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Séroprévalence de la trichinellose dans la région de Tlemcen (Algérie )

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par Ibtissem Sebbagh
Université d'Alger - Diplome d'études médicales spécialisées en parasitologie-mycologie médicales 2011
  

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2- 2. Déroulement de la parasitose chez l'homme:

La trichinellose se caractérise par trois phases évolutives chez l'homme ( Figure n°6).

Figure n°6: Déroulement de la trichinellose chez l'Homme.

2- 2. 1. Phase d'infestation:

L'ingestion de viande trichinée (renfermant des larves enkystées (encapsulées ou non selon l'espèce)) non ou mal cuite, est suivie par la lyse de la coque des kystes par les sucs digestifs.

L'épicuticule est altérée par la lyse alcaline et par l'action de la bile, des enzymes digestives et pancréatiques (Stewart G.L. et al., 1987).

Les larves libérées immatures vont alors pénétrer dans l'épithélium des villosités intestinales.

Dans l'intestin gréle, les larves vivent au sein des entérocytes qu'elles tunnelisent sous une forme sinusoïdale créant des syncytiums.

Elles ne sont extracellulaires que de façon transitoire lorsqu'elles se mobilisent pour passer d'une cellule à l'autre.

Au cours de leur migration à la recherche d'un partenaire, elles sont nommées alors L1M, subissent 4 mues successives dans le tube digestif durant les douze heures qui suivent l'ingestion de la viande contaminée.

Dans l'épithélium intestinal, elles deviennent adultes après 36 heures, et sont capables de s'accoupler en sécrétant des facteurs chimiotactiques facilitant leur rencontre. L'accouplement se fait dans la lumière intestinale, les mâles meurent juste après, et les femelles fécondées continuent seules leur cycle, en s'enfonçant dans la muqueuse intestinale par les glandes de Lieberkuhn et les plaques de Peyer (voie lymphatique). Les oeufs éclosent dans l'utérus de la femelle et sont expulsés sous forme de larves L1NN (larves « nouveau-nées »).

La ponte commence deux jours après l'accouplement et peut durer jusqu'à six semaines, selon la réponse immunitaire développée par l'hôte (Ripert C., 2007 ; In : Poirrier M., 2010).

2- 2. 2. Phase de dissémination:

Les larves L1NN migrent par voie lymphatique, puis sanguine, (seul stade libre du cycle) passant par le coeur droit et les poumons.

Le coeur gauche, atteint le jour suivant l'expulsion des larves, les disperse dans la circulation générale.

Les larves atteignent les muscles striés (site de prédilection) où elles sont capables de s'enkyster. Les autres sont détruites par les défenses immunitaires.

Enfin, il a été décrit des localisations erratiques dans l'encéphale, le foie, les poumons et le coeur. (Ripert C., 2007 ; In : Poirrier M., 2010).

2- 2. 3. Phase d'enkystement:

(Poirrier M., 2010)

Les larves quittent les vaisseaux sanguins pour se retrouver dans les fibres musculaires où elles poursuivront leur développement en larves L1M (Figure n°7).

Celles-ci s'enroulent très rapidement en spirale, d'où le nom de spiralis donné à la première espèce de trichine découverte.

Figure n°7: Schéma d'une larve infestant une fibre musculaire.

Les larves L1NN se caractérisent par leur tropisme pour les cellules musculaires striées squelettiques, elles y pénètrent et subissent des modifications selon un ordre chronologique précis au cours des heures et des jours suivant l'invasion, ce qui aboutira à une perte totale de la différenciation (dédifférenciation) de la cellule musculaire striée.

Le programme de transformation de la cellule musculaire (re-différenciation) en cellule nourricière est déclenché spécifiquement par la trichine et la survie de cette cellule nourricière devient étroitement dépendante de celle du parasite (Despommier D.D., 1998).

Un véritable dialogue existe entre le parasite et la cellule hôte.

Des médiateurs protéiques d'origine parasitaire sont impliqués mais aucun n'a encore été identifié avec certitude.

La cellule nourricière est une conséquence unique et originale de l'association de la cellule hôte avec la larve L1 infestante des espèces encapsulées de Trichinella sp . Elle fonctionne vraisemblablement pour la nourrir aussi bien que pour la protéger des réactions immunitaires (Figure n°8).

La fibre musculaire parasitée se trouve ainsi profondément modifiée (Despommier D.D.,1990).

Figure n°8: Formation de la cellule nourricière. Il y a au moins deux phases distinctes
au processus de formation de la cellule nourricière : une dédifférenciation de la cellule
musculaire et une autre de re-différenciation de la cellule musculaire en cellule nourricière.

L'élaboration de la cellule nourricière dure environ 20 jours, on constate une disparition des myofilaments, un important épaississement du sarcolemme et une augmentation des tubules transverses. La larve L1 s'enroule sur elle-même dans une cavité ovoïde circonscrite par une paroi composée de fibres de collagène. Parallèlement, un réseau capillaire se met en place, il sert à apporter les nutriments nécessaires à la survie de la larve.

Figure n°9: Schéma d'une larve de Trichinella spiralée dans la capsule de
collagène et formation du réseau capilaire.

Les larves L1M encapsulées dans les muscles peuvent survivre des années (voir indéfiniment) après l'infestation, (Figure n°9) mais peuvent dégénérer suite à une synthèse abondante de collagène étouffant la cellule nourricière qui se calcifie.

Le processus d'enkystement des larves dans le muscle strié, survient environ trois semaines après l'ingestion de viande trichinée.

Le cycle de Trichinella est original, puisqu'il peut se dérouler chez un seul et unique hôte, omnivore ou carnivore, dont l'homme, et dans certaines situations particulières, il peut se réaliser également chez les herbivores (le cheval !!).

On le qualifie de cycle auto-hétéroxène (Ripert C., 1998).

Ce cycle converge étonnamment vers un cycle viral du fait de la localisation intra cytoplasmique de Trichinella, d'une spécificité tissulaire élective et de son amplification chez un même hôte (Boireau P. et al., 2001).

L'hôte est à la fois (Ripert C., 1998) :

- Hôte définitif, hébergeant les formes adultes du nématode.

- Hôte intermédiaire, où évoluent les formes larvaires.

- Vecteur (statique): les tissus parasités doivent être ingérés par un nouvel hôte pour assurer la transmission du parasite.

- Réservoir : les larves enkystées peuvent vivre des années hébergées dans les muscles de leur hôte, en particulier, si ce dernier appartient à une espèce très réceptive (carnivores).

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