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Etude de la dépression chez l'adolescent haà¯tien devenu handicapé

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par Mario MARCELLUS
Universite d'Etat d'Haiti, Faculte des Sciences Humaines - Licence en psychologie 2005
  

Disponible en mode multipage

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INTRODUCTION

Depuis le début du 19e siècle, la situation du handicap constitue un sujet au centre des grands débats. De nombreux articles ont été publiés pour la défense des droits des handicapés de tout genre. Plusieurs documents internationaux ont été adoptés au tournant des années 1990 en faveurs des personnes handicapées Une lutte mondiale se livre pour aider à changer la manière dont on perçoit le handicap. La personne handicapée, au même titre que quiconque, doit pouvoir s'intégrer dans la société dans laquelle elle vit ; surtout quand le handicap survient à une période de l'âge où l'individu se cherche, se construit, surtout quand ce handicap survient à l'adolescence. L'adolescent normal a moins de difficultés que l'adolescent devenu handicapé à construire son identité car souvent la société lui renvoie une image négative de lui-même qui le stigmatise. Dans ce sens le handicap physique à l'adolescence constitue un sujet qui nous intéresse particulièrement. Quand nous savons que l'adolescence est une période charnière entre l'enfance et l'âge adulte. À l'adolescence, nous savons la susceptibilité de l'image corporelle et de l'importance prise par l'apparence. A une période où le corps de l'adolescent est en pleine transformation, la situation du handicap vient compliquer le processus de la crise identitaire. L'adolescent handicapé moteur, est confronté à un corps persécuteur. Ce corps réclame tous les soins, il occupe toute la place. Il oblige ainsi l'adolescent à organiser une réalité qui l'envahit sans cesse douloureusement. Il est expérience de souffrance permanente, car il rappelle sans cesse sa présence comme limite irréductible. La situation de handicap physique laisse des répercussions qui bouleversent le fonctionnement psychologique de l'adolescent. En réalité, peu d'études se sont penchées sur ce sujet, et l'effet de l'handicap à cet âge apparaît moins simple qu'on pourrait le penser.

Dans le cadre de ce travail, nos objectifs sont les suivants :

- Comprendre comment le handicap physique est susceptible d'influence l'humeur de l'adolescent devenu handicapé

- Identifier et analyser les facteurs qui contribuent à augmenter ou diminuer le degré de dépression en tenant compte du milieu dans lequel cet adolescent vit.

Nous tenons les hypothèses suivantes :

1) Suite à une déficience motrice acquise, l'adolescent handicapé devient dépressif.

2) Les adolescents qui évoluent au sein de leurs familles sont moins dépressifs que ceux qui vivent en institutions.

Dans les études faites sur l'handicap physique à l'adolescence, sa relation avec la dépression constitue un des facteurs les moins bien connus. C'est la raison pour laquelle nous avons voulu donner cette orientation la à notre étude. Nous n'avons pas la prétention de vouloir innover en ce sens, mais nous pensons que c'est une étude qui mérite d'être faite car elle permettra d'explorer la question de la déficience motrice à l'adolescence en rapport avec la dépression.

L'adolescence est une période très importante dans la vie de tout individu. Elle caractérise le passage de l'enfance à l'âge adulte (Gisèle Marlière 2007). Avec la puberté qui caractérise ce stade, l'adolescent va observer tout un ensemble de transformation d'ordre biologique dans son système. Il part à la quête de son identité, il se recherche, se questionne et cherche une certaine autonomie. La puberté est un moment délicat de l'évolution humaine. Elle déverse l'adolescent dans un autre corps, et par la suite dans une autre identité qu'il doit assumer plus ou moins passivement. Ce corps arrache le jeune au narcissisme propre à l'enfance pour le confronter à une nouvelle image de lui-même avec laquelle il doit apprendre à composer. Certains vivent le passage plutôt sereinement, disposant d'assises et de figures suffisamment rassurantes sur lesquelles ils prennent appui. D'autres, en revanche, souffrent d'un abîme de contenance ou de « holding1(*) » pour utiliser le terme de Winnicott (2003). Ce manque est la source de multiples angoisses se focalisant alors sur le corps, et particulièrement sur l'image que l'adolescent se fait de son propre corps ; il va former cette image à partir de la perception que l'autre lui renvoie. L'adolescence en lui-même est une période difficile exigeant une certaine adaptation à une nouvelle situation. Etre adolescent c'est tout un travail dont l'issue serait de devenir adulte, autonome, cela va donc être une période de conquête d'autonomie, vis-à-vis de soi même et des autres.

Or des fois, la situation se complique car aux transformations pubertaires de l'adolescent s'ajoute la déficience plus ou moins grande d'un handicap physique qui réduit son champ

d'action, qui le fait perdre ou qui limite ses possibilités de faire un certain nombre d'activités. Comment l'adolescent peut-il dans ce cas se construire ?

Cette blessure du corps de l'adolescent constitue un élément déterminant dans son adaptation au monde. Notre corps étant le premier signe et le premier médiateur de notre présence au monde et aux autres, il est fort probable que toute altération des fonctions motrices et de l'harmonie de cet organe ait des conséquences très importantes dans notre vie. Pour l'adolescent devenu handicapé, Cela peut influencer sa manière d'être, d'habiter son corps et de le considérer, de ressentir les situations. Cette rupture peut aussi avoir des incidences sur sa manière de s'installer dans un environnement humain et d'être reconnu par les autres comme un sujet détenteur d'humanité. Pour tout adolescent porteur d'une déficience ou non, il s'agit d'une étape particulièrement complexe et difficile à vivre communément nommée : « crise d'adolescence ». Pour un jeune handicapé, à cette crise normale, peut s'ajouter la souffrance plus ou moins sévère de son état. A la recherche identitaire de l'adolescent et les difficultés qu'elle engendre, s'ajoute donc la souffrance, plus ou moins marquée, liée au handicap (Valérie Glaude, 2007). Le handicap constitue une blessure dans le corps de l'adolescent qui peut amplifier le phénomène de la crise de l'identité. Il peut avoir des répercussions sur la perception que l'adolescent handicapé a de lui-même. La blessure de l'image de soi est une source de fragilité, de dévalorisation et d'incertitude. La recherche de l'identité, le choix des modèles auxquels s'identifier et l'affirmation de soi par des prises de positions personnelles sont rendus plus difficile. Diverses peuvent être les réactions que peut provoquer le handicap physique : soit un repli sur soi, un isolement, une véritable solitude, l'absence de prise de responsabilités. Cette blessure du corps qu'est l'handicap physique est également génératrice d'angoisse, ce qui entraine la mise en place de défenses pour protéger le moi, pour protéger l'harmonie psychique. L'adolescent peut commencer à ressentir une grande tristesse et du découragement en pensant à l'avenir. Face à un ensemble de réflexions sur son état, il peut aussi se sentir responsable de ce qui lui arrive et développer un sentiment de culpabilité ; ou du moins il peut envisager son handicap comme une punition. Face au regard des autres, il peut se sentir inferieur; son intérêt pour eux peut diminuer. En gros cela peut affecter l'humeur de l'adolescent et déboucher sur la dépression ; et c'est ce qui nous intéresse particulièrement.

Dans un rapport sorti en mars 2007 par l'association socialiste de la personne handicapée, une association qui défend et représente les personnes handicapées quel que soit leur type de handicap, quelle que soit leur appartenance philosophique, quel que soit leur âge, s'est proposée de réfléchir sur les difficultés que vivent les adolescents vivant avec un handicap physique. Selon les spécialistes de l'association, le handicap physique constitue un facteur de blocage à l'épanouissement personnel de l'adolescent. Ils soutiennent que le handicap physique affecte les fondements de la crise d'adolescence à savoir la prise d'autonomie et la recherche de l'identité. Sujet à la dépendance vis-à-vis de ses parents qui ont eu tendance à développer envers lui un comportement surprotecteur, l'adolescent handicapé moteur dispose de moins d'outils que l'adolescent valide pour prendre son autonomie. Dans son ouvrage « déficiences motrices et handicaps », Dominique Crombecque, une des conseillères techniques au service social de l'association des paralyses de France (l'APF), affirme que quelle que soit l'origine de son handicap, quel que soit son milieu socioculturel, l'adolescent handicapé moteur est confronté tous les matins à sa différence, à sa réalité. Selon elle, le handicap physique entraine un désavantage social. Elle croit que le handicap physique provoque une blessure, une souffrance physique mais aussi morale et éventuellement un sentiment d'injustice. Le regard de l'autre amplifie cette souffrance et peut provoquer diverses réactions : repli sur soi, isolement. Cette différence selon elle est source d'exclusion et de rejet de la part de la société. Suivant ces raisonnements nous pouvons penser qu'il y ait une certaine probabilité pour que le handicap physique de l'adolescent débouche sur la dépression. Est-ce bien le cas ? les questions que nous nous posons sont les suivantes :

Est ce que tous les adolescents ayant acquis un handicap physique souffrent de dépression ? Quels sont les facteurs qui peuvent contribuer à faciliter ou diminuer la dépression chez l'adolescent handicapé ? Cela ne dépend-il pas du milieu dans lequel il vit ? Le degré de dépression ne varie-t-il pas en fonction de l'encadrement qu'il a dans sa famille ou l'institution dans laquelle il est pris en charge ?

Pour conduire à bien notre travail, nous allons l'organiser autour de trois principaux axes :

D'abord nous ferons une analyse théorique et une revue des travaux qui porteront sur des études dans les domaines de la déficience motrice à l'adolescence et la dépression.

Ensuite nous présenterons une approche méthodologique qui servira à éprouver notre hypothèse. Elle comportera la présentation des variables, la population d'étude, les instruments de la recherche, la procédure de recueil et les techniques de traitement des données.

Enfin, le troisième axe portera sur la présentation, l'analyse, l'interprétation et la discussion des résultats.

CONTEXTE THEORIQUE DE LA RECHERCHE

CHAPITRE I : LE HANDICAP

DEFINITION OPERATIONNELLE

1- Handicap : Définition opérationnelle

Commençons par clarifier le concept en donnant une définition précise du handicap. Il en est une sur laquelle nous sommes tombés d'accord, qui apparut pour la première fois dans La classification internationale des handicaps élaborée par le britannique Philip Wood, en 1980 ; et elle fut bientôt reprise et affinée par l'ONU :

«  Le handicap est fonction des rapports des personnes handicapées avec leur environnement. Il surgit lorsque ces personnes rencontrent des obstacles culturels, matériels et sociaux qui sont à la portée de leurs concitoyens. Le handicap réside dans la perte et la limitation des possibilités de participer, sur un pied d'égalité avec les autres individus, à la vie de la communauté. » Et psychiques en cas d'altération de l'une ou plusieurs d'entre et, d'autre part, les contraintes de son cadre de vie.2(*)

Retenons également la définition suivante de Claude Hamonet :

Constitue une situation de handicap le fait pour une personne de se trouver, de façon durable ou temporaire, limitée dans des activités personnelles ou restreinte dans sa participation sociale, du fait de la confrontation interactive entre, d'une part ses capacités fonctionnelles physiques, sensorielles mentales

D'après la Classification internationale des handicapés, on nomme ainsi : " toute personne souffrant d'une déficience, aspect lésionnel, ou d'une incapacité, aspect fonctionnel, qui limite ou interdit toutes activités considérées comme normales pour un être humain. "

1.1- Histoire du handicap 

De l'expression anglaise « hand in cap »3(*), le mot handicap signifie « main dans le chapeau ». Dans le cadre d'un troc de biens entre deux personnes, il fallait rétablir une égalité de valeur entre ce qui était donné et ce qui était reçu : ainsi celui qui recevait un objet d'une valeur supérieure devait mettre dans un chapeau une somme d'argent pour rétablir l'équité. L'expression s'est progressivement transformée en mot puis appliquée au domaine sportif (courses de chevaux notamment) au XVIIIe siècle. En hippisme, un handicap correspondait à la volonté de donner autant de chances à tous les concurrents en imposant des difficultés supplémentaire aux meilleurs. Historiquement, le handicap se définissait par opposition à la maladie. Le patient était malade tant que son problème pouvait être pris en charge médicalement, il était réputé handicapé une fois devenu incurable.

Il ne s'agit pas de dresser une histoire canonique, ni de présenter de simples évolutions chronologiques mais de montrer rapidement les différents schèmes de représentation que chaque époque a fait naître : le handicap est aussi le produit d'un imaginaire collectif, dans lequel la destinée d'une personne handicapée est souvent enfermée

1.1.1- Les temps reculés : de l'infirmité à l'handicap

L'Antiquité et la pratique de l'exposition : Le mythe d'OEdipe4(*) révèle une attitude ambivalente à l'égard de l'infirmité : le nom d'OEdipe désigne une infirmité (aux pieds gonflés) autant qu'un privilège. La figure de l'aveugle Tisérias est aussi celle du devin...l'Antiquité fait une distinction entre le déficit d'une fonction sensorielle qui peut être la marque d'une élection, et la monstruosité qui révèle une déviance. L'enfant infirme est le signe de la colère des dieux mais aussi l'être d'exception. Il menace les normes de l'espèce autant que celles de la société.5(*) Il faut soit le tuer, soit le remettre aux dieux en l'exposant.

1.1.2- Le Moyen Age

L'infirme n'est plus le signe d'une culpabilité collective, mais celui d'un don ; il ne faut plus l'exposer, mais l'accueillir comme la présence de Dieu. Conception plus mystique que religieuse, dont François d'Assise est le héraut ; la représentation de l'infirme accomplit pour ainsi dire un saut ontologique. Le baiser au lépreux en est le symbole le plus frappant. Au rejet radical se substitue une acceptation fondamentale. Par ailleurs, le monstrueux n'est pas perçu comme une déviance, mais comme le témoignage du pouvoir infini de création de Dieu, dont nous ne pouvons avoir une vue d'ensemble : le monstre participe de la symphonie universelle. Les guerres, révoltes de paysans et épidémies font que la peur reprend le dessus. Tous confus, pauvres et infirmes, doivent être mis au pas ; l'idée apparaît de les faire travailler, de les rééduquer par la peine pour garantir la sécurité de la société.

1.2- L'âge classique

L'Âge classique et le « grand enfermement »6(*) : premières tentatives de rationalisation de l'origine de l'infirmité, qui conduit à la spécialisation et la différenciation. Apparaissent les notions d'hérédité, mais aussi de contagion. La déficience innée est mieux distinguée du handicap acquis.

1.2.1- La reconnaissance du sujet : LE XVIIIe siècle

Le XVIIIème siècle est une étape importante, qui commence sur un coup d'éclat, avec la lettre sur les aveugles de Diderot ; publiée en 1749, elle vaut à son auteur un séjour en prison!7(*) Elle fait état des discussions qu'il aurait eu avec le mathématicien Saunderson, privé de la vue : pour la première fois, l'idée qu'une personne déficiente puisse compenser en développant de manière extraordinaire d'autres facultés, est clairement formulée. Être privé d'une faculté ne condamne pas à être privé de tout le reste ; on peut s'adapter à une déficience, en restreindre les effets. Diderot va même jusqu'à attribuer à l'aveugle une intelligence abstraite supérieure.

1.3- Handicap congénital et handicap acquis

Il existe divers types d'handicaps physiques :

- Congénitaux, néonataux et périnataux (myopathie, malformation, infirme moteur cérébral, spina-bifida, encéphalopathie...)

- Acquis à la suite de maladie (encéphalopathie, hémiplégie, poliomyélite, sclérose en plaques, tuberculoses, rhumatismes...)

- Acquis à la suite d'accidents (hémiplégie, paraplégie, fractures, amputations, traumatismes crâniens...)

1.4- Les différents types de handicap

Parmi les différents types de handicap il y a : :

1- Les handicaps mentaux

Parmi eux on distingue les déficiences intellectuelles, autrefois repérées par des vocables comme « arriération mentale » ou « débilité mentale ». Les différentes batteries de test QI sont des outils classiques pour leurs appréciations. On peut distinguer de cette catégorie complexe des déficiences plus spécifiques de certaines fonctions cognitives, comme les déficiences du langage ou d'autres troubles spécifiques d'apprentissage (dyscalculie, dyspraxies, dyslexie.)

2- Les déficiences psychiques :

Elles comprennent les troubles du fonctionnement de l'appareil psychique et influent principalement sur les sphères de la vie relationnelle, de la communication, du comportement par exemple la psychose ou les troubles bipolaires etc.

3- Handicaps physiques

Ils sont en général scindés selon trois types de déficience :

3.1- Les déficiences motrices : elles représentent l'image même du handicap dans l'imaginaire collectif. Il est significatif à cet égard que le pictogramme symbolisant le handicap soit la représentation d'une personne en fauteuil roulant. Ce sont donc des handicaps visibles mais leurs expressions et leurs conséquences sont très variables

3.2- Les déficiences visuelles : elles sont symboliques de la grande diversité possible des conséquences pour un même type de déficience : du simple porteur de verres correcteurs à la personne aveugle, autre symbole fort de la notion même de handicap

3.3- Les déficiences auditives : elles sont moins visibles et plus stigmatisantes que les précédentes parce que les déficients auditifs ont des difficultés à communiquer avec les autres.

Il faut compléter ce tour d'horizon des handicaps physiques par les conséquences des déficiences viscérales et générales : être atteint d'une insuffisance cardiaque ou respiratoire (comme dans la mucoviscidose) ou subir les conséquences mutilantes d'un cancer est aussi un handicap, qui a longtemps été méconnu en tant que tel.

4- Polyhandicap, plurihandivap, sur handicap

L'approche par types de déficience représente une catégorisation bien schématique qui trouve rapidement ses limites. Trois termes sont souvent utilisés pour décrire des combinaisons fréquentes de déficiences :

Le poly-handicap : il a reçu une définition formelle en France dans un texte réglementaire et organisant le type correspondant d'établissement pour enfant : il s'agit de l'association de déficiences motrices et intellectuelle sévères associées éventuellement à d'autres déficiences, et entrainant une restriction extrême de l'autonomie.

Le pluri-handicap : il peut être défini par l'association de plusieurs déficiences ayant approximativement le même degré de gravité, ceci empêchant de déterminer une déficience principale et posant des problèmes particulier de prise en charge car les capacités restantes ne permettent pas toujours d'utiliser les moyens de compensation des déficiences psychiques et/ou intellectuelles aux déficiences d'origine (intellectuelles ou sensorielles par exemple).

Le surhandicap : il est généralement compris comme l'aggravation d'un handicap existant par les difficultés relationnelles qu'il provoque, d'autant plus graves qu'elles surviennent en cas de handicap congénital et compromet gravement le développement psychique de l'enfant.

En ce qui concerne notre travail, nous tiendrons compte seulement du handicap moteur. En ce sens il convient de faire une deuxième distinction entre les handicaps physiques ayant rapport à leurs origines

1.5- La motricité

La déficience motrice est le plus souvent associée à l'image de la personne en fauteuil roulant. Pourtant cette situation ne représente pas la déficience motrice en général.

La motricité s'appuie sur un schéma corporel complexe : le système nerveux, la moelle épinière, les muscles, les nerfs, les articulations... La déficience touche en fait à l'un ou plusieurs de ces éléments plutôt qu'à telle ou telle partie du corps.

C'est pourquoi l'on retrouve sous le terme de « handicap moteur » des affections ou altérations très diverses, qu'elles soient en lien direct avec la déficience ou qu'elles constituent des difficultés associées : paraplégie ou tétraplégie, infirmité motrice cérébrale, scléroses, amputations, mais aussi scolioses, polyarthrites, nanisme.8(*)

La déficience motrice peut être congénitale ou acquise. Une déficience congénitale est due à une malformation de l'enfant à naître, du squelette ou des membres par exemple. Une déficience est acquise lorsqu'elle est due à une maladie, au vieillissement, à l'usure au travail... Dans le cadre de notre étude nous tiendrons compte de la déficience motrice acquise car nous pensons que cela va exiger de l'adolescent des efforts d'adaptation à une nouvelle situation. Ce qui ne sera pas forcement tâche facile pour lui.

1.6- Revue de la situation du handicap en Haïti

En Haïti, la problématique des personnes handicapées est complexe. Les personnes ayant une déficience ne sont pas réellement intégrées dans la société. Célébrée, le 3 décembre à l'échelle mondiale, la Journée des Personnes handicapées offre l'occasion pour sensibiliser davantage les populations et améliorer la situation de cette frange le plus souvent défavorisée de la société. Marginalisation et stigmatisation sont les termes qui caractérisent les personnes handicapées. Peu de secteurs de la société haïtienne sont organisées de manière à faciliter l'intégration de ce groupe. Les salles de spectacles, les édifices publics, le transport en commun, la voirie, les écoles, entres autres ne sont ni équipées ni aménagées en vue de prendre en compte leurs besoins spécifiques. Un indice de cette négligence est sans doute le pourcentage, assez faible, d'enfants handicapés à fréquenter un établissement scolaire : 3%.9(*)

Avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Haïti comptait environ 800 000 personnes handicapées, dont 200 000 étaient des enfants, selon les estimations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), rapportées dans le dernier bulletin mensuel de l'OCHA. Handicap International signale qu'à ces chiffres s'ajoutent entre 2 000 à 4 000 personnes nouvellement amputées. Cependant, selon les responsables, malgré l'intégration des besoins des personnes handicapées dans la stratégie globale de réponse humanitaire, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer le soutien à ces personnes.

La population des personnes handicapées, déjà en prise à de multiples difficultés d'intégration et d'inclusion sociale se retrouve avec un effectif estimatif de 1, 200,000 personnes handicapées, majorant ainsi le nombre de 50 %.10(*)

Selon Handicap International, le nombre de personnes handicapées en Haïti était évalué à 800 000 avant le tremblement de terre, dont approximativement 200 000 enfants. Dans un pays où, selon la Banque mondiale, 54% de la population vit avec moins de un dollar par jour, la plupart des gens se fient à leurs capacités physiques pour survivre. Dans les zones rurales, comme les personnes handicapées peuvent ne pas être capables de participer aux semences, de nourrir les animaux ou d'aller chercher de l'eau, elles dépendent grandement des autres pour leur survie.2 Les conditions en milieu urbain sont aussi difficiles. Les personnes handicapées courent plus de risques de vivre dans des conditions sordides. Un rapport produit en septembre 2009 par le ministère des Affaires sociales et du Travail d'Haïti confirme que seulement 3,5 pour cent des 120 000 enfants ayant une incapacité à Port-au-Prince avaient accès à l'éducation. Seules deux écoles à Port-au-Prince répondaient spécifiquement à leurs besoins; elles se sont écroulées lors du tremblement de terre. Il est plus difficile de briser le cercle de la pauvreté pour les personnes handicapées quand elles sont non éduquées, mal nourries et qu'elles vivent dans des conditions insalubres. Du point de vue des soins de santé, l'OMS estime que seulement deux pour cent des personnes handicapées dans les pays en développement bénéficient de services de réadaptation et de soins de santé appropriés. En Haïti, l'État n'offre pas d'appui financier pour acheter béquilles, fauteuils roulants, orthèses ou médicaments. Des adultes avec de graves problèmes de santé mentale errent dans les rues alors que d'autres sont en institution dans un des deux importants centres psychiatriques : Mars et Kline à Port-au-Prince et Défilé de Beudet à Croix-des-Bouquets, qui a été sérieusement endommagé lors du tremblement de terre. La plus forte prévalence de problèmes liés au stress post-traumatique, de psychoses et de paralysies hystériques suite au tremblement de terre indique une demande encore plus forte pour des soins psychiatriques. Les mythes entourant l'incapacité créent des barrières additionnelles pour les personnes handicapées en Haïti. Une panoplie de croyances culturelles et religieuses y mènent à la discrimination. Les incapacités y sont souvent perçues comme ayant une origine surnaturelle. Par exemple, on peut soupçonner les enfants faisant des crises d'épilepsie d'être possédés ou, encore, blâmer des enfants handicapés pour une mauvaise récolte. Plusieurs parents d'enfants handicapés les abandonnent ou les cachent de la vue de la communauté par crainte de représailles et parce qu'ils n'ont pas les habiletés de base, l'éducation, l'appui de la collectivité et les ressources financières pour faire face à la situation. Un enfant abandonné, qu'il souffre ou non d'une incapacité, a un avenir très sombre en Haïti. Selon Julie Bergeron, responsable de la protection de l'enfance pour l'UNICEF en Haïti, des 600 institutions de garde d'enfants en place, moins d'un quart opère légalement et le reste n'est pas surveillé, faute de ressources. Dans certains orphelinats, on a rapporté des cas de sévices, incluant des viols, et des cas de sous-alimentation.11(*)

Quant aux familles prenant soin de leur enfant handicapé, elles dépendent grandement de l'appui des organisations non gouvernementales (ONG) étrangères. Et comme plusieurs parents croient que leur enfant peut être « guéri » de son incapacité,

Plusieurs traitements échouent. Par exemple, lorsqu'on leur donne des anticonvulsants pour leur enfant, les parents ont beaucoup de difficulté à comprendre qu'il n'y aura pas de changement instantané. Si on ne répond pas à leurs attentes, ils interrompent le traitement, ce qui peut mener à un plus grand nombre de crises, à des dommages au cerveau et même à la mort de l'enfant.

En Haïti, Handicap International estimait que 800 000 personnes vivaient avec une incapacité avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010; elles étaient parmi les plus pauvres du pays. Depuis le séisme, le nombre de personnes handicapées a augmenté dramatiquement, ce qui exerce encore plus de pression sur des infrastructures déjà fragiles. Plusieurs enfants nouvellement handicapés ont aussi perdu leurs parents et leur maison, et les personnes handicapées qui s'entassaient auparavant à Port-au-Prince se sont déplacées vers la périphérie, où les services sont rares. La situation est compliquée par les mythes qui ont cours à propos des incapacités, mythes qui créent une barrière à l'aide aux personnes handicapées --appelées « cocobai » en argot créole, dont le sens implique qu'elles n'ont aucune valeur. 12(*)

La manière de définir et de comprendre l'incapacité a changé pendant la dernière décennie. L'incapacité était autrefois comprise comme une façon de caractériser un ensemble particulier de limitations généralement stables. En 2001, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté un nouveau système de classification internationale, la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF), qui met l'accent sur le statut fonctionnel plutôt que sur le diagnostic. L'OMS définit l'incapacité comme une variable contextuelle, dynamique et relative aux circonstances, et ce, sur la base de l'individu et de son environnement. Par exemple, une personne avec une incapacité physique qui utilise un fauteuil roulant est limitée par la société si elle ne peut avoir accès à un édifice où elle pourrait travailler.13(*)

Un des progrès qu'Haïti a fait à ce sujet est la publication de la loi portant sur l'intégration des personnes handicapées.14(*) La présente loi parut le 21 mai 2012 dans les colonnes du journal « Le Moniteur ». Selon l'article 1, ladite loi a pour objet de promouvoir des principes et des valeurs concourant à l'intégration pleine et entière des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société Haïtienne. Elle s'applique à toute communauté nationale, en particulier à la population des personnes handicapées vivant dans le pays.

CHAPITRE II : L'ADOLESCENCE

2.1- Adolescence : Définition

Aujourd'hui, définir l'adolescent, ses critères et ses limites d'âge ne fait pas l'unanimité parmi les chercheurs. En effet, se référant aux transformations physiologiques qui surviennent à cette période, l'adolescence est généralement entendue comme la période de vie qui s'étend de la puberté à l'âge adulte (Audétat et Voirol, 1997). Cette période de la vie est caractérisée par des transformations qui marquent le passage de l'enfance à la maturité du point de vue biologique. Ces transformations éveillent des intérêts et des émotions. Elles provoquent inquiétudes et une hypersensibilité à l'apparence physique.

Selon Claes (1993), les transformations physiologiques et les remaniements du schéma corporel apparaissent comme le point de départ de la crise pubertaire, et provoquent un sentiment de changement chez l'adolescent. Pour s'affirmer à la fin de sa construction identitaire, l'adolescent choisit de s'opposer aux autres. Les parents sont les premières victimes. La famille, telle que perçue par l'adolescent, se caractérise par des rapports contradictoires de coopération et d'opposition. L'opposition peut s'exprimer sous des formes différentes : opposition ouverte ou agression chez les garçons, résistance plus discrète mais néanmoins résolue chez les filles.

Sur le plan cognitif, de nouvelles possibilités de pensée prennent la place des opérations concrètes : la pensée formelle. Celle-ci permet à l'adolescent de réfléchir sur des situations abstraites, détachées des objets concrets. Ceci donne lieu à de nombreuses interrogations du type `'qui suis-je ?'', `'pourquoi suis-je ici ?''. La pensée formelle domine donc à ce stade du développement, et on assiste à une augmentation des périodes de réflexion ou de rêverie (Bazilashe, 1995).15(*)

Par ailleurs, les études de Simmons et Rosenberg (1968)16(*) auprès de 1917 enfants et adolescents américains répartis en trois groupes d'âges (huit - onze ans / douze-quatorze ans / quinze ans et plus) ont montré que l'image positive de soi décline au début de l'adolescence (groupe de douze-quatorze ans) pour se stabiliser, voire s'améliorer par la suite.

Dolto (1988)17(*) fait remarquer que l'adolescent se montre vulnérable aux remarques dépréciatives émanant d'autres adultes qui ont pour rôle d'encadrer les jeunes. Au cours de cette mutation, il reproduit une fragilité du bébé qui naît, extrêmement sensible à ce qu'il reçoit comme regard et entend comme propos le concernant. L'auteur affirme que si les adolescents sont blessés affectivement au cours de cette période de vulnérabilité, ils en portent les cicatrices pour toujours. Dolto (1988) souligne le rôle très important que peuvent jouer `'les personnes latérales'' (enseignants, animateurs de groupes de jeunes) pour les fortifier, c'est-à-dire favoriser la confiance en soi, le dépassement du sentiment d'impuissance et de découragement. Mais en fait, quelles sont les étapes de cette période de vie ?

Selon Débesse (1960)18(*), on peut distinguer la prime adolescence de la grande enfance. En d'autres termes l'adolescence pubertaire, de la 12è et à la 16è année, où dominent les transformations organiques, et l'adolescence juvénile de la 16è à la 20è année, où les apprentissages sociaux et culturels passent au premier plan.

Audétat et Voirol (1997)19(*) admettent que généralement l'adolescence commence aux alentours de 12 ans et se poursuit jusqu'aux environs 18-20 ans, quand les principales transformations biologiques, psychologiques, et sociales sont accomplies.

Quant à Cleas (2001)20(*), il croit que la période de l'adolescence se situe entre 12 et 18 ans.

2.2- L'adolescence : l'évolution du mot 

Le mot d'origine lui-même, adulescens, existait déjà dans la Rome antique. Étymologiquement, adulescens signifie « celui qui est en train de croître » et ne se réfère à aucune catégorie d'âge en particulier.

Au long du Moyen Âge, la population est divisée en enfants et adultes autour de l'âge naturel de la puberté.

Les termes utilisés pour désigner les jeunes sont alors plus fréquemment liés à l'appartenance à un groupe ou à une condition sociale qu'à une tranche d'âge.

Au milieu du XIXe siècle que le mot adolescence apparaît dans le vocabulaire des sociétés occidentales pour désigner les jeunes collégiens poursuivant leurs études et financièrement dépendants. C'est à cette époque que l'industrialisation prend son essor et que l'espérance de vie s'accroît. À peu près simultanément, un costume particulier à cet âge permet de distinguer les jeunes des enfants et des adultes, mais l'adolescence ne concerne encore alors qu'un nombre très restreint d'individus appartenant à la bourgeoisie.

2.3- L'adolescence : une notion nouvelle au milieu du XIXe siècle

C'est au point de convergence du retard dans l'accès à la société adulte et de l'institutionnalisation d'une formation cloisonnée de longue durée que va naître l'idée d'une « adolescence ».

Les jeunes sont à la fois précieux pour l'avenir à un moment où les connaissances évoluent très rapidement, et dangereux par leurs excès. La prise en main des individus pendant cet âge jugé malléable s'impose, et les jeunes vont se heurter à des pressions sociales grandissantes à leur égard. Les confrontations engendrées contribueront à faire de l'adolescence une période réputée tumultueuse.

Au XIXe siècle se développe, avec le triomphe de la raison, l'idée d'une jeunesse irresponsable. Ce nouveau « statut » s'accompagne de mesures de « correction paternelle » dont l'enfermement des enfants à la demande de leur père (étendu par le Code civil de 1804), et l'enrôlement forcé au régiment ou au couvent. Les jeunes réagissent de plus en plus souvent par un repliement sur soi, par des révoltes collectives, des manifestations politisées et éprouvent une solidarité accrue de classe d'âge au-delà des clivages sociaux. Les réactions parfois violentes des fils face à la répression des pères contribuent à développer, au début du XXe siècle, une peur des jeunes dont la presse se fait largement l'écho. Durkheim dénonce les jeunes comme étant des facteurs de désintégration de la société. Il affirme en 1897, dans Le Suicide, que «  l'appétit sexuel de l'adolescent le porte à la violence, à la brutalité, voire au sadisme. Il a le goût du viol et du sang »21(*)

2.4- L'essor des théories de l'adolescence

La société cherche également, au début du XXe siècle, dans les théorisations qui vont transformer l'adolescent en objet d'étude, de nouveaux remèdes aux problèmes posés par lui, et notamment par la délinquance qui émerge avec la croissance des grandes métropoles et de leurs banlieues. Cette demande de théorisation faite aux spécialistes signe le début de la médicalisation et de la psychologisation de l'adolescence. Elle conduira à assimiler à une maladie une période nécessaire de maturation psycho-socio-physiologique avant le passage à l'âge adulte. Les premiers travaux psychologiques portant sur l'adolescence sont dus aux Américains : W. H. Burnham (The Study of Adolescence, 1891) puis G. Stanley Hall (Adolescence, 1904). En Europe francophone, deux types d'ouvrages se développent à partir du début du siècle. Les premiers sont de type éducatif et pédagogique, très moralistes. On peut citer par exemple le livre de Baeteman, publié en 1922, La Formation de la jeune fille. Les seconds sont de type scientifique et psychologique et prennent leur essor avec la publication, en 1909, de l'ouvrage de Pierre Mendousse, L'Âme de l'adolescent, qui sera suivie, dix-neuf ans plus tard, en 1928, de celle de son pendant féminin, L'Âme de l'adolescente, par le même auteur.

G. Compayre, avec L'Adolescence en 1910, A. Lemaître, avec La Vie mentale de l'adolescent et ses anomalies, et P. Gautier, avec la publication de L'Adolescent en 1914, sont autant d'innovateurs dans le domaine. À partir de 1935, les travaux de Maurice Debesse dominent les recherches françaises et préfigurent, avec l'individualisation de la crise d'originalité juvénile, une véritable psychologie différentielle de l'adolescent.

La psychanalyse aussi est sollicitée. Freud, pour sa part, s'intéresse aux mutations psychologiques qui accompagnent la puberté (Trois essais sur la théorie de la sexualité, 1905) mais n'évoque jamais la notion d'adolescence. Il faut attendre 1922, avec la publication par le psychanalyste anglo-saxon E. Jones de son livre Quelques Problèmes de l'Adolescence, pour que le terme adolescence supplante celui de puberté. En 1936, ultime étape avant la guerre, Anna Freud, dans Le Moi et le ça à la puberté et Anxiété instinctuelle pendant la puberté, tente de faire la jonction entre la puberté freudienne et l'adolescence. La production d'après guerre prend un essor considérable et la majorité des publications sont d'origine américaine. E. Bernfeld, O. Fenichel, H. Deutsch, E. Erikson, A. Freud, M. Klein sont quelques auteurs importants ayant attaché leur nom aux recherches sur l'adolescence. Le courant d'« egopsychologie », initié par Hartmann, Kriss et Loewenstein, se développe aux États-Unis et se consacre à la recherche d'applications directes de la théorie.

L'adolescence est progressivement assimilée à une maladie dont il faut prévenir les troubles. Les avatars médico-psychologiques banals liés à la puberté sont de plus en plus souvent considérés comme pathologiques et s'accompagnent de nouvelles désignations et de nouveaux symptômes, comme les « troubles de comportement » ou les « tendances anti-sociales ». Ils donnent lieu à un déploiement d'interventions éducatives dans les domaines autrefois protégés de la santé et de la vie affective. En outre, l'adolescent est de plus en plus souvent considéré comme un être avec lequel le dialogue est difficile, voire impossible. La fin du XXe siècle voit se multiplier les enquêtes et les sondages dans le but de mieux cerner les objectifs et les motivations de ce groupe étrange considéré comme présentant des caractéristiques spécifiques, qu'un retour sur leur adolescence, de la part des adultes, ne permettrait pas d'éclaircir.

Ainsi, l'adolescence, concept flou correspondant à une période de vie créée artificiellement pour une formation cloisonnée et prolongée, acquiert-elle, dans la deuxième moitié du XXe siècle, une légitimité scientifique accréditée par l'inflation de publications sur le sujet.

Les jeunes, certes, ont des difficultés liées à la crise pubertaire dont le célèbre pédiatre et psychanalyste anglais D.W. Winnicott s'est attaché à rappeler, en 1971, le caractère normal et nécessaire. Mais c'est également sur cette catégorie de la population que se cristallisent les tensions sociales provoquées par le remaniement actuel des valeurs de notre société. Comme par le passé, ils jouent un rôle tampon dans cette période de chômage et de déséquilibre démographique. Ils sont les miroirs grossissants de nos inquiétudes et de nos insuccès.

Depuis les années soixante-dix, il y a deux fois plus de jeunes de 15 ans à 24 ans en âge d'entrer dans la vie active que d'anciens (55-64 ans) en âge de la quitter. De surcroît, les modalités de passage à l'âge adulte se sont progressivement désagrégées. L'adolescent de nos sociétés modernes acquiert des droits multiples à des âges différents sans jamais obtenir de statut nouveau : majorité légale à 18 ans, responsabilité pénale à 15 ans, compte bancaire à 13 ans ou 14-18 ans selon les cas, fin de la pédiatrie à l'hôpital à 15 ans et 6 mois, sans parler des âges requis pour conduire un vélomoteur, pour entrer au cinéma ...

Cette situation de flou entre deux âges est caractéristique des sociétés modernes occidentales. Elle n'existe pas dans les cultures traditionnelles d'Afrique, d'Amérique du Sud ou d'Asie. L'âge auquel ces sociétés situent le passage de l'enfance à l'âge adulte est en général situé aux alentours de la puberté physiologique. Les modalités de passage peuvent être plus ou moins complexes. Mais, dans tous les cas, la transition est claire et se passe sans « crise ». Elle fait l'objet de rites plus ou moins élaborés et plus ou moins longs selon les sociétés qui, déterminant un avant et un après, symbolisent l'acquisition d'un nouveau statut social aux yeux de tous.

2.5- Les transformations à l'adolescence

L'adolescence se caractérise par des transformations corporelles, l'apparition des caractères sexuels secondaires mais aussi la maturation neurologique qui fait que l'adolescent appréhende différemment son environnement. Les transformations sont aussi affectives, relationnelles, sociales...

En raison de tous ces changements, du fait d'être dans un entre-deux, l'adolescence plonge les jeunes dans de nombreux paradoxes. Autonome et pourtant dépendant, individualiste et pourtant fasciné par le groupe, dans le doute mais aussi catégorique, tantôt altruiste tantôt égoïste, l'adolescent, cet être en pleine mutation, fait l'expérience des contradictions, du paradoxe et de la souffrance que tout cela engendre. Pour sortir de l'adolescence, il s'agira d'accepter l'ambivalence.

2.5.1- Le corps

L'adolescence est donc avant tout un phénomène pubertaire. Cette transformation du corps, si rapide, peut faire violence au jeune. Elle vient comme une cassure brutale entre l'enfance et l'adolescence. Le corps de l'adolescent change à une telle rapidité qu'il en devient autre et le jeune peut venir à s'interroger sur cet « autre » qu'il devient. Tout le travail de l'adolescent sera d'accepter ces transformations sans se perdre, c'est-à-dire en maintenant intègre son identité malgré cette image qui change dans le miroir.

Pour certains adolescents, le corps devient un ennemi, un « traître » car il est peu fiable : poussée d'acné, mue de la voix. Ces changements corporels et leur impact sur l'image du corps entraînent parfois des comportements particuliers : désinvestissement du corps (refus de se laver) ou à l'inverse surinvestissement corporel (se regarder des heures dans le miroir) comme si l'adolescent cherchait mieux à s'approprier son corps, accepter son propre regard afin de mieux accepter le regard des autres.

2.5.1.2- La pensée

Sur le plan cognitif, l'adolescent accède à la pensée formelle, autrement dit il acquière la pensée adulte, capable d'abstraction : c'est le temps des grandes théories, des débats sur la religion, la politique etc. Cela lui permet d'accéder progressivement à une activité réflexive, c'est-à-dire la capacité de penser ses pensées (double distanciation vis-à-vis des autres et de soi-même). Ce changement cognitif est essentiel, l'adolescent est désormais capable (neurologiquement) de s'interroger sur ce qu'il pense, sur ce qu'il est. L'enfant pense bien entendu et apprend progressivement à penser dans l'abstraction c'est-à-dire sans s'appuyer systématiquement sur des objets réels, concrets). Mais les pensées de l'enfant s'appuient essentiellement sur celles des adultes. Et s'il peut développer un argumentaire, celui-ci sera fortement teinté du discours parental ou scolaire (« mon père dit que ... »). L'enfant a tendance à prendre ce qu'on lui dit pour argent comptant, remettant peu en cause les idées des adultes. Si l'enfant s'oppose à l'adulte, c'est davantage dans un souci de se différencier de lui, de s'opposer à son autorité, que de proposer une opinion personnelle aboutie (on est davantage dans le psycho-affectif que dans le domaine de la pensée).

L'adolescent, lui, peut créer et développer ses propres pensées, de plus en plus indépendamment de l'adulte ; son esprit devient critique. Cette nouvelle possibilité ne s'acquière pas en un jour, et il est souvent difficile pour le jeune adolescent de différencier clairement ses pensées de celles de l'adulte. C'est pourquoi les discussions aboutissent souvent en conflit : il teste ainsi ses idées, s'oppose pour marquer sa différence. Investir les pensées est un exercice difficile et l'on entend souvent « ça me prend la tête ». Dans certains cas, cela peut être à tel point difficile que la pensée est désinvestie. Cela a des conséquences sur le plan scolaire mais aussi sur le plan comportemental (agressivité, passage à l'acte, violence...).

2.5.1.3- Sexualité et relation avec les parents

La puberté fait entrer l'adolescent dans la sexualité adulte. En effet le corps devient sexué, ce qui veut dire que l'adolescent est physiologiquement mature pour avoir des rapports sexuels et est apte à la procréation. Cela change littéralement son rapport à l'autre, notamment à ses parents. Son regard change sur les autres, mais les autres aussi changent de regard sur lui. Cette sexualisation du corps remet en question ce que l'on appelle le complexe d'Oedipe, questionnement endormi pendant la phase de latence.

2.5.2- Le complexe d'Oedipe

Le complexe d'OEdipe est cette période entre 3 et 5 ans où généralement l'enfant « s'éprend » du parent du sexe opposé et entre en rivalité avec le parent du même sexe. La petite fille dévore son père des yeux et veut se marier avec lui. Le petit garçon écarte le père quand il veut embrasser la mère. Le rôle des parents à cette période est de rappeler l'impossibilité de cette union contre-nature (poser ce qu'on appelle « l'interdit de l'inceste »). A l'adolescence, la question de l'OEdipe se pose à nouveau, avec une nouvelle donne : la maturité sexuelle. La proximité avec les parents qui rassurait l'enfant va devenir rapidement insupportable (tension interne) pour l'adolescent. Ainsi, les gestes de tendresse jusque là vécus comme anodins deviennent embarrassants pour l'adolescent (et pour les parents). Soudain, l'adolescent refuse les bisous, parfois le moindre contact. L'agressivité éclate souvent.

Ainsi, l'adolescent, du fait de sa maturité sexuelle, est amené à prendre des distances par rapport à ses parents.

2.6- L'importance du corps à l'adolescence

En 1990, Françoise DOLTO qualifie l'adolescence de « complexe du homard »22(*), se référant à la fragilité de l'animal qui a perdu sa carapace et pas encore acquis la nouvelle. L'adolescence est en effet un passage entre l'enfance et l'âge adulte, et est lié à de nombreux remaniements tant physiques que psychiques. L'apparition de la puberté entraîne des modifications du corps et s'impose au psychisme de l'adolescent. Celui ci subit passivement les transformations du corps : les règles, les premières éjaculations, les caractères sexuels secondaires et il doit réapprendre à assimiler ce corps. Il sait qu'il n'est plus un enfant puisque son corps s'est modifié, qu'il est désormais capable de procréer. L'équilibre est précaire entre le corps de l'enfant et celui de l'adulte qu'il n'est pas encore. « L'adolescent devient gauche, maladroit, ingrat. S'installe l'inquiétude que les dimensions et les formes du corps ne soient pas standards. Les bonnes manières laissent la place à la grossièreté, à l'agressivité et au refus du rangement, ce qui occasionne des disputes au sein de la famille. En fait, l'adolescent a des difficultés à habiter ce corps nouveau dont la puberté l'a affublé, il se sent dysharmonique. Son refus de l'horaire des repas ou d'une séance de baignoire peut alors traduire un refus du corps »23(*). Pour les psychanalystes, « l'adolescence peut se définir par le travail psychique rendu nécessaire par les bouleversements pubertaires, où se joue le devenir de l'organisation psychique infantile antérieur »24(*). C'est Sigmund FREUD le premier, dans le domaine de la psychanalyse, qui s'est intéressé à la question de l'adolescence et a souligné l'importance de la puberté.25(*) Il semble en effet que les changements physiologiques de cette période vont avoir un impact sur la vie pulsionnelle de l'adolescent, puisque le complexe d'OEdipe va, sous l'influence hormonale réapparaître à ce moment là.
Tout le processus de l'adolescence vise à surmonter la résurgence du complexe d'OEdipe en luttant contre ses représentations et en se détachant des parents.
Cela peut expliquer le comportement de nombreux adolescents qui rejettent leurs parents. Cette transformation va être, à la fois source d'angoisse, de fierté et d'affirmation. Ici les réactions de l'entourage seront primordiales. Jalousie paternelle ou maternelle, jeu de séduction, accession à la pudeur, etc.... Autant de réactions qui influeront sur l'adolescent. Nous voyons donc que le phénomène physiologique de la puberté a une incidence sur le psychisme de l'adolescent, sur son identité.  

2.7- L'image du corps

2.7.1- Approche de la psychologie génétique

Selon Henri Wallon, pour que l'enfant arrive à avoir une notion de son corps cohérente et unifiée, il faut qu'il distingue ce qui doit être attribué au monde extérieur et ce qui peut être attribué au corps propre. Le schéma corporel va devoir se constituer selon les besoins de « l'activité ; c'est le résultat et la condition de justes rapports entre l'individu et le milieu ; celui des rapports entre l'espace gestuel et l'espace des objets, celui de l'accommodation motrice au monde extérieur » (Wallon, 1954)26(*).

2.7.1.2- Approche psychanalytique : Paul Schilder

Selon Schilder. L'image du corps, c'est l'image de notre propre corps que nous formons dans notre esprit, autrement dit la façon dont notre corps nous apparait à nous

Mêmes. Schilder définit ce dernier comme «l'image tridimensionnelle que chacun a de soi-même. Il voit donc le schéma corporel comme un « standard » spatial, qui nous permet d'avoir une connaissance de la posture, du mouvement, de la localisation de notre corps dans l'espace et de son unité. Ce modèle postural du corps n'est pas une entité statique, fixe, elle est dynamique, c'est-à-dire, changeante, en croissance, « en perpétuelle auto-construction et autodestruction interne. (Schilder, 1968)27(*)

2.7.1.3- Jacques Lacan

Pour Lacan, l'immaturité proprioceptive du nourrisson lui fait apparaître son corps comme morcelé, ce manque d'unité du corps ayant un effet anxiogène. La relation fusionnelle avec sa mère semble être le seul moyen de satisfaire les données proprioceptives éparpillées et ainsi d'atténuer l'angoisse de morcellement. Ce n'est qu'aux environs de 6 mois, que la perception visuelle a une maturation suffisante pour permettre la reconnaissance d'une forme humaine. Ceci ne manque pas d'entraîner une modification dans l'éprouvé affectif et mental du corps : « en prolongement, en fusion plutôt avec les données proprioceptives morcelées, viendront s'inscrire les données visuelles liées au corps de l'Autre ; soudainement s'unifiera, sous la forme de la `'représentation inconsciente'', ou Imago, cette image de l'Autre, et à travers elle, la proprioceptivité qui lui était liée » (Lacan, 1966). A ce moment, on peut observer l'enfant qui jubile devant le miroir. Cette expérience féconde et riche, liée à l'apparition de l'imago de l'Autre, est identifiée par Lacan comme le « stade du miroir ». Cette identification primordiale va permettre la structuration du « Je », l'expérience d'un corps unifié, et va mettre un terme à ce vécu psychique du fantasme du corps morcelé.28(*)

2.7.1.4- Françoise Dolto

Pour Dolto, l'image du corps du sujet est faite des superpositions des images passées de son corps et de l'image actuelle. Cette image est le lieu d'intégration des zones de ce corps investies par des échanges structurants et créatifs. Dans cette optique, le corps devient un lieu de langage archaïque, non-verbal, une forme dynamiquement structuré d'un système de significations. Dolto insiste pour « ne pas confondre image du corps et schéma corporel » (1984, )29(*) elle en propose une distinction systématique :

Shema Corporel

Image du corps

Le schéma corporel est le même pour tous les individus

Le schéma corporel est en parti inconscient mais aussi préconscient et conscient

L'image du corps est propre à chacun, elle est liée au sujet et a son histoire.

L'image du corps est éminemment inconsciente, elle peut devenir en partie préconsciente quand elle s'associe au langage conscient.

L'image du corps est la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles. Elle peut être considérée comme l'incarnation symbolique inconsciente du sujet désirant. Elle est à chaque moment mémoire inconsciente de tout vécu relationnel.

C'est grâce à notre image du portée par, et croisée à, notre schéma corporel que nous pouvons entrer en communication avec autrui.

 

L'image du corps est le support du narcissisme.

Le schéma corporel est évolutif dans le temps et l'espace

Dans l'image du corps le temps se croise a l'espace. Le passé inconscient résonne dans la relation présente

le schéma corporel réfère le corps actuel dans l'espace à l''experience immédiate. Il peut être indépendant du langage

l'image du corps réfère le sujet du désir à son jouir médiatisé par le langage mémorisé de la communication entre sujets.

2.8- L'identité et les identifications

L'adolescence est aussi l'âge ou le sujet s'aperçoit plus ou moins consciemment à quel point il était jusque là tributaire du rêve de ses parents, déplacé sur lui. Et qu'il doit remettre en cause ce qui lui servait alors de repère. Ce qui anime son désir n'est plus un idéal à accomplir, et les parents doivent comprendre son intransigeance et ses attitudes d'opposition non comme des attaques dirigées contre eux mais plutôt comme des tâtonnements qui l'aident à mieux cerner et faire valoir ce qu'il désire.
Comme nous l'avons vu, il y a un besoin chez l'adolescent de se détacher des parents mais aussi de faire le deuil du lien aux parents de la petite enfance. Pour Peter BLOS il s'agirait d'un « second processus de séparation-individuation ».30
(*) Pour Peter BLOS, l'adolescent devrait donc, pour grandir, se séparer des représentations internes parentales pour leur substituer de nouveaux objets d'investissement. L'adolescent cherche alors de nouveaux modèles d'identification.
L'identification est « le processus généralement inconscient par lequel un individu assimile l'aspect, la propriété, l'attribut d'un autre et se transforme en partie ou parfois même en totalité suivant le modèle de celui-ci ».31(*) En ce qui concerne l'identité, il semble qu'elle soit étroitement liée aux identifications. Pour KESTEMBERG « Identité et identification sont pratiquement un seul et même mouvement. On retrouvera dans l'adolescence et à la faveur du remaniement biologique et avec une acuité particulière, cette constante communication anxieuse entre l'autre et soi-même, entre l'identification et l'identité.32(*) A l'adolescence, la constitution de l'identité du sujet s'appuie donc de plus en plus sur des modèles extra familiaux. Mais comme le souligne Alain BRACONNIER et Daniel MARCELLI : « L'adolescent intègre peut être encore plus profondément qu'avant une partie identificatoire aux deux parents et en particulier au parent du même sexe. Nous pouvons dire ici « plus profondément » en raison de la nécessité de se reconnaître comme différent et autonome de ce parent tout en s'appuyant au plus profond de soi sur ce qui a pu s'intérioriser de l'image parentale ».33(*)

Tout se passe comme si l'adolescent devait se séparer de ceux auxquels il doit s'identifier. Marcelli souligne l'intérêt du groupe, de la bande dans cette quête identitaire. Elle donne à l'adolescent à la fois « une protection, une possibilité de régression mais aussi un étayage identificatoire de transition (...) qui permet au jeune de se différencier de l'image paternelle en cherchant à prélever des fragments d'identité sur les différents

membres de la bande tout en s'affirmant lui même porteur de traits paternel mais à l'extérieur du cadre familial : au milieux des copains, il peut laisser parler le père qui est en lui sans que cet aveu soit source de soumission, de faiblesse ou d'allégeance ».34(*)

Cet anticonformisme exalté étant d'ailleurs plus le fait du sexe masculin plus enclin à des réactions tournées vers l'extérieur.

2.9- La crise à l'adolescence

L'adolescence apparaît avec la puberté lorsque les bouleversements hormonaux entraînent des changements aussi bien physiologiques que psychologiques. La crise est le témoin d'un moment critique du développement humain et en même temps l'expression d'un travail psychique au service de ce développement. C'est pourquoi on parle de crise d'adolescence, qui est aujourd'hui bien admis, voire considéré comme un passage obligé, une période transitoire de la vie. Ce terme de « crise » suppose que l'on reconnaît une spécificité adolescente, mais qu'il s'agit d'une période sensible, une période d'affrontement. Il ne s'agit pas de considérer toutes les manifestations de l'adolescence comme pathologiques dès lors qu'elles sont conflictuelles et perturbantes. Il ne s'agit pas non plus de banaliser ou de sous estimer les manifestations de désarroi les plus violentes
La différence entre normal et pathologique est parfois difficile à faire par l'entourage.

2.10- Situation des adolescents en Haïti

En Haïti certains enfants, au cours de leur période d'adolescence, travaillent ou se retrouvent en situation de domesticité ; certains d'entre eux vivent dans les rues et essuient les voitures. Certains d'entre eux ne jouent pas assez pour leur âge, d'autre ne font presque pas de sport. Dans les pays occidentaux, on devient adultes quand on travaille ; en Haïti, le taux de chômage est très élevé, il atteint 65% de la population active. Cette situation de pauvreté affecte également les adolescents. Passés l'âge d'adolescence, certains vivent encore chez leurs parents. Ils sortent difficilement de l'adolescence. Et même quand ils prennent femme, ils vivent encore sous le toit des parents.

Dans son mémoire intitulé «  Domesticité et estime de soi à l'adolescence »35(*), Evenson Lizaire, parlant des adolescents qui vivent en situation de domesticité en Haïti, croit que le plus souvent ces adolescents commencent à travailler lorsqu'ils ont quitté le foyer de leurs parents biologiques pour s'installer dans la famille d'accueil. Généralement les adolescents qui vivent en domesticité sont astreints à des travaux divers ; alimenter la maison en eau, assurer la vente de petits commerces, accompagner les enfants à l'école, accomplir d'autres tâches ménagères comme la lessive et la vaisselle. Jean Robert Cadet, dans son livre, Restavek36(*), affirme que très souvent certains d'entre eux se lèvent de bonne heure et dorment très tard en raison du volume de travail qu'ils ont à accomplir.

Parfois, poursuit-il, l'enfant ou l''adolescent peut être prêté par un(e) ami(e) de sa personne responsable pour accomplir ces mêmes taches.

CHAPITRE III : LA DEPRESSION

DEFINITION 

En psychiatrie, la dépression est un trouble de l'humeur. Du latin depressio (enfoncement). Le terme prend son usage psychologique vers le XIXe siècle.

La dépression caractérise essentiellement un état de perte de motivation ou d'élan vital chez un individu, associé ou non a différents symptômes. Les symptômes les plus courants sont une perte d'espoir, de l'envie, de l'estime de soi. D'autres signes peuvent s'associer, tels que l'anxiété ou l'angoisse, la fatigue, la tristesse, des pensées négatives, des idées noires, des intentions suicidaires ou d'autres modifications de l'humeur et, dans certains cas extrêmes, des hallucinations.

La dépression est souvent multifactorielle et ses causes, généralement multiples. Elle peut être liée a un ou plusieurs événements traumatiques ou vécus comme négatifs (chagrin, crise situationnelle, stress) ou a un environnement psychosocial et familial hostile. Elle peut s'associer a un autre trouble psychiatrique ou a une affection somatique.

La durée du trouble dépressif varie grandement, elle peut aller d'un épisode qui se résout en une semaine à une séquence d'épisodes dépressifs majeurs s'étalant sur des années. Les individus dépressifs ont une espérance de vie plus courte que ceux qui ne le sont pas en partie à cause du suicide et d'une plus grande susceptibilité émotionnelle due à un ou plusieurs troubles mentaux. Les facteurs de risques suicidaires causés par les médicaments restent inconnus. Les dépressifs et même ex-dépressif peuvent subir une stigmatisation sociale

Les connaissances sur la nature et les causes de la dépression ont largement évolué à travers les siècles, mais elles demeurent incomplètes ; la recherche sur la dépression est actuellement un domaine d'étude actif et diversifié. Ces facteurs sont psychologiques, psychosociaux, héréditaires, évolutionnaires, biologiques, spirituels, environnementaux, notamment et à leurs interaction. L'utilisation prolongée de certains types de substances psychoactives ou psychotropes (alcool, café, tabac, drogue,) peuvent augmenter la symptomatologie dépressive. Les traitements psychothérapeutiques sont basés sur des théories cognitivo-comportementales, l'EMDR, les théories de personnalité, de communication interpersonnelle de la relation d'aide et de l'apprentissage.

3.1- Dépression : psychanalyse

Le terme dépression diffère de la notion de dépression en psychanalyse qui se distingue sous un registre de psychopathologie psychanalytique. En psychanalyse, le terme dépression décrit un processus psychique douloureux lié a une perte sans être nécessairement pathologique. Est alors distinguée une dépression normale d'une dépression pathologique.

Le terme dépression recouvre au moins trois significations. Il peut s'en rapporter a un symptôme, un syndrome ou une entité nosologique qui se manifeste par une perte durable de l'élan vital (lassitude, dépréciation de soi, pessimisme etc.)

Les symptômes sont similaires à ce que peut produire une extrême fatigue. Une des caractéristiques est que la fatigue ne cède pas au repos. Selon Henry Ey (1900-1977) : « il s'agit d'un processus pathologique extrêmement complexe. De toute manière, soit comme conséquence, soit comme simple association, sont ajoutés aux troubles de l'humeur deux autres phénomènes : l'inhibition et la douleur morale ou le sentiment de culpabilité . L'inhibition est une sorte de freinage ou ralentissement des processus psychiques de l'idéation qui réduit le champ de la conscience et les intérêts, replie le malade sur lui-même et le pousse à fuir les autres et les relations avec autrui. Subjectivement, le malade éprouve une lassitude morale, une difficulté de penser, d'évoquer (troubles de la mémoire), une fatigue psychique. La douleur morale s'exprime sous forme d'auto dépréciation qui peut devenir auto accusation, auto punition et un sentiment de culpabilité qui se manifeste sous forme de tristesse.

3.2- Epidémiologie

Les troubles dépressifs sont au troisième rang des troubles mentaux après les troubles phobiques et l'alcoolisme. La prévalence ponctuelle de la symptomatologie dépressive se situe entre 10 et 20 % dans la population générale. L'épisode dépressif majeur (EDM) tel qu'il est définit dans les classifications internationales a une prévalence de 3% sur 6 mois, de 4 a 5% sur 1 an (Homme : 3% ; Femme : 6%) et 12% sur vie entière (Homme : 10% ; Femme : 22%)

3.3- Eléments diagnostiques

3.3.1- Mode de début : L'accès se constitue de façon progressive, marquant une nette différence avec l'état antérieur du sujet. Les premiers symptômes sont souvent un sentiment d'incapacité et de dépréciation, une indécision croissante, une péjoration de l'avenir, une douleur morale et un sentiment de culpabilité.

3.3.2- Phase d'état : le visage est souvent figé, grave arborant parfois un oméga mélancolique désigné par les plis du front dans les formes sévères, le malade est immobile, ralenti avec une activité spontanée minimale. Le discours est lent, les discours se faisant entendre, et le ton est classiquement monotone et monocorde.

3.3.3- Humeur dépressive : la tristesse envahit entièrement le champ de la conscience et l'ensemble du comportement. Elle est permanente, insensible au réconfort de l'entourage et résistante a toute tentative de raisonnement extérieur. La douleur morale favorise les sentiments d'incapacité et de dépréciation personnelle, la conviction d'incurabilité et la péjoration de l'avenir. Inhibition et ralentissement intellectuel : caractérisée par une lenteur ideatoire et un appauvrissement, l'inhibition intellectuelle entraine des troubles de la mémorisation et de la concentration. La diminution du flux verbal associée peut aller jusqu'à un quasi-mutisme. L'inhibition de la volonté ou aboulie, associée à une perte de la capacité à ressentir du plaisir ou anhedonie qui peut s'étendre du simple émoussement émotionnel à une anesthésie des sentiments

Idéations suicidaires, la péjoration de l'avenir, la perte d'espoir (incurabilité) peuvent favoriser un geste suicidaire impulsif.. Le refus alimentaire apparait comme une marque d'opposition à sa propre survie par le patient. Des conduites à risque, des conduites toxicomaniaques massives et d'autres comportements peuvent être perçus comme des équivalents suicidaires

3.4- Symptômes somatiques

3.4.1- Les troubles du sommeil : la dépression est constatée avec une prédominance en deuxième partie de nuit (parfois être totale) avec réveil matinal précoce. Dans les cas les plus sévères, il existe des modifications de l'enregistrement nocturne EEG (Raccourcissement de la durée de la phase 4, augmentation de la fréquence des interruptions de sommeil), le sommeil n'est pas réparateur. Parfois il peut s'agir à l'inverse d'une hypersomnie non réparatrice. Ces troubles sont souvent couplés à une clinophilie37(*)

3.4.2- Les troubles alimentaires : on retrouve des conduites anorectiques avec amaigrissement ou à l'opposé des conduites boulimiques avec prise de poids, hyperphagie.

3.4.3- Les troubles sexuels ; il est noté de façon constante une baisse importante de la libido, baisse du désir qui s'intègre dans la perte globale d'intérêt. La frigidité chez la femme et l'impuissance chez l'homme renforcent le sentiment de dévalorisation et de culpabilité. Il peut aussi avoir une aménorrhée38(*), des troubles neuro-végétatives.

3.5- Dépression (DSM IV)

Épisode dépressif majeur : selon le DSM IV il faut au moins 5 des symptômes présents pendant une même période minimale de deux semaines (tous les jours ou presque) avec changement par rapport à l'état intérieur. Au moins un des symptômes est soit une humeur triste, soit une perte d'intérêt ou de plaisir.

Il n'existe pas de facteurs organiques dans l'initiation ou le maintien de l'épisode

Episode dépressif majeur avec caractéristiques Mélancoliques

La mélancolie représente une dépression particulièrement grave de part son intensité, son risque suicidaire, son absence de lien avec des événements de vie (autrefois dépression endogène). Elle se caractérise par une douleur morale profonde, un désir de mort important et permanent, un risque suicidaire majeur (surtout lors de la levée d'inhibition). Le ralentissement psycho moteur est majeur associé à un mutisme ou monoïdéisme.

Enfin, les idées de dévalorisation, d'autoaccusation, de culpabilité et d'indignité complètent le tableau clinique.

Le DSM IV le présente de la façon suivante :

Perte d'intérêt ou de plaisir et/ou non réactivité aux stimuli habituellement agréables avec au moins trois des symptômes suivants :

- Qualité particulière de l'humeur

- Dépression plus marquée le matin

- Réveils précoces vers 4 heures du matin

- Ralentissement ou agitation psychomotrice

- Comportement alimentaire anorectique ou perte significative de poids

- Culpabilité excessive

3.6- Troubles dysthymiques

Il s'agit de la forme actuelle de l'ancienne dépression névrotique. A la différence des deux précédentes troubles, il s'agit de dépression mineures dans leur intensité mais durables. Selon les critères du DSM-IV, l'humeur dépressive doit être présente pratiquement toute la journée, au moins un jour sur deux ou au moins deux ans. On doit retrouver au moins deux des symptômes suivants ;

- Diminution de l'appétit ou hyperphagie

- Insomnie ou hypersomnie

- Diminution de l'énergie ou fatigue

- Baisse de l'estime de soi

- Troubles de la concentration et indécision

- Sentiment de désespoir

3.6.1- Formes cliniques

- Les dépressions mélancoliques

- Mélancolie anxieuse : les signes d'anxiété sont au premier rang avec des débordements émotionnels prenant des fois un aspect théâtral ; agitation constante avec risque majeur de passage a l'acte

- Mélancolie stuporeuse : elle représente l'apogée de l'inhibition psychomotrice. La mimique est souvent évocatrice de l'immense douleur morale sous jacente

- Mélancolie délirante : les thèmes classiques de la dépression sont les idées d'indignité, de culpabilité, de deuil et de ruine, et enfin les idées hypochondriaques

- Dépression masquée : le sujet exprime ses affects dépressifs en termes de plaintes physiques (insomnie et fatigue, anorexie, gastralgie, constipations, oppression thoraciques, dyspnées, céphalée, lombalgie)

- Dépression saisonnière : les troubles se répètent a une période précise de l'année

3.6.2- Particularités

Du point de vue clinique, il est noté un changement par rapport au comportement et au monde relationnel antérieur, une irritabilité (colère, opposition) une interruption des activités de sport, loisirs) une instabilité psychomotrice.

Chez l'adolescent, la dépression se caractérise par un début particulièrement brutal sans cause déclenchant avec comme particularité la rareté des affects dépressifs exprimés ; elle est le plus souvent remplacée par une irritabilité avec émotions et conduites impulsives associées à un ralentissement psychique et moteur. Les plaintes somatiques sont également fréquentes. Cette dépression s'accompagne fréquemment d'une baisse des résultats scolaires.

3.6.3- dépression et déséquilibre hormonal

Un déséquilibre dans la chimie des neurotransmetteurs du cerveau et également un de déséquilibre hormonal serait une des causes de la dépression.
Parmi les bouleversements biologiques, on retrouve:

1. De nombreuses hormones sont en baisses

2. Une capacité immunitaire affaiblie

3. Une baisse de sérotonine jouant un rôle sur le sommeil et l'appétit

4. Une diminution de la noradrénaline qui diminue le plaisir en se caractérisant par une perte d'énergie et un manque d'intérêt pour les activités d'ordinaire agréables

CHAPITRE IV : LE HANDICAP PHYSIQUE DE L'ADOLESCENT

Etre adolescent c'est tout un travail dont l'issue serait de devenir adulte, autonome. Cela va donc être une période de conquête, d'autonomie, vis-à-vis de soi même et des autres.

Pour l'adolescent handicapé, cette conquête est parfois plus complexe. Dans un premier temps parce qu'il peut avoir besoin de l'autre pour faire des choses que les autres peuvent faire seuls. Etre autonome quand on a sans cesse besoin de l'autre, ce n'est pas simple. Ensuite cela se complique aussi car l'entourage peut maintenir cette dépendance et craindre la prise d'autonomie de l'adolescent. Quelques fois l'entourage a tendance à vouloir protéger, surprotéger les adolescents porteur d'un handicap. Le handicap peut être utilisé par les parents pour empêcher leurs enfants de faire certaines choses qui les inquiètent ; car voir son enfant devenir adolescent, c'est aussi tout un travail pour les parents. La conquête est alors beaucoup plus rude pour l'adolescent. Les adolescents peuvent aussi se refugier derrière leur handicap pour ne pas affronter les difficultés rencontrées à cet âge

Vivre le handicap à cet âge est donc complexe. Mais la compréhension, l'écoute de cette complexité permet d'évoluer et de grandir.

4.1- handicap physique à l'adolescence et regard de l'autre

Le regard de l'autre posé sur le corps de l'adolescent handicapé peut déclencher un certain nombre d'émotions et de sentiments qui les renvoient à leurs difficultés d'être, parce qu'il met souvent l'accent sur le manque, la différence. Il y a le regard des autres et l'idée qu'ils s'en font, qui est fonction de la manière dont ils vivent leur dissemblance. Ils vivent dans une sorte d'ambivalence en ce qui concerne le regard que l'on leur porte. Celui-ci peut renforcer le sentiment de leur étrangeté, mais il peut aussi être porteur de reconnaissance. Il y a des personnes handicapées qui se plaignent qu'on les regarde, il y en a d'autres qui sont un peu surprises qu'on ne les regarde pas, parce que l'autre, par ce regard, pourrait confirmer leur existence. La manière dont une personne regarde l'autre en dit long sur ses sentiments à son égard et ce regard de réassurance est recherché avec avidité par quelqu'un qui ne porte pas la marque de la conformité ou qui sort de l'hôpital ou du centre de rééducation dans un corps dont il a le sentiment qu'il n'est plus le sien et qui est devenu un lieu de souffrance.

Le handicap physique, visible d'emblée, affirme une différence qui peut aboutir à l'exclusion et même entraîner une certaine stigmatisation. Dans une société qui privilégie l'esthétique, l'adolescent handicapé est confrontée à connaître, apprécier, estimer un corps différent, à le reconnaître, à le reconquérir.

Le handicap physique provoque une blessure, une souffrance physique mais aussi morale et éventuellement un sentiment d'injustice. Le regard de l'autre amplifie cette souffrance et, petit à petit, peut provoquer diverses réactions : soit un repli sur soi, un isolement, une véritable solitude, l'absence de prise de responsabilité ou de risque (le refus du handicap peut conduire aussi à la marginalisation). Soit à l'inverse, parfois, à la provocation, l'agressivité, un certain exhibitionnisme, une prise de risque démesurée (défis sportifs par exemple).

Malgré l'évolution des mentalités, la différence est source d'exclusion et de rejet de la part de la société. Le souci de l'accessibilité n'est pas encore un réflexe des promoteurs, des constructeurs et encore moins des transporteurs. Les activités sportives, socioculturelles et de loisirs sélectionnent souvent " l'élite  des participants handicapés et se préoccupent peu de ceux pour qui l'intégration pose problème.

4.2- Dépendance de l'adolescent par rapport a son handicap physique

Le handicap physique interfère dans les relations avec les autres et plus particulièrement avec les amis, parents, l'entourage " aidant ". Le besoin d'aide pour les actes quotidiens perturbe parfois les sentiments et pèse sur les échanges égalitaires entre les personnes qui s'aiment. La pitié peut remplacer l'amour, l'autre ne devient plus qu'un objet de soin.

Le manque de " reconnaissance de soi " dans une relation de dépendance physique et l'image de soi " dégradée " peuvent gêner, empêcher, les rencontres affectives des adolescents handicapés, les amener à rejeter les autres, les agresser ou exprimer un découragement, une jalousie de ne pouvoir faire, réaliser ou au contraire les conduire à s'installer dans cette dépendance. 

La dépendance peut entraîner de la part de l'entourage une réelle infantilisation de l'adolescent handicapé : on pense pour lui, on parle pour lui, on fait à sa place... La dépendance est perte d'identité quand elle n'autorise aucune participation de l'adolescent handicapé et peut être source de démoralisation importante. La lourdeur de certaines prises en charge médicales est insupportable. La rééducation, les traitements, les soins rappellent sans cesse le quotidien, les contraintes de ce corps différent d'autant plus qu'ils s'imposent plus souvent qu'ils ne sont négociés, sinon expliqués, pour impliquer la personne handicapée. 

Par contre on peut également considérer cette dépendance aux autres comme un gain secondaire39(*) pour l'adolescent.

Toutes ces difficultés renforcent aussi la culpabilité, celle de l'adolescent handicapé. Pour y faire face, il faut trouver un juste équilibre entre les peurs, les stress, les volontés, les besoins de pouvoirs, les valeurs des uns et des autres pour assurer la dynamique de l'adolescent handicapé et la " libération " de son entourage qui a souvent du mal à trouver l'attitude juste, oscillant entre surprotection et rejet. 

4.3- efforts et réalisation de projets de l'adolescent handicapé

Vivre avec un handicap physique nécessite des efforts réguliers sinon constants pour se déplacer, se mouvoir, communiquer, agir. Un simple déplacement peut devenir un acte impossible à réaliser. 

« Toute personne a besoin de se projeter dans l'avenir, de réaliser, qu'il s'agisse d'un simple projet de sortie, d'un projet professionnel, d'un désir de vie en couple, d'un désir d'enfant, d'un engagement militant... Tout projet envisagé par l'adolescent handicapé se heurte à une multitude d'obstacles matériels et humains supplémentaires et demande pour aboutir plus de volonté, de dépassement.

 Il devra certes dépenser plus d'énergie pour réaliser ce qu'il souhaite mais il devra aussi, pour peu qu'un projet présente quelques risques ou difficultés particulières pour être mené à terme, convaincre ses interlocuteurs qui trop souvent ne voient en elle que ses incapacités et déficiences et oublient ses potentialités - car enfermés dans leurs préjugés, leurs " étiquettes ", leurs valeurs. Pour l'adolescent handicapé, il ne s'agit pas seulement de s'adapter, se défendre, mais aussi de se situer, de construire une image de soi, d'être capable de réalisations de projets, d'avoir des attitudes personnelles... en un mot d'exister ».40(*)

CHAPITRE V : CADRE METHODOLOGIQUE

Dans ce chapitre nous allons présenter les grandes lignes qui guideront notre travail de recherche. Il présentera les démarches méthodologiques qui nous permettront de vérifier dans la réalité notre hypothèse de recherche.

5.1- Objectif de la recherche 

Cette recherche vise à saisir le lien qui existe entre le Handicap physique à l'adolescence et la dépression. Nous voulons identifier, analyser et comprendre les facteurs qui influent sur le degré de dépression de l'adolescent haïtien devenu handicapé

5.2- Définition opératoire des variables

Hypothèses de recherche :

- suite à un handicap physique acquis, l'adolescent devient dépressif 

- Les adolescents qui évoluent au sein de leurs familles sont moins dépressifs que ceux qui vivent en institutions.

5.2.1- Définition de la variable indépendante : handicap physique

Dans un ouvrage intitulé « Déficiences motrices et handicaps » réédité en 2002 sous le titre « Déficiences motrices et situations de handicap moteur » et édité par l'association des paralysés de France, Michel DELCEY, médecin et conseiller médical de

l'association, définissait ainsi la déficience physique :

« Une déficience physique est une atteinte (perte de substance ou altération d'une structure ou fonction, physiologique ou anatomique) de la motricité, c'est à dire de la capacité du corps ou d'une partie du corps à se mouvoir, quels que soient le but ou la fonction du mouvement produit :

· Déplacement (locomotion, transferts, etc.)

· fonction posturale (se tenir debout, assis, etc.)

· action sur le monde extérieur (préhension, manipulation d'objets, etc.)

· communication (paroles, gestes et mimiques, écriture, etc.)

· Alimentation (mastication, déglutition, etc.)

· perception du monde extérieur (mouvement des yeux et de la tête.)

· mouvement réflexe (exemple : retrait de la main qui touche un objet brûlant) etc.

Cependant il ne serait pas inutile de définir quelques termes importants tels la déficience, l'incapacité, le handicap ou désavantage

- LA DEFICIENCE : perte ou anomalie d'une structure ou fonction psychique, physiologique ou anatomique. (ex : la perte ou absence de la vue pour un enfant)

- L'INCAPACITE : réduction ou absence due à une déficience, de la capacité à exercer une activité dans toute sa plénitude dite « normale ». (d'où l'incapacité à lire un livre)

- LE HANDICAP OU DESAVANTAGE : qui surgit lorsqu'une incapacité ou une déficience empêche l'individu d'avoir un rapport à son milieu naturel. (et donc l'impossibilité d'aller à l'école avec les autres.)

Dés lors, il faut différencier ce qui est définitif (la déficience), du moins en l'état actuel de la science, de ce qui peut être atténué ou supprimé : les améliorations techniques peuvent annuler une incapacité (de l'écriture en braille au fauteuil roulant en passant par le synthétiseur vocal), de même que l'aménagement du milieu de vie, qui passe aussi bien par l'adaptation de l'espace que par le changement des mentalités, pourrait supprimer le handicap.

Les modalités du handicap physique

Handicap physique : léger, moyen, profond

INDICATEURS

Handicap léger 

Perte ou atrophie d'un membre inférieur ou supérieur

Utilisation de matériel de soutien : béquille, prothèse.

Handicap moyen

-perte ou atrophie des deux membres inférieurs et/ou supérieurs

-paralysie partielle du corps

-utilisation de chaise roulante comme matériel de soutien

Handicap profond

-paralysie complète du corps

Qu'en est-il de la dépression ?

5.2.2- Définition de la variable dépendante : la dépression

La dépression est une maladie psychique se manifestant par une tristesse, une perte d'intérêt et d'estime de soi, un sentiment de culpabilité, voire une tendance au suicide.

En psychiatrie, La dépression provident du verbe latin « deprimere » (déprimer) qui peut être traduit par « enfoncement ». C'est un trouble de l'humeur.

L'humeur quant à elle, est une disposition affective de base qui nous fait osciller de la joie la plus extrême à la tristesse la plus douloureuse. C'est en fait un état d'esprit qui va influer sur la manière dont nous allons percevoir et interpréter les événements

L'humeur est triste et désespérée. Le malade est sans joie et opprimé, parfois il est incapable de percevoir tout sentiment. En général, l'humeur est au pire le matin.
Conscience de soi amoindrie et sentiments de culpabilité: Des pensées fréquentes sont «j'ai échoué; je suis fautif; je suis une charge pour les autres; je n'ai pas d'avenir; plus rien n'a de sens».Perte d'intérêt: Les habitudes se modifient, les passe-temps sont délaissés, tout semble monotone et vide.

Les modalités de la dépression

- dépression majeure

- dépression mineure

Nous pouvons également considérer les modalités telles que définies dans l'inventaire de dépression de Beck (Voir Annexe)

LES INDICATEURS DE LA DEPRESSION

La dépression se manifeste par un changement du comportement habituel et une multitude de signes variant selon la personne et les moments. Voici quelques-uns des signes de la dépression les plus fréquemment retrouvés

Signes physiques

· Fatigue permanente;

· Problèmes de sommeil (insomnie ou au contraire hypersomnie);

· Modifications de l'appétit avec retentissement sur le poids (perte ou gain de poids);

· Douleurs corporelles (mal de tête, douleurs dans la poitrine, douleurs musculaires...).

Signes psychologiques

· "Humeur dépressive" : pessimisme et vision négative de l'existence, de soi-même, de l'avenir. Idées noires et pensées de mort (idées suicidaires, plans ou tentatives de suicide);

· L'anxiété est quasiment constante et d'intensité variable.

· Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inadaptée.

· Signes émotionnels

· Absence d'envie et de plaisir (anhédonie). Incapacité à s'intéresser ou à prendre du plaisir comme d'habitude.

· Émotions tristes permanentes ou très fréquentes

Signes comportementaux

· Difficultés à agir (problèmes pour démarrer une activité ou pour persévérer) et à penser (problèmes de concentration et de mémoire, indécision);

· Difficultés à communiquer : besoin de solitude, fatigue à parler et à expliquer, sentiment d'être incompris.

METHODE : Notre recherche est de nature qualitative. Nous avons fait choix de cette méthode parce que nous estimons qu'elle nous facilitera une meilleure compréhension du phénomène étudié d'autant plus que nous avons un nombre réduit de sujets pour notre étude.

5.3- Milieu et échantillon de recherche

Notre étude s'est réalisée dans deux principales institutions qui oeuvrent dans la prise en charge des adolescents qui vivent avec un handicap physique 

1) MEFIBOCHET

2) L'École ST VINCENT

Dans notre recherche, nous avons fait choix des enfants âgés entre 11 à 18 ans, tous vivant avec un handicap physique et sachant lire et écrire. Qu'ils soient en institution ou vivant au sein de leur famille, les adolescents viennent tous d'un milieu défavorisés

5.5- Technique d'échantillonnage et taille de l'échantillon

Pour arriver a construire notre échantillon, nous avons fait plusieurs démarches; parmi elles des visites de prospection pour établir les contacts avec les responsables des institutions afin de pouvoir requérir une aide en ce qui a trait à la catégorie d'enfants dont nous voulons faire participer à la recherche à savoir des adolescents devenus handicapés. Ces responsables nous ont fait visiter les différentes classes afin de trouver les enfants se trouvant dans la catégorie d'âge que nous recherchons à savoir 11 à 18 ans. Nous avons d'abord été dans le centre MEFIBOCHET, une fois les recherches terminées là-bas, nous avons commencé à travailler avec les enfants du centre Saint Vincent. Et les mêmes démarches ont été effectuées.

Voici la taille de l'échantillon de notre recherche :

5.6- Outils de collecte des données

Dans notre travail, nous avons tente de voir dans quelle mesure l'handicap physique entraîne la dépression chez l'adolescent. Nous avons utilisé un test qui mesure ce trouble. L'IDB (l'inventaire de dépression de Beck). Un test d'approche cognitive couramment utilisé en recherche et en pratique clinique. Ce test est présenté à titre informatif. C'est un instrument standardisé qui diagnostique la présence de dépression et son degré de gravité. Le Test contient 21 items. Chaque item constitue la mesure d'un des symptômes de la dépression.

5.9- Procédure de passation

Pour administrer le test, nous avons pris soin d'établir un cadre pouvant favoriser la passation du test c'est-à-dire un endroit ou les enfants peuvent s'asseoir et écrire convenablement. Pour ce qui est du centre MEFIBOCHET, les responsables nous ont accordé un espace assez large; une grande cours dans laquelle il y avait des chaises. Les enfants ayant répondu aux critères que nous avons établis à savoir ceux âgés entre 11 et 18 ans se sont réunis pour la passation du test. A SAINT VINCENT par contre nous avons du faire plusieurs visites soient trois pour pouvoir arriver à passer le test ; car plusieurs des adolescents qui répondaient aux critères de sélection étaient des externes c'est-à-dire des enfants qui fréquentent le centre mais qui n'y restent pas.

Dans les deux cas, nous avons pris le soin de bien passer les consignes. Nous avons administré le test à chacun des adolescents. Ils devaient remplir le formulaire eux même. Placé à coté de nous, l'adolescent devrait prendre le soin de bien lire le test et de choisir une des réponses à chaque Item ; sachant que le choix des réponses allait de 0 à 3 il n'était pas admis qu'un adolescent puisse choisir deux réponses en même temps. S'il y a une erreur dans une copie, il leur était clairement demandé de prendre une autre copie du test. Nous avons également insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'avoir une bonne réponse mais par contre de choisir la réponse qui correspond le mieux à leur situation, à ce qu'ils ressentent. Sachant que certains mots tels : Irritation, libido etc., allaient peu être paraitre difficile à comprendre, nous avons demandé aux enfants de ne pas répondre à une question dont ils ne comprennent pas et de prendre le soin de demander une explication à chaque mot difficile a comprendre.

5.10- Avantages et Limites

Nous pensons que notre travail est une contribution parmi d'autres dans la littérature qui pourrait nous aider dans la compréhension de l'impact du handicap physique sur l'adolescent Haïtien. En effet, compte tenu du fait que le rapport entre la dépression et l'handicap physique chez l'adolescent reste un terrain qui n'est pas trop exploré ; nous pensons avoir apporté un plus qui ne serait pas négligeable. Les résultats obtenus au cours de notre travail pourraient servir à d'autres chercheurs qui souhaiteraient aller plus en profondeur dans la question. En effet, notre recherche laisse d'autres fenêtres possibles dont les études pourraient venir compléter la compréhension du rapport entre la variable Handicap physique et celle de la dépression à l'adolescence,

Par contre nous pensons que notre étude contient des faiblesses qu'il faut noter d'avance afin d'éviter toute généralisation. En effet, il est important de signaler les limites de cette étude afin d'éviter des confusions. Nous pensons qu'un nombre plus élevé de sujets pourrait donner à notre étude plus d'assise ; en effet, il a été difficile pour nous de trouve le public cible pour cette étude à savoir des adolescents vivant avec un handicap physique acquis. Ensuite nous pensons que notre étude a manqué de prendre en compte d'autres aspects tels la façon dont l'handicap est vécu selon que l'adolescent se trouve en milieu rural ou en milieu urbain, qu'il soit en situation de domesticité ou enfant des rues.

Le test que nous avons utilisé n'a pas été traduit en créole et adapté à Haïti ; et comme nous l'avons dit le questionnaire n'a pas été traduit parce que nous voulions éviter toute altération de son sens.

Nous aurions pu considérer l'hypothèse selon laquelle les adolescentes sont plus dépressives que les adolescents mais nous ne l'avons pas fait à cause de la faiblesse de notre échantillon.

Nous avons eu l'opportunité de consulter des mémoires de sorties d'autres étudiants qui ont travaillé sur le rapport entre l'estime de soi et l'adolescent vivant en situation de domesticité, du handicap a l'adolescence et l'estime de soi ; nous pensons que la notre vient compléter ces recherche dans la mesure où cette étude nous permettra de mieux saisir le rapport existant entre la dépression et l'adolescent ayant acquis un handicap physique.

PRESENTATION, ANALYSES ET INTERPRETATION DES RESULTATS

CHAPITRE VI : PRESENTATION, ANALYSES ET INTERPRETATION, DES RESULTATS

Tableau 1 : Répartition des enfants selon l'âge

Age Moyen des enfants interviewés = 14 ans.

Tableau 2 : Répartition des sujets selon le sexe

Féminin

58.3%

Masculin

41.7%

Tableau 3 : Répartition des sujets selon le sexe et l'âge

Age

Féminin

Masculin

Ensemble

11 ans

Effectif

0

1

1

Pourcentage

0%

8.3%

8.3%

12 ans

Effectif

1

1

2

Pourcentage

8.3%

8.3%

16.7%

13 ans

Effectif

2

0

2

Pourcentage

16.7%

0%

16.7%

14 ans

Effectif

0

2

2

Pourcentage

0.0%

16.7%

16.7%

15 ans

Effectif

2

0

2

Pourcentage

16.7%

0%

16.7%

16 ans

Effectif

1

1

2

Pourcentage

8.3%

8.3%

16.7%

17 ans

Effectif

1

0

1

Pourcentage

8.3%

0%

8.3%

Total

Effectif

7

5

12

Pourcentage

58.3%

41.7%

100%

Les tableaux 1 et 2 présentent une répartition des sujets selon l'âge (Tableau 1) et selon le sexe (Tableau 2). Il faut noter que l'âge moyen des sujets ayant été interviewés est de 14 ans. Il faut aussi remarquer un fort pourcentage de filles parmi ces sujets soit 58.3 % de filles et 41.7% de garçons, comme c'est indiqué dans le graphe précédent.

Le troisième tableau fait ressortir la corrélation entre le sexe et l'âge des sujets. Les sujets de sexe féminin de 13 et de 15 ans représentent chacun 16% de la population de recherche. Tandis que, chez les garçons, on retrouve ce même pourcentage chez les sujets âgés de 15 ans.

Tableau 4 : Répartition des sujets selon le type de prise en charge

Type de prise en charge

Effectif

Pourcentage

Centre residential

3

25%

Famille

9

75%

Total

12

100%

Tableau 5 : Répartition des sujets selon l'âge d'acquisition du handicap

Age d'acquisition du handicap

Effectif

Pourcentage

7 ans

1

8.3%

8 ans

2

16.7%

9 ans

1

8.3%

10 ans

2

16.7%

11 ans

3

25%

12 ans

1

8.3%

13 ans

1

8.3%

14 ans

1

8.3%

Total

12

100%

Age Moyen des enfants interviewés = 10.3 ans.

Nous avons tenu au cours de notre recherche de mettre un peu d'emphase sur le type de prise en charge dont faisait parti les sujets. Nous pensons que cette information n'est pas négligeable dans la mesure ou elle nous permet de voir comment les adolescents handicapés moteur interviewés évoluent tenant compte de l'environnement dans lequel il se retrouve, dépendamment de la ou des personnes qui le prend en charge son handicap moteur. Parmi les sujets, 25% vivent dans des centres résidentiels ; dans notre cas c'est l'orphelinat Mefibochet, sise à Tabarre. Les autres 75 % eux vivent au sein de leur famille et sont des externes à St Vincent.

Un des autres facteurs que nous avons pris en compte au cours de notre recherche c'est l'âge d'acquisition du Handicap. Les sujets ayant acquis leur handicap à l'âge de 8 et de 10 ans représentent chacun d'eux 16.7 % de la population de notre recherche. Il faut noter que l'âge moyen d'acquisition du Handicap parmi les sujets de notre étude est de 10.3 ans.

Tableau 6 : Répartition des sujets Selon le sexe et l'âge d'acquisition du handicap

Age d'acquisition du handicap

Féminin

Masculin

Ensemble

7 ans

Effectif

0

1

1

Pourcentage

0%

8.3%

8.3%

8 ans

Effectif

2

0

2

Pourcentage

16.7%

0%

16.7%

9 ans

Effectif

1

0

1

Pourcentage

8.3%

0%

8.3%

10 ans

Effectif

1

1

2

Pourcentage

8.3%

8.3%

16.7%

11 ans

Effectif

1

2

3

Pourcentage

8.3%

16.7%

25.0%

12 ans

Effectif

1

0

1

Pourcentage

8.3%

0%

8.3%

13 ans

Effectif

0

1

1

Pourcentage

0%

8.3%

8.3%

14 ans

Effectif

1

0

1

Pourcentage

8.3%

0%

8.3%

Total

Effectif

7

5

12

Pourcentage

58.3%

41.7%

100%

Le tableau 6 établit la corrélation entre le sexe des sujets et l'âge d'acquisition de leur handicap. 16.7% des sujets féminins on acquit leur handicap à 8 ans. Tandis que nous avons le même pourcentage pour les sujets masculins âgés de 11 ans. Les garçons de 10 et de 13 ans représentent chacun d'eux 8.3 % de la population de recherche et nous retrouvons à chaque fois ce même pourcentage chez les filles de 9, 10, 11 et de 12 ans. Selon ce qu'indique le tableau ci-dessus, la majorité des sujets ont atteint leur handicap à l'âge de 11 ans.

Tableau 7 : Répartition des sujets selon le niveau scolaire

Niveau scolaire

Effectif

Pourcentage

1ere AF

1

8.3%

2e AF

3

25%

3e AF

1

8.3%

4e AF

5

41.7%

5e AF

0

0%

6e AF

0

0%

7e AF

1

8.3%

8e AF

1

8.3%

Total

12

100%

Tous les adolescents ayant participé dans notre recherche ont un niveau scolaire leur permettant de comprendre le français car le test (l'IDB) est en français. Certains d'entre eux ont eu des difficultés à comprendre certains mots tels « libido » « irritation ». Nous nous sommes gardés de faire la traduction en créole du test afin d'éviter toute altération du sens et du fond.

Le tableau ci dessus est un tableau indiquant le niveau scolaire des différents adolescents testés. 41 % d'eux sont en 4e AF ; 25 % en 2e AF e t 8.3% en 7e et en 8e AF.

Tableau 8 : Répartition des sujets selon l'âge et le type de prise en charge

Age

Centre résidentiel

Famille

Ensemble

11 ans

Effectif

0

1

1

Pourcentage

0%

8.3%

8.3%

12 ans

Effectif

1

1

2

Pourcentage

8.3%

8.3%

16.7%

13 ans

Effectif

1

1

2

Pourcentage

8.3%

8.3%

16.7%

14 ans

Effectif

1

1

2

Pourcentage

8.3%

8.3%

16.7%

15 ans

Effectif

0

2

2

Pourcentage

0%

16.7%

16.7%

16 ans

Effectif

0

2

2

Pourcentage

0%

16.7%

16.7%

17 ans

Effectif

0

1

1

Pourcentage

0%

8.3%

8.3%

Total

Effectif

3

9

12

Pourcentage

25%

75%

100%

Tableau 9 : Répartition des enfants selon le sexe et le type de prise en charge

Type de prise en charge

Féminin

Masculin

Ensemble

Centre residential

Effectif

1

2

3

Pourcentage

8.3%

16.7%

25%

Famille

Effectif

6

3

9

Pourcentage

50%

25%

75%

Total

Effectif

7

5

12

Pourcentage

58.3%

41.7%

100.0%

Tenant compte du tableau 8, nous constatons que 8, 25% des sujets testés vivent dans un centre résidentiel, soit un orphelinat ; les autres 75 % sont pris en charge dans leur famille et sont des externes à St Vincent. Et 8.3 % des sujets vivant dans les centres résidentiels sont des filles et 16.7% sont des garçons. Selon ce qu'indique le tableau 9, tandis que 50% des adolescents testés sont des filles qui vivent dans leur famille. Les autres 25% vivent dans leur famille et sont des sujets masculins. Nous avons constaté que les adolescents qui vivent dans le centre résidentiel souffrent d'un plus haut degré de dépression par rapport a ceux qui dont la prise en charge est faite au sein de leur famille.

Degre de depression

Therapie

(OUI)

Therapie

(NON)

Ensemble

Normale

Effectif

0

2

2

Pourcentage

0%

16.7%

16.7%

Trouble benin de l'humeur (Legere)

Effectif

1

0

1

Pourcentage

8.33%

0%

8.33%

Cas limite de depression

Effectif

0

3

3

Pourcentage

0%

25%

25%

Depression

Effectif

2

4

6

Pourcentage

16.6%

33.33%

50%

Total

Effectif

3

9

12

Pourcentage

25%

75%

100%

Tableau 10 : Degré de dépression des sujets et leur participation à une thérapie.

Dans ce tableau nous pouvons constater la répartition des sujets selon qu'ils ont suivi ou non une thérapie pour leur situation d'handicap. Il nous indique que 16.7% des sujets dont le degré de dépression est normal n'ont pas eu la chance de suivre des séances de thérapie. Nous retrouvons ce même pourcentage chez les sujets souffrant de dépression mais ayant suivi une thérapie. Par contre, 25% des sujets n'ayant pas suivi de thérapie souffrent de cas limites de dépression et 33% des cas n'ayant pas suivi une thérapie souffrent de dépression. La corrélation entre le degré de dépression et la participation des sujets à une thérapie est considérable car nous pouvons remarquer que le degré de dépression est plus élevé chez les sujets n'ayant pas suivi de thérapie. Considérant le fait que la prise en charge du handicap moteur par une thérapie doit aboutir à une facilitation de l'intégration de l'adolescent dans la vie sociale, nous pouvons dire que si on prend un en charge un adolescent handicapé en thérapie, son degré de dépression diminuera.

Tableau 11 : Répartition des sujets selon qu'ils ont suivi ou non une thérapie

Thérapie

Féminin

Masculin

Ensemble

OUI

Effectif

1

2

3

Pourcentage

8.3%

16.7%

25%

NON

Effectif

6

3

9

Pourcentage

50%

25%

75%

Total

Effectif

7

5

12

Pourcentage

58.3%

41.7%

100.0%

Pour ce qui concerne les adolescents qui ont pu suivre une thérapie nous pouvons voir, comme l'indique le tableau 11, que seulement 25% des sujets ont eu l'opportunité de suivre une thérapie avec une agence de prise en charge du handicap physique (cette agence est la Healing hands for Haïti). Parmi ces 25%. 16.7% sont des garçons et 8.3% sont des filles. Les autres 75% n'ont pas pu suivre de therapie, soit 50% de filles pour 25% de garçons

Tableau 12 : Répartition des sujets selon le degré de dépression

Degré de dépression

Effectif

Pourcentage

Normale

2

16.7%

trouble bénin de l'humeur (légère)

1

8.3%

Cas limites de dépression clinique

3

25%

Depression

6

50%

Total

12

100%

Deux adolescents sur douze, soit 16.7% des sujets ne présentent pas de symptômes de dépression. Cependant la majorité d'entre eux souffre de dépression d'une manière ou d'une autre. 8.3% des sujets présentent un trouble bénin de l'humeur. 25% sont des cas limites de dépression tandis que 50% d'entre eux souffrent de dépression majeure.

Tableau 13 : Répartition des sujets selon le sexe et le degré de dépression

Degré de dépression

Féminin

Masculin

Ensemble

Normale

Effectif

2

0

2

Pourcentage

16.7%

0%

16.7%

Trouble bénin de l'humeur (Légère)

Effectif

0

1

1

Pourcentage

0%

8.3%

8.3%

Cas limite de dépression clinique

Effectif

2

1

3

Pourcentage

16.7%

8.3%

25%

Depression

Effectif

3

3

6

Pourcentage

25%

25%

50%

Total

Effectif

7

5

12

Pourcentage

58.4%

41.6%

100%

Les tableaux ci-dessus montrent une répartition des sujets selon le sexe et le degré dépression. En effet, 16.7% des sujets présentent un degré normal de dépression; 8.3% d'entre eux souffre d'un trouble bénin de l'humeur soit une dépression légère tandis que 50% souffrent de dépression et 25% sont des cas limites de dépression.

Pour ce qui concerne le sexe des sujets par rapport à leur degré de dépression il faut dire que 25% des sujets masculins souffrent de dépression. Nous remarquons ce même pourcentage de sujets déprimés parmi les sujets féminins. 16.7% des sujets féminins sont des cas limites de dépression et nous retrouvons le même pourcentage de sujets féminins ayant un trouble bénin de l'humeur.

Il faut aussi remarquer que 50% des sujets qui souffrent de dépression sont des filles et 66.66% des sujets qui souffrent de cas limites de dépression sont des filles. Ce qui démontre que les adolescentes ayant pris part à notre étude sont plus dépressives que les adolescents.

Tableau 14 : Répartition des sujets selon l'âge et le degré de dépression

Age

Normale

Trouble bénin de l'humeur (legere)

Cas limite de dépression clinique

Depression

Ensemble

11 ans

Effectif

0

1

0

0

1

Pourcentage

0%

8.3%

0%

0%

8.3%

12 ans

Effectif

0

0

1

1

2

Pourcentage

0%

0%

8.3%

8.3%

16.7%

13 ans

Effectif

0

0

0

2

2

Pourcentage

0%

0%

0%

16.6%

16.7%

14 ans

Effectif

0

0

0

2

2

Pourcentage

0%

0%

0%

16.6%

16.7%

15 ans

Effectif

1

0

1

0

2

Pourcentage

8.3%

0%

8.3%

0%

16.7%

16 ans

Effectif

1

0

1

0

2

Pourcentage

8.3%

0%

8.3%

0%

16.7%

17 ans

Effectif

0

0

0

1

1

Pourcentage

0%

0%

0%

8.3%

8.3%

Total

Effectif

2

1

3

6

12

Pourcentage

16.7%

8.3%

25%

50%

100%

Selon le tableau ci-dessus, 50% des sujets souffrent de dépression; les adolescents âgés entre 13 et 14 ans représentent 33.2% de cette catégorie. Ceux de 12 et de 17 ans représentent quand a eux 8.3% chacun. 25% des sujets sont des cas limites de dépression; ils se repartissent entre l'âge de 12, 15 et 16 ans pour un pourcentage de 8.35 chacun. Tandis que 8.3% des sujets souffrent de trouble bénin de l'humeur, nous avons retrouvé le double de ce pourcentage, soit 16.7% parmi les sujets qui sont des cas normaux; ce dernier pourcentage se repartît entre les enfants de 15 et de 16 ans.

Nous constatons que les adolescents dont la tranche d'âge se situe entre 13 et 14 ans sont plus dépressifs

Tableau 15 : Répartition des sujets selon l'âge d'acquisition du handicap et le degré de dépression

Age d'acquisition du handicap

Normale

Trouble benin de l'humeur

Cas limite de dépression clinique

Depression

Ensemble

7 ans

Effectif

0

0

0

1

1

Pourcentage

0%

0%

0%

8.3%

8.3%

8 ans

Effectif

0

0

1

1

2

Pourcentage

0%

0%

8.3%

8.3%

16.7%

9 ans

Effectif

0

0

0

1

1

Pourcentage

0%

0%

0%

8.3%

8.3%

10 ans

Effectif

1

0

0

1

2

Pourcentage

8.3%

0%

0%

8.3%

16.7%

11 ans

Effectif

0

1

0

2

3

Pourcentage

0%

8.3%

0%

16.6%

25%

12 ans

Effectif

1

0

0

0

1

Pourcentage

8.3%

0%

0%

0%

8.3%

13 ans

Effectif

0

0

1

0

1

Pourcentage

0%

0%

8.3%

0%

8.3%

14 ans

Effectif

0

0

1

0

1

Pourcentage

0%

0%

8.3%

0%

8.3%

Total

Effectif

2

1

3

6

12

Pourcentage

16.7%

8.3%

25%

50%

100%

L'âge d'acquisition du handicap est un facteur important dans notre recherche et sa relation avec le degré de dépression est montrée dans le tableau précédent. Nous avons constaté que la majorité des enfants, soit 50% des sujets, qui souffrent de dépression ont contracté leur handicap entre l'âge de 7 et 11 ans. 25% sont devenus handicapés a l'âge de 8, 13 et 14 ans; ces sujet sont des cas normaux alors que 8.3% des sujets souffrent de trouble bénin de l'humeur et on contracté leur handicap a l'âge de 11 ans.

A la lumière des résultats qui sont ressortis dans le cadre de notre recherche nous pouvons déduire que plus l'adolescent devient handicapé tôt, plus il aura tendance à souffrir d'un plus haut degré de dépression.

Tableau 16 : répartition des sujets selon le degré de dépression et le type de prise en charge Uk unisom Diclofenac order online Ordering cheap viagra professional online Usa tricor Actoplus met buy without prescription Buying bupropion no prescription Ordering requip Order levaquin no prescription Topamax purchase Protonix prescription cost Tetracycline purchasing no prescription

Normale

Effectif

0

2

2

Pourcentage

0%

16.7%

16.7%

Trouble benin de l'humeur (Legere)

Effectif

0

1

1

Pourcentage

0%

8.3%

8.3%

Cas limite de depression

Effectif

0

3

3

Pourcentage

0%

50%

25%

Depression

Effectif

3

3

6

Pourcentage

25%

25%

50%

Total

Effectif

3

9

12

Pourcentage

25%

75%

100%

La prise en charge des différents sujets ayant pris part a notre étude n'est pas la même; certains d'entre eux vivent dans un centre résidentiel (MEFIBOCHET) et d'autres fréquentent le centre St Vincent. Le tableau plus haut nous aide à comprendre comment le degré de dépression des adolescents handicapés varie-t-il selon le type de prise en charge.

En effet, 75% des sujets vivent au sein de leur famille. Ces adolescent fréquentent le centre St Vincent mais n'y restent pas. Ils sont des externes; ils viennent seulement pour l'école, puis ils rentrent chez eux après. Mais les autres 25% des sujets sont dans un

degré de depression

Centre résidentiel

Famille

Ensemble

centre résidentiel. Parmi les 75% de sujets vivant au sein de leur famille, 50% sont dans la catégorie des cas limite de dépression, 8.3% souffrent de trouble bénin de l'humeur et 16.6% sont des cas normaux. Et d'un autre coté, parmi les enfants qui sont pris en charge dans le centre MEFIBOCHET, tous lez 25% des sujets la souffrent de dépression.

Le rôle de la famille est essentiel dans la prise en charge du handicap physique. Une bonne collaboration, une bonne compréhension des problèmes existants et à venir, une relation de confiance sont les garants de l'aide que pourra apporter la famille à l'adolescent handicapé. Toutes ces considérations nous permettent de croire que plus l'adolescent handicapé est pris en charge au sein de sa famille et jouit de l'affection parentale moins il sera dépressif

Nous allons vous présenter trois études de cas et nous tenterons plus bas de faire une discussion des données recueillies afin de faire ressortir leur sens et les nouvelles fenêtres de recherches sur lesquelles elles s'ouvrent

6.1- 3 études de cas

6.1.1- Le cas de Bob

Ainé d'une famille de deux enfants, Bob est un adolescent de 11 ans qui vit avec son petit frère Dodo, son père et sa mère dans la zone de Croix des Bouquets. La famille a déménagé dans cette zone suite au tremblement de terre du 12 janvier, événement au cours duquel le petit Bob a perdu sa jambe gauche. .Bob est en 3e année fondamentale et s'occupe bien de son petit frère Dodo en l'absence de ses parents. Il mentionne qu'il a de bonnes relations avec son père et sa mère qui prennent bien soin de lui. Bob suit régulièrement des séances de thérapies avec Handicap International et arrive à marcher, sans prothèses, avec sa béquille.

L'inventaire de dépression de Beck montre que Bob se sent triste et coupable la plupart du temps. Par contre, il ne se sent pas particulièrement découragé par rapport à l'avenir et n'a pas l'impression d'être un raté. Bob retire autant de plaisir que d'habitude dans les choses qu'il aimait et a les mêmes sentiments vis-à-vis de lui même qu'avant. Cependant Bob est tres agité et affirme qu'il pense parfois se suicider mais qu'il ne le fera pas ; des fois, il a le gout de pleurer mais il ne le peut pas. Bob n'a pas perdu son intérêt pour les autres ou pour les activités ; il sent qu'il a la même énergie qu'avant et n'a pas de difficulté de concentration. Suite à son handicap physique, le petit Bob dort et mange beaucoup plus que d'habitude. Bob a obtenu le score de 14 points dans l'échelle de l'IDB, ces résultats correspondent à un trouble bénin de l'humeur (dépression légère).

Nous nous demandons si ces symptômes bénins qu'il présente ne peuvent pas s'expliquer par le fait qu'il soit encadré par sa famille. Nous avons eu quelques entretiens avec le père qui nous a souligné que ses relations avec son fils étaient les mêmes qu'avant son handicap. Il est bien entouré dans sa famille mais ces symptômes bénins de dépression viennent de sa blessure narcissique, de sa jambe coupée.

6.1.2- Le cas de Sarah

Jeune adolescente âgée de 17 ans, Sarah est devenue non voyante à la suite d'une maladie. Elle est en 4e année fondamentale à l'école St Vincent et vie avec sa mère et d'autres membres de sa famille. Sarah a acquis son handicap à l'âge de 11 ans. Pour lui administrer le test, nous nous sommes assis avec elle et nous avons lu pour elle le contenu de l'inventaire (2 fois pour chaque Item).

Sarah affirme être perpétuellement triste et n'arrive pas à s'en sortir. Elle se sent découragée en pensant à son avenir mais n'a pas l'impression d'être une ratée. Elle tire autant de plaisir que d'habitude dans les choses qu'elle aime. La petite Sarah a le sentiment d'être punie et pense parfois à se suicider ; mais elle dit qu'elle n'ose pas le faire.

Elle pleure pour la moindre des choses et devient plus agitée que d'habitude. Sarah sent qu'elle a beaucoup plus de difficulté à prendre des décisions qu'elle le faisait avant. N'ayant pas perdu son énergie et ses intérêts pour les autres, elle sent par contre qu'elle a moins de valeur comparativement aux autres personnes. Elle dort mois et mange beaucoup plus qu'avant. Se sentant plus irritable que d'habitude, elle devient également plus fatiguée et s'intéresse moins à la sexualité.

Sarah a obtenu un score de 21 dans l'échelle de Beck, ces résultats nous montrent qu'elle souffre de dépression.

6.1.3- Le cas de Julien

Julien est un adolescent âgé de 12 ans amputé du bras droit. Il est l'ainé d'une famille de 5 enfants dont 4 garçons et une fille. Séparé de sa soeur, ses trois frères et ses parents, il est pris en charge à MEFIBOCHET, un centre résidentiel situé à Tabarre qui assure la prise en charge d'enfants vivant avec un handicap. Julien est en 4e année fondamentale.

D'après les résultats de l'inventaire de dépression de Beck que nous avons administré a Julien, il ne se sent pas triste et pas particulièrement découragé en pensant à son avenir. Cependant il ne peut pas s'empêcher de penser aux échecs de sa vie passée. Julien retire tres peu de plaisir des choses qu'il aimait avant. Bien qu'il ne se sent pas particulièrement coupable, Julien a l'habitude de s'auto critiquer pour toutes ses fautes. il ne nourrit pas de pensées suicidaires ; il a le gout de pleurer mais ne le peut pas. Il est tres difficile pour Julien de rester tranquille ; il sent qu'il a perdu tout intérêt pour quoi que ce soit.

Julien s'auto déprécie ; il sent qu'il a moins de valeur comparativement aux autres personnes. Il a beaucoup de difficulté quand il s'agit pour lui de prendre des décisions. Son sommeil est perturbé : il dort la plus grande partie de la journée ou il se réveille un ou deux heures plutôt et n'arrive pas à se rendormir. En plus, Julien se sent fatigué pour faire plusieurs choses qu'il avait l'habitude de faire. Son appétit a augmenté et il a perdu tout intérêt pour la sexualité.

Julien a obtenu un score de 29 dans l'échelle de dépression de Beck. Il présente les symptômes de dépression majeure.

Ses symptômes peuvent peu être s'expliquer par un manque d'encadrement de la part des éducateur ou de sa séparation d'avec sa famille.

6.2- Discussion des résultats

Dans la présente section nous allons rendre compte du sens de notre recherche tout en tenant compte de notre problématique, du contexte théorique afin de pouvoir faire ressortir les pistes de recherches sur lesquelles les résultats nous ont amenés. En d'autres termes nous allons insérer nos résultats obtenus dans la problématique d'ensemble et nous essayerons de montrer leur pertinence et indiquer du coup les nouvelles recherches qui pourraient être entreprises sous la base de ces résultats.

A la lumière des résultats obtenus au cours de notre travail, nous avons compris que tous les adolescents devenus handicapés ne sont pas dépressifs. En effet, 16.7% des sujets ne présentent pas de symptômes de dépression. Les adolescents handicapés présentent des degrés de dépression différents. Nous avons pu comprendre que l'handicap de l'adolescent en soit ne conduit pas ipso facto à la dépression. Il faut cependant tenir compte d`autres facteurs qui jouent eux aussi des rôles déterminants; l'âge d'acquisition du handicap, le sexe de l'adolescent ainsi que la manière dont l'handicap de l'adolescent est pris en charge sont d'une importance considérable.

Nous avons constaté que 71.42% des filles souffrent de dépression ce qui démontre un plus fort taux de prévalence de dépression chez les filles. Nous remarquons aussi que les adolescents ayant acquis leur handicap entre 7 et 10 ans sont plus dépressifs et que les adolescents qui vivent au sein d'une famille souffrent d'un degré moindre de dépression. Mais la encore il s'avère important de sonner des précisions et de ne pas généraliser. En effet, Les 100% d'enfants qui vivent dans les centres résidentiels souffrent de dépression tandis que seulement 75%% des adolescents qui vivent dans leurs familles présentent différents degré de dépression. L'apport de la famille est donc d'une grande importance. Selon Clake et Stewart (1998), la famille exerce une influence bio-psycho-sociale sur le développement du jeune adolescent handicapé : une influence psychologique parce que la famille est le contexte développemental le plus puissant, celui ou l'adolescent établit ses premiers lien d'attachement, liens prototypes pour les autres par la suite. La famille exerce une influence sociale par la culture et les valeurs qu'elle propose.41(*)

Cependant il faut aussi remarquer, comme l'a démontré notre étude, que l'adolescent peut aussi être très dépressif au sein même de sa famille, dans le cas où celle-ci le rejette, le stigmatise ou si elle ne présente pas le support adéquat à l'adolescent. Selon l'association des paralysés de France, la famille de l'adolescent handicapé doit valoriser tout ce qui marque leur originalité (ce qui fait qu'il/elle est beau/belle, désirables) : une coiffure, des sandales, un bijou... la famille doit aussi les accompagner par rapport à la prise de conscience de leurs difficultés et l'acceptation de leurs limites. En effet au moment de l'adolescence, le handicap est l'objet d'une nouvelle prise de conscience qui fait suite à une première. Cette fois le jeune cherche à comprendre par et pour lui-même ce qui le gêne, il pose des questions diagnostiques et pronostiques. Les parents ne doivent pas les obliger à en parler.42(*)

Bien que notre étude ne l'a pas démontré mais nous pensons également que l'adolescent pris en charge dans un centre résidentiel peut éventuellement présenter un niveau moindre de dépression par rapport à un adolescent qui évolue au sein de sa famille ; tout dépend de la manière dont la prise en charge est faite par l'éducateur ou par l'institution.

Nous avons également pu comprendre que le degré de dépression des adolescents devenus handicapés varie aussi en fonction de l'encadrement reçu, en fonction de leur participation à des séances de thérapie. Effectivement, 75% des sujets n'ont pas eu la chance de suivre des séances de therapie et parmi eux 33.33% souffrent de dépression majeure et 25% souffrent de cas limites de dépression. Cette observation nous permet de comprendre comment l'aspect rééducationnel peut jouer un rôle important dans la compréhension du rapport entre le handicap physique de l'adolescent et son degré de dépression.

CONCLUSION 

Au terme de notre travail qui s'est porté sur la problématique de la dépression chez l'adolescent haïtien devenu handicapé, il y a lieu de rappeler les préoccupations qui l'ont suscité. En abordant cette étude, la préoccupation majeure était celle de voir comment le handicap physique influence-t-il l'humeur de l'adolescent haïtien devenu handicapé au cours de son développement et d'analyser les facteurs qui contribuent à augmenter ou à diminuer le degré de dépression de l'adolescent.

A titre d'hypothèses nous avons avancé premièrement, que suite à un handicap physique, l'adolescent devient dépressif. Ensuite nous avons soutenu que les adolescents qui évoluent au sein de leurs familles sont moins dépressifs que ceux qui vivent en institutions.

Nous avons charpenté notre argumentation autour de cinq chapitres qui constituent le squelette de ce travail. Apres avoirs présenté le handicap, l'adolescence et la dépression dans les trois premiers chapitres, nous avons fait dans le quatrième chapitre, un tour d'horizon sur le handicap physique à l'adolescence. Ensuite nous avons présenté notre démarche méthodologique dans le cinquième chapitre. Enfin, dans le sixième chapitre nous avons présenté, interprété et discutée les résultats de notre étude.

Lorsque son corps est défaillant aussi bien en ce qui concerne la motricité que l'esthétique, lorsqu'il est privé de son intégrité corporelle, comment est ce que cela affecte-t-il l'humeur de l'adolescent devenu handicapés. Selon Jean Pierre Chevance, la vie de l'adolescent devenu handicapé tend à être dominée par l'angoisse, l'insécurité, la crainte, la peur de l'échec. L'adolescent handicapé moteur vit dans l'incertitude. Ces états émotionnels et existentiels sont induits par le fait qu'il est constamment renvoyé à ses manques et à son incomplétude. L'histoire de l'adolescent handicapé moteur est marquée du sceau du manque et son identité porte à jamais la marque de cette déchirure ; c'est à chaque instant qu'il est confronté à son impuissance et à son anormalité.43(*)

La revue de la littérature ainsi que les analyses faites autour de notre question de recherche nous a permis de mieux comprendre le problème de la dépression lié à un handicap physique à l'adolescence. Les données recueillies nous permettent de croire que moins l'adolescent est pris en charge suite à son handicap physique plus son degré de dépression a tendance à augmenter ; il faut aussi mentionner le rôle important de la famille dans la prise en charge de l'adolescent handicapé ; ce qui est clairement ressorti dans les résultats de notre étude. Nous avons également compris que l'âge d'acquisition du handicap est un facteur considérable dans la compréhension du phénomène. Les données nous ont montré que les adolescents ayant acquis leur handicap tôt souffrent d'un plus haut degré de dépression. En plus, il est ressorti dans notre étude que les adolescents qui ont suivi des séances de thérapie suite à leur handicap sont moins dépressifs que ceux qui n'en ont pas suivi. La rééducation de l'adolescent devenu handicapé apparait comme un aspect important dans l'étude du degré de dépression à l'adolescence.

Notre hypothèse selon laquelle l'adolescent qui, suite à un handicap physique, devient dépressif a été confirmée en partie ; Le degré de dépression de l'adolescent vivant avec un handicap physique parait plus complexe lorsque nous tenons compte d'un ensemble de facteurs qui jouent des rôles importants dans la compréhension du rapport entre les deux variables. En effet, le phénomène devient plus complexe lorsque nous considérons des facteurs ayant rapport avec l'environnement dans lequel l'adolescent handicapé vit, le mode de prise en charge, l'âge et la capacité de résilience de l'adolescent, sa capacité à se réapproprier de son corps.

Le handicap physique de l'adolescent n'est pas la seule variable capable de le conduire à la dépression ; le type de prise en charge, le support familial, l'environnement et les capacités individuelles de l'adolescent sont autant de facteurs qu'il faut prendre en compte.

L'environnement dans lequel l'adolescent handicapé évolue joue un rôle déterminant. En effet, la famille et les institutions spécialisées dans la prise en charge des personnes handicapées doivent plus que jamais jouer leur rôle dans d'accompagnement des adolescents vivant avec un handicap physique. L'Etat doit aussi s'impliquer afin de supporter ces institution tant au niveau technique que matériel. La ratification de la loi sur l'intégration des personnes handicapées44(*) fait montre d'une grande volonté de l'état de se pencher sur la situation des cette catégorie de personnes très vulnérables et stigmatisées dans la société. La législation haïtienne n'avait pratiquement pas fait de

provision légale en matière de violation des droits des personnes handicapées. D'autres efforts doivent être consentis afin de faire respecter les droits des personnes handicapées en Haïti. Notre recherche se veut non seulement un outil permettant de mieux comprendre la dépression de l'adolescent haïtien devenu handicapé mais également un outil de plaidoyer et de sensibilisation pour le respect de leurs droits.

Notre travail nous a permis de mieux comprendre la complexité de la relation entre la dépression et l'handicap physique à l'adolescence ; Cependant nous reconnaissons les limites que comporte notre travail au niveau méthodologique et empirique notamment la faible taille de notre échantillon.

Nous pensons que d'autres recherches peuvent être menées dans le but d'approfondir la compréhension du rapport entre la dépression et le handicap physique à l'adolescence. Des études menées sur une plus grande échelle avec une plus grande diversité de sujets (adolescents handicapés en situation de restavek, adolescents handicapés vivant des les rues, adolescents handicapés vivant en milieu urbain par rapport à ceux vivant en milieu rural etc.) sont autant d'autres recherches qui pourront prolonger à coup sûr nos réflexions dans le domaine.

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* 1 Ce sont les soins maternels qui soutiennent le moi de l'enfant encore immature

* 2 HAMONET Claude., De JOUVENENCE M, et al. Handicap les mots pour le dire, des idées pour agir, connaissances et savoirs, Paris 2005, 109p.

* 3 DREANO Guy, « Tentatives de définition du handicap », Guide de l'éducation spécialisée, Université de Nancy. Consulté le 14 octobre 2011

* 4 La psychanalyste Korff-Saumann donne une lecture très originale du mythe, vu sous l'angle de la difformité : OEdipe est-il infirme d'avoir été exposé ou a-t-il été exposé parce qu'infirme. D'OEdipe à Frankenstein, Figures du handicap, ed Desclee de Brouwer, France 2001

* 5 Voir Aristote, De la corruption et de la génération des animaux, Traduction MUGLER Charles, Les belles lettres, Paris 1966.

* 6 FOUCAULT MICHEL, Histoire de la folie à l'âge classique, Paris, 1961.

* 7 Diderot veut montrer qu'il y a contradiction entre l'existence d'une intelligence divine et celle d'anomalies

* 8 Handipole, politiques d'emploie en faveur des personnes handicapées. (Disponible en ligne sur : http://www.handipole.org/spip.php?article1043 (consulté le 12 septembre 2012)

* 9 MINUSTHA, « Haïti : plus de respect pour les personnes Handicapées » , Rapport officiel du 04 décembre 2007, p.1

* 10 DAUDIER Valery, «  Les personnes handicapées : une préoccupation majeure ». Le nouvelliste, 6 septembre 2011.

* 11 THOMSON Mike. « Haiti after the storm », BBC today, 4 décembre 20009`. Disponible en ligne sur:

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* 12 Voir les commentaires du secrétaire d'État à l'Intégration des Personnes handicapées, le Dr Michel Péan dans: SONTAG Deborah. « Haiti Mental Health System is in Collapse ». New York Times, 19 mars 2010. P16-17.

* 13 PHILLIPS Cassandra, « Aller vers le cocobai : la reconstruction et les personnes handicapées en Haïti », Cahier de politiques, janvier 2011. P18-19.

* 14 www.seiph.gouv.ht, disponible sur : http://www.seiph.gouv.ht/le-moniteur-loi-portant-sur-l%e2%80%99integration-des-personnes-handicapees/ (consulté le 15 mars 2012.)

* 15 BAZILASHE, J. & al. (1995). Approche de l'adolescent. Vous avez dit... Pédagogie, 1995, pp. 5-21.

* 16 ROSENBERG Morris, « Concerving the self «, New York: Basic Books. 1979, p. 11

* 17 DOLTO Françoise, La cause des adolescents, Paris : Laffont. 1988. P.384

* 18 DEBESSE Maurice, Les étapes de l'éducation, PUF, Paris. 1960, 203p

* 19 AUDETAT, M-Cl. & VOIROL, C., L'adolescent, Neuchâtel : Psynergie, 1997. P.2

* 20 CLEAS, Michel « Pratiques parentales et comportements déviants à l'adolescence» in Enfance, PUF, 2001, pp. 379-399

* 21 HEURRE Patrice, « L'histoire de l'adolescence : rôles et fonctions d'un artifice », Journal français de psychiatrie, mars 2001 (no14), p. 6-8.

* 22 DOLTO Françoise, Paroles pour adolescents ou le complexe du homard, Hatier. Paris 1990, 107p.

* 23 RICHARD François, Les troubles psychiques a l'adolescence. Dunod, Paris 1998. P26

* 24 Id

* 25 FREUD Sigmund, Trois essaies sur la théorie sexuelle. Folio essays, Ed Gallimard. Paris 1987, 165p.

* 26 WALLON H, « Kinesthésie et image visuelle du corps propre chez l'enfant », Bulletin psychologique. 1954, vol VII p.239-246

* 27 SCHILDER Paul, L'image du corps. Gallimard. 1968, P 35.

* 28 LACAN Jacques, Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je telle qu'elle nous est révélée dans l'expérience psychanalytique. Ecrits. Paris 1966, Seuil, p. 93-100.

* 29 DOLTO Françoise, L'image inconsciente du corps. Paris : Editions du Seuil, 1984, P 17

* 30 BLOS Peter, Les adolescents, Stock. Paris 1967, 208 p.

* 31 BRACONNIER Alain, MARCELLI Daniel et al L'adolescence aux 1000 visages. Edition Odile Jacob. Paris, 1991, p55

* 32 KESTEMBERG Evelyne, Les troubles psychiques à l'adolescence, in François Richard, Dunod, Paris. 1998. p42

* 33 Ibid P 55

* 34MARCELLI Daniel, « Les copains, l'amie» in Le lien groupal à l'adolescence, Dunod, Paris 2000. P 219

* 35 LIZAIRE Evenson, Domesticité et estime de soi à l'adolescence. P Port-au-Prince, UEH, Fasch, 2007. 103p, pp78.

* 36 CADET Jean Robert, Restavek, enfants esclaves en Haïti, University of Texas, Austin 1997.106p.

* 37 La clinophilie est le fait de rester au lit, la journée, allongé, pendant des heures, tout en étant éveillé. C'est un trouble d'origine psychologique parfois trouvé dans la dépression ou certaines formes de schizophrénie.

* 38 Absence de règles ou de menstruation

* 39 Le gain secondaire survient après coup comme un gain supplémentaire retiré d'une maladie déjà installée et concerne des satisfactions davantage narcissiques que libidinales. Le moi doit alors livrer un combat défensif secondaire face au(x) symptôme(s) et pactiser avec lui (eux) pour tenter d'en recueillir un avantage secondaire.

* 40 Association des paralysés de France, Déficiences motrices et handicaps, Aspects sociaux, psychologiques, médicaux, techniques et législatifs, troubles associés. Paris : Association des paralysés de France, 1996, 505 p., p. 9-11)

* 41 POULIOT Eve, TURCOTTE Daniel, MONETTE Marie-Lynne, « La transformation des pratiques sociales aupres des familles en difficulté: du «paternalisme» a une approche centre sur les forces et les compétences». Service social, vol 55 no 1, 2009. P 17-30. Disponible sur :http://id.erudit.org/iderudit/029487ar. (consulté le 10 mas 2012)

* 42 APF, inventer l'accompagnement des adolescents en situation du handicap moteur, no 17, octobre 2009

* 43CHEVANCE Jean Pierre, déficiences motrices et situation de handicap, éd APF, 2002, p19.

* 44 HAITI. PARLEMENT HAITIEN. Le Moniteur. Lois portant sur l'intégration des personnes handicapées. Journal officiel, no 79 du 12 mai 2012, 24 P.






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