SOUS-SECTION 2 : Le centre et les partis à
portées idéologiques
Après les coalitions et la naissance des deux blocs,la
Koutla et le Wifaq,la carte
politique marocaine assistera naissance d'un centre politique
pour donner une configuration optimale et plus équilibré au champ
politique.
Mais ce champ assistera aussi la constitution de nouveaux partis
avec des charges
idéologiques intenses et qui marginalisent
l'intérêt de se positionner dans les nouveaux blocs
de la carte politique marocaine.
1) le centre
Lors de son discours du 10 octobre 1996, feu Hassan II a
incité sur la nécessité de
création d'un centre politique.
Ainsi les années 90, assisteront la naissance d'un centre
gauche et d'un centre droit.
A): Le centre droit :
Le centre s'est constitué du Rassemblements National des
Indépendants, du Mouvement National Populaire et de l'Union du centre
démocratique et social constitué à son tour du Mouvement
Démocratique et Social et du parti de l'Action.
Avec l'apparition de partis de centre gauche à partir de
1996, les partis dits du centre deviendra automatiquement dorénavant des
partis de centre droit.
a) Le RNI
Lors des élections législatives du 25 juin 1993, le
RNI n'a pu obtenir que 34 sièges,
résultat dévoilant la crise interne des composants
du parti, entre ceux qui optent pour un rapprochement du bloc
démocratique et ceux qui préfèrent le soutien du Wifaq
national.
84
Apres le discours royal incitant sur la création du
centre,le RNI va se trouver automatiquement comme leader de ce nouveau bloc et
c'est en cette qualité qu'il va participé aux élections
communales du 13 juin 1997.
En octobre, le RNI va présenter un projet social où
il essai de déterminer son
identité politique en accentuant sur sa volonté de
représenter le centre démocrate social et de renforcer les
institutions démocratiques du pays.
Ainsi le RNI « se positionne entre les idéologies qui
sont pour l'intervention de l'état dans tous les secteurs et les
courants libéraux cherchant ainsi l'installation d'un
équilibre entre le secteur public et le secteur
privé, entre la ville et le monde rural, entre le libéralisme et
le socialisme, entre l'industrie et l'agriculture, entre l'industrie moderne et
l'industrie traditionnelle, entre l'individu et la société
»150.
Ainsi le RNI participe aux élections législatives
du 14 novembre 1997 et obtient 46
sièges et 42 sièges aux élections concernant
la chambre des représentants.
Ces résultats ont permis au RNI de participer au
gouvernement d'alternance du 14 mars
1998 dirigé par Abderahman Youssfi profitant de 6
portefeuilles ministériels.
b) Le MNP
Depuis l'expulsion de Mahjoubi Ahardane du Mouvement Populaire en
octobre
1986, ce dernier a toujours cherché à reprendre
contact avec le pouvoir dans le but de constituer un nouveau parti
politique.
En Mai 1990, feu Hassan II nomme Ahardane comme
représentant des résistants au conseil consultatif des droits de
l'homme (CCDH).
Cette nomination a été perçue comme une
lettre de « réconciliation » permettant à
Ahardane de reprendre son activité politique.
Ainsi, entre le 17 et 18 juin 1991, le mouvement national
populaire organise son congrès constitutif à Marrakech et
désigne Mahjoubi Ahardane comme secrétaire
général
du Parti.
Le MNP a participé aux élections
législatives du 25 juin 93 et a obtenu 25 sièges ce qui lui avait
permis de constituer un groupe parlementaire (groupe du mouvement
national).
150 Le RNI : Le projet rassembliste
(machrouâ ta jamouî), Octobre1997), p : 7
85
Le MNP a aussi participé aux élections
législatives du 14 novembre 1997 et a obtenu 19 sièges, ainsi que
15 sièges au terme des législatives concernant la chambre des
représentants de décembre de la même année.
Se positionnant dans la majorité parlementaire, le
Mouvement National Populaire a participé au gouvernement d'alternance de
1998 avec 3 portefeuilles ministériels.
c) L'union du centre démocratique et social
:
En 1998, deux formations politiques se sont réunies dans
un cadre coordinateur,
profitant de leur appartenance au courant centriste.
Mais ce cadre de coordination constitué par le mouvement
démocratique social et le parti de l'action n'a pas connu un grand
succès.
C1) Le MDS
Le scénario de la dictature d'Ahardane au sein du MP (et
qui été à l'origine de son
expulsion du parti au 1986) va se reproduire au sein du MNP pour
donner cette fois naissance à un nouveau parti : le MDS.
Effectivement, le 17 octobre 1995,17 scissionnistes de ce parti
créent un nouveau groupe parlementaire sous le nom du « Mouvement
national démocratique ».
Ce groupe parlementaire était l'embryon d'un nouveau parti
qui fera naissance en 29 Mai
1996 sous le nom du « Mouvement National Démocratique
et Social » et qui changera de nom le 20 octobre 1996 après un
congrès extraordinaire pour devenir le « Mouvement
démocratique et social ».
Le MDS a participé aux élections
législatives de la première chambre du 14 novembre 1997 et a
obtenu 32 sièges, ensuite lors des élections de la chambre des
représentants le MDS a obtenu 33 sièges.
Perdant l'espoir de siéger au gouvernement d'alternance,
Mahmoud Archane a déclaré lors du congrès extraordinaire
de l'union constitutionnel du 10 Mai 1998 que son parti rejoint
l'opposition.151
151 DARIF MOHAMED, alahza b assiyassiya
almaghribiya, Casablaca, 1ère édition, 2001, p : 309
86
C2) le Parti de l'Action :
Après la mort de Abdellah Senhaji, fondateur du PA en
1986, le parti a presque
gelé ses activités.
Entre le 22 et 23 juin 1996, le PA a organisé son
3ème congrès national qui a désigné
Najam Aba Akil comme président du parti et a offert
à ce dernier des pouvoirs absolus. Le 31 Mars 1998, Mohammed Idrissi
(nouveau secrétaire général du PA depuis
janvier 1998) signe un accord avec Mohammed Archane
secrétaire général du MDS pour
la création d'un cadre de coordination entre les deux
partis : l'union du centre démocrate social.
Cette union a tenté de joindre le PDI mais c'est ce qui
n'a pu aboutir à cause de la nature des équilibres au sein de ce
parti.
B : Le centre gauche :
La constitution du PSD et du FFD marque la naissance d'un nouveau
centre
gauche, partageant ainsi le centre politique marocain en deux
blocs : un centre droit et un centre gauche.
a) Le PSD
En 1996, c'est au tour de l'OADP de connaître le goût
de la scission.
En effet, le 5 et 6 Octobre 1996 à Salé, des
scissionnistes de l'OADP organisent le conseil des cadres du nouveau parti, qui
a approuvé les feuilles d'orientation politique et organisationnelle, a
donné le nom du « Parti Socialiste Démocrate » au
nouveau parti et a
élu un bureau politique composé de 10 membres dont
Aicha Ouadighi comme secrétaire général.
Le PSD a participé aux élections
législatives du 14 Novembre 1997 et a obtenu 5
sièges dans la première chambre du parlement.
Le parti de Ouadighi a participé du fait au gouvernement
d'alternance du 14 Mars 1998
avec un seul portefeuille ministériel.
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b) Le FFD
Depuis 1943, Ali Yata était l'image du leader absolu du
communisme puis du
socialisme du Maroc. Ali Yata n'a pu tenir à sa promesse
de céder le fauteuil du
Secrétaire général du PPS après le
5ème congrès de juillet 1995.
Cette promesse non tenue a fait surgir une confrontation interne
dans le parti entre le
courant de « Ismaïl Alaoui » et celui de «
Thami Khiyari » qui décidera en juillet 1997 de constituer le
FFD.
Pour les fondateurs de ce parti, « les conditions de la
constitution du FFD ont été réunie au terme de la
volonté exprimée par une élite d'acteurs politique de
différentes régions du pays et de divers milieux sociaux,tous
animés par le désir de contribuer au projet de
démocratisation de l'état et de la société , et de
développer la réflexion sur la
situation générale du pays,en s'appuyant sur les
données relatives à sa dynamique et tirer
les enseignements du cours de la vie politique nationale.
»152
Pour les adeptes de ce parti, « la constitution d'un parti
politique entreprenant et influent, est tributaire de l'adoption d'un discours
politique nouveau, qui s'inspire de l'esprit de l'époque et de ses
exigences, tourné vers l'avenir et rejetant la démagogie et toute
forme d'intolérance ou d'extrémisme et ouvert sur les
idées nouvelles et
moderniste ».153
Le congrès constitutif du FFD a élu un bureau
exécutif composé de 31 membres et
a désigné Thami Khiyari comme secrétaire
national du parti.
Le FFD a participé aux élections du 14 novembre
1997,quatre mois après sa constitution,et
a obtenu 9 sièges dans la première chambre des
représentants bénéficiant ainsi d'un groupe parlementaire
au sein de ce conseil.
Pour le FFD, « la participation au gouvernement d'alternance
quoique limité à deux portefeuille,puis à un seul par la
suite,était liée à des secteurs vitaux du domaine
économique (la pêche maritime) et au secteur social
(santé et solidarité).le FFD a oeuvré,depuis sa position
au sein du gouvernement pour la réussite de l'expérience de
l'alternance dans ses deux dimensions essentielles :la dimension politique
générale dans le
152 Le FFD-Bilan et perspectives (site du FFD,
www.FFD.ma)
153 Idem.
88
cadre du renforcement de l'édifice démocratique et
la consolidation des coutumes démocratiques en matière de gestion
de la chose publique ».154
2-les partis à portées
idéologiques :
Les années 90 ont connu la naissance de trois partis
à portée idéologique intense, le
PADS et le MPD qui se nourrissent des idéologies
contestataires de gauche alors que le
PJD se référence à l'idéologie
islamiste.
a) Le PADS
De 1983 à 1989, l'USFP vivait une tension interne entre
les membres du bureau
politique, tenants de « l'option démocratique »
et ceux de la commission administrative, plus à gauche. Ahmed Benjelloun
qui en faisait partie a fini par claquer la porte.
En effet, lors de la réunion de la commission
administrative du 6 octobre 1991 à
Rabat, l'assemblée a décidé de changer le
nom du parti (l'union socialiste/la commission administrative nationale) pour
devenir : le PARTI DE L'AVANT-GARDE DEMOCRATIQUE ET SOCIALISTE.
D'après son secrétaire général,
«le PADS est la continuité légitime et historique du
mouvement populaire de libération, du mouvement unioniste,
celui de l'UNFP puis de l'USFP ».155
Lors de sa première réunion du 18 juillet 1992, le
PADS a exposé ses positions à propos de divers sujets
politiques.
Le PADS exige « une réforme constitutionnelle
substantielle qui favoriserait
l'émergence d'une assemblée législative
ayant les peins pouvoirs de légiférer et de
contrôler l'action de l'exécutif et un gouvernement
responsable devant les élus de la nation
et ayant la faculté réelle d'élaborer et de
mettre en oeuvre la politique générale de
l'état »156.le PADS demande aussi «
l'adoption de lois garantissant la transparence des élections et une
vraie volonté politique de rompre avec le passé
».157
154 Le FFD-Bilan et perspectives (site du FFD,
www.FFD.ma)
155 Entretien de Ahmed Benjelloun avec Maroc Hebdo
156Idem
157 Idem
89
Partant de cette vision qui se contredit avec le projet royal de
la révision constitutionnelle du 20 août 1992,le PADS appelle les
masses populaires à boycotter le referendum du 4 septembre 1992.
Fidèle à sa politique de boycotte, le PADS a
appelé lors de la réunion du comité central du parti le 19
octobre 1997, à s'abstenir de la participation aux élections
législatives
du 14 novembre 1997 considérant que « les politiques
de consensus existantes ne peut
ouvrir la porte à une alternance démocratique
réelle et ne vise qu'à marginaliser les forces vivantes du pays
».158
b) Le Mouvement Pour la Démocratie :
MPD
Le MPD trouve son origine dans le mouvement clandestin « 23
mars » crée en 1970
par un groupe d'étudiants dissident de l'UNFP
chargés d'une idéologie marxiste léniniste
et qui avait pour enjeu de poser les bases d'une
révolution culturelle.
Fatigué de la rude pourchasse du pourvoir, nombreux
militants de cette organisation optent pour le choix démocratique et
l'intégration du champ partisan.
Le 16 juin 1996, le MPD organise à Al Jadida son
congrès constitutif pour avoir son récépissé de
légalité le 15 octobre 1997, un mois avant les élections
législatives.
Le MPD n'a pas attendu l'acquisition de son
récepissé juridique pour participer aux élections
communales du 13 juin 1997 mais a proposé ses candidats au nom de
l'OADP.
Le MPD a participé aux élections
législatives de 1997 mais n'a pas pu obtenir aucun siège.
Après la nomination de Abderahman Youssfi à la
tête du gouvernement
d'alternance, le MPD a estimé que « l'alternance
réelle ne peut être que celle résultant des urnes
après des élections transparentes ».159
c) Le PJD
Le PJD trouve son origine dans le MPDC fondé par Docteur
Khattib en 1967 après
sa scission du MP a cause d'un conflit avec Ahardane sur la
position du parti de l'Etat d'exception annoncé en 1965.
Le MPDC a participé aux élections
législatives du 14 novembre 1997 et n'a pu former un groupe
parlementaire après avoir obtenu 9 sièges.
158 Entretien de Ahmed Benjelloun avec Maroc Hebdo
159 Déclaration du conseil national du MPD
(22/02/1998)
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Lors de la constitution du gouvernement d'alternance,Abderahmane
Youssfi a proposé un portefeuille ministériel au MPDC mais ce
dernier refuse l'offre préférant d'établir un
« soutien critique » sur le nouveau gouvernement.
Apres l'exil de Motiî fondateur du mouvement de la jeunesse
islamique marocaine
« MJIM », des anciens révolutionnaires comme
Abdelilah Benkirane créent le
« mouvement Attawhid Wa Islah.
Ce mouvement va rejoindre le MPDC en 1998 et devenir la matrice
spirituelle du parti. Lors des travaux du conseil national du 3 et 4 octobre
1998, le parti décide de
changer de nom pour devenir le PJD.
Se considérant comme « la continuité
organique du MPDC »160,le PJD est « un parti politique
national oeuvrant ,à partir du référentiel islamique et
dans le cadre de la monarchie constitutionnelle fondée sur la
commanderie des croyants,à contribuer dans l'édification d'un
Maroc Moderne,démocratique,prospère et solidaire
».161
160Charte constitutive du PJD disposition I
161 La mission du parti (www.PJD.ma)
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