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L'annonce de la maladie d'Alzheimer aux aidants naturels : les facteurs influençant leur vécu


par Caroline Chapelier
Université Toulouse Le Mirail - Master Géronto-Psychologie 2008
  

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1.2 Les questions d'éthiques autour de l'annonce

Selon le Dr Pepinster (2006), la question de la vérité n'est pas la plus facile à aborder car au moment du diagnostic, personne ne connaît la stricte vérité : au plan individuel, le pronostic n'est jamais définitivement établi. L'annonce de la maladie d'Alzheimer va dans ce sens puisque cette pathologie ne peut être confirmée qu'au décès du sujet par autopsie.

Selon ce praticien, la vérité n'est pas une annonce en soi, mais elle est une inscription dans une dynamique relationnelle. C'est la mise en contact de deux subjectivités dans une relation de confiance entre soigné et soignant qui permet de construire une vérité. [33]

Dire ou ne pas dire ?

Le contexte de la maladie d'Alzheimer est source d'angoisse ; par conséquent, l'annonce de cette pathologie n'est pas chose aisée.

Cette difficulté a été longtemps éludée en n'annonçant pas le diagnostic : le manque de réflexion éthique sur le sujet et le caractère incertain du diagnostic lui-même ont contribué à cette non-communication.

Aujourd'hui, la considération du patient en tant que sujet, les avancées juridiques ainsi que la prise de conscience des conséquences positives d'une prise en charge organisée, permettent une évolution dans la manière d'annoncer.

En conséquence, selon certains, la question actuelle est davantage « comment annoncer ce diagnostic » et non plus « faut-il l'annoncer ? ».

Difficultés de l'annonce

Une des difficultés s'argumente autour du caractère incurable de la maladie d'Alzheimer. Cela implique que la dimension « tragique » de l'annonce de la démence est à prendre en considération.

L'incertitude diagnostique est un des facteurs de non-annonce de cette pathologie. D'après une enquête réalisée en Grande Bretagne (Vassilas et al. 1999), les médecins auraient davantage tendance à annoncer un cancer en raison de la certitude de celui ci. Cependant, les procédures de dépistage de la maladie d'Alzheimer s'améliorent de jour en jour et les points de vue sur ce sujet évoluent. [43]. Au delà du caractère incurable de la maladie, un des aspects dramatiques consiste en la perte d'identité dont souffrira le patient. Les partisans de la non-annonce se demandent pourquoi annoncer au sujet qu'il va perdre ses fonctions cognitives, qu'il ne sera plus lui-même. D'autres se questionnent sur le sens de cette annonce lorsque le sujet n'a pas les capacités mnésiques pour mémoriser la signification de ce diagnostic. La médiatisation d'une image négative de la maladie concourt à cette non-annonce : le patient est souvent perçu comme inexistant, ce qui participe aux réactions d'effroi lors de l'annonce.

Les arguments en faveur de l'annonce du diagnostic :

Une étude Irlandaise (Maguire, 1996) met en évidence que 80% des personnes de l'entourage du patient voudraient que le patient ne sache pas le diagnostic mais par contre 71% le souhaiteraient pour eux. La possibilité de dépister la maladie de manière plus précoce permet d'annoncer au patient sa maladie pour qu'il puisse s'organiser dans l'avenir et intégrer cette annonce. [24]

L'annonce de la maladie d'Alzheimer conserve une forte potentialité traumatique. Souvent, pour des raisons éthiques ou d'évitement, les praticiens privilégient l'annonce à la famille en dehors de la présence du sujet âgé. Selon Talpin (1999), cela « hypothèque » les chances du sujet âgé de pouvoir parler quand il le souhaite de sa pathologie. [39]

Concernant la réalité des consultations, Trichet-Llory et Mieux (2005) ont mis en évidence que parmi les praticiens réalisant l'annonce du diagnostic, 70% disent l'annoncer au patient dont 29% sans prononcer le mot « Alzheimer ». Dans 89% des cas, l'annonce faite au patient était faite en présence de la famille, et les praticiens disaient demander au patient son accord avant de mettre l'entourage au courant. Selon le Dr Pepinster, les médecins n'annoncent qu'à 55% le diagnostic au patient, alors qu'ils l'annoncent à pratiquement 100% à la famille.

[33] [41]

L'accueil du diagnostic dépend de la représentation dramatique que chacun se fait de la pathologie. L'annonce vient souvent confirmer ce que chacun s'était dit sans vouloir y croire. L'entendre dire par quelqu'un « d'autorisé » et voir les résultats des examens produit un effet d'autorité conduisant à suspendre le doute.

Le temps de l'annonce est souvent traumatique, car le mot « démence » surgit avec la réalité. La scène de l'annonce du diagnostic correspond ainsi à la cristallisation de nombreux enjeux psychiques.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry