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L'histoire oubliée des Tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale

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par Moulaye AIDARA
IEP Aix-Marseille et UMR 5609 ESID CNRS ( Montpellier III) - DEA histoire militaire, sécurité et défense 2000
  

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Moulaye AIDARA

« L'HISTOIRE OUBLIEE DES TIRAILLEURS SENEGALAIS

DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE1(*) »

AVANT PROPOS

«  13 mai 1940, trois jours après les premiers bombardements allemands, le commandement français réalise que l'offensive perce à Sedan, là où l'on s'y attendait le moins. En effet, dans l'après midi de cette terrible journée, couvert par une intense préparation aérienne, l'infanterie allemande franchit la Meuse dans le secteur de Sedan, sur le front de la II ème armée du général Huntziger.

Les jours suivants, aux alentours de Dinant-Givet et Revin-Monthermé, d'autres franchissements ont lieu pendant que des éléments blindés prenaient position sur la rive gauche. Pressé de toutes parts, le commandement tente d'établir un barrage qu'il confie à une troupe sûre : l'infanterie coloniale. Sur un front de 20 km, la 1ère et la 6ème divisions face à toute la puissance mécanique allemande. 30 000 hommes dont 10 000 soldats de l'AOF : des soldats noirs2(*) ».

Entre le 21 juillet 1857, date de la création par décret du premier bataillon de Tirailleurs sénégalais par Napoléon III et le 08 mai 1945, date de la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux événements concernant au plus haut niveau les Africains se sont passés. La « Force noire3(*) » chère au général Charles Mangin a été finalement présente sur tous les fronts depuis sa création. Le général Mangin, ému par l'ardeur au combat de ces soldats noirs, obtint l'autorisation par l'assemblée nationale en 1912 de recruter 7000 africains pour servir en dehors de l'AOF avec en arrière pensée, l'idée de pouvoir utiliser cette force africaine en cas de conflit avec l'Allemagne.

Les troupes de marine avaient recruté, dès 1830, des africains noirs au Sénégal qui alors était la seule colonie au sud du Sahara. Malgré quelques réticences au début et après une politique officielle de recrutement militaire au Sénégal fondé sur le volontariat, le décret de 1857 allait reconnaître les Régiments de Tirailleurs sénégalais (RTS) . Utilisés d'abord dans la conquête du Soudan occidental, ils allaient très vite avoir d'autres prérogatives comme la défense de la France et de l'empire durant les deux guerres mondiales.

Ainsi, lorsque éclate la Première Guerre mondiale, un total de 94 bataillons d'africains de l'ouest, comprenant 161 250 « Tirailleurs sénégalais »4(*), soit 3% des cinq millions de citoyens français sous uniforme. Le Professeur Marc Michel5(*) en a brillamment fait la chronique dans son « Appel à l'Afrique ».

Le 3 septembre 19396(*), lorsque la France déclare la guerre à l'Allemagne, elle fera tout naturellement de nouveau appel à sa force noire. Le Progrès colonial exultait à l'époque :  « Pour la deuxième fois en vingt-cinq ans, des gens de couleur ont répondu à l'appel de la France sans plaintes ni murmures mais avec l'enthousiasme qui témoigne de leur loyauté ». 

En fait, le rôle des Tirailleurs sénégalais, dans l'éventualité d'une guerre, était posé dès 1937, bien avant la déclaration des hostilités avec l'Allemagne nazie. Le gouvernement français envisageait même de projeter 160 000 hommes en provenance de l'AOF dès la déclaration de guerre. Il semble certain en tout cas qu'au moins 150 0007(*) Africains de l'ouest servaient dans l'armée française au moment de la débâcle. Effectivement, quand les colonnes allemandes s'enfoncèrent au Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, les Tirailleurs sénégalais se trouvaient dans cinq divisions d'infanterie coloniale : le première, la seconde, la quatrième, la huitième et la neuvième, qui était une division d'infanterie légère. Les régiments ouest africains étaient concentrés dans les huit RTS et les deux Régiments d'Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais (RICMS) ; Le douzième et le quinzième RTS vont se retrouver immédiatement dans les combats à cause de leur position. Ainsi, entre mai et juin 1940, la campagne de France sera rude pour ces hommes venus du sud. Beaucoup ne retourneront jamais en terre africaine. Les survivants à cette guerre ne seront plus les mêmes hommes. Respectés dans leurs villages, on les considérait comme des hommes « qui avait la force ».

Pourtant, malgré leur participation à la guerre et ce sur tous les fronts, les travaux sur les Tirailleurs sénégalais sont remarquablement peu nombreux. Les seuls véritables études sont faites par des anglophones ( Anglais, Américains) ; notons cependant le travail remarquable de Julien Fargettas sur le massacre des soldats du 25ème RTS. M. Fargettas constate qu'à part la réalisation du Tata sénégalais de Chasselay, hommage rendu aux tirailleurs par le village, il ne reste pas grand chose pour la Mémoire des Tirailleurs africains :

« Jean Marchiani, l'initiateur du Tata rendant hommage au sacrifice des tirailleurs, avait choisi cet intérêt historique puisque, dès 1940, il entendait faire de cette nécropole un lieu de souvenir des crimes allemands commis au nom de l'idéologie nazie. Mais de ce projet, que reste t'il aujourd'hui ? Après une période faste correspondant à la libération et à l'après-guerre, le Tata et les événements qui sont à l'origine de son érection semble tomber dans l'oubli8(*) ».

Mis à part, quelques remarquables articles qui résument l'épopée des T.S9(*), il n'y a pas de vrais travaux universitaires sur les T.S de la Seconde Guerre mondiale du côté francophone ( thèse en particulier) :

« Il n'y a de véritables morts dans la mémoire des hommes que par l'oubli »..

Oubliés ! Les T.S le sont déjà, en partie. Les nouvelles générations africaines ne comprennent pas ces vieux bardés de médailles, ils ont certainement d'autres soucis. Morts, ils le seront tous bientôt, certainement. Mais leur histoire, leur mémoire accompagnera toujours la France comme une ombre car ces hommes ont été sur tous les fronts : à Verdun, à Lyon, partout ils ont versé leur sang pour la France : leur patrie. L'oubli de leur épopée par la France serait une seconde mort pour eux.

Le dernier Tirailleur de la Première Guerre mondiale est mort. Dans quelques années viendra inévitablement le tour du dernier T.S de la Seconde Guerre mondiale. Peut-être bien que les JT de 20 heures des chaînes françaises consacreront une petite page pour ce dernier mort comme ce fut le cas pour Babacar Diop10(*). Mais après, que restera t-il d'eux ? Est-ce que les générations futures se souviendront de ces hommes ? Dans les futures livres d'histoire français, y aura t-il une seule fois le mot Tirailleur ?

Pourquoi me suis-je lancé dans cette recherche ? Pourquoi un mémoire sur les Tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale ? La réponse vient d'une Anecdote. En effet, il y a quelques années, alors que je préparais un diplôme à la faculté des Sciences de Lyon, un ami m'invita chez lui à Chasselay en me précisant que son village avait été défendu durant la Seconde Guerre mondiale par des Sénégalais, il s'agissait en fait de Tirailleurs sénégalais qui regroupaient tous les Africains noirs de l'Afrique française et non pas uniquement les habitants du Sénégal. A ce moment, je savais à peine que ces hommes avaient participé à la guerre mondiale et me souvint vaguement de la chanson très connue du Congolais zao11(*) dédié aux anciens combattants. Quand je découvris le Tata sénégalais de Chasselay12(*), une grande tristesse m'envahit : que sont venus faire ces hommes ici pour y mourir ? Ces noms que je connaissais pour la plupart, ces tombes qui auraient pu être celles de proches ? Je sentis tout à coup combien ces malheureux étaient proches de moi. Je n'hésitais alors pas une seconde lorsque la possibilité de travailler sur le sujet se présenta grâce au DEA d'histoire militaire, sécurité et défense. J'étais convaincu qu'une véritable étude sur les Tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale est le meilleur hommage qu'on peut leur rendre, eux « que personne ne nomme », « qui pourra vous chanter si ce n'est votre frère d'armes, votre frère de sang ? » disait Léopold Sédar Senghor13(*).

Mon intérêt s'accrut au fil de mes lectures et des documents trouvés sur le sujet et plusieurs questions se posèrent d'elles- même très rapidement :

- Le Tirailleur sénégalais de 1939 était-il différent de celui de 1914, moins intégré à l'empire français, moins instruit et surtout, plus soumis?

- Y avait-il différents types de Tirailleurs en 1939-45 ? Car s'ils étaient du même moule, les Tirailleurs sénégalais venaient d'horizons fort différents. Certains étaient instruits, d'autres comme le futur président de la République du Sénégal avaient fait des études poussées en latin et en grec et connaissaient bien la culture européenne14(*).

- Comment ces hommes instruits ont-ils vécu la guerre ?

- Entre vichy et France libre, les Tirailleurs avaient-ils la possibilité de choisir leur camp ou uniquement celle d'obéir aux ordres de leurs supérieurs ?

J'optais pour un mémoire laissant une grande place aux principaux concernés. Le témoignage oral devint ma principale source. Je pus recueillir quelques témoignages d'anciens combattants de la région Rhône-Alpes, région qui depuis l'an 2000 rend hommage aux combattants noirs15(*) de la Seconde Guerre mondiale. J'eus l'occasion de partir au Sénégal pour recueillir des données à l'IFAN16(*). Ce voyage de deux mois me permit de rencontrer des T.S à la Maison des Anciens Combattants ( MAC ) de Dakar.

En 1989,  « Du côté de chez Fred », une émission de Frédéric Mitterrand consacra un sujet sur les Tirailleurs sénégalais. Parmi les invités se trouvaient des Tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale et quelques cadres des troupes coloniales. Le général Duchesne nota surtout la chaleur humaine qui prévalait dans les régiments de T.S tandis que Frédéric Mitterrand faisait remarquer le discours paternaliste de l'époque sur ces derniers.

CHECHIA ROUGE, VISAGE NOIR !

Mon premier problème fut de trouver un titre qui allait faire revivre les Tirailleurs sénégalais, un titre montrant non seulement l'importance de leur participation à cette guerre mais aussi la frustration ressentie par l'ensemble des T.S après la guerre. J'optais pour ce titre :  « L'histoire oubliée des Tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale à partir d'une enquête orale au Sénégal 17(*) ».

Cette formule qui bien évidemment n'est pas neutre se veut engagée en faveur d'un rétablissement de la mémoire des T.S. Et pour cela, donner la parole « à ceux qui n'ont point de bouche »18(*) est le choix que je vais faire.

J'avais déjà consulté plusieurs documents et articles, notamment lors d'un séminaire à l'IHEDN19(*). La consultation de DOCTHESE ( répertoire des Thèses présentées en France) me confirma que peu d'études concernaient mon sujet et même si l'histoire ne se répète pas et qu'aucune situation n'est acquise, je me tournais vers les études sur les Tirailleurs sénégalais de la Première Guerre mondiale, notamment les travaux de Marc Michel. Mon principal objectif consistait à réhabiliter les T.S tout en restant le plus objectif possible. Ma problématique générale était de savoir comment les T.S ont ressenti cette guerre. Cela m'amena à me poser les questions décrites plus haut.

En affinant mon analyse, je me suis rendu compte qu'il y avait deux aspects évidents durant cette guerre : un aspect psychologique et un aspect militaire.

L'aspect psychologique :

- Comment les T.S ont vécu la déclaration de guerre moralement ?

- Voulaient-ils vraiment participer à cette guerre20(*) ?

- Comment voyaient-ils l'ennemi allemand ?

L'aspect militaire :

- Comment s'est déroulée la préparation militaire ?

- Comment les T.S furent-ils intégrés dans un système militaire élaboré ?

- Comment se sont déroulées les différentes campagnes ?

Ensuite, il me fallait consulter les documents des différents centres de recherche et bibliothèques21(*). Je pus recueillir ainsi beaucoup de documents. Les livres sur les T.S bien que peu nombreux m'ont apporté une grande aide.

« L'Appel à l'Afrique » de Marc Michel permet d'avoir une meilleure idée sur les T.S de la Grande Guerre.  « Souvenir de Guerre d'un Tirailleur sénégalais » du docteur Joseph I. Conombo est un témoignage vivant qui tire sa force de son aspect chronologique. Mais la meilleure étude sur le sujet reste celle de Nancy Lawler «  Soldiers of Misfortune : Ivoirien Tirailleurs During World War II » qui devint très vite mon livre de chevet. L'excellent ouvrage « Histoire de l'Afrique : Afrique Occidentale Française- Afrique Equatoriale Française- Madagascar ( 1934-1960) » de Philippe Héduy. Plusieurs articles dont celui du Professeur Jean-Charles Jauffret paru dans Armée d'aujourd'hui n° 190, pp157 à 163 ainsi que l'article de Maurice Rives dans Hommes et Migrations n°1158 d'octobre 1992. Le magazine  Militaria  a consacré un numéro spécial aux T.S. Il s'agit du n°51 qui me sera très utile même s'il concerne surtout les Tirailleurs de la Grande Guerre. De même, le magazine  Les collections de l'Histoire  consacre un numéro ( n°11 d'avril 2001) sur « le temps des colonies » ; Il me sera très utile. Les travaux d'Anthony Clayton ou de Maryon Echenberg m'ont été très utiles. J'eus accès au colloque de décembre 2000 du CHETOM : «  Les troupes de marine de l'armée de terre : un siècle d'histoire : 1900-200 » ; ce document est très riche. D'autres travaux sur la Seconde Guerre mondiale ont eu leur importance22(*).

Les documents audiovisuels sont assez nombreux malgré la brièveté des sujets à chaque fois. Ils m'ont tout de même servis grâce à la richesse des images d'archive. De même le film « Thiaroye 23(*)» de Sembene Ousmane, film interdit en France et qui retrace l'histoire de Tirailleurs assassinés par l'armée française à leur retour de guerre m'a permis d'avoir une meilleure idée sur les uniformes, la vie en communauté des T.S durant cette guerre.

Enfin, le voyage au Sénégal fut d'une importance capitale. Je pus prendre contact avec les principaux concernés24(*). Mes remerciements vont à M. Diop pour sa disponibilité et son aide ainsi qu'à M.Ibrahima N'Diaye responsables respectivement de l'ONAC de Dakar et de Thiès ( 2ème ville du Sénégal ) ; L'accueil chaleureux de M. Gabriel N'Diaye, secrétaire du bureau de l'UNC ( Union Nationale des Anciens combattants ) m'a très touché. Dans son grand bureau de l'ONAC qu'il partage avec M. Diop, il m'a apporté avec un recul franc des informations sur les anciens combattants :

« Nos camarades anciens combattants de France nous apportent beaucoup d'aide et ce grand bus stationné devant la maison est un don de ces frères d'arme », disait-il. Il me précisa que l'UNC dépend de la FMC ( Fédération Mondiale des Combattants ) dont le président est souvent de passage à Dakar. Il y avait donc une réelle dynamique entre anciens combattants malgré les décisions politiques qui malheureusement ne tiennent pas compte de ces liens unis à jamais au front. Je remercie également le colonel Mamadou Touré25(*) pour l'excellente exposition ( janvier 2001) sur l'armée sénégalaise dont une grande partie concerne les Tirailleurs sénégalais des deux guerres. J'utilisais assez régulièrement Internet outil incontournable aujourd'hui. J'ai pu trouver des renseignements intéressants sur les uniformes et les colloques ( peu nombreux ) sur le sujet.

L'usage fréquent de la poésie est un hommage aux auteurs noirs de la négritude mais aussi à la francophonie.

Le Plan choisi suit une approche chronologique de la guerre.

La première partie traite des sources et de la Bibliographie.

La seconde partie qui s'intitule : De l'Afrique à l'Europe traite du recrutement des Tirailleurs sénégalais, de leur formation et de leur départ pour l'Europe et tente de répondre à la question posée plus haut : les T.S se battaient t-ils vraiment pour la mère patrie26(*) ? Comment ont-ils vécu la défaite ? Comment voyaient-ils leur frères d'arme blancs ?

La troisième et dernière partie : De l'Europe à l'Afrique nous montre comment les T.S sont accueillis chez eux à leur retour de guerre et combien ils étaient devenus d'autres hommes, une nouvelle génération d'africains. Dans cette partie, nous traitons des problèmes que rencontrent ces hommes parce qu'oubliés par la France, mal compris par les nouvelles générations africaines. Elle traite aussi de questions de fond comme l'identification au terme « Sénégalais » d'Africains venant de toute l'Afrique occidentale et équatoriale, les rapports qu'ils avaient avec les autres noirs de l'armée française ( Antilles) ainsi que les Arabes. La rencontre avec les noirs de l'armée américaine. Cette partie est donc la plus importante.

« On fleurit les tombes, on réchauffe les soldats inconnus

* 1 Présenté pour l'obtention du DEA ( Diplôme d'Etude Approfondie) Science Politique option histoire militaire, Défense et Sécurité; IEP Aix-Marseille et UMR 5609, ESID, Montpellier III, septembre 2001.

* 2 LAWLER Nancy, Soldats d'Infortune... , L'Harmattan, 1996

* 3 Voir annexe I ( page III des annexes)

* 4 Terme désignant dès 1740 un combattant isolé qui progresse en ordre dispersé en tirant à volonté pour harceler l'ennemi. 163 602 noirs sont incorporés en AOF et 17 910 en AEF ; 134 077 sont venus en Europe ou en Afrique du nord : CHETOM 15H134 : « Les militaires indigènes pendant la guerre 14-18 »

* 5 Marc Michel, L'Appel à l'Afrique : contributions et réactions à l'effort de guerre en AOF(1914-1918),Paris : Publication de la Sorbonne, 1982, Thèse d'Etat

« La genèse du recrutement de 1918 en Afrique noire française » ,revue française d'outre-mer, 58, n°213 (1971)

* 6 Le 10 mai 1940, 77974 T.S seront engagés. Le 25 juin 1940, 40 000 d'entre eux seront tués ou exécutés par les Allemands. Les T.S sont les premières victimes du nazisme. CHETOM 15H142/doc2

* 7 Renforts de première urgence et deuxième urgence : SHAT 9n270 ; tableau envoyé sous bordereau N°300I805f

* 8 Julien FARGETTAS, Le massacre des soldats du 25ème RTS - Région lyonnaise - 19 et 20 juin 1940 ( tome 1 et 2), Mémoire de Maîtrise d'histoire contemporaine, Université Jean Monnet ( Saint Etienne), sous la direction du Pr. Delpal et de M. Jean François Brun, année universitaire 1998-1999, pp 160.

* 9 Tirailleur sénégalais

* 10 Dernier T.S de la Première Guerre mondiale, mort en décembre 1999, la veille de sa décoration à l'ambassade de France à Dakar.

* 11 Zao est un artiste congolais très connu en Afrique. Il a d'ailleurs eu un rôle dans le film de Sembène Ousmane « Thiaroye » racontant le massacre des T.S à leur retour de guerre par leurs propres frères d'armes et sur ordre de l'armée française.

* 12 En mai 1942, ce tata érigé par jean Marchiani, secrétaire général de l'office départemental des mutilés, combattants, victimes de la guerre et pupilles de la nation, ont été rassemblés sous son contrôle les corps des gradés et soldats du 25ème RTS morts pour la France dans les combats livrés dans ce département le 19 juin 1940.

Voir page VIII des annexes.

* 13 Poème liminaire in Hosties noires ,Paris , seuil,1956, pp 81 à 83.

* 14 Senghor qui fut prisonnier de guerre dans les stalags en profita pour découvrir des auteurs allemands comme Ghoëthe et eut des échanges fructueux sur le plan culturel avec un officier allemand. Il en parle dans son livre « Ce que je crois ».

* 15 Une exposition sur le thème s'est déroulé d'août à octobre 2000 au musée de la déportation de Lyon. Un défilé est prévu le 18 juin 2001 à Lyon avec la présence de Tirailleurs sénégalais invités d'Afrique.

* 16 Institut Fondamental de l'Afrique Noire, Dakar.

* 17 l'histoire des Tirailleurs est souvent qualifiée d'histoire oubliée, titre d'un excellent reportage sur ces derniers. La définition d'une épopée dans le Larousse de poche est la suivante : Epopée : n.f. poème de longue haleine sur un sujet héroïque. fig. Suites d'actions héroïques. Voir les deux poèmes de Senghor en annexe.

* 18 Cahier d'un retour au pays natal. Poème d'Aimé Césaire, inventeur du mot négritude, député-maire de la Martinique.

* 19 Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale. Paris.

* 20 Des cas de mutilations volontaires ont été constatés pour éviter de partir en Europe. Certains n'hésitaient pas à se couper les tendons pour être révoqué.

* 21 Notons que les bibliothèques municipales regorgent de documents. Il faut cependant les trouver car ces documents très anciens dorment souvent dans les silos.

* 22Comme « Mémoire de Guerre » du Général Charles De Gaulle.

* 23 Le 1er décembre 1944, le premier convoi comprenant des T.S rescapés de la débâcle de 1940 débarque enfin à Dakar : des anciens prisonniers, des réformés, des infirmes de guerre, des combattants qui s'étaient illustrés sur les champs de bataille avec comme sentiment le temps de la reconnaissance de « la mère patrie ». Lors de revendication qui conduira à une mutinerie, l'armée tire :30 morts, 11 blessés, 45 arrestations. Tués par leurs frères d'armes, aux portes de leur village alors qu'ils avaient échappé plus de dix fois à la mort sur les champs de bataille européens en se battant pour la France.

* 24 Les noms des interviewés sont dans la première partie.

* 25 M. Touré s'occupe aussi du futur Centre d'Histoire Militaire de l'Afrique de l'Ouest qui sera ouvert à Dakar bientôt. Il a aussi participé au colloque de décembre 2000 : «  Des troupes indigènes du Sénégal à l'armée nationale sénégalaise ».

* 26 Il est intéressant de noter l'exemple du capitaine gabonais N'Tchoréré, engagé volontaire ( voir annexe), exécuté le 07 juin 1940 par les Allemands parce qu'il demandait à être traité en officier ou encore du résistant des Vosges Adi Bâ, exécuté à Epinal en mars 1943. Beaucoup de tirailleurs rejoignent les rangs de la Gold-Cost lorsque le Gouverneur de l'A.O.F Boisson refuse de se rallier à la France libre. Cela témoigne d'un réel attachement à la France.

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