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Typologie des exploitations et étude de rentabilité des cultures fourragères dans les sytèmes de production du Bassin arachidier du Sénégal

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par Alexandre Diouf
Ecole Nationale Supérieure d'Agriculture de Thiès - Ingénieur AgroEconomiste 2002
  

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CHAPITRE 5- Les cultures fourragères dans l'intensification de la production

L'intensification de la production est le résultat d'un comportement qui cherche à obtenir d'un facteur sa capacité maximale de production.

Donc, il n'existe pas de seuil minimal à atteindre pour pouvoir parler d'intensification. On peut intensifier avec un seul facteur de production comme on peut aussi le faire en combinant plusieurs facteurs (matériel de travail, sélection génétique, engrais,...).

Ce n'est pas par rapport au nombre de facteurs de production que l'on définit l'intensification mais c'est par rapport au niveau d'exploitation de chaque facteur.

Dans notre échantillon, nous pouvons dire que tous les producteurs cherchent à intensifier, mais que aucun parmi eux n'a atteint un niveau élevé dans l'intensification.

*Les producteurs du pôle J cherchent à intensifier leur production agricole en essayant d'obtenir le meilleur rapport surface cultivée/actif. Cette intensification se base sur une meilleure utilisation de la main d'oeuvre qui intervient par surface cultivée.

*Les producteurs du pôle « VIV-» cherchent quant à eux à intensifier leurs productions agricoles en mettant des engrais, et en faisant recours à la main d'oeuvre temporaire.

En ce qui concerne l'élevage, les villages de Mbam et de Ndiaye Ndiaye sont sur une voie d'intensification grâce au programme d'insémination artificielle (intensification de la production de lait) dont ils ont bénéficié, 18% des producteurs concernés par nos enquêtes ont des métis.

Dans les villages, l'intensification de l'élevage se manifeste aussi par la pratique de l'embouche, bovine ou ovine (intensification de la production de viande).

Les cultures fourragères, à elles seules, semblent ne pas pouvoir apporter une notable intensification agricole par les gains de rendements qu'elles permettent sur les cultures qui leur succèdent : les engrais minéraux en permettent beaucoup plus.

Pour qu'elles puissent induire, à elles seules, de manière significative, une intensification agricole, il faudrait les utiliser comme engrais verts, c'est-à-dire les enfouir dans le sol après fauche, sauf peut être pour certaines graminées comme Andropogon sp., Panicum sp.,...

Or, dans cette zone, le bétail est si important et son alimentation si difficile à obtenir au long de l'année. Les producteurs tendraient plutôt à utiliser les fourrages pour nourrir le bétail que pour l'enfouir dans le sol.

Toutefois, ces types de cultures peuvent participer en partie à une intensification de la production agricole, lorsqu'elles sont cultivées en association avec d'autres cultures dans le cadre du transfert d'azote et de matière organique vers les autres cultures et vers le sol.

L'intensification de l'élevage, elle, ne pourra se faire sans intégration dans l'exploitation des cultures fourragères.

En effet, l'insuffisance des ressources fourragères est le problème majeur empêchant de satisfaire la demande accrue de lait et de viande (Shelton, 2000).

En outre, de nombreuses études sur ces cultures fourragères ont recommandé une intensification de la production eu égard à l'évolution du contexte économique et de la croissance démographique (Rippstein, 2000).

Cette intensification de l'élevage est une pratique qui exigera que les métis soient nourris exclusivement en stabulation et que les autres animaux reçoivent en quantité suffisante leurs besoins alimentaires d'entretien et de production.

Et même lorsqu'ils ne sont pas en production, ces animaux devront toujours être nourris convenablement, car l'expression et la conservation de leurs performances zootechniques dépendent en grande partie de l'hygiène dans laquelle ils sont élevés, mais aussi et surtout de leur alimentation.

Pour pouvoir réussir cette intensification de l'élevage, il faudrait en plus des cultures fourragères, introduire dans l'exploitation un système de complémentation alimentaire pour les animaux : sous-produits agro-industriels (comme la farine de riz, la bagasse, ...), pierres à lécher, compléments vitaminés,...

Ceci permettra de remédier à certaines carences, surtout en phosphore se traduisant par une pathologie multiforme depuis le pica (prédisposant au botulisme) jusqu'à la fièvre vitulaire en passant par la tétanie de lactation (Valenza, 1981).

Le producteur pourra plus facilement atteindre la couverture des besoins azotés et énergétiques de ses animaux (spécialement des ruminants), en intégrant dans leurs rations de l'urée (46 % N), et de la mélasse.

Ces deux éléments sont digestibles chez les ruminants et constituent des sources d'éléments azotés et énergétiques à haute valeur et à prix compétitifs par rapport à une alimentation exclusivement fourragère.

Il faut remarquer que, pratiquement, tous les producteurs de la zone, qui ont bénéficié du programme d'insémination artificielle ont intégré leurs métis dans les troupeaux de bovins locaux.

Les rigueurs du soleil, combinées à la fatigue générée par les longs déplacements dans les parcours à la recherche de l'herbe (qui d'ailleurs est pauvre et ne peut à elle seule satisfaire les besoins des animaux) sont autant de facteurs qui atténuent le potentiel de production escompté avec ces animaux.

L'introduction des cultures fourragères, qu'elles soient des légumineuses ou des graminées peut participer à une lutte contre l'érosion, hydrique ou éolienne. Ces plantes, quand elles sont des herbacées couvrent ou ombragent le sol de manière à le protéger de la dessiccation et de l'exposition directe au soleil (Bayer et al.1999)..

Ceci est de nature à protéger la faune du sol, responsable en grande partie de la décomposition de la matière organique dans le sol.

Dans l'ensemble, on note une tentative chez tous les éleveurs à intensifier leurs productions, mais le manque d'informations par rapport aux techniques appliquées, de formation, est une limite sérieuse à l'atteinte des résultats attendus.

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