdellah Senhaji, fondateur du PA en 1986, le parti a presque

gelé ses activités.

Entre le 22 et 23 juin 1996, le PA a organisé son 3ème congrès national qui a désigné

Najam Aba Akil comme président du parti et a offert à ce dernier des pouvoirs absolus. Le 31 Mars 1998, Mohammed Idrissi (nouveau secrétaire général du PA depuis

janvier 1998) signe un accord avec Mohammed Archane secrétaire général du MDS pour

la création d'un cadre de coordination entre les deux partis : l'union du centre démocrate social.

Cette union a tenté de joindre le PDI mais c'est ce qui n'a pu aboutir à cause de la nature des équilibres au sein de ce parti.

B : Le centre gauche :

La constitution du PSD et du FFD marque la naissance d'un nouveau centre

gauche, partageant ainsi le centre politique marocain en deux blocs : un centre droit et un centre gauche.

a) Le PSD

En 1996, c'est au tour de l'OADP de connaître le goût de la scission.

En effet, le 5 et 6 Octobre 1996 à Salé, des scissionnistes de l'OADP organisent le conseil des cadres du nouveau parti, qui a approuvé les feuilles d'orientation politique et organisationnelle, a donné le nom du « Parti Socialiste Démocrate » au nouveau parti et a

élu un bureau politique composé de 10 membres dont Aicha Ouadighi comme secrétaire général.

Le PSD a participé aux élections législatives du 14 Novembre 1997 et a obtenu 5

sièges dans la première chambre du parlement.

Le parti de Ouadighi a participé du fait au gouvernement d'alternance du 14 Mars 1998

avec un seul portefeuille ministériel.

87

b) Le FFD

Depuis 1943, Ali Yata était l'image du leader absolu du communisme puis du

socialisme du Maroc. Ali Yata n'a pu tenir à sa promesse de céder le fauteuil du

Secrétaire général du PPS après le 5ème congrès de juillet 1995.

Cette promesse non tenue a fait surgir une confrontation interne dans le parti entre le

courant de « Ismaïl Alaoui » et celui de « Thami Khiyari » qui décidera en juillet 1997 de constituer le FFD.

Pour les fondateurs de ce parti, « les conditions de la constitution du FFD ont été réunie au terme de la volonté exprimée par une élite d'acteurs politique de différentes régions du pays et de divers milieux sociaux,tous animés par le désir de contribuer au projet de démocratisation de l'état et de la société , et de développer la réflexion sur la

situation générale du pays,en s'appuyant sur les données relatives à sa dynamique et tirer

les enseignements du cours de la vie politique nationale. »152

Pour les adeptes de ce parti, « la constitution d'un parti politique entreprenant et influent, est tributaire de l'adoption d'un discours politique nouveau, qui s'inspire de l'esprit de l'époque et de ses exigences, tourné vers l'avenir et rejetant la démagogie et toute forme d'intolérance ou d'extrémisme et ouvert sur les idées nouvelles et

moderniste ».153

Le congrès constitutif du FFD a élu un bureau exécutif composé de 31 membres et

a désigné Thami Khiyari comme secrétaire national du parti.

Le FFD a participé aux élections du 14 novembre 1997,quatre mois après sa constitution,et

a obtenu 9 sièges dans la première chambre des représentants bénéficiant ainsi d'un groupe parlementaire au sein de ce conseil.

Pour le FFD, « la participation au gouvernement d'alternance quoique limité à deux portefeuille,puis à un seul par la suite,était liée à des secteurs vitaux du domaine

économique (la pêche maritime) et au secteur social (santé et solidarité).le FFD a oeuvré,depuis sa position au sein du gouvernement pour la réussite de l'expérience de l'alternance dans ses deux dimensions essentielles :la dimension politique générale dans le

152 Le FFD-Bilan et perspectives (site du FFD, www.FFD.ma)

153 Idem.

88

cadre du renforcement de l'édifice démocratique et la consolidation des coutumes démocratiques en matière de gestion de la chose publique ».154

2-les partis à portées idéologiques :

Les années 90 ont connu la naissance de trois partis à portée idéologique intense, le

PADS et le MPD qui se nourrissent des idéologies contestataires de gauche alors que le

PJD se référence à l'idéologie islamiste.

a) Le PADS

De 1983 à 1989, l'USFP vivait une tension interne entre les membres du bureau

politique, tenants de « l'option démocratique » et ceux de la commission administrative, plus à gauche. Ahmed Benjelloun qui en faisait partie a fini par claquer la porte.

En effet, lors de la réunion de la commission administrative du 6 octobre 1991 à

Rabat, l'assemblée a décidé de changer le nom du parti (l'union socialiste/la commission administrative nationale) pour devenir : le PARTI DE L'AVANT-GARDE DEMOCRATIQUE ET SOCIALISTE.

D'après son secrétaire général, «le PADS est la continuité légitime et historique du

mouvement populaire de libération, du mouvement unioniste, celui de l'UNFP puis de l'USFP ».155

Lors de sa première réunion du 18 juillet 1992, le PADS a exposé ses positions à propos de divers sujets politiques.

Le PADS exige « une réforme constitutionnelle substantielle qui favoriserait

l'émergence d'une assemblée législative ayant les peins pouvoirs de légiférer et de

contrôler l'action de l'exécutif et un gouvernement responsable devant les élus de la nation

et ayant la faculté réelle d'élaborer et de mettre en oeuvre la politique générale de

l'état »156.le PADS demande aussi « l'adoption de lois garantissant la transparence des élections et une vraie volonté politique de rompre avec le passé ».157

154 Le FFD-Bilan et perspectives (site du FFD, www.FFD.ma)

155 Entretien de Ahmed Benjelloun avec Maroc Hebdo

156Idem

157 Idem

89

Partant de cette vision qui se contredit avec le projet royal de la révision constitutionnelle du 20 août 1992,le PADS appelle les masses populaires à boycotter le referendum du 4 septembre 1992.

Fidèle à sa politique de boycotte, le PADS a appelé lors de la réunion du comité central du parti le 19 octobre 1997, à s'abstenir de la participation aux élections législatives

du 14 novembre 1997 considérant que « les politiques de consensus existantes ne peut

ouvrir la porte à une alternance démocratique réelle et ne vise qu'à marginaliser les forces vivantes du pays ».158

b) Le Mouvement Pour la Démocratie : MPD

Le MPD trouve son origine dans le mouvement clandestin « 23 mars » crée en 1970

par un groupe d'étudiants dissident de l'UNFP chargés d'une idéologie marxiste léniniste

et qui avait pour enjeu de poser les bases d'une révolution culturelle.

Fatigué de la rude pourchasse du pourvoir, nombreux militants de cette organisation optent pour le choix démocratique et l'intégration du champ partisan.

Le 16 juin 1996, le MPD organise à Al Jadida son congrès constitutif pour avoir son récépissé de légalité le 15 octobre 1997, un mois avant les élections législatives.

Le MPD n'a pas attendu l'acquisition de son récepissé juridique pour participer aux élections communales du 13 juin 1997 mais a proposé ses candidats au nom de l'OADP.

Le MPD a participé aux élections législatives de 1997 mais n'a pas pu obtenir aucun siège.

Après la nomination de Abderahman Youssfi à la tête du gouvernement

d'alternance, le MPD a estimé que « l'alternance réelle ne peut être que celle résultant des urnes après des élections transparentes ».159

c) Le PJD

Le PJD trouve son origine dans le MPDC fondé par Docteur Khattib en 1967 après

sa scission du MP a cause d'un conflit avec Ahardane sur la position du parti de l'Etat d'exception annoncé en 1965.

Le MPDC a participé aux élections législatives du 14 novembre 1997 et n'a pu former un groupe parlementaire après avoir obtenu 9 sièges.

158 Entretien de Ahmed Benjelloun avec Maroc Hebdo

159 Déclaration du conseil national du MPD (22/02/1998)

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Lors de la constitution du gouvernement d'alternance,Abderahmane Youssfi a proposé un portefeuille ministériel au MPDC mais ce dernier refuse l'offre préférant d'établir un

« soutien critique » sur le nouveau gouvernement.

Apres l'exil de Motiî fondateur du mouvement de la jeunesse islamique marocaine

« MJIM », des anciens révolutionnaires comme Abdelilah Benkirane créent le

« mouvement Attawhid Wa Islah.

Ce mouvement va rejoindre le MPDC en 1998 et devenir la matrice spirituelle du parti. Lors des travaux du conseil national du 3 et 4 octobre 1998, le parti décide de

changer de nom pour devenir le PJD.

Se considérant comme « la continuité organique du MPDC »160,le PJD est « un parti politique national oeuvrant ,à partir du référentiel islamique et dans le cadre de la monarchie constitutionnelle fondée sur la commanderie des croyants,à contribuer dans l'édification d'un Maroc Moderne,démocratique,prospère et solidaire ».161

160Charte constitutive du PJD disposition I

161 La mission du parti (www.PJD.ma)

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