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La presse écrite régionale au Burkina: Etat des lieux des journaux bobolais

( Télécharger le fichier original )
par Moussa SANON
Université de Ouagadougou / Burkina Faso - Maîtrise en Sciences et Techniques de l'Information et de la Communication 2005
  

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3- Les ressources financières

Les ressources financières sont d'une importance capitale pour les journaux. « Au Burkina Faso, pour créer un journal, il faut suffisamment d'argent pour non seulement acheter du papier, imprimer le journal, mais aussi assurer sa distribution sur le territoire national et à l'étranger. Par ailleurs, il faut payer les salaires du personnel et les loyers du local abritant le journal. C'est dire donc que sans argent, on ne peut asseoir un journal »67(*).

Pour parvenir à financer leurs charges de fonctionnement, plusieurs moyens existent allant des recettes commerciales, aux subventions et aides.

a- Les recettes commerciales

Ce sont les recettes de vente, les recettes publicitaires et les recettes occasionnées par les publi-reportages qui forment les recettes commerciales.

- Les recettes de vente

Bien qu'un journal ne soit pas un bien comme les autres, il reste un produit économique qui, pour durer, doit se vendre.

Les journaux qui se préoccupent des recettes de vente sont ceux qui se vendent. Les journaux qui nous intéressent ici sont : L'Express du Faso, Libération, Le Messager et La Gazette de Sya ; parce que non-corporatistes et non liés à un groupe associatif, politique ou confessionnel.

Tableau 12 : Recettes de vente de L'Express du Faso, de Libération, de

La Gazette de sya et du Messager en 200468(*).

Organes

Recettes de vente

L'Express du Faso

50 400 000 F CFA

Libération

14 400 000 FCFA

La Gazette de Sya

300 000 F CFA

Le Messager

1 875 000 F CFA

Source : Tableau établi par l'auteur à partir des données

fournies par les journaux

L'Express du Faso vient en tête dans la vente au numéro de son produit - journal. Cela s'explique par le fait qu'il est le seul quotidien de la ville et qu'il a aussi le plus grand nombre d'abonnés parmi les journaux bobolais.

Les chiffres sur la vente des journaux bobolais restent tout de même faibles par comparaison aux chiffres des journaux de la capitale. « Ce qui fait le succès de la presse ouagalaise est justement absent à Bobo à savoir les nombreuses administrations, les ambassades étrangères, les sièges des innombrables projets de développement »69(*).

Tableau 13 : Répartition des abonnés de L'Express du Faso, de Libération, du

Messager et de la Gazette de Sya en 2004

Organe

Nombre d'abonnés

L'Express du Faso

604

Libération

21

La Gazette de Sya

11

Le Messager

Néant

Source : Tableau établi par l'auteur à partir des données

fournies par les journaux

Les recettes provenant de la vente ne suffisent pas à équilibrer les budgets des médias qui se voient obliger de se tourner vers le marché de la publicité et des publi-reportages.

- La publicité et les publi-reportages

Ils sont un mode de recettes commerciales que l'on retrouve dans les journaux bobolais, en l'occurrence ceux non-corporatistes et non-liés à un groupe associatif, politique ou confessionnel. Ces recettes constituent une manne financière très importante pour ces journaux. « L'ambiguïté fondamentale à relever est que les publi-reportages sont rarement présentés comme tels dans la presse. Il s'agit donc d'un manque d'honnêteté face au lecteur qui est en droit de savoir dans quelles circonstances a été recueillie l'information qui lui est proposée »70(*).

La publicité permet aux journaux, comme on le dit souvent, d'être vendus deux fois : d'abord aux lecteurs et ensuite aux annonceurs. « La presse dépend économiquement de ses recettes publicitaires »71(*).

« Le produit médiatique, ici le journal, n'est pas seulement une réalisation culturelle, mais un bien de consommation en compétition sur un marché où d'autres médias cherchent également à capter un public nombreux et des budgets publicitaires croissants »72(*).

La presse écrite bobolaise n'est pas bien fournie en annonces publicitaires et en publi-reportages comme son homologue de Ouagadougou. Ce succès de la presse ouagalaise est dû à l'importance démographique de la ville et aux nombreuses administrations, institutions, entreprises, activités et évènements... qui s'y trouvent.

Tableau 14 : Recettes de la publicité et des publi-reportages de L'Express du Faso,

de Libération, de La Gazette de Sya et du Messager en 2004

Organe

Somme acquise en F CFA

L'Express du Faso

12 000 000

Libération

2 400 000

La Gazette de Sya

250 000

Le Messager

500 000

Source : Tableau établi par l'auteur à partir des données

fournies par les journaux

b- Les subventions et les aides

On distingue ici trois types : les subventions de l'Etat, les subventions étrangères et les subventions privées.

- Les subventions de l'Etat

Depuis 1997, l'Etat burkinabè octroie chaque année un soutien financier au secteur de la presse.

Cette subvention vise dans son principe à :

- Alléger les charges des organes de presse privée,

- Améliorer la qualité des médias privés,

- Améliorer le niveau de formation des journalistes,

- Soutenir l'existence d'une presse qualitative responsable et indépendante.

A Bobo-Dioulasso un seul journal en a bénéficié en 2004. Il s'agit de L'Express du Faso. Le montant de l'aide s'élevait à 4 863 453 francs CFA73(*).

Les raisons du non-octroi aux autres journaux s'expliquent par le non-respect de certains des critères d'éligibilité74(*). Ces critères relatifs à la presse écrite privée en langue française sont les suivants :

1- Etre un journal d'information générale, un journal culturel ou spécialisé burkinabè ;

2- Avoir déposé une demande dans les délais ;

3- Joindre à la demande une copie du récépissé du journal concerné ;

4- N'être pas un journal corporatiste, d'un groupe politique ou confessionnel ;

5- N'être pas un catalogue, un prospectus, un journal publicitaire ou de mode, un journal d'école, un journal de pronostic ;

6- Avoir édité sans interruption du 1er janvier au 31 décembre de l'année civile écoulée ;

7- Justifier de toutes les parutions de l'année civile écoulée ;

8- Pour plusieurs journaux appartenant à un même groupe, il ne sera retenu qu'un seul titre ;

9- Avoir un siège et une adresse postale et téléphonique fixe ;

10- N'être pas déjà subventionné par l'Etat ;

11- N'être pas exempté d'impôts ou de cotisations sociales ;

12- Etre à jour vis-à-vis des impôts au 31 décembre de l'année civile écoulée et fournir à cet effet, une attestation dûment établie par les services compétents ;

13- Etre à jour vis-à-vis de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) au titre de l'année civile écoulée et fournir une attestation de la situation cotisante précisant le nom du journal et le nombre d'agents déclarés au titre du journal ;

14- Joindre la liste nominative des agents déclarés à la CNSS. Cette liste, certifiée par le directeur du journal, doit indiquer les postes occupés par les agents déclarés.

- Les subventions étrangères

De nombreux pays et ONG ont pris l'habitude de soutenir la presse privée. Certains journaux bobolais ont déjà bénéficié de ce genre d'aide. Il s'agit en l'occurrence de L'Express du Faso75(*).

- Les subventions privées

Elles sont la forme de subvention la plus développée, d'ailleurs à l'origine de la création de certains titres comme L'Express du Faso, Libération, Le Messager et La Gazette de sya. Toutefois, il est difficile d'identifier clairement les donateurs de cette forme d'aide dans les journaux.

En dehors des ventes, de la publicité, des publi-reportages et des différentes formes de subventions, les journaux bobolais n'ont pas d'autres sources de revenus. Cependant, depuis l'acquisition de l'imprimerie et de son service PAO, L'Express du Faso arrive à générer des ressources financières par des travaux annexes. C'est aussi le cas de La Gazette de Sya qui confectionne, grâce à ses ordinateurs, des supports publicitaires.

* 67 KAMBOU Berthe, La liberté de presse sous la quatrième république, Mémoire pour l'obtention du diplôme de maîtrise es Sciences juridiques, option Droit public , Faculté de droit et de sciences politiques (FDSP), Université de Ouagadougou, 1993-1994, p.23

* 68 Calculées sur la base du nombre de parution et du taux de vente.

* 69 Serge Théophile BALIMA et All. Op.cit., p.32

* 70 Serge Théophile BALIMA et Marie-Soleil FRERE, cités par BALIMA Dimitri, op.cit., p.51

* 71 Pierre ALBERT, op.cit., p.50

* 72 Michel MATHIEN, op.cit., p.208

* 73 Source : L'Observateur Paalga N°6273 du lundi 22 novembre 2004, p.40

* 74 Source : Sidwaya N°5116 du vendredi 8 octobre 2004.

* 75 Ce journal a bénéficié en 2004 de 5 d'ordinateurs de la part de l'Agence intergouvernementale de la francophonie (AIF).

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