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L'entrée du sujet àógé en foyer logement


par Caroline Chapelier
Université Toulouse-Le-Mirail - Master 2 psychologie parcours gérontopsychologie 2009
Dans la categorie: Biologie et Médecine > Psychologie et neuropsychologie
   
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5.2 Le psychologue stagiaire et la conduite des changements

Lors de ces propositions d'amélioration du dispositif d'accueil, nous nous posons la question de la crédibilité du psychologue-stagiaire. Effectivement qu'elle peut être la place d'une personne non diplômée dans la résidence ? Les propositions réalisées peuvent-elles avoir le même impact lorsqu'elles émanent d'un psychologue ou d'un stagiaire ? De plus, il nous a semblé difficile d'être force de proposition, n'étant là que pour un temps donné. Nos actions ne seraient pas forcément pérennes. Certains professionnels ont exprimé leur crainte concernant le côté éphémère des démarches.

Lorsque la directrice de la résidence nous a proposé un poste d'une journée par semaine dans la continuité du stage, nous avons perçu un changement d'attitude de la part du personnel. Certains semblent plus impliqués dans les propositions, sachant qu'il n'y aura pas de rupture.

Enfin, il semble que le travail en collaboration soit une nécessité pour la réussite de l'amélioration de l'accueil au sen de l'établissement. Si nous n'obtenons pas l'adhésion des professionnels de la structure, nous ne pouvons pas agir seul.

5.3 Entre l'idéal de l'accueil et la réalité du terrain

Tout au long de cette réflexion, nous avons vu qu'il existe un « idéal d'accueil personnalisé » permettant l'adaptation des résidents au sein du foyer-logement. Cependant, il existe un écart entre cet idéal et la réalité du terrain, ce que nous oublions parfois. Il s'agit essentiellement comme nous l'avons vu de la résistance au changement mais également du coût humain. En effet, proposer une inscription sous la forme de 4 entretiens mobilise plusieurs professionnels qui ne seront plus disponibles pour leurs autres tâches pendant un temps donné. Ensuite, mettre en place deux réunions pluridisciplinaires (l'une donnant suite aux inscriptions et l'autre mensuelle pour évaluer l'adaptation des résidents) est coûteux en termes de temps, d'organisation et d'effectif humain.

Enfin, la résidence est toujours en période de rénovation, l'amélioration de l'accueil n'est donc actuellement pas au coeur des priorités. Le temps serait donc notre meilleur allié pour continuer l'amélioration du processus d'accueil des résidents.

Conclusion et discussion

Notre expérience lors du stage de fin d'étude réalisé au sein de la résidence Midi-Pyrénées a fait émerger un questionnement sur les enjeux liés à l'entrée du sujet âgé en foyer-logement.

Notre étude a permis de montrer l'importance d'un accueil personnalisé lors de l'arrivée de la personne, de son inscription aux mois suivant son entrée. Effectivement, l'institutionnalisation est une étape souvent difficile pour la personne, dont les conséquences négatives seront atténuées par la mise en place d'un dispositif d'accueil centré sur la parole du sujet, ses besoins et ses attentes.

Le psychologue a pour fonction de faire émerger la parole du sujet. Au sein du processus d'accueil, le clinicien peut écouter la personne et, en lien avec l'équipe, mettre en place un projet de vie dans le but de l'accompagner tout au long de son processus d'adaptation. De plus, le psychologue a pour mission d'apprécier l'adéquation entre les capacités physiques et cognitives, le projet de vie de la personne et les missions de la résidence. Enfin, il engage une réflexion avec le sujet et son environnement familial.

Le travail clinique réalisé à partir de deux groupes de parole menés avec des résidents nous a permis de proposer différentes actions visant à optimiser l'adaptation du sujet âgé. Nous avons choisi de ne pas analyser directement ces propositions mais de prendre du recul sur la manière dont nous pouvons apporter des changements au sein d'une institution. Nous nous sommes aperçus à la fin de cette étude qu'il existait des résistances au changement de la part de la structure. De plus, la réalité du terrain n'est pas toujours compatible avec l'idéal d'un accueil personnalisé. Le psychologue doit donc composer avec l'ensemble de ces éléments et comprendre le fonctionnement et les valeurs de la résidence avant de proposer des actions.

La structure ayant accepté de créer un poste de psychologue à partir du 1er Juillet 2009, nous exercerons au sein de la résidence Midi-Pyrénées un jour par semaine. Des questions se posent alors à nous : Quelles perspectives pouvons-nous envisager pour la poursuite de ces actions au sein de la résidence ? Lorsque le temps de travail est limité à 8h par semaine, le psychologue doit-il se consacrer aux suivis psychologiques ou peut-il élargir sa pratique à ce type de dispositif d'accueil sans risquer de perdre son recul et son objectivité ?

Pour répondre à ces questions, nous envisageons d'établir des priorités dans nos fonctions avant de commencer. En effet, il semble primordial de se demander qu'elles sont les demandes institutionnelles, c'est-à-dire celles des résidents, du personnel mais aussi de la direction. Les réflexions et propositions présentées ici appartiennent à un temps de stage (entre 15 et 20h par semaine). Il nous parait intéressant de nous appuyer sur nos analyses pour choisir nos missions. Concernant la procédure d'accueil, nous proposons de continuer à participer aux inscriptions car il nous semble essentiel de recevoir le sujet âgé seul avant son entrée, de lui donner la parole. De plus, ce travail en collaboration avec l'infirmière et la responsable administrative est très enrichissant. Nous souhaitons également poursuivre le travail de réflexion autour du projet de vie de la personne âgée suite à son entrée et à réaliser l'entretien d'accueil dans les semaines suivant l'arrivée du sujet. Une première ébauche concernant la fiche de poste vous est présentée en Annexe 10.

En conclusion, notre étude a mis en lumière l'influence de la qualité du dispositif d'accueil sur l'adaptation du sujet âgé au sein de la résidence. Cependant, elle nous a également poussé à mener une réflexion plus large sur notre future pratique notamment concernant les missions du psychologue en foyer-logement, établissement souvent dépourvu de ce type de professionnel.

Nous projetons de réfléchir personnellement à ces éléments dans quelques mois et de participer à des groupes d'échanges entre psychologues dans le but de prendre du recul sur nos missions et de partager nos expériences et nos difficultés avec d'autres cliniciens.

Bibliographie

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[35] Winnicott, D.W., (2006). La mère suffisamment bonne. Editions Payot et Rivages, Paris

ANNEXES

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