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L'entrée du sujet àógé en foyer logement


par Caroline Chapelier
Université Toulouse-Le-Mirail - Master 2 psychologie parcours gérontopsychologie 2009
Dans la categorie: Biologie et Médecine > Psychologie et neuropsychologie
   
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6. L'installation de la dépendance des personnes âgées en foyer-logement

Une difficulté majeure des foyers-logements est l'installation de la dépendance des résidents. En effet, ce type de structure accueille des personnes retraitées autonomes et indépendantes. Lorsque s'installe une dépendance psychique et/ou physique, le résident demande plus de soins que ce que la structure ne peut lui apporter. Il n'est pas rare de voir la famille, les professionnels, l'établissement en général, persister à vouloir garder cette personne dans un lieu inadapté à ses besoins en essayant de l'adapter elle-même à l'institution. Les raisons les plus souvent évoquées, selon T. Darnaud (2008), pour déroger aux règles (c'est-à-dire aux limites de la résidence), sont par exemple la notoriété de la famille, la possible amélioration de l'état de santé de leur parent (« il est dans une mauvaise passe, ça va s'arranger) ou la remise en cause de l'institution par la demande (« vous pourriez faire une exception, aller lui faire sa toilette un peu plus souvent, s'il n'y a qu'elle ») [8].

Mais derrière le refus des familles de changer leur proche d'établissement, nous pouvons faire deux hypothèses :

Il existerait un coût important engendré par le changement. Il s'agit du coût financier car les EHPAD sont plus onéreux que les foyers-logements, étant donné qu'un forfait dépendance est à payer. Il s'agit également d'un coût énergétique car la famille doit chercher un nouvel hébergement, s'occuper de l'aspect administratif de départ (résiliation du bail) et d'arrivée dans la nouvelle structure, c'est-à-dire gérer d'un point de vue organisationnel le changement.

Ensuite, envisager ce nouveau changement provoque l'apparition d'une nouvelle crise dans le système familial. L'entrée en résidence a souvent été, comme nous l'avons vu, la source et l'aboutissement d'une crise dans la famille. Il a fallu du temps au sujet lui-même et à son entourage pour s'adapter à ce nouvel habitat. Lorsque le changement d'établissement est envisagé, cela signe une nouvelle crise à gérer pour le système familial. Cette crise est d'autant plus difficile à vivre qu'elle est cette fois-ci accompagnée de la notion de mort : la maison de retraite signe pour la famille un pas de plus vers le décès de la personne, marquée par l'installation de la dépendance.

Lorsque la résidence garde la personne devenue dépendante, elle entame alors selon T. Darnaud un « processus irréversible » sans s'en rendre compte [8]. Nous pouvons nous demander pour quelles raisons psychologiques la résidence garde la personne, pourquoi ne fait-elle pas appel aux règles officielles en matière d'hébergement, qu'est ce que cela signifie pour les soignants ?

A ces questions nous pouvons émettre l'hypothèse suivante : la résidence a été chargée d'une mission de la part de la famille, celle de garder « en état » son proche, c'est-à-dire indépendant comme il l'est à l'entrée. Lorsque la dépendance du sujet ne permet plus une prise en charge par le foyer-logement, la famille accuse alors l'établissement et donc son premier interlocuteur : l'infirmière, d'avoir failli à sa mission. L'entourage utiliserait alors comme mécanisme de défense pour refuser cette dépendance, la recherche d'un bouc émissaire, d'un responsable.

Cela nous amène, comme nous le verrons dans la seconde partie, à analyser la manière dont ce sujet est abordé par les professionnels lors de l'inscription.

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