RESUME DU TRAVAIL ET MOTS
CLES
Notre projet tutoré a porté sur
l'amélioration des pratiques de prescription médicamenteuse dans
les formations sanitaires de la Zone de Santé de Katwa.
Dans un premier temps, nous avons mené une recherche
scientifique visant à identifier les écarts par rapport aux
bonnes pratiques de prescription et à mieux cerner le problème.
Il s'agissait d'une étude transversale, descriptive et comparative
réalisée dans les formations sanitaires de la Zone de
Santé de Katwa. La population d'étude était
constituée de l'ensemble des ordonnances et dossiers de consultation
produits entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026. Un échantillon de 2
000 prescriptions a été sélectionné
conformément aux recommandations de l'Organisation Mondiale de la
Santé (OMS), à raison de 100 consultations par formation
sanitaire. L'étude a concerné 20 structures sanitaires, dont 7
centres de santé, 6 cliniques et centres hospitaliers, 5 postes de
santé et 2 hôpitaux. Parmi celles-ci, 4 étaient publiques,
6 conventionnées et 10 privées ; 12 étaient
intégrées et 8 non intégrées. Les données
ont été collectées rétrospectivement à
partir des registres de consultation, des ordonnances et des dossiers
médicaux à l'aide d'un questionnaire électronique
conçu sur KoBoToolbox. L'analyse des données a été
réalisée à l'aide du logiciel Microsoft Excel.
Les résultats ont montré que le nombre moyen de
médicaments prescrits par ordonnance était de 3,39,
légèrement supérieur à la norme de l'OMS
fixée à 3 médicaments. Les moyennes les plus
élevées ont été observées dans les postes de
santé (3,78), les structures privées (3,89) et les formations
sanitaires non intégrées (3,84). Les moyennes les plus faibles
ont été enregistrées dans les centres de santé
(3,02) et les structures publiques (2,76).
La proportion des médicaments prescrits en
dénomination commune internationale (DCI) était de 17,3 %,
largement inférieure à la norme de l'OMS de 100 %. La proportion
des médicaments prescrits figurant sur la Liste Nationale des
Médicaments Essentiels était de 87,7 %, également
inférieure à la norme de 100 %.
La proportion des consultations comportant au moins un
antibiotique était de 86,4 %, soit près de trois fois la norme
recommandée par l'OMS (30 %). Les proportions les plus
élevées ont été observées dans les postes de
santé (91,8 %), les structures privées (91,4 %) et les formations
sanitaires non intégrées (91 %). Les proportions les plus faibles
ont été enregistrées dans les centres de santé (80
%) et les structures publiques (79,75 %).
Les médicaments injectables étaient prescrits
dans 47,2 % des consultations, contre une norme OMS de 10 %. Les proportions
les plus élevées ont été observées dans les
postes de santé (60,6 %), les structures privées (64,7 %) et les
formations sanitaires non intégrées (66,88 %). Les proportions
les plus faibles ont été retrouvées dans les
hôpitaux (32 %) et les structures conventionnées (25,5 %).
Cette étude met donc en évidence une utilisation
irrationnelle des médicaments dans les formations sanitaires de la Zone
de Santé de Katwa, caractérisée notamment par une
prescription excessive d'antibiotiques et de médicaments injectables,
ainsi qu'un faible recours à la DCI.
Par ailleurs, l'étude révèle plusieurs
éléments susceptibles de contribuer aux pratiques irrationnelles
de prescription. En effet, seulement 10,2 % des prestataires de soins sont
rémunérés par l'État, tandis que 38 % ont
bénéficié d'une formation en prescription
rationnelle ; la durée moyenne depuis la dernière formation
variant entre 2,7 et 4,45 années. Sur le plan institutionnel, 60 % des
structures sanitaires disposent de la Liste Nationale des Médicaments
Essentiels (LNME), tandis que 65 % participent à des activités de
promotion ou de publicité des médicaments. Par ailleurs,
seulement 55 % des structures sanitaires déclarent la pharmacie zonale
ou le Centre de Distribution Régional (CDR) comme principale source
d'approvisionnement en médicaments.
Sur la base de ces constats, nous avons conçu un projet
d'amélioration de la qualité des pratiques de prescription
médicamenteuse dans la Zone de Santé de Katwa, prévu du
1er octobre 2026 au 30 septembre 2027.
Le projet a pour objectif général
d'améliorer la qualité et la rationalité de la
prescription médicamenteuse dans les formations sanitaires de la Zone de
Santé de Katwa, afin de promouvoir une utilisation appropriée,
sûre et efficiente des médicaments. Avec un budget de 8978 dollars
américains, le projet vise spécifiquement à réduire
la moyenne du nombre de médicaments prescrits par ordonnance à
moins de 3, à ramener la proportion de consultations comportant au moins
un antibiotique à moins de 30 % et celle des médicaments
injectables à moins de 10 %, à accroître la proportion de
médicaments prescrits en DCI à plus de 90 %, et à
renforcer les compétences des prescripteurs dans l'utilisation des
directives thérapeutiques.Pour atteindre ces objectifs, les principales
activités prévues sont la coordination avec le BCZ/ECZS,
l'évaluation initiale, la conception des outils, la formation des
prescripteurs en trois rotations, la mise en place du mentorat, la supervision
des formations sanitaires, le suivi régulier des indicateurs,
l'évaluation à mi-parcours et l'évaluation finale. Ainsi,
ce projet tutoré s'inscrit dans une démarche allant de
l'identification scientifique du problème à la mise en oeuvre
d'une intervention d'amélioration de la qualité, avec pour
finalité de contribuer à une utilisation plus rationnelle des
médicaments, à l'amélioration de la qualité des
soins et à la prévention de la résistance aux
antimicrobiens.
Mots-clés : prescription médicamenteuse, usage
rationnel des médicaments, indicateurs OMS, antibiotiques, injectables,
Zone de Santé de Katwa.
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