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UNIVERSITE D'ETAT D'HAITI
(UEH)
FACULTE DE DROIT
ET DES
SCIENCES ECONOMIQUES
(FDSE)
Déficit Alimentaire et Aide Alimentaire
Accordée dans le Nord-Ouest (1986-2001)
Analyses Critiques
Mémoire de fin d'Etudes
des Sciences Economiques
Lonège OGISMA, Licencié es
Sciences
Amos DUROSIER, Directeur de Recherche
Port-au-Prince, Octobre 2004
Déficit Alimentaire, Aide Alimentaire
Accordée au Nord-Ouest (1986-2001)
Analyse Critique
DEDICACES
Ce mémoire est dédié :
A la Mémoire de ma Mère Zulie FAUSTIN
OGISMA
REMERCIEMENTS
Ce travail avait pour ambition de tester certaines
théories de la production agricole et d'analyser l'assistance
alimentaire distribuée dans le Far-West. Il est le résultat de
minutieuses recherches que j'ai menées dans le F.W. et auprès de
certaines institutions intervenant dans la distribution de l'aide alimentaire.
Cependant, il est tributaire d'un bon nombre de commentaires et suggestions de
la part de certains Economiste et Agro-Economistes. Je tiens à remercier
ceux d'entre eux dont les noms suivent :
Monsieur Amos DUROSIER qui a assuré avec consistance
la direction de mes travaux et m'a poussé à cultiver
l'esprit des idées positives pour pouvoir bien conduire la recherche.
Mes reconnaissances lui sont aussi adressées pour les exigences qu'il
m'a imposées tout au long du cycle d'études afin d'entreprendre
avec rigueur et courage les travaux académiques qui me furent soumis.
MM. Nemours VINCENT et Edgard JEANNITON qui ont donné
un impeccable soutien technique. Ils ont consacré des heures à
discuter sur le montage du plan de mémoire tout en cherchant à
coordonner mes idées parfois éparses, le plus souvent mal
coordonnées. Je tiens à les remercier également pour ses
suggestions intéressantes sans lesquelles mon travail aurait
été incomplet.
Je souhaite remercier les institutions qui ont répondu
très sympathiquement à mes demandes lorsque je me lançais
dans la recherche de données devant conduire à la
réalisation de ce travail.
Mes remerciements vont aussi à Mme DUVRAS et JEAN
Vilaige infirmière et ingénieur respectivement travaillant dans
le F.W. pour leur accueil et leur précieux concours lors des
enquêtes exploratoires qui devaient aboutir, je l'espère
toutefois, à une correcte interprétation de la
problématique.
Mes remerciements vont de façon toute
particulière à M. St Fleur GERMAIN pour son appui logistique et
pour les moyens économiques mis à ma disposition durant un temps
assez long afin d'arriver à parachever ce travail.
Pour terminer, je désire remercier de façon
très spéciale mes amis Breton FAYETTE, Samy PIGNE et Frisnel
DESIR, Mario SAINT LOUIS, Maximène et Simon OGISMA pour leur entier
dévouement à ma cause.
Enfin, à tous
ceux et celles, qui, d'une façon ou d'une autre, ont contribué
à la réalisation de ce mémoire, j'adresse mes plus
chaleureux remerciements.
AVANT PROPOS
L'aide alimentaire soulève trop souvent de polemiques
pour ne pas attirer l'attention de certains specialistes et les porter à
rechercher à analyser les fondements de ce secteur. D'un coté,
certains detracteurs disent qu'elle sert de debouchés pour
écouler les surplus de production des pays nantis. De l'autre
coté, les tenants favorables à la distribution gratuite de
produits soutiennent qu'elle pourrait servir d'outils au développement
économique et social. Bien que ce mémoire ne permette à
aucun de ces groupes de valider leur thèse, puisqu'il est
réalisé dans un cadre trop restreint, il pourra éclairer
les lenternes sur les éventuelles prises de position des donateurs face
aux situations de marché (fluctuations de prix) et également lors
des pénuries alimentaires des pays économiques pauvres.
A noter que l'analyse de la distribution de l'assistance
alimentaire par rapport aux différents niveaux de pluie dans une
région donnée n'est pas une tâche assez aisée. Au
prime à bord, il fallait focaliser la période de fin de stocks
des gens qui en ont besoin pour ensuite placer la commande de telle
mamière que la nourriture commence à être distribuée
en ce moment. Et, dans le cas d'une période de soudure assez longue le
flux d'aide sera élevé ; ce qui pourrait ne pas s'accommoder
aux stocks disponibles chez les donnateurs. Suite à une période
de soudure relativement longue, notamment les cas couramment rencontrés
dans le Far-West, et présentés de façon cyclique, il est
inévitable que la distribution de nourriture coinciderait à des
pluies intences. Et ce, pour deux raisons :
1) Une bonne partie de la période de soudure coincide
inéluctablement à l'arrivée de nouvelles pluies et par
voies de conséquences, entre autres, la période des semailles.
Dependamment du type de cultures pratiquées, il faut attendre deux mois
pour avoir de la nourriture dans les jardins.
2) L'aide peut continuer à être distribuée
lors de la nouvelle récolte vu qu'un retard a été
enregistré dans le processus (transport par exemple) de distribution.
Donc, suivant cette logique, on devrait planifier de
façon à ce que l'activité de distribution de nourriture
prenne fin à l'approche des nouvelles récoltes en recanalisant
les aides vers les industries agro-alimentaires.
Prenons le cas où l'aide est sollicitée et il y
a une absence complète de stocks chez les pays nantis. Pour les
Economistes, cette période correspond inéluctablement à un
régime de prix élevé puisque l'offre ne permet de
compenser la demande sur le marché. A ce niveau, l'enjeu est de
taille ; et, on est appelé à poser les questions
suivantes : Comment se fait-il qu'un pays ou un Etat qui n'a pas
suffisamment de produits pour écouler sur le marché, satisfaire
la demande de sa clientèle, en conséquence augmenter ses profits
puisse en touver pour donner en cadeau ? Face à une pénurie
alimentaire dont la conséquence immédiate est la perte de vies
humaines, ne serait-il pas humanistes des riches de réduire leurs
profits pour les sauvegarder.
En clair, face à de telles interrogations, le
problème devient complexe et la résolution ne se
révèle non pas du simple jeu de propagande mais d'actes
réfléchis et concertés.
TABLE DES MATIERES
DEDICACES
II
REMERCIEMENTS
III
AVANT PROPOS
IV
TABLE DES MATIERES
VI
RESUME
X
LISTE DES SIGLES ET DES
ABRÉVIATIONS
IX
LISTE DES TABLEAUX
XII
LISTE DEE FIGURES ET DES GRAPHIQUES
XIII
LISTE DES ANNEXES
XIII
LISTES DES STATISTIQUES
XIII
1 ere PARTIE: DEFINITION ET METHODOLOGIE
CHAPITRE I
1
CADRE DE L'ETUDE
1
SECTION I
1
1.1.- DEFINITION DE L'ETUDE
1
1.1.1.- Problématique et
Justification
1
1.1.2.
Présentation des objectifs
4
1.1.2.1.-Objectif
général
4
1.1.2.2.-Objectifs
spécifiques
4
1.1.3.- Hypothèses de recherche
4
SECTION II
5
1.2.- Eléments
Méthodologiques
5
1.2.1.- Revue
Bibliographique
5
1.2.2.-Collecte et traitement de
données
5
1.2.2.1.- Collecte de données
5
1.2.2.2.- Analyses des données et
méthodes de calculs
6
1.2.3.-
Modélisation
6
1.4.4.-.- Analyses et Discussions des
Résultats de la Régression
8
2eme PARTIE: THEORIE ET ZONE D'ETUDE
CHAPITRE II
9
CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE
9
2.1.- La productivité agricole en
fonction du rendement hydrique
9
2.2.-L'assistance alimentaire et la
production agricole
9
SECTION I
10
2.3.- APPROCHE DE L'ALIMENTATION
10
2.3.1-Situations de Crises
Alimentaires
10
2.3.2-Nutrition et Participation des
Communautés
11
2.3.3 .- Alimentation Properment
Dite
12
2.3.4.- Sécurité
Alimentaire dans les Familles
14
2.3.5.-Problèmes de Distribution,
Pauvreté et Sécurité Alimentaire.
16
SECTION II
17
2.4.- APPROCHE DE LA PRODUCTION
AGRICOLE
17
2.4.1.-Impact socio-économique de
la modernisation de l'agriculture.
17
2.4.2.-Importance de la production
vivrière.
18
2.4.3.-Production et productivité
agricoles.
18
2.4.4.-Croissance et
équité
18
2.4.5.-Importance de la production
vivrière et agricole
19
2.4.6.-Accumulation de capital
technologique
20
2.4.7.-Mise en valeur du capital
humain
21
CHAPITRE III
22
ZONE D'ÉTUDE, AIDE ALIMENTAIRE
22
SECTION I :
22
3.1.- Conditions Agro-Socio-Economiques
22
3.1.1.- Localisation
Géographique
22
3.1.2.- Les ressources
hydriques
22
3.1.2.1 Pluviométrie,
ETP,ETR
22
3.1.2.2 Irrigation
23
3.1.3.-Situations
Agro-Ecologiques
24
3.1.4.-Répartition Spaciale de la
Population
24
3.1.5.- Niveau d'investissement dans le
Far-West pour 1997
25
3.1.6.- Evolution du paysage agraire
dans le Far-West
25
SECTION II
27
3.2.- Structure de l'Aide Alimentaire
27
3. 2.1.-
L'aide alimentaire et l'agriculture dans le
Far-West
27
3.2.1.1.- Disponibilités Alimentaires
dans le Far-West
27
3.2.1.2- Aide alimentaire dans le
Far-West
28
3.2.2.-
Distribution de l'aide alimentaire dans le
monde
28
3.2.2.1.-Critères de
distribution
29
3.2.2.3.-- Objectifs
déclarés
29
3.2.2.3.- Stratégies et
mesures
23
3eme PARTIE: RESULTATS
CHAPITRE IV
31
4.Facteurs de Production, Production,
Besoins, Déficit et Aide Alimentaire
31
SECTION I
31
4.1- Mise en Evidence du Déficit
Alimentaire
31
4.1.1.-
Structures et Tendances dans le Far-West
31
4.1.2.- Le régime hydrique dans
le Far-West
31
4.1.3.- Production et
Disponibilités
33
4.1.4.- Evaluation des besoins
alimentaires
33
4.1.4.1.- Les besoins alimentaires par groupe
d'âge
33
4.1.4.2.- Les besoins énergétiques
de l'homme
34
4.1.4.3.- La dynamique de la population
34
4.1.4.4.- Estimation de la population pour la
période retenue
35
4.1.4.5.- Les besoins nécessaires pour
combattre la famine
36
4.1.5.- Evaluation du déficit
alimentaire
36
SECTION II
37
4.2.- Analyses corrélationnelles et
graphiques
37
4.2.1-
Relations entre la production et la
pluviosité
37
4.2.2.-
Analyses autour de la population et l'offre
globale
38
4.2.3.-Analyses du déficit
alimentaire et de l'aide alimentaire
39
4.2.4.-
Situation évolutive des séries statistiques et
leurs coefficients de disperssion
12
4.2.4.1.- Evolution de la
pluviosité
12
4.2.4.2.- Evolution du Prix Mondial
43
4.2.4.3.- Evolution du nombre de personnes qui
en font la demande
44
SECTION III
45
4.3.- Analyses Econométriques
45
4.3.1.-
Raisons de la Modélisation
45
4.3.2.-
Considérations générales
45
4.3.3.- Hypothèses et
propriétés des estimateurs
46
4.3.4.-
Analyses autour de l'hypothèse secondaire
H2
47
4.3.4.1.-Simulations
47
4.3.4.2.- Estimation de la production
48
4.3.4.3.- Test de significativité des
estimateurs
48
4.3.4.3. -Détection de l'auto
corrélation des erreurs
50
4.3.4.4. -Détection de
l'hétéroscédasticité
51
4.7.4.5.- Test de
Normalité des résidus
51
4.3.5.-
Analyses autour de l'hypothèse principale
H1
52
4.3.5.1.- Simulations
52
4.3.5.2.- Détection de
multicolinéarité
54
4.3.5.3.-Estimation de l'aide alimentaire/ aux
variables explicatives retenues
55
4.3.5.4.- Test de significativité des
estimateurs
56
4.3.5.5.- Détection de l'auto
corrélation des erreurs
58
4.3.5.6.-Détection de
l'hétéroscédasticité
58
4.3.5.7.- Test de Normalité des
résidus
59
4.3.5.8.-Détermination du rendement de
chaque variable explicative
59
4eme PARTIE: EVALUATION ET CONCLUSION
CHAPITRE V:EVALUATION GLOBALE DE
L'ETUDE.
60
5.1. Bref rappel des
résultats et analyses
60
5.2.- Validation des
hypothèses
62
5.3. Degré
d'atteinte des objectifs
62
5.4 Ajustement des
théories aux résultats obtenus
62
5.5.- Portée
et limites du travail
63
CONCLUSION
64
BIBLIOGRAPHIE
67
RESUME
Du point de vue géomorphologique, le Far-West
présente des particularités assez importantes. Jointes aux
conditions climatiques, ces particularités font de cette région
un cible pour les interventions de certaines ONG ( locales ou internationales)
évoluant dans le pays. C'est ainsi qu'il m'était venu
l'idée de parvenir à un diagnostic de la situation agricole de la
région et de cibler dans son aspect fondamentaliste la question de
l'aide alimentaire qui y est appliquée dont le principal objectif
déclaré pour sa conduite est de combler les déficits
alimentaires couramment enregistrés.
Après nos recherches dans cette aire
géographique et auprès de certaines institutions ayant permis
l'utilisation de leurs sources d'informations, nous avons constaté:
Que les ressources en eaux dans le Far-West en vertu du niveau
standard fixé pour parvenir à de bonnes récoltes dans les
régions arides, se révèlent toujours insuffisantes pour
permettre de générer de niveaux de production capable de
satisfaire les besoins alimentaires et nutritionnels des populations
autochtones.
Qu'il existe très peu de sources en eaux susceptibles
d'être domestiquées en vue d'accroître les faibles
superficies irriguées dans le but d'augmenter le niveau de production
dans la région.
Que du fait de la faiblesse des ressources de toutes sortes,
qu'il existe un déficit alimentaire chronique dans la région. Au
cours de certaines années, notamment les années 91, 92, 97 et
2001, les déficits alimentaires avaient atteint des seuils critiques au
point que de nombreux cas de mal-nutrition et même la mort de certains
enfants, ceux les plus exposés aux conditions vulnérables ont
été enregistrés.
Les analyses autour de l'aide alimentaire nous ont permis de
comprendre la situation et de parvenir à ce qui suit:
Il n'y a pas toujours une distribution uniforme de produits
pour des niveaux de pluie similaires puisque les décideurs ne peuvent
prédire ni les niveaux de pluie ni les niveaux de production
correspondants. C'est ce qui fait que le degré de corrélation
entre ces deux variables (aide alimentaire et pluviosité ) est
relativement faible ( 57%). Cependant, à l'aide d'une analyse
ponctuelle des faits, nous avons pu constater qu'au cours des années
où sont survenues des situations de cataclysme naturel, que les
quantités de produits distribuées avaient
généralement atteint des niveaux spectaculaires. Par contre, il
reste et demeure que le nombre de personnes qui en font la demande et le prix
international des produits distribués ont une influence beaucoup plus
marquée sur les quantités fournies. Ceci est dû au fait que
d'après les analyses économétriques, les contributions
relatives de ces deux dernières à l'explication de la
distribution de l'aide alimentaire sont largement supérieures à
celle de la pluviosité.
Toutefois, il reste et demeure l'existence d'une
corrélation négative entre l'assistance alimentaire externe et la
pluviosité.
LISTE DES SIGLES ET DES
ABRÉVIATIONS
AAE : Assistance Alimentaire Externe.
ACP : Afrique Caraïbe Pacifique.
BRH : Banque de la République d'Haïti.
B. ind. : Besoin individuel
Cal : Calories.
CARE : Coopérative for American Relief Everywhere.
CEE : Communauté Economique Européenne.
CRS : Catholic Relief Service
CNSA : Coordination Nationale de la Sécurité
Alimentaire.
EBCM : Enquêtes Budjet de Consommation des
Ménages
EMAF : Ecole Moyenne d'Agriculture et de Foresterie.
Eq.Cér. : Equivalent Céréale.
ETP : Evapo-Transpiration Potentielle.
ETR : Evapo-Transpiration Relative.
FAMV : Faculté d'Agronomie et de Médecine
Vétérinaire.
FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et
l'Agriculture.
FDSE : Faculté de Droit et des Sciences Economiques.
FFW : Food for Work
F.W. : Far-West.
GRAF : Groupe de Recherche pour l'Avancement du Far-West.
Ha : Hectare.
HEC : Haut Enseignement Commercial
IHSI : Institut Haïtien de Statistique et
d'Informatique.
Kg : Kilogramme.
LI : Limite Inférieure
LS : Limite Supérieure
MARNDR : Ministère de l'Agriculture, des Ressources
Naturelles et du Développement Rural.
MEF : Ministère de l'Economie et des Finances
mm : Millimètre.
MPCE : Ministère de la Planification et de la
Coopération Externe.
N.O. : Nord-Ouest
OCDE : Organisation de Coopération et de
Développement Economique.
ONG : Organisation Non Gouvernementale
P : Production.
PAM : Programme Alimentaire Mondial.
PICV : Programme d'Intensification de Cultures
Vivrières.
Pl : Pluviosité
Px : Prix
PVD : Pays en Voie Développement
Qté : Quantité.
TM : Tonne Métrique.
UEH : Université d'Etat d'Haïti.
UPSE : Unité de Programmation, Suivi et Evaluation.
US : United States.
USAID : United States Agency for International Department.
LISTE DES TABLEAUX
Titres Page
1 : Institutions retenues pour la cueillette de données.
5
2 : Résumé des méthodes de calcul.
6
3 : Résultats et Discussions de la Régression
8
4 : Superficies sous irrigation dans le F.W. 27
5 : Densité de population par commune. 28
6 : Investissement moyen par ONG. 29
7 : Parts comparées des investissements pour deux ONG.
30
8 : Relevés pour deux saisons de culture. 31
9 : Fonction nutritionnelle / groupe d'âge. 38
10 : Estimation de la population et le taux de croissance.
39
11 : Estimation de la population pour les seize années
retenues. 41
12 : Les besoins physiologiques pour la population. 41
13 : Evaluation du déficit alimentaire. 42
14 : Tableau récapitulatif de
la régression 1 56
15 : Tableau récapitulatif de la régression 2
63
LISTE DES FIGURES ET DES
GRAPHIQUES
Titre Page
1 : Evolution de la pluviosité pour l'année 1990.
1
2 : Evolution de l'offre dans le temps. 45
3 : Evolution de la population et des besoins. 46
4 : Fluctuation de la pluviosité 47
5 : Evolution des prix sur le marché mondial 48
6 : Fluctuation du nombre de bénéficiaires
49
7 : Dispersion des points mettant en relation la
production et la pluviosité. 50
8 : Simulations aide alimentaire-pluviosité. 59
9 : Simulations aide alimentaire-prix mondial. 60
10 : Simulations aide alimentaire-bénéficiaire.
61
LISTE DES ANNEXES
LISTES DES STATISTIQUES
CHAPITRE I
CADRE DE L'ETUDE
SECTION I
1.1.- DEFINITION DE
L'ETUDE
1.1.1.- Problématique et
Justification
Depuis plusieurs décennies, l'abattage
systématique des arbres, y compris les mauvaises habitudes culturales
pratiquées dans la région du Far-West, ont entraîné
jusqu'à nos jours deux phénomènes observables dont l'un
est la baisse du niveau du régime hydrique enregistrée dans la
dite région et l'autre est qu'à la moindre averse, le rythme de
l'érosion semble s'accélérer. Les méfaits de
l'érosion sont clairement visibles à l'oeil nu. Les
relevés annuels des chutes de pluie et la baisse du rendement des
cultures constituent deux éléments d'extrême importance
pour l'analyse de l'évolution de la dynamique agraire d'une zone
agricole. Ces deux éléments sont capables de fournir une
explication sur l'indice de précarité des conditions de vie des
populations autochtones. Pour se faire une idée relativement plus
correcte, certaines données recueillies au niveau de la station
pluviométrique de Jean-Rabel pour les années 1986-2001 montrent
non seulement l'existence du déficit hydrique dans la région
mais aussi une mauvaise répartition de la pluviométrie.

La figure ci-après présente la situation
pour les années pré-citées se basant sur valeur
moyenne:
Source: UPSE / MARNDR
Le niveau de pluie enregistré dans le Far-West
(Môle St Nicolas, 600 mm/an en moyenne) ne cesse d'évoluer
à la baisse et ce, depuis environ trois décennies. Si nous nous
rapportons aux cinq décennies écoulées, nous constaterons
que les caractéristiques pédagogiques des terres mises en valeur
se sont considérablement détériorées. Nous nous
rendons compte que les aspects strictement agronomiques de leur utilisation ne
sont que des prises de décision rationnelles en réaction à
cette baisse de la pluviométrie. Il en découle donc une
diminution nette des rendements de culture caractérisée par de
larges fluctuations dans le niveau de la production allant d'un cycle de
culture à un autre. Une telle situation est certes défavorable
aux conditions d'existence des autochtones. Elle ne fait que décourager
et éloigner ceux-ci par rapport au travail agricole qui
représente cependant pour eux l'unique importante source de revenu.
Une analyse minutieuse de l'évolution des conditions
socio-économiques de la population du Far-West permet d'établir
les constats suivants:
a) L'offre globale de produits agricoles
générés dans le Nord-Ouest de façon
générale et le Far-West de façon particulière se
révèle toujours insuffisante pour parvenir à satisfaire la
demande de produits alimentaires d'une population sans cesse grandissante dont
le taux de croissance avoisine les 2.6% l'an (IHSI,2000);
b) Le niveau de pluie enregistré dans la région,
principal moteur de la croissance des rendements des cultures accuse trop
souvent des valeurs à la baisse (MARNDR, 1997) ;
c) La quasi-totalité des gens s'adonnant aux
activités agricoles dans la région du Far-West sont des
producteurs à faibles revenus. Le revenu agricole moyen estimé
pour les agriculteurs vivant dans cette aire s'élève à 148
dollars US l'an (CARE,1995 cité par CNSA), un montant qui ne leur permet
guère de compenser ce déficit alimentaire par l'achat en
quantités suffisantes de produits de première
nécessité auprès des distributeurs de provisions
alimentaires.
Une estimation de l'excédent de la demande de produits
alimentaires par rapport à l'offre nationale permet de chiffrer le
déficit alimentaire global pour le pays tout entier à 400,000 TM
équivalent-céréales l'an (BRH, 2003). Par contre, cet
écart ne cesse de s'élargir d'une année à l'autre,
ce qui ne fait qu'aggraver une situation nutritionnelle et alimentaire
déjà précaire.
Vu le faible niveau de revenu des agriculteurs, joint au
faible niveau de pluie enregistré dans cette aire, en vue de parvenir
à une relative satisfaction de la demande de produits alimentaires, une
aide alimentaire externe (AAE) demeurerait un instrument efficace permettant
de combler le déficit alimentaire. C'est ainsi que nombre de pays dits
amis d'Haïti, entre autres les Etats-unis et le Canada se sont
proposés d'aider plus directement cette partie du pays à faire
face à une crise persistante de déficit alimentaire et
nutritionnel. Les bénéficiaires ciblés seraient choisis
parmi les membres de la classe la plus défavorisée après
une évaluation de la précarité de leur situation. Compte
tenu de ses considérations humanitaires, les objectifs
spécifiques de l'assistance alimentaire seraient de :
1. sauvegarder des vies humaines dans des situations
qualifiées d'urgence;
2. améliorer la nutrition et la qualité de vie
des personnes les plus vulnérables lors des périodes critiques
découlant d'une période de sécheresse prolongée;
3. aider les pauvres, individuellement et collectivement
à se doter de moyens de production adéquats et de promouvoir leur
auto-suffisance afin de leur permettre de parvenir à une meilleure
position alimentaire et ainsi, de ce fait, reconstituer leur force de travail
et l'environnement dans lequel ils évoluent (PAM, 1994). En effet, sans
une couverture alimentaire adéquate, les plus pauvres se mettraient
à exploiter outre mesure la faible couverture végétale
encore restante pour fabriquer du charbon de bois.
En conséquence, l'objectif de ce mémoire est
d'exposer certains éléments de la problématique de
l'agriculture dans le Far-West, du déficit alimentaire qui y
sévit et des moyens mis en oeuvre pour combler ce déficit, et en
ce faisant, ce travail se propose de répondre plus spécifiquement
aux questions suivantes:
A quel niveau le régime hydrique contribue-t-il
à expliquer les niveaux de production couramment enregistrés dans
la région?
La pluviosité est-elle l'unique facteur
déterminant pour la mise en branle d'un processus de distribution de
l'AAE?
Autant de questions qui méritent d'être
soulevées et comprises. Celles retenues sont jugées fondamentales
et c'est l'objectif de la présente étude d'apporter quelques
éléments de réponse. Dans le souci d'apporter des
réponses appropriées aux questions soulevées, notre
étude s'appuie d'une part sur des méthodes fiables de collecte de
données qualitatives et quantitatives, et d'autre part, sur la rigueur
d'une modélisation mathématique exposant les relations
susceptibles d'entrer en jeu. Nous espérons ainsi apporter plus de
précision à l'analyse tout en imposant les limites
intrinsèques à toute forme de modélisation.
1.1.2. Présentation des
objectifs
1.1.2.1.-Objectif
général
Dans le cadre de ce travail nous nous donnons pour objectif
général d'étudier les causes du deficit alimentaire dans
le Far-West et d'analyser l'évolution de la distribution de l'aide
alimentaire par rapport à ce deficit alimentaire que connait la
région.
1.1.2.2.-Objectifs
spécifiques
En vue d'éclairer les points sur lesquels porte notre
étude, il est nécessaire d'exposer de façon
détaillée les objectifs qui y sont liés. C'est ainsi que
de manière spécifique nous nous proposons de:
Analyser le comportement de la production
« maïs-haricot » par rapport à la
pluviosité enregistrée dans la région du Far-West;
Localiser les contraintes entravant la production agricole (
les causes du deficit alimentaire)
Faire ressortir la corrélation entre l'aide alimentaire
et le déficit alimentaire sévissant dans le Far-West après
une éventuelle estimation de celui-ci;
Analyser l'assistance alimentaire par rapport aux variables
explicatives telles le nombre de nécessitants, la pluviosité, les
prix mondiaux des céréales ( en Eq. Cér.)
1.1.3.- Hypothèses de
recherche
Eu égard à la problématique
présentée et compte tenu des objectifs spécifiques de
travail fixés, deux hypothèses sont avancées:
H1 (Principale) : La
distribution de l'aide alimentaire dans le Far-West dépend du
régime hydrique, des prix mondiaux et du nombre de personnes
nécessitant cette aide.
H2 (Secondaire): La
pluviosité contribue de façon significative au niveau de
production des cultures adoptées dans la région.
SECTION II
1.2.- Eléments
Méthodologiques
Pour parvenir aux objectifs fixés et vérifier
les hypothèses de travail avancées, nous avons adopté une
méthodologie comprenant les phases importantes suivantes:
1.- Revue bibliographique
2.- Collecte et traitements des données
3.- Modélisation, présentation des
résultats
4.- Analyses et discussions.
1.2.1.- Revue Bibliographique
Au cours de cette phase nous avons consulté les
différents documents disponibles (études, rapports
d'activités déjà effectuées, publications) relatifs
aux projets de distribution d'aide alimentaire et autres documents
supplémentaires afin de compiler et de traiter les informations ayant un
intérêt pour l'étude. Les documents consultés
furent les suivants:
- Rapports généraux sur l'aide alimentaire
- Relevés mensuels de données
pluviométriques
- Rapports sur la production agricole nationale et
régionale.
1.2.2.-Collecte et traitement de
données
1.2.2.1.- Collecte de données
En vue de réaliser cette étude sur une
série temporelle, une coupe longitudinale s'avérait
nécessaire. Pour ce faire, les données furent recueillies
auprès des institutions suivantes:
Tableau 1: Institutions Retenues pour la
Cueillette des Données
|
Institutions
|
Données
|
|
MARNDR / CNSA
FAO
|
Aide alimentaire et Prix de la TM Eq. Cér.
|
|
MARNDR / UPSE
|
Données pluviométriques
|
|
BRH / IHSI / FAO
|
Niveau de production
Niveau de population
|
|
MPCE / UCAONG
|
Aide alimentaire /ONG
|
1.2.2.2.- Analyses des données et méthodes de
calculs
Le tableau ci-après résume les méthodes
de calculs qui ont été adoptées pour parvenir aux
résultats obtenus.
TABLEAU 2 :
Résumé des Méthodes de Calcul
|
Rubriques
|
Méthodes de Calculs
|
|
Pluviométrie
|
Deux saisons de cultures de quatre mois chacune
|
|
Population
|
0.42Pop0-14 + 0.48Pop15-64 +
0.10Pop>64
|
|
Besoins alimentaires
|
0.56 Pop0-14 + 0.63Pop15-64 +
0.50Pop>64
|
|
Disponibilités
|
Production + Variation de Stocks + Importations
(données administratives )
|
|
Déficit alimentaire
|
Besoins Alimentaires - Disponibilités
|
|
Assistance Alimentaire
|
Blé TM Eq. céréales + Lentilles en TM
Eq. céréales
|
Pour parvenir à une bonne appréciation des
données, il fallait placer sur une même base tous les produits
faisant l'objet de notre travail. Ainsi, la base retenue fut
l'équivalent céréale avec le maïs (zea mays) comme
produit de référence « la méthode de calcul
adoptée par la FAO la suivante » :
Eq.céréales Qté de produit X =
[(nbre Cal / kg produit X )/ (nbre Cal/kg produit de
référence] *Qté de produit
à convertir ( kg )
1.2.3.-
Modélisation
Pour le raffinement des analyses, nous avons
procédé, vu les différentes séries de
données disponibles pour l'étude, par la méthode de
régression qui est souvent utilisée dans l'estimation des
paramètres dont le critère de base correspond aux moindres
carrés ordinaires (MCO).
Plusieurs séries de données devraient donc
être disponibles pour mener à bien l'étude:
X1t : le nombre de
bénéficiaires potentiels ( écoliers, femmes enceinte,
enfants mal nourris F FW ) avec t = 1,2,3,...., n
X2t : différents niveaux de pluie
X3t : les prix mondiaux
Y1t : la production agricole pour la
période retenue.
Y2t : le niveau de l'aide alimentaire
La recherche de relations se fit en trois étapes:
1) Rechercher les relations existantes entre le niveau de
production la superficie emblavée et la pluviosité..
Y1t = AXItb1Ut
avec Ut A, représentent respectivement le terme d'erreur, le coefficient
de la régression et b1,
l'élasticité de production.
La fonction «Cobb-Douglass est retenue en vue de
déceler la loi des rendements d'échelle couramment
rencontrée dans tout processus de production et qui peut être
expliquée par le b1.
2) Rechercher la corrélation existante entre l'aide
alimentaire et le déficit alimentaire.
Elle a été réalisée par suite du
traitement des données et de la détermination du coefficient de
détermination R2.
R2 = [Ó(Dt-Dm)
(At-Am)/N]2 / var(D)*var(A), avec
Dt : le niveau de déficit alimentaire pour la
période t
Dm : le niveau de déficit moyen
At : l'aide alimentaire pour la période t
Am : le niveau moyen de l'aide alimentaire
N : le nombre d'années retenues
3) Estimer l'aide alimentaire par rapport au nombre de
bénéficiaires potentiels, la pluviosité et les prix
mondiaux des céréales.
X1t : le nombre de personnes qui en font la
demande
X2t : la pluviosité
X3t : les prix mondiaux
Y2t : le niveau de l'aide alimentaire
distribué
Y2t = a0 + a1X1t
+ a2X2t + a3X3t + Ut
avec a0, a1, a2 a3 et Ut
respectivement les coefficients de la régression et le terme
d'erreur.
1.4.4.-.- Analyses et Discussions
des Résultats de la Régression
Les modèles de régression annoncés
antérieurement, après estimation, seront optima si et seulement
si pour les tests résumés au tableau ci-dessus nous acceptons les
hypothèses d'optimalité.
Tableau 3: Résumé des Tests sur les
Modèles
|
Tests
|
Expressions Mathématiques
|
Valeurs Calculées
|
Val. Lue
|
Critères de décision
|
|
Normalité
|
uk=1/n(xi-x)k avec
ß11/2=(u3/u3/22)
et ß2 =(u4/u22)
|
s = n/6 ß1 + n/24 (ß2
-3) 2
|
X20.95 (2)
|
Si s< X20.95 (2), acceptation de Ho,
i.e, l'hypothèse de normalité des résidus
|
|
Autocorrélation
|
et = ñ0 +
ñj et-j
|
DW=( et - et-1)2/
e2t
|
d1 et d2
|
Si d2 < DW < 4-d2 ; absence
d'autocorrélation des erreurs
|
|
Multicolinéarité
|
1...r12 .............r1j
D = r21 1..................
............................
............................
ri1 .................1
|
* X2=-[n-1-1/6(2K+5)]*LnD
|
X2 (1/2K(K+1) ; 0.05)
|
Si * X2< X2 (1/2K(K+1) ;
0.05)
Acceptation de H0, les séries sont orthogonales
|
|
Hétéroscédasticité
|
e2t = b0 +
bje2t-j
|
* X2= n *R2
|
X2 (p)
|
*X2<X2(p) ;
homoscédasticité
|
|
Student, Fisher
|
F= {R2/[(1- R2)/n-k-1)]}
tai = ( ai ) /
ó ai
|
*F= {R2/[(1- R2)/n-k-1)]}
tai = ( ai ) /
ó ai
|
F(k+1 ;n-k-1)
à 5%
t(n-k-1 ; 0.025)
|
Si *F> F(k+1 ;n-k-1)
tai > t(n-k-1 ; 0.025)
Estimateurs significatifs
|
CHAPITRE
II
CADRE
THEORIQUE DE L'ETUDE
2.1.- La productivité
agricole en fonction du rendement hydrique
La grande majorité des pauvres vivent dans les zones
rurales. Et c'est en Afrique que l'on retrouve les problèmes de
pauvreté les plus insolubles. Garantir l'accès à des
produits alimentaires à bon marché est cependant l'un des
principaux objectifs des stratégies visant à atténuer la
pauvreté. C'est ce qui fait que dans les régions arides ou
semi-arides, où l'eau est rare, la maîtrise de cette
dernière ressource est indispensable au maintien d'une production
alimentaire locale stable (FAO, 1995).
D'où la thèse développée par
Rockstrom en 1985 : « Dans la lutte contre la
pauvreté engagée sur le Continent Africain et ailleurs, la
réussite passe impérativement par la conservation judicieuse et
l'utilisation productive des ressources en eau peu abondante ».
Cependant, d'après le même auteur, la mise en valeur des eaux est
une condition certes nécessaire mais le développement durable
devrait nécessairement passer par l'extension de l'agriculture, donc par
une augmentation des superficies emblavées.
2.2.-L'assistance alimentaire et la
production agricole
Ceux qui sont chroniquement sous-alimentés sont ceux
qui ont un revenu bas et incertain, des avoirs limités, peu de
compétences commercialisables, un pouvoir d'achat insuffisant et qui
n'ont personne de haut placé pour les défendre bref, ce sont
ceux qui n'ont pas de pouvoir économique. La faim est donc
délibitante : manifestation de la pauvreté, faiblesse de la
production vivrière. En portant remède à la faim qui
sévit actuellement, on contribue à éradiquer la
pauvreté et on progresse vers la sécurité alimentaire.
L'assistance alimentaire apportée à ceux qui en ont un besoin
critique à des stades particuliers, surtout en cas de rareté
sévère, doit contribuer à longue échéance
à établir leur sécurité alimentaire.
Ainsi, fut développée la thèse stipulant
que : « Le problème de la faim dans le monde
découle d'une sous-alimentation due à un déficit
énergétique (insuffisance de calories ). Les programmes futurs
d'assistance alimentaire devront être mieux conçus et devenir plus
efficaces afin de faire davantage avec peu de ressources. Le principe de base
est d'atteindre au juste moment ceux qui en ont le plus besoin et le
manière à avoir des effets durables tout en apportant une aide
à court terme» ( Jacques Diouf en 1990, cité par FAO en
1996).
SECTION
I
2.3.- APPROCHE DE
L'ALIMENTATION
2.3.1-Situations de Crises Alimentaires
Compte tenu du nombre croissant de personnes victimes de
crises alimentaires, cetaines institutions internationales dont la FAO et le
PAM accordent une haute priorité aux travaux relatifs à l'alerte
précoce, au soutien nutritionnel en cas de crise et à
l'amélioration des plans d'intervention qui entrent dans le cadre des
politiques de sécurité alimentaire durables. Ces institutions
consacrent de plus en plus d'attention aujourd'hui à
l'intégration de la nutrition dans les plans d'intervention, notamment
dans les instructions et l'appui technique des missions d'évaluation et
de planification.
Les catastrophes naturelles et les situations complexes de
crise peuvent avoir des retombées négatives dramatiques sur la
sécurité alimentaire des ménages et sur l'état
nutritionnel des groupes de population touchés. Il faut pouvoir les
évaluer et comprendre les mécanismes de survie des divers groupes
sociaux concernés pour cibler, concevoir et mettre en oeuvre des
stratégies qui, pendant toute la durée des interventions de
secours et de redressement, protégeront et assureront la qualité
et la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages.
Les activités dans ce domaine visent à consolider les
capacités des gouvernements et des institutions locales afin de
concevoir et de mettre en oeuvre les stratégies définies ainsi
qu'à renforcer la collaboration entre les diverses organisations
chargées de traiter directement des problèmes de nutrition dans
le cadre des opérations de secours et de relèvement.
Le Groupe de la sécurité alimentaire des
ménages et de la nutrition des communautés offre une assistance
et des conseils techniques aux gouvernements membres de la FAO, aux autres
unités techniques de la FAO et des Nations Unies ainsi qu'aux
organisations associées à la planification préalable des
catastrophes et impliquées dans les interventions en cas de crise. Un
appui technique est également fourni pour protéger et promouvoir
la nutrition et la sécurité alimentaire des ménages dans
le cadre des programmes de secours, de redressement et de préparation
aux catastrophes. Cet appui porte sur les aspects suivants :
Évaluation de l'incidence des crises sur la situation
alimentaire et nutritionnelle des communautés et des ménages
touchés et définition d'interventions appropriées,
Consolidation des capacités locales en vue de traiter
des problèmes relatifs à la nutrition et à la
sécurité alimentaire des ménages et renforcement des
mécanismes de survie afin de réduire la
vulnérabilité et d'accroître la résistance,
Consultation conjointe en matière de politiques, de
programmes et de procédures d'évaluation entre organismes,
notamment les organisations des Nations Unies et les ONG, en vue
d'accroître la coordination des interventions nutritionnelles lors de
crises et d'utiliser au mieux les ressources disponibles localement,
Élaboration et diffusion de notes d'information, de
directives et de matériel de formation auprès des organisations
et des institutions impliquées dans les situations de crise afin de
mieux intégrer les questions relatives à la nutrition et à
la sécurité alimentaire des ménages dans la planification
préalable, les opérations d'urgence et les activités de
redressement qui les suivent.
2.3.2-Nutrition et Participation des Communautés
Si l'on veut réduire la sous-alimentation et d'autres
formes de malnutrition de manière durable, des actions communautaires
doivent compléter les politiques et les programmes nationaux. Ces
actions doivent traiter des facteurs locaux qui sont à l'origine de la
malnutrition et y remédier : pénuries alimentaires chroniques ou
saisonnières, manque de diversité des produits ou
inadéquation des modes d'alimentation, par exemple. Les Nations membres,
ainsi que les institutions et les communautés, ont besoin d'un soutien
méthodologique et d'une assistance technique pour envisager des
solutions et les mettre en pratique.
Les approches ciblées sur l'amélioration de la
nutrition qui font appel aux communautés consolident leurs
capacités et les rendent autonomes pour que celles-ci soient capables de
demander des services et des ressources productives efficaces tout en appuyant
les initiatives locales d'exécution des programmes d'alimentation et de
nutrition. À cette fin, il est nécessaire d'associer davantage
les communautés à la conception, à la mise en oeuvre et au
suivi des programmes et des interventions de développement. Pour que les
ménages parviennent à la sécurité alimentaire et
nutritionnelle, les institutions qui peuvent ou doivent venir au secours des
groupes victimes de l'insécurité alimentaire doivent coordonner
leurs actions.
L'un des principaux volets de cette stratégie consiste
à permettre aux ménages d'optimiser la sécurité
alimentaire et la nutrition avec les ressources dont ils disposent et à
chercher en même temps les moyens de les augmenter. Pour atteindre cet
objectif, il faut mobiliser les communautés et décentraliser
davantage les approches tout en impliquant le plus largement possible les
collectivités.
Les programmes de nutrition à base communautaire
cherchent à renforcer les capacités des ménages et
à leur donner les moyens de demander eux-mêmes les
améliorations qu'ils souhaitent en matière de nutrition et de
sécurité alimentaire. Pour cela, il faut leur faire ressentir que
les programmes de développement leur appartiennent - programmes qui, en
essence, deviennent des investissements collectifs pour améliorer le
bien-être nutritionnel et le développement.
La FAO, entre autres, réalise plusieurs
activités pour combattre l'insécurité alimentaire des
ménages et les diverses formes de malnutrition, aussi bien dans les
villes que dans les campagnes. L'autonomisation des communautés en est
un axe important que soutiennent les gouvernements, à divers niveaux, et
les institutions de la société civile. À l'échelle
des communautés, il faut cibler et coordonner les efforts pour
accroître la sécurité alimentaire des ménages,
encourager la participation des populations, donner de l'autonomie aux femmes
et aux groupes marginaux. Les efforts déployés portent sur:
l'évaluation participative et les méthodes de planification;
l'augmentation et la diversification de la production vivrière ainsi que
l'acheminement des denrées aux marchés locaux;
l'amélioration des méthodes de conservation et de stockage des
aliments; l'augmentation de l'approvisionnement en eau; l'expansion et la
diversification des activités génératrices de revenus;
l'éducation et la formation en matière de nutrition; enfin
l'assurance que chacun peut avoir accès aux soins de santé de
base et aux systèmes sanitaires.
2.3.3 .-
Alimentation Properment Dite
L'agriculture est l'une des sources principales de nourriture,
d'emplois et de revenus dont dépend la majeure partie de
l'humanité pour se procurer durablement des moyens d'existence.
Étant donné le grand nombre de personnes démunies et en
situation de vulnérabilité nutritionnelle, il est clair que le
secteur alimentaire et agricole joue un rôle fondamental dans
l'amélioration de la sécurité alimentaire des
ménages et dans la prévention de la malnutrition.
De nombreuses personnes, notamment de pauvres, participent
directement ou indirectement aux activités agricoles et tirent de
multiples bénéfices de son caractère multifonctionnel.
Lorsque le développement agricole fait défaut ou échoue
dans les pays où il n'existe pas d'autres secteurs en forte croissance
pour employer la population, les personnes démunies ont peu de chance de
dépasser le seuil de la pauvreté pour participer pleinement au
développement économique de leur pays. Le secteur agricole offre
donc les meilleures capacités de parvenir à des
améliorations durables de la sécurité alimentaire des
ménages et au bien-être nutritionnel individuel.
Il faut donc veiller à accroître la production et
la consommation alimentaires, et s'assurer que les populations appauvries
peuvent se procurer des aliments sains, de bonne qualité et en
quantité suffisante pour se nourrir correctement. Cela concerne non
seulement les glucides, les protides et les lipides mais aussi les
micronutriments, c'est-à-dire les vitamines, minéraux et autres
oligo-éléments indispensables à une croissance et à
un développement normaux.
Les approches fondées sur l'alimentation
considèrent les produits alimentaires - naturels, transformés,
enrichis ou en association - constituent le principal moyen d'améliorer
la qualité de l'alimentation et de prévenir la malnutrition et
les déficiences nutritionnelles. Elles reconnaissent le rôle
essentiel que jouent les aliments pour se nourrir correctement et l'importance
des secteurs alimentaire et agricole pour soutenir les moyens d'existence des
populations rurales. Elles s'appuient à la base sur la participation des
communautés et des gouvernements locaux à la conception, à
l'exécution, à la gestion, au suivi et à
l'évaluation de programmes flexibles visant à augmenter la
production et la consommation alimentaire, en particulier des produits riches
en
micronutriments,
ainsi que leur absorption et leur utilisation par le corps. La promotion de
jardins
potagers familiaux est l'une des méthodes les plus efficaces
pour lutter contre les carences en micronutriments car ils permettent de
produire et de consommer les aliments qui conviennent.
Outre la valeur nutritionnelle des aliments, cette approche
reconnaît également la signification sociale de l'alimentation et
souligne les bienfaits multiples liés à la variété
des produits consommés. Elle aide les gens à examiner
eux-mêmes leur régime alimentaire dans sa globalité en
fonction de leurs préférences, de leur style de vie, de leurs
besoins physiologiques et de leur activité physique ; de ce fait, elle
peut contribuer au développement physiologique, mental et social,
à l'accroissement des capacités d'apprentissage, à la
réduction des nutritionnels et à la prévention des
maladies d'origine alimentaire qui peuvent survenir plus tard dans la vie.
La FAO par exemple appuie les projets alimentaires à
base communautaire en utilisant des méthodes de planification et
d'évaluation participatives qui encouragent les populations pauvres
à participer activement à la conception et à
l'exécution des activités proposées et leur en fournit les
moyens. L'Organisation soutient directement les initiatives et les programmes
nationaux et locaux intéressant la nutrition et la
sécurité alimentaire des ménages dans plusieurs pays afin
de renforcer les capacités, de définir et de mettre en place des
stratégies et des actions plus efficaces. Des projets novateurs,
multidisciplinaires et à base communautaire sont en cours en
Éthiopie, au Mozambique et en Zambie, et sont prévus au
Nigéria et au Viet Nam. L'expérience tirée de
l'intégration de la nutrition dans de tels programmes est
appliquée à plusieurs autres initiatives, dont principalement le
Programme spécial
de la FAO pour la sécurité alimentaire.
2.3.4.-
Sécurité Alimentaire dans les Familles
Les ménages sont en situation de sécurité
alimentaire lorsqu'ils sont en mesure de se procurer la quantité
nécessaire de produits alimentaires sains, divers et toute
l'année pour que les membres de leur famille puissent mener une vie
saine et active. Au niveau des ménages, la sécurité
alimentaire se définit par la capacité d'obtenir une
quantité suffisante de nourriture pour couvrir les besoins alimentaires
de tous les membres de la famille, soit à partir d'une production
individuelle, soit par le biais d'achats.
L'état nutritionnel de chacun des membres du
ménage est fonction de l'existence de plusieurs conditions: les produits
dont disposent le ménage doivent être partagés selon les
besoins individuels; la nourriture doit être saine, variée et de
bonne qualité; enfin, chacun des membres doit être en bonne
santé afin d'assimiler la nourriture consommée.
Les institutions internationales intervenant dans ce secteur
reconnaissent qu'une population bien nourrie et en bonne santé est
à la fois le résultat d'un développement économique
et social réussi et une composante essentielle de tout processus de
développement.
Somme toute, pour que les buts fixés par le Sommet
mondial de l'alimentation en matière de nutrition puissent être
atteints, il faut que les politiques de développement nationales et
sectorielles soient complétées par des actions communautaires
efficaces dont l'objectif est d'accroître la sécurité
alimentaire des ménages et de promouvoir la consommation d'aliments
nutritifs tout au long de l'année. Ces actions doivent s'inscrire dans
le cadre de la protection des moyens d'existence et traiter des
problèmes locaux à l'origine des diverses formes de malnutrition,
y compris les problèmes de pénuries alimentaires chroniques et
saisonnières, le manque de diversité des produits, l'insuffisance
des soins familiaux et l'inadaptation des pratiques d'alimentation ainsi que la
précarité des conditions de vie.
Les Services des programmes de nutrition de la FAO, du PAM et
de PL-480 se composent du
Groupe de la
sécurité alimentaire des ménages et de la
nutrition des communautés et du Groupe d'information, de
communication et d'éducation en matière de nutrition. Les
activités de ce service ont pour but de développer et
d'exécuter des programmes efficaces, en situations normales ou en cas de
crise, pour aider les ménages et les communautés démunis
à se procurer des aliments nutritifs, à accroître leurs
apports alimentaires et à améliorer le bien-être
nutritionnel tout en réduisant l'insécurité alimentaire et
la pauvreté. Les activités ciblent les victimes de la
pauvreté et de la malnutrition ainsi que les ménages
confrontés à des difficultés supplémentaires en
raison du
VIH/Sida.
L'un des objectifs du Service est d'offrir des sources de
documentation et de concevoir des activités interdisciplinaires en vue
d'aider les pays membres, leurs institutions et leurs communautés, dans
les villes comme dans les campagnes, à définir et à mettre
en oeuvre des stratégies et des actions intersectorielles visant
à réduire la malnutrition de manière durable. Le Groupe de
la sécurité alimentaire des ménages et de la nutrition des
communautés encourage les actions directes, et plus
particulièrement les initiatives
communautaires,
portant
sur l'alimentation, qui font appel à des approches
participatives encourageant et habilitant chacun à s'impliquer
activement dans la conception et l'exécution des activités.
Une assistance est fournie à tous les niveaux aux pays
membres et à leurs institutions afin de planifier, appliquer, suivre et
évaluer des programmes communautaires de sécurité
alimentaire et de nutrition. Ces programmes s'adressent plus
particulièrement aux ménages pauvres et vulnérables, et
privilégient l'utilisation des ressources locales afin d'augmenter la
consommation et de générer des revenus à l'aide des moyens
suivants:
Élaboration et diffusion de modules et conseils
méthodologiques ainsi que d'autres documents techniques, y
compris les enseignements leçons tirées d'interventions
concrètes sur le terrain;
Développement et diffusion de matériel de
formation relatif à la sécurité alimentaire et à la
nutrition des ménages, que ce matériel soit destiné aux
formateurs, aux institutions locales ou au personnel de terrain, et
organisation de programmes de formation à divers niveaux afin
d'accroître les capacités de formation nationales et locales;
Établissement d'un forum sur la sécurité
alimentaire et la nutrition des ménages et des communautés
grâce à l'organisation de réunions informelles et de
consultations d'experts, à la création de réseaux et de
sites web interactifs en vue de faciliter l'échange d'informations,
d'encourager la collaboration et de mettre en commun l'expérience des
praticiens du développement, les organisations, les institutions et les
ONG.
Cette approche globale est également adaptée aux
crises
alimentaires résultant de catastrophes naturelles ou de conflits
provoqués par l'homme. La FAO accorde une haute priorité aux
travaux portant sur l'alerte précoce, l'appui nutritionnel en cas de
crises et l'amélioration de la préparation d'interventions par le
biais de politiques de sécurité alimentaire durables.
L'assistance technique fournie en vue de protéger et de promouvoir la
nutrition et la sécurité alimentaire des ménages dans le
cadre d'opérations de secours, de redressement et de prévention
des catastrophes naturelles, porte sur les aspects suivants:
Ø Soutien direct pour le planning de
prévention,
Ø Préparation de directives et de manuels,
Ø Formation,
Ø Évaluations d'urgence,
Ø Formulation de projets et appui,
Ø Encouragement à la coopération
inter-organisations et à l'échange d'informations.
2.3.5.-Problèmes de Distribution, Pauvreté et
Sécurité Alimentaire.
Dans toutes les
sociétés, une grande partie de la population reste
«prisonnière du piège de la pauvreté» et cette
situation est perpétuée, voire aggravée, par les
défaillances de divers mécanismes politiques, institutionnels et
de coordination, à l'échelon du marché, des pouvoirs
publics ou de la collectivité locale. Les imperfections du marché
du crédit et de l'assurance limitent considérablement les
possibilités d'investissement et de production des pauvres. Les
victoires obtenues dans la lutte contre la pauvreté l'ont
été notamment grâce à l'action essentielle des
pouvoirs publics visant à aider les pauvres à échapper au
piège de la pauvreté, en leur donnant accès à des
services d'éducation de base, de santé, de recherche et de
vulgarisation, des routes et des infrastructures de commercialisation. En
outre, le démantèlement de réglementations et
d'interventions coûteuses qui faussaient le fonctionnement du
marché a stimulé le développement économique et
agricole.
SECTION
II
2.4.- APPROCHE DE LA PRODUCTION
AGRICOLE
A la fin des années 40, certaines régions du
monde étaient engagées dans le grand chantier de la
reconstruction de l'après-guerre, tandis que d'autres luttaient contre
le colonialisme. La majorité de la population mondiale était
pauvre et impuissante et la productivité agricole était faible.
La famine menaçait, en particulier dans les régions à
forte densité de population du continent asiatique et, dans certains
cas, cette menace s'est concrétisée de façon tragique.
Aujourd'hui, 60 ans plus tard, nous pouvons toutefois voir que
l'humanité dans son ensemble a réalisé des progrès
considérables dans la guerre contre la faim. L'apport alimentaire moyen
et les niveaux de vie se sont considérablement améliorés,
bien qu'il y ait deux fois et demie plus de bouches à nourrir, et la
population sous-alimentée a diminué tant en nombre absolu qu'en
pourcentage.
2.4.1.-Impact socio-économique de la modernisation de
l'agriculture.
Le processus de modernisation de l'agriculture a
permis d'obtenir un accroissement considérable de la production
agricole, mais il a eu des effets très asymétriques sur les
sociétés rurales et le niveau de revenus et de
productivité des petits agriculteurs traditionnels, comparé
à celui de l'agriculture industrielle. Si ce processus se poursuit, il
aura des effets socioéconomiques négatifs sur les agriculteurs
pauvres et les sociétés rurales. En outre, il
accélérera l'exode rural, ce qui intensifiera les effets
négatifs de l'urbanisation rapide.
2.4.2.-Importance de la production vivrière.
Les stratégies de développement qui
privilégient la production vivrière se sont
révélées efficaces et rentables pour assurer
l'accès des pauvres à la nourriture. Pour la plupart des
personnes sous-alimentées qui vivent en zone rurale, les emplois et
revenus additionnels créés par la production vivrière ont
été - et continueront d'être - la clé de
l'amélioration de l'accès à l'alimentation. Il faut certes
garantir la disponibilité des produits alimentaires, mais il est tout
aussi important de faire en sorte que les consommateurs aient accès
à une alimentation sûre, variée et équilibrée
leur permettant de mener une vie active et saine.
2.4.3.-Production et productivité agricoles.
On a réalisé des progrès extraordinaires
mais inégaux en matière de production et de productivité
agricoles, principalement grâce à différentes
stratégies visant à accroître le «capital
technologique» des pays. Les progrès techniques, permis par les
efforts de recherche et d'investissement et par l'appui des centres nationaux
et internationaux de recherche agricole, ont été essentiels.
L'évolution des relations entre la population et les ressources a aussi
joué un rôle important; la proportion d'actifs dans la population,
qui était en déclin dans de nombreux pays, a commencé
à augmenter dans la plupart des pays, ce qui leur permet de
bénéficier du «cadeau démographique» qui a
déjà aidé certains des pays les plus peuplés
à relever le défi du développement et de l'accroissement
de la production vivrière. Dans de nombreux pays, les perspectives d'une
poursuite des gains de productivité obtenus par le passé sont
assombries par la dégradation des terres, la pénurie d'eau et
l'épuisement des possibilités dans l'irrigation. Toutefois, on
pense que la biotechnologie permettra de surmonter ces obstacles, à
condition que l'on prenne les précautions nécessaires pour
prévoir convenablement et éviter les effets négatifs.
2.4.4.-Croissance et équité
Pour améliorer l'accès des pauvres à
l'alimentation, deux conditions sont essentielles: la croissance
économique et l'équité. À une famille pauvre dont
la principale ressource est sa force de travail, une croissance
économique équitable peut apporter un marché favorable
pour ses produits, de meilleures perspectives d'emplois et une
société plus solidaire; par conséquent, elle
améliore l'accès aux biens et services.
S'il est évident que la croissance économique a
un rôle à jouer dans la lutte contre la faim, l'optimisme
concernant l'ampleur et la rapidité de la propagation de ses avantages
est souvent contesté. En effet, la croissance de l'économie
nationale n'entraîne pas toujours un recul de la pauvreté et de la
faim. Souvent, elle marginalise certains groupes et, ces dernières
années, elle s'est accompagnée d'une aggravation des
inégalités aux échelons national et international.
Il y a donc des arguments persuasifs qui militent en faveur
d'une aide ciblée sur les agriculteurs pauvres en ressources qui sont
incapables de soutenir la concurrence de l'agriculture moderne, en particulier
du fait du déclin du prix des produits. Toutes les analyses de la
pauvreté rurale, et en particulier de la pauvreté des femmes
rurales, font ressortir un facteur commun: l'inégalité de
l'accès à la terre, aggravée par l'inégalité
de l'accès à l'eau, au crédit, aux connaissances et aux
marchés. Cela confirme l'importance de la réforme agraire. Bien
qu'elle soit politiquement difficile à mener, la réforme agraire,
lorsqu'elle réussit, permet non seulement de rééquilibrer
la distribution des revenus mais aussi d'accroître fortement la
productivité.
L'amélioration de la distribution des richesses, des
ressources et des chances est un aspect essentiel de la lutte contre la faim.
Les inégalités extrêmes et la grande pauvreté
conduisent les populations au désespoir et suscitent des tensions
déstabilisatrices dans les sociétés rurales et urbaines.
Il faut donc prendre des mesures ciblées visant non seulement à
répondre aux besoins immédiats des groupes
défavorisés en matière de santé et d'alimentation,
mais aussi à leur fournir des moyens de développement,
c'est-à-dire un accès aux intrants, aux infrastructures, aux
services et, surtout, à l'éducation.
2.4.5.-Importance de la production vivrière et
agricole
De nombreux pays, en particulier au début du dernier
demi-siècle, se sont efforcés d'accélérer
l'industrialisation dans l'espoir que les recettes d'exportation de produits
industriels leur permettraient d'importer des aliments pour compléter la
production nationale. Cette stratégie était motivée
à la fois par le fait que la production alimentaire mondiale
était suffisante pour répondre aux besoins d'importations, et par
la baisse tendancielle du prix réel des produits alimentaires et
agricoles sur le marché mondial. Toutefois, ces stratégies
fondées sur une croissance tirée par l'industrie et souvent mises
en oeuvre par des politiques budgétaires et sociales privilégiant
les villes ont généralement échoué; elles n'ont pas
réussi à réduire la vaste pauvreté rurale ni
l'insécurité alimentaire, et ont intensifié les
problèmes liés à l'urbanisation rapide.
Ces stratégies ont échoué du fait
qu'elles négligeaient l'importance de la production agricole et en
particulier vivrière, qui est une garantie essentielle d'accès
à l'alimentation pour les nombreux agriculteurs de subsistance qui sont
également des consommateurs. Dans une économie principalement
agraire, le seul moyen de garantir aux petits paysans l'accès à
l'alimentation consiste à leur permettre de développer leur
propre production vivrière et agricole.
2.4.6.-Accumulation de capital technologique
L'augmentation sans précédent des rendements des
cultures au cours des 50 dernières années a été la
principale source de croissance de la production alimentaire mondiale, car
l'expansion globale des terres arables a été limitée.
Néanmoins, il y a eu aussi une transformation spectaculaire de
l'utilisation des terres. L'extension des terres arables a été
obtenue en grande partie au détriment des forêts, ce qui a eu des
conséquences négatives bien démontrées sur
l'environnement, tandis que d'un autre côté, des terres arables
productives ont disparu en raison du développement des villes et des
infrastructures, ou de la désertification et d'autres formes de
dégradation et de réaffectation des terres.
L'amélioration des rendements a été due
à des facteurs technologiques puissants, notamment l'augmentation de
l'apport d'engrais et de pesticides, l'emploi de semences
améliorées, l'irrigation et le drainage. Le renforcement des
infrastructures, telles que les routes rurales, a aussi contribué
à l'accroissement de la production agricole. Ces progrès ont
été rendus possibles par l'investissement public et privé.
Toutefois, l'accroissement de la consommation d'intrants, c'est-à-dire
de l'investissement physique, présente un inconvénient majeur,
à savoir qu'il a un rendement décroissant. C'est pourquoi les
recherches visant à mettre au point et à diffuser des
technologies nouvelles ont joué un rôle essentiel. Les
capacités nationales d'adoption et de diffusion des progrès
techniques ont apporté une contribution majeure à
l'amélioration des rendements. La réussite la plus remarquable de
l'agriculture au cours des 50 dernières années a
été la révolution verte, conjuguant recherche agricole
coordonnée et action des pouvoirs publics. La révolution verte a
été très efficace dans une grande partie de l'Asie,
même si l'enthousiasme initial s'est estompé lorsqu'on a pris
conscience de certains de ses effets sociaux et environnementaux
négatifs. Comme il n'y a pas eu de progrès technologiques
comparables adaptés aux conditions et aux cultures dominantes dans la
plupart des régions d'Afrique, la révolution verte n'a
guère profité aux agriculteurs de ce continent.
L'investissement dans la recherche, les infrastructures
rurales et les services de vulgarisation, ainsi que dans la mise en valeur du
capital humain, s'est révélé indispensable pour le
progrès technique et le développement des infrastructures
sociales et matérielles.
2.4.7.-Mise en valeur du capital humain
La mise en valeur du capital humain, c'est-à-dire le
développement des compétences et des connaissances, a
apporté une contribution essentielle à la réduction de la
pauvreté et à l'amélioration de la sécurité
alimentaire. De nombreuses études ont démontré les effets
de l'éducation, en particulier l'éducation des femmes, sur la
production et la productivité des activités agricoles et non
agricoles, ainsi que sur la santé et la nutrition. L'éducation de
base est le meilleur investissement à long terme et est
particulièrement bénéfique pour les groupes les plus
défavorisés. La formation et le perfectionnement sont aussi
essentiels, car les agriculteurs instruits et compétents sont mieux
capables d'adopter les nouvelles technologies, d'exploiter les
possibilités qu'offre le marché et de parer aux risques.
Toutefois, la formation peut être très coûteuse et, dans la
conception des programmes de formation, il faut privilégier
l'enseignement de compétences appropriées et rapidement
exploitables.
CHAPITRE
III
ZONE D'ÉTUDE, AIDE
ALIMENTAIRE
La région du Far-West est la région la
plus citée pour les conditions d'extrême pauvreté qui y
sévissent. Les habitants qui y vivent connaissent des moments
d'âpres difficultés dues aux problèmes de toutes sortes, et
parmi ces problèmes, la sécheresse est souvent retenue comme la
plus débilitante. Celle-ci, d'une année à l'autre, a
contribué à appauvrir les populations dont les moyens de survie
étaient déjà quasi-inexistants. De fait, dans les
paragraphes qui suivent nous allons essayer d'exposer quelques-unes des
conditions socio-économiques dans lesquelles évolue la population
de cette région.
SECTION I :
3.1.- Conditions
Agro-Socio-Economiques
3.1.1.-
Localisation Géographique
Le Far-West est situé à l'Ouest dans le
département du Nord'Ouest. A l'intérieur de ce
département, une subdivision a été faite donnant ainsi
lieu à deux grandes régions. La première est le Far-West
dont les différentes communes sont Jean-Rabel, Môle-St-Nicolas,
Bombarde, Baie-de -Henne. La seconde couramment appelée Haut Nord-Ouest
a pour grandes subdivisions administratives les arrondissements de Port-de-Paix
et de Saint-Louis du Nord
3.1.2.-
Les ressources hydriques
Pour ce qui concerne les ressources hydriques, la
région du Far-West en est faiblement dotée. Pour une meilleure
compréhension de celles-ci, on les subdivise en eaux de pluie et celles
d'irrigation.
3.1.2.1
Pluviométrie, ETP,ETR
La pluviométrie est fortement variable d'une
année à l'autre. Certaines communes du Nord-Ouest ont une
pluviométrie moyenne annuelle de 2000 mm, c'est le cas de St-Louis du
Nord. Par contre, en période de pénurie, le Môle
reçoit en moyenne aux environs de 400 mm/an. Le tableau qui suit
expose la situation de l'évolution du régime hydrique ainsi que
les éventuels déficits.
Tableu 4 : Pluviométrie, ETP,ETR ( mm
)
Communes
|
Pluviométrie
|
ETP
|
ETR
|
Déficit
|
M..st Nicolas
|
590.1
|
1580.2
|
560.2
|
980
|
|
Bombardopolis
|
781.0
|
1100.1
|
781.8
|
310.3
|
|
Jean-Rabel
|
942.0
|
1445.0
|
951.0
|
493.2
|
Source: MARNDR 1995
Cette question sera reprise et traitée en long et en
large au chapitre des résultats. A présent moment, nous nous
contentons de faire état de la rareté de ressources hydriques
dans la région. Vu la faiblesse dans la, comment est donc la situation
de l'irrigation. Aux paragraphes qui suivent, quelques données y
relatives sont donc fournies afin de se faire une idée globale des
ressources hydriques existantes.
3.1.2.2 Irrigation
Eu égard aux conditions géomorphologiques et
compte tenu de la sécheresse chronique que connait le Far-West, les
périmètres irrigués occupent de superficies assez faibles
vu que le niveau d'eau dans les lits des rivières, sources
privilégiées pour les structures d'irrigation, est très
bas. De plus, il y a très peu de sources ayant un débit d'eau
suffisamment grand pour être mises en valeur à cette fin. En
outre, les quelque faibles petits périmètres irrigués
existants se trouvent éparpillés dans presque tout
l'arrondissement du Môle. Pour se faire une idée relativement
plus juste quelques données y relatives sont communiquées au
tableau IV disposé ci-après.
Tableau 5 : Superficies
sous irrigation dans le Far-West en Ha
|
Communes.
|
Nom.
|
Dédit moy.
|
Superficie Irriguées
|
|
Baie de Henne
|
Passé Sèche
|
120
|
147 ha
|
|
M.St Nicolas
|
Lavaltière
|
60
|
175
|
|
Jean-Rabel
|
Gras Sable
|
100
|
42
|
|
Coicou
|
100
|
70
|
|
Nan Carré
|
-
|
40
|
|
Riviere de JR
|
-
|
200
|
|
Ka Démé
|
80
|
90
|
|
Nan Sault
|
-
|
82
|
|
Total
|
|
|
846
|
Source: DDA et CARE Cité par MARNDR
Nous avons donc constaté l'existence d'une carence
chronique en eau dans le Far-West. Nous supposons que ceci a des
répercutions sur le système agraire dans la région. Pour
ce, au paragraphe qui suit, quelques traits caractéristiques des
situations agro-écologiques seront donc exposés.
3.1.3.-Situations Agro-Ecologiques
En ce qui a trait aux conditions agro-écologiques du
Far-West, elles sont très variables d'une commune à l'autre. La
commune de Baie-de-Henne représente l'arche type de la zone des
plateaux arides; le relief est donc tourmenté, formé de plateaux
accidentés et de collines abruptes. La situation de l'agriculture est
quelque peu différente selon les sections communales et les cultures
tels le sorgho, l'arachide, le maïs et le haricot dominent le paysage
agricole lors des saisons de cultures. A Bombardopolis, la
végétation est naturelle et composée de prosopis et de
campêches sur les sols bruns ou brun rougâtre. Le manioc, le
rorolis, le sorgho, le haricot et le maïs sont les principales cultures
pratiquées. Pour ce qui concerne la commune du Môle, de
Mare-Rouge à Leblanc, le Kars empoisonne le sol rouge. La
végétation est composée de jardins-vergers et les
principales cultures y sont le haricot, le maïs, le pois congo, la banane,
le manioc, la patate, et le sorgho. De Mare-Rouge au bourg de Môle en
passant par Jobelin, le paysage se désole, la végétation
s'appauvrit et cède la place à de petites broussailles . La
commune de Jean Rabel présente du point de vue physique 4 grands traits
caractéristiques. Cependant, on y rencontre ici et là presque les
mêmes cultures saisonnières ( le maïs et le haricot ).
3.1.4.-Répartition Spaciale
de la Population
Le dernier recensement réalisé sous la tutelle
du MARNDR ( 1997 ) exclusivement dans le département du Nord-Ouest a
revelé que les densités de population sont de loin beaucoup
moins élevées dans les communes du Far-West (sauf à Jean
Rabel) que dans celles de l'Est du Département. Au niveau des 4
communes du Far-West, les données démographiques sont
présentées au tableau 6.
Tableau 6 :Densité de
population par commune et agglomération urbaine (1997)
|
Communes.
|
Population.
|
Superficie en Km2
|
Densité.
|
Agglomération Urbaine
|
|
M st Nicalas
|
27137
|
249
|
109
|
4207
|
|
Baie de Henne
|
14320
|
221
|
65
|
1661
|
|
Bombardopolis
|
27685
|
180
|
154
|
1833
|
|
Jean Rabel
|
109984
|
467
|
235
|
7704
|
|
Total
|
439984
|
2152
|
204
|
15405
|
Source: MARNDR 1997
3.1.5.-
Niveau d'investissement dans le Far-West pour 1997
Au cours de l'année 1997, une année où
presque tous les fonds destinés au développement étaient
à la disposition des différents agents de développement,
les investissements moyens bruts au niveau des familles ciblées ont
été évalués pour chaque institution pour laquelle
ces informations se trouvaient disponibles. En vue de permettre une bonne
lecture des montants investis au cours de cette année, le tableau
suivant a été élaboré.
Tableau 7:
Investissement moyen par ONG
|
Institutions
|
Familles Touchées
|
Budget 97 en gdes
|
Invest/Famille
|
CARE
|
24800
|
86625000
|
3493
|
|
DDA
|
30000
|
5435350
|
181
|
|
EAST
|
3500
|
997500
|
285
|
|
GRAF
|
24052
|
733500
|
305
|
|
PICV
|
843
|
?
|
-
|
|
PISANO
|
2000
|
2067000
|
1034
|
|
UNOPS
|
100000
|
34000000
|
340
|
Source: Enquête EMAD 1997
Bien que ce tableau n'offre aucune possibilité de le
déceler, il n'y a qu'une faible part de ces dépenses qui est
allouée aux activités agricoles. Ceci est dû au fait que
les activités des ONG sont trop diversifiées et ne portent
parfois que sur la distribution de l'aide alimentaire.
3.1.6.-
Evolution du paysage agraire dans le Far-West
Une analyse de la situation du Far -West dans son aspect
fondamental permet de comprendre que la crise chronique qui sévit
depuis un bon bout de temps et qui ne cesse de l'affliger éclata au
début des années cinquante (1950 ). En effet, les progrès
de la médecine moderne atteignaient tous les coins mêmes ceux les
plus reculés du pays avec comme résultante un accroissement
considérable de la population. Fâce à cette situation, les
populations du Far-West se trouvaient devant un dilemme incontournable. D'un
côté, il s'agissait de produire en quantités suffisantes
des denrées agricoles pouvant satisfaire les besoins immédiats
d'alimentation d'une population sans cesse croissante et d'autre part, de
satisfaire les nouveaux besoins en éducation pour les jeunes en
âge de fréquenter l'école. Au fil des temps, un certain
nombre d'événements vont mettre en évidence la
montée de la paupérisation des populations de la région.
Parmi les événements les plus saillants, nous
mentionnerons :
Le cyclone Hazel qui, en 1954, dévasta les plantations
et les boisés. Les innondations qui l'accompagnèrent
détruisirent maisons et cheptels. L'impact de ce cyclone (Hazel)
fût particulièrement sévère à Jean-Rabel,
Port-de-Paix et St Louis du Nord ;
La loi de 1962 interdisant l'élevage libre. Il est
à remarquer qu'une fraction de la population du F.W. pratiquait
l'élevage libre dans les terres dites cadastres. Les exploitants
concernés furent donc obligés de concentrer leurs pâturages
sur les terres qu'ils avaient en propriété et de plus il fallait
maintenir le bétail à la corde. Cette contrainte limitait donc
largement les superficies qui devraient être emblavées en cultures
et en denrées agricoles surtout si ces terres n'étaient pas
de première qualité.
Les sécheresses et la famine de 1968 qui
affectèrent l'île de la Gônave et une partie du Nord-Ouest
causèrent des déplacements massifs de population originaire de
cette île vers Bombardopolis et Môle-St-Nicolas qui
inculquèrent aux natifs de ces localités les techniques de
fabrication du charbon de bois. Les économies paysannes
fragilisées par des sécheresses périodiques et les
contraintes imposées à l'élevage libre achevèrent
de déstabiliser les sources de revenus possibles. Il ne restait à
ces pauvres agriculteurs, désemparés par cette absence de
revenus sûrs, que de se rejeter sur la coupe de bois pour la fabrication
de charbon
L'abattage systématique des porcs lors de
l'épidémie de peste porcine en 1982-1983 accentua la
paupérisation des paysans tout en réduisant fortement la valeur
économique de certains arbres fruitiers qui fournissaient des aliments
pour l'alimentation des porcs. Cette situation laissait les arbres fruitiers
à la merci de ceux qui confrontaient des difficultés
financières contraignantes au sein des exploitations agricoles. Cette
situation perdure jusqu'à nos jours (MARNDR, 1997).
SECTION II
3.2.- Structure de l'Aide
Alimentaire
3. 2.1.-
L'aide alimentaire et l'agriculture dans le Far-West
L'aide alimentaire constitue un volet de dépenses non
négligeables pour certaines ONG surtout en période de
déficits critiques. Ainsi, une étude comparée des parts
consacrées par deux organisations dans l'aire sous-étude permet
d'exposer le fait au tableau qui suit:
Tableau 8 : Parts
comparées des investissements pour 2 ONG (montant en gourdes
)
|
INSTITUTIONS
SECTEURS
|
GRAF
|
CARE
|
|
Montant
|
%total %
|
Montant
|
%total %
|
|
Agriculture
|
3785000
|
54.6 54.6
|
35000000
|
40.4 40.4
|
|
Aide alimentaire
|
3150000
|
45.4 45.4
|
51625000
|
59.6 59.6
|
|
Budget
|
6935000
|
10010 100
|
86625000
|
100 100
|
Source: CNSA et MARNDR, 1997
La question de l'aide alimentaire sera traitée de
façon approfondie aux chapitres des résultats et des analyses.
Pour l'instant, nous nous contenterons seulement de faire remarquer
l'importance relative des dépenses allouées à cette
activité par rapport au volume total des investissements.
3.2.1.1.- Disponibilités Alimentaires dans le
Far-West
En vue d'étudier les relations existantes entre le
régime hydrique et le niveau global de production des cultures
saisonnières, la détermination du niveau global de production de
maïs et de haricot s'avère nécessaire. Ainsi, les
estimations calculées par L'IHSI pour ces deux produits, bien que nous
ignorions les méthodes de calcul utilisées, donnent de niveaux
maxima de 6135 et 3103 TM éq. Cér. pour le maïs et le
haricot respectivement. Cependant, à l'opposé sont
enregistrés des seuils minima assez critiques dont les valeurs pour ces
deux produits oscillent autour de 1047 et 427 TM respectivement. La
compréhension du phénomène sera possible à l'aide
des données disposées au tableau p en annexe.
Cependant, pour parvenir à la modélisation, il
est inéluctable de ramener ces deux produits à une même
base afin de pouvoir faciliter les analyses.
3.2.1.2-
Aide alimentaire dans le Far-West
Suite au passage du cyclone Golding, ce qui remonte à
l'année 1979, des organisations avaient déjà
commencé à distribuer des produits alimentaires dans le Far-West.
Depuis, cette activité n'a pas connu de discontinuité puisque des
situations de famine se sont toujours répétées de
façon cyclique. De plus, avec l'initiation d'autres programmes tels la
cantine scolaire, le programme de récupération infantile dans les
centres de nutrition et le Food-For-Work, l'activité de distribution de
l'aide alimentaire se fait de façon plus régulière mais
toujours dans le but d'offrir un palliatif aux problèmes de
sous-alimentation sévissant dans la région pendant les
périodes de famine sévère due à la faiblesse de la
production (Responsables de la CARE). Ainsi, pour les seize années
retenues dans notre étude qui vont de 1986 à 2001, les
quantités de produits distribuées sont présentées
en annexe 1.
D'après les données
disponibles, nous avons constaté que la quantité minimale de
produits distribuée oscille autour de 9465 TM et la quantité
maximale avoisine les 22175 TM. Par contre, ce qui revêt une grande
importance est le nombre de gens qui arrivent à en
bénéficier (Annexe). Ainsi, pour comprendre le
phénomène de la distribution de l'aide alimentaire du point de
vue économique, le nombre de bénéficiaires et le prix
mondial de la TM éq. Cér. Doivent se trouver au centre des
débâts ( Annexe). Pour ce, le chapitre suivant est
réservé à l'étude de l'évolution des
différentes séries statistiques et des coefficients de
variabilité de chaque série avant l'introduction de celles-ci
dans les modèles d'équations.
3.2.2.-
Distribution de l'aide alimentaire dans le monde
Pour mieux saisir l'évolution de l'aide alimentaire
dans le monde, une présentation sommaire de la distribution des
allocations d'aide directe et indirecte par agence s'avère
nécessaire. La CEE, pour les années 1991 et 1994 avait
distribué 1304000 et 1451480 tonnes de produits céréaliers
respectivement. Pour l'année 94 de façon particulière, la
quantité totale de produits distribuée dans les ACP
s'évaluait à 383,525,259 EURO et le montant des distributions en
Amérique Latine oscille autour de 49,819,696 EURO pour la même
année ( CEE, 1994 ) ;
Le PAM, pour sa part, a effectué des distributions
spectaculaires en l'Amérique et dans la Caraïbe au cours des
années 90 et 91 dont les valeurs oscillent autour de 117316 et 116823
milliers de dollars US respectivement ( PAM, 1994 ) ;
La USAID, quant à elle contrôle plusieurs
centaines de millions de dollars (US ) d'assistance alimentaire accordée
par les Etats-Unis dans le monde. En Haiti, de façon
particulière les livraisons pour les années 1988 et 1997
oscillent respectivement autour de 75783 et 46663 tonnes (PAM, 1998 ).
3.2.2.1.-Critères de distribution
En vue de parvenir à une gestion saine de l'aide
alimentaire, les grandes agences internationales intervenant dans les circuits
de distribution de celle-ci, ont adopté certains critères
d'éligibilité afin de pouvoir sélectionner les groupes de
pays qui devraient en bénéficier. Entre autres, les
critères qui suivent sont couramment retenus :
Situations de sécheresse chronique que peut
connaître un certain groupe de pays et/ou régions ;
Périodes de guerres pouvant causer des
déplacements massifs de populations vers les pays voisins ;
Dégâts causés par des intempéries
couramment appelées catastrophes naturelles (cyclônes,
tempêtes,...)
Pour être au rendez-vous lorsque l'une ou l'autre de ces
situations se présente, les agences humanitaires se sont fixé des
objectifs d'une part et ont adopté des stratégies et mesures
devant permettre d'atteindre ces objectifs d'autre part ( PAM, 1994 ).
3.2.2.3.-- Objectifs déclarés
Tout en assurant la distribution des produits qu'ils ont
à leur disposition, les organismes s'adonnant à cette
activité se donnent pour objectifs :
D'améliorer la nutrition et la qualité de vie
des personnes les plus vulnérables pendant les périodes
critiques ;
D'aider les pauvres individuellement et collectivement
à se doter de moyens de production et ainsi indirectement promouvoir
leur auto-suffisance alimentaire.
De combler le déficit alimentaire des populations
vulnérables ( PAM, 1994 ).
3.2.2.3.- Stratégies et
mesures
Vu les conditions d'extrême
précarité qui peuvent subvenir lorsque l'une ou l'autre des
situations sus-mentionnées se présente, vu les objectifs globaux
retenus en menant ces activités, les mesures et les stratégies
suivantes sont « visiblement »
annoncées ;
-Améliorer la sécurité alimentaire des
ménages relativement démunis ;
-Protéger la santé des consommateurs en
améliorant la qualité des produits alimentaires ;
-Prendre en charge des personnes défavorisées
sur le plan socio-économique et vulnérables sur le plan
nutritionnel ;
-Evaluer, analyser et surveiller les situations
nutritionnelles (CEE, 1994 ).
CHAPITRE IV
4. Facteurs de
Production, Production, Besoins, Déficit et Aide Alimentaire
SECTION I
4.1- Mise en Evidence du
Déficit Alimentaire
Cette première section de ce chapitre est
réservée aux calculs du volume d'eau disponible pour les cultures
pratiquées dans le Far-West, des différents niveaux de
population, des besoins alimentaires et du déficit alimentaire
sévissant dans la zone.
4.1.1.-
Structures et Tendances dans le Far-West
Dès lors qu'une présentation systématique
des facteurs déterminants dans la production agricole dans la
région du Far-West devient opportune, il est d'une importance capitale
de faire avant tout une brève présentation des structures et
tendances de la dite région. Cette région est
écologiquement reconnue comme zone aride
semi-sèche. Agronomiquement, elle est définie comme une zone
agropastorale caractérisée par une agriculture majoritairement
sèche et un élevage nomade ou en transumance. Sociologiquement,
c'est une zone caractérisée par des activités productives
et commerciales de nature traditionnelle et précaire. Les
économies des différentes zones du Far-West sont fondamentalement
des économies de subsistance enclavées à forte
auto-consommation paysanne reposant presqu'exclusivement sur un système
d'agriculture pluviale.
4.1.2.-
Le régime hydrique dans le Far-West
Dans beaucoup de régions sub-tropicales et arides,
l'humidité nécessaire à la croissance et au
développement des plantes est généralement insuffisante
du fait de la faiblesse des précipitations. Dans l'objectif de garantir
une bonne production agricole, le degré d'humidité indispensable
doit être procuré artificiellement par l'irrigation (FAO, 1995).
Le Nord -Ouest en général et de façon particulière
le Far-West n'échappe pas aux problèmes créés par
cette situation déséquilibrante qui conduit toujours à un
cycle de sécheresse accompagné le plus souvent de son corollaire
naturel qui est la famine.
En effet, de nombreux cas de malnutrition sont souvent
enregistrés et parfois même, nous déplorons la mort de
certains enfants car ils sont ceux qui demeurent les plus exposés
à ces conditions de vulnérabilité accrue (B.
DESMANGLES,1997). Tout ceci semble être le résultat de la
faiblesse des ressources hydriques de la région et plus
particulièrement de la pluviosité dont le seuil minimum avoisine
les 562 mm l'an. Le tableau des données de la pluviosité
placé en annexe permet de mieux comprendre la situation.
Cependant, l'étude de l'évolution du
régime hydrique dans le Far-West doit être envisagée sous
deux angles :
En premier lieu, il s'agit d'étudier et de suivre ce
régime dans son aspect global sans en aucune façon tenir compte
respectivement des saisons de cultures et des cycles culturaux. Le tableau
annexe 1 permet de se faire une idée de la situation à ce niveau
d'analyse.
En second lieu, afin de mieux saisir la situation de
l'agriculture, il nous faut insister sur les niveaux de pluie
enregistrés dans la région en tenant compte cette fois-ci des
saisons de cultures et de leurs cycles culturaux. Ceci permettra dans une large
mesure d'analyser l'alimentation hydrique des cultures. Pour ce, le tableau IX
est donc présenté.
Tableau 9 : Relevés de chutes de
pluie en mm pour les deux saisons
|
Année
Com.
|
86
|
87
|
88
|
89
|
90
|
91
|
92
|
93
|
94
|
95
|
96
|
97
|
98
|
99
|
00
|
01
|
|
Bomb.
|
8.3
|
8.9
|
10
|
9.3
|
6.
|
4.5
|
5.4
|
5.3
|
7.1
|
9.8
|
8.0
|
5.5
|
9.7
|
9.5
|
8.0
|
5.9
|
|
Jean R.
|
8.3
|
9.1
|
9.5
|
8.1
|
6.2
|
4.3
|
6.
|
6.4
|
7.3
|
7.7
|
7.8
|
4.8
|
10
|
10
|
8.3
|
6.2
|
|
B de He
|
7.9
|
8.3
|
8.6
|
7.7
|
6
|
3.8
|
5.7
|
5.7
|
7.1
|
7.8
|
7.6
|
30
|
8.9
|
10
|
7.7
|
5.6
|
|
M-St-N
|
7.7
|
8.4
|
9.2
|
7.8
|
6.2
|
4.7
|
5.4
|
6.1
|
7.3
|
8.1
|
8.1
|
3.
|
9.8
|
10
|
7.9
|
5.8
|
|
Moyenne
|
8.1
|
8.7
|
9.4
|
8.2
|
6.
|
4.3
|
5.6
|
5.9
|
7.2
|
8.4
|
7.9
|
4.1
|
9.6
|
10
|
8
|
5.9
|
SOURCE: UPSE/ MARNDR (2002)
N.B. Les données de ce tableau sont en centaines de
millimètres
Puisqu'en région aride, pour produire en moyenne 4
à 5 tonnes de céréales à l'hectare, il faut au
minimum 600 mm d'eau par cycle cultural (FAO, 1995), donc, pour deux cycles de
culture, il faudrait environ 1200 mm de pluie pour arriver à garantir
deux bonnes récoltes consécutives. La situation du régime
hydrique dans le Far-West montre clairement, toutes choses restant
égales par ailleurs, que ce rendement moyen n'a jamais été
atteint au grand désespoir des producteurs s'adonnant aux
activités agricoles dans cette région.
4.3. 4.1.3.- Production et Disponibilités
Une estimation du niveau global de production agricole
nécessaire pour assurer une relative sécurité alimentaire
pour les populations dans les PVD s'accompagne toujours de certaines
difficultés. Cette situation n'est pas différente pour notre
pays. Pour ce qui concerne la sécurité alimentaire dans le
Far-West, il convient de signaler qu'il existe un certain nombre de produits
récoltés sur les exploitations des cultivateurs qui ne peuvent
être retenus parmi ceux qui sont directement liés à une
vocation alimentaire; entre autres, retenons la canne à sucre, le
café. Cette distinction est l'une des caractéristiques des
économies de subsistance (PVD). Les produits qui sont
généralement retenus pour l'alimentation des populations sont le
plus souvent les céréales, les légumineuses, les racines
et tubercules et la banane plantain pour ne citer que ceux-là. Au
Far-West notamment, la situation est identique. Les produits destinés
à l'alimentation de subsistance côtoient les cultures de rente
destinés à la commercialisation.
4.1.4.-
Evaluation des besoins alimentaires
4.1.4.1.- Les besoins alimentaires par groupe d'âge
Se révélant d'une grande importance pour
l'homme, les besoins alimentaires se définissent comme étant les
quantités et qualités d'éléments nutritifs
nécessaires pour qu'une personne vive en bonne santé et qu'elle
assure normalement ses activités. Ces besoins diffèrent en
fonction du sexe, de la tranche d'âge et finalement de l'activité
physique de leur travail quotidien.. Vu leur importance pour ce travail, ils
sont présentés au tableau ci-après.
Tableau 10 : Besoins du métabolisme basal par
groupe d'âge (en kcal)
|
Tranche d'âge Sexe
|
0-20ans
|
20-65ans
|
> 65ans
|
|
Homme
|
1770
|
2400
|
1450
|
|
Femme
|
1390
|
2200
|
1230
|
Sources : OMS/ FAO ( 1982)
Les besoins
présentés au tableau ci-dessus sont conçus pour les
personnes couchées ne menant aucune activité. Cependant, pour les
personnes en mouvement il est recommandé de multiplier chaque niveau/
groupe d'âge par le coefficient standard qui est deux (2) (OMS/FAO,1982)
4.1.4.2.- Les besoins
énergétiques de l'homme
Toutes choses étant égales par ailleurs, les
besoins énergétiques sont de 2400 et de 2200 kcal pour l'homme et
la femme respectivement. En retenant le maïs comme la
référence de l'équivalent céréale et dont un
kg procure à un consommateur 3610 kcal, la consommation moyenne annuelle
étant de 0.33 et 0.305 TM éq. cér. pour l'homme et la
femme respectivement (G. DOMINIQUE, 1953). Par contre, en prenant en compte le
coefficient standard, les quantités nécessaires de ce produit que
doivent consommer l'homme et la femme pour combattre la famine étant
estimées à 0.66 et 0.61 TM l'an respectivement. Ce qui donne en
moyenne 0.635 TM de maïs ou équivalent céréales par
individu l'an (FAO, 1982).
4.1.4.3.- La dynamique de la population
L'activité économique est le fait de la
population active, sans laquelle aucun processus de production ne pourrait
être entrepris. Ce serait la récession à son niveau le plus
critique, puisque les niveaux de production atteindraient leurs seuils minima
et le taux de chômage serait élevé. Par contre, la
consommation de quelque nature que ce soit est le fait de la population totale.
De façon particulière, la consommation alimentaire est
quotidienne et donc, les quantités de produits que doit ingérer
chaque personne devraient lui permettre d'assurer pleinement ses
activités. Ainsi conçue, la dynamique de la population d'une
région ou d'une nation se trouve au centre des débats lors de
l'estimation des besoins alimentaires de cette dernière (Bernard-Simon,
1998). Dans le Far-West cette dynamique accuse la forme exponentielle avec un
taux de croissance moyen de 2.55% l'an. Donc, les données
disposées au tableau 11 décrivent pleinement la situation.
|
Rubriques
Répartition Géo.
|
Population
|
Taux de croissance (%)
|
Taux de croissance moyen (%)
|
|
Année
|
|
1982
|
2003
|
|
2.55 2.55
|
|
Môle St Nicolas
|
17883
|
29935
|
2.7
|
|
Jean-Rabel
|
75053
|
114429
|
2.4
|
|
Bombardopolis
|
18326
|
29461
|
2.6
|
|
Baie de Henne
|
9631
|
16706
|
2.5
|
Tableau 11 : Evolution de la Population et le
Taux de Croissance
SOURCE : IHSI (2002)
D'après la formule : Pn =
Po (1 + r)n où Pn, Po, r et
n sont respectivement la population pour l'année n, la population de
départ, le taux de croissance de la population et le nombre
d'années écoulées, nous pouvons parvenir à la
détermination du taux de croissance « r » et par la
suite estimer les différents niveaux de population pour les autres
années.
4.1.4.4.- Estimation de la population pour la période
retenue
En vue de parvenir à l'estimation des besoins
alimentaires nécessaires pour combattre la famine, l'estimation du
niveau global de population pour les différentes années retenues
s'avère nécessaire. De fait, dans le tableau 12 sont
exposés les niveaux de population pour les années allant de 1986
à 2001.
Tableau 12 : Population du Far-West par Groupe d'Age
pour les années Retenues
|
Année
G.d'age
|
1986
|
1987
|
1988
|
1989
|
1990
|
1991
|
1992
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
|
0-14
|
60.2
|
62.5
|
64.4
|
66.1
|
67.7
|
69.4
|
71.1
|
72.9
|
74.7
|
76.6
|
78.5
|
80.4
|
82.4
|
84.5
|
86.1
|
88.3
|
|
15-64
|
66.3
|
68.5
|
70.5
|
72.2
|
74
|
75.9
|
77.8
|
79.3
|
81.7
|
83.7
|
85.8
|
87.9
|
90.1
|
92.4
|
94.5
|
96.7
|
|
=65
|
14.8
|
15.1
|
15.6
|
16.
|
16.4
|
16.8
|
17.2
|
17.7
|
18.1
|
18.6
|
19
|
19.5
|
20.0
|
20.5
|
20.9
|
21.5
|
|
Total
|
143
|
146
|
150
|
154
|
158
|
162
|
166
|
170
|
174
|
178
|
183
|
187
|
192
|
197
|
192
|
197
|
SOURCE : IHSI (2002) et Calcul de l'Auteur
4.1.4.5.- Les besoins nécessaires pour combattre la
famine
Estimer les besoins alimentaires des populations d'une
région ou d'une nation pose souvent de nombreux problèmes. Cette
estimation devrait tenir compte de nombreux éléments entre
autres, retenons l'âge, le sexe, la masse corporelle, les
activités, le temps, l'espace, le statut social. Cependant, suivant les
niveaux de consommation par groupe de pays, l'âge de l'individu est le
plus couramment retenu pour parvenir à l'estimation de ses besoins de
consommation alimentaire (L. MALASSIS, 1995). Dans le cadre de ce travail, en
se référant à la dernière enquête
Budget-Consommation des ménages réalisée sous les auspices
des cadres de l'IHSI offrant les possibilités de faire une estimation de
la population rurale, la méthode de groupe d'âge est
appliquée et permet d'établir les résultats suivants.
Tableau 13 : Les Besoins pour Combattre la Famine ou
Besoin Minimum ( en TM )
|
G.d'age
|
B.Ind
|
1986
|
1987
|
1988
|
1989
|
1990
|
1991
|
1992
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
|
0-14
|
0.50
|
33.4
|
33.9
|
32.2
|
33.0
|
33.8
|
34.7
|
35.5
|
36.4
|
37.3
|
38.3
|
39.2
|
40.2
|
41.2
|
42.2
|
42.9
|
43.2
|
|
15-64
|
0.63
|
34.2
|
34.8
|
35.2
|
36.1
|
37.0
|
37.9
|
38.9
|
39.8
|
40.8
|
41.8
|
42.9
|
43.9
|
45.0
|
46.2
|
46.9
|
47.3
|
|
> 65
|
0.50
|
7.2
|
7.5
|
7.8
|
8.0
|
8.2
|
8.4
|
8.6
|
8.8
|
9
|
9
|
9.5
|
9.7
|
10
|
10.2
|
10.7
|
11
|
|
Total B.
|
|
71
|
73
|
75
|
77
|
79
|
81
|
83
|
85
|
87
|
89
|
91
|
94
|
96
|
98
|
90
|
92
|
SOURCES : Calcul de l'Auteur
4.1.5.- Evaluation du déficit alimentaire
Le déficit alimentaire se définit tout
simplement comme étant la différence entre la quantité de
kilocalories nécessaires pour qu'une personne parvienne à
satisfaire ses besoins pour combattre la famine et la quantité obtenue
à une période bien déterminée. Afin de contourner
les éventuelles ambiguïtés, les niveaux de production de
maïs et de haricot sont retenus pour faciliter la démonstration.
D'où : Déficit = Besoin global
-Disponibilité (offre globale)
Tableau 13: Estimation du Déficit Alimentaire
( en TM )
|
RUBR
|
86
|
87
|
88
|
89
|
90
|
91
|
92
|
93
|
94
|
95
|
96
|
97
|
98
|
99
|
00
|
01
|
|
OFFR
|
7.2
|
8.1
|
8.4
|
8.8
|
5.4
|
2.5
|
5.3
|
4.3
|
8.1
|
7.9
|
6.7
|
1.4
|
9.0
|
9.0
|
8.0
|
5.9
|
|
BES.
|
71
|
73
|
75.3
|
77.2
|
79
|
81.1
|
83.1
|
85.2
|
87.3
|
89.4
|
91.7
|
93.9
|
96.3
|
98.7
|
90
|
92
|
|
DEF.
|
63.
|
65
|
66.8
|
68.3
|
73.6
|
78.5
|
77.7
|
80.8
|
79.1
|
81.5
|
84.9
|
92.5
|
87.3
|
89.6
|
82
|
86
|
SOURCE : Calcul de l'Auteur
NB. : Pour les tableaux 12, 13 et 14, les
données sont en milliers.
SECTION II
4.2.-
Analyses corrélationnelles et graphiques
Cette section de ce chapitre est réservée pour
les analyses corrélationnelles et graphiques des données de base.
En effet, ces analyses permettront de mesurer le degré de
corrélation entre les différentes séries statistiques
d'une part et de suivre leurs fluctuations temporelles d'autre part.
4.2.1-
Relations entre la production et la pluviosité
Il est d'une importance particulière d'étudier
le degré de corrélation entre la pluviosité et la
production afin de pouvoir tirer des conclusions relativement valables.
Le calcul du coefficient de corrélation entre la
pluviosité et le niveau de production (maïs et haricot) se fait
à partir du coefficient de détermination. Le coefficient de
corrélation est la racine carrée du coefficient de
détermination. Ce dernier set donné par :
Cov ( Y1t , X2t )2
R2=
V(Y1)V(X2)
En considérant le niveau de production comme la
variable Yt et la pluviosité comme la variable X1t ,
des données disposées du tableau récapitulatif du
chapitre des résultats, les valeurs des coefficients de
détermination et de corrélation ( R2 et r )
s'élèvent respectivement à :
R2 = 0.8608
r = 0.9277
Vu que R2 = 0.8608 et r = 0.9277, calculés
suivant la logique de régression linéaire simple, nous admettons
l'existence d' une forte corrélation positive entre le niveau de
production et les niveaux de pluie enregistrés dans le Far-West.
4.2.2.-
Analyses autour de la population et l'offre globale
Suivant le Professeur GARDINNER à la FDSE,
l'étude d'une population, lorsque le solde migratoire pose de
sérieux problèmes dans sa détermination, se fait en
considérant que celle-ci était complètement fermée
(Notes de Cours, 2000-2001). D'un autre coté, L. MALASSIS avance :
« En dehors de toutes considérations sociales et
économiques, et, en retenant uniquement les activités
menées, l'âge de la personne, les besoins alimentaires d'un pays
ou d'une région se calculent en tenant compte de la population totale
qui y habite ».
Figure 2: Evolution de l'Offre dans le Temps

Dans cet ordre d'idées , une analyse entre l'offre
globale et la

demande peut être assimilée à une analyse
entre cette offre et la dynamique de la opulation. De fait, il est
inéluctable pour parfaire les analyses qui vont être
portées sur le déficit alimentaire, de déterminer le
coefficient de corrélation entre le niveau de population et l'offre
globale de produits à vocation alimentaire et de présenter
graphiquement ces deux variables en fonction du temps. Les coefficients de
détermination et de corrélation entre la population et l'offre
globale de produit sont :
R2 = 0.2183 et r = 0.43
Bien qu'il existe une faible corrélation positive (r =
0.43 ) entre l'offre et les différents niveaux de population, cela
n'empêche qu'il y ait des dents de scie dans la courbe de
l'évolution de l'offre globale qui confirment les situations de
déficits alimentaires sévères. De plus, par rapport aux
besoins estimés (86500 TM équivalent-céréales/an en
moyenne) le déficit alimentaire accuse une valeur physique de 80100 TM
équivalents céréales l'an, compte non tenu dans ce calcul
d'autres produits destinés eux aussi à des fins alimentaires
tels la banane, la patate, le manioc pour ne citer que ceux-là. Cette
situation est due au fait que la population continue à évoluer
à un rythme exponentiel alors que la situation de la production se
détériore de plus en plus au fil des années avec un
degré d'accentuation dans des années particulières. En vue
de réduire l'écart entre l'offre assistée par l'aide
alimentaire et les besoins qui constituent la demande, seulement la
moitié de ces derniers est introduite dans les analyses au niveau des
différents graphiques et ce, parce que nous avons négligé
certains produits locaux et les importations dans le calcul des
disponibilités.
Figure 3 : Comparaison entre la Moitié des Besoins
et l'Offre Globale

Une analyse du graphique montre l'écart entre l'offre
globale et la demande globale de produits alimentaires et démontre
visiblement le déficit alimentaire qui a sévi dans la
région pendant les seize (16) dernières années retenues. A
ce niveau, il convient de se pencher de façon minutieuse sur le
rôle joué par l'aide alimentaire c'est-à-dire les
quantités fournies et le déficit alimentaire chronique que
connaît la région.
4.2.3.-Analyses du déficit alimentaire et de l'aide
alimentaire
L'analyse du déficit alimentaire et de l'aide
alimentaire s'avère nécessaire. Ceci nous permettra de suivre
l'évolution simultanée de la quantité de nourriture
distribuée et du déficit alimentaire qui semble être une
fonction implicite de l'aide alimentaire. Pour se faire une idée de
cette relation dans une séquence temporelle, la figure suivante est donc
présentée.
Figure 4: Evolution du Déficit Alimentaire et de l'Aide
Alimentaire dans le Temps

Nous avons effectivement constaté au niveau de la
figure ci-dessus que l'aide alimentaire et le déficit alimentaire
évoluent légèrement dans le même sens bien qu'il
existe des années où ces évolutions se fassent dans le
sens contraire (91, 95, 99). Toujours est-il que l'aide alimentaire n'arrive
jamais à combler le vide créé par le déficit
alimentaire.
De plus, le coefficient de corrélation entre ces deux
variables est relativement élevé (r=0.51 ) contrairement à
ce que nous avons pré-supposé. Au chapitre suivant, nous
essayerons de déterminer la contribution relative de la
pluviosité dans l'explication du niveau de production. Ainsi, par la
suite , toutes les analyses relatives à l'aide alimentaire se feront
en fonction de la pluviosité de la région du nombre de personnes
qui en font la demande et du prix international des produits distribués
puisque ce dernier constitue le point d'équilibre entre l'offre et la
demande sur le marché mondial. Pour ainsi dire, lorsque le niveau de
production est faible à l'échelle mondiale, les stocks sont
faibles ou n'existent pas et les prix ont tendance à la hausse,
vice-versa.
4.2.4.- Situation évolutive
des séries statistiques et leurs coefficients de disperssion
Avant l'introduction de toutes séries statistiques dans
un modèle économétrique, il convient d'étudier
l'évolution de celles-ci dans le temps et de vérifier si elles
ont des coefficients de variabilité assez grands pour y être
intégré (BAILLARGEON, 1977). Pour répondre à cette
exigence, il nous faut étudier l'évolution des différentes
séries utilisées dans l'étude et parvenir à
déterminer leurs coefficients de variabilité.
4.2.4.1.- Evolution de la
pluviosité
Généralement l'assistance alimentaire se fait
pour pallier aux problèmes relatifs à des risques de famine dans
le monde et particulièrement dans les régions à
déficit alimentaire chronique (PAM,1994). Il est donc reconnu que le
problème de déficit alimentaire ou de famine est une
conséquence de la carence des ressources hydriques dans ces
régions ( LABONNE, 1980). Dans le FW, par exemple, la production
agricole repose prequ'exclusivement sur l'arrivée
régulière des pluies. C'est ce qui fait qu'elle est l'une des
principales régions bénéficiant de l'AAE. De fait, il est
donc inéluctable pour parvenir à l'étude de la
distribution de l'aide alimentaire de faire référence à la
pluviosité dans la région. Pour ce, représentons
graphiquement la situation de la pluviosité dans le FW.

Figure 5 : Evolution de la Pluviosité
La pluviosité moyenne enregistrée dans le FW est
de 737.25 mm et l'écart-type est de 213.1 mm. Ce qui fait,
d'après la formule précédente, que le coefficient de
dispession pour cette série est de 29.4 % ( ì =29.4% ). Dans
cette optique, trois années se distinguent particulièrement par
le faible niveau de pluie enregistré. Ce sont les années 91, 97
et 2001 dont les niveaux de pluie oscillent respectivement autour de 430, 412
et 596 mm. De plus, il y a une sorte de phénomène cyclique dans
le régime hydrique de la région. De 86 à 90, la
pluviosité varie de 430 à 723 mm pour les deux saisons de
cultures. Pour un autre cycle allant de 91 à 97 donc plus court que le
précédent, la pluviosité varie de 412 à 968 mm. Le
troisième cycle va de 98 à 01 et, les niveaux de pluie varient de
596 à 1057 mm. Les années où les niveaux de pluie sont
très faibles correspondent aux périodes de dessèchement
d'herbes les plus sévères, c'est ce qui fait que certains
spécialistes évoquent souvent le terme « cataclysme
naturel » pour caractériser ces situations.
4.2.4.2.- Evolution du Prix
Mondial
Nombreux critiques soutiennent que l'assistance alimentaire
résulte d'un excédent de produits céréaliers par
rapport à la demande des populations nationales des pays donateurs
(FORUM LIBRE , 1992). Ceci sous-entend que lorsque les niveaux de production
sont élevés pour ces pays, ou lorsque les stocks en
réserve sont importants, ils ont tendance à chercher des
débouchés pour faire baisser ces stocks. Il faudrait rappeler ici
que c'est une façon commode de maintenir les prix sur le marché,
car avec des prix mondiaux trop bas, cela soulèverait la grogne des
agriculteurs des pays nantis. Cette grogne est très redoutable puisque
les agriculteurs des pays riches représentent une force politique non
négligeable.
Figure 6 : Evolution du Prix Mondial

Cette thèse ne peut être testée que par le
niveau général des prix des produits fournis qui est le point
d'équilibre entre l'offre et la demande de ces produits sur le
marché mondial. Pour ce, nous avons présenté
l'évolution du prix mondial de la TM de l'éq. cér. dans le
temps et nous avons constaté qu'il existe effectivement une fluctuation
assez grande de cette série au cours de la période retenue ( de
101 à 160 $ US).
En effet, le prix moyen de la TM de
l'équivalent-céréale pour les seize années oscille
autour de US $130.25 avec un écart de US $ 25.25 pour la même
période. Ce qui donne un coefficient de dispession de 16.7 %,
toujours un peu supérieur à 10 %. Vu l'ampleur de la production
céréalière mondiale et la persistance de la distribution
de l'AAE dans le tiers monde, ce coefficient est assez significatif pour que
cette série puisse être introduite dans le modèle que nous
allons présenter à la se tion suivante.
4.2.4.3.- Evolution du nombre de
personnes qui en font la demande
Le nombre de bénéficiaires n'est pas une
donnée stable. D'après les enquêtes menées
auprès des bénéficiaires et auprès des
institutions, les demandes en aide alimentaire augmentent lors des
périodes de cataclysme naturel. On pourrait tirer la conclusion que le
nombre de bénéficiaires est fonction de la quantité de
dossiers relatifs à une demande en assistance alimentaire qui est
elle-même fonction de la situation de pénurie alimentaire. La
figure suivante présente la situation telle qu'elle a été
décrite ci-avant.
Figure 7 : Evolution du Nombre de
Bénéficiaires

Il y a une très grande fluctuation du nombre de
bénéficiaires potentiels de l'assistance alimentaire dans le
Far-West. Cependant, d'après les données recueillies, près
de 74095 personnes bénéficient de cette assistance annuellement.
Par contre, l'écart demeure assez grand soit 24317 par rapport à
la moyenne. Ainsi, le coefficient de dispession pour cette variable
explicative s'élève à 33%, ce qui démontre des
larges fluctuations. A ce niveau d'analyse, il convient alors d'introduire
cette variable dans le modèle afin d'étudier sa contribution
à l'explication de l'évolution de la variable
expliquée.
Maintenant, après avoir étudié et
analysé les différentes séries, nous sommes prêts
pour l'étude des possibilités d'une éventuelle
modélisation en prenant en compte les différentes variables
explicatives et expliquées jugées nécessaires pour y
parvenir.
SECTION III
4.3.-
Analyses Econométriques
Cette troisième et dernière section de ce
chapitre fait l'objet de modélisation des séries statistiques. Au
cours de laquelle nous allons essayer d'étudier les différentes
courbes de tendance afin de pouvoir mieux sélectionner les
équations mathématiques répondant au mieux aux exigences
économétriques.
4.3.1.-
Raisons de la Modélisation
Avant d'exposer les raisons du choix de modèle dans
notre travail, il convient de donner la définition même de
celui-ci. Dans le cadre de l'économétrie, nous pouvons
considérer qu'un modèle consiste en une représentation
formalisée d'un phénomène sous forme
d'équations mathématiques dont les variables sont des grandeurs
économiques (BOURBONNAIS, 2000). De fait, le problème est d'abord
d'identifier le modèle, c'est-à-dire, d'essayer d'estimer le
niveau de production agricole récoltée et les niveaux de l'aide
alimentaire distribuée de façon annuelle pour chaque niveau de
pluie et d'autres variables explicatives jugées nécessaires. Il
s'agit tout simplement de bien identifier les variables explicatives et les
variables expliquées et de satisfaire la cohérence interne du
modèle. Une fois le problème d'identification résolu, il
s'agit ensuite de trouver les relations qui déterminent le
modèle.
4.3.2.-
Considérations générales
Nous pouvons difficilement dénombrer le nombre de
domaines d'application où l'outil économétrique est
emprunté comme technique de validation d'hypothèses.
L'utilisation de celui-ci s'avère nécessaire dans tous les
domaines où une recherche appliquée peut être
engagée.
Pour parvenir à la validation des hypothèses
avancées, nous choisissons à priori deux (2) types de
modèles dont l'un est la fonction de production de type Cobb-Douglas
et l'autre un modèle linéaire mettant en relation nos variables
sous forme d'équations mathématiques.
Les deux équations suivantes représentent
respectivement les deux modèles annoncés ci-avant :
(1) Yt = AXat Ut
i=1,2
(2) Yt = a0 +
a1X1t + a2X2t +.....+
akXkt + Ut i=1,2,...,k
où Yt est la variable endogène et
les Xit sont des variables exogènes, l'indice i le nombre
de variables explicatives, t le nombre d'années retenues pour
l'étude et Ut le terme d'erreur.
4.3.3.-
Hypothèses et propriétés des estimateurs
Par construction, le modèle est linéaire en X
(ou sur ces coefficients ) et nous distinguons les hypothèses
stochastiques (liées à l'erreur ) et les hypothèses
structurelles.
1) Hypothèses stochastiques
-H1 : les valeurs Xit sont observées
sans erreur.
-H2 : E() = 0, l'espérance
mathématique de l'erreur est nulle
-H3 : E(2) = ó2, la variance
de l'erreur est constante (homoscédasticité)
-H4 : E(tt')=0, si t
est différent de t', les erreurs sont non corrélées
(ou encore indépendantes)
-H5 : Cov(Xit,t )=0, l'erreur est
indépendante des variables explicatives
2) Hypothèses structurelles
-H6 : absence de colinéarité entre les
variables explicatives, cela implique que la matrice (X'X) est
régulière et que la matrice (X'X)-1 existe.
-H7 : (X'X) tend vers une matrice non singulière.
-H8 : n >k+1, le nombre d'observations est
supérieur au nombre de
séries explicatives (BOURBONNAIS, 2000).
Les deux modèles annoncés antérieurement,
après estimation, seront optima si et seulement si l'ensemble des
hypothèses stochastiques et structurelles sont toutes
vérifiées Dans le cas contraire, nous serons appelés
à réexaminer la validité de l'identification de la
variable endogène.
4.3.4.-
Analyses autour de l'hypothèse secondaire H2
Cette hypothèse de travail H1 fait
référence à l'allocation de la pluviosité sur la
production agricole. Nous avons supposé, toutes choses restant
égales par ailleurs, que la pluviosité a un rendement
relativement élevé dans le niveau de production des cultures
adoptées dans la région.
En clair, nous avons postulé une relation
étroite entre la pluviosité ( les différents niveaux de
pluie enregistrés ) et la production agricole.
4.3.4.1.-Simulations
L'étude du diagramme de dispersion des points va nous
montrer les vraies relations existantes entre les niveaux de pluie et la
production. La figure suivante permet d'en faire la constatation ;
Figure 8 : Dispersion des Points Représentant la
Relation entre la Production (Q) et la Pluviosité (P)

Le calcul du coefficient de détermination pour ces
deux variables, en supposant l'existence d'une relation linéaire entre
elles, permet d'aboutir à un R2 = 0.8608. Cependant, avec la
fonction logarithmique le R2 obtenu est supérieur (R2
= 0.9015 ). Donc, pour parvenir à l'estimation de la production en
fonction de la pluviométrie cette dernière est relativement plus
intéressante car elle donne une courbe qui est plus bien ajustée
au nuage de points. Il existe donc une relation log entre la production et les
niveaux de pluie. L'équation mathématique établissant
cette relation est la suivante : ln(Q) = Ln (a) + á Ln P
où á > 0 représente l'élasticité de la
production par rapport au régime hydrique et «ln(a) » est
la production espérée lorsque le niveau de pluie tend à
Etre nul.
4.3.4.2.- Estimation de la production
L'estimation de la production n'est autre que la mise en
évidence de la vraie relation mathématique qui existe entre la
production qui est la variable endogène (variable expliquée) et
les variables exogènes (variables explicatives). Ainsi, l'estimation
économétrique des données dont nous disposons, en
utilisant bien en entendu la méthode des Moindres Carrés
Ordinaires, a permis d'aboutir à une relation exprimée par
l'équation mathématique suivante (voir Annexe 3):
Ln(Q) = -1.50 + 1.7 Ln (P)
(t-student) ( 8.6 )
R2 = 0.91 DW = 1.60 F = 74 .43 SCE = 0.64 R=
0.84
R est le R2 ajusté
4.3.4.3.- Test de significativité des estimateurs
Tests de Student et de
Fisher
Ces tests auront permis de tester la significativité
des paramètres estimés. Ils seront effectués au seuil de
signification de 5% et avec n-k-1=14 comme degrés de liberté.
Hypothèses
H0 : ai = 0 Avec
ttabulé =2.879 et Ftabulé =
3.49
H1 : ai ? 0
Tableau 15 : Récapitulatif des
Résultats de la Régression
|
Coefficients
|
Erreur standard
|
t -Stat
|
P-value
|
|
Constant
|
-1.5
|
-3,99731332
|
4.00793
|
0,001323
|
|
X1=pluv.
|
1.7
|
8,62707203
|
8.62
|
5,6286E-07
|
Détermination des valeurs « t »
statistiques
ai
tcal = à partir de cette formule, nous
obtenons tca1 = 8.62
ó ai
ttab = 8.62 > t lu ; ceci sous-entend que
la pluviosité est contributive à l'explication de la formation de
la production. A chaque fois qu'il y a une augmentation de la pluviosité
le niveau de production augmente et ce, de façon plus que
proportionnelle puisque l'élasticité de la production par rapport
à la pluviosité est supérieure à l'unité
(1).
Détermination de la valeur de la
statistique « F » de Fisher
F = {R2/[(1- R2)/n-k-1)]}
F = 74.43 F calculé > F tabulé
Puisque toutes les valeurs calculées ou empiriques de t
et de F sont largement supérieures aux valeurs tabulées de t et
de F respectivement, et de plus puisque toutes les probabilités sont
inférieures à l'erreur de première espèce, (
á = 0.05 ) nous admettons que toutes les valeurs des estimateurs sont
significativement différentes de zéro (0) et il en
résulte que le modèle peut être considéré
à priori comme globalement stable. Donc, la variable explicative
« pluviométrie » est donc contributive à
l'explication des récoltes générées dans le
Far-West.
Estimation par Intervalles
Les intervalles de confiance pour les deux estimateurs
associés aux deux variables explicatives au seuil de signification de
95% sont :
LI = ai - t á/2 ;n-k-1
*s(ai) LS = ai + t
á/2 ;n-k-1 *s(ai)
1.28 < aPl <2.12 pour la pluviosité.
L'intervalle de confiance de l'estimateur montre clairement que ce dernier est
statistiquement différent de zéro (0).
4.3.4.3. -Détection de l'auto corrélation des
erreurs
La détection d'une éventuelle
autocorrélation des erreurs ne peut s'effectuer qu'à partir de
l'analyse des résidus, car en effet, eux seuls sont connus. Pour y
parvenir, le test Durbin-Watson demeure valide vu que la taille de
l'échantillon est supérieure à 15.
Test de Durbin-Watson
Ce test, fondé sur le principe de nullité de
coefficients de régression des erreurs décalées cependant
ne permet de tester une autocorrélation d'un ordre supérieur
à 1.
Le principe de base est le suivant :
DW=1.60
0 1.10 1.37 2
2.63 2.90 4
Ici nous avons : d1= 1.10 et d2=1.37.
Construction des Hypothèses
H0 : ñ1 = 0
H1 : le coefficient non nul
Puisque la valeur de Durbin-Watson est comprise entre d2 et 2,
nous acceptons l'hypothèse de nullité des coefficients de
régression des erreurs. Donc, il y a absence d'autocorrélation
des erreurs. Ceci dit, l'estimation de la production de l'année en cours
se fait en dehors de l'estimation de l'année précédente.
4.3.4.4. -Détection de
l'hétéroscédasticité
Dans les modèles chroniques, la détection de
l'hétéroscédasticité permet de vérifier si
la variance de l'erreur est stable.
Test d' ARCH
Ce test est aussi fondé sur le Multiplicateur de
Lagrange (LM) dont l'équation mathématique de base prend la forme
suivante:
e2t =
b0 + ?bi e2t-i avec
1= i = 2
après estimation nous avons obtenu :
e2t = 0.068 - 0.425 e2t-1 - 0.077
e2t-2 avec R2 = 0.208
Hypothèses
H0 : b1 = b2 = 0
H1 : il existe au moins un bi non nul
La valeur empirique de ?2 est donnée par la
formule : *X2 = LM = n* R2
*X2 = LM = 2.912 et X2
( 0.05 ; 2 ) = 5.99
Puisque *X2 < X2
(0.05 ; 2 ) nous acceptons l'hypothèse nulle
donc, il y a homoscédasticité. La variance de l'erreur est
constante et l'estimation est optimale.
4.7.4.5.- Test de Normalité
des résidus
Test de Jarque-Bera
D'après les principes définis dans la
méthodologie, les résultats du test de normalité des
résidus se présentent comme suit :
Construction des hypothèses :
Ho : Normalité des résidus
H1 : résidu non-Normal
D'après les formules précédentes, nous
obtenons :
ß1=0.09 ß2 =3.18
et s = n/6 ß1 + n/24 (ß2
-3) 2
d'où s = 0.26 et, la valeur tabulée de
chi-deux est la suivante : X2 (0.95 ; 2 )
= 12.4. Puisque la valeur calculée est inférieure à
la valeur lue, nous acceptons l'hypothèse de normalité des
résidus, c'est-à-dire, les résidus sont normalement
distribués.
4.3.5.-
Analyses autour de l'hypothèse principale H1
Après avoir démontré l'importance
relative de la pluviométrie pour la production agricole, il nous est
donc nécessaire de démontrer les relations existantes entre
celle-ci et la distribution de l'aide alimentaire dans le Far-West. Pour ce,
plusieurs variables devraient être retenues pour parvenir à
estimer la quantité de nourriture distribuée dans la
région. Entre autres, retenons: le stock disponible, les moyens de
transport, le niveau de production dans la région, le nombre de gens qui
en font la demande, le prix des produits distribués sur le marché
mondial. A ce niveau d'analyse, la recherche des relations nous renvoie
immédiatement à la vérification de l'hypothèse de
travail H1. Cette hypothèse de travail fait
référence à la distribution de l'aide alimentaire en
fonction de la situation de la pluviométrie enregistrée dans la
région, c'est-à-dire en fonction du facteur pluie comme facteur
limitant pour la croissance de la production agricole en région aride ou
semi-aride. A cet effet, nous avons supposé que la pluviosité est
le facteur déterminant pour ceux qui s'adonnent à
l'activité de distribution de l'assistance alimentaire dans le Far-West.
4.3.5.1.- Simulations
Avant de parvenir à l'estimation de l'aide alimentaire,
il convient de faire des simulations qui permettront de découvrir la
gamme des relations possibles entre la variable à estimer (variable
expliquée) et les variables exogènes ( variables explicatives)
Figure 9: Simulations Aide-Pluviosité

La simulation permet d'entrevoir qu'il existe une relation
exponentielle inverse entre l'aide alimentaire et la pluviométrie. Ceci
signifie que, même si le niveau de pluie augmente temporairement, la
distribution alimentaire persistera mais selon une proportion moindre.
L'expression mathématique qui exprime cette relation est la
suivante : Q = aeb Pl avec « a » la
quantité de produits distribuée lorsque le niveau de pluie reste
faible et « b = -0.001 » donc inférieur à
zéro (0) le coefficient qui détermine l'évolution de cette
distribution par rapport à la pluviométrie ( Analyses de
GUERRIEN, 1998).
Figure 10: Dispersion des points montrant la relation
entre quantité et prix

Il existe une relation exponentielle (e1(*)) inverse aussi entre la
quantité de produits fournie et les prix mondiaux de la TM de
l'équivalent-céréale. Cette relation montre que l'aide
alimentaire persiste quoiqu'à un niveau plus faible lorsque les prix
mondiaux des céréales affichent une tendance à la hausse.
Cette relation est exprimée par l'équation suivante : Q =
a1eb1Px avec un coefficient a1, les produits
distribués lorsque les prix diminuent considérablement sur le
marché mondial et b1 un coefficient négatif (
b1= -0.0118 ) montrant la relation inverse d'une part et d'autre
part la direction asymptotique de cette fonction.
La détermination du paramètre
« b » se fait par le processus de linéarisation en
utilisant le Logarithme Népérien. Ainsi, la fonction Q =
a1eb1Px devient LnQ = Ln a1 + b
Px. Maintenant, en utilisant les principes de régression
linéaire simple, nous obtenons le paramètre «
b » qui serait nécessaire pour parvenir à transformer
la variable « prix » et dont la détermination avait
posé de difficultés énormes. Ce même principe a
été utilisé aussi pour la détermination du
paramètre « b » devant permettre la transformation
de la variable « pluviosité ».
Figure 11: Relation existante entre les quantités et
bénéficiaires

Le graphique ci-dessus montre l'existence d'une relation
droite entre le nombre de bénéficiaires et la quantité de
produits distribuée dans la région. D'après les
données dont nous disposons, il parait que le volume de produits
donné augmente considérablement lorsque plus de gens en font la
demande. Alors, cette relation se matérialise ainsi: Q= a1 +
b1B+ b2B2+....+ bnBn
avec a1 et bi sont tous positifs (>0)
4.3.5.2.- Détection de
multicolinéarité
Test de Farrar et de Glauber
Le déterminant de
la matrice de coefficients de corrélation des trois séries de
variables explicatives est le suivant:
1 0.604531
-0.63937
D = 0.604531 1 -0.85494
-0.63937 -0.85494
1
D = 0.628
Construction des hypothèses :
H0 : D =1 ( les séries sont orthogonales
)
H1 : D <1 ( les séries sont
dépendantes )
D'après la formule *X2 = -( n-1-1/6(2K+5)),
la valeur empirique de X2 est le suivant :
*X2 = 13.54 et la valeur tabulée est
X2 = 15.507 au seuil de signification de 5% et avec 1/2K(K-1)= 6 le
nombre de degré de liberté où K= k+1. Donc, puisque la
valeur calculée ou empirique est inférieure à la valeur
tabulée (*X2 <X2), nous acceptons
l'hypothèse nulle (H0) c'est à dire celle
d'orthogonalité des variables explicatives. La matrice
variances-covariances est donc régulière, nous pouvons ainsi
déterminer les estimateurs et de plus établir leur
stabilité.
4.3.5.3.- Estimation de l'aide alimentaire par rapport aux
variables explicatives retenues
Les simulations précédentes nous ont
montré l'existence de relations translog ou exponentielles et
polynomiales entre la variable à expliquer et les variables explicatives
retenues. L'estimation de la quantité de l'aide par la méthode de
régression linéaire multiple a conduit à une
équation où les coefficients ne sont pas tous statistiquement non
significatifs. Pour ce, il a fallu transformer le nombre de nécessitants
ainsi que l'AAE. Ce qui a permis d'aboutir au modèle translogarithmique
d'équation suivante :
Ln Q = a0 + a1 Pl + a2Px + a3 B2 + Ut
Ce qui a conduit à
l'équation mathématique explicite suivante :
Ln Q = 10.04 + 0.004 B2 - 0.027Pl -0.409 Px
(t-student) (50.75) (5.46) (3.01)
(3.54)
ou
Q = e 10.04 + 0.004 B^2 - 0.027Pl -0.409 Px
R2 = 0.96 R=0.98 F=50.42
CSE=0.031 DW= 1.90
4.3.5.4.- Test de significativité des estimateurs
Tests de Student et de
Fisher
Ces tests nous ont permis de tester la significativité
des paramètres estimés, ils sont effectués au seuil de
signification de 5% et avec n-k-1=8 comme degrés de liberté.
Hypothèses
H0 : ai = 0 Avec
ttabulé =2.179 et Ftabulé =
3.49
H1 : ai ? 0
Tableau 16 : Récapitulatif des
Résultats de la Régression
|
Coefficients
|
Erreur standard
|
t -Stat
|
valeur-P
|
|
Constantes
|
10.04
|
0.12
|
50.75
|
2.4E-12
|
|
Pluviosité
|
-0.004
|
0.0007
|
3.01
|
0.0001
|
|
Prix
|
-0.027
|
0.009
|
3.54
|
0.0108
|
|
Bénéficiaires
|
0.409
|
0.115
|
5.46
|
0.004
|
Détermination des valeurs « t »
statistiques
D'après la formule précédente nous avons
obtenu : tPl = 3.01 tPx = 3.54 tB =
5.46
tPl = 3.01 > t lu ( 2.179) , donc la
pluviosité est contributive à l'explication de la distribution de
l'AEE. Etant donné que l'expression mathématique e -aP1
ou 1/ eaP1 diminue avec la pluviosité, nous admettons
l'existence d'une relation inverse entre ces deux variables.
t Px = 3.54 > t lu les prix mondiaux
contribuent largement à l'explication de la distribution de l'AAE. De
même, étant donné que la valeur de l'expression
mathématique e -bPx ou 1/ e bPx diminue avec
l'évolution des prix mondiaux, nous admettons aussi que l'AAE diminue
avec une hausse des prix. Cependant, ici l'AAE diminue à un rythme
très prononcé que par rapport à la pluviosité. Cela
est donc évident puisque : | b | > | a | .
tB = 5.46 > t lu révèle que l'AAE
augmente avec le nombre de personnes qui en font la demande. Etant donné
que le coefficient de B est positif, il existe une relation étroite
entre ces derniers. De fait, nous pouvons admettre que l'AAE de par sa
présence, augmente avec la quantité de gens qui en font la
demande.
Détermination de la
valeur « F » de Fisher
F = {R2/[(1-
R2)/n-k-1)]}
F = 107.34
Puisque toutes les valeurs calculées de t et de F sont
largement supérieures aux valeurs tabulées de t et de F
respectivement et de plus puisque toutes les probabilités sont
inférieures à á = 0.05, nous admettons que toutes les
valeurs des estimateurs sont significativement différentes de
zéro (0) et le modèle est en conséquence globalement
stable. Donc, les trois variables explicatives ont un effet direct sur la
quantité de produits distribuée dans le Far-West.
Estimation par Intervalle
Les intervalles de confiance pour les trois estimateurs
associés aux trois variables explicatives au seuil de signification de
95% sont donnés par :
LI = ai - t á/2 ; n-k-1
*s(ai) ; LS= ai + t á /2 ;
n-k-1 *s(ai).
Et, en effectuant les calculs des trois estimateurs, nous
obtienons respectivement:
0.0026 < a1 < 0.0060 ; - 0.047
< a2 < -0.0075 ; - 0.66 < a3
< -0.157
Les intervalles de confiance des trois estimateurs viennent
confirmer que ces derniers sont significativement différents de
zéro puisque zéro ( 0 ) n'y appartient pas. Donc, les trois
variables explicatives peuvent être retenues pour expliquer la
distribution de l'aide alimentaire dans le Far-West. Il faut toutefois
souligner que l'assistance alimentaire évolue inversement par rapport au
prix mondial de la TM de l'équivalent céréale et la
même situation s'exprime pour la pluviosité dans la
région.
4.3.5.5.- Détection de l'auto corrélation des
erreurs
Test de Durbin-Watson
Ce test, fondé sur le principe de nullité de
coefficients de régression des erreurs décalées cependant
ne permet de tester une auto corrélation d'un ordre supérieur
à 1.
Le principe de base est le suivant :
DW=1.90
0 0.86 1.73 2
2.27 3.14 4
Ici nous avons : d1= 0.86 et
d2=1.73.
Construction des Hypothèses
H0 : ñ1 = 0
H1 : le coefficient non nul
Puisque la valeur de Durbin-Watson est comprise entre
d2 et 2, nous acceptons l'hypothèse de nullité des
coefficients de régression des erreurs. Donc, il y a absence
d'autocorrélation des erreurs. Ceci dit, la distribution de l'aide
alimentaire de l'année en cours se fait en dehors de celle de
l'année précédente.
4.3.5.6.-Détection de
l'hétéroscédasticité
Test d' ARCH
Ce test est fondé sur le Multiplicateur de Lagrange
(LM) avec équation mathématique :
e2t = b0 + bi
e2t-i 1=i=2, après estimation
ceci donne e2t = 0.002 - 0.05
e2t-1 - 0.07 e2t-2
R2 = 0.007
Hypothèses
H0 : b1 = b2 = 0
H1 : il existe au moins un bi non nul
La valeur empirique de X2 est donnée par la
formule : *X2 = LM = n* R2
*X2 = LM = 0.098 et X2
( 2 ) = 5.99
Puisque *X2 < X2
( 0.05 ; 2) nous acceptons l'hypothèse nulle donc,
il y a homoscédasticité. La variance de l'erreur est constante
et l'estimation est optimale. Donc, nous pouvons déterminer la
contribution relative de chaque variable explicative à l'explication de
la variable expliquée qui est l'assistance alimentaire.
4.3.5.7.- Test de Normalité
des résidus
Test de Jarque -Bera
D'après les procédés définis dans
la méthodologie, les résultats du test de normalité des
résidus se présentent comme suit :
Construction des hypothèses :
Ho : Normalité des résidus
H1 : résidu non-Normal
D'après les formules précédemment
évoquées, nous obtenons :
2(*)ß1=0.925
ß2 =3.399 et s = n/6 ß1
+ n/24 (ß2 -3) 2
ce qui donne : s = 2.575. Et, la valeur tabulée
de chi-deux est la suivante :
X2 (0.95 ; 2 )= 12.4. Puisque
la valeur calculée est inférieure à la valeur lue, nous
acceptons l'hypothèse de normalité des résidus,
c'est-à-dire, les résidus sont normalement distribués.
4.3.5.8.-Détermination du rendement de chaque variable
explicative
D'après le même principe de coefficients de
corrélation partielle nous pouvons déterminer le rendement ou la
contribution de chaque variable explicative à l'explication de la
variable expliquée. En effet, après avoir calculé ces
coefficients nous sommes parvenus aux résultats ci-dessus.
rQPl.PxB = 0.65, rQPx.PlB =
0.71 et rQB.PlPx = 0.84
A ce niveau, nous avons constaté que le prix de la TM
de l'équivalent-céréale sur le marché mondial a une
influence beaucoup plus élevée sur la quantité de produit
distribuée dans le Far-West que les deux autres variables explicatives.
Cependant, il parait évident que la distribution des produits se fait en
tenant compte de la pluviosité bien qu'à un niveau relativement
faible. Cette analyse sera approfondie au chapitre « Evaluation
globale de l'étude ».
CHAPITRE V: EVALUATION
GLOBALE DE L'ETUDE.
La famine qui est souvent la
conséquence d'un déficit alimentaire aigu et un déficit
permanent constitue un problème majeur dans les régions à
climats arides ou semi-arides. Alors que le débat bât son plein
dans un bon nombre de conférences internationales, aucune étude
quantitative n'a été (que je sache) jusqu'à présent
menée afin de parvenir à des analyses et conclusions
concrètes autour de l'assistance alimentaire, qui, de l'avis de
beaucoup, constitue la façon la plus rationnelle de contrecarrer les
méfaits de cette carence nutritionnelle. Partant de ce constat, cette
dernière partie de l'étude s'inscrit dans le cadre d'une
évaluation globale de la situation tout en essayant d'établir
dans quelle mesure l'objectif général a été atteint
et dans quelle mesure les hypothèses de recherche avancées ont
été confirmées ou infirmées.
5.1. Bref rappel des résultats et analyses
Tout compte fait, le niveau de production dans le Far-West est
relativement faible et demeure jusqu'à date incapable de satisfaire les
besoins alimentaires et nutritionnels des populations. Une analyse des
ressources hydriques a montré que celles-ci n'arrivent pas à
alimenter convenablement les cultures pratiquées. En effet, se basant
plus spécifiquement sur les années 91, 92, 97 et 2001, il est
clair que la situation est alarmante. Il est évident que pour ces quatre
(4) années, les situations qualifiées de cataclysme naturel
survenues dans la région sont dues aux faits qu'avec des niveaux
respectifs de pluie oscillant autour de 430, 596, 412 et 596 mm pour les deux
saisons de cultures, il devenait difficile d'échapper à ce genre
de drame. Les niveaux de production correspondants restent insuffisants (annexe
1), ce qui ne fait qu'aggraver le problème du déficit
alimentaire. De ce fait, pour pallier ce problème, les plus
nécessiteux n'ont pour ultime recours que d'accepter tant bien que mal
une assistance alimentaire.
L'assistance alimentaire quant à elle, n'est pas en
mesure d'agir, car les décideurs ne peuvent pas prédire ni les
niveaux de pluie, ni la production correspondante. Comme l'assistance
alimentaire ne peut que réagir, le manque de précision
inhérent à ce genre de situation ne fait que rendre l'effort
d'intervention instable. La quantité fournie varie donc d'une
année à l'autre et ce, en fonction de plusieurs
paramètres. Bien que lors de situations de cataclysme naturel les
quantités fournies soient relativement élevées notamment
au cours des années 92 et 97, nous nous rendons compte que nous ne
pouvions nous passer des distributions régulières et continues
qui ont toujours lieu depuis l'année 96 dans le cadre des
activités à haute intensité de main d'oeuvre (FFW). Cette
nouvelle direction donnée à l'assistance montre clairement que
l'objectif fondamental n'était plus seulement de combler les
déficits alimentaires mais aussi qu'une politique de
rémunération et l'effort devenait compatible avec des objectifs
plus larges et ceci sans nullement prendre en compte le niveau de production
en cours.
5.2.- Validation des
hypothèses
Dans le cadre de toute recherche scientifique, l'objectif
visé est de parvenir à la validation ou au rejet des
hypothèses de travail formulées au départ. Rappelons que
dans le cadre de la nôtre, deux hypothèses ont été
avancées. La seconde donc la secondaire stipulait : « la
pluviosité a une contribution élevée dans la production
agricole dans le Far-West ». En travaillant sur les données
enregistrées et estimées par les institutions oeuvrant dans la
région, nous avons mathématiquement démontré la
validité d'une telle hypothèse. Donc, la pluviosité
apparaît clairement comme l'élément déterminant pour
la production dans le Far-West.
La première hypothèse, elle aussi, est
validée pourvu que nous sommes parvenus à démontrer que
l'assistance alimentaire distribuée dans le FW étant fonction des
trois variables explicatives retenues ( la pluviosité, le prix
international des produits et le nombre de personnes qui en font la demande).
Cependant, une analyse ponctuelle des faits nous a renvoyés à ce
qui suit : les années 92, 97 et 01 constituaient trois
périodes très difficiles pour les populations autochtones.
Celles-ci se trouvèrent dans l'obligation d'adresser des demandes d'aide
auprès des responsables afin de satisfaire leurs besoins alimentaires.
Alors, la distribution de blé et de lentilles atteignait des niveaux
exceptionnels dont les quantités oscillent autour de 21765, 22198 et
14256 TM éq. Cér. respectivement. Ceci contribue largement
à justifier la corrélation négative entre l'assistance
alimentaire et la pluviométrie/ déficit alimentaire.
5.3. 5.3. Degré d'atteinte des objectifs
Conduire à bien une étude scientifique exige
qu'un certain nombre d'objectifs soient fixés. En effet, dans le cadre
de ce travail, plusieurs ont été fixés. Essayons en
quelque sorte d'appréhender leur degré d'atteinte. Ceux-ci sont
atteints dans la mesure où il a été effectivement permis
de déterminer le poids de la pluviosité dans la production de
maïs-haricot (validation de l'hypothèse H1), d'étudier
l'évolution simultanée de l'aide alimentaire et du déficit
alimentaire et de calculer le coefficient de corrélation (Figure :
IV), de parvenir bien qu'après de nombreuses difficultés à
estimer l'assistance par rapport au nombre de bénéficiaires, au
régime hydrique et à l'évolution du prix mondial de la
tonne métrique de l'équivalent-céréale. Ceci a
permis dans une large mesure, après s'être assuré de la
stabilité et de l'optimalité du modèle, de
déterminer l'élément déterminant lors de la
distribution de l'assistance alimentaire. Ainsi, l'évolution du prix
mondial de la TM de l'éq. cér. et le nombre de personnes qui en
font la demande apparaissent comme étant les éléments
fondamentalement pris en compte lors de cette distribution avec des
coefficients de corrélation partielle de 0.71 ( r
QPx.PlB = 0.71) et 0.84 (rQB.PlPx= 0.84)
respectivement. Et, enfin la pluviométrie dont la contribution atteint
à peine 65% (rQPl..PxB = 0.65).
5.4
Ajustement des théories aux résultats obtenus
Pour la réalisation de cette étude, il convenait
de fixer de théories scientifiquement élaborées et de
vérifier leur degré d'applicabilité dans le secteur dans
lequel s'oriente la recherche. Ainsi, deux théories ont
été envisagées. Il s'agit de:
La théorie de Rockstrom, mettant en évidence
l'importance des ressources hydriques dans les régions arides ou
semi-arides pour parvenir à un niveau substantiel de production
agricole. Cette théorie trouve une parfaite applicabilité dans le
cadre de cette recherche vu qu'il a été largement
démontré que dans le processus de production dans le Far-West
(Ceteris Paribus ) la pluviosité y contribue largement.
La théorie de Diouf, stipulant que les gens souffrant
du problème du déficit alimentaire doivent être
assistés et l'assistance alimentaire doit être apportée au
bon moment afin de garantir le développement durable, ne trouve pas son
applicabilité parfaite. Ceci est dû au fait que, toutes choses
restant égales par ailleurs, la situation de sécheresse ne s'est
pas toujours prise en compte lors de la distribution de l'aide alimentaire. Et
ce, il existe des années où la pluviosité est faible alors
que l'aide est très réduite. Cependant, vu l'existence
malgré tout d'une relation inverse entre l'assistance et la
pluviométrie, nous supposons que la situation peut être
remédiée.
5.5.-
Portée et limites du travail
Cette étude se veut une contribution à la
recherche qui devrait être conduite sur les situations alimentaires et
nutritionnelles des populations vivant en zones difficiles en
général et dans le Far-West en particulier. Tout au long de
laquelle, nous avons essayé de mettre à nu le problème du
déficit alimentaire sévissant dans le Far-West et de faire
ressortir son origine qui n'est autre que la faiblesse des ressources hydriques
existantes affectant la production agricole. D'un autre côté, il
est question du grand débat autour de l'assistance alimentaire. Pour
nous en saisir, nous avons essayé, avec rigueur et en faisant appel aux
outils des mathématiques appliquées (statistiques et
économétrie), de faire ressortir les motifs de l'assistance
alimentaire par rapport aux facteurs supposés déterminants
(Ceteris Paribus ) lors de ces distributions.
Cette étude, bien entendu, comporte ses limites. Tout
d'abord, nous ne sommes pas arrivés à cibler la
problématique de l'aide alimentaire dans toutes ses facettes. Puiqu'il
s'agit de relations bilatérales et multilatérales, l'aspect
politique ne pourrait être négligé. De plus, les
données que nous avions à notre disposition étaient
à la fois des données institutionnelles et globales. De fait,
nous n'avions aucun outil pouvant permettre de contrôler la
véracité de ces informations.
Nous nous sommes efforcés tout au long de ce
mémoire de maintenir une rigueur méthodologique en
conformité avec notre statut d'étudiant toujours en formation.
Les lecteurs y trouveront toutes les lacunes que notre manque
d'expérience ne manquera certainement pas de dévoiler. Nous nous
excusons donc devant nos critiques et lecteurs éventuels. Toutefois,
nous avons seulement essayé de bien conduire cette recherche.
Cependant, du point de vue méthodes et rigueur, cette
étude présente une grande originalité et peut constituer
une référence pour tout étudiant et/ou professionnel
désireux de se servir de l'outil économétrique pour la
conduite d'une recherche.
CONCLUSION
La meilleure compréhension du système de
production agricole d'une région ne peut se faire que lorsqu'on parvient
à y séjourner pendant un certain temps pour pouvoir faire son
diagnostic. Ainsi, tout spécialiste en Economie et surtout en Economie
Rurale cherche à se procurer certaines informations relatives au
système agraire en général. Dans les Pays en Voie de
Développement où le secteur primaire absorbe une bonne partie de
la population active, la compréhension du système de production
et du fonctionnement des entreprises agricoles devient donc un
impératif. De façon particulière, dans les régions
arides ou semi-arides où l'eau est rare, les activités agricoles,
sources de revenus pour les plus défavorisés, retiennent
l'attention de nombre de ces spécialistes. Dans cet ordre d'idée,
en vue de réaliser le Mémoire de Fin d'Etudes Economiques, il a
eu convenu de parvenir à un éventuel diagnostic de la situation
agricole dans le Far-West et ainsi, de fait, de suivre l'évolution de la
distribution de l'aide alimentaire. Pour ce, l'étude de la distribution
de l'aide alimentaire se fait en référence aux périodes de
déficience alimentaire critiques que connaît la région.
En effet, après avoir analysé les
différentes séries de base, donc disponibles à
l'étude, en guise de conclusions, nous sommes parvenus aux
appréhensions suivantes:
Du fait de la faible couverture végétale
existante dans le Far-West et du processus d'abattage des arbres qui perdure
jusqu'à nos jours, la pluviosité enregistrée dans la
région demeure très faible. La pluviosité moyenne annuelle
enregistrée dans la région ( dont la valeur maximale oscille
autour de 1057 mm ) pour les deux saisons est loin d'être suffisante pour
alimenter convenablement les cultures pratiquées. Par exemple, cette
pluviosité maximale est inférieure au seuil minimum fixé
par la FAO ( 1200 mm ) pour deux saisons de cultures pour l'obtention d'un
rendement idéal dans les régions arides ou semi-arides. D'autant
plus, il se développe un phénomène cyclique dans le
régime hydrique dans le Far-West. Pour la période retenue pour la
réalisation de ce travail, trois cycles sont donc
révélés: l'un va de 86 à 90 avec un niveau de pluie
maximum de 941 mm, un deuxième allant de 91 à 97 donc plus court
que le précédent, le niveau de pluie maximum correspondant
s'élève à 842 mm. Et, le troisième ou le dernier
cycle constaté va de 98 à 01 avec niveau de pluie maximum
oscillant autour de 1057 mm pour les deux saisons de cultures.
Les possibilités d'irrigation devant permettre une
éventuelle complémentarité à la pluviosité
sont quasi-inexistantes. Les faibles sources existantes et utilisées
à cette fin sont donc éparpillées dans tout
l'arrondissement de Môle, et de plus, les superficies touchées
sont très faibles et atteignent à peine 846 ha en moyenne.
Une analyse du niveau de production dans la région
montre que celui-ci atteint souvent un seuil critique au point qu'il ne peut
satisfaire les besoins alimentaires et nutritionnels des populations vivant
dans le Far-West. Une telle carence alimentaire et nutritionnelle n'a fait
qu'aggraver une situation alimentaire déjà précaire avec
son corollaire qui est la malnutrition.
L'existence de cette carence alimentaire chronique facilite
des distributions permanentes d'aide alimentaire dans le Far-West. Il faut
cependant rappeler que la pluviosité est le déterminant de la
production dans la région et que toute déficience alimentaire
s'explique par un bas niveau de pluie.
L'analyse de la distribution de l'aide alimentaire permet de
comprendre ce qui suit:
La distribution de l'aide ne se fait pas uniquement en
fonction du régime hydrique de la région. D'autres variables
explicatives assez importantes influent sur les quantités de nourritures
distribuées. Entre autres: le nombre de personnes qui en font la demande
(femmes enceintes, enfants malnourris, écoliers), le prix international
des céréales ont une contribution relative beaucoup plus loin
importante à l'explication du volume distribué. De plus, puisque
les décideurs ne peuvent prédire ni les niveaux de pluie ni les
niveaux de production correspondants, il y a un manque de précision
inhérent à la distribution de l'aide alimentaire et les
quantités fournies sont largement différentes d'une année
à l'autre pour des niveaux de pluie similaires. De fait, il n'y a pas
une forte corrélation entre les quantités distribuées et
les pluviosités enregistrées dans la région qui, comme il
a été annoncé précédemment, constituent le
déterminant de la production.
Cependant, toutes choses restant égales par ailleurs,
la quantité de nourriture distribuée est fonction de trois
variables explicatives dont le prix international des céréales,
le nombre de personnes qui en font la demande et la pluviosité. Et ce,
il existe une relation droite entre l'assistance alimentaire et le nombre de
bénéficiaires potentiels et, de relations inverses entre l'aide
fournie et les deux autres variables explicatives.
BIBLIOGRAPHIE
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2.- DECOPAIN, 1999-2000 Stat et Probabilités, Statistique
Descriptive
3.- DUROSIER Amos, 2001-2002 Econométrie
4.- GADINNER, 2000 Démographie
5.- JEANNITON Edgard, 2000 Economie Agro-Alimentaire
6.- JEANNITON Edgard, 2000 Economie Agro-Alimentaire
7.- LOBOSIERE Eddy, 2002 Mathématiques Appliquées
à l'économie
8.- PAULTRE Volny, 1999 Système Agraire
9.- PETIT FRERE Serge, 2000 Méthodologie à la
recherche
10.- PIERRE Annie, 1999 Nutrition Humaine
11.- VERRELA Frantz, 2000 Recherche Opérationnelle
12.- WEILLEY Georges, 2002 Economie Rurale/Agriculture
* 1 Pour la fonction
exponentielle, on retient e =2.72
* 2 ß1 ,c'est
le coefficient d'asymétrie et ß2, le coefficient
d'aplatissement
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