pubAchetez de l'or en Suisse en ligne avec Bullion Vault


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

Identification des espèces fourragères pouvant être utilisées dans l'aménagement de pàąturages à  la ferme ESSEL à  Mont Ngafula (Kinshasa )en RDC


par Yannick LUYA WANTUADI
Université de Kinshasa faculté des sciences agronomiques - Graduat 2008
Dans la categorie: Géographie
   
Télécharger le fichier original

Disponible en mode multipage

0. INTRODUCTION

0.1. Problématique

Les parcours naturels constituent la base alimentaire des bovins, des caprins et des ovins en général dans le monde. L'aménagement et l'exploitation des espèces fourragères permettent une augmentation des productions animales (RAEMAEKERS, 2001). Cet aménagement doit passer dans un premier temps par l'identification de la flore existant localement (OKITAYELA, 2009).

La flore tropicale contient de nombreuses plantes fourragères pouvant être utilisées pour créer des prairies artificielles de plus ou moins longues durées (BOUDET, 1991). Ainsi dans le but d'augmenter les productions animales des fermes, il est nécessaire d'en caractériser la flore naturelle afin de sélectionner les espèces végétales à promouvoir, tout en tenant compte, non seulement de leur appétibilité et de leur valeur nutritionnelle mais aussi de la facilité de leur adaptation aux conditions climatiques et édaphiques du site.

Ce travail se propose donc d'identifier les espèces végétales pouvant être utilisées dans l'aménagement de pâturages à la ferme ESSEL et aux environs.

0.2. Hypothèse du travail

Des espèces végétales bien adaptées aux conditions climatiques et édaphiques locales existent à la ferme ESSEL et environs et peuvent être utilisées pour améliorer le pâturage.

0.3. Objectif général

Notre étude a pour objectif d'identifier les ressources végétales de la ferme ESSEL pouvant être utilisées comme fourrages pour aménager des pâturages.

0.4. Choix du sujet

Le choix de cette étude a été dicté par le souci de la recherche de solutions appropriées pour résoudre le problème de l'alimentation et de la production animale en vue d'en augmenter le cheptel.

0.5. Intérêt du sujet

Ce travail va fournir des renseignements détaillés sur les espèces fourragères à ceux qui s'intéressent à augmenter la production animale en RDC en se basant sur l'utilisation des pâturages améliorés.

0.6. Délimitation du sujet

Notre travail va se réaliser dans la ferme ESSEL située dans la commune de Mont Ngafula et il sera limité dans le temps imparti nécessaire à l'achèvement du travail de fin de cycle, de troisième graduat agronomie.

0.7. Canevas

Hormis l'introduction qui débute cette réflexion et la conclusion qui la clôturera, notre travail est divisé en deux parties : la revue de la littérature et l'expérimentation.

IERE PARTIE : REVUE DE LA LITTERATURE

I.1PARCOURS NATURELS

Les ressources en pâturages de la RDC sont essentiellement constituées de parcours naturels, qui représentent un élément essentiel de l'élevage, principalement l'élevage des ruminants, appuyant ainsi l'agriculture. Les parcours naturels se distinguent par une végétation dominée d'herbes et d'arbustes constituant l'écosystème naturel (WWW4.AGR.GC.CA.).

Ils apportent un vaste éventail d'avantages écologiques et économiques, dont des activités liées à la chasse et à l'écotourisme, la fourniture de matériel génétique pour la recherche biologique, un bassin important de génomes naturels, un habitat pour la faune, surtout les espèces en péril. Ils servent aussi à réguler l'écoulement et la qualité des eaux, à séquestrer le carbone et à protéger les sols fragiles contre l'érosion (WWW4.AGR.GC.CA).

Ainsi du point de vue écologique, il est important de préserver les parcours naturels. Pour documenter et surveiller l'utilisation des ressources dans les pâturages, on recueille des données sur l'état et l'évolution des parcours, leur composition taxinomique et l'éventail de leurs ressources, notamment des plantes pouvant permettre le développement des nutraceutiques.

Cependant de nombreuses espèces herbagères ont une période végétative courte ; cela traduit une adaptation aux incertitudes des précipitations. Pendant la saison sèche par exemple le lourd piétinement de la végétation par le bétail, particulièrement sur les sols sablonneux, tend à éliminer les plantes qui ont un système radiculaire peu profond. Cela crée de larges plages de sols dénudés jusqu'aux pluies suivantes.

En effet, les pâturages naturels sont souvent composés d'une flore trop dégradée, d'un sol trop cassé et d'une surface mal couverte. L'analyse de cette flore permet souvent de situer cette limite aux environs de 30 % d'espèces productives. En dessous de cette proportion, la flore est trop dégradée et nécessite beaucoup de moyens pour son amélioration (OKITAYELA, 2009). Il est donc souvent avantageux d'améliorer certains pâturages par une intervention humaine.

Les données qu'on recueille sur les parcours naturels peuvent être utilisées en association avec des données telles que l'utilisation historique des pâturages par le bétail, les différents types de sol et les conditions d'humidité qui y sont associées, en vue de calculer et d'améliorer la capacité de charge d'un pâturage, notamment par l'enrichissement au moyen de l'introduction d'autres espèces.

I.1.1 Ensemencement des parcours naturels

Des recherches sur l'amélioration de parcours naturels ont été conduites, de 1970 à 1990, (APRU, 1970) en particulier sur l'amélioration par introduction de graminées et de légumineuses à haut potentiel végétatif, notamment les plantes fourragères communément cultivées, pour en augmenter la productivité. D'autres recherches ont été conduites sur les effets des applications d'engrais (FAO, 1990).

Qu'ils soient gérés en vue d'un pâturage à long terme ou en rotation avec des cultures annuelles, les parcours ensemencés forment un élément important du secteur du pâturage. Leur capacité de charge est définie comme étant la quantité de bétail qu'ils peuvent supporter sans se détériorer, le bétail devant rester en bon état d'entretien, voire prendre du poids ou produire du lait pendant son séjour sur le pâturage.

Cette capacité de charge est non seulement fonction de la quantité de fourrage produit, mais aussi de sa valeur. En effet un bon pâturage doit permettre aux animaux d'extérioriser des performances économiquement satisfaisantes.

Pour estimer la capacité de charge en période de croissance végétative active et respecter les durées adéquates de rotation de troupeau, on utilise comme critère la production de matières sèches favorables à l'obtention d'un fourrage de bonne qualité. Parfois on prend en considération exclusivement la valeur énergétique des matières sèches produites. Pendant les périodes de sécheresse, on peut réduire les taux de chargement de façon que les peuplements d'herbes indigènes ne souffrent pas de surpâturage.

I.1.2 La gestion des pâturages

Les gestionnaires de parcours visent donc à remettre les parcours en bon état. Les avantages d'une gestion améliorée des parcours sont la conservation de la biodiversité, la réduction de la dégradation des sols et la possibilité d'une séquestration accrue du carbone. Les recherches ont démontré que le fait d'améliorer l'état d'un parcours naturel peut accroître sa capacité de charge de bétail dans une grande proportion (WWW.4AGRO.GC.CA).

I.1.3 Facteurs limitant la productivité des parcours naturels

La principale contrainte limitant la productivité des parcours naturels est celle de la pluviosité, dont les occurrences peuvent être faibles et irrégulières, et la saison pluvieuse peut être trop brève.

Parmi les autres facteurs importants qui limitent la productivité des parcours naturels, on peut citer les variations de température sur une base quotidienne, saisonnière ou interannuelle, le taux élevé d'évapotranspiration, la percolation rapide de l'humidité des sols, la présence d'humidité à des profondeurs que les racines ne peuvent pas atteindre. Ces contraintes encouragent une forte compétition entre les espèces végétales pour l'humidité résiduelle du sol.

A cela s'ajoute la compétition entre les animaux pour les ressources fourragères. Ceux-ci d'ailleurs ne se concurrencent pas seulement entre eux mais ils doivent aussi entrer en compétition avec les termites, les rongeurs et la faune herbivore sauvage.

En plus les ressources pastorales ne sont, le plus souvent, disponibles, que sur des périodes courtes ; cela contraint le cheptel à se déplacer sur de grandes distances pour trouver d'autres pâturages, en attendant les nouvelles pluies. Trop souvent, un pâturage ne peut être utilisé qu'une seule fois dans l'année, bien que, par besoin, les animaux soient amenés à revenir sur les aires déjà pâturées et raser les plantes résiduelles de moindre qualité après avoir consommé toutes les meilleures espèces.

On observe aussi que de nombreuses espèces végétales ne sont appétibles ni pour le cheptel ni pour la faune sauvage herbivore. On pense que ce rejet est dû à des concentrations d'acides élevées, à de fortes contenances de silicates, à un excès de lignification, à des goûts peu appréciés, comme dans le cas de la présence des composants aromatiques terpènes.

Il est intéressant de noter que les espèces animales monogastriques (comme les équidés et les ânes) sont les mieux adaptées à cet environnement, pour autant qu'ils aient accès à l'eau, alors que les ruminants sont moins favorisés.

I.2 AMENAGEMENT DES PATURAGES

I.2.1 Pâturages artificiels sous les tropiques

1. Définition de pâturage artificiel et son importance

Le terme pâturage artificiel désigne un pâturage semé par l'éleveur et exploité dans un rythme de pâturage rotatif. Les pâturages artificiels sont constitués d'un mélange composé de graminées et de légumineuses. Ils permettent aux animaux de disposer de la végétation de bonne valeur nutritive grâce aux soins qu'on opère lors des installations (OKITAYELA, 2009).

2. Multiplication des espèces fourragères

La multiplication des légumineuses se fait par semis alors que pour les graminées, on utilise dans la majorité des cas le bouturage de tige ou l'éclat de souche. Le bouturage de tige se fait à l'aide de boutures courtes. Parfois on utilise la tige entière qu'on fait coucher dans le sillon pour minimiser le travail.

Lorsqu'on utilise les graines des graminées, on conseille de les mélanger avec le sable ou la cendre pour une meilleure répartition dans le sol.

Certaines espèces fourragères, légumineuses ou graminées, sont mises en place après un passage dans la pépinière.

Le minimum de précipitation exigé pour les graminées est de 350 mm d'eau/an, et pour les légumineuses de 500 mm d'eau/an (OKITAYELA, 2009).

I.2.2 Principe de composition des mélanges fourragers sous les tropiques

La diversité de caractère des plantes fourragères associées à la diversité de climat oblige l'exploitant à opérer un choix pour pouvoir composer son mélange fourrager. Pour ce faire, il doit tenir compte de deux facteurs du milieu qui sont : les conditions naturelles du milieu d'une part, et d'autre part, le développement et les relations sociologiques des plantes fourragères (OKITAYELA, 2009).

a) Les conditions naturelles du milieu

Le sol peut être enrichi en éléments nutritifs par des méthodes de fumure. Le choix de ces méthodes doit tenir compte des sols en présence en vue de minimiser davantage le coût de l'amélioration.

Compte-tenu de la sensibilité des plantes vis à vis de la nature du sol et du climat, certains sels et éléments minéraux, la température, le volume et le rythme annuel des précipitations sont souvent déterminants pour l'aménagement d'un pâturage artificiel (OKITAYELA, 2009).

b) Le développement et les relations sociologiques des plantes fourragères

La longévité de la plante étant caractéristique de chaque espèce, l'exploitant doit chercher à mettre ensemble les plantes qui ont la même durée de culture. En pratique, le mélange fourrager doit être composé des espèces de petite taille et grande taille et privilégier les espèces ayant une productivité stable durant toute la période d'utilisation. Les espèces retenues auront la même force de concurrence pour éviter que celles qui sont vigoureuses étouffent les faibles (OKITAYELA, 2009).

I.2.3 Facteurs favorisant la consommation de l'herbe

L'exploitant ne doit pas seulement se contacter de la richesse du fourrage et de son bon équilibre mais il doit aussi vérifier régulièrement si les animaux sont intéressés aux fourrages. Il est recommandé de disposer de champs d'expérimentation pour vérifier la consommation de l'espèce fourragère.

Il existe deux groupes principaux de facteurs de consommation d'herbe : les facteurs liés à l'animal et les facteurs liés à la plante.

A Facteurs liés à l'animal

Par facteurs liés à l'animal, on entend les facteurs liés à son attitude, son état de santé, son âge et ses types de production.

B Facteurs liés à la plante

Par facteurs liés à la plante, on entend la teneur en matière sèche, le stade végétatif, l'état de santé de la plante et le climat.

I.2.4 Stratégies d'aménagement des pâturages

1. Définition de l'aménagement d'un pâturage

Par aménagement de pâturage, on entend l'organisation des pâturages en vue d'améliorer leurs conditions d'utilisation. Cette notion englobe l'ensemble des techniques apportées au pâturage pour une bonne alimentation du bétail. Ces techniques doivent tenir compte non seulement de la végétation mais aussi de tous les éléments qui entrent en jeu pour la rentabilisation de l'élevage. C'est pourquoi il est indispensable de procéder avant tout aménagement à l'étude physique, socioéconomique et zootechnique du milieu (OKITAYELA, 2009).

2. Étude physique et socioéconomique du milieu

a) Milieu physique

L'étude du milieu physique concerne le sol, le climat, la configuration du terrain, les cours d'eau, la végétation etc. Elle devra permettre d'établir le bilan fourrager avec la cartographie de divers pâturages ainsi que des ressources en eau.

b) Milieu socioéconomique

L'objectif de l'étude socioéconomique du milieu est de ressortir tous les besoins d'encadrement de la population susceptible de l'impliquer dans la bonne gestion des pâturages aménagés.

L'étude socioéconomique consiste à étudier le comportement de toutes les couches de la population vis-à-vis des travaux d'aménagement à effectuer, le système d'organisation des marchés, en particulier les marchés pour bétail, ainsi que le système d'approvisionnement en produits vétérinaires, en intrants agricoles et en intrants d'élevage.

c) Milieu zootechnique

L'objectif de l'étude du milieu zootechnique est de mettre en place un système adéquat d'exploitation des pâturages,

L'étude du milieu zootechnique doit faire ressortir l'inventaire précis du bétail existant réellement y compris la composition du troupeau, de façon à permettre une évaluation facile de l'exploitation des pâturages.

I.2.5 Méthodes d'aménagement des pâturages

On distingue généralement deux phases principales dans l'aménagement des pâturages: la phase technique et la phase exécutoire.

a) Phase technique

La phase technique comprend : la délimitation du domaine, la clôture des parcelles, l'aménagement des ombrages, l'amélioration des kraals de nuit, des mangeoires et des abreuvoirs, ainsi que l'aménagement des pâturages de soudure.

On délimite le domaine en réunissant tous les éléments autorisant l'exploitant à opérer les aménagements, borner le domaine et clôturer.

On clôture les parcelles après avoir déterminé le nombre de parcelles pouvant donner lieu à une exploitation rationnelle, les types de clôture et la nature de piquets.

Les ombrages ont une influence très nette sur la composition de la flore. En RD Congo, l'Indigofera teysmanii plantée en ligne distant de 6 mètres donne de très bons résultats. On peut aussi utiliser le Leucaena lecocephale.

Pour améliorer les kraals de nuit, les abreuvoirs et les mangeoires, on commence par déterminer leur nombre et à prévoir les dispositifs pour le bloc à lécher.

L'amélioration des pâturages de soudure consiste à déterminer la superficie à aménager pendant la période de soudure. Evaluation du coût aménagement consiste à évaluer les besoins en matériel, en personnel et en argent pour aménagement.

b) Phase exécutoire

La phase exécutoire comprend l'aménagement proprement dit des pâturages avec les ouvrages connexes. Le travail consiste à exécuter les différentes opérations retenues pour l'exploitation rationnelle des pâturages aménagés, l'exploitant doit veiller à ce que la méthode d'exploitation retenue puisse être appliquée.

I.3 INFLUENCE DE LA QUALITE DES PATURAGES SUR LA PRODUCTIVITE DES BOVINS, OVINS ET CAPRINS

I.3.1Valeur fourragère d'un pâturage

Si l'examen botanique et écologique constitue le premier volet de l'étude d'un pâturage, l'estimation de la valeur fourragère en est le deuxième volet, aussi nécessaire que le premier, bien que parfois négligé.

La valeur fourragère d'un pâturage, appelée aussi valeur bromatologique, est variable au cours de l'année et dépend de la nature des plantes présentes et de leur stade végétatif. La connaître un moment, c'est pouvoir escompter l'utilisation que le troupeau va en faire, la manière dont les animaux vont tirer parti du fourrage consommé et quelle sera la production éventuelle de lait, la perte, le maintien ou le gain de poids du bétail, le travail susceptible d'être fourni par les boeufs, etc.

I.3.2 Appétibilité des plantes

L'observation des troupeaux au pâturage fournit des indications incontestables sur l'appétibilité du moment pour les espèces présentes dans le pâturage. L'appétibilité est une notion relative, car les animaux choisissent différemment, selon les espèces mises à leur disposition par le pâturage fréquenté. A défaut des plantes les plus appréciées, consommables en priorité, les animaux consommeront des espèces de moindre appétence et, dans un pâturage pauvre, des plantes pourront y être recherchées alors qu'elles seront délaissées dans un pâturage riche. Dans un même pâturage, une plante donnée pourra également être recherchée à une certaine période et délaissée à d'autres moments. Par ailleurs, la consommation des plantes varie avec les espèces domestiques fréquentant le pâturage, séparément ou ensemble (bovins, ovins et caprins).

I.4 CARACTERISTIQUE DE LA FLORE NATURELLE DE KINSHASA ET ENVIRONS

I.4.1 CARACTERISTIQUE ECOLOGIQUE DE LA VILLE DE KINSHASA

I.4.1.1. MILIEU ABIOTIQUE

I.4.1.1.1. LOCALISATION GEOGRAPHIQUE

La ville de Kinshasa est située entre 4°18' et 4°25' latitude sud et entre 15°15' et 15°22' longitude est. Elle est limitée au nord et à l'est par la province du Bandundu, au sud par la province du Bas-Congo et à l'ouest par la République du Congo ; son altitude moyenne est de 300m (ANONYME, 1998).

La ville de Kinshasa s'étend sur une superficie de 9965 km2 et sa densité moyenne est évaluée à 441 habitants au km2 (SAINT MOULIN & KALOMBO, 2005).

Selon PAIN (1979 & 1984), l'urbanisation de la ville de Kinshasa suit la structure du relief avec plus de concentration dans la plaine d'environ 200 km2 allant de Gombe à Maluku.

I.4.1.1.2. SOLS

1. Classification

D'après SYS (1961), les sols de la ville de Kinshasa sont classés de la manière suivante ; ordre kaolisols, sous-ordre hygro-xérokalosols et grand groupe arénoferrals.

2. Origine

La couverture sableuse de la colline du pool Malebo est un produit de l'érosion des collines qui provient, elle, du démantèlement du plateau. Le matériel originel est donc le même : ce sont des sables du types Kalahari (MUAMBA, 1968).

3. Types de sols

Le sol est du type arénoferrasol de la classification des sols du Congo. Ces sols sont constitués par des sables fins avec une teneur en matière organique et un degré de saturation du complexe absorbant faible (SYS, 1961).

Selon De PLOEY in KALANDA (1981), les sommets et les pentes des collines sableuses de la région du pool se recouvrent à plusieurs endroits d'un dépôt superficiel de sable surmontant une ancienne surface topographique caractérisée par la présence du charbon de bois voire d'atelier préhistorique. Ces dépôts sont formés de sables fins et limoneux, souvent de couleur ocre jaune ; les sables sont parfaitement homogénéisés et dépourvus de stratification.

I.4.1.1.3. CARACTERISTIQUES CLIMATIQUES

1. Rythme saisonnier

La province de Kinshasa se trouve dans le climat de basse altitude. Elle est caractérisée par un climat tropical et humide de type Aw4 suivant la classification de KOPPEN (BULTOT, 1950). On y observe une alternance de deux saisons : une saison allant de juin à septembre et une saison pluvieuse allant de mi-septembre à mi-mai.

2. Température

Les données thermiques de la ville de Kinshasa signalent que la variation de la température moyenne d'un mois à un autre est relativement faible. En effet, les mois de février (25,1°C), mars (25,55°C) et avril (25,53°C) sont les plus chauds de l'année tandis que celui de juillet (22,1°C) est le plus faible. L'amplitude thermique annuelle y est également faible (3,45°C).

Cependant, les températures restant élevées et peu variables au cours de l'année, c'est le rythme et la fréquence des précipitations qui marquent les saisons.

3. Humidité relative

L'humidité relative moyenne de la ville de Kinshasa est élevée. Elle atteint sa valeur maximale au cours du mois de décembre (88,1%) alors qu'en août (79,4%) et septembre (79,4%), elle est à son minimum. Les variations inter mensuelles sont faibles et ne correspondent pas exactement au rythme pluviométrique enregistré dans la ville mais plutôt à l'influence des masses d'air notamment la mousson atlantique et les alizés respectivement du nord-est et du sud-est.

4. Les précipitations

Les précipitations de la ville de Kinshasa sont abondantes et inégalement réparties durant l'année, l'observation de la courbe ombrothermique fait ressortir une particularité commune aux mois de juin, juillet, aout et septembre (figure 1). En effet, pendant que le mois de novembre y affiche la plus forte pluviosité, pour ces quatre mois par contre, la quantité d'eau recueillie exprimée en mm demeure inférieure à deux fois la température moyenne de l'année exprimée en degré Celsius. D'où le passage de la courbe de précipitations en dessous de celles de températures. Par conséquent, ces quatre mois respectifs constituent des mois écologiquement secs au sens de GAUSSEN in DAJOZ (2000)

PP (mm) T (°C)

T (°C) PP (mm)

150 300

125 250

100 200

75 150

50 100

25 50

0 0

Janv. Fév. Mars. Avril. Mai. Juin. Juil. Aout. Sept. Oct. Nov. Déc.

Figure 1 : courbe ombrothermique de la ville de Kinshasa (période de 1995-2005). Source : station météorologique de Kinshasa/Binza

I.4.1.2. MILIEU BIOTIQUE

I.4.1.2.1. VEGETATION DE KINSHASA

La végétation de Kinshasa se compose de forêts, de savanes et des formations semi-aquatiques et aquatiques des vallées du Pool Malebo (COMPERE, 1970 et PAIN, 1984).

I.4.1.2.1.1. VEGETATION SAVANICOLE

Les savanes de Kinshasa sont des formations herbeuses dont la strate supérieure généralement herbacée d'au moins 80 cm est parfois clairsemée d'arbres ou d'arbustes isolés ou en bosquets qui surplombent une strate herbacée plus basse comprenant des hémi cryptophytes et des géophytes (KIKUFI, 2000).

En considérant le caractère biotopique, les savanes de Kinshasa peuvent être réparties en savanes palustres et savanes de terre ferme.

1. Savanes palustres

Les savanes palustres sont des savanes semi-aquatiques ou marécageuses rencontrées dans les dépressions à inondation permanente ou temporaire.

2. Savanes de terre ferme

Les savanes de terre ferme se rencontrent sur les sols schisto-calcaires gravillonnaires ou concrétionnaires voire indurés accompagnés parfois de débris limontiques.

En considérant l'aspect physionomique notamment la taille des ligneux et leur densité, les savanes de Kinshasa peuvent être réparties en trois types à savoir : la savane herbeuse, la savane arbustive et la savane boisée.

a) Savane herbeuse

La savane herbeuse c'est un tapis végétal continu caractérisé par Loudetia demeusei (De Wild) C.E.Hubb. et Hyparrhenia diplandra (Hack) Stapf.

b) Savane arbustive

La savane arbustive est caractérisée par une strate arbustive dominée généralement par Hymenocardia acida Tul., Annona senegalensis Pers. ou Sarcocephalus latifolius (Sm) E.A.Bruce.

c) Savane boisée

La savane boisée est caractérisée par une strate supérieure d'environ 7 m de haut dominée notamment par les espèces caractéristiques suivantes : Crossopteryx febrifuga Benth., Hymenocardia acida Tul. et Albizia adianthifolia (Schumach.) Wight.

I.4.1.2.1.2. VEGETATION FORESTIERE

Jadis, la majeure partie des collines des environs du site de Kinshasa était couverte d'une forêt semi-caducifoliée, méso-xérophile correspondant aux sols sableux et sablo-argileux (COMPERE, 1970).

Néanmoins, sous l'effet du développement incontrôlé de l'habitat et de la poussée urbaine, ces forêts ont presque disparu. Elles ne subsistent de nos jours que sous forme de lambeaux forestiers dont la plupart sont, du reste, déboisés surtout lorsqu'ils se trouvent à proximité des espaces lotis.

Au regard des types forestiers décrits par KIKUFI (2000), nous pouvons répartir les forêts de Kinshasa en  forêts secondaires et en forêts ripicoles et marécageuses.

1. Forêts secondaires

Les forêts secondaires sont des formations forestières denses de terre ferme, très accessibles dont quelques essences de la strate arborée supérieure perdent leurs feuilles durant la saison sèche. La plupart des constituants du sous-bois sont sempervirentes mais subissent une dégradation anthropique, qui accélère la dégradation de ces formations.

     Les principales essences caractéristiques sont observables dans les strates arborescentes supérieure et inférieure.

     Dans la strate arborescente supérieure, on rencontre Pentaclethra macrophylla Benth, P. eetveldeana De Wild & Th. Dur., et Milletia laurentii De Wild.

     Dans la strate arborescente inférieure, on trouve Hymenocardia ulmoides Oliv., Caloncoba welwitschii (Oliv.) Gilg.  Et Annonidium mannii (Oliv.) Engl. & Diels.

A ces groupes de forêts secondaires, peuvent également être rattachés les jachères et recrus forestiers rencontrés dans les terrains en pente et les bords abrupts des rivières ou des ruisseaux.

 
2. Forêts ripicoles et marécageuses

Les forêts ripicoles sont des forêts riveraines de petits affluents du fleuve Congo. Elles sont en fait de forêts galeries qui ne subsistent actuellement que sous une forme relictuelle très dégradés caractérisés notamment par Berlinia Bruneelii (De Wild) Torre & Hillc., Alchornea cordifolia (Schum & Thonn) Müll. Arg et Paramacrolobium coeruleum (Taub.) J.Léonard. Une frange de ces forêts peut encore être observée le long de la rivière N'sele en amont du pont sur la route Kinshasa-Kikwit.

Les forêts marécageuses sont des formations forestières qui occupent quelques unes des dépressions à nappe phréatique superficielle. La partie forestière proprement dite est entourée d'une couronne marécageuse à végétation herbacée. Comme espèces caractéristiques nous retenons : Alstonia congensis Engl., Hallea stipulosa (DC) Leroy, Raphia sese De Wild, Harunngana madagascariensis Lam ex. Poir, Lasimorpha senegalinsis Schott et Afromum angustifolium (Sonner) K Schum.

IIEME PARTIE : EXPERIMENTATION

II.1 MILEU D'ETUDE

II.1.1 Situation géographique de la commune de Mont Ngafula

La commune de Mont Ngafula est l'une des 24 communes de la ville de Kinshasa et s'étend entre les coordonnées suivantes : 4° 15' latitude sud et 15°14' longitude est située au sud -ouest de la ville de Kinshasa (GOSSENS et al., 1994).

Le recensement effectué en 2004 indique que Mont Ngafula a une population de 213.670 habitants pour une superficie de 358.90 km2.

Cette commune est limitée au Nord par la commune de Makala ; au Sud par la province du Bas-Congo, à l'Est par les communes de Lemba et Kinseso, enfin à l'ouest par la commune de Selembao.

II.1.2 Caractéristiques biophysiques de la commune de Mont Ngafula

a) Climat

Etant comprise dans la ville de Kinshasa, la commune de Mont-Ngafula peut être placée dans le climat AW4 de la classification de Koppen signant un climat tropical humide avec la température moyenne diurne du mois le plus froid supérieure à 18°c, pendant que la saison sèche va de mai à août ou de juin à septembre. Le période des pluies dure 8 mois, du 25 septembre au 25 mai.

La pluviométrie moyenne annuelle est de 1483, 5 mm. Le plus grand volume de précipitation est observé en novembre avec une moyenne de 268,1mm.

La température annuelle est inférieure ou égale à 25°c avec le mois de mars comme le plus chaud (24,74°c) et de juillet comme le plus frais (22,06).

La moyenne annuelle de l'humidité relative de l'air est de 79%. La moyenne maximale observée est de 84% enregistrée en novembre et mai. La moyenne minimale est de 71% observée essentiellement en septembre (PNUD/OPS, 1998).

b) Physiographie et hydrographie

Le relief de la commune de Mont Ngafula est dominé par des collines séparées par des vallées très encaissées, où coulent certains cours d'eau, ou parfois entaillées par l'érosion. Ce relief ne semble pas favorable à l'implantation d'infrastructures urbaines. L'agriculture cependant apparaît comme l'activité la plus intense dans les vallées humides.

La commune de Mont Ngafula est bordée par deux grandes rivières, la Lukaya au sud et la rivière N'djili à l'est.

c) Sols

Le profil du sol est du type A-C, c'est-à-dire formé d'un horizon organique qui se différencie de la roche mère sous-jacente par sa coloration plus foncée. Le sol a une texture sableuse avec une faible proportion d'argile (MAKOLO et al., 1991).

d) Végétation

Des abords du fleuve à Kinsuka jusqu'à l'embouchure d'Inkisi, il y a des galeries forestières et des forêts périodiquement inondées. Dans les endroits comme le Monastère Prieuré Notre-Dame de l'Assomption, on trouve les îlots de forêt dense humide sempervirente.

Les forêts denses sont aussi observées dans le scolaricat de Kimwenza et dans le domaine du lac de Ma Vallée. Les formations ligneuses rencontrées sont naturelles. L'action anthropique est quant même très visible au regard des espèces exotiques rencontrées.

On trouve généralement les espèces comme : Terminalia superba, Eucalptus ssp, Senna siamea, Delonix regia, Milletia laurentii, Albitia lebbeck, Peltophorum pterocarpum.

Une végétation aquatique et semi aquatique occupent les plans d'eau et les zones de dépressions marécageuses. La végétation y est essentiellement constituée de grandes herbes à dominance des espèces des genres Echinocloa, Vossia, Cyperus, Nymphaea et Eichhornia.

Dans les formations herbeuses, on rencontre les graminées de grande taille des régions intertropicales. Ces graminées monopolisent surtout les plateaux et les montagnes.

On rencontre les espèces comme : Hyparrhenia diplandra, Loudetia simplex, Panicum maximum. Elles sont souvent brûlées à la fin de la saison sèche par le feu de brousse.

II.2 METHODOLOGIE DU TRAVAIL

II.2.1 Identification des ouvrages de référence

La réalisation de ce travail a nécessité des recherches bibliographiques, des recherches sur Internet pour de plus amples informations sur les parcours naturels, l'aménagement et l'exploitation des pâturages naturels, l'influence des pâturages sur la productivité des bovins, des ovins et des caprins et sur la caractéristique de la flore naturelle de Kinshasa.

II.2.2 Prise de photos numériques sur le site de la ferme ESSEL à Mont Ngafula

Pour identifier les espèces fourragères, nous avons utilisé un appareil photo numérique, qui nous a permis de photographier les différentes plantes du milieu devant être identifiées.

II.2.3 Identification des espèces fourragères à l'aide des photos et des ouvrages de référence

Apres la prise des photos, l'identification a été faite à l'aide des différents ouvrages et atlas botaniques fournissant les informations détaillées sur les espèces, concernant leurs utilisations (LATHAM, P et KONDA KUMBUTA, 2007 ; DAJOZ, 2000 ; HAVARD DUCLOS, 1967 ; BARTELS, 2001).

II.2.4 Complément de l'identification à l'aide des images de Google (Internet)

L'identification de certaines espèces n'ayant pas pu être identifiées au moyen d'ouvrages, a été rendue possible en comparant les photos prises avec les photos trouvées sur l'Internet.

II.3. Présentations des résultats

Dans le cadre de notre expérimentation, nous avons photographié une trentaine d'espèces végétales pouvant figurer comme espèces fourragères. Nous présentons dans les paragraphes qui suivent, les 16 espèces que nous avons pu identifier avec certitude.

II.3.1 Graminées fourragères

a) Panicum maximum JACQ.

Famille : Poaceae

Ordre : Poale

Synonymes : P. giganteum MEZ., P. jumentorum PERS.

Noms communs : Herbe de Guinée, Fataque (Maurice), Guinea grass, Buffel's grass, gamalote, Alkali Zacate.

Figure 1. Espèce identifiée : Panicum maximum

b) Pennisetum purpureum - SCHU

Famille : Poaceae

Ordre : Poales

Synonyme: P. benthami STEUD.

Noms communs : Herbe éléphant, fausse canne à sucre, Napier grass Eléphant grass, Capim éléphante, Co duoi voi (Viet.).

Figure 2. Espèce identifiée : Pennisetum purpureum

c) Setaria megaphylla (L) P. BEAUV.

Famille : Poaceae

Ordre :Poales

Synonymes: Panicum aparine STEUD., P. tomestosum ROXB., P. verticillatum L.

Nom commun: Capim de cabra.

Figure 3. Espèce identifiée : Setaria megaphylla

d) Echinochloa colonum (L) LINK.

Famille : Poaceae

Ordre :Poales

Synonymes : Panicum colonum L., P. zonale Guss., Oplismenus colonum H.B.K., O., repens PRESL.

Noms communs : Herbe à graine (Ant), Herbe ti graine (Ant.), Herbe sifflette (Maurice), Japanese millet, Jungle rice, Pulang puet (Phili.),

Figure 4. Espèce identifiée : Echinochloa colonum

e) Hyparrhenia rufa (NESS.) STAPF.

Famille : Poaceae

Ordre :Poales

Synonymes : Andropogon rufus (NESS) KUNTH., cymbogon rufus (NESS) RENDI., Sorghum rufum KUNT.

Noms communs: Yaragua grass, Thatching grass, sape gigante, Pasto Taragua, Capim Yaragua, Capim vermelho, Yayale (Bambara).

Figure 5. Espèce identifiée : Hyparrhenia rufa

f) Melinis minutiflora

Famille : Poaceae

Ordre : Poales

Nom usuel : Leka mbwa (kikongo)

Figure 6. Espèce identifiée : Melinis minutiflora

e) Digitaria decumbens

Famille : Poaceae

Ordre : Poales

Synonyme : Digitaria Umfolozi

Figure 7. Espèce identifiée : Digitaria decumbens

II.3.2 Légumineuses fourragères

a) Cajanus cajan

Famille : Papilionaceae

Ordre : Leguminosales

Figure 8. Espèce identifiée : Cajanus cajan.

b) Centrosema pubescens

Famille : Fabaceae

Ordre : Leguminosales

Figure 9. Espèce identifiée : Centrosema pubescens.

II.3.3 Arbres et arbustes fourragers

a) Hymenocardia ulmoides

Famille : Hymenocardiaceae

Ordre : Euphorbiales

Nom usuel : Munsanga (bas Congo)

Figure 10. Espèce identifiée : Hymenocardia ulmoides.

b) Ficus thonningii

Famille : Moraceae

Ordre : morales

Synonyme : F. hochstetteri, F. persicifolia

Nom usuel : Nsanda

(bas congo)

Figure 11. Espèce identifiée : Ficus thonningii.

II.3.4 Autres espèces fourragères identifié

a) Cyperus distan

Famille : Cyperaceae

Ordre : Cyperale

Figure 12. Espèce identifiée : Cyperus distans

b) Urena lobata

Famille : Malvaceae

Ordre : Malvales

Synonyme ; mpunga mpunga (bas congo)

Figure 13. Espèce identifiée : Urena lobata.

b) Sida acuta

Famille : Malvaceae

Ordre : Malvales

Figure 14. Espèce identifiée : Sida acuta.

c) Commelina erecta

Famille : commelinaceae

Ordre : commelinales

Figure 15. Espèce identifiée : Commelina erecta.

d) Boerhavia diffusa

Famille : Nyctaginaceae

Ordre : Caryophylales

Noms communs : Dibata bata, hogweed.

Figure 16. Espèce identifiée : Boerhavia diffusa.

II.4 DISCUSSIONS

En résumé, notre étude a pu identifier parmi les graminées, 7 espèces : Panicum maximum JACQ. , Pennisetum purpureum - SCHU, Setaria megaphylla (L) P. BEAUV., Echinochloa colonum (L) LINK., Hyparrhenia rufa (NESS.) STAPF., Melinis minutiflora, et Digitaria decumbens.

Parmi les légumineuses, elle a identifié 2 espèces : Cajanus cajan et Centrosema pubescens.

En dehors des graminées et des légumineuses, 7 espèces pouvant être utilisées comme espèces fourragères ont aussi été identifiées. Ce sont : Hymenocardia ulmoides, Ficus thonningii, Cyperus distan, Urena lobata , Sida acuta, Commelina erecta et Boerhavia diffusa.

En ce qui concerne les graminées, dans les régions où il pousse, Panicum maximum est considéré comme une plante fourragère de très grande valeur et il est très apprécié par le bétail et le gibier. On peut en faire du foin de très bonne qualité. On le cultive à partir de graines et il se multiplie rapidement lorsque les conditions sont favorables. Il forme alors une croissance luxuriante. Mais il peut aussi devenir une mauvaise herbe persistante dans les champs cultivés.

Pennisetum purpureum est une des graminées fourragères la plus communément cultivée. Elle produit de grandes quantités de matières sèches, mais de faible teneur en protéines à moins d'être fauchée à un âge très jeune. Pennisetum purpureum est facilement envahi par les mauvaises herbes et au bout de 2 ou 3 ans, il doit être replanté. On le plante de la même façon que la canne à sucre.

Setaria megaphylla colonise naturellement les endroits perturbés et on le trouve souvent près de l'eau. Comme pâturage, il est bon à l'état jeune quand la production de feuilles, bien appétées, est abondante.

Selon la littérature, la valeur fourragère d'Echinochloa colonum est assez moyenne et elle passe plus souvent comme une mauvaise herbe.

Hyparrhenia rufa tolère bien le feu saisonnier. Sa production en matières sèches et matières fraîches est abondante. Il convient bien à la fabrication du foin et des ensilages, mais sa fermentation est lente. Sa capacité de persister et de produire des gains de poids élevés dans des conditions de charge pastorale importante démontre sa valeur dans l'agriculture africaine. Il concurrence très bien les mauvaises herbes. Il n'est pas très bien appété quand elle approche le stade de maturité. H. rufa est une plante naturelle des pâturages à travers l'Afrique et l'Amérique latine ; il est principalement utilisé dans la production des bovins à viande. En Afrique, il est utilisé pour les toits de chaume et comme paille d'utilisation générale et il produit aussi de la pulpe pour la fabrication du papier.

Melinis minutiflora est une graminée bien connue comme foin, ou herbe de pâturage, mais à cause de sa mauvaise odeur à l'état frais, il n'est pas bien appété au premier contact, seulement avec l'habitude. Cette odeur a cependant la réputation de repousser les insectes, les serpents et les tiques. Il est considéré comme une plante insecticide. Il est une espèce pionnière, colonisant les zones ouvertes et incendiées ; c'est une plante pyrophile ou « pyrophyte », c'est-à-dire tolérante et adaptée aux incendies. Il est propagé par dispersion des graines dans le vent.

Digitaria decumbens est une excellente herbe de pâturage, car elle demeure verte tout le long des saisons pluvieuses et sèches. Il est très bien apprécié dans les pâturages comme à l'étable. A cause de sa compétivité, il a été souvent utilisé dans la lutte contre les mauvaises herbes. C'est une excellente espèce pour la production de viande et de lait.

Cajanus Cajan est aussi bien utilisé pour l'alimentation humaine que comme plante fourragère ou de couverture. Il est une bonne source de protéines. Il est aussi utilisé comme fumier vert.

Centrosema pubescens doit être bien établi lors de la première année, avant de le laisser être brouté. Et il faut l'aider à vaincre les mauvaises herbes. On devrait le cultiver en association avec une graminée tout en évitant sa dominance. ll se régénère facilement après un feu, à partir des graines. On en fait de bons foins. Pour l'ensilage, il faut la mélanger avec une autre comme l'herbe de Guinée.

Les feuilles, parfois rougeâtres, des repousses de Hymenocardia ulmoides, ou arbre au coeur rouge, sont comestibles et ont un goût d'oseille, un peu salé. Elles sont bien appétées par les chèvres et les moutons.

Le bétail consomme les feuilles, les brindilles et les fruits séchés de Ficus thonningii tombées à terre.

Les jeunes plantes de Cyperus distans sont parfois utilisées comme fourrages, ainsi que ses rhizomes ou tubercules.

Les jeunes feuilles d'Urena lobata sont consommées au Gabon. La jeune plante peut être utilisée comme fourrage pour les animaux.

Sida acuta est souvent considéré comme une mauvaise herbe, particulièrement pour les pâturages améliorés. Les bovins semblent la consommer sans problème, mais selon la littérature elle est considérée comme toxique pour les chèvres.

Les feuilles et les tiges de Commelina erecta sont parfois utilisées comme légumes ou condiments. On dit d'elle qu'elle est la nourriture préférée du cerf à la queue blanche.

Les jeunes pousses et feuilles de Boerhavia diffusa sont parfois utilisées cuites comme légumes. La graine et la racine sont aussi consommées dans quelques régions ; le bétail, particulièrement le mouton, s'en nourrit.

CONCLUSION ET SUGGESTIONS

Notre travail, intitulé « Identification d'espèces fourragères pouvant être utilisées dans l'aménagement d'un pâturage dans le site de la ferme essel à Mont - Ngafula (Kinshasa)» poursuivait l'objectif de contribuer à l'augmentation de la production animale en RDC en identifiant les ressources végétales pouvant être utilisées comme fourrages en vue d'aménager des pâturages, en tenant compte de leur appétibilité et de leur valeur nutritionnelle.

Ce travail a proposé une photographie et une description d'espèces fourragères susceptibles d'être utilisées dans l'alimentation des ruminants et autres herbivores, et pouvant être recommandées dans les programmes d'amélioration de la production animale. Ainsi, les espèces suivantes ont été photographiées et décrites : Panicum maximum ; Pennisetum purpureum ; Setaria verticalata ; Echinochloa colonum ; Hyparrhenia rufa ; Melinis minutiflora ; Digitaria decumbens ; Cajanus Cajan ; Centrosema pubescens ; Hymenocardia ulmoides ; Ficus thonningii ; , Cyperus distan ; Urena lobata ; Sida acuta ; , Comelina erecta ; , Boerhavia diffusa.

Cependant en rapport avec les résultats obtenus, il convient de dire que parmi les espèces identifiées certaines se prêtent bien à la consommation par le bétail, et sont même considérées comme excellentes, tandis d'autres ont plutôt la réputation d'être de mauvaises herbes et sources de toxicité. Il faut donc faire montre de discernement dans le choix des espèces ici proposées.

Ce travail devrait être complété par l'étude d'un nombre plus important d'espèces rencontrées dans nos milieux et des études plus approfondies de leur adéquation comme plantes fourragères dans nos milieux, même jusqu'à en déterminer la valeur bromatologique.

.

BIBLIOGRAPHIE

1. OUVRAGES

1. ANONYME, 2002. Mémento de l'agronome, Ministère des affaires Etrangères, CIRAD, GRET, édition du CIRAD, Paris, 1127- 1135pp.

2. ANONYME, 1981. la rousse agricole, édition la rousse, paris, 538pp.

3. APRU, 1991. Twenty Years of Animal Production and Range Research in Botswana. 1970-1990. Ministry of Agriculture.

4. BARTELS, A., 2001. Guides des plantes tropicales, plantes ornementales, fruits exotiques, édition Eugen Ulmer, 5 rue de la channe, 75011 paris, 124p.

5. BOUDET, G., 1991. Manuel sur les pâturages tropicaux et cultures fourragères, ministère de la coopération, I.E.M.V.T., 266p.

6. COMPERE, F., 1970. Carte des sols et de la végétation, du Rwanda et du Burundi, 25-B. Bas-Congo. Notice explicative de la carte de la végétation, INEAC. Bruxelles : 35p.

7. DAJOZ, R., 2000. Précis d'écologie, Dunod, paris, 615p.

8. FAO, 1991. Contribution to the Vegetation Classification of Botswana. Soil Mapping and Advisory Services Project. AG: DP/BOT/85/011. Field Document 34. Ministry of Agriculture, Gaborone Botswana/FAO/UNDP.

9. FLOURIO, et al., 1975. Atlas de Kinshasa. BEAU, IGZ TPTA, Bruxelles 1- 30pp.

10. GOSSEN, F. ET TOLLENS, E., 1994. Nourrir Kinshasa, l'approvisionnement local d'une métropole africaine, l'harmattan, paris, 397p.

11. HAVARD DUCLOS. B., 1967, les plantes fourragères tropicales Maisonneuve de la rose, Paris, 397p.

12. KALANDA, K., 1981, la végétation du parc de la Nsele (zaïre) ; Bull. jard. Bot. Nat. Belg., 347-357pp.

13. LATHAM, P et KONDA KUMBUTA, A., 2007. Quelques plantes utiles du Province de Bas-Congo, République Démocratique du Congo, 2éditions, 330p.

14. SAINT MOULIN ET KALOMBO T., 2005. Atlas de l'organisation administrative de la République Démocratique du Congo. CEPAS, Kinshasa, 235p.

15. SYS, C., 1961. La cartographie de sols au Congo. Ses principes, ses méthodes. INEAC, serv. Sc. Tech. N°66. Bruxelles, 149p.

16. PNUD/UNOPS, 1998. Plan d'action triennal (1998-2000), province urbaine de Kinshasa, programme national de relance du secteur agricole et rural, Kinshasa, 247p.

17. RAEMAEKERS, 2001. Agriculture en Afrique tropicale, 2 éditions, DGCI, Bruxelles, 1476pp.

2. THESE, MEMOIRE ET TFC

18. KIBALA, M., 2005. Nature, utilisation et impacts des exploitations des produits biologiques non ligneux d'origine végétale en zone périurbaine de Kinshasa (cas de la commune de Mont Ngafula), mémoire, facultés des sciences agronomiques, UNIKIN, Inédit.

19. KIKUFI, A., 2000, étude de la végétation et de la flore du bassin de la rivière Funa à Kinshasa, Mémoire, Faculté des Sciences, UNIKIN, Inédit.

20. MUAMBI, F., 1968. Phytosociologie et bioproductivité des savanes des environs de Kinshasa, Mémoire, faculté des sciences, UNILOV, Inédit.

21. MAVUNGU, M., 2005. Indentification des plantes fourragères, graminées et légumineuses rencontrées dans la commune de Mont Ngafula, travail de fin de cycle, Faculté des Sciences Agronomiques, UNIKIN, Inédit.

22. PAIN, M., 1979. Kinshasa : écologie et organisation urbaine. Thèse de doct. Univ. De Toulouse. Inst. Géogr. Daniel Fauchier, 3- 53pp.

3. NOTES DE COURS

23. KATANGA, K., 2009. Notes du cours de systématique des plantes. Faculté des Sciences Agronomiques, UNIKIN, Inédit.

24. MAFWILA, M., 209. Notes du cours de bromatologie. Faculté des Sciences Agronomiques, UNIKIN, Inédit.

25. OKITAYELA, O., 2009. Notes du cours d'agrostologie et cultures fourragères. Faculté des Sciences Agronomiques, Inédit.

4. SITES INTERNET

http://www.cowsandfish.org/pdfs/can_cows_and_fish_coexist_P97_141.pdf 3/18/2010 11:19

http://www.sist.sn/gsdl/collect/bre1/index/assoc/HASH28b5.dir/20-310-321.pdf 3/18/2010 11:22

http://www.sist.sn/gsdl/collect/publi/index/assoc/HASH0103/1801c61e.dir/doc.pdf 3/18/2010 11:23

http://ressources.ciheam.org/om/pdf/a67/06600049.pdf3/18/2010 11:24

http://doc.abhatoo.net.ma/doc/IMG/pdf/forêt1.pdf 3/18/2010 11:49

http://www.secheresse.info/article.php3?id_article=2253/18/2010 11:25

http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display afficher.do?id=1242752035499&lang=fra

18/03/2010 11:14

http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=1186587208617&lang=fra

18/03/2010 11:16

http://www.terrevie.net/Marocagri/pages/107.html18/03/2010 11:46

http://www.fao.org/ag/AGP/AGPC/doc/Counprof/frenchtrad/botswana_fr/Botswana2_fr.htm

3/18/2010 11:32

http://www.algerie-dz.com/article568.html18/03/2010 11:45

http://www.pfaf.org/database/plants.php?Boerhavia+diffusa 04/06/2010 19:18

http://plant-materials.nrcs.usda.gov/pubs/stpmcfscoer.pdf

6/4/2010 19:13

http://2bnthewild.com/plants/H65.htm 6/4/2010 19:11

http://en.wikipedia.org/wiki/Sida_acuta 6/4/2010 18:37

http://www.invasive.org/publications/xsymposium/proceed/01pg35.pdf 6/4/2010 18:56

http://www.nationaalherbarium.nl/Riceweedsweb/www/cyper.htm 6/4/2010 18:2

http://www.worldagroforestry.org/sea/Products/AFDbases/af/asp/SpeciesInfo.asp?SpID=866

04/06/2010 17:56

http://www.eib.org/attachments/pipeline/20060268_nts3_fr.pdf 6/4/2010 17:40

http://www.fao.org/ag/AGP/AGPC/doc/Gbase/DATA/Pf000019.HTM 6/4/2010 17:09

http://en.wikipedia.org/wiki/Pigeon_pea 6/4/2010 16:57

http://www.tropicalforages.info/key/Forages/Media/Html/Digitaria_eriantha.htm 6/4/2010 16:51

http://www.hort.purdue.edu/newcrop/duke_energy/Digitaria_decumbens.html 04/06/2010 16:43

http://www.hear.org/pier/species/melinis_minutiflora.htm 04/06/2010 16:28

http://www.tropicalforages.info/key/Forages/Media/Html/Melinis_minutiflora.htm 04/06/2010 16:12

http://www.fao.org/ag/AGP/AGPC/doc/GBASE/data/pf000259.htm 04/06/2010 15:50

http://plants.usda.gov/java/charProfile?symbol=ECCO2

04/06/2010 15:36

http://www.plantzafrica.com/plantqrs/setariamegaphyl.htm

6/4/2010 15:16

http://www.fao.org/ag/aga/agap/frg/afris/Data/137.HTM

6/4/2010 15:07

TABLE DES MATIERES

0. INTRODUCTION 1

0.1. Problématique 1

0.2. Hypothèse du travail 1

0.3. Objectif général 1

0.4. Choix du sujet 1

0.5. Intérêt du sujet 2

0.6. Délimitation du sujet 2

0.7. Canevas 2

IERE PARTIE : REVUE DE LA LITTERATURE 3

I.1PARCOURS NATURELS 3

I.1.1 Ensemencement des parcours naturels 4

I.1.2 La gestion des pâturages 5

I.1.3 Facteurs limitant la productivité des parcours naturels 5

I.2 AMENAGEMENT DES PATURAGES 6

I.2.1 Pâturages artificiels sous les tropiques 6

1. Définition de pâturage artificiel et son importance 6

2. Multiplication des espèces fourragères 6

I.2.2 Principe de composition des mélanges fourragers sous les tropiques 7

I.2.3 Facteurs favorisant la consommation de l'herbe 7

I.2.4 Stratégies d'aménagement des pâturages 8

1. Définition de l'aménagement d'un pâturage 8

2. Étude physique et socioéconomique du milieu 8

I.2.5 Méthodes d'aménagement des pâturages 9

I.3 INFLUENCE DE LA QUALITE DES PATURAGES SUR LA PRODUCTIVITE DES BOVINS, OVINS ET CAPRINS 11

I.3.1Valeur fourragère d'un pâturage 11

I.3.2 Appétibilité des plantes 11

I.4 CARACTERISTIQUE DE LA FLORE NATURELLE DE KINSHASA ET ENVIRONS 12

I.4.1 CARACTERISTIQUE ECOLOGIQUE DE LA VILLE DE KINSHASA 12

I.4.1.1. MILIEU ABIOTIQUE 12

I.4.1.1.1. LOCALISATION GEOGRAPHIQUE 12

I.4.1.1.2. SOLS 12

1. Classification 12

2. Origine 12

3. Types de sols 13

I.4.1.1.3. CARACTERISTIQUES CLIMATIQUES 13

Rythme saisonnier 13

2. Température 13

3. Humidité relative 14

4. Les précipitations 14

I.4.1.2. MILIEU BIOTIQUE 15

I.4.1.2.1. VEGETATION DE KINSHASA 15

I.4.1.2.1.1. VEGETATION SAVANICOLE 15

I.4.1.2.1.2. VEGETATION FORESTIERE 16

1. Forêts secondaires 17

2. Forêts ripicoles et marécageuses 17

IIEME PARTIE : EXPERIMENTATION 18

II.1 MILEU D'ETUDE 18

II.1.1 Situation géographique de la commune de Mont Ngafula 18

II.1.2 Caractéristiques biophysiques de la commune de Mont Ngafula 18

II.2 METHODOLOGIE DU TRAVAIL 21

II.2.1 Identification des ouvrages de référence 21

II.2.2 Prise de photos numériques sur le site de la ferme ESSEL à Mont Ngafula 21

II.2.3 Identification des espèces fourragères à l'aide des photos et des ouvrages de référence 21

II.2.4 Complément de l'identification à l'aide des images de Google (Internet) 21

II.3. Présentations des résultats 22

II.3.1 Graminées fourragères 22

II.3.2 Légumineuses fourragères 29

II.3.3 Arbres et arbustes fourragers 31

II.3.4 Autres espèces fourragères identifié 33

II.4 DISCUSSIONS 38

CONCLUSION ET SUGGESTIONS 41

BIBLIOGRAPHIE 42